Discussions similar to: Renseignements sur Lan Airlines
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Réservation des sièges sur LAN Airlines
Nous avons pris notre billet pour Lima au départ de Nantes en transitant par Madrid. Vol Ibéria puis LAN, pour la partie Transatlantique ; Il nous est impossible, à un mois du départ, de réserver notre siège ! Pourtant toutes les compagnies proposent ce service. Pas moyen d'obtenir des renseignements de la part de LAN. Le peu que j'ai pu lire est que l'enregistrement ne peut se faire que quelques heures avant le décollage. aucune chance alors d'être placés ensemble. Quelqu'un a-t-il eu recours aux services de cette compagnie, et avez vous un tuyau pour ne pas passer 12 heures de vol tout seul dans son coin...
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LAN Airlines retourne à La Havane depuis Lima
Après avoir abandonné sa route Santiago du Chili – La Havane en avril dernier, la compagnie aérienne LAN Airlines a décidé de revenir dans la capitale de Cuba avec une nouvelle liaison depuis Lima au Pérou.

LAN Chile s’en va, LAN Peru arrive: la compagnie chilienne joue avec ses filiales pour maintenir une présence sur l’aéroport international José Marti de La Havane. A partir de février 2012, elle reliera la capitale péruvienne à Cuba trois fois par semaine, à bord d'un Airbus A319 pouvant emporter 144 passagers en classe économie. Les vols quitteront Lima les lundi, jeudi et samedi à 12h25 pour arriver à 17h50, et repartiront de La Havane à 18h40 pour atterrir à 0h05. TACA Peru est déjà présente sur cette route.

Source: www.air-journal.fr/2011-08-30-lan-airlines-retourne-a-la-havane-535362.html
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LAN Airlines pour un vol (aller-retour) Paris-Santiago?
Bonjour à toutes et à tous,

J'ai la chance de partir pour Santiago cet été chez un ami. Pour celà, je suis en train de chercher le billet le plus intéressant. J'ai vu sur Opodo qu'on pouvait trouver des billets aux alentours de 800€ moyennant une escale à Madrid via la compagnie LAN Airlines, que je ne connais pas. J'ai regardé rapidement sur Wikipedia, ça m'a l'air d'être l'équivalent chilien d'air france mais je n'ai pas pu trouver d'avis. Donc s'il vous est arrivé de prendre LAN Airlines, j'attends vos commentaires ou si vous avez des tuyaux pour trouver des billets encore moins cher.

Merci

Thomas
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Vol vers l'Équateur: Lyon-Madrid-Quito
Bonjour à tous Départ le 29/09 de Lyon pour Madrid (Ibéria) puis à 14h Guyaquil (LAN Ecuador) et Quito Pourriez-vous me donner des renseignements sur LAN: Type d'appareil, écran individuel?, nourriture... Change-t-on d'avion à Guayaquil pour continuer sur Quito Quel météo pouvons-nous espérer début octobre en Équateur? Prévoir plus de vêtements chauds? Merci d'avance pour toutes vos réponses et d'autres choses utiles pour passer un séjour agréable Poux05
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Trajets longues distances au Chili - Avion? Bus? Quelle compagnie?
Bonjour!

Je prévois 1 tour au Chili pendant 3 semaines à la mi-novembre. Atterrisant à Santiago, je voudrais directement descendre sur Pucon, Puerto Varas et l'île de Chiloé. De là, je voudrais descendre jusque Punta Arenas et aller au Torres del Paine. J'ai trouvé des vols Puerto Montt - Punta Arenas à plus de 300€ avec Lan Airlines, mais mon budget est un peu limité. Connaissez-vous une compagnie plus abordable? J'ai également lu qu'il était possible de faire Puerto Montt - Punta Arenas en bus en passant par l'Argentine en 36h, mais je n'ai pas trouvé la compagnie de bus qui offrait ce trajet. Quelqu'un peut m'aider? Ensuite, je voudrais aller de Punta Arenas à Calama ou Antofagasta en avion pour voir le nord. Une compagnie à me recommander?

En bref, voici mes questions: 1. Puerto Montt - Punta Arenas en avion ou en bus? Avec quelle compagnie? 2. Punta Arena - Calama ou Punta Arena - Antofagasta, avec quelle compagnie aérienne?

Merci à vous!
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Vol La Paz - Lima
Voilà, en gros je part cet été pour 1 mois, arrivé le 13/07 environ a lima et départ le 13/08 environ de la paz. Je me suis rendu compte que pour arriver de paris a lima et repartir de la paz pour paris il n'y a qu'american airlines qui propose des trajet pour 1400€ environ. Alors qu'en A/R je peux trouver des billets pour 1000€ avec la TAM. Et je me disait qu'il était peut être plus interressant de prendre un aller retour paris lima / lima paris, et de prendre un trajet la paz lima.

Ma question est la suivante y a t il des vols la paz-lima pour moins de 200€?!

Je n'ai trouver que LAN AIRLINES pour 257€, et du coup ce n'est pas interressant...
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Quelle compagnie aérienne pour Quito et meilleure période pour réserver?
Bonjour, A tous les habitués de l'Equateur, je pars le 28 mars et rentre le 13 avril (pas le choix accompagne amis qui ont déjà tout réservé), donc en basse saison d'après ce que j'ai pu lire. Pensez-vous que je peux me permettre d'attendre encore quelques semaines pour profiter de meilleurs tarifs ou plus prudent de réserver dès maintenant. Par ailleurs, j'hésite entre Ibéria et une cie américaine. Est-il obligatoire d'avoir un passeport biométrique quand on est qu'en transit sur cie américaine ? Merci d'avance Josy
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Compagnie aérienne pour le Vietnam
bonjour nous envisageons de partir au vietnam avec vacances transat et de faire le circuit passion du vietnam. Nous avons le choix entre deux cie aerienne, soit vietnam airlines , soit cathay pacific . Que me conseillez vous ? merci
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Liaisons de bus entre Bariloche et Ushuaïa (Argentine)
Bonjour à tous et à toutes, Nous partons rejoindre des amis faisant un tour du monde, en patagonie en mars 2009. Nous devions attérir à PUNTA ARENAS, pour redescendre sur USHUAIA, seulement, selon le périple de nos amis, il serait plus simple que nous attérissions à San Carlos de BARILOCHE, quelques jours avant leur arrivée !! Du coup, nous parcourons tous les sites internet afin de trouver des informations sur les liaisons de bus entre BARILOCHE et USHUAIA pour estimer le temps de route. Nous imaginons bien passer du temps dans les bus pour descendre à la terre de feu. Existe t'il des liaisons de bus pour atteindre USHUAIA de BARILOCHE ou est ce totalement infaisable ? Nous choisissons le bus par rapport au cout du trajet. Quelqu'un aurait il fait l'expérience de faire ce même itinéraire ? Auriez vous des sites internet des compagnies faisant éventuellement ce parcours ? Nous vous remercions pour votre aide précieuse !! Nous n'avons pas encore prit nos billets d'avion car nous attendons d'avoir toutes les informations nécessaires, au moins pour arriver à rejoindre nos amis !! Car ils arrivent sur PUNTA ARENAS mais repartirons de BARILOCHE, ca nous semble donc plus simple de prendre un vol sec BRUXELLES - BARILOCHE, cela nous permettra de profiter de nos amis plus longtemps !! Encore merci d'avance de vous pencher sur notre "gros probleme" de logistique... A bientôt.
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Liaison Amantani - Llachon et autres trajets au Pérou
Bonjour, 1 Est il possible d'aller d' Amantani à Llachon (presqu'il de Capachica) avec un bateau collectif? Quelles sont les fréquences ? horaires ? tarifs ?

2 Quelle est la meilleure solution pour aller de Chivay à Juliaca ( ou Puno ) sans revenir à Aréquipa ? Compagnies de bus ? arrets ? horaires ? tarifs ?

3 Comment peut on réserver à l'avance le train d'Ollantaytambo à Aguas Calientes ? compagnies ? Quel délai ? faut il réserver rapidement pour mai ?

4 Faut il réserver à l'avance ( combien de temps ?) les trajets d'avion sur les lignes intérieures péruviennes pour un séjour en mai ? Quelle compagnie est conseillée avec des tarifs tous compris sans surprise ?

5 Quelle est la durée de validité réelle du billet touristique pour la vallée sacrée ?

Merci d'avance pour votre aide, cordialement.
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Nord-Ouest argentin et Nord chilien - D'un océan à l'autre en traversant les Andes (1re et 2 partie)
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción. De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama. Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique. Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.

Bon voyage...

Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.

********** Première partie ********************

De Buenos Aires à Colchane

La version avec photos est visible ici:

carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Jeudi 13 octobre

Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...

Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.

Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.

Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…

Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)

Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...

Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))

En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.

En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.

Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J

Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.

Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)

Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.

Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.

Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.

Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.

Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.

Dimanche 16

Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.

Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.

Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…

Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.

Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...

Lundi 17

Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.

Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!

Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…

La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.

Mardi 18 Salta la Linda

Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…

Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.

Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)

L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.

La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.

Dehors, la nuit tombe déjà…

Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.

Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...

De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…

Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía

Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.

De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...

Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.

Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.

Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.

Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:

1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).

Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !

Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !

Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.

Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...

Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...

En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.

Jeudi 20

Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.

Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…

Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.

Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.

Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…

Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.

Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !

Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.

De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.

Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.

Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...

Vendredi 21 De Humahuaca à Susques

Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.

Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.

Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.

Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.

Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!

A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.

Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)

En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.

Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...

L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.

Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama

J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...

Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!

Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!

La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.

La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.

Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.

Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.

Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...

Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…

Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».

Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…

Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)

Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.

L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...

Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.

Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.

Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...

Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)

Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...

Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…

Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse

La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.

Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.

Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.

Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…

Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…

Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…

Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.

Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.

Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)

Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.

Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !

Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.

La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.

Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...

La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.

Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.

Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.

Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)

A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.

Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...

Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.

Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...

En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.

Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)

Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..

Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.

Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.

Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.

Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).

Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique

Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.

Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...

Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.

Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.

En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.

On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.

Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.

Samedi 29 D'Iquique à Arica

Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...

Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !

Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.

Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).

Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.

Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.

* *****

L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.

La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm

Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.

Dimanche 30 Arica

Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.

Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.

Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.

Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…

La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…

Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.

Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.

Lundi 31

7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.

Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...

Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.

Mardi 1er novembre D'Arica à Putre

Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...

Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !

La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.

La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.

Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)

Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.

La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.

Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...

Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)

Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.

Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.

La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).

Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).

Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…

Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).

Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…

Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.

Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.

Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…

Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !

Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...

Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.

(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)

Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…

Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »

Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !

L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.

Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.

A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!

Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...

Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane

Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.

La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.

L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...

L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.

Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.

Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.

Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.

Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...

Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.

Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...

A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.

Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.

Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.

Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.

Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.

Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.

Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.

Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.

Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.

Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.

La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...

********** Seconde partie ********************

De Colchane à Buenos Aires

La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html



Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique

Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…

On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.

Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.

Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.

Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...

Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.

Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.

Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama

Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...

Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).

Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.

Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !

Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.

A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.

Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.

Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.

Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!

De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :

« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)

San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.

J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).

L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.

Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).

Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)

Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.

Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.

De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.

Les panneaux sont en général très instructifs…

Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...

Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.

La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.

A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.

Le soir, retour à La Casona.

Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama

Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.

A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.

A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.

En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !

Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.

Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...

J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.

Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.

En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.

Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !

A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…

Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.

Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...

Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...

Mardi 8 De la puna à Salta

En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.

Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !

La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.

Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…

A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).

Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!

L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J

Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.

Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!

A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.

Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes

Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.

La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!

La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.

La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).

Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.

Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.

Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!

Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.

Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).

Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)

Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.

Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.

Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...

Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.

Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.

Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)

Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.

La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).

Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.

Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.

De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.

San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…

Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.

Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes

Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.

A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.

Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.

Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.

A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...

Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.

Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas

Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.

Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.

Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.

Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.

Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.

Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.

Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.

Lundi 14 Salta - Buenos Aires

Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.

Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)

Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.

Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.

Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...

Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)

Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.

Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.

Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).

Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires

Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.

Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !

Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…

Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.

En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!

Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.

Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.

Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.

Mercredi 16

Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.

Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...

(Renseignements)

Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.

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Partis avec des à-priori mais revenus enchantés du Vietnam
ITINERAIRE

Bonjour, Comme dit dans le titre , c'est un pays que j'appréhendais pas mal , à cause de lectures relatant des déconvenues et arnaques. Mais finalement après avoir voyagé en Thailande , au Laos , au Cambodge et en Birmanie , on s'est décidé pour le Vietnam ...et on est revenus éblouis et ravis .

Voyage effectué du 8 mai au 7 juin dernier , à 2 couples de seniors . itinéraire :

- Vol Nantes- Bangkok via Amsterdam sur KLM ( 1 nuit à BKK) - Vol BKK- Hanoi avec air Asia ( 3 nuits à Hanoi) - Croisière en baie d'Halong ( 1 nuit sur la jonque ) - Tam Coc ( 3 nuits ) - Sapa ( 1 nuit ) - Bac Ha ( 2 nuits ) - Ha Giang ( 1 nuit ) - Dong Van ( 2 n ) - Bao Lac ( 1 n ) - Cao Bang ( 2 n ) - Hanoi ( 1 n ) - vol de Hanoi à Hué ( 2 n ) - Hoi An ( 3 n ) - plage de An Bang ( 4 n ) - Vol de danang à BKK ( 2 n ) Vol BKK- nantes via Amsterdam

Je peux évidemment détailler ce périple si de futurs voyageurs sont intéressés. J'ai tout organisé par moi-même pour l'essentiel . Larsay m'a aidée à trouver un véhicule avec chauffeur anglophone pour la boucle nord de 10 jours en partant de Tam Coc et en finissant à Hanoi . En ce moment , on est dans le tri des photos et des montages vidéos , ce qui nous permet de continuer visuellement ce magnifique voyage . la météo que j'appréhendais a été très favorable ....( très chaude même )

je suis donc prête à mon tour à aider des forumeurs intéressés.

Cordialement

à suivre éventuellement...
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TSA (programme sécurité des vols) et compagnie LAN Airlines
Bonjour, Partant le 11 aout via New york, je suis en train de faire les dernières formalités Les compagnies aériennes qui m'assurent mes vols internationaux a destination et en partance de NY me demandent toutes les deux des renseignements pour le TSA (nom, genre, date de naissance) Par contre Lan ne m'a rien demandé Est ce normal? Ou bien ne sont ils pas encore concerné par le TSA? Qui est parti récemment avec eux? Sarah
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Transport de vélos avec la compagnie aérienne LAN?
Bonjour

Nous sommes à la recherche de renseignements RECENTS pour le transport des vélos sur un vol transatlantique avec la compagnie LAN de Lima à Madrid.

