Bonjour,
Je prépare un reportage sur le tourisme en Iran pour France 2
Je cherche à entrer en contact avec des personnes qui ont décidé de partir à la découverte du pays en sac à dos. En avril ou mai 2014 idéalement.
Contactez-moi si c'est votre cas.
Si vous connaissez des Iraniens qui accueillent des voyageurs étrangers chez eux, ça m'intéresse aussi.
Voici mon mail : amirasouilem@gmail.com
A très vite !
Bonjour a tous,
Nous partons mon frere et moi dans quelques temps, en camion amenagé ( Wolkswagen T5), direction l'Asie du Sud Est ( Laos, cambodge, etc ... ).
On a un itinéraire a peu pres défini mais c'est le passage au moyen orient qui nous pose le plus de probleme. On souhaitait au départ faire Tunisie-->Iran-->Pakistan-->Inde-->etc ... mais il y a tres peu d'infos recentes sur ce genre de périple ( Surtout en camion ).
Nous avons vu pas mal de voyageurs optés par le ferry menant d'iran au émirat arabes unis, puis Oman, puis Inde en bateau.
On hésite fortement, et on cherche quelques conseils avisés =) Merci a vous =)
Nini&Sammo
Nous avons vu pas mal de voyageurs optés par le ferry menant d'iran au émirat arabes unis, puis Oman, puis Inde en bateau.
On hésite fortement, et on cherche quelques conseils avisés =) Merci a vous =)
Nini&Sammo
Hello, voilà les dernières nouvelles de Trabzon et du fameux consulat. Les Français dont moi n'ont pu obtenir que 21 jours. Et encore, au début, ils voulaient me donner que 15 jours. Le montant du visa est de 75 euros la date de validité est de 3 mois à compter de la délivrance.
Les Japonais et Coréens ont eu un visa de 30 jours pour respectivement 60 et 38 euros.
Sinon le consulat à tiqué sur le fait que deux Français voyageait à vélo. C'est interdit d'après eux.
L'ambassade de France m'a répondu et écrit que "Les déplacements en Iran restent déconseillés, et sont à proscrire dans certaines régions, notamment frontalières (frontières irakienne, pakistanaise et afghane). Il n’est donc en tout cas pas possible de traverser l’Iran d’ouest en est, pour des raisons de sécurité."
Si vous avez des questions n'hésitez pas à m'envoyer un message. La suite de mon chemin passera par le Géorgie et l'Arménie...
Laurent
La balade est à découvrir ici : http://asiatrek.skynetblogs.be et sur youtube : http://youtu.be/4bYWrx8fTRM
Les Japonais et Coréens ont eu un visa de 30 jours pour respectivement 60 et 38 euros.
Sinon le consulat à tiqué sur le fait que deux Français voyageait à vélo. C'est interdit d'après eux.
L'ambassade de France m'a répondu et écrit que "Les déplacements en Iran restent déconseillés, et sont à proscrire dans certaines régions, notamment frontalières (frontières irakienne, pakistanaise et afghane). Il n’est donc en tout cas pas possible de traverser l’Iran d’ouest en est, pour des raisons de sécurité."
Si vous avez des questions n'hésitez pas à m'envoyer un message. La suite de mon chemin passera par le Géorgie et l'Arménie...
Laurent
La balade est à découvrir ici : http://asiatrek.skynetblogs.be et sur youtube : http://youtu.be/4bYWrx8fTRM
Est-il possible d'obtenir un visa pour l'Iran à l'aéroport de Téhéran ?
Est-il possible de prolonger ce visa sur place ?
Merci
Hello 🙂
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore. A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
I know... I know that every civilization, every society has a vital need to create scapegoats to define and justify itself, pathetically. And Iran is one of them, top of the list. I laugh or sigh, and it doesn’t bother me.
But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Catherine
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore. A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
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But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Catherine
Bonjour,
Je souhaite vivement aller en Iran l'année prochaine. Malheureusement, ni mon compagnon ni mes amis ne peuvent m'accompagner. Que me recommanderiez-vous : un guide ou une petite agence locale afin de ne pas être tout le temps seule (si oui laquelle ?), passer une annonce pour trouver des compagnons de voyage ?
Enfin quel mois me recommanderiez-vous ?
Un grand merci par avance pour vos réponses...
karine.
Un grand merci par avance pour vos réponses...
karine.

Bonjour,
Nous allons partir en direction de l'Inde en septembre 2013 en camping car (Fiat Ducato aménagé) et j'aurai quelques questions concernant la taxe sur le diesel demandée au poste frontière Turquie Iran:Quel serait le poste frontière le plus recommandé afin d'éviter de payer cette taxe, où tout du moins en payer le moins possible ?Comment est calculé cette taxe et quels justificatifs nous donnent on ?Peut on la marchander ?Peut on l'éviter, et alors qu'elles en seraient les conséquences pour acheter du diesel dans les stations iraniennes ?Questions identiques pour le retour Pakistan Iran ?Si quelques routards ont eu des expériences récentes dans ce domaine, merci de nous répondre.
Nous allons partir en direction de l'Inde en septembre 2013 en camping car (Fiat Ducato aménagé) et j'aurai quelques questions concernant la taxe sur le diesel demandée au poste frontière Turquie Iran:Quel serait le poste frontière le plus recommandé afin d'éviter de payer cette taxe, où tout du moins en payer le moins possible ?Comment est calculé cette taxe et quels justificatifs nous donnent on ?Peut on la marchander ?Peut on l'éviter, et alors qu'elles en seraient les conséquences pour acheter du diesel dans les stations iraniennes ?Questions identiques pour le retour Pakistan Iran ?Si quelques routards ont eu des expériences récentes dans ce domaine, merci de nous répondre.
Je rentre tout juste d’un mois passé seule à circuler en Iran (sans réservation de transport ou d’hôtel). Plutôt que de raconter mon expérience qui n’intéressera que modérément les uns ou les autres, je prefère me tenir à votre disposition pour répondre à telle ou telle question que vous vous poseriez sur mon expérience des hôtels, de l’argent, des rencontres, des tenues vestimentaires, du statut de femme seule, etc.
Je vous propose mon premier carnet de voyage, entre Caucase et Moyen Orient. Plutôt long, j'espère que vous aurez la patience de le lire jusqu'au bout...
Arménie - Iran : récit de voyage
Samedi 30 septembre : Vol matinal Bruxelles - Erevan avec Ukraine International. Rien à redire sur la compagnie (j’avais lu de nombreux avis catastrophiques) : courte escale à Kiev, avions récents et confortables mais aucun service gratuit à bord (ressemble à du low cost). Pour un vol payé 250 € (aller Erevan, retour depuis Téhéran), cela vaut la peine.
Longue attente à l’arrivée à Erevan, mais, ça y est, me voilà arrivé. Excité et anxieux à la fois, il s’agit de mon premier voyage entièrement seul pour une période de 2 semaines, qui plus est dans une région où l’offre touristique est faible. A moi l’inconnu... A la sortie, j’achète directement une carte sim locale et, le taxi que m’avait proposé mon logement AirBnb pour 10€ est là à m’attendre. J’aime ces premiers instant dans un nouveau pays, et ma première impression sur le trajet jusqu’en ville est ce curieux mélange d’ambiance ex-soviétique et d’Orient. Cette impression se renforcera au cours de mon séjour avec en plus, dans la capitale, le constat que ce pays se tourne aussi de plus en plus vers l’occident.
L’accueil à mon logement est formidable et ajoute de la chaleur à cet austère building dans lequel il se trouve. Voulant être au plus près de la population j’ai minutieusement choisi une chambre chez l’habitant (sur AirBnb) et cela aura été un très bon choix, bien qu’un peu plus onéreux : 20€/nuit au lieu de 10€ en hostel. Avant de partir explorer la ville, mon hôte, Shoghik, qui vit là avec sa fille Ellen et son mari, me propose de m'asseoir avec eux et de partager les fruits, l’Halva, le café arménien, les gâteaux, ... disposés sur la table pour mon arrivée.
Je sors prendre le pouls de la ville en commençant par la place de la République puis place de l’Opéra et jusqu’à Cascade. A la tombée de la nuit, tout s’anime : les gens sortent, les rues deviennent bondées, les terrasses se remplissent, les familles sortent dans les parcs et les jeunes se rassemblent. Je suis surpris par tant de vie et d’animation, il fait agréable de se promener dans les rues de la capitale au coucher du soleil. Je me mets alors en quête d’un endroit que l’on m’a conseillé pour aller souper. Cet endroit étant un peu à l’écart et je prends un taxi pour m’y rendre. Ici, personne ou presque ne parle anglais, pour communiquer c’est soit Arménien soit Russe. Comme je ne parle aucun des deux, gestes, sourires et l’aide de Google traduction feront l’affaire…ou pas : me voilà déposé dans un quartier totalement sombre et inanimé, pas le moindre resto en vue. En marchant 10 min je finis par tomber sur un snack qui propose de la délicieuse viande grillée que l’on me sert avec des légumes au goût inouï, des herbes aromatiques et… une bouteille de Vodka. Je suis seul, à l’unique grande table du « restaurant », qui sert aussi probablement de salle à manger pour la famille. En rentrant, Shoghik m’invite à prendre un bol de soupe fumante devant la télé avec elle et Elen.
Dimanche 1er octobre :
Après un petit déjeuner préparé avec beaucoup d’amour, composé de blit (petites crêpes ressemblant à des blinis), d’Afsianka (porridge), de fruits râpés, d’Halva et d’autres gâteaux locaux, je me mets en route vers le marché couvert de la ville. Sur le chemin, le long de cette avenue principale un peu plus éloignée du centre, je retrouve des similitudes avec certaines villes d’Asie à travers cette alternance de bâtiments décrépis et de nouveaux centres commerciaux modernes et ultras kitsch. Le tout, bien entendu, ponctué par le bruit des klaxons et de la circulation infernale. Ma balade dans le marché couvert n’est pas sans me rappeler celui de Kiev, mais, de nouveaux, avec cette touche asiatique en plus. Les étals sont magnifiques et éclectiques : bouquets de fleurs en fruits secs, grands pains plats, miel local et pieds de porc sont au menu.
Marché couvert de Erevan
Fasciné depuis toujours par les trains, je hèle un taxi jusqu’à la gare. L’unique train du jour au départ est à destination de Tbilissi, en Géorgie et mon taximan, persuadé que je désire m’y rendre, rentre dans un long débat en russe pour me convaincre de me conduire lui-même jusque-là. Une fois visité l’imposant bâtiment à l’architecture typiquement soviétique, je prends le métro pour retourner vers le centre-ville et monter sur une des collines de la ville, là où se situe 2 imposants monuments à la gloire du pays et de l’URSS. Une vieille fête foraine que je pensais désaffectée jouxte ces 2 édifices solennels et le contraste est plutôt amusant.
Après avoir flâné là-haut, je me dirige vers la mosquée de la ville, entièrement restaurée. Appelée la « mosquée bleue », et cachée derrière de vieux bâtiments, elle a plutôt fière allure et me donne un petit avant-goût de ce qui m’attend en Iran. Je me repose quelques minutes sur un banc dans le jardin avant d’aller prendre une bière en terrasse en profitant des derniers rayons de soleil. Je me dirigerai ensuite vers un petit resto de cuisine typique du Haut-karabagh : du pain fourré aux herbes aromatiques passé un grill.
Sur le retour, je profiterai de l’animation de la ville, et notamment du spectacle son et lumière aux fontaines de la Place de République. En rentrant le soir chez Shoghik, un souper m’attendra pour compléter mon repas frugal de ce soir. Son mari, chauffeur, et que je n’ai pas encore rencontré, rentre d’un périple avec des clients. Je m’arrange avec lui pour la journée de demain : il me déposera à mon hôtel à Eghegnazor en faisant un stop à Khor Virap, à Areni pour goûter la production de vin local et enfin à Noravank.
Gare de Erevan
Monument "Mère Arménie" à Erevan, et sa fête foraine
Lundi 2 octobre :
Je me réveille avec le bruit de la pluie sur les tôles ondulées du parking en contrebas de ma chambre. La météo s’annonce médiocre et nous nous mettons en route avec Edgar vers 10h00, direction Khor Virap. Après 1h de route et un arrêt d’une demi heure pour faire le plein de gaz liquide (interdiction de rester près du véhicule pendant ce temps), nous arrivons avec le soleil au monastère. Le lieu est majestueux mais je ne verrai rien du Mont Ararat, complètement dans le brouillard. Juste en contrebas, j’observe des paysans travaillant aux champs avec de vieux tracteurs déglingués. Un peu plus loin, s’étend une sorte de no man’s land marquant la séparation avec l’ennemi juré, la Turquie, à moins d’un kilomètre.
Monastère de Khor VIrap
Champs aux alentours de Khor Virap
On se remet en route. Petit à petit, la route alors dans la plaine, s’élève et devient une route de montagne sinueuse. Les paysages s’escarpent et le dernier virage avant un col ouvre la perspective sur un horizon steppe et de pics rocheux à couper le souffle. Quelques maisons sont blotties au creux de petites vallées, formant des hameaux ou le temps semble s’être arrêté. La conduite d’Edgar se fait plus brusque et plus rapide, et celle des autres conducteurs également, jusqu’à frôler l’accident. Nous voilà à 3 sur 2 bandes afin de laisser passer la voiture en face doublant dans un virage sans visibilité. On l’a vraiment échappé belle. Quelques jurons d’Edgar en arménien plus tard, nous arrivons à Areni en même temps que la pluie pour y goûter le vin dans une cave. Pas trop convaincu par ce qu’il m’est offert à goûter, j’achète malgré tout une bouteille pour prendre comme apéro si l’occasion se présente avant mon passage en Iran.
Arrêt sur la route entre Khor Virap et Areni
Edgar commence à s’agiter, alors que je traine un peu dans la cave, il m’attend dans la voiture et klaxonne plusieurs fois pour que je me dépêche. Nous reprenons la route vers le site de Noravank, situé à 20km, à tombeau ouvert. Par chance, la pluie a fait place à des éclaircies. Il y a du monde. Enfin, façon de parler, ça reste l’Arménie. Disons qu’il doit y avoir une trentaine de personnes sur le site, surtout des visiteurs venus à la journée depuis Erevan. Je prends beaucoup de plaisir à explorer les deux églises dans ce cadre fantastique. Ce sera l’une des plus belles visites du pays…qui sera écourtée car Edgar, qui, pressé de rentrer, crie après moi à ma recherche. Manque de chance pour lui, j’ai marché pendant 10 min sur un petit sentier qui monte dans la montagne afin d'avoir une vue de recul sur le monastère et les montagnes rouges et abruptes qui l’entourent. Je prendrai tout mon temps pour redescendre.
Edgar me dépose chez mes nouveaux hôtes, au Shushan B&B (10€/nuit) où je suis accueilli par Arumen, le fils aîné de la famille. Il joue dans le salon avec un ami au backgammon. Je reste là un peu avec eux à les regarder jouer et à essayer de comprendre les règles tout en mangeant des fruits accompagné d’un café arménien. Il est 17h, un rayon de soleil passe par la fenêtre et la pluie s’arrête dehors. Je profite de l’accalmie pour sortir et me diriger vers un vieux pont médiéval enjambant le torrent dans la vallée, un peu plus en contrebas du village. J’avais repéré les lieux dans un vieux livre en noir et blanc dans la bibliothèque de ma chambre.
C’est depuis le carrefour principal de la ville, là où croise la principale route Nord-Sud du pays, que débute le sentier. Ici, se concentrent une pompe à essence, un garagiste et un restaurant, semblant être l’unique point de ravitaillement à 100km à la ronde, conférant à cet endroit une ambiance de far ouest arménien. Après 20 minutes de marche à travers champs, j’arrive jusqu’au au pont de la photo. La vue sur celui ci avec le torrent et les nuages se déchirants sur les montagnes en arrière-plan est remarquable. De là, j’aperçois un homme en train de pêcher avec sa femme. Il me fait signe de les rejoindre à grand renfort de gestse et de mots que je ne comprends pas. Quand j’arrive à sa hauteur, son immense sourire me met de suite en confiance. Il me montre comment il pèche, avec un bout de ficelle attaché à un bâton, puis, d’un hochement de tête, me désigne le maigre produit de sa pêche dans un petit sceau. Alors que je m’apprête à retourner sur mes pas, ils m’invitent à les suivre jusqu’à leur maison, située 200 mètres plus haut à travers champs. Je refuse d’abord poliment plusieurs fois, puis face à leur insistance et leur gentillesse, je finis par accepter.
Pêcheur à Eghegnazor
Ces deux paysans, Ashat et Ushi, semblent vivre totalement coupé du monde. Leur maison consiste en une unique pièce en terre battue ou l’on y mange, dort et cuisine. Dans un coin de la pièce trône une vieille télé à écran cathodique à l’image neigeuse et diffusant un soap opéra bollywoodien sous-titré en cyrillique. Je me vois prié de m’asseoir pendant que le café chauffe. Alors que la femme d’Ashat apporte le café, voilà mon hôte de retour avec des tomates du potager. Il lui fait des gestes en me souriant pour lui montrer qu’il ne veut pas du café. Ashat me fait un clin d’œil et, caché derrière une étagère, il sort une bouteille de vodka dans laquelle il a fait macérer des baies. Ashat semble très amusé et fier de me montrer combien sa vodka est forte et comment on la boit cul-sec dans des petits verres.
Pendant ce temps Ushi apporte le repas : elle commence à sortir de grandes crêpes de pain sec, qu’elle arrose légèrement pour lui redonner sa consistance normale. Ensuite, elle découpe soigneusement en quartier les tomates rapportées par son mari ainsi que des tranches d’un fromages de leur élevage accompagné de piments, poivrons et d’herbes aromatiques : feuilles de menthe, de réglisse, d’anis et d’autres dont je suis incapable d’identifier le goût. Tout a une saveur fabuleuse, les tomates sont juteuses, sucrées et pleine de parfum, jamais avant je n’en avais mangé de telles. Le fromage aussi est extraordinaire et le goût combiné à celui de la tomate et des herbes aromatiques est juste divin. Je n’ai plus faim, mais je Ashat et Ushi m’obligent à manger encore, ils veulent faire honneur à leur invité.
Le temps passe vite, nous ne parlons aucune langue commune, mais nous parlerons tout le repas et toute la soirée. Je ressens une gentillesse et un accueil pur et authentique chez ces gens comme rarement j’en ai rencontré lors d’autres voyages. Entre temps la nuit est tombée. Mes hôtes veulent que je reste dormir là et, à contrecœur, je refuse. Ils ont peur que je me fasse attaquer par des chiens errant sur le retour dans le noir et décident de m’accompagner une partie du chemin. Ils me donnent aussi un grand bâton pour me défendre, si des chiens venaient à m’attaquer. Nous nous disons au revoir et je rentre dormir dans la pension le cœur lourd de les quitter.
Mardi 3 octobre :
Un petit déjeuner typique et du bon café m’attendent. La maman de Arumen vient me saluer, c’est elle qui est aux fourneaux. A 9h00 arrive le taxi que m’avait négocié la famille la veille pour aller visiter les alentours de Eghegnazor pour toute la journée. Mon chauffeur ne parle que Russe et Arménien, et, quand on doit communiquer, il appelle sa femme qui fait la traduction au téléphone. Le soleil est de la partie ce matin et je sais que ça ne durera pas. J’ai envie de retourner à Noravank pour revoir le site avec la lumière matinale, tout seul et sans pression comme la veille. Quand nous arrivons, nous sommes en effet presque seuls, il n’y a qu’un camping-car immatriculé en hollande qui a passé la nuit là. J’en croiserai quelques-uns de ces mobile-home immatriculés en Europe, ce qui est toujours une grande joie pour les locaux de les apercevoir. L’atmosphère matinale à Noravank est surréelle, presque divine, avec ces gros nuages noirs, qui s’accrochent aux montagnes. Ils sont percés de rayons de soleil qui illuminent uniquement les églises du site, comme un rayon divin. Initialement j’avais prévu une randonnée (trouvée sur Wikiloc) qui se termine à Noravank après avoir traversé des gorges profondes. Mais suite aux pluies d’hier et à celles annoncées cet après-midi, on me l’a déconseillé. Je parcours malgré tout les 10 premières minutes à contre sens jusqu’à une source avant de remonter en voiture, direction Eghegis, Arates et environs.

