Bonjour,
une petite info : vous pouvez récupérer légalement les morceaux de SXSW 2016 (14 mars) et sans doute les précédents.
Voir ici.
Bonne écoute.
Salut à tous !
Je suis à la recherche de musique (non chanté, je précise) pour illustrer le l'ambiance aride du désert americian comme dans certains films. Bien sur, je ne sais plus où j'ai entendu ce genre... je ne veut pas de country. Un genre de musique qui est plus du blues avec guitare acoustique, harmonica (voir avec guimbarde), pas plus d'instruments. Ce genre d'ambiance est utilisé dans certains films pour illustrer le désert aride et chaud ainsi que le coté désertique. Ecouter le genre que je recherche en cliquant IcI
merci de toute vos réponses à l'avance.
Je suis à la recherche de musique (non chanté, je précise) pour illustrer le l'ambiance aride du désert americian comme dans certains films. Bien sur, je ne sais plus où j'ai entendu ce genre... je ne veut pas de country. Un genre de musique qui est plus du blues avec guitare acoustique, harmonica (voir avec guimbarde), pas plus d'instruments. Ce genre d'ambiance est utilisé dans certains films pour illustrer le désert aride et chaud ainsi que le coté désertique. Ecouter le genre que je recherche en cliquant IcI
merci de toute vos réponses à l'avance.
Hi, 😏
Je suis FAN de Country Music.
Je me trompe peut-être, j'ai l'impression qu'on n'en parle pas beaucoup de cette Musique.
J'aimerais rencontrer des personnes pratiquant la danse country et obtenir des adresses d'associations que ce soit en France ou à l'Etranger.
Merci pour votre aide !
khennie0@msn.com
Je suis FAN de Country Music.
Je me trompe peut-être, j'ai l'impression qu'on n'en parle pas beaucoup de cette Musique.
J'aimerais rencontrer des personnes pratiquant la danse country et obtenir des adresses d'associations que ce soit en France ou à l'Etranger.
Merci pour votre aide !
khennie0@msn.com
Bonjour,
J'ai réalisé un circuit dans l 'ouest américain, il y a plus d'un mois. J'en garde un excellent souvenir et c'est dur de reprendre une vie "normale" !
Afin de continuer de vivre ce voyage, connaissez-vous une compilation de musique permettant de retranscrire l'ambiance qu'il y a là bas ?
Merci d'avance pour vos réponses !
J'ai réalisé un circuit dans l 'ouest américain, il y a plus d'un mois. J'en garde un excellent souvenir et c'est dur de reprendre une vie "normale" !
Afin de continuer de vivre ce voyage, connaissez-vous une compilation de musique permettant de retranscrire l'ambiance qu'il y a là bas ?
Merci d'avance pour vos réponses !
bonjour🙂
je crois qu'avant de partir il me reste une dernière question (idiote😊) mais je n'ai rien trouvé dans le moteur de recherche 😕
voilà je pense que tout est dans le titre, et j'imagine que dans quelques bars/restos ca n'est pas impossible de voir quelques petits groupes locaux 😊
precision quand meme, nous serons à LA LV quelques parcs et SFO (en voiture bien sur)
merci de votre aide😊
Musique traditionnelle du Mali et Gospel américain
Le soir du 10 juin 2020, à Richmond, capitale de la Virginie, une foule abat une statue de bronze de plus de deux mètres de haut de son piédestal. L’objet représentait Jefferson Davis, président de la Confédération pendant la guerre de Sécession – groupe de onze États du Sud qui ont mené de 1861 à 1865 une guerre meurtrière pour le maintien à tout prix de l’esclavage. Les manifestants, eux, étaient mobilisés dans Black Lives Matter, d’une ampleur sans équivalent depuis le Mouvement des droits civiques, qui a surgi à travers le pays suite à la mort violente, par asphyxie, infligée par une patrouille de police de Minneapolis à George Floyd, quadragénaire afro-américain devenu symbole des nombreuses morts aux mains de policiers très majoritairement blancs, désormais équipés militairement, et presque jamais sanctionnés. Le meurtre de George Floyd à Minneapolis a suscité une vage d’émotions et un sursaut civique dans la société us-américaine. Et les échos résonnent loin des Etats-Unis, d’autant plus que le racisme et la violence dans les forces de l’ordre existent dans bien d’autres pays...
Dans la tristesse des événements à Minneapolis, je pense et renvoie à une chanson de la défunte reine du gospel américain, Mahalia Jackson, « God shall wipe all tears away », à nouveau enregistré en 2016 par le Kronos Quartet & le Trio Da Kali avec la magnifique chanteuse malienne, Hawa 'Kassé Mady' Diabaté (fille du plus grand chanteur traditionnel malien, Kassé Mady Diabaté). Kronos est revenu sur l’enregistrement de cette chanson comme un hymne de tristesse et d’espoir. La chanson est – à plusieurs égards – en rapport avec Black Lives Matter : Mahalia Jackson qui a enregistré son premier gospel (tiré du Livre des Révélations 21, et la musique écrite par Thomas A. Dorsey) à la fin des années 30, était très impliquée dans le Mouvement des droits civiques et était d’ailleurs sur le podium aux côtés de Martin Luther King lors de son célèbre discours au Lincoln Memorial en 1963. En fait, c’est cette femme qui s’est tournée vers King pour lui dire : « Tell them about the dream, Martin ! Tell them about the dream ! »
Les paroles de « God shall wipe all tears away » ont été traduites en bambara (langue la plus parlée au Mali), la musique d’orgue de l’original a été répartie entre le quatuor à cordes et Hawa 'Kassé Mady' Diabaté les chante avec cœur et âme :
« God shall wipe all tears away »
Even if there are dark clouds over our heads When the sun comes out, gold will be seen That is a promise in heaven : God shall wipe all tears away.
When we arrive in God’s blessed house Where the sun is always shining And the morning is always bright : God shall wipe all tears away.
(en bambara) :
« Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ »
Hali ni kaba nɔgɔ b’anw kunna de Kalo mana bɔ sanuman bɛ ye O ye layidu ye, fo kaba la Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ
N’anw sera Ala ka so baraka ma Tile bɛ kɛ tuma bɛɛ Don min sɔgɔ man da yeelen Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ
David Harrington, fondateur et premier violoniste du Kronos, écrit : « I just listened again to ‘God Shall Wipe All Tears Away’ and God missed a few here in my room--the idea of Hawa singing this with us is really beyond any known reality. That this song could be sung in another language, by someone who has had such a different life and environment than Mahalia Jackson and yet is bound to her by the most amazing and somehow related vocal sound is totally inspiring to me. There is something so deeply musical at work here. I hope that Hawa will like the song too. »
En fait, she does, elle est devenue une de ses chansons préférées ET une de ses plus belles...
Hery
Kronos Quartet & Hawa 'Kassé Mady' Diabaté :
https://www.youtube.com/watch?v=w6P37rOIvYo
Le soir du 10 juin 2020, à Richmond, capitale de la Virginie, une foule abat une statue de bronze de plus de deux mètres de haut de son piédestal. L’objet représentait Jefferson Davis, président de la Confédération pendant la guerre de Sécession – groupe de onze États du Sud qui ont mené de 1861 à 1865 une guerre meurtrière pour le maintien à tout prix de l’esclavage. Les manifestants, eux, étaient mobilisés dans Black Lives Matter, d’une ampleur sans équivalent depuis le Mouvement des droits civiques, qui a surgi à travers le pays suite à la mort violente, par asphyxie, infligée par une patrouille de police de Minneapolis à George Floyd, quadragénaire afro-américain devenu symbole des nombreuses morts aux mains de policiers très majoritairement blancs, désormais équipés militairement, et presque jamais sanctionnés. Le meurtre de George Floyd à Minneapolis a suscité une vage d’émotions et un sursaut civique dans la société us-américaine. Et les échos résonnent loin des Etats-Unis, d’autant plus que le racisme et la violence dans les forces de l’ordre existent dans bien d’autres pays...
Dans la tristesse des événements à Minneapolis, je pense et renvoie à une chanson de la défunte reine du gospel américain, Mahalia Jackson, « God shall wipe all tears away », à nouveau enregistré en 2016 par le Kronos Quartet & le Trio Da Kali avec la magnifique chanteuse malienne, Hawa 'Kassé Mady' Diabaté (fille du plus grand chanteur traditionnel malien, Kassé Mady Diabaté). Kronos est revenu sur l’enregistrement de cette chanson comme un hymne de tristesse et d’espoir. La chanson est – à plusieurs égards – en rapport avec Black Lives Matter : Mahalia Jackson qui a enregistré son premier gospel (tiré du Livre des Révélations 21, et la musique écrite par Thomas A. Dorsey) à la fin des années 30, était très impliquée dans le Mouvement des droits civiques et était d’ailleurs sur le podium aux côtés de Martin Luther King lors de son célèbre discours au Lincoln Memorial en 1963. En fait, c’est cette femme qui s’est tournée vers King pour lui dire : « Tell them about the dream, Martin ! Tell them about the dream ! »
Les paroles de « God shall wipe all tears away » ont été traduites en bambara (langue la plus parlée au Mali), la musique d’orgue de l’original a été répartie entre le quatuor à cordes et Hawa 'Kassé Mady' Diabaté les chante avec cœur et âme :
« God shall wipe all tears away »
Even if there are dark clouds over our heads When the sun comes out, gold will be seen That is a promise in heaven : God shall wipe all tears away.
When we arrive in God’s blessed house Where the sun is always shining And the morning is always bright : God shall wipe all tears away.
(en bambara) :
« Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ »
Hali ni kaba nɔgɔ b’anw kunna de Kalo mana bɔ sanuman bɛ ye O ye layidu ye, fo kaba la Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ
N’anw sera Ala ka so baraka ma Tile bɛ kɛ tuma bɛɛ Don min sɔgɔ man da yeelen Ala bɛna mɔgɔ ɲɛji bɛɛ cɛ
David Harrington, fondateur et premier violoniste du Kronos, écrit : « I just listened again to ‘God Shall Wipe All Tears Away’ and God missed a few here in my room--the idea of Hawa singing this with us is really beyond any known reality. That this song could be sung in another language, by someone who has had such a different life and environment than Mahalia Jackson and yet is bound to her by the most amazing and somehow related vocal sound is totally inspiring to me. There is something so deeply musical at work here. I hope that Hawa will like the song too. »
En fait, she does, elle est devenue une de ses chansons préférées ET une de ses plus belles...
Hery
Kronos Quartet & Hawa 'Kassé Mady' Diabaté :
https://www.youtube.com/watch?v=w6P37rOIvYo
Au service d’une musique inventive et engagée : Charlie Haden
L'Américain Charlie Haden, figure majeure du jazz moderne, est décédé le 12 juillet des suites d'une longue maladie. A l'âge de 76. Le contrebassiste avait collaboré avec les plus grands du jazz depuis plus d'un demi-siècle, de John Coltrane à Ornette Coleman et Keith Jarrett, en passant par Chet Baker, Paul Bley, Archie Shepp, Gato Barbieri, Dewey Redman, Egberto Gismonti, Don Cherry, le Cubain Gonzalo Rubalcaba, Jim Hall, Herbie Hancock et bien d'autres. Il venait de sortir un disque au titre tristement prémonitoire, "Last Dance", avec son éternel complice, le pianiste Keith Jarrett. Ce contrebassiste, compositeur et bandleader américain a marqué plus de cinq décennies d'histoire musicale. Quelle perte !
Charlie Haden est né en 1937 à Shenandoah, dans l'Etat de l'Iowa, élevé dans une famille de musiciens. Il passe son enfance à chanter, notamment des thèmes de musique country, au sein du Haden Family Band. Mais bientôt, il s'oriente vers le jazz et la contrebasse : après ses premiers pas, en 1957, aux côtés des pianistes Paul Bley et Hampton Hawes ou des saxophonistes Art Pepper et Dexter Gordon, il commence sa vraie carrière dans le double quartette du pionnier du "free jazz" Ornette Coleman (avec Don Cherry, Freddie Hubbard, Eric Dolphy, Scott LaFaro, Ed Blackwell et Billy Higgins) à la fin des années 50. C'est surtout avec Coleman qu'il participe à la révolution du "free jazz" en débarrassant le jazz des contraites rythmiques et harmoniques : leur album manifeste intitulé "Free Jazz : A Collective Improvisation" fait époque et donne le nom à ce mouvement radical et libertaire. Il joue avec la veuve de John Coltrane, Alice. On le retrouve aussi dans le disque culte intitulé "Escalator over the Hill", une sorte d'opéra free-jazz et expérimentel (avec une trentaine de musiciens dont Carla Bley, Jack Bruce, Leroy Jenkins, Howard Johnson, Jimmy Lyons, Jeanne Lee, John McLaughlin, Don Preston, Enrico Rava, Linda Ronstadt, Roswell Rudd etc. etc.). Le trio avec Keith Jarrett et le batteur Paul Motian qu'il complète, brille entre 1968 et 1976, tout comme celui qu'il forme dans les années 80 avec le Brésilien Egberto Gismonti et Jan Garbarek, le saxophoniste norvégien. Ses duos avec Ornette Coleman, Archie Shepp, Don Cherry, Pat Metheny etc. font briller ses talents de mélodiste, sa capacité à développer un son ample. L'une des collaborations marquantes de la dernière partie de la carrière de Haden est celle avec le guitariste Pat Metheny. Leur magnifique album en duo, "Beyond the Missouri Sky" en atteste : une unique célébration de leurs racines communes du Middle West américain. A partir des années mi-80, il mène un groupe appelé Quartet West pendant plus de 20 ans. A ce projet, Haden se consacre aux thèmes des années 30 et 40 puisés dans la chanson populaire ou le cinéma noir. En 2008, le contrebassiste revient à ses racines musicales en publiant l'album "Rambling Boy", superbe hommage à la musique country, enregistré avec les membres de sa famille. Il renoue aussi avec Ornette Coleman le temps de quelques concerts, et enregistre avec les pianistes Hank Jones et Kenny Baron : l'album en duo avec Hank Jones est un de ses albums les plus marquants de cette période. Cet homme empreint de spiritualité et de militantisme, qui sort la contrebasse de son rôle d'accompagnement, laisse une empreinte de géant. Trois décennies s'écoulent avant que Charlie Haden et Keith Jarrett se retrouvent pour interpréter des splendides ballades et standards de jazz, immortalisés sur deux albums : "Jasmine" (2010) et "Last Dance" (2014).
Charlie Haden est aussi un musicien engagé contre la guerre (notamment au Vietnam), la colonisation, l'impérialisme et pour les droits civiques : à la fin des années 60, il crée en compagnie avec la pianiste Carla Bley un collectif free, le Liberation Music Orchestra (LMO), très expérimenté et symbole de son engagement politique fort à cette époque, qui reprend dans son premier disque des chants militants de la Guerre civile espagnole (avec, en outre, la magnifique et inoubliable ballade dédiée à Ché Guevara, "Song for Ché"). Il dénonce l'oppression des dictatures d'Amérique latine soutenues par le gouvernement américain et l'apartheid sud-africain avec véhémence. Lors d'un concert à Lisbonne en 1971, il dédie un morceau aux mouvements de libération du Mozambique et de l'Angola et est arrêté par la police portugaise. Avec le dernier album du LMO, "Not in Our Name" (2005), il s'élève contre George W. Bush et la guerre en Irak. Un orchestre qui dépasse ce qu'est communément un orchestre, plutôt un programme : une musique conçue comme étant un "fanal de la liberté", autrement dit, une musique qui allie la libre tonalité du "free jazz" avec la libération (souhaitée) des peuples ...
Cet homme de gauche et un des plus grands et novateurs contrebassistes dans l'histoire du jazz – à un drive irrésistible, un goût du jeu ensemble, et un feeling parfait du tempo et du rythme – est souvent associé au "free jazz", et au "free jazz" seulement à cause de sa longue et fructueuse collaboration avec Ornette Coleman mais cet avant-gardiste en est beaucoup plus : un amoureux des splendides mélodies et un fin connaisseur des musiques traditionnelles américaines. Il ne cesse jamais de voir des parentés entre le jazz et sa musique country : "When you think about the art form, jazz, coming from this country and you think about the Underground Railroad and all the music that came from that struggle, and then you think about all the music coming over from Scotland and Ireland and England into the Appalachian and Ozark Mountains where I was born and raised, you know, it's all one really. We can only have been born here in this country."
