Traversées du désert... (Maroc)

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KO
Histoire d'un voyage au Maroc, du premier au dernier jour sinon ça n'aurait pas eu de sens... Marrakech... puis 4 jours à pied dans le désert, seule avec un guide, un chamelier et 2 dromadaires... et encore Marrakech. Tout a été important, même les moindres détails, alors c'est une (très) longue histoire. Derrière les descriptions et les anecdotes, il y a aussi de l'émotion, de l'intime, et des... états d'âme. Tout ce qu'il est étrangement plus facile de partager de cette manière, tout ce qu’il est étrangement plus facile de partager avec des gens que l’on ne connait pas... J’ai de superbes images dans les yeux, mais seulement quelques unes sont visibles, si vous lisez attentivement, vous saurez pourquoi… Les autres photos sont imaginées, fabriquées au retour avec des souvenirs rapportés et un peu de mise en scène… Mais tout est authentique.



Depuis que je suis rentrée, quelquefois la nuit j'ouvre les yeux, et je ne sais pas où je suis... Nuit blanche, nuit dans les étoiles, nuit en communion, nuit reliée... Dans ce moment suspendu, entre veille et sommeil, qui rend très très réceptif... En communion avec qui ? Reliée à quoi ? Lila gnawa... lila de derdeba.

Le désert, un chemin solitaire. On y entre, et on est tout de suite dans l'essentiel...

Mercredi... Mon compagnon me laisse à Orly ouest... Il y a 2 heures d'attente avant l'embarquement. Mon MP3 veut bien s'allumer mais c'est tout. Il se bloque… Aucune commande ne fonctionne plus, et rien n'y fera... Sourire... voyage sans musique alors ? Et premier repère qui tombe.

(Photo...) ... Passeport, billets, tickets, reçus, étiquettes...

Nez au hublot pendant tout le vol... Descente sur Marrakech et à basse altitude une jolie mosaïque, nuances de rose et d'ocre pointillées de vert, mais aussi sur la droite, moins harmonieux, des cubes alignés. Lotissements en construction ? Atterrissage laborieux et turbulent, l'avion tournera longtemps avant de se poser.

Accueillie par le bruit familier, inchangé, des portières et des sièges qui grincent dans les petits taxis. A Casa c'était des Simca 1000 rouges, et il y avait un compteur, ici ils sont jaunes et il faut négocier le prix. Je n’ai aucun talent pour cela, alors va pour 100 DH !

Parcourus et oubliés

Marrakech… Solaire, lumineuse, sensuelle. Partagée entre traditions et modernité... Chatoyante et parfumée, très bruyante… plutôt polluée ? Sur la chaussée, les chevaux et les ânes se mêlent toujours aux véhicules… et gare au trafic lorsqu’il s’agit de traverser ! Ça reste toujours une aventure stratégique et... sportive : à quel instant précis piquer un sprint vers le trottoir d'en face ? Et pourquoi aucun nom de rue n'est indiqué ?

Après midi à pied, direction la gare routière de Bab Doukkala… Un repère le Mac Do, puis une place avec une fontaine. Ensuite tourner à gauche dans l’avenue Hassan II. Il y a un bus pour Zagora vendredi matin, mais je ne pourrai prendre le billet que demain. En revenant à l'hôtel, dans un kiosque juste à l'angle, j'achète "Tel Quel" que je lis avec beaucoup d'intérêt sur internet.

Jeudi... Tôt le matin, à pied jusqu’à la place J.el.F., calme et presque déserte... Je ne fais pas une affaire en achetant 2 petits poignards pour mes enfants. Aucun talent pour marchander, pour cela il faut bien plus que du charme... Alors je choisirai le reste de mes cadeaux au centre artisanal avenue Mohammed V, les prix sont indiqués et il y a le plaisir de voir les artisans travailler... Pour ma fille une besace et des boucles d'oreille. La besace sent la chèvre. Les boucles d'oreilles seront ciselées devant moi par un tout jeune homme aux doigts agiles, merveilles de finesse et de fragilité… Puis je m'attarderais longtemps dans les ruelles des souks. Parfums de cuir, de bois de thuya et de cèdre, senteurs de laine et de cuivre… Odeurs familières… Souvenirs de l’enfance…

Chers poignards

Boucles d’oreilles

Retour à la gare routière et un imprévu : pas de bus vendredi matin mais un départ ce soir à 20h30... Il me reste un peu de temps avant de rentrer faire mon sac, alors je fais un grand détour : boulevard de Safi, puis à droite avenue El Mansour jusqu'au jardin Majorelle... Une pause au calme. Des plantes rares, toutes sortes de cactées lisses, duveteuses, hérissées de piquants... formes végétales étranges, trapues ou étirées. Une infinie variété de verts, et ce bleu si renommé… Le chant des oiseaux, le soleil et les ombres qui jouent dans l'eau des bassins… Le temps s'écoule paresseusement. J’écris des cartes postales, elles arriveront bien après mon retour…



Retour à l'hôtel. Avenue El Mansour, boulevard Zerktouni, ça va, mais pourquoi les noms des petites rues ne sont jamais indiqués ?!! Je me perds un peu…

J'espère que tu as reçu mon MMS, parce qu'en partant, je laisse quelque chose pour toi à la réception...

