Le Waitukubuli National Trail: "Après bondie, c'est la ter"

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BO


Nous avons réalisé ce trek en autonomie, c’est-à-dire avec notre matériel de camping (tente, matelas, sac de couchage, réchaud…) et la nourriture pour 14 jours. Cette formule présente l’avantage de ne pas avoir à faire de détour pour rejoindre les lodges situées à proximité du parcours synonyme de perte de temps et de tracas en tout genre mais l’inconvénient de porter un sac qui pesait, au début du périple, entre 20 et 25 kg.

Pour le réchaud, d’après l’office de tourisme, il n’est pas possible de trouver de cartouche de gaz sur l’île. Il a donc fallu investir dans un réchaud à essence dans la mesure où il n’est pas possible de transporter de cartouche de gaz en avion (même en soute).

Pour le GPS, il est facile de trouver une carte GPS sur internet mais impossible d’en trouver une avec les courbes d’altitude.

Nous avons parcouru le trail du sud au nord. Il est parfaitement balisé d’une trace bleue et jaune visible tous les 10 mètres. Les cartes téléchargeables sur le site du Waitukubuli National Trail (non topographiques) sont utiles mais le bornage figurant sur certaines (segment 7,8,9 et peut-être d’autres encore) ne correspond pas avec les bornes sur le sentier. Mais il y a des panneaux un peu partout : il suffit de suivre la flèche :



Les segments sont qualifiés de « faciles » (segment 10) à « très difficiles » (segments 8 et 9), les autres étant dits « modérés » sauf le 11 qui est « difficile ». Les temps de parcours annoncés vont de 3h (segment 10) à 9h (segment 8) mais le temps de parcours réel dépend surtout de l’état du sentier. S’il a plu dans la nuit, le sentier sera boueux, les roches glissantes et l’ensemble instable ce qui peut contrarier la progression surtout si le sac est lourd. La durée de parcours que j’indique est celle qui figure sur le site officiel et non pas celle parcourue.

Sur certains sites, il est recommandé aux randonneurs de ne pas prendre de chaussures de randonnée mais plutôt des sandales compte tenu de la nature boueuse des sentiers. Il est bien évident que ce conseil ne s’adresse pas à ceux qui portent un sac !

Le temps a été clément durant notre périple car les averses durant la journée ont été rares (seulement deux averses durant le segment 2 après le passage du col). Nous en avons eu d’autres mais nous étions alors dans la rainforest et la couverture végétale nous protégeait au point de ne pas être certain de savoir si le bruit qu’on entendait était dû à la pluie ou au vent. Les gouttes n’atteignaient pas le sol.

La nuit, les averses étaient quasi systématiques et les abris installés tout au long du parcours ont été bien utiles même s’ils ne sont pas conçus pour cela. En effet, généralement, il y a une table en bois au milieu de l’abri et parfois, elles sont scellées si bien qu’il n’est pas possible de les déplacer pour planter la tente.

Evidemment, nous sommes en milieu tropical et l’humidité est omniprésente. Même s’il ne pleut pas durant la journée, les végétaux sont recouverts de la rosée matinale et les chaussures et le pantalon sont très vite trempés. Pour les chaussures, c’est peine perdue mais pour le pantalon, le mieux c’est de ne prendre qu’un surpantalon en Gore Tex : ça tiendra durant tout le parcours.

Il fait jour à partir de 6h et nuit vers 18h.

Samedi 7 mars 2015 :

Départ de Pointe à Pitre à 8h30 en avion et arrivée à 9h à Melville Hall. Pour infos, il est possible de changer des euros contre des EC$ à l’aéroport de Pointe à pitre (2,75 EC$ pour 1 € : taux pas terrible mais ça dépanne).

