Mariage malais
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This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
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Il y a quelques semaines, j’avais été invité au mariage d’une jeune Malaise que je connais pour raisons professionnelles. Deux copains Chinois qui connaissent bien la mariée, et invités eux aussi, m’avaient proposé de me joindre à eux pour y aller. En route, pendant que la voiture avalait les 200 kilomètres pour nous rendre au « kampung » (village) de la mariée, à partir de Kuala Lumpur, j’avais été étonné que leur discussion se déroule en Mandarin. Sans comprendre un traitre mot au Mandarin, j’en reconnais assez facilement les sonorités et sais le distinguer d’autres langues chinoises. Curieusement, mes compagnons, qu’ils sont tous deux de dialecte Hokkien, trouvaient plus pratique de parler en Mandarin, parce que, m’expliquèrent-ils, l’un étant de la côte ouest et l’autre de la côte est de la Malaisie, leurs versions du Hokkien sont un peu différentes. Cela me laissait rêveur : imaginez qu’un Marseillais et qu’un Lillois préfèrent parler en Latin (supposons qu’ils l’aient appris à l’école, de même que les Chinois en Malaisie apprennent le Mandarin dans des écoles privées), plutôt que de parler Français car, diraient-ils, leurs versions du Français sont un peu trop différentes…..

Il était impossible de ne pas aborder le sujet des relations entre les différentes communautés de la Malaisie. Mes deux compagnons Chinois me dirent qu’il y a 20 ans ils auraient hésité à franchir les démarcations intercommunautaires, et à se rendre à ce genre d’événement dans un « kampung » malais.

Nous trouvons la maison au bord d’une petite route et il y a du monde. Les femmes sont vêtues de longues tuniques plus ou moins comme à l’ordinaire et sont coiffées de leurs hijabs. J’en vois même une qui porte un voile lui cachant la face, ce que je n’ai vu que rarement à Kuala Lumpur et, si je ne me trompe, que porté par des visiteuses venues du Golfe. Cette femme plus couverte que la moyenne tient une fillette à la main qui ne peut guère avoir plus de 6 ou 7 ans, elle aussi portant le hijab. Assez souvent, pourtant, ce n’est que quand les filles atteignent leurs 10 ans et quelques qu’elles portent le hijab. Quelques rares femmes ont les cheveux découverts, mais il n’y a pas l’ombre d’un doute, ce sont des Malaises elles-aussi. En dehors de moi-même et des deux Chinois, il n’y a ici que des Malais. Ces femmes qui ont gardé leurs cheveux découverts ne semblent pas avoir le moindre problème à cela. Cela me permet de me rendre compte que les jolies Malaises existent-elles-aussi…. Je me demande dans quelle mesure le milieu environnant n’exerce pas une pression sur ces femmes, pour qu’elles aussi se couvrent les cheveux.

Quant aux hommes, ils portent aussi bien les tenues les plus ordinaires que des « baju » (chemises) plus cérémonieuses, souvent coiffés de ces calots de feutre noir si typiques de la Malaisie (et de l’Indonésie) et ceinturés de tabliers d’apparat par-dessus leurs pantalons. Ces tabliers que portent les hommes sont des « songket », des brocards tissés à la main, en soie ou en coton, dans lesquels on incorpore des fils d'or ou d'argent qui donnent un effet de scintillement. Le mot « songket » en malais signifie d’ailleurs «broder avec un fil d'or ou d'argent». Par contre, je ne vois pas un seul batik. Un détail qui ne manque de me frapper, ayant tant été habitué aux batiks superbes de l’Indonésie, que ce soient les chemises portées par les hommes (et immanquablement chaque « jour national » de la semaine) ou les sarongs magnifiques, où traditionnellement le marron et l’indigo dominent, portés par les femmes dans les « kampong» (et non « kampung») de Java. Mais je crois que l’art du batik, bien que revendiqué par la Malaisie (tourisme oblige), appartient en fait et véritablement à l’Indonésie. Il est certain, toutefois, que la culture malaise accorde une place importante aux habits et aux textiles, révérés comme des attributs de beauté, de pouvoir et de statut social.

J’ai un peu de mal à prendre de bonnes photos, la foule limite mes mouvements et je suis conscient d’avoir à garder une certaine distance de mes sujets afin de conserver le naturel de la situation. Je ne veux pas qu’ils posent. Cependant, à examiner mes photos par après, je me suis rendu compte du nombre de fois que les gens avaient remarqué mes manœuvres – je ne pouvais bien sûr pas passer inaperçu, faisant tache comme le seul non Malaisien sur les lieux – et m’avaient fixé du regard alors que je les prenais en photo. Moi qui espérais pouvoir prendre mes photos en douce!

(la suite à plus tard)
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cette 5-ème photo ne voulait absolument passer avec le premier message. Voici donc les hommes!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Dès notre arrivée et sans rien demander à personne, les Chinois me disent « Allons manger ! ». Trois larges auvents ou chapiteaux ont été installés sur le terrain assez spacieux qui entoure la maison. Celui des hommes, à l’entrée de la maison, celui des femmes, plus loin à l’arrière, et celui qui a été mieux décoré et visiblement aménagé pour les invités d’honneur, également à l’entrée. Nous nous dirigeons naturellement, et humblement, vers celui des hommes. Il y a un choix classique de plats malais. Je prends du bœuf « rendang » et quelques autres « sauces » que je n’arrive pas à identifier mais qui, je l’imagine, vont donner du goût supplémentaire, tout ça sur une grosse pile de « nasi putih » (riz blanc), et accompagné d’un verre de boisson fruitée. Nous trouvons une place où poser nos assiettes à l’une des longues tables. « Allons nous laver les mains ! », me disent les Chinois. Dans la cour, là où les gens vont se débarrasser de leurs plats, une fois finis, et jeter les restes, il y a des citernes d’eau pour se laver les mains.

Tout le monde mange avec les doigts. Il n’y a aucun couvert, sinon des cuillères pour manger les desserts. En avant ! C’est comme en Inde, on se sert des doigts comme de cuillère et on essaie de ne pas trop laisser tomber de choses à droite et à gauche, et c’est un art que de ne pas se salir les doigts. Je fais de mon mieux, et je sais que quoiqu’il arrive, je prendrai garde à ne pas me lécher les doigts, ce qui passerait sans le moindre doute comme une rustrerie.

