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Voyage de trois/quatre semaines en Iran, juillet-août
Bonsoir bonsoir! Bon, après avoir lu, réfléchi, cogité, je pense que je vais bien me laisser tenter par un voyage de 3 semaines-1 mois cet été en iran. Quelques grandes questions néanmoins: - des élections sont prévues en juin. Ceux qui connaissent bien le pays: pensez-vous qu'il soit, disons.... un peu téméraire d'acheter les billets dès maintenant? - qui des températures en juillet-août? (je n'ai de toute façon pas le choix si je veux pouvoir partir plus de deux semaines!) - je partirais avec une copine, pas de soucis particulier pour voyager toutes les deux, en transports en commun et guesthouse? (j'ai bien noté la question vestimentaire, je pense trouver ce qu'il faut à Beyrouth! 😉) - dans l'idéal, je ferais une partie du voyage avec mon copain, libanais.... Sont-ils particulièrement regardant là bas sur les papiers de mariage et autres officialités? Merci d'avance aux connaisseurs!
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Premier périple en Turquie et Iran
Bonjour à tous,

Je suis une jeune fille de 18 ans invitée à passer le mois d'août en Iran... Passionnée de voyages malgré mon jeune âge, je n'ai pas pu dire non à un séjour à Ispahan. Il n'empêche que... Il n'empêche que plein de choses! Tout d'abord le voyage en lui même... Ayant failli tomber de ma chaise en voyant le prix de l'avion Paris-Téhéran et n'aimant de toute façon pas ça, la perspective de voyager 13h par ce moyen de m'a guère enchanté. J'ai donc réfléchi à une autre solution: celle du train qui me paraît beaucoup plus enrichissante de manière générale. J'ai donc fait mon parcours: avion (faut bien!) Paris-Istanbul puis train (j'ai déjà lu les sujets y étant consacrés) Istanbul-Téhéran. J'ai pas mal voyagé (enfin rien si je compare à la majorité des gens ici ;))... Mais jamais seule ou plutôt jamais seule dans cette région du monde. J'ai remarqué sur ce forum (ô combien interessant, ne pas se méprendre sur mes propos!) que la tendance était plutôt à "rien n'est dangereux, vis, voyage, tu crains rien" ou encore "les gens sont chaleureux"... Je ne doute pas de l'hospitalité des turcs et des iraniens, encore moins de l'effet bénéfique du voyage, mais ce que j'aimerais ce sont des conseils ou des témoignages pour quelqu'un de jeune (et de sexe féminin!) n'ayant jamais mis les pieds au Moyen-Orient. Quel est le risque réel d'attaques terroristes? Quelles sont les choses à faire et à ne pas faire? Que faire en cas de vols, agressions, perte des papiers etc...? Quelle assurance prendre? Puis-je acheter mes billets pour Téhéran deux jours avant le départ du train? Ou faut-il réserver à l'avance comme pour la SNCF (et si oui, comment?)? Dois-je rester impassible à chaque sourire/invitation (y compris le thé à Istanbul) proposée? Il y a plein d'autres questions, le reste viendra plus tard 😛 Je crois que j'aimerais un récit complet et détaillé des gens qui ont entrepris ce voyage, j'ai envoyé plusieurs MP mais pas de réponses... (Hormis Yavuz qui m'a donné des conseils pour Istanbul, et même s'il m'a affirmé que c'était particulièrement sûr, je le remercie encore au passage!). Bien entendu, tous les conseils et avertissements sont les bienvenus! Je vous remercie d'avance 🙂
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D'Erevan à Téhéran: récit d'un voyage entre Caucase et Moyen-Orient
Je vous propose mon premier carnet de voyage, entre Caucase et Moyen Orient. Plutôt long, j'espère que vous aurez la patience de le lire jusqu'au bout...

Arménie - Iran : récit de voyage

Samedi 30 septembre : Vol matinal Bruxelles - Erevan avec Ukraine International. Rien à redire sur la compagnie (j’avais lu de nombreux avis catastrophiques) : courte escale à Kiev, avions récents et confortables mais aucun service gratuit à bord (ressemble à du low cost). Pour un vol payé 250 € (aller Erevan, retour depuis Téhéran), cela vaut la peine.

Longue attente à l’arrivée à Erevan, mais, ça y est, me voilà arrivé. Excité et anxieux à la fois, il s’agit de mon premier voyage entièrement seul pour une période de 2 semaines, qui plus est dans une région où l’offre touristique est faible. A moi l’inconnu... A la sortie, j’achète directement une carte sim locale et, le taxi que m’avait proposé mon logement AirBnb pour 10€ est là à m’attendre. J’aime ces premiers instant dans un nouveau pays, et ma première impression sur le trajet jusqu’en ville est ce curieux mélange d’ambiance ex-soviétique et d’Orient. Cette impression se renforcera au cours de mon séjour avec en plus, dans la capitale, le constat que ce pays se tourne aussi de plus en plus vers l’occident.

L’accueil à mon logement est formidable et ajoute de la chaleur à cet austère building dans lequel il se trouve. Voulant être au plus près de la population j’ai minutieusement choisi une chambre chez l’habitant (sur AirBnb) et cela aura été un très bon choix, bien qu’un peu plus onéreux : 20€/nuit au lieu de 10€ en hostel. Avant de partir explorer la ville, mon hôte, Shoghik, qui vit là avec sa fille Ellen et son mari, me propose de m'asseoir avec eux et de partager les fruits, l’Halva, le café arménien, les gâteaux, ... disposés sur la table pour mon arrivée.

Je sors prendre le pouls de la ville en commençant par la place de la République puis place de l’Opéra et jusqu’à Cascade. A la tombée de la nuit, tout s’anime : les gens sortent, les rues deviennent bondées, les terrasses se remplissent, les familles sortent dans les parcs et les jeunes se rassemblent. Je suis surpris par tant de vie et d’animation, il fait agréable de se promener dans les rues de la capitale au coucher du soleil. Je me mets alors en quête d’un endroit que l’on m’a conseillé pour aller souper. Cet endroit étant un peu à l’écart et je prends un taxi pour m’y rendre. Ici, personne ou presque ne parle anglais, pour communiquer c’est soit Arménien soit Russe. Comme je ne parle aucun des deux, gestes, sourires et l’aide de Google traduction feront l’affaire…ou pas : me voilà déposé dans un quartier totalement sombre et inanimé, pas le moindre resto en vue. En marchant 10 min je finis par tomber sur un snack qui propose de la délicieuse viande grillée que l’on me sert avec des légumes au goût inouï, des herbes aromatiques et… une bouteille de Vodka. Je suis seul, à l’unique grande table du « restaurant », qui sert aussi probablement de salle à manger pour la famille. En rentrant, Shoghik m’invite à prendre un bol de soupe fumante devant la télé avec elle et Elen.

Dimanche 1er octobre :

Après un petit déjeuner préparé avec beaucoup d’amour, composé de blit (petites crêpes ressemblant à des blinis), d’Afsianka (porridge), de fruits râpés, d’Halva et d’autres gâteaux locaux, je me mets en route vers le marché couvert de la ville. Sur le chemin, le long de cette avenue principale un peu plus éloignée du centre, je retrouve des similitudes avec certaines villes d’Asie à travers cette alternance de bâtiments décrépis et de nouveaux centres commerciaux modernes et ultras kitsch. Le tout, bien entendu, ponctué par le bruit des klaxons et de la circulation infernale. Ma balade dans le marché couvert n’est pas sans me rappeler celui de Kiev, mais, de nouveaux, avec cette touche asiatique en plus. Les étals sont magnifiques et éclectiques : bouquets de fleurs en fruits secs, grands pains plats, miel local et pieds de porc sont au menu.

Marché couvert de Erevan

Fasciné depuis toujours par les trains, je hèle un taxi jusqu’à la gare. L’unique train du jour au départ est à destination de Tbilissi, en Géorgie et mon taximan, persuadé que je désire m’y rendre, rentre dans un long débat en russe pour me convaincre de me conduire lui-même jusque-là. Une fois visité l’imposant bâtiment à l’architecture typiquement soviétique, je prends le métro pour retourner vers le centre-ville et monter sur une des collines de la ville, là où se situe 2 imposants monuments à la gloire du pays et de l’URSS. Une vieille fête foraine que je pensais désaffectée jouxte ces 2 édifices solennels et le contraste est plutôt amusant.

Après avoir flâné là-haut, je me dirige vers la mosquée de la ville, entièrement restaurée. Appelée la « mosquée bleue », et cachée derrière de vieux bâtiments, elle a plutôt fière allure et me donne un petit avant-goût de ce qui m’attend en Iran. Je me repose quelques minutes sur un banc dans le jardin avant d’aller prendre une bière en terrasse en profitant des derniers rayons de soleil. Je me dirigerai ensuite vers un petit resto de cuisine typique du Haut-karabagh : du pain fourré aux herbes aromatiques passé un grill.

Sur le retour, je profiterai de l’animation de la ville, et notamment du spectacle son et lumière aux fontaines de la Place de République. En rentrant le soir chez Shoghik, un souper m’attendra pour compléter mon repas frugal de ce soir. Son mari, chauffeur, et que je n’ai pas encore rencontré, rentre d’un périple avec des clients. Je m’arrange avec lui pour la journée de demain : il me déposera à mon hôtel à Eghegnazor en faisant un stop à Khor Virap, à Areni pour goûter la production de vin local et enfin à Noravank.

Gare de Erevan

Monument "Mère Arménie" à Erevan, et sa fête foraine

Lundi 2 octobre :

Je me réveille avec le bruit de la pluie sur les tôles ondulées du parking en contrebas de ma chambre. La météo s’annonce médiocre et nous nous mettons en route avec Edgar vers 10h00, direction Khor Virap. Après 1h de route et un arrêt d’une demi heure pour faire le plein de gaz liquide (interdiction de rester près du véhicule pendant ce temps), nous arrivons avec le soleil au monastère. Le lieu est majestueux mais je ne verrai rien du Mont Ararat, complètement dans le brouillard. Juste en contrebas, j’observe des paysans travaillant aux champs avec de vieux tracteurs déglingués. Un peu plus loin, s’étend une sorte de no man’s land marquant la séparation avec l’ennemi juré, la Turquie, à moins d’un kilomètre.

Monastère de Khor VIrap

Champs aux alentours de Khor Virap

On se remet en route. Petit à petit, la route alors dans la plaine, s’élève et devient une route de montagne sinueuse. Les paysages s’escarpent et le dernier virage avant un col ouvre la perspective sur un horizon steppe et de pics rocheux à couper le souffle. Quelques maisons sont blotties au creux de petites vallées, formant des hameaux ou le temps semble s’être arrêté. La conduite d’Edgar se fait plus brusque et plus rapide, et celle des autres conducteurs également, jusqu’à frôler l’accident. Nous voilà à 3 sur 2 bandes afin de laisser passer la voiture en face doublant dans un virage sans visibilité. On l’a vraiment échappé belle. Quelques jurons d’Edgar en arménien plus tard, nous arrivons à Areni en même temps que la pluie pour y goûter le vin dans une cave. Pas trop convaincu par ce qu’il m’est offert à goûter, j’achète malgré tout une bouteille pour prendre comme apéro si l’occasion se présente avant mon passage en Iran.

Arrêt sur la route entre Khor Virap et Areni

Edgar commence à s’agiter, alors que je traine un peu dans la cave, il m’attend dans la voiture et klaxonne plusieurs fois pour que je me dépêche. Nous reprenons la route vers le site de Noravank, situé à 20km, à tombeau ouvert. Par chance, la pluie a fait place à des éclaircies. Il y a du monde. Enfin, façon de parler, ça reste l’Arménie. Disons qu’il doit y avoir une trentaine de personnes sur le site, surtout des visiteurs venus à la journée depuis Erevan. Je prends beaucoup de plaisir à explorer les deux églises dans ce cadre fantastique. Ce sera l’une des plus belles visites du pays…qui sera écourtée car Edgar, qui, pressé de rentrer, crie après moi à ma recherche. Manque de chance pour lui, j’ai marché pendant 10 min sur un petit sentier qui monte dans la montagne afin d'avoir une vue de recul sur le monastère et les montagnes rouges et abruptes qui l’entourent. Je prendrai tout mon temps pour redescendre.

Edgar me dépose chez mes nouveaux hôtes, au Shushan B&B (10€/nuit) où je suis accueilli par Arumen, le fils aîné de la famille. Il joue dans le salon avec un ami au backgammon. Je reste là un peu avec eux à les regarder jouer et à essayer de comprendre les règles tout en mangeant des fruits accompagné d’un café arménien. Il est 17h, un rayon de soleil passe par la fenêtre et la pluie s’arrête dehors. Je profite de l’accalmie pour sortir et me diriger vers un vieux pont médiéval enjambant le torrent dans la vallée, un peu plus en contrebas du village. J’avais repéré les lieux dans un vieux livre en noir et blanc dans la bibliothèque de ma chambre.

C’est depuis le carrefour principal de la ville, là où croise la principale route Nord-Sud du pays, que débute le sentier. Ici, se concentrent une pompe à essence, un garagiste et un restaurant, semblant être l’unique point de ravitaillement à 100km à la ronde, conférant à cet endroit une ambiance de far ouest arménien. Après 20 minutes de marche à travers champs, j’arrive jusqu’au au pont de la photo. La vue sur celui ci avec le torrent et les nuages se déchirants sur les montagnes en arrière-plan est remarquable. De là, j’aperçois un homme en train de pêcher avec sa femme. Il me fait signe de les rejoindre à grand renfort de gestse et de mots que je ne comprends pas. Quand j’arrive à sa hauteur, son immense sourire me met de suite en confiance. Il me montre comment il pèche, avec un bout de ficelle attaché à un bâton, puis, d’un hochement de tête, me désigne le maigre produit de sa pêche dans un petit sceau. Alors que je m’apprête à retourner sur mes pas, ils m’invitent à les suivre jusqu’à leur maison, située 200 mètres plus haut à travers champs. Je refuse d’abord poliment plusieurs fois, puis face à leur insistance et leur gentillesse, je finis par accepter.

Pêcheur à Eghegnazor

Ces deux paysans, Ashat et Ushi, semblent vivre totalement coupé du monde. Leur maison consiste en une unique pièce en terre battue ou l’on y mange, dort et cuisine. Dans un coin de la pièce trône une vieille télé à écran cathodique à l’image neigeuse et diffusant un soap opéra bollywoodien sous-titré en cyrillique. Je me vois prié de m’asseoir pendant que le café chauffe. Alors que la femme d’Ashat apporte le café, voilà mon hôte de retour avec des tomates du potager. Il lui fait des gestes en me souriant pour lui montrer qu’il ne veut pas du café. Ashat me fait un clin d’œil et, caché derrière une étagère, il sort une bouteille de vodka dans laquelle il a fait macérer des baies. Ashat semble très amusé et fier de me montrer combien sa vodka est forte et comment on la boit cul-sec dans des petits verres.

