Entre deux chez soi

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Original post
EL
Ca fait maintenant pres de deux ans que je vis sur la cote Ouest des Etats-Unis, loin de mon Quebec natal et je trouve etrange ce sentiment d'etre toujours entre deux "chez moi" sans jamais me sentir vraiment chez moi. Je n'ai pas grandi aux Etats-Unis et bien que je connaisse la langue et l'histoire, je serai jamais vraiment Americaine, je n'ai pas le "background" culturel, je suis etrangere, immigrante. Et maintenant que je ne vis plus au Quebec (j'y retourne une ou deux fois par anne pour visiter) je ne sens plus que je fais parti de cette culture-la non plus. Bon, je me sens plus chez moi au Quebec qu'ici mais meme au Quebec je me sens "depassee". Je ne suis plus au courant de ce qui se passe, je ne regarde pas les nouvelles emissions, je ne connais pas les nouveaux bands, les nouveaux scandales, mon hiver a moi n'est plus blanc mais gris...

Ca m'attriste un peu, c'est comme un perte d'identite. D'un autre cote, je crois que c'est bien de ne pas trop s'associer a une societe, c'est un peu comme se debarasser d'une etiquette. Si je ne suis ni quebecoise, ni americaine, je suis moi tout simplement. Tout de meme ca me fait me sentir un peu seule parfois.

Il y en a d'autres qui partagent se sentiment "d'entre-deux" ??
Il faut rajouter de la vie aux années...et non des années à la vie.
MO Montagne666 Veteran ·
oui, pour ma part c'est entre "Ouest et Est" (comprendre, Europe occidentale et Europe extrème orientale). Et c'est aussi pour ça que j'ai besoin de rentrer pour de bon. Contrairement à toi, je n'accepte pas cette perte d'identité, j'ai besoin de retrouver mon identité d'origine, de refaire à nouveau partie du décor. Même si j'aimerais bien faire un mélange des deux. Malheureusement, il faut choisir.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour Elsie,

Il y en a d'autres qui partagent se sentiment "d'entre-deux" ??

Dans une situation assez similaire à la tienne, c'est plutôt une espèce de regret que ce ne soit qu'un "entre-deux" pas un "entre 10 ou 12"...

Catherine
GE Geli Veteran ·
L'important n'est-il pas d'être bien là ou l'on est ? En sachant que l'idéal reste inacessible, qu'on ne peut tout avoir nulle part, se sentir en accord avec soi-même reste le fil conducteur (à mon avis). Pour ma part, j'ai fait le choix d'allers/retours 6 mois/6 mois, pour le moment ! Contente de rentrer en Bretagne, je suis fort tentée de repartir très vite en Casamance où je me sens utile. Ego, oui sûrement, mais ça m'apporte un tel bonheur que je ne demande qu'à partager car tout le monde y a droit !

Bon dimanche Geli [;)]
KO Kola Globetrotter ·
Mais n'est-ce pas finalement une chance précieuse de ne pas planter ses racines trop profondément dans une vie, ou dans une autre... A-t'on réellement besoin de se fondre... d'appartenir à une culture, un pays, une famille... ou à un "autre" ?...

Sentiment de ne plus être au courant, de se sentir dépassé ?... Ou simple et salvateur détachement de ce qui, au fond, n'est pas si essentiel... Détachement, qui donne le recul et la lucidité vigilante pour ne pas réagir en étant uniquement guidé par nos émotions...

Le sentiment "d'entre deux", de solitude... n'est-il pas le meilleur garant d'une certaine forme de liberté ? Et peut-être le prix à payer pour percevoir et vivre le meilleur du moment présent... apprendre à cueillir les jolies choses dès qu'elles sont à notre portée...

Où que l'on soit...
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour kola,

" Mais n'est-ce pas finalement une chance précieuse de ne pas planter ses racines trop profondément dans une vie, ou dans une autre..."

Voilà bien quelque chose que j'ai beaucoup de mal à comprendre, cette histoire de "racines"... quelle étrange idée que celle de s'identifier à un végétal...

Catherine
WI Williama Globetrotter ·
Hello,

Mais il faut parfois être loin de ses bases pour prendre conscience de ses racines... bon entre la France et l'Italie bof !bof[!fou]. Mais en vivant en Orient, en Afrique, dans le Golfe etc... il y a bien un moment où tu sents des différences dans la façon de se comporter, raisonner etc...et si on ajoute à cela la façon d'aimer, de se nourrir, de se distraire... là ça commence à faire mal. Nostalgie quand tu nous tiens[:/]
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour le radis !

Mais en vivant en Orient, en Afrique, dans le Golfe etc... il y a bien un moment où tu sents des différences dans la façon de se comporter, raisonner etc...et si on ajoute à cela la façon d'aimer, de se nourrir, de se distraire... là ça commence à faire mal. Nostalgie quand tu nous tiens

Tu parles d'expérience ?

Personnellement j'ai la conviction que je pourrais vivre dans n'importe quel pays qui borde la Méditerranée (il y a des choses plaisantes et insupportables, ou presque, dans tous) et ailleurs, boh, pourquoi pas ? J'ai sans doute seulement du mal à imaginer ; je crois que l'obstacle est surtout là, dans l'imagination.

Catherine
WI Williama Globetrotter ·
bonjour,

En tant que femme je ne pense pas et en tant qu'homme non plus d'ailleurs. Il y a dans ces pays, des règles et des coutumes quotidiennes à suivre qui sont très pesantes pour nous occidentaux. Elles vont bien au-delà de la simple impression "d'émerveillement" du voyageur.
CH Choucarde Globetrotter ·
Bonjour,

Il ne faut pas oublier les plantes grimpantes, rampantes, celles qui ont des racines comme la plupart, mais qui ne restent pas en place...