Noravank
Il faut 45 minutes de voiture sur des routes de plus en plus étroites et isolées pour rejoindre ces anciennes églises arméniennes, pour certaines très anciennes et en ruine, nichées dans des alpages à l’aspect de steppes. Je suis surpris de voir la quantité de pièces archéologiques, essentiellement des pierres dans lesquelles sont sculptées des croix et des écritures parfois presque millénaires, et qui sont à terre, sans protection et à la portée de tous qui souhaiterait les emporter.
Arates
Nous mettons ensuite cap sur le Selim Pass, après un bref arrêt plein de gaz liquide et sandwich. La route remonte une vallée, d’abord large, ensuite de plus en plus escarpée. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Le paysage herbeux, totalement jauni après la sécheresse de l’été, sans un seul arbre, consiste en une steppe aride et immense, entourée de sommets. Juste en dessous du col se trouve un des plus ancien et des mieux préservé caravansérail (Caravansérail de Sélim) de la route de la soie, ce qui était le but premier de mon ascension. Je suis excité d’aller visiter cet ancien lieu d’accueil des marchands de l’époque et de leurs montures sur leur route vers l’Orient lointain. C’est mon intérêt pour la route de la soie qui m’a amené à vouloir découvrir ces contrées, notamment après la lecture du livre de Bernard Ollivier « la longue marche ». Le caravansérail est presque intact et orné d’écritures arméniennes et arabes. A l’intérieur on peut facilement identifier les pièces de vie des hommes et des bêtes, mais aussi des espaces de vente. Un marchand vend du miel, des alcools locaux et des herbes aromatiques. Il parle le français, ce qui est très rare par ici. Je lui achète un petit pot de miel puis prenons la route pour redescendre de l’autre côté du col, jusqu’au lac Sevan et au cimetière de Noraduz, réputé pour ses khatchkars. A présent le ciel est bas, gris et il tombe une fine pluie glaciale. Plus haut sur les sommets, une couche blanche apparaît : ce sont les premières neiges de l’année. Le lac Sevan, que j’ai vu d’un bleu éclatant sur les cartes postales à Erevan, a la même couleur que le ciel et se tient le long de la route déglinguée traversant des villages vides et sales. Le tout transpire d’une ambiance cafardeuse. Je me promène rapidement à travers les khatchkars, qui sont des stèles commémoratives de près de 2 mètres de haut et sur lesquelles sont représentées des scènes de la vie quotidienne de l’époque. Pour quelques Drams, une vieille dame m’explique la signification des représentations sculptées sur les stèles principales, ce qui donne un peu de vie à ce cimetière sous la grisaille. Nous repassons le col dans l’autre sens, là-haut le vent souffle et la température tombe à 0 degré. Je peux sentir le froid passer à travers vitres mal isolées de la vielle Lada aux pneus lisses. En perdant de l'altitude la météo se fait plus clémente et j'observe que mon chauffeur se détend. Après la visite d’une énième église et un bref passage chez un bijoutier pour changer des euros, mon taxi me dépose à ma pension. Nous nous reverrons demain pour le chemin jusqu’à Goris car il n’y a pas de marshrutka sur cet axe demain, ou alors de façon très incertaine.
Lorsque je rentre, un couple d’allemand vient juste de s’installer à la pension. Nous passons le début de soirée tous ensemble avec les enfants avant d’aller manger dans un resto que nous recommande nos hôtes, le long de la « Motorway 2 » (comprendre « la route défoncée vers le sud »). Plutôt sympas, ils m’offrent le repas et la bière. Ils m’expliquent aller eux aussi en Iran par après, mais en avion, faute d’avoir obtenu le visa à temps (obligatoire pour le passage terrestre mais délivré à l’aéroport). Nous rentrons dans le noir à la lumière de nos frontales sous la bruine glaciale et ouvrons la bouteille de vin que j’ai achetée et que nous finirons à 2 avec Micha car Hannah m’apprend qu’elle est enceinte. Je trouverai rapidement le sommeil…
Mercredi 4 octobre:
Après un petit déjeuner vite avalé et avoir fait mes adieux, je me mets en route vers Goris avec mon taxi de la veille. Les nuages de pluie de hier s’ouvrent et se déchirent à présent en lambeaux sur la pointe des sommets et des collines environnants. Il a fait froid cette nuit, et les timides éclaircies laissent entrevoir les alpages saupoudré d’une fine couche blanche de neige fraîche. Le contraste de la blancheur étincelante de la neige avec le jaune des herbes brûlées de la steppe, sur le fond de nuages s’écharpant sur les pics rocheux, est magique. A travers les minces espaces de ciel bleu fusent quelques rayons soleil réchauffant l’atmosphère et les teintes froides du paysage. La route zigzague en larges virages dans le fond de l’ample vallée, monte est descend en laissant apercevoir, au détour d’une courbe ou d’un petit col, le long ruban foncé d’asphalte s’étirant à la l’infini vers un banc de brouillard. En chemin, nous faisons halte à Jermuk, station thermale dont le nom s’étale sur toutes les bouteilles d’eau minérale du pays et dont les façades neuves des bâtiments et la signalisation existante au bord de la route lui confère un aspect chic. Jermuk, également station de ski construite par les russes à l’époque, verra sous peu ses hôtels remplis par les skieurs. L’air est piquant et, avant de rejoindre la voiture, je me réchauffe les mains avec une bouteille d’eau vide que je rempli à une source d’où jaillit de l’eau à 55 degrés.
Neige fraîche au Vorotan Pass avant Goris
La route se poursuit avec le passage du Vorotan Pass. Ici les nuages s’accrochent et la route est à présent totalement enneigée. Elle le restera jusqu’à proximité de Goris. J’avais convenu avec mon chauffeur qu’il me dépose au téléphérique pour Tatev (le “Wings of Tatev”), mais vu la neige et le brouillard je décide qu’il est inutile de monter là haut et nous poursuivons jusqu’à Goris où je me fais déposer à l’auberge de jeunesse (Eden Hostel & Guesthouse, 9€/nuit). Il fait glacial dehors et tout autant à l’intérieur lorsque je rentre dans le hall de l'auberge. Se tient là, debout et raide comme la justice, un jeune de mon âge et qui attend depuis 15 minutes que quelqu’un de la réception vienne l'accueillir. Nous trouvons un mot de la réceptionniste avec un numéro auquel appeler en cas d’absence. 5 minutes plus tard une dame sympa, mais avec qui la capacité à communiquer est limitée, nous montre notre dortoir et nous amène un radiateur électrique plus que bienvenu.
Nous ressortons presque immédiatement à la recherche d’un endroit où manger. Je fais plus ample connaissance avec Ido, il est israélien et est un ancien officier de l'armée. Il ne mange pas casher à proprement parler, mais suit malgré tout certaines règles alimentaires, comme celles de ne pas manger de porc et de ne pas mélanger les produits laitier avec de la viande. Du coup, ça restreint pas mal les possibilités des lieux ou se sustenter, surtout dans dans un pays comme l’Arménie et d’autant plus dans un bled comme Goris. Finalement, un kebab d’agneau avec du riz fera l’affaire. A cet instant, je n’ai pas encore conscience que ce menu constituera, jusqu’à l’écœurement parfois, à peu près l’essentiel, la variété de viande mise à part, de mon régime alimentaire iranien.
Alors que Ido, qui déteste déjà ce temps gris, froid et maussade qui lui est pourtant inconnu dans ses contrées septentrionales, rentre à l’auberge se reposer et se connecter au Wifi, je m’en vais explorer le vieux Goris. Le vieux Goris est en fait le pendant de Kandovan, en Iran. Des habitations troglodytes creusée dans du tuf, faisant fortement penser à la Cappadoce. Mais la tête enfouie sous ma capuche, les mains frigorifiées et les pieds mouillés, le charme opère peu et je me précipite dans le premier bistrot ouvert que je croise. Un café pour me réchauffer le corps et deux Kilika de 66cl (bière locale) pour me réchauffer le cœur.
Quand je rentre à l’auberge, Ido a fait connaissance avec une nouvelle arrivée qui partage notre chambre: Anna, qui est Moscovite. On fait passer le temps en jouant aux cartes dans la cuisine en buvant du thé bien chaud. Tous les trois, nous souhaitons aller demain visiter le monastère de Tatev et arrangeons un taxi avec l’auberge. Finalement, un invité surprise de dernière minute, un compagnon de voyage que Ido a croisé en Géorgie 1 mois auparavant et qui se trouve par hasard dans la taverne du village ou nous allons souper, s’ajoutera à nous pour l’aventure du lendemain.
Jeudi 5 octobre:
La Lada bleue clinquante édition spéciale rideau de fer nous attend fièrement devant l’hostel. Notre chauffeur, dont le sourire est aussi brillant que les enjoliveurs chromés de son ancêtre, discute du prix et de l’itinéraire en russe avec Anna et la gérante de l’auberge. Finalement, on ne va pas se contenter de Tatev, on va pousser jusqu’à Sisian, pour aller voir Karahunj, le Stone Age local, mais aussi une cascade, le monastère de Vorotnavank et un vieux pont menant au lac de Shamb. J’avais initialement l’intention de prendre la marshrutka de 13 ou 15 heures jusqu’à Kapan puis Meghri pour passer la frontière iranienne le lendemain matin tôt.Mais l'itinéraire alléchant et la joie de partager cette aventure aux allures de road trip avec mes nouveaux amis me plait plus.
Je resterai donc une nuit de plus dans ce lit dont le confort relève plus du hamac, tant il est creusé. Mais ça n’a pas la moindre importance. Je suis assis à l’arrière, écrasé contre la fenêtre. A cinq dans cette voiture, en comparaison, voyager avec Ryanair relève du luxe ultime. Je rigole intérieurement du groupe éclectique que nous formons en route vers “on ne sait pas vraiment où”. Vingt quatre heures auparavant nous étions encore de parfaits inconnus, et maintenant nous voilà tel un groupe de pote qui se connaît depuis toujours. Il n’y a qu’en voyage que ce genre de dynamique de groupe se crée.
Compagnons de voyage et taxi Lada clinquant
Le soleil brille de mille feux ce matin. Fini la grisaille et la pluie. En revanche il a neigé la nuit sur les hauteurs, et au premier col que la route franchi, il y a une petite accumulation de quelques centimètres. Le paysage blanchi est spectaculaire, et nous sommes tous ébahi devant tant de beauté. Pour les deux autres garçons, c’est presque une première de voir de la neige, ou, en tout cas, d’en voir de si près. Ils ont fait arrêter le taxi pour pouvoir toucher la neige et, tels des gamins, s’amusent à lancer des boules de neige. Ce qui fait bien poiler notre chauffeur, blasé des hivers glacials qui peuvent sévir dans la région (jusqu’à - 40 °c paraît-il). Peu après s’être remis en route, nous croisons des bergers en transhumance qui envahissent la route avec leurs vaches. Perchés sur leurs chevaux pour guider le troupeau, ils ont des airs de cow-boy du far-ouest. J’en profite pour les prendre en photo avec le paysage désolé en arrière plan.
Transhumance
Nous poursuivons ensuite jusqu’à Karahunj. Il y a plus de monde par ici, mais pour que l’endroit ait vraiment de l'intérêt, il faudrait un guide, sinon ce n’est qu’un champ où se trouvent des pierres levées sans logique apparente. J’en profite pour prendre un café dans une roulotte et nous échangeons quelques mots avec un homme accoutré comme pour aller gravir l’Everest. Soudain, choc des civilisations: l’homme demande à Ido d’où il vient. L’Israélien répond à l’homme qui lui répond à son tour “alors c’est donc toi mon ennemi juré ? Je suis Iranien”, avec un air rieur traduisant qu’il n’en pense rien. S’en suivra ensuite dans la voiture une discussion sur les problèmes entre les deux pays.
D’ailleurs, sur ces routes du grand Sud arménien, l’Iran commence à se faire plus présente: nous croisons de nombreux camions immatriculés en Iran mais aussi des pancartes de restaurants ou de garages le long de la route où la traduction n’est plus en Russe mais en Persan. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au bord d’une belle cascade. Avec les pluies des jours précédents, il y a du débit, ce qui la rend imposante. Après les selfies de rigueur, nous nous réentassons dans la vieille Lada en route vers le monastère de Vorotnavank. Il est parfaitement bien préservé et vraiment imposant, le long d’une petite route dans une nature intacte. Avant de poursuivre vers Tatev, nous faisons un long détour par une vallée traversée par un vieux pont et menant à un joli lac entouré de hauts plateaux.
Sur la route
Monastère de Vorotnavank
Vieux pont menant au lac de Shamb, proche de Sisian
Le lieux de départ du téléphérique pour Tatev est en contraste total avec le reste du pays: moderne et blinquant. D’un coup, on se croirait téléporté en Suisse. Nous achetons nos tickets par carte de crédit pour un départ à 15h30, soit 45 minutes plus tard. En attendant, on en profite pour se restaurer un peu devant la vue sur la vallée en contrebas. On loupe notre départ et devons changer notre billet. Le monastère de Tatev est très beau, mais j’ai déjà vu tellement d’églises arméniennes et de monastères que je suis un peu blasé. Je m’éloigne un peu pour avoir une vue avec du recul avec le montagnes enneigées de l’Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh au loin. Initialement, j’avais prévu de redescendre à pieds en passant par le pont suspendu et les sources chaudes, mais l’heure tardive et la météo des jours précédent contrediront mes projets. Nous rentrons doucement à Goris et allons souper ensemble des plats locaux à la taverne du village, à côté de l'hôtel Goris.
Tatev
Vendredi 6 octobre:
La marshrutka vers le Sud ne passera pas avant 13h et, comme j’ai déjà un hôtel réservé et payé à Jolfa, et que je veux passer la frontière iranienne le plus tôt possible dans la journée, je demande au taxi d’hier de me conduire jusqu’à Agarak, au poste frontière. Je n’ai jamais autant pris de taxi en voyage qu’en Arménie. Mais la rareté des transports publiques dans le Sud et l’isolement de certains endroits ne me laisse pas d'autre choix. Et puis, ça me donne l'occasion de m'arrêter quand je veux pour admirer les paysages ou de faire des détours par des petits villages en dehors de l’axe principal.
Je fais mes adieux à Anna et Ido. Anna remontera au Nord vers Areni, pour aller à la fête du vin, en stop avec des Argentins séjournant dans l’autre dortoir de l'auberge. Avant de se séparer elle m'apprendra quelques mots de base en russe pour communiquer avec le conducteur. Ido, quant à lui, passera quelques jours par Erevan avant d’aller prendre son vol retour à Tbilissi.
J’embarque donc dans la Lada d’hier, à l’avant cette fois ci, en route vers le Sud et l’Iran. Mon chauffeur a pris sa femme avec, j’ai cru comprendre qu’elle n'avait jamais été jusque là et qu’elle est curieuse de découvrir une autre part de son pays. Les paysages changent petit à petit, les panoramas steppiques font place à une forêt dense puis à des paysages plus alpins, avec le franchissement du col de Meghri à 2535 mètres. Au loin, on aperçoit déjà les premières montagnes d’Iran. A la descente, le décor change, tout devient plus aride et plus sec.
A l’arrière, la femme de mon chauffeur m’a gentiment préparé des sandwiches pour ne pas que je reste le ventre vide. Comme un dernier geste d’hospitalité à l’arménienne avant de rentrer dans un nouvel univers inconnu. Plus nous approchons de l’Iran et plus le thermomètre augmente drastiquement. Alors que le Meghri Pass était couvert de neige, nous croisons un panneau indiquant 25 degrés en traversant Meghri. Et soudain, nous débouchons dans une vallée. D’un seul coup, il n’y a plus d’herbe, plus d’arbre, plus de couleur. Les collines bien que plus basses se font abruptes, brisées, rocailleuses et d’une couleur aussi sombre que de la pierre de volcan. L’univers dans lequel nous entrons est radicalement différent de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant: lunaire et inhospitalier. Sur la gauche de la route, l’accès est barré par des barbelés tout du long, et quelques miradors ponctuent le chemin. De l'autre côté des barbelés coule l’Araxe, et sur la rive d’en face s’étend la République Islamique l’Iran. Cette arrivée progressive sur l’Iran avec l’apparition soudaine de ces terres désertiques sonne comme une mise en garde. Je suis impressionné et ressens un mélange d’excitation, de me retrouver à ce point précis du globe, et d’anxiété quant à ce qui m’attend de l’autre côté.
En route vers l'Iran, arrivée sur Kapan
Ils me regardent affectueusement m’éloigner du taxi et, après un dernier signe de la main à mon chauffeur et sa femme, je passe le portail d’accès aux douanes arméniennes. Quelques camions sont garés là, en attente de leur passage sur l’autre rive. Nous sommes vendredi, l’équivalent de notre dimanche en Iran, et tout est plutôt calme. Quelques chauffeurs de taxi attendent le client et des enfants revendent des cartes sim prépayées. D’autres boivent du thé dans le grand hall qui fait aussi office de bar. Je suis apparemment le seul à traverser la frontière car un fonctionnaire vient ouvrir exprès pour moi le guichet. Quelques questions d’usages et un coup de tampon plus tard, me voilà officiellement sorti d’Arménie.
A la sortie du bureau des douanes, une large route mène jusqu’à un pont au dessus de l’Araxe. Il y a la possibilité d’emprunter des voiturettes de golf pour franchir ce no man’s land de 500 mètres entre les deux pays, mais l’instant est solennel et je préfère en savourer pleinement chaque seconde. L’envie de faire perdurer un peu ce moment l’emporte sur mon empressement d’entrer en Iran. L’entrée Nord du pont, côté Arménien donc, est gardée par un soldat Russe qui contrôle une dernière fois mon passeport. Les rambardes du pont sont peintes de gris jusqu’à exactement la moitié, devenant blanches, rouges et vertes ensuite pour symboliser le changement de pays. En dessous, coule le torrent boueu. De l’autre côté, un jeune soldat tout mince m'accueille d’un “Salam”, mon premier Salam, et m’indique vers où me diriger. Au pied du poste frontière, dans lequel je m’engouffre, trône fièrement un immense drapeau iranien repérable des kilomètres à la ronde.
Mon visa en poche, le passage en douane est très rapide jusqu'à ce que, avant de récupérer mon sac sortant de la machine à rayon X, un homme, apparemment haut gradé, me demande de le suivre dans son bureau. Ce doit être le chef des douanes, car il est en chaussette dans le salon adjacent à son bureau, richement décoré de tapis persans. Il me pose toute une série de questions sur mes connaissances à propos de l’Iran et de la raison de mon voyage dans ces contrées reculées, loin des zones touristiques telles que Shiraz ou Ispahan. Apparemment convaincu par mes réponses, il me remet enfin mon passeport, à deux mains, en me souhaitant la bienvenue en Iran. Je ressors de là un peu déboussolé: était-ce de simples questions d’usages ou bien ma présence ici est-elle réellement source de suspicions ? Bien que je chasse rapidement ces pensées de ma tête, un léger malaise me poursuivra pour le reste de la journée.
