Cherche traductions de comptines du monde d'Afrique de l'Ouest
by Nininie
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Original post
bonjour,
travaillant avec les enfants et aimant voyager, cette année j'ai souhaité apprendre aux enfants (3 à 6 ans) des comptines du monde...
Il me reste 2 chansons pour lesquelles je n'arrive pas à trouver les traductions. Il s'agit de chansons d'afrique de l'ouest:
- N Daga An Kara (soninké)
- Miambélé (wolof???)
si quelqu'un les connait et pouvait m'aider, ca serait vraiment tres gentil!!!
Merci d'avance!
Madame, bonjour !
N Daga An Kara (soninké)
Non, je ne connais pas ces chansons ... mais en ce qui est N Daga An Kara, je vous assure qu‘il s’agit en fait de la langue soninké ...
N est – comme en bambara (bamanankan), langue la plus parlée au Mali, aussi – le pronom personnel de la 1e personne du singulier, donc "moi, je". Daga est un verbe qui veut dire "aller, partir" (taa en bambara)* ; il s‘agit ici de la forme de l’accompli. Et an est le pronom personnel de la 2e personne du singulier, donc "toi, tu". Le lexème kara ou plutôt kaara signifie "flanc, côté" ou dans certains contextes "patrie, pays". Mais il a aussi une fonction adverbale, à traduire par "à côté de, vers, chez". Dans votre énoncé, il a exactement cette fonction.
En soninké, il y a aussi le lexème kara, un verbe, qui veut dire "mourir" (p.ex. sere xasen kara "une vieille personne est morte") ou aussi "casser, briser".
En résumé, N daga an ka(a)ra veut tout simplement dire "Je suis allé chez toi."
Miambélé (wolof???)
Une chanson sénégalaise ?! Si j'ai bien compris, vous n’êtes pas sûre qu’il s’agisse du wolof. Désolé, contrairement aux langues mandé (dont le soninké et le bambara), les langues ouest-atlantiques ne me sont pas très familières ...
Bonne semaine à vous, hgb
* en langue bambara, les voyelles longues sont souvent issues de la chute d’une consonne, le plus souvent l’occlusive (vélaire) g : ainsi taa "partir" provient de la forme taga, faa "tuer" de la forme faga, waati "moment, heure, temps" de la forme wagati.
N Daga An Kara (soninké)
Non, je ne connais pas ces chansons ... mais en ce qui est N Daga An Kara, je vous assure qu‘il s’agit en fait de la langue soninké ...
N est – comme en bambara (bamanankan), langue la plus parlée au Mali, aussi – le pronom personnel de la 1e personne du singulier, donc "moi, je". Daga est un verbe qui veut dire "aller, partir" (taa en bambara)* ; il s‘agit ici de la forme de l’accompli. Et an est le pronom personnel de la 2e personne du singulier, donc "toi, tu". Le lexème kara ou plutôt kaara signifie "flanc, côté" ou dans certains contextes "patrie, pays". Mais il a aussi une fonction adverbale, à traduire par "à côté de, vers, chez". Dans votre énoncé, il a exactement cette fonction.
En soninké, il y a aussi le lexème kara, un verbe, qui veut dire "mourir" (p.ex. sere xasen kara "une vieille personne est morte") ou aussi "casser, briser".
En résumé, N daga an ka(a)ra veut tout simplement dire "Je suis allé chez toi."
Miambélé (wolof???)
Une chanson sénégalaise ?! Si j'ai bien compris, vous n’êtes pas sûre qu’il s’agisse du wolof. Désolé, contrairement aux langues mandé (dont le soninké et le bambara), les langues ouest-atlantiques ne me sont pas très familières ...