Charlie Haden joue tout, ne manque aucun train, toujours d'être musicien avant d'être contrebassiste, un instrumentiste qui impose une propre langue et donne à son instrument un rôle majeur. Sa musique est un engagement total, il cultive sa liberté, sur scène et en dehors, jusqu'au bout ...
Voici une LISTE DES ALBUMS à ne pas rater de/avec Charlie Haden :
Ornette Coleman Quartet (1959). The Shape of Jazz to Come. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1960). Change of the Century. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1961). This is Our Music. Atlantic.
Ornette Coleman Double Quartet (1961). Free Jazz : A Collective Improvisation. Atlantic.
Archie Shepp (1966). Mama Too Tight. Impulse.
Ornette Coleman Quartet (1968). Ornette at 12. Impulse.
Ornette Coleman (1970). The Art of the Improvisers. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1970). Friends and Neighbours : Live at Prince Street. Flying Dutchman.
Charlie Haden (1971). Liberation Music Orchestra. Impulse.
Carla Bley & The Jazz Composer's Orchestra (1971). Escalator over the Hill. WATT.
John McLaughlin (1971). My Goal's Beyond. Douglas.
Ornette Coleman (1972). Science Fiction. CBS.
Don Cherry (1973). Relativity Suite. JCOA.
Charlie Haden (1976). Closeness. A&M/Horizon.
Charlie Haden (1976). The Golden Number. A&M/Horizon.
Charlie Haden/Ornette Coleman Duo (1978). Soapsuds, Soapsuds. Artists House.
Charlie Haden/Jan Garbarek/Egberto Gismonti Trio (1979). Magico. ECM.
Charlie Haden/Jan Garbarek/Egberto Gismonti Trio (1979). Folk Songs. ECM.
Mingus Dynasty (1979). Chair in the Sky. Elektra.
Don Cherry/Dewey Redman/Charlie Haden/Ed Blackwell (1979). Old and New Dreams. ECM.
Charlie Haden Quartet West (1986). Quartet West. Verve.
Charlie Haden Quartet West (1988). In Angel City. Verve.
Abbey Lincoln (1990). The World is Falling Down. Verve.
Charlie Haden Quartet West (1991). Haunted Heart. Verve.
Charlie Haden/Hank Jones Duo (1994). Steal Away: Spirituals, Hymns, and Folk Songs. Verve.
Charlie Haden/Kenny Barron Duo (1996). Night And the City. Verve.
Charlie Haden/Pat Metheny Duo (1996). Beyond the Missouri Sky. Verve.
Charlie Haden/Lee Konitz/Brad Mehldau (1997). Alone Together. Verve.
Art Pepper (2000). So in Love. Apo.
Charlie Haden/Gonzal Rubalcaba (2001). Nocturne. Verve.
Charlie Haden & The Liberation Music Orchestra. (2005). Not in Our Name. Verve.
Charlie Haden Family And Friends (2008). Rambling Boy. EmArcy.
Charlie Haden/Keith Jarrett Duo (2010). Jasmine. ECM.
Charlie Haden/Keith Jarrett Duo (2014). Last Dance. ECM.
Charlie Haden/Jim Hall Duo (2014). Charlie Haden/Jim Hall. Impulse. (en sept.'14)
Hery

L'Américain Charlie Haden, figure majeure du jazz moderne, est décédé le 12 juillet des suites d'une longue maladie. A l'âge de 76. Le contrebassiste avait collaboré avec les plus grands du jazz depuis plus d'un demi-siècle, de John Coltrane à Ornette Coleman et Keith Jarrett, en passant par Chet Baker, Paul Bley, Archie Shepp, Gato Barbieri, Dewey Redman, Egberto Gismonti, Don Cherry, le Cubain Gonzalo Rubalcaba, Jim Hall, Herbie Hancock et bien d'autres. Il venait de sortir un disque au titre tristement prémonitoire, "Last Dance", avec son éternel complice, le pianiste Keith Jarrett. Ce contrebassiste, compositeur et bandleader américain a marqué plus de cinq décennies d'histoire musicale. Quelle perte !
Charlie Haden est né en 1937 à Shenandoah, dans l'Etat de l'Iowa, élevé dans une famille de musiciens. Il passe son enfance à chanter, notamment des thèmes de musique country, au sein du Haden Family Band. Mais bientôt, il s'oriente vers le jazz et la contrebasse : après ses premiers pas, en 1957, aux côtés des pianistes Paul Bley et Hampton Hawes ou des saxophonistes Art Pepper et Dexter Gordon, il commence sa vraie carrière dans le double quartette du pionnier du "free jazz" Ornette Coleman (avec Don Cherry, Freddie Hubbard, Eric Dolphy, Scott LaFaro, Ed Blackwell et Billy Higgins) à la fin des années 50. C'est surtout avec Coleman qu'il participe à la révolution du "free jazz" en débarrassant le jazz des contraites rythmiques et harmoniques : leur album manifeste intitulé "Free Jazz : A Collective Improvisation" fait époque et donne le nom à ce mouvement radical et libertaire. Il joue avec la veuve de John Coltrane, Alice. On le retrouve aussi dans le disque culte intitulé "Escalator over the Hill", une sorte d'opéra free-jazz et expérimentel (avec une trentaine de musiciens dont Carla Bley, Jack Bruce, Leroy Jenkins, Howard Johnson, Jimmy Lyons, Jeanne Lee, John McLaughlin, Don Preston, Enrico Rava, Linda Ronstadt, Roswell Rudd etc. etc.). Le trio avec Keith Jarrett et le batteur Paul Motian qu'il complète, brille entre 1968 et 1976, tout comme celui qu'il forme dans les années 80 avec le Brésilien Egberto Gismonti et Jan Garbarek, le saxophoniste norvégien. Ses duos avec Ornette Coleman, Archie Shepp, Don Cherry, Pat Metheny etc. font briller ses talents de mélodiste, sa capacité à développer un son ample. L'une des collaborations marquantes de la dernière partie de la carrière de Haden est celle avec le guitariste Pat Metheny. Leur magnifique album en duo, "Beyond the Missouri Sky" en atteste : une unique célébration de leurs racines communes du Middle West américain. A partir des années mi-80, il mène un groupe appelé Quartet West pendant plus de 20 ans. A ce projet, Haden se consacre aux thèmes des années 30 et 40 puisés dans la chanson populaire ou le cinéma noir. En 2008, le contrebassiste revient à ses racines musicales en publiant l'album "Rambling Boy", superbe hommage à la musique country, enregistré avec les membres de sa famille. Il renoue aussi avec Ornette Coleman le temps de quelques concerts, et enregistre avec les pianistes Hank Jones et Kenny Baron : l'album en duo avec Hank Jones est un de ses albums les plus marquants de cette période. Cet homme empreint de spiritualité et de militantisme, qui sort la contrebasse de son rôle d'accompagnement, laisse une empreinte de géant. Trois décennies s'écoulent avant que Charlie Haden et Keith Jarrett se retrouvent pour interpréter des splendides ballades et standards de jazz, immortalisés sur deux albums : "Jasmine" (2010) et "Last Dance" (2014).
Charlie Haden est aussi un musicien engagé contre la guerre (notamment au Vietnam), la colonisation, l'impérialisme et pour les droits civiques : à la fin des années 60, il crée en compagnie avec la pianiste Carla Bley un collectif free, le Liberation Music Orchestra (LMO), très expérimenté et symbole de son engagement politique fort à cette époque, qui reprend dans son premier disque des chants militants de la Guerre civile espagnole (avec, en outre, la magnifique et inoubliable ballade dédiée à Ché Guevara, "Song for Ché"). Il dénonce l'oppression des dictatures d'Amérique latine soutenues par le gouvernement américain et l'apartheid sud-africain avec véhémence. Lors d'un concert à Lisbonne en 1971, il dédie un morceau aux mouvements de libération du Mozambique et de l'Angola et est arrêté par la police portugaise. Avec le dernier album du LMO, "Not in Our Name" (2005), il s'élève contre George W. Bush et la guerre en Irak. Un orchestre qui dépasse ce qu'est communément un orchestre, plutôt un programme : une musique conçue comme étant un "fanal de la liberté", autrement dit, une musique qui allie la libre tonalité du "free jazz" avec la libération (souhaitée) des peuples ...
Cet homme de gauche et un des plus grands et novateurs contrebassistes dans l'histoire du jazz – à un drive irrésistible, un goût du jeu ensemble, et un feeling parfait du tempo et du rythme – est souvent associé au "free jazz", et au "free jazz" seulement à cause de sa longue et fructueuse collaboration avec Ornette Coleman mais cet avant-gardiste en est beaucoup plus : un amoureux des splendides mélodies et un fin connaisseur des musiques traditionnelles américaines. Il ne cesse jamais de voir des parentés entre le jazz et sa musique country : "When you think about the art form, jazz, coming from this country and you think about the Underground Railroad and all the music that came from that struggle, and then you think about all the music coming over from Scotland and Ireland and England into the Appalachian and Ozark Mountains where I was born and raised, you know, it's all one really. We can only have been born here in this country."
Charlie Haden joue tout, ne manque aucun train, toujours d'être musicien avant d'être contrebassiste, un instrumentiste qui impose une propre langue et donne à son instrument un rôle majeur. Sa musique est un engagement total, il cultive sa liberté, sur scène et en dehors, jusqu'au bout ...
Voici une LISTE DES ALBUMS à ne pas rater de/avec Charlie Haden :
Ornette Coleman Quartet (1959). The Shape of Jazz to Come. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1960). Change of the Century. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1961). This is Our Music. Atlantic.
Ornette Coleman Double Quartet (1961). Free Jazz : A Collective Improvisation. Atlantic.
Archie Shepp (1966). Mama Too Tight. Impulse.
Ornette Coleman Quartet (1968). Ornette at 12. Impulse.
Ornette Coleman (1970). The Art of the Improvisers. Atlantic.
Ornette Coleman Quartet (1970). Friends and Neighbours : Live at Prince Street. Flying Dutchman.
Charlie Haden (1971). Liberation Music Orchestra. Impulse.
Carla Bley & The Jazz Composer's Orchestra (1971). Escalator over the Hill. WATT.
John McLaughlin (1971). My Goal's Beyond. Douglas.
Ornette Coleman (1972). Science Fiction. CBS.
Don Cherry (1973). Relativity Suite. JCOA.
Charlie Haden (1976). Closeness. A&M/Horizon.
Charlie Haden (1976). The Golden Number. A&M/Horizon.
Charlie Haden/Ornette Coleman Duo (1978). Soapsuds, Soapsuds. Artists House.
Charlie Haden/Jan Garbarek/Egberto Gismonti Trio (1979). Magico. ECM.
Charlie Haden/Jan Garbarek/Egberto Gismonti Trio (1979). Folk Songs. ECM.
Mingus Dynasty (1979). Chair in the Sky. Elektra.
Don Cherry/Dewey Redman/Charlie Haden/Ed Blackwell (1979). Old and New Dreams. ECM.
Charlie Haden Quartet West (1986). Quartet West. Verve.
Charlie Haden Quartet West (1988). In Angel City. Verve.
Abbey Lincoln (1990). The World is Falling Down. Verve.
Charlie Haden Quartet West (1991). Haunted Heart. Verve.
Charlie Haden/Hank Jones Duo (1994). Steal Away: Spirituals, Hymns, and Folk Songs. Verve.
Charlie Haden/Kenny Barron Duo (1996). Night And the City. Verve.
Charlie Haden/Pat Metheny Duo (1996). Beyond the Missouri Sky. Verve.
Charlie Haden/Lee Konitz/Brad Mehldau (1997). Alone Together. Verve.
Art Pepper (2000). So in Love. Apo.
Charlie Haden/Gonzal Rubalcaba (2001). Nocturne. Verve.
Charlie Haden & The Liberation Music Orchestra. (2005). Not in Our Name. Verve.
Charlie Haden Family And Friends (2008). Rambling Boy. EmArcy.
Charlie Haden/Keith Jarrett Duo (2010). Jasmine. ECM.
Charlie Haden/Keith Jarrett Duo (2014). Last Dance. ECM.
Charlie Haden/Jim Hall Duo (2014). Charlie Haden/Jim Hall. Impulse. (en sept.'14)
Hery

je cherche des endroits (bars ou autres) pour écouter de la musique country en Arizona et Nouveu Mexique ou des concerts de mc dans ces états là (début août)
merci
Deux Kéïtas en interview
Cheick M. Chérif Kéïta, originaire du Mali et aujourd'hui professeur d’université à Carleton College dans le Minnesota/US, interviewe son ami d’enfance, le grand Salif Kéïta. Mais pas d’interview sans de la musique : accompagné par Souleymane "Solo" Doumbia (djembé) et Toumani Diabaté (kora), Salif Kéïta (guitare acoustique) présente le top 3 de ses plus belles chansons : Abédé (de l'album "Papa"), Tekere (de l'album "Folon") et Folon. Enjoy it...
https://vimeo.com/channels/ntv26
Hery
Cheick M. Chérif Kéïta, originaire du Mali et aujourd'hui professeur d’université à Carleton College dans le Minnesota/US, interviewe son ami d’enfance, le grand Salif Kéïta. Mais pas d’interview sans de la musique : accompagné par Souleymane "Solo" Doumbia (djembé) et Toumani Diabaté (kora), Salif Kéïta (guitare acoustique) présente le top 3 de ses plus belles chansons : Abédé (de l'album "Papa"), Tekere (de l'album "Folon") et Folon. Enjoy it...
https://vimeo.com/channels/ntv26
Hery
Bonjour à tous et à toutes
Afin de réaliser un petit clip vidéo sur les Etats-Unis, j'aurai besoin d'avoir le maximum de titres de musiques américaines du 20ème siècle qui ont fait la légende de ce pays. J'accepte tout type de musique, du country au rock, en passant par les BO de grand films américains. Cela peut aussi être des musiques connues passant dans les restaurants typiques américains ou à ambiance américaine (Tommys, Buffalo) . Je n'ai pas de chanteurs particuliers, cela peut très bien aller de Stevie Wonder à Elvis Presley, ou bien les Jackson Five ou encore Bob Dylan. Mon seul critère est qu'il faut que cela soit des musiques connues. Ma recherche s'étends des années 1950 aux années 1990.
J'ai déjà quelques musiques comme: -Hotel California/ Eagles - Knockin on Heaven's door/ Bob Dylan - Isn't she lovely/ Stevie Wonder - Memphis, Tennessee/ Elvis Presley - I want your back/ Jackson 5
Merci d'avance pour vos réponses et bonne journée à tous et à toutes :)
Afin de réaliser un petit clip vidéo sur les Etats-Unis, j'aurai besoin d'avoir le maximum de titres de musiques américaines du 20ème siècle qui ont fait la légende de ce pays. J'accepte tout type de musique, du country au rock, en passant par les BO de grand films américains. Cela peut aussi être des musiques connues passant dans les restaurants typiques américains ou à ambiance américaine (Tommys, Buffalo) . Je n'ai pas de chanteurs particuliers, cela peut très bien aller de Stevie Wonder à Elvis Presley, ou bien les Jackson Five ou encore Bob Dylan. Mon seul critère est qu'il faut que cela soit des musiques connues. Ma recherche s'étends des années 1950 aux années 1990.
J'ai déjà quelques musiques comme: -Hotel California/ Eagles - Knockin on Heaven's door/ Bob Dylan - Isn't she lovely/ Stevie Wonder - Memphis, Tennessee/ Elvis Presley - I want your back/ Jackson 5
Merci d'avance pour vos réponses et bonne journée à tous et à toutes :)
Bonjour, 🙂
Je prépare actuellement un voyage dans les états du Sud-ouest US. (Arizona, Vouveau-Mexique, Colorado, Nevada, Utah, Californie) 3 ou 4 semaines en voiture, seul.