Pendant ce temps Ushi apporte le repas : elle commence à sortir de grandes crêpes de pain sec, qu’elle arrose légèrement pour lui redonner sa consistance normale. Ensuite, elle découpe soigneusement en quartier les tomates rapportées par son mari ainsi que des tranches d’un fromages de leur élevage accompagné de piments, poivrons et d’herbes aromatiques : feuilles de menthe, de réglisse, d’anis et d’autres dont je suis incapable d’identifier le goût. Tout a une saveur fabuleuse, les tomates sont juteuses, sucrées et pleine de parfum, jamais avant je n’en avais mangé de telles. Le fromage aussi est extraordinaire et le goût combiné à celui de la tomate et des herbes aromatiques est juste divin. Je n’ai plus faim, mais je Ashat et Ushi m’obligent à manger encore, ils veulent faire honneur à leur invité.

Le temps passe vite, nous ne parlons aucune langue commune, mais nous parlerons tout le repas et toute la soirée. Je ressens une gentillesse et un accueil pur et authentique chez ces gens comme rarement j’en ai rencontré lors d’autres voyages. Entre temps la nuit est tombée. Mes hôtes veulent que je reste dormir là et, à contrecœur, je refuse. Ils ont peur que je me fasse attaquer par des chiens errant sur le retour dans le noir et décident de m’accompagner une partie du chemin. Ils me donnent aussi un grand bâton pour me défendre, si des chiens venaient à m’attaquer. Nous nous disons au revoir et je rentre dormir dans la pension le cœur lourd de les quitter.

Mardi 3 octobre :

Un petit déjeuner typique et du bon café m’attendent. La maman de Arumen vient me saluer, c’est elle qui est aux fourneaux. A 9h00 arrive le taxi que m’avait négocié la famille la veille pour aller visiter les alentours de Eghegnazor pour toute la journée. Mon chauffeur ne parle que Russe et Arménien, et, quand on doit communiquer, il appelle sa femme qui fait la traduction au téléphone. Le soleil est de la partie ce matin et je sais que ça ne durera pas. J’ai envie de retourner à Noravank pour revoir le site avec la lumière matinale, tout seul et sans pression comme la veille. Quand nous arrivons, nous sommes en effet presque seuls, il n’y a qu’un camping-car immatriculé en hollande qui a passé la nuit là. J’en croiserai quelques-uns de ces mobile-home immatriculés en Europe, ce qui est toujours une grande joie pour les locaux de les apercevoir. L’atmosphère matinale à Noravank est surréelle, presque divine, avec ces gros nuages noirs, qui s’accrochent aux montagnes. Ils sont percés de rayons de soleil qui illuminent uniquement les églises du site, comme un rayon divin. Initialement j’avais prévu une randonnée (trouvée sur Wikiloc) qui se termine à Noravank après avoir traversé des gorges profondes. Mais suite aux pluies d’hier et à celles annoncées cet après-midi, on me l’a déconseillé. Je parcours malgré tout les 10 premières minutes à contre sens jusqu’à une source avant de remonter en voiture, direction Eghegis, Arates et environs.



Noravank

Il faut 45 minutes de voiture sur des routes de plus en plus étroites et isolées pour rejoindre ces anciennes églises arméniennes, pour certaines très anciennes et en ruine, nichées dans des alpages à l’aspect de steppes. Je suis surpris de voir la quantité de pièces archéologiques, essentiellement des pierres dans lesquelles sont sculptées des croix et des écritures parfois presque millénaires, et qui sont à terre, sans protection et à la portée de tous qui souhaiterait les emporter.

Arates

Nous mettons ensuite cap sur le Selim Pass, après un bref arrêt plein de gaz liquide et sandwich. La route remonte une vallée, d’abord large, ensuite de plus en plus escarpée. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Le paysage herbeux, totalement jauni après la sécheresse de l’été, sans un seul arbre, consiste en une steppe aride et immense, entourée de sommets. Juste en dessous du col se trouve un des plus ancien et des mieux préservé caravansérail (Caravansérail de Sélim) de la route de la soie, ce qui était le but premier de mon ascension. Je suis excité d’aller visiter cet ancien lieu d’accueil des marchands de l’époque et de leurs montures sur leur route vers l’Orient lointain. C’est mon intérêt pour la route de la soie qui m’a amené à vouloir découvrir ces contrées, notamment après la lecture du livre de Bernard Ollivier « la longue marche ». Le caravansérail est presque intact et orné d’écritures arméniennes et arabes. A l’intérieur on peut facilement identifier les pièces de vie des hommes et des bêtes, mais aussi des espaces de vente. Un marchand vend du miel, des alcools locaux et des herbes aromatiques. Il parle le français, ce qui est très rare par ici. Je lui achète un petit pot de miel puis prenons la route pour redescendre de l’autre côté du col, jusqu’au lac Sevan et au cimetière de Noraduz, réputé pour ses khatchkars. A présent le ciel est bas, gris et il tombe une fine pluie glaciale. Plus haut sur les sommets, une couche blanche apparaît : ce sont les premières neiges de l’année. Le lac Sevan, que j’ai vu d’un bleu éclatant sur les cartes postales à Erevan, a la même couleur que le ciel et se tient le long de la route déglinguée traversant des villages vides et sales. Le tout transpire d’une ambiance cafardeuse. Je me promène rapidement à travers les khatchkars, qui sont des stèles commémoratives de près de 2 mètres de haut et sur lesquelles sont représentées des scènes de la vie quotidienne de l’époque. Pour quelques Drams, une vieille dame m’explique la signification des représentations sculptées sur les stèles principales, ce qui donne un peu de vie à ce cimetière sous la grisaille. Nous repassons le col dans l’autre sens, là-haut le vent souffle et la température tombe à 0 degré. Je peux sentir le froid passer à travers vitres mal isolées de la vielle Lada aux pneus lisses. En perdant de l'altitude la météo se fait plus clémente et j'observe que mon chauffeur se détend. Après la visite d’une énième église et un bref passage chez un bijoutier pour changer des euros, mon taxi me dépose à ma pension. Nous nous reverrons demain pour le chemin jusqu’à Goris car il n’y a pas de marshrutka sur cet axe demain, ou alors de façon très incertaine.

Lorsque je rentre, un couple d’allemand vient juste de s’installer à la pension. Nous passons le début de soirée tous ensemble avec les enfants avant d’aller manger dans un resto que nous recommande nos hôtes, le long de la « Motorway 2 » (comprendre « la route défoncée vers le sud »). Plutôt sympas, ils m’offrent le repas et la bière. Ils m’expliquent aller eux aussi en Iran par après, mais en avion, faute d’avoir obtenu le visa à temps (obligatoire pour le passage terrestre mais délivré à l’aéroport). Nous rentrons dans le noir à la lumière de nos frontales sous la bruine glaciale et ouvrons la bouteille de vin que j’ai achetée et que nous finirons à 2 avec Micha car Hannah m’apprend qu’elle est enceinte. Je trouverai rapidement le sommeil…

Mercredi 4 octobre:

Après un petit déjeuner vite avalé et avoir fait mes adieux, je me mets en route vers Goris avec mon taxi de la veille. Les nuages de pluie de hier s’ouvrent et se déchirent à présent en lambeaux sur la pointe des sommets et des collines environnants. Il a fait froid cette nuit, et les timides éclaircies laissent entrevoir les alpages saupoudré d’une fine couche blanche de neige fraîche. Le contraste de la blancheur étincelante de la neige avec le jaune des herbes brûlées de la steppe, sur le fond de nuages s’écharpant sur les pics rocheux, est magique. A travers les minces espaces de ciel bleu fusent quelques rayons soleil réchauffant l’atmosphère et les teintes froides du paysage. La route zigzague en larges virages dans le fond de l’ample vallée, monte est descend en laissant apercevoir, au détour d’une courbe ou d’un petit col, le long ruban foncé d’asphalte s’étirant à la l’infini vers un banc de brouillard. En chemin, nous faisons halte à Jermuk, station thermale dont le nom s’étale sur toutes les bouteilles d’eau minérale du pays et dont les façades neuves des bâtiments et la signalisation existante au bord de la route lui confère un aspect chic. Jermuk, également station de ski construite par les russes à l’époque, verra sous peu ses hôtels remplis par les skieurs. L’air est piquant et, avant de rejoindre la voiture, je me réchauffe les mains avec une bouteille d’eau vide que je rempli à une source d’où jaillit de l’eau à 55 degrés.

Neige fraîche au Vorotan Pass avant Goris

La route se poursuit avec le passage du Vorotan Pass. Ici les nuages s’accrochent et la route est à présent totalement enneigée. Elle le restera jusqu’à proximité de Goris. J’avais convenu avec mon chauffeur qu’il me dépose au téléphérique pour Tatev (le “Wings of Tatev”), mais vu la neige et le brouillard je décide qu’il est inutile de monter là haut et nous poursuivons jusqu’à Goris où je me fais déposer à l’auberge de jeunesse (Eden Hostel & Guesthouse, 9€/nuit). Il fait glacial dehors et tout autant à l’intérieur lorsque je rentre dans le hall de l'auberge. Se tient là, debout et raide comme la justice, un jeune de mon âge et qui attend depuis 15 minutes que quelqu’un de la réception vienne l'accueillir. Nous trouvons un mot de la réceptionniste avec un numéro auquel appeler en cas d’absence. 5 minutes plus tard une dame sympa, mais avec qui la capacité à communiquer est limitée, nous montre notre dortoir et nous amène un radiateur électrique plus que bienvenu.

Nous ressortons presque immédiatement à la recherche d’un endroit où manger. Je fais plus ample connaissance avec Ido, il est israélien et est un ancien officier de l'armée. Il ne mange pas casher à proprement parler, mais suit malgré tout certaines règles alimentaires, comme celles de ne pas manger de porc et de ne pas mélanger les produits laitier avec de la viande. Du coup, ça restreint pas mal les possibilités des lieux ou se sustenter, surtout dans dans un pays comme l’Arménie et d’autant plus dans un bled comme Goris. Finalement, un kebab d’agneau avec du riz fera l’affaire. A cet instant, je n’ai pas encore conscience que ce menu constituera, jusqu’à l’écœurement parfois, à peu près l’essentiel, la variété de viande mise à part, de mon régime alimentaire iranien.

Alors que Ido, qui déteste déjà ce temps gris, froid et maussade qui lui est pourtant inconnu dans ses contrées septentrionales, rentre à l’auberge se reposer et se connecter au Wifi, je m’en vais explorer le vieux Goris. Le vieux Goris est en fait le pendant de Kandovan, en Iran. Des habitations troglodytes creusée dans du tuf, faisant fortement penser à la Cappadoce. Mais la tête enfouie sous ma capuche, les mains frigorifiées et les pieds mouillés, le charme opère peu et je me précipite dans le premier bistrot ouvert que je croise. Un café pour me réchauffer le corps et deux Kilika de 66cl (bière locale) pour me réchauffer le cœur.

Quand je rentre à l’auberge, Ido a fait connaissance avec une nouvelle arrivée qui partage notre chambre: Anna, qui est Moscovite. On fait passer le temps en jouant aux cartes dans la cuisine en buvant du thé bien chaud. Tous les trois, nous souhaitons aller demain visiter le monastère de Tatev et arrangeons un taxi avec l’auberge. Finalement, un invité surprise de dernière minute, un compagnon de voyage que Ido a croisé en Géorgie 1 mois auparavant et qui se trouve par hasard dans la taverne du village ou nous allons souper, s’ajoutera à nous pour l’aventure du lendemain.

Jeudi 5 octobre:

La Lada bleue clinquante édition spéciale rideau de fer nous attend fièrement devant l’hostel. Notre chauffeur, dont le sourire est aussi brillant que les enjoliveurs chromés de son ancêtre, discute du prix et de l’itinéraire en russe avec Anna et la gérante de l’auberge. Finalement, on ne va pas se contenter de Tatev, on va pousser jusqu’à Sisian, pour aller voir Karahunj, le Stone Age local, mais aussi une cascade, le monastère de Vorotnavank et un vieux pont menant au lac de Shamb. J’avais initialement l’intention de prendre la marshrutka de 13 ou 15 heures jusqu’à Kapan puis Meghri pour passer la frontière iranienne le lendemain matin tôt.Mais l'itinéraire alléchant et la joie de partager cette aventure aux allures de road trip avec mes nouveaux amis me plait plus.

Je resterai donc une nuit de plus dans ce lit dont le confort relève plus du hamac, tant il est creusé. Mais ça n’a pas la moindre importance. Je suis assis à l’arrière, écrasé contre la fenêtre. A cinq dans cette voiture, en comparaison, voyager avec Ryanair relève du luxe ultime. Je rigole intérieurement du groupe éclectique que nous formons en route vers “on ne sait pas vraiment où”. Vingt quatre heures auparavant nous étions encore de parfaits inconnus, et maintenant nous voilà tel un groupe de pote qui se connaît depuis toujours. Il n’y a qu’en voyage que ce genre de dynamique de groupe se crée.

Compagnons de voyage et taxi Lada clinquant

Le soleil brille de mille feux ce matin. Fini la grisaille et la pluie. En revanche il a neigé la nuit sur les hauteurs, et au premier col que la route franchi, il y a une petite accumulation de quelques centimètres. Le paysage blanchi est spectaculaire, et nous sommes tous ébahi devant tant de beauté. Pour les deux autres garçons, c’est presque une première de voir de la neige, ou, en tout cas, d’en voir de si près. Ils ont fait arrêter le taxi pour pouvoir toucher la neige et, tels des gamins, s’amusent à lancer des boules de neige. Ce qui fait bien poiler notre chauffeur, blasé des hivers glacials qui peuvent sévir dans la région (jusqu’à - 40 °c paraît-il). Peu après s’être remis en route, nous croisons des bergers en transhumance qui envahissent la route avec leurs vaches. Perchés sur leurs chevaux pour guider le troupeau, ils ont des airs de cow-boy du far-ouest. J’en profite pour les prendre en photo avec le paysage désolé en arrière plan.

Transhumance

Nous poursuivons ensuite jusqu’à Karahunj. Il y a plus de monde par ici, mais pour que l’endroit ait vraiment de l'intérêt, il faudrait un guide, sinon ce n’est qu’un champ où se trouvent des pierres levées sans logique apparente. J’en profite pour prendre un café dans une roulotte et nous échangeons quelques mots avec un homme accoutré comme pour aller gravir l’Everest. Soudain, choc des civilisations: l’homme demande à Ido d’où il vient. L’Israélien répond à l’homme qui lui répond à son tour “alors c’est donc toi mon ennemi juré ? Je suis Iranien”, avec un air rieur traduisant qu’il n’en pense rien. S’en suivra ensuite dans la voiture une discussion sur les problèmes entre les deux pays.