A part ça c'est presque une question de psy .... Qui suis je ? etc... Dites moi cher Baobab, arbre de la sagesse...[;)]
Choucarde
KO Kola Globetrotter ·
Bonjour Anàssa...

... mais "racines" a plusieurs définitions !

- 1) partie des plantes fixée dans le sol et qui leur permet de se nourrir - 2) partie d'un mot déterminée après avoir enlevé les suffixes et les préfixes - 3) lien, attachement à un lieu ou à un groupe de personnes (source : dictionnaire l'internaute)

Et même s'il n'y avait pas eu la caution rigoureuse du dictionnaire, la métaphore me semblait juste...
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

C'est formidable comme tu parles pour le autres... A toi de voir à quel point tu es occidental, comme tu dis, et à quel point tu as peur de ton ombre aussi.

Michel
AN Anàssa Globetrotter ·
...,

Donc tu ne parles pas d'expérience...

" Ces pays ", quels pays ? "des règles et des coutumes quotidiennes à suivre qui sont très pesantes pour nous occidentaux", quelles règles et coutumes ?

On y a de toute façon un statut particulier, non ? Notre physionomie nous désigne comme étranger et nous y sommes dans les marges (je me sens très bien dans les marges).

Catherine
AN Anàssa Globetrotter ·
...,

Oui, je sais... mais il n'empêche que le premier sens, le sens originel fait allusion au végétal... [:)] Dans ce sens je serais une plante en pot, tant que j'ai de l'engrais et des conditions à peu près favorables, je pousse n'importe où [;)]

Je préfère parler d'héritage, un mot qui me semble plus adapté à l'Homme, et un héritage tu peux le trier et le transporter où tu veux ...

Catherine
CH Choucarde Globetrotter ·
Salut,

J'ai déjà ressenti le fait d'être "entre deux chez soi"...ce n'est pas désagréable à mon goût, pour moi ce n'était pas de la tristesse mais plutôt de la satisfaction et un apaisement, se dire qu'on peut se sentir bien et chez soi ailleurs aussi ... Je pense que de toutes façons c'est une question très personnelle en rapport avec le vécu de chacun, mais que de toute façon il y a des étapes dans l'adaptation dans un autre pays ...Peut être es tu tout simplement à une de ces étapes ...Si tu sens la perte d'identité et si ça te fais mal autant panser les bobos, plonge toi dans les bouquins du "1er chez toi", cela n'empêche en rien d'apprendre d'autres cultures au contraire c'est une ouverture, il n'y a que les esprits bornés à oeillères qui croient le contraire . [;)]
Choucarde
AN Anàssa Globetrotter ·
Hello le haricot,

De: williama (en ligne!) Saint Pierre et Miquelon, France

Ah, pardon ! Je n'avais pas vu que tu avais émigré...

C'est si dur que ça ?

Catherine
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour Catherine,

Torse nu et en pagne, ça doit être dur.

Michel
WI Williama Globetrotter ·
... j'ai vécu près de 8 ans à l'étranger dans mon ancienne vie prof. Essentiellement dans des pays arabes. Le plus longtemps c'était en Tunisie. Un pays relativement ouvert comparativement à ceux du Golfe. Mais sur un plan général, oui j'affirme qu'on ne communique pas de la même façon avec une personne qui n'est pas de la même "mouvance culturelle" que soi consciemment ou pas!. Cela n'entâme en rien bien sûr des relations amicales, fraternelles ou confère un quelconque sentiment de supériorité. C'est à la fois une question de traditions mais aussi d'expériences vécues à travers nos sociétés occidentales qui sont en perpétuelles évolutions sur le plan des moeurs ou de l'organisation de la société contrairement à d'autres où les choses semblent figées. On découvre alors que les racines culturelles des uns et des autres sont beaucoup plus profondes qu'on ne le croit.

et pour répondre à mikel, la peur de soi ou des autres n'a rien à voir là-dedans
AN Anàssa Globetrotter ·
....,

" Mais sur un plan général, oui j'affirme qu'on ne communique pas de la même façon avec une personne qui n'est pas de la même "mouvance culturelle" que soi consciemment ou pas! "

Ah, j'en apprends !

Et tu ne crois pas que c'est justement cela qui est intéressant ? Que c'est cela qui est source d'énergie, cette remise en cause, cette partielle* obligation d'adaptation ?

Catherine

* partielle, parce qu'une fois la porte du logement refermée tu vis comme tu veux et que la boîte crânienne reste quoi qu'il en soit un espace privé.
TA Tatra Globetrotter ·
Re...

"à travers nos sociétés occidentales qui sont en perpétuelles évolutions sur le plan des moeurs ou de l'organisation de la société contrairement à d'autres où les choses semblent figées."

Je pense que c'est à toi que les choses semblent figées... La tendance puritano-conservatrice est valable dans les pays de l'occident comme dans les pays que tu évoques, dans un mouvement assez similaire.

Michel
WI Williama Globetrotter ·
en réponse à :"Et tu ne crois pas que c'est justement cela qui est intéressant ? Que c'est cela qui est source d'énergie, cette remise en cause, cette partielle* obligation d'adaptation ?"