Je cherche des conseils en matière de musique Folk/Folk-rock (pas country...) pour accompagner ce voyage solitaire dans les grandes étendues désertiques.😛
Bon, je connais bien un peu Bob Dylan, Neil Young. Plus récemment, j'ai beaucoup aim�� Damien Rice. Mais même si j'apprécie cette musique, je n'y connais pas grand chose.
bref, j'ai besoin de conseils. Surtout des ballades. Des trucs plutôt récents. Mais n'importe... Des trucs qui vont bien pour la route.
Je vous remercie pour votre aide 🙂
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Bon, je connais bien un peu Bob Dylan, Neil Young. Plus récemment, j'ai beaucoup aim�� Damien Rice. Mais même si j'apprécie cette musique, je n'y connais pas grand chose.
bref, j'ai besoin de conseils. Surtout des ballades. Des trucs plutôt récents. Mais n'importe... Des trucs qui vont bien pour la route.
Je vous remercie pour votre aide 🙂
bonjour
je cherche une boite de jazz sympa à new york je pars le 27 mai
merci
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"You didn't have to , because Mr. Threadgill's music sounds like nobody else's, and often gives you all its information at once, a whole complicated system of harmony and motion. Once heard, that's it: You've got it for life." (New York Times)
Tout sauf dogmatique : Henry Threadgill
L'improvisateur, compositeur et bandleader américain Henry Threadgill est l'une des figures essentielles du jazz contemporain. Depuis plus de 40 ans, il suit les sonorités dans sa tête et crée une musique très personnelle, toujours créative et en constante évolution : "stagnation" est un mot étrange pour lui ("To stop seeking, to stop moving, is death"). Sans aucun doute – Henry Threadgill est un solitaire sur la scène de jazz internationale ...
Né en 1944 à Chicago, Henry (Luther) Threadgill étudie au conservatoire de sa ville natale et à la Governors State University (Illinois). Adolescent, il joue du saxophone dans des fanfares, accompagne les chanteurs de blues dans les clubs de Chicago et se lance dans les divers styles de musique étatsuniens (gospel, blues, rock, soul, latin ...). En 1964, Threadgill s'intègre dans le Muhal Richard Abrams Experimental Band (avec Roscoe Mitchell et Joseph Jarman), un "foyer" du jazz avantgardiste en ville. Dans le même temps, il rejoint l'Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), coopérative de jeunes musiciens créatifs s'inscrivant dans la mouvance du "free jazz". A l'avenir, cette association voit naître beaucoup de maîtres de la "Great Black Music. Ancient to the Future", tels que Anthony Braxton, George Lewis, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, Leroy Jenkins, Wadada Leo Smith ... et Henry Threadgill.
Dans les années 70, le saxophoniste-flûtiste s'installe à New York City, où il co-fonde avec Fred Hopkins (contrebasse) et Steve McCall (batterie) le fameux trio Air, un des groupes de premier plan des années 70, après la révolution de "free jazz", qui interprète des ragtimes de Scott Joplin et des mélodies de Jelly Roll Morton (dans l'album "Air Lore", en 1980), au regard du caractère avantgardiste de ce trio un engagement prestigieux à la tradition, ainsi que des morceaux de leur propre composition. Le groupe se fait connaître par les improvisations collectives ainsi que par le jeu de Threadgill, qui offre à la flûte et à la clarinette des sonorités amples tandis qu'il préfère les intonations free et violentes, aux saxophones (alto, ténor et baryton). A cette époque, le multiinstrumentiste enregistre également avec des musiciens comme David Murray, Anthony Braxton, Julius Hemphill, Roscoe Mitchell, Billy Bang ou Muhal Richard Abrams. En total, il prend part à près de 150 enregistrements.
A partir des années 80, Threadgill commence à composer pour des ensembles plus élargis et fonde ses propres formations dont X-75 (avec quatre bassistes), Sextett (avec deux batteurs et Deidre Murray au violoncelle), Make A Move et surtout Very Very Circus, un septette rassemblant des instruments inhabituels, dont deux tubas et deux/trois guitares électriques, pour pratiquer un concept ouvert à de différents éléments stylistiques et qui estompe les frontières entre composition et improvisation. Magnifiques à cette époque les compositions de Threadgill, la structuration de ses longs morceaux, la diversité quant au tempo et à l'espace ainsi que la manière dont il aboute délicatement la section rythmique avec les saxe/trompette/trombone/violoncelle. Puis, au bout d'une absence à long terme, Henry Threadgill est de retour, accompagné encore d'une nouvelle formation, Zooid, elle aussi à une instrumentation plutôt atypique et peu courant pour une formation de jazz : ce quintette est composé de l'excellent guitariste Liberty Elman, du tromboniste et tubiste Jose Davila qui accompagne Threadgill depuis une dizaine d'années, du batteur Elliot Humberto Kavee, du violoncelliste Christopher Hoffman, et enfin du leader et saxophoniste alto jouant aussi de la flûte et de la flûte basse. Avec cet ensemble eeeenfin, Henry Threadgill connaît un succès à la hauteur de son talent, la meilleure critique américaine et une attention croissante de la part du public ; leur dernier album "Tomorrow Sunny/The Revelry, Spp" (2012) reçoit un accueil enthousiaste du côté de la presse internationale : "Sa musique nous a toujours semblé réunir des traits contradictoires : elle repose en effet sur des associations de timbres éloignés (flûte et guitare d’un côté, tuba ou trombone, basse électrique de l’autre), elle combine de façon unique une sorte de fragilité de surface qui ne masque jamais la rigueur rythmique ni la force d’une affirmation insistante. Bref, elle est à l’image du musicien, modeste et discret en apparence, mais opiniâtre et conscient de la qualité de son apport" (Jazz Magazine). Un album totalement idiosyncrasique, original et unique, conçu d'une façon explorative et présenté par un ensemble extraordinaire & son compositeur et bandleader.
Pour Zooid, Threadgill développe de nouvelles techniques d'improvisation, une nouvelle stratégie compositionnelle inspirée par la musique d'Edgar Varèse (qui invente d'ailleurs le terme "organized sound"), une "serial intervallic language" selon ses propres paroles : les compositions sont organisées le long d'une série de blocs d'intervalle (accord) de trois notes, dont chacune est assignée à un musicien, qui est libre de se déplacer dans ces intervalles, imporovisant des mélodies et créant un contrepoint d'un intervalle à l'autre. Un système qui encourage les musiciens à chercher de nouvelles façons d'improviser, ils se challengent et prennent l'initiative de tirer la musique dans une direction. Ainsi, Threadgill définit un nouveau modèle de "free" jazz, au sens de la musique libre et créative (lesdnj.com). "Je veux que la musique nous emporte de l'état dans lequel nous sommes. C'est pas moi seulement qui crée la musique, tous mes musiciens y contribuent. Travailler un morceau veut dire ne pas jouer seulement un morceau mais le découvrir et explorer – une sorte de recherche. Nous voulons savoir où il peut nous conduire et ce que nous pouvons "détecter" sur le chemin. Nous essayons d'accomplir son potentiel et nous nous rapprochons de la musique à une attitude pour qui la subdivision individuelle des parties instrumentales est aussi importante que l'égalité entre elles", expose-t-il sa vision. Les musiciens ont la plus grande liberté qu'ils veulent, et la musique détermine le degré de liberté de chacun. Mais tout musicien dans l'ensemble est responsable pour le tout. De la sorte s'élabore une musique polyphonique, en mosaïque et labyrinthique, qui brille en timbres extraordinaires, une musique de "jazz" (Threadgill même rejette ce terme pour désigner sa musique) qui jouit d'une sensibilité relevant de celle d'une musique de chambre, sans parfois abandonner des rythmes groovy. La musique de Zooid est un régal pour les oreilles, les sens et les cœurs ...
Selon les New York Times, Henry Threadgill est "probablement le compositeur de jazz le plus important de sa génération", en tout cas un extraordinaire concepteur de la composition, un brillant instrumentiste et bandleader et sans aucun doute aujourd'hui l’une des dernières et plus grandes figures historiques de la "Great Black Music" !
Henry Threadgill & Zooid Henry Threadgill – saxophone alto, flûte, arrangements et compositions Christopher Hoffman – violoncelle Jose Davila – trombone, tuba Liberty Ellman – guitare acoustique Elliot Humberto Kavee – batterie (Stomu Takeishi – contrebasse)
Petit hommage de ma part (en allemand) : http://christophwagnermusic.blogspot.de/search/label/Herbert%20Braun
A lire : http://www.nytimes.com/2009/11/08/arts/music/08chin.html?pagewanted=all&_r=0 // http://www.nytimes.com/2014/07/31/arts/music/henry-threadgill-and-zooid-at-the-village-vanguard.html
Discographie illustrée (en anglais) : http://discography.backstrom.se/threadgill/
Extrait discographique (à ne pas rater !) :
Henry Threadgill (2010) : Complete Remastered Black Saint Recordings. CAM (7-CD-Box-Set). – Air : Live Air – Air : Air Mail – Air : New Air - Live at Montreal International Jazz Festival – New Air : Air Show No.1 – Very Very Circus : Spirit of Nuff...Nuff – Henry Threadgill : Song Out Of My Trees – Flute Force Four : Flutistry Henry Threadgill & Zooid (2001) : Up Popped The Two Lips. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2009) : this brings us to, volume 1. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2010) : this brings us to, volume 2. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2012) : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp. Pi Recordings.
Hery

Tout sauf dogmatique : Henry Threadgill
L'improvisateur, compositeur et bandleader américain Henry Threadgill est l'une des figures essentielles du jazz contemporain. Depuis plus de 40 ans, il suit les sonorités dans sa tête et crée une musique très personnelle, toujours créative et en constante évolution : "stagnation" est un mot étrange pour lui ("To stop seeking, to stop moving, is death"). Sans aucun doute – Henry Threadgill est un solitaire sur la scène de jazz internationale ...
Né en 1944 à Chicago, Henry (Luther) Threadgill étudie au conservatoire de sa ville natale et à la Governors State University (Illinois). Adolescent, il joue du saxophone dans des fanfares, accompagne les chanteurs de blues dans les clubs de Chicago et se lance dans les divers styles de musique étatsuniens (gospel, blues, rock, soul, latin ...). En 1964, Threadgill s'intègre dans le Muhal Richard Abrams Experimental Band (avec Roscoe Mitchell et Joseph Jarman), un "foyer" du jazz avantgardiste en ville. Dans le même temps, il rejoint l'Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), coopérative de jeunes musiciens créatifs s'inscrivant dans la mouvance du "free jazz". A l'avenir, cette association voit naître beaucoup de maîtres de la "Great Black Music. Ancient to the Future", tels que Anthony Braxton, George Lewis, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, Leroy Jenkins, Wadada Leo Smith ... et Henry Threadgill.
Dans les années 70, le saxophoniste-flûtiste s'installe à New York City, où il co-fonde avec Fred Hopkins (contrebasse) et Steve McCall (batterie) le fameux trio Air, un des groupes de premier plan des années 70, après la révolution de "free jazz", qui interprète des ragtimes de Scott Joplin et des mélodies de Jelly Roll Morton (dans l'album "Air Lore", en 1980), au regard du caractère avantgardiste de ce trio un engagement prestigieux à la tradition, ainsi que des morceaux de leur propre composition. Le groupe se fait connaître par les improvisations collectives ainsi que par le jeu de Threadgill, qui offre à la flûte et à la clarinette des sonorités amples tandis qu'il préfère les intonations free et violentes, aux saxophones (alto, ténor et baryton). A cette époque, le multiinstrumentiste enregistre également avec des musiciens comme David Murray, Anthony Braxton, Julius Hemphill, Roscoe Mitchell, Billy Bang ou Muhal Richard Abrams. En total, il prend part à près de 150 enregistrements.
A partir des années 80, Threadgill commence à composer pour des ensembles plus élargis et fonde ses propres formations dont X-75 (avec quatre bassistes), Sextett (avec deux batteurs et Deidre Murray au violoncelle), Make A Move et surtout Very Very Circus, un septette rassemblant des instruments inhabituels, dont deux tubas et deux/trois guitares électriques, pour pratiquer un concept ouvert à de différents éléments stylistiques et qui estompe les frontières entre composition et improvisation. Magnifiques à cette époque les compositions de Threadgill, la structuration de ses longs morceaux, la diversité quant au tempo et à l'espace ainsi que la manière dont il aboute délicatement la section rythmique avec les saxe/trompette/trombone/violoncelle. Puis, au bout d'une absence à long terme, Henry Threadgill est de retour, accompagné encore d'une nouvelle formation, Zooid, elle aussi à une instrumentation plutôt atypique et peu courant pour une formation de jazz : ce quintette est composé de l'excellent guitariste Liberty Elman, du tromboniste et tubiste Jose Davila qui accompagne Threadgill depuis une dizaine d'années, du batteur Elliot Humberto Kavee, du violoncelliste Christopher Hoffman, et enfin du leader et saxophoniste alto jouant aussi de la flûte et de la flûte basse. Avec cet ensemble eeeenfin, Henry Threadgill connaît un succès à la hauteur de son talent, la meilleure critique américaine et une attention croissante de la part du public ; leur dernier album "Tomorrow Sunny/The Revelry, Spp" (2012) reçoit un accueil enthousiaste du côté de la presse internationale : "Sa musique nous a toujours semblé réunir des traits contradictoires : elle repose en effet sur des associations de timbres éloignés (flûte et guitare d’un côté, tuba ou trombone, basse électrique de l’autre), elle combine de façon unique une sorte de fragilité de surface qui ne masque jamais la rigueur rythmique ni la force d’une affirmation insistante. Bref, elle est à l’image du musicien, modeste et discret en apparence, mais opiniâtre et conscient de la qualité de son apport" (Jazz Magazine). Un album totalement idiosyncrasique, original et unique, conçu d'une façon explorative et présenté par un ensemble extraordinaire & son compositeur et bandleader.
Pour Zooid, Threadgill développe de nouvelles techniques d'improvisation, une nouvelle stratégie compositionnelle inspirée par la musique d'Edgar Varèse (qui invente d'ailleurs le terme "organized sound"), une "serial intervallic language" selon ses propres paroles : les compositions sont organisées le long d'une série de blocs d'intervalle (accord) de trois notes, dont chacune est assignée à un musicien, qui est libre de se déplacer dans ces intervalles, imporovisant des mélodies et créant un contrepoint d'un intervalle à l'autre. Un système qui encourage les musiciens à chercher de nouvelles façons d'improviser, ils se challengent et prennent l'initiative de tirer la musique dans une direction. Ainsi, Threadgill définit un nouveau modèle de "free" jazz, au sens de la musique libre et créative (lesdnj.com). "Je veux que la musique nous emporte de l'état dans lequel nous sommes. C'est pas moi seulement qui crée la musique, tous mes musiciens y contribuent. Travailler un morceau veut dire ne pas jouer seulement un morceau mais le découvrir et explorer – une sorte de recherche. Nous voulons savoir où il peut nous conduire et ce que nous pouvons "détecter" sur le chemin. Nous essayons d'accomplir son potentiel et nous nous rapprochons de la musique à une attitude pour qui la subdivision individuelle des parties instrumentales est aussi importante que l'égalité entre elles", expose-t-il sa vision. Les musiciens ont la plus grande liberté qu'ils veulent, et la musique détermine le degré de liberté de chacun. Mais tout musicien dans l'ensemble est responsable pour le tout. De la sorte s'élabore une musique polyphonique, en mosaïque et labyrinthique, qui brille en timbres extraordinaires, une musique de "jazz" (Threadgill même rejette ce terme pour désigner sa musique) qui jouit d'une sensibilité relevant de celle d'une musique de chambre, sans parfois abandonner des rythmes groovy. La musique de Zooid est un régal pour les oreilles, les sens et les cœurs ...
Selon les New York Times, Henry Threadgill est "probablement le compositeur de jazz le plus important de sa génération", en tout cas un extraordinaire concepteur de la composition, un brillant instrumentiste et bandleader et sans aucun doute aujourd'hui l’une des dernières et plus grandes figures historiques de la "Great Black Music" !