Sur le site de la compagnie, on trouve ceci : Équipements de sport Ils doivent respecter les conditions suivantes:L'équipement de sport doit être correctement emballé, (dans un sac ou un étui spécialement conçue pour son transport).Le volume de l'article emballé ne doit pas dépasser 203 cm linéaires, à l'exception des planches de surf, dont le volume maximal autorisé est de 300 cm linéaires.Le poids de chaque équipement ne doit pas dépasser 23 kg. Si le passager s'acquitte de la franchise supplémentaire, le poids maximal peut atteindre 45 kg, sauf si le vol comprend un vol de connexion avec Iberia, British Airways et Qantas ainsi que dans les vols à destination ou au départ de l'Europe et de l'Océanie, pour lesquels le poids maximal autorisé est de 32 kg.L'équipement doit être conforme aux règles de sécurité exigées par l'équipage, et ne peut pas contenir desmarchandises interdites.Les équipements tels que les planches à voiles, kayaks, canoës et rames, deltaplanes, perches et javelots ne peuvent être transportés que par LANCARGO.Dans le cas des bicyclettes, le guidon doit être fixé sur le côté (parallèle au cadre) et les pédales doivent être retirées. Si ce n'est pas le cas, la bicyclette doit être emballée convenablement afin d'éviter les dommages causés sur d'autres articles.Nos vélos rentrent dans la franchise de 23 kg mais je ne vois pas comment un vélo peut faire moins de 2 m linéaire (hauteur + largeur + longueur) ? Et pourtant, ils disent bien accepter les vélos en retirant les pédales et en fixant le guidon. Si certains ont récemment voyagé avec cette compagnie et des vélos, leur retour nous intéresse. Merci
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Retour sur trois semaines de visites au Pérou
L’organisation du voyage :

Depuis 3 ans, nous repartons au long cours pour les vacances. 2008 a été l’année qui a mis le feu aux poudres. Grâce à un ami travaillant en Ethiopie, ma femme et moi ont convenu qu’il fallait de nouveau voyager, les enfants ayant grandi. Grâce à internet, ce premier voyage a été préparé de notre bureau à coup de mails envoyés à des agences locales de tourisme suite à la découverte du site d’Ethiopian airlines proposant des circuits en plus des vols aériens internationaux et domestiques. Durant près de 2 mois, toute l’information possible sur le pays a été rassemblée afin de connaître les sites les plus intéressants à voir dans un laps de temps très court. Notre idée est d’en voir le maximum tout en supportant un rythme de voyage acceptable et assimilable par l’organisme. Le succès de ce circuit nous a confortés dans l’idée que l’on pouvait maintenant prendre les enfants avec nous afin qu’ils bénéficient des bienfaits d’une ouverture au monde. En 2009, après un projet de vacances au Kenya/Tanzanie, j’ai réussi à argumenter pour se diriger vers la Namibie. Autotour et préparation avec un T.O. local nous ont ainsi permis de visiter une grande partie du pays sans dégoûter les enfants par des kilométrages délirants. Des grands espaces, des animaux sauvages en quantité, un climat frais mais beau ont laissé d’excellents souvenirs à tous. En 2010, il fallait trouver autre chose à voir. L’Asie a été envisagé mais le climat durant l’été n’est pas trop favorable. Peut-être une tentative sera-t-elle tentée à de prochaines vacances de printemps afin de bénéficier d’un temps plus supportable pour visiter l’Inde que personne dans la famille ne connaît ou le Népal. Après un regard sur la mappemonde, l’Amérique du Sud a été trouvée comme prochain point de chute pour l’été. La Bolivie ayant été écartée d’office puisque le père l’a déjà visité il y a près de 20 ans, la destination a été ensuite choisie à l’unanimité : le Pérou. Personne n’y était allé et certains sites étaient déjà bien connus : Machu Picchu, lac Titicaca, les Incas, le seigneur de Sipan. Question climat, on restait dans l’esprit Namibie c’est-à-dire beau mais frais à cela s’ajoute l’altitude qui augmente la baisse de la température. Cela refroidit un peu les envies des plus jeunes mais les arguments des parents l’emportent. Il allait falloir maintenant trouver le circuit que l’on allait monter. Pour cela, internet permet en quelques instants de trouver les principaux centres d’intérêt du pays en parcourant les catalogues des T.O. les plus connus. Ensuite comme pour nos précédents, nous avions prévu de faire confiance à un T.O. local, les expériences ayant été concluantes. Nous dénichons quelques locaux francophones puisque l’espagnol n’est pas parlé dans la famille excepté notre fille mais qu’elle balbutie plus qu’elle ne le parle. Nous envoyons quelques demandes après déchiffrage de leur site. Nous adressons des demandes à ceux nous paraissant les plus sérieux. Après quelques jours d’attente, nous commençons à recevoir des devis qui nous interpellent. Certains nous font découvrir des régions non envisagées au départ tel que le Nord-Pérou et les régions montagneuses de la Cordillère Blanche moins connues que Cuzco. De 15 jours prévus au départ nous entamons une progression dans la durée du circuit y ajoutant par ci par là de nouvelles extensions. Au nord vient se joindre l’Amazonie. Comme l’on prévoit un T.O. local, il faut parallèlement prévoir de notre côté l’achat du billet d’avion Paris/Lima ce qui n’est pas une mince affaire. Les billets doivent satisfaire à plusieurs contraintes : être les moins chers, être aux bonnes dates par rapport à la longueur du circuit retenu, ne pas nous faire passer par les USA, la durée la plus courte possible de l’escale à Madrid car cela nous est apparu très rapidement que le vol serait via Madrid. Fin février, les choix ont été faits : circuit du 18 Juillet au 9 Août Paris-Paris sur vol Ibéria et avec LatinAndes comme T.O. local. Notre interlocuteur sur place s’appelle Walter Candia Valer. Nous discutons par mails pour mettre en place le circuit définitif et le tarif qu’il nous propose nous encourage (environ 2000 euros Lima/Lima par personne) . Du circuit la « terre des pumas » , nous avons choisi de visiter le Pérou dans sa quasi-totalité. Nous trouvons le billet aérien avec escale à Madrid comme convenu. Il n’y a plus alors qu’à attendre le départ avec cependant quelques incertitudes : Nous effectuons les virements de paiement du circuit sans aucune assurance de la notabilité du TO mais nous gardons confiance dans le fait que les années précédentes tout s’est très bien déroulé. Le déroulement jour par jour

Dimanche 18 Juillet : 8h30, départ de notre domicile pour nous rendre à Orly en taxi. Les bagages pour 4 sont trop imposants pour envisager un transfert par RER . Direction Orly-Sud, mais par acquit de conscience Maman vérifie les billets : ce n’est pas Sud mais Ouest où il faut se rendre. Papa s’était trompé par précipitation. Décollage à 10H50 sans encombre, direction Madrid où nous arrivons en fin de matinée. L’enregistrement des bagages et des places sur les 2 vols a été fait jusqu’à Lima ce qui nous laisse du temps pour aller visiter la ville puisque nous repartons à 1H15 du matin. L’aéroport de Barajas est immense ce qui nécessite de prendre des navettes automatiques pour rejoindre le métro qui dessert directement le centre ville. Nous avions préparé notre petite escapade madrilène en prenant plan de la ville et des sites à visiter lors d’un passage-éclair. Nous descendons « place d’Espagne » où une température caniculaire nous attend (37°). Il est près de 15h et la ville est encore assoupie. La faim nous tenaille et nous trouvons vite un restaurant typique où les choix de plats satisfont les différents appétits. Après cette diversion, nous entamons notre périple dans le Madrid touristique via le palais royal, la cathédrale de la Almudena. Nous entrevoyons, sans s’en approcher, le Théâtre Royal tant la chaleur est difficilement supportable. Nous longeons les murs. Nous rejoignons les plazas de la Villa et San Miquel où des halles abritent un marché très à la mode, avant de passer à la plaza mayor à la magnifique unité architecturale. Nous recherchons de l’eau afin de rafraîchir les gosiers assoiffés par la chaleur suffocante de cette fin d’après midi . Nous retrouvons les madrilènes dans les zones commerciales ouvertes le dimanche autour de la « puerta del sol » jusqu’à la « plaza del callao » sur Gran Via. Nous décidons de nous rendre à la « plaza de Alcala ». De beaux immeubles des années 1900 constituent l’essentiel des bâtiments croisés. Les grandes artères que nous parcourons assurent un minimum l’évacuation de la chaleur de la ville entretenue par un soleil toujours aussi vif. Les pieds commencent à s’échauffer et de grosses voix s’élèvent pour demander un arrêt pour manger sachant que dans l’avion, cette nuit, l’attente sera longue. Nous prenons place dans une trattoria sur Alcalà. La cuisine italienne a bien des adeptes partout dans le monde en raison du faible coût des produits utilisés et d’une facile accoutumance aux plats principaux en particulier chez les jeunes. Pâtes et pizzas seront à la table de nombreux repas tout au long du circuit. Après le dîner , nous reprenons le métro pour nous rendre une dernière fois dans le vieux centre. Nous descendons à « la Puerta del Sol » et entamons à la nuit presque tombée un passage vers la place Isabel II où se trouve le théâtre royal. Nous traversons « la plaza de oriente » où un jardin verdoyant concentre une foule multiculturelle . Nous retrouvons ensuite le monument élevé à la gloire de Cervantès représentant Don Quichotte et son fier écuyer monté sur son âne. Une fête gastronomique aux accents de Galice bat son plein sous des barnums au pied de la tour de Madrid. Nous remontons ensuite « Gran Via » jusqu’à la station de métro du même nom pour profiter quelques instants encore de la chaude ambiance de la ville qui commence à s’animer. Une heure de métro plus tard, nous sommes dans l’enceinte de l’aéroport pour attendre notre vol en partance pour Lima.

Lundi 19 Juillet : La journée commence et nous ne sommes pas encore couchés. Nous sommes dans l’Airbus A340, long courrier quadrimoteur qui nous nous fait traverser l’Atlantique et l’Amazonie avant de rejoindre la côte de l’océan Pacifique. Tout le monde s’installe pour une longue nuit qui va nous faire remonter le temps puisque en 12heures nous revoilà 7 heures plus tôt. Repas succinct mais correct. Réveil à 11h plutôt 4h pour avaler un petit déjeuner. 5h30, arrivée dans la nuit noire à Lima. Beaucoup de temps pour récupérer les bagages, mais enfin pas de problème; tous nous ont bien suivis. Maintenant vient l’angoisse : David le guide prévu par le TO sera-t-il bien là ? Après le passage à la douane, tout le monde retient son souffle en sortant de la zone de débarquement et de passage des frontières. Derrière la barrière qui nous sépare des réceptifs cherchant à retrouver les arrivants, nous apercevons le panneau sur lequel est écrit notre nom : Ouf, il est bien là David. Toute notre angoisse disparaît , le voyage peut réellement commencer. Après les présentations, toutefois un premier désagrément: pas de chauffeur pour nous conduire en ville à l’hôtel. David s’empresse auprès du chauffeur de connaître le motif de son absence. Il s’est tout simplement trompé d’heure. On lui avait dit 6h30 mais il s’était plus souvenu si il s’agissait du main ou du soir. Après ce contretemps, nous avons rejoint le minibus, avec une heure de retard, commencé à se mêler aux embouteillages de Lima et à s’imprégner de l’ambiance grise et fraîche de cette mégalopole. Un brouillard fin s’abat tous les matins d’hiver pour se dissiper vers midi. D’ici là, il faut s’adapter pour vivre dans cette ville aux banlieues lépreuses où les mototaxis encombrent les rues. Peu de véhicules particuliers toutefois, mais une foule de bus , d’autobus de ligne, de taxis en tout genre. En 45 minutes nous rejoignons notre hôtel (Kamara) situé quasiment en plein centre historique. Des mesures de sécurité importantes permettent de vérifier l’attention toute particulière qu’il faut faire au cours de déplacements. Grilles aux portes de l’hôtel, vigiles sont monnaie courante devant de nombreux établissements commerciaux. Nous rejoignons nos deux chambres et après une toilette réparatrice, nous allons prendre un petit déjeuner. A 10h, le guide nous rejoint pour nous faire visiter le centre historique. Nous commençons par une rue pleine de libraires qui donne dans la place San Martin . Ce personnage est un des héros de l’indépendance du Pérou au cours du XIXème siècle. Après la canicule de la veille, le temps breton nous réveille pour continuer la visite en direction de la plaza mayor qui est entourée de tous les bâtiments caractéristiques d’une capitale coloniale espagnole. Cathédrale, administration centrale, présidence de la république, banque centrale et autres. Avant le premier déjeuner péruvien, nous visitons quelques églises de style baroque car de nombreuses originales du XVIème siècle ont été détruites lors de tremblements de terre. Peu avant midi, nous retournons devant la présidence de la république sur la plaza mayor pour assister à la relève d la garde, événement qui voit arriver une forte concentration de touristes. A l’occasion de notre repas pris dans un restaurant à deux pas du centre touristique, nous goûterons le cocktail local, le « Pisco Sour » ainsi que la cuisine locale qui s’avérera très variée à base de céréales comme le quinoa, de viandes souvent exotiques telles que l’alpaga. Après le repas, nous continuons nos visites par celle du musée de l’Inquisition qui fit tant trembler jusqu’au XVIIIème siècle et celle d’un musée privé (musée Cohen) présentant de magnifiques collections d’objets des différentes civilisations ayant traversé l’histoire du Pérou. Après cela nous retournons à l’hôtel, fatigués par la promenade, le décalage horaire et les différences de température subies depuis deux jours. Nous prenons congé de notre guide qui nous rejoindra le lendemain pour nous conduire à la gare routière. Un cadenas sur un bagage qui ne veut pas s’ouvrir viendra ternir l’ambiance en cette fin d’après midi. Il a fallu ressortir pour le remplacer (Cela nous a permis de tester notre espagnol) et puis, par hasard la combinaison s’est de nouveau ouverte. Après ce petit contretemps sans grave conséquence, nous prenons la décision de dîner à l’hôtel afin de nous économiser un peu, demain étant une journée de voyage en bus de ligne. Pour le repas, nous choisissons cuisine italienne ce qui ravira l’ensemble des convives. Les enfants vont se coucher mais les parents attendent une visite : notre T.O. doit venir nous rencontrer afin de nous donner les éléments pour continuer le voyage. A 21h30, Walter apparaît dans le hall de l’hôtel et se présente à nous. Il vient de monter son agence à Cuzco depuis quelques mois et cherche encore des clients malgré un emploi du temps déjà bien chargé. Il accompagne aussi un groupe de touristes français . Il nous explique qu’à chacune de nos étapes un guide , un chauffeur et un van nous attendront pour nous faire visiter la région et nous conduire jusqu’au prochain moyen de transport qui nous amènera à notre destination suivante. Au Pérou, afin de diminuer le chômage en province, les accompagnateurs de circuit sont des locaux assermentés, associés chacun à une région et souvent à une spécialité comme guide de haute ou moyenne montagne. Nous prenons congé de notre hôte après ses précieux renseignements fournis pour le déroulement ultérieur de notre aventure. A 22h30, extinction des feux.