D’ailleurs, sur ces routes du grand Sud arménien, l’Iran commence à se faire plus présente: nous croisons de nombreux camions immatriculés en Iran mais aussi des pancartes de restaurants ou de garages le long de la route où la traduction n’est plus en Russe mais en Persan. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au bord d’une belle cascade. Avec les pluies des jours précédents, il y a du débit, ce qui la rend imposante. Après les selfies de rigueur, nous nous réentassons dans la vieille Lada en route vers le monastère de Vorotnavank. Il est parfaitement bien préservé et vraiment imposant, le long d’une petite route dans une nature intacte. Avant de poursuivre vers Tatev, nous faisons un long détour par une vallée traversée par un vieux pont et menant à un joli lac entouré de hauts plateaux.

Sur la route

Monastère de Vorotnavank

Vieux pont menant au lac de Shamb, proche de Sisian

Le lieux de départ du téléphérique pour Tatev est en contraste total avec le reste du pays: moderne et blinquant. D’un coup, on se croirait téléporté en Suisse. Nous achetons nos tickets par carte de crédit pour un départ à 15h30, soit 45 minutes plus tard. En attendant, on en profite pour se restaurer un peu devant la vue sur la vallée en contrebas. On loupe notre départ et devons changer notre billet. Le monastère de Tatev est très beau, mais j’ai déjà vu tellement d’églises arméniennes et de monastères que je suis un peu blasé. Je m’éloigne un peu pour avoir une vue avec du recul avec le montagnes enneigées de l’Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh au loin. Initialement, j’avais prévu de redescendre à pieds en passant par le pont suspendu et les sources chaudes, mais l’heure tardive et la météo des jours précédent contrediront mes projets. Nous rentrons doucement à Goris et allons souper ensemble des plats locaux à la taverne du village, à côté de l'hôtel Goris.

Tatev

Vendredi 6 octobre:

La marshrutka vers le Sud ne passera pas avant 13h et, comme j’ai déjà un hôtel réservé et payé à Jolfa, et que je veux passer la frontière iranienne le plus tôt possible dans la journée, je demande au taxi d’hier de me conduire jusqu’à Agarak, au poste frontière. Je n’ai jamais autant pris de taxi en voyage qu’en Arménie. Mais la rareté des transports publiques dans le Sud et l’isolement de certains endroits ne me laisse pas d'autre choix. Et puis, ça me donne l'occasion de m'arrêter quand je veux pour admirer les paysages ou de faire des détours par des petits villages en dehors de l’axe principal.

Je fais mes adieux à Anna et Ido. Anna remontera au Nord vers Areni, pour aller à la fête du vin, en stop avec des Argentins séjournant dans l’autre dortoir de l'auberge. Avant de se séparer elle m'apprendra quelques mots de base en russe pour communiquer avec le conducteur. Ido, quant à lui, passera quelques jours par Erevan avant d’aller prendre son vol retour à Tbilissi.

J’embarque donc dans la Lada d’hier, à l’avant cette fois ci, en route vers le Sud et l’Iran. Mon chauffeur a pris sa femme avec, j’ai cru comprendre qu’elle n'avait jamais été jusque là et qu’elle est curieuse de découvrir une autre part de son pays. Les paysages changent petit à petit, les panoramas steppiques font place à une forêt dense puis à des paysages plus alpins, avec le franchissement du col de Meghri à 2535 mètres. Au loin, on aperçoit déjà les premières montagnes d’Iran. A la descente, le décor change, tout devient plus aride et plus sec.

A l’arrière, la femme de mon chauffeur m’a gentiment préparé des sandwiches pour ne pas que je reste le ventre vide. Comme un dernier geste d’hospitalité à l’arménienne avant de rentrer dans un nouvel univers inconnu. Plus nous approchons de l’Iran et plus le thermomètre augmente drastiquement. Alors que le Meghri Pass était couvert de neige, nous croisons un panneau indiquant 25 degrés en traversant Meghri. Et soudain, nous débouchons dans une vallée. D’un seul coup, il n’y a plus d’herbe, plus d’arbre, plus de couleur. Les collines bien que plus basses se font abruptes, brisées, rocailleuses et d’une couleur aussi sombre que de la pierre de volcan. L’univers dans lequel nous entrons est radicalement différent de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant: lunaire et inhospitalier. Sur la gauche de la route, l’accès est barré par des barbelés tout du long, et quelques miradors ponctuent le chemin. De l'autre côté des barbelés coule l’Araxe, et sur la rive d’en face s’étend la République Islamique l’Iran. Cette arrivée progressive sur l’Iran avec l’apparition soudaine de ces terres désertiques sonne comme une mise en garde. Je suis impressionné et ressens un mélange d’excitation, de me retrouver à ce point précis du globe, et d’anxiété quant à ce qui m’attend de l’autre côté.

En route vers l'Iran, arrivée sur Kapan

Ils me regardent affectueusement m’éloigner du taxi et, après un dernier signe de la main à mon chauffeur et sa femme, je passe le portail d’accès aux douanes arméniennes. Quelques camions sont garés là, en attente de leur passage sur l’autre rive. Nous sommes vendredi, l’équivalent de notre dimanche en Iran, et tout est plutôt calme. Quelques chauffeurs de taxi attendent le client et des enfants revendent des cartes sim prépayées. D’autres boivent du thé dans le grand hall qui fait aussi office de bar. Je suis apparemment le seul à traverser la frontière car un fonctionnaire vient ouvrir exprès pour moi le guichet. Quelques questions d’usages et un coup de tampon plus tard, me voilà officiellement sorti d’Arménie.

A la sortie du bureau des douanes, une large route mène jusqu’à un pont au dessus de l’Araxe. Il y a la possibilité d’emprunter des voiturettes de golf pour franchir ce no man’s land de 500 mètres entre les deux pays, mais l’instant est solennel et je préfère en savourer pleinement chaque seconde. L’envie de faire perdurer un peu ce moment l’emporte sur mon empressement d’entrer en Iran. L’entrée Nord du pont, côté Arménien donc, est gardée par un soldat Russe qui contrôle une dernière fois mon passeport. Les rambardes du pont sont peintes de gris jusqu’à exactement la moitié, devenant blanches, rouges et vertes ensuite pour symboliser le changement de pays. En dessous, coule le torrent boueu. De l’autre côté, un jeune soldat tout mince m'accueille d’un “Salam”, mon premier Salam, et m’indique vers où me diriger. Au pied du poste frontière, dans lequel je m’engouffre, trône fièrement un immense drapeau iranien repérable des kilomètres à la ronde.

Mon visa en poche, le passage en douane est très rapide jusqu'à ce que, avant de récupérer mon sac sortant de la machine à rayon X, un homme, apparemment haut gradé, me demande de le suivre dans son bureau. Ce doit être le chef des douanes, car il est en chaussette dans le salon adjacent à son bureau, richement décoré de tapis persans. Il me pose toute une série de questions sur mes connaissances à propos de l’Iran et de la raison de mon voyage dans ces contrées reculées, loin des zones touristiques telles que Shiraz ou Ispahan. Apparemment convaincu par mes réponses, il me remet enfin mon passeport, à deux mains, en me souhaitant la bienvenue en Iran. Je ressors de là un peu déboussolé: était-ce de simples questions d’usages ou bien ma présence ici est-elle réellement source de suspicions ? Bien que je chasse rapidement ces pensées de ma tête, un léger malaise me poursuivra pour le reste de la journée.

Tout est extrêmement calme ici. Je change les Drams arménien qu’il me reste en Rials, ainsi qu’une centaine d’euros. Me voilà à présent multi millionnaire. Il n’y a que très peu de savari dans la vallée de l’Araxe, et, de surcroît nous sommes vendredi. Je n’ai à nouveau d’autre choix que de négocier un taxi. Avant d’aller à Jolfa, 70 km plus à l’Ouest, je souhaite faire le détour par le vieux petit village d’Ushtabin, 30 km à l’Est du poste frontière. Le changement d’ambiance est radical avec l’Arménie, essentiellement dans l’attitude des gens. Ils sont tout aussi gentils et chaleureux, mais nettement plus extraverti et moins repliés sur eux-mêmes. J’avais ressenti le même décalage, à une échelle beaucoup plus forte, en passant d’Israël en Palestine il y a quelques années. Mon chauffeur s'arrêtera vingt fois entre la frontière et Ushtabin pour prendre des gens au bord de la route, parler avec des connaissances, aller acheter des fruits ou encore embarquer ou livrer des colis. A plusieurs reprises nous amènerons de jeunes soldats d’un village à l’autre.

La route longe tout du long le cours de l’Araxe. La zone est stratégique d’un point de vue géopolitique et potentiellement explosive car juste en face se trouve, en alternance, l’enclave Azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux pays en guerre. J'aperçois de loin miradors, bases militaires et canons anti aérien. Mais aussi des villages animés, des voitures et même un train de passager. Il est étonnant de pouvoir entrevoir de si près ces mondes qui se haïssent mutuellement, et pourtant s'ils savaient comme, vu d’ici, à quel point ils se ressemblent. De mon côté de la frontière, bien que la route soit ponctuée de fortins poussiéreux et de soldats retranchés, mitraillette en bandoulière, derrière des sac de sable, l’ambiance semble plus détendue. L’Iran, pays ami des deux autres, n’a, a priori, rien à craindre.

Après un carrefour avec l’axe principal, la route se fait plus étroite et prend de la hauteur. Nous arrivons peu après au village. Il est construit sur les pentes d’une colline. Toutes les maisons aux toits plats sont construites en argile et serrées les unes contre les autres dans un labyrinthe de petites ruelles pavées. Quelques enfants jouent dans les rues et sont surpris par la présence d’un étranger. Mes quelques mots de Farsi les surprennent autant que ça les fait marrer. Plus tard, j’apprendrai que dans toute la province les habitants parlent l’Azéri et non le Farsi, parfois source de difficulté avec le gouvernement qui refuse de reconnaître la langue comme officielle.

Dans ce petit village le temps semble s’être arrêté: un homme transporte du fourrage sur son âne tandis que les femmes lavent le linge ensemble dans de grandes bassines. De retour au taxi, nous nous mettons en route à toute vitesse vers Jolfa. A 140km/h dans la vallée de l’Araxe j’ai à peine le temps d’admirer les paysages de dingues tout autour de moi. En chemin, nous nous arrêtons dans un bouiboui pour dévorer un délicieux kebab, avant de reprendre la route accompagnés de deux soldats et d’un étudiant à l’arrière.

Un homme transporte du fourrage sur son âne

Après m’être installé dans ma chambre à Jolfa pour deux nuit (Tourist Inn, 30€/nuit), je pars explorer les alentours. Jolfa est une zone franche économique, on y trouve une foule de boutiques. D’autant plus que le poste frontière Azéri se situe en plein centre ville, ce qui favorise les commerces en tous genres. D’ailleurs, beaucoup de magasins ont leurs enseignes écrites en Azéri, mais le plus surprenant est la présence d’un Domino’s Pizza, chaîne de fast-food américaine. J’avais repéré à l’entrée de la ville un pont ferroviaire situé à côté d’un mémorial ou des gens se prenaient en photo et je décide de poursuivre jusque là a pied.

C’était sans compter sur Payman, un automobiliste qui passe par là et qui tient absolument à me déposer là où je vais. Avec sa femme et son fils, il m’explique la signification du mémorial et prend des selfies de nous, sous le regard attentif des deux soldats qui gardent le pont depuis un mirador placé au dessus des rails. Ce pont, qui permet aux trains marchandises venant de Turquie d’amener leur cargaison en Iran via l’Azerbaïdjan est un lieu stratégique bien gardé. Payman insiste ensuite pour m'emmener faire du shopping, et ne me laisse pas l’occasion de refuser. Bien que j’aie appliqué la règle du Taroof, qui veut que l’on refuse plusieurs fois une offre avant de l’accepter, me voilà malgré moi dans sa voiture sur les grands axes de circulation à l’extérieur de Jolfa. Je suis surpris par la modernité: de nombreux centre commerciaux design et flambant neuf remplis grandes enseignes américaines et internationales. Apparemment, l’embargo américain ne s’est pas invité jusqu’à ce mini Dubaï Iranien. A l'extérieur les voies rapides sont bondées, entretenues et décorées pour le mois d’Achoura, rien avoir avec l’image glauque et poussiéreuse que l’on a de l’Iran en Occident. Même si, bien entendu, ce lieu n’est pas représentatif de l’Iran en général. Payman insiste pour me payer quelques chose, je refuse, il insiste, je refuse, il insiste… Je finis par prendre ce qu’il y a de moins cher dans le magasin: un tube de dentifrice. Payman est fier comme Artaban de présenter son nouveau pote européen à tout qui veut bien l’entendre aux caisses. Spontanément les “Welcome in Iran” fusent et je me vois invité à prendre leur numéro de portable “au cas où j’aurais besoin d’aide”. Finalement, Payman qui rentre ensuite sur Tabriz, me dépose à mon hôtel et je ressors immédiatement manger juste en face. De toute façon je ne comprends rien à la carte écrite uniquement de ces belles arabesques persanes et je choisis un kebab au hasard. Le ventre plein, fatigué, je rentre dormir. Ca aura été une longue et intense journée.

Suite ci dessous ->
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Ne dites pas à ma mère que je visite l'Iran... (suite et fin)
Suite de la 1ère partie ( http://voyageforum.com/...ost=2685231;#2685231 ) qui allait de Téhéran à Shiraz puis Yazd et maintenant nous voici à Ispahan.

Samedi 16 Mai 2009 :

Je descends à l'épicerie juste en bas pour faire les courses pour le petit-déjeuner. Nous restons ici 4 nuits. Jus d'orange, fromage à tartiner, de la feta locale, confiture de cerise et du thé. Coup de bol, il y a une boulangerie juste en face et je remonte mon pain brûlant. Cette fois bien sûr, je le paye. A 500 rials ( soit 3 centimes d'euros 😎 ), on flambe pas le budget !

8h30 : Nous repartons vers la place de l'Imam. Nous voyons la coupole et une rue d��serte semble pouvoir y mener sans passer par la grande avenue comme hier soir. Bonne pioche car nous arrivons par derrière avec une superbe vue dégagée.



C'est la seule façon de voir cette magnifique coupole d'aussi près car depuis la place, elle est beaucoup plus en retrait. Nous faisons le tour par des ruelles désertes mais on s'y retrouve après quelques détours pour débouler sur la place.



Les prix n'ont plus rien à voir avec le LP et nous ne payons que 5.000 rials/personne pour la Mosquée de l'Imam au lieu des 30.000 annoncés.

Entrée de la Mosquée :



La 1ère chose à faire quand tu arrives dans la cour .... c'est de t'asseoir et fermer ta grande bouche pendant 10mn 😎





Bon d'accord, faut aimer le bleu 😛 Le seul petit regret c'est que le soleil est déjà bien haut même à 9h00 et la lumière douce du matin a déjà disparu.

Les intérieurs sont grandioses et aussi décorés que l'extérieur :



Sur cette même place, comme si cela ne suffisait pas, se trouve une autre merveille, la Mosquée Lotfollah :



Ici pas de cour, juste un couloir dans la pénombre qui conduit à cette coupole qui sort du bleu habituel.