Henry Threadgill & Zooid Henry Threadgill – saxophone alto, flûte, arrangements et compositions Christopher Hoffman – violoncelle Jose Davila – trombone, tuba Liberty Ellman – guitare acoustique Elliot Humberto Kavee – batterie (Stomu Takeishi – contrebasse)
Petit hommage de ma part (en allemand) : http://christophwagnermusic.blogspot.de/search/label/Herbert%20Braun
A lire : http://www.nytimes.com/2009/11/08/arts/music/08chin.html?pagewanted=all&_r=0 // http://www.nytimes.com/2014/07/31/arts/music/henry-threadgill-and-zooid-at-the-village-vanguard.html
Discographie illustrée (en anglais) : http://discography.backstrom.se/threadgill/
Extrait discographique (à ne pas rater !) :
Henry Threadgill (2010) : Complete Remastered Black Saint Recordings. CAM (7-CD-Box-Set). – Air : Live Air – Air : Air Mail – Air : New Air - Live at Montreal International Jazz Festival – New Air : Air Show No.1 – Very Very Circus : Spirit of Nuff...Nuff – Henry Threadgill : Song Out Of My Trees – Flute Force Four : Flutistry Henry Threadgill & Zooid (2001) : Up Popped The Two Lips. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2009) : this brings us to, volume 1. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2010) : this brings us to, volume 2. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2012) : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp. Pi Recordings.
Hery


« He is not a composer but an inventor – of genius » (Arnold Schönberg sur John Cage)
A la recherche d’une indeterminacy de plus en plus radicale
Le 5 septembre 1912, JOHN CAGE voit le jour à Los Angeles (Californie), jour qui marque la naissance d’un des compositeurs les plus importants et les plus radicaux du 20e siècle. Son activité musicale a élargi l’univers de la musique, notamment avec l’utilisation qu’il a faite des sons (y compris les bruits) et des silences dans l’espace-temps musical. Des prestations uniques mettant en scène des techniques de compositions innovatrices, comme p.ex. la musique aléatoire (mais souvent en rapport avec le reproche de l’anarchisme), ont fait de lui un compositeur incontournable de la musique contemporaine : il intègre dans ses partitions des sonorités jusque là considérées comme des bruits et introduit la notion de hasard et de silence total dans la musique. De plus, dans la vision musicale de Cage, tous les participants sont assimilés, le chef d’orchestre ne conduit plus, aucun centre visuel en concert, ce sont les musiciens qui décident comment et avec quel instrument interpréter une composition. Et même la durée d’une pièce est à eux. Bref, Cage renverse le chef d’orchestre, la partition et notamment lui aussi, le compositeur.
A ses débuts, John Cage préfère une instrumentation inhabituelle : l’ensemble de percussions. Depuis son « Quartett » (1935), des pièces pour percussions sont pendant plusieurs années au centre de sa créativité musicale avant de se tourner pour longtemps vers le piano.
La composition peut-être la plus radicale et certainement la plus connue de cet avantgardiste est le légendaire « 4:33 » (1952) qui ne consiste qu’en 4 minutes et 33 secondes de silence : l’interprète est astreint à se placer tout immobile devant son instrument et à ne produire aucun son ; du silence composé, du silence comme acte artistique, de la musique comme non-musique. La pièce suit la conclusion simple qu’il y a de la musique partout où l’on écoute : et pour Cage des bruits dans les rues, le toussotement dans l’auditoire, le grincement des chaises appartiennent à la musique également ; Cage en parle d’une « music of reality » qui, comme si c’est tout naturel, prend en compte des bruits pour son univers des sonorités. Il ne faut qu’y être sensible, ou comme dit Cage même : « Music is everywhere, you just have to have the ears to hear it » …
Plus que tout le reste, plus que ses pièces pour percussions, même plus que son « 4:33 », et plus que sa philosophie de la musique ou que l’étrangeté de ses dernières œuvres, c’est lui qui a rendu célèbre le compositeur John Cage : le « Prepared Piano » (1940-52), parfois qualifié, avec humour, de « musique gamelan à deux mains ». Si d’aucuns connaissent encore aujourd’hui le nom de John Cage, et l’associent à quoi qu’il soit, c’est bien l’invention de sa musique pour piano préparé. Mais d’autre côté, cette invention a peu fait école, a trouvé peu d’émules si l’on s’abstient d’un petit nombre de compositeurs (Arvo Pärt, Alfred Schnittke) et musiciens (Irène Schweizer, Keith Tippett).
Cette découverte du potentiel de « préparation » d’un piano à queue est due au départ, plus qu’à une volonté consciente, à un problème de place : en 1940, Cage compose une musique de ballet pour l’Afroaméricaine Syvilla Fort. L’espace disponible pour la représentation est tout simplement trop petit pour un ensemble de percussions que projetait Cage d’abord. Mais il fait de nécessité vertu et trouve la solution décisive : prendre des objets adéquats à coincer entre les cordes de l’instrument – des gommes de toutes tailles, des vis de toutes sortes, du bambou, du tissu, des morceaux de bois etc. etc. pour en modifier le son de manière totalement aléatoire (voir la photo en bas !). Sauf exception, les pièces pour piano préparé sont composées pour des représentations choréographiques ; les raisons pratiques ont sûrement joué un rôle (comme si souvent chez Cage) : un sac de vis et d’écrous, de gommes et de morceaux de bois est sans nul doute plus facile et moins cher à transporter que tout un ensemble de percussionnistes, et toute réflexion concernant la place devient superflue : on la trouve (pour caser un piano à queue) dans n’importe quelle salle de spectacle. Justement, dans les années 40, Cage voyage beaucoup comme pianiste accompagnateur, avec différentes troupes de danseurs dont surtout celle de Merce Cunningham. Toutes ces compositions pour piano préparé des années 1942-52, dont les célèbres « Sonatas and Interludes for Prepared Piano », mettent l’interprète en face de questions fort inhabituelles. Car avant d’avoir joué la moindre note, les problèmes se pressent et demandent à être résolus, qui ne sont pas tous de nature pianistique : le premier problème concerne les questions d’édition pure et simple. Et avant tout celui des préparations. Même si Cage les indique avec une très grande précision, beaucoup de questions restent en suspend ... Le cycle « Sonatas and Interludes », une œuvre inattendue à plusieurs égards date des années 1946-48 : à une structure formelle, strictement parlant, symétrique (4 premiers sonates – interlude I – 4 sonates – interlude II – interlude III – 4 sonates – interlude IV – 4 sonates) est ajoutée un arrière-plan philosophique. Avant de s’intéresser au bouddhisme zen, il s’est penché de très près sur l’esthétique de l’Inde ancienne. Donc, le cycle repose sur un modèle indien, ici la conception des huit ou neuf émotions de base (les « bhavas »). La préparation pour les « Sonatas and Interludes » est de plus grande importance, elle dure 2 à 3 heures dans des conditions optimales (la pure durée de la musique fait environ une heure). Elle est plus savante mais aussi beaucoup plus nuancée que dans la plupart des pièces brèves pour piano préparé écrites par Cage auparavant.
Dans les années 50, John Cage met au point les deux principes de composition qui vont demeurer essentielles pour toutes ses œuvres ultérieures et lui donner sa place au sein de l’histoire de la musique : l’emploi du hasard dans la composition d’œuvres sérielles (change composition) et le renoncement à une partition fixe, devant se ressembler le plus possible à chaque exécution, au profit d’indications de jeu plus ouvertes, laissant à l’interprète des libertés jusque-là impensables (indeterminacy). Son œuvre pour piano comprend des moments clefs de cette évolution dont « Music of Changes » (1951), œuvre s’avérant être l’une de ses œuvres les plus exigeantes, un grand cycle en quatre parties.
Après le « Concert for piano and orchestra » (1958) et durant de nombreuses années, John Cage fait preuve d’abstinence dans le domaine de la musique pour piano. Ce n’est qu’à la fin des années 70 qu’il revient quasiment à la composition et à composer à nouveau mais pas exclusivement des œuvres pour ou au moins avec piano. Des œuvres de grande envergure et virtuoses, portant toutes le nom d’« Etudes » se succèdent rapidement, dont pour le piano les « Etudes Boreales » et les « Etudes Australes », pour le violon les « Freeman-Etudes ». Toutes ces compositions sont extrêmement compliquées, en partie à la limite du possible sur le plan de la réalisation technique pour l’interprète. Quant aux « Etudes Australes », à une durée de 4 heures, elles reposent sur des cartes célèstes de la voûte étoilée de l’hémisphère sud sur lesquelles Cage a posé du papier calque et qu’il a travaillé ensuite après des opérations bien précises – tirées entre autres du I Ging – (densité, altérations, fréquence d’un accord, etc.). Ces études forment dans l’ensemble un processus de concentration, on voit apparaître avec chaque morceau de plus en plus d’accords, les notes seules sont de plus en plus rares ...
Un des compositeurs les plus importants pour John Cage est Eric Satie. Mis à part Arnold Schönberg et Henry Cowell (ses professeurs), il ne s’intéresse aussi longtemps, et de façon aussi approfondie et diversifiée, à aucun autre compositeur. Dans l’œuvre musicale de Cage, on trouve des passages dans lesquels son style se révèle proche de celui de Satie. Sur le plan de l’esthétique, Cage se fascine de l’attitude antiromantique de Satie et, de plus, de l’idée d’une musique statique et ne se développant pas (p.ex. présentée entre autres avec les célèbres « Gymnopédies »), et sur le niveau stylistique, ce sont la simplicité des rythmes et le ton retenu de l’expression qu’attirent les faveurs de John Cage pour ce compositeur français. Plusieurs oeuvres qui rendent hommage à Satie le témoignent dont « In a Landscape » (1948), « Dream » (1948), « Perpetual Tango » (1984) et son hommage le plus connu, « Cheap imitation » (1969), pièce tripartite, que Cage arrange aussi pour violon, pour orchestre et pour voix chantée ...
Dans sa dernière période (1985-1992), John Cage compose les soi-disant « Number Pieces » : l’interprète décide du commencement et de la fin de l’émission sonore avec son chronomètre, c.à.d. agissant à l’intérieur de ce qu’il appelle « time brackets » (parenthèses de temps).
Même si John Cage est considéré jusqu’à aujourd’hui comme charlatan ou au moins comme excentrique en raison de ses idées souvent grotesques, son influence sur le monde de la musique est plus évidente que jamais : si c’est au jazz libre (Anthony Braxton, Keith Tippett, John Zorn), au pop expérimental (Keith Rowe), au remix électronique (Christian Marclay, Bob Ostertag avec ses « Plunderphonics ») ou parmi les compositeurs de la musique avant-garde (Morton Feldman, Harry Partch, Christian Wolff, les minimalistes Philip Glass et Steve Reich, etc. pp.) – sa pensée musicale s’est implantée partout.
Le 12 août 1992, John Cage, le rébelle, décède à New York. Ce 5 septembre, il aurait fêté ses 100 ans ...
Editions discographiques les plus actuelles de John Cage :
1) John Cage, The Works for Percussion 1 (mode records 299). Avec Percussion Group Cincinnati. 2) John Cage, Etudes Australes (Wergo WER 6740 2). 4 cds. Avec Susanne Liebner, piano. Superbe édition, gigantesque !!! 3) John Cage, As it is (ECM New Series 2268). Alexei Lubimov, pianos & Natalia Pschenitschnikova, voix. Grandiose édition des mises en musique lyriques de James Joyce, E.E. Cummings et Gertrude Stein ainsi que des premières pièces pour piano préparé. 4) John Cage, Empty Words (EWR 1102/3). 2 cds. Sylvia Alexandra Schimag, voix.
Bonne écoute !
Herbert
A la recherche d’une indeterminacy de plus en plus radicale
Le 5 septembre 1912, JOHN CAGE voit le jour à Los Angeles (Californie), jour qui marque la naissance d’un des compositeurs les plus importants et les plus radicaux du 20e siècle. Son activité musicale a élargi l’univers de la musique, notamment avec l’utilisation qu’il a faite des sons (y compris les bruits) et des silences dans l’espace-temps musical. Des prestations uniques mettant en scène des techniques de compositions innovatrices, comme p.ex. la musique aléatoire (mais souvent en rapport avec le reproche de l’anarchisme), ont fait de lui un compositeur incontournable de la musique contemporaine : il intègre dans ses partitions des sonorités jusque là considérées comme des bruits et introduit la notion de hasard et de silence total dans la musique. De plus, dans la vision musicale de Cage, tous les participants sont assimilés, le chef d’orchestre ne conduit plus, aucun centre visuel en concert, ce sont les musiciens qui décident comment et avec quel instrument interpréter une composition. Et même la durée d’une pièce est à eux. Bref, Cage renverse le chef d’orchestre, la partition et notamment lui aussi, le compositeur.
A ses débuts, John Cage préfère une instrumentation inhabituelle : l’ensemble de percussions. Depuis son « Quartett » (1935), des pièces pour percussions sont pendant plusieurs années au centre de sa créativité musicale avant de se tourner pour longtemps vers le piano.
La composition peut-être la plus radicale et certainement la plus connue de cet avantgardiste est le légendaire « 4:33 » (1952) qui ne consiste qu’en 4 minutes et 33 secondes de silence : l’interprète est astreint à se placer tout immobile devant son instrument et à ne produire aucun son ; du silence composé, du silence comme acte artistique, de la musique comme non-musique. La pièce suit la conclusion simple qu’il y a de la musique partout où l’on écoute : et pour Cage des bruits dans les rues, le toussotement dans l’auditoire, le grincement des chaises appartiennent à la musique également ; Cage en parle d’une « music of reality » qui, comme si c’est tout naturel, prend en compte des bruits pour son univers des sonorités. Il ne faut qu’y être sensible, ou comme dit Cage même : « Music is everywhere, you just have to have the ears to hear it » …
Plus que tout le reste, plus que ses pièces pour percussions, même plus que son « 4:33 », et plus que sa philosophie de la musique ou que l’étrangeté de ses dernières œuvres, c’est lui qui a rendu célèbre le compositeur John Cage : le « Prepared Piano » (1940-52), parfois qualifié, avec humour, de « musique gamelan à deux mains ». Si d’aucuns connaissent encore aujourd’hui le nom de John Cage, et l’associent à quoi qu’il soit, c’est bien l’invention de sa musique pour piano préparé. Mais d’autre côté, cette invention a peu fait école, a trouvé peu d’émules si l’on s’abstient d’un petit nombre de compositeurs (Arvo Pärt, Alfred Schnittke) et musiciens (Irène Schweizer, Keith Tippett).
Cette découverte du potentiel de « préparation » d’un piano à queue est due au départ, plus qu’à une volonté consciente, à un problème de place : en 1940, Cage compose une musique de ballet pour l’Afroaméricaine Syvilla Fort. L’espace disponible pour la représentation est tout simplement trop petit pour un ensemble de percussions que projetait Cage d’abord. Mais il fait de nécessité vertu et trouve la solution décisive : prendre des objets adéquats à coincer entre les cordes de l’instrument – des gommes de toutes tailles, des vis de toutes sortes, du bambou, du tissu, des morceaux de bois etc. etc. pour en modifier le son de manière totalement aléatoire (voir la photo en bas !). Sauf exception, les pièces pour piano préparé sont composées pour des représentations choréographiques ; les raisons pratiques ont sûrement joué un rôle (comme si souvent chez Cage) : un sac de vis et d’écrous, de gommes et de morceaux de bois est sans nul doute plus facile et moins cher à transporter que tout un ensemble de percussionnistes, et toute réflexion concernant la place devient superflue : on la trouve (pour caser un piano à queue) dans n’importe quelle salle de spectacle. Justement, dans les années 40, Cage voyage beaucoup comme pianiste accompagnateur, avec différentes troupes de danseurs dont surtout celle de Merce Cunningham. Toutes ces compositions pour piano préparé des années 1942-52, dont les célèbres « Sonatas and Interludes for Prepared Piano », mettent l’interprète en face de questions fort inhabituelles. Car avant d’avoir joué la moindre note, les problèmes se pressent et demandent à être résolus, qui ne sont pas tous de nature pianistique : le premier problème concerne les questions d’édition pure et simple. Et avant tout celui des préparations. Même si Cage les indique avec une très grande précision, beaucoup de questions restent en suspend ... Le cycle « Sonatas and Interludes », une œuvre inattendue à plusieurs égards date des années 1946-48 : à une structure formelle, strictement parlant, symétrique (4 premiers sonates – interlude I – 4 sonates – interlude II – interlude III – 4 sonates – interlude IV – 4 sonates) est ajoutée un arrière-plan philosophique. Avant de s’intéresser au bouddhisme zen, il s’est penché de très près sur l’esthétique de l’Inde ancienne. Donc, le cycle repose sur un modèle indien, ici la conception des huit ou neuf émotions de base (les « bhavas »). La préparation pour les « Sonatas and Interludes » est de plus grande importance, elle dure 2 à 3 heures dans des conditions optimales (la pure durée de la musique fait environ une heure). Elle est plus savante mais aussi beaucoup plus nuancée que dans la plupart des pièces brèves pour piano préparé écrites par Cage auparavant.