En face de moi, quelques hommes …. Quelques regards …. Pas un mot …. Pas un sourire….. Sont-ils embarrassés, timides, pas trop heureux de me voir ici ? Certes, tout le monde ne parle pas si bien l’Anglais dans le « kampung ». Je finis par briser la glace en souhaitant « selamat makan » au vieil homme à l’air très digne qui est assis juste en face de moi. Lequel finit par m’adresser la parole : « Arabic ? » me demande-t-il ? Je lui dis que non, je ne suis pas Arabe, et que je ne parle pas Arabe. « Muslim ? » enchaîne-t-il. « Non », réponse toute simple, claire et factuelle. Cette interrogation ne part pas obligatoirement d’un mauvais principe (j’accorde le bénéfice du doute), les gens ont bien besoin de reconnaître un peu le terrain, pour voir où nous pourrions nous rencontrer, si on peut dire. Mais je reconnais cette manie de vouloir cataloguer les gens : les Musulmans à droite, les autres à gauche. Toujours est-il que c’est un homme d’une très belle allure, au visage éclairé par un beau sourire, serein plutôt que joyeux, faisant contraste avec les mines plus fermées de la plupart des autres. Je me trompe peut-être, mais je sens comme de la réserve, sinon de la méfiance. Ces gens n’ont pas l’habitude de voir débarquer des non-Malais, et encore moins encore des étrangers.

On m’invite à manger ce qu’ils appellent du riz gluant, enveloppé de feuilles que je n’arrive pas à identifier (palmier ou manguier ?). Trois ou quatre de ces petits paquets sont liés ensemble pour former une sorte de grappe. Ils appellent ça du « tamaï » ou « tapaï » ou qqc dans le genre. Je m’attendais à une friandise de riz gluant tel que je la connais en Thaïlande ou au Cambodge, légèrement sucrée et cuite sur feu doux dans un tube de bambou, que je trouve très bon et satisfaisante - ça remplit bien la bouche et ça garnit l’estomac - et ça existe d’ailleurs en Malaisie (où on appelle ça du « lemang » si je ne me trompe). Mais en fait c’est du riz légèrement fermenté, le sur équilibrant le sucré, et je ne trouve pas ça tellement bon.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Le rendang était très bon et l’une des « sauces » était vraiment délicieuse, faite de petits fruits non identifiés et légèrement pimentée. En fait, cette nourriture n’était que très légèrement épicée, comparée à tant d’autres expériences dans la région. Ayant fini de manger et ayant une fois de plus lavé nos mains, les Chinois et moi-même sommes conduits à la maison. Des gens se reconnaissent, on s’étonne moins de ma présence, et on nous invite à entrer dans la maison pour rendre visite à notre amie Malaise, la mariée. L’entrée de la maison a été délimitée par une arcade fleurie, et un tapis rouge mène à la porte d’entrée, où nous laissons bien sûr nos chaussures. Immédiatement à l’entrée, on a érigé un canapé blanc, couronné d’une nouvelle arcade fleurie d’énormes roses artificielles. Plusieurs bouquets de fleurs bleues, mauves, roses et blanches ont été arrangés sur le sol, de part et d’autre d’une petite table sur laquelle je reconnais un petit service à thé. Cet agencement un peu rustique ne manque cependant pas d’élégance, et sait être plaisant, joyeux, tendre et intime tout en étant formel. C’est là que la cérémonie du mariage se déroulera.

Nous montons un escalier, et je remarque en passant comme la maison est fraîche et d’une propreté immaculée, et nous arrivons à la chambre de la mariée. C’est une chambre agréable, spacieuse et climatisée qui donne sur le devant de la maison. Là aussi, la note « rose bonbon » domine, du tapis de couleur crème agrémenté de fleurs rouges et roses aux rideaux bleu mauve auxquels de grosses fleurs artificielles bleues et blanches ont été suspendues. Pour ne laisser aucun doute sur le caractère festif de l’occasion, une rangée supplémentaire de fleurs multicolores a été coincée entre les tringles de rideaux et le plafond. Une autre rangée de fleurs posées sur le grand lit tout blanc leur fait écho.

La mariée a été bellement maquillée et elle est somptueusement habillée, d’une tunique longue brodée de motifs floraux, rehaussée de brillants. Son hijab sort complètement de l’ordinaire. Rien à voir avec le hijab de tous les jours que je trouve plutôt assez triste, celui-ci ferait honneur à une princesse dans les meilleurs films de fantaisie. Elle est installée sur son lit, entourée d’amies. Leurs tuniques décrivent un arc-en-ciel pastel qui s’accorde parfaitement au reste de la chambre. (J’ai pensé qu’il serait plus convenable de masquer les visages de ces jeunes femmes sur la photo que je joins). Elle doit passer des heures entières à se faire photographier par toutes ses connaissances ! Elle nous voit sur le pas de la porte et nous fait un joyeux sourire, souligné par le « V » de la victoire qui pour une raison qui m’a échappé jusqu’ici semble être le signe de ralliement de tous les Asiatiques qui posent pour une photo. Puis c’est à mon tour de poser, assis sur le lit à côté d’elle. On m’y a poussé à vrai dire, car j’éprouvais une petite hésitation à le faire. Eh ! L’étranger non-musulman, assis tout seul sur le lit nuptial à côté de la mariée Malaise ! C’est le genre de photo qui ferait jaser, non ? Mais je plaisante, tout ça se passe en toute décontraction et dans la meilleure humeur.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
N’ayant eu aucune réaction jusqu'ici, je vais changer de cap. Avant d'aller plus loin dans mon récit sur ce mariage Malais, je vais un commentaire sur la « connaissance d’un pays ». Grand sujet, immense débat ! Mais quelques lignes seulement ici, et après, je vous le promets, je reviendrai sur le mariage Malais.

Il y a des gens qui peuvent vous faire une thèse de 50 pages sur l’histoire, l’architecture, la gastronomie, les plages, les ruines, les hôtels, les je-ne-sais-pas-trop-quoi-d’autre d’un pays donné, forts de leurs guides, de leurs lectures et de leurs voyages répétés. 😇 Mais savez-vous à quoi on reconnaît la « véritable connaissance » d’un pays ?

Et bien, c’est à un détail comme celui-ci : une enquête récente a révélé que les Malaisiens (les hommes) ont les aisselles les plus odorantes au monde. 😕 En Anglais, pas de chichis, on le dit bien « les plus puantes ». Les mâles de ce beau pays auraient la réputation d’avoir des dessous de bras à faire une concurrence sérieuse aux insecticides les plus performants. L’ennui, c’est qu’il n’y a pas que les mouches qui tombent raides quand ils lèvent leurs bras et font se propager leurs effluves … L’explication serait que plus de la moitié d’entre eux n’utilisent pas de déodorants, une explication que je trouve suspecte, pour ne pas dire fumeuse 😉, car je suis sûr qu’il y a bien d’autres pays où les gens n’utilisent pas trop ce genre de produits corporels sans « fouetter » pour autant.

http://video.malaysia.msn.com/watch/video/study-malaysia-ranks-1-in-the-world-for-stinkiest-armpits/1noue9jwm
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Redevenons sérieux!