Tout est extrêmement calme ici. Je change les Drams arménien qu’il me reste en Rials, ainsi qu’une centaine d’euros. Me voilà à présent multi millionnaire. Il n’y a que très peu de savari dans la vallée de l’Araxe, et, de surcroît nous sommes vendredi. Je n’ai à nouveau d’autre choix que de négocier un taxi. Avant d’aller à Jolfa, 70 km plus à l’Ouest, je souhaite faire le détour par le vieux petit village d’Ushtabin, 30 km à l’Est du poste frontière. Le changement d’ambiance est radical avec l’Arménie, essentiellement dans l’attitude des gens. Ils sont tout aussi gentils et chaleureux, mais nettement plus extraverti et moins repliés sur eux-mêmes. J’avais ressenti le même décalage, à une échelle beaucoup plus forte, en passant d’Israël en Palestine il y a quelques années. Mon chauffeur s'arrêtera vingt fois entre la frontière et Ushtabin pour prendre des gens au bord de la route, parler avec des connaissances, aller acheter des fruits ou encore embarquer ou livrer des colis. A plusieurs reprises nous amènerons de jeunes soldats d’un village à l’autre.
La route longe tout du long le cours de l’Araxe. La zone est stratégique d’un point de vue géopolitique et potentiellement explosive car juste en face se trouve, en alternance, l’enclave Azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux pays en guerre. J'aperçois de loin miradors, bases militaires et canons anti aérien. Mais aussi des villages animés, des voitures et même un train de passager. Il est étonnant de pouvoir entrevoir de si près ces mondes qui se haïssent mutuellement, et pourtant s'ils savaient comme, vu d’ici, à quel point ils se ressemblent. De mon côté de la frontière, bien que la route soit ponctuée de fortins poussiéreux et de soldats retranchés, mitraillette en bandoulière, derrière des sac de sable, l’ambiance semble plus détendue. L’Iran, pays ami des deux autres, n’a, a priori, rien à craindre.
Après un carrefour avec l’axe principal, la route se fait plus étroite et prend de la hauteur. Nous arrivons peu après au village. Il est construit sur les pentes d’une colline. Toutes les maisons aux toits plats sont construites en argile et serrées les unes contre les autres dans un labyrinthe de petites ruelles pavées. Quelques enfants jouent dans les rues et sont surpris par la présence d’un étranger. Mes quelques mots de Farsi les surprennent autant que ça les fait marrer. Plus tard, j’apprendrai que dans toute la province les habitants parlent l’Azéri et non le Farsi, parfois source de difficulté avec le gouvernement qui refuse de reconnaître la langue comme officielle.
Dans ce petit village le temps semble s’être arrêté: un homme transporte du fourrage sur son âne tandis que les femmes lavent le linge ensemble dans de grandes bassines. De retour au taxi, nous nous mettons en route à toute vitesse vers Jolfa. A 140km/h dans la vallée de l’Araxe j’ai à peine le temps d’admirer les paysages de dingues tout autour de moi. En chemin, nous nous arrêtons dans un bouiboui pour dévorer un délicieux kebab, avant de reprendre la route accompagnés de deux soldats et d’un étudiant à l’arrière.
Un homme transporte du fourrage sur son âne
Après m’être installé dans ma chambre à Jolfa pour deux nuit (Tourist Inn, 30€/nuit), je pars explorer les alentours. Jolfa est une zone franche économique, on y trouve une foule de boutiques. D’autant plus que le poste frontière Azéri se situe en plein centre ville, ce qui favorise les commerces en tous genres. D’ailleurs, beaucoup de magasins ont leurs enseignes écrites en Azéri, mais le plus surprenant est la présence d’un Domino’s Pizza, chaîne de fast-food américaine. J’avais repéré à l’entrée de la ville un pont ferroviaire situé à côté d’un mémorial ou des gens se prenaient en photo et je décide de poursuivre jusque là a pied.
C’était sans compter sur Payman, un automobiliste qui passe par là et qui tient absolument à me déposer là où je vais. Avec sa femme et son fils, il m’explique la signification du mémorial et prend des selfies de nous, sous le regard attentif des deux soldats qui gardent le pont depuis un mirador placé au dessus des rails. Ce pont, qui permet aux trains marchandises venant de Turquie d’amener leur cargaison en Iran via l’Azerbaïdjan est un lieu stratégique bien gardé. Payman insiste ensuite pour m'emmener faire du shopping, et ne me laisse pas l’occasion de refuser. Bien que j’aie appliqué la règle du Taroof, qui veut que l’on refuse plusieurs fois une offre avant de l’accepter, me voilà malgré moi dans sa voiture sur les grands axes de circulation à l’extérieur de Jolfa. Je suis surpris par la modernité: de nombreux centre commerciaux design et flambant neuf remplis grandes enseignes américaines et internationales. Apparemment, l’embargo américain ne s’est pas invité jusqu’à ce mini Dubaï Iranien. A l'extérieur les voies rapides sont bondées, entretenues et décorées pour le mois d’Achoura, rien avoir avec l’image glauque et poussiéreuse que l’on a de l’Iran en Occident. Même si, bien entendu, ce lieu n’est pas représentatif de l’Iran en général. Payman insiste pour me payer quelques chose, je refuse, il insiste, je refuse, il insiste… Je finis par prendre ce qu’il y a de moins cher dans le magasin: un tube de dentifrice. Payman est fier comme Artaban de présenter son nouveau pote européen à tout qui veut bien l’entendre aux caisses. Spontanément les “Welcome in Iran” fusent et je me vois invité à prendre leur numéro de portable “au cas où j’aurais besoin d’aide”. Finalement, Payman qui rentre ensuite sur Tabriz, me dépose à mon hôtel et je ressors immédiatement manger juste en face. De toute façon je ne comprends rien à la carte écrite uniquement de ces belles arabesques persanes et je choisis un kebab au hasard. Le ventre plein, fatigué, je rentre dormir. Ca aura été une longue et intense journée.
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Arménie - Iran : récit de voyage
Samedi 30 septembre : Vol matinal Bruxelles - Erevan avec Ukraine International. Rien à redire sur la compagnie (j’avais lu de nombreux avis catastrophiques) : courte escale à Kiev, avions récents et confortables mais aucun service gratuit à bord (ressemble à du low cost). Pour un vol payé 250 € (aller Erevan, retour depuis Téhéran), cela vaut la peine.
Longue attente à l’arrivée à Erevan, mais, ça y est, me voilà arrivé. Excité et anxieux à la fois, il s’agit de mon premier voyage entièrement seul pour une période de 2 semaines, qui plus est dans une région où l’offre touristique est faible. A moi l’inconnu... A la sortie, j’achète directement une carte sim locale et, le taxi que m’avait proposé mon logement AirBnb pour 10€ est là à m’attendre. J’aime ces premiers instant dans un nouveau pays, et ma première impression sur le trajet jusqu’en ville est ce curieux mélange d’ambiance ex-soviétique et d’Orient. Cette impression se renforcera au cours de mon séjour avec en plus, dans la capitale, le constat que ce pays se tourne aussi de plus en plus vers l’occident.
L’accueil à mon logement est formidable et ajoute de la chaleur à cet austère building dans lequel il se trouve. Voulant être au plus près de la population j’ai minutieusement choisi une chambre chez l’habitant (sur AirBnb) et cela aura été un très bon choix, bien qu’un peu plus onéreux : 20€/nuit au lieu de 10€ en hostel. Avant de partir explorer la ville, mon hôte, Shoghik, qui vit là avec sa fille Ellen et son mari, me propose de m'asseoir avec eux et de partager les fruits, l’Halva, le café arménien, les gâteaux, ... disposés sur la table pour mon arrivée.
Je sors prendre le pouls de la ville en commençant par la place de la République puis place de l’Opéra et jusqu’à Cascade. A la tombée de la nuit, tout s’anime : les gens sortent, les rues deviennent bondées, les terrasses se remplissent, les familles sortent dans les parcs et les jeunes se rassemblent. Je suis surpris par tant de vie et d’animation, il fait agréable de se promener dans les rues de la capitale au coucher du soleil. Je me mets alors en quête d’un endroit que l’on m’a conseillé pour aller souper. Cet endroit étant un peu à l’écart et je prends un taxi pour m’y rendre. Ici, personne ou presque ne parle anglais, pour communiquer c’est soit Arménien soit Russe. Comme je ne parle aucun des deux, gestes, sourires et l’aide de Google traduction feront l’affaire…ou pas : me voilà déposé dans un quartier totalement sombre et inanimé, pas le moindre resto en vue. En marchant 10 min je finis par tomber sur un snack qui propose de la délicieuse viande grillée que l’on me sert avec des légumes au goût inouï, des herbes aromatiques et… une bouteille de Vodka. Je suis seul, à l’unique grande table du « restaurant », qui sert aussi probablement de salle à manger pour la famille. En rentrant, Shoghik m’invite à prendre un bol de soupe fumante devant la télé avec elle et Elen.
Dimanche 1er octobre :
Après un petit déjeuner préparé avec beaucoup d’amour, composé de blit (petites crêpes ressemblant à des blinis), d’Afsianka (porridge), de fruits râpés, d’Halva et d’autres gâteaux locaux, je me mets en route vers le marché couvert de la ville. Sur le chemin, le long de cette avenue principale un peu plus éloignée du centre, je retrouve des similitudes avec certaines villes d’Asie à travers cette alternance de bâtiments décrépis et de nouveaux centres commerciaux modernes et ultras kitsch. Le tout, bien entendu, ponctué par le bruit des klaxons et de la circulation infernale. Ma balade dans le marché couvert n’est pas sans me rappeler celui de Kiev, mais, de nouveaux, avec cette touche asiatique en plus. Les étals sont magnifiques et éclectiques : bouquets de fleurs en fruits secs, grands pains plats, miel local et pieds de porc sont au menu.
Marché couvert de ErevanFasciné depuis toujours par les trains, je hèle un taxi jusqu’à la gare. L’unique train du jour au départ est à destination de Tbilissi, en Géorgie et mon taximan, persuadé que je désire m’y rendre, rentre dans un long débat en russe pour me convaincre de me conduire lui-même jusque-là. Une fois visité l’imposant bâtiment à l’architecture typiquement soviétique, je prends le métro pour retourner vers le centre-ville et monter sur une des collines de la ville, là où se situe 2 imposants monuments à la gloire du pays et de l’URSS. Une vieille fête foraine que je pensais désaffectée jouxte ces 2 édifices solennels et le contraste est plutôt amusant.
Après avoir flâné là-haut, je me dirige vers la mosquée de la ville, entièrement restaurée. Appelée la « mosquée bleue », et cachée derrière de vieux bâtiments, elle a plutôt fière allure et me donne un petit avant-goût de ce qui m’attend en Iran. Je me repose quelques minutes sur un banc dans le jardin avant d’aller prendre une bière en terrasse en profitant des derniers rayons de soleil. Je me dirigerai ensuite vers un petit resto de cuisine typique du Haut-karabagh : du pain fourré aux herbes aromatiques passé un grill.
Sur le retour, je profiterai de l’animation de la ville, et notamment du spectacle son et lumière aux fontaines de la Place de République. En rentrant le soir chez Shoghik, un souper m’attendra pour compléter mon repas frugal de ce soir. Son mari, chauffeur, et que je n’ai pas encore rencontré, rentre d’un périple avec des clients. Je m’arrange avec lui pour la journée de demain : il me déposera à mon hôtel à Eghegnazor en faisant un stop à Khor Virap, à Areni pour goûter la production de vin local et enfin à Noravank.
Gare de Erevan
Monument "Mère Arménie" à Erevan, et sa fête foraineLundi 2 octobre :
Je me réveille avec le bruit de la pluie sur les tôles ondulées du parking en contrebas de ma chambre. La météo s’annonce médiocre et nous nous mettons en route avec Edgar vers 10h00, direction Khor Virap. Après 1h de route et un arrêt d’une demi heure pour faire le plein de gaz liquide (interdiction de rester près du véhicule pendant ce temps), nous arrivons avec le soleil au monastère. Le lieu est majestueux mais je ne verrai rien du Mont Ararat, complètement dans le brouillard. Juste en contrebas, j’observe des paysans travaillant aux champs avec de vieux tracteurs déglingués. Un peu plus loin, s’étend une sorte de no man’s land marquant la séparation avec l’ennemi juré, la Turquie, à moins d’un kilomètre.
Monastère de Khor VIrap
Champs aux alentours de Khor VirapOn se remet en route. Petit à petit, la route alors dans la plaine, s’élève et devient une route de montagne sinueuse. Les paysages s’escarpent et le dernier virage avant un col ouvre la perspective sur un horizon steppe et de pics rocheux à couper le souffle. Quelques maisons sont blotties au creux de petites vallées, formant des hameaux ou le temps semble s’être arrêté. La conduite d’Edgar se fait plus brusque et plus rapide, et celle des autres conducteurs également, jusqu’à frôler l’accident. Nous voilà à 3 sur 2 bandes afin de laisser passer la voiture en face doublant dans un virage sans visibilité. On l’a vraiment échappé belle. Quelques jurons d’Edgar en arménien plus tard, nous arrivons à Areni en même temps que la pluie pour y goûter le vin dans une cave. Pas trop convaincu par ce qu’il m’est offert à goûter, j’achète malgré tout une bouteille pour prendre comme apéro si l’occasion se présente avant mon passage en Iran.
Arrêt sur la route entre Khor Virap et AreniEdgar commence à s’agiter, alors que je traine un peu dans la cave, il m’attend dans la voiture et klaxonne plusieurs fois pour que je me dépêche. Nous reprenons la route vers le site de Noravank, situé à 20km, à tombeau ouvert. Par chance, la pluie a fait place à des éclaircies. Il y a du monde. Enfin, façon de parler, ça reste l’Arménie. Disons qu’il doit y avoir une trentaine de personnes sur le site, surtout des visiteurs venus à la journée depuis Erevan. Je prends beaucoup de plaisir à explorer les deux églises dans ce cadre fantastique. Ce sera l’une des plus belles visites du pays…qui sera écourtée car Edgar, qui, pressé de rentrer, crie après moi à ma recherche. Manque de chance pour lui, j’ai marché pendant 10 min sur un petit sentier qui monte dans la montagne afin d'avoir une vue de recul sur le monastère et les montagnes rouges et abruptes qui l’entourent. Je prendrai tout mon temps pour redescendre.
Edgar me dépose chez mes nouveaux hôtes, au Shushan B&B (10€/nuit) où je suis accueilli par Arumen, le fils aîné de la famille. Il joue dans le salon avec un ami au backgammon. Je reste là un peu avec eux à les regarder jouer et à essayer de comprendre les règles tout en mangeant des fruits accompagné d’un café arménien. Il est 17h, un rayon de soleil passe par la fenêtre et la pluie s’arrête dehors. Je profite de l’accalmie pour sortir et me diriger vers un vieux pont médiéval enjambant le torrent dans la vallée, un peu plus en contrebas du village. J’avais repéré les lieux dans un vieux livre en noir et blanc dans la bibliothèque de ma chambre.
C’est depuis le carrefour principal de la ville, là où croise la principale route Nord-Sud du pays, que débute le sentier. Ici, se concentrent une pompe à essence, un garagiste et un restaurant, semblant être l’unique point de ravitaillement à 100km à la ronde, conférant à cet endroit une ambiance de far ouest arménien. Après 20 minutes de marche à travers champs, j’arrive jusqu’au au pont de la photo. La vue sur celui ci avec le torrent et les nuages se déchirants sur les montagnes en arrière-plan est remarquable. De là, j’aperçois un homme en train de pêcher avec sa femme. Il me fait signe de les rejoindre à grand renfort de gestse et de mots que je ne comprends pas. Quand j’arrive à sa hauteur, son immense sourire me met de suite en confiance. Il me montre comment il pèche, avec un bout de ficelle attaché à un bâton, puis, d’un hochement de tête, me désigne le maigre produit de sa pêche dans un petit sceau. Alors que je m’apprête à retourner sur mes pas, ils m’invitent à les suivre jusqu’à leur maison, située 200 mètres plus haut à travers champs. Je refuse d’abord poliment plusieurs fois, puis face à leur insistance et leur gentillesse, je finis par accepter.
Pêcheur à EghegnazorCes deux paysans, Ashat et Ushi, semblent vivre totalement coupé du monde. Leur maison consiste en une unique pièce en terre battue ou l’on y mange, dort et cuisine. Dans un coin de la pièce trône une vieille télé à écran cathodique à l’image neigeuse et diffusant un soap opéra bollywoodien sous-titré en cyrillique. Je me vois prié de m’asseoir pendant que le café chauffe. Alors que la femme d’Ashat apporte le café, voilà mon hôte de retour avec des tomates du potager. Il lui fait des gestes en me souriant pour lui montrer qu’il ne veut pas du café. Ashat me fait un clin d’œil et, caché derrière une étagère, il sort une bouteille de vodka dans laquelle il a fait macérer des baies. Ashat semble très amusé et fier de me montrer combien sa vodka est forte et comment on la boit cul-sec dans des petits verres.
Pendant ce temps Ushi apporte le repas : elle commence à sortir de grandes crêpes de pain sec, qu’elle arrose légèrement pour lui redonner sa consistance normale. Ensuite, elle découpe soigneusement en quartier les tomates rapportées par son mari ainsi que des tranches d’un fromages de leur élevage accompagné de piments, poivrons et d’herbes aromatiques : feuilles de menthe, de réglisse, d’anis et d’autres dont je suis incapable d’identifier le goût. Tout a une saveur fabuleuse, les tomates sont juteuses, sucrées et pleine de parfum, jamais avant je n’en avais mangé de telles. Le fromage aussi est extraordinaire et le goût combiné à celui de la tomate et des herbes aromatiques est juste divin. Je n’ai plus faim, mais je Ashat et Ushi m’obligent à manger encore, ils veulent faire honneur à leur invité.
Le temps passe vite, nous ne parlons aucune langue commune, mais nous parlerons tout le repas et toute la soirée. Je ressens une gentillesse et un accueil pur et authentique chez ces gens comme rarement j’en ai rencontré lors d’autres voyages. Entre temps la nuit est tombée. Mes hôtes veulent que je reste dormir là et, à contrecœur, je refuse. Ils ont peur que je me fasse attaquer par des chiens errant sur le retour dans le noir et décident de m’accompagner une partie du chemin. Ils me donnent aussi un grand bâton pour me défendre, si des chiens venaient à m’attaquer. Nous nous disons au revoir et je rentre dormir dans la pension le cœur lourd de les quitter.
Mardi 3 octobre :
Un petit déjeuner typique et du bon café m’attendent. La maman de Arumen vient me saluer, c’est elle qui est aux fourneaux. A 9h00 arrive le taxi que m’avait négocié la famille la veille pour aller visiter les alentours de Eghegnazor pour toute la journée. Mon chauffeur ne parle que Russe et Arménien, et, quand on doit communiquer, il appelle sa femme qui fait la traduction au téléphone. Le soleil est de la partie ce matin et je sais que ça ne durera pas. J’ai envie de retourner à Noravank pour revoir le site avec la lumière matinale, tout seul et sans pression comme la veille. Quand nous arrivons, nous sommes en effet presque seuls, il n’y a qu’un camping-car immatriculé en hollande qui a passé la nuit là. J’en croiserai quelques-uns de ces mobile-home immatriculés en Europe, ce qui est toujours une grande joie pour les locaux de les apercevoir. L’atmosphère matinale à Noravank est surréelle, presque divine, avec ces gros nuages noirs, qui s’accrochent aux montagnes. Ils sont percés de rayons de soleil qui illuminent uniquement les églises du site, comme un rayon divin. Initialement j’avais prévu une randonnée (trouvée sur Wikiloc) qui se termine à Noravank après avoir traversé des gorges profondes. Mais suite aux pluies d’hier et à celles annoncées cet après-midi, on me l’a déconseillé. Je parcours malgré tout les 10 premières minutes à contre sens jusqu’à une source avant de remonter en voiture, direction Eghegis, Arates et environs.

