Grand Cayman Island: entre paradis et enfer

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JE


Il suffit juste de prononcer le nom de l'île caribéenne de Grand Cayman pour que tout de suite on pense : paradis fiscal, sociétés offshore, pavillons de complaisance et transactions financières dont l’honnêteté n'est pas vraiment garantie ! C'est vrai, c'est un des aspects de cette île … mais c'est loin d'être le seul et c'est heureux !

Qu'il est bien plus plaisant d'évoquer le côté paradisiaque de ses rivages de sable blanc ainsi que sa douce ambiance tropicale. Quant à l'enfer ? en effet, il existe bien sur ce territoire insulaire, mais rassurez-vous, il n'a rien de terrifiant et aurait plutôt tendance à faire sourire. Nous y passerons entre les visites de quelques autres intéressantes curiosités qui attendent le voyageur faisant escale sur cette île.

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Découvrir une île depuis la mer me procure toujours autant d'enthousiasme. C'est aux premières heures de la matinée que la silhouette de l'île Grand Cayman nous est apparue.



Un petit jour baigné de quelques rayons de lumière se jouant de gros nuages gris, comme si une luminosité céleste voulait absolument illuminer ce coin de paradis … Quelques dizaines de minutes plus tard, les nuages auront presque totalement disparu. Chouette ! la journée s'annonce radieuse et bien ensoleillée.

Grand Cayman est une des trois îles de l'archipel des îles Caïmans, (Caïman : la dénomination française). A quelques encablures sont situées les petites îles sœurs : Little Cayman et Cayman Brac. Grand Cayman est comme son nom l'indique la plus grande de ce territoire britannique ultra marin, elle s'étire sur une trentaine kilomètres de long sur à peine une dizaine de large. L'île est ceinturée en partie par une barrière de corail, en effet le territoire insulaire est un atoll corallien dit « surélevé » … une précision, son point culminant s'élève à une vingtaine de mètres au-dessus de la mer, on ne sourit pas !

George Town dont on aperçoit les constructions est la ville principale de l'île ; en quelque sorte la capitale de tout l'archipel. 27 000 habitants y résident sur une population totale d'environ 52 000 personnes pour Grand Cayman (en 2010) et 65 000 pour l'ensemble des 3 îles des Caïmans.



Au bord des quais, le front de mer est jalonné d'établissements de restauration, de bars, de boutiques et d'un centre commercial « duty free ! », on pouvait s'en douter. Vers le centre ville, les immeubles des banques et des établissements financiers ont pignon sur rue, là aussi, ce n'est pas vraiment une surprise. Ils pullulent dans le quartier d'affaires Grand Cayman s'avère être un des dix plus importants centres financiers … au monde !

Passons le « paradis fiscal » pour se diriger vers les rivages … bien plus paradisiaques aux yeux des contemplatifs.



Certes, l'île compte une belle série de jolies plages le long de son littoral mais la plus renommée est assurément la Seven Mile Beach… et pour cause ! On y bénéficie d'une dizaine de kilomètres d'un ruban de sable clair bordé d'une mer aux joli camaïeu de bleu, ajoutez au panorama, une anse régulière qui s'étend à perte de vue, des résidences de bord de mer finalement assez discrètes et comme il se doit, des cocotiers et filaos apportant à l'ensemble une plaisante touche végétale … en un mot, le rêve ! Et privilège, nous y sommes en ce début de matinée. Le moment paraît idéal, la douce chaleur est on ne peut plus agréable, les rayons du soleil ne brûlent pas encore et surtout Il n'y a pas foule ... à condition tout de même de s'écarter des bars de plage et des alignements de transats.





A chacun de profiter des lieux à sa guise ... On peut tout simplement se balader les pieds dans l'eau en longeant le rivage, l'écume des vagues successives venant effacer les traces laissées par ses pas.



D'autres apprécieront d'allonger la foulée pour y faire un footing au grand air marin. Plutôt sur le sable dur, juste à la lisière de l'eau, c'est plus agréable et moins fatiguant que dans le sable sec. Ce joggeur, aux pas décidés, porte un tee-shirt rose dont la teinte s'harmonise avec le fond bleu, c'est parfait pour la photo.



Tout aussi plaisant, on peut contempler l'horizon marin sans retenue, assis sur le sable. Puis piquer une tête dans ces eaux si invitantes, à 25°C … entre deux bains de soleil ou encore s'installer à l'ombre des palmiers et s'y reposer ….