Anassa et Mikel, je crois qu'il y a une chose fondamentale qui nous différencie... C'est que moi, je n'ai pas attendu de faire un séjour à l'étranger pour pratiquer ce que tu appelles "l'obligation d'adapation". Mes 4 grands parents étaient de nationalités effectives diverses. Aucun n'étaient français et l'histoire de ma famille n'a rien à voir avec Vercingétorix...je ne pratique pas envers la France cette moue dédaigneuse et distanciée qui est souvent la tienne et je ne vis pas à l'étranger, plein de rancoeurs tout en profitant des avantages donnés par la France comme Mikel. La France c'est mon étrange à moi! Et enfant, l'histoire embéllie de Vercingétorix c'est une légende que j'ai fait mienne, tout simplement parce que je l'avais trouvé jolie. Maintenant pour ce qui est de mes rapports directs avec les autres cultures j'ai dans ma boîte crânienne comme tu dis, comme un système de connexions naturelles qui me permettent de passer de l'une à l'autre sans complexe et sans oublier que moi aussi j'ai mes particularités.
AV Avionna Regular ·
Bonjour,

Fascinant de voir notre subjectivité et stimulant de faire encore des découvertes à chaque lecture.

Mon humble version : La France ? c'était jusqu'en 66 et à nouveau depuis Mai cette année. Beaucoup d'années dans 3 pays avec beaucoup de longues périodes de "no man's land ", le pays où je résidais ne me considérant toujours pas une des leurs mais comme l' étrangère, même en France on m'a fait le coup!

Au début on se sent un peu extra-terrestre, comme si (gentiment) non-inclue et puis on formule des doutes, est-ce que j'ai vraiment bien compris ce qu'ils voulaient dire / est-ce qu'ils ont vraiment bien compris ce que je voulais dire - (on en arrive à se répéter beaucoup).

Après, on s'accommode de cette internatinalité et on se rend compte que ce sont les autres qui n'ont pas cette merveilleuse chance de pouvoir goûter à tout, objectivement. Encore après, on se sert de cette internationalité en réalisant le privilège qu'on a de voir les choses en 3D et la prérogative de pouvoir prendre des décisions éthiques plutôt que patriotiques ; le champ de vision est devenu 270°, on révise ses priorités, on comprend mieux le mot "liberté" et on se l'accorde plus volontiers tout en l'octroyant aux autres....en fait c'est de là que vient le choix de l'image sous mon pseudo.

(un beau livre sur le sujet : " Lost in translation " d'Eva Hoffman ; elle apporte l'autre côté de la pièce, la version de ceux qui sont obligés de s'expatrier)

Bonne lecture, Cordialement, Avionna
John Greenleaf Whittier : ** For all the sad words of tongue or pen, the saddest are these : It might have been **
AN Anàssa Globetrotter ·
...,

Vercingétorix ?!? Boh, si ce n'est que ça, pas sûr que ni moi, ni tatra (Michel, tu m'excuseras si je bafoue ta généalogie), soyons ses descendants directs, tout comme la quasi-totalité des Français, j'imagine. Faut pas te traumatiser là...[;)]

" Et enfant, l'histoire embéllie de Vercingétorix c'est une légende que j'ai fait mienne, tout simplement parce que je l'avais trouvé jolie "

Tu vois, je crois que la "chose fondamentale qui nous différencie" réside dans le fait que je fais miennes, toutes légendes mais aussi toutes pensées, toutes cuisines, toutes coutumes, toutes langues (c'est plus dur ça )..., parce que je les trouve jolies, intéressantes, bouleversantes (catastrophiques, en grec)... sans tenir aucun compte de l'homme ou du groupe humain qui les a créées. *

" je ne pratique pas envers la France cette moue dédaigneuse et distanciée qui est souvent la tienne "

Pfffffffff ! Mais ce n'est pas "envers la France" que j'ai une moue dédaigneuse, c'est envers certaines choses qu'y font certains de ses habitants. J'ai exactement la même moue dédaigneuse quand certains habitants de l'Italie font les mêmes choses... et cela serait pareil partout dans le monde.

Quant à "distanciée", oui, mais quel que soit le pays. Comme dit plus haut, j'aime les marges, toujours...

Catherine

* Pour être concrète, par exemple (en vrac, ce qui me passe par la tête ce jour à cette heure) je trouve infiniment plus intéressant ...euh...Le jugement de Pâris...que les histoires d'un chef gaulois. Zut alors ! c'est grec ! C'est moins "à moi" ? Je dois me priver de "Ursprung" qui est un mot d'une force incroyable sous prétexte qu'il n'est pas français mais allemand ? Bon, j'arrête ... il y a de quoi en remplir des pages...j'espère que tu as compris l'esprit.
TA Tatra Globetrotter ·
Re....

" plein de rancoeurs tout en profitant des avantages donnés par la France comme Mikel."

Est-ce moi que tu appelles ainsi ? Je profite des avantages donnés par la France ? Ne dis pas de bêtises. Soit dit en passant aucun de mes grands parents n'était francophone de langue maternelle.

Michel
WI Williama Globetrotter ·
en réponse à "que je fais miennes, toutes légendes mais aussi toutes pensées, toutes cuisines, toutes coutumes, toutes langues (c'est plus dur ça )..., parce que je les trouve jolies, intéressantes, bouleversantes (catastrophiques, en grec)... sans tenir aucun compte de l'homme ou du groupe humain qui les a créées."

Voici le type de réponse "bateau" style "moi, je suis une citoyenne du monde" mais qui dans le fond n'engage à rien! Tu trouves par exemple les conditions de la femme partout dans le monde jolies, intéressantes, bouleversantes? tu trouves les systèmes politiques, religieux, civiques épanouissants partout sur la planète? ne crois-tu pas que tu es plutôt dans la moyenne des voyageurs qui sont toujours "émerveillés" par l'étranger à partir du moment qu'ils ont quitté leur pays?
AN Anàssa Globetrotter ·
...

