Là, je suis à contre-courrant... En vous lisant, je me rappelle une phrase cucu lue dans un roman sans intérêt : "Il n'est jamais trop tard pour vivre une enfance heureuse !"
Étudiant, à 18 ans, un confrère m'avait invité à partir avec lui pendant 6 mois pour aller en Amérique centrale. Je n'en avais pas vraiment les moyens et on attendait de moi que je termine mes études. Déjà, à 10 ans, quand le Monde s'était invité à Montréal ( expo '67 ), mon père avait refusé que j'aille voir l'étranger avec mon école. "Tu iras quand tu seras plus vieux !"
Et le temps passe, on croit avoir oublié et que les films suffisent à appréhender le monde...
Puis, le soir où le Monde devait s'arrêter de tourner ( le 31 décembre 1999... ) mon frère s'assoit près de moi. "Je pars pour 3 mois en Amérique du sud, veux-tu partir avec moi pour quelques semaines au Pérou ?" Non, ce n'est plus de mon âge, je n'ai jamais voyagé, ne suis même pas allé à New York, je ne saurai pas me débrouiller dans un environnement inconnu ! Mais, il insistait, et je me suis mis à lire sur ce pays lointain que je n'aurais jamais cru voir...
Huit mois plus tard, je rencontrais cette humanité migrante dont la vie est partagée entre deux continents, l'un qui me parle de son épouse qui ne peut le visiter là où il travaille, l'autre qui m'explique qu'elle va voir sa mère malade qu'elle n'a pas vu depuis 25 ans... Puis, on se pose à Lima, comme de purs "backpackers", sans aucune réservation de chambre, même s'il est près de minuit. Je suis dans un autre monde : le soldat endormi avec sa mitraillette près des WC, des gens dont je comprend à peine la langue. Mais, dans le bus qui nous amène à l'hotel en longeant l'océan Pacifique, je suis comme un enfant qui veut tout voir !
Depuis, chaque année, je veux voir ce qui se passe ailleurs...