NoravankIl faut 45 minutes de voiture sur des routes de plus en plus étroites et isolées pour rejoindre ces anciennes églises arméniennes, pour certaines très anciennes et en ruine, nichées dans des alpages à l’aspect de steppes. Je suis surpris de voir la quantité de pièces archéologiques, essentiellement des pierres dans lesquelles sont sculptées des croix et des écritures parfois presque millénaires, et qui sont à terre, sans protection et à la portée de tous qui souhaiterait les emporter.
AratesNous mettons ensuite cap sur le Selim Pass, après un bref arrêt plein de gaz liquide et sandwich. La route remonte une vallée, d’abord large, ensuite de plus en plus escarpée. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Le paysage herbeux, totalement jauni après la sécheresse de l’été, sans un seul arbre, consiste en une steppe aride et immense, entourée de sommets. Juste en dessous du col se trouve un des plus ancien et des mieux préservé caravansérail (Caravansérail de Sélim) de la route de la soie, ce qui était le but premier de mon ascension. Je suis excité d’aller visiter cet ancien lieu d’accueil des marchands de l’époque et de leurs montures sur leur route vers l’Orient lointain. C’est mon intérêt pour la route de la soie qui m’a amené à vouloir découvrir ces contrées, notamment après la lecture du livre de Bernard Ollivier « la longue marche ». Le caravansérail est presque intact et orné d’écritures arméniennes et arabes. A l’intérieur on peut facilement identifier les pièces de vie des hommes et des bêtes, mais aussi des espaces de vente. Un marchand vend du miel, des alcools locaux et des herbes aromatiques. Il parle le français, ce qui est très rare par ici. Je lui achète un petit pot de miel puis prenons la route pour redescendre de l’autre côté du col, jusqu’au lac Sevan et au cimetière de Noraduz, réputé pour ses khatchkars. A présent le ciel est bas, gris et il tombe une fine pluie glaciale. Plus haut sur les sommets, une couche blanche apparaît : ce sont les premières neiges de l’année. Le lac Sevan, que j’ai vu d’un bleu éclatant sur les cartes postales à Erevan, a la même couleur que le ciel et se tient le long de la route déglinguée traversant des villages vides et sales. Le tout transpire d’une ambiance cafardeuse. Je me promène rapidement à travers les khatchkars, qui sont des stèles commémoratives de près de 2 mètres de haut et sur lesquelles sont représentées des scènes de la vie quotidienne de l’époque. Pour quelques Drams, une vieille dame m’explique la signification des représentations sculptées sur les stèles principales, ce qui donne un peu de vie à ce cimetière sous la grisaille. Nous repassons le col dans l’autre sens, là-haut le vent souffle et la température tombe à 0 degré. Je peux sentir le froid passer à travers vitres mal isolées de la vielle Lada aux pneus lisses. En perdant de l'altitude la météo se fait plus clémente et j'observe que mon chauffeur se détend. Après la visite d’une énième église et un bref passage chez un bijoutier pour changer des euros, mon taxi me dépose à ma pension. Nous nous reverrons demain pour le chemin jusqu’à Goris car il n’y a pas de marshrutka sur cet axe demain, ou alors de façon très incertaine.
Lorsque je rentre, un couple d’allemand vient juste de s’installer à la pension. Nous passons le début de soirée tous ensemble avec les enfants avant d’aller manger dans un resto que nous recommande nos hôtes, le long de la « Motorway 2 » (comprendre « la route défoncée vers le sud »). Plutôt sympas, ils m’offrent le repas et la bière. Ils m’expliquent aller eux aussi en Iran par après, mais en avion, faute d’avoir obtenu le visa à temps (obligatoire pour le passage terrestre mais délivré à l’aéroport). Nous rentrons dans le noir à la lumière de nos frontales sous la bruine glaciale et ouvrons la bouteille de vin que j’ai achetée et que nous finirons à 2 avec Micha car Hannah m’apprend qu’elle est enceinte. Je trouverai rapidement le sommeil…
Mercredi 4 octobre:
Après un petit déjeuner vite avalé et avoir fait mes adieux, je me mets en route vers Goris avec mon taxi de la veille. Les nuages de pluie de hier s’ouvrent et se déchirent à présent en lambeaux sur la pointe des sommets et des collines environnants. Il a fait froid cette nuit, et les timides éclaircies laissent entrevoir les alpages saupoudré d’une fine couche blanche de neige fraîche. Le contraste de la blancheur étincelante de la neige avec le jaune des herbes brûlées de la steppe, sur le fond de nuages s’écharpant sur les pics rocheux, est magique. A travers les minces espaces de ciel bleu fusent quelques rayons soleil réchauffant l’atmosphère et les teintes froides du paysage. La route zigzague en larges virages dans le fond de l’ample vallée, monte est descend en laissant apercevoir, au détour d’une courbe ou d’un petit col, le long ruban foncé d’asphalte s’étirant à la l’infini vers un banc de brouillard. En chemin, nous faisons halte à Jermuk, station thermale dont le nom s’étale sur toutes les bouteilles d’eau minérale du pays et dont les façades neuves des bâtiments et la signalisation existante au bord de la route lui confère un aspect chic. Jermuk, également station de ski construite par les russes à l’époque, verra sous peu ses hôtels remplis par les skieurs. L’air est piquant et, avant de rejoindre la voiture, je me réchauffe les mains avec une bouteille d’eau vide que je rempli à une source d’où jaillit de l’eau à 55 degrés.
Neige fraîche au Vorotan Pass avant GorisLa route se poursuit avec le passage du Vorotan Pass. Ici les nuages s’accrochent et la route est à présent totalement enneigée. Elle le restera jusqu’à proximité de Goris. J’avais convenu avec mon chauffeur qu’il me dépose au téléphérique pour Tatev (le “Wings of Tatev”), mais vu la neige et le brouillard je décide qu’il est inutile de monter là haut et nous poursuivons jusqu’à Goris où je me fais déposer à l’auberge de jeunesse (Eden Hostel & Guesthouse, 9€/nuit). Il fait glacial dehors et tout autant à l’intérieur lorsque je rentre dans le hall de l'auberge. Se tient là, debout et raide comme la justice, un jeune de mon âge et qui attend depuis 15 minutes que quelqu’un de la réception vienne l'accueillir. Nous trouvons un mot de la réceptionniste avec un numéro auquel appeler en cas d’absence. 5 minutes plus tard une dame sympa, mais avec qui la capacité à communiquer est limitée, nous montre notre dortoir et nous amène un radiateur électrique plus que bienvenu.
Nous ressortons presque immédiatement à la recherche d’un endroit où manger. Je fais plus ample connaissance avec Ido, il est israélien et est un ancien officier de l'armée. Il ne mange pas casher à proprement parler, mais suit malgré tout certaines règles alimentaires, comme celles de ne pas manger de porc et de ne pas mélanger les produits laitier avec de la viande. Du coup, ça restreint pas mal les possibilités des lieux ou se sustenter, surtout dans dans un pays comme l’Arménie et d’autant plus dans un bled comme Goris. Finalement, un kebab d’agneau avec du riz fera l’affaire. A cet instant, je n’ai pas encore conscience que ce menu constituera, jusqu’à l’écœurement parfois, à peu près l’essentiel, la variété de viande mise à part, de mon régime alimentaire iranien.
Alors que Ido, qui déteste déjà ce temps gris, froid et maussade qui lui est pourtant inconnu dans ses contrées septentrionales, rentre à l’auberge se reposer et se connecter au Wifi, je m’en vais explorer le vieux Goris. Le vieux Goris est en fait le pendant de Kandovan, en Iran. Des habitations troglodytes creusée dans du tuf, faisant fortement penser à la Cappadoce. Mais la tête enfouie sous ma capuche, les mains frigorifiées et les pieds mouillés, le charme opère peu et je me précipite dans le premier bistrot ouvert que je croise. Un café pour me réchauffer le corps et deux Kilika de 66cl (bière locale) pour me réchauffer le cœur.
Quand je rentre à l’auberge, Ido a fait connaissance avec une nouvelle arrivée qui partage notre chambre: Anna, qui est Moscovite. On fait passer le temps en jouant aux cartes dans la cuisine en buvant du thé bien chaud. Tous les trois, nous souhaitons aller demain visiter le monastère de Tatev et arrangeons un taxi avec l’auberge. Finalement, un invité surprise de dernière minute, un compagnon de voyage que Ido a croisé en Géorgie 1 mois auparavant et qui se trouve par hasard dans la taverne du village ou nous allons souper, s’ajoutera à nous pour l’aventure du lendemain.
Jeudi 5 octobre:
La Lada bleue clinquante édition spéciale rideau de fer nous attend fièrement devant l’hostel. Notre chauffeur, dont le sourire est aussi brillant que les enjoliveurs chromés de son ancêtre, discute du prix et de l’itinéraire en russe avec Anna et la gérante de l’auberge. Finalement, on ne va pas se contenter de Tatev, on va pousser jusqu’à Sisian, pour aller voir Karahunj, le Stone Age local, mais aussi une cascade, le monastère de Vorotnavank et un vieux pont menant au lac de Shamb. J’avais initialement l’intention de prendre la marshrutka de 13 ou 15 heures jusqu’à Kapan puis Meghri pour passer la frontière iranienne le lendemain matin tôt.Mais l'itinéraire alléchant et la joie de partager cette aventure aux allures de road trip avec mes nouveaux amis me plait plus.
Je resterai donc une nuit de plus dans ce lit dont le confort relève plus du hamac, tant il est creusé. Mais ça n’a pas la moindre importance. Je suis assis à l’arrière, écrasé contre la fenêtre. A cinq dans cette voiture, en comparaison, voyager avec Ryanair relève du luxe ultime. Je rigole intérieurement du groupe éclectique que nous formons en route vers “on ne sait pas vraiment où”. Vingt quatre heures auparavant nous étions encore de parfaits inconnus, et maintenant nous voilà tel un groupe de pote qui se connaît depuis toujours. Il n’y a qu’en voyage que ce genre de dynamique de groupe se crée.
Compagnons de voyage et taxi Lada clinquantLe soleil brille de mille feux ce matin. Fini la grisaille et la pluie. En revanche il a neigé la nuit sur les hauteurs, et au premier col que la route franchi, il y a une petite accumulation de quelques centimètres. Le paysage blanchi est spectaculaire, et nous sommes tous ébahi devant tant de beauté. Pour les deux autres garçons, c’est presque une première de voir de la neige, ou, en tout cas, d’en voir de si près. Ils ont fait arrêter le taxi pour pouvoir toucher la neige et, tels des gamins, s’amusent à lancer des boules de neige. Ce qui fait bien poiler notre chauffeur, blasé des hivers glacials qui peuvent sévir dans la région (jusqu’à - 40 °c paraît-il). Peu après s’être remis en route, nous croisons des bergers en transhumance qui envahissent la route avec leurs vaches. Perchés sur leurs chevaux pour guider le troupeau, ils ont des airs de cow-boy du far-ouest. J’en profite pour les prendre en photo avec le paysage désolé en arrière plan.
TranshumanceNous poursuivons ensuite jusqu’à Karahunj. Il y a plus de monde par ici, mais pour que l’endroit ait vraiment de l'intérêt, il faudrait un guide, sinon ce n’est qu’un champ où se trouvent des pierres levées sans logique apparente. J’en profite pour prendre un café dans une roulotte et nous échangeons quelques mots avec un homme accoutré comme pour aller gravir l’Everest. Soudain, choc des civilisations: l’homme demande à Ido d’où il vient. L’Israélien répond à l’homme qui lui répond à son tour “alors c’est donc toi mon ennemi juré ? Je suis Iranien”, avec un air rieur traduisant qu’il n’en pense rien. S’en suivra ensuite dans la voiture une discussion sur les problèmes entre les deux pays.
D’ailleurs, sur ces routes du grand Sud arménien, l’Iran commence à se faire plus présente: nous croisons de nombreux camions immatriculés en Iran mais aussi des pancartes de restaurants ou de garages le long de la route où la traduction n’est plus en Russe mais en Persan. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au bord d’une belle cascade. Avec les pluies des jours précédents, il y a du débit, ce qui la rend imposante. Après les selfies de rigueur, nous nous réentassons dans la vieille Lada en route vers le monastère de Vorotnavank. Il est parfaitement bien préservé et vraiment imposant, le long d’une petite route dans une nature intacte. Avant de poursuivre vers Tatev, nous faisons un long détour par une vallée traversée par un vieux pont et menant à un joli lac entouré de hauts plateaux.
Sur la route
Monastère de Vorotnavank
Vieux pont menant au lac de Shamb, proche de SisianLe lieux de départ du téléphérique pour Tatev est en contraste total avec le reste du pays: moderne et blinquant. D’un coup, on se croirait téléporté en Suisse. Nous achetons nos tickets par carte de crédit pour un départ à 15h30, soit 45 minutes plus tard. En attendant, on en profite pour se restaurer un peu devant la vue sur la vallée en contrebas. On loupe notre départ et devons changer notre billet. Le monastère de Tatev est très beau, mais j’ai déjà vu tellement d’églises arméniennes et de monastères que je suis un peu blasé. Je m’éloigne un peu pour avoir une vue avec du recul avec le montagnes enneigées de l’Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh au loin. Initialement, j’avais prévu de redescendre à pieds en passant par le pont suspendu et les sources chaudes, mais l’heure tardive et la météo des jours précédent contrediront mes projets. Nous rentrons doucement à Goris et allons souper ensemble des plats locaux à la taverne du village, à côté de l'hôtel Goris.
TatevVendredi 6 octobre:
La marshrutka vers le Sud ne passera pas avant 13h et, comme j’ai déjà un hôtel réservé et payé à Jolfa, et que je veux passer la frontière iranienne le plus tôt possible dans la journée, je demande au taxi d’hier de me conduire jusqu’à Agarak, au poste frontière. Je n’ai jamais autant pris de taxi en voyage qu’en Arménie. Mais la rareté des transports publiques dans le Sud et l’isolement de certains endroits ne me laisse pas d'autre choix. Et puis, ça me donne l'occasion de m'arrêter quand je veux pour admirer les paysages ou de faire des détours par des petits villages en dehors de l’axe principal.
Je fais mes adieux à Anna et Ido. Anna remontera au Nord vers Areni, pour aller à la fête du vin, en stop avec des Argentins séjournant dans l’autre dortoir de l'auberge. Avant de se séparer elle m'apprendra quelques mots de base en russe pour communiquer avec le conducteur. Ido, quant à lui, passera quelques jours par Erevan avant d’aller prendre son vol retour à Tbilissi.
J’embarque donc dans la Lada d’hier, à l’avant cette fois ci, en route vers le Sud et l’Iran. Mon chauffeur a pris sa femme avec, j’ai cru comprendre qu’elle n'avait jamais été jusque là et qu’elle est curieuse de découvrir une autre part de son pays. Les paysages changent petit à petit, les panoramas steppiques font place à une forêt dense puis à des paysages plus alpins, avec le franchissement du col de Meghri à 2535 mètres. Au loin, on aperçoit déjà les premières montagnes d’Iran. A la descente, le décor change, tout devient plus aride et plus sec.
A l’arrière, la femme de mon chauffeur m’a gentiment préparé des sandwiches pour ne pas que je reste le ventre vide. Comme un dernier geste d’hospitalité à l’arménienne avant de rentrer dans un nouvel univers inconnu. Plus nous approchons de l’Iran et plus le thermomètre augmente drastiquement. Alors que le Meghri Pass était couvert de neige, nous croisons un panneau indiquant 25 degrés en traversant Meghri. Et soudain, nous débouchons dans une vallée. D’un seul coup, il n’y a plus d’herbe, plus d’arbre, plus de couleur. Les collines bien que plus basses se font abruptes, brisées, rocailleuses et d’une couleur aussi sombre que de la pierre de volcan. L’univers dans lequel nous entrons est radicalement différent de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant: lunaire et inhospitalier. Sur la gauche de la route, l’accès est barré par des barbelés tout du long, et quelques miradors ponctuent le chemin. De l'autre côté des barbelés coule l’Araxe, et sur la rive d’en face s’étend la République Islamique l’Iran. Cette arrivée progressive sur l’Iran avec l’apparition soudaine de ces terres désertiques sonne comme une mise en garde. Je suis impressionné et ressens un mélange d’excitation, de me retrouver à ce point précis du globe, et d’anxiété quant à ce qui m’attend de l’autre côté.
En route vers l'Iran, arrivée sur KapanIls me regardent affectueusement m’éloigner du taxi et, après un dernier signe de la main à mon chauffeur et sa femme, je passe le portail d’accès aux douanes arméniennes. Quelques camions sont garés là, en attente de leur passage sur l’autre rive. Nous sommes vendredi, l’équivalent de notre dimanche en Iran, et tout est plutôt calme. Quelques chauffeurs de taxi attendent le client et des enfants revendent des cartes sim prépayées. D’autres boivent du thé dans le grand hall qui fait aussi office de bar. Je suis apparemment le seul à traverser la frontière car un fonctionnaire vient ouvrir exprès pour moi le guichet. Quelques questions d’usages et un coup de tampon plus tard, me voilà officiellement sorti d’Arménie.
A la sortie du bureau des douanes, une large route mène jusqu’à un pont au dessus de l’Araxe. Il y a la possibilité d’emprunter des voiturettes de golf pour franchir ce no man’s land de 500 mètres entre les deux pays, mais l’instant est solennel et je préfère en savourer pleinement chaque seconde. L’envie de faire perdurer un peu ce moment l’emporte sur mon empressement d’entrer en Iran. L’entrée Nord du pont, côté Arménien donc, est gardée par un soldat Russe qui contrôle une dernière fois mon passeport. Les rambardes du pont sont peintes de gris jusqu’à exactement la moitié, devenant blanches, rouges et vertes ensuite pour symboliser le changement de pays. En dessous, coule le torrent boueu. De l’autre côté, un jeune soldat tout mince m'accueille d’un “Salam”, mon premier Salam, et m’indique vers où me diriger. Au pied du poste frontière, dans lequel je m’engouffre, trône fièrement un immense drapeau iranien repérable des kilomètres à la ronde.
Mon visa en poche, le passage en douane est très rapide jusqu'à ce que, avant de récupérer mon sac sortant de la machine à rayon X, un homme, apparemment haut gradé, me demande de le suivre dans son bureau. Ce doit être le chef des douanes, car il est en chaussette dans le salon adjacent à son bureau, richement décoré de tapis persans. Il me pose toute une série de questions sur mes connaissances à propos de l’Iran et de la raison de mon voyage dans ces contrées reculées, loin des zones touristiques telles que Shiraz ou Ispahan. Apparemment convaincu par mes réponses, il me remet enfin mon passeport, à deux mains, en me souhaitant la bienvenue en Iran. Je ressors de là un peu déboussolé: était-ce de simples questions d’usages ou bien ma présence ici est-elle réellement source de suspicions ? Bien que je chasse rapidement ces pensées de ma tête, un léger malaise me poursuivra pour le reste de la journée.
Tout est extrêmement calme ici. Je change les Drams arménien qu’il me reste en Rials, ainsi qu’une centaine d’euros. Me voilà à présent multi millionnaire. Il n’y a que très peu de savari dans la vallée de l’Araxe, et, de surcroît nous sommes vendredi. Je n’ai à nouveau d’autre choix que de négocier un taxi. Avant d’aller à Jolfa, 70 km plus à l’Ouest, je souhaite faire le détour par le vieux petit village d’Ushtabin, 30 km à l’Est du poste frontière. Le changement d’ambiance est radical avec l’Arménie, essentiellement dans l’attitude des gens. Ils sont tout aussi gentils et chaleureux, mais nettement plus extraverti et moins repliés sur eux-mêmes. J’avais ressenti le même décalage, à une échelle beaucoup plus forte, en passant d’Israël en Palestine il y a quelques années. Mon chauffeur s'arrêtera vingt fois entre la frontière et Ushtabin pour prendre des gens au bord de la route, parler avec des connaissances, aller acheter des fruits ou encore embarquer ou livrer des colis. A plusieurs reprises nous amènerons de jeunes soldats d’un village à l’autre.
La route longe tout du long le cours de l’Araxe. La zone est stratégique d’un point de vue géopolitique et potentiellement explosive car juste en face se trouve, en alternance, l’enclave Azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux pays en guerre. J'aperçois de loin miradors, bases militaires et canons anti aérien. Mais aussi des villages animés, des voitures et même un train de passager. Il est étonnant de pouvoir entrevoir de si près ces mondes qui se haïssent mutuellement, et pourtant s'ils savaient comme, vu d’ici, à quel point ils se ressemblent. De mon côté de la frontière, bien que la route soit ponctuée de fortins poussiéreux et de soldats retranchés, mitraillette en bandoulière, derrière des sac de sable, l’ambiance semble plus détendue. L’Iran, pays ami des deux autres, n’a, a priori, rien à craindre.
Après un carrefour avec l’axe principal, la route se fait plus étroite et prend de la hauteur. Nous arrivons peu après au village. Il est construit sur les pentes d’une colline. Toutes les maisons aux toits plats sont construites en argile et serrées les unes contre les autres dans un labyrinthe de petites ruelles pavées. Quelques enfants jouent dans les rues et sont surpris par la présence d’un étranger. Mes quelques mots de Farsi les surprennent autant que ça les fait marrer. Plus tard, j’apprendrai que dans toute la province les habitants parlent l’Azéri et non le Farsi, parfois source de difficulté avec le gouvernement qui refuse de reconnaître la langue comme officielle.
Dans ce petit village le temps semble s’être arrêté: un homme transporte du fourrage sur son âne tandis que les femmes lavent le linge ensemble dans de grandes bassines. De retour au taxi, nous nous mettons en route à toute vitesse vers Jolfa. A 140km/h dans la vallée de l’Araxe j’ai à peine le temps d’admirer les paysages de dingues tout autour de moi. En chemin, nous nous arrêtons dans un bouiboui pour dévorer un délicieux kebab, avant de reprendre la route accompagnés de deux soldats et d’un étudiant à l’arrière.
Un homme transporte du fourrage sur son âneAprès m’être installé dans ma chambre à Jolfa pour deux nuit (Tourist Inn, 30€/nuit), je pars explorer les alentours. Jolfa est une zone franche économique, on y trouve une foule de boutiques. D’autant plus que le poste frontière Azéri se situe en plein centre ville, ce qui favorise les commerces en tous genres. D’ailleurs, beaucoup de magasins ont leurs enseignes écrites en Azéri, mais le plus surprenant est la présence d’un Domino’s Pizza, chaîne de fast-food américaine. J’avais repéré à l’entrée de la ville un pont ferroviaire situé à côté d’un mémorial ou des gens se prenaient en photo et je décide de poursuivre jusque là a pied.
C’était sans compter sur Payman, un automobiliste qui passe par là et qui tient absolument à me déposer là où je vais. Avec sa femme et son fils, il m’explique la signification du mémorial et prend des selfies de nous, sous le regard attentif des deux soldats qui gardent le pont depuis un mirador placé au dessus des rails. Ce pont, qui permet aux trains marchandises venant de Turquie d’amener leur cargaison en Iran via l’Azerbaïdjan est un lieu stratégique bien gardé. Payman insiste ensuite pour m'emmener faire du shopping, et ne me laisse pas l’occasion de refuser. Bien que j’aie appliqué la règle du Taroof, qui veut que l’on refuse plusieurs fois une offre avant de l’accepter, me voilà malgré moi dans sa voiture sur les grands axes de circulation à l’extérieur de Jolfa. Je suis surpris par la modernité: de nombreux centre commerciaux design et flambant neuf remplis grandes enseignes américaines et internationales. Apparemment, l’embargo américain ne s’est pas invité jusqu’à ce mini Dubaï Iranien. A l'extérieur les voies rapides sont bondées, entretenues et décorées pour le mois d’Achoura, rien avoir avec l’image glauque et poussiéreuse que l’on a de l’Iran en Occident. Même si, bien entendu, ce lieu n’est pas représentatif de l’Iran en général. Payman insiste pour me payer quelques chose, je refuse, il insiste, je refuse, il insiste… Je finis par prendre ce qu’il y a de moins cher dans le magasin: un tube de dentifrice. Payman est fier comme Artaban de présenter son nouveau pote européen à tout qui veut bien l’entendre aux caisses. Spontanément les “Welcome in Iran” fusent et je me vois invité à prendre leur numéro de portable “au cas où j’aurais besoin d’aide”. Finalement, Payman qui rentre ensuite sur Tabriz, me dépose à mon hôtel et je ressors immédiatement manger juste en face. De toute façon je ne comprends rien à la carte écrite uniquement de ces belles arabesques persanes et je choisis un kebab au hasard. Le ventre plein, fatigué, je rentre dormir. Ca aura été une longue et intense journée.
Suite ci dessous ->
Bonjour à tous !
J'ai déjà posté quelques messages concernant l'Iran où nous avons TRES envie de nous rendre ! Je pense que j'ai dû lire tous les messages de Turbi, Fabgreg, Phil64 et autres membres, qui sont des mines d'informations ! Et surtout qui ne font que me donner encore plus envie de découvrir ce pays !!! Du coup, concernant le visa, nous allons faire une escale d'une matinéee à Paris en avril, lors d'un week-end à strasbourg, pour se faire enregistrer les empreintes digitales (sachant que nous sommes à Bayonne), au cas où... Qu'on y aille cet été ou plus tard, ce sera fait !
Mais j'avoue que j'ai un doute : l'actualité récente me fait craindre un changement de situation dans le pays... Qu'en pensez-vous ? Je sais que c'est sûrmeent bête, mais j'ai peur qu'en quelques mois... Du coup on est en train de réfléchir sur une autres destination (Asie centrale ou Amérique latine... ce qui n'a rien à voir).
Bref, pensez-vous mes craintes justifiées ? Merci d'avance ! Maider
J'ai déjà posté quelques messages concernant l'Iran où nous avons TRES envie de nous rendre ! Je pense que j'ai dû lire tous les messages de Turbi, Fabgreg, Phil64 et autres membres, qui sont des mines d'informations ! Et surtout qui ne font que me donner encore plus envie de découvrir ce pays !!! Du coup, concernant le visa, nous allons faire une escale d'une matinéee à Paris en avril, lors d'un week-end à strasbourg, pour se faire enregistrer les empreintes digitales (sachant que nous sommes à Bayonne), au cas où... Qu'on y aille cet été ou plus tard, ce sera fait !
Mais j'avoue que j'ai un doute : l'actualité récente me fait craindre un changement de situation dans le pays... Qu'en pensez-vous ? Je sais que c'est sûrmeent bête, mais j'ai peur qu'en quelques mois... Du coup on est en train de réfléchir sur une autres destination (Asie centrale ou Amérique latine... ce qui n'a rien à voir).
Bref, pensez-vous mes craintes justifiées ? Merci d'avance ! Maider
Quel est le type de carburant en Iran ? Les pompes à essence distribuent-elles de l'essence sans plomb 95 ? Ou avec un RON inférieur. Auquel cas il faudrait peut être faire régler mon moteur de la BMW R 12O0 GS.
Avec mes remerciements anticipés.
Luc, Strasbourg
Luc, Strasbourg
Bonjour à tous,
Nous souhaitons nous rendre en Iran en passant par la Turquie. Nous avons tenté cette semaine de nous faire délivrer un visa à l'ambassade iranienne à Paris sans ce fameux numéro d'autorisation du visa délivré par le ministère des affaires étrangères iranien mais on nous demandé de revenir lorsque nous aurons ce numéro. On a néanmoins pris nos empreintes ce qui permet de faire la demande de visa par correspondance une fois muni du précieux sésame.
Sur le site du Ministère des affaires étrangères iranien, il y a un "Electronic service visa". Remplir le formulaire permet-il d'obtenir un numéro d'autorisation requis? Certains d'entre vous ont-il déjà essayé?
Si vous êtes passé par une agence iranienne pour obtenir ce numéro d'autorisation, laquelle pouvez-vous me conseiller?
En dernier lieu, nous tenterons de nous faire délivrer un visa en Turquie. Apparemment il n'y a pas besoin de ce numéro d'autorisation ou de lettre d'invitation là-bas. Pouvez-vous me confirmer cela?
Merci d'avance pour vos réponses. Je vous tiendrai au courant de nos démarches.
Nous souhaitons nous rendre en Iran en passant par la Turquie. Nous avons tenté cette semaine de nous faire délivrer un visa à l'ambassade iranienne à Paris sans ce fameux numéro d'autorisation du visa délivré par le ministère des affaires étrangères iranien mais on nous demandé de revenir lorsque nous aurons ce numéro. On a néanmoins pris nos empreintes ce qui permet de faire la demande de visa par correspondance une fois muni du précieux sésame.
Sur le site du Ministère des affaires étrangères iranien, il y a un "Electronic service visa". Remplir le formulaire permet-il d'obtenir un numéro d'autorisation requis? Certains d'entre vous ont-il déjà essayé?
Si vous êtes passé par une agence iranienne pour obtenir ce numéro d'autorisation, laquelle pouvez-vous me conseiller?
En dernier lieu, nous tenterons de nous faire délivrer un visa en Turquie. Apparemment il n'y a pas besoin de ce numéro d'autorisation ou de lettre d'invitation là-bas. Pouvez-vous me confirmer cela?
Merci d'avance pour vos réponses. Je vous tiendrai au courant de nos démarches.
Bonjour à tous,
J'ai lu que le "hippie trail" avait fini avec la révolution iranienne (et l'invasion russe en Afghanistan) en 1979. Mais est-ce que cela veut dire que l'Iran ne fournissait plus de visas aux touristes indépendants dans les années 80 ? Ou juste que les compagnies qui proposaient des trips en bus (cf. Magic Bus) n'étaient plus autorisés à entreprendre ce voyage (ou n'osaient plus, ou n'avaient plus assez de clients courageux) ?
Merci d'avance pour vos réponses, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, mes parents s'étant rencontrés sur cette route vers cette époque-là... 😛
J'ai lu que le "hippie trail" avait fini avec la révolution iranienne (et l'invasion russe en Afghanistan) en 1979. Mais est-ce que cela veut dire que l'Iran ne fournissait plus de visas aux touristes indépendants dans les années 80 ? Ou juste que les compagnies qui proposaient des trips en bus (cf. Magic Bus) n'étaient plus autorisés à entreprendre ce voyage (ou n'osaient plus, ou n'avaient plus assez de clients courageux) ?
Merci d'avance pour vos réponses, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, mes parents s'étant rencontrés sur cette route vers cette époque-là... 😛
Bonjour à tous/toutes!
J'ai mon billet d'avion pour l'IRAN pour tout le mois d'août cet été, et je fais appel à vos expériences mesdames et mesdemoiselles qui avez déjà visité le pays, pour savoir comment on fait pour survivre sous le voile par une température moyenne de 40 degrés en août, en plein cagnard, surtout si le voile doit être de couleur noire?? C'est ce que je redoute le plus...
A part ça, j'ai une autre question qui rejoint plus ou moins un message posté récemment sur l'Arabie Saoudite: qu'en est-il pour les chaussures? Les chaussures "aérées et ouvertes" sont-elles tolérées en Iran?
Autre question sur le visa: doit-on être voilée sur la photo envoyée à l'ambassade pour obtenir le visa pour l'Iran?
Et enfin, dernière question concernant le code vestimentaire... Est-il possible de se baigner en tant que femme dans la mer Caspienne ou dans le Golfe Persique? Si oui, doit être entièrement couverte? Les plages sont-elles séparées hommes/femmes?
Merci beaucoup pour vos réponses!
Sophie
J'ai mon billet d'avion pour l'IRAN pour tout le mois d'août cet été, et je fais appel à vos expériences mesdames et mesdemoiselles qui avez déjà visité le pays, pour savoir comment on fait pour survivre sous le voile par une température moyenne de 40 degrés en août, en plein cagnard, surtout si le voile doit être de couleur noire?? C'est ce que je redoute le plus...
A part ça, j'ai une autre question qui rejoint plus ou moins un message posté récemment sur l'Arabie Saoudite: qu'en est-il pour les chaussures? Les chaussures "aérées et ouvertes" sont-elles tolérées en Iran?
Autre question sur le visa: doit-on être voilée sur la photo envoyée à l'ambassade pour obtenir le visa pour l'Iran?
Et enfin, dernière question concernant le code vestimentaire... Est-il possible de se baigner en tant que femme dans la mer Caspienne ou dans le Golfe Persique? Si oui, doit être entièrement couverte? Les plages sont-elles séparées hommes/femmes?
Merci beaucoup pour vos réponses!
Sophie
IRAN : FANTASTIQUE PAYS et FANTASTIQUES IRANIENS !
Bonjour à toutes et tous,
Revenant de trois semaines en IRAN en octobre 2018 (voyage avec ma femme en individuels) j'ai à cœur d'alimenter à mon tour cette rubrique de carnet de voyages de VoyageForum pour que d'autres membres de la communauté puissent y trouver quelques informations utiles. En effet, pour préparer mon voyage j'ai sillonné cette rubrique et j'y ai trouvé une mine de renseignements et de points de vue intéressants et utiles. Je ne voudrai pas être ingrat dans ce domaine.
J'ai prévu aussi d'égayer ce carnet de voyage par des photos, histoire de donner envie. En effet, l'Iran et les iraniens sont tellement fantastiques qu'ils méritent qu'on s'y intéresse vraiment. Je m'excuse par avance pour le nombre élevé de photos (125, qui représentent pourtant moins de 3% de notre moisson photographique) mais ce pays est tellement photogénique !.
Avant le départ : l'obtention du visa :
Si les parisiens peuvent se déplacer personnellement à l'ambassade d'Iran deux fois (une pour le dépôt du passeport, l'autre pour la récupération du visa) c'est moins facile pour les autres. Heureusement il existe désormais la procédure "Visa on arrival" c'est-à-dire visa à l'arrivée. La seule difficulté est de produire des photos d'identité et du passeport strictement conformes aux préconisations du ministère des affaires étrangères d'Iran.
Le lien est le suivant : e_visa.mfa.ir/en/visa-arrival/
Les formulaires en ligne une fois remplis accompagnés des photos, il suffit d'attendre (15 jours en septembre pour nous) pour recevoir le sésame sous forme de document .pdf d'une page que l'on peut sauvegarder et imprimer.
À l'arrivée à l'aéroport IKA de Téhéran, la procédure est simple et, pour notre cas, a été rapide (10 minutes). On présente la feuille imprimée à un premier agent, qui nous envoie vers son collègue situé à 4 mètres de lui à qui on paye 75 € par personne. Ce dernier nous rend un reçu que l'on retourne au premier agent, qui nous dit d'aller donner le tout au guichet en face de lui. Là on attend quelques minutes puis quand on nous fait signe on récupère notre passeport ET un papier (feuille imprimée A4) qui est le visa. Attention, ne pas le perdre parce qu'il n'y a rien de tamponné sur le passeport. Voilà, c'est tout.
À l'arrivée : change et téléphone :
Comme je l'avais lu dans les forums, une fois les bagages récupérés, aller au 1er étage (niveau des départs) au bureau de change. Nous avons changé 100 € (c'était limité à 50 € par personne).
Puis redescendre au kiosque IRANCELL. Là on peut acheter une Visitor card SIM (nous avons choisi celle de 2 heures de conversation en Iran et 6 Go de data internet valable un mois, pour 1 000 000 Rials, soit 6,40 au taux du moment de 1 € pour 156 000 rials !). Faire installer la carte SIM par l'employé du kiosque. Il fait ça très bien alors que n'a pas l'air si facile que ça. Pour notre part nous l'avons fait installer sur notre ancien smartphone, gardant nos appareils plus récents avec la carte Orange et Free pour les appels internationaux, qui sont d'ailleurs très chers, surtout les données mobiles. Jugez plutôt le tarif ORANGE : - appel émis = 2,90 €/min - appel reçu = 1,40 €/min - SMS émis = 0,28 €/min - SMS reçu = gratuit - MMS émis = 1,10 €/MMS - MMS reçu = 0,40 €/MMS et... attention les yeux : - 1 Mo de données = 13,31 €
À l'usage la carte SIM iranienne fonctionne très bien. En particulier internet est bien plus rapide que via la WiFi des hôtels dont la connexion est souvent lente et aléatoire. Au bout de 3 semaines si j'ai utilisé 20% de la carte c'est bien le maximum.
Notre circuit :
Notre voyage en IRAN a duré 21 jours en octobre 2018.
Pays extrêmement facile à visiter pour des voyageurs individuels, l'IRAN regorge de beauté et de variété : architecture traditionnelle en terre, architecture islamique, civilisation antique (Perse), déserts, le tout au milieu d'une population très accueillante. Pour couronner tout çà on se sent, et on est, partout en sécurité, y compris à TÉHÉRAN.
Le principal inconvénient est l'obligation du port du châle pour les femmes : pour une touriste occidentale c'est pénible à vivre (il semble que ce le soit aussi pour de plus en plus de femmes iraniennes).
Notre circuit somme toutes très classique à été : CHIRAZ, PERSÉPOLIS, YAZD, MESR (désert de Kavir), ISPAHAN, KASHAN et TÉHÉRAN (+ excursions et/ou arrêts à Chak Chak, Meybod, Kharanaq, Bayazeh, Garmeh, ABYANEH, désert de Maranjab).