A Melville Hall, le prix du taxi pour rejoindre Roseau est de 25 € par personne et non pour la course. On décide alors de demander aux autres passagers de l’avion s’ils peuvent nous déposer à Roseau. Deux français, venus pour faire de la plongée, ont loué une voiture et acceptent de nous déposer (1h de route environ). Achat du Pass (40 US$ mais possible de payer en euros) à l’aéroport auprès de l’agence de location de voiture Courtesy car rental.

Direction Scotts Head en bus (5 EC$ / personne ; la « station de bus » est facile à trouver). A Scotts Head, il est possible de trouver de l’essence (gazoline) nécessaire pour le réchaud pour un prix dérisoire (moins chère que l’eau en bouteille !).

- Segment 1 (Scotts Head – Soufrière Estate) : 4h pour 7 km (modéré).

Nous débutons à 12h30. La pente est abrupte jusqu’au plateau du crabier avec un passage « aménagé » pour contourner un pont détruit. Nous mettrons 2h30 pour atteindre ce plateau.



Cette zone abrite des bernard l’hermite.



Depuis le plateau, il est possible de voir la péninsule de Scotts Head.



La descente ensuite est facile. Notre premier contact avec la population aura été à Scotts Head : un jeune nous demanda si on voulait de la « jaja »… Le second est tout aussi sympathique : nous passons devant une maison et demandons de l’eau. Pas de problème : le type rentre dans sa maison pour chercher les glaçons et remplir nos poches à eau, complète avec l’eau pendant que sa femme part dans son jardin nous cueillir deux noix de coco qu’elle nous prépare pour qu’on puisse en boire le contenu ! La population est vraiment accueillante et ça se confirmera tout au long de notre périple.

Nous arrivons aux sources chaudes de Sulfure Estate où il existe un point d’eau potable. Nous poursuivons jusqu’au dépôt de souffre qui se trouve un peu au-dessus pour camper. Il est 17h.



Dimanche 8 mars :

- Segment 2 (Soufrière Estate – Bellevue Chopin) : 6h pour 11 km (modéré).

Départ à 7h pour une montée raide et nous connaîtront notre première averse au passage du col. Après avoir traversé le village, nous arrivons à la jonction Morpo/Picheline. Nous optons pour Picheline : le reste du parcours sera alors de la route secondaire jusqu’à Bellevue Chopin que nous atteignons à 14h30. Il y a un point d’eau juste à la fin du segment.



Beaucoup de carcasses de voitures jalonnent le parcours :



Nous entamons le segment 3 pour trouver un lieu de campement. Nous demandons à un particulier si on peut dormir dans son jardin car il est difficile de trouver une zone plane dans ce secteur. Pas de problème.

BO
Lundi 9 mars 2015 :

- Segment 3 : 6h pour 15 km (modéré).

Départ 7h pour Morne Prosper.

On découvre les premiers sentiers boueux avant d’arriver à Giraudel. On croise quelques crabes de terre.

Après être arrivés à Morne Prosper, on nous renseigne sur le chemin à suivre car nous souhaitons rejoindre directement la Vallée de la Désolation via le segment 3B.

Pour cela, il faut remonter la rue principale jusqu’au chemin forestier et poursuivre. Et c’est à ce moment qu’on se trompe car, et nous l’apprendrons bien plus tard, ce segment est plus ou moins abandonné. Lorsqu’on arrive au bout du chemin forestier, il y a une marque bleue/jaune qui nous indique qu’il faut continuer tout droit par un sentier. Nous l’empruntons : c’est un sentier qui suit une canalisation d’eau. Au bout d’1h30, lorsqu’on arrive à la zone de captage de l’eau, il n’y a plus de sentier : c’est un cul de sac. En réalité, à la fin du chemin forestier, il fallait continuer à monter (le GPS est de bon conseil à ce moment-là). Du coup, il a fallu rebrousser chemin pour récupérer le bon sentier. Arrivés dans une clairière, nous décidons de camper : il est 16h30.