Bonne semaine à vous, hgb
* en langue bambara, les voyelles longues sont souvent issues de la chute d’une consonne, le plus souvent l’occlusive (vélaire) g : ainsi taa "partir" provient de la forme taga, faa "tuer" de la forme faga, waati "moment, heure, temps" de la forme wagati.
eh bien je vous remercie héry, pour ces quelques infos sur "N daga an kara"
voila, si des fois vous pouviez (vous ou quelqu'un d'autre) m'aider à traduire le texte, je vous mets la retranscription des paroles (peut etre pas tout à fait exact...)
N daga an kara ma nié no Na lé moun y so so méni Ti ningou tim bala malé rakato ko malé rakato ko
Mou si né té lé banté té yan kounlé té lé banté
yourouli yourouli yourouli, samba
en ce qui concerne "miambélé", les paroles (courtes puisque c'est plus une formulette qu'une vrai comptine) seraient d'apres ce que j'ai pu retranscrire en l'ecoutant:
Miambélé, miambélé Miambélé ko, Miambélé ko Tamaniané
voilà, donc si quelqu'un connait le wolof, ca serait super sympa 😉
merci beaucoup!!!
N daga an kara ma nié no Na lé moun y so so méni Ti ningou tim bala malé rakato ko malé rakato ko
Mou si né té lé banté té yan kounlé té lé banté
yourouli yourouli yourouli, samba
en ce qui concerne "miambélé", les paroles (courtes puisque c'est plus une formulette qu'une vrai comptine) seraient d'apres ce que j'ai pu retranscrire en l'ecoutant:
Miambélé, miambélé Miambélé ko, Miambélé ko Tamaniané
voilà, donc si quelqu'un connait le wolof, ca serait super sympa 😉
merci beaucoup!!!
Chère Madame, bonjour !!!
Je suis très désolé de ne pas pouvoir vous aider. Vous m’avez un peu compris de travers. En tant que linguiste des langues africaines (par formation), spécialisé dans les langues mandé dont le bambara (bamanankan), le mandinka, le soninké, le maninka, le khassonké (xaasonga), le dioula (jula), le kagoro, le bozo (ses variantes kelinga ou hainyaxo, tieyaxo, sorogaama ou jenaama et tièma cèwè), etc. etc., j’ai bien sûr des connaissances, soit sur la grammaire, soit sur la typologie, de toutes ces langues. Mais je n’ai appris ni parle le soninké.
Quant à votre demande, j’ai contacté mon ami Mamadou Diawara qui est Soninké, originaire de Nioro du Sahel, lieu important du pays soninké au Mali. Malheureusement, il n’a pas pris contact avec moi jusqu’à présent ...
Pour ne pas achever de vous désenchanter ou fruster, je tiens à vous donner une autre comptine, à savoir une comptine mèèka racontée par mon ami Karim, homme mèèka de Burkina Faso. Considérez-le comme un petit dédommagement, s’il vous plaît Je m’explique : le mèèka est une langue mandé, classée dans la branche central/sud-ouest des langues mandé (ouest). Dans la littérature, la langue est souvent inclue dans le soi-disant marka*-dafing. Le mèèka n’est pas parlé au Mali mais au Burkina Faso.
Cette comptine mèèka est une comptine pour les filles et est prise dans un jeu de corde à sauter. En même temps, le jeu est aussi une compétition parmi les filles jouant ensemble : si la corde passe pour la première fois sous les pieds, la fille chante "san keren keren" (une année), si la corde passe pour la deuxième fois sous les pieds, elle chante "san fila fila" (deux années), etc. etc. A la fin, la championne est la fille qui arrive au plus grand nombre d’années sans s’emmêler avec la corde ...
San keren keren année – un – un San fila fila année – deux – deux San saba saba année – trois – trois San naani naani année – quatre – quatre San den luu année – cinq San wooro wooro année – six – six San wonwula wonwula année – sept – sept San den sii année – huit San kondon kondon année – neuf – neuf San den tan année – dix San tan ni keren année – dix – et – un (= onze) ...