Mardi 20 Juillet : Réveil à 5h15, rassemblement des bagages puis petit déjeuner au restaurant de l’hôtel Kamana où nous avons passé une excellente nuit réparatrice. A 6h45, nos guides et chauffeur viennent nous chercher pour rejoindre la gare routière située au sud de Lima dans une banlieue glauque que le temps gris n’améliore pas. Nous déposons les bagages qui seront mis en soute et attendons patiemment la montée après contrôle par caméra. Nous partons à 8h10 dans le bus de ligne de la Compagnie Movil Tour en direction de Mancos via Huaraz dans la Cordillère Blanche, une chaîne de montagne où de nombreux sommets dépassent les 6000 m. C’est notre 1ère expérience de ce type de transport. Par crainte de souci de mal au cœur, Pierrine, notre fille a pris des médicaments qui s’avéreront efficaces. Le bus est confortable, muni de WC, de TV , de sièges inclinables afin de supporter un long trajet. Aujourd’hui, ce sera essentiellement du repos avec découverte de différents paysages qui s’étageront du niveau de l’océan à plus de 4000 m. Nous traversons tout d’abord Lima par de grands axes souvent encombrés, puis la Rimac, le fleuve qui sépare la ville en deux . Au nord, nous atteignons la banlieue et la ville de Callao où se situe notre premier arrêt. Nous accueillons quelques voyageurs supplémentaires avant d’emprunter la Panaméricaine, l’axe mythique qui joint les Amériques. Dès que nous quittons la métropole, nous longeons l’océan Pacifique qui vient se jeter sur la plage en de nombreux rouleaux. De hautes dunes de sable bordent la route côté oriental et cela sur des dizaines de kilomètres. De temps en temps , des oasis de verdure apparaissent au débouché des quelques fleuves se jetant ans l’océan en provenance des contreforts de la cordillère. Des cultures de cannes à sucre forment l’essentiel de l’agriculture associée à une culture maraîchère qui assure l’approvisionnement de la capitale en légumes frais. Les arrêts sont fréquents pour franchir des péages qui sont établis sur les axes principaux de l’ensemble du pays. Le réseau routier que nous parcourrons durant notre circuit, est dans l’ensemble en bon état . A midi nous nous arrêtons à Barranca pour déjeuner dans un restaurant de station-service. Afin de diminuer le temps d’arrêt, nous prenons un plat unique de riz-poulet de qualité tout à fait acceptable. Nous nous sommes dérouillés un peu les jambes avant de continuer le voyage. En reprenant la route qui commence à s’élever le long du rio Fortaleza, le soleil fait son apparition. Nous traversons quelques villages avant que les virages deviennent de plus en plus nombreux alors que la route grimpe à l’assaut du col de Conococha qui culmine à 4200m. De là haut, la vue est très étendue à la fois sur la lagune qui s’étend à nos pieds et sur la cordillère de Huayhuash qui barre le paysage vers le sud-ouest. Le col est une grande étendue plate parsemée de marais où paissent des troupeaux de moutons pour l’essentiel. Nous entamons la descente vers Huaraz, tout de même situé à 3060 m. Nous nous arrêtons pour faire descendre l’essentiel des clients qui viennent ici pour la découverte de la haute montagne andine en participant à des treks . Encore une heure de route avant de rejoindre Mancos où nous attend notre guide Eduardo. Il nous conduit chez l’habitant d’après ce qui était prévu dans notre programme mais nous découvririons en fait un petit lodge de montagne très confortable. Situé au pied du Huascaran, la plus haute montagne du Pérou, il bénéficie d’une vue imprenable sur la montagne depuis un très agréable jardin. Les chambres sont simples mais disposent de tout le confort nécessaire pour y passer deux nuits. A 2600 m, nous n’appréhendons pas trop cette altitude qui ne nous pèse pas trop. Nous n’aurons pas de malaises, ni de difficultés particulières pour dormir. La fin d’après midi se passe à s’installer tranquillement et à profiter d’un paysage somptueux que bien des montagnards que l’on connaît nous envieraient. Le soleil couchant sur les deux sommets du Huascaran embrase l’ensemble de la montagne qui nous domine. Le dîner servi dans une petite salle, où de nombreux souvenirs de montagne ( photos d’ascension, piolets) sont accrochés aux murs, est composé d’une excellente soupe de légumes et de riz-poulet suivi d’une salade de fruits. A 21h15, nous nous endormons.

Mercredi 21 Juillet : Ce matin réveil à 7 heures, un soleil magnifique inonde les fenêtres de notre chambre et le Huascaran enneigé. Très bon petit déjeuner où nous sommes accueillis par Walter, notre hôte patron de la « Casa de my habuela ». Aujourd’hui, nous allons en haute montagne visiter les lagunes de Llanganuco, une promenade plus qu’une marche au long cours. A 8heures comme prévu, Eduardo et le chauffeur viennent nous chercher. Nous nous arrêtons tout d’abord au Campo Santo de Yungaï, souvenir d’un tremblement de terre suivi d’un glissement de terrain qui fit 80000 victimes dans la vallée en 1970. La ville a été reconstruite à quelque distance de la ville ancienne afin d’éviter de nouveau une même tragédie. Ensuite, nous entrons dans le parc naturel du Huascaran, qui fait partie des sites naturels de l’Unesco ce qui implique une forte implication dans le respect de la nature. Nous passons alors dans une brèche impressionnante faite entre 2 sommets emblématiques des Andes le Huandoy, d’un côté et le Huascaran de l’autre. Au fond, s’étalent les deux lagunes successives de Llanganuco établies à 3850m. Le soleil brille et aucun vent glacial prévisible en cette saison ne souffle ce qui permet de profiter au maximum d’un environnement magnifique à la végétation impensable, pour un européen, à de telles altitudes : arbres de différentes espèces, roseaux, etc… Nous continuons notre route qui est en fait un chemin gravillonné jusqu’à un belvédère à 4750 m où nous embrassons un paysage extraordinaire avec des dizaines de sommets dépassant 5500 m. Malgré que ce soit l’hiver, il faut atteindre plus de 5000 m pour voir de la neige accrochée aux pentes. A cette hauteur, la marche s’avère difficile et nous profitons de ces quelques instants pour immortaliser notre passage dans ce haut lieu de l’andinisme. Lionel Terray n’a-t-il pas gravi le Huandoy que nous voyons en face de nous, en 1956. Ensuite, nous redescendons à la lagune Coracincha située à 3850 m pour pique-niquer au pied des chênes quena , arbres endémiques de la région. Temps magnifique et même chaud puisque nous restons en T-shirt. Le lac permet le canotage mais pas la baignade. Nous faisons après le repas une petite promenade afin de profiter du site constitué de vertigineuses falaises tombant directement sur les eaux turquoises. C’est un lieu très fréquenté par les excursionnistes le plus souvent péruviens. La suite de l’après midi se déroule dans le jardin de l’hôtel afin de contempler la vue majestueuse sur les sommets environnants. A 2600 m, on reprend également son souffle. La descente a été l’occasion de voir la vie difficile des montagnards occupés aux travaux des champs avec le plus souvent comme moyen de traction des charrues, des bœufs. Le dîner passé, le coucher s’effectue à 21h15.

Jeudi 22 Juillet : Le guide nous a donné rendez-vous à 7h45, aussi sommes nous debout à 7h afin de profiter de l’excellent petit déjeuner du lodge. Comme les jours précédents, il fait un soleil magnifique mais la fraîcheur est là également. Nous embarquons pour une heure de taxi pour nous rendre sur les hauteurs de la vallée du rio Santa au pied du Huascaran. Ce matin, un petit trek nous attend afin de nous imprégner de la vie rurale dans la cordillère blanche. Nous sommes déposés à 3400m dans un petit village en pleine activité. Les hommes et femmes s’affairent à nourrir les bêtes – moutons, porcs, vaches- soit dans les fermes, soit dans les champs. Nous croisons un préposé chargé de s’assurer d’une parfaite équité dans la distribution d’eau entre les propriétaires des champs de la communauté. Pour cela, il ouvre et ferme de petites vannes de pierre situées sur les rigoles qui transportent l’eau issue des sommets. Nous descendons le long d’un sentier qui nous ramènera au lodge après une marche d’environ 4 heures à travers les petits villages créés autour d’une place centrale dotée d’un jardin planté de palmiers et où l’église et la mairie constituent les bâtiments principaux. Nous avons la chance de rentrer dans une école maternelle dans laquelle nous donnons quelques stylos et cahiers. La maîtresse et les enfants nous en remercient en chantant. La région est truffée de mines, une d’or est visible à bonne distance, et une seconde, de charbon permet de voir la fin de l’extraction à la sortie des boyaux. Des bosquets d’eucalyptus embaument l’atmosphère. Ces arbres à la pousse rapide, ont permis la reforestation après de trop nombreuses coupes des espèces indigènes en raison des besoins des populations en bois de chauffe. Un bon repas pris en plein air nous permet de reprendre des forces après notre demie journée de marche. L’après midi, nous en profitons pour lire et se divertir avant de rejoindre Huaraz où nous prendrons le bus de nuit pour Trujillo : une nouvelle expérience pour nous tous. A 17 h, le guide et le chauffeur nous conduisent à la « Chamonix » des Andes en remontant la vallée du rio Santa ce qui nous permet de profiter de très belles échappées sur la Cordillère Blanche. De la gare routière où nous avons laissé nos bagages, il nous faut environ 30 minutes pour rejoindre le centre ville. Le calme de Mancos est remplacé, pour quelques heures, par l’animation d’une ville vouée à la haute montagne. Vêtements et équipements d’escalade apparaissent aux vitrines de nombreuses boutiques de même que des sociétés de guides et de treks. A la nuit tombée, nous nous engouffrons dans un restaurant….italien au menu à 11 soles. Nous rejoignons ensuite le terminal des bus en traversant des quartiers aux rues vides, aux boutiques au rideau baissé où dominent la couleur blafarde des néons et les aboiements de chiens qui semblent pas toujours bien intentionnés. Une heure à attendre avant de monter dans le bus qui nous mène à Trujillo. Nous laissons là notre guide Eduardo qui nous a permis de bien découvrir sa région. A 21h30, nous nous installons au rez de chaussée d’un bus à étage disposant de tout le confort pour passer une nuit à bord. Couverture et petit en-cas nous sont distribués par une hôtesse comme dans un avion. La télé dispense un film d’aventure avant l’extinction des feux.

Vendredi 23 Juillet : Nous trouvons notre nouveau guide Pedro au terminal routier de Trujillo à notre arrivée à 7h30 à Trujillo. Nous sommes emmenés à l’hôtel Pullmann situé en centre ville où nous prenons le petit déjeuner et nous nous accordons quelques minutes pour faire un brin de toilette avant d’attaquer nos visites. Ce matin, nous quittons la ville par le sud pour rejoindre le site de la « Huaca de la Luna » où sont entreprises depuis une vingtaine d’années des fouilles archéologiques. Il s’agit d’une pyramide détruite en grande partie par les intempéries, construite en briques et appartenant à la civilisation « moche » datée entre le II et le VIII ème siècle. De nouveaux trésors y sont découverts presque tous les jours. Cette civilisation a construit en empilant les édifices religieux les uns au-dessus des autres ce qui permet d’espérer des découvertes dans les couches les plus profondes non encore creusées. Sous des auvents protégeant les zones de tombes et de salles aux murs colorés, nous pouvons voir les différentes représentations des dieux, en particulier du dieu principal dit « l’égorgeur ».sous forme de bas-reliefs polychromes . Durant près de deux heures, nous parcourons les différentes époques de cette civilisation situées à des niveaux différents de fouille et apercevons la « Huaca del Sol », la plus grande pyramide d’Amérique du sud qui n’est pas encore inventoriée. A la fin de la visite, nous traversons un ensemble de stands de produits d’artisanat d’une grande finesse (céramiques, bijoux, etc…). Pour déjeuner, nous partons au nord de Trujillo sur la côte Pacifique dans la station balnéaire de Huanchaco où je mangerai mon premier ceviche, spécialité culinaire à base de poissons crus assaisonnés d’une vinaigrette au citron vert. Le restaurant domine la plage où les nombreux rouleaux permettent le surf et la pratique des cabalittos de totora, embarcations en roseaux servant à la pêche et utilisées depuis des centaines d’années. Le soleil brille de nouveau après dissipation des brumes matinales qui enveloppent toute la région côtière. En retournant à Trujillo, nous nous arrêtons à Chan Chan, cité conquis par les ncas à la fin du XVème siècle après un siège de 10 ans. La ville s’étend sur 20 km². Elle appartient à la civilisation Chimu qui succéda aux Moche. C’est une enceinte fortifiée construite en adobe. Nous y visitons la citadelle Tschudi Nous voyons la place centrale, lieu des cérémonies et de sacrifices, la zone de l’administration où de petites cellules constituaient les bureaux des fonctionnaires gérant les différentes régions du royaume. A proximité de la mer, se trouvent d’autres enceintes, témoignage d’une autre période de cette civilisation encore mal connue. De retour à Trujillo, nous allons parcourir le centre ville historique situé autour de la plaza de armas et à peu de distance de l’hôtel. La rue de l’hôtel est remplie de stands temporaires d’artisanat ce qui favorise les dépenses de souvenir (nappe en coton , pena, etc…). Ce soir là, nous faisons un repas dans un restaurant chic de la rue Pizarro.

Samedi 24 Juillet : A 7h40, départ en voiture privée pour Chiclayo. Comme tous les jours, brume et fraîcheur sont au rendez-vous. Nous empruntons la panaméricaine direction nord. A environ 40 km de Trujillo, nous la quittons pour rejoindre un site archéologique nouvellement ouvert aux visites. Il s’agit de la Huaca de Cao au musée créé en 2009 à la suite de la découverte d’une magnifique tombe d’une femme de haut rang de la civilisation Chimu. Le musée très sobre, en béton brut, conserve les trésors découverts dans une pyramide située à proximité immédiate de l’océan. Comme à la Huaca de la luna, de nombreux bas-reliefs présentent des motifs géométriques et des représentations du dieu égorgeur et de poissons. Des échafaudages de protection permettent de maintenir en état les restes de tombes où de nombreuses pièces de poterie et des bijoux ont été retrouvées de même que des momies bien conservées regroupées dans le musée nouvellement installé grâce à des fonds allemands. Après la visite du site, nous continuons par celle du musée où ont été rassemblées les pièces essentielles découvertes lors des fouilles. Les salles à la lumière parfaitement adaptée, jouissent d’une magnifique mise en valeur des objets d’orfèvrerie, des tissus multicolores souvent associés à des plumes d’oiseaux d’Amazonie trouvés dans les différentes couches de la pyramide principale. Nous reprenons ensuite la route de Chiclayo en traversant de nombreux villages où la principale industrie est la riziculture. Avant midi, nous nous dirigeons vers Zana, ancienne ville coloniale importante pillée au XVIIème siècle par les pirates anglais . Il reste les vestiges de nombreuses églises qui sont devenus le repaire de vautours. A l’importance de la taille de ces monuments, on s’imagine quel pouvait être le rôle de cette cité dans le commerce local et dans l’exportation vers l’Espagne des produits agricoles locaux tels que la canne à sucre dont la culture est toujours essentielle pour la région. Midi approchant la recherche d’un restaurant s’est confirmée mais a été contrariée par la crevaison d’un pneu sur notre van. Cela nous a permis de nous attarder dans un village et d’y voir la vie s’y dérouler en particulier autour d’un puits qui semblait être la seule source d’eau possible. Après le repas pris dans un restaurant local où nous avons goûté un excellent canard cuisiné aux haricots blancs, nous nous sommes rendus au site où a été trouvé la tombe du « Seigneur de Sipan », l’équivalent au Pérou de la tombe de Toutankhamon pour l’Egypte. Comme pour les sites précédents, nous voyons émerger des buttes qui constituent souvent le seul relief dans le paysage et qui sont en réalité les restes de pyramide de brique en partie effondrée. C’est dans l’une d’elles, la Huaca Rajada, qu’ont été découvertes les tombes inviolées de riches personnages datant de 1750 ans et appartenant à la civilisation moche. Une reconstitution permet de voir les tombes telles qu’elles ont été découvertes en 1987. L’intérieur des tombes constitué en plus des corps, d’objets nécessaires à la vie dans l’au-delà et même de personnes sacrifiées lors de l’enterrement du propriétaire, a été installé dans un musée à Lambayeque ouvert en 2002. Après cette série de visites, nous rejoignons l’hôtel Inti à Chiclayo en s’arrêtant en ville à la promenade des Muses, dont notre guide était très fier mais qui, pour nous, par ses statues et monuments pseudo romains semblait très kitsch. Situé en plein centre, notre hôtel nous a permis de visiter la partie la plus pittoresque constituée bien entendu par la plaza mayor dominée par la cathédrale. Ce soir-là, il nous a fallu près d’une heure et demie pour se décider sur un restaurant qui a plu à nos papilles puisque nous y sommes retournés le lendemain soir.