20h, la nuit est déjà tombée. Arrivée à la gare routière, et là.... Et là, mouvement de recul... Une foule compacte, un enchevêtrement de bus... Où aller?... Rare femme, seule étrangère, sac à dos... Je suis vite repérée, entourée, mal guidée... Quelqu'un avec un badge finit par m'indiquer le bon trottoir. Le bus n'est pas là, et le trottoir est déjà noir de monde, principalement des hommes. Aurais-je une place?... Trois jeunes hommes s'empressent particulièrement... Ils veulent savoir où je vais et pourquoi, si quelqu'un est avec moi, si je suis attendue... Je réponds avec le sourire. Exercice un peu difficile, il faut choisir les mots, rester courtoise en restant évasive... Leur français est hésitant, mon arabe est plus que rudimentaire... D'ailleurs, je n'aurais pas dû essayer... Leur ton devient un peu... vindicatif, et les regards s'allument. Aïe... Ils disent étudier, mais quoi?... Veulent savoir ce que je pense du coran et d'Allah, veulent savoir ce que je pense de la guerre sainte, si je suis "pour les américains", "pour les palestiniens"... D'autres voyageurs interviennent... Et le bus qui n'est toujours pas là... Le discours devient fanatique... Là, mon sourire se fige un peu... Petit coup de flip, et donc envoi d'un MMS "flippé"... (Mais à qui d'autre pouvais-je l'envoyer ?) Puis, dans cette foule sombre, une lumière vêtue de blanc... Nabila, une jeune étudiante qui rentre à Zagora pour les vacances, elle parle français... Elle se plante devant eux et les engueule copieusement. Je n'ai pas tout compris, mais ça été efficace ! Les 3 excités battent en retraite. De plus, ils n'étaient pas sur le bon trottoir et leur bus menace de partir sans eux...

Nabila et moi réussirons à monter et ferons le trajet côte à côte... Le bus partira avec 2 h de retard. Le voyage sera long, un peu inconfortable, ralenti par de nombreux arrêts, il a fait très froid…

Vendredi... Un peu engourdie, un peu éblouie, un peu frigorifiée, arrivée à Zagora au tout petit matin avec le lever du soleil... Magique! Envie de quelque chose de chaud... Et là le cadeau qui vient du cœur, gentillesse et hospitalité, Nabila m'invite chez elle. Accueil chaleureux de sa mère et de ses frères et sœurs, pas plus étonnés que ça de me voir débarquer si tôt pour partager leur petit déjeuner! Quelques heures en leur compagnie... Nous échangeons nos adresses, et le plus jeune des frères, Nouamare m'offre un livre de conte pour enfants...

Midi, "La fibule du Draa" Lahcen Sarti, le propriétaire... Je mets enfin un sourire et un visage sur un échange de mails... Il me montre sur la carte le parcours du trek, rigole quand je lui raconte ma nuit dans le bus, et m'envoie me reposer au bord de la piscine... Pas de maillot, alors chaise longue et bouquin... Bouquin qui m'accompagnera dans le désert, et que je terminerais à Marrakech dans le jardin de la Koutoubia...



Samedi, 1er jour...En me levant ce matin, je sais que le sable du désert absorbera aussi mon sang...

Départ tôt pour 4 jours et 3 nuits, seule, comme je souhaitais, avec un jeune guide Mohammed et un plus jeune chamelier Abdou. Nous serons ensemble 24h sur 24h, et nous ne croiserons pas âme qui vive avant d'arriver au bivouac fixe, le 3ème soir. Tout ce dont nous avons besoin est chargé sur 2 dromadaires. Et dans ces paniers il y a des miracles, un inventaire à la Prévert que je découvrirais au fur et à mesure comme... un plateau pour les verres, une corbeille pour le pain, un pain de sucre et des petits verres pour le thé mais… des grands verres et du sucre en morceaux pour le café, des épices, des oranges, des légumes, des œufs... crus ! Qui ne se casseront pas, de la vache qui rit... Et plein d'autres merveilles inattendues et tellement surprenantes au milieu du désert... (La vache qui rit c'est le beurre du désert. Tous les matins au p'tit déjeuner c’était café avec du lait en poudre Nido, et kesra avec de la vache qui rit et de la confiture d'abricot Aïcha… Un délice.)



Début du voyage, et début d'une longue, longue marche… Nous ferons 80 km en 3 jours, traverserons toutes sortes de paysages jusqu'au vrai désert de sable et de dunes... Je boirai l'eau des puits, mangerai des crudités, dormirai sur un matelas qui dans la journée selle les dromadaires... J’oublierai toutes les mises en garde et tous mes repères en matière d'hygiène... Mon corps réduira ses doléances. Ni chaud, ni soif, ni fatigue, ni trouble d'aucune sorte... juste réveillée par le froid tous les matins vers 6h.... J'enlève ma montre. Comme mes compagnons, je vivrai au rythme du soleil…

Abdou tient les dromadaires, alors il marche à leur cadence Quelquefois, nous sommes groupés Quelquefois les 2 guides sont ensemble, et je chemine derrière Quelquefois nous parlons Rien n'est obligé, il n'y a aucune gêne. C'est une danse simple et harmonieuse, un pied devant l'autre, et suivre son ombre qui tourne avec le soleil... Chaque pas laisse derrière l’inutile, l’encombrant, le superflu… Place à l’intime… Place au silence… Place au-dedans… Face à soi même… Je trouve des coquillages, et les yeux fermés je sens l'odeur de la mer...

