Cartes routières du nord de la Russie (voyage à vélo)
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Salut à tous, J'envisage de traverser le nord de la Nenetsie puis Iamalie à vélo en hiver. Peut-on envisager d'y trouver des routes ? Quelles cartes routières peut-on étudier pour établir un itinéraire entre localités ?
antoine
PE Perju Globetrotter ·
à vélo en hiver

😏😏😏
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
GR Gregoire89 Regular ·
Votre demande est sérieuse ? Je ne suis pas certain de bien comprendre. Presque toutes les routes sont fermées. J'habite à Moscou, la semaine dernière un pneu de ma voiture s'est dégonflé parce qu'en montant les pneus-cloutés pour l’hiver j'ai perdu un bouchon et un peu d'eau s'est glissée dans la valve de gonflage, avec le froid, le gèle a cassé cette dernière. Je me suis donc retrouvé comme un c*n avec un pneu à plat. Je ne vous parle même pas du nombre de fois où j'ai embourbé ma voiture dans de la neige aux alentours de Moscou, je ne vous parle donc pas de la Nénétsie où les gens rentrent par le rez-de-chaussée (1er étage russe) de leur maison l'été et par la porte du 1er étage (2ème étage russe) l'hiver. Bref, si vous avez 15 mètres de neige, vous creusez une galerie à la pelle, pas besoin de vélo. Sinon, j’utilise maps.me qui est très bien et russe.
AD Adescat Regular ·
Je réalise d'après vos réactions à quel point je dois être mal informé ! Simplement, je me figurais qu'il pouvait y avoir une similitude avec les routes présentes en Alaska !

Y-a t'il une période possible pour aller dans ces contrées (en vélo j'insiste - bien équipé pour le froid cela va de soit !), sans avoir à subir le dégel du printemps ?
antoine
PE Perju Globetrotter ·
Pour y circuler en vélo, il me semble que l'été soit la seule période favorable. Par contre si tu veux faire du vélo dans des conditions hivernales, pourquoi ne pas aller dans le Pamir. Il me semble que certains, sur se forum, ont circulé sur la M41 en hiver.
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
ME Meg2 Globetrotter ·
si tu veux faire du vélo dans des conditions hivernales, pourquoi ne pas aller dans le Pamir.

il y a aussi pas mal de choses possibles dans le sud de ce que les Russes appellent "Sibérie orientale", et que les Occidentaux appellent "Sibérie centrale". Autrement dit, aux alentours du Baïkal, à + ou - 1000 km près. Il y fait aussi froid que dans le nord de l'Alaska mais avec moins de neige (climat continental plus sec). Mais bon, ça n'a pas grand chose à voir avec le Yamal et les Nenets...
AD Adescat Regular ·
Ce serait très intéressant pour la suite du voyage mais j'aimerais beaucoup passer au plus près du territoire nénètse, ceci en provenance de Finlande. Peut-être serais-je contraint d'y passer en été alors, mais ça m'attire moins a priori…

Edit: Je viens de lire un article sur la ville pétrolière de Naryan-Mar. Il semblerait que l'été la route la reliant à Arkhangelsk est faite d'une toundra marécageuse peu praticable !!!

http://www.24heures.ch/savoirs/environnement/faut-fou-venir-habiter-ici/story/31289223
antoine
ME Meg2 Globetrotter ·
d'une manière générale, la circulation dans le nord de la Sibérie est vraiment difficile, à cause de la neige en hiver, et de la boue et des gués en été. Ce n'est pas comme l'Alaska car tous les fleuves sibériens déversent leur eau dans une région arctique peu pentue, avec un dégel amont plus précoce que le dégel aval... Un aperçu: yandex.ru/...7754164515-sas1-3387

Après, si ce tronçon est inclus dans un voyage plus long auquel vous tenez, vous pouvez envisager de passer les tronçons les plus difficiles en "camion-stop" (ou du covoiturage en camion) pendant la période d'ouverture des "routes" — ce sont généralement des pistes non asphaltées à ces latitudes.
AD Adescat Regular ·
Certaines situations sont titanesques ! J'étais loin d'imaginer ces extrêmes. Effectivement le "camion"-stop (pour ne pas dire le chenillard amphibie XXL !) semble incontournable en période de dégel. Cela me parait soudain bien fastidieux d'embarquer mon pauvre vélo dans ces monstrueux engins pour des traversées aussi chaotiques ! Et si il y a moyen de rouler nulle part, cela voudra dire 3 semaines/ 1 mois à trainer une bicyclette comme un boulet ! Sans compter le risque d'esquinter les pièces maitresses durant les "transports" vu le chahut !

De toute évidence, il ne faut pas s'embarrasser en plus d'un vélo pour prospecter la région. Le backpacking me semble le seul moyen réaliste ! Cette inaccessibilité doit expliquer l'absence de témoignage concernant la région ! J'ai découvert à l'occasion le photo-reportage de Michel Rawicki sur le sujet, avec quelques magnifiques clichés. J'ignorais au passage que c'était une célébrité, ayant exposé cet été sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris ! http://michelrawicki.com/gallery/nenet/

Je serais très curieux de lire la traversée héroïque de Gleb Travine à la fin des années 20 !