Dimanche 25 Juillet : Grasse matinée, départ à 9heures. Nous commençons nos visites par celle du marché aux sorciers. En effet, le chamanisme est encore très vivant au Pérou et les ingrédients nécessaires aux cérémonies se trouvent rassemblés dans ce lieu. On trouve ainsi plantes hallucinogènes, peaux de bêtes sauvages, squelettes et gris-gris en tout genre. Par la route ensuite, nous rejoignons Tucume aux 26 pyramides disséminées dans la plaine. Le musée regroupe les découvertes récentes faites en particulier dans la Huaca Larga, la plus grande construction en adobe du monde. Nous montons ensuite sur un belvédère d’où nous pouvons avoir une vue panoramique sur les amoncellements de briques, restes des pyramides de la civilisation sican. Nous rejoignons, pour midi, Lambayeque afin de visiter, après le déjeuner, le musée des tombes royales de Sipan où ont regroupées toutes les découvertes des sépultures du seigneur de Sipan, de son aïeul et du grand prêtre qui appartenaient à la civilisation moche du début de l’ère chrétienne. Le monument reprend la forme des pyramides moche et la couleur du sang tellement présent dans la vie telle qu’elle a été représentée sur les poteries très détaillées découvertes dans les tombes. La visite se fait en descendant. Tous les aspects de la civilisation moche sont présentés à partir des œuvres trouvées. Céramiques, tissus, orfèvrerie représentent la vie religieuse, politique, militaire avec les vainqueurs et les vaincus. Les squelettes sont présentés avec les ornements (pectoraux en or, ceintures, armes etc…) qui les ont accompagnés lors de leur dernier voyage. Cela se termine par une reconstitution animée de la cour du vieux seigneur. Toutes les explications nous ont été données par notre guide Pedro. Vers 16h nous retournons à l‘hôtel Inti afin de préparer les bagages simplifiés que nous emporterons avec nous dans le lodge amazonien. Papa part faire quelques photos dans le centre historique afin de profiter d’un éclairage différent . Pour le dîner, nous retournons au Campero chicken où chacun se régale. Nous nous couchons tôt après avoir reçu par anticipation le petit déjeuner en prévision de notre départ très matinal.

Lundi 26 Juillet : Réveil 4h. En effet, ce matin nous prenons l’avion pour nous rendre à Puerto Maldonado dans l’est du Pérou. Nous changeons d’avion à Lima et faisons ensuite escale à Cuzco. A 5 heures, le guide est à l’heure mais le chauffeur est un peu en retard .Le vol (Airbus A319-Lan Peru) pour Lima est à 6h10. Il faut payer des taxes aéroportuaires avant l’embarquement. Après 70 minutes de vol, nous arrivons à Lima pour un transit d’environ 2h passées à faire les boutiques très coûteuses de l’aéroport. Le vol de 55mn pour Cuzco est splendide en raison du survol des Andes sous un soleil magnifique. L’escale d’une trentaine de minutes nous permet de faire connaissance visuellement avec Cuzco que nous visiterons à notre retour d’Amazonie. Après 35 minutes de vol, nous nous posons à Puerto Maldonado, 250 mètres d’altitude. Nous nous attendons à une chaleur importante surtout qu’il est 13 heures à notre arrivée. Nous rejoignons l’aéroport à pied en traversant le tarmac. Nous sommes un peu surpris par la température trop agréable à note goût (27°). Le TO local nous attend avec un bus très coloré aux sièges en bois, sans vitres tout à fait adapté aux conditions climatiques locales. Nous traversons une ville aux basses maisons de bois. L’essentiel du transport s’effectue avec des mototaxis. L’atmosphère nous rappelle celle des villes des trappeurs et de contact multiculturel. Les indiens des Andes et les indiens de l’Amazonie se croisent . Nous déposons l’essentiel de nos bagages dans les locaux de l’agence qui possède le lodge où l’on va séjourner durant 2 jours au bord du Madre de Dios, un affluent de l’Amazone. Ensuite, le bus nous conduit au port fluvial où l’on embarque sur une longue pirogue pour rejoindre notre base à 90 minutes de navigation en aval. Puerto Maldonado est une ville en constante évolution, point de rencontre entre des peuples en constante hostilité depuis des lustres. Au fil du fleuve, nous découvrons la manière de vivre des garimperos, chercheurs d’or- orpailleurs qui fouillent le fleuve à la recherche d’éventuelles pépites qui pourraient les sortir de la misère, en polluant l’eau par l’utilisation de mercure. La pêche est interdite, en principe, en raison de cette pollution. A 15h, nous abordons au ponton situé au pied du lodge qui nous hébergera 2 nuits. Construit avec des matériaux locaux (bois, palmes, etc…), il est fait de bungalows sur pilotis construits autour d’un bâtiment central au milieu d’une végétation tropicale luxuriante. Les fortes précipitations ont conduit à protéger par des toits en palme les liaisons piétonnes surélevées disposées entre les bâtiments centraux et les paillottes confortables qui nous hébergent. Chacune possède une véranda dotée de rocking chairs et de hamacs qui feront la joie des enfants et même des plus grands. En raison de la chaleur, les murs y sont à claire-voie . Après dépose des bagages, nous allons vite déjeuner car l’heure avance et à 16 heures, nous entamons une promenade à l’île des singes. Nous abordons une plage sablonneuse située en face du lodge, où le guide nous fait les recommandations d’usage avant de s’enfoncer dans la forêt tropicale, en particulier de ne pas s’éloigner du sentier balisé et de ne pas s’approcher de la végétation qui peut s’avérer dangereuse. Les bruits de la forêt se font de plus en plus entendre, cris de singes, chants d’oiseaux, vent dans le feuillage d’arbres immenses qui obscurcissent la lumière dès lors que l’on rentre sous le couvert. Après quelques minutes de marche, nous voyons, tout d’abord assez haut dans les branchages puis de plus en plus près de nous, des colonies de singes de différentes espèces qui semblent très habitués à la présence humaine. En effet, notre guide porte avec lui un sac rempli de bananes qui serviront à les attirer. Ainsi il sera plus facile de photographier ces singes que la plupart n’a vu que dans des zoos. Nous verrons ainsi quatre espèces différentes dont des capucins blancs qui viendront à tour de rôle se laisser photographier et approcher. Nous restons ainsi une heure à traverser la forêt avant de rejoindre la rive du fleuve que nous retraversons en pirogue. Nous finissons la fin de l’après midi au bar du lodge qui comporte baby foot, ping pong pour l’amusement de tous. Après le dîner, nous discutons avec des canadiennes au sujet de nos circuits réciproques et nous comparons nos expériences réciproques en particulier sur la qualité des agences de voyages. D’après les dire de chacun, nous avons fait un bon choix car jusqu’à présent, les prestations promises sont tenues et la qualité de celles-ci est respectée. A 20 heures, nous embarquons sur une pirogue afin d’aller à la rencontre des caïmans le long des rives du Madre de Dios. A la lueur d’une puissante torche, le guide recherche les reptiles mais nous n’en croiserons que deux ou trois de petite taille. La fraîcheur humide s’est installée ce que l’on avait pas prévu pour dormir et il a fallu rassembler des couvertures pour passer une nuit tranquille au sommeil réparateur.

Mardi 27 Juillet : Lever à 6 heures mais le réveil a été bien plus matinal en raison des cris des différents animaux qui peuplent les environs. La toilette a été rapide car la chaleur amazonienne n’est pas là. A 7 heures, nous entamons une visite de la forêt qui entoure le lodge. Le guide nous présente tous les aspects de cet écosystème tant au niveau des fleurs, des arbres , de la vie animale tant terrestre, nautique qu’aérienne. Durant près de 2 heures nous nous enfoncerons dans la jungle sous un couvert oppressant en raison de la hauteur des arbres, de l’impossibilité de quitter le sentier sans disparaître dans une végétation envahissante et quelquefois dangereuse. La saison sèche fait que l’humidité n’imprègne pas nos vêtements comme on peut l’imaginer. Le soleil perce la canopée et vient éclaircir le sol où les fourmis processionnaires portent sur des distances importantes des déchets de feuille pour alimenter leur nid. Nous rejoignons un petit lac après avoir traversé un marigot sur un pont de liane. Un mirador d’une vingtaine de mètres de haut permet d‘admirer la vie lacustre: plantes, oiseaux, petits mammifères, reptiles. C’est le seul endroit qui permet d’avoir une vue étendue sur la forêt. Après la vue d’en-haut, nous montons dans une petite barque pour faire le tour du petit lac et approcher au plus près la vie aquatique en particulier nous pourrons voir un petit caïman qui viendra frôler notre embarcation. Nous retournons au lodge par un autre sentier ce qui nous permet d’observer d’autres éléments vivants de la forêt amazonienne en particulier des singes plus sauvages que la veille. Le guide nous montrera comment faire des flèches à partir de branche de certains arbres et des arcs de certaines lianes. Il nous fera également goûter des plantes comestibles bien utiles à connaître si l’on se perd dans cette immensité. De retour à 11 heures, nous nous préparons pour aller à la piscine, intérieure pour faciliter son entretien et son utilisation à la période des pluies. Hélas, la fraîcheur de l’eau refroidira l’ardeur même des plus jeunes. Après le repas pris sous forme de buffet ce qui permet à tous de trouver son bonheur, nous nous reposons dans les hamacs jusqu’à 15h30, heure de reprise des activités. Cette après midi nous partons jusqu’à un marigot où vit une troupe de caïmans . Lorsque nous parvenons à ce petit étang entouré par la forêt, un guide a préparé un petit banquet pour nos hôtes constitué de pièces de viande posées sur des planches. Petit à petit, l’eau est percée par des yeux globuleux de plus en plus nombreux et gros. En effet, les petits sont envoyés en éclaireur mais ce sont les plus gros qui sortiront les premiers de l’eau pour s’approcher du festin. Craintifs, ils sont, mais affamés encore plus ce qui fait que bientôt les pièces de viande sont l’objet de convoitise de la part des anciens qui ne laisseront que des miettes aux jeunots. Cela permet de faire crépiter les appareils photos. Après avoir assisté à une heure de festin où viendront se mêler quelques oiseaux chapardeurs, nous rejoignons notre hébergement pour profiter d’un apéritif bien mérité, pour les uns, du baby foot pour les autres.

Mercredi 28 Juillet : Aujourd’hui fête nationale au Pérou. Lever 6 heures après une nuit toujours aussi froide pour le lieu . Ce matin est prévu notre retour à Cuzco par avion mais l’heure du vol n’est pas connue ce qui semble le cas pour l’ensemble des hôtes qui quittent le lodge. Tous les vols partent en fin de matinée. Après le petit déjeuner et le rassemblement des bagages, nous embarquons sur notre pirogue direction Puerto Maldonado. Temps ensoleillé qui se réchauffe au fur et à mesure que la matinée avance. Nous croisons ou doublons des longues pirogues étroites sensiblement semblables à la nôtre qui constituent le seul moyen de transport disponible sur le fleuve. Celui-ci est à un bas niveau puisque nous sommes à la saison sèche dégageant ainsi de vastes plages de sable. Sur les rives, nous apercevons quelques villages de cases qui vivent de l’agriculture et de l’élevage de porcs et de volaille. A l’arrivée au port, c’est l’effervescence autour des bacs assurant le passage de la rvière. Bientôt, un pont, en construction, franchira le Madre de Dios pour faciliter les échanges entre la Selva péruvienne et la Bolivie. Nous rejoignons les bureaux de l’agence et récupérons nos bagages. Nous traversons de nouveau la ville en direction de l’aéroport en passant par de fréquents chantiers routiers, preuve que la région est en pleine révolution en voulant développer le tourisme par la création de voies désenclavant le bas Pérou depuis l’altiplano. A l’aéroport, les deux heures d’attente seront occupées à farfouiller dans les petites boutiques d’artisanat mettent en valeur la production régionale autour des plumes d’oiseaux multicolores, de bois sculptés représentant la faune tropicale. A 11h30, décollage pour 35 mn de vol en direction de Cuzco. Nous survolons tout d’abord la forêt amazonienne coupée par les méandres des rivières à la couleur sable qui finiront toutes dans l’Amazone quelques centaines de kilomètres en aval. Les dernières minutes de survol , nous les passons au-dessus de hauts sommets entourant la capitale des Incas. A notre arrivée, nous avons la déception de récupérer une valise abîmée et malgré note demande via notre guide, Lan Peru ne veut pas en tenir compte pour un éventuel dédommagement. Elle finira quand même le voyage avec quelques attentions de notre part. Nous allons directement à l’hotel Casa de Campo, situé sur les hauteurs dans le quartier san Blas, très pittoresque avec ses vieilles maisons coloniales et ses boutiques de peintres. L’étroitesse des rues fait que nous sommes obligés de porter nos bagages pour atteindre notre hébergement. Nous y déposons nos affaires, puis allons à la recherche d’un restaurant que nous trouverons vite car le quartier en est bien pourvu. San Blas est l’endroit à la mode qui réunit une bonne partie des commerces et activités liés au tourisme. Ici, nous trouvons en effet beaucoup plus de touristes qu nulle part ailleurs au Pérou. Après le repas pris dans un restaurant siège d’une association caritative, nous retournons à l’hôtel afin de refaire les bagages et de se reposer un peu avant de plonger dans les visites du quartier historique. A 3300 m d’altitude, les montées sont rudes d’autant que les rues sont ponctuées de marches aux pavés restaurés. Nous descendons jusqu’à la plaza de armas, centre historique de la capitale des Incas. Toutes les constructions ont des soubassements faits d’anciens murs incas que les Espagnols n’ont pu ou pas voulu détruire. L’assemblage des pierres aux magnifiques jointures laisse perplexe sur la méthode de construction et le temps pour parvenir à de tels résultats. Sur notre chemin, nous nous arrêtons à des centres d’artisanat le plus souvent installés dans de vieilles demeures coloniales où s’amoncellent quantités de tricots multicolores, ponchos, bonnets couvrant les oreilles , flûtes de Pan et autres produits de l’artisanat des Andes faits en laine de lama, ou d’alpaga. Une autre spécialité de Cuzco est la peinture qui se vend dans de nombreuses boutiques des quartiers touristiques. La plaza de armas est bordée de maisons à arcades, de la cathédrale et la Compania, église des Jésuites. Comme c’est la fête nationale , une prise d’armes avec fanfare a lieu lors de notre passage ce qui a rassemblé une foule importante essentiellement formée de Péruviens. A la tombée de la nuit, nous continuons notre découverte de la vieille ville en parcourant de nombreuses places où sont situés les musées principaux et des églises de l’époque coloniale tel la Merced et San Francisco. De retour à l’hôtel nous nous arrêtons dans un petit restaurant au menu touristique à 10 soles qui fera la joie de tous.

