Autrefois, partir en voyage était comme un petit exploit, aller au restaurant, un évènement.
Aujourd’hui, on achète son billet d’avion comme l’on va au supermarché, rayon surgelés, un choix invraisemblable de produits, destinations.
Il y en a pour toutes les bourses, du tout-prêt lasagnes ou du « à préparer » style brocolis.
Et soit, par goût, commodités, habitudes, on prend les pommes noisettes, soit on cherche la coquille St Jacques plus rare.
Et puis, on prépare le repas. Juste un coup au micro-ondes, on fait sa valise au dernier moment, y’a rien à prévoir, soit on cherche tous les ingrédients pour un mets que l’on voudra inoubliable.
Parfois, le seul souci sera celui de gérer les tri des emballages, cartonnés ou plastifiés, valise ou sac.
Ensuite, on mange. Comme un glouton, comme un gourmand, comme un gourmet.
Dans tous les cas, on digère et c’est fini.
Que restera t-il dans notre mémoire ? Une saveur, un rire échangé, un voisin de table grossier, un autre qui étalera sa culture culinaire, un autre taiseux qui mangeait en faisant un bruit détestable avec ces mandibules, et pour soi-même un bon souvenir gustatif, délicat, exquis, insipide, bourratif ou une digestion difficile.
N’avoir pas assez pour manger, manger trop, mal manger, nous sommes tous bien inégaux dans notre monde
Voyager, c’est comme manger, un sentiment de bonheur et de joie quand il est partagé.
Manger est un lien social ou une offrande. On mange tout seul son plateau-télé où l’on dresse une table où tous les convives se régalent, où l’on mange au restaurant, où l’on va au fast-food, c’est au choix de chacun.
Le triste, c’est quand il n’y a rien dans les placards, pas de nourriture, pas de voyages.
Et triste aussi, quand il y a trop, on se met à la diète. C’est ce que je fais en ce moment… avant de me remettre aux fourneaux...
Si le voyage est une nourriture alors faut-il « manger pour vivre ou vivre pour manger ?*
* remplacer manger par voyager
Original post