Mardi 10 mars 2015 : Levés à 5h pour un départ à 6h : le chemin est facile au début avec des pamplemousses un peu partout pour étancher la soif. Mais après, c’est la galère qui commence. C’est probablement le segment le plus difficile de tous : il est hors catégorie. Le sentier est étroit, ça monte et ça descend sans cesse, chaque traversée de ruisseau implique des passages très délicats. Nous arrivons aux pieds du Morne Nichol qu’à 10h40. Ci-dessous, la photo de la fin de l'improbable segment 3B (sous l'herbe) :

On planque les sacs et on descend dans la Vallée de la Désolation en direction du lac bouillonnant.

Le sol de la vallée bouillonne car l’eau de pluie s’infiltre et remonte bouillante du fait de l’activité volcanique.

Il y a donc peu de couverture végétale ce qui tranche avec les paysages alentours. L'eau de la rivière est chaude bien sûr mais également laiteuse !

Le lac bouillonnant ne présente rien d’extraordinaire.

Retour à 13h, on déjeune 10 min et direction Titou Gorges qu’on atteint en 2h sans difficulté. Le chemin est touristique puisque c’est le seul accès à la Vallée de la Désolation qui est parcouru quotidiennement aller retour par des dizaines de touristes : il est donc aménagé et les zones boueuses sont parsemés de troncs de fougères arborescentes comme autant de marches. Arrivés à Titou Gorges, on se baigne autant pour le plaisir que pour se laver.



Nous campons sous la pergola du bâtiment d’accueil du site.
BO
Mercredi 11 mars 2015 :

- Segment 4 (Laudat – Pont Cassé) : 6h pour 12 km (modéré). Nous voulons voir les Trafalgar Falls mais nous sommes à Laudat ce qui implique de descendre jusqu’à Trafalgar. On planque les sacs puisqu’il faudra remonter. L’aller retour nous aura pris 4h. Une chance que le sentier passe près d’un pamplemoussier plein de fruits. Les chutes valent le détour.



De retour à Laudat, nous poursuivons le segment 4 pour arriver à la jonction Middelham Falls/Stinking Hole/fin du segment. Pour les chutes, il faut bien 20 min aller retour

et 40 min pour le trou puant qui ne présente aucun intérêt.

On poursuit le segment 4 direction Pont Cassé mais il s’agit de la partie non touristique : plus difficile. A défaut de pouvoir photographier le paysage, je repère les plus beaux arbres :



Sur la fin, il y a plusieurs abris. L’avant dernier est perché et donc exposé au vent sans point d’eau. Le dernier se trouve juste à côté d’une rivière : c’est là que nous camperons. Il est 17h30.

Jeudi 12 mars 2015 :

- Segment 5 (Pont Cassé – Castle Bruce) : 6h pour 12 km (modéré). Départ à 7h : il nous faudra encore 40 min pour rejoindre Pont Cassé. Le bureau du WNT se trouve à proximité mais fermé au moment où on y passe. Passés le bureau, on retourne dans la forêt et son sentier boueux mais relativement plat. A l’approche d’Emerald Pool, le sentier est embouteillé par une foule de touristes chaperonnée par des accompagnatrices qui mobilisent son groupe attitré par l’annonce d’un numéro inscrit sur une pancarte. C’est assez déroutant car le sentier du trail est très peu fréquenté sauf à l’approche de ces quelques sites touristiques.

Descente par la Carib trace qui à l’avantage d’être pavée. A l’approche de Castle Bruce, nous traversons des champs agricoles où il est possible de piquer des oranges et des mangues. Fleurs de balisiers des caraïbes :

La côte atlantique est plus exposée :

Par contre, impossible de trouver de l’essence pour le réchaud. En passant sur la route, nous repérons une maison en vente abandonnée : nous camperons dans cette maison. Il y a des oranges et des noix de coco, idéales pour se réhydrater.
BO
Vendredi 13 mars 2015 :

- Segment 6 (Castle Bruce – Hatten Garden) : 6h pour 15 km (modéré) Départ à 7h pour terminer le segment 5. Le segment 6 n’est pas évident car il fait très chaud (nous sommes sur la côte) et les descentes abruptes sont systématiquement suivies d’une pente abrupte. L’exercice fini par être lassant d’autant plus que le sentier n’est pas vraiment stable.