Jeudi 29 Juillet : Après un réveil à 8 heures, nous prenons le petit déjeuner dans une salle de l’hôtel qui domine toute la ville éclairée par un très soleil - Nous profitons ainsi de la vue avant d’entreprendre avec notre guide Luis , la visite expliquée du centre historique que nous avions découvert la veille par nous-mêmes. Nous traversons la place san Blas puis nous nous dirigeons vers le monastère Santo Domingo qui s’est intégré dans le temple du soleil inca (Qoricancha). Nous goûtons aux tamales, spécialité culinaire péruvienne à base d’épi de maïs. Nous passons par la plaza de armas avant d’attaquer la montée qui nous mène au site de Sascahuayman . 40 minutes d’effort soutenu pour atteindre le temple inca, souvent présenté comme une forteresse en raison de sa triple enceinte. Une grande esplanade permettait d’y faire des fêtes religieuses associées au culte du soleil. Les constructions cyclopéennes laissent perplexe quant au mode de construction sachant que certaines pierres pèsent plus de 130 tonnes. Nous continuons ensuite notre marche jusqu’à Q’enqo, autre site inca où des manifestations religieuses se déroulaient. Nous retrouvons notre minibus chargé de nos bagages pour continuer nos visites dans la Vallée Sacrée des Incas. Prochain arrêt : Pisac, village situé sur la rivière Urubamba. Nous déposons nos bagages dans un petit hôtel local qui nous hébergera pour la nuit. C’est très rustique et rudimentaire. La patronne, très aimable tient également une petite boutique et un restaurant où nous mangerons le soir. Pour l’instant, nous reprenons le minibus pour aller déjeuner au pied du site inca. Nous le visitons en début d’après midi après une montée en bus d’environ 20 minutes. Dominant la vallée, la forteresse de Pisac est bâtie à partir de terrasses de soutènement , en plusieurs parties établies sur la crête d’une montagne. Une partie administrative complète les parties militaires et religieuses . Un chemin relie ces différentes parties et emprunte même un tunnel. A son débouché, on profite d’un admirable panorama sur le centre cérémoniel : l’Intiwatana qui possède également des constructions pré incaïques repérables au fait d’un appareillage de pierres différent . Nous continuons la descente en passant par des tours de guet protégeant d’une possible intrusion la citadelle. Toute la montagne est dotée de terrasses au fonction agricole. En arrivant au village dans la vallée après près de deux heures de promenade, nous traversons le marché assurant la vente des produits d’artisanat local pour les touristes et des produits de consommation courante pour les locaux en particulier pommes de terre, base de la nourriture péruvienne. De retour à l’hôtel, papa abandonne sa petite famille qui demande à se reposer , afin de retourner déambuler dans le village et son marché. A 18h45, nous prenons un excellent souper préparé par note hôte composé d’une soupe de légumes, de nouilles et de poulet.

Vendredi 30 Juillet : Départ prévu à 8h45, nos chauffeur et guide venant de Cuzco. Durant cette attente, notre hôte nous déguise avec les vêtements servant aux fêtes religieuses où se mêlent christianisme et croyance inca. Masque , bonnet, chapeaux, vestes chatoyants sont mis à notre disposition pour immortaliser notre passage dans son établissement. Nous nous imaginons défilant au son des tambours, flûtes et autres cymbales à l’occasion des fêtes religieuses accompagnant les périodes importantes des cultures. Après cet intermède et avoir remercié notre hôte pour son accueil, nous reprenons le fil de nos visites dans la vallée sacrée en rejoignant Moray et ses terrasses agricoles circulaires établies sur l’altiplano dans une cuvette naturelle. Elles auraient servi pour tester des cultures de maïs en raison des microclimats créés à leurs différents niveaux. Actuellement, les hauts plateaux permettent la culture du blé et l’élevage du mouton. Après avoir traversé le village de Maras où il reste de nombreux vestiges de époque coloniale espagnole, nous descendons vers la rivière Urubamba, qui a permis le développement d’un grenier agricole en raison de la présence de l’eau et d’un climat favorable. Dominant le fond de cette vallée, dans une échancrure de celle-ci nous visitons les salines de Maras, où depuis la période pré incaïque, l’évaporation endiguée d’une eau fortement minéralisée permet le ramassage d’un sel servant aux hommes et aux animaux. 4000 bassins appartenant aux habitants de Maras sont travaillés afin d’en tirer un sel servant à l’alimentation humaine et animale. Toute l’extraction s’effectue à la main. Un petit magasin permet aux touristes de s’approvisionner en divers produits dérivés. Nous rejoignons ensuite Ollentaytambo, petit village placé à un défilé du rio Urubamba. Ce fut le lieu d la dernière victoire des Incas sur les Espagnols. La ville conserve le plan d’origine et bon nombre de maisons réutilise le soubassement en pierre datant des constructions incas. Les rigoles servant à l’alimentation en eau sont toujours utilisées de même que le pavage des chemins. Nous déjeunons dans un petit restaurant situé sur la plaza de armas. A 14h le guide vient nous chercher pour la visite de la forteresse qui se dresse en surplomb de la ville. Nous arrivons dans les premiers et après les explications de Luis sur l’histoire de la cité et les différents sites que nous découvrons depuis le pied du site , nous escaladons les terrasses qui équipent toute la pente jusqu’au sommet où se situe le sanctuaire , lieu des cérémonies religieuses et de sacrifices de lamas. Comme de nombreux sites incas, celui-ci n’était pas terminé et des blocs de roche en cours de déplacement sont encore visibles sur des rouleaux de pierre. Sur la montagne en face, nous apercevons les entrepôts servant à garder les récoltes en particulier la maïs et les prisons. A 15h 30, nous nous rendons à la gare déposer nos bagages en consigne chez un commerçant afin de pouvoir continuer notre promenade dans le village jusqu’à l’heure de départ du train qui nous mènera à Aguas Calientes. Nous prenons congé de Luis et du chauffeur jusqu’à notre retour. Le train est annoncé à 19h30 et d’ici là nous remontons jusqu’au village afin de profiter des boutiques d’artisanat situées à l’entrée du site inca et des ruelles aux maisons anciennes . Nous patienterons presque 2 heures à la gare avant de monter dans le train qui nous conduit à Aguas Calientes. Arrivés là bas 2 heures après , nous attendons en vain notre guide et connaissant le nom de l’hôtel, nous nous y rendons par notre propre moyen. Nous trouvons là notre guide Raul qui nous présente le programme du lendemain. L’hôtel Pachacutec est situé dans la rue du même nom, pratiquement la rue la plus commerçante du village créé de toute pièce pour servir d’accès au Machu Picchu. Les chambres qui nous sont attribuées sont d’un style kitsch rappelant les hôtels chinois. Une chambre donnant sur la rue très animée jusqu’à tard dans la nuit empêchera une bonne nuit pour leurs locataires. Quant à la seconde, elle est dans le couloir très passant , gênant également un sommeil réparateur, en raison du réveil matinal des touristes se rendant au Machu Picchu.

Samedi 31 Juillet : Nous avons rendez-vous directement à l’entrée du Machu Picchu avec Raul qui y monte à pied tous les samedis. Afin d’être à l’heure, nous quittons l’hôtel vers 8h pour nous rendre au départ des bus navettes qui montent les touristes à l’entrée du site. Nous y arrivons vers 9h sans avoir attendu. Les touristes préfèrent partir aux aurores afin de pouvoir gravir le Huayna Picchu dans les 400 premiers. Sinon c’est impossible. Nous ne comptions pas faire cette excursion en raison des risques de vertige possible. A 9h 30 comme prévu, notre guide arrive et nous entamons la visite d’un site que nous avions déjà commencé d’admirer. Malgré que nous le connaissions par des films, des photos et des lectures, il s’avère que le cadre et l’atmosphère qui s’en dégagent, sont encore plus merveilleux que dans l’imaginaire. Une excellente luminosité que ne trouble aucun nuage permet à chacun de faire crépiter les appareils photos , même si les clichés réalisés sont tous connus et rabâchés. Raul nous fera faire le grand tour des vestiges très bien conservés et admirablement mis en valeur. De plus, des gardes empêchent tout dépôt quelconque d’ordures et même d’accéder à des endroits sensibles pour leur fragilité. De plus, afin de ne pas laisser de graffitis, certains murs ne sont plus accessibles ce qui permet d’éviter des dégradations préjudiciables à la conservation des lieux . Nous parcourons pendant plus de 4 heures les différents niveaux de terrasse et de bâtiments où se déroulaient les cérémonies. Que des hypothèses nous sont présentées sur l’utilité du lieu : lieu de repos de l’Inca, forteresse , etc…. Raul nous laisse finir la visite l’après midi. Nous pique-niquons ce qui est théoriquement interdit dans l’enceinte du site. Ensuite, nous allons par un sentier vertigineux à flanc de montagne qui mène jusqu’au pont de l’Inca, pont de bois jeté sur le vide servant à la protection, en cas d’invasion, en ôtant les planches disposées sur quelques mètres. Pour en assurer la sécurité, à l’entrée du chemin il est nécessaire d’inscrire son nom sur un cahier complété par l’heure d’entrée. Au retour, on note son passage à cette cabane où un préposé veille. Si le soir , il manque des signatures….. Ayant du temps avant de redescendre dans la vallée, maman et moi s’engageons dans le chemin de la porte du soleil qui est une partie du trek du chemin de l’inca qui mène à Cuzco. Cela permet de dominer le site et d’avoir ainsi une vue panoramique sur l’ensemble des constructions et des terrasses qui descendent très bas dans la vallée. Certaines ne sont pas encore déblayées de l’amoncellement de végétation tropicale accumulée en six siècles. Les enfants ne nous ont pas suivis dans ce chemin où nous croisons pas mal de randonneurs. Plus on avance dans la journée moins le site est rempli par les hordes de touristes. Vers 15h 30, nous reprenons la navette pour rejoindre Aguas Calientes où nous irons manger dans un restaurant dominant la route voie ferrée. Nous ferons la connaissance d’une famille franco britannique avec qui nous partagerons nos expériences péruviennes. Après cette rencontre, nous retournons récupérer nos bagages à l’hôtel sans avoir oublier de faire le tour des boutiques d’artisanat qui essaiment dans le centre du village autour de la gare. Vers 18h45, nous sommes dans la salle d’attente où s’entassent des centaines de touristes rejoignant Cuzco ce que nous ferons à 23h15 après avoir retrouvé notre chauffeur à Ollentaytambo. Nous rejoignons notre hôtel où nos chambres n’avaient pas été réservées, mais en quelques minutes un arrangement a été trouvé et nous avons pu nous installer pour récupérer d’une journée bien chargée.

Dimanche 1 Août : Lever 8heures, maman commence par refaire les bagages après le petit déjeuner. A 10h15, nous partons à notre rythme visiter de nouveau la ville . Le temps est superbe mais frais. Nous retournons vers la place san Blas et l’église de Santo Domingo qui abrite le temple du soleil des empereurs incas. Mais en cette matinée, elle est fermée et nous y retournerons l’après midi. Nous visitons le musée historique régional installé dans la maison natale d’un des premiers colons né d’une mère indienne et d’un père espagnol. Il écrivit une chronique sur l’histoire du peuple inca. Ce musée présente nombre de peintures de l’école cuzquénienne ainsi que des vestiges des différentes cultures de la région. Après le repas pris à proximité de la plaza de armas sur Plateros, nous nous rendons à l’église de la Compagnie construite sur les fondations d’un ancien palais inca comme bon nombre de bâtiments de l’époque coloniale. Magnifiques retables rehaussés d’or . En montant à l’étage, nous avons une belle vue d’ensemble sur la plaza de armas. Nous quittons l’église en empruntant la calle Loretto en longeant le monastère santa Catalina dont les soubassements des murs sont d’époque inca pour rejoindre le monastère santo Domingo et le temple du soleil. Celui-ci était un dépôt d’or en plus d’être le lieu principal des cérémonies religieuses présidées par l’Inca. Le cloître principal a été reconstruit après le tremblement de terre de 1650 qui a pratiquement rasé tous les bâtiments construits dès la prise de la ville par les Espagnols en 1534. Il y a mélange des deux types de construction: inca et hispanique avec enchevêtrement des chapelles des 2 religions. Des restes de l’empire inca sont présentés de même que de nombreuses peintures de l’école de Cuzco du XVII ème siècle. Du jardin s’étendant au pied du monastère, nous avons une excellente vue sur le temple du soleil (Qoricancha) aux murs circulaires. Nous continuons notre pérégrination à travers le vieux Cuzco avant de rejoindre notre hôtel vers 16h30 afin de profiter depuis les terrasses de la magnifique vue sur les toits roses. C’est le moment pour lire et envoyer des mails afin de rester en contact avec la famille . Grâce à Internet, la punition des cartes postales est en voie d’extinction !!! Vers 19h , nous retournons au restaurant situé sur Canchi Pata où nous avions dîné pour 10 soles chacun lors de notre Ier passage.