Hôtel la première nuit : Nous avions réservé à l'hôtel IBIS de l'aéroport, accessible à pied facilement, car vu les horaires nocturnes des arrivées d'avions à TÉHÉRAN cela nous avait semblé plus simple. C'est pratique mais très cher. En fait, la plupart des hôtels peuvent envoyer quelqu'un vous chercher, même au milieu de la nuit. C'est probablement la meilleure solution.
Nous avions réservé un vol pour CHIRAZ depuis la FRANCE (via l'agence cle2perse.com qui pour une commission modique et un paiement via PayPal (!) a fait la réservation auprès de MAHAN Air). En effet, la réservation directe depuis la FRANCE n'est pas possible car au moment de payer il faut une carte bancaire iranienne). Après deux jours à Téhéran nous sommes donc arrivés à CHIRAZ.
CHIRAZ :
Cette ville charmante concentre beaucoup de choses que de nombreux touristes considèrent comme des joyaux :
- le mausolée Shah-e Cheragh : curiosité : on doit laisser les appareils photos à la consigne . . . mais les photos prises avec des smartphones sont autorisées. Les hommes entrent d'un côté, les femmes d'un autre et elles arrivent à l'intérieur de l'enceinte du mausolée vêtues d'un tchador :

Les bâtiments sont décorés à profusion, comme tous ces bâtiments islamiques en IRAN, et nous y voyons nos premiers muqarnas au sein d'une façade de mosaïque :