Tu trouves par exemple les conditions de la femme partout dans le monde jolies, intéressantes, bouleversantes? tu trouves les systèmes politiques, religieux, civiques épanouissants partout sur la planète? ne crois-tu pas que tu es plutôt dans la moyenne des voyageurs qui sont toujours "émerveillés" par l'étranger à partir du moment qu'ils ont quitté leur pays?

Tu sais quoi ? Je crois que ton problème c'est qu'il te faut t'identifier au pays dans lequel tu vis, ou tout au moins à l'image que tu t'en fais pour...pour quoi ? pour exister ? pour te reconnaître le matin dans le miroir ?

Je ne fonctionne pas ainsi.

Catherine
AN Anàssa Globetrotter ·
Hum...

Je viens de relire ta citation de mes propos et je me rends compte qu'ayant rédigé ma phrase en plusieurs fois, je me suis mal exprimée.

Lire : "je fais miennes, toutes légendes mais aussi toutes pensées, toutes cuisines, toutes coutumes, toutes langues (c'est plus dur ça )..., que je trouve jolies, intéressantes, bouleversantes (catastrophiques, en grec)... sans tenir aucun compte de l'homme ou du groupe humain qui les a créées. "

Evidemment que je trie...

Catherine
WI Williama Globetrotter ·
en réponse à "Tu sais quoi ? Je crois que ton problème c'est qu'il te faut t'identifier au pays dans lequel tu vis, ou tout au moins à l'image que tu t'en fais pour...pour quoi ? pour exister ? pour te reconnaître le matin dans le miroir ?"quelle caricature!!! ton indulgence culturelle est plutôt sélective! Je suppose que toi tu te lèves le matin au son des djembés et que le soir tu te couches à celui du n'goni avec le maillot de la Juve ou de l'Inter sur les épaules[;)] et bien sûr en ayant tout compris à ce monde arc en ciel.

Je n'ai pas besoin de m'identifier à un pays ou à une culture! même en les reniant on les porte en soi! Et pour ceux qui ont décidé malgré tout de faire les amnésiques, il reste encore les allocations et les avantages du passeport... des fois qu'on serait trop "émerveillé" par son dernier voyage...
TA Tatra Globetrotter ·
Re...

"Je n'ai pas besoin de m'identifier à un pays ou à une culture! même en les reniant on les porte en soi!"

TU les portes en TOI... Ce qui est ton droit le plus stricte, mais comment peux-tu préjuger des autres ?....

Michel
WI Williama Globetrotter ·
en réponse à: 1 - Est-ce moi que tu appelles ainsi ? 2 - Je profite des avantages donnés par la France ? Ne dis pas de bêtises. 3 - Soit dit en passant aucun de mes grands parents n'était francophone de langue maternelle.

1 - oui Mikel, depuis que tu es devenu pro-américain... il y a 10 jours[;)] 2 - oui tu profites et grassement 3 - non le breton ça compte pas!
AN Anàssa Globetrotter ·
Tu es bien nerveux...

...quelle caricature!!! ton indulgence culturelle est plutôt sélective!

Disons que je cherche à comprendre pourquoi tu réagis comme tu le fais...

Je suppose que toi tu te lèves le matin au son des djembés et que le soir tu te couches à celui du n'goni avec le maillot de la Juve ou de l'Inter sur les épaules

Non, mais cela serait un problème si tel était le cas ?

bien sûr en ayant tout compris à ce monde arc en ciel.

Est-ce ce que j'ai dit ?

Je n'ai pas besoin de m'identifier à un pays ou à une culture! même en les reniant on les porte en soi!

La deuxième phrase est l'exacte contradiction de la première... T'as vraiment une conception spéciale hein ? Renier ? Et pourquoi pas trahir tant que tu y es... Renier quoi ? La Mère Patrie ?

C'est comme tu veux, mais ce n'est pas universel.

Catherine
TA Tatra Globetrotter ·
Re...

"1 - oui Mikel, depuis que tu es devenu pro-américain... il y a 10 jours"

Non...

"2 - oui tu profites et grassement"

Je n'ai jamais été très porté sur les prestations sociales... Je n'envoie pas toujours les feuilles de soin, d'ailleurs je suis même né hors sécurité sociale... [:)] Et je ne traîne jamais en pagne au pied des palmiers au bord du lagon.

"3 - non le breton ça compte pas!"

Pas que le breton, qui d'ailleurs doit compter, à l'évidence.

Michel
WI Williama Globetrotter ·
en réponse à :"TU les portes en TOI... Ce qui est ton droit le plus stricte, mais comment peux-tu préjuger des autres ?...."

Les autres...je le vois bien en voyage! Lorsqu'ils ont trop mangé épicé... ils ont la turista[:/]. Tu les vois alors courir partout comme des fous en jurant qu'ils veulent dorénavant bouffer européen
MA Makoma ·
Salut, je comprends ce que tu veux dire. Il s'agit je pense d'une thématique quasi philosophique qui touche à la culture et au sens de l'existence.