Bon, à la sortie, on se fait encore harponner par un marchand de tapis. C'est "Zizou le Nomade" qui parle français et incontournable sur la zone. On ne peut pas le rater ! Soyons francs, il connait la mosquée de l'Imam par coeur et nous donne des détails intéressants et inconnus dans les guides. On s'échappe rapidement sous un faux prétexte pour s'éviter le thé dans le magasin. Je sais que Mauricette sera le maillon faible et après t'arrives plus à sortir 😇

Encore un ancien professeur de français qui nous aborde. On papote .... pour finir par annoncer qu'il fait guide à 10€ de l'heure. Tu sais quoi ? Ca commence à me gaver Ispahan, mine de rien ! Tant pis mais on se remet donc en position "Touriste sur le qui-vive" pour couper court à toutes ces discussions stériles qui n'ont qu'un but : Te fourguer un truc 🏴‍☠️

Nous rentrons donc dans le bazar qui donne également sur la place. Même si on trouve des épices, c'est moins typique qu'ailleurs sur cette partie. Le tourisme fait son oeuvre aussi.





Mauricette se jette sur l'eau de rose, des boutons de roses séchées. On craque aussi pour du gaz. Je te rassure, on ne s'est pas acheté une bonbonne de Butane mais des nougats iraniens avec de la pistache. ( http://ashrafi-gaz.com/ )

Alors qu'on revient sur la place, encore un rabatteur ... et c'est le frère de celui d'hier soir. Une vraie petite mafia dis donc. Lui, il est dans les nappes et pas le temps de réagir, un moment d'inattention et il a chopé Mauricette qui zieute depuis ce matin sur toutes celles qu'on voit partout. Allez c'est parti pour son magasin avec une démonstration de la fabrication artisanale grâce à des tampons qui sont appliqués 1 par 1 avec chacun un motif. C'est assez compliqué et le prix dépend du nombre de tampons utilisés et des couleurs appliquées. Ca commence à 9€ jusqu'à 28€.

Bon, on s'échappe et on verra + tard. Avantage, c'était à côté d'un beau restaurant au 1er étage. C'est presque plein et à 90% d'iraniens. Ah enfin !



C'est aussi la 1ère fois qu'on va tester un repas sur ces "divans". On enlève ses chaussures donc il est fortement conseillé de ne pas venir avec tes chaussettes minables et trouées ! Le décor est traditionnel et très joli. Nous commandons un ragoût, des boulettes de viande, pain, olives, yaourt et un dessert. 2 boissons + thé à la fin = 205.000 rials. C'était très bon et le service aimable et rapide.

Les magasins sont maintenant fermés et il fait chaud .... Retour à l'appart pour une sieste. Pas la peine de traîner dans le vide.

17h30 : Pas très loin se trouve le palais du Chehel Sotun dans un grand parc.



20 immenses colonnes de bois et un plafond décoré. Attention la caisse ferme à 18h30 et on doit sortir à 19h00.

Nous revoilou sur la place de l'Imam mais le palais Ali Qapu est déjà fermé. Les gens arrivent en cette fin de journée pour pique-niquer et surtout manger des glaces. Qu'est ce qu'ils peuvent en manger ici ! Nous avons résisté depuis le début mais nous sommes ici pour 3 jours et au pire, c'est le meilleur moment pour se risquer une Tourista, non ? 😎

Les clients nous aident à choisir entre les parfums, les options .... et on craque pour ce qui nous fait envie depuis le début. Une glace à la rose avec des petits vermicelles et un sirop au citron. On s'installe sur la pelouse, le soir tombe, les gens s'installent un peu partout ... On se regarde en souriant.

Ce petit déclic si délicieux, quand tu es à l'étranger, vient d'arriver ! Cette place magnifique est devant nous, les 2 coupoles prennent les derniers rayons du soleil et : - Si on m'avait dit, il y a 1 mois, que je mangerais tranquillement une glace à Ispahan ?

Nous sommes comme chez nous, quand tu vas te balader un soir d'été en ville pour prendre l'air et manger une glace en terrasse. Nous sommes en totale confiance, on commence à piger les détails de la vie de tous les jours, on se débrouille avec les bus, les taxis. Plus ce stress de l'inconnu, les gens sont charmants. On est dedans quoi et tout baigne !

Alors qu'on tente de se faire expliquer les différences entre les dizaines de marques de nougats et de prix dans un magasin, un jeune entre et nous traduit les explications du patron. On comprend que le prix dépend du % de pistaches entre 24 et 48%. A vérifier donc avant d'acheter. Le gars nous propose de discuter et prendre un thé pas très loin. C'est à l'Azadegan, citée dans le LP et qu'on avait l'intention de tester d'ailleurs, ça tombe bien car pas évidente à trouver au fond d'une ruelle et dans une cour pas très avenante au 1er abord.



La déco est assez délirante. Un côté mixte et un autre réservé aux seuls hommes. On discute de la politique, de la vie de tous les jours et .... de son boulot de vendeur de tapis. C'est pas vrai, ça commence vraiment à me saouler !!!!! En plus, on se méfie pas ici. On est tellement abordés toute la journée par des gens heureux de pouvoir parler avec des étrangers ou simplement dire Bonjour, qu'on dit oui à tout ! L'autre zigoto est parti avec son histoire à 2 balles de son oncle qui fait des nappes. On lui dit qu'on y a eu droit ce matin et que pour rester poli, on n'a pas que ça à faire en gros. On est même à 2 doigts de s'en foutre un maximum, pour tout dire 🤪

Nous restons sur la place de l'Imam pour dîner au restaurant Bastani. Autant se le dire, de toutes façons, t'as pas trop le choix en fait sur les restaus dans le coin, même si c'est touristique. Il est conseillé par le LP et comme hier soir, c'est la guerre atomique ! Il doit y avoir 60 ou 70 tables .... et 1 seule occupée. Ca fiche un peu la trouille, les restaus le soir, y'a jamais personne. Les groupes restent à leurs hôtels je pense. Les iraniens sont chez eux ou pique-niquent. Bref, c'est à chaque fois la misère !

Le serveur doit sortir de la même école d'hôtellerie que celui d'hier et lève aussi les yeux parce qu'on veut juste un plat et pas d'entrées, pas de desserts.

Alors faisons le bilan et un conseil : Ne jamais commencer son circuit par Ispahan !

Par certains côtés, on se croirait au Maroc ou en Tunisie avec les marchands et les rabatteurs qui te prennent la tête dès que tu es sur la place de l'Imam. Aujourd'hui, assez peu de contacts avec les gens. Les gens sont sans doute + habitués ici . Et les 2 restaurants à touriste avec un service et une attitude désagréable ( qu'on soit en Iran ou pas d'ailleurs )

Allez dodo et je préviens Mauricette qu'on ne va plus tourner autour du pot avec les rabatteurs et qu'on s'en débarassera en 2mn chrono désormais. Et comme disait le philosophe Rambo : Ils l'auront voulu leur P...... de Guerre !

A suivre ....
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Iran pendant le Ramadan?
Bonjour a tous,

Je compte partir seule en Iran au mois de septembre prochain. Or, le ramadan commencera aux alentours du 1er de ce mois. On m'a dit que voyager en Iran pendant la période de ramadan n'etait vraiment pas l'idéal. Les transports st bondés (visites aux familles), les gens plus nerveux, il faut se debrouiller pour manger dans la journée (avoir un réchaud, etc...)... Qu'en pensez vous? Je voyagerai seule, le contact avec la population est donc pour moi primordiale. Je prefererais limite reculer mon voyage d'une année pour eviter le ramadan que d'aller la bas dès septembre prochain et de ne pas avoir les meilleurs conditions pour découvrir ce pays qui semble fabuleux...

Merci d'avance pour tous vos conseils, Caroline.
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Ires, rires et sourires en Iran
1. Du rêve à la réalité

Je savais que je prenais un gros risque en allant passer deux semaines de vacances en Iran. On m'avait prévenu. J'allais faire une colossale ânerie, risquer bêtement ma vie, partir pour un pays totalitaire où je ne pourrais m'attirer que des problèmes, subir des bombardements américains ou les radiations d'un programme nucléaire totalement incontrôlé, ou pire, revenir avec un menton à la pilosité bien plus garnie qu'à mon arrivée.

Je savais bien entendu que ce n'étaient que des sornettes et que je ne risquais absolument rien de ce point de vue. Je ne me suis évidemment pas trompé. Mais le risque était ailleurs et je le savais avant même de partir. Je savais déjà que je laisserais une partie de moi là-bas, une partie de ma tête et de mon coeur. Quelques heures après en être revenu, il est certainement trop tôt pour dresser un bilan psychologique de l'auteur de ces lignes, mais je peux d'ores et déjà affirmer qu'il y aura toujours une petite part d'Iran en moi. C'est un pays qui ne déçoit pas et que l'on n'oublie pas.

Je suis allé en Iran avec un tas d'a priori positifs, certains justifiés, d'autres non. C'est bien le propre des a priori, même si on a tendance à affubler ce genre de sentiment bien banal d'une connotation trop souvent négative.

Cela faisait en effet très longtemps que je rêvais d'y aller, et plus longtemps encore que j'essayais vainement d'en apprendre la superbe langue, le farsi. Toutes mes tentatives s'étaient soldées par un échec, par manque de temps, d'aide et, avouons-le, de motivation et de talent. C'est en partie pour cela que je repoussais sans cesse mon départ. Je ne voulais pas rater ce voyage, et voulais donc mettre toutes les chances de mon côté. Quelle ânerie! Avec le recul, je ne comprends décidemment pas pourquoi j'ai tant attendu, ce pays ayant longtemps été en tête de mes priorités de voyage.

Et puis l'actualité internationale a fini par rattraper mes rêves. Les nuages menaçants de la guerre étaient encore loin, mais on pouvait déjà sentir les premières gouttes d'un malheur qui, je l'espère, restera à l'état de menace fantôme. Craignant le pire à moyen terme, j'ai donc décidé de mettre toutes mes mauvaises excuses en sourdine et de réserver un billet d'avion pour Téhéran, tant qu'il était encore temps. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait posé à l'Iran un ultimatum expirant le 29 avril. Mon avion était prévu pour atterrir le 30 au matin à Téhéran. Cela a fait grincer quelques dents autour de moi, mais il était hors de question de faire machine arrière.

(à suivre)
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Iran en avril 2011: quelle agence choisir?
Bonjour,

Je viens d'acheter mon billet d'avion pour Téhéran, du 16 avril au 6 mai 2011. Je pars avec une amie. D'habitude, nous voyageons l'une et l'autre plutôt de manière indépendante (c'est-à-dire sac au dos avec un guide dans la poche), mais nous avons eu des échos de plusieurs personnes qui ont fait des voyages en Iran en partie organisés et qui ont été ravies. Considérant la taille du pays et la barrière linguistique, nous nous disons que ce ne serait peut-être pas mal d'envisager cette option (afin d'éviter de perdre trop de temps à vouloir tout organiser toutes seules et de perdre une partie de l'expérience en ne bénéficiant pas d'explications sur place). Alors, quelle agence choisir? J'ai entendu plusieurs commentaires très positifs à propos de l'agence "Pars Tourist Agency" (key2persia.com). Je viens en outre de trouver une recommandation pour l'agence "Iran Sheedee Travel" (persevoyages.com), mais n'ai pas trouvé d'autres commentaires. Est-ce que quelqu'un aurait recouru à ses services? Avez-vous d'autres agences à recommander?

Merci d'avance pour vos réponses!

Meilleures salutations.
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Improvisation Nomade (10) Iran et fin
Le grand Iwan Frontière iranienne.

Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.

Route de Kermân

L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…

Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?

Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.

Dans la rue

La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…

Le bazar de Kermân

Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…

Voyage organisé Flicasseries.

Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi

Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…

Chiraz

La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.

Persépolis.

Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.

Mélancolie Pasdaranes

Route d’Ispahan.

Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.

Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…

Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.

Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !

Téhéran.

À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
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Europe de l'est...jusqu'en Iran?
Bonjour a tutti!

je suis super impressionnée de voir tous ces projets vélo qui défient l'imagination!

bon, moi je suis nouvelle dans ce forum et j'espère pouvoir nouer qques contacts utiles et pratiques dans l'immédiat. J'ai le projet de partir début août vers les pays de l'europe de l'est avec mon vélo et un autre compagnon: mon accordéon. Ne connaissant pas les langues slaves, je pense que l'instrument pourra être un facilitateur pour communiquer avec les gens, surtout dans les villages. J'avoue que cette équipée, si elle est excitante, me donne la pétoche quand même. C'est l'inconnu total.

Donc j'aimerais avoir vos avis, conseils, remarques ...de cyclo averti ou amateur sur plusieurs points: remorque vélo: pour ballader mon accordéon, il va falloir que je le tire sur un chariot. Qqn a-t-il une idée du type de cariole la plus adaptée et où je peux en trouver? Dans l'idéal, j'aimerais bien en trouver un de seconde main, donc avis à tous ceux qui ont un chariot roulant et léger qui croupit dans leur cave! itinéraires: je cherche des renseignements sur des pistes cyclables en Europe de l'est (autriche, tchéquie, roumanie, pologne, hongrie, ex-yougoslavie, macédoine, slovénie, bulgarie...) ou des chemins de traverse sympathiques et campagnards. J'ai aussi entendu parler de la route du Danube? N'est-ce pas une route trop touristique? Je rêverai d'arriver jusqu'en Iran. Certains l'ont-ils déjà fait? Est-ce réalisable? Par quel tracé? bivouacs: est-ce possible de planter sa tente facilement dans les zones rurales? climat: si certains sont déjà partis dans ces coins, pourraient-ils me briefer sur les conditions climatiques? J'ai un peu peur d'être freinée par les pluies torrentielles d'automne voir la neige?

merci à tous ceux qui éclaireront ma lanterne de par leur expérience.

Ce voyage, je le conçois comme une route qui se tracera au fil des rencontres, des envies du moment, de l'humeur. Je n'ai pas vraiment de limite temporelle, c'est le voyage qui me les définira au fur et à mesure.

La route avec des compagnons de roue, ça fait tjrs plaisir donc si certains veulent prendre la selle dans ce rayon, prenons contact! faudra juste supporter qques morceaux d'accordéon pas vraiment accordés.

Au plaisir de vous lire!

Vinciane
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Fantastique Iran: retour de trois semaines en octobre 2018
IRAN : FANTASTIQUE PAYS et FANTASTIQUES IRANIENS !

Bonjour à toutes et tous,

Revenant de trois semaines en IRAN en octobre 2018 (voyage avec ma femme en individuels) j'ai à cœur d'alimenter à mon tour cette rubrique de carnet de voyages de VoyageForum pour que d'autres membres de la communauté puissent y trouver quelques informations utiles. En effet, pour préparer mon voyage j'ai sillonné cette rubrique et j'y ai trouvé une mine de renseignements et de points de vue intéressants et utiles. Je ne voudrai pas être ingrat dans ce domaine.

