Cimetières

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Original post
UN
Ciao a tutti.e (tentative d'écriture inclusive adaptée à l'italien )

Un tel sujet n'a semble-t-il pas été abordé dans la rubrique "bavardages et chamailleries".

Il est venu comme cela... "ma copine est partie en voyage sans moi", un glissement en bas de page et j'ai appris que Page2008, que je ne connaissais pas, était elle aussi partie, définitivement. De là je suis passée un instant déposer une pensée affectueuse sur ces édifices de mots érigés ici en mémoire de Patrick Yangguizi, de Jean-Pierre Lepiaf ou de Marcel DeCléricy.

L'esprit vagabonde dans des lieux funéraires...

Je déteste les cimetières où sont enterrés mes proches français. Ces monuments de granit luisant qui écrasent le visiteur, dont la masse imposante et gelée étouffe les plus éclatantes des chrysanthèmes aussi grosses soient-elles, rigoureusement alignés de part et d'autres des allées, me glacent. J'y passe en apnée et fuis rapidement, incapable d'invoquer dans un tel cadre l'image d'un être cher. Ce sont des iles désolées et hostiles à la vie.

En Italie, dans la plupart des communes (toutes ?), il existe une norme fixant à maximum un mètre de hauteur les monuments tombaux placés dans le sol. Les vivants qui y déambulent sont plus grands que les tombes. D'ailleurs on s'y voit et s'y interpelle volontiers, et une fois évoqués les défunts, on y devise de choses et d'autres qui les concernent assez peu. Lieux ordinaires où l'on se rend sans appréhension.

Je me souviens, en Roumanie, avoir avec surprise vu des piques-niques organisés au milieu des tombes, ou ailleurs des noms assortis de dates de naissance et de photos attendant que soit gravé, le plus tard possible sans doute, la date du décès. Memento mori plus simples, plus humbles, que les cranes des tableaux baroques.

A Eyup, et plus encore à Sarajevo, on traverse un parc avant de se rendre compte que la pelouse est parsemée de pierres verticales dont certaines sont surmontées de turban. On n'y interrompt pas son activité du jour sauf si on arrive plus loin, que les tombes se densifient et que l'espèce de pyramide métallique placée en son centre nous assène des centaines, peut-être des milliers, de fois, les mêmes dates. 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993- -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- 1992-1992-1993-1992--1993-1992-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1993-1993-1992-1993 -1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1993-1992-1993-1992-1992-1992- Je ne peux pas remplir la page de détresse, n'est-ce pas. Alors, j’arrête.

A Bitola c'est pareil, des centaines de croix blanches, mais avec cette fois des petits drapeaux français, des croix basses et muettes. Il n'y a que l'énorme sarcophage en pierre du fond qui cause : A la gloire des armées françaises d'Orient, gueule-t-il. Ce simple cri n'est peut-être pas plus mal, à la réflexion, que ces insupportables "presente" répétés à l'infini qui envahissent la montagne de Re di Puglia.

Non, du calme. Songe à la merveilleuse sérénité d'Ithaque...



Et vous, quels sont vos cimetières ? [:)]

Catherine

PS : le titre original de la discussion était tout simplement un très sobre "cimetières". Autant je comprends le souci d'explicitation du modérateur, autant je déplore cette question qui, placée en préalable, est très lourde et intrusive à mon sens.
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
CH Choucarde Globetrotter ·
Bonjour ,

Et bien… Je ne vais pas forcément m'y rendre pour penser à mes proches, je trouve un peu triste ces endroits , je préfèrerais les cimetières anglo-saxons avec pelouse et arbres aussi, mais bon, chaque pays ses coutumes, ou au gré des influences passées . Toutefois il y a parfois des "choses" intéressantes , des monuments , de belles statues, des personnalités plus ou moins connues ou que l'on découvre, et des tranches d'histoire (s).

Certains en effet ont vue sur mer, des croix ou pas du tout , des croix celtiques, en granit ou en marbre, parfois avec des gravillons, entretenues, délabrées, etc … Certains en effet peuvent avoir vue sur mer: www.landrucimetieres.fr/...spip.php?article4780 D'autres un peu moins: www.landrucimetieres.fr/...spip.php?article3003

Je n'ai pas vraiment idée d'aller visiter ces lieux non plus à vrai dire: Sauf un peu par hasard à Pointe-Noire j'avais visité le cimetière chinois , abandonné ...lieu un peu étrange entre le chemin de fer et le bord de la route où il y a des vendeurs d'artisanat et de souvenirs, c'est l'un d'eux d'ailleurs qui m'a dit que c'était un cimetière chinois qu'il y avait là et qui date de la construction du chemin de fer Congo-Océan. Je pense qu'on pourrait la nuit y prendre des prises de vue pour un film d'horreur ou de revenants! Dommage je n'ai pas de photos n'ayant pas de téléphone avec appareil photo. Tranche d'histoire donc: voyage-congo.over-blog.com/...hinois-39193420.html

Joa d'an anaon . [;)] http://www.tresor-breton.bzh/2017/11/04/an-anaon-le-monde-parallele-breton-de-lau-dela/
Choucarde
VO Voyajou Globetrotter ·
Et vous, quels sont vos cimetières ?

Le cimetière des pensées disparues et des réflexions réduites au miroir des touristes qui se pensent voyageurs. Les cimetières marins dans les pays qui laissent reposer en paix les bateaux lassés des corps-morts.

Ceux de villages des rivages baltes de Suède ou de Cornouaille anglaise, là où les pensées sauvages sont de meilleures compagnes que le pomponné chrysanthème.

Et aussi, ceux des townships sud-africains dans les régions semi-désertiques, fatras de modestes éminences de sable et de pierres, égayés toute l'année de fleurs en plastique, de fanions et de bouteilles multicolores.

P.S. Le cimeterre de la modération ne modifie pas le sens de votre propos. Récemment, le Zobar de l'été titrait simplement « Pourquoi cette condescendance? » dans le contexte d'une rubrique agitée par la chasse aux présumés intellos condescendants. Il est heureux que la modération ait ajouté « … vis-à-vis de Singapour ». D'autant que cette condescendance est un pur produit de son imagination, ou qu'à tout le moins le terme est impropre (contrairement à la ville prétexte).
MO Mong1 Globetrotter ·
PS : le titre original de la discussion était tout simplement un très sobre "cimetières". Autant je comprends le souci d'explicitation du modérateur, autant je déplore cette question qui, placée en préalable, est très lourde et intrusive à mon sens.

"Quels sont vos cimetières ?" La question m'a effectivement semblé bizarrement formulée, comme s'il manquait une partie de phrase, ou un mot... le mot "favoris", employé généralement. Mais peut-on réellement parler de "favoris", c'est-à-dire aimer les cimetières ?

Sans doute que pour certaines personnes, il est plus facile de les apprivoiser que pour d'autres, d'y déambuler sereinement, et même d'y trouver une certaine quiétude... Autres civilisations, autres croyances, autres individus ? Je n'en fais pas partie... Ceux de mon village et des alentours me paraissent laids et austères, sans âme... un comble pour des cimetières.

Ta question m'a rappelé un post dans la rubrique "Photo" de 2009 : https://voyageforum.com/discussion/quietude-cimetieres-d3087145/ A l'époque, le sujet et l'intérêt de ce post m'avait déjà étonnée... J'avais pourtant visité celui du "Père-Lachaise" à Paris il y a longtemps, comme on visite un lieu d'intérêt, un site, un musée...et avais apprécié.

Et puis, vinrent les voyages... les tombes colorées je ne sais plus où... les tombes à damiers de Guadeloupe si particulières. - Le Mexique et la fête des morts à Todos Santos, petit village dans la montagne au Guatemala où les familles pique-niquent entre les tombes. - Le Maroc où j'ai pris mes premières photos : Le joli petit cimetière marin d'Asilah et ses tombes de mosaïques comme des tapis colorés le long des remparts où domine un marabout blanc. - Fès et le petit cimetière sur la colline, sous les oliviers... si paisible. - Et puis Cuba : Celui de La Havane, celui de Santiago majestueux, avec ses allées de marbres blanc, ses palmiers... ses célébrités, de José Marti à Compay Segundo.