Il faut vivre longtemps à l'étranger pour prendre conscience des différences culturelles profondes et réelles qui existent entre certaines civilisations (en discuter pourrait faire l'objet d'un autre sujet). Ces différences représentent certes un avantage de par l'ouverture d'esprit ou l'enrichissement culturel apportés, avantage bien décrit par les uns et les autres, mais qui ne concerne pas le vrai sujet; en effet dès lors que l'on prend conscience de ces différences, l'on comprend la difficulté de s'identifier pleinement à 2 environnements culturels différents - voilà d'ailleurs pour moi une définition du métissage, qui n'est définitivement pas une mince affaire.

La vraie question a donc trait à mon avis à la stabilité, l'etre humain, sédentaire? a t'il besoin d'un enracinement culturel profond et d'une assimilation à des valeurs fixes dans un environnement stable pour atteindre le bonheur? (que ce soit d'ailleurs le cas dans le pays d'origine ou le pays d'accueil, la question corollaire étant peut on réellement renier sa culture d'origine au profit d'une autre) j'irai meme plus loin en me demandant si cette stabilité culturelle n'est pas d'ailleurs le prolongement du schéma classique foyer, famille, cercle d'amis, etc.

Un détail, il me semble que le fait de penser pouvoir vivre une vie épanouie sans identification culturelle réelle à une communauté - on remarque de plus en plus la remise en cause en occident de certaines valeurs, parfois à juste titre d'ailleurs, conduisant dans certains cas à ce qu'on appele justement une crise d'identité - est jusqu'à présent une conception existant uniquement chez certains occidentaux, autre signe du fossé culturel que des voyageurs peuvent rencontrer dans leurs pérégrinations, sans forcément en avoir conscience.
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour,

Et merci d'apporter un peu d'oxygène à ce débat qui risquait de se cantonner à nouveau au nombril français...[:)]

La vraie question a donc trait à mon avis à la stabilité, l'etre humain, sédentaire? a t'il besoin d'un enracinement culturel profond et d'une assimilation à des valeurs fixes dans un environnement stable pour atteindre le bonheur? (que ce soit d'ailleurs le cas dans le pays d'origine ou le pays d'accueil, la question corollaire étant peut on réellement renier sa culture d'origine au profit d'une autre)

Je ne crois pas qu'il s'agisse de renier "sa culture d'origine au profit d'une autre", il s'agit de trier ce qui nous convient dans cette culture, de le conserver, et d'étendre cette culture par d'autres apports.

Catherine
CH Choucarde Globetrotter ·
Salut,

Voilà un post qui remet le sujet de Elsie sur les rails...Je souligne ton dernier paragraphe:

"Un détail, il me semble que le fait de penser pouvoir vivre une vie épanouie sans identification culturelle réelle à une communauté - on remarque de plus en plus la remise en cause en occident de certaines valeurs, parfois à juste titre d'ailleurs, conduisant dans certains cas à ce qu'on appelle justement une crise d'identité - est jusqu'à présent une conception existant uniquement chez certains occidentaux, autre signe du fossé culturel que des voyageurs peuvent rencontrer dans leurs pérégrinations, sans forcément en avoir conscience. "

Oui car dans beaucoup de pays le respect des anciens, de ses racines donc est important. Evidemment si on se cantonne à la vision occidentale et europénne plus particulièrement ... Ceux qui rejettent l'individualisme et qui à l'étranger(chez les "authentiques) tombent "babas" devant la solidarité des communautés, il y a là qq chose dont j'ai du mal à piger que ça colle... car qd on les écoutent dans leur pays c souvent un discour assez individualiste... Crise d'identité, complexes ? A mon avis il y a aussi une part personnelle...

Et il me "semble" également !Du moins j'ai déjà eu cette impression et ressenti de "fossé culturel" perso puis aussi en observant...de loin parfois vous observez ce fossé chez certains voyageurs qui débarquent dans leurs relations avec les "autochtones" qui parfois regardent les voyageurs du coin de l'oeil...[;)] il se dégage cette impression de fossé. Peut etre qu'on le remarque plus une fois qu'on on s'est bien habitué au pays où réside... Moi je ne me suis pas identifiée au pays de résidence, je trouve cela prétentieux surtout qd les différences culturelles sont grandes! D'ailleurs je ne vois pas l'intéret, cela n'empeche en aucun cas d'avoir de bons rapports avec les gens, c meme le contraire.... car combien de fois par exemple j'ai vu des européens jouer à l'africain à peine débarqué de l'avion et ne pas se faire respecter, ou alors juste par intéret et de se plaindre ensuite! Je trouve cela déplacé et bien fait pour eux qq part ils ont cherché et trouvé. C'est une question de respect, d'acceptation des différences, des siennes et des autres, c'est avoir l'esprit ouvert qq part. Bref...

Je trouve que connaitre les us et coutumes d'un autre pays ne veut pas dire identification.( Mis à part qqs rares exceptions de gens mais qui sont dans le pays depuis bien des années et qui ont pris le mode de vie depuis-depuis...) . On peut très bien s'y sentir bien et accepté, et à mon avis si on reste soi meme c plus facile ...mais bon, ce n'est que mon avis hein .....[;)]
Choucarde
MA Makoma ·
Bonsoir, Oui, je parlais de ce fossé culturel entre certains voyageurs et autochtones - fascinés par exemple par la solidarité ou autre et en meme temps qui passent completement à coté comme tu l'as dit- qui les regardent "du coin de l'oeil" en effet, car ça me fait sourire aussi, mais bon c'est simplement pour moi un détail car ce n'est pas trop dans mes intentions de dénigrer encore une fois tels ou tels voyageurs (sport à la mode sur ce forum).