J'ai prévu aussi d'égayer ce carnet de voyage par des photos, histoire de donner envie. En effet, l'Iran et les iraniens sont tellement fantastiques qu'ils méritent qu'on s'y intéresse vraiment. Je m'excuse par avance pour le nombre élevé de photos (125, qui représentent pourtant moins de 3% de notre moisson photographique) mais ce pays est tellement photogénique !.

Avant le départ : l'obtention du visa :

Si les parisiens peuvent se déplacer personnellement à l'ambassade d'Iran deux fois (une pour le dépôt du passeport, l'autre pour la récupération du visa) c'est moins facile pour les autres. Heureusement il existe désormais la procédure "Visa on arrival" c'est-à-dire visa à l'arrivée. La seule difficulté est de produire des photos d'identité et du passeport strictement conformes aux préconisations du ministère des affaires étrangères d'Iran.

Le lien est le suivant : e_visa.mfa.ir/en/visa-arrival/

Les formulaires en ligne une fois remplis accompagnés des photos, il suffit d'attendre (15 jours en septembre pour nous) pour recevoir le sésame sous forme de document .pdf d'une page que l'on peut sauvegarder et imprimer.

À l'arrivée à l'aéroport IKA de Téhéran, la procédure est simple et, pour notre cas, a été rapide (10 minutes). On présente la feuille imprimée à un premier agent, qui nous envoie vers son collègue situé à 4 mètres de lui à qui on paye 75 € par personne. Ce dernier nous rend un reçu que l'on retourne au premier agent, qui nous dit d'aller donner le tout au guichet en face de lui. Là on attend quelques minutes puis quand on nous fait signe on récupère notre passeport ET un papier (feuille imprimée A4) qui est le visa. Attention, ne pas le perdre parce qu'il n'y a rien de tamponné sur le passeport. Voilà, c'est tout.

À l'arrivée : change et téléphone :

Comme je l'avais lu dans les forums, une fois les bagages récupérés, aller au 1er étage (niveau des départs) au bureau de change. Nous avons changé 100 € (c'était limité à 50 € par personne).

Puis redescendre au kiosque IRANCELL. Là on peut acheter une Visitor card SIM (nous avons choisi celle de 2 heures de conversation en Iran et 6 Go de data internet valable un mois, pour 1 000 000 Rials, soit 6,40 au taux du moment de 1 € pour 156 000 rials !). Faire installer la carte SIM par l'employé du kiosque. Il fait ça très bien alors que n'a pas l'air si facile que ça. Pour notre part nous l'avons fait installer sur notre ancien smartphone, gardant nos appareils plus récents avec la carte Orange et Free pour les appels internationaux, qui sont d'ailleurs très chers, surtout les données mobiles. Jugez plutôt le tarif ORANGE : - appel émis = 2,90 €/min - appel reçu = 1,40 €/min - SMS émis = 0,28 €/min - SMS reçu = gratuit - MMS émis = 1,10 €/MMS - MMS reçu = 0,40 €/MMS et... attention les yeux : - 1 Mo de données = 13,31 €

À l'usage la carte SIM iranienne fonctionne très bien. En particulier internet est bien plus rapide que via la WiFi des hôtels dont la connexion est souvent lente et aléatoire. Au bout de 3 semaines si j'ai utilisé 20% de la carte c'est bien le maximum.

Notre circuit :

Notre voyage en IRAN a duré 21 jours en octobre 2018.

Pays extrêmement facile à visiter pour des voyageurs individuels, l'IRAN regorge de beauté et de variété : architecture traditionnelle en terre, architecture islamique, civilisation antique (Perse), déserts, le tout au milieu d'une population très accueillante. Pour couronner tout çà on se sent, et on est, partout en sécurité, y compris à TÉHÉRAN.

Le principal inconvénient est l'obligation du port du châle pour les femmes : pour une touriste occidentale c'est pénible à vivre (il semble que ce le soit aussi pour de plus en plus de femmes iraniennes).

Notre circuit somme toutes très classique à été : CHIRAZ, PERSÉPOLIS, YAZD, MESR (désert de Kavir), ISPAHAN, KASHAN et TÉHÉRAN (+ excursions et/ou arrêts à Chak Chak, Meybod, Kharanaq, Bayazeh, Garmeh, ABYANEH, désert de Maranjab).



Hôtel la première nuit : Nous avions réservé à l'hôtel IBIS de l'aéroport, accessible à pied facilement, car vu les horaires nocturnes des arrivées d'avions à TÉHÉRAN cela nous avait semblé plus simple. C'est pratique mais très cher. En fait, la plupart des hôtels peuvent envoyer quelqu'un vous chercher, même au milieu de la nuit. C'est probablement la meilleure solution.

Nous avions réservé un vol pour CHIRAZ depuis la FRANCE (via l'agence cle2perse.com qui pour une commission modique et un paiement via PayPal (!) a fait la réservation auprès de MAHAN Air). En effet, la réservation directe depuis la FRANCE n'est pas possible car au moment de payer il faut une carte bancaire iranienne). Après deux jours à Téhéran nous sommes donc arrivés à CHIRAZ.

CHIRAZ :

Cette ville charmante concentre beaucoup de choses que de nombreux touristes considèrent comme des joyaux :

- le mausolée Shah-e Cheragh : curiosité : on doit laisser les appareils photos à la consigne . . . mais les photos prises avec des smartphones sont autorisées. Les hommes entrent d'un côté, les femmes d'un autre et elles arrivent à l'intérieur de l'enceinte du mausolée vêtues d'un tchador :



Les bâtiments sont décorés à profusion, comme tous ces bâtiments islamiques en IRAN, et nous y voyons nos premiers muqarnas au sein d'une façade de mosaïque :



- la sublime mosquée Nasir-al Molk : le matin avec ses jeux de lumière :



puis dans le bâtiment secondaire salle des miroirs et salle faïencée :

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et l'on y croise des femmes iraniennes adorables qui ont vraiment envie de fraterniser avec des touristes occidentales :

- non loin de là, le bazar Vakil est tellement authentique que c'est un véritable plaisir d'y déambuler

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avec bien sûr ses épices présentées sous forme de mélange dont les connaisseurs voient facilement la composition :



- la mosquée Vakil, à côté du bazar, dont l'ambiance le soir est envoûtante :

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- chemin faisant, en ville à la recherche d'un café (NOTA : hormis à Téhéran les cafés expressos en IRAN sont excellents) une fort belle maison Shapouri permet le régal des yeux et du gosier en même temps :



- le Naranjestan (jardin et pavillon) est aussi incontournables avec son pavillon aux miroirs et ses magnifiques faïences :



- et aussi d'autres endroits que les guides indiquent. Trois jours à CHIRAZ n'épuisent pas tout ce qu'il y a à voir, sans compter l'ambiance fort sympathique du centre-ville et de ses habitants.

à suivre . . .
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Le retour... infos pratiques (Iran)
VOYAGE 3 SEMAINES OCTOBRE 2015

FICHE faite avec aussi des informations d’amis qui ont séjournés en Iran courant 2015 .

GUIDE : lonely planet en anglais : note 4 sur 5 Olizane en français : note 4 sur 5, ces 2 guides se complètent bien Voyage avec Turkich airlines sur Tehran avec stop a Istambul. Depuis Istanbul on peut rejoindre Tabriz, Shiraz et autres villes, évitant ainsi Tehran

VISA : nous avons fait le visa avant de partir. Nous avons contacter l’agence Yadman et par l’intermédiaire de Pegah qui parle/ écrit français couramment pegahakhoundi@yahoo.com nous avons obtenu pour 20$ le numéro. Le visa à Berne fut très facile à obtenir (5j) à l’arrivée aucun soucis. Visa on arrival : pour séjour de max 15j compter 1h avant de l’obtenir.

AGENCE EN IRAN : les agences peuvent tout pour vous : réservations hôtels, billets avion, organiser des circuits, trouver un guide, un chauffeur, un taxi de ville en ville… ne pas hésiter à contacter. On recommande chaudement Pegah de l’agence Yadman qui fait des miracles voir adresse ci dessus.

GENERALITES : Les prix indiqués s’entendent : -Pour les hôtels : prix d’une chambre double par nuit -Pour les taxis : tarif de la course - Pour les repas et les transports collectifs (bus, train, avion) : prix par personne - Nous avons porter des dollars mais on change aussi facilement les euros, mais le dollar a été encore utile pour payer certains hôtels directement en cette devise. Si un hôtel vous propose de payer en devise demander combien en rials afin de ne pas surpayer la chambre si paiement en devise. 100.000 RIALS = environ 3 € Pour le change, éviter les changeurs des rues, préférer les boutiques de change, les bijoutiers dans le bazar aux banques. Le taux est plus favorable d’environ 10 % : 1 € = 36.000 rials au lieu de 32.000 au cours officiel (oct 2015). Bien se faire confirmer le taux avant de changer, en fonction de la somme à changer. Attention : bien que la monnaie officielle soit le rial, les prix sont la plupart du temps annoncés ou affichés en toman (ancienne monnaie de l’Iran). 1 toman = 10 rials. Donc multiplier par 10 le prix annoncé : 10.000 toman = 100.000 rials = 3 € Toujours bien se faire spécifier si c’est rial ou toman cela évite des surprises !.

Course de taxi en ville autres que Tehran entre 30.000 et 60.000 RL Courses de taxi à Téhéran : 60.000 à 100.000 RL selon distance ou habilité à marchander ou tarif de nuit (2 à 3 €) -De l’aéroport Imam Khomeiny à Téhéran centre : s’adresser à l’arrivée au comptoir taxis il indiquera le prix à payer, arrivée à 22.30 la course a été de 600.000RL ; idem pour le retour avec un départ du centre ville à 3.00 h du matin (le chauffeur de taxi de l’aéroport nous avait donné sa carte et nous l’avons rappelé pour le trajet retour) autrement voir avec les hôtels. -De l’aéroport Mehrabad (vols intérieurs) à Téhéran : 100.000 RL (3 €) -Du métro Tajrik (terminus au nord) au départ de la télécabine du Tochâl (3900 m) : 200.000 RL (6 €). Attention ! La télécabine est souvent fermée. Mais, même du pied, le point de vue sur Téhéran vaut la peine. -Du palais de Sa’d Abad au palais de Niyavaran : 350.000 RL (10 €) -De Niyavaran au métro Tajrik : 200.000 RL (6 €) Attention si vous faites appeler un taxi depuis la réception de l’hôtel la course sera multipliée par 3 ou plus surtout si vous êtes dans un hôtel chic ! prenez le dans la rue !

Le vendredi tout est fermé : bazar, magasins et souvent les restaurants dans petites villes. Tout est fermé aussi quand fête religieuse comme l’Achoura et la Tessoua.

L’anglais est encore peut courant même dans les hôtels ou restaurants et rares sont les restaurants qui ont un menu en anglais ! mais tout le monde est gentil et se mettra en quatre pour vous aider.

PRIX ENTREES SITES : entre 100 000 et le plus souvent 150 000 Rials (3 à 4.50 euro oct 2015) y compris Persepolis Dans les palais de Téhéran (Golestan, Sa’ad Abad, Niyavaran), un droit d’entrée de 150.000 rials, puis des tickets supplémentaires selon les bâtiments que l’on visite. Compter, pour visiter l’essentiel, 400.000 à 500.000 rials (13 €) par palais. On peut aussi éviter de visiter els intérieurs des palais car vous en verrez de superbes durant le voyage. Finalement, le budget visites est proportionnellement plus cher que le reste. C’est normal : il y a un tarif touristes étrangers, environ 6 fois plus élevé que pour les touristes iraniens.

Les guides papier donnent une bonne description des endroits à visiter, Isfahan et Shiraz par ex sont riches en mosquées et palais divers, compter 2-4jours de visite pour en voir un maximum tranquillement.

TRANSPORT: notre choix a été de prendre un chauffeur et un guide pour tout notre voyage : Guide à contacter en anglais arash.mostafapour@yahoo.com mobile: 09189731880 _09214329388

Prix : dépend du choix du véhicule (petite voiture, mini bus et services demandés) réactif, discret, gentil

Il est facile de se déplacer en Iran avec les bus, trains et avions: réseau de transport excellent , moderne (autoroutes et routes en très bon état, bus longue distance (prendre les VIP) confortables et bon marché, bagages de soute étiquetés, gares routières neuves et très bien organisées, trains-couchettes) ; prévoir 15 à 30 minutes de retard au départ. On trouve toujours des gens qui parlent un peu l’anglais et prêts à aider, sans même que vous ayez besoin de demander. Dans les gares des bureaux d’information, ou des agents d’accueil. Il est toujours facile de trouver un taxi.

Pour ceux qui ont leurs propres véhicules (voiture, velo, moto…) à 80% les routes sont des 2 x 2 voies en bon état, droites, sans ombre. Presque toutes les villes ont un contournement, mais les panneaux dans les villes ne sont pas toujours évidents : mal placés, manquants… ils ont en 2 langues (farsi et anglais) Il est parfois difficile de sortir des grandes villes, on conseille de sortir des grandes villes avec son propre véhicule le matin tôt avant que la circulation commence ou d’engager suivre un taxi et de le suivre.

HOTELS : le pays s’ouvre et de plus en plus de voyageurs partent découvrir l’Iran ; il semble que le pays manque d’hôtels de toutes catégories, aussi si vous partez sans rien réservez il est préférable de se constituer une liste d’hôtels car ceux cités dans les guides sont pris d’assaut ; avec une liste (recherche Internet, Tripadvisor…) il sera plus facile de trouver dans la catégorie que l’ on recherche en plus des adresses que les hôtels complets pourront vous donner. Les groupes organisés logent dans de très beaux hôtels. Si vous voyager en haute saison (printemps et octobre) vous pourriez avoir des difficultés à trouver un hôtel à votre convenance. Vous pouvez essayer de réserver en téléphonant directement aux hôtels quelques jours avant votre arrivée présumée (surtout si vous désirez un hôtel particulier). Parfois on vous demandera de régler en avance le prix de la chambre en allant à la banque, l’hôtel vous enverra par SMS le numéro de compte, les formulaires en banque sont écrit en farsi mais on vous aidera. Attention les codes des villes viennent de changer par conséquence tous les numéros sont faux sur les guides actuellement en vente et aussi sur certaines cartes de visites. Les hôtels peuvent arranger beaucoup de choses (excursions hors des villes, réservation des billets, taxis, hôtels…). Même quand ils ne l’annoncent pas, il faut leur demander.

