Bonjour Sdanneaux hé oui vous avez raison, cette joute verbale est des fois dure mais c'est vrai il n'a pas tort et disons que pour moi je n'ai fait qu'une compilation de choses négatives de cette belle province car oui je le dis c'est superbe ici mais que l'herbe n'est pas plus verte ici qu'ailleurs (ou inversement). Mon intérêt n'est pas de dénigrer le Québec mais seulement de dire qu'il y a des choses que j'aurai voulu qu'on me dise avant afin d'y être vraiment préparé. Soit dit en passant, aujourd'hui j'y vis et je ne me plains pas plus (sauf pour le permis à payer chaque année désormais, mais bon, ce côté raleur c'est bien la marque culturelle du français non ?)
Mais pour répondre à votre question il faut avouer que M. Harper a réagi très tardivement. Il y a deux jours encore il disait "pas de souci le Canada est solide face à la crise financière" et hier il a injecté plusieurs dizaines milliards de liquidité dans l'économie !!! cherchez l'erreur !!!
Le problème en ce qui me concerne c'est que je cotise pour le REER (c'est à dire une caisse pour ma retraite) et que cette argent est placé en bourse !! Aye !!! Hé oui j'ai perdu...remarquez avec un REER on est obligé de mettre son argent dans les mains d'un courtier...j'ai donc perdu...mais mon courtier m'a donné un espoir, lisez la suite c'est lui qui me l'a envoyé. Je ne sais pas si cela vous suffira mais bon c'est tout ce que je peux vous donner... c'est un peu long mais la situation est telle que je pense que cela vous sera utile. Bon courage pour la suite et bonne immigration si vous venez, vous verrez une fois les pièges évités, on sy sent pas mal du tout. Allez je vous laisse bonne lecture et au plaisir d'échanger peut être plus tard...
Récemment, il serait difficile de ne pas remarquer que le marché des actions démontre de sérieux signes d'anxiété, causés surtout par des problèmes liés au secteur financier américain. Il serait donc de mise de prendre un peu de recul et d'analyser la situation.
Comme plusieurs investisseurs étaient déjà au courant, on s'attendait à un repli du marché des actions, à la suite de quelques bonnes années où les rendements ont été supérieurs aux normes historiques. La légère correction qui avait débuté à l'été 2007 ne s'était guère avérée assez sévère; mais voilà que depuis deux semaines, on a les deux pieds dedans.
Que ce soit le 11 septembre, l'implosion de la bulle technologique, la crise de dette russe, une guerre, il finit toujours par se produire un événement qui vient atterrer les marché des actions. La baisse drastique permet d'enclencher les engrenages qui vont venir purger les excès du système. Cette fois-ci, le coupable c'est le marché du crédit américain. J'essaie par la présente d'éclairer la situation.
Durant le dernier cycle d'expansion économique aux États-Unis, les taux d'intérêts ont chuté à des niveaux historiquement très bas. Tellement bas, que pour plusieurs, les taux d'emprunts négligibles sont devenus irrésistibles. La société de surconsommation était omniprésente. Les gens empruntaient pour se procurer des biens, des services et de l'immeuble. Avec des taux d'intérêts si bas, de plus en plus de ménages pouvaient se permettre l'achat d'une maison. Quand de plus en plus de gens s'achètent des maisons, les prix augmentent. Quand les prix augmentent, les banques et autres institutions financières consentent plus de prêts. L'appétit des banques pour réaliser des profits a atteint un sommet quand on vit apparaître des emprunts à taux accrocheurs (teaser-rate Mortgages), des emprunts amortis sur 40 ans, des hypothèques sans mise de fonds (No money down) des hypothèques à intérêt seulement (interest only payments). Il y avait même des prêts consentis à des gens sans emploi: les fameux NINJA loans (No Income-No Job- Approved) Quand l'apogée de l'arrogance fut atteint, on avait tous les ingrédients pour une bulle spéculative.
Alors les fameuses banques américaines se retrouvaient avec plein d'hypothèques entre les mains. Mais peut-être y avait-il une façon de s'en départir ? Si on appelait nos cousins les courtiers en valeurs mobilières, afin qu'ils achètent ces hypothèques, en rassemblent plusieurs dans un portefeuille, et qu'ils revendent ces produits à des investisseurs qui ne peuvent se contenter du faible taux offert par les produits garantis. Oui, bonne idée. On a baptisé ce nouveau processus la désintermédiation des emprunts.
Les courtiers ont vite réalisé qu'ils pouvaient remplir leurs poches en amalgamant ces titres de dettes et en les revendant. Un marché s'est développé pour ces instruments financiers, des variations du concept ont fait surface, on leur a introduit du levier financier et des produits dérivés ont été créés. Par contre, ces produits comportaient quand même certains risques, alors, idée brillante, on pourrait les garantir. Pour une prime, naturellement, les compagnies d'assurances étaient prêtes à indemniser les investisseurs qui achetaient ces paniers d'hypothèques. Tout le monde voulait être de la partie... presque, tout le monde.
Et finalement ce qui devait arriver, arriva: soit que le taux de croissance de l'économie se mette à ralentir, soit que le prix du pétrole franchisse des nouveaux sommets, soit que les taux d'intérêts se mettent à grimper. Toujours est-il que plusieurs Américains se mettent à faire défaut sur leur paiement d'hypothèque. Ouch !