Petite note grammaticale : en langues mandé, la plupart des modificateurs nominaux (adjectif, numéral, participe, pronom indéfini, marqueur de défini, marqueur de pluriel , etc.) succèdent au nom (substantif), c.à.d., contrairement au français, en bambara, on ne dit ni "belle femme" ni "trois femmes" (dans cette ordre) mais "femme belle" (muso nyuman) et "femme trois" (muso saba). Voilà ...
Si vous êtes intéressée par d'autres comptines du monde mandé, je pourrais rechercher un peu. Si oui, faites-moi un signe !
Ala ka tile hèèrè caya, hgb
* Attention : à ne pas confondre avec les Marka (ou Maraka), peuple soninké au Mali. Ce sont deux "choses différentes" ...
Je suis très désolé de ne pas pouvoir vous aider. Vous m’avez un peu compris de travers. En tant que linguiste des langues africaines (par formation), spécialisé dans les langues mandé dont le bambara (bamanankan), le mandinka, le soninké, le maninka, le khassonké (xaasonga), le dioula (jula), le kagoro, le bozo (ses variantes kelinga ou hainyaxo, tieyaxo, sorogaama ou jenaama et tièma cèwè), etc. etc., j’ai bien sûr des connaissances, soit sur la grammaire, soit sur la typologie, de toutes ces langues. Mais je n’ai appris ni parle le soninké.
Quant à votre demande, j’ai contacté mon ami Mamadou Diawara qui est Soninké, originaire de Nioro du Sahel, lieu important du pays soninké au Mali. Malheureusement, il n’a pas pris contact avec moi jusqu’à présent ...
Pour ne pas achever de vous désenchanter ou fruster, je tiens à vous donner une autre comptine, à savoir une comptine mèèka racontée par mon ami Karim, homme mèèka de Burkina Faso. Considérez-le comme un petit dédommagement, s’il vous plaît Je m’explique : le mèèka est une langue mandé, classée dans la branche central/sud-ouest des langues mandé (ouest). Dans la littérature, la langue est souvent inclue dans le soi-disant marka*-dafing. Le mèèka n’est pas parlé au Mali mais au Burkina Faso.
Cette comptine mèèka est une comptine pour les filles et est prise dans un jeu de corde à sauter. En même temps, le jeu est aussi une compétition parmi les filles jouant ensemble : si la corde passe pour la première fois sous les pieds, la fille chante "san keren keren" (une année), si la corde passe pour la deuxième fois sous les pieds, elle chante "san fila fila" (deux années), etc. etc. A la fin, la championne est la fille qui arrive au plus grand nombre d’années sans s’emmêler avec la corde ...
San keren keren année – un – un San fila fila année – deux – deux San saba saba année – trois – trois San naani naani année – quatre – quatre San den luu année – cinq San wooro wooro année – six – six San wonwula wonwula année – sept – sept San den sii année – huit San kondon kondon année – neuf – neuf San den tan année – dix San tan ni keren année – dix – et – un (= onze) ...
Petite note grammaticale : en langues mandé, la plupart des modificateurs nominaux (adjectif, numéral, participe, pronom indéfini, marqueur de défini, marqueur de pluriel , etc.) succèdent au nom (substantif), c.à.d., contrairement au français, en bambara, on ne dit ni "belle femme" ni "trois femmes" (dans cette ordre) mais "femme belle" (muso nyuman) et "femme trois" (muso saba). Voilà ...
Si vous êtes intéressée par d'autres comptines du monde mandé, je pourrais rechercher un peu. Si oui, faites-moi un signe !
Ala ka tile hèèrè caya, hgb
* Attention : à ne pas confondre avec les Marka (ou Maraka), peuple soninké au Mali. Ce sont deux "choses différentes" ...
Madame, bonjour !