RESTAURANTS : pas souvent de carte en anglais même dans grands restaurants ! pas visibles non plus car pas d’enseignes spécifiques ! ce sont souvent des take away qui ont parfois quelques tables et où on mange bien : vous vous rendrez compte que même les grands restaurants ont une carte peu variée , identique aux take away pour un prix double ou triple. Souvent il n’y pas la moitié des plats écrits sur la carte ceci vaut aussi pour les grands restaurants. Un kebab, un korech, un plat d’aubergines coûte environ 100 000 – 150 000Rials (3 – 4 euros en oct 2015) Si la carte n’est pas trop variée la nourriture est saine, pas grasse ; le plus souvent on mange du poulet kebab très bon, du kebab d’agneau ; des aubergines en sauce avec ou sans crème qui sont excellentes ; du korech de différente façon (ragout de légumes avec ou sans viande) à ne pas rater ; du dizi qui est un genre de pot au feu. On trouve a acheter des fruits partout ainsi que de très bonnes pâtisseries comme celle de Yazd à l’angle du complexe Amir Chaghmagh, reconnaissable entre toutes avec les portraits des présidents sur le mur au dessus de la caisse (on ne rate pas les baklava à la cardamome) Un jus de fruit frais dans le rue : 50.000 RL pour un demi litre (1.50 euro)

FETE ACHOURA ET TESSOUA : cérémonie de deuil a date variable. nous étions a Yazd. On fête la mort de martyr de l’Iman Hossein. Il faut allez dans les mosquées et se mêler à la foule. C’est ensuite dans les petits villages ou on sera plus près de la population où on met en scène la mort de Hussein. On est bien accepté, on vous donnera les places de choix, on peut faire photo et film sans problème. La commémoration dure 10jours et le jour de l’Achoura correspond au 10eme jour du mois lunaire de Moharran , jour ou a été martyrisé Hossein. Beaucoup de processions se passent aussi dans la rue ou la circulation est bloquée.

NOMADES : très nombreux et selon les tribus sont dans différentes zones du pays. Début octobre ils bougent pour rejoindre les quartiers d’hiver en faisant souvent 200-300km. Ce n’est pas meilleure période pour en rencontrer car sur al route on trouve qu’une partie des familles qui se sont divisées pour rejoindre les campement d’hiver. Au bord des routes si on aperçoit des tentes il est possible de s’arrêter et de rester quelques heures avec la famille pour partager un bon moment.

TEHERAN Métro de Téhéran : 60.000 rials (1,80 €) le carnet de 10 tickets ! Acheter aux guichets et non aux distributeurs. Attention, la ligne 3 n’est pas tout à fait terminée (certaines stations, entre Shahid Beheshti et Vali Asr, ne sont pas encore ouvertes). Le dernier train est à 23 heures. De manière générale, consulter les plans dans les stations, car le réseau est en constante évolution et on vous aidera volontiers, ne pas hésiter à le prendre.

Musée des bijoux : si vous êtes à Tehran un jour ou ce musée est ouvert il faut y aller ! mais arriver au moins 1h en avance car beaucoup de monde et de groupe, musée petit, à l’intérieur d’une banque, pas bien éclairée mais la quantité de diamants et autres pierres vous éblouiront !

Train (couchettes) Téhéran-Andimeshk (14 h) : 445.000 RL/pers. (13,30 €). Réservation la veille dans une agence de voyage.

Hôtel Sasam : 50$. Correct, bon accueil (anglophone) en face une agence de voyage. L’hôtel est situé dans une petite rue qui débouche sur un boulevard ou en descendant le boulevard on trouve un restaurant pas cher, et une boutique de céramique ou on peut vous faire des céramiques de votre choix. Hôtel Hafez : 70 $. Très propre. Bon accueil (anglophone). Hôtel Firouzeh : 1.180.000 RL (35 €). Basique (avec clim, cabinet de toilette-douche w-c sur le palier). Bien entretenu (chambres en cours de réfection cet été). Accueil très ouvert et serviable (anglophone). A proximité de 2 stations de métro (Imam Khomeiny et Mellat). Fréquenté par des touristes et une clientèle iranienne. Saina hotel (92$) – bon rapport qualité prix pour Tehran, mais réserver en avance souvent complet

Restaurant Agha Bozorg : 300.000 RL (9 €). Très bien, ambiance sympa. Voir dans le Lonely Planet, rubrique « drinking », « Iranian traditionnal restaurant ».

SHUSH

Taxi Andimeshk-Shush (40 km) : 300.000 RL (9 €).

Hôtel Apadana : 950.000 RL (28 €). Le seul hôtel, tout près du site archéologique. Chambres petites qui laissent un peu à désirer. Par contre restaurant convenable. De toute façon, on n’a pas trop le choix. Repas à l’hôtel : 6 €

Taxi pour excursion Choqa Zanbil (ziggourat)-Shushtar et retour (grosse demi-journée) : 60 € Taxi Shush-Ahwaz (120 km) : 500.000 RL (15 €). Bus Ahwaz-Shiraz (9 h) : 450.000 RL/pers. (13,5 €)

SHIRAZ Persepolis hôtel : 4 étoiles, 95 $., www.persepolis-hotel.com rien à redire. Dans même rue 2 autres hôtels moins luxueux : Atlas Hotel et Stars Hotel. Boutique-hôtel Niayesh : 45 $. Bonne adresse où affluent les touristes. De préférence réservez en avance !Bien situé. Original : des maisons anciennes aménagées, où on accède par un dédale de ruelles et de couloirs. Grande chambre climatisée, avec douche et toilettes). Une cour centrale ombragée pour restaurant et repos. Accueil pro, qui organise les excursions. Sadra Hotel : www.SadraHotel.ir hôtel moyen au milieu des hôtels de luxe

Restaurant : Emarat Shapoori : un trés beau palais ou prendre un drink dans le jardin ou bien y diner. Trés beau cadre, compter 10-13 euro par personne pour le diner. www.shapourigarden.com

Excursion à Persépolis-Pasargadès (journée complète en minibus) : 50 $ / pers. S’inscrire auprès de l’hôtel. Pour Persépolis seulement (demi-journée) : 30 $. Excursion à Bishapur (demi-journée en taxi) : 50 $ /pers.

Bus Shiraz-Kerman (8 h) : 350.000 RL/pers. (10,50 €).

KERMAN Hôtel Gavashir : 40$ impersonnel mais bien Hôtel Akhavan : 55 € (avec dîner et petit déj.). Très bien Accueil formidable (2 frères anglophones ; quelques rudiments de français). Organise des excursions. En face l’hôtel Akhavan il y a un autre hôtel de même catégorie, ces 2 hôtels sont souvent complets, réservez si possible

Taxi pour excursion aux Kalouts (désert): 30 € Taxi pour excursion à Bam, Rayen, Mahan (journée) : 50 €

Bus Kerman-Yazd (5-6 h) : 185.000 /pers. (5,5 €). Demander à l’hôtel.

YAZD Hôtel Kohan 45$. www.kohanhotel.ir Bien situé dans vieille ville et maison traditionnelle ; il y a aussi dortoir et chambre simple. Tres bien. Restaurant de l’hôtel le midi bien et pas cher. Hôtel Oasis : 30 $. Pas extraordinaire, parce que pas très bien entretenu. Silk Road hotel (50$) www.silkroadhotelhroup.com dans maison teaditionnelle dans le centre historique, occupé que par des touristes européens, chambre basique sans trop de charme Orient Hôtel réserver car souvent complet ; très bien situé dans la vieille ville, à côté de l’entrée de la grande mosquée. Hôtel Vali Musseum Hôtel 50$-120$ (double- quadruple) bien situé dans vieux quartier, maison traditionnelle arrangée avec goût, petit musée à l’intérieur Hôtel Kourosh : 45/60 euro selon typologie des chambre, dans le viuex yazd, typique bien placé Guest house Amir Chaghmag Hostel à 2 pas de la mosquée du même nom , en plein centre. Le gérant est un palhavan qui s’exercent dans le zurkhaneh du quartier ou vous pourrez vous rendre le soir pour assister à une démonstration. Entrée 100.000 RL, à ne pas rater ! le zurkhaneh est bien indiqué. Restaurants Silk Road : autour de 6-7 €. Bien Pizzeria à 2 pas du complexe Amir (pour changer du kebab ?!) Zurkhaneh : voir ci-dessus à la guest house Amir Chaghmag Hostel Taxi pour excursion à Meybod, Chak-Chak, Kharanaq : 50 $ arrangé par hôtel Bus Yazd-Kashan (5 h) : 190.000 RL/pers. (5,5 €). Réservé dans une agence. Attention : il s’agit souvent de bus Yazd-Téhéran, qui n’entrent pas dans Kashan.

KASHAN Hôtel Khan-e Eshan : 1 950.000 RL (58 €). www.ehsanhouse.com Très bien, dans une maison traditionnelle restaurée. Grande cour intérieure avec bassin. Accueil très compétent qui organise les excursions à la demande. Guesthouse Kamalmolk : 30-50 euro selon typologie des chambres, dans vielle maison traditionnelle. Restaurant : Abbasi : 160.000 et 225.000 RL (5 et 7 €). Très très bien, tant le contenu de l’assiette que le cadre. Dans une maison traditionnelle.

Taxi pour excursion Abyaneh et Fin Garden : 22 € Bus Kashan-Ispahan (3 h) : 85.000 RL / pers. (2,5 €). Pris le billet à la gare : les bureaux des compagnies sont dans le hall d’accueil et on nous a indiqué le premier bus.

ABYANEH Hotel Viuna Abyaneh : 175 ooo rials la double. Très bien. www.ViunaHotelAbyaneh.com Pas de restaurant a Abyaneh on doit donc prendre repas dans l’hôtel et restaurant cher !

ISPAHAN Hôtel Totia : 1.070.000 RL (32 €). Un peu excentré. excellent rapport qualité-prix, pris d’assaut, réservation conseillée. Dans même rue que Totia hôtel il y a sur même trottoir l hôtel Azadi et une guest house. En face le Totia il y a l ‘hotel Meraji www.hotelmeraji.com et une guest house signalée seulement en farsi Hôtel Persia :35-45€ selon typologie des chambres, basique, 20 minutes du centre touristique Hôtel Ibne-Sina : petit hôtel pas cher, plus excentré mais taxi pas cher Atigh hôtel (90$) bel hôtel

Restaurants : face au Totia un petit restaurant propre et bien, excellent rapport qualité-prix. Setareh : 250.000 RL (7,5 €). Très bien. En terrasse, avec vue sur la place Royale. Venice Restaurant (hôtel Ali Qapu). Resto italien (ça change des kebabs !). Au bord de la « rivière », dans un quartier très animé le soir. Hermès dans quartier arménien Tolfa, : 350.000 RL (10,5 €). Très bien, près de la cathédrale arménienne. Romanos : très bon restaurant dans le quartier arménien. Excellente réception WIfi avec possibilité d’accès a facebook et autres réseaux sociaux Bastani : 250.000 RL (7,5 €). Très bien ; à côté de la Mosquée Royale Bervani : près de la mosqué du vendredi Abbassi hôtel : se rendre dans les jardins de cet hôtel pour un drink, juste fabuleux.

Bus Ispahan-Mashhad (17 h) : 650.000 RL /pers. (19,50 €). Réservé l’avant-veille dans une agence de voyage.

Zurkaneh : a 300 mètres du Totia il y a une maison de la force zurkaneh ou vers 20.30 le lundi et un autre jour de la semaine il est possible d’assister aux entrainements, les autres jours sont réservés aux entrainements des débutants

MASHHAD Hôtel Hafez : 2.700.000 (80 €), avec dîner et petit déj.). Khosravi st., Andarzgoo 14. Tout près du sanctuaire. Bon hôtel pas de panneau en anglais, en face de l’hôtel Noor. Clientèle de touristes iraniens (car il n’est pas dans les guides). Bon repas (compris) : buffet varié à volonté, ce qui permet d’échapper au riz-kebab. Sobhan Hotel Apartment Restaurants plusieurs restaurants de quartier, dans le bazar : 270.000 (8 €) Avion Mashhad-Téhéran (1 h 30) : 60 €. ( Iran Air Tours) réservé dans une agence..

QUOM Mahan Hotel (1.600.000R) – basique mais bien placé A Quom spécialité de biscuits les Sohams à deguster sans modération! Dans le Holy shrime vous devrez mettre un tchador coloré qui vous sera prété à l’entrée et un mollah parlant anglais vous fera visiter.

