Le problème, c’est que je n’ai que 9 jours de disponible et que j’ai bien envie de faire les deux. Pour tenir les délais, il va donc falloir le faire en autonomie pour éviter de perdre du temps à rejoindre tel ou tel refuge. Cela évite, d’une part, de devoir s’arrêter à un refuge alors que la journée n’est pas terminée et, d’autre part, de devoir faire un détour pour rejoindre ledit refuge (qui ne se trouve pas forcément au niveau du sentier).
J’ai donc réalisé ce trek en autonomie, c’est-à-dire avec mon matériel de camping (tente, matelas, sac de couchage, réchaud…) et la nourriture pour 9 jours pour un sac qui pesait, au début du périple, 18 kg.
Je précise toutefois qu’en principe, il est interdit de camper dans le parc. Maintenant, une partie de l’itinéraire est extérieure au parc et de plus, il s’est avéré que certains refuges étaient complets lors de mon passage (ceux autour du Triglav notamment (Dolic, Planika, Zasavska koca na Prehodavcih…)) à tel point qu’il n’était même pas possible de dormir dans la cuisine ou la salle à manger.
Pour le GPS, il est facile de trouver une carte GPS topo sur internet.
Jeudi 30 juillet 2015 : Arrivée à l’aéroport de LJUBLJANA à 11h35. Il est possible de prendre le bus public pour se déplacer mais c’est extrêmement lent. Il est préférable de prendre un minibus qui attend en face de la sortie. Le prix dépend du nombre de personnes transportées. Celui qui peut m’amener à BOHINJSKA BISTRICA passe également par le très touristique village de BLED donc pas de problème pour que ce bus se remplisse rapidement. Cela m’aura coûté 28 €. Arrivé au village à 13h15, je remplis ma poche à eau au robinet du cimetière et c’est parti ! L’objectif est de rejoindre le refuge Zorka Jelincica (durée : 4h00), c'est-à-dire d’atteindre la ligne de crête en partant du fond de la vallée : beau dénivelé pour commencer ; Le sentier commence par traverser le village, puis un champ (il faut ouvrir un portail). Je mange un morceau avant de commencer la montée. Le temps n’est pas terrible, il y a des nuages et il commence à pleuvoir au point que mes chaussures finissent par être détrempées ;
En plus, le sentier n’est pas simple car il est argileux et donc glissant lorsqu’il est mouillé ;
Le sentier traverse une sorte de plaine d’altitude avec quelques maisons de bergers mais il n’y a personne. Je poursuis jusqu’au col mais c’est assez difficile car c’est le 1er jour. Je l’atteins à 18h30 : je décide de camper juste avant le col sur le versant est car il y a un petit espace plat (inespéré dans ce coin-là) mais c’est aussi très exposé au vent et la nuit sera agitée (vent et pluie): je ne dormirais quasiment pas…Vendredi 31 juillet 2015 : Départ à 7h30 tant bien que mal avec mes chaussures mouillées : il fait froid, il pluviote et il y a du vent ;
Je m’arrête au refuge Zorka Jelincica pour acheter une bouteille d’eau (3,5 €) car la gardienne refuse de me donner de l’eau du robinet car elle pense que je vais tomber malade. Sauf que j’avais prévu les pastilles chlorées mais difficile de se faire comprendre ;
Direction le mont VOGEL en suivant la ligne de crête : les paysages sont beaux mais le sentier est parfois compliqué avec quelques passages de varappe. A l’est, le TRIGLAV est déjà dans les nuages ;


Je monte au sommet du mont SIJA : il y a pas mal de monde car on peut y accéder depuis le village en contrebas grâce au téléphérique.