Finalement, les cimetières que je redoute, que je fuis chez-moi pour ce qu'ils représentent, peuvent être des lieux paisibles, des lieux à l'ambiance particulière, où l'oeil s'attarde sur la pierre, sur les statues et autres, des lieux émouvants, vivants, lumineux...
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonsoir Anne,

Je n'ai pas vraiment idée d'aller visiter ces lieux non plus à vrai dire:

Si je passe à proximité lors de mes errances je m'y arrête volontiers, la nécropole appartient à la cité. Elles murmurent sur un lieu et ses habitants. A Milan, par exemple, le Monumentale est un véritable musée de la sculpture à ciel ouvert, raffiné et souvent pompeux, bien à l'image de la ville. Parfois cela m'a permis de découvrir un refuge : je pense à celui d'Athènes, très arboré, très fleuri de buissons autour des tombes, bruissant d'oiseaux, dans lequel je m'échappe quand je n'en peux plus du chaos de la ville.

Tu as raison sur l'histoire. Je n'aurai rien su de la Première Guerre Mondiale dans les Balkans si nous n'étions pas tombés complètement par hasard sur ce cimetière militaire de Bitola.

Catherine
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UN UnaMilanese Veteran ·
Bonsoir Catherine,

Ta question m'a rappelé un post dans la rubrique "Photo" de 2009 : voyageforum.com/...cimetieres-d3087145/

Ah merci, c'est une rubrique dans laquelle je ne vais jamais.

Je suis passée au Père Lachaise. L'image que j'en garde est celle de foules armées d'un guide qui viennent faire un pèlerinage sur des tombes de célébrités. Si je me souviens bien, il est un peu organisé ainsi, avec plan pour arriver à la tombe d'Orson Welles, à celle de Jim Morrison... Il ne m'avait pas du tout touchée ce cimetière.

Catherine
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MI MirandaMouse Globetrotter ·
Je ne sais pas si par là vous entendez "vos cimetières favoris".

Pour ma part j'aime bien aller dans les cimetières, bon pas tous, mais certains cimetières m'ont marquée : ceux de Barcelone, le Campo Verano à Rome, celui de la colline du château à Nice, celui de Vienne, le cimetière Lychakiv à Lviv, le grand cimetière de Budapest, globalement les cimetières juifs que j'ai pu voir... Et bien sûr les différentes cimetières de Paris, surtout le Père Lachaise mais aussi celui de Montmartre.

J'aime bien ces lieux, je ne les trouve pas morbides du tout, je les trouve reposants, loin de l'agitation de la ville, propices à la méditation, au recueillement, voire inspirants. Bref si lors d'un voyage je peux aller voir un "beau" cimetière, je ne m'en prive pas.

Je préfère les cimetières d'Europe centrale/et de l'est, que je trouve plus en harmonie avec la nature. Un peu comme si les âmes humaines se confondaient avec elle, un retour à la terre en quelque sorte.

Je trouve les cimetières juifs très émouvants, souvent laissés à l'abandon, la nature reprend vraiment ses droits.

J'aime bien aussi les monuments funéraires qui sont parfois de véritables oeuvres d'art.

Ce n'est peut-être pas un hasard mais à un moment j'ai failli travailler aux pompes funèbres Bref pour moi tout cet univers n'a rien de glauque donc, ça fait partie de la vie, du monde.

Par contre à titre personnel je ne vais pas me recueillir sur les tombes de qui que ce soit.
http://www.lasourisglobe-trotteuse.fr/

Des milliers de photos et plein de conseils d'une souris pour voyager low-cost en Europe et hors des sentiers battus
MA Masterpo Globetrotter ·
Je suis passée au Père Lachaise. L'image que j'en garde est celle de foules armées d'un guide qui viennent faire un pèlerinage sur des tombes de célébrités.

Le week-end, c'est sûr. C'est beaucoup moins vrai en semaine.

Si je me souviens bien, il est un peu organisé ainsi, avec plan pour arriver à la tombe d'Orson Welles

Tu ne te souviens pas bien [:P] Oscar Wilde plutôt (mêmes initiales, je te le concède), les cendres d'Orson Welles ont été dispersées, semble-t-il, au large de l'Andalousie... Ils ont d'ailleurs complètement dénaturé sa sépulture en rajoutant des vitres grotesques et ridicules.

Une des tombes les plus visitées du cimetière est une tombe fascinante (en partie grâce à ceux qui la fréquentent), celle d'Allan Kardec. Le PL, on pourrait y passer des jours. Mais Montparnasse et Montmartre valent également le détour.

Je ne suis pas très cimetière, mais il en est un que j'affectionne, celui de San Michele à Venise, hors de la ville, entouré d'eau.

voyageforum.com/...cimetieres-d3087145/

Ah merci, c'est une rubrique dans laquelle je ne vais jamais.

Pourtant, ce sont ces photos qui font la vraie richesse de VF, loin des écrits futiles de ceux qui pensent bien écrire parce qu'ils écrivent trop...

Au passage, deux photos de et depuis San Michele, prises à Noël 2014 :
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour Miranda,

Je ne sais pas si par là vous entendez "vos cimetières favoris".

Oui et non. C'est vrai que, dans l'air tremblant de l'été et à l'heure de la sieste, je n'ai pas été attentive au titre de la discussion. Ce que j'interroge c'est un rapport aux nécropoles au sein du voyage. L'approche d'une part : exclues, recherchées et pour quels motifs (recueillement, calme, approche ethnologique, art, que sais-je ?...), fruit du hasard ? Les réactions qu'elles engendrent d'autre part, leur influence sur l'esprit.

Pour reprendre un peu mon message initial d'une façon plus explicite, je viens d'une famille, et cette attitude peut sans doute être étendue à un pays, où la présence de la mort est cantonnée dans des lieux clos, hermétiques au flux de la vie, qui induisent par leur structure même (matériaux des tombes, architecture et urbanisme funéraire ordinaire, absence de végétation durable si ce n'est quelques cyprès éthiques, etc) une attitude solennelle et compassée, pour moi très éprouvante. Le corollaire est que j'ai donc naturellement tendance à exclure la mort de mon existence. C'est beaucoup moins le cas ici en Italie. Et cela n'a rien à voir avec l'affection que j'ai pu porter au défunt. Il y a ici des hommes et des femmes avec lesquels j'ai beaucoup partagé. Mais il y a quelque chose qui fait que la séparation est moins drastique qu'elle ne l'est, me semble-t-il, en France. Je ne sais pas comment le formuler, peut-être que la sacralité n'est pas aussi figée. A l’extrême, la goguenardise ambiante n'exclut pas les cimetières :

https://www.youtube.com/watch?v=KvbnNTG_emQ

(désolée mais je n'ai pas trouvé la version française. Il fait une blague au veuf éploré en se faisant passer, avec beaucoup de componction, pour l'amant, forcément torride, de sa femme).

J'ai aimé cette idée, croisée en Roumanie, d'avoir déjà sa tombe prête dans un joli cimetière chaotique et fouillis ombragé par des chênes somptueux. Si je me destinais à un ensevelissement dans un lieu déjà connu, c'est quelque chose que j'aimerais faire. Avoir la possibilité, dans la matérialité d'un lieu plaisant, d'aller un peu trier le bordel de la vie à l'aune d'une promesse de la mort.

Dans un autre registre, un lieu comme Redipuglia alimente et amplifie mon exécration de tout patriotisme, nationalisme. Cette exaltation du sacrifice martial au nom d’intérêts supérieurs auxquels on accorde une noblesse tonitruante me hérisse. Je m'y balade les points serrés et les écraserais volontiers en sortant sur la figure du premier électeur convaincu de la Ligue que je croise. A l'opposé, il y a ce cimetière de Sarajevo, gardé par un lion monumental, je crois, qui est le seul où je sois vraiment entrée pour me recueillir, luttant cette fois contre les larmes.

Ce sont quelques-unes de mes pistes, elles ne sont pas universelles, je vous demande, curieuse que je suis , quelles sont les vôtres.

Catherine
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UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour Monsieur, (je vais pas écrire Maitre, parce que faut pas exagérer hein !)

Ben, j'ai exactement le même problème avec San Michele qu'avec le Père Lachaise. Dans ma perception, il flotte l'idée dominante que ce sont des lieux de sépulture de célébrités. Alors, j'ai beau choisir des célébrités qui me sont chères, la Callas à Paris ou Stravinsky à Venise, je me retrouve plantée comme une couillonne devant leur plaque tombale murale ou dans le sol, dont j'apprécie la sobriété dans les deux cas, mais je me demande quand même beaucoup ce que je fais là. Ça n'a pas, pour moi, de sens. Mais ne pouvant me dégager de cet a priori que la halte de la "tombe de ..." est un passage obligé, la balade sans but dans le lieu est complètement pervertie.

Merci pour ces magnifiques photos de Venise.