Bon, si belle soit cette longue plage et si agréable étant ces moments de farniente, on n'oublie pas l'envie d'en voir un peu plus de Grand Cayman island. Nous ne disposons que d'une seule journée sur l'île, la durée de notre escale maritime. Il est donc temps de poursuivre la découverte et de reprendre notre chemin par la West Bay road qui suit tout le littoral de la Seven Mile Beach et mène même au-delà, vers le nord de l'île. Bob, notre conducteur, est natif de l'île, il a toujours vécu sur Grand Cayman, autant dire qu'il en connaît tous les recoins et toutes les petites histoires. Il n'est pas peu fier d'évoquer la transformation de son île en nous présentant quelques unes des plus belles et/ou luxueuses résidences touristiques locales.



Et Bob de nous vanter aussi les bons investissements à saisir. Ici, les promoteurs ne semblent pas en manque de projets … business is business !



Nous passons à présent devant la Maison du Gouverneur. Une élégante bâtisse (1964) où réside donc le Gouverneur de l'île, représentant local de la Reine Elisabeth ... territoire d'outremer du Royaume-Uni oblige. Un jardin tropical côté terre et de l'autre, la plage de Seven Mile beach, on ne peut imaginer une plus paradisiaque situation.



Au-dessus du bâtiment flotte le drapeau des Caïmans : fond bleu avec dans le coin supérieur l'Union Jack, bien sûr. Quant aux armoiries de l'archipel, on peine à distinguer sur ce drapeau, agité par le vent, les trois étoiles représentants les trois îles du territoire des Caïmans. Difficile aussi de bien reconnaître la tortue verte qui figure également sur ce blason. Pourquoi une tortue sur le drapeau? En fait, elle évoque le nom de « Las Tortugas » donné par Christophe Colomb en découvrant ces îles, c'était le 10 mai 1503. Le navigateur explorateur avait été surpris par la forte densité de colonies de tortues tout le long des rivages de ces îles.

Poursuivons la balade en longeant toujours la splendide West Bay. Peu à peu, les résidences touristiques se font plus rares et laissent la place à des habitations plus modestes à l'architecture plus traditionnelle.



Un joli festival de teintes pastel pour ces coquettes maisons : des roses, des mauves, des verts pâles ou encore des bleus clairs … depuis les murs jusqu'aux fleurs qui agrémentent les jardins.



Au 2419 de la West Bay road, une maisonnette au style typique des Caïmans est devenue une vraie attraction locale. L' « Old Homestead » a été construite en 1912, elle a résisté aux tempêtes (avec un bon entretien et quelques rénovations on imagine). Elle est toute charmante cette habitation, parfois appelée à juste titre « Maison rose », avec ces murs en bois peints en rose, ses persiennes vertes, sa galerie et ses balustrades à motifs.



C'est dans ce quartier, à l'écart du centre financier et touristique, qu'habitent en fait les « vrais » caïmaniens. Bob, notre chauffeur est content de nous faire passer devant sa propre maison avant de nous arrêter, à proximité, en vue d'une petite plage. « C'est là, que j'ai appris à nager quand j'étais enfant ! » nous confie-t-il, large sourire aux lèvres.



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Et l'enfer me direz-vous ? Celui que j'évoquais en introduction … si si, on y arrive ! Nous voici maintenant au lieu-dit appelé : «Hell» (Enfer). Une pancarte souhaite à tous les visiteurs un accueillant : « Welcome » en enfer.



Mais de quoi s'agit-il au juste ? En fait, ce Hell est une étendue d'étranges formations rocheuses sombres, hérissées de pics acérés. Certains voient là des silhouettes de flammes et de terrain carbonisé … dignes de l'enfer.



Le contraste est saisissant entre les roches noires et ces tiges de plantes bien vertes qui parviennent à pousser sur ce terrain apparemment si inhospitalier.

Ces étonnants rochers situés à un kilomètre du rivage sont le résultat d'un lent phénomène d'érosion marine : stagnation de basses eaux sur le calcaire, processus physico-chimiques et action de micro-organismes … et le sol de pierre de prendre cet aspect en se teintant en noir. Voilà très succinctement résumé l'origine de cet enfer ... situé au centre d'un paradis ! La petite histoire raconte qu'il y a bien longtemps, un commissaire britannique en découvrant ce terrain lors d'une partie de chasse se serait exclamé : «It's hell ! ». Et s'il avait été américain, je suis persuadé qu'il aurait précédé cette réflexion d'un tonitruant et classique : «Oh, my God !».