Donc oui, pour ceux qui arrivent à comprendre et connaitre un peu mieux les us et coutumes du pays d'accueil, il ne s'agit bien sur pas forcément pour autant de renier sa culture d'origine, comme tu le dis Anassa, et de s'identifier à la nouvelle ( ce qui va de pair, puisque pour moi on ne peut s'identifier réellement à 2 cultures différentes en meme temps) sauf pour quelques rares exceptions comme tu l'as souligné Choucarde.

Mais " se sentir bien et accepté", "rester soi meme" et "trier ce qui nous convient dans cette culture (d'origine), (de) le conserver, et d'étendre cette culture par d'autres apports" : bien sur, je suis d'accord, quel que soit l'environnement l'on reste avant tout soi meme, avec notre identité propre construite par de multiples apports pris à droite et à gauche, trier ces apports étant je crois aussi la bonne chose à faire; mais au delà de ça, le problème d' Elsie qui ressent un certain manque dû à son impossibilité à s'identifier pleinement à un environnement culturel (celui d'origine ou le nouveau), reste inchangé.

Je comprends ce manque et c'était le sens de mon message, je crois pour ma part qu'il est difficile de s'épanouir vraiment sans se sentir en harmonie avec son environnement culturel, ce qui signifie soit adopter complètement celui du pays d'accueil (pas évident pour la majorité d'entre nous, comme on l'a dit), soit rester/rentrer sans son pays? Nuance importante, je parle d'adopter "completement" une culture, autrement dit d'accepter ses aspects positifs et négatifs en étant parfaitement conscient de ceux-ci, sans évidemment la glorifier ou nier les dits aspects négatifs (c'est là que je te rejoins sur le "rester soi meme").

Bref, je crois donc que l'etre humain a besoin de se fixer quelque part. Bon, je ne prétends pas quand meme avoir toutes les réponses car ce sujet qui concerne les voyageurs au long cours et surtout les expatriés, est plutot complexe. PS désolé je fais mon maximum pour etre concis mais bon[;)]
AV Avionna Regular ·
Bonjour,

Un provere anglo saxon dit : "La Beauté réside dans l'oeil de celui qui est en train de regarder " (Beauty is in the eye of the beholder")

Ceci est-il applicable quand on les regarde us et coutumes d'une région, la culture d'un pays, la civilisation d'un continent ? (( - Demandez l'avis d'un taureau espagnol sur la culture ibérique ou bien d'un cocq sur la culture indonésienne ou bien d'un pitbull sur la culture.......- ))

On ne dit rien de nouveau en affirmant que tout est relatif, mais relatif à quoi ? Comment trouve -t-on son "chez soi" ? "Chez soi ", quelle est la différence entre " Etre chez soi " et " Avoir un chez soi " ? Pour une raison ou pour une autre, l'homme passe la majorité de son temps à vouloir avoir raison et à vouloir prouver qu'il a raison. Dans le sens officiel des choses il établit une hiérarchie, à la maison, à l'école, au bureau, dans l' eglise, dans le gouvernement, dans les éthnies et il brandit des us et coutumes, des cultures, des civilisations qui se domineront l'une l'autre au cours des siècles mais qu'il continuera sauvagement à défendre parcequ'il veut établir son "chez soi" en envahissant les pays des autres et balayant leurs "chez soi " à eux. Alors ? Est-ce un processus individuel ? "Chez soi", est-ce l'endroit où l'on n'a plus peur ? où l'on n'a plus à prouver quoique ce soit à quiconque, en toute sérénité ? ???

Bonne journée ....chez vous, cordialement avionna (...sport à la mode sur ce forum.....Bien trouvé Makoma ! )
John Greenleaf Whittier : ** For all the sad words of tongue or pen, the saddest are these : It might have been **
KO Kola Globetrotter ·
Bonjour...

... "Comment trouve -t-on son "chez soi" ? "Chez soi ", quelle est la différence entre " Etre chez soi " et " Avoir un chez soi " ?"...

... "Alors ? Est-ce un processus individuel ? "Chez soi", est-ce l'endroit où l'on n'a plus peur ? où l'on n'a plus à prouver quoique ce soit à quiconque, en toute sérénité ?"...

Certes, cela peut prendre une vie... Mais le préalable, indispensable, incontournable... n'est-il pas de parvenir à se sentir bien En soi ?...

Ensuite, peut-être... l'interrogation de départ : d'Être ou d'Avoir un chez soi, ce sentiment "d'entre deux"... ne se vit plus qu'en filigranne...
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonsoir,

je crois pour ma part qu'il est difficile de s'épanouir vraiment sans se sentir en harmonie avec son environnement culturel ............. soit rester/rentrer sans son pays?

Mais tu peux très bien ne pas te sentir "en harmonie" avec la culture de "ton" pays... ou du moins pas plus qu'avec celle de ton pays de résidence (là je parle de pays assez proches les uns des autres, peut etre est-ce aussi le cas de pays plus eloignés mais je manque d experience). Je nuancerais simplement en disant qu'il est difficile de "s'épanouir vraiment" sans sentir quelques éléments d'harmonie avec son environnement.

Nuance importante, je parle d'adopter "completement" une culture, autrement dit d'accepter ses aspects positifs et négatifs en étant parfaitement conscient de ceux-ci, sans évidemment la glorifier ou nier les dits aspects négatifs.

Ce "adopter complètement une culture" me semble un peu illusoire, cela signifierait que le groupe humain habitant le pays ou on réside est parfaitement homogène, monolithique, fait de clones interchangeables, et ... ben, cela n'existe pas, si ? Je serais bien en peine si on me demandait de définir la culture italienne ou meme française..