Si cela vous intéresse ... une amie, africaniste (actuellement en recherche de terrain au Burkina Faso) m’a raconté une comptine dioula (jula). C’est une comptine ancienne pour les femmes qui date de la colonisation :
Les participantes se mettent en cercle, tournées vers l’extérieur sur le pied gauche. Le pied droit est replié vers l’intérieur du cercle. Chacune pose son pied replié sur celui de sa voisine de gauche. Puis on dit la comptine.
Voici le texte de la comptine :
Bine, bine, bine, Bine sakola. Madamu Diallo, Mariamu Diallo, Fatimata Diallo, ting, tong.
Au "ting, tong", toutes les femmes s’asseyent par terre. Celle qui a décroché le pied ou est restée debout se met au milieu du cercle. Puis on joue à cache-cache et celle qui est au milieu doit chercher les autres. Lorsqu’on chante cette comptine, on peut remplacer les noms par ceux des participantes ...
+++++++++++++++++++
Comme déjà mentionné ci-dessus, il s’agit d’une comptine ancienne qui date de la colonisation. Les pieds accrochés rappellent les chaînes.
Les femmes chantaient cette comptine à la clarté de la lune. Elles étaient contraintes aux travaux forcés et ne savaient pas ce qui les attendait le lendemain (si elles allaient être libres ou non) mais ce soir elles étaient libres de chanter.
Note : Pardon, je ne connais pas le mot bine, et en ce qui est sakola, je ne suis pas sûr mais il fait penser immédiatement à la mort (sa-ko-la) : en manding (bambara, dioula, maninka, ...), sa veut dire "mourir", le nom ko veut dire "chose, affaire", donc sako est "l’affaire de mourir, de la mort", et -la est, j’en suis assez sûr, le suffixe dérivatif nominal (il y en a plusieurs) dont l’emploi est très rare et qui, associé à des nominaux "non concrets", forme des dérivés également "non concrets" (p.ex. hakili "esprit" > hakilila "opinion").
Bonne journée, hgb
Si cela vous intéresse ... une amie, africaniste (actuellement en recherche de terrain au Burkina Faso) m’a raconté une comptine dioula (jula). C’est une comptine ancienne pour les femmes qui date de la colonisation :
Les participantes se mettent en cercle, tournées vers l’extérieur sur le pied gauche. Le pied droit est replié vers l’intérieur du cercle. Chacune pose son pied replié sur celui de sa voisine de gauche. Puis on dit la comptine.
Voici le texte de la comptine :
Bine, bine, bine, Bine sakola. Madamu Diallo, Mariamu Diallo, Fatimata Diallo, ting, tong.
Au "ting, tong", toutes les femmes s’asseyent par terre. Celle qui a décroché le pied ou est restée debout se met au milieu du cercle. Puis on joue à cache-cache et celle qui est au milieu doit chercher les autres. Lorsqu’on chante cette comptine, on peut remplacer les noms par ceux des participantes ...
+++++++++++++++++++
Comme déjà mentionné ci-dessus, il s’agit d’une comptine ancienne qui date de la colonisation. Les pieds accrochés rappellent les chaînes.
Les femmes chantaient cette comptine à la clarté de la lune. Elles étaient contraintes aux travaux forcés et ne savaient pas ce qui les attendait le lendemain (si elles allaient être libres ou non) mais ce soir elles étaient libres de chanter.
Note : Pardon, je ne connais pas le mot bine, et en ce qui est sakola, je ne suis pas sûr mais il fait penser immédiatement à la mort (sa-ko-la) : en manding (bambara, dioula, maninka, ...), sa veut dire "mourir", le nom ko veut dire "chose, affaire", donc sako est "l’affaire de mourir, de la mort", et -la est, j’en suis assez sûr, le suffixe dérivatif nominal (il y en a plusieurs) dont l’emploi est très rare et qui, associé à des nominaux "non concrets", forme des dérivés également "non concrets" (p.ex. hakili "esprit" > hakilila "opinion").
Bonne journée, hgb
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