Lundi 2 Août : Lever à 6 heures pour un départ à la gare de bus à 7. Pour rejoindre le minibus, nous devons porter nos bagages car celui-ci ne peut pas tourner dans la rue minuscule desservant l’hôtel. Nous traversons la ville en passant devant la statue de Pachacutec, l’Inca du XVème siècle qui développa le plus l’Empire par ses constructions et ses conquêtes. La gare routière est une sorte d’aérogare où sont concentrées les lignes de bus desservant une grande partie du sud Pérou. La cour peut recevoir une vingtaine de bus d’où descendent des voyageurs fatigués par de longs trajets de nuit réalisés le plus souvent, quand même, dans de bonnes conditions de confort. Aujourd’hui, nous rejoignons Juliaca où nous attend l’équipe qui nous mènera jusqu’au lac Titicaca, nom qui fait la joie des enfants et qu’ils attendent de voir avec impatience. Départ du bus à deux étages à 8h10 après s’être acquitté de la taxe routière de 1 sole. Nous sommes installé à l’étage en première ligne ayant ainsi une vue bien dégagée sur les paysages et la route. Nous longeons tout d’abord la piste de l’aéroport avant de traverser la banlieue puis de remonter le cours du rio Vilnacota . La montée au col de la Raya s’effectue en 200 km pour grimper de 1000m. Nous atteindrons ainsi les 4338m. Nous traversons quelques villages dont Sicuani où nous voyons les femmes en tenue locale très colorée, venues au marché quotidien. Elles portent le chapeau traditionnel en forme de melon des hauts plateaux andins. Au col, le bus s’arrête afin de nous permettre de nous accoutumer à l’altitude et de profiter des stands d’artisanat tenues par les femmes de la région. Bonnets, ponchos, couvertures multicolores sont l’objet de tractations commerciales enfiévrées mais dans une moindre proportion que dans certains pays d’Afrique. Nous profitons d’un paysage grandiose de haute montagne où le moindre sommet culmine à 5000 m. Même à de telles altitudes, la neige est peu présente. La route est suivie par la voie de chemin de fer très peu utilisée en raison de son exploitation par une compagnie (l’Orient Express) qui impose des tarifs prohibitifs. Nous pique-niquons dans le bus en redescendant le col- côté Puno. Nous sommes maintenant sur l’altiplano, vaste étendue herbeuse où paissent des troupeaux d’ovins et de lamas que nous voyons enfin en grand nombre. Vers 14h30, nous arrivons à Juliaca, ville principale de la région où nous montons dans un minibus pour rejoindre la presqu’île de Capachica où nous attendent nos hôtes puisque ce soir nous dormons chez l’habitant. La route nous semble longue d’autannt que notre chauffeur en voulant faire des exploits se plante légèrement ce qui nous fait perdre une petite demie heure, le temps de remettre le véhicule sur ses quatre roues. Nous passons sur l’ancien site du lac Titicaca qui s’est asséché et qui constitue maintenant des terres agricoles et d’élevage. C’est terriblement plat sur plus de 50 kilomètres avant d’atteindre les bords actuels du lac et la presqu’île rocheuse qui le surplombe. La région est en plein développement dirigé vers le tourisme. La route, actuellement une piste, est en voie de goudronnage afin d’en faciliter l’accès depuis Juliaca et Puno. La route monte pour dominer le lac et atteindre le petit village de Llachon où nous allons passer la nuit. Nous sommes attendus par nos hôtes sur la place du village .Il s’agit d’un couple de vieux paysans qui ont transformé leur petite ferme en maison d ‘hôte grâce à une association qui a mis en relation les habitants qui se sont regroupés à des tours opérateurs. Nous occuperons 2 chambres au confort très sommaire sans eau ni toilette, celle-ci étant située dans une cabane …...au fond du jardin. Nous sommes équipés pour pouvoir supporter une nuit très fraîche, maman ayant prévu polaires et Damart. Le matelas semble confortable mais la couverture pèse une tonne….Nous passons un petit moment avec nôtre charmant couple d’hôte qui nous fait visiter sa maison de couleur ocre et les appentis de la ferme où sont rangés les quelques ustensiles servant aux travaux des champs et où sont entreposées les récoltes de fourrage et de blé. Les enfants sont un peu effarouchés par les conditions de vie au bord du lac, ce qui nous rappelle la vie à la campagne chez nous d’il y a 50 ans dans des lieux reculés de montagne. Une visite surprise, Walter notre TO vient prendre de nos nouvelles et s’enquérir du bon déroulement du circuit. Nous passons quelques instants ensemble à lui raconter les excellents moments que nous avons passés depuis notre départ et lui rapporter la bonne qualité des prestations. Après s’être équipé de vêtement un peu plus chaud, nous partons à la découverte des bords du lac qui s’étale en contrebas du petit hameau où nous logeons. Malgré l’altitude (3800m ), la végétation est importante avec des bosquets d’arbre et des cultures qui descendent jusqu’à la rive. Des roseaux (totora) occupent une bonne partie des plages et servent à l’alimentation du bétail. Anciennement ils étaient utilisés à la confection des embarcations servant au transport et à la pêche sur le lac mais cela tend vraiment à disparaître , les bateaux qu nous verront étant principalement en bois ou en plastique. Quelques petites jetées en pierre permettent d’accrocher ces barques de même que les unités plus grosses servant au transport des touristes pour la visite des îles. A la nuit tombante, nous retournons chez notre hôte pour revêtir des costumes traditionnels à la grande joie de la grand’mère. C’est l’occasion de faire quelques photos rigolotes. Pour le souper, nous sommes conviés au restaurant de l’association locale qui organise l’hébergement des touristes. Nous dégusterons soupes et plats locaux qui ne feront pas toujours la joie des enfants. C’est encore l’occasion de vêtir les costumes locaux encore portés par les femmes âgées tous les jours et par les hommes, lors des festivités.

Mardi 3 Août : Lever à 7h, après une nuit que l’on pensait plus fraîche. Les maisons traditionnelles en adobe conservent bien la chaleur emmagasinée durant les chaudes journées d’autant que le vent froid n’a pas soufflé, ce que nous avions craint. Malgré tout, il a fallu pour certains se rendre aux toilettes durant la nuit et là ce fut une petite expédition (froid + nuit sans éclairage) !!! Pour la toilette, notre hôte nous apporte 2 cuvettes d’eau chaude. Quant au petit déjeuner, il est servi dans la cour de la ferme à l’extérieur. Il doit faire 5° !!! mais tout se passe bien et les bagages sont emmenés au bateau sur le dos de mulets. Nous quittons nos hôtes en leur remettant quelques petits cadeaux pour les remercier de leur chaleureux accueil. Nous descendons au petit port où nous attend notre bateau, une embarcation pour 28 personnes où nous serons les seuls occupants avec le capitaine et notre guide. Direction l’île de Taquile, 55 minutes de traversée sur une eau calme et un temps radieux. Le soleil réchauffe vite l’atmosphère. Nous quittons rapidement la côte où la vie pastorale s’éveille, pour rejoindre l’île et le petit port de la côte orientale. L’île est toute en longueur et relativement montagneuse. Il faut grimper un sentier tracé entre les champs séparés par des murets de pierre sèche. Nous passons sous des arches qui délimitent les 6 différentes communautés qui composent administrativement l’île. Après une petite heure de marche en côte qui nous permet d’admirer l’étendue du lac en direction de la Bolivie et de la Cordillère Royale, nous atteignons le village central où se déroule la fête des moissons à l’occasion de la St Jacques. Durant une dizaine de jours, il y a rassemblement de toutes les communautés de l’île pour fêter la fin des cultures. Les autorités masculines et féminines président ces festivités qui consistent en des danses traditionnelles réalisées en costumes folkloriques. Un alcool local est servi à ces autorités qui portent chacunes la chusca, le petit sac de toile où sont transportées les feuilles de coca. Chaque communauté dispose de vêtement typique et différent. Le bonnet long est porté par les hommes. Une de leurs occupations principales est le tricot en plus de vaquer aux travaux des champs et à l’élevage des ovins. Toutes ces festivités se déroulent sur la place centrale où se trouve également un centre artisanal communautaire. Les petits stands regorgent des différents articles réalisés à partir de la laine de lama, les moins chers, d’alpaga, plus coûteux la laine de vigognes est introuvable car trop coûteuse. Après le rituel des achats, nous nous rendons dans un petit restaurant lui aussi communautaire où nous mangeons, pour certains bien sûr, la truite du lac élevée en pisciculture depuis une vingtaine d’années. A la fin du repas nous continuons notre traversée de l’île pour rejoindre l’autre port situé en bas d’un escalier de plus de 500 marches tarabiscotées au milieu de terrasses de culture vivrière. Les enfants jouent au cerf-volant pour occuper l’après midi , étant en vacances pour deux semaines. Il nous faut maintenant rejoindre Puno via les îles Uros : cela prendra environ 2h ½ utilisées par certains pour s’allonger au soleil sur le pont supérieur de notre vedette. Le soleil brille, il fait bon : on se croirait sur la côte d’azur au printemps !!! Nous longeons la rive Ouest du lac où se trouvent des installations constituées de filets pour la pisciculture de la truite puis des îlots de roseaux où viennent se fournir les habitants de la région pour la construction des îles flottantes que nous partons visiter. Celles-ci sont situées de part et d’autre d’un chenal - Les cabanes de pêcheurs sont réalisées à partir de ces roseaux qui forment également la base de l’île flottante. Lorsque l’on y accoste, et que l’on marche dessus, une impression étrange donne l’impression que l’on va s’enfoncer. On est reçu avec tous les honneurs dus aux touristes. Explication sur la fabrication des îles, des cabanes et du mode de vie essentiellement tourné à l’origine vers la pêche. Aujourd’hui, c’est essentiellement le tourisme qui fait vivre ces îles. On nous fait visiter l’intérieur des cabanes et l’on nous présente tous les petits objets en roseau réalisés par les femmes du village. C’est incontestablement le site le plus touristique que nous aurons l’occasion de voir durant notre circuit. Cela semblait plus authentique lorsque cela nous avait été présenté dans certaines émissions télévisées. Malgré tout, même si l’ensemble semble être conservé artificiellement, cela permet de se faire une idée de la vie de ces tribus qui voulaient échapper à l’Inca lors de la conquête de leurs territoires, en s’isolant sur ces terres flottantes dans le but de conserver leur coutumes et leur langue : l’Aymara. Nous reprenons notre bateau pour venir au port de Puno. Cela prend 30 minutes. Nous y voyons d’anciens vapeurs abandonnés le long des quais. En effet, à part un petit chenal, l’accès au port semblerait bien difficile pour de telles embarcations. Comme d’habitude, une équipe nous attend pour nous accompagner à notre hôtel (Gran Puno inn) situé en plein centre. Les chambres qui nous sont allouées sont grandes et confortables et donnent sur un patio intérieur à la décoration très kitsch. Nous serons les seuls clients ce soir là. Comme tous les autres soirs, nous ferons une petite découverte de la ville et de son centre parcouru par une rue piétonne menant à la plaza de armas dominée par la cathédrale de type colonial. Nous trouverons un restaurant agréable (repas 15 soles ) où des groupes musicaux semblent se produire mais nous n’aurons droit qu’à de la musique pop des années 70. Une bonne douche permet de s’endormir rapidement.

Mercredi 4 Août : Départ à 8 heures après un petit déjeuner copieux et une bonne nuit réparatrice . Nous quittons Puno en grimpant un petit raidillon qui permet de jouir d’une vue très étendue sur la ville, le port, les îles Uros et l’immensité du lac Titicaca que nous quittons avec regret. Comme les autres jours, le temps est radieux et frais. Nous traversons Juliaca puis montons tranquillement un col situé à 4525 m qui domine les lagunes de Lagunillas près desquelles nous rencontrons quelques troupeaux de lamas et alpagas ce qui permet de faire quelques clichés de plus. C’est toujours l’altiplano, qui nous suivra toute la journée. De grandes étendues herbeuses où coulent, dans le fond des vallons, des rivières aux larges méandres tant la dénivellation est faible. De nombreux marécages couvrent souvent ces étendues planes et forment une zone très prisée des oiseaux migrateurs. Juste avant d’arriver à Chivay, notre étape du soir, nous grimpons au col de Tamba Pata situé à près de 4900m. Nous nous y arrêtons afin de profiter du merveilleux point de vue malheureusement perturbé par une nébulosité laiteuse d’altitude . Nous pouvons observer vers le Nord, des volcans comme l’Ampato dont le sommet à près de 6000 m est enneigé. Des centaines de petits cairns sont disposées au bord de la route, souvenirs ex voto déposés après un passage scabreux au cours de tempêtes de neige. Nous arrivons au Colca inn, hôtel agréable situé dans la rue principale de Chivay où l’on accède après s’être acquitté d’un octroi. Nous pouvions aller à des bains chauds situés en dehors de la ville mais nous déclinons la sortie. Nous irons visiter, à pied, le village et le marché où l’on trouve tous les produits agricoles utilisés dans la gastronomie locale (pommes de terre, maïs, avocats, goyaves) ainsi que la quincaillerie, les textiles pour la confection de vêtements (jupes ) réalisés sur place par des couturières. A 19 h, notre guide vient nous chercher pour nous conduire à un restaurant typique où à la gastronomie locale viendront s’ajouter des danses folkloriques accompagnées par des instruments comme la quenà et la flûte de Pan. A 21 h, nous rejoignons l’hôtel après avoir traversé un village encore bien animé de vie locale malgré la fraîcheur déjà tombée de la nuit.

Jeudi 5 Août : Départ matinal pour le canyon de Colca afin de se rendre à la Cruz del Condor. 50 km de piste poussiéreuse le long de la vallée du rio Colca qui s’enfonce de plus en plus dans la montagne. Nous traversons quelques petits villages d’où émerge le clocher d’église d’époque coloniale. Sur la rive opposée, des terrasses agricoles dessinent les courbes du terrain en de multiples couleurs. Des sommets de plus en plus hauts surplombent la vallée qui devient de plus en plus aride au fur et à mesure que nous la descendons. La rivière s’enfonce au fond d’un ravin qui se transforme en gorge, en défilé puis en canyon. Nous traversons une zone de fracture de la croûte terrestre qui s’est ouverte lors d’un tremblement de terre au début des années 2000. C’est assez impressionnant dans la mesure où la cassure de la chaussée approche des 5 mètres ce qui prouve la violence de la secousse tellurique. Après 90 mn de route nous atteignons la Croix du Condor et son parking où de nombreux minibus de touristes sont déjà présents. Après le Machu Picchu, c’est le 2ème site où nous rencontrons autant de visiteurs. Le temps est magnifique et le vent léger soulève une poussière grise. C’est grâce à ce souffle d’air dû au défilé au fond duquel coule la rivière Colca que l’on peut voir les condors qui profitent des courants pour planer jusqu’à nous frôler. Ils apparaissent au bout d’une trentaine de minutes. C’est un, puis deux et trois oiseaux qui viennent dont on ne sait où. Les appareils photos crépitent mais il est bien difficile de savoir si les clichés sont réussis, si l’on aura l’oiseau en entier ou en morceaux. Heureusement que le numérique a remplacé l’argentique !! La zone permettant de voir les oiseaux au bord du canyon est vaste et étendue ce qui permet un étalement du flot de touristes, important au cours de la première partie de la matinée, seules heures où les condors viennent flotter dans les courants d’air. Nous pouvons même voir se poser un jeune à quelques mètres de nous ce qui assure la qualité des clichés. Nous restons près de 90 minutes à longer le défilé en tentant de voir un maximum d’oiseaux. Nous retournons ensuite à Chivay par la même route. En chemin, nous nous arrêtons à Maca et Yanque, villages où nous visitons de magnifiques églises baroques d’un blanc immaculé ressortant dans un ciel bleu sans nuage. A Chivay, nous prenons notre repas au restaurant Wititi où est présenté un copieux buffet permettant de rassasier petits et grands. Durant près de 2 heures nous empruntons la même route qu’en venant de Puno. Nous nous arrêtons de nouveau au col où cette fois, le ciel radieux permet de refaire des photos des volcans et des stands d’artisanat. Nous croisons aussi des troupeaux de lamas et d’alpagas gardés par des femmes vêtues de costumes traditionnels très colorés. C’est ensuite la traversée de l’altiplano jusqu’à l’approche d’Arequipa qui s’effectue dans une vallée industrieuse où la circulation importante ralentit notre progression. Entre temps, nous avions vu des vigognes, variété de lamas sauvages en traversant la réserve d’Aguas Blancas. Arequipa, la ville blanche située à 2350 m d’altitude nous accueille par des embouteillages dont nous n’avions plus l’habitude. Nous sommes déposés à l’hôtel Santa Marta où nous disposerons d’une chambre à 4 lits. La proximité du centre ville nous permet de partir rapidement à la découverte de ….la plaza de armas. Celle-ci est certainement la plus réussie d’un point de vue architecturale. Unité de construction sur 3 côtés, le quatrième étant garni par la cathédrale bâtie longitudinalement à la place. Les arcades abritent des restaurants, des commerces touristiques, des agences de tourisme. Au centre , un jardin où s’élève en son milieu une fontaine est le lieu de rendez-vous des locaux, les touristes préférant s’asseoir sur les marches des escaliers situés au pied de la cathédrale. Avec la baisse de l’altitude par rapport aux soirées précédentes, nous pourrons dîner à la terrasse d’un restaurant surplombant la place merveilleusement illuminée à la nuit tombée.