Catherine
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonsoir encore,

" le problème d' Elsie qui ressent un certain manque dû à son impossibilité à s'identifier pleinement à un environnement culturel (celui d'origine ou le nouveau), reste inchangé.

le problème d' Elsie qui ressent un certain manque dû à son impossibilité à s'identifier pleinement à un environnement culturel (celui d'origine ou le nouveau), reste inchangé.

Je comprends ce manque et c'était le sens de mon message, je crois pour ma part qu'il est difficile de s'épanouir vraiment sans se sentir en harmonie avec son environnement culturel, ce qui signifie soit adopter complètement celui du pays d'accueil (pas évident pour la majorité d'entre nous, comme on l'a dit), soit rester/rentrer sans son pays? Nuance importante, je parle d'adopter "completement" une culture, autrement dit d'accepter ses aspects positifs et négatifs en étant parfaitement conscient de ceux-ci, sans évidemment la glorifier ou nier les dits aspects négatifs (c'est là que je te rejoins sur le "rester soi meme"). "

Je songeais : Est-ce une façon de dire que l'on ne pourrait vivre bien qu' entourés "d'alter le plus ego possibles" ?

Catherine
CH Choucarde Globetrotter ·
Bonsoir,

"Est-ce une façon de dire que l'on ne pourrait vivre bien qu' entourés "d'alter le plus ego possibles" ?"

Makoma donnera son avis perso, mais pour ma part je pense que non et non. Mais c'est une question intéressante car elle permet de développer un peu plus encore...

Je ne pense pas que l'on puisse tout accepter non plus (je pense par exemple à des choses dures comme l'excision ou certains actes de fétichisme dans certains pays), en tous cas il faut parfois faire avec par obligation meme si on aimerait faire qq chose, parfois profil bas pour ainsi dire car ce sont des choses dont parfois c très mal vu que l'on y jette un oeil ou qu'on s'en mêle, bref...Mais certaines coutumes ou us sont parfois agréables à partager aussi et ne sont pas difficiles à accepter ni à assister ou à assimiler, ou en tous cas à accepter et à comprendre. Quand on finit par faire certaines choses par réflexe et sans que ça pèse (les petites choses de tous les jours surtout), je pense qu'alors on peut dire qu'on s'y est fait au pays .

Bon c'est perso...maintenant pour Elsie si elle se pose ce genre de question, soit c'est peut être une étape ou un passage (je pencherais + là dessus), soit peut être est ce parce qu'en fait il n'y a pas de grandes différences culturelles de base que ça la perd un peu, parce que c'est sans doute une question importante pour la facilité de se faire à un pays, voir s'identifier ?? c un peu une drôle de question et je suis pas sûre si je me fais comprendre, en plus ne connaissant pas "ses" deux pays... Ou peut être que son "1er chez soi" lui manque un peu tout bêtement... Chacun est différent et sans doute elle trouvera "sa" réponse un peu plutard . Salut Elsie [;)]
Choucarde
MO Montagne666 Veteran ·
Bon je reprends la lecture de cette discussion après un long moment, et ma foi elle est devenue très intéressante, et concorde totalement avec mes préoccupations actuelles...

Je préfère parler d'héritage, un mot qui me semble plus adapté à l'Homme, et un héritage tu peux le trier et le transporter où tu veux ...

En fait, je crois qu'il y a une différence entre l'Héritage, et les racines. On peut hériter de certaines façons de voir le monde, de certains comportements, d'idées, de bijoux, de maisons... même si cela remonte à plusieurs générations. Mais je crois que les racines sont autre chose. On a les racines que l'on choisit d'avoir (ou pas d'ailleurs). Avoir des racines quelque part, c'est se sentir chez soi dans cet endroit, qu'il soit celui de naissance ou non.

A la question "qu'est-ce qu'être chez soi", je vais essayer de répondre mais ce ne sera qu'un avis bien subjectif. Pour moi être chez soi ne veut pas dire "être en totale harmonie" avec l'environnement, d'ailleurs c'est illusoire.

Cela veut plutôt dire que dans cet endroit, on ne se sent pas étranger. Mais je crois que c'est aussi l'endroit où les autres ne nous considèrent pas comme étranger. Du moins c'est ainsi que je vois les choses. Dans le cas du "chez-soi" à l'étranger, l'intégration doit être des deux côtés: celui qui émigre doit faire des efforts pour s'adapter, et adopter au moins en partie la culture, les habitudes locales (la langue en premier lieu), et les autochtones doivent accepter la nouvelle personne comme nouvelle résidente. Ca peut d'ailleurs prendre un temps fou, et parfois ça n'arrive jamais.

Et plutôt que "d'adopter" les habitudes locales, je parlerais plutôt de "comprendre". Dans tous les pays du monde, on trouve des gens qui sont en rupture avec la pensée majoritaire, avec les traditions, le mode de vie. Mais ces personnes comprennent la culture qu'ils rejettent, car ils en sont issus. Donc je crois que c'est la même chose si l'on s'expatrie. On peut rejeter tout un tas de choses dans le pays où l'on décide d'habiter, mais on ne peut y être vraiment chez soi tant que l'on a pas compris son environnement, pourquoi les gens réagissent de telle ou telle façon, pourquoi ils voient le monde de telle ou telle façon.