... Un pied devant l'autre...

Je sors mon appareil... Capacité d'une centaine de prises, mais ce sera 10 photos, et pas plus. Il se bloque, aucune commande ne fonctionne plus, et rien n'y fera... Sourire... Voyage sans photos alors ? Et 2ème repère qui tombe... Je repense à mon MP3...

... Quelques photos parmi les dix...

Midi... Desseller les dromadaires qui s'éloignent aussitôt en quête de nourriture. Et avant le repas cuisiné par Mohammed, le rituel du thé à la menthe, préparé par Abdou dans une minuscule théière… Thé dense, mousseux, très sucré... Il nous le sert sur un plateau avec des dattes, des cacahouètes et des raisins secs… Et ce sera comme cela tous les jours, midi et soir...

Nous faisons progressivement connaissance... Mohammed, 25 ans... Calme, très intérieur, presque ascétique, il connait bien le désert, et il l'aime... Si à l'aise, qu'il marchera en babouches, ou pieds nus, quel que soit le terrain.. Lorsque je suis derrière lui, l'inscription publicitaire sur le dos de son sweat me fait sourire... Il y a une date, 8 janvier 2003... Petit clin d'œil de la vie? (J’ai un souvenir précis de ce jour là.) Abdou, 20 ans à peine, un visage rond et jovial. L’as du thé à la menthe... lorsqu'il me tend mon verre il dit "Bismillah", et je réponds de même... Farceur et gourmand. Ravi que je ne mange que des légumes, il aura double ration de viande !

... Abdou et sa théière...

.... Mohammed...

Fin d'après midi, un puits... Abdou fait boire les dromadaires, et Mohammed remplit les bidons. Les bouchons ne sont pas étanches, alors il coince un morceau de sac en plastique pêché dans un des paniers, et visse par dessus..... Oublier toutes les mises en garde en matière d'hygiène...

1ère nuit sous la tente, au pied du djebel Baní...

... Djebel

Dimanche, 2ème jour... Traversée ascension du djebel Baní... Paysage minéral et lunaire, des roches couleur pain brûlé et gris anthracite. Je ramasse de jolis cailloux, et Mohammed me trouve une pierre fossile... Repas de midi dans une oasis, désertée par les nomades... Quand nous reprenons notre marche, le vent se lève. Un vent qui ne souffle qu'en avril, violent, terrible le ‘’Sahli’’... Des tourbillons de sable et de graviers. Où est le ciel, où est la terre... tout est poussière, tout est jaune et opaque... Les bourrasques sont si fortes qu’elles nous font vaciller. Par moments il faut même s'accroupir pour ne pas tomber. Dans la forêt d’acacias, Abdou et les dromadaires ne sont qu’à quelques mètres devant nous pourtant nous ne les voyons plus... Nous saurons plus tard que ce jour là, les excursions prévues ont été annulées... Qu'un groupe s'est perdu et a dû être récupéré en 4X4... Mais Mohammed a le sens du désert. Il est calme, il nous guide… alors nous continuons et j'ai confiance en lui. Il serre un chèche autour de ma tête, fragile rempart contre ces déferlements… Il faut avancer et c'est difficile... Mais le désert m'a acceptée, alors sans opposer de résistance, je l'accepte... Et le sable s'insinue partout... dans la bouche, crissant sous les dents, dans les yeux, les oreilles et les narines... dans les cheveux... Une fine couche ocre a recouvert mon visage, et mon corps jusque sous mes vêtements. Je suis devenue une femme de sable... Communion... Fusion avec le minéral. J'absorbe la puissance prodigieuse du désert, comme le désert absorbe mon sang...

Nous avons marché 4 heures, poussés par ce vent furieux, avant de s'arrêter pour la nuit sous un acacia... Là, il a fallu monter la tente, ce qu'ils ont fait, difficilement. Puis il a fallu la lester... Alors les ustensiles et le plateau du thé à la menthe ont servi de pelles pour recouvrir les rebords de sable. Puis Abdou s'est occupé des dromadaires, en maintenant une de leur jambe avant repliée avec une corde pour éviter qu'ils ne s'éloignent trop... Ensuite on a tout rentré sous la tente, et on s'est écroulés... mais pas longtemps.

Mohammed préparait des repas de roi midi et soir avec les merveilles contenues dans les paniers: salade de crudités finement coupées, tajine de légumes, soupe (et pas en sachet !)... Même les sardines en boite étaient agrémentées de minces tranches d'orange... Après cette journée éprouvante pour tous, je lui dis que du pain avec de la vache qui rit suffirait bien... Il m'a regardé avec un grand sourire, a prononcé sa phrase rituelle du soir: "Maintenant Laurence, assied toi, prend ton temps, prend ton livre..." Il a sorti du panier miraculeux ses ustensiles pleins de sable, son réchaud, des légumes, et nous a préparé un couscous (et pas en boite !), un couscous qu'il a roulé entre ses mains... Pendant ce temps, Abdou a sorti sa théière pleine de sable, son pain de sucre, les cacahouètes, les dattes... Rituel du thé à la menthe, comme tous les jours, midi et soir...