Maintenant, une des drôles caractéristiques d'un actif est la détermination de sa valeur. En immeuble, une propriété vaut ni plus, ni moins, que ce que le prochain acheteur est prêt à payer pour ladite propriété. Mais s'il n'y a plus d'acheteur, car tous ceux qui pouvaient se permettre une résidence en ont une, et même ceux qui ne pouvaient pas vraiment se le permettre, en ont une... Qui achètera ??? Et si les paiements d'hypothèques ont cessé... Comment évaluer les hypothèques, les propriétés, les portefeuilles de placements hypothécaires, les indemnisations à payer ??? Belle sauce !
Là, c'est le temps de passer au cash ! Le marché reconnaît le problème et le processus de désintoxication commence. Fannie Mae et Freddie Mac, parmi les plus grands créanciers américains, sont placés sous la tutelle du gouvernement. En ce qui a trait aux courtiers en valeurs mobilières, Lehman Brothers se place sous la protection des créanciers (déclare faillite) alors que Merryll Lynch se fait acquérir pour des pinottes par Bank of America. Et du côté des assureurs, AIG, doit être soutenu par le Trésor américain. Ce n'est pas beau à voir et ce n'est probablement pas fini. Les responsables devront payer le prix pour leurs sottises.
Le scénario ressemble étrangement à la débâcle qui a suivi l'effondrement de la valeur des titres de technologie au début des années 2000. On nous annonçait la fin du capitalisme, des problèmes économiques, l'apocalypse quoi. Mais nous avons survécu, tout comme nous survivrons la prochaine fois qu'on nous annoncera la fin du monde. Certes, le processus est brutal, mais nécessaire. Les compagnies affaiblies par cette crise vont peut-être périr, les plus fortes vont survivre et l'industrie des services financiers américains resurgira, restructuré, mais plus fort.
Certains dans l'industrie ont résisté aux attraits de la folie, ils ont attendu patiemment, ont bâti leur réserve liquide et sont maintenant prêts à saisir les opportunités qui se présentent aux joueurs solides et bien financés. Les decisions qu'ils prennent aujourd'hui rapporteront pendant plusieurs années et le fruit de leurs efforts sera éventuellement reflété dans le prix de leurs actions. Ce qui m'amène à la question du jour: comment tout ceci affecte nos portefeuilles ?
Pour débuter, je suis fier de pouvoir dire qu'aucun de nos clients ne détenait dans nos portefeuilles des fonds qui se spécialisaient dans l'industrie financière américaine. Règle générale, nous recommandons à nos clients des portefeuilles diversifiés où l'impact d'une telle crise sectorielle est minimisé. Il sera toujours important de ne pas avoir tous nos oeufs dans le même panier. Plus particulièrement cette fois-ci, il était sage d'avoir diversifié géographiquement et par secteur.
Évidemment, quand les marchés sont en état de panique, comme nous avons vu récemment, tout baisse (the selling is indiscriminate). Par conséquent, le prix des financières canadiennes et européennes baisse en même temps que celui des américaines; pas nécessairement avec la même envergure, mais le prix baisse tout de même. Heureusement, les banques canadiennes et européennes ont tendance à être plus conservatrices dans leurs opérations, nos ratios de capitalisation sont fixés à des niveaux plus élevés et notre exposition au marché hypothécaire américain est faible ou non-existant . Le prix de nos financières devrait donc récupérer beaucoup plus vite que chez nos voisins du sud.
Et heureusement que le domaine des placements nous offre beaucoup d'avenues pour diversifier. L'industrie des services financiers américains doit se restructurer et elle passera un mauvais quart d'heure, mais d'autres industries fleuriront. Comme exemples, je pense aux soins de la santé et à l'infrastructure. Vos gérants de fonds sont présentement en train d'évaluer les opportunités qui nous sont offertes dans des secteurs tels que les sources d'énergie alternative, l'approvisionnement en eau potable, les ponts, les routes à péage, la télécommunication, la biochimie, l'équipement médical, les centres de soins et santé et la liste continue. Je ne crois surtout pas que nous allons arrêter de vieillir parce qu'un type exécutif à New-York a été congédié.
On peut aussi trouver des opportunités de diversification dans le type d'actifs que nous détenons. Les Bons du Trésor et les obligations gouvernementales ont toujours représenté un fort pourcentage des portefeuilles équilibrés. Rarement sexy, ils sont là pour soutenir la valeur du portefeuille quand les choses vont mal et pour tamiser le risque de nos placements. Nous les apprécions beaucoup aujourd'hui.
Finalement, je crois que nous avons à notre service une excellente équipe de gestionnaires professionnels de placements. Ils ont déjà vécu de telles expériences, et comme nous, ils en verront d'autres. Pour certains, les temps qui courent sont épeurants; pour nos gestionnaires, ils sont opportuns. C'est le temps de trouver des petites mines d'or parmi la ferraille tassée de côté. J'ai récemment vu, entendu ou parlé à plusieurs de nos portefeuillistes. Je dois admettre que je suis impressionné par l'adhérence à leur discipline de base qui leur permet de dénicher des titres sousévalués, ainsi que par la conviction qu'ils ou elles démontrent envers les titres qu'ils choisissent d'ajouter à nos placements.
Je suis très confiant qu'à moyen et long terme, le marché se stabilisera et qu'il réassumera sa tendance vers la hausse. Cependant, à plus court terme, c'est-à-dire pendant les prochains mois, je m'attendrais à une autre ronde ou deux de volatilité comme ce que nous avons vu récemment, mais je m'attendrais surtout à des excès de pessimisme de la part des médias. Quand on garde la perspective, les corrections sont normales et feront toujours partie de la cyclicalité des marchés... tout comme le soleil qui se lève à l'est et qui se couche à l'ouest. Nous n'avons pas de contrôle sur le marché, nous pouvons juste contrôler nos réactions envers ce dernier.