L'arnaque est bien connu mais de mieux en mieux organisée et plus musclée.
A l'entrée de la route de Keur Macème, au poste de gendarmerie, il y a un panneau "stop". Nous avons été informé par un "gendarme" en djellaba qu'un camion était renversé et la route coupée. J'ai insisté que la piste parallèle pouvait contourner l'obstacle jusqu'à ce qu'il nous interdise d'aller plus loin et de passer par
Rosso. Jamais un gendarme en uniforme ne s'est montré, un pickup bleu "gendarmerie" était bien stationné à côté du poste, ce qui prouve bien la complicité.
Arrivés à l'entrée de
Rosso, nous nous sommes engagés sur la piste et un coup de sifflet m'a fait apercevoir un gendarme qui m'a reproché de ne pas avoir respecté le panneau stop que je n'ai pas vu. Y était il ? Là, outre le contrôle complet de nos papiers, un gamin insistait pour que nous prenions l'assurance CDAO sans laquelle nous ne pouvions continuer vers Diama. En aucun cas les gendarmes complices n'ont exigé cette assurance, ils connaissent leur limite. Ce cirque a duré pas mal de temps, les gendarmes ayant nos papiers, nous devions faire attention à nos paroles envers le gamin mais nous sommes restés fermes. Pour finir, les gendarmes en sont revenus à l'infraction de non respect de l'arrêt obligatoire tout en tenant nos papiers. J'ai fini par tendre la main au gendarme qui l'a serrée en rendant les documents et arraché des mains du gamin la carte grise de mon équipier. Au contrôle de Keur Macène, sur la digue, le gendarme en poste nous a assuré que la route était libre et que le gendarme en djellaba n'en était pas un. L'affaire est bien organisée et il faut une certaine expérience pour ne pas céder au chantage et payer une assurance, sans doute valable mais 2 à 3 fois plus chère qu'à la frontière ou même demandée par internet.
Amis voyageurs, diplomatie et fermeté, il y a toujours quelqu'un pour faire une assurance à Diama, pour le
Sénégal ou la
Mauritanie.