La ville aux roses en pays Betsileo (Madagascar)
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
ME


Après avoir quitté Antsirabe, ‘la Vichy malgache’ du temps de la colonisation, pour prendre la direction du sud vers Ambositra, il faut empreinter la nationale sept. C’est l’axe routier incontournable permettant les transhumances touristiques en taxi-brousse bondé ou en 4X4 climatisé, pour traverser la région agricole du betsileo jusqu’à celle du grand sud, déshéritée et aride.... Cet axe nord-Sud avait fait l’objet d’un vaste projet ferroviaire éphémère, abandonné à l’aube d’une seconde guerre mondiale, gourmande en hommes et en capitaux ....

On est très vite charmé par une succession des paysages bucoliques s'entremêlant dans un patchwork de rizières en terrasses aux couleurs caméléonnes tirant du vert pomme au moment des repiquages à celui du jaune paille à l'approche des récoltes.... Les maisons en pisé ocre rouge des villages portent dans l'entrebâillement de leurs maigres ouvertures, des traces indélébiles de fumée et de suie provenant du foyer intérieur, sans cheminée existante, par tradition et par superstition….

La route, long serpent bitumeux se faufile, entre champs cultivés de maïs et de manioc, succédant à des parcelles forestières partiellement défigurées.

Les premières l’ont été à la suite d’incendies successifs et pour les autres, ce sont les coups de machettes répétés sur les troncs d’eucalyptus qui donnent ainsi cette vision pathétique d’un milieu forestier, vaste réserve en charbon de bois du pays, programmée pour disparaître progressivement…. La nationale traverse ainsi une immense plaine où les rizières remplissent l'oeil du voyageur d'un exotisme au parfum d’Asie . Cette impression est accentuée par la présence d’habitations aux toits de chaume de riz noyées au beau milieu de cette verdure, mélange de parcelles colorées rappelant les meilleurs spots touristiques .. A cet endroit bucolique, le bas-côté de la chaussée est occupé par des paysans vendant à la sauvette des légumes fraîchement cueillis et rangés méticuleusement sur des étals de fortune en attendant le client de passage … Le voyage est souvent interrompu par des contrôles routiers fréquents, transformés en péage informel. C’est une invitation discrète pour le conducteur local à glisser un billet dans les papiers présentés afin d’assurer un petit plus, au maigre ordinaire de ces vérificateurs nonchalants en uniformes à l'affût de la moindre occasion... Ils savent se montrer plus gourmands et tenaces encore, à l'approche des fêtes dépensières….



Au kilomètre 69, la route passe à côté d’un pont en béton armé, ‘Ilaka’, inauguré en 1953 et détruit en 2OO2 sous les ordres mégalomaniaques d'un ancien président, marin de formation promu amiral rouge des années noires du pays…

Ce geste belliqueux de ses partisans mercenaires à la sauce locale, n'aura servi qu'à détruire un bien collectif pourtant épargné par un climat érosif....avant d'être remplacé par un autre pont, quelques centaines de mètres plus loin, entièrement financé par une généreuse communauté européenne, roue de secours permanente, d'un certain nombre de carences locales….

Juste avant d'arriver à Ambositra, la route slalome au milieu de plantation d'eucalyptus, arbre dominant d'une ��le de plus en plus chauve, qui distille dans l'air chaud, des odeurs d'huile essentielle provenant d'un feuillage d'un vert cuivré…. La proximité de la ville est marquée par l'implantation des premières boutiques d'artisanat censées séduire le voyageur pressé de rentrer sur la capitale ou de descendre vers un sud lointain….. Une grande ligne droite séparant des grandes rizières en deux parties, annonce l'entrée de la ville où stationnent, dans un désordre coutumier, des taxi-brousses fatigués en partance vers Antsirabe et la capitale… Puis, la route empreinte un raidillon goudronné qui, à l'issue de deux virages successifs débouche sur l'artère principale de la ville. Cette voie principale peine, à certaines heures de la journée, à supporter un trafic disproportionné au regard de l'étroitesse de la chaussée conçue par un colonisateur constructeur auquel n’a succédé qu’une relève idéologique….