Catherine
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CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour, [:)]

C'est vrai que ce titres est un peu ridicule et prouve que le modérateur n'avait pas lu ton post...

Ceci dit, Il est des cimetières joyeux comme celui de Sapanta en Roumanie où les croix peintes en bleue s'ornent d'un petit tableau représentant le défunt et d'un hommage tourné de façon humoristique, reprenant les principaux épisodes de sa vie passée. Du coup, on présume que la vie dans ce village est elle aussi joyeuse ou en tous cas très conviviale.

Des cimetières prétentieux comme celui de Piguë province de Buenos Aires en Argentine. Qui laissent présumer que seule l'apparence compte alors que s'il est une chose certaine c'est que justement devant la mort nous sommes tous égaux....Vanité quand tu nous tiens !



Des cimetières vraiment très, très beaux comme Shar-y-zinda à Samarcande.



Des, qui te sifflotent un petit air de Sergio Léone comme ici, perdu au milieu de nulle part sur l'Altiplano Bolivien, même nom de famille et même date de décès.



Et d'autres surprenants comme ce cimetière musulman au cœur de la très catholique Pologne qui t'obligent à faire des recherches pour en trouver l'explication et qui ce faisant te donne une explication sur le mystère de la favorite Polonaise du Khan Tatar de Baktchisaraï en Crimée qui m'avait bien intriguée lors de la visite du palais des Khan.



Bref, les cimetières sont de mon point de vue les témoins de la vie, d'ailleurs ce n'est principalement que par l'étude des nécropoles que nous connaissons la vie et la cultures des anciens et, le fait d'honnorer la mémoires des morts est la signature de l'hominisation.Non ?

Stèle à la mémoire de la favorite Polonaise du dernier Khan de Baktchisaraï, où il faisait porter un bouquet de roses jaunes tous les matin.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
MA Masterpo Globetrotter ·
je vais pas écrire Maitre, parce que faut pas exagérer hein !

Ben non, surtout pas. En fait, comme j'ai pour nom de plume Maître Po (le moine aveugle de la série Kung Fu), quand on me demande Prénom et Nom, j'indique Maître et Po. Ce n'est nullement de l'exagération. Et paf, VF met en exergue le prénom, ce qui est une double punition, pour celui qui répond, que cela peut irriter et pour moi, qui n'en demande pas tant... Mais bon, la vie continue malgré tout [:P]
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour Catherine,

Le "cimetière joyeux" de Sapanta m'avait étonnée par le contraste de couleurs avec l'architecture locale elle aussi de bois mais brut. Je m'étais alors demandé s'il était le reflet de l'intérieur des maisons, que je n'ai pas vu, ou si ces couleurs vives étaient le propre des tombes. Cela reste une énigme. Mais c'est vrai qu'en s'y promenant on a l'impression de se trouver dans un écho d'une vie villageoise industrieuse que la mort ne doit pas interrompre.

Ce sont des Italiens qui sont enterrés en Argentine ? L'architecture, et tes considérations, m'évoquent le cimetière de Crespi d'Adda. C'est un lieu particulièrement parlant pour ceux qui s’intéressent à l'histoire. En effet la ville est un projet global de la famille des Crespi, des industriels textiles fin XIX° début XX°, qui ont reproduit dans la nécropole l'organisation de la ville. Le mausolée original et gigantesque de la famille surmonte, ou veille sur, les tombes des ouvriers minuscules et toutes identiques alors que latéralement se placent les tombes des contremaitres et dirigeants, plus grandes et individualisées. Dans la cité qui précède le cimetière, le château énorme de la famille surmonte, ou veille sur, les pavillons des ouvriers, tous identiques, alors qu'un peu plus loin s'élèvent les villas des contremaitres et dirigeants, plus vastes et individualisées (plus le statut dans l'entreprise est élevé plus tu as une maison grande et personnalisée). Pour abandonner l'histoire et revenir aujourd'hui : les guides te font une présentation très sérieuse et valorisante de ces bons industriels paternalistes pourvoyant avec rigueur et organisation aux besoins de leurs employés.

As-tu rêvé d’être une favorite polonaise d'un Khan ? (je me mêle de ce qui ne me regarde pas là ! [;)][:)])

***

A part ça, j'ai lu la discussion signalée par Catherine Ming. Beaucoup de photos postées sont inexplicablement non visibles. Certaines sont très esthétiques et l'on éprouve un indéniable plaisir de la vue, mais nombre d'entre elles, en particulier toutes les asiatiques, sont muettes (prière de s'abstenir du jeu de mot habituel ![:P] les tombes sont tout sauf muettes, elles parlent juste une langue que je ne connais pas) pour l'européenne encroutée que je suis. Qu'y voient leurs photographes ? Juste de la quiétude ?

Catherine
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UN UnaMilanese Veteran ·
Donc ciao Po ? Pourquoi pas, mais en écrivant cela je ne cause nullement à un moine aveugle de série kung fu, je m'adresse à un fleuve lent dont l'étiage assez bas à cette saison laisse apparaitre de larges bancs de sables, que je peux au mieux allégoriser en vieil homme barbu et musculeux porteur d'une jarre jaillissante posée entre des joncs. Je vais faire un effort sur le kung fu.

Catherine
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UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour Jean-Luc,

J'ai mis un peu de temps à ensevelir votre post-scriptum [;)]

Les cimetières marins dans les pays qui laissent reposer en paix les bateaux lassés des corps-morts.

Vous parlez des cimetières de bateaux ? (je sais bien que la question nuit à la poésie de l'expression, mais comme vous avez une façon souvent assez alambiquée, pour mes capacités de comprenette, de vous exprimer, j'ai un doute sur ce à quoi vous faites référence)

Catherine

PS aux passants sur ce fil : je me tais désormais (ça m’intéresse moyen de bavarder comme je le fais en fait), et vous lis. [:)]
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ZO Zorba Veteran ·
Trois cimetières me sont chers, et un autre pittoresque et un invisible:

Le cimetière Skogskyrkogarden de Stockholm qui est inscrit à l'inventaire de l'Unesco. C'est un endroit très paisible, il tient presque plus de la forêt /prairie tant les tombes sont espacées et presque invisibles. En plein hiver je suis tombé par hasard sur la "Divine" sous la neige. J'étais moins gêné que toi, face à une personnalité. J'ai même échangé quelques pensées avec Greta Garbo. M'as t elle entendu?

Le cimetière de Piskarevskoïe à St Petersbourg. J'aime aller sur les lieux d'Histoire mais ce jour là J'ai ressenti dans ce lieu une souffrance profonde. 1/2 millions d'êtres humains ont été inhumés là, décédés suite au "programme scientifique" Hitlérien devant Léningrad et la faire tomber comme un fruit mûr et sans combat. Heureusement qu'il y a des scientifiques à la gomme et des peuples indomptables. Le cimetière comprend près de 200 bosses, et dans chaque bosse reposent 25000 corps.

Une grosse urne en verre au Musée d'Auschwitz d'un mètre de haut, pleine de cendres. Elle doit contenir autant qu'un cimetière. Encore des civils qui ont payé, des civils ciblés, juifs et tziganes. Planté devant, accablé par la monstruosité, j'imaginais qu'elle contenait les restes d'un violoniste de la Rue des Rosiers, d'un Rabin de Varsovie, d'une paysanne Hongroise, d'un Tanneur de peau de Riga, et puis d'Irène Némorovsky pour l'Ukraine.

Pour le pittoresque je recommande le cimetière des VIP russes au monastère Novodievitchiny à Moscou: On y voit la tombe de l'inventeur des orgues de Staline avec pour illustration un camion et des fusées, la tombe d'un mathématicien avec la démonstration d'un de ses théorèmes sans doute. Eltsine reposait sous un faisceau de branches de sapin. Et Kroutchev...

Le cimetière invisible: C'était à l'Ile Solovsky en Mer Blanche. Ce fut un lieu de déportation sous Lénine/Staline. Quelqu'un de la Nomenklatura a dit de Solovsky: "C'est loin on ne les entendra pas gueuler". J'étais muni d'une carte et je cherchais sans succès le cimetière des déportés. Je marchais sur une très grande de béton, et là dans un coin il y avait une toute petite plaque de commémoration. Le cimetière était sous mes pieds! J'ai observé plusieurs fois la propension des Russes à occulter leur Histoire et faire disparaître les traces. C'est ainsi qu'à Stalingrad on ne voit que très peu de tombes.
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Bonjour,

Mes cimetières préférés (c'est curieux ce terme finalement, peut on avoir vraiment des préférences pour des lieux de "repos éternels") sont ceux qui jouxtent les mosquées de Sultan à Istanbul, envahis de verdures parfois de livres (je me souviens d'un petit cimetière où s'était installé un bouquiniste), ceux qui me semblent d'une tristesse infinie, ces alignements de croix blanches sans fin, se détachant sur la verdure des cimetières des plages du débarquement, tant de vies fauchées à cause de la folie meurtrière des hommes.

j'aime beaucoup le Père Lachaise, pas le coin des célébrités mais les coins où on peut encore se perdre loin de la foule...
VO Voyajou Globetrotter ·
Vous parlez des cimetières de bateaux ?