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Dehors de nouveau, j’ai l’occasion de bien étudier la foule environnante. Je trouve que les hommes sont dans l’ensemble moins corpulents qu’ils ne le sont souvent en ville. Sans doute les gens dans les kampungs ont-ils su garder un minimum de leurs bonnes habitudes alimentaires. Mais je remarque cependant que les cornets de glace ont beaucoup de succès auprès des femmes, et ce ne sont pas les grassouillettes qui manquent, assises sur des fondements imposants !

Au risque de simplifier, je note deux réactions quand les gens prennent conscience de ma présence. Il y a ceux qui me sourient et puis il y a ceux qui me fixent du regard, le visage fermé et j’ai même l’impression qu’ils ont alors les lèvres pincées et que leur regard ne manifeste pas l’accueil le plus chaleureux, bien au contraire. Est-ce de la gêne ? Est-ce le rejet de l’intrus, et peut-être même du non-musulman ?

Mais il y a ce groupe de femmes, au milieu de la cour, pressées autour d’une table sur laquelle des desserts ont été disposés. Elles ont l’air très gentil et bon enfant, et me font des sourires charmants et taquins. 🙂 Elles m’offrent des gâteaux et – encore – de ce riz gluant en fait fermenté, le « tamaï » ou « tapaï », qui semble être une spécialité du coin. J’arrive à faire l’impasse sur les gâteaux mais elles me pressent une grappe de « ta-machin » et la courtoisie m’oblige à ouvrir un de ces petits paquets et à en manger un. L’attention des femmes s’est momentanément portée ailleurs, j’en profite pour discrètement poser le reste de la « grappe » dans un coin.

Je remarque quelques hommes portant la même chemise rouge brun, bariolée, ainsi que ce chapeau de feutre noir typique de la Malaisie et de l’Indonésie. Cela fait un peu uniforme, aussi je m’approche d’eux et leur demande de quoi il en retourne. Aucun ne parle Anglais et mon Malais est insuffisant. Mais ils me font comprendre par gestes qu’ils sont les musiciens de la fête. Je prends quelques photos de ces gars sympathiques vers l’arrière de la cour, sur fond de végétation.

Ce chapeau de feutre noir est inspiré du fez qui avait été adopté par les Ottomans en 1830 et qui par la suite s’était propagé en Asie du sud-est, où on en fait mention pour la première fois en 1840. Ça s’appelle un « songkok » en Malaisie et un « peci » en Indonésie, et il est devenu la coiffure nationale des hommes dans ces deux pays (les musulmans du sud des Philippines et de la Thaïlande le portent également). Les hommes le portent normalement avec leurs vêtements traditionnels (leur « baju melayu » en Malaisie), et lors de cérémonies, que ce soit les mariages, les enterrements ou les fêtes musulmanes, et de fait le « songkok » est associé avec l’Islam en Malaisie.

En Indonésie, Sukarno l’avait popularisé dans les années 1950-1960 – son « peci » tout noir ressort bien sur les timbres indonésiens de l’époque, à son effigie. Mais Sukarno avait alors donné au « peci » des connotations plus séculaires. N’oublions pas qu’il était surtout un nationaliste avec des penchants communistes marqués, et que de plus il sortait notoirement des normes sociales : ce génie avait réussi à se marier 9 fois, dont plusieurs fois en parallèle au su et au vu de tout le monde ! 😇 N’oublions pas non plus que, quand il avait introduit les cinq principes du « pancasila » en Indonésie, en 1945, pour donner un fil idéologique directeur à son pays à l’aube de l’indépendance, il avait réussi à exclure la mention explicite de l’Islam du cinquième de ces principes. Dans la vision de Sukarno, les Indonésiens sont des gens spirituels et religieux, mais essentiellement tolérants vis-à-vis des pratiquants d’autres croyances. En conséquence, ce dernier principe du “pancasila” affirme la croyance en Dieu, et que toutes les religions sont traitées sur le même niveau d’égalité. Je me sens personnellement conduit à tirer mon chapeau (justement) à Sukarno pour ce tour de force. Il ne reste pas moins que la liberté de croyance s’arrête là : il est illégal d’être athée en Indonésie.

Pour revenir en Malaisie, le « songkok » est donc devenu le symbole de l’homme Malais, et être Malais équivaut officiellement à être musulman. En Malaisie, que ce soit à l’assemblée législative (Dewan Undangan Negeri) de l’un des 13 états ou à l’Assemblée Nationale (Dewan Rakyat), tout homme est tenu de porter le « songkok » pour se conformer au code vestimentaire de l’assemblée. En juin 2008, un parlementaire Chinois s’était fait sortir de l’assemblée de Johor parce qu’il ne le portait pas …. 😠
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ça n'intéresse personne?
JO Jouki Veteran ·
si si! un ptit compte rendu d'un mariage en malaisie interessant!!! a te lire, on peut en deduire que le sourire des gens ici n'est pas trop dans leur gene...ou comme tu le dis, sont timides ou ta venue ici ne leur plait pas!!!....

et pourquoi avoir masquer le visage des femmes asises sur le lit et non les autres photos????

on attend la suite, avez vous dansé plus tard??? je suppose que l'alcool n'etait pas de la partie???😉
voyager est un mode de vie, un art de vivre...

http://willvoyagesandlife.overblog.com
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bien, au moins 1 personne d'intéressée! C'est comme dans la Bible, s'il n'y a qu'un Juste dans la ville, on ne détruira pas Sodome (ou Gomorrhe, ou qqc dans le style) 🙂.

Tes questions:

"le sourire des gens ici n'est pas trop dans leur gene...ou comme tu le dis, sont timides ou ta venue ici ne leur plait pas"

Cette question mérite une page entière. Je ne peux pas te dire "c'est à cause de ceci ou de cela", je n'ai que des perceptions. Disons que oui, premièrement, ce ne sont pas les sourires généreux et étincellants de la Thaïlande; que deuxièmement, ces gens ne sont pas du tout habitués à voir des étrangers chez eux (on est ici loin des sites classiques, îles Perhentian, Melaka, Penang et autres); que troisièmement, à mon humble avis, ce sont des gens un peu trop imbus d'eux-mêmes et de leur qualité d'être Malais et musulmans.

Si je peux me permettre, quand on est chez les Malais, on ressent un léger .... malaise! 😉

Cela n'empêche qu'on a droit aussi à de beaux sourires. C'est quand-même l'Asie!

"pourquoi avoir masquer le visage des femmes asises sur le lit et non les autres photos????"

Excellente question. Car cette photo montrait directement mon amie Malaise qui m'avait invité et je ne veux pas l'exhiber sur le net. Plus, les Malaises ne se voilent pas complètement (sauf exceptions rares, dont une sur une de mes photos .... je vous gâte vraiment, sur VF!), mais je préfère garder une certaine discrètion à l'égard de ces jeunes femmes photographiées d'un peu près. On m'a accueilli, je respecte les gens de la manière qui me semble appropriée.