Dans les années 50, John Cage met au point les deux principes de composition qui vont demeurer essentielles pour toutes ses œuvres ultérieures et lui donner sa place au sein de l’histoire de la musique : l’emploi du hasard dans la composition d’œuvres sérielles (change composition) et le renoncement à une partition fixe, devant se ressembler le plus possible à chaque exécution, au profit d’indications de jeu plus ouvertes, laissant à l’interprète des libertés jusque-là impensables (indeterminacy). Son œuvre pour piano comprend des moments clefs de cette évolution dont « Music of Changes » (1951), œuvre s’avérant être l’une de ses œuvres les plus exigeantes, un grand cycle en quatre parties.
Après le « Concert for piano and orchestra » (1958) et durant de nombreuses années, John Cage fait preuve d’abstinence dans le domaine de la musique pour piano. Ce n’est qu’à la fin des années 70 qu’il revient quasiment à la composition et à composer à nouveau mais pas exclusivement des œuvres pour ou au moins avec piano. Des œuvres de grande envergure et virtuoses, portant toutes le nom d’« Etudes » se succèdent rapidement, dont pour le piano les « Etudes Boreales » et les « Etudes Australes », pour le violon les « Freeman-Etudes ». Toutes ces compositions sont extrêmement compliquées, en partie à la limite du possible sur le plan de la réalisation technique pour l’interprète. Quant aux « Etudes Australes », à une durée de 4 heures, elles reposent sur des cartes célèstes de la voûte étoilée de l’hémisphère sud sur lesquelles Cage a posé du papier calque et qu’il a travaillé ensuite après des opérations bien précises – tirées entre autres du I Ging – (densité, altérations, fréquence d’un accord, etc.). Ces études forment dans l’ensemble un processus de concentration, on voit apparaître avec chaque morceau de plus en plus d’accords, les notes seules sont de plus en plus rares ...
Un des compositeurs les plus importants pour John Cage est Eric Satie. Mis à part Arnold Schönberg et Henry Cowell (ses professeurs), il ne s’intéresse aussi longtemps, et de façon aussi approfondie et diversifiée, à aucun autre compositeur. Dans l’œuvre musicale de Cage, on trouve des passages dans lesquels son style se révèle proche de celui de Satie. Sur le plan de l’esthétique, Cage se fascine de l’attitude antiromantique de Satie et, de plus, de l’idée d’une musique statique et ne se développant pas (p.ex. présentée entre autres avec les célèbres « Gymnopédies »), et sur le niveau stylistique, ce sont la simplicité des rythmes et le ton retenu de l’expression qu’attirent les faveurs de John Cage pour ce compositeur français. Plusieurs oeuvres qui rendent hommage à Satie le témoignent dont « In a Landscape » (1948), « Dream » (1948), « Perpetual Tango » (1984) et son hommage le plus connu, « Cheap imitation » (1969), pièce tripartite, que Cage arrange aussi pour violon, pour orchestre et pour voix chantée ...
Dans sa dernière période (1985-1992), John Cage compose les soi-disant « Number Pieces » : l’interprète décide du commencement et de la fin de l’émission sonore avec son chronomètre, c.à.d. agissant à l’intérieur de ce qu’il appelle « time brackets » (parenthèses de temps).
Même si John Cage est considéré jusqu’à aujourd’hui comme charlatan ou au moins comme excentrique en raison de ses idées souvent grotesques, son influence sur le monde de la musique est plus évidente que jamais : si c’est au jazz libre (Anthony Braxton, Keith Tippett, John Zorn), au pop expérimental (Keith Rowe), au remix électronique (Christian Marclay, Bob Ostertag avec ses « Plunderphonics ») ou parmi les compositeurs de la musique avant-garde (Morton Feldman, Harry Partch, Christian Wolff, les minimalistes Philip Glass et Steve Reich, etc. pp.) – sa pensée musicale s’est implantée partout.
Le 12 août 1992, John Cage, le rébelle, décède à New York. Ce 5 septembre, il aurait fêté ses 100 ans ...
Editions discographiques les plus actuelles de John Cage :
1) John Cage, The Works for Percussion 1 (mode records 299). Avec Percussion Group Cincinnati. 2) John Cage, Etudes Australes (Wergo WER 6740 2). 4 cds. Avec Susanne Liebner, piano. Superbe édition, gigantesque !!! 3) John Cage, As it is (ECM New Series 2268). Alexei Lubimov, pianos & Natalia Pschenitschnikova, voix. Grandiose édition des mises en musique lyriques de James Joyce, E.E. Cummings et Gertrude Stein ainsi que des premières pièces pour piano préparé. 4) John Cage, Empty Words (EWR 1102/3). 2 cds. Sylvia Alexandra Schimag, voix.
Bonne écoute !
Herbert
Bonsoir à tous,
Je vous fait partager une vidéo interprété par 4 mastodonte de la chanson country ainsi qu'une autre seulement chantée par Willie Nelson. Mon chanteur <3
http://www.youtube.com/watch?v=dQ03ngpdU80
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AJMVj04lfyo
Voilà :)
Je vous fait partager une vidéo interprété par 4 mastodonte de la chanson country ainsi qu'une autre seulement chantée par Willie Nelson. Mon chanteur <3
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Voilà :)
Nouvelles pour les fans durs et purs de Calexico
Depuis le magnifique Carried to Dust (2008), le groupe arizonien n’a pas sorti d’album (à part Road Atlas 1998-2011, une compilation de tracks live). Mais pendant ce temps on nous annonce un nouvel album pour l’automne 2012 (dont les indications plus détaillées sont données avec parcimonie), et sa musique nous sera présentée dans des clubs et salles européens (de la Norvège à l’Italie et la Croatie) aux mois de septembre et novembre ...
Voici les dates de tournée (les shows "francophones" sont en gras) :
14/09 : ALL-Cologne, E-Werk 15/09 : NL-Groningen, TakeRoot (festival) 16/09 : F-Paris, Le Trianon 18/09 : ANG-Londres, The Forum 19/09 : B-Bruxelles, Ancienne Belgique 20/09 : ALL-Darmstadt, Centralstation 21/09 : SUI-Zurich, Volkshaus 22/09 : AUT-Vienne, Konzerthaus 23/09 : ALL-Berlin, Huxley’s 25/09 : ALL-Hambourg, Große Freiheit 36 26/09 : DK-Copenhague, Vega 27/09 : N-Oslo, Rockefeller 28/09 : S-Stockholm, Berzelli Park 29/09 : S-Göteborg, Pustervik 30/09 : S-Malmö, KB ++++++++++++++++++++++++++++++++ 12/11 : F-Montpellier, Rockstore 13/11 : I-Milan, Alcatraz 14/11 : I-Bologna, Estragon 15/11 : SUI-Bâle, Volkshaus/Festsaal 16/11 : ALL-Leipzig, Werk 2 17/11 : ALL-Weissenhäuser Strand, Rolling Stone Weekender (festival) 18/11 : ALL-Wiesbaden, Schlachthof 20/11 : LUX-Luxembourg, Den Atelier 21/11 : NL-Amsterdam, Paradiso 22/11 : F-Rennes, Le Carré Sévigné 23/11 : F-Massy, Espace Paul B 24/11 : F-Strasbourg, La Laiterie 26/11 : AUT-Linz, Posthof 27/11 : CRO-Zagreb, Tvornica Culture 28/11 : AUT-Salzbourg, Republic 29/11 : ALL-Munich, Muffathalle
Amusez-vous bien avec la ravissante musique de Calexico !
Herbert

Depuis le magnifique Carried to Dust (2008), le groupe arizonien n’a pas sorti d’album (à part Road Atlas 1998-2011, une compilation de tracks live). Mais pendant ce temps on nous annonce un nouvel album pour l’automne 2012 (dont les indications plus détaillées sont données avec parcimonie), et sa musique nous sera présentée dans des clubs et salles européens (de la Norvège à l’Italie et la Croatie) aux mois de septembre et novembre ...
Voici les dates de tournée (les shows "francophones" sont en gras) :
14/09 : ALL-Cologne, E-Werk 15/09 : NL-Groningen, TakeRoot (festival) 16/09 : F-Paris, Le Trianon 18/09 : ANG-Londres, The Forum 19/09 : B-Bruxelles, Ancienne Belgique 20/09 : ALL-Darmstadt, Centralstation 21/09 : SUI-Zurich, Volkshaus 22/09 : AUT-Vienne, Konzerthaus 23/09 : ALL-Berlin, Huxley’s 25/09 : ALL-Hambourg, Große Freiheit 36 26/09 : DK-Copenhague, Vega 27/09 : N-Oslo, Rockefeller 28/09 : S-Stockholm, Berzelli Park 29/09 : S-Göteborg, Pustervik 30/09 : S-Malmö, KB ++++++++++++++++++++++++++++++++ 12/11 : F-Montpellier, Rockstore 13/11 : I-Milan, Alcatraz 14/11 : I-Bologna, Estragon 15/11 : SUI-Bâle, Volkshaus/Festsaal 16/11 : ALL-Leipzig, Werk 2 17/11 : ALL-Weissenhäuser Strand, Rolling Stone Weekender (festival) 18/11 : ALL-Wiesbaden, Schlachthof 20/11 : LUX-Luxembourg, Den Atelier 21/11 : NL-Amsterdam, Paradiso 22/11 : F-Rennes, Le Carré Sévigné 23/11 : F-Massy, Espace Paul B 24/11 : F-Strasbourg, La Laiterie 26/11 : AUT-Linz, Posthof 27/11 : CRO-Zagreb, Tvornica Culture 28/11 : AUT-Salzbourg, Republic 29/11 : ALL-Munich, Muffathalle
Amusez-vous bien avec la ravissante musique de Calexico !
Herbert

Daphné Cameron
La Presse
Après avoir écrit une biographie controversée sur les fêtes extravagantes de Guy Laliberté et un essai niant le suicide de Kurt Cobain, l'auteur québécois Ian Halperin récidive, cette fois, avec un ouvrage sur Michael Jackson. Même si la Cour supérieure a récemment ordonné le retrait des copies non vendues de la biographie du créateur du Cirque du Soleil, la maison d'édition Transit ne craint pas d'être poursuivie par l'entourage du chanteur. Michael Jackson : Les dernières années sera vendu au Québec à compter de lundi. > Consultez quelques extraits du livre de Ian Halperin
Au départ, la biographie rédigée pour souligner le retour du roi de la pop lors d'une série de concerts à Londres devait être tirée à 40 000 exemplaires. Mais la mort du chanteur a engendré un intérêt monstre de la part de maisons d'édition à travers le monde.
Grâce à des ententes entre la maison d'édition québécoise Transit et des éditeurs comme Hachette, en France, et Simon & Schuster, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, plus d'un million d'exemplaires ont été imprimés. À partir de la semaine prochaine, 500 000 exemplaires seront distribués aux États-Unis et 100 000 en France.
Pour le président et éditeur de Transit, Pierre Turgeon, il s'agit du «plus gros coup de l'histoire de l'édition au Québec». «Sa mort a tout changé», a-t-il expliqué. «Au départ, la biographie s'annonçait être un livre qui allait faire des ventes raisonnables, mais rien à tout casser. Maintenant, on se retrouve avec un livre d'intérêt planétaire qui est le seul à raconter les derniers moments de sa vie.» Fait inusité, la biographie aurait été envoyée à l'impression le jour du décès de Michael Jackson. «Il (le livre) était en train d'être imprimé depuis une demi-heure quand j'ai appris qu'il venait de mourir», a expliqué Pierre Turgeon. «J'ai dû téléphoner au contremaitre de nuit à quatre reprises pour lui dire de stopper les presses ! Sinon, les 40 000 exemplaires auraient été invendables. J'ai vraiment eu chaud.»
Auteur controversé Ian Halperin est un journaliste québécois surtout connu pour son blogue sur les célébrités du showbiz et pour ses biographies non autorisées de vedettes comme Céline Dion ou James Taylor. Il a récemment attiré l'attention des médias américains en prédisant la mort de Michael Jackson à un jour près, six mois d'avance. Halperin a également fait les manchettes au Québec il y a quelques semaines en publiant une biographie non autorisée sur Guy Laliberté. Hier, la Cour d'appel a maintenu l'ordonnance de retirer toutes les copies non vendues de la biographie du créateur du Cirque du Soleil. Par ailleurs, la Cour supérieure a également maintenu, hier, une ordonnance de non-publication du livre jusqu'à jeudi. Si les deux parties ne s'entendent pas sur une version épurée avant cette date, ils devront retourner devant le tribunal.
Malgré la distribution d'une version anglophone de Michael Jackson : Les dernières années aux États-Unis, mardi, Pierre Turgeon ne craint pas d'être poursuivi pour diffamation par la famille Jackson. Le livre d'Halperin allègue pourtant que le roi de la pop est homosexuel et parle de ses problèmes de dépendance aux médicaments. De plus, plusieurs sources citées sont anonymes. «Les lois les plus sévères en matière de diffamation sont en Angleterre. Le livre a été lu par nos avocats et par ceux de Simon & Schuster au Royaume-Uni. Partout, on nous a donné des O.K.», a-t-il précisé. «Ian Halperin a écrit 13 livres et il n'a jamais été poursuivi, a ajouté l'éditeur. Toutes ses entrevues ont été enregistrées. Tout ce qui est dit a été documenté.»
Pour Pierre Turgeon, les propos relayés par l'auteur ne sont pas sensationnels. «Ce qui m'a frappé dans le livre de Ian, c'est la cupidité de l'entourage de Jackson. L'organisation des concerts à Londres visait à générer des centaines de millions de revenus alors que c'était au-dessus de ses forces vu son état de santé. Ils savaient très bien qu'il ne pourrait pas réaliser la chose. Quels que soient les résultats de l'autopsie, c'est la cupidité qui a tué Michael Jackson.»
Après avoir écrit une biographie controversée sur les fêtes extravagantes de Guy Laliberté et un essai niant le suicide de Kurt Cobain, l'auteur québécois Ian Halperin récidive, cette fois, avec un ouvrage sur Michael Jackson. Même si la Cour supérieure a récemment ordonné le retrait des copies non vendues de la biographie du créateur du Cirque du Soleil, la maison d'édition Transit ne craint pas d'être poursuivie par l'entourage du chanteur. Michael Jackson : Les dernières années sera vendu au Québec à compter de lundi. > Consultez quelques extraits du livre de Ian Halperin
Au départ, la biographie rédigée pour souligner le retour du roi de la pop lors d'une série de concerts à Londres devait être tirée à 40 000 exemplaires. Mais la mort du chanteur a engendré un intérêt monstre de la part de maisons d'édition à travers le monde.
Grâce à des ententes entre la maison d'édition québécoise Transit et des éditeurs comme Hachette, en France, et Simon & Schuster, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, plus d'un million d'exemplaires ont été imprimés. À partir de la semaine prochaine, 500 000 exemplaires seront distribués aux États-Unis et 100 000 en France.