La ville est bâtie sur un mamelon dominant les rizières environnantes. Elle est constituée de maisons betsileo datant, pour la plupart, de cette époque coloniale dont certaines, en mauvais état, sont rafistolées de bric et de broc atténuant le charme indéniable qu’il s’en dégageait au temps de leur jeunesse perdue…

En contre-bas de la cité, des nombreux hameaux sont disséminés aux pieds des rizières où réside une majorité de petits artisans travaillant le bois à l’aide d’outils dérisoires, avec pour chacun, sa spécialité comme celle des figurines d’échec ou de la marqueterie à copie multiple voir de la corne de zébu travaillée à chaud…

L’approvisionnement en bois est devenu un véritable problème d’inquiétude pour ces artisans privés de leur matière première, liée à une déforestation des plus inquiétantes... Le bois de rose est devenu rare, extrêmement réglementé et cher, le bois d'ébène a lui quasiment disparu étant remplacé par une couche de cirage noir ou de noir de fumée sur des bois blancs...

Les bois fraîchement abattus sont travaillés sans un séchage, ni stockage préalables ce qui entraine un fendage fréquent des objets sculptés et de la marqueterie vendus..... Le meilleur d'entre ces artisans, étant sans conteste, un couple d'anciens universitaires, formés à l'archéologie, mais qui, par la faute d’une promesse non tenue pour travailler pour l'Unesco, se sont reconvertis dans la marqueterie originale et la lutherie d'une finesse élégante .

Cette agglomération est une cité paysanne tranquille du betsileo, point de passage obligé des transhumances sud et nord vivant essentiellement de ses activités d'artisanat et du travail de la terre…. Le passage de camions chargés de zébus destinés à l’approvisionnement de la capitale est journalier... Les bêtes transportées sont parqués en quinconce à l’arrière des véhicules tout en étant maintenues par des cordes pour éviter des blessures inutiles au cours de leur long transport. La traversée de la ville les contraint à l’obligation d’un arrêt à proximité de la gendarmerie pour être contrôlés afin d’en juguler, sans grande efficacité notoire, un trafic juteux d’animaux volés dans le sud…

Chaque samedi, jour de marché, la ville est prise dans un tourbillon de va-et-vient d'un monde paysan qui déferle tôt le matin en apportant ses productions familiales. Seules, les rues conduisant au commissariat de police sont réservées à cet événement, mais, il faut s'armer de patience pour avancer au milieu de ce flot de badauds bigarrés qui monopolise ces rues devenues, l'espace d'un matin, un immense marché à ciel ouvert ….

Le jour est à peine levé lorsque descendent les premiers vendeurs partis de leurs villages situés dans les montagnes environnantes à plusieurs heures de marche, en majorité des femmes par groupe de quatre ou cinq, échangeant histoires et ragots pour passer le temps d'une marche interminable….

Sur le marché même, c'est l'occasion des rencontres hebdomadaires où chacun discute avec son voisin d'un jour en disposant sa marchandise à même le sol sur des emplacements convenus à l'avance, présentée en petits tas pour les légumes ou dans des sacs de jute pour les pistaches ou le riz avec le fameux kapoka, boîte de lait vide servant d'unité de mesure….



Plus loin, des stands improvisés, sortes d'assemblages improbables en rondins de bois tordus, permettent la vente de marchandises "made in china", sacs à dos, chaussures, appareils de musique ou lunettes contrefaites….sans parler de vieilles fripes chiffonnées, commerce fleurissant issu de collectes européennes vendues au poids à des importateurs insulaires qui plombent à jamais une production locale, hier florissante mais aujourd’hui, réduite à peu…. Le centre ville est délimité à ses extrémités par deux marchés couverts Nord/Sud permettant aux habitants un approvisionnement rapide à quel endroit qu’ils se trouvent....



Un chemin circulaire encercle la ville permettant au promeneur tranquille d'observer le travail ingrat des rizières, du repiquage du riz réservé aux femmes, à celui du sarclage attribué aux hommes poussant une houe entre les plants alignés de riz déjà bien vigoureux…. Sur cette piste giratoire, dans un espace en friche et en broussailles, à quelques encablures du centre, des pauvres filles tapinent à l’affût ... En bordure de route, à proximité d'abris de misère recouverts de plastiques servant occasionnellement de lupanar champêtre, elles attendent de croiser du regard celui d'un passant, client potentiel de ces femmes sans ressources, aux destins de vie tragique, d'une noirceur absolue..