"avez vous dansé plus tard??? je suppose que l'alcool n'etait pas de la partie???"

Je ne suis pas resté trop tard, j'ai quitté les lieux après la venue du marié et la cérémonie de mariage à proprement parler. Les Chinois qui m'accompagnaient m'avaient fait signe que c'était peut-être le moment de partir, ce qui me semblait également être le cas. Je ne sais pas si les gens ont dansé plus tard, mais si c'est le cas, certainement pas dans le style "discothèque"!

Pour ce qui est de l'alcool, bien entendu pas une goutte, tu plaisantes!

Sinon, j'ai encore 1 ou 2 pages à écrire plus quelques photos. Il faut me donner quelques jours car je n'ai pas que ça à faire! 🙂
JO Jouki Veteran ·
on attend la suite....😉
voyager est un mode de vie, un art de vivre...

http://willvoyagesandlife.overblog.com
AS Asia7 Globetrotter ·
Moi aussi çà m'interresse mais pas eu le temps de tt lire je garde çà bien au chaud 😉😉 merci de ce récit, continuez!!!
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci Fabienne! 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Donc, voici la suite.....

.....

Heureux d’avoir fraternisé avec les musiciens, je reviens vers le devant de la cour. Je suis un peu désœuvré, aussi je cherche la compagnie de mes copains Chinois, que je retrouve assis à l’une des tables sous le chapiteau plus « cérémoniel ». Je m’y installe pour bavarder avec eux, prenant la chaise libre au côté d’un homme âgé, vêtu simplement mais d’allure digne.

Les gens ne sont pas très bavards avec moi, je dois dire, toujours cette ambigüité entre timidité, réserve, arrogance larvée (???), ou modestie (???). Nous sommes loin de l’exubérance verbale qu’on trouve assez souvent chez les Chinois. La curiosité est peut-être ce qui finit par pousser cet homme à m’adresser la parole. Il me demande « comment se fait-il que je sois arrivé ici ? ». Est-ce une marque de surprise …… ou de désapprobation ? 😮 Mais il devient vite clair que je suis ici de bon aloi, connaissant la mariée et introduit par les Chinois (qui eux naviguent dans ce monde comme des poissons dans l’eau). L’homme nous pose les questions usuelles, la première étant si nous sommes déjà mariés. « Sudah kawin », « Je suis déjà marié », réponse simple, la meilleure réponse peut-être car cela me rapproche un tantinet de la norme de ces gens – comment peut-on être un homme mûr et ne pas être marié ?

Mais si je croyais me tirer d’affaire aussi rapidement, il n’en est rien, car il enchaîne par cette réflexion que « C’est une situation dangereuse ». Réflexion qui fait sourire les autres gens autour de la table, mais je ne suis pas trop sûr si c’est parce que je représente un danger pour la communauté – peut-être vais-je me trouver une jeune fille et déguerpir avec 😠 – ou plutôt parce qu’il y aurait des chances qu’une femme me jette le grappin dessus 😇. Mais je crois plutôt qu’il s’agit d’une plaisanterie légère et aimable. Toujours est-il que cette discussion est curieusement laissée là, suspendue en l’air avec toutes ces implications possibles, parallèles, qu’on préfère ne pas expliciter pour plutôt les laisser se dissiper dans les sourires. Sourires pas trop prononcés, d’ailleurs, à peine effleurent-ils le visage des gens. Cette modestie, ou discrétion, est bien particulière.

Si je m’étais trouvé dans une telle situation quelque part en Thaïlande, j’aurais eu droit à des sourires francs et complices de la part de tout le monde autour de moi, et j’aurais sans doute eu à repousser les avances ouvertes d’une ou deux femmes, sans la moindre inhibition dès le départ mais de plus aiguillonnées par l’alcool. Les gens en auraient été tous pliés de rire et à surenchérir sur les plaisanteries. Mondes tellement différents….

L’homme se lève et nous salue de la façon la plus courtoise qui soit. 🙂 Quelque chose me dit que je viens de rencontrer l’un des hommes les plus respectés du village.

..................

Pas de photos cette fois-ci. Je chercherai plus tard (j'en ai encore), mais là, comme disait un ami Anglais, "it's beer o'clock", c'est l'heure d'aller prendre une petite bière 🙂 ... surtout que je dois m'entraîner pour la fête de Songkran dans une semaine! 😉
DE Dennis Globetrotter ·
....bravo, très intéressant....

....la suite ?
TH Thevert7 Regular ·
Bonjour Georges ;)

Merci pour ce récit, en attendant la suite ...
TA Tarimakasih ·
très intéressant, on attend la suite. Juste une question, c'est la première fois que tu rencontres des malais au delà de kl ?
"Fait comme l'abeille qui se pose sur la fleur, elle ne retire que le nectar."
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour!

Comment vas-tu?

Merci de te manifester (et aussi merci a Denis, une ligne plus haut).

Tu vois, je suis maintenant très curieux de savoir comment un étranger musulman aurait été reçu et comment il quelles auraient été ses impressions.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
"kembali!" ... ou "sama sama!" (en réponse à ton pseudonyme 😉).

Ta question est très judicieuse. Oui, c'est la première fois que je rencontre "vraiment" des Malais en dehors de KL. ("vraiment": c.à.d. pas en tant que touriste, ce n'est pas du tout la même chose). J'ai rencontré pas mal de Malaisiens auparavant, en dehors de la Malaisie, mais c'étaient tous des Chinois, et ils n'ont pratiquement rien à voir avec les Malais.

Par contre, j'ai travaillé 2 ans dans un bureau avec une Bruneïenne, musulmane et portant le hijab. Les Bruneïens sont (à très grande majorité) des Malais. Une jeune femme fine, amusante et d'abord agréable, modeste et discrète.