Dehors le vent continue de souffler soulevant des tourbillons de sable... Alors, je ne ressortirai pas comme l'autre soir pour laver mes dents et brosser mes cheveux. Juste une lingette sur le visage pour enlever la poussière... Mohammed éteint la lampe à gaz, je me recroqueville dans mon sac de couchage. Les dromadaires se sont rapprochés de mon côté de la tente, la lumière de la lune étire leurs ombres sur la paroi de toile. Ils se sont repliés, et font des bruits bizarres... Nous nous endormons très vite...

Lundi, 3ème jour... Mes 2 compagnons dorment encore, quand le froid me réveille vers 6h comme tous les matins... Tout semble si calme, le vent ne souffle plus... Je dénoue la porte de la tente et... Un ciel bleu et pur, qui se teinte peu à peu de rose et d'orange flamboyant. Le soleil se lève devant mes yeux éblouis. Une journée de lumière commençait : plus aucune trace de la tempête d'hier, sauf du sable... partout.

Donc, petit déjeuner avec du sable... Ensuite, nous secouons tout ce qu’il est possible de secouer, faisant voler des nuages de poussière… Puis Abdou rend leur 4ème jambe aux dromadaires et nous continuons le voyage.

Après les étendues de cailloux et d'arbustes du 1er jour, les crêtes rocheuses du djebel Baní et la forêt d'acacias du 2ème jour, le paysage change, s'adoucit... Nous arrivons dans le désert, comme on l'imagine, comme on le rêve, comme on le voit sur des milliers de photos : des dunes blondes à perte de vue, en creux et en rondeurs harmonieuses… Le désert de sable… immense, fascinant...

Dernier repas tous les 3… Ce soir nous arriverons au bivouac fixe et nous ne serons plus seuls. La pause s’étire… Alors un peu à l’écart dans le sable lisse je trace quelques mots… une évidence... confiant un secret au désert. Dans une petite boite je rapporterai avec moi un peu de ce sable magique…

.. Un secret dans le désert...

Abdou attrape mon carnet et dessine les dunes. Mohammed dessine Abdou et ses dromadaires... J’apprends à faire la vaisselle avec le contenu d'un seul verre d'eau... Un oiseau minuscule se pose sur mon sac… Un oiseau !... au beau milieu de nulle part !... Les dromadaires semblent se régaler avec les branches d’acacia pourtant pleines d’épines…

Dessins de désert

Nous reprenons le chemin... Les dunes sont plus hautes... Pleins et déliés faciles à gravir, le désert a des courbes sensuelles, féminines. Une main de géant en épouserait les reliefs comme une caresse sur un corps doux et moelleux... Le soleil couchant donne au paysage des couleurs d’ambre et d’épices, des reflets de cannelle… Le sable m'offre des cailloux roses, et des morceaux de quartz blanc qui brillent... Je trouve aussi une pierre noire... Mystère...

Cailloux roses, cailloux fossiles, cailloux brillants, et une pierre noire

Fin d'après midi, arrivée au bivouac fixe au pied de l'erg Lihoudi... Le gardien Lahcen, tourbillon volubile et agité nous accueille avec un thé à la menthe. Il me capte vite: "toi, tu fais du yoga’’… Il raconte plein d'anecdotes sur ses "clients", termine toutes ses phrases par : "pas de problème !… machi mouchkil… machi mouchkil, pas de problème !���" Autour des tentes, des dizaines… des centaines de gros scarabées noirs grouillent sur le sable… Comme je frissonne, Lahcen en saisit un délicatement, et veut le poser sur ma main "Machi mouchkil ! Ça ne pique pas !"… Je tends une paume hésitante… Malgré la fantaisie et l'enthousiasme communicatif de Lahcen, je n'aimerais pas cette dernière soirée. 2 groupes sont arrivés en 4X4 pour passer une nuit dans le désert… Bruit des moteurs, bruit des caméras, bruit des voix et des exclamations... Intrusion dans ma bulle... Je reste un peu à distance… Ils repartiront très tôt le lendemain matin…

Souvenir de scarabées

Mardi, 4ème jour... Debout, immobile sur une dune de sable, je vois dans un même ciel la pleine lune et le soleil… Face à face lumineux, Magique, bouleversant… Puis la lune a pâli, le soleil a flamboyé davantage. Ce n’était plus tout à fait la nuit, ça n’allait pas tarder à être le jour… L'univers Sacré, Mystique se déployait devant moi... Moment de grâce qui fit battre mon cœur un peu plus vite… Quelque chose d’indéfinissable m’envahit alors progressivement, avec une infinie douceur, jusqu'au plus profond de l'âme... Devant cette rencontre improbable, hésitations réticences et craintes semblent si dérisoires…Que sommes nous sinon des fragments de cet univers dans lequel tout est uni… tout est relié…

Alors c'est l'intention d'un nouveau message : "Ça me ferait plaisir de mettre un visage sur..." Mais dans cet échange parsemé de méprises et d'incompréhensions, pouvais-tu recevoir l'intention sans l'interpréter ?...

Je suis restée longtemps sur cette dune, sous le charme… Debout, pieds nus enracinés… le cœur ouvert... Réceptive… en Unité entre l'infiniment petit du grain de sable et l'infiniment grand de l'univers... Je n’étais rien venu chercher pourtant la Terre généreuse a offert son énergie, sa force subtile à chaque cellule de mon corps, et rempli mon âme de lumière…En échange de ce sang répandu sur le sable pendant ces 4 jours ?…

Donner pour Recevoir… Recevoir et Donner… comme un pacte signé.