- la sublime mosquée Nasir-al Molk : le matin avec ses jeux de lumière :

puis dans le bâtiment secondaire salle des miroirs et salle faïencée :
.....
.....
.....

et l'on y croise des femmes iraniennes adorables qui ont vraiment envie de fraterniser avec des touristes occidentales :
- non loin de là, le bazar Vakil est tellement authentique que c'est un véritable plaisir d'y déambuler
.....

avec bien sûr ses épices présentées sous forme de mélange dont les connaisseurs voient facilement la composition :

- la mosquée Vakil, à côté du bazar, dont l'ambiance le soir est envoûtante :
.....
.....
.....

- chemin faisant, en ville à la recherche d'un café (NOTA : hormis à Téhéran les cafés expressos en IRAN sont excellents) une fort belle maison Shapouri permet le régal des yeux et du gosier en même temps :

- le Naranjestan (jardin et pavillon) est aussi incontournables avec son pavillon aux miroirs et ses magnifiques faïences :

- et aussi d'autres endroits que les guides indiquent. Trois jours à CHIRAZ n'épuisent pas tout ce qu'il y a à voir, sans compter l'ambiance fort sympathique du centre-ville et de ses habitants.
à suivre . . .
Bonjour à toutes et tous,
Revenant de trois semaines en IRAN en octobre 2018 (voyage avec ma femme en individuels) j'ai à cœur d'alimenter à mon tour cette rubrique de carnet de voyages de VoyageForum pour que d'autres membres de la communauté puissent y trouver quelques informations utiles. En effet, pour préparer mon voyage j'ai sillonné cette rubrique et j'y ai trouvé une mine de renseignements et de points de vue intéressants et utiles. Je ne voudrai pas être ingrat dans ce domaine.
J'ai prévu aussi d'égayer ce carnet de voyage par des photos, histoire de donner envie. En effet, l'Iran et les iraniens sont tellement fantastiques qu'ils méritent qu'on s'y intéresse vraiment. Je m'excuse par avance pour le nombre élevé de photos (125, qui représentent pourtant moins de 3% de notre moisson photographique) mais ce pays est tellement photogénique !.
Avant le départ : l'obtention du visa :
Si les parisiens peuvent se déplacer personnellement à l'ambassade d'Iran deux fois (une pour le dépôt du passeport, l'autre pour la récupération du visa) c'est moins facile pour les autres. Heureusement il existe désormais la procédure "Visa on arrival" c'est-à-dire visa à l'arrivée. La seule difficulté est de produire des photos d'identité et du passeport strictement conformes aux préconisations du ministère des affaires étrangères d'Iran.
Le lien est le suivant : e_visa.mfa.ir/en/visa-arrival/
Les formulaires en ligne une fois remplis accompagnés des photos, il suffit d'attendre (15 jours en septembre pour nous) pour recevoir le sésame sous forme de document .pdf d'une page que l'on peut sauvegarder et imprimer.
À l'arrivée à l'aéroport IKA de Téhéran, la procédure est simple et, pour notre cas, a été rapide (10 minutes). On présente la feuille imprimée à un premier agent, qui nous envoie vers son collègue situé à 4 mètres de lui à qui on paye 75 € par personne. Ce dernier nous rend un reçu que l'on retourne au premier agent, qui nous dit d'aller donner le tout au guichet en face de lui. Là on attend quelques minutes puis quand on nous fait signe on récupère notre passeport ET un papier (feuille imprimée A4) qui est le visa. Attention, ne pas le perdre parce qu'il n'y a rien de tamponné sur le passeport. Voilà, c'est tout.
À l'arrivée : change et téléphone :
Comme je l'avais lu dans les forums, une fois les bagages récupérés, aller au 1er étage (niveau des départs) au bureau de change. Nous avons changé 100 € (c'était limité à 50 € par personne).
Puis redescendre au kiosque IRANCELL. Là on peut acheter une Visitor card SIM (nous avons choisi celle de 2 heures de conversation en Iran et 6 Go de data internet valable un mois, pour 1 000 000 Rials, soit 6,40 au taux du moment de 1 € pour 156 000 rials !). Faire installer la carte SIM par l'employé du kiosque. Il fait ça très bien alors que n'a pas l'air si facile que ça. Pour notre part nous l'avons fait installer sur notre ancien smartphone, gardant nos appareils plus récents avec la carte Orange et Free pour les appels internationaux, qui sont d'ailleurs très chers, surtout les données mobiles. Jugez plutôt le tarif ORANGE : - appel émis = 2,90 €/min - appel reçu = 1,40 €/min - SMS émis = 0,28 €/min - SMS reçu = gratuit - MMS émis = 1,10 €/MMS - MMS reçu = 0,40 €/MMS et... attention les yeux : - 1 Mo de données = 13,31 €
À l'usage la carte SIM iranienne fonctionne très bien. En particulier internet est bien plus rapide que via la WiFi des hôtels dont la connexion est souvent lente et aléatoire. Au bout de 3 semaines si j'ai utilisé 20% de la carte c'est bien le maximum.
Notre circuit :
Notre voyage en IRAN a duré 21 jours en octobre 2018.
Pays extrêmement facile à visiter pour des voyageurs individuels, l'IRAN regorge de beauté et de variété : architecture traditionnelle en terre, architecture islamique, civilisation antique (Perse), déserts, le tout au milieu d'une population très accueillante. Pour couronner tout çà on se sent, et on est, partout en sécurité, y compris à TÉHÉRAN.
Le principal inconvénient est l'obligation du port du châle pour les femmes : pour une touriste occidentale c'est pénible à vivre (il semble que ce le soit aussi pour de plus en plus de femmes iraniennes).
Notre circuit somme toutes très classique à été : CHIRAZ, PERSÉPOLIS, YAZD, MESR (désert de Kavir), ISPAHAN, KASHAN et TÉHÉRAN (+ excursions et/ou arrêts à Chak Chak, Meybod, Kharanaq, Bayazeh, Garmeh, ABYANEH, désert de Maranjab).

Hôtel la première nuit : Nous avions réservé à l'hôtel IBIS de l'aéroport, accessible à pied facilement, car vu les horaires nocturnes des arrivées d'avions à TÉHÉRAN cela nous avait semblé plus simple. C'est pratique mais très cher. En fait, la plupart des hôtels peuvent envoyer quelqu'un vous chercher, même au milieu de la nuit. C'est probablement la meilleure solution.
Nous avions réservé un vol pour CHIRAZ depuis la FRANCE (via l'agence cle2perse.com qui pour une commission modique et un paiement via PayPal (!) a fait la réservation auprès de MAHAN Air). En effet, la réservation directe depuis la FRANCE n'est pas possible car au moment de payer il faut une carte bancaire iranienne). Après deux jours à Téhéran nous sommes donc arrivés à CHIRAZ.
CHIRAZ :
Cette ville charmante concentre beaucoup de choses que de nombreux touristes considèrent comme des joyaux :
- le mausolée Shah-e Cheragh : curiosité : on doit laisser les appareils photos à la consigne . . . mais les photos prises avec des smartphones sont autorisées. Les hommes entrent d'un côté, les femmes d'un autre et elles arrivent à l'intérieur de l'enceinte du mausolée vêtues d'un tchador :

Les bâtiments sont décorés à profusion, comme tous ces bâtiments islamiques en IRAN, et nous y voyons nos premiers muqarnas au sein d'une façade de mosaïque :

- la sublime mosquée Nasir-al Molk : le matin avec ses jeux de lumière :

puis dans le bâtiment secondaire salle des miroirs et salle faïencée :
.....
.....
.....

et l'on y croise des femmes iraniennes adorables qui ont vraiment envie de fraterniser avec des touristes occidentales :

- non loin de là, le bazar Vakil est tellement authentique que c'est un véritable plaisir d'y déambuler
.....
avec bien sûr ses épices présentées sous forme de mélange dont les connaisseurs voient facilement la composition :

- la mosquée Vakil, à côté du bazar, dont l'ambiance le soir est envoûtante :
.....
.....
.....
- chemin faisant, en ville à la recherche d'un café (NOTA : hormis à Téhéran les cafés expressos en IRAN sont excellents) une fort belle maison Shapouri permet le régal des yeux et du gosier en même temps :

- le Naranjestan (jardin et pavillon) est aussi incontournables avec son pavillon aux miroirs et ses magnifiques faïences :