Pour le président et éditeur de Transit, Pierre Turgeon, il s'agit du «plus gros coup de l'histoire de l'édition au Québec». «Sa mort a tout changé», a-t-il expliqué. «Au départ, la biographie s'annonçait être un livre qui allait faire des ventes raisonnables, mais rien à tout casser. Maintenant, on se retrouve avec un livre d'intérêt planétaire qui est le seul à raconter les derniers moments de sa vie.» Fait inusité, la biographie aurait été envoyée à l'impression le jour du décès de Michael Jackson. «Il (le livre) était en train d'être imprimé depuis une demi-heure quand j'ai appris qu'il venait de mourir», a expliqué Pierre Turgeon. «J'ai dû téléphoner au contremaitre de nuit à quatre reprises pour lui dire de stopper les presses ! Sinon, les 40 000 exemplaires auraient été invendables. J'ai vraiment eu chaud.»
Auteur controversé Ian Halperin est un journaliste québécois surtout connu pour son blogue sur les célébrités du showbiz et pour ses biographies non autorisées de vedettes comme Céline Dion ou James Taylor. Il a récemment attiré l'attention des médias américains en prédisant la mort de Michael Jackson à un jour près, six mois d'avance. Halperin a également fait les manchettes au Québec il y a quelques semaines en publiant une biographie non autorisée sur Guy Laliberté. Hier, la Cour d'appel a maintenu l'ordonnance de retirer toutes les copies non vendues de la biographie du créateur du Cirque du Soleil. Par ailleurs, la Cour supérieure a également maintenu, hier, une ordonnance de non-publication du livre jusqu'à jeudi. Si les deux parties ne s'entendent pas sur une version épurée avant cette date, ils devront retourner devant le tribunal.
Malgré la distribution d'une version anglophone de Michael Jackson : Les dernières années aux États-Unis, mardi, Pierre Turgeon ne craint pas d'être poursuivi pour diffamation par la famille Jackson. Le livre d'Halperin allègue pourtant que le roi de la pop est homosexuel et parle de ses problèmes de dépendance aux médicaments. De plus, plusieurs sources citées sont anonymes. «Les lois les plus sévères en matière de diffamation sont en Angleterre. Le livre a été lu par nos avocats et par ceux de Simon & Schuster au Royaume-Uni. Partout, on nous a donné des O.K.», a-t-il précisé. «Ian Halperin a écrit 13 livres et il n'a jamais été poursuivi, a ajouté l'éditeur. Toutes ses entrevues ont été enregistrées. Tout ce qui est dit a été documenté.»
Pour Pierre Turgeon, les propos relayés par l'auteur ne sont pas sensationnels. «Ce qui m'a frappé dans le livre de Ian, c'est la cupidité de l'entourage de Jackson. L'organisation des concerts à Londres visait à générer des centaines de millions de revenus alors que c'était au-dessus de ses forces vu son état de santé. Ils savaient très bien qu'il ne pourrait pas réaliser la chose. Quels que soient les résultats de l'autopsie, c'est la cupidité qui a tué Michael Jackson.»
Bonjour,
par Carried to Dust (Pias France), son nouvel album, le groupe us-américain, Calexico, part en voyage musical : sa première pièce, Victor Jara’s hands le conduit à Santiago de Chili, d’autres pièces jouent à Moscou, à Los Angeles, à Valparaiso. Finis les temps de la Desert Music (ou Border Music)*, étiquettes communes du style musical de Calexico, venant de Tucson/Arizona, alors cédée à une musique sans frontières : un grand nombre de pièces sur cet album résultent des rencontres avec d’autres musiciens (et de leurs histoires), surtout tels de l’Amérique Latine, ayant croisé Joey Burns (g, voc) et John Convertino (perc), noyau de Calexico et ancienne section rythmique de Giant Sand, en tournées et voyages pendant les dernières années. Victor Jara’s hands traite le triste destin de Victor Jara, célèbre artiste chilien, à qui les bourreaux de Pinochet ont cassé les mains avant l’avoir assassiné. House of Valparaiso fait penser à de nombreux exilés chiliens après le putsch de 1973. Aussi la grève des scénaristes qui a ébranlé Los Angeles l’année passée, est sujet d’une pièce. Et Red Blooms, fleurs rouges, nous raconte du revers de la nouvelle richesse à Moscou d’aujourd’hui !
Calexico, c'est toujours et encore Country Music Des Temps Modernes, qui reste fidèle à son sound acoustique ; on écoute toujours la batterie "tractive" de Convertino, un côté western, la pedal-steel-guitare de Paul Niehaus (membre de Lambchop) et le vibraphone s’occupent de l’atmosphère, et – quelle joie ! - encore le tex-mex, présenté par les fringants vents de mariachi. Cependant, le groupe étend son rayon stylistique du tango, du boléro (Inspiración ; vachement kitsch), d’une pincée de Buena Vista Social Club, du dub (Fractured Air), etc. A noter en particulier le magnifique carillon sur Two silver trees, ou aussi les trompes françaises sur The news about William ...
Carried to dusk est un magnifique album, à d'innombrables apogées instrumentaux, le plus varié et intense jamais créé par Calexico. A mon avis, cette oeuvre surpasse même The Black Light (1998), Hot Rail (2000) et Feast of Wire (2003), autres lumières musicales du groupe …
A recommander chaudement pour se prémunir contre la saison froide à venir !
hgb
* angl. border "frontière"
par Carried to Dust (Pias France), son nouvel album, le groupe us-américain, Calexico, part en voyage musical : sa première pièce, Victor Jara’s hands le conduit à Santiago de Chili, d’autres pièces jouent à Moscou, à Los Angeles, à Valparaiso. Finis les temps de la Desert Music (ou Border Music)*, étiquettes communes du style musical de Calexico, venant de Tucson/Arizona, alors cédée à une musique sans frontières : un grand nombre de pièces sur cet album résultent des rencontres avec d’autres musiciens (et de leurs histoires), surtout tels de l’Amérique Latine, ayant croisé Joey Burns (g, voc) et John Convertino (perc), noyau de Calexico et ancienne section rythmique de Giant Sand, en tournées et voyages pendant les dernières années. Victor Jara’s hands traite le triste destin de Victor Jara, célèbre artiste chilien, à qui les bourreaux de Pinochet ont cassé les mains avant l’avoir assassiné. House of Valparaiso fait penser à de nombreux exilés chiliens après le putsch de 1973. Aussi la grève des scénaristes qui a ébranlé Los Angeles l’année passée, est sujet d’une pièce. Et Red Blooms, fleurs rouges, nous raconte du revers de la nouvelle richesse à Moscou d’aujourd’hui !
Calexico, c'est toujours et encore Country Music Des Temps Modernes, qui reste fidèle à son sound acoustique ; on écoute toujours la batterie "tractive" de Convertino, un côté western, la pedal-steel-guitare de Paul Niehaus (membre de Lambchop) et le vibraphone s’occupent de l’atmosphère, et – quelle joie ! - encore le tex-mex, présenté par les fringants vents de mariachi. Cependant, le groupe étend son rayon stylistique du tango, du boléro (Inspiración ; vachement kitsch), d’une pincée de Buena Vista Social Club, du dub (Fractured Air), etc. A noter en particulier le magnifique carillon sur Two silver trees, ou aussi les trompes françaises sur The news about William ...
Carried to dusk est un magnifique album, à d'innombrables apogées instrumentaux, le plus varié et intense jamais créé par Calexico. A mon avis, cette oeuvre surpasse même The Black Light (1998), Hot Rail (2000) et Feast of Wire (2003), autres lumières musicales du groupe …
A recommander chaudement pour se prémunir contre la saison froide à venir !
hgb
* angl. border "frontière"
Bonjour,
Je pars dans 10 jours dans l'Ouest américain et je suis en train de préparer une petite compilation de titres en français traitant le sujet. Le titres peuvent ne contenir que le nom d'une ville, d'une région, d'une rivière ou plus, c'est égal. L'idée est de les compiler pour passer du bon temps dans la voiture en les écoutant.
Voici déjà un maigre début. N'hésitez pas à contribuer si vous en connaissez d'autres: L'Amérique (Joe Dassin) California (Mylene farmer) La Californie (Julien Clerc) San Francisco (Maxime Leforestier) Santa Barbara (BO série TV) Las Vegas (Pascal Obispo)
A+
Je pars dans 10 jours dans l'Ouest américain et je suis en train de préparer une petite compilation de titres en français traitant le sujet. Le titres peuvent ne contenir que le nom d'une ville, d'une région, d'une rivière ou plus, c'est égal. L'idée est de les compiler pour passer du bon temps dans la voiture en les écoutant.
Voici déjà un maigre début. N'hésitez pas à contribuer si vous en connaissez d'autres: L'Amérique (Joe Dassin) California (Mylene farmer) La Californie (Julien Clerc) San Francisco (Maxime Leforestier) Santa Barbara (BO série TV) Las Vegas (Pascal Obispo)
A+
« Il y a beaucoup de héros dans le jazz. Mais peu ont véritablement changé l’histoire du jazz. McCoy Tyner en est un. Il y a un avant et un après Mister McCoy Tyner. » (Craig Taborn, pianiste de jazz américain)
McCoy Tyner, pianiste illuminé et compagnon de Coltrane
Un pianiste hors norme, un géant du jazz a disparu à jamais début mars dernier à l’âge de 81 ans. Acteur clé du légendaire classic quartet de John Coltrane (que complètent Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie), il a joué du piano avec les plus grands de son époque. Avec Bill Evans et Cecil Taylor, McCoy Tyner compte parmi les pianistes de jazz les plus influents de ces 50 dernières années. Son jeu si particulier, puissant et inimitable, a changé l’histoire du jazz moderne. Il mérite bien une digne place dans la généalogie des grands pianistes, aux côtés de Bud Powell, de Thelonious Monk, d’Art Tatum, de Duke Ellington et de Cecil Taylor. …
N�� à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1938, McCoy Tyner commence à prendre des leçons de piano à l’âge de 13 ans. Sa carrière musicale débute vraiment en 1959 dans le Jazztet du saxophoniste Benny Golson et trompettiste Art Farmer. En plus, il joue avec Lee Morgan, Max Roach, Stanley Turrentine, Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Joe Henderson, Sonny Rollins et Kenny Dorham. Plus tard, en 1960, à 21 ans, le pianiste quitte le Jazztet pour remplacer Steve Kuhn dans le quartet de John Coltrane et y reste membre jusqu’à la fin de 1965. McCoy Tyner est en premier lieu connu pour avoir accompagné – ce qui veut dire ici : a su soutenir et dynamiser le soliste – John Coltrane pendant la partie la plus essentielle de sa carrière, ces cinq années entre 1960 et 1965, au sein de ce classic quartet, formation la plus emblématique du jazz (encore) modal. Dans ladite période, il enregistre avec "son frère" John Coltrane une trentaine d’albums, dont les célèbres My Favorite Things (1961), Africa/Brass (1961), Live at the Village Vanguard (1961), A Love Supreme, chef-d’œuvre de l’histoire de la musique (1964), Live at Birdland (1964), Crescent (1964), Ascension (1965), Meditations (1965), Both directions at once : The lost album (1963/2018), etc. etc. etc. Non seulement le saxophoniste, mais juste la présence de ce pianiste virtuose dans le quatuor de Coltrane est l’un des éléments-clés qui a fait de cet ensemble un des incontournables du jazz des années 60.
Pourtant, Coltrane a laissé à son sideman beaucoup d’espace pour son propre jeu soliste. Et il a brillé par son expressivité exaltante. Avec sa main droite, il pouvait suivre la préférance de Coltrane pour ses soi-disant sheets of sounds. Celle de gauche, en revanche, a utilisé la tradition du stride piano pour créer une richesse et profondeur orchestrales en alternant les registres médium et grave (Tyner était gaucher). Le pianiste reste non seulement ancré dans son attachement à l’instrument, mais aussi humble dans son sens pour la beauté et l’harmonie. Au moment où Coltrane s’est de plus en plus laissé emporter par des zones atonales du free jazz, McCoy Tyner n’a plus voulu le suivre : "I didn’t see myself making any contribution to that music. All I could hear was a lot of noise." Cette position esthétique a conduit inévitablement à quitter le quatuor...
Après le split de Coltrane, McCoy Tyner commence à enregistrer sous son propre nom plusieurs albums post-bop dont Tender Moments (1968), Time for Tyner (1968), Extensions (1970) et surtout The Real McCoy (1967), peut-être son meilleur album de cette période. A partir de 1972, entre le free jazz et le jazz fusion, il cultive sa propre musique, dans laquelle il élargit – en solo, en trio ou en grandes formations – ses expériences des années 60, et collabore avec des musiciens tels que les saxophonistes Sonny Fortune, Gary Bartz, John Stubblefield, Andrew White et Azar Lawrence, le trompettiste Virgil Jones, le violoniste John Blake, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, les contrebassistes Joony Booth et Buster Williams, et les batteurs Billy Hart et surtout Alphonse Mouzon. Des grandioses albums attestent cette période féconde : Sahara (1973), Atlantis (1974), Trident (1976) et Enlightment – Live at the Montreux Jazz Festival (1973), le dernier étant pour toujours mon album préféré de McCoy Tyner, ce quartet – à mon avis – sa meilleure formation ever (M.T. - Azar Lawrence - Joony Booth - Alphonse Mouzon).
McCoy Tyner a enregistré plus de 80 albums sous son propre nom, a reçu cinq Grammys, des géants comme Herbie Hancock et Chick Corea l’ont cité comme une influence décisive sur leur propre travail. En 2002, la NEA (National Endowment for the Arts) l’a nommé "Jazz Master". Son dernier album, Solo: Live from San Francisco, date de 2009, qui est décrit avec enthousiasme par la critique comme une preuve de l’impact ininterrompu de son style si puissant : "All of the hallmarks of his sound, from up and down dynamics to the legendary crashing of chords, especially with his left hand, and the stunning virtuosity of his improvisational runs and streaks, assure you that he is in good spirits and has energy to burn off even at his advanced age... This is yet another of the many triumphant recordings Tyner has given to the world…" (Allmusic)
Hery
https://www.youtube.com/watch?v=WXL4c67sX9E
McCoy Tyner, pianiste illuminé et compagnon de Coltrane
Un pianiste hors norme, un géant du jazz a disparu à jamais début mars dernier à l’âge de 81 ans. Acteur clé du légendaire classic quartet de John Coltrane (que complètent Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie), il a joué du piano avec les plus grands de son époque. Avec Bill Evans et Cecil Taylor, McCoy Tyner compte parmi les pianistes de jazz les plus influents de ces 50 dernières années. Son jeu si particulier, puissant et inimitable, a changé l’histoire du jazz moderne. Il mérite bien une digne place dans la généalogie des grands pianistes, aux côtés de Bud Powell, de Thelonious Monk, d’Art Tatum, de Duke Ellington et de Cecil Taylor. …
N�� à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1938, McCoy Tyner commence à prendre des leçons de piano à l’âge de 13 ans. Sa carrière musicale débute vraiment en 1959 dans le Jazztet du saxophoniste Benny Golson et trompettiste Art Farmer. En plus, il joue avec Lee Morgan, Max Roach, Stanley Turrentine, Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Joe Henderson, Sonny Rollins et Kenny Dorham. Plus tard, en 1960, à 21 ans, le pianiste quitte le Jazztet pour remplacer Steve Kuhn dans le quartet de John Coltrane et y reste membre jusqu’à la fin de 1965. McCoy Tyner est en premier lieu connu pour avoir accompagné – ce qui veut dire ici : a su soutenir et dynamiser le soliste – John Coltrane pendant la partie la plus essentielle de sa carrière, ces cinq années entre 1960 et 1965, au sein de ce classic quartet, formation la plus emblématique du jazz (encore) modal. Dans ladite période, il enregistre avec "son frère" John Coltrane une trentaine d’albums, dont les célèbres My Favorite Things (1961), Africa/Brass (1961), Live at the Village Vanguard (1961), A Love Supreme, chef-d’œuvre de l’histoire de la musique (1964), Live at Birdland (1964), Crescent (1964), Ascension (1965), Meditations (1965), Both directions at once : The lost album (1963/2018), etc. etc. etc. Non seulement le saxophoniste, mais juste la présence de ce pianiste virtuose dans le quatuor de Coltrane est l’un des éléments-clés qui a fait de cet ensemble un des incontournables du jazz des années 60.
