Voici un mail que j’avais adressé à un internaute à mon retour du Yemen, pays que j’ai adoré. J’espère que tu y trouvera des réponses, sinon ne pas hésiter à me demander des détails. Quelques détails pratiques
Je suis restée 3 semaines dans ce pays, de fin octobre à mi-novembre 2001. Je ne connais le climat qu’à cette période, et c’était le climat idéal, sauf à Sana’a où il commence à faire frisquet début novembre.
Au début, on étouffe un peu à Sana’a (altitude), surtout si on fume. On s’y habitue peu à peu ou on va voir ailleurs, plus bas.
Change : Ne pas hésiter à y aller avec des francs. Ne pas écouter ceux qui disent qu’on ne peut rien faire sans $. C’est vrai dans le seul cas de location 4/4 ou voyage avec bédouins (mais avec eux c’est carrément l’escroquerie). Changer les francs en rials avant de chercher un hôtel, cela évite de payer 3 ou 4 fois plus cher, comme c’est le cas de ceux qui paient en $.
Femme seule : Manches courtes à éviter, socquettes à prévoir + foulard (utile mais pas obligatoire).
Rien à craindre sur le plan sécuritaire, jamais personne ne s’aviserait de toucher une femme surtout une occidentale !. C’est d’ailleurs ainsi que l’on vous laisse porter vos bagages le plus souvent dans les bus .... C’est une preuve de respect. Ne pas hésiter à demander de l’aide malgré tout.
Parler anglais même un peu est indispensable. Apprendre quelques mots d’arabe fait plaisir …
Les français sont très aimés au Yemen : 1 – Grâce à Zinedine Ziddan / 2 – Grâce aux positions politiques de la France en faveur des palestiniens. Comme partout dans le moyen orient, Jacques Chirac est vénéré … Résumé de mon périple adressé à un internaute à mon retour
« Le plus difficile dans ce voyage a été :
- L’obsession des autorisations de continuer ;
- Le fait d’être « la seule de son espèce » dans un endroit : d’une part en tant qu’européenne, d’autre part en tant que femme.
J’adore le suspense, mais parfois il prenait à la gorge.
Bon sang, ces Ministères du tourisme qu’aucun taxi ne connaît ! En plus, une fois que tu as enfin trouvé quelqu’un qui t’aide et va jusqu’à t’y conduire, personne n’y parle autre chose qu’arabe. Heureusement, je me suis trouvée un guide à chaque étape ! Sauf à Mukallah (j’allais à Seyoun) : Le chef de la police locale a tenu à ce que je sois accompagnée dans le taxi collectif par un jeune militaire avec kalach ! En payant sa place et son repas, bien sûr, mais enfin relativisons, cela m’est revenu en tout à 12€.
Résumé, voilà mon circuit :
- Vol avec Emirates –
Au retour, comme escale d’une journée + 1 nuit à Dubai, hôtel luxe + repas + petit dej. Offerts. Confort et gentillesse.
Plan de vol : Nice – Dubai / Dubai – Sana’a
Je suis arrivée à Sana’a à 4h ½ du matin. Déjà, il a fallu que je me fasse un peu arnaquer à la « banque de l’aéroport », car je m’étais systématiquement refusée à aller au Yemen avec des dollars.
Eh bien, finalement j’y ai gagné, car non seulement j’ai évité la double commission, mais quand tu n’as que des rials tu paies tout moins cher !
Je n’avais comme d’habitude aucun hôtel de réservé et j’ai un peu paniqué car j’en avais relevé un dans lonely planet qui était allumé mais fermé. J’ai marché – moi, mon sac à dos et mon sac à roulettes qui s’est cassé – Un hôtel semi-luxe s’est présenté à moi. Ils voulaient 25 dollars. J’ai commencé à hurler (j’étais très fatiguée) « I want to sleep, tell me the name of an hôtel for 1500 rials ». Bref on a négocié à 2000 rials. Quand je suis partie pour mon périple ils ont gardé le sac à roulettes, et ensuite j’y ai passé une semaine, toujours au même prix ! Luxe, calme et volupté … + cnn, arte et la 5 que je n’ai même pas à Puget-Théniers !