Reste à trouver un autre itinéraire intéressant pour rejoindre le nord de la Finlande au Kazakhstan...
antoine
ME Meg2 Globetrotter ·
Je serais très curieux de lire la traversée héroïque de Gleb Travine à la fin des années 20 !

il était passé en hiver, en partie sur la banquise pour pouvoir rouler. Par certains côtés c'est plus facile qu'en été, mais par d'autres... c'est vraiment extrême ! Il a même mangé un ours en route (sinon, c'est l'ours qui l'aurait mangé...) J'avais vu un résumé en français là : http://www.lepetitbraquet.fr/chron30_travine_gleb.html
AD Adescat Regular ·
La bibliothèque étant fermée cet après-midi, je me suis contenté de lire ce commentaire-résumé du journal de route. Je trouve l'épisode vers la fin du périple où il dérive malgré lui sur un fragment de banquise, pensant initialement rejoindre l'île de Wrangel, particulièrement poétique ! Ceci lorsqu'on sait Ouelen, terme du voyage avec la mélancolie que cela peut engendrer, toute proche ! Un désir de rejoindre l'infini définitivement après un parcours qui prend la forme d'une boucle ?

Je trouve assez fascinant ce contraste entre l'existence ordinaire qu'il a connu ensuite (durant près de 38 ans !) et le demi-dieu qu'il a su incarner le temps d'une parenthèse ! Comme si dans cet univers blanc, il avait trouvé l'harmonique parfaite pour se transcender. Mais j'idéalise sûrement beaucoup trop. Une grande part d'orgueil, une soif de reconnaissance l'a semble-til aussi fortement stimulé ! Mi-homme mi-dieu, c'est bien ça !

Pour ce qui est de l'itinéraire évitant la toundra humide au moment du dégel, ça semble exact presque tout du long mais je reste intrigué par la section Arkhangelsk (départ fin décembre 1929) jusqu'à l'île Vaïgatch (fin mai 1930). Si on regarde le chemin qu'il a parcouru, il aurait dû au moins connaitre la toundra marécageuse de printemps que nous décrivions plus haut entre…mettons Ust-Tsilma et Nenetsia, en passant par Naryan-Mar, Krestovo !!!?

mapcarta.com/Nenetsia
antoine
ME Meg2 Globetrotter ·
le débâcle commence, en moyenne, fin mars dans le sud de la Sibérie. C'était peut-être encore complètement gelé en avril dans le nord. Attention aux récits qui datent : on m'a dit dans la région d'Irkoutsk que la période de dégel avait en gros avancé de 2 bonnes semaines depuis la génération précédente.

Quoi qu'il en soit, je déconseille formellement de tenter de reproduire le périple de Gleb Travin sans un rude entraînement (Travin avait l'entraînement d'un militaire russe, c'est autre chose qu'un cyclotouriste même sportif)
AD Adescat Regular ·
D'après ce que j'ai pu trouver, le réseau routier en Russie est relativement développé à l'extrême ouest, offre un axe unique longeant le sud (globalement la ligne du transsibérien) d'ouest en est jusqu'à Vladivostok avec deux bifurcations vers Iakoutsk puis Magadan, une à partir de Touloun (A331) et l'autre de Skovorodino (M56). Puis plus rien !

hpics.li/07ee34e

Le reste nécessite train ou avion. Je ne pensais pas que le réseau routier était aussi absent !
antoine
ME Meg2 Globetrotter ·
j'ai un peu plus de routes que ça sur ma carte de Russie, mais le nord de la Sibérie est effectivement très peu irrigué par le réseau routier. Avec des conditions climatiques aussi extrêmes et une densité de population aussi faible (la Yakoutie par exemple, c'est 6 fois la surface de la France pour 60 fois moins d'habitants...), pas étonnant qu'il y ait peu de routes.

Le reste nécessite train ou avion

là où il n'y a pas de route, il n'y a pas de train ! Ce n'était pas vrai au moment de la construction du TransSib mais maintenant, si.

Là où il n'y a pas de train, il peut y avoir des routes, parfois impraticables pendant la moitié de l'année. Reste l'avion, en effet. Ma prof de russe m'avait raconté que pendant des années, elle était institutrice dans un gros village du nord de la province d'Irkoutsk, elle faisait la navette en avion chaque semaine.
OL Oldcruiser Regular ·
Il ya deux possibilités pour atteindre le "bout de la route" en Sibérie et franchir la longitude 180°. Ce qui laisse le choix entre le grand froid ou les moustiques.

Hivernale de décembre à avril par les "zimniks". Ust-Nera, Sasyr, Zyrianka, Tchersky, Pevek, cap Schmid. La suite vers Enurmino semble très aléatoire.

Estivale de août à septembre par Seymchan et un millier de km de navigation sur la Kolyma. Puis Anyuysk, Bilibino et Egvekinot. Possibilité de bateau vers Anadyr et son aéroport.

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