Pourtant, Coltrane a laissé à son sideman beaucoup d’espace pour son propre jeu soliste. Et il a brillé par son expressivité exaltante. Avec sa main droite, il pouvait suivre la préférance de Coltrane pour ses soi-disant sheets of sounds. Celle de gauche, en revanche, a utilisé la tradition du stride piano pour créer une richesse et profondeur orchestrales en alternant les registres médium et grave (Tyner était gaucher). Le pianiste reste non seulement ancré dans son attachement à l’instrument, mais aussi humble dans son sens pour la beauté et l’harmonie. Au moment où Coltrane s’est de plus en plus laissé emporter par des zones atonales du free jazz, McCoy Tyner n’a plus voulu le suivre : "I didn’t see myself making any contribution to that music. All I could hear was a lot of noise." Cette position esthétique a conduit inévitablement à quitter le quatuor...
Après le split de Coltrane, McCoy Tyner commence à enregistrer sous son propre nom plusieurs albums post-bop dont Tender Moments (1968), Time for Tyner (1968), Extensions (1970) et surtout The Real McCoy (1967), peut-être son meilleur album de cette période. A partir de 1972, entre le free jazz et le jazz fusion, il cultive sa propre musique, dans laquelle il élargit – en solo, en trio ou en grandes formations – ses expériences des années 60, et collabore avec des musiciens tels que les saxophonistes Sonny Fortune, Gary Bartz, John Stubblefield, Andrew White et Azar Lawrence, le trompettiste Virgil Jones, le violoniste John Blake, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, les contrebassistes Joony Booth et Buster Williams, et les batteurs Billy Hart et surtout Alphonse Mouzon. Des grandioses albums attestent cette période féconde : Sahara (1973), Atlantis (1974), Trident (1976) et Enlightment – Live at the Montreux Jazz Festival (1973), le dernier étant pour toujours mon album préféré de McCoy Tyner, ce quartet – à mon avis – sa meilleure formation ever (M.T. - Azar Lawrence - Joony Booth - Alphonse Mouzon).
McCoy Tyner a enregistré plus de 80 albums sous son propre nom, a reçu cinq Grammys, des géants comme Herbie Hancock et Chick Corea l’ont cité comme une influence décisive sur leur propre travail. En 2002, la NEA (National Endowment for the Arts) l’a nommé "Jazz Master". Son dernier album, Solo: Live from San Francisco, date de 2009, qui est décrit avec enthousiasme par la critique comme une preuve de l’impact ininterrompu de son style si puissant : "All of the hallmarks of his sound, from up and down dynamics to the legendary crashing of chords, especially with his left hand, and the stunning virtuosity of his improvisational runs and streaks, assure you that he is in good spirits and has energy to burn off even at his advanced age... This is yet another of the many triumphant recordings Tyner has given to the world…" (Allmusic)
Hery
https://www.youtube.com/watch?v=WXL4c67sX9E
Icône à une fin tragique
Mannequin pour Vogue, actrice de Fellini, muse d'Andy Warhol, amante de Bob Dylan, Brian Jones, Jim Morrison, Leonard Cohen, Jackson Browne et Alain Delon, auteure-compositrice, musicienne et chanteuse à une voix gutturale et sans émotion : elle est principalement connue pour avoir interprété trois morceaux éblouissants dans le mythique premier opus du Velvet Underground, sorti en mars 1967 et baptisé aussi "l’album à la banane" (Femme Fatale, I’ll Be Your Mirror et All Tomorrow΄s Parties + au chœur sur Sunday Morning): Christa Päffgen, plus connue sous le nom de Nico. Mais la vie de Christa Päffgen, dite Nico, ne s’arrête pas à la courte aventure Velvet, loin de là...
Nico est née le 16 octobre 1938 à Cologne. Un enfant de guerre qui ne connaîtra jamais son père. A la fin dés années 50, elle est un des mannequins les plus convoités, vit entre Paris et Londres et rencontre Bob Dylan, Brian Jones et Jimmy Page. En 1959, elle interprète son propre rôle dans le film La Dolce Vita de Fellini. Au début des années 60, elle commence à expérimenter avec des drogues. A New York, la très belle blonde au regard hypnotique charme Andy Warhol et devient l’une des égéries du pape du pop art qui la fait jouer dans plusieurs de ses films (Chelsea Girl, Sunset…) et l’impose comme chanteuse du Velvet Underground. Toutefois, sa collaboration avec les autres Velvets n’est que de courte durée.
Elle commence alors une carrière solo, et enregistre dans les deux décennies suivantes une série d'albums acclamés aujourd'hui par les critiques, avec notamment John Cale, Brian Eno et Phil Manzanera (les deux derniers sont membres du groupe Roxy Music). C’est surtout grâce à John Cale qui l’encourage à écrire et composer, qui produit quatre de ses albums solo, tout en s’occupant des arrangements et en jouant de plusieurs instruments.
En 1967, Nico signe son premier album solo Chelsea Girl, titré ainsi en référence au film d’Andy Warhol dans lequel elle a joué. Les morceaux proviennent de la plume de Bob Dylan (I’ll keep it with mine), Tim Hardin (Eulogy to Lenny Bruce), Jackson Browne (These Days / Somewere there’s a Feather), et des Velvets Lou Reed, Sterling Morrison et John Cale (Little Sister / Chelsea Girl / Winter Song / Wrap your Troubles in Dreams). Dans cet album original, aux arrangements de cordes et de flûtes, Nico affirme d’emblée un style unique. Sa voix se fait plus sombre et spectrale, plus fascinante et mélancolique aussi… Mais l’album ne connaît pas un grand succès.
A partir du deuxième album solo (1969), The Marble Index, suivant les encouragements de John Cale, Nico écrit toutes les paroles et la musique, et elle y joue de l’harmonium, qui devient désormais son instrument de prédilection. La musique de Nico s’oriente de plus en plus nettement vers une musique non conventionnelle aux tonalités proches de la New Wave la plus sombre et du rock gothique. Sinon, elle commence à prendre de l’héroïne, une drogue qui l’accompagnera jusqu’au bout de sa vie.
A partir des années 70, Nico vit entre Berlin, Paris, New York et Ibiza. En 1969, la chanteuse rencontre le cinéaste français Philippe Garrel avec lequel elle vivra pendant neuf ans. Elle participe au cinéma de lui et publie également un recueil de poèmes, Chemin d’une vie.
Le 13 décembre 1974, Nico se produit en concert avec le groupe Tangerine Dream à la cathédrale de Reims devant plus de 5 000 personnes.
En 1981, Nico enregistre un autre album : Drama of Exile, premier album sans John Cale qui contraste avec ses travaux précédents avec John Cale en mêlant rock et arrangements moyen-orientaux, "a tentative foray into post-punk" (Wikipedia). L’album comprend le classique reedien I’m Waiting for the Man et Heroes de David Bowie.
En 1985, Nico enregistre son dernier album studio, Camera Obscura, très expérimental aux sonorités jazz sur lequel elle reprend la pièce célèbre My Funny Valentine du trompettiste Chet Baker.
C’est le 6 juin 1988 à Berlin(-Ouest) que la chanteuse donne son dernier concert, à la fois magique et mémorable, à savoir dans le cadre de "Berlin – Capitale européenne de la culture 1988", au Planetarium de la Wilhelm-Foerster-Sternwarte. Accompagnée par The Fraction (qui sont James Young – piano, Graham Dowdall – batterie, Henry Olson – guitar), un auditoire enthousiaste devient témoin de la musique idiosyncrasique de Nico… Ce concert est enregistré et édité sous "Nico’s Last Concert : Fata Morgana" (voir en bas).
A peine plus d’un mois après ce concert, le 18 juillet 1988, Nico meurt à l’hôpital d’une hémorragie cérébrale, quelques heures après une chute à vélo sur l’île d’Ibiza. Une des morts les plus absurdes de l’histoire du rock’n’roll : montée sur son vélo, vêtue d’un pantalon de cuir noir et d’autres vêtements lourds, son corps émacié, rongé par la drogue, s’effond à 40 degrés à l’ombre. La femme qui a tourné la tête d’un grand nombre des hommes les plus recherchés des années 60 et qui est devenue aussi une icône de la musique, perd la vie sur le bord d’une route sous le soleil ardent de l’Espagne.
Il y a trente ans...
Au milieu de la forêt de Grunewald à Berlin, à côté de sa mère Margarete, le cimetière (surnommé "cimetière des suicidés" par les Berlinois) est la dernière demeure de l’îcone du rock ambiance 60s...
Discographie :
Albums studio :
1967 : The Velvet Underground and Nico 1967 : Chelsea Girl 1969 : The Marble Index 1970 : Desertshore 1974 : The End 1981 : Drama of Exile 1985 : Camera Obscura
Albums live :
1974 : June 1, 1974 (avec John Cale, Kevin Ayers, Brian Eno) 1982 : Do or Die: Nico in Europe 1985 : Nico Live in Pécs 1986 : Live Heroes 1986 : Behind the Iron Curtain 1987 : Nico in Tokyo 1988 : Nico’s Last Concert : Fata Morgana 1989 : Hanging Gardens 1994 : Heroine
Compilations :
1998 : Nico: The Classic Years 2002 : Innocent & Vain – An Introduction to Nico 2003 : Femme Fatale – The Aura Anthology 2008 : Le Cinéma de Serge Gainsbourg – Musiques de films 1959-1990
Biographie :
Feray, Serge (2016). Nico, femme fatale. Le mot et le reste. Graf-Ulbrich, Lutz (2015). Nico – In the Shadow of the Moon Goddess. Kindle. Witts, Richard (2017). Nico : The Life and Lies of an Icon. Kindle.
Hery


www.youtube.com/watch?v=dMeZCPbM6bA
Mannequin pour Vogue, actrice de Fellini, muse d'Andy Warhol, amante de Bob Dylan, Brian Jones, Jim Morrison, Leonard Cohen, Jackson Browne et Alain Delon, auteure-compositrice, musicienne et chanteuse à une voix gutturale et sans émotion : elle est principalement connue pour avoir interprété trois morceaux éblouissants dans le mythique premier opus du Velvet Underground, sorti en mars 1967 et baptisé aussi "l’album à la banane" (Femme Fatale, I’ll Be Your Mirror et All Tomorrow΄s Parties + au chœur sur Sunday Morning): Christa Päffgen, plus connue sous le nom de Nico. Mais la vie de Christa Päffgen, dite Nico, ne s’arrête pas à la courte aventure Velvet, loin de là...
Nico est née le 16 octobre 1938 à Cologne. Un enfant de guerre qui ne connaîtra jamais son père. A la fin dés années 50, elle est un des mannequins les plus convoités, vit entre Paris et Londres et rencontre Bob Dylan, Brian Jones et Jimmy Page. En 1959, elle interprète son propre rôle dans le film La Dolce Vita de Fellini. Au début des années 60, elle commence à expérimenter avec des drogues. A New York, la très belle blonde au regard hypnotique charme Andy Warhol et devient l’une des égéries du pape du pop art qui la fait jouer dans plusieurs de ses films (Chelsea Girl, Sunset…) et l’impose comme chanteuse du Velvet Underground. Toutefois, sa collaboration avec les autres Velvets n’est que de courte durée.
Elle commence alors une carrière solo, et enregistre dans les deux décennies suivantes une série d'albums acclamés aujourd'hui par les critiques, avec notamment John Cale, Brian Eno et Phil Manzanera (les deux derniers sont membres du groupe Roxy Music). C’est surtout grâce à John Cale qui l’encourage à écrire et composer, qui produit quatre de ses albums solo, tout en s’occupant des arrangements et en jouant de plusieurs instruments.
En 1967, Nico signe son premier album solo Chelsea Girl, titré ainsi en référence au film d’Andy Warhol dans lequel elle a joué. Les morceaux proviennent de la plume de Bob Dylan (I’ll keep it with mine), Tim Hardin (Eulogy to Lenny Bruce), Jackson Browne (These Days / Somewere there’s a Feather), et des Velvets Lou Reed, Sterling Morrison et John Cale (Little Sister / Chelsea Girl / Winter Song / Wrap your Troubles in Dreams). Dans cet album original, aux arrangements de cordes et de flûtes, Nico affirme d’emblée un style unique. Sa voix se fait plus sombre et spectrale, plus fascinante et mélancolique aussi… Mais l’album ne connaît pas un grand succès.
A partir du deuxième album solo (1969), The Marble Index, suivant les encouragements de John Cale, Nico écrit toutes les paroles et la musique, et elle y joue de l’harmonium, qui devient désormais son instrument de prédilection. La musique de Nico s’oriente de plus en plus nettement vers une musique non conventionnelle aux tonalités proches de la New Wave la plus sombre et du rock gothique. Sinon, elle commence à prendre de l’héroïne, une drogue qui l’accompagnera jusqu’au bout de sa vie.
A partir des années 70, Nico vit entre Berlin, Paris, New York et Ibiza. En 1969, la chanteuse rencontre le cinéaste français Philippe Garrel avec lequel elle vivra pendant neuf ans. Elle participe au cinéma de lui et publie également un recueil de poèmes, Chemin d’une vie.
Le 13 décembre 1974, Nico se produit en concert avec le groupe Tangerine Dream à la cathédrale de Reims devant plus de 5 000 personnes.
En 1981, Nico enregistre un autre album : Drama of Exile, premier album sans John Cale qui contraste avec ses travaux précédents avec John Cale en mêlant rock et arrangements moyen-orientaux, "a tentative foray into post-punk" (Wikipedia). L’album comprend le classique reedien I’m Waiting for the Man et Heroes de David Bowie.
En 1985, Nico enregistre son dernier album studio, Camera Obscura, très expérimental aux sonorités jazz sur lequel elle reprend la pièce célèbre My Funny Valentine du trompettiste Chet Baker.
C’est le 6 juin 1988 à Berlin(-Ouest) que la chanteuse donne son dernier concert, à la fois magique et mémorable, à savoir dans le cadre de "Berlin – Capitale européenne de la culture 1988", au Planetarium de la Wilhelm-Foerster-Sternwarte. Accompagnée par The Fraction (qui sont James Young – piano, Graham Dowdall – batterie, Henry Olson – guitar), un auditoire enthousiaste devient témoin de la musique idiosyncrasique de Nico… Ce concert est enregistré et édité sous "Nico’s Last Concert : Fata Morgana" (voir en bas).
A peine plus d’un mois après ce concert, le 18 juillet 1988, Nico meurt à l’hôpital d’une hémorragie cérébrale, quelques heures après une chute à vélo sur l’île d’Ibiza. Une des morts les plus absurdes de l’histoire du rock’n’roll : montée sur son vélo, vêtue d’un pantalon de cuir noir et d’autres vêtements lourds, son corps émacié, rongé par la drogue, s’effond à 40 degrés à l’ombre. La femme qui a tourné la tête d’un grand nombre des hommes les plus recherchés des années 60 et qui est devenue aussi une icône de la musique, perd la vie sur le bord d’une route sous le soleil ardent de l’Espagne.
Il y a trente ans...
Au milieu de la forêt de Grunewald à Berlin, à côté de sa mère Margarete, le cimetière (surnommé "cimetière des suicidés" par les Berlinois) est la dernière demeure de l’îcone du rock ambiance 60s...