Les hôtels à touristes, au confort simple mais approprié pour un voyageur peu exigeant et pressé, sont disséminés dans la partie haute de la ville.... Avec une attention particulière pour le plus prisé d'entre eux, situé en direction d'un temple protestant, qui propose une dizaine de bungalows en bois.

Les panneaux en palissandre utilisés pour ces bungalows sont sculptés de fresques dans le plus pur style zafimaniry. Ils donnent ainsi aux visiteurs d’un jour, une impression recherchée d'authenticité de plus en plus diluée, aujourd’hui, sous les coups de butoirs d’une mondialisation envahissant même les endroits les plus discrets...

La place de la mairie est un espace goudronné planté d'un terrain de sport équipé, d’un unique côté, d'un panneau de basket fatigué dont il ne subsiste que le cercle métallique du panier… Des jeunes viennent régulièrement y disputer des parties entre copains sous le regard d'un public jeune, oisif, assis sur une tribune en béton. Cette construction domine l'ensemble du site partagé entre cet espace sportif et deux stèles commémorant l'indépendance et l’insurrection de 47, ciment historique d’une unité malgache rebelle à toute ingérence étrangère....

Tous les jours de la semaine, en fin d’après-midi, les pousses-pousse affluent sur cette place située à proximité des écoles en attendant de transporter les élèves jusqu’à leurs domiciles..... Souvent, il n’est pas rare de voir, quatre voir cinq petits écoliers monter dans un même pousse tandis que le tireur amorce le départ en prenant, sous les enthousiasmes communicatifs des enfants, des allures de courses de kermesse en dévalant la pente sous les regards amusés des passants...

Un peu plus loin, lorsqu'on redescend vers la rue circulaire commerçante, on passe devant le bâtiment neuf de l'alliance française. C’est l’unique lieu culturel où la petite bourgeoise locale inscrit ses enfants afin d’y entretenir, tant bien que mal, un bilinguisme en perte de vitesse avec une langue de Molière passée du stade culturel à celui, bien moins prestigieux d’une possible issue de secours d’un avenir insulaire fragile….

Le soir, les aboiements fréquents des chiens rôdeurs, se déplaçant dans la cité endormie au fil des longues heures de la nuit, agacent le dormeur insomniaque car ces bêtes ne mettront un terme à leur concert monotone qu'à l'approche des premières lueurs du jour ... Un panneau de béton en lettres peintes défraîchies indique "tuerie d'Ambositra", mais, il s'agit, en réalité, d'un abattoir municipal dont l’activité atypique mérite d’en comprendre son fonctionnement. A chaque aube de la semaine, d'autres aboiements de chiens très localisés succéderont à ceux de la nuit pour retentir uniquement dans la partie basse de la ville, ce sont les chiens des bouviers, chargés de rabattre les zébus depuis leurs enclos de nuit jusqu'à l'abattoir municipal, pour un ultime voyage ….

Ils s'acquittent de cette tâche avec ardeur, comme d'un jeu méritant une récompense, le droit à quelques morceaux de lambeaux de viandes chaudes lorsque ces bêtes seront égorgées. Et tout en pataugeant dans les rigoles de l'abattoir qui servent à l'évacuation de tous les liquides, ces chiens lapent le sang des bêtes égorgées pour ressortir au dehors munis de bottines rouges aux pattes et affublés d'une muselière écarlate…. Ce manège coloré dure le temps qu'un quota d'animaux abattus soit atteint tandis qu'au dehors, toute cette petite foule se presse en attendant que les employés terminent leur travail de dépeçage à l'intérieur, sous les derniers beuglements des bêtes saignées à vif…. Dans ce groupe attentiste, chacun repartira avec un bucrane, des pattes ou des sabots ainsi récupérés au profit de l'artisanat local....



Des quartiers entiers de viandes sont ainsi empilés dans les coffres de ces voitures, empêchant leur fermeture, déjà compromise à vide, pour aller approvisionner les boucheries de quartier…

A quelques encablures de là, sur la hauteur perchée, à l'abri des regards, un cimetière, abandonné aux broussailles impénétrables et au mauvais entretien évidant, laisse apparaître de nombreuses tombes de vahaza, modestes colons décédés durant l'occupation française et les premières années d’indépendance….