Sur place, le diable est bien présent, vêtu d'une cape rouge et la tête coiffée de cornes (souples). Avouons qu'avec sa barbichette blanche et son air décontracté, il n'a rien d'effrayant … d'ailleurs, c'est tant mieux pour lui puisqu'il tient une petite boutique.



Une échoppe de souvenirs qui fait également office d'agence postale. La tradition veut que les voyageurs postent, à destination de leurs proches, une carte postale depuis ce drôle d'enfer. Mais en observant les visiteurs, on peut constater qu'à l'heure d'internet et de ses messageries, il semble que les envois (immédiats) de selfies ont détrôné les anciennes cartes postales cheminant (lentement) vers leurs destinataires !

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Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE
Grand Cayman (seconde partie)

Sur une île, petite de surcroît, toutes les routes mènent immanquablement vers le rivage. Nous sommes arrivés au nord-ouest de Grand Cayman, au bord d'une côte rocheuse avec là, des rocs plus communs qu'à Hell.



Face à la mer, un abri très couleur locale permet de profiter de son ombre aux heures caniculaires de la journée. Il est tout simple mais paraît photogénique à mon goût. Clic! Clac !

Tiens, à propos de goût … à quelques pas de là, un petit établissement propose à la vente quelques spécialités locales dont le fameux Rhum Cake des Caïmans. Une des saveurs emblématiques de l'île.



A l'intérieur de l'échoppe, quelques parts de ce gâteau sont offertes à la dégustation … histoire de vous convaincre d'en acheter en guise de souvenir. Un cake au rhum, plus cake que baba très imbibé. Ma fois, plutôt plaisant au palais.



Sur un écran vidéo défilent les images de la fabrication de cette pâtisserie traditionnelle et sur les étagères, ce sont des centaines de boîtes qui attendent les acheteurs. Il y en a vraiment pour tous les goûts avec de multiples parfums : banane, chocolat, café, cannelle, citron … bon, à vrai dire, j'ai un faible pour la préparation classique ! Pour celles et ceux qui veulent expérimenter d'autres saveurs de l'île, on peut se procurer aussi des épices comme la fameuse sauce jerk ; mais là attention, finie la douceur sucrée des cakes car le jerk, que c'est pimenté !

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Vous l'avez peut-être remarqué sur la photo des Rhum Cakes, sur les boîtes hexagonales figure la marque : «Tortuga», illustrée par le dessin d'une caravelle toutes voiles dehors … une référence à Christophe Colomb, le découvreur de l'archipel des Caïmans et aussi au nom donné à l'époque aux îles «Las Tortugas» (Les tortues).

Et voilà le moment de parler des tortues vertes devenues une des principales attractions de Grand Cayman. Beaucoup de visiteurs se précipitent vers le Cayman Turtle Center situé au bord de la côte, au nord de cette West Bay. Un centre créé en 1968, dans un premier temps pour palier au risque de disparition de l'espèce dont le nombre de spécimens était à l'époque en forte baisse. Un objectif de préservation de l'espèce mais aussi avec un souci de rentabilité, on élevait alors dans les bassins des tortues dont la destination était de finir dans les assiettes … le sujet est vite devenu polémique.

Actuellement, au Turtle Center, on évoque toujours la protection et l'étude des tortues vertes, mais l'établissement fait surtout la part belle aux visites de touristes. Certes, on peut y apprendre beaucoup sur ces sympathiques animaux marins à carapace, le lieu est parfait pour les observer de très prés. Mais où le bât blesse, on peut également toucher les tortues, les sortir hors de l'eau et les porter à proximité de son visage pour faire d'«originaux» selfies ! Cela plaît bien sûr aux visiteurs, mais qu'éprouvent les pauvres tortues ainsi manipulées ? Là encore, il y a sujet à polémiques.



Décorant un mur, cette fresque bien réalisée met en valeur une autre attraction touristique de Grand Cayman : les raies, abondantes dans les eaux cristallines bordant les Caïmans. A Stingray city, on peut nager avec les raies. En bateau on gagne un banc de sable, un haut-fond où les raies ont pris l'habitude de venir saluer les visiteurs ... pas étonnant, les accompagnateurs les récompensent en nourriture ! Nager auprès des raies, les observer et les prendre en photos mais aussi les caresser en évitant de trop les tripoter !