Ce qui m'a exilée de ma vie, mettant à mal tous mes repères m'aura attirée jusqu'ici… Passage nécessaire par l'espace, par le retrait et par le silence... pour une autre naissance ?... Le désert réel après le désert symbolique... S'arrêter un instant, comme à la croisée des chemins. Se relier avant de continuer… Si ce chemin mène à l'essentiel, alors ce chemin a un cœur et il se poursuivra...

Au pied de la dune en redescendant, j'ai trouvé une petite main de Fatima en perles. Cadeau du désert...

Cadeau du désert, porte bonheur ?

Mohammed et Abdou repartent de l’erg Lihoudi avec d’autres personnes, notre aventure commune s’achève donc ici... Émotion… les regards et les gestes sont plus éloquents que n’importe quelle parole... Merci, du fond du cœur...

Retour à Zagora dans un 4x4 brinquebalant et plutôt tape-cul... Après la piste, nous traversons une immense palmeraie... Chatoiement des couleurs, luxuriance de la végétation, les palmiers y poussent dans des parcelles de blé... Vert tendre des épis, vert fané des palmes, toutes les nuances de vert contrastent avec les murs de pierre ocre et rose... Mes yeux redécouvrent le vert… Mes yeux redécouvrent les couleurs... Sur un chemin étroit, le 4x4 se retrouve en face d’un âne qui porte 3 enfants sur le dos… Impossible de se croiser. Qui va reculer ?... Et bien le progrès vrombissant s’est incliné devant la tradition à 4 pattes : dans un nuage de poussière, le 4x4 a fait marche arrière sur plusieurs centaines de mètres… L’âne est passé tranquillement... Sur son dos les 3 enfants agitaient leurs mains…

Midi, arrivée à "La Fibule du Draa"... Accueil souriant de Lahcen. Il me propose de prendre une douche, je refuse… Même s’il semble un peu surpris, il a la délicatesse de ne pas trop le montrer… Curieusement, je ne me sens pas sale. Pourtant mes vêtements sont les mêmes, et mon corps n'a pas vu une goutte d'eau depuis le jour de mon départ... Mais je veux garder la chaleur et l’odeur de sable sur ma peau... renouant avec des sensations oubliées, instinctives, animales... Alors, je reporte sur mon sac ma méticulosité, et mes conditionnements civilisés... Je sors tout, vide tout, secoue tout... traquant le moindre grain de sable... Peine perdue ! (J’en retrouve encore aujourd’hui…) L'après midi s'étire paresseusement au bord de la piscine... Je contemple mes cailloux, et fais une jolie rencontre….

Le bus Zagora- Marrakech part à 19h... C'est le soir de la pleine lune, et dès que la nuit tombe le ciel se remplit d'étoiles… Points lumineux sans commencement, sans durée, sans fin… Petites lumières si lointaines et si proches…

Envie de partager ce moment… Et avec qui d’autre le faire ? Si tu lèves les yeux, tu es le seul à voir le même ciel que moi. Alors, c’est l’intention d’un autre message. Mais, dans cet échange fragile et trébuchant… jalonné de malentendus… pouvais-tu recevoir l’intention, sans l’interpréter ?

Le voyage sera plus court qu'à l'aller, mais à peine plus confortable. Un haut parleur juste au dessus de mon siège crache de la musique et des incantations pendant tout le trajet... A mi-parcours, même arrêt insolite dans un village illuminé et affairé comme en plein jour (Taddart, je crois…). Le long de la rue principale, les sols sont en damiers noir et blanc. Des étals de bouchers exposent des carcasses entières de bœuf… Odeurs de fumée et de grillades… Des gens s’activent… D’autres, attablés, mangent… en plein milieu de la nuit.

Arrivée à Marrakech à 2h du matin. Grève des taxis, pas de chambre avant ce soir… Aïe ! Mon sac à dos attire l’attention : une voiture s’arrête et offre de m’emmener pour 80 DH… Confiance… 5 mn après, je pousse la porte du "Toulousain"… Le gardien me proposera de finir la nuit sur une des banquettes du hall. Je déplie mon sac de couchage, et me glisse dans l'odeur du désert... Pas sommeil. Mais les yeux fermés, je vois les étoiles... Tu es venu chercher ma volumineuse enveloppe.

Mercredi... Petit matin difficile... Maintenant, je me sens sale, mes vêtements me gênent, mes chaussures me font mal... Envie d'une longue douche chaude, envie de retrouver mon corps, de laver mes cheveux, de mettre de la crème, de faire mes ongles, de... Ce sera une longue douche... froide ! L'hôtel est plein de charme, mais un peu vétuste.

Vêtements de 4 jours… Après midi à pied, dans le quartier calme de l'hivernage, à la recherche d'un souvenir d'enfance qui a peut être changé de nom: l'hôtel "Holiday Inn"... Je n'ai pas trouvé, ou pas reconnu. Longue flânerie dans les jardins de la Ménara, et retour à l'hôtel au coucher du soleil...