Avec, dans sa partie basse, une zone bien entretenue, celle d’un carré de tombes alignées au cordeau, surmontées de croix blanches aux cocardes tricolores repeintes des légionnaires français qui ont perdu la vie sur une île où l’état colonisateur s’est fourvoyé et dont certaines sont ornées du croissant musulman attestant du respect du communautarisme de chacun…..

Un ensemble de bâtisses en briques rouges entourés d’un haut mur d’enceinte jouxte ce cimetière en déshérence... Il s’agit du couvent de soeurs bénédictines, bâtiments en brique rouge d’une petite communauté d’environ vingt-cinq religieuses malgaches.. Par une porte d’entrée en tôle peinte en gris, on pénètre dans ce monastère qui tranche avec l’extérieur par un environnement joliment entretenu et une quiétude des lieux invitant à la méditation.... Cette communauté vit en autarcie avec une fabrication notoire de fromages au lait de vache mais aussi avec quelques productions maraichères provenant de leur jardin potager et de leur ferme... Elles logent les visiteurs sans aucun prosélytisme en leur proposant un hébergement simple accompagné d’une cuisine familiale qui mérite un détour pour ceux qui recherchent le calme et le silence du soir dans un lieu d’exception à l’écart d’un tourisme banalisé...



Plus loin, en empruntant une piste en direction de la partie montagneuse qui domine la ville, au pied d’un massif boisé, on peut découvrir une plantation de thé de forêt, unique production de ce type sur île....

L'appellation d'Ambositra ‘la ville des roses’ date du temps de la colonisation où les autorités locales avaient décidé de donner une image plus touristique à la bourgade en plantant des rosiers dans toute la commune…. De cette époque, il ne reste plus que quelques plants rescapés, dégénérés, qui poussent encore à l'état sauvage sur quelques talus.... La ville a abandonné son nom colonial dans les années 7O pour faire table rase d’un passé et d’une époque oubliés et révolus....

Cette ville possède de réels atouts à découvrir qui séduiront le voyageur amateur d'authenticité et de simplicité et cela, malgré sa réputation de capitale de l'artisanat qui pourrait laisser supposer, à tort, devoir supporter une importante fréquentation touristique ...

Elle a su conserver une atmosphère de terroir rizicole aux couleurs harmonieuses et douces en constituant un bel ensemble imprégné d’une ambiance bon enfant de la part de la population locale ... Et lorsqu’on s’échappe du centre ville animé, on peut entendre durant la journée, le bruit des outils sur le bois, maniés par ces artisans dans de modestes ateliers, à proximité des rizières....

Ambositra mériterait plus qu’un simple arrêt souvenir pour convenir à tous ceux qui sont à la recherche d’un bon équilibre entre campagne/ville de province avec un artisanat qui se mêle au dur labeur imposé par la culture hydraulique du riz....



C’est une pause agréable et nécessaire pour bien comprendre ce qui fait le quotidien de cette population betsileo, son charme discret avant d’aborder les paysages du sud ou de la cote est, aux environnements si différents......

Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
WI Winnetou Regular ·
Bonjour,

J'aime beaucoup cette région et c'est donc avec une réelle émotion que je viens de vous lire. La prose est vraiment belle, authentique, et les photos de qualité. Bravo ! Bonne continuation et meilleurs voeux pour 2014
BL Bluequark Veteran ·
Bonjour,

Merci pour cette description pleine de charme et de délicatesse. En la lisant, je coyais y être et cela m'a rappelé de vieux souvenirs.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
OC OcéanI Veteran ·
Très belle contribution au sujet de AMBOSITRA et de sa région, ville méconnue et que l'on se contente trop souvent de traverser..
RO Rotsaka Globetrotter ·
Merci

Des photos, du texte, des descriptions et des explications sur une région. Enfin ça fait du bien, c est beau.

Ca donne envie de retourner vers Ambositra, ville que je n'aimais pas trop et campagne itou (mais région où on peut le plus assister à des famadihana tout en écoutant un groupe de hira gasy).