Oui. J'ai l'impression qu'en Bretagne, un cimetière marin désigne d'abord un lieu où gisent des bateaux. Celui de Douarnenez est remarquable et dans celui de Lanester, où reposent les thoniers de Groix, on donne les soirs d'été des pièces de théâtre.

mais comme vous avez une façon souvent assez alambiquée, pour mes capacités de comprenette, de vous exprimer

Voyez-vous, c'est culturel chez nous, le lambig. Et nous préparons le Spritz avec du cidre. C'est ainsi que nous peuplons les cimetières de korrigans facétieux.

@Zorba

Le cimetière (de Piskarevskoe) comprend près de 200 bosses, et dans chaque bosse reposent 25000 corps.

2500, plutôt, et c'est déjà beaucoup trop (moi, c'est la bosse des maths )
MI MirandaMouse Globetrotter ·
Du coup je pense avoir répondu à vos interrogations, en citant à la fois les cimetières que j'ai bien aimé, et mon rapport aux cimetières tout court !

Catherine, le cimetière joyeux en Roumanie et j'en entendu parler et j'aimerais bien le voir. J'avais aussi vu une émission je crois que c'était au Mexique, mais peut-être aussi en Argentine, avec les tombes colorées et plutôt "joyeuses".

J'avais vu qu'en Russie il était commun de manger sur la tombe du défunt, en lui apportant un petit quelque chose et un shot de vodka !

Autant de traditions qui diffèrent d'un lieu à l'autre et qui sont intéressantes, car oui, l'étude des grandes civilisations passées s'est surtout faite à partir des nécropoles ou tombeaux qui nous sont parvenus.

Ce que l'on peut dire c'est que les rituels funéraires sont propres à l'être humain, se retrouvent dans toutes les cultures et civilisations, avec autant de variantes que de points communs !
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CA CatherineGil Globetrotter ·
As-tu rêvé d’être une favorite polonaise d'un Khan ? (je me mêle de ce qui ne me regarde pas là ! [;)][:)])

***

Non, non, très peu pour moi le sérail ! Pour ma prochaine vie, la demande est déjà faite et expédiée en recommandé à qui de droit ( [;)] ) je veux être saxophoniste Mais je m'étais inventé tout un scénario à base de chevauchées et d'enlèvement dans un style Stendhalien de préférence....Enfin tu vois ....[;)]
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

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KO Kola Globetrotter ·
Un cimetière depuis longtemps délaissé, des tombes grises aux pierres descellées rongées de mousse, qui laissaient entrevoir un vide sombre, inquiétant, mystérieux. Qu’y avait-il dedans, dessous, pour susciter encore après tant d’années, une émotion furtive dans les yeux des adultes perdus dans les souvenirs d’un temps où Essaouira se nommait Mogador... et fasciner l’enfant embarquée dans le pèlerinage rituel qui se penchait (mais pas trop) sur le vestibule du néant.

Une fosse creusée à même la terre, qui accueillit un corps vêtu de son seul linceul, corps préalablement extrait de son cercueil, petite caisse en bois simple et simplement utilitaire, moyen de transport commun entre le lit et le cimetière. Autre temps, autre endroit. Et tu retourneras à la poussière au lieu de pourrir entre quatre planches…

L’eau profonde d’un lac qui reçut dans un crissement de pluie les cendres et ensuite l’urne qui les contenait. Et tu retournas dans l’eau dont tu fus extraite, gluante et fripée, tant d’années auparavant. L’eau froide à laquelle tu offrais ton corps et son glissement gracieux les jours d’été lorsqu’elle n’était pas trop froide...

Il est en Crète sur le bord des routes de minuscules édifices, modestes ou somptueux, qui contiennent parfois de menus objets, une photo, un texte, des fleurs artificielles ou un bouquet desséché. Au détour d’un virage ou à l’aplomb d’un vertigineux contrebas, elles se dressent pour rappeler qu’à cet endroit précis quelqu’un perdit la vie. C’est ce qu’on nous a dit... mais peut-être que ces petites maisonnettes de la dernière demeure, mausolées de la vie privée, de la mort particulière, appartiennent à d’irréductibles solitaires qui, de vie comme de mort, redoutaient la perspective d’être alignés avec leurs semblables.

/°\*/°\

Les os blanchis et décharnés s'éparpillent dans les fonds jusqu'à oublier la forme, la vie, qui les assemblait. Les mots, comme les osselets que l'on lance, retombent et s'éparpillent, décomposent, recomposent...

Les cimetières marins dans les pays qui laissent reposer en paix les bateaux lassés des corps-morts. Les cimetières marins où reposent les bateaux et les milliers de corps morts, lassés d’avoir espéré atteindre un pays en paix.

(Ciao a tutti.e Non... Ciao a tutti·e)
PA Paladin2011 Regular ·
Sympas tes photos-mini temples sur bord de route, ca me rappelle ceux que j ai croisé en voyage à velo en grèce, y compris sur les îles, souvent bleus et blancs là bas forcement. Par contre ton texte, ok bien écrit , mais un peu déprimant. De la gaité nom de dieu! ( ou zeus) Bon, je suis pas croyant cela dit, je suis mon propre dieu, au moins je risque pas de tomber dans des sectes diverses et je suis éternel, au moins en théorie ;) Detendez toi michael
MA Mathews Globetrotter ·
bonsoir,

Et vous, quels sont vos cimetières ? [:)]

pour moi ce sont du 04 [:)] C'est à dire entre Barrême et La Palud/Verdon en passant par Majastres. C'est un recoin de France totalement vide de population Je mets aussi une photo d'un hameau abandonné à proximité de Annot.

La première photo c'est la chapelle de la Melle au-dessus de Barrême le cimetière est atenant à la Chapelle
MA Mathews Globetrotter ·
merci Paladin2011 pour les belles photos de Grèce
CA Calolu13 Regular ·
Est-ce qu'il y reste encore des croix ou gerbes en petites perles dans ces cimetières, j'adorais ça enfant lorsque j'y allais avec ma mère, en vélo (ça c'est pour l'écolo Palladin), et plus tard dans les Alpes, j'allais dans les cimetières pour en voir, et une à Ceillac que je n'oublierai jamais, une petite croix toute blanche.

@ Unamilanese : pour Milan il y a de quoi, mais alors celui de "La Cène". ..
CH Choucarde Globetrotter ·
"Oui. J'ai l'impression qu'en Bretagne, un cimetière marin désigne d'abord un lieu où gisent des bateaux."

J'ai toujours entendu "cimetière des bateaux", et "cimetière marin" pour celui de Tréboul par exemple où les trépassés humains ainsi que leurs visiteurs ont vue sur mer.

Au sujet du cimetière des bateaux, ce n'est pas tous qui ont l'honneur d'y finir, car en effet, ce n'est plus comme autrefois et il faut en demander autorisation, au Conservatoire du Littoral il me semble. C'est ainsi que celui de Douarnenez avait quasiment disparu et c'est avec la création du Port Musée qu'il a pu renaître de l'oubli , et de l'effacement… La loi et la protection de l'environnement et des promeneurs (parfois idiots) exigent plutôt qu'ils finissent à la casse. Quand les derniers bateaux de pêche en bois auront finit de mourir dans ces cimetières, disparus dans la vase, il n'est pas sûr que ceux plus jeunes et en ferraille y soient acceptés, à part ceux du fond de l'anse de Landévennec bien sûr qui bénéficient d'un sursis mais qui eux sont mouillés en corps mort. Mais contre l'oubli de ces bateaux , il n'y a pas que les cimetières, il y en a qui les font revivre en vrai en les reconstruisant, dans les Ateliers de l'Enfer même (et qui n'est pas froid cet enfer là). Pour les humains, il faudra encore attendre bien que certains s'y préparent en y croyant et en se faisant cryogéniser... ah ma doué.
Choucarde
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonsoir Lucette,

@ Unamilanese : pour Milan il y a de quoi, mais alors celui de "La Cène"..