Tout ça me fait me rendre compte que d'avoir des rapports professionnels avec qqn (comme avec cette jeune Malaise qui m'avait invité à son mariage), cela brise la glace et qu'alors les différences culturelles, erthniques, religieuses etc... s'estompent. Nous sommes tous des humains après tout! Mais c'est de personne à personne.
MA Madog Veteran ·
Hello Georges,

Quand J'étais dans le Perak je formais des jeunes gradués, ils m'invitaient tous à leur mariage j'en avais presque tous les wk-end, donc j'en ai vite eu mon overdose, 😄 Eh oui on finit par se lasser de tout, j'avais pensé un temps faire un fil comme toi pour raconter mon expérience mais bon par manque de temps et aussi car il est difficile pour ceux qui vivent pas sur place, donc encore moins pour les touristes de passage de comprendre la complexité des relations interculturelles en Malaisie. Merci pour ton récit, ce qui est intéressant dans les mariages comme dans la vie de tous les jours en Malaisie c'est la diversité culturelle, le choc des cultures. J'ai fait des mariages chez les malais, les chinois, les indiens, les matsalais 😉 ben comme tu peux l'imagier c'est totalement différent par leurs propres coutumes et cultures et c'est là que la vrai magie opère. J'espère que tu auras également cette chance dans un futur proche et tu viendras nous raconter...😉 Je pourrais en faire un livre mais le courage me manque...MDR! J'ai aussi 3 amis français et suisses qui se sont mariés avec des malaisiennes, donc convertis à l'Islam.(L'un va pas sans l'autre...😕 Et je peux te dire que c'est le + souvent bien loin des clichés qu'on peut s'en faire...🤪 Au final on va de + en + vers une société mixte, multiculturelle le fameux citoyen du monde...😏 J'ai pu me rendre compte dans tes récis que tu te posais bcp de questions, c'est pas un reproche, 😛 les locaux s'en posent bcp moins, je peux te l'assurer c'est + souvent de l'innocence, de la curiosité, de l'étonnement que de l'hostilité, ici les gens restent très "zen" le + souvent, la grosse lacune c'est plutôt au niveau de l'éducation à mon avis. Allais un bon séjour en Malaisie et encore bcp de découvertes enrichissantes.😉
Don't be famous....be useful... Being happy doesn't mean everything is perfect. It means you've decided to see beyond the imperfections."
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'ai pu me rendre compte dans tes récis que tu te posais bcp de questions, c'est pas un reproche, 😛 les locaux s'en posent bcp moins, je peux te l'assurer c'est + souvent de l'innocence, de la curiosité, de l'étonnement que de l'hostilité, ici les gens restent très "zen" le + souvent, la grosse lacune c'est plutôt au niveau de l'éducation à mon avis. - --

Bonjour Oli!

Le choc des cultures, c'est sûr. Je reprends ta dernière ligne. Si je me pose beaucoup de questions, c'est que je suis curieux et aussi que je ne vois pas trop l'intérêt de faire un récit sans essayer d'en tirer quelques angles d'analyse. Sinon, c'est le récit purement descriptif du genre "collection de papillons épinglés", on dit "c'est beau" ou "c'est pas beau" ... et on passe, oublié. Autant pisser en l'air, comme on dit!

Quant à l'innocence des gens, leur côté "zen" etc.... je m'en doute (je connais l'Asie depuis plus de 30 ans). Mais par contre, justement, pas du tout la vibration "zen" que je connais en Thaïlande (en dehors des concentrations touristiques). Mais à chacun son vécu!

Et si j'ai le temps, d'ailleurs, j'écrirai quelques pages sur la fête de Songkran, vécue du fond de l'Isaan (mon pays).
MA Madog Veteran ·
Et si j'ai le temps, d'ailleurs, j'écrirai quelques pages sur la fête de Songkran, vécue du fond de l'Isaan (mon pays).

Ah chouette, c'est une fête dont j'ai tjrs rêvé de participé dans un coin retiré de la Thailande!😉 Faudra vraiment que je reprenne le temps de passer la frontière un de ces quatre...c'est le wk-nd prochain si je me trompes pas , non? T'es dans quel coin de l'Issan?

Alors on compte sur toi pour nous faire un CR de la fête de l'eau avec tous les détails... 😎 Comme j'ai pu voir y adorent arroser les farangs 🏴‍☠️ Right?
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GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Perak, dis-tu? Tu dois vers Ipoh quelque part? La frontière n'est pas loin 🙂
MA Madog Veteran ·
Perak, dis-tu? Tu dois vers Ipoh quelque part? La frontière n'est pas loin

Par le passé j'étais à Ipoh, depuis octobre dernier je suis sur Melaka...et toi?
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TA Tarimakasih ·
Je vais bien merci, j'attends la suite avec impatience. Je n'ai pas trop bien compris quand tu dis "du fond de l'isaan (mon pays) " es-tu thaïlandais ? En tous les cas j'aimerais bien que tu nous fasses partager la découverte de ton pays et tes coutumes.

A Madog : vive la différence !!! Je suis sûre que si tu demandais à une chrétiennes protestantes ou catholique ou a une juive pratiquante on te demandera de te convertir. Ce n'est pas une spécificité musulmane je te rassure.

terima kasih
"Fait comme l'abeille qui se pose sur la fleur, elle ne retire que le nectar."
NA Namur1 Regular ·
Merci Georges de votre récit, très interesant et amusant ! J'aime la Malaysie. Cordialement
Les voyages ouvrent l'esprit
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je n'ai pas trop bien compris quand tu dis "du fond de l'isaan (mon pays) " es-tu thaïlandais ? En tous les cas j'aimerais bien que tu nous fasses partager la découverte de ton pays et tes coutumes. - --

Mes excuses, j'aurais dû être plus précis, j'aurais dû dire "mon pays adoptif" - un pays que j'adore. En ce qui concerne les coutumes, je ne peux en parler qu'en tant qu'étranger, mais cela dit je leur porte un intérêt certain et j'espère que cela passe dans mes contributions passées sur VF, dont voici les liens:

http://voyageforum.com/v.f?post=4022146;#4022146

http://voyageforum.com/v.f?post=3818933;#3818933

http://voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=3555739;page=1;search_string=Naawk;sb=post_latest_reply;so=ASC;mh=24

http://voyageforum.com/v.f?post=2365747;#2365747

"on te demandera de te convertir. Ce n'est pas une spécificité musulmane je te rassure." - -- Je peux te dire que par contre quand il s'agit d'un/une bouddhiste qu'on marie, personne ne te pose la moindre question sur ta religion et le terme "conversion" n'est jamais mentionné. Ce qui est extrêmement rafraîchissant. 😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Content de faire plaisir! 🙂
TA Tarimakasih ·
Je viens de lire la première partie sur la région de l'isan. Tu parlais "de vrais Thaïs" ceux du centre qui essaient d'imposer leur us et coutumes aux autres régions. Pourrais-tu nous expliquer cela. Parce que j'ai rencontré un jeune Malai du sud de la Thaïlande que j'avais rencontré sur KL et il me disait la même chose, il en voulait aux Thaïlandais d'avoir volé son pays et de le colonisé physiquement et culturellement. J'ai senti chez lui beaucoup de colère et de révolte. Il m'a parlé de jeunes filles et de jeunes garçons kidnappés par des mercenaires payés par le gouvernement central est-ce vrais tout cela ? Et qu'est-ce que tu en penses ?
"Fait comme l'abeille qui se pose sur la fleur, elle ne retire que le nectar."
NO Nobrul Regular ·
Hello Georges,