Jeudi... Dernier jour... Envie de voir le musée de Marrakech, parce que le fondateur était un ami de mon père... Alors même trajet familier : Le Mac Do, la place avec la fontaine, avenue Hassan II, Bab Doukkala... mais cette fois je passe les remparts, et dans la vieille ville sensuelle et charmeuse, envoûtante, je me suis perdue, retrouvée et reperdue... J'ai déniché le musée et la medersa Ben Youssef, au bout d’un dédale de ruelles... Suivi des odeurs de menthe, d'olives, de miel et de cannelle... Savouré, émue, les mêmes beignets que dans mon enfance, ronds de pâte dorés frits dans l'huile avec un trou au milieu, et assemblés avec un brin d’herbe... (Je ne m'en rappelle plus le nom...) J'ai rempli mes yeux de jolies choses et échangé des sourires... Reçu, comme ça… Cadeau… une bague pour mon petit doigt… On m'a interpellée : " Hé la gazelle", et ça m'a fait plaisir...

.. Perdue quand même !...

Après midi au soleil dans les jardins de la Koutoubia. Je termine mon livre, du sable tombe d’entre les pages...

.. Commencé dans l’avion… lu dans le désert… terminé à Marrakech…

Mélancolie du dernier soir... Alors en retournant à l'hôtel j'achète une kesra, et de la vache qui rit...

Longue, longue nuit blanche... Avion dans quelques heures... Contente aussi de retrouver ceux que j’aime.

Pensées, émotions, sensations, images... Questions... Une question… Alors, plus que de raison, faire et refaire le tour de la question... Ce qu’il y a à vivre, il va falloir le vivre...

Le désert, un chemin solitaire... comme tous les chemins qui mènent à l'essentiel...

3h30, ton message, lu par la voix métallique d’une boite vocale. Et toi, face à la défaillance physique, face aux erreurs passées. Face à la peur... Un chemin solitaire. Aussi. Comme tous les chemins qui mènent à l’essentiel...
KE Kelessuf Globetrotter ·
Bonjour "Kola"!

Merci pour ce beau carnet. Comme je me retrouve dans tes mots! Il y a quelques jours, je me suis décidée à taper le mien pour le rajouter aux nombreux textes des VFistes. Merci, tu me donnes l'occasion d'abandonner ce projet! Comment pourrais-je souffrir la comparaison avec ta prose? Il y a quelques jours seulement, oui. Beaucoup d'hésitations. Peut-on partager une expérience si particulière et si personnelle? Et, je l'avoue, une certaine réticence à proposer mes textes, photos et dessins à la critique. La crainte de voir juger un voyage qui fut tant pour moi. Perdre l'anonymat en mettant à nu mes émotions. Et puis je décidais d'essayer quand même, la peur au ventre; peut-être en changeant quelques passages pour rester dans l'ombre ? Oui, sûrement. En retravaillant mon texte? Non, j'aime trop la spontanéité du premier jet qui me replonge dans mon voyage, tel que je l'ai ressenti, même si cette première écriture n'est que rarement la meilleure pour d'éventuels lecteurs. Mais voilà, mes émotions ont trouvé une autre plume, trempée dans les mêmes lieux, et taillée par le même goût du voyage... Merci! M.
ME Mezgarne Globetrotter ·
Merci pour ce très beau texte :)
Des infos pour vivre et travailler au Maroc : http://o-maroc.com
KE Kelessuf Globetrotter ·
C'est une danse simple et harmonieuse, un pied devant l'autre, et suivre son ombre qui tourne avec le soleil...

Oui, je n'y avais pas pensé en ces termes... mais c'est très vrai. Pour avoir pratiqué, sans trop de grâce, cet art dans mon enfance et ma prime jeunesse, la comparaison est belle et juste. Entre légèrté toute aérienne et ... l'impossibilité de s'affranchir des lois de Newton. Entre l'élévation intérieure et ... ces maudits cailloux qui brûlent la plante des pieds. A chacun de trouver sa danse, entre la "marche" des bals populaires et ... les entrechats d'Aurélie Dupont. Encore merci!
AR Argentine06 Regular ·
Merci pour ce merveilleux moment. J'ai un grand désir de connaître le désert de cette manière, seule et sans bruit avec des guides qui "sont du désert" et qui le respectent. Merci encore pour avoir décrit de cette manière ces quelques jours!
argentine06
HA Hamid48 Regular ·
merci mille foi kola pour ce merveilleux carnet qui nous ramene à la vie tout court à la terre
A. hamid
KO Kola Globetrotter ·
Merci... J'apprécie toujours tes interventions sur ce forum, calmes courtoises et précises qq soit le sujet... (je te l'avais déjà dit) D'ailleurs, pour ce voyage tu avais répondu à certaines des questions très pratiques où plus... philosophiques que je me posais en le préparant... Et puis... tu sembles aimer ce pays, comme moi je l'aime... J'y suis née et j'y ai grandi... amicalement
KO Kola Globetrotter ·
Merci... Et si mon aventure t'a donné envie de laisser tes empreintes dans le sable, alors c'est bien... amicalement
KO Kola Globetrotter ·
Merci... Safi est une ville dans laquelle j'ai laissé de nombreux souvenirs d'enfance... amicalement
ME Mezgarne Globetrotter ·
:) merci à toi :)

J'aime effectivement le désert, et le Maroc, mais plus encore le désert :)

Peut être qu'un jour on se retrouvera là bas :)
Des infos pour vivre et travailler au Maroc : http://o-maroc.com
RA Raoulx Globetrotter ·
bonjour,

Voila du vrai de chez vrai, comme j'aimerais qu'il y en ait plus au Maroc!

