Bon, alors, ce n'est plus l'intro mais je ne sais pas comment modifier le titre du message, désolée
1 Vers le Baïkal
Moscou
Mon week-end d’arrivée coïncide avec la fête anniversaire de la ville. Plein de monde dans les rues devenues piétonnes, des concerts en plein air. J’en écoute un devant la kitschissime cathédrale du Christ Sauveur, avec un baryton aux allures de mafieux qui me fait bien marrer. Du coup, impression d’une ville très décontractée où il fait bon flâner. Les gros groupes Chinois et Français m’ont un peu gâché le Kremlin et Saint-Basile que j’avais pourtant pris soin de réserver.
Kazan
Et hop, un train de nuit pour Kazan. 2e classe option confort avec petit dej servi au lit (si, si !) et pseudo douchette dans les toilettes, Ras.
En revanche, j’ai beaucoup aimé Kazan, son Kremlin, ses bords de rivière, sa rue piétonne. Gros potentiel touristique, fièrement exhibé, sauf au musée d’histoire, où tout est en russe et où les gardiennes rébarbatives sont plus nombreuses que les visiteurs.
NB : l’office de tourisme n’est pas du tout à l’adresse indiquée par le LP, il se trouve au bout de la rue piétonne à l’opposé du Kremlin.
Dans le train pour Ekaterinbourg
C’est un autre train de nuit. En 2e aussi. Nettement plus ordinaire. Le robinet du lavabo a un fonctionnement assez surprenant : l’eau ne coule que si on maintient le doigt dessous. La petite famille Kazakhe avec qui je partage mon compartiment, elle, est géniale. Nous communiquons avec force gestes et dessins. Apprenant que je suis française, la maman appelle la sienne, qui a appris le français. Et c’est parti pour chanter « Gentille alouette » au téléphone ! J’aurais droit en partant à mon pot de 6 kilos de miel maison. Merde, que vais-je faire de tout ce miel ?
Ekaterinburg
Très pratique, cette « red line » tracée sur le trottoir et qui relie musées, attractions et sites remarquables, des plus « ordinaires » (une statue des Beatles !) aux plus intéressants comme la tour Vissotsky avec vue sur la ville depuis le 52e étage et petit musée consacré au chanteur.
Dans le train pour Novossibirsk
24 heures en 3e classe à bord de l’Express n°100. Finalement aussi confortable que la 2e. Et poste d’observation privilégié de la vie russe. Parmi mes voisins, il y a donc le Papy dormeur enfoui dans ses draps, la bavarde qui adopte illico tous ceux qui passent à sa portée, la coquette qui réussira à se faire un brushing dans le lavabo. Les mecs sont conformes à leur légende : biceps tatoués, coupe rase, pas causants… Mon voisin immédiat entame en pleine nuit un saucisson à l’ail. Du saucisson à l’ail à minuit, Igor, tu déconnes ! Sinon, les passagers sont toujours très discrets : le train est une bulle dans laquelle chacun se fait sa bulle en prenant garde à ne pas déborder sur la bulle de l’autre, sinon, ce serait invivable. Les plus délicats prennent soin de soulever le matelas quand ils viennent s’asseoir sur la couchette du dessous, histoire de ne pas salir les draps. Et par la fenêtre ? Bouleaux, bouleaux, pins, bouleaux, oh, tiens, un mélèze, bouleaux. Le tout, étonnamment, sans trace humaine. Pas la moindre baraque pendant des dizaines de kilomètres. C’est à la fois rébarbatif et hypnotique…
Novossibirsk
Etape de quelques heures, le temps d’une balade le long de l’Ob, d’une visite du musée historique (très bien fait) et d’un Lac des Cygnes de haut vol à l’opéra, le plus grand de Russie ! J’aurai même le temps de recharger mon téléphone à la gare. Sauf que, au moment où mon train est annoncé, plus de téléphone ! Je ne surveillais pas d’assez près et je ne me suis pas rendu compte que les passagers qui faisaient de même avaient déjà récupéré leur appareil pour prendre un train précédent. La babouchka auprès de laquelle j’ai fait mes provisions me fait comprendre que c’est la police qui l’a ramassé. En effet, un gars en un uniforme finit par me rendre mon téléphone. Il est parfaitement au courant que je prends le train 008H pour Irkoutsk. L’appareil a apparemment été allumé et mes contacts recherchés. Je dois avoir hérité d’un gentil logiciel espion…
Dans le train 008H pour Irkoutsk
Me revoici en seconde, dans un train aussi « ordinaire » que le Kazan-Ekaterinburg. Ce qui n’empêche pas la provodnitsa d’être à fond, blonde, ultra maquillée, circulant en nuisette à l’aube. Comme quoi, l’histoire des trains dont le confort décroitrait quand leur numéro augmente est une légende, c’est plutôt une loterie. J’aurais également le 008H pour le dernier tronçon, en 3e, et dans un wagon neuf. Là, ma voisine Olga, au beau visage ruiné, parle assez bien anglais et traduit obligeamment nos conversations sur le voyage et la cuisine russe à nos deux comparses.
Le paysage commence à changer. De la forêt toujours mis aussi de la broussaille, l’Ienissei majestueux et beaucoup plus de villages que lors du trajet précédent. Le temps est aboli et pourtant, nous prendrons deux heures de décalage dans la vue. Etonnante expérience. Je lis mollement. A ce rythme, Michel Strogoff va arriver à Irkoutsk après moi !