J'étais sûre en venant fouiller dans cette rubrique d'y retrouver un de tes récits ; j'aime beaucoup, entre autres, la myriade de détails qui émaillent tes témoignages : j'étais presque une invitée de ce mariage et j'aurais bien partagé ton repas ! Amicalement.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Et bonjour à toi Marie-Claude! Je reconnais là tes intérêts gastronomiques! Par contre, je serais bien incapable de te donner les recettes...😉
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
« Je viens de lire la première partie sur la région de l'isan. Tu parlais "de vrais Thaïs" »

Tout d’abord, il faut comprendre que « Thaïlandais » n’est pas synonyme de « Thaï ». « Thaïlandais » désigne un habitant de la Thaïlande. Comme je rentre dans les détails, j’oublie ce terme « fourre-tout ». Une autre remarque, c’est que je préfère ne pas mettre de « s » à la fin des termes ethno-culturels asiatiques. Je dirai donc « les Taï » ou « les « Lao », et non pas « les Taïs » ou « les Laos ». Par contre, comme le mot « Thaï » (avec un « h ») existe en Français, je dirai « les Thaïs » au pluriel. Tout ça peut paraître pesant, mais puisqu’on aborde un sujet compliqué, soyons clairs et précis.

Il y a des groupes ethno-culturels bien différenciés en Thaïlande. Différenciés en premier lieu par rapport au groupe principal, les Thaïs du centre du pays (phaak glaang). Mais beaucoup de ces groupes sont des sous-groupes d’une grande famille, les Taï (sans « h », le « h » a été introduit il n’y a pas trop longtemps dans le royaume de Siam / Thaïlande). Cette grande famille compte des millions de gens répartis entre le Myanmar (les Shan), le Laos, le Vietnam (premier groupe ethnique après les Kinh), et la Chine (premier groupe ethnique après les Han, et de loin car ils sont au moins 10 millions en Chine). On a par exemple des récits très détaillés de missionnaires chrétiens sur leurs voyages en Chine, qui montrent bien à quel point les Taï étaient encore bien établis jusqu’à la rivière Yang Tsé, vers la fin du 18-ème siècle et jusqu’au début du 20-ème siècle, ayant résisté jusque là à l’immense « rouleau compresseur » ethno-culturel des Han. Pour terminer sur la grande famille Taï, je crois qu’il y en a même quelques petits groupes en Inde, vers l’Assam. S’il y a un peu plus de 60 millions de gens en Thaïlande, la famille Taï doit faire pas loin de 100 millions de gens au total.

Pour revenir à la Thaïlande, le groupe « Taï » (pour employer le terme vraiment correct) le plus important après les Thaïs Centraux est de très loin les Lao de l’Isaan. Ils sont bien plus de 15 millions, sur une population totale de l’Isaan qui doit faire dans les 20 millions (je donne des chiffres approximatifs, c’est évident, mais que ce soit 15, 16 ou 17 millions, ça ne change rien à la matière). Il y a d’autres groupes ethno-culturels en Isaan mais ils sont largement minoritaires par comparaison avec les Lao.

J’ai eu droit là-dessus à des réactions vitrioliques de la part de certains membres de VF qui croient détenir la vérité ultime en ce qui concerne la Thaïlande. Je peux affirmer que les « khon Isaan » (« gens de l’Isaan ») comme on peut les appeler pour ne pas se risquer avec d'autres appellations – sont très fiers de leur identité et savent très bien qu’ils sont les cousins immédiats des Lao du Laos. Et quand on les connaît bien, il n’est pas rare de les entendre dire eux-mêmes qu’ils sont Lao. Cela ne les empêche pas d’être également fiers d’être Thaïlandais et si on leur demande d’où ils sont, leur première réponse sera de dire « Je suis Thaï / Thaïe ». Pourquoi ? Parce qu’ils sont suffisamment proches ethno-culturellement des Thaïs Centraux et qu’ils n’ont pas de dispute fondamentale avec eux.

La même chose, peu ou prou, pourra se dire, j’en suis sûr, des Thaïs du nord (phaak neuua) et de ceux du sud (phaak dtaï).

J’ai voulu donner une réponse assez complète pour éviter qu’on se disperse dans une dizaine de questions et réponses. Maintenant, il est sûr que chacun aura sa propre « vérité » (et cela ne me dérange pas). En tout cas, comme je suis un grand curieux et que je n’aime pas le travail fait à moitié, j’ai fait mes recherches et en particulier, je me suis penché sur l’histoire de la Chine car elle extrêmement déterminante en ce qui concerne la population de l’Asie du Sud-Est. Tu peux aller lire ce que j’en ai dit sur les liens suivants. Mais je te préviens, c’est un roman fleuve (le sujet le mérite) :

http://voyageforum.com/forum/peuples_chine_asie_sud_est_D2833480/

http://voyageforum.com/v.f?post=3032393;search_string=populations%20de%20l'Asie

« …. (Thaïs) ceux du centre qui essaient d'imposer leur us et coutumes aux autres régions. »

Pour faire court, il y a une politique délibérée de la part du Centre de la Thaïlande de vouloir gommer les différences ethnoculturelles existant dans le pays. J’ai vu récemment (2 mois) un exemple flagrant de propagande « nous sommes tous heureux d’être unis dans la grande famille Thaïe », par l’intermédiaire d’audio-visuel, de scénettes dont certaines représentaient des tribus des montagnes – poursuivant une vie toute faite de bonheur au sein de la mère-patrie - de chansons etc…. tout ça touchant son apogée avec la projection sur un très grand écran de la famille royale debout sur un balcon, saluant les spectateurs de la main. Les acteurs des scénettes s’étaient regroupés devant l’écran, faisant face à la salle, et nous avaient chanté une dernière très belle chanson, pour bien faire passer le message « bonheur extrême d’être citoyen ». Ces acteurs, tous jeunes et bien choisis, très beaux, certains portant des costumes tribaux. J’étais avec des amis non-Thaïlandais et nous en sommes restés bouche bée. Comme propagande, c’était magistral. Il faut avoir vécu un moment pareil pour commencer à se faire une idée….

Je vais répondre au reste plus tard.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je reviens donc à ta dernière question. J'ai dû plancher sérieux! 😇

« Parce que j'ai rencontré un jeune Malai du sud de la Thaïlande que j'avais rencontré sur KL et il me disait la même chose, il en voulait aux Thaïlandais d'avoir volé son pays et de le colonisé physiquement et culturellement. J'ai senti chez lui beaucoup de colère et de révolte»

Je ne suis pas un spécialiste des zones limitrophes de la Malaisie et de la Thaïlande. Mais je me méfierais de généraliser sur le thème « les méchants Thaïs bla-bla-bla dans le sud de la Thaïlande ». Mais qu’il y ait chez certains colère et révolte, cela ne m’étonnerait pas. Il est tellement facile d’exciter les gens en leur pompant de la propagande dans la tête. Le fait est que tout le monde n’est pas heureux de la situation présente. Je ne peux pas en dire plus.