A voir : l’Escalier Tête-Chien :

Un cimetière marin :

Heureusement que ça se calme après en milieu de parcours : il y a moins de dénivelée. Le sentier passe près d’un garage : je tente ma chance pour obtenir un peu d’essence et le patron m’en vend un peu pour 2 EC$. Un problème de réglé. Ensuite, nous passons par le village caribéen traditionnel reconstitué : la visite coûte 23 EC$ mais pas le temps. Possible d’y voir des cases traditionnelle, un boulanger de l’époque et toute sorte d’explications sur le mode de vie des indiens Kaliganos.



Nous sommes à la moitié du périple : nous prendrons donc un hôtel (Hotel Carib Territory Guest House coût : 40 $ par chambre et 15 $ pour le repas ; adresse : Crayfish River ; tél : +1 7677674457256).

Samedi 14 mars 2015 :

- Segment 7 (Hatten Garden – First Camp) : 6h pour 12,6 km (modéré). Départ à 6h pour finir le segment 6. L’étape 7 n’est pas très difficile. : ça glisse un peu mais pas grave. On traverse une forêt tropicale secondaire et une plantation tenu pas un agriculteur réputé sur l’île pour ses méthodes d’exploitation innovantes. Un cacaoyer :

Un ananas : Pendant que je prenais en photo ce pont perdu dans la végétation,

je sens une odeur connue : c'est de la vanille sauvage :



Nous arrivons à First Camp. Un peu plus haut, il y a des abris de stockage pour pesticides (eh oui, les fruits de la Dominique à la pointe du bio, c’est du pipeau !). Nous dormirons là.
BO
Dimanche 15 mars 2015 :

- Segment 8 (First Camp – Petite Macoucherie) : 9h pour 10 km (très difficile).



Départ à 6h. Les deux tiers du parcours ne sont pas difficiles malgré les 1000 m de dénivelée annoncés. En réalité, la montée est progressive sur l’essentiel du parcours. Et en plus, le sentier est parcouru par les innombrables racines des arbres ce qui permet d'éviter la boue :

Une termitière :

Seul moment de doute, les marques disparaissent à l’approche d’une rivière au niveau de la jonction de deux cours d’eau. En réalité, il faut traverser la rivière et on retrouve les marques juste en face. Il y en a trois d’affiler à traverser.

Attention, il n’y a plus de point d’eau à partir de ce moment-là avant la fin du segment. Peu après, il y a un grand abri. La montée continue sur une crête et elle est de plus en plus rude avec un sentier de plus en plus gras : ça patauge carrément juste avant le sommet et au début de la descente. Nous arrivons au sommet à 15h30.



Il y a un abri mais il n’est très protégé du vent. La descente ne pose pas de difficulté majeure. Un cours d’eau sur la fin de parcours permet de reconstituer les réserves et les pamplemousses d’étancher la soif immédiate. L'abri de La Petite Macoucherie :

Lundi 16 mars 2015 :

- Segment 9 (Petite Macoucherie – Colihaut Heights) : 8h pour 10 km (très difficile) Départ à 7h30. La montée de la route agricole est interminable : elle permet d’atteindre le col.