- et aussi d'autres endroits que les guides indiquent. Trois jours à CHIRAZ n'épuisent pas tout ce qu'il y a à voir, sans compter l'ambiance fort sympathique du centre-ville et de ses habitants.
à suivre . . .
Je rentre d'un voyage en solo de quatre semaines . L'hospitalité légendaire des iraniens n'est pas un vain mot... et ce séjour fût très riche en rencontres.
Je me suis déplacé en bus ou en taxi sur cet itinéraire :
Téhéran 2 jours à l'arrivée, logé dans une famille Kashan 250 km au sud, 2 nuits Shiraz (bus de nuit) 3 nuits. Persépolis en taxi à la journée Bushehr sur le golfe persique 1 nuit Ile Queshm (trajet Bushehr/Bandar Abbas de nuit) 3 nuits dans le petit village de Tabl Kerman 4 nuits Rayen Mahan et les Kaluts en taxi Yazd 3 nuits alentours en taxi Ispahan 3 nuits Bandar Anzali au bord de la caspienne (bus de nuit depuis Ispahan) invité 3 jours par la famille qui m'avait accueilli à l'arrivée
Les transports en bus sont très confortables et faciles et (je me répète...) l'accueil exceptionnel !
J'avais 3 guides : un en anglais, très bien, et deux en français (un premier assez nul et un deuxième, très bien mais malheureusement plus édité à ce jour)
Je peux répondre à des questions et donner quelques tuyaux (budget hôtels transports...)
Ce voyage étant tout frais...
Je me suis déplacé en bus ou en taxi sur cet itinéraire :
Téhéran 2 jours à l'arrivée, logé dans une famille Kashan 250 km au sud, 2 nuits Shiraz (bus de nuit) 3 nuits. Persépolis en taxi à la journée Bushehr sur le golfe persique 1 nuit Ile Queshm (trajet Bushehr/Bandar Abbas de nuit) 3 nuits dans le petit village de Tabl Kerman 4 nuits Rayen Mahan et les Kaluts en taxi Yazd 3 nuits alentours en taxi Ispahan 3 nuits Bandar Anzali au bord de la caspienne (bus de nuit depuis Ispahan) invité 3 jours par la famille qui m'avait accueilli à l'arrivée
Les transports en bus sont très confortables et faciles et (je me répète...) l'accueil exceptionnel !
J'avais 3 guides : un en anglais, très bien, et deux en français (un premier assez nul et un deuxième, très bien mais malheureusement plus édité à ce jour)
Je peux répondre à des questions et donner quelques tuyaux (budget hôtels transports...)
Ce voyage étant tout frais...
bonjour à tous,
n'ayant pas de réponse a ma demande, je repose ma question:
Je vais en Iran au mois d'août, et il me manque quelques bonnes adresses d'hotels, pour l'instant j'en ai trouvé quelques uns, mais il me manque des adresses dans les villes de Qom, Kãshãn, Ahwaz et Kermanshah, pour le
prix je recherche pour un maximum de 20 $ pour 1 personne, avec clim et douche.
Merci pour vos réponses
Bonjour,
Je suis une femme seule et je souhaite visiter l'Iran. J'ai l'habitude de voyager mais je ne suis pas encore allée dans un pays où le droit des femmes est aussi restreint. Je sais que je vais devoir adopter une tenue vestimentaire adéquate.
Il semblerait qu'il faille obligatoirement avoir recours aux services d'un guide d'Etat qui vous mène dans les lieux touristiques et ne sort donc pas beaucoup des sentiers battus ...
J'aimerais avoir les conseils des personnes qui connaissent bien l'Iran.
D'avance, merci.
Je suis une femme seule et je souhaite visiter l'Iran. J'ai l'habitude de voyager mais je ne suis pas encore allée dans un pays où le droit des femmes est aussi restreint. Je sais que je vais devoir adopter une tenue vestimentaire adéquate.
Il semblerait qu'il faille obligatoirement avoir recours aux services d'un guide d'Etat qui vous mène dans les lieux touristiques et ne sort donc pas beaucoup des sentiers battus ...
J'aimerais avoir les conseils des personnes qui connaissent bien l'Iran.
D'avance, merci.
Bonjour à tous les membres de Voyage Forum qui me liront,
Je suis une jeune femme de 35 ans, française. Je prépare un projet de voyage en Iran d'environ 3 semaines pour le mois d'octobre 2020. Le but de ce voyage : découvrir une partie des cultures iraniennes et plus précisément autour des thématiques du cheval et de la poésie. Je compte écrire et faire publier un livre sur ces deux thématiques mêlées : la poésie iranienne et les cultures équestres du pays. Dans cette optique, je projette de me rendre dans différentes zones tribales d'Iran comme dans le nord-est du côté des Turkmènes. Je me pose évidemment la question de la faisabilité de ce projet avant tout en terme de sécurité. Voici quelques questions en vrac :
- les zones visées (turkmènes) sont-elles accessibles aux touristes étrangers ? Et si oui sont-elles suffisamment sécurisées pour envisager d'y aller ?
- est-il obligatoire d'avoir un guide certifié par la République islamique d'Iran pour parcourir le pays ? Une dame m'a soutenue que oui. Est-ce vrai ?
- la durée de séjour autorisée par l'Ambassade d'Iran à la délivrance du visa est-elle vraiment inférieure à celle demandée au préalable ?
Merci à tous par avance pour vos réponses. Pandora
Je suis une jeune femme de 35 ans, française. Je prépare un projet de voyage en Iran d'environ 3 semaines pour le mois d'octobre 2020. Le but de ce voyage : découvrir une partie des cultures iraniennes et plus précisément autour des thématiques du cheval et de la poésie. Je compte écrire et faire publier un livre sur ces deux thématiques mêlées : la poésie iranienne et les cultures équestres du pays. Dans cette optique, je projette de me rendre dans différentes zones tribales d'Iran comme dans le nord-est du côté des Turkmènes. Je me pose évidemment la question de la faisabilité de ce projet avant tout en terme de sécurité. Voici quelques questions en vrac :
- les zones visées (turkmènes) sont-elles accessibles aux touristes étrangers ? Et si oui sont-elles suffisamment sécurisées pour envisager d'y aller ?
- est-il obligatoire d'avoir un guide certifié par la République islamique d'Iran pour parcourir le pays ? Une dame m'a soutenue que oui. Est-ce vrai ?
- la durée de séjour autorisée par l'Ambassade d'Iran à la délivrance du visa est-elle vraiment inférieure à celle demandée au préalable ?
Merci à tous par avance pour vos réponses. Pandora
Bonjour,
Je viens d'acheter mon billet d'avion pour Téhéran, du 16 avril au 6 mai 2011. Je pars avec une amie. D'habitude, nous voyageons l'une et l'autre plutôt de manière indépendante (c'est-à-dire sac au dos avec un guide dans la poche), mais nous avons eu des échos de plusieurs personnes qui ont fait des voyages en Iran en partie organisés et qui ont été ravies. Considérant la taille du pays et la barrière linguistique, nous nous disons que ce ne serait peut-être pas mal d'envisager cette option (afin d'éviter de perdre trop de temps à vouloir tout organiser toutes seules et de perdre une partie de l'expérience en ne bénéficiant pas d'explications sur place). Alors, quelle agence choisir? J'ai entendu plusieurs commentaires très positifs à propos de l'agence "Pars Tourist Agency" (key2persia.com). Je viens en outre de trouver une recommandation pour l'agence "Iran Sheedee Travel" (persevoyages.com), mais n'ai pas trouvé d'autres commentaires. Est-ce que quelqu'un aurait recouru à ses services? Avez-vous d'autres agences à recommander?
Merci d'avance pour vos réponses!
Meilleures salutations.
Je viens d'acheter mon billet d'avion pour Téhéran, du 16 avril au 6 mai 2011. Je pars avec une amie. D'habitude, nous voyageons l'une et l'autre plutôt de manière indépendante (c'est-à-dire sac au dos avec un guide dans la poche), mais nous avons eu des échos de plusieurs personnes qui ont fait des voyages en Iran en partie organisés et qui ont été ravies. Considérant la taille du pays et la barrière linguistique, nous nous disons que ce ne serait peut-être pas mal d'envisager cette option (afin d'éviter de perdre trop de temps à vouloir tout organiser toutes seules et de perdre une partie de l'expérience en ne bénéficiant pas d'explications sur place). Alors, quelle agence choisir? J'ai entendu plusieurs commentaires très positifs à propos de l'agence "Pars Tourist Agency" (key2persia.com). Je viens en outre de trouver une recommandation pour l'agence "Iran Sheedee Travel" (persevoyages.com), mais n'ai pas trouvé d'autres commentaires. Est-ce que quelqu'un aurait recouru à ses services? Avez-vous d'autres agences à recommander?
Merci d'avance pour vos réponses!
Meilleures salutations.
Bonjour,
Ma petite-amie et moi sommes en train de préparer un tour du monde pour l'année prochaine, départ juin 2007. Nous souhaitons passer par l'Iran et aller de Téhéran jusqu'à Tachkent par nos propres moyens.
Combien de temps cela nécessite-t-il environ? (Vous me direz des mois bien sur, mais nous devons penser à la suite de notre périple..!!!)
Quelle route proposez vous?
Quels sont les risques à prévoir, notamment aux frontières??
Ne connaissant pas cette région, et rêvant d'y aller depuis bien longtemps, j'espère que vous pourrez m'apporter quelques renseignements.
Après Tashkent, nous essaierons de rattraper le transsibérien, pour arriver en Mongolie et en Chine.
Je vous remercie d'avance. Bon vent Hop
Après Tashkent, nous essaierons de rattraper le transsibérien, pour arriver en Mongolie et en Chine.
Je vous remercie d'avance. Bon vent Hop
Bonjour!
Nous effectuons actuellement une traversee de six mois reliant Shangai a Istanbul, sur les routes du the.
Visiblement, pas de possibilite d'avoir un visa de plus de 7 jours pour l'Iran depuis New Dehli (helas!!). Nous avons donc 3 semaines a consacrer au Pakistan (du 15 juin au 10 juillet environ).
Le passage depuis Amristar vers Lahore est il le seul possible? Pas de poste sur la route depuis Shrinagar vers Islamabad?
Concernant la securitee, nous avons lu des temoignages sur cet excellent forum, de personnes voyageant avec escorte...N'y a t il aucun moyen d'eviter cela? est ce un choix ou une obligation? De quoi cela depend il?
Pour le visa Irannien, quelles sont precisement les pieces a apportee a l'ambassade (a Delhi), afin de mettre toutes les chances de notre cote?
Merci a tous ceux qui voudrons bien nous aider...Ici le Viet Nam, a vous le reste du monde.
Merci a tous ceux qui voudrons bien nous aider...Ici le Viet Nam, a vous le reste du monde.
Bonjour,
Je me lance bientôt dans un voyage a vélo a travers l'Asie et l'obtention des visas est devenu un véritable casse tête pour moi, je compte passer par pas mal de pays pour lesquels je sais que l'obtention de ceux ci n'est pas aisé, d'ou ma question peut être un peu large qui concerne principalement la Chine et le Pakistan, je compte en effet effectuer toutes mes demandes de visas en routes, par exemple demander le visas Iranien en Turquie, mais pour ces deux pays je n'ai pas réussi a avoir des infos précises sur leurs obtention, avant de passer en Chine je passe en Iran, Turkménistan, Ouzbékistan et Kirghizistan, et avant le Pakistan en Chine, quelqu'un aurait il des conseils sur le meilleur moment ou le meilleur endroit pour demander ces visas, merci d'avance !
Bonjour à tous je compte partir au mois d'avril 2019 en camping car (fourgon Fiat Ducato 2016) pour un périple sur la route de la soie, je cherche à savoir si le carnet de voyage pour le passage en douane est vraiment obligatoire pour les pays suivants et si comment l'obtenir sans mettre en caution des sommes pas possible pour mon budget. merci à tous de vos infos
Pays traversése Hongrie Ukraine Russie Kazakhstan Ouzbékistan Kirghistan Turkménistan Iran Turquie Bulgarie Serbie Croatie et peut être Azerbaïdjan et Georgie
merci à tous Titou65130
merci à tous Titou65130
Bonjour,
Après avoir glané pas mal d'informations sur ce forum, lesquelles m'ont aidé à préparer au mieux ma vadrouille en Iran, j'en profite enfin pour renvoyer l'ascenseur et partager mes impressions sur cette (belle) destination que ma femme et moi avons parcouru en Avril 2018. Je m excuse par avance pour ce poste assez long !
1/ Dates et billets d'avion. Nous sommes partis du 13 au 29 avril 2018. Nous nous sommes décidés à la derniere minute et avons pris nos billets deux semaines avant avec comapgnie Alitalia (une escale à Rome). Prix du billet AR pour deux : 826 eur. Clairement en s'y prenant à l avance, nous aurions pu obtenir un prix plus interessant.
2/ Finance/herbergement/transport. A la mi avril, 1EUR s'échangeait entre 52000 et 62000 RIALS. Le taux variait tous les jours et avons principalement changés nos euros dans les hotels. Coté hebergement, nous nous sommes appuyés sur nos guides papiers pour choisir nos points de chutes. Mais bien souvent, il a fallu improviser et se débrouiller au piti bonheur la chance pour dénicher une guesthouse. L'offre d hotelerie est assez large, de l auberge de jeunesse aux chambre hauts de gamme, il y en a pour toute les bourses (en moyenne, nous avons déboursé 30 eur par nuits à deux, avec une économie non négligeable avec les variations de taux de change). Pour ce qui est des transports, ils sont fiables et efficaces. Nous avons privilégiés les bus de nuit pour effectuer notre circuit, les bus sont assez confortables et très peu cher ( entre 5 et 10 euros max). Les trains ne sont pas en reste, nous avons juste été surpris d'arriver une heure plus tot à destination lorsque nous avions quitté Kashan pour Yazd. Je conseille cela dit de prendre votre billet la veille de votre départ et directement en gare.
3/ Démarches administratives (Visa) S'agissant du visa, il est possible de l'obtenir depuis l'ambassade d'Iran à Paris (visa à 50 eur) ou directement à l'arrivée à l'aéroport à Téhéran (75 eur). Dans les deux cas, il est nécessaire de faire une demande préalable, en ligne sur le site internet de l'ambassade. Les justificatifs à apporter y sont référencés. Nous avions opté ma femme et moi pour un retrait à l'ambassade vu que nous habitons Paris et que cela nous apparaissait a priori plus commaode. Le hic est qu'il faut fournir les justificatifs de réservation de toutes les nuits d'hotel sur l'ensemble du séjour. Ce qui est clairement impossible si on souhaite imporviser son parcours ou si on n a pas l intention de tout réserver à l avance. J'ai contacté l ambassade afin de verifier si une résa pour les deux premiers jours sur place était suffisante, la réponse a été négative... Il faut s avoir que si la demande de visa se fait à l arrivée (VOA), alors là ca sa passe sans probleme, vous n aurez qu'à fournir la preuve de reservation de la premiere nuit d hotel. Ayant déjà fait en ligne la demande pour un retrait à Paris, il n était plus possible de faire marche arrière et demander un visa à l arrivée. Nous avons donc pris le risque de partir en ayant juste le justificatif d enregistrement en ligne... Cela nous a valu quelques frayeurs (la peur de se faire refouler à l'arrivée ) et une longue attente, une très longue attente à Téhéran (près de 3h !!!) pour obtenir notre visa. Mais nous l avons finalement eu. Avec du recul, le conseil que je donne est de privilégier le visa à l'arrivée qui requiert des justificatifs beaucoup moins contraignants et une procédure rapide (en moyenne les autres voyageurs qui avait fait une demande de visa à l arrivée sont passés en 20 mn max). Coté documents, outre la nuit d hebergement, il faut bien prévoir l attestation d assurance qui est systématiquement vérifiés. Billets d avion, photos, réservation d hotel font l objet de moins de vérification.
4/ Circuit et visites En 15 jours, nous avons eu la possibilité de visiter l'essentiel des villes que nous avions prévues et ce, sans se presser. Avec une semaine en plus et un ou deux vols intérieurs, Tabriz, Mashad et la cote du Golfe persique auraient pu être rajouté dans le programme.
- Jour 1 -samedi 14 avril - Téhéran : arrivée à 1h15 du matin à Téhéran. Après les 3 heures d attente à l'aéroport, on a filé en centre ville en taxi pour nous rendre à notre hotel (le chauffeur de taxi a eu la gentillesse de nous attendre 2h durant !). Un petit dodo de 4 heures, nous avons ensuite profité de cette premiere journée pour s'impregner de l'ambiance. Au programme, visite du Golestan, du parc e sharh (jardins/parc public) des environs du Grand Bazar et du Pont Tabiat (lieu de promenade très prisé des habitants de Téhéran avec une vue majestueuse sur les monts enneigés de l'Alborz dominant la capitale).
- Jour 2 - dimanche 15 avril - Kashan : départ de Téhéran pour Kashan en bus (environ 3h30 de trajet. A Kashan, visites des maisons traditionnelles (Bouroujerdi/Tabatabei/Abbassian), du hamman (montez en terrasse pour apercevoir les nombreuses tours du vent), de la mosquée Agha Borzog et du Bazar. 1 journée complete suffit à visiter Kashan, en prenant son temps.
-Jours 3 et 4 - lundi 16, mardi 17 avril - Yazd : trajet Kashan/Yazd en train (environ 3h45). Journée du lundi consacrée à la visite de la vieille ville, du Bazar, de la mosquée du vendredi. Journée du mardi : visite du village abandonné de Kharanaq, de Chak Chak (lieu de pelerinage zoroastrien) et de la forteresse de Meybod. Ces sites sont à environ 50/75 km de Yazd, d'ou la nécessité de faire cela avec un chauffeur (guide pas forcément nécessaire). Une fois rentré sur Yazd (en début d aprem) possibilité d aller visiter le temple du feu zoroastrien (Ateshkadeh).
- Jours 5 et 6 - mercredi 18, jeudi 19 avril - Kerman et Desert du Lut : départ très tot le matin de Yazd pour Kerman. Trajet en bus (environ 5h). Kerman est le point d entrée pour qui veut se rendre dans les Kaluts, ce joli desert dominé par des formations rocheuses et son desert de sel qui sont sans rappeler les paysages du Colorado. De Kerman, nous avons loué les services d'un chauffeur/guide qui nous conduit au coeur des Kaluts et fait découvrir des paysages d'exception, notamment au coucher du soleil. Nuit dans un campement, près de Shafiabad. Journée du jeudi consacrée à continuer à vadrouiller dans le désert puis retour vers Kerman en faisant un crochet par la forteresse de Rayen, le mausolée soufi de Mahan et du jardinShah zadeh. Rentré sur Kerman vers 14h, en attendant notre bus de nuit, nous avons profité de notre temps libre pour visiter le joli et animé bazar de Kerman.
- Jours 7, 8 et 9 - vendredi 20, samedi 21, dimanche 22 avril - Shiraz : bus de nuit au départ de Kerman pour rallier Shiraz. Environ 7h de trajet. 3 jours pleins et largement suffisant pour flaner et prendre son temps dans cette ville agréable. Visites des sites principaux : Mosquée rose, tombeau de Hafez, Bazar e Vakil et la mosquée du même nom, jardin du Naranjestan. Possibilité de visiter les 2 mausolées shah e Cheragh et de Sayyed Mir Mohammed qui se situent au coeur de la vieille ville. Enfin, nous avons bloqué une journée pour l'incontournable Persepolis, les sites de Pasagardes et Naqsh e Rostam/Rajab.