Quant au « vol du pays », il se pourrait que les Malais aient un peu raison. Mais voyons les faits. Deux questions se posent :

(1) qui était là en premier ?

« là » ici veut dire : l’isthme de Kra et la péninsule malaise, c.à.d. le sud de la Thaïlande et la Malaisie péninsulaire jusqu’à Singapour.

Pour commencer, il y avait les « orang asli », lointains parents des Negritos des Philippines, des aborigènes d’Australie, des Papous, des aborigènes d’Australie, des îles Andaman et de quelques tribus du fin fond du sous-continent indien. Mais, malheureusement pour eux, ils ont été refoulés depuis très longtemps et n’ont pas de revendications territoriales notoires. Heureusement, sinon il faudrait chasser beaucoup de monde des pays qu’ils prétendent aujourd’hui être les leurs !

Il y a probablement eu depuis longtemps (2000 ans ? 3000 ans ?plus ?) des groupes Malais établis dans la région comprenant l’isthme du sud de la Thaïlande et la péninsule malaise. Mais ils ne formaient pas d’entité politique notoire, et de plus ils n’étaient peut-être pas les seuls habitants des lieux. Il est tout à fait possible qu’il y ait aussi eu des centres de populations apparentées aux Khmers, par exemple.

Ce qui est sûr, c’est que la présence des Thaïs ne peut être que relativement récente. À quand datent les premières infiltrations de Tai dans la région dont nous parlons ? Impossible de le dire précisément, mais cela ne peut pas remonter à mille ans, maximum. Et cela pourrait n’être qu’à partir du 13-ème siècle, quand les Thaïs ont commencé à bien s’établir politiquement en Asie du Sud-Est (plus haut, dans le centre et le nord de la Thaïlande).

(2) Qui contrôlait quoi ?

En ce qui concerne le contrôle politique de cette région, les premiers dont nous sachions qqc étaient, je pense, l’empire Khmer et peut-être auparavant le « royaume » de Funan, tous deux centrés en Indochine mais ayant un rayonnement d’influence. On ne sait pas s’il y avait une véritable occupation des lieux, selon un modèle colonial, ou s’il s’agissait seulement plutôt de contacts commerciaux.

Vers le 10-ème et 11-ème siècles, la région était essentiellement contrôlée par les Cholas du sud de l’Inde (Tamil Nadou). La région était sous la coupe de l’empire de Srivijaya vers le 12-ème siècle. Ce n’est qu’au 13-ème siècle qu’on reconnaît la première entité politique établie dans la région même - et pour être précis : à Nakhon Si Thammarat, dans le sud de la Thaïlande - il s’agit du royaume de Tambralinga. Qui étaient les gens de Tambralinga ? Étaient-ils des Malais, ou un mélange de Malais et de Khmers ? Vers la fin du 13-ème siècle, Tambralinga tomba brièvement sous la coupe des Malais de Sumatra, avant de passer enfin sous contrôle siamois / thaï. À partir de là jusqu’à aujourd’hui, le sud de la Thaïlande est resté sous contrôle thaï.

C’est au début de la dynastie Ming (15-ème siècle) que la Chine a commencé à vraiment s’intéresser à la région (les excursions navales de Cheng Ho) et qu’on entend explicitement parler des Malais au sens moderne du terme (par l’intermédiaire des Chinois, donc). Les Malais ont encore dû lutter à plusieurs reprises depuis le 15-ème siècle pour contenir les ambitions des Thaïs (qui visaient Melaka par exemple). En cela, ils ont été grandement aidés par la puissance coloniale de la Grande Bretagne. Il n’y a qu’une centaine d’années, en 1909, les Britanniques avaient encore forcé le Siam à leur céder des territoires dont il était suzerain dans la péninsule malaise, l’état de Perlis par exemple. Les Britanniques par la suite ont bien évidemment passé ces territoires à la Malaisie, nouvellement constituée lors de l’indépendance.

En résumé, c’est une histoire confuse. Je le répète, je n’en suis pas le spécialiste et donc j’ai dû oublier des faits ici ou là. Mais autant que je puisse en juger, les Malais ont une certaine justification quand ils disent avoir habité le sud de la Thailande avant les Thais. Leur grand malheur, c’est de ne pas avoir su fonder une entité politique suffisamment solide pour garder les lieux. Ils pourraient s’estimer heureux d’ailleurs d’avoir récupéré une partie du centre de la péninsule malaise, grâce aux agencements des Britanniques.

Que certains Malais revendiquent leur autonomie ou indépendance dans le sud de la Thaïlande, cela peut donc se comprendre. À mon (très humble) avis, cette situation où deux peuples différents cohabitent un espace donné serait bien plus gérable s’il n’y avait pas ce gouffre religieux, qui prête une occasion rêvée à certains mouvements pour attiser les braises et tout faire s’enflammer.
JO Jouki Veteran ·
et les malais vivant pas loin de la frontiere qui vont du cotes thai chercher de "la viande fraiche a bas prix" pour assouvir leur vices les plus horribles (lire le livre"ladybar"qui arrivent en bande et en font voir de toutes les couleurs a ces pauvres filllles allant jusqu'a leur faire boire leur urines; sont ils revoltes ou en colere eux contre les thai??????????
voyager est un mode de vie, un art de vivre...

http://willvoyagesandlife.overblog.com
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je vais continuer mon récit.

- -

Mais c’est maintenant le moment le plus important du jour, l’arrivée du marié. Il y a avec lui tout un groupe de personnes, évidemment il s’agit de sa parenté. Ils viennent juste de garer leurs voitures de l’autre côté de la route et les voici, traversant la route, avançant à pas lents, accompagnés des musiciens qui frappent leurs tambourins et chantent, scandent plutôt, quelques phrases qui semblent se répéter.

C’est un très beau cortège. Les sourires des gens sont les plus beaux que j’aie vus en Malaisie jusqu’à ce jour. Ce sont des sourires de bonheur, de joie, et de fierté. 😎 Seuls le père et la mère du jeune homme restent sérieux. Sans doute les bonnes formes le demandent-ils ainsi ? Un mariage, ce n’est pas une mince affaire ! Mais en tout cas, ils sont absolument magnifiques et quelle tenue, quelle dignité ! Celui qui ressort est bien sûr le jeune marié lui-même, un beau jeune homme habillé d’un costume traditionnel resplendissant. Je parlais de l’importance des vêtements et des textiles dans la culture malaise, en voici un superbe exemple. Il porte un « celana » et un « baju » amples et assortis, blancs et rehaussés de filigranes. Le turban noué sur sa tête est du même tissu que sa ceinture. Est-ce ce qu’on appelle un « dastar », un « tengkolok », ou un « tanjak » ?