Discographie :
Albums studio :
1967 : The Velvet Underground and Nico 1967 : Chelsea Girl 1969 : The Marble Index 1970 : Desertshore 1974 : The End 1981 : Drama of Exile 1985 : Camera Obscura
Albums live :
1974 : June 1, 1974 (avec John Cale, Kevin Ayers, Brian Eno) 1982 : Do or Die: Nico in Europe 1985 : Nico Live in Pécs 1986 : Live Heroes 1986 : Behind the Iron Curtain 1987 : Nico in Tokyo 1988 : Nico’s Last Concert : Fata Morgana 1989 : Hanging Gardens 1994 : Heroine
Compilations :
1998 : Nico: The Classic Years 2002 : Innocent & Vain – An Introduction to Nico 2003 : Femme Fatale – The Aura Anthology 2008 : Le Cinéma de Serge Gainsbourg – Musiques de films 1959-1990
Biographie :
Feray, Serge (2016). Nico, femme fatale. Le mot et le reste. Graf-Ulbrich, Lutz (2015). Nico – In the Shadow of the Moon Goddess. Kindle. Witts, Richard (2017). Nico : The Life and Lies of an Icon. Kindle.
Hery


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« Tony kept studying and searching, right up to the end. This was a man who was born a genius. He was advanced as a drummer at the age of 15, and he kept striving his entire life, regardless of what people thought about him. He was a true innovator. » (Cindy Blackman-Santana sur son idole)
Par finesse de tonnerre
C’est en 1997 que Tony Williams (*1945) nous a quittés, bien trop tôt ... et, à mon avis, son œuvre musicale est trop peu appréciée depuis.
Tony Williams, l’enfant prodige du jazz à l’époque, qui, déjà à 14 ans, jamme avec les plus grands du jazz, qui, à 17 ans, reprend la batterie au grand quintette de Miles Davis (avec Wayne Shorter/ténor + soprano, Chick Corea/piano, Dave Holland/basse), et qui, à la fin des années 60, quitte Miles pour fonder son propre groupe, le légendaire Tony Williams Lifetime, avec John McLaughlin (guitare), Larry Young (orgue) et, à partir du second album, l’ex-membre de Cream, Jack Bruce (basse).
Par son jeu « binaire » à la batterie, Williams ouvre de nouvels espaces d’improvisations pour ses compagnons, ses finesses polyrythmiques lui font tôt un visionnaire à la batterie, souvent qualifié du plus grand batteur du jazz de tous les temps (pour moi, en tout cas). Peu étonnant, qu’il participe en 1969 à l’enregistrement du premier album fusion de l’histoire du jazz : « In a Silent Way » du grand Miles Davis, où il relie l’énergie du rock avec le sens et la technique du jazz. Par la fondation du Lifetime, Williams recherche les profondes combinaisons du hardbop, funk, rock, rhythm & blues et free jazz. Aujourd’hui, l’album début du Tony Williams Lifetime, « Emergency », est considéré communément comme album-clé du mouvement jazzrock.
Passionnés par la musique de Tony Williams, et surtout celle de son Lifetime, les musiciens Vernon Reid (guitare ; ex-Living Colour), John Medeski (claviers), Jack Bruce (basse, voix) et Cindy Blackman-Santana (batterie, voix) se réunissent en 2008 pour créer le projet « Spectrum Road » (d’après le titre du morceau « Via the Spectrum Road » de l’album début du Tony Williams Lifetime). Le groupe et l’album éponyme sont beaucoup plus qu’un autre hommage de ce génial batteur. Déjà le opener « Vuelta Abajo » est un manifeste : le hammond B3 mute à un animal hurlant et manifeste de manière exemplaire comment de l’électricité brutale peut faire sauter la physique du son. Sans cesse, le quartette revêt des éléments du progrock, funk, metal et blues du modèle de Lifetime. Ainsi se forment des paysages sonores à la fois sages et envoûtants qui font penser aux concerts « Live Evil » de Miles Davis ou à « Band of Gypsys » de Jimi Hendrix. La rapidité inquiétante et l’agressivité du jeu de guitare de Vernon Reid, l’exstase contrôlée de la batterie, jouée par Cindy Blackman qui sait par cœur l’œuvre complète de son idole Tony Williams, plus le groove et les sonorités expérimentales de l’orgue de Medeski caractérisent essentiellement une musique hautement énergétique entre idylle et folie !
Spectrum Road n’est pas le premier groupe à rendre hommage au Tony Williams Lifetime mais certainement le plus violent et le plus assourdissant (voir la discographie en bas). Cette musique de tonnerre est le souvenir le plus convaincant de l’avenir du genre jazzrock, déclaré mort depuis longtemps. Donc, bienvenue à ce groupe d’une qualité rare, et bienvenue à une musicienne-batteuse pleine de séduction qui maintient vivant l’œuvre unique d’un batteur révolutionnaire. Plus, qu’elle est d’une beauté ravissante (jamais vu une qui est encore plus belle que Cindy Blackman-Santana). En tant que mélomane, qu’est-ce qu’on veut encore plus ...
Donnez-vous à la musique semblable à un ouragan du supergroupe Spectrum Road, avec Vernon Reid, John Medeski, Jack Bruce et Cindy Blackman-Santana !
Albums :
a. Spectrum Road :
Spectrum Road (2011) : Spectrum Road. Palmetto Rec.
b. Autres hommages :
Cindy Blackman-Santana (2010) : Another Lifetime. FourQuarters. Trio Beyond (2006) : Saudades. ECM Rec.
c. Œuvres originales du Tony Williams Lifetime :
Tony Williams Lifetime (2011) : Emergency (remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (2011) : Turn it over (enlarged + remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (1999) : Ego. Verve/Universal.
Herbert

Par finesse de tonnerre
C’est en 1997 que Tony Williams (*1945) nous a quittés, bien trop tôt ... et, à mon avis, son œuvre musicale est trop peu appréciée depuis.
Tony Williams, l’enfant prodige du jazz à l’époque, qui, déjà à 14 ans, jamme avec les plus grands du jazz, qui, à 17 ans, reprend la batterie au grand quintette de Miles Davis (avec Wayne Shorter/ténor + soprano, Chick Corea/piano, Dave Holland/basse), et qui, à la fin des années 60, quitte Miles pour fonder son propre groupe, le légendaire Tony Williams Lifetime, avec John McLaughlin (guitare), Larry Young (orgue) et, à partir du second album, l’ex-membre de Cream, Jack Bruce (basse).
Par son jeu « binaire » à la batterie, Williams ouvre de nouvels espaces d’improvisations pour ses compagnons, ses finesses polyrythmiques lui font tôt un visionnaire à la batterie, souvent qualifié du plus grand batteur du jazz de tous les temps (pour moi, en tout cas). Peu étonnant, qu’il participe en 1969 à l’enregistrement du premier album fusion de l’histoire du jazz : « In a Silent Way » du grand Miles Davis, où il relie l’énergie du rock avec le sens et la technique du jazz. Par la fondation du Lifetime, Williams recherche les profondes combinaisons du hardbop, funk, rock, rhythm & blues et free jazz. Aujourd’hui, l’album début du Tony Williams Lifetime, « Emergency », est considéré communément comme album-clé du mouvement jazzrock.
Passionnés par la musique de Tony Williams, et surtout celle de son Lifetime, les musiciens Vernon Reid (guitare ; ex-Living Colour), John Medeski (claviers), Jack Bruce (basse, voix) et Cindy Blackman-Santana (batterie, voix) se réunissent en 2008 pour créer le projet « Spectrum Road » (d’après le titre du morceau « Via the Spectrum Road » de l’album début du Tony Williams Lifetime). Le groupe et l’album éponyme sont beaucoup plus qu’un autre hommage de ce génial batteur. Déjà le opener « Vuelta Abajo » est un manifeste : le hammond B3 mute à un animal hurlant et manifeste de manière exemplaire comment de l’électricité brutale peut faire sauter la physique du son. Sans cesse, le quartette revêt des éléments du progrock, funk, metal et blues du modèle de Lifetime. Ainsi se forment des paysages sonores à la fois sages et envoûtants qui font penser aux concerts « Live Evil » de Miles Davis ou à « Band of Gypsys » de Jimi Hendrix. La rapidité inquiétante et l’agressivité du jeu de guitare de Vernon Reid, l’exstase contrôlée de la batterie, jouée par Cindy Blackman qui sait par cœur l’œuvre complète de son idole Tony Williams, plus le groove et les sonorités expérimentales de l’orgue de Medeski caractérisent essentiellement une musique hautement énergétique entre idylle et folie !
Spectrum Road n’est pas le premier groupe à rendre hommage au Tony Williams Lifetime mais certainement le plus violent et le plus assourdissant (voir la discographie en bas). Cette musique de tonnerre est le souvenir le plus convaincant de l’avenir du genre jazzrock, déclaré mort depuis longtemps. Donc, bienvenue à ce groupe d’une qualité rare, et bienvenue à une musicienne-batteuse pleine de séduction qui maintient vivant l’œuvre unique d’un batteur révolutionnaire. Plus, qu’elle est d’une beauté ravissante (jamais vu une qui est encore plus belle que Cindy Blackman-Santana). En tant que mélomane, qu’est-ce qu’on veut encore plus ...
Donnez-vous à la musique semblable à un ouragan du supergroupe Spectrum Road, avec Vernon Reid, John Medeski, Jack Bruce et Cindy Blackman-Santana !
Albums :
a. Spectrum Road :
Spectrum Road (2011) : Spectrum Road. Palmetto Rec.
b. Autres hommages :
Cindy Blackman-Santana (2010) : Another Lifetime. FourQuarters. Trio Beyond (2006) : Saudades. ECM Rec.
c. Œuvres originales du Tony Williams Lifetime :
Tony Williams Lifetime (2011) : Emergency (remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (2011) : Turn it over (enlarged + remastered). Cherry Read/Rough Trade. Tony Williams Lifetime (1999) : Ego. Verve/Universal.
Herbert

"No great surprises, maybe, but it’s good to find he can still deliver." (The Guardian)
Après un long silence discographique, un vieux maître est de retour
Le chanteur-organiste Gregg Allman, petit frère du guitariste légendaire Duane Allman et co-fondateur de The Allman Brothers Band, groupe mythique de rock sudiste (southern rock) des années 70, publie en 2011 son 7ème album solo et son premier depuis Searching For Simplicity (1997). Cet album, intitulé Low Country Blues, mêle les musiques issues surtout du sud des Etats-Unis : country-blues, rhythm’n blues nouvelle-orléanais, bluegrass, memphis-blues, soul et gospel. Avec cet album, Allman, à une voix inchangée, rauque et émouvante comme toujours, revient aux racines en sortant un album de blues, avec seulement un titre original (Just another rider, écrit avec Warren Haynes, actuel guitariste de ABB). Sinon, il ré-interprète des titres empruntés aux plus grands noms du passé : de Muddy Waters et B.B. King à Otis Rush et Sleepy John Estes, de Amos Milburn, Junior Wells et Skip James à Magic Sam et Bobby Bland. Mais, pas de souci, Low Country Blues n’est pas du tout une compilation de "classiques" réputés, au contraire, les morceaux choisis sont plutôt des titres méconnus (à l’exception de I can’t be Satisfied de Muddy Waters).
Gregg Allman, retourné à la source de son inspiration, nous offre un album superbe, classique et moderne à la fois. Au final, cet opus consacré au blues traditionnel plaît aux amateurs du blues en général et aux fidèles (dont moi) de The Allman Brothers Band en particulier.
Le combo : Gregg Allman – voix, B-3, guitare acoustique / Mac Rebennack (alias Dr John) – piano / Doyle Bramhall II – guitares / Denis Crouch – contrebasse / Jay Bellerose – batterie.
Le répertoire : 1. Floating Bridge (Sleepy John Estes), 2. Little by Little (Junior Wells), 3. Devil got my Woman (Skip James), 4. I can’t be Satisfied (Muddy Waters), 5. Blind Man (Bobby Bland), 6. Just another Rider (Allman/Haynes), 7. Please accept my Love (B.B. King), 8. I believe I’ll go back home (trad.), 9. Tears Tears Tears (Amos Milburn), 10. My Love is your Love (Magic Sam), 11. Checking on my Baby (Otis Rush), 12. Rolling Stone (trad.)
L’album : Gregg Allman, Low Country Blues. Rounder Rec. (Universal). 2011.
Herbert
Après un long silence discographique, un vieux maître est de retour
Le chanteur-organiste Gregg Allman, petit frère du guitariste légendaire Duane Allman et co-fondateur de The Allman Brothers Band, groupe mythique de rock sudiste (southern rock) des années 70, publie en 2011 son 7ème album solo et son premier depuis Searching For Simplicity (1997). Cet album, intitulé Low Country Blues, mêle les musiques issues surtout du sud des Etats-Unis : country-blues, rhythm’n blues nouvelle-orléanais, bluegrass, memphis-blues, soul et gospel. Avec cet album, Allman, à une voix inchangée, rauque et émouvante comme toujours, revient aux racines en sortant un album de blues, avec seulement un titre original (Just another rider, écrit avec Warren Haynes, actuel guitariste de ABB). Sinon, il ré-interprète des titres empruntés aux plus grands noms du passé : de Muddy Waters et B.B. King à Otis Rush et Sleepy John Estes, de Amos Milburn, Junior Wells et Skip James à Magic Sam et Bobby Bland. Mais, pas de souci, Low Country Blues n’est pas du tout une compilation de "classiques" réputés, au contraire, les morceaux choisis sont plutôt des titres méconnus (à l’exception de I can’t be Satisfied de Muddy Waters).
Gregg Allman, retourné à la source de son inspiration, nous offre un album superbe, classique et moderne à la fois. Au final, cet opus consacré au blues traditionnel plaît aux amateurs du blues en général et aux fidèles (dont moi) de The Allman Brothers Band en particulier.
Le combo : Gregg Allman – voix, B-3, guitare acoustique / Mac Rebennack (alias Dr John) – piano / Doyle Bramhall II – guitares / Denis Crouch – contrebasse / Jay Bellerose – batterie.
Le répertoire : 1. Floating Bridge (Sleepy John Estes), 2. Little by Little (Junior Wells), 3. Devil got my Woman (Skip James), 4. I can’t be Satisfied (Muddy Waters), 5. Blind Man (Bobby Bland), 6. Just another Rider (Allman/Haynes), 7. Please accept my Love (B.B. King), 8. I believe I’ll go back home (trad.), 9. Tears Tears Tears (Amos Milburn), 10. My Love is your Love (Magic Sam), 11. Checking on my Baby (Otis Rush), 12. Rolling Stone (trad.)
L’album : Gregg Allman, Low Country Blues. Rounder Rec. (Universal). 2011.
Herbert
Salut j'ai une petite demande un peu particuliere , je cherche des chansons sur les etats unis connus ou moins connus , je vais vous ecrire les chansons que j'ai deja en tete comme ca vous verrez se que je veux dire et je compte sur vous pour m'en donner d'autres.
-Born in the USA (bruce springsteen) -leaving in america (james brown) -sweet home alabama (lynyrd skynyrd) -new york new york ( sinatra) -Viva las vegas (elvis)
-Born in the USA (bruce springsteen) -leaving in america (james brown) -sweet home alabama (lynyrd skynyrd) -new york new york ( sinatra) -Viva las vegas (elvis)
Bonjour,
Le mythique groupe les Beatch Boys sort aujourd'hui pour leur 50 ans de carrière un album "That’s why God made the radio" dont nous avons eu l'occasion d'écouté quelques cours extraits et cela nous a fait du bien. Nous nous sommes replongé dans les années 60 et surtout nous avons repensé a notre voyage sur la côte Ouest des USA et plus particulièrement a SF et la Route 1 qui longe le Pacifique. J'ai hâte de pouvoir écouter l'album en entier qui a coup sûr nous suivra lors de notre prochain voyage.🙂
Le mythique groupe les Beatch Boys sort aujourd'hui pour leur 50 ans de carrière un album "That’s why God made the radio" dont nous avons eu l'occasion d'écouté quelques cours extraits et cela nous a fait du bien. Nous nous sommes replongé dans les années 60 et surtout nous avons repensé a notre voyage sur la côte Ouest des USA et plus particulièrement a SF et la Route 1 qui longe le Pacifique. J'ai hâte de pouvoir écouter l'album en entier qui a coup sûr nous suivra lors de notre prochain voyage.🙂