ILE DE QUESHM Une bonne adresse: Mr Amini's guesthouse
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Compte rendu d'un voyage en Iran, octobre 2009
Voyage sans tension particulière, meme si on a l’impression que pas mal d’iraniens ont le coup des elections un peu en travers de la gorge. Quelques chiffres, tarifs de transports, hotels, principalement, si cela peut aider certains a preparer leur voyage :   Visa de deux semaines obtenu a l’aeroport Imam Khomeyni sans aucune difficulté, comme d’habitude, en 20mn, 50 euros, pas de photos, pas d’empreintes digitales a déposer. On peut changer de l’argent a l’aeroport 24/24   Imam Khomeyni airport- meshed hotel a Tehran taxi « dar bast » (privatif)= 180 000 RI Meshed hotel= 100 000RI la chambre deux lits Tehran-Qazvin en savari « na dar bast » (taxi collectif 4 passagers)=60 000 RI Qazvin hotel iran single avec douche, tv, frigo=180 000 RI. Propre Qazvin-Zanjan savari (toujours « na dar bast » par la suite, sauf si précisé)=50 000 RI Zanjan mosaferkhune single 100 000 RI. Sale Zanjan-Miyaneh= 40 000 RI, route superbe. La route jusqu'à Bostan Abad ressemble a l’Afghanistan, tel que je me l’imagine en tout cas puisque je ne connais pas ce pays Ardabil hotel sabalan tres cher, 420 000 RI la double et 310 000 RI la single, standard international apparement, donc pour moi ca a été hotel jahan a quelques centaines de metres du sabalan, trottoir d’en face juste avant le rond point, 70 000 la chambre, propre mais pas de douche Ardabil-Meshgin Shahr, savari 25 000 RI Meshgin Shahr-Ahar savari 20 000 RI Ahar- Tabriz savari 25000 RI route superbe, roches rouges voir site photos d'Ali Shokri, photographe Tabrizi (http://www.alishokri.com/index.php?x=about) Tabriz golshan hotel chambre avec douche 140000 RI, assez net Tabriz-Marand savari 15000 RI. Visiblement difficile de faire Marand-Maku direct (mostaghim), il faut passer par Khoy Taxi « dar bast » de Maku a Qareh Kelisa 50 000 RI de l’heure. Il faut compter une heure aller, une heure retour, et au moins une heure sur place Maku hotel tourist inn, 230 000 RI mais hotel d’etat, tres net, frigo tv douche, finalement un bon rapport qualité prix Jolfa-Tabriz savari 30 000 RI Tabriz –Kandovan pas de savari, des bus paraît il…taxi « dar bast » entre 150 000 et 200 000 RI aller retour, attente comprise Restaurant de l’hotel El Goli a Tabriz tres bonne vue 360 sur Tabriz, restaurant pivotant, mais cher (et pas d’esturgeon !) Bus Bostan Abad-Zanjan 40000 R.I . Lent, arrets frequents. Decidement la meilleure solution pour voyager en iran est le savari, plus rapide, plus fluide, sans horaire De Zanjan a Tabriz, au km 60 la route est tres belle (c’est en fait l’autoroute, la « vieille route etant parralele, et apparement encore plus belle), mais a partir du km 100 jusqu’au km 120 environ, la route est tout simplement sublime, lunaire, des couleurs a couper le souffle Qazvin-Rasht= savari 50 000 RI Rasht-Fuman savari 30000 RI Fuman-Masouleh dar bast= 40000 RI, etonnament peu cher pour un dar bast de 35km Hotel Masuleh tout en bas du village=200000 RI frigo tv douche Minibus masouleh-fuman= 5000 RI. Lent. Rasht-Tehran savari 100000 RI a l’arriere, 150000 RI devant, 4h, par qazvin. La route qui passe le long de la caspienne par Ramsar, Chalus dure 6h Tehran hotel meshad dortoir 50000 RI Un lift motorisé a Tehran=entre 15000 et 30000 maxi, selon distance. Frayeur garantie (on s’est trompé de route ? remontons la 4 voies a contre sens !) Prix en vrac: Tehran khayyam traditionel resto, le dizi est a 45000 RI. Cadre sublime et qalyan pas mal Carte memoire d’appareil photo 4 giga= environ 12 euros Hamburger 10000 RI ; tablette chocolat europeen 7000 RI ; jus de carotte, melon, banane 3000 RI ; qalyan+ thé entre 10000 RI et 15000 RI (sauf a masouleh ou c’est du vol) ; brochette mouton+riz 30000-45000 RI ; glace 3000 RI : koresht 30000 RI Quelques photos prises lors de ce voyage (octobre 2009) sont visibles a l’adresse suivante : http://picasaweb.google.com/home Pour plus d’infos n’hesitez pas a me contacter L’Iran est tres loin de tous les clichés, c’est un pays sublime et les iraniens le sont encore plus. La sécurité y est quasi totale pour un touriste. Yoann
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Obtenir un visa pour l'Iran
Bonsoir, Mon mari et moi avons décidé de partir en Iran cet été ...Cela fait déjà un moment que cette destination nous fait rêver ..mais problème : comment obtenir le visa? J'ai essayé pendant plusieurs jours de joindre le consulat à Paris mais personne ne répond et quand j'ai contacté l'ambassade, j'ai eu comme réponse " visa, consulat" point barre! Même mon mail est resté sans réponse mais je tiens bon .Cependant, nous n'avons pas l'intention de faire un déplacement sur Paris ( à 600 kms de chez nous!) pour rien . Donc si quelqu'un a un tuyau pour le visa, nous sommes preneurs. 2è problème : on n'a pas envie de passer par une agence française pour un circuit car les prix que l'on a vus , sont au dessus de notre budget ( 1200 euros/personne hors avion pour 14 jours).Donc nous sommes à la recherche d'une agence iranienne pour un circuit des principales villes ( Téhéran/Ispahan/Yazd/Shiraz) et l'idéal serait de pouvoir passer quelques nuits chez l'habitant , comme nous l'avions fait à Cuba il y a des années. Très important : nous préférons voyager seuls , en autonomie.

Merci à tous ceux qui pourront nous donner un coup de main.

RISIM
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Iran et technologies
bonjour a vous

je vais voyager pour la première fois avec un smartphone et je me pose plusieurs questions (qui vont peut etre vous paraitre naïves !!)

sur internet - sans faire suivre internet par mon operateur, (qui a le nom d'une couleur) est ce que je pourrai avoir acces en wiffi a internet dans les hôtels, gares ??? ou faut il que je demande une extension ?? que je signale qquelque chose??

sur le telephone on m'a parlé d'une carte sim irancell : mais vaut il mieux l'installer dans un autre telephone, de base?? si je la met dans mon smartphone; est ce que du coup j'aurai encore (cf 1ere question) acces à internet??? merci bcppour vos réponses avisées chrystine
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Voyage de deux filles en Iran
Bonsoir

Je pars deux semaines en Iran avec une amie en septembre 2012. Démarches en cours et tout et tout Qui est partie là bas ? Qui va partir ? Quels conseils ? La situation au niveau quotidien...qu'en est il ? J'ai lu beaucoup de choses...mais j'ai besoin de savoir les trucs et astuces. Je suis impatiente de découvrir ce pays :-)
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Iran et Bahrein, des conseils?
Bonjour !

Nous voudrions partir en Iran au mois de mai avec un voyage préparé de France, un circuit individuel par exemple.

Est ce que vous avez des agences ou des TO à nous conseiller ?

De plus nous voudrions, après l'Iran, poursuivre par quelques jours à Bahrein. Qui connait ?

Avez vous des adresses à conseiller ? Des choses à ne pas manquer ?

Merci pour les futures infos qui nous aiderons à construire notre voyage !
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Voyager dans le 5 ème mois de grossesse en Iran
Bonjour !

Nous souhaitons partir au mois de mai en Iran pour 15 jours, je serai alors dans mon 5 ème mois de grossesse. Nous voyagerons plutôt dans de bonnes conditions puisqu'en circuit individuel ( à priori moins de galères et de stress que si on devait se débrouiller seuls, surtout que nous avons déjà un loulou de 2 ans et demi avec nous). Je pense que ça devrait aller, mais j'avoue que ça me rassurerait d'avoir des témoignages de voyageuses enceintes !

Merci d'avance !
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Séjour dans la région du Kurdistan iranien
nous souhaiterions passer deux ou trois jours en mai dans la region de sanandaj ( vallee howraman, paveh ) quelqu'un pourrait-il nous donner des infos pour organiser ce séjour????? d'autre part pensez-vous qu'il est raisonable d'aller dans cette région frontalière avec l'Irak?????

merci par avance pour la profusion de réponse😐😐😮
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Retour de 10 jours dans le Sud-Est iranien
Bonjour à tous,

J’ai passé une petite dizaine de jours seule Iran, et j’en reviens juste, enchantée. Pour mon troisième tour, j’ai voulu visiter le sud-est du pays en prenant mon temps là où généralement les voyageurs passent en coup de vent. Aucun regret, j’ai du coup pu faire de très belles rencontres, des balades agréables, et me reposer (ce qui était tout de même ma priorité). Et je reviens encore une fois enthousiaste !!

Pour info, au moment où j’y étais, le change était de 39 000 rials pour 1 euro, 35 000 pour un dollar. Et sinon, à part la première nuit à Téhéran, je n’avais rien réservé.

Téhéran

Arrivée le midi à Téhéran, où j’ai passé l’après-midi. J’avais réservé uniquement la première nuit dans une « auberge de jeunesse » qui vient d’ouvrir dans l’est de la ville mais je ne conseille pas vraiment. Effectivement, prix bas ( 12E50 la nuit) mais service minimum, une seule salle de bain pour les deux dortoirs, les propriétaires ne sont pas là la plupart du temps et ont recruté un jeune afghan (dont je doute qu’il ait atteint la majorité) qui essaie de se débrouiller tant bien que mal mais la communication est compliquée.

Je leur avais réservé le service de pickup à l’aéroport (20e) mais le chauffeur qu’ils m’ont envoyé conduisait comme un dingue, et quand je lui ai demandé de ralentir il s’est excusé en m’expliquant que sa femme venait de le quitter. Mouais, pas trop partante pour participer à son suicide !

L’auberge en question : http://www.hosteltehran.com

Puis balade dans le centre de Téhéran (musée du tapis, ancienne ambassade américaine, diner au Sofreh Khane Ayyaram), je ne m’étendrai pas dessus, rien de particulier à ajouter, je ne suis pas fan de Téhéran.

Le lendemain matin, je me suis rendue à l’aéroport Merhabad en métro, une heure environ depuis l’est de la ville.

Kerman

80 000 le taxi depuis l’aéroport.

J’ai logé chez Omid Gueshouse, à deux pas de la place Azadi. Bon choix pour les petits prix et son emplacement idéal qui permet de prendre les taxi na dar baste très facilement. Par contre, toilettes et douches sont dans la cour, et literie bien rigide. Accueil très sympathique. Prix de la chambre 400 000 rials, 460 000 avec air conditionné.

Prix du taxi na dar baste dans la ville 10 000.

Le midi j’ai tenté le déjeuner dans la chaykhaneh hamam-e-Vakil dans le bazar, je conseille ! Leur kashke badenjan est succulent, le cadre superbe. 150 000 le repas.

Le soir j’ai tenté le restaurant Ganjali Khan à l’entrée du bazar et leur ghorme sabzi, très bien. Si mes souvenirs sont bons, 140 000 le repas.

Pour le soir j’ai également tenté le resto de l’hôtel Akhavan et leur fameux buffet. Je conseille pour la variété des plats servis, les légumes, et la cuisine « familiale ». 10$ le repas cependant, mais je me suis fait plaisir. Vraiment délicieux.

Je me suis promenée et promenée et promenée dans le bazar, je ne m’en lasse pas…. Les alentours du Ali Khan square sont superbes (ne pas manquer le hamam, 150 000). Quand on avance un peu plus loin il y a un centre Bannoo economusée, restauré par la ville de Kerman, où on trouve de l’artisanat du coin de bonne qualité (mais cher) et quelques artisans au travail. Joli, agréable. 50 000 l’entrée pour les touristes, grrr… On peut y manger, je n’ai pas testé. Pour acheter fruits, légumes et dattes, c’est du côté de Maydan-e Shahada, à l’autre bout du bazar.

Kaluts

Le patron de l’hôtel Akhavan m’a organisé un tour privé dans les Kaluts. Coucher et lever du soleil dans le désert + nuit dans un petit village (chez Mustapha et Sekene) à une trentaine de kilomètres, superbe moment. Par contre, même en fin de journée, il y fait TRES chaud encore en septembre.

Taxi : 55$ (Madjid – le grand- était mon chauffeur, absolument adorable) Hébergement + diner + petit déjeuner : 10$. Très bien.

Mahan

Madjid m’a déposée à Mahan sur le retour. Pas trop le choix sur l’hébergement, il n’y a qu’un seul hotel (Mahan Tourist Inn). Très propre, très confortable, très bien. 24e la nuit.

Le mausolée de Nematollah Vali se trouve à une dizaine de minutes à pieds. 100 000 l’entrée, mais on ne peut plus accéder au toit ni au musée.

Pour les jardins, 40 000 de taxi, 200 000 l’entrée. Très agréable. Quelques boutiques d’artisanat, une tchaikhana dans laquelle je n’ai pas mangé. Je conseille clairement d’y aller en fin de journée et de s’y attarder la nuit tombée.

Pour aller à Bam j’ai dû repasser par Kerman. On doit pouvoir attraper une voiture au vol sur la route mais je n’ai pas voulu m’attarder au bord de la route en plein soleil (oui, il fait encore chaud mi-septembre dans le sud). Possibilité de prendre le bus près du mausolée (10 000) mais il ne passe pas toutes les heures et j’ai préféré prendre un taxi pour Kerman – Maydan-e-Bam. 200 000 le taxi.

Bam

Taxi na dar baste de Kerman à Bam : 170 000. 2h de route.

Inévitable Akbar Guest House, gros coup de cœur effectivement. J’y ai passé deux jours alors qu’il n’y a pas grand-chose à faire : thé et dattes à volonté, se poser, bouquiner, papoter. Mr Akbar est un grand monsieur, très connu dans toute la ville, et évoquer son nom nous place en quelque sorte sous sa protection.

Le soir, ses amis s’y rendent afin de discuter avec lui et les touristes de passage, excellent moyen de rencontrer des iraniens anglophones et curieux. Il m’a invité à manger chez lui, et m’a organisé un tour dans la région (qanats et caravanserail) qui reste néanmoins à améliorer car le chauffeur était sympa mais mort de trouille face à la responsabilité de conduire ma petite personne.

Les prix ne sont pas vraiment définis. 15$ la nuit avec petit déjeuner et salle de bain, 30$ le tour, à peu près. Tout est négociable.

J’ai aimé la citadelle. J’y étais à l’ouverture (7h) et c’était un bon choix (il fait TRES chaud à Bam à cette période). Seule visiteuse présente, les ouvriers ont eu à cœur de m’ouvrir les portes et de me faire passer les barrières. Ils ont bien bossé, ça se reconstruit, et perso je trouve ça émouvant même si la majeur partie reste à terre. Un effort à encourager selon moi.

Meymand

Départ de Kerman : aller au terminal de bus pour acheter un ticket pour Shar-e-Babak, 110 000, environ 3h de bus.

A l’arrivée, prendre un taxi dar baste pour Meymand, 250 000 mais le chauffeur a été un vrai papa.

Comme à chaque étape je me suis pointée dans le village comme une fleur en n’ayant rien réservé, sauf que la guesthouse était fermée. Bonne chose, il y a maintenant deux employés gouvernementaux qui travaillent à Meymand à la conservation du patrimoine et au développement du tourisme dont l’un parle très bien anglais, et il m’a arrangé le coup avec le sourire.

J’ai finalement dormi « chez Salma » : une petite grand-mère adorable, en compagnie de sa famille. Grand moment, zéro confort ! 100 000 la nuit ou le repas préparé avec les herbes du coin, 60 000 le petit dej.

Cela m’a carrément sauvé cette étape car m’a première impression fut désastreuse : les femmes au bord de la route très insistantes pour vendre leurs petits sachets d’herbe, un village minuscule, charmant mais sans grand-chose à voir…. Je me suis demandé ce que j’allais y faire pendant 24h. Et en fait, y rester la nuit chez Salma m’a ouvert les portes, les villageois se sont montrés adorables et accueillants, c’était vraiment chouette.

Voilà voilà ! Disponible pour répondre à vos questions !
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Cuisiner soi-même dans les hôtels en Iran?
Bonjour,

Ma femme doit suivre un régime alimentaire spécifique. Il est donc nécessaire pour nous de cuisiner nous-mêmes. Est-ce qu'il y a de quoi cuisiner dans les hôtels ? J'ai vu des hotels appartments, mais y en a-t-il a un prix raisonnable (pas + de 50 € par nuit, ce qui est déjà très cher !!) ? Y a-t-il une autre solution ?

Nous comptons partir en Iran prochainement.

Merci.
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Réserver un vol intérieur Téhéran - Shiraz depuis l'Iran
Bonjour,

Je serai en Iran dans deux mois, et je compte prendre un vol intérieur entre Shiraz et Téhéran à la fin de mon séjour. Je pose donc une question similaire à celle de Gizmo94 il y a quelques jours, mais cette fois-ci pour la réservation du vol après mon arrivée en Iran. La question peut paraître simple : je vois comment réserver depuis l'étranger (avec une jolie commission), ou en Iran dans un aéroport ou une agence dédiée, mais y a-t-il plus simple, pour éviter de perdre trop de temps sur place ?