Un large sarong rose et blanc aux motifs géométriques a été noué autour de sa taille, et un « kris » est serré dans le nœud de cette ceinture imposante. On imaginerait un prince tout droit sorti d’un film d’aventure situé vers Sandakan ou quelque autre archipel. Le « kris » est bien sûr l’un des objets essentiels de l’apparat d’un Malais. Ce sont des seigneurs, des guerriers ! Il se pourrait même que ce soit vraiment de l’or qui soit tissé dans les vêtements du marié. Et il se pourrait bien que son « kris » soit une vieille possession familiale, peut-être passée de père en fils depuis plusieurs générations. Je peux me permettre de rêver un peu, non ?

En tout cas, cela en jette un maximum, c’est le moins que l’on puisse dire ! 😎 🙂

Les musiciens se sont alignés de part et d’autre du chemin qui mène à la maison, formant une haie d’honneur. Le cortège du marié prend son temps, ne progressant que de quelques pas à la fois. Le marié garde la tête bien haute et porte son regard vers la maison de sa promise. Pas de précipitation, il faut que le moment dure ! Tant mieux, cela me permet de mitrailler avec mon appareil photo !
TA Tarimakasih ·
Bonjour George, merci pour tous ces éclaircissements je remarque tout de suite votre passion pour cette partie du monde. Je me suis un peu trompé sur vous, je vous croyez fermé et un peu orgueilleux sur les bords mais non, vous êtes un intéresse, un curieux qui respecte, et la décision de flouter les photos de la marié en est la preuve. Bravo.Votre sujet sur le mariage est vraiment magnifique continuez à nous faire partager ces moments de partage et de bonheurs ça fait du bien. Sinon combien à couté le mariage à votre amie ? Est-ce qu'il y a une dote à payer et de quel montent ?

Encore une fois terima kasih.

On attend la suite avec impatience.
"Fait comme l'abeille qui se pose sur la fleur, elle ne retire que le nectar."
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je me suis un peu trompé sur vous, je vous croyez fermé et un peu orgueilleux sur les bords mais non, - --

Ouf! Me voici exonéré de vilains défauts! 😇 Je comprends qu'on puisse penser à l'orgueil (qui n'en est pas touché un jour ou l'autre?) mais l'impression d'être "fermé", pourquoi?

Sinon combien à couté le mariage à votre amie ? Est-ce qu'il y a une dote à payer et de quel montent ? -- Questions intéressantes mais je ne peux avoir que des hypothèses. Sans aucun doute il doit y avoir une dot sous une forme ou une autre. Quant aux coûts du mariage (en dehors de la dot), je dirais dans les 1000 euros (minimum) et peut-être plus de 2000 euros? Il faut penser à tout un tas de choses du genre:

- location des costumes, maquillage de la mariée, séance de photos professionnelles la veille du mariage etc.... - location du mobilier: chapiteaux, chaises, tables. - location des 2 ou 3 "belles voitures" pour transport d'apparat. - nourriture pour au moins 50 personnes. - petits cadeaux-souvenirs donnés a chaque invité (j'ai oublié d'en parler). - cadeaux pour les "officiants" (l'imam, qui d'autre?) - divers faux-frais (nettoyage de la maison, achat de vêtements neufs pour ceux de la famille qui n'ont plus rien de vraiment convenable à porter).

Je dirais au bas mot 1000 euros, mais probablement dans les 2000 euros, voire plus. Qqn sur VF sait peut-être mieux.
TA Tarimakasih ·
Salut Georgeoz,

Et bien c'est pas trop cher je trouve comparé aux mariages en France et à ton avis est-ce que ce mariage est un mariage arrangé entre les deux familles ou non ?
"Fait comme l'abeille qui se pose sur la fleur, elle ne retire que le nectar."
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je pourrais bien me tromper de 1000 ou 2000 euros. Et puis il faut voir que le niveau de vie n'est pas le même qu'en Europe. Un bon salaire ne doit pas aller chercher au-delà de 500 euros par mois, à mon avis.

Sur la question du mariage arrangé, je n'ai aucune idée de ce qui se pratique le plus chez les Malais de nos jours. Encore une fois, je précise que je ne suis pas un spécialiste de cette région, et je suis sûr qu'il y a des forumistes qui en savent plus long que moi.

Mais dans le cas précis de ce mariage, les mariés se connaissaient depuis leur plus tendre enfance. Leurs "kampong" respectifs ne sont qu'à 1 ou 2 kilomètres l'un de l'autre. De plus, j'ai cru comprendre que le jeune homme travaille dans la même boîte à KL que ma copine Malaise (la mariée). Et enfin, vu les sourires épanouis de l'un et de l'autre, il n'y a pas le moindre doute qu'il s'agit d'un mariage d'amour. Ce qui fait plaisir à voir (en plus ils ne sont pas désagréables à voir, ni l'un ni l'autre).

Cependant, je serais étonné que les parents n'aient pas été consultés au préalable. Ce sont des communautés qui ont su garder une bonne partie de leurs traditions, et qui ont encore des valeurs solides. Pas comme chez nous en Europe. C'est mon avis, je n'engage personne!

J'ai encore une page ou deux à écrire sur le mariage. Mais il faudra patienter car je suis ciblé sur Songkran et mon village de l'Isaan dans les jours qui viennent. 🙂 😎
WO Wolflarsen Veteran ·
Salut Georges. Je viens de me lire tout ca d'une traite avec plaisir, on reconnais bien cette ambiance Malaise si particulière qui manque toujours d'un peu de fantaisie pour rendre les instants inoubliables. quelque part il y en a qui devaient compter sur toi pour mettre l'ambiance, les occidentaux on la réputation d'etre des vrais boute en train dans les fetes....Après pour leur expliquer que c'est surtout vrai avec quelques verres dans le nez, bon courage🏴‍☠️😏.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. Aristote (parait il)
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
cette ambiance Malaise si particulière qui manque toujours d'un peu de fantaisie pour rendre les instants inoubliables - -- Salut Gil! Je ne peux pas juger, cela étant ma première expérience du genre en Malaisie, mais certainement cela était loin d'avoir l'exubérance joyeuse d'une fête en Thaïlande (tu connais mes références et préférences personnelles). Je n'ai par ailleurs pas eu l'impression qu'on attendait quoi que ce soit de moi, et je crois plutôt qu'il était tout à fait normal pour les gens qui participaient à l'événemnt que l'atmosphère soit telle que je l'ai décrite.

D'autres ont peut-être eu des vécus différents en Malaisie. Pour moi, j'ai trouvé ce monde Malais assez hermétique.

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