Vous parlez de celle du cimetière ? On ne l'appelle pas, à Milan, "l'ultima cena" mais "l'ultimo aperitivo" [;)] (c'est le mausolée des Campari).

Elle me répugne : elle date de 1939, Judas y a les traits qu'on voit au même moment attribués aux juifs dans les caricatures en vogue.

Catherine
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Bonjour Catherine Perso, j'ai toujours eu un faible pour les cimetières militaire Pour le devoir de mémoire et, l'aberration des guerres

Regard de touriste En vacance en France avec mon épouse Thaïlandaise, elle a été impressionnée par le mémorial des guerres d’Indochine (Fréjus) https://www.defense.gouv.fr/memoire/memoire/hauts-lieux-de-memoire/le-memorial-des-guerres-en-indochine-var

et très émue (après mes explications) par la flamme du soldat inconnu sous l'arc de triomphe

On ne l'appelle pas, à Milan, "l'ultima cena" mais "l'ultimo aperitivo" [;)] (c'est le mausolée des Campari).

J'aime cette approche teintée de légèreté

Dans le même registre "Renato Bialetti, le roi de la cafetière Moka qui a fait de sa mort un clin d’œil et de sa vie une légende": https://www.funeraire-info.fr/urne-funeraire-une-cafetiere-pour-contenir-les-cendres-de-bialetti-46931/
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour Miranda [:)]

Pas très loin de Sapanta, toujours dans le Maramures, à Dieseti, nous avons pu visiter une adorable petite église en bois, entièrement décorée à l’intérieur de toiles de lin peintes par les femmes du village au XVII° siècle en teintures naturelles , représentant des scènes biblique et là , nous avons été invités par un homme à une cérémonie en l'honneur de sa mère, pour célébrer la fin du deuil. Toute la communauté était réunie autour de la tombe pour chanter à cappella des chants populaires puis chacun, toujours sur le mode humoristique comme à Sapanta a raconté des anecdotes de la vie de la défunte ensuite on a mangé du gâteau aux noix puis bu un alcool de prune après en avoir versé quelques gouttes sur le sol en récitant une formule spéciale. C'était à la fois impressionnant ( ces gens ont des voix magnifiques ) et très joyeux .
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour,

@ Zorba qui mono(dia ?)logue avec la Divine, je ne suis pas sure qu'on puisse qualifier de gêne mon empotement devant des tombes de célébrité. Si j'essaye de formuler une raison c'est sans doute que ce qui compte c'est que leur œuvre, qui demeure, alimente le paradis terrestre. Leur tombe n'a donc pas plus d'attrait que celle d'un quidam. Une urne dans un musée... (je n'irai jamais à Auschwitz, insurmontable terreur)

@ Sylvie et Obeo, existe-t-il des cimetières militaires dans lesquels on n'a pas éprouvé le besoin d'accompagner cette désolation, pourtant criante, de quelque(s) phrase(s) bien ronflante (s) sur la grandeur du sacrifice de ces hommes ?

@ Kola, oui, sur ta dernière phrase, j'avais un instant cru que je devais donner cette interprétation à l'allusion de Voyajou (j'ai entre-temps vu des photos aériennes du site de Kerhervy, c'est somptueux ce noir mat des coques brisées rompant l'éblouissement du sable) . Je songeais qu'il y avait, dans tous les cimetières marins, la fosse commune de la mer pour horizon.

@à tous, merci de vos témoignages. [:)]

Catherine
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OB Obeoandpai Globetrotter ·
Obeo, existe-t-il des cimetières militaires dans lesquels on n'a pas éprouvé le besoin d'accompagner cette désolation, pourtant criante, de quelque (s) phrase (s) bien ronflante (s) sur la grandeur du sacrifice de ces hommes ?

Non, jamais eu de pensées sur la grandeur du sacrifice de ces hommes, de la compassion et de la reconnaissance, oui, enormement

Plus léger, chez nous en Thaïlande, il existe un cimetière un peu particulier consacré aux éléphants La story ICI
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
CH Choucarde Globetrotter ·
Bonjour,

"la fosse commune de la mer pour horizon"

Je n'y avais pas pensé, mais tu m'y amène… Oui la mer est aussi un cimetière, et à Ouessant il y avait jusque dans les années soixante une cérémonie particulière pour les disparus en mer à qui l'ont donnait des obsèques et un retour fictif en terre. Cela s'appelait la Proëlla (qui désigne la cérémonie et les croix en cire qui symbolisent les péris en mer, dont on peut voir l'urne où elles sont déposées au cimetière du bourg de Lampaul près de l'église) . Explications: crocduloup.com/...des-noyes-a-ouessant

fresques.ina.fr/...elle-d-ouessant.html

Photo 1: Ex-voto du bateau disparu corps et âmes que l'on entourait des bougies de la Proëlla. Photo 2: Costume féminin du deuil et la croix de cire symbolisant le défunt disparu en mer.
Choucarde
UN UnaMilanese Veteran ·
Re,

Ma question portait cette fois davantage sur la conception du cimetière par ceux qui l'ont créé que sur l'approche individuelle de ceux qui y vont. Les deux que j'avais moi-même évoqués sont des cimetières de la Première Guerre mondiale, et dans le cas de Redipuglia, conçu en plein fascisme : on exalte le sacrifice des soldats morts avant d'envoyer de pleines cohortes de jeunes gens casser leur pipe. Je me demandais si d'autres cimetières militaires, d'autres temps, ou dans d'autres lieux, ont ... la décence (?) de laisser le passant, le visiteur, le pèlerin, le descendant... aborder comme il le souhaite, ou le peut, cette foule de tombes. On ne peut pas chuchoter, mouvant à peine les lèvres, les mots de Prévert en pensant à toutes les Barbara du monde dans les cimetières auxquels je faisais allusion, la rhétorique officielle y est trop polluante.

Merci pour le cimetière des éléphants. (c'est une apparition nocturne qui change de la Madone !)

Catherine
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EN EncorLol Veteran ·
Je déteste les cimetières où sont enterrés mes proches français. Ces monuments de granit luisant qui écrasent le visiteur, dont la masse imposante et gelée étouffe les plus éclatantes des chrysanthèmes aussi grosses soient-elles, rigoureusement alignés de part et d'autres des allées, me glacent. J'y passe en apnée et fuis rapidement, incapable d'invoquer dans un tel cadre l'image d'un être cher. Ce sont des iles désolées et hostiles à la vie.

Il y a tout de même de très beaux cimetières en France. Croquignolets dans les villages, ou majestueux comme mon préféré celui de Menton avec ses statues de princesses dominant la baie. Merci à toutes les religions de nous avoir légué ces lieux reposants, fleuris et ombrés, romantiques, parfois curieux, inattendus ... Pour le voyageur, la vraie différence se situe là où les croyances en l'au-delà ont disparu. Les crématoriums, funérariums de nos sociétés athées qui remplacent de plus en plus les cimetières sont les véritables iles de la désolation. La mort y est vite gommée, une vie sans laisser de trace, rien à visiter pour les générations futures.
VO Voyajou Globetrotter ·
J'ai toujours entendu "cimetière des bateaux", et "cimetière marin" pour celui de Tréboul par exemple où les trépassés humains ainsi que leurs visiteurs ont vue sur mer.

Il se trouve que cette semaine une douzaine de pirates, tous Bretons de Nantes à Quimper, squattent ma cambuse. Un à un je les ai soumis à la question ce matin (avant que les cadavres de lambig ne prennent une allure de cimetière): « Si je vous dis cimetière marin, à quoi pensez-vous? ». Tous ont répondu Kerhervy, Douarnenez, Audierne, des cimetières de bateaux donc, en bon français. Les voix sont multiples. En breton, les vocables sont-ils différents?

Quand les derniers bateaux de pêche en bois auront finit de mourir dans ces cimetières

Tu as raison, ces pratiques sont celles d'un autre âge. Avec l'avènement de l'économie circulaire c'en est fini de ces rites primitifs. D'autres chantiers que ceux de l'Enfer remettent à flot de vieilles coques dont le Rigolo, misainier à tape-cul (Doëlan), ou le Biche, dernier thonier à voile de la flotte de Groix qui en compta trois cent. Pour mourir, ne dit-on pas mettre les voiles?