A mon arrivée dans le pays, je quitterai probablement l'aéroport de Téhéran de nuit, je ne pense donc pas avoir la possibilité d'acheter mes billets à cette occasion. Les hôtels acceptent-ils de faire les réservations avec des commissions acceptables ?

Par ailleurs, en s'y prenant deux semaines à l'avance, y a-t-il un risque que les vols soient pleins ?

Merci par avance pour vos réponses.

Sophie
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3 semaines en Iran: complément du "tour classique"?
Bonjour, Je fais une nouvelle fois appel à vos connaissances pour finaliser mon parcours dans les grandes lignes. Je vais passer 3 semaines en Iran (arrivée dimanche matin). Or, si je sais que je vais visiter les "classiques" de l'axe central : Ispahan, Shiraz, Yazd, Kashan, Téhéran, je sais aussi que ça ne prend qu'environ 2 semaines en moyenne.

Sur ma "semaine supplémentaire", je vais aller voir Masuleh et Gazor Khan (vallée d'Alamut) dès le début (lundi-mardi-mercredi), exprès pendant les fêtes religieuses puisque les musées et autres sites seront sans doute fermés.

Du coup, il me reste environ 5 jours à consacrer à des choses peut-être un peu moins connues. Le LP conseille notamment Garmeh et Kerman si on veut rester pas trop loin de l'axe central.

Qu'en pensez-vous et avez-vous d'autres suggestions ? Merci à tous.
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Apprendre le Farsi
Quelqu'un a-t-il de l'experience dans l'apprentissage individuel du farsi? Vous connaissez un bon livre, une bonne methode?

Merci. Tristan
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Retour d'expérience: voyage de 15 jours en Iran
Bonjour,

Après avoir glané pas mal d'informations sur ce forum, lesquelles m'ont aidé à préparer au mieux ma vadrouille en Iran, j'en profite enfin pour renvoyer l'ascenseur et partager mes impressions sur cette (belle) destination que ma femme et moi avons parcouru en Avril 2018. Je m excuse par avance pour ce poste assez long !

1/ Dates et billets d'avion. Nous sommes partis du 13 au 29 avril 2018. Nous nous sommes décidés à la derniere minute et avons pris nos billets deux semaines avant avec comapgnie Alitalia (une escale à Rome). Prix du billet AR pour deux : 826 eur. Clairement en s'y prenant à l avance, nous aurions pu obtenir un prix plus interessant.

2/ Finance/herbergement/transport. A la mi avril, 1EUR s'échangeait entre 52000 et 62000 RIALS. Le taux variait tous les jours et avons principalement changés nos euros dans les hotels. Coté hebergement, nous nous sommes appuyés sur nos guides papiers pour choisir nos points de chutes. Mais bien souvent, il a fallu improviser et se débrouiller au piti bonheur la chance pour dénicher une guesthouse. L'offre d hotelerie est assez large, de l auberge de jeunesse aux chambre hauts de gamme, il y en a pour toute les bourses (en moyenne, nous avons déboursé 30 eur par nuits à deux, avec une économie non négligeable avec les variations de taux de change). Pour ce qui est des transports, ils sont fiables et efficaces. Nous avons privilégiés les bus de nuit pour effectuer notre circuit, les bus sont assez confortables et très peu cher ( entre 5 et 10 euros max). Les trains ne sont pas en reste, nous avons juste été surpris d'arriver une heure plus tot à destination lorsque nous avions quitté Kashan pour Yazd. Je conseille cela dit de prendre votre billet la veille de votre départ et directement en gare.

3/ Démarches administratives (Visa) S'agissant du visa, il est possible de l'obtenir depuis l'ambassade d'Iran à Paris (visa à 50 eur) ou directement à l'arrivée à l'aéroport à Téhéran (75 eur). Dans les deux cas, il est nécessaire de faire une demande préalable, en ligne sur le site internet de l'ambassade. Les justificatifs à apporter y sont référencés. Nous avions opté ma femme et moi pour un retrait à l'ambassade vu que nous habitons Paris et que cela nous apparaissait a priori plus commaode. Le hic est qu'il faut fournir les justificatifs de réservation de toutes les nuits d'hotel sur l'ensemble du séjour. Ce qui est clairement impossible si on souhaite imporviser son parcours ou si on n a pas l intention de tout réserver à l avance. J'ai contacté l ambassade afin de verifier si une résa pour les deux premiers jours sur place était suffisante, la réponse a été négative... Il faut s avoir que si la demande de visa se fait à l arrivée (VOA), alors là ca sa passe sans probleme, vous n aurez qu'à fournir la preuve de reservation de la premiere nuit d hotel. Ayant déjà fait en ligne la demande pour un retrait à Paris, il n était plus possible de faire marche arrière et demander un visa à l arrivée. Nous avons donc pris le risque de partir en ayant juste le justificatif d enregistrement en ligne... Cela nous a valu quelques frayeurs (la peur de se faire refouler à l'arrivée ) et une longue attente, une très longue attente à Téhéran (près de 3h !!!) pour obtenir notre visa. Mais nous l avons finalement eu. Avec du recul, le conseil que je donne est de privilégier le visa à l'arrivée qui requiert des justificatifs beaucoup moins contraignants et une procédure rapide (en moyenne les autres voyageurs qui avait fait une demande de visa à l arrivée sont passés en 20 mn max). Coté documents, outre la nuit d hebergement, il faut bien prévoir l attestation d assurance qui est systématiquement vérifiés. Billets d avion, photos, réservation d hotel font l objet de moins de vérification.

4/ Circuit et visites En 15 jours, nous avons eu la possibilité de visiter l'essentiel des villes que nous avions prévues et ce, sans se presser. Avec une semaine en plus et un ou deux vols intérieurs, Tabriz, Mashad et la cote du Golfe persique auraient pu être rajouté dans le programme.

- Jour 1 -samedi 14 avril - Téhéran : arrivée à 1h15 du matin à Téhéran. Après les 3 heures d attente à l'aéroport, on a filé en centre ville en taxi pour nous rendre à notre hotel (le chauffeur de taxi a eu la gentillesse de nous attendre 2h durant !). Un petit dodo de 4 heures, nous avons ensuite profité de cette premiere journée pour s'impregner de l'ambiance. Au programme, visite du Golestan, du parc e sharh (jardins/parc public) des environs du Grand Bazar et du Pont Tabiat (lieu de promenade très prisé des habitants de Téhéran avec une vue majestueuse sur les monts enneigés de l'Alborz dominant la capitale).

- Jour 2 - dimanche 15 avril - Kashan : départ de Téhéran pour Kashan en bus (environ 3h30 de trajet. A Kashan, visites des maisons traditionnelles (Bouroujerdi/Tabatabei/Abbassian), du hamman (montez en terrasse pour apercevoir les nombreuses tours du vent), de la mosquée Agha Borzog et du Bazar. 1 journée complete suffit à visiter Kashan, en prenant son temps.

-Jours 3 et 4 - lundi 16, mardi 17 avril - Yazd : trajet Kashan/Yazd en train (environ 3h45). Journée du lundi consacrée à la visite de la vieille ville, du Bazar, de la mosquée du vendredi. Journée du mardi : visite du village abandonné de Kharanaq, de Chak Chak (lieu de pelerinage zoroastrien) et de la forteresse de Meybod. Ces sites sont à environ 50/75 km de Yazd, d'ou la nécessité de faire cela avec un chauffeur (guide pas forcément nécessaire). Une fois rentré sur Yazd (en début d aprem) possibilité d aller visiter le temple du feu zoroastrien (Ateshkadeh).

- Jours 5 et 6 - mercredi 18, jeudi 19 avril - Kerman et Desert du Lut : départ très tot le matin de Yazd pour Kerman. Trajet en bus (environ 5h). Kerman est le point d entrée pour qui veut se rendre dans les Kaluts, ce joli desert dominé par des formations rocheuses et son desert de sel qui sont sans rappeler les paysages du Colorado. De Kerman, nous avons loué les services d'un chauffeur/guide qui nous conduit au coeur des Kaluts et fait découvrir des paysages d'exception, notamment au coucher du soleil. Nuit dans un campement, près de Shafiabad. Journée du jeudi consacrée à continuer à vadrouiller dans le désert puis retour vers Kerman en faisant un crochet par la forteresse de Rayen, le mausolée soufi de Mahan et du jardinShah zadeh. Rentré sur Kerman vers 14h, en attendant notre bus de nuit, nous avons profité de notre temps libre pour visiter le joli et animé bazar de Kerman.

- Jours 7, 8 et 9 - vendredi 20, samedi 21, dimanche 22 avril - Shiraz : bus de nuit au départ de Kerman pour rallier Shiraz. Environ 7h de trajet. 3 jours pleins et largement suffisant pour flaner et prendre son temps dans cette ville agréable. Visites des sites principaux : Mosquée rose, tombeau de Hafez, Bazar e Vakil et la mosquée du même nom, jardin du Naranjestan. Possibilité de visiter les 2 mausolées shah e Cheragh et de Sayyed Mir Mohammed qui se situent au coeur de la vieille ville. Enfin, nous avons bloqué une journée pour l'incontournable Persepolis, les sites de Pasagardes et Naqsh e Rostam/Rajab.

- Jours 10, 11, 12 et 13 - lundi 23, mardi 24, mercredi 25 et jeudi 26 avril - Ispahan : bus de nuit au départ de Shiraz pour Ispahan. Environ 6.30h de trajet. Là encore 4 jours pleins -amplement suffisant pour déambuler à son rythme et entamer des discussions improvisées avec les habitants de cette ville. Là encore, visite des classiques : Bazar, place Naqsh e Jahan, Mosquée du Vendredi, quartier arménien. A noter qu'il y a de nombreux parcs et jardins à Ispahan (comme un peu partout ailleurs dans les villes que nous avons parcourues ) : de familles, des couples, des groupes d amis y vont pour y picniquer, siroter un thé ou fumer un narguilé. Moments agréables en somme.

- jours 14 et 15 - vendredi 27 et samedi 28 avril - retour à Téhéran : en bus de nuit depuis Ispahan (comptez entre 6/7 h de route). Téhéran mérite vraiment de s'y attarder. la circulation peut intimider mais le métro facilite grandement la visite de la ville. On y trouve de nombreux musées, nous avons jeté notre dévolu sur celui de la défense sacrée qui retrace avec force détails et photos/témoignages l'épisode de la guerre Iran/Irak. Ce musée assez récent vaut vraiment le détour. Le même jour, visite de l'ambassade des Etas Unis qui nous plonge au coeur d'un véritable film d'espionnage. Le lendemain et dernier jour (samedi 28 avril), nous nous sommes autorisés une randionnée à Darband dont les contreforts et sommets dominent Téhéran. Lieu très touristique et aytpique, quasi exclusivement fréquenté par les Iraniens qui s'y rendent assez nombreux le week end pour déjeuner le long (voire sur ) le torrent de montagne. L'expérience est assez unique et pour les plus entrainés, des sentiers de randonnés permettent de grimper bien plus haut.

5/ Conclusion Par les temps qui courent, évoquer l'Iran provoque presque toujours un froncement de sourcils et des interrogations. Ces 15 jours nous ont permi de découvrir un pays magnifique, à l histoire tres riche et loin des clichés qu'on nous sert depuis nos écrans. Certes, la religion y est très présente et les standards de libertés individuelles ne sont pas comparables à ceux d'ici mais ce qui frappe au delà de ces questions qui ont leur importance, c'est surtout la quiétude, la gentilesse et l hospitalité des Iraniens que nous avons pu croiser. Spontanément, les gens viennent à votre rencontre, qui pour discuter, qui pour partager un gateau ou offrir un verre de thé. Loin de moi l'idée de creer la polémique sur ce qui va suivre, mais étant d'origine sénégalaise, j ai parfois cette petite appréhension, avant de voyager, sur le fait que ma couleur de peau puisse etre source de complications dans des pays ou la présence de Noirs et peu ou pas visibles. Il est clair que je ne suis pas passé inaperçu en Iran mais hormis une (saine) curiosité de leur part, je n ai ressenti aucune hostilité. Au contraire, de grands sourires et de gentilles sollicitations lorsque les regards se croisent. Le pays est clairement sécurisé, nous avons rencontré des femmes ou des groupes de filles voyageant seules. Il émane des Iraniens un grand respect vis à vis des touristes et les attentions dont nous avons été témoin n'ont exigées aucune contrepartie. Mon propos ici n'est pas d'enjoliver les choses mais ayant vadrouillé dans pas mal de coins sur cette planete, ce pays reste à part dans la façon d'être des individus qui le compose. Pour conclure, c'est une destination à faire de toute urgence avant qu'il ne soit davantage pris d'assaut par les touristes mais surtout compte tenu de la situation géopolitique au Moyen Orient et de la récente décision américaine de se retirer de l'accord sur le nucléaire et fait planer moult incertitudes.

Pour le reste, je suis à votre disposition si questions. Mamoudou
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Guides touristiques pour l'Iran
Bonjour à tous,

Partant bientôt en Iran je me renseigne actuellement sur les guides touristiques. A priori il n'y a plus que le Petit futé de disponible et à jour... Avez-vous un avis? Faut il l'acheter ou bien il n'est vraiment pas bien fait et donc pas nécessaire?

Merci beaucoup

Antoine
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Iran en août 2015
Nous prévoyons partir au mois d'août 2015, de prendre un guide pour 23 jours cela est très cher, donc nous pensons nous débrouiller par nos propres moyens, nous aimerions avoir des conseils, des itinéraires, peut on se loger chez l'habitant ? tous vos renseignements nous serons utiles, merci Ylona
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Voyager seule en Iran: agence ou pas?
Bonjour à tous, Je pars tres bientot en Iran, pour une periode de 15 jours (courte durée à cause du visa) J'ai deja une idée de mon itinéraire mais je suis un peu perdu pour l'organisation.

Je vais voyager seule. Et je ne sais pas si j'organise tout avec une agence sur place ou si je reserve tout moi meme, (hotels, guide, transfert) Pensez vous qu'il est facile en tant que femme seule d'aller d'une ville à ville, (transport en commun, taxi, train) ou alors il est preferable de passer par une agence??? J'ai l'habitude de voyager à l'aventure, mais la je suis un peu perdu avec ce que j'entends, et la sécurité. Je souhaite visiter Tehran, Qom, Kashan, Isfahan Persopolis, Abyaneh et Shiraz. De Shiraz, j'envisageais de prendre un vol pour Tehran, Iran air 40 dollars l'aller.

J'attends vos conseils et avis!!!

Mille merci

Leila
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Jeunes filles en Iran: voyager de nuit?
Bonjour à tous et à toutes.

Je pars en Iran ce lundi avec une très bonne amie. Nous y restons quasiment trois semaines. Avez vous des conseils concernant les déplacements? Je sais que les distances sont colossales ! Les bus / trains de nuit paraissent être une option rentable, mais quid de deux jeunes filles qui voyagent seules? Je sais que dans certains cas il y a des wagons / compartiments réservés aux femmes.

Merci de vos conseils !

E
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