Et pour finir, à propos des animaux de l'archipel des Cayman …. je me suis posé la question : y aurait-il un quelconque lien entre ce nom de Cayman et l'impressionnante espèce de crocodiles ? Eh bien, non, cela n'a rien à voir ! Précisons d'abord qu'en anglais un caïman (animal) se traduit par caiman. En fait, Cayman n'évoque pas un animal mais un homme. Un certain Cayman Cushing, un prisonnier de l'île qui se serait illustré par une rocambolesque évasion, déjouant la surveillance de ses matons. En reconnaissance de cet exploit, on aurait ainsi donné son nom aux îles de l'archipel … enfin, c'est ce que raconte la petite histoire.

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L'après-midi se termine et il est temps pour nous de regagner George Town en reprenant la route, mais en sens inverse.





En ville, sur les quais et dans les commerces c'est un peu la ruée des croisiéristes avant qu'ils ne quittent l'île, l'heure des emplettes bat son plein. Un dernier coup d’œil au front de mer en rejoignant le port d'embarquement. Dans la rade, les bateaux de croisières attendent leurs hôtes.



Cette journée d'escale nous aura ainsi permis d'avoir un bref mais particulièrement séduisant aperçu de Grand Cayman ... dont la silhouette s'éloigne peu à peu alors que nous voguons au large vers d'autres horizons.

JSM – Grand Cayman – Janvier 2019.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
LI
" ce ne peut être que la fin du monde en avançant " A.Rimbaud
JE
Merci Lillie pour ce commentaire. Seven Miles beach ... une superbe plage comme celle de Varadero à Cuba comme tu le fais remarquer. Cependant, à Varadero, j'ai le souvenir de bien plus d'hôtels alignés en bordure de baie. A Grand Cayman c'est moins construit dans ce secteur mais il n'y a pas l'ambiance (musicale) de Cuba !

Bien d'accord, une petite maison de style tropical avec galerie terrasse en bord de mer ... même toute simple, c'est le rêve, sauf lors des tempêtes.

Jean
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
ME
Bonjour Jean,

Assez rare un carnet sur les îles Caïmans, j'étais vraiment plongé dedans et ça m'a donné envie de découvrir plus [:)]

Ca m'a l'air assez petit comme île comme tu l'as mentionné je pense qu'on en fait rapidement le tour
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
JE
Merci Jérémy pour cette visite et ce message en retour.

En effet, cette île est séduisante avec ses splendides plages et bien d'autres choses à découvrir sur place ... mon récit ne présente que quelques curiosités, il y en a d'autres à découvrir, dans l'île ou dans les eaux bordant les rivages, même si l'île n'est pas très grande.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
ME
Jean,

Si j'ai bien compris, tu y as fait escale lors d'une croisière ?

Je me demande si les billets d'avion sont chers et si on peut les combiner avec d'autres îles sans se ruiner [:)]
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
CB
Bonjour, Nous sommes en escale d’une journée en juillet , en famille (4 adultes et 3 enfants de11, 6 et 2ans. Je cherche à organiser nos escales (Jamaïque, îles Cayman, Cozumel, Nassau, Porto Rico, saint Thomas, Saint Martin. Vous parlez d’un chauffeur. Comment l’avez vous trouvé? Combien vous a coûté votre journée ? Avez vous des infos, des adresses mails afin de me permettre de joindre des chauffeurs/guides ? Merci Cbht01
FL
Bonjour Jemaflor Merci pour ce Magnifique reportage sur Grand Cayman ! Je n'ai plus qu'à suivre votre itinéraire lors de mon escale en février 2020 Cordialement Marie-Joséphine
MI
En 2011 j’ai volé d’une île à l’autre : Jamaïque > cayman > cuba > Mexique. C’était super. Durée 5 petits mois [:p]
JE
En 2011 j’ai volé d’une île à l’autre : Jamaïque > cayman > cuba > Mexique. C’était super. Durée 5 petits mois [:P]

Beau programme que ce périple d'île en île dans les Caraïbes jusqu'au Mexique ... Merci pour le passage et ce message.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE
Bonjour Jemaflor Merci pour ce Magnifique reportage sur Grand Cayman ! Je n'ai plus qu'à suivre votre itinéraire lors de mon escale en février 2020 Cordialement Marie-Joséphine

Merci MJ pour ce sympathique message. Belle escale en février prochain à la découverte de Grand Cayman, une plaisante visite.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
ME
Beau programme effectivement [:)] Sinon il faut trouver un bateau
Il faut se perdre pour trouver l’introuvable, sinon tout le monde trouverai l’introuvable.

Jack Sparrow
MI
Merci à toi. Tu nous a fait un beau carnet rempli de belles photos. J’ai bcp aimé y traîner mes tongs

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