Oui la mer est aussi un cimetière

En particulier, depuis quelques années, la Méditerrannée. Là où blanchiront les os des Noirs . Un peu de musique pas funèbre: www.youtube.com/watch?v=dRbjG6I-1No

@UnaMilanese

Kerhervy, c'est somptueux ce noir mat des coques brisées rompant l'éblouissement du sable

Comment ça un mât noir? (S'cusez mes capacités de comprenette)
MO Mohamma2 Veteran ·
Un cimetière qui gronde pour prévenir de l'imminence d'une catastrophe ... Un cimetière qui confère à celles et ceux qu'il protège le pouvoir de se rendre invisible ... Un cimetière dans lequel, malgré tout, il ne fait pas bon passer du temps à cause de la chaleur et des moustiques ... Le cimetière des trois frères, sur l'île de Bornéo, en Indonésie :..

" De chez nous, le cimetière des trois frères n'est pas très loin. On y accède grâce à une piste cimentée qui s'enfonce dans la forêt. On traverse un ruisseau, on contourne une colline, on en grimpe une autre et l'on découvre enfin, au sommet, l'endroit en question. Le cimetière est d'apparence banale : c'est une simple clairière dans laquelle se dressent quelques pierres peintes en jaune. Les plus hautes d'entre elles ne dépassent pas les trente centimètres. On en dénombre une vingtaine, pour autant de tombes. Amar, un homme pieux et bon que Lhass et moi estimons beaucoup, s'occupe du cimetière avec quelques voisins. Il l'entretient, le nettoie et transmet avec passion les récits qui s'y rapportent ... Ecoutons-le un peu : « ce n'est pas un cimetière ordinaire pour les gens comme nous. A l'origine, il n'y avait que trois frères qui étaient enterrés là : ils étaient membres de la famille royale de Mempawah. Cela remonte à l'époque des premiers sultans, à une époque à laquelle Taranga était encore la capitale du royaume de Landak. Les autres corps, eux, sont arrivés au fil du temps, seuls, suite à des événements dont nous, les mortels, n'avons pas conscience. Mais ce sont tous d'illustres personnages : des héros, des guerriers et des saints, nos ancêtres à nous les Malais d'aujourd'hui ... Observez bien les pierres qui marquent les tombes : certaines sont toutes petites, elles viennent de sortir de terre, elles sont vivantes, elles poussent ... » Le fait est que le cimetière des trois frères est le seul vestige du passé glorieux du village. On ne dispose que de très peu d'informations à propos de cette période, et celles-ci sont essentiellement généalogiques. Amar connait parfaitement les lignées des uns et des autres mais comme tout le monde, il ignore tout du reste : il ne sait rien de l'emplacement exact des habitations, ni des activités du royaume et encore moins des raisons de sa disparition … Toutes les constructions d'époque ont disparu sans laisser de traces. Tout juste a-t-on trouvé, en cherchant de l'or dans la rivière, quelques vieilles pièces de monnaie. Pour l'écrasante majorité des habitants de Taranga, peu férus d'histoire, l'idée même de l'existence d'un sultanat est donc particulièrement abstraite. Je me souviens du commentaire d'une villageoise dayake : « un royaume à Taranga ? Alors qu'il n'y a jamais eu que de la jungle et des sales cochons puants ? Impossible ! »

Amar n'est pas d'accord pour dire que lui et ses amis veillent sur le cimetière, car il pense que c'est exactement l'inverse, que c'est au contraire le cimetière qui protège les Malais et par extension, tous les musulmans : « à Mempawah, c'est l'apparition dans la rivière d'un gigantesque crocodile blanc qui signale à la population l'imminence d'une catastrophe. A sambas, ce sont d'autres manifestations surnaturelles. A Taranga, ce sont des bruits sourds en provenance des entrailles du cimetière. Le 23 juin nous l'avons entendu gronder. Le 20 mai aussi … » Mais c'est en février 1997 que le cimetière a prouvé toute sa puissance. Taranga venait d'être envahi par des milliers de Dayaks venus de toute la région. De nombreux Madurais avaient été capturés et tués. D'autres avaient réussi à se cacher dans les collines, au sommet des arbres ou dans les rivières, et une trentaine d'entre eux s'étaient réfugiés dans les bois qui entourent le cimetière. Leur histoire, c'est une femme qui aime la raconter. On l'appelle « La Frisée » à cause de ses longs cheveux bouclés. Agée d'une cinquantaine d'années, elle aime rire et plaisanter sans cesse. Mais l'on devine sans mal, derrière son sourire perpétuel, la force de son caractère et sa vivacité d'esprit ... Voici son récit : « les Madurais avaient pris l'habitude de venir la nuit pour nous demander à manger. Ce n'était pas sans risque mais ils n'avaient guère le choix … Un jour, l'un d'entre eux traversa le cimetière en plein jour, sans se rendre compte que des Dayaks l'observaient. L'un d'eux épaula son fusil avant de s'apercevoir que sa cible n'était autre … que mon propre mari ! Les Dayaks ne se sont pas montrés et l'ont laissé poursuivre sa route. Puis ils sont venus chez nous, très en colère, pour me dire que mon époux était imprudent de se promener ainsi dans la jungle, car ils avaient bien failli l'abattre. Mais mon mari n'avait pas quitté la maison de toute la journée et dormait dans notre chambre, à l'arrière de la maison … Vous avez compris ? C'était le cimetière qui avait ainsi sauvé le jeune homme en lui donnant subitement une autre apparence, pour dissimuler son identité aux yeux des Dayaks ... Un autre jour, un autre Madurais est venu chez nous en pleine journée. J'ai eu très peur : les Dayaks avaient promis qu'ils tueraient ceux qui aideraient leurs ennemis … Je lui ai tout de même donné un peu à manger. Il s'est jeté sur le riz et l'a poussé dans sa bouche. Je l'ai chassé en lui disant de ne plus commettre ce genre d'imprudence. Mais les Dayaks l'ont attrapé peu après sur le chemin du cimetière et l'ont conduit hors de la forêt, jusque devant chez nous, pour l'égorger aussitôt, sous nos yeux … En voyant des restes de nourriture mêlés au sang qui jaillissait, ils ont compris que l'un d'entre nous venait de le ravitailler et sont devenus fous de rage. Sous mon sarong, mes jambes tremblaient ! Je vous jure que j'étais terrifiée ! Heureusement, ils n'ont tué personne d'autre, mais ils ont pensé que leur victime ne devait pas être seule, et chaque jour, pendant plus d'une semaine, ils ont cherché, mais sans jamais rien trouver. Finalement, les trente purent être sauvés par l'armée ... » Grâce à la protection, La Frisée en est sûre, du cimetière des trois frères ... "

( extrait de FORT GONO 8 )
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour... euh... Max,

L'avantage des cimetières humains français de bord de mer est que la déclivité du terrain leur ouvre l'horizon et entrave le rigoureux maillage des allées, du coup ils sont moins étouffants que les autres. Outre celui de Menton, on peut trouver un certain charme à celui de Sète.

@ Voyajou, Pas mât, mat ! Qui absorbe la lumière. (faut arrêter le bidulig !)

Et un merci souriant à Fred dont le beau récit emmène aux antipodes. La couleur jaune des pierres tombales a une signification ?

Catherine
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CH Choucarde Globetrotter ·
A Douarnenez et à Audierne en tout cas les gens disent bien "cimetière des bateaux" … mais bon ailleurs, même à Quimper, ça peut être différent, je ne vais pas les (ou te) contredire, vu que y a du lambig dans l'air… !

""En breton, les vocables sont-ils différents?"" -Et bien toujours est-il que l'endroit où se trouve ce cimetière de bateaux se nomme depuis des lustres : "Pors an Eostig" … mais sans doute que tu as raison et que c'est trop primitif aux yeux de certains, vu que c'est pas en "bon français", ni très marketing pour l'économie circulaire.

""Tu as raison, ces pratiques sont celles d'un autre âge. Avec l'avènement de l'économie circulaire c'en est fini de ces rites primitifs."" -Et bien, circulaire, tu oublies l'économie touristique, puisque cela charme aussi les visiteurs, surtout si le rossignol se met à chanter en même temps, cela peut bien inspirer quelques uns à l'âme de poètes en plus, ça n'aura plus rien de primitif du coup.

""Pour mourir, ne dit-on pas mettre les voiles?"" -Oui! Et en français de Douarnenez on dit aussi : rider son parapluie ! Et si la mort est due à l'âge, tu pourrais encore entendre d'un ton franc : "Oh que voulez-vous, il était bon pour faire un mort" ! Et à Quimperlé, comment dit-on encore ? Echu tout ? Il est parti avec le chouchenn ?

Quand au cimetière méditerranéen… Ces pirates à terre ou en bateau qui les rejettent à la mer , qu'ils embarquent avec un treizour qui les mènera dans l'ifern yen. Le seul à leur convenir pour leur froideur d'âme.

