Intéressant, tous ces points de vue. Surtout, ce qui me fait plaisir, c'est ne pas y trouver de propos agressifs ou intolérants comme on en voit un peu trop souvent dans certains forums.
Je vais donc vous livrer ma petite ritournelle perso. C'est vrai que les voyages et la photo, ça nous oblige à nous poser pas mal de questions. Faut-il faire des photos ou pas? En faire beaucoup ou pas? Pour en faire quoi?
Fin des années 70, j'ai "fait la route des Indes" par la terre (traversée de l'Iran en pleine révolution...). Sur ces 7 mois, je n'ai qu'une photo de moi en Afghanistan envoyée par des Français avec qui j'avais fait un bout de route. Aujourd'hui, je me dis que c'est vraiment trop bête de n'avoir pas fait de photos. En même temps, à l'époque, c'était un peu plus compliqué qu'aujourd'hui...
Aujourd'hui, ma vie professionnelle m'empêche de partir aussi longtemps, hélas, mais j'ai au moins le privilège de partir à peu près quand je veux et où je veux pour une quinzaine de jours. Alors, au rythme plan-plan des années bab a succédé le rythme effréné des années 2000. Je me déplace en voiture de location, comme ça, je ne suis plus coincé dans les villes comme avant, je m'arrête où je veux et quand je veux. Du coup, côté matos, j'ai opté pour du plus lourd: deux boîtiers reflex (un 6 mégapixels et un 12 mp), l'un avec un zoom 15-30 (équivalent ±24-50 en argentique) et l'autre avec un 70-200 (équivalent 100-300). OK, pour se faufiler dans les ruelles encombrées d'un China Town, c'est pas toujours idéal, mais bon, faut savoir ce qu'on veut. Pour décharger les photos, j'ai opté pour un lecteur Archos 700 avec un écran de 21 cm. Je peux revoir mes photos à l'hôtel le jour même. Très utile quand on a loupé des photos du monument incontournable photographié l'après-midi. On peut y retourner le lendemain.
Comme plusieurs d'entre vous dans ce forum, je trouve aussi que la photo nous oblige à affiner notre perception. De mes 7 mois sur la route des Indes, je ne conserve que des souvenirs somme toute relativement fugaces. Et je suis sûr d'être passé à côté d'un tas de choses. Du coup, aujourd'hui, je mitraille un max. En revanche, il y a aussi des jours où je me rends compte que je n'ai fait que très peu de photos. Je ne suis pas non plus partisan du quota obligatoire. Et puis, on n'est pas toujours inspiré. Par contre, j'aime bien m'attarder sur les petits détails du quotidien dans les pays que je visite. Les monuments et les beaux paysages, c'est bien, mais comme le fait remarquer l'un des membres de ce forum, autant acheter un beau livre réalisé par un professionnel. Si je me suis donné les moyens de photographier à peu près tout ce que je veux comme je veux, je n'ai aucune prétention artistique. Je me contente donc de photographier tout ce qui semble présenter un intérêt quelconque, même si ce n'est pas très beau. Ça peut illustrer un propos, rappeler un souvenir, etc.
En ce qui concerne le matos proprement dit, j'ai remarqué un truc intéressant. Si le gros matos a ses inconvénients, il présente en revanche un atout: on est davantage pris au sérieux. Les gens pensent qu'on est un professionnel (dans ce cas-là, je ne démens surtout pas !) et du coup, on risque beaucoup moins de se faire braquer. Très utile dans des pays comme le Brésil, par exemple. Petite anecdote à ce sujet: début avril, j'étais en train de filmer les spectateurs se rendant au match de foot, à l'extérieur du stade du Castelão à Fortaleza (Brésil). Comme toujours, il y avait plein de flics autour, les troupes de choc, pour le cas où il y aurait du grabuge après le match. Je commence à discuter avec eux. À ma grande surprise, le flic en question est un jeune type cultivé. Rien à voir avec le facho balourd qu'on imaginerait. Quand je lui dis qu'on n'a pas de billet pour entrer parce qu'on est arrivé là un peu par hasard, il appelle un vendeur à la sauvette et nous voilà, avec ma femme, à entrer dans le stade accompagné par quelques gros bras des troupes de choc !! Si vous m'aviez dit il y a quelques années que 1) j'entrerais dans un stade de foot, 2) accompagné par la police militaire, inutile de dire que vous auriez eu droit à un regard peu amène de ma part.
Comme quoi, la photo et la vidéo en voyage, non seulement ça ne place pas nécessairement un écran entre nous et la populaton locale, mais ça peut ouvrir bien des portes !
Aquiceara
Photographier plus pour voir plus...