- Jours 10, 11, 12 et 13 - lundi 23, mardi 24, mercredi 25 et jeudi 26 avril - Ispahan : bus de nuit au départ de Shiraz pour Ispahan. Environ 6.30h de trajet. Là encore 4 jours pleins -amplement suffisant pour déambuler à son rythme et entamer des discussions improvisées avec les habitants de cette ville. Là encore, visite des classiques : Bazar, place Naqsh e Jahan, Mosquée du Vendredi, quartier arménien. A noter qu'il y a de nombreux parcs et jardins à Ispahan (comme un peu partout ailleurs dans les villes que nous avons parcourues ) : de familles, des couples, des groupes d amis y vont pour y picniquer, siroter un thé ou fumer un narguilé. Moments agréables en somme.
- jours 14 et 15 - vendredi 27 et samedi 28 avril - retour à Téhéran : en bus de nuit depuis Ispahan (comptez entre 6/7 h de route). Téhéran mérite vraiment de s'y attarder. la circulation peut intimider mais le métro facilite grandement la visite de la ville. On y trouve de nombreux musées, nous avons jeté notre dévolu sur celui de la défense sacrée qui retrace avec force détails et photos/témoignages l'épisode de la guerre Iran/Irak. Ce musée assez récent vaut vraiment le détour. Le même jour, visite de l'ambassade des Etas Unis qui nous plonge au coeur d'un véritable film d'espionnage. Le lendemain et dernier jour (samedi 28 avril), nous nous sommes autorisés une randionnée à Darband dont les contreforts et sommets dominent Téhéran. Lieu très touristique et aytpique, quasi exclusivement fréquenté par les Iraniens qui s'y rendent assez nombreux le week end pour déjeuner le long (voire sur ) le torrent de montagne. L'expérience est assez unique et pour les plus entrainés, des sentiers de randonnés permettent de grimper bien plus haut.
5/ Conclusion Par les temps qui courent, évoquer l'Iran provoque presque toujours un froncement de sourcils et des interrogations. Ces 15 jours nous ont permi de découvrir un pays magnifique, à l histoire tres riche et loin des clichés qu'on nous sert depuis nos écrans. Certes, la religion y est très présente et les standards de libertés individuelles ne sont pas comparables à ceux d'ici mais ce qui frappe au delà de ces questions qui ont leur importance, c'est surtout la quiétude, la gentilesse et l hospitalité des Iraniens que nous avons pu croiser. Spontanément, les gens viennent à votre rencontre, qui pour discuter, qui pour partager un gateau ou offrir un verre de thé. Loin de moi l'idée de creer la polémique sur ce qui va suivre, mais étant d'origine sénégalaise, j ai parfois cette petite appréhension, avant de voyager, sur le fait que ma couleur de peau puisse etre source de complications dans des pays ou la présence de Noirs et peu ou pas visibles. Il est clair que je ne suis pas passé inaperçu en Iran mais hormis une (saine) curiosité de leur part, je n ai ressenti aucune hostilité. Au contraire, de grands sourires et de gentilles sollicitations lorsque les regards se croisent. Le pays est clairement sécurisé, nous avons rencontré des femmes ou des groupes de filles voyageant seules. Il émane des Iraniens un grand respect vis à vis des touristes et les attentions dont nous avons été témoin n'ont exigées aucune contrepartie. Mon propos ici n'est pas d'enjoliver les choses mais ayant vadrouillé dans pas mal de coins sur cette planete, ce pays reste à part dans la façon d'être des individus qui le compose. Pour conclure, c'est une destination à faire de toute urgence avant qu'il ne soit davantage pris d'assaut par les touristes mais surtout compte tenu de la situation géopolitique au Moyen Orient et de la récente décision américaine de se retirer de l'accord sur le nucléaire et fait planer moult incertitudes.
Pour le reste, je suis à votre disposition si questions. Mamoudou
Après avoir glané pas mal d'informations sur ce forum, lesquelles m'ont aidé à préparer au mieux ma vadrouille en Iran, j'en profite enfin pour renvoyer l'ascenseur et partager mes impressions sur cette (belle) destination que ma femme et moi avons parcouru en Avril 2018. Je m excuse par avance pour ce poste assez long !
1/ Dates et billets d'avion. Nous sommes partis du 13 au 29 avril 2018. Nous nous sommes décidés à la derniere minute et avons pris nos billets deux semaines avant avec comapgnie Alitalia (une escale à Rome). Prix du billet AR pour deux : 826 eur. Clairement en s'y prenant à l avance, nous aurions pu obtenir un prix plus interessant.
2/ Finance/herbergement/transport. A la mi avril, 1EUR s'échangeait entre 52000 et 62000 RIALS. Le taux variait tous les jours et avons principalement changés nos euros dans les hotels. Coté hebergement, nous nous sommes appuyés sur nos guides papiers pour choisir nos points de chutes. Mais bien souvent, il a fallu improviser et se débrouiller au piti bonheur la chance pour dénicher une guesthouse. L'offre d hotelerie est assez large, de l auberge de jeunesse aux chambre hauts de gamme, il y en a pour toute les bourses (en moyenne, nous avons déboursé 30 eur par nuits à deux, avec une économie non négligeable avec les variations de taux de change). Pour ce qui est des transports, ils sont fiables et efficaces. Nous avons privilégiés les bus de nuit pour effectuer notre circuit, les bus sont assez confortables et très peu cher ( entre 5 et 10 euros max). Les trains ne sont pas en reste, nous avons juste été surpris d'arriver une heure plus tot à destination lorsque nous avions quitté Kashan pour Yazd. Je conseille cela dit de prendre votre billet la veille de votre départ et directement en gare.
3/ Démarches administratives (Visa) S'agissant du visa, il est possible de l'obtenir depuis l'ambassade d'Iran à Paris (visa à 50 eur) ou directement à l'arrivée à l'aéroport à Téhéran (75 eur). Dans les deux cas, il est nécessaire de faire une demande préalable, en ligne sur le site internet de l'ambassade. Les justificatifs à apporter y sont référencés. Nous avions opté ma femme et moi pour un retrait à l'ambassade vu que nous habitons Paris et que cela nous apparaissait a priori plus commaode. Le hic est qu'il faut fournir les justificatifs de réservation de toutes les nuits d'hotel sur l'ensemble du séjour. Ce qui est clairement impossible si on souhaite imporviser son parcours ou si on n a pas l intention de tout réserver à l avance. J'ai contacté l ambassade afin de verifier si une résa pour les deux premiers jours sur place était suffisante, la réponse a été négative... Il faut s avoir que si la demande de visa se fait à l arrivée (VOA), alors là ca sa passe sans probleme, vous n aurez qu'à fournir la preuve de reservation de la premiere nuit d hotel. Ayant déjà fait en ligne la demande pour un retrait à Paris, il n était plus possible de faire marche arrière et demander un visa à l arrivée. Nous avons donc pris le risque de partir en ayant juste le justificatif d enregistrement en ligne... Cela nous a valu quelques frayeurs (la peur de se faire refouler à l'arrivée ) et une longue attente, une très longue attente à Téhéran (près de 3h !!!) pour obtenir notre visa. Mais nous l avons finalement eu. Avec du recul, le conseil que je donne est de privilégier le visa à l'arrivée qui requiert des justificatifs beaucoup moins contraignants et une procédure rapide (en moyenne les autres voyageurs qui avait fait une demande de visa à l arrivée sont passés en 20 mn max). Coté documents, outre la nuit d hebergement, il faut bien prévoir l attestation d assurance qui est systématiquement vérifiés. Billets d avion, photos, réservation d hotel font l objet de moins de vérification.
4/ Circuit et visites En 15 jours, nous avons eu la possibilité de visiter l'essentiel des villes que nous avions prévues et ce, sans se presser. Avec une semaine en plus et un ou deux vols intérieurs, Tabriz, Mashad et la cote du Golfe persique auraient pu être rajouté dans le programme.
- Jour 1 -samedi 14 avril - Téhéran : arrivée à 1h15 du matin à Téhéran. Après les 3 heures d attente à l'aéroport, on a filé en centre ville en taxi pour nous rendre à notre hotel (le chauffeur de taxi a eu la gentillesse de nous attendre 2h durant !). Un petit dodo de 4 heures, nous avons ensuite profité de cette premiere journée pour s'impregner de l'ambiance. Au programme, visite du Golestan, du parc e sharh (jardins/parc public) des environs du Grand Bazar et du Pont Tabiat (lieu de promenade très prisé des habitants de Téhéran avec une vue majestueuse sur les monts enneigés de l'Alborz dominant la capitale).
- Jour 2 - dimanche 15 avril - Kashan : départ de Téhéran pour Kashan en bus (environ 3h30 de trajet. A Kashan, visites des maisons traditionnelles (Bouroujerdi/Tabatabei/Abbassian), du hamman (montez en terrasse pour apercevoir les nombreuses tours du vent), de la mosquée Agha Borzog et du Bazar. 1 journée complete suffit à visiter Kashan, en prenant son temps.
-Jours 3 et 4 - lundi 16, mardi 17 avril - Yazd : trajet Kashan/Yazd en train (environ 3h45). Journée du lundi consacrée à la visite de la vieille ville, du Bazar, de la mosquée du vendredi. Journée du mardi : visite du village abandonné de Kharanaq, de Chak Chak (lieu de pelerinage zoroastrien) et de la forteresse de Meybod. Ces sites sont à environ 50/75 km de Yazd, d'ou la nécessité de faire cela avec un chauffeur (guide pas forcément nécessaire). Une fois rentré sur Yazd (en début d aprem) possibilité d aller visiter le temple du feu zoroastrien (Ateshkadeh).
- Jours 5 et 6 - mercredi 18, jeudi 19 avril - Kerman et Desert du Lut : départ très tot le matin de Yazd pour Kerman. Trajet en bus (environ 5h). Kerman est le point d entrée pour qui veut se rendre dans les Kaluts, ce joli desert dominé par des formations rocheuses et son desert de sel qui sont sans rappeler les paysages du Colorado. De Kerman, nous avons loué les services d'un chauffeur/guide qui nous conduit au coeur des Kaluts et fait découvrir des paysages d'exception, notamment au coucher du soleil. Nuit dans un campement, près de Shafiabad. Journée du jeudi consacrée à continuer à vadrouiller dans le désert puis retour vers Kerman en faisant un crochet par la forteresse de Rayen, le mausolée soufi de Mahan et du jardinShah zadeh. Rentré sur Kerman vers 14h, en attendant notre bus de nuit, nous avons profité de notre temps libre pour visiter le joli et animé bazar de Kerman.
- Jours 7, 8 et 9 - vendredi 20, samedi 21, dimanche 22 avril - Shiraz : bus de nuit au départ de Kerman pour rallier Shiraz. Environ 7h de trajet. 3 jours pleins et largement suffisant pour flaner et prendre son temps dans cette ville agréable. Visites des sites principaux : Mosquée rose, tombeau de Hafez, Bazar e Vakil et la mosquée du même nom, jardin du Naranjestan. Possibilité de visiter les 2 mausolées shah e Cheragh et de Sayyed Mir Mohammed qui se situent au coeur de la vieille ville. Enfin, nous avons bloqué une journée pour l'incontournable Persepolis, les sites de Pasagardes et Naqsh e Rostam/Rajab.
- Jours 10, 11, 12 et 13 - lundi 23, mardi 24, mercredi 25 et jeudi 26 avril - Ispahan : bus de nuit au départ de Shiraz pour Ispahan. Environ 6.30h de trajet. Là encore 4 jours pleins -amplement suffisant pour déambuler à son rythme et entamer des discussions improvisées avec les habitants de cette ville. Là encore, visite des classiques : Bazar, place Naqsh e Jahan, Mosquée du Vendredi, quartier arménien. A noter qu'il y a de nombreux parcs et jardins à Ispahan (comme un peu partout ailleurs dans les villes que nous avons parcourues ) : de familles, des couples, des groupes d amis y vont pour y picniquer, siroter un thé ou fumer un narguilé. Moments agréables en somme.
- jours 14 et 15 - vendredi 27 et samedi 28 avril - retour à Téhéran : en bus de nuit depuis Ispahan (comptez entre 6/7 h de route). Téhéran mérite vraiment de s'y attarder. la circulation peut intimider mais le métro facilite grandement la visite de la ville. On y trouve de nombreux musées, nous avons jeté notre dévolu sur celui de la défense sacrée qui retrace avec force détails et photos/témoignages l'épisode de la guerre Iran/Irak. Ce musée assez récent vaut vraiment le détour. Le même jour, visite de l'ambassade des Etas Unis qui nous plonge au coeur d'un véritable film d'espionnage. Le lendemain et dernier jour (samedi 28 avril), nous nous sommes autorisés une randionnée à Darband dont les contreforts et sommets dominent Téhéran. Lieu très touristique et aytpique, quasi exclusivement fréquenté par les Iraniens qui s'y rendent assez nombreux le week end pour déjeuner le long (voire sur ) le torrent de montagne. L'expérience est assez unique et pour les plus entrainés, des sentiers de randonnés permettent de grimper bien plus haut.
5/ Conclusion Par les temps qui courent, évoquer l'Iran provoque presque toujours un froncement de sourcils et des interrogations. Ces 15 jours nous ont permi de découvrir un pays magnifique, à l histoire tres riche et loin des clichés qu'on nous sert depuis nos écrans. Certes, la religion y est très présente et les standards de libertés individuelles ne sont pas comparables à ceux d'ici mais ce qui frappe au delà de ces questions qui ont leur importance, c'est surtout la quiétude, la gentilesse et l hospitalité des Iraniens que nous avons pu croiser. Spontanément, les gens viennent à votre rencontre, qui pour discuter, qui pour partager un gateau ou offrir un verre de thé. Loin de moi l'idée de creer la polémique sur ce qui va suivre, mais étant d'origine sénégalaise, j ai parfois cette petite appréhension, avant de voyager, sur le fait que ma couleur de peau puisse etre source de complications dans des pays ou la présence de Noirs et peu ou pas visibles. Il est clair que je ne suis pas passé inaperçu en Iran mais hormis une (saine) curiosité de leur part, je n ai ressenti aucune hostilité. Au contraire, de grands sourires et de gentilles sollicitations lorsque les regards se croisent. Le pays est clairement sécurisé, nous avons rencontré des femmes ou des groupes de filles voyageant seules. Il émane des Iraniens un grand respect vis à vis des touristes et les attentions dont nous avons été témoin n'ont exigées aucune contrepartie. Mon propos ici n'est pas d'enjoliver les choses mais ayant vadrouillé dans pas mal de coins sur cette planete, ce pays reste à part dans la façon d'être des individus qui le compose. Pour conclure, c'est une destination à faire de toute urgence avant qu'il ne soit davantage pris d'assaut par les touristes mais surtout compte tenu de la situation géopolitique au Moyen Orient et de la récente décision américaine de se retirer de l'accord sur le nucléaire et fait planer moult incertitudes.
Pour le reste, je suis à votre disposition si questions. Mamoudou
Bonjour,
J'aimerais connaître le retour d'expérience de ceux qui ont visité la région de Kerman et de Bam depuis le début de l'année 2014 au vu des informations délivrées sur le site du ministère des affaires étrangères : Les déplacements dans l’est de la province de Kerman sont formellement déconseillés. Au sud-est du pays la situation de sécurité s’est notablement dégradée depuis le début de l’année 2014. Des informations font état de victimes civiles de mines posées sur certains axes routiers, au Baloutchistan et jusque dans l’est de la province de Kerman (abords des zones touristiques du désert du Luth). L’accès à la ville de Bam reste possible par avion.
Merci pour les réponses.
Bonjour
Je pars samedi avec mon conjoint pour 15 jours en autonome en Iran. A part bien entendu un foulard et une tenue correcte pour moi, que me conseillez-vous de ne pas oublier ?
Merci de vos précieux conseils
Je pars samedi avec mon conjoint pour 15 jours en autonome en Iran. A part bien entendu un foulard et une tenue correcte pour moi, que me conseillez-vous de ne pas oublier ?
Merci de vos précieux conseils
Bon, je vais etre claire, je n'ai commençé aucune recherche autour de mon voyage, mes questions sont donc peu précises!
J'ai pour habitude de voyager seule, ce que je trouve captivant. J'ai passé l'été dernier au Kirghizistan. Là, j'ai deux amis, étudiants en géo comme moi qui me proposent de partir avec eux un mois en Iran cet été. Nous serions tous les trois ou quatre, moi la seule fille du groupe. Ma question est simple, est-ce que dans ce pays c'est quelques chose qui peut etre mal vu (quatre jeunes de vingt ans en vadrouille dont une fille non mariée).
Et meme si ça ne pose pas vraiment problème, j'ai peur de me retrouver à etre la fille du groupe à qui les hommes n'adressent pas le moindre mot.
Au Kirghizistan je n'ai pas eu de problème pour rentrer en contact avec tout le monde, mais lorsque j'ai fait un tour en Ouzbékistan, ou la religon est beaucoup plus pregnante, je trouvais qu'il était déjà plus difficile de savoir ou se positionner en tant que femme.
Voilà.
Sinon, ce pays me fascine, meme si pour l'instant je me suis plutot interessé à ses voisins, Turquie et Afghanistan.
Alor si des femmes qui ont voyagé là-bas ont des témoignages, ça m'intéresse!
Bonsoir,
Je pense aller en Iran (ou plutôt à Teheran et Esfahan, pour une petite intro à cette contrée) l'année prochaine. Avant toute chose, j'aimerais trouver un chouette guide qui résume bien sympathiquement ce pays. Je pensais prendre le EYEWITNESS TRAVEL GUIDE (c'est super-lourd, mais vachement bien fait - en tout cas celui pour l'Inde que j'ai découvert après mon dernier voyage là-bas - donc parfait pour lecture pré-départ!), mais je viens de me rendre compte qu'il n'existe pas pour l'Iran. Quels guides me recommandez-vous?
Aussi, j'imagine que même seule, il n'y aura pas de soucis, non? Quand je suis allée seule au Yemen, j'étais super maniaque avec le foulard, jusqu'à ce que je discute un peu plus avec les yéménites du sud, et me rendre compte que ce n'était peut-être pas nécessaire pour moi de porter le voile, et, en effet, de retour à la capitale, non-voilée cette fois-ci, j'ai attiré beaucoup moins les regards, et en plus je n'ai plus crevé de chaud!! Idem pour l'Iran?!? (j'en doute, mais bon...)
Merci pour tous les éclaircissements que vous pourrez m'apporter!
Je pense aller en Iran (ou plutôt à Teheran et Esfahan, pour une petite intro à cette contrée) l'année prochaine. Avant toute chose, j'aimerais trouver un chouette guide qui résume bien sympathiquement ce pays. Je pensais prendre le EYEWITNESS TRAVEL GUIDE (c'est super-lourd, mais vachement bien fait - en tout cas celui pour l'Inde que j'ai découvert après mon dernier voyage là-bas - donc parfait pour lecture pré-départ!), mais je viens de me rendre compte qu'il n'existe pas pour l'Iran. Quels guides me recommandez-vous?
Aussi, j'imagine que même seule, il n'y aura pas de soucis, non? Quand je suis allée seule au Yemen, j'étais super maniaque avec le foulard, jusqu'à ce que je discute un peu plus avec les yéménites du sud, et me rendre compte que ce n'était peut-être pas nécessaire pour moi de porter le voile, et, en effet, de retour à la capitale, non-voilée cette fois-ci, j'ai attiré beaucoup moins les regards, et en plus je n'ai plus crevé de chaud!! Idem pour l'Iran?!? (j'en doute, mais bon...)
Merci pour tous les éclaircissements que vous pourrez m'apporter!