(PS: quand tu te mets à parler, et écrire donc, avec des apostrophes pour raccourcir les mots, je trouve que ça ressemble à du parisien!)
Choucarde
CA CatherineGil Globetrotter ·
Merci Fred pour ce récit [:)]
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
MO Mohamma2 Veteran ·
Et un merci souriant à Fred dont le beau récit emmène aux antipodes. La couleur jaune des pierres tombales a une signification ?

Le jaune est la couleur des sultans malais ... On la retrouve sur le drapeau de la Malaisie, sur les étoffes lors des cérémonies ( mariages, rituels ) ... [:)]
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Très intéressant votre fil

Chez les bouddhistes thaïlandais, pas vraiment de cimetières Après la crémation, les cendres et les ossements ont 2 destinations différentes Les cendres, sont dispersées ou, conservées suivant les volontés du défunt, Les ossements résiduels, sont déposés dans une urne qui est conservée soit a la maison, soit abritée dans un Wat

Vous trouverez dans CE LIEN

l'article/hommage que j'avais consacré au funérailles de mon beau-père, avec l'autorisation de la famille

pour ses cendres il a choisit quelles soit enfouies au pied d'un grand arbre (aux lecteurs, merci de ne pas diffuser les photos du blog)

Pour les funérailles et la conservation d'un moine, l'approche est différente, j'en parlerais dans un autre billet si vous le voulez bien
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonjour,

Merci pour ce récit. [:)]

J'ai regardé ce qu'était un wat, un temple. Il est entouré de monuments funéraires comme nos églises ici donc.

Si je comprends bien, les défunts ont des traces à géométrie variable. Une urne à la maison et rien en cas de cendres dispersées, une urne à la maison et une sorte de stèle pour les cendres, une urne au wat et rien, une urne au wat et une stèle. Je n'ai pas saisi si les stèles à cendres pouvaient être mises n'importe où ou si elles devaient se trouver dans un périmètre donné. Quelle fréquentation est associée à ces deux types de vestiges d'une vie ? On va honorer la stèle à cendres comme le monument à os ? Que signifie cette dissociation entre os et chairs ?

En lisant "la volonté" du défunt, je me suis demandé s'il existait des cultures qui ne tenaient aucun compte de cet aspect. Qui considéraient que la dépouille appartenait désormais exclusivement aux vivants qui en faisaient comme ils l'entendaient.

Catherine

PS

Pour les funérailles et la conservation d'un moine, l'approche est différente, j'en parlerais dans un autre billet si vous le voulez bien

Bien sûr. J'ai ouvert le sujet pour que chacun vienne y déposer des connaissances, légendes, anecdotes, coups de blues, de cœur, et pourquoi pas de gueule à partager. [:)]
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OB Obeoandpai Globetrotter ·
En Thaïlande, le bouddhisme est très complexe Autant de familles, autant de générations, autant de couches sociales, autant d’interprétations différentes je ne me hasarderais pas a développer,

Je vous invite a une pause musicale qui vous en donnera une facette A voir 2 fois (et jusqu'au bout) 1 fois pour le mélancolique road-movie 1 fois pour l'émotion de la justesse du titre "Elle veut juste"C'est le titre du MV https://youtu.be/hxuPOxFJhXI

les stèles au temple contiennent les restes d'ossements et sont honorées au moins une fois dans l'année a l'occasion du nouvel an
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
ZO Zorba Veteran ·
Je voulais te parler de momies et de leur environnement:

Ce sont des momies de Dictateurs (A part Oncle Ho) et je n'avais rien à leur dire comme pour la "Divine".

Il y a Lénine dans son Mausolée très sévère. Lénine est très artificiel, ce pourrait être une poupée de celluloïd rose. Bon c'est la plus vieille momie existante, elle part en réparation une fois par an. Elle a même quitté Moscou durablement durant l'avance allemande. On peut juste remarquer que sur les dernières photos de leur vivant (Lénine et Mao) ce sont des hommes délabrés. Lénine a beaucoup rajeuni dans la mort. En sortant je suis passé devant la tombe de Staline et j'avais les dents qui claquaient. Je suis très impressionnable. Heureusement Hitler n'impressionnera plus personne car il semblerait que ses cendres aient été vidées dans les égouts de Magdebourg. Les Russes ont le sens de ce qu'il convenait de faire!

Il y a Mao. Il est très présent, très imposant. Je salue le plus grand criminel de tous les temps c'est à dire celui qui a le plus grand nombre de victimes au compteur. Je l'ai vu à 10 ans d'intervalle, la ferveur du Peuple est bien tombée.

Et puis Kim Il Sung; j'ai manqué son fils Kim Jung Il a un an près. Il est très imposant, il est entouré de la ferveur de son peuple (spontanée ou pas, that is the question?) Il repose dans son château muré: Imaginez Louis XIV ayant muré Versailles, portes et fenêtres. On accède donc au mausolée par un sous terrain, on est soigneusement nettoyés par des jets d'air en plein visage et les chaussures par des brosses automatiques. Ensuite j'ai du me prostituer 3 fois en m'inclinant 3 fois devant la dépouille; je n'ai pas été pris en traitre, c'était dans le contrat. Kim Il Sung est entouré de tous ses jouets, dont le principal est son wagon Présidentiel. Pour l'éternité on peut voir une plaque de marbre de la ville de Montreuil avec pour dédicace: "La ville de Montreuil au grand Combattant Kim Il Sung" Les jouets de Kim Jung Ill que je n'ai pas vus, seraient principalement son bateau de croisière; un bassin a été creusé pour le recevoir près du sarcophage.

J'ai manqué l'Oncle Ho, c'était fermé.
MA Mathews Globetrotter ·
bonsoir

Est-ce qu'il y reste encore des croix ou gerbes en petites perles dans ces cimetières, ..

non je ne pense pas ces cimetières ne sont plus entretenus.
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonsoir Francois, (pas de cédille sur le smartphone, désolée)

Kim père et fils sont enterrés dans le même palais ?

J'ai souri de l'anecdote de la désinfection et franchement rigolé en allant lire un peu sur Wikip les histoires de famille : après les titres humains, ces messieurs ont besoin de titres immuables : le père est depuis sa mort "Président éternel de la RPC" et le fiston " Secrétaire général éternel du parti des travailleurs de Corée".

Merci pour cette balade dans le monde de la vanité inaltérable.

Catherine
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ZO Zorba Veteran ·
Je pense que Kim papa, et Kim fils sont exposés tous les deux au palais Kumsusan. J'ai essayé de retrouver sur VF une description relative à Kim Jung Ill, mais je ne l'ai pas retouvée.

J'ai les clefs du Palais Kumsusan, si tu veux tu peux y faire un tour:

"Le KITC (Korean International Travel Company) regroupe aujourd’hui tous les touristes en solo pour rendre un hommage groupé « au Soleil de l’Humanité ». Nos Minibus sont tous là, à l’entrée du Palais Kumsusan.

M. Kim, notre guide senior a revêtu son plus beau costume, et nous le complimentons sur son apparence, il fait mine de ne pas relever le compliment, en se demandant si c’était du lard ou du cochon de notre part. M. Nam, notre guide junior a mis une cravate sur sa chemise fantaisie, tout comme le ferait un jeune chez nous, obligé de porter une cravate. Nous avions prévu de mettre une cravate ; notre chauffeur M.Park en sort une de dessous de son siège, au cas où nous aurions oublié d’en apporter.

Les femmes occidentales ont mis leurs plus belles toilettes, et sont maquillées. On se croirait à l’entrée d’une garden party, d’un mariage ou d’un bal. D’ailleurs le temps s’y prêterait, le jardin du Président est très beau et accueillant. Le Journal de PyongYang pourrait même titrer en notre honneur : « Bal tragique à PyonYang, Une momie !» (C’est facile, je sais, mais c’est un clin d’œil à François Cavanna qui vient de mourir). A coté de notre groupe, une centaine de Coréens se prépare à rendre hommage au « Grand Leader »; les femmes portent la grande robe coréenne, le hanbok, et forment un joli groupe multicolore. Les hommes sont soit en chemise et cravate, soit en costume brun basique, très sévère de travailleur, un peu à la manière du costume Mao. Pour venir à Kumsusan, nous sommes sortis de Pyongyang, et nous nous sommes engagés dans une zone réservée pour enfin arriver en vue du palais du Président Kim. Nous allons maintenant y rentrer en empruntant un tapis roulant abrité par une galerie couverte. Auparavant M. Kim nous demande de nous délester de tous objets tels que briquet, appareils photos, à laisser dans le minibus. Notre petit groupe de 4 personnes s’engage dans cette longue galerie, longue d’environ 300 mètres. M. Kim est très grave et nous obéissons à ses instructions. Nous restons immobiles sur le tapis roulant malgré sa longueur désespérante ; c’est la marque d’une bonne tenue. Pourtant un groupe conduit par une Guide nous dépasse, cela apparaît totalement incongru à M. Kim qui montre sa désapprobation.