Je décide de poursuivre jusqu’au refuge de KOMNA (4h) mais c’est difficile car le sac est encore assez lourd et que les chaussures sont trempées : les cloques sont inévitables ; J’avais pensé rejoindre le refuge RAZOR au niveau du mont VOGEL mais cela oblige à faire un détour d’1h30 car il est un peu à l’écart du parcours. En plus, le lendemain, il aurait fallu remonter pour récupérer le sentier…

J’arrive au refuge à 19h30 pour demander de l’eau du robinet et je poursuis à la recherche d’un coin tranquille pour camper : j’en trouverais un peu après (avant d’atteindre le Krnskih Jezerih).
Samedi 1er août 2015 :
Je pars à 8h30 en direction de Krnskih Jezerih après avoir séché ma tente au soleil ;
Il y a un joli lac à 20 min du refuge sur le chemin du mont KRN. Atteindre ce sommet n’aura pas été simple compte tenu du poids du sac et de l’état de mes pieds ! Je l’atteins à 16h. Pour mémoire, il est parfois inscrit sur une pierre près du sentier l’inscription VODA : cela signifie qu’il y a une source d’eau à proximité ;



Le paysage est vraiment beau : de là-haut, il est possible de voir tout le massif des alpes juliennes avec le TRIGLAV en point d’orgue et le lac en contrebas ;
En redescendant, on tombe tout de suite sur le refuge du KRN gardé par un sympathique couple : j’en profite pour faire le plein d’eau ;
J’entame la descente en direction du village de DREZNICA à 16h30. C’est interminable et le chemin est parfois très étroit à partir du moment où on bifurque sur le versant nord est.
Je décide de camper dans la forêt à l’abri des averses du soir…















Lorsque j’arrive au refuge d’ALJAZEV, je vois les randonneurs de la journée rentrer chez eux mais ce qui me contrarie, c’est l’équipement qu’ils portent tous : casque et harnais de sécurité. Bon. Il existe deux chemins pour accéder au sommet en partant de la vallée. Je demande donc à une fille quelle différence y a-t-il entre les deux chemins : elle m’explique que le premier est moins dangereux que le second en s’empressant de me demander où était mon équipement. Quand elle comprend que je n’ai rien, elle me recommande de ne pas y aller… Je pose la même question à d’autres qui me font la même réponse

Je finis par entrer dans le refuge pour demander s’il n’y a pas d’équipement à vendre : bien essayé mais non. En revanche, l’un des gardiens me propose de me prêter un casque que je lui ramènerais ensuite : sympa ! ça aura été une constante dans ce voyage : l’excellent accueil des Slovènes !!!
Je poursuis enfin mon chemin pour atteindre le fonds de la vallée mais en étant tout de même un peu anxieux de ne pas avoir de harnais. Je croise alors deux slovènes sur le retour : le couple n’a pas de harnais et me dit que ce n’est pas un problème. Je m’aperçois alors que les personnes que j’ai interrogées avant sont des touristes. Je poursuis et croise une autrichienne qui me dit que c’est mieux d’être équipé mais qu’elle, elle n’a rien. Ensuite, je lui montre la carte qui figure dans Trek Magasine et le parcours que j’ai déjà accompli. Elle me dit alors : pas de problème pour toi d’aller là-haut ! En réalité, je me suis aperçu durant mon périple que pas mal de randonneurs se baladaient avec un harnais mais qu’ils ne s’en servaient jamais. Et pour cause : d’une part, cela ralenti la progression et d’autre part, il n’existe pas de câbles de sécurité sur tout le parcours y compris au niveau de certains passages difficiles.
Elle me conseille de prendre le chemin « PRAG » dont le départ commence au fonds de la vallée et qui est annoncé pour 6h.
Je pose le campement tant bien que mal (peu de zone plane) dans une petite forêt de pins. De là, je peux observer les derniers randonneurs qui descendent jusqu’à 21h passés… Il est difficile de voir par où le chemin passe tellement la paroi semble verticale.




Je prends quelques photos, admire le paysage, tamponne mon passeport (au sommet de toutes les montagnes slovènes, il y a un tampon avec parfois de l’encre pour garder un souvenir de son passage) et entame la descente








Retour à DREZNICA, aux pieds du KRN ;





En revanche, le ciel commence à se faire menaçant et je me dis que s’il pleut, la descente risque d’être très compliquée dans la mesure où les rochers vont se transformer en patinoire. J’entame donc la descente qui consiste à longer la ligne de crête parfois en équilibre dans le vide… J’arrive en bas à 16h45


