Vendredi 6 Août : Aujourd’hui nous allons passer à visiter la ville blanche. Faite d’une pierre volcanique blanche, Arequipa est aux pieds de plusieurs volcans dont le Misti et le Chachani. Ceux-ci sont en sommeil depuis des siècles mais leur réveil brutal peut anéantir la ville comme l’a fait auparavant le Vésuve en ensevelissant Pompéï et Herculanum en 79 notre ère. Ce matin, notre guide nous emmène au Musée Santuarios Andinos où se trouve la momie prénommée « Juanita », jeune fille trouvée près du sommet du volcan Ampato à près de 6000 m lors de l’éruption d’un volcan voisin. Le musée présente les objets et offrandes retrouvés dans la tombe de la jeune martyr sacrifiée au XVème siècle à l’occasion de cérémonies chamaniques. La momie est présentée dans un cube de verre protégé des détériorations possibles grâce à une atmosphère contrôlée en température et hygrométrie. Après cette visite émouvante, le guide nous emmène au monastère de Sta Catalina, une ville dans la ville, construit en 1570. Un imposant mur d’enceinte séparait les religieuses cloîtrées à vie de la population locale. Les cellules où elles pouvaient vivre avec un certain luxe autorisé par la mère supérieure, sont ouvertes à la visite de même que les différents cloîtres , les chapelles, les lieux de vie tels que les jardins potagers, les cuisines, les lavoirs. Comme dans toute ville, on retrouve des rues, des places, des fontaines. La couleur rouge domine sur les murs dans les allées cheminant entre les différents bâtiments. Les tableaux aux motifs religieux peints entre le XVI et le XVIII ème siècle sont regroupés et présentés dans les anciens dortoirs et salles à manger aux hautes voûtes. Après la visite guidée, nous pouvons retourner faire un tour dans les parties les plus attractives en particulier le belvédère d’où l’on jouit d’une vue panoramique sur la ville et son environnement de volcans. A la sortie du monastère il est temps d’aller manger ce que nous faisons dans un pub irlandais installé dans une voie piétonne située derrière la cathédrale. L’après midi se passe à flâner dans le vieux centre où nous découvrons d’anciennes façades magnifiques de palais et d’églises. Nous entrons dans le cloître de la Compagnie qui abrite, de nos jours, des boutiques et en particulier un bar proposant un grand choix de vins de Bordeaux. Nous allons ensuite nous poser un peu sur les marches de la cathédrale afin de profiter de la vue sur la plaza de armas au cours de cette douce après midi. Nous reprenons ensuite le cours de nos pérégrinations à la recherche de quelques achats à faire. C’est à ce moment que Maman est prise d’un léger malaise qui nous contraint à rejoindre l’église de la Compagnie pour qu’elle puisse un peu se reposer. Cette église édifiée par les Jésuites au XVII ème siècle possède un retable magnifique et une coupole multicolore surplombant la croisée du chœur et de la nef. Nous nous en retournons ensuite à l’hôtel situé à peu de distance du centre. Les enfants se jettent sur internet pour occuper le temps qu’il reste avant de prendre le bus de ligne dans lequel nous passerons la nuit. J’en profite pour visiter un peu le quartier et en particulier l’église Sta Marta. En retournant à l’hôtel, j’entends de la salsa ce qui me mène à un dancing où joue un orchestre mené par une chanteuse très aguicheuse pour l’assistance très machiste peu habituée à voir un touriste s’encanailler. Nous allons chercher en ville quelques victuailles pour s’alimenter parce que personne n’a suffisamment faim pour aller au restaurant. A 20 h, le chauffeur vient nous chercher pour nous accompagner à la gare routière. A 22h, nous embarquons dans le bus de la compagnie « Cruz del sur » qui nous emmènera à Nazca . Le confort est au rendez-vous de même que le service.

Samedi 7 Août : Arrivée à 7h à Nazca, ville sale et poussiéreuse où nous attend une nouvelle équipe de chauffeur et guide. Nous prenons le petit déjeuner dans un bar de la ville qui s’éveille tout juste. Nous partons visiter le cimetière de Chauchilla situé à une vingtaine de kilomètre au sud. Dans une plaine sablonneuse s’ouvrent des trous correspondant à des tombes de la civilisation pré-incaïque Icachincha. Les momies réelles ont été déplacées mais des copies ont été remises en situation, associées aux offrandes jointes lors des enterrements. Un petit musée présente des momies bien réelles dont l’une présente une chevelure de près de 2m. Nous repassons à Nazca où nous arrêtons voir un potier travaillant la terre comme les Incas et modelant de superbes copies d’objet ancien. Maintenant, direction plein Nord sur la panaméricaine pour voir les lignes de Nazca . Nous avons décidé de ne pas faire l’excursion en avion suite aux lectures de forums indiquant le risque de mal au cœur résultant des virages très courts pris par les pilotes pour voir les différentes lignes. Nous monterons sur le mirador ce qui nous permet de voir 3 figures dont une est coupée en deux par la panaméricaine. Les lignes sont incrustées dans le sol d’une plaine caillouteuse. Peu d’explications plausibles sont avancées sur les raisons de leur création. Nous rejoignons l’oasis de Huacachina pour midi après avoir traversé la principale région viticole du Pérou autour de Pisco et d’Ica. Les vents d’ouest ont apporté des sables venus de l‘océan et qui se sont déposés sur les premiers obstacles qu’ils ont rencontrés. Cela a créé un paysage de dunes au milieu duquel s’est maintenue une lagune qui fait la joie des touristes même si les eaux ne sont pas d’une limpidité parfaite. Les pentes des dunes se prolongent jusqu’à la lagune bordée d’établissements touristiques tels qu’hôtels, restaurants, boutiques de locations de sandboards et de quads pour dévaler ou avaler les dunes. La chaleur, au rendez-vous, nous permet de manger à la terrasse d’un de ces restaurants situé au raz de l’eau. Après le repas nous faisons le tour de la lagune avant de continuer notre route jusqu’à Paracas, notre escale de ce soir. Nous dormons au « Refuge du pirate », un hôtel situé en quasi bordure de la plage, qui est également tour opérateur pour l’organisation des visites aux îles Ballestas. Il est typique de l’architecture péruvienne, fait de bric et de broc, d’escalier sans rambarde, de fenêtre donnant sur un vis-à-vis placé à 2 mètres ou directement sur un couloir, mais propre et doté de sanitaire où l’eau chaude arrive souvent avec parcimonie. Nos chambres sont au 2ème donnant directement sur une terrasse très agréable certainement en été. Nous en profiterons pour assister au très beau coucher de soleil. D’ici là, nous irons parcourir la promenade de la plage où se trouvent restaurants et boutiques de souvenirs. Un attroupement nous interpelle. Un homme nourrit des pélicans avec des déchets de poissons, histoire de se faire un peu d’argent de la part des touristes. La plage de sable doit être bien occupée durant l’été mais en cette période, c’est plutôt calme. De retour à l’hôtel, en attendant le coucher de soleil sur la terrasse, nous sommes attirés par des chants de coqs. Nous apercevons sur un terrain doté de gradins quelque peu garnis, deux hommes portant sous le bras des coqs qu’ils vont bientôt mettre en position pour se combattre. Ce sport est très fréquent au Pérou et doit faire l’objet de paris. Les combats ne durent qu’une ou deux minutes et les propriétaires viennent rapidement mettre fin avant toute issue fatale. Avant le coucher de soleil, nous verrons une dizaine de ces combats. Le soir, nous dégusterons un repas de poissons en particulier de céviche (poissons crus au citron vert) et de chicharron de calmar (beignets).

Dimanche 8 Août : Dernier jour au Pérou, mais pas le moins occupé. Il faut se préparer pour prendre l‘avion ce soir à Lima, mais d’ici là, nous ferons une minicroisière pour visiter les îles Ballestas. Réveillés aux aurores par le chant des coqs de combat encagés au-dessus du stade de leurs exploits, nous prendrons le petit déjeuner sur la terrasse embrumée par la bruine matinale qui enveloppe la plage. A 8h, notre hôte, organisatrice de notre sortie en mer nous accompagne à l’embarcadère où une taxe de 1 sole nous est demandée. Nous nous mettons sagement en rang et en file par 2, par bateau dans l’attente de l’embarquement. C’est le matin tôt qu’ont lieu les visites des îles en raison des risques d’arrivée du mauvais temps dans la journée. Les bateaux comportent une quarantaine de places toutes découvertes. A cette période de l’année, il est préférable d’être bien équipé contre le froid et les embruns. Le temps est gris mais sans vent. Un accompagnateur nous donne les consignes de sécurité et tout au long du parcours nous donnera des renseignements sur les sites que l’on verra, les oiseaux et les mammifères que l’on croisera . Dès la sortie du port, les deux moteurs sont lancés à pleine puissance afin de rejoindre, au plus vite, l’extrémité de la presqu’île tout d’abord, afin de voir le chandelier que l’on devine sur la falaise surplombant la côte. Ce candélabre tracé dans le sable serait-il un repère pour les cap-horniers, aucune explication n’est apportée sur sa signification. Après un arrêt de quelques instants pour immortaliser la figure bien visible malgré les embruns nous prenons la direction du large pour nous rendre à l’archipel des îles Ballestas. Ces îles sont les lieux de reproduction de nombreuses espèces d‘oiseaux (fous de Bassan, pétrels, cormorans, pingouins de Humboldt ) et de mammifères marins dont les lions de mer que l’on verra en grand nombre posés sur les rochers. Les nombreux bateaux de touristes qui croisent dans les parages ne semblent en aucun cas les déranger. Par contre, les nombreux arrêts occasionnent chez certains passagers des désagréments nauséeux. Dans l’île principale, nous verrons une installation permettant l’extraction et le transport du guano exploité depuis le milieu du XIX ème siècle. Actuellement, il n’y a pas de présence humaine en permanence sur ces îles exploitées seulement tous les 7 ans afin que les ressources en guano se régénèrent. Le mal de mer ne touchant personne de notre famille, tout le monde profite au maximum du paysage sur les îles au relief très découpé avec des arcs rocheux sous lesquels s’engagent les bateaux pour rejoindre d’autres îles. La croisière dure environ deux heures. De retour à l’hôtel, fermeture des valises pour le grand retour après s’être débarrassé des Kways et autre fourrure polaire bien utiles sur le bateau. Pour nous accompagner à l’aéroport notre dernière destination péruvienne, seul est nécessaire notre chauffeur qui aura à rouler près de 500 km. Nous emprunterons essentiellement la panaméricaine qui nous permet d’apercevoir l’océan une grande partie du trajet . Le paysage est essentiellement désertique et la côte relativement découpée avec des falaises tombant à pic dans l’eau. La houle crée en arrivant sur le rivage d’importants rouleaux favorables à la pratique du surf même en cette période hivernale. En approchant de Lima, c’est une multitude de stations balnéaires que l’on aperçoit en bordure de l’océan. Les derniers kilomètres s’effectuent sur une autoroute peu fréquentée en ce dimanche ce qui n’est pas le cas des boulevards périphériques de la capitale qui sont eux bien embouteillés à proximité des centres commerciaux et de loisir. Nous traversons ainsi tout Lima avant de rejoindre dans les temps l’aéroport où nous prenons congé de notre chauffeur. Pour que l’on est pas trop de regret, ce dernier jour sera le seul où les soleil ne se sera pas montré. Nous enregistrons les bagages puis faisons le tour des commerces pour attendre l’heure de l’embarquement. Pour occuper le temps, notre fils se mettra à remplir son cahier de devoir de vacances jusque là oublié au fond du sac !! Une obligation à laquelle nous ne pourrons s’échapper : c’est le paiement de la taxe d’aéroport de 360 soles. A 19h45, l’airbus A340 d’Ibéria décollait pour Madrid : fin du circuit Pérou avec pleins d’images dans la tête.

Lundi 9 Août : Vol sans histoire avec une arrivée à Madrid avec 30 minutes d’avance. Il est 14h ici mais 7h au Pérou : c’est pourquoi, le second repas servi dans l’avion est le petit déjeuner. A la différence de l’aller, nous n’avons pas un temps de transit suffisamment long pour retourner visiter Madrid. Nous patientons donc en changeant de terminal où nous retrouvons des français rencontrés au début du circuit à Mancos dans la Cordillère Blanche. Comme nous , leur trek s’est bien passé., mais nous n’aurions pas pris leur place: la marche : oui mais en petite quantité !!! Aucun problème sur le vol de Paris où nous arrivons vers 21h30. Avons trouvé un taxi rapidement et une heure plus tard nous retrouvions notre chez nous , prêts à repartir…. Pour l’ Aveyron quelques jours plus tard. Nous remercions notre Tour operateur local :Walter Candia Valer et son agence pour l’excellent circuit qu’il nous a concocté, son efficacité et les visites qu’il nous a rendu pour prendre soin de nous et vérifier le respect des prestations promises. Les guides, chauffeurs pour leur travail efficace. Le Pérou en général pour nous avoir gratifié d’un très beau temps pas aussi froid que prévu. Les Péruviens pour leur accueil et leur amabilité.

Pour voir plus de photos:http://www.panoramio.com/user/2279867/tags/P-Pérou -Peru
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Qualité de service sur Air France
Bonjour à tous,

je reviens de 2 mois de voyage où j'ai pris 12 vols différents : Air France / Delta / Hawaiian Air Line.

Je suis attaché à Air France en tant que compagnie nationale et "joue le jeu" de la fidélité avec Flying Blue mais je dois reconnaître que les prestations des PNC en classe éco me déçoivent. Peut-être ai-je une attente trop haute de la compagnie nationale ? en classe éco ?

Je suis rentré ce jour d'un vol JFK - CDG en A380 et j'ai bien senti que les PNC font leur job mais sont assez peu orientés vers le fait de faire ressentir au client qu'il est "important". Je me permets d'écrire cela car je l'ai beaucoup vu sur les autres compagnies et dans les entreprises aux USA (restaurants par exemple), cela ne veut pas dire pour autant qu'on lèche les bottes des clients.

Ce soir, j'étais sur le pont supérieur, en bout de classe éco. Mon plateau repas arrive en dernier et je n'ai pas mon souhait de plat. Ce n'est pas un drame, je dîne ! Mais je prends mon temps, je discute avec la passagère à côté de moi et les plateaux commencent à repartir à l'arrière et là, un échange démarre avec un PNC : PCN "vous en êtes-où avec votre plateau ?" Moi "Pourquoi une telle question ?" PNC "pour savoir" Moi "je dîne et j'apprécie mon repas"

Remarque : le PNC était passé avant, m'enlever ma bouteille de vin, alors qu'elle n'était pas terminée.

La passagère à côté de moi souhaite un fromage en plus, il n'y en a plus. Réponse d'un autre PNC "nous avons juste le nombre de plateaux".

Bref, j'ai bien senti que je ne respectais pas le temps du repas, que je dépassais de 10 minutes et que cela allait les déranger dans leur propre repas, quand ils se mettent au fond de l'appareil, rideaux fermés.