Et vive la Fibule du Draa! et ses prestations, je n'y ai vu que des gens satisfaits.
KO Kola Globetrotter ·
Bonjour Raoulx Avec toi aussi j'avais eu des échanges en préparant mon voyage, sur La Fibule, sur des horaires de bus improbables... Sur ce forum, et peut être sur un autre(?)... tes précisions et tes avis tranchés m'ont qq fois éclairée... amicalement
HA Hamid48 Regular ·
mais alors tu es native de safi, c'est un grand plaisir pour, je t'assure je n'ai jamais eu autant de plaisir à lire et à aimer le désert, pour être franc avec toi je n'ai jamais été au-delà de marrakech et d'agadir merci encore
A. hamid
KO Kola Globetrotter ·
Non Hamid... Je suis née et j'ai grandi à Casa Safi, ce sont juste des souvenirs de vacances... Un immeuble tout blanc, une terrasse d'où on voyait la mer, les huitres de Oualidia...
HA Hamid48 Regular ·
c'est pas un problème, casa ou safi c'est tout comme, tu sais je viens d'imprimer ton récit tellement il a réveillé en moi des sensations étranges et il me fait poncer aux parisiens qui n'ont jamais monté sur la tour eiffel, encore merci.
A. hamid
SC Scourtoi Veteran ·
...

Ouaouh ! Que dire de plus. J'ai gardé une phrase que j'aime bien...

Et le sable s'insinue partout... dans la bouche, crissant sous les dents, dans les yeux, les oreilles et les narines... dans les cheveux... Une fine couche ocre a recouvert mon visage, et mon corps jusque sous mes vêtements. Je suis devenue une femme de sable... Communion... Fusion avec le minéral.

Oui, le désert à quelque chose de ce genre. Fusion. Je te souhaite d'y retourner bientôt ! On ne s'en passe guère plus de quelques mois. Et alors, après avoir appris à faire la vaisselle avec un verre d'eau, tu pourras bientôt la faire sans eau du tout... !

Sam
LE Leflâneur Regular ·
J'ai regouté l'espace de ces quelques lignes aux délices profonds de la vie nomade comme j'aime la vivre dans les montagnes... il faudra bien qu'un jour je me décide à visiter ce désert qui semble procurer de si belles émotions à toutes celles et ceux qui en foulent le sable.

Merci Kola.

José
« Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt
LO Lolavia ·
Tres joli recit Kola, merci... Je suis egalement allée marche seule dans le desert avec un guide et un chamelier tout comme toi, en mars-avril dernier, dans le desert apres M'Hamid, et j'y ai rencontré.... l'amour. J'y suis retournee debut juin, nous nous sommes peut-etre croisée.. qui sait...
KO Kola Globetrotter ·
On rencontre des choses étranges dans le désert... L'amour? je ne sais pas... Et si on déploie délicatement ses antennes, on se retrouve face à soi même...
PA Patumb ·
Merci, si chaud, si bon, si grand ....
les choses ne valent que le prix qu'on est prêt à payer ...et n'ont jamais que l'importance qu'on leur accorde.
AG Agnesa75 ·
Bonjour kola,

J'a lu au début de ton récit que tu seule avec 1 guide ou 2 guides... Bref, je souhaite en 2009 partir en trek, environ 1 an, dans le monde et traverser plusieurs déserts avec, si possible, 1 même guide pour l'ensemble du voyage. Peux-tu me donner des tuyaux pour trouver des guides locaux qui connaitraient eux-mêmes des guides locaux etc... et quel prix approximatif (pour le guide) as-tu payé pour ces 8/10 jours

Merci à toi,
"Si tu rencontres deux êtres qui vivent en harmonie, sois sûr que l'un d'eux est bon"
PA Parvat Globetrotter ·
Me suis régalée à te lire!!! Mille mercis!!! [:)]
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
TA Takisha ·
Salut Kola,

je n'ai pas encore tout lu de ton carnet de voyage, mais merci pour cette aventure!!
CA Castor73 ·
bonjour kola

j'ai lu ton reçit de voyage du sud maroc;qui est d"une grande spiritualité

je retourne au maroc cet hiver;cela fait 30 ans deja je me baserai a marrakech et compte faire une courte randonnée avec chameaux vers Mamid aussi via Ouarzazate peut tu me dire avec quelle agence tu as fais ce trek? et leur scoordonnees merçi pour ton aide michel
Regardez le ciel.Demandez vous:Le mouton oui ou non a-t-il mangé la fleur?Et vous verrez comme tout change... Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance! Le Petit Prince Antoine de Saint Exupéry
KO Kola Globetrotter ·
Bonjour Michel...

Merci pour ton commentaire... [:)]

J'ai fait cette randonnée avec "la fibule du draa", contactée via leur site internet dont voici les coordonnées : http://www.zagora-desert.com/index.htm

N'hésite pas à leur demander ce que tu souhaites si dans la liste des excursions proposées rien ne correspond à ce que tu attends... http://www.zagora-desert.com/excursions.htm
CA Castor73 ·
kola encore merçi pour ces tuyaux michel
Regardez le ciel.Demandez vous:Le mouton oui ou non a-t-il mangé la fleur?Et vous verrez comme tout change... Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance! Le Petit Prince Antoine de Saint Exupéry
RA Raoulx Globetrotter ·
Bonjour,

Je conseille toujours régulièrement "la fibule du Draa"!