Un employé de l’hôtel m’a aidée pour l’autorisation et m’a conduite au Ministère qui ne voulait rien savoir pour Aden.
Bref, il a dit que je n’avais qu’à me débrouiller avec une autorisation écrite sur papier en-tête de l’hôtel. Ce qu’on a fait et je suis partie pour Aden en bus avec ce semblant d’autorisation … qui a marché au check-point !
J’ai adoré Aden où j'ai rencontré un avocat adénite qui m'a fait visiter la ville de fond en comble.
Je suis restée 4 jours à Aden.
Ministère du tourisme très sympa ; toujours le problème de langue, ils m’ont gardée 3 heures pour essayer de discuter ; heureusement, j’avais mon interprète de choc !
Maison Rimbaud fermée : cruelle déception. Je les ai enquiquinés et ils m’ont fait visiter la soi-disant chambre de Rimbaud intacte – mon oeil -. Après vérification, Lang voulait la garder en l’état, mais après Lang il y a eu Toubon, et c’est lui aui a accepté que la maison devienne un hôtel.
Ai rencontré un espagnol, Miguel qui m’a appris qu’il y avait peut-être une possibilité de faire Seyoun – Sana’a en bus.
- Aden – Mukallah : Bus
3 jours à Mukallah. Ai rencontré 2 étudiants parlant parfaitement le français. Ils m’ont fait visiter la ville à fond.
- Mukallah – Seyoun : Comme dit plus haut avec militaire armé.
- Seyoun : Ai revu Miguel qui s’était perdu 2 jours plus tôt à Shibam. Il avait erré une nuit et une demie-journée avant qu’une tribu ne le repère. Il faisait la une du journal national et était devenu une star à Seyoun.
Nous avons été à la station de bus, et effectivement un bus gouvernemental qui faisait tous les jours le trajet Seyoun – Sana’a pour 1900 rials (14€).
Re-Ministère du tourisme.
Miguel partait le lendemain. Je suis resté 4 jours à Seyoun, adorable village et ai rayonné autour en taxis collectifs : Shibam, Al Ghourfa, Tarim …
- Sana’a le retour
Ai peu rayonné, sinon Wadi dhar en taxi. J’étais fatiguée (l’altitude de Sana’a m’oppresse), et j’avais des plans à résoudre concernant le qat (je m’y étais un peu mise à Aden, j’ai continué à Sana’a ce qui réjouissait les yéménites, j’étais un peu de leur clan !).
Je me suis donc fait copine avec un employé de l’hôtel très versé dans le qat. Le soir de mon départ, il m’a accompagnée dans une plantation où des mecs à tronche de gangsters m’ont déterré des racines que j’ai soigneusement mis dans une serviette mouillée entourée d’un sac plastique, le tout dans mon sac. J’ai également acheté une belle botte de la meilleure qualité pour la faire goûter aux amis au retour (toujours dans la fameuse serviiette humide entourée d’un plastique).
Quelle trouille à l’aéroport parce que mes valises allaient à Nice et stationnaient un jour à Dubai, mais bon c’est passé sans problème.
Maintenant, du qat pousse dans l’arrière-pays niçois !
Ma foi voilà … Je pense que j’ai voyagé dans des conditions parfois pas très pratiques, mais que j’ai toujours été au cœur de la vie yéménite, ce qui était mon but. Périple fabuleux.--
Un internaute a dit sur un site il y a quelques temps que dorénavant il était interdit de circuler seul sans passer par une agence.
Mais si c'est vrai, pas besoin de se précipiter, sur place on trouve tout ce qu'il faut comme agences (dont celle de nouvelles frontières où le chef d'agence parle un français parfait, je l'ai rencontré pour avoir des infos).
Akariens@aol.com
La seule liberté que l'on possède, c'est de choisir ma couleur de ses barreaux