PALAIS MEMORIAL KUMSUSAN Tous les autres groupes sont immobiles sur le tapis roulant dans cette lente procession. Les fenêtres sur l’extérieur défilent ; on aperçoit des dizaines de jardiniers balayant les allées, ramassant les feuilles mortes, désherbant à la main. Une armée de jardiniers entretient cet immense jardin de ce palais pour le profit d’un unique occupant : une Momie. Bientôt le tapis roulant pénètre dans cet étrange palais en sous sol: On se rend compte que les fenêtres et les portes ont été murées. L’éclairage est artificiel. Imaginez le château de Versailles aux portes et fenêtres murées et la momie de Louis XIV installée, seule dans son immense château ! Nous quittons enfin le tapis roulant pour nous enfoncer dans les sous sols du palais. A chaque nouvel espace nous tombons sur une Gardienne en honbok de deuil, qui veille ; elle salue les visiteurs d’un air triste et murmure des condoléances. (Elles n’ont pas pris le bon job, ces pleureuses : Imaginez les : Elles prennent leur petit déjeuner le matin, ensuite elles vont au travail, c’est pour y débiter des condoléances toute la journée ! A moins de penser que ce travail est moins pénible que celui de ramasser des betteraves comme les paysannes misérables, au son de hauts parleurs diffusant des chants révolutionnaires ou des slogans ?) Soudain nous traversons un tunnel étroit équipé à la base de mini brosses en rotation qui retirent les impuretés attachées à nos chaussures ! Ensuite nous passons sous des portiques détecteurs de métaux. Des Gardiens nous passent à la poêle à frire magnétique et enfin comble du raffinement nous traversons un tunnel où un vent transversal nous fouette violemment le visage et le corps pour nous retirer toute trace d’impureté. Heureusement rien n’a été prévu pour traiter nos impuretés idéologiques, je n’aurais certainement pas été admis. Nous sommes admis en l’état dans le Saint des Saints. Nous continuons. Le long des couloirs, en sous sol, nous sommes tous les 4 à marcher silencieusement ou presque; un groupe nous suit : On entend dans ce silence sépulcral, dans ce recueillement absolu, dans cette atmosphère de sainteté sidérale. « Clap », ….., « Clap », …… « Clap », …….., « Clap », …… M. Kim se retourne et jette son regard désapprobateur sur le groupe nous suivant. Le bruit sacrilège et comique vient bien de ce groupe. Est ce le fait d’un guide qui a oublié de ressemeler ses chaussures ? Et l’on entend toujours : « Clap », ….., « Clap », …… « Clap », …….., « Clap », …… Charlie Chaplin s’était invité en Corée du Nord ! Surtout pas de crise de fou rire nerveux, ce n’est ni l’endroit ni le moment ! Et pourtant nous n’avons pas encore tout vu ! Nous montons un escalator et enfin nous sommes introduits dans une grande salle où nous sommes accueillis par la grande statue blanche du « Grand Leader » sur fond de couleurs dégradées allant du rose clair en passant par le bleu pale puis au jaune très évanescent. Les couleurs sont très pastel. C’est le summum du kitsch. On a l’impression, nous d’être sur Terre, et lui, le Président d’être au Paradis Socialiste, nous accueillant paternellement. C’est très réussi ! On nous tend ensuite un petit magnétophone individuel : On peut entendre un message dans notre langue, dit d’un ton saccadé à la Coréenne pour marquer l’emphase ou le chagrin, sur la vie du « Grand Leader » et sur l’effroyable tristesse du peuple Coréen à sa disparition et une flopée de louanges dithyrambiques tels que la fameuse expression « Soleil de l’humanité ». On y apprend que le président Kim a écrit la constitution coréenne à l’âge de 4 ans ! Et plein d’autres accomplissements et faits d’arme contre les Japonais. Les Américains ne devaient pas être en reste dans ce texte. Ce serait tellement intéressant d’avoir une copie du texte et de pouvoir le relire. Nous recevons ces nouvelles stupéfiantes avec une impassibilité asiatique ! Du coin de l’œil j’échange un regard de connivence ou de consternation avec un touriste belge, tout juste rencontré; après ce bref instant de relâchement, nous redevenons impassibles. On est là au cœur de la Dictature ! : Des hagiographes écrivent des conneries monstrueuses, les servent au Peuple et à nous même, et nous devons rester sérieux en les écoutant! Les Coréens doivent même les apprendre par cœur, je présume. Dans une autre salle, Touristes et Coréens sont regroupés en rangs et des Croquemorts désignent quel rang sera admis dans la pièce suivante, l’endroit le plus sacré sur Terre ! Le « Grand Leader » repose sous une verrière, habillé en costume cravate. Des soldats montent la garde aux 4 coins de la salle. Nous défilons assez rapidement et nous avons le temps de nous incliner sur trois cotés du gisant. Cette fois notre hommage va à un Dictateur patenté et non à des patriotes ayant combattu les Japonais, comme au cimetière des Martyrs Révolutionnaires que nous avions visité précédemment, Martyrs Révolutionnaires, que nous avions honorés d’un bouquet de fleurs. On boit donc notre honte en silence. Nous quittons le Saint des Saints, pour visiter une exposition relative au défunt. Nous allons y découvrir les jouets de Kim IL Sung et ses décorations. Dans une salle trône sa Mercédès, dans une autre, son wagon-salon ferroviaire sur un bout de rail. Au mur une carte montre tous ses déplacements dans le Monde. Il semble que le déplacement ferroviaire soit plus sûr que l’avion pour un Dictateur. A part la visite de Cuba par avion, le train est effectivement privilégié. On découvre dans une autre salle tous les diplômes honoris causa d’universités étrangères et toutes les grandes capes de ces Universités, tous les trophées offerts pendant ses voyages. Ah la vanité ! Pour la France l’inévitable offrande de la ville de Montreuil (A la tour du Juché il y avait aussi une plaque offerte par cette ville) et aussi celle de Bagneux sont présentes. Ces villes sont ici immortalisées pour avoir fait citoyen d’honneur le « Grand Leader ». C’est vraiment bête pour ces donateurs, si le vent idéologique tourne, les preuves de compromission restent à jamais. Nous quittons ce monumental sarcophage par la galerie couverte, immobiles sur le tapis roulant ; par mimétisme nous sommes devenus parfaitement asiatiques, les yeux mi clos. Peut être avons nous commencé notre adaptation idéologique ? Il est urgent de rentrer à Pékin ! M. Kim et M. Nam retrouvent M. Park ; ils retirent immédiatement leurs cravates. La tension baisse enfin et nous remercions poliment pour la visite."
DJ Djalma Globetrotter ·
Ensuite j'ai du me prostituer 3 fois en m'inclinant 3 fois devant la dépouille; je n'ai pas été pris en traitre, c'était dans le contrat.

Personnellement je n'aurais pas accepté de signer pareil contrat! T'as été bien payé pour ça j'espère?
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
ZO Zorba Veteran ·
Eh bien tu es vertueux, pas moi.

En paiement j'ai une coupe gratuite tous les 6 mois chez le coiffeur du Président Kim.
UN UnaMilanese Veteran ·
Ciao !

J'ai les clefs du Palais Kumsusan, si tu veux tu peux y faire un tour:

Ca me tenterait bien franchement, mais je sais que je suis incapable d'imprimer le masque de la componction aussi longtemps sur mon visage. Qu'est-ce qu'il arrive au visiteur qui attrape un irrépressible fou rire dans ces murs ?

En tout cas bravo pour les talents de comédien et surtout merci pour ce très savoureux récit.

Je me demande quel est le moteur de ce culte des momies. Elles n'ont pas de pouvoir thaumaturgique comme les reliques médiévales je suppose, c'est une facon de s'inscrire dans une filiation alors ? On honore l'ancêtre fondateur dont on poursuit l'œuvre.....

Catherine

PS : tu ne pourras pas voir Chavez, ils s'y sont pris trop tard et ont dû abandonner le projet.[;)]
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)

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