On avance et les premières barrières métalliques apparaissent, puis les boutiques aux devantures protégées par des plaques de bois. Les sifflets et les cornes de brume retentissent, les stands de plats à emporter et de boissons tiennent le pavé. Nous sommes le dernier dimanche du mois d'août, et comme tous les ans depuis quarante cinq ans dans ce coin de l'ouest de Londres, c'est le Carnaval de Notting Hill!
Ça doit faire quinze ans que je rêve d'y aller et aujourd'hui et demain, c'est la fête!
Le Carnaval de Notting Hill, c'est la plus grosse manifestation de rue d'Europe, et le deuxième carnaval le plus fréquenté dans le monde après celui de Rio. Historiquement, la présence importante d'émigrés de Trinidad dans le quartier a favorisé la naissance de ce qui est devenu une fête pétaradante dédiée aux Caraïbes, les West Indies selon la terminologie de l'Empire britannique. Concrètement, le quartier est bouclé par les bobbies, la circulation est interdite, et les sound systems statiques ou mobiles peuvent envoyer un max de décibels. Les sound systems mobiles sont installés sur des chars (en fait des camions poids lourds débâchés), sur lesquels les djays ou les musiciens animent leur groupe de "masqueraders", déguisés, décorés, paillettisés, qui s'agitent dans tous les sens, chantent et crient en suivant la procession. Tous ces chars suivent un parcours d'environ 5km, qui ferme littéralement le quartier, et passent devant le jury, qui élit chaque année la meilleure "Mas", le groupe de masqueraders. Et dans ce périmètre fermé, on trouve les sound systems statiques, c'est-à-dire installés à un endroit bien défini, à un coin de rue, devant un immeuble, à un carrefour. Ça c'est le cadre général, après il faudrait ajouter les 300 stands de bouffe, les toilettes "portables" publiques, et plus d'un million de personnes bien décidées à profiter de cette boîte de nuit à ciel ouvert, gratuite et permissive, de 9h à 19h. Si on n'est pas agoraphobe, ça réchauffe le coeur de voir tout ce monde éparpillé et polyglotte venir prendre un bain de foule dans la fumée des poulets marinés en train de griller.
Les sound systems (plus d'une centaine en tout) jouent le son des Caraïbes : les steel drums de Trinidad, la Soca, du Dancehall, mais aussi du Drum'n'Bass et de l'électro. Et bien sûr du reggae! Et plus particulièrement du gros dub londonien! L'idée c'était de venir se chalouper au milieu des enceintes monstres, les vibrations dans le corps, la basse dans le ventre et la grosse caisse dans les cordes vocales! J'ouvre les yeux à nouveau, tout le monde bouge autour de moi, je suis en sueur, mes pieds, mes jambes, mes bras, mes mains et ma tête bougent au rythme des réverbes d'Aba Shanti I, seul devant sa console et son unique platine vynile. Plus loin c'est Channel One qui fait danser la foule. Il y aussi Jah Observer, ou Gladdy Wax à quelques rues de là. Pour l'occasion, c'est pas plus mal de s'arsouiller un peu avec des choses qui se fument et/ou qui se boivent.
Le jour décline tranquillement, on finit dans un sound system de House. Marrant comme ambiance, avec des mômes qui se trémoussent, des passants, des gens arrivés là par hasard ou au contraire des afficionados venus des quatre coins de l'Europe. Les bobbies sonnent la fin des festivités à la tombée de la nuit, histoire d'épargner le sommeil du voisinage, et aussi de contrôler le plus possible les débordements éventuels, qui ont parfois été virulents par le passé. Je dois dire qu'ils m'ont impressionné, ces bobbies! Présents un peu partout, aimables et avenants, et toujours sans arme à feu, ce qui laisse songeur au vu de l'attirail de notre maréchaussée bleu-blanc-rouge. Bien organisés, ils bloquent même parfois certaines rues, quand l'affluence est trop importante devant un des sounds, et ce sont eux qui régulent les allées et venues entre le Carnival et les rues adjacentes.
Forcément, après tout ça, on est un peu cassé, à moins de boire un peu plus, histoire de tenir encore quelques heures. Cependant, mieux vaut s'économiser pour la journée de demain! Mais quand même, je suis pas revenu à Londres depuis longtemps : une petite sieste et c'est reparti, direction le centre ville by night. À part se mettre quelque chose au fond de l'estomac, cette petite expédition m'aura convaincu sur un point : les petites anglaises en talons/minijupe pétées à la bière ne sont pas un mythe! J'en ai vues un petit paquet du côté de Leicester Square! Au-delà du cliché, c'est pas vraiment joli joli faut dire. Ça sent un peu le vautrage sur le pavement, heureusement que les copines sont là pour relever la ptite lady...
Le lendemain, je refais le plein de bon son, les chars et les Mas se succèdent, dont certaines mémorables, comme Chocolate City, dont les masqueraders se badigeonnent de chocolat liquide! Ton voisin sent le chocolat fondu! Chaque île défile en délégation, les filles et les garçons remuent leurs corps en cadence, les plus coquins s'abîment dans des contorsions lascives et explicites (je vous la fais soft, notez). La foule est encore plus dense que la veille, les rues se remplissent de détritus divers, les files se rallongent devant les toilettes publiques au rythme où les canettes de métal se froissent, l'heure du train approche, il est temps de rentrer... Rendez-vous l'année prochaine!







A little sneak peek?














I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, the Nishiki Market:







Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.








But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.























Ooooooooh, giants!
Oh, how I love them! In the North, we have lots of these giants, like Reuze Papa and Reuze Maman in Cassel, or Gayant, Marie, and their children Binbin, Jacquot, and Fillon in Douai, and many more.
What’s more, the Ducasse of Ath is remarkable for its age and local roots; a procession was first mentioned in 1399, and today the many musical groups are still local (Ath and surrounding towns). The event is extremely popular: a good part of the population is there, all generations mixed together. Everyone knows the groups, floats, and giants, and each has their favorite! Originally, religious groups paraded, illustrating episodes from the Bible or the Golden Legend. Gradually, the parade became secular and kept evolving by adding new giants, historical figures, or allegories linked to local history (Ath, Belgian Hainaut, Belgium).
To wrap up this long introduction, know that the Ducasse of Ath lasts several days, but the highlight is the highly codified procession that takes place on the 4th Sunday of August (actually, the procession passes twice, once in the morning and once in the afternoon).


It’s followed by a human giant on stilts: "Saint Christopher of Flobecq," holding a flowered staff and carrying Christ on his shoulders (this time, not a real child!). It appeared in the 19th century, then disappeared from the procession before being reintroduced in 1976.







Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.