C’est après le col qu’on comprend ce qui constitue la difficulté du segment : terrain gras et abrupte. Quelques beaux arbres :



Les deux tiers du parcours sont difficiles et certains passages s’apparentent davantage à de la varappe qu’à de la randonnée. Les rochers, le sentier, les racines : tout glisse et il est facile de se tordre une cheville. Sur la fin, il est possible de faire un détour vers le Kachibona Lake. Le lac est tellement calme qu'il est difficile de différencier le plan d'eau de la végétation à cause du reflet :

Ce segment est plus difficile que le précédent car il y a plus de descentes/montées à l’approche des cours d’eau. Et ça dure jusqu’à la fin ! Je le termine à 16h30 et décide d’entamer le segment 10 jusqu’au premier abri : il est 17h.
BO
Mardi 17 mars 2015 :

- Segment 10 (Colihaut Heights – Syndicate) : 3h pour 6 km (facile) J’avais décidé de faire le Morne Diablotin Trail (ascension 6h aller retour) mais finalement, la lassitude commençant à s’installer, je décide de renoncer et de poursuivre le WNT. Le segment 10 est présenté comme familial mais certains passages sont quand même pas mal boueux. Je termine en 2h. J’ai profité du passage dans les plantations pour charger deux pamplemousses.



- Segment 11 (Syndicate – Borne) : 7h pour 10 km (difficile). J’enchaîne par le segment 11 qui commence par une longue route forestière de plusieurs km sans difficulté si ce n’est la boue par endroit. J’aperçois le fameux parrot, le perroquet vert aux plumes rouges, emblème de l’île. Un tracteur : Ensuite les montées et descentes s’enchaînent jusqu’à l’Indian River. La vue sur Porthmouth : Une petite araignée à deux cornes : Le terrain étant sec, cela ne pose pas de difficulté. L'Indian River : Une voiture :

Je termine ce segment à 14h30.

- Segment 12 (Borne – Penville) : 7h pour 9,5 km (modéré). Je décide de poursuivre le périple car la marche en forêt devient monotone et la lassitude gagne. L’idée était d’entamer le segment 12 et de m’arrêter au premier point d’eau. Le GPS indique les cours d’eau mais c’est la période sèche et ces cours d’eau sont à sec. Je poursuis alors jusqu’à 16h jusqu’à Grande Rivière.

Mercredi 18 mars 2015 :

Il est 6h et je pars pour terminer le segment 12. Belle vue au petit matin sur les montagnes.

La fin du segment ne se trouve pas à Pennville mais à la fin d’une route interminable terminée en plein cagnard.



Le retour sur la côte est synonyme de chaleur étouffante.

Je termine à 10h40.

- Segment 13 (Penville – Capuchin) : 4h pour 8 km (modéré) J’enchaîne sur le segment 13 qui n’a que peu d’intérêt : le chemin est côtier mais la végétation ne permet pas de profiter de la vue. Une trouée dans la végétation permet tout de même de voir les Saintes et la Guadeloupe au large.

Je termine à 13h40.
BO
- Segment 14 (Capuchin – Cabrits) : 4h pour 11 km (modéré) Je poursuis alors avec le segment 14 qui est plus sympa car il débouche sur la plage de galets. Un arbre sur béquilles :

Le parcours officiel ne semble plus consister à remonter toute la côte jusqu’au Fort Shirley car les marques me dirigent vers le village de Clifton. J’en profite pour m’acheter une boîte de sardines pour mon diner. Je poursuis jusqu’à un champ qui présente l’intérêt d’être à proximité de la mer et d’une rivière. Il est 15h30 : baignade dans la mer des Caraïbes.

J’aurai pu terminer le segment mais je préfère camper un peu à l’écart pour éviter les chiens errants et autres problèmes liés à la proximité de Porthmouth.

Jeudi 19 mars 2015 :

Départ 7h pour finir le segment 14 c’est-à-dire jusqu’au Fort Shirley sur la presqu’île des Cabrits. Des mangues :

La presqu'île :

Un serpent :

Le fort :



CONGRATULATION :



J’en profite pour atteindre le sommet de la butte ouest mais c’est sans intérêt si ce n’est d’entendre le chant d’un pêcheur en contrebas. La vue est bouchée par la végétation.