Idem en cours du voyage, pour demander un verre d'eau. Il faut passer le bout de son museau à travers le rideau qui est fermé.

Cette sensation est assez désagréable car j'ai le sentiment d'être traité comme du bétail, que l'on me nourrit certes avec une coupe de champagne mais néanmoins comme du bétail. On porte une jolie tenue, on sent bon mais j'ai le sentiment que le fond n'y est pas. Aux USA, ils vendent leur nourriture c'est vrai et il n'y a rien à manger mais lorsqu'ils vous servent à boire, j'ai eu le ressenti qu'ils étaient plus souriants et nous laissait le temps, pour que l'on se sente bien.

Le temps alloué au repas semble également être strict, chez AF.

Mais peut-être que j'en demande trop ?
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Retour de croisière sur le Celebrity Equinox (avril 2011)
Bonjour à tous, par où commencer !!! (c’est notre 6ème croisière COSTA 3X, MSC 1X, NCL1X et la 2ème dans les Caraïbes) Le bateau : Celebrity EQUINOX (construction 2009, 122000 tonneaux, 2850 passagers, pavillon Maltais)Les dates : du 11 au 22 avril 2011 soit 12 jours 11 nuits.L’itinéraire : Fort lauderdale (Floride) – mer – Cozumel (Mexique) – Roatan (Honduras) – mer – Puerto Limon (Costa Rica) – Colon (Panama) – Cartagena de Indias (Colombie) – mer – Grand Caymans (Iles Caïmans) – mer – Fort Lauderdale (Floride)Rappel de l’avant croisière : je réserve par le représentant Celebrity Cruises "Latitude sud" à Paris un mois seulement avant le départ. On vient d’annuler 2 voyages en ce début d’année et donc en remplacement, on réserve très tard, (mais cela va nous porter chance). A la réservation tardive, plus grand place dans le bateau, je prends donc ce qu’il reste de moins cher (cabine extérieure avec balcon, pont 9, 18m²)une semaine plus tard, je vais sur le site Celebrity Cruises et en consultant ma réservation (My Celebrity), je m’aperçois que mon N° de cabine a changé, avant d’appeler "Latitude Sud", je compare les 2 cabines, on est maintenant au pont 8 dans une cabine extérieure avec balcon mais appelée "Family" de 53m² !!! il n’y a que 4 cabines de ce type sur le bateau.maintenant j’appelle "Latitude Sud" et ils me disent que j’ai été surclassé (effectivement ça existe, mais jamais eu l’occasion en 5 croisières passées), ils me renvoient immédiatement de nouvelles étiquettes de bagages autocollantes.j’ai acheté un vol sec Paris-Fort Lauderdale (via Philadelphie, notre transit à Philadelphie fut épique, vous serez ravis de le lire "cliquez ici"), "Latitude Sud" ne vendant pas de vols aux particuliers dixit par téléphone.on part la veille de l’embarquement, puisque les vols transatlantiques arrivent aux USA pas avant 13h00 ou 14h00 la plupart du temps et le bateau appareillant à 17h00, il vaut mieux assurer, pour info quasiment tout le monde fait comme cela. (on avait aussi fait comme ça en 2009 au départ de La Nouvelle Orléans sur NCL Cruiseson a donc une nuit d’hôtel à Fort Lauderdale, navette gratuite de l’aéroport 2 km et pour le lendemain aussi pour le port 4 km (le port de Fort Lauderdale s’appelle "Port Everglades"), on retrouve à notre hôtel bon nombre de passagers (100$ la nuit petit déjeuner buffet inclus – Comfort Inn Hotel)après une nuit reposante (pensez aussi au décalage horaire !!!), la navette part de l’hôtel à 10h45, nous sommes avec uniquement des américains d’un certain âge (comprendre 65/70 ans)ah oui dernière chose, nous savons qu’un membre VF est aussi de la croisière grâce au calendrier que fait un type sur VF !!! 😉 (il s’agit un couple de Québécois de 40 ans)Voilà le tableau est posé, y a plus qu’à y aller !!! Photo 1 : Hôtel et navette à hôtel à Fort Lauderdale Photo 2 : navette direction le terminal de croisière Celebrity
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Hôtel Riu Palace Macao
😉Bonjour, j'attends toujours vos renseignements sur le riu PALACE MACAO à Punta Cana en RD

Soyez sympas, j'attends vos commentaires avec impatience.

Ne n'oubliez pas

Merci

Maxima
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Itinéraire Pérou-Bolivie de trois semaines entre mai et juin 2011?
Bonjour à tous,

1er message sur ce forum après de nombreuses heures de lecture instructives !

Je crée ce sujet car je suis en plein préparatifs d'un itinéraire Pérou Bolivie sur 3 semaines entre mai et juin. Oui, je sais, 3 semaines ce n'est pas assez pour faire Pérou + Bolivie, mais on essaye quand même ;) Évidement, nous devrons "sacrifier" quelques rêves de jeunesse (ou plutôt se les réserver pour la prochaine fois !)

nous sommes 2 couples, la trentaine, avec une condition physique entre le bon (les amis sportifs) et l'acceptable (moi le pas trop sportif) et nous parlons bien l'anglais et baragouinons l'espagnol (bases) Nous avons volontairement réduit le temps dans les capitales, car ce n'est pas pour nous la priorité, même si la Paz semble très intéressante culturellement

Pourriez vous s'il vous plait me donner votre avis sur la faisabilité du parcours suivant :

J1 : Arrivée Lima J2 : courte visite + avion vers arequipa J3 : Journée Visite Arequipa J4/J5/J6: départ trek colca 3J/2N - J6 retour arequipa et bus de nuit vers Cuzco J7 : Visite Cuzco J8 : Bus à touriste de Cuzco à Aguas Calientes J9 : Inka Trail à partir du km104 J10 : Aguas Calientes ou redescente sur Cuzco J11 : repos Cuzco J12 : Bus de jour pour Puno J13/J14/J15 : descente vers la Paz par étapes sur le Titicaca (uros, taquile ...) J16 : soir : bus de nuit vers Uyuni J17 / J18 / J19 : salar Uyuni 3J/2N (pour profiter des laguna) - Nuit J19/JJ20 : train de nuit vers Oruro puis bus la Paz J20 : La Paz J21 : avion vers Lima J22 : retour Paris

Le planning semble tendu, donc je voulais savoir si pour vous, certaines étapes pouvaient être compressées (comme le titicaca) afin de libérer plus de temps pour une autre étape.

Manu, Nazca, inka trail du km82, potosi, sucre ... tout cela sera pour la prochaine fois ! Et soyez indulgent, ce planning a été globalement réalisé à partir d'infos glanées sur ce forum :p

Si également vous avez des agences à conseiller pour : - le trek colca (j'ai vu sur le site que vous conseillez de le faire sans guide, juste avec les cartes du canion, mais nos demoiselles ne sont pas forcément convaincues ...) - l'inka trail du km104 (2J/1N) sans passer la nuit à Aguas Calientes - le salar (même si tous proposent à peu près le même programme)

Merci infiniment pour votre aide ! Zboob
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Fermeture des espaces aériens en Europe suite éruption du volcan d’Eyjafjallajokull en Islande (15 avril 2010)
En complement du sujet sur Londres http://voyageforum.com/...9;page=unread#unread ... c'est maintenant tous les aéroports de Grande Bretagne qui ferment (ou sont déjà fermés) jusqu'a 18/19h ou ++++ Eurocontrol a decidé la fermeture a 16h CET l'espace aérien des pays suivants Belgique, Pays bas, Allemagne ... Paris pourrait fermer dans l'apres-midi
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Circuit pour le sud du Pérou l'été prochain
Bonjour à tous, Je prévois de partir l'été prochain (2009) en circuit pour le Sud du Pérou (du genre 23/07-18/08). J'aimerais avoir des renseignements sur l'avion, le circuit...

1) Je vois actuellement des billets à 1150€ via Madrid (Lan). Question : Est-ce que je peux espérer trouver moins cher?? So oui à quelle période (Décembre, janvier, Avril?) J'ai cru comprendre qu'au mieux ce serait 1000€ pour cette période...

2) Après beaucoup de lectures, nous prévoyons un itinéraire assez classique: Lima (visite de ville) Paracas et îles Ballestas Pisco (Atelier, distilleries?) puis Nasca (cimetière de Chauchillas) Arequipa (visite de ville) Canyon de la Colca (Altiplano, Aguada Blanca?, Chivay) Puno (site de Pukara, viracocha, Andahuaylilas, lac Titicaca Taquile Uros?) Cusco (visite de ville, Tambomachay, Puka Pukara, vallée des incas Pisaq Ollantaytambo, Machu Picchu) Le lien Cusco-Machu Picchu via la vallée sacrée est à décider. L'économique bus+5h de marche paraît fatiguant en AR... mais le tout train est cher et ne m'inspire guère... Peut-être Puerto Maldonado... Retour vers Lima par avion

Questions : 3 semaines et demi sont-elles suffisantes? trop longues? (dans ce cas, est-ce que ça vaut le coup d'aller en Bolivie?) Puerto Maldonado vaut-il le coup? Il semble qu'Iquitos soit + sympa mais aussi plus loin et donc trop court sur la durée du séjour? Je me suis basé sur un circuit de Pérou insolite. Ils proposent un circuit de base 15j (sans l'amazonie) transport-logement seuls à 550€ environ et un autre à 1400€ de 20j (le même plus amazonie avec toutes les excursions comprises). Ca me paraît de bonne qualité mais plutôt cher pour nous. J'ai également vu des chose sur Arvel voyages, Adeo, Nomades mais c'est du pareil au même (2600€ avec avion).

Est-il envisageable de se débrouiller seuls? Trouve-t-on des hôtels facilement? Les transports sont-ils bien organisés (gare simples à trouver, horaires pas trop tordus)? Est-il possible de trouver sur place des excursions style canyon du Colca? Tout ça en plein été (Français bien sûr). Faut-il réserver avant de partir l'avion (Lima Cusco) ou ce n'est pas nécessaire? L'objectif n'est pas d'être en galère et de ne pas pouvoir faire ce qu'on veut par manque de réservertion/organisation préalable.

Désolé pour la longueur et les questions qui recouvrent certaines déjà posées. Merci d'avance pour tous vos renseignements/réponses/avis.

Adrien
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Aller en Antarctique en avion depuis l'Argentine
Bonjour,

Je vais visiter l'argentine pendant 1 mois. Je voudrais visiter l'antartique, mais pas en bateau (car peu de temps) en avion. Ou je peux me renseigner pour connaitre de compagnies aériennes ou des circuits ou éventuellement faire une balade en cayak. Puis je réserver sur place ou faut il impérativement par avance.

Merci à tous

Bruno
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Vol Santiago / île de Pâques
Bonjour , Je pars le 2 janvier avec mon compagnon au chili et voudrions aller sur l'ile de PAques . Pouvez vous m'aider a trouver un tarif raisonnable pour ce vol santiago /ile de PAques entre le 4 et le 13 Janvier2016. Je n'ai trouvé qu'un vol a 13OO par personne ... 😕 merci
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Avion Lima-Cuzco
Bonjour,

Je serai au Pérou au mois de novembre. Arrivée à Lima, j’aimerais directement me rendre à Cuzco en avion. Pourriez-vous me renseigner si il vaut mieux que je prenne le billet d’avion Lima-Cuzco à l’avance, si oui, quelqu'un a une agence à me conseiller? J’ai un peu regardé le prix d’un billet sur internet est en général ça s’élève à 200 eur, est-ce normal ? Si vous me conseillez de prendre le billet d’avion sur place à Lima, pourriez-vous me donner des noms d’agences?

Merci!
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Edreams agence de voyage
Qui a pris un vol easy jet avec l agence de voyage edreams ? ? ? Qu en pensez vous ? ? Est ce sérieux ? ? Avez vous eu vos billets électroniques ?? Avez vous pu prendre l avion easyJet sans problème ? ? Comment ça s est passe a l aéroport ? ? Merci de m informer. Meme83
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À Montréal Air Transat a confisqué mon réchaud
Bonjour

tout est dans le titre. Air Transat, la principale compagnie d'aviation qui dessert le Quebec, a confisqué mon réchaud a essence a l'aéroport de Montréal, au pretexte qu'il avait été utilisé. perte de 150$. De plus la compagnie a refusé de me faire une attestation de confiscation.

Concrètement Air Transat a toujours été très pointilleux sur les bagages, et tous mes bagages ont été scannés, car n'ayant pas le format d'une valise ordinaire. Au scann est apparu le rechaud a essence, propre et bien emballé, sans trace d'essence. J'ai argumenté que des milliers de voyageurs transportent cet objet, que j'ai pris l'avion depuis 10 ans avec, rien a faire, juste la betise tétue digne du sckeche de Fernand Raynaud "Brassard" (http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-rodel/050212/jusquou-mene-le-respect-des-procedures) et mon réchaud a été confisqué. Ok c'est légal mais totalement en dehors du réel.

J'ai alors demandé un certificat, car ce réchaud ne fonctionnant pas (j'avais fait une réclamation auprès de Au vieux Campeur) je voulais au moins pouvoir solliciter un échange auprès de ce magasin, même pas moyen d'obtenir le certificat.

Et comble de tout cela, touts ces gens étaient surpris et fachés que je sois remonté, que je dise que j'allais prévenir tous les voyageurs, via internet.

En espérant que ce message rappelera à ces gens qui croient qu'on peut faire n'importe quoi, que ça n'aura pas de conséquences.... qu'ils se trompent, qu'ils doivent le respect à leur clientèle, car elle les fait travailler.

a bientot Pierre
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Voyage de noces au Vietnam en mai 2012
Ca y est je me lance une nouvelle fois dans la préparation d'un voyage important pour nous, notre voyage de noces 🙂

Nous avons décidé de choisir notre continent de coeur l'Asie et pour ce que l'on recherche, on a jugé le Vietnam plus exotique et plus enrichissant que les îles (bien que cela soit des coins magnifiques du globe).

Nous sommes en train de fabriquer un itinéraire raisonnable car nous n'avons que 14 jours sur place et nous voulons prendre notre temps pour découvrir une petite partie de ce pays.

Pour l'instant ça donnerait vaguement ça nous commençons à peine les recherches soyez indulgents 😉 :

Hanoi - baie d'Halong (2 ou 3 nuits si on va sur Cat Ba) - Nimh binh (et le coin, Hoa Lu...etc) - Huê - Hoi An

Nous ne savons pas si nous allons faire un tour vers le nord ou pas car nous ne sommes pas du tout fan des ethnies (mauvaise expérience et harcèlement en Thaïlande...) ça serait soit le coin de Sapa ou celui du lac Ba be... mais vraiment à voir, ça serait plus pour les paysages.

J'ai lu des commentaires très négatifs sur le Vietnam, et j'en avais déjà entendu parler autour de moi, mais je compte faire ma propre opinion.

Si vous avez des idées d'endroits où l'on pourrait aller et qui serait reposant pour un voyage de noces... nous sommes preneurs ! en sachant que nous sommes plus du style à poser nos valises qq part et rayonner que de changer ts les deux jours d'hôtels.

Merci d'avance pour votre aide et je continue bien sûr à fouiller le forum !
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