Peut être suis je passé à côté.
ME Mesrob Veteran ·
Bonsoirs,

Je remercie Winnetou, Bluequark, OceanI et Rotsaka pour leurs participations actives.... Ce sujet est effectivement peu évoqué par les touristes où seul l'aspect artisanal de cette ville est mise en évidence et c'est un peu dommage et réducteur .... Cette bourgade artisane manque d'arguments pour séduire un tourisme pressé parce qu'elle demande un peu de temps sur place pour découvrir ses autres aspects cachés comme la randonnée par la découverte des villages perdus dans une nature pas encore trop abîmée et ceci à quelques heures de marche seulement du centre ville... Son handicap majeur est de se situer à quelques encablures du pays zafimaniry, beaucoup plus porteur aux exigences du touriste que cette modeste cité, classée comme unique ville à boutique à souvenirs... D'une autre côté, cela permet encore de découvrir quelques sites peu fréquentés permettant aux curieux de belles rencontres avec tout un panel d'artisans mais aussi riche en histoire locale avec certains vestiges encore visibles, ainsi que des anecdotes concernant la guerre 4O/45.... Bref, une cité faite pour un tourisme tourné vers la nature et l'histoire qui mériterait une place plus conforme à ses atouts existants.....
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
SO Solvay Regular ·
Pour vous avoir lu , Mesrob , il me vient comme un regret , comme un reproche .Souventes fois j'ai traversé cette bourgade sans jamais la pénétrer .La route nationale traverse la ville .Mais elle dessert aussi la ville tant elle présente un encombrement de voitures ou de charettes en circulation ou en stationnement . On a hate de s'extirper de ce magma .Une foule grouillante tient le pavé et ne répond pas à l'impératif du klaxon .Il faut se frayer un passage .La rue toute entière est un marché de plein vent . Le vendeur autant que le client a tout son temps . On échange longuement les nouvelles de la famille , de la ville et des champs Les prix se discutent interminablement.Le chauffeur à son volant se sent totalement ignoré . Il a hate de s'en sortir .. Il n'a pas un regard sur quelques vieilles maisons coloniales dressées sur ses piliers , aux murs dégradés et à la véranda déjà branlante.Une foule paysanne défile chargée de ballots .Elle est l'image de la misère .Vétements usés , troués , rapiécés , pieds nus . Propreté douteuse . Et les jeunes mendiants qui mendient pour leur père aveugle ou handicapé qui les accompagne !.On veut ignorer . On égare son regard .On fuit presque Grace à vous , Mesrob , grace à vos photos , à votre témoignage, c'est une autre ville plus agréable , plus sereine , plus accueillante , plus recueilli , presque bourgeoise .qui se dévoile . . : .C 'est une véritable réhabilitation de la ville à mettre à votre crédit .Et la première photo de garde est une invitation à la visitation . Cette bourgade perchée sur sa colline et qui se reflète parfaitement dans sa rizière qui la fait vivre et la nourrit , Ambositra
ME Mesrob Veteran ·
Bonsoir,

Je crois sincèrement que cette ville n'a pas l'importance qu'elle devrait mériter aux yeux des touristes..... Tout simplement parce qu'on l'a cantonnée dans le seul créneau estimé porteur, celui d'un artisanat qui s'essouffle, certes, mais essentiel, à l'activité de la ville mais un poil réducteur d'un potentiel plus étendu.... Les médias ont ainsi vulgarisé aux yeux de tous, l'univers des zafimaniry et celui des vezo dans les années 9O pour en faire un must touristique d'aujourd'hui.... Qui connaissait les tsingy au début du tourisme dans les années 60/7O ? comme aujourd'hui, il découvre l'univers particulier du makay....... Chaque endroit garde une partie de ses secrets et j'ai essayé d'inciter d'autres visiteurs à venir regarder cet endroit d'une autre manière en y consacrant plus de temps et de curiosité.....
Ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le revivre... Georges Santayana 1935
OC OcéanI Veteran ·
Il est vrai que AMBOSITRA, de même que FIANARANTSOA d'ailleurs, ne sont pas des villes qui invitent spontanément à la flânerie et au farniente.

Des villes qui apparaissent souvent comme "froides" - au propre comme au figuré - crasseuses, "endormies", un peu tristes et dépourvues d'intérêt.

Le plus souvent de simples étapes - pour le déjeuner et un peu de shopping à AMBOSITRA, la nuit à FIANARANTSOA - sur la RN 7.

Je n'y connais pour ma part personne, ce qui est une incitation de moins à m'y arrêter.

Au vu de votre "reportage", AMBOSITRA semble, une fois encore, mériter d'être réhabilitée - pour le coup, à tous les sens du terme -.

Similar discussions

You might also like