Il est 9h30 lorsque je décide de remonter la partie touristique de l’Indian River (celle qu’on peut voir dans Pirates des Caraïbes). Je me dirige vers le site lorsque je vois un groupe de retraités sur une barque avec leur gilet de secours rouge autour du cou. Ce petit tour coûte pas moins de 59 EC$/personne sachant que le niveau de la rivière est tel qu’il est possible d’en remonter qu’une petite partie. Je poursuis pour rejoindre le sentier qui longe la rivière sur les conseils d’un passant lorsqu’un guide officiel m’explique qu’il faut payer une taxe. Evidemment, c’est faux et je poursuis sur les conseils d’une habitante. En fait, le sentier figure sur le GPS : il faut simplement s’écarter de l’embouchure de la rivière. Le sentier débute près d’un garage et juste après un poulailler.

C’est vrai que les arbres donnent une atmosphère particulière au lieu. En rajoutant de la brume, on se croirait dans le film !



Le plus gros arbre vu durant mon périple :

Le sentier passe par un bar perdu dans la forêt. J’y retrouve les passagers de la barque de tout à l’heure débarrassés de leur gilet de sauvetage. Pour ma part, je poursuis un peu mais c’est sans grands intérêt après le bar. D’ailleurs, en continuant, on retrouve le segment 11.

Je retourne à Porthmouth pour manger dans un restaurant et prendre la bus ensuite pour Marigot (7 EC$). Hôtel Classique International in Dominica (coût : 50 $ par chambre Marigot Roseau tél : 17674458486) : très belle guesthouse tenue par des personnes très accueillantes.

Vendredi 20 mars 2015 :

Direction aéroport : paiement de la taxe de sortie : 59 EC$ (possible de payer en $ et en €) ; Départ pour Pointe à Pitre : 17h40 (arrivée à 18h10).

Bilan : Le podium du segment le plus difficile : - Segment 9 - Segment 8 - Segment 4. Le segment 3B étant hors catégorie.

Le podium du segment le plus intéressant : - Segment 3 en intégrant la Vallée de la Désolation - Segment 4 en intégrant les Trafalgar Falls et Middleham Falls - Segment 14 pour son tracé côtier.

Ce trek est difficile et d’autant plus s’il est réalisé en autonomie. Nous n’avons rencontré quasiment aucun autre randonneur sur le parcours. Il est peu probable que ce WNT devienne populaire compte tenu de la difficulté et de la longueur du parcours. Et puis, il n’est pas très varié car, contrairement à un trek en montagne où il est possible d’admirer le paysage en continu, le WNT se déroule essentiellement en forêt et le quotidien est assez monotone.

Ce trek séduira les amateurs de défi sportif mais moins les amateurs de randonnée. Maintenant, rien n’empêche de réaliser seulement certains segments du WNT. Le parcours est toutefois bien conçu car l’objectif poursuivi est atteint : faire découvrir la Dominique aux touristes en les faisant aller à la rencontre de ses habitants et de leur culture.
KR
Bonjour et bravo pour votre exploit ![:)]

Nous avons séjourné à la Dominique l'an dernier et avons expérimenté un tout petit bout du Segment 12 sur lequel nous avons d'ailleurs perdu à un moment la trace du balisage et fait demi-tour. J'en avais conclus que le défaut principal du WNT était qu'il passait principalement en forêt (donc pas de vue) en dehors de quelques brefs passages côtiers.

https://sites.google.com/...ominique/waitukubuli

Et puis, il n’est pas très varié car, contrairement à un trek en montagne où il est possible d’admirer le paysage en continu, le WNT se déroule essentiellement en forêt et le quotidien est assez monotone.

Je m'aperçois que l'on se rejoint sur ce point [;)]

En tout cas, ton récit devrait être très utile à tous ceux qui ont l'intention de faire ce trek.

Encore bravo et bonne continuation !
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
KR
"Après bondie, c'est la ter"

Je rajoute un petit mot au sujet de ton titre car j'avoue qu'il m'a fallu un petit moment pour en saisir le sens (serais-je un peu blonde ? ) avant de comprendre qu'il s'agissait de l'expression créole figurant sur les armoiries de la Dominique et signifiant " Après le Bon Dieu, c'est la Terre".



