Morocco: Four Medinas for One Enchantment
FR

Translated into English. 3 replies on this page are not translated yet and are shown in French.

GR Groschats Veteran ·

Not translated into English yet. Original French text:

Bonjour Kate, bonjour Richard !

Oh, première fois à Tanger ? Profitez en bien.
RI RichardXI Regular ·

Not translated into English yet. Original French text:

Deuxième journée : les musées de Tanger, voyage dans un passé composé

Après nous être plongés hier dans le présent de Tanger, nous partons aujourd’hui à la découverte de son passé avec notamment la visite de deux grands musées : le Dar-el-Makhzen et le Dar Niaba. Nous empruntons ce matin le même itinéraire que la veille. Montée vers la Kasbah, pause-café sur la place – « bonjour M. l’expat, ça va ce matin ? » - coup d’œil depuis le bordj sur le détroit, et descente vers le Mechouar l’esplanade toute de blanc vêtue où se situe le musée des cultures méditerranéennes dans le Dar-el-Makhzen, l’ancien palais du sultan Moulay Ismaël.

Toute l’histoire de Tanger s’étale là dans ce magnifique palais de style arabo-andalou. Un voyage dans le temps où des générations humaines, développant chacune leur civilisation se sont succédé : berbères, phéniciens, grecs, romains, arabes, européens. Mêlant leurs influences dans la paix ou la guerre. Jusqu’à ce que, comme un symbole, la vile endosse au milieu des années 20 le statut de zone internationale.

Nous déambulons de salles en salles à partir du grand patio à ciel ouvert, pavé de zelliges polychromes. Pendant que je me penche avec application sur les différentes vitrines pour tenter de comprendre la trame des temps passés, Kate préfère rester dans la grande cour pour capturer ces petites scènes de vie qu’elle adore. Ici, comme toujours dans les palais arabes, l’extérieur est à l’intérieur : nous finissons par déboucher sur un très beau jardin andalou, tout en géométrie, en fraicheur et en verdure.





Au sortir du musée la lumière qui se réfracte sur le blanc des murs de la place est éblouissante, mais l’air venant de la mer est doux, légèrement frais, et nous décidons d’aller prendre un thé sur le toit-terrasse du café qui surplombe l’esplanade, « le Salon bleu ». De plus en plus souvent les cafetiers marocains demandent si l’on désire le thé à la menthe, avec, ou sans sucre. Ce sera donc « blaa sukkar » Vue superbe depuis le rooftop, le Méchouar d’un côté, la baie et le détroit de l’autre.

Tout en promenant mon regard sur la ville je songe au nom qu’elle porte : Tanger. Un nom familier que j’ai entendu durant mon enfance sétoise en observant depuis le quai les allées et venues du ferry « l’Agadir » qui assurait la liaison depuis Sète. Ce bateau qui me paraissait immense avec son grand drapeau rouge-étoile verte peint sur la cheminée. Et ces familles marocaines qui embarquaient dans des voitures chargées jusqu’au toit. Ces gens qui avaient l’air si différents.

Tanger… ce nom me fascinait et m’inquiétait un peu aussi. Tanger-danger, et l’anagramme presque parfait du mot étrange.

Et voilà que bien des années plus tard sirotant mon thé sur cette jolie terrasse et observant cette ville étalée à mes pieds, je me sens presque chez moi.



Pour déjeuner nous repérons dans le Routard une adresse qui attire notre attention, le « Restaurant de la maison communautaire des femmes Darna » située dans une petite rue juste en haut du Grand Socco. D’après le guide, il s’agit, je cite, d’un resto associatif d’insertion économique de femmes. Une bénévole de l’association nous accueille et nous conduit dans une jolie cour intérieure à l’ombre d’un grand figuier. Nous optons tous les deux pour des sardines farcies à la chermoula, une marinade faite à base de coriandre, persil, ail, jus de citron et huile d’olive à laquelle on ajoute du cumin et du paprika.





Le déjeuner terminé, nous retournons dans la médina, rue Siaghine pour la visite du Dar Niaba, également appelé le musée des artistes voyageurs. Tout à la fois musée de l’histoire diplomatique de Tanger et musée orientaliste, il est situé dans l’ancien consulat général de France, bâti au début du XIXe siècle.

Passée la grande porte en pierre, nous pénétrons dans un vaste patio planté d’orangers et entouré d’une galerie d’arcs outrepassés à l’éclatante blancheur. Une fois encore le charme de ces maisons-palais marocaines, bâties pour repousser le brouhaha et l’effervescence de la rue pourtant toute proche, et offrir au visiteur le calme feutré d’un univers intime, opère. Les salles consacrées aux artistes voyageurs se trouvent au deuxième étage. C’est là que je découvre les œuvres d’un portraitiste espagnol dont je n’avais jamais entendu parler, Diego Marin Lopez. Le mur de la salle est couvert de ces petits portraits saisissants peints directement sur bois. Notables ou mendiants, aux regards profonds, aux traits accusés, au grain de la peau presque palpable. Une vision d’Orient, non pas fantasmée, mais vécue assurément de la part de ce peintre baroudeur.





De retour dans l’effervescente rue Siaghine, nous obliquons à droite, rue Touahine pour visiter le musée de la Fondation Lorin. Situé dans une ancienne synagogue, ce lieu cultuel est devenu un lieu culturel qui abrite un théâtre et présente une intéressante collection de photos et coupures de journaux racontant les « années folles » du Tanger des années 30 au temps de la zone internationale.

La journée s’étire, nous sommes un peu las, d’autant que Kate continue à se plaindre de maux de ventre. Un dernier thé cependant sur la terrasse du café « colón » pour profiter du spectacle de la rue. Face à nous, le cinéma Alcazar propose en séance un film sur les « Avengers ». Le Maroc fait aussi partie du village mondial. Ce soir nous resterons sagement à notre appartement. Il y aurait encore tant de choses à découvrir de Tanger qui ne nous a pas tout dit de son présent comme de son passé composé. Demain nous prenons le train pour Rabat.



RI RichardXI Regular ·

Not translated into English yet. Original French text:

Coucou Olivier ! Ça fait plaisir de te lire. J'espère que tu vas bien.

Similar discussions

You might also like