Tout le monde en est satisfait ! Hotel sympa, et organisation d'excursions au top et à tarifs honnètes.

Et je considère que c'est "le" moyen efficace d'échapper aux rabatteurs agressifs qui se multiplent de Zagora à Mhamid, qui sont en train de décourager toute tentative de tourisme individuel.
NI Nicodilo Regular ·
Oui très joli texte beaucoup de sensibilité, de poésie mais aussi d'authenticité et d'émotion dans tes mots.

un voyage proche du cœur...
Nico

http://dilomoi.over-blog.com/
SA Sabinelebert ·
Salut Kola, je m'appelle sabine je reviens du Maroc ! je trouve ton carnet de voyage vraiment super ! j'ai pris presque les mêmes photos que toi !tu etais dans le moyen atlas?l'annèe dernière j'étais dans le sud tunisien : c'est magnifique aussi ! cette année j'ai visité Essaouira : petit port de pêche où il y a le festival de gwana : j'ai ramené une guitare berbère et le charmant vendeur m'a offert le disque "Gwana 2008 " c'est sympa !en tout cas encore BRAVO pour ton carnet! belle étude de ce beau pays ! et les gens là-bas : ils sont tellement gentils ! moi tu vois j'envisage ( j'aimerai! ) y aller bosser : j'suis infirmière et j'aimerai réaliser ce rêve d'aller travailler, vivre là-bas ! In ch' Allah ! à bientôt peut-être[:)] J'habite en Ardèche si ça te dis d'avoir des tuyaux sur la région ... Allez ciao ! SL
SL
IT Itxaso ·
Superbe texte! Merci! J'aime beaucoup la retenue de tes mots et la poésie, l'émotion qui s'en dégagent. Les implicites et les va et vient entre le voyage et en particulier le désert, la vie, le rapport aux autres me parlent. Il est clair que c'est dans ce genre d'expérience que l'essentiel s'impose! Au plaisir de te lire à nouveau.
KO Kola Globetrotter ·
Merci pour ton regard...

(As-tu vu que la fleur jaune de ton avatar a une petite sœur qui pousse en plein désert ?)
IT Itxaso ·
Non, je n'avais pas remarqué! Merci pour ton regard ... Comme quoi, à plusieurs, on voit mieux que tout seul.

Mon avatar, c'est moi!

Bonne route et au plaisir de te lire ou d'échanger.

PS: as-tu remarqué que le jaune de nos fleurs se reflète dans les champs chatoyants et la lueur du feu du cœur de ton avatar?
BI Bikerider13 ·
Merci mille fois pour ce magnifique et instructif carnet de voyage Ca donne vraiment envie d'y aller voir Bonne route !
bikerider13
ML Mllegazou Veteran ·
Merci pour ce superbe carnet de voyage, qui me donne envie d'aller moi aussi marcher dans le désert... J'avais toujours pensé faire ce genre de chose en groupe, avec Terdav ou assimilé, mais ton texte m'ouvre des perspectives auxquelles je n'avais jamais pensé...
"La liberté existe toujours, il suffit d'en payer le prix" - H. de Montherland

Mon blog tour du monde 2011-2012, devenu blog voyages, puis de nouveau blog tour du monde en 2016, puis blog de mon installation à la Réunion : www.smilingaroundtheworld.com
JA Jackieda Veteran ·
très beau récit ...j'ai pu l'illustrer avec quelques unes de mes photos gravées dans ma tête ….
La nature fait les hommes semblables . La vie les rend différents . (Confucius)
KO Kola Globetrotter ·
Il y a vraiment des pépites dans les archives de VF [:p] Résurgence d'un temps où il était galère d'insérer des photos dans un carnet... Carnet dont je me demande s'il trouverait sa place dans le forum tel qu'il est aujourd'hui.

Merci pour ton regard [:)]
AJ Ajft Veteran ·
Carnet dont je me demande s'il trouverait sa place dans le forum tel qu'il est aujourd'hui.

Bonjour ! Mais bien sûr que si ! Parce que c'est cela que l'on attend d'un carnet de voyage, du ressenti : Histoire d'un voyage au Maroc, du premier au dernier jour sinon ça n'aurait pas eu de sens... Et surtout posté en une seule fois.
JA Jackieda Veteran ·
Il y a vraiment des pépites dans les archives de VF [:p] Résurgence d'un temps où il était galère d'insérer des photos dans un carnet... Carnet dont je me demande s'il trouverait sa place dans le forum tel qu'il est aujourd'hui.

Merci pour ton regard [:)]

Ah oui il y a toute sa place aujourd'hui ! Même sans photos , ni vidéos surtout .... bien qu'ayant fait un bivouac " touristique " , heureusement en petit nombre (4 +1 guide + 1 chamelier ) , j'ai vécu dans les dunes ce moment où il n'y a plus ni passé, ni futur , uniquement le présent avec l'impression qu'il s'imprime en soi . Tu as su évoquer avec tes mots l'indescriptible ! Merci à toi [:)]
La nature fait les hommes semblables . La vie les rend différents . (Confucius)
VO Voyajou Globetrotter ·
Et surtout posté en une seule fois.

O tempora, o mores!
AJ Ajft Veteran ·
O tempora, o mores!

Censeo, sed Incidi patulum in specum procumbente Priapo... [:P]

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