Une petite note explicative pour les novices, en début de récit, pourrait être un plus, non ?

Bon j'arrête là mes commentaires...
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
BO
Oui, c'est vrai que c'est un peu énigmatique.
SE
Super récit , super photos, et beaucoup de souvenirs même si nous n'en avons fait que de petits 'morceaux' car nous ne sommes pas aussi courageux . En tout cas , il est vrai que les dominicains sont adorables .
il lui suffisait de voir une carte pour se mettre à l'étudier avec passion, puis, invariablement, il commençait à projeter quelque nouveau voyage impossible, qui, parfois, se transformait en réalité. » PAUL BOWLES : « Un Thé au Sahara »
BO
Je vais nuancer un peu car le trail passe également dans les plantations (bananes, noix de coco, cacaoyer, mangues, pamplemousses, oranges amères...), sur le territoire des indiens Kaliganos (segment 6 principalement) côté Atlantique, sur la côte Caraïbe. Il est possible d'observer des phénomènes volcaniques (Vallée de la Désolation (segment 3), les sources chaudes et dépôts de souffre (segment 2)).

Donc, il y a un certain nombre de sites d'intérêt qui permettent de rendre le trail intéressant dans une perspective de découverte de la Dominique et de ses populations.

Et puis, la forêt n'est pas identique partout : il y a la rainforest, la forêt secondaire, la forêt exploitée...

Maintenant, il est vrai que les passages dans la forêt tropicale dense sont un peu long tout comme peut être le WNT d'une manière générale.

D'où une certaine lassitude sur la fin.

Mais j'en garderai un excellent souvenir.
SA
PHOTOS SUPERBES Petite erreur : fleur de balisier et non de bananier
BO
Exact ! Je rectifie. La confusion est due au fait que les feuilles sont exactement les mêmes que celles du bananier.
GI
Bonjour,

Je pars en Dominique, avec l'intention de randonner là-bas. Du coup, j'ai 2 questions :Quelle est la meilleure carte disponible pour randonner ? (et où se la procurer) J'hésite entre chaussures basses et chaussures montantes, une préférence ? Merci !
BO
Bonjour, Pour la carte, j'ai imprimé celles figurant sur le site du parc et j'avais également une carte GPS de randonnée. Pour les chaussures, si sac à dos lourd : chaussures montantes. Si terrain gras et/ou caillouteux : chaussures montantes. Sinon, chaussures basses conviennent. Bon voyage.
GI
Merci ! On dirait que le site du WNT n'existe plus. Et pour les chaussures, ça risque d'être gras vu la saison (décembre / janvier) donc je devrais opter pour les montantes.
WI
Le site de la WNT avait deja ete pirate depuis un an. Il y a eu un fort cyclone en Dominique cet ete, il faut craindre que la Waitukubuli ne soit plus realisable cette annee, certains troncons en tout cas.
GI
En effet, les informations que j'ai trouvées sont :

Huit segments du sentier national Waitukubuli, plus long sentier de randonnée des Caraïbes (environ 184 km), sont prêts à accueillir les randonneurs aventuriers. Il s’agit des segments 2, 3, 4, 6, 11, 12, 13 et 14.
FI
Bonjour!

merci pour le compte-rendu de la WNT en Dominique. Je regardais la possibilité d'aller randonner là-bas. Je me cherche une destination où je peux faire de la rando en autonomie complète.

Je serais seul, est-ce un peu risqué de faire la WNT en solo? Vous avez eu l'air à trouver ça un peu ennuyant à la fin, est-ce que ce sera pire si en plus je suis seul? (à moins que je me mette à me parler!!)

J'ai un hamac-tente, est-ce que c'est faisable d'accrocher mon hamac tout le long du parcours?

Merci!

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