Je suis d'accord avec Williama lorsqu'il dit que nous emportons partout notre culture, qu'on la rejette ou qu'on la brandisse. On ne peut pas effacer toute un conditionnement, venant des parents et de la société qui nous entoure. Je crois que c'est une illusion de dire que l'on peut se débarrasser totalement de tout ça. Mais peut-être ai-je tort. Par contre la tourista est un exemple scabreux... lorsque l'on reste longtemps dans un endroit, on a pas de problème de turista, et cet exemple ne reflète en rien le sujet de la discussion, qui ne parle pas de voyage, mais bien de résidence.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
CO Colorianne Regular ·
Bonjour, C'est peut-être très prosaïque et primaire, ce que je vais dire, mais mon impression est que l'on peut parvenir à se sentir chez soi n'importe où, que ce soit simplement dans une chambre d'internat ou de foyer, un appart, une maison, une ville, une région ou un pays, voire la terre entière - et ce quels que soient l'environnement, la culture et nos connaissances à leurs propos - à la condition d'investir le lieu, c'est-à-dire en s'impliquant : matériellement, émotionnellement, affectivement ou par n'importe quelle autre voie... Certes, il est toujours plus facile de le faire sur une terre abritant la mémoire de nos aïeus et au sein d'une culture familière, parce qu'on s'y sent d'emblée plus en sécurité (en général, j'entends) et que cela facilite le lâcher-prise nécessaire à l'investissement personnel, qui est un genre de don de soi, ou plutôt d'abandon de soi à notre environnement.
CH Choucarde Globetrotter ·
Oh que c'est bien dit ça !
Choucarde
EL Elsie Regular ·
Pour moi le chez soi, celuis dont je parle, c'est l'identification culturelle. Tu peux detruire un pays, le bombarder, detruire les familles, leur enlever leurs richesses, les conquerir, les dominer et les exploiter mais ces personnes s'identifieront toujours a la culture dans laquelle ils sont nees, dans laquelle ils se sont epanouies. Il est possible de detruire un pays mail il est beaucoup plus difficile (voir impossible) de detruire une culture.
Il faut rajouter de la vie aux années...et non des années à la vie.
AV Avionna Regular ·
Bonsoir,

Dans le sens tout juste évoqué, peut-on parler de la civilisation des Mayas / Incas ou de leur culture ? Peut-on parler de la civilisation des Maoris /First Nations People ou de leur culture ? Peut-on s'impregner de la culture des Mayas ? Peut-on s'impregner de la culture des Maoris ? Parle t-on de civilisation quand les peuples sont morts/disparus et parle-t-on de culture quand les peuples sont encore vivants ? Le voyageur quand il voyage le long du Nil, cherche t-il à s'immerser dans la culture égyptienne ? Le voyageur quand il voyage le long du Gange, cherche t-il à s'immerser dans la culture indienne ? Ce pourrait être un jeu de mots ou bien un exercise de sémentique mais les questions illustrent les préjugés avec lesquelles on commence son voyage avant même d'être parti de chez soi. Le respect que l'on offre / reçoit va dépendre en partie du concept de valeur que l'on a de la civilisation /culture des endroits que l'on visite et de nos préjugés (inculqués) si minuscules soient-ils.

Pour en revenir au " Entre deux chez soi " ........c'est avoir le privilège de se sentir comme la tortue marine capable de vivre à la fois dans l'eau et hors de l'eau, tout naturellement, tout fait à l'aise partout [;)] et c'est aussi le privilège d'y vivre plutôt que d' y exister [:)].

Bonne journée Cordialement Avionna
John Greenleaf Whittier : ** For all the sad words of tongue or pen, the saddest are these : It might have been **
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour Giulia,

" A la question "qu'est-ce qu'être chez soi", je vais essayer de répondre mais ce ne sera qu'un avis bien subjectif. Pour moi être chez soi ne veut pas dire "être en totale harmonie" avec l'environnement, d'ailleurs c'est illusoire.

Cela veut plutôt dire que dans cet endroit, on ne se sent pas étranger.Mais je crois que c'est aussi l'endroit où les autres ne nous considèrent pas comme étranger. "

Hum... là on retombe dans la nécessité d'identification au groupe au sein duquel on vit, non ? Je suis plutôt de l'avis de choucarde *(bonjour, Anne [:)]) sur le coup. Je dirais qu'il est possible de se sentir "chez soi" si on accepte suffisamment (le seuil doit varier d'une personne à l'autre) les coutumes, modes de vie... en vigueur là où on se trouve, et si on est accepté, même en tant qu' étranger. C'est à dire que les relations avec ton entourage sont fluides, sans heurts...

Tiens, je dirais que je me sens "chez moi" à partir du moment où je fonctionne sur des automatismes...

Et puis, le "chez soi" ne concerne pas seulement l'humain, me semble-t-il. L'environnement naturel compte aussi (il me semble qu'il me serait difficile de me sentir chez moi en Laponie ou dans un endroit sans ail et huile d'olive- terriblement prosaïque, je sais )

Catherine

* Je ne pense pas que l'on puisse tout accepter non plus (je pense par exemple à des choses dures comme l'excision ou certains actes de fétichisme dans certains pays), en tous cas il faut parfois faire avec par obligation meme si on aimerait faire qq chose, parfois profil bas pour ainsi dire car ce sont des choses dont parfois c très mal vu que l'on y jette un oeil ou qu'on s'en mêle, bref...Mais certaines coutumes ou us sont parfois agréables à partager aussi et ne sont pas difficiles à accepter ni à assister ou à assimiler, ou en tous cas à accepter et à comprendre. Quand on finit par faire certaines choses par réflexe et sans que ça pèse (les petites choses de tous les jours surtout), je pense qu'alors on peut dire qu'on s'y est fait au pays .
MO Montagne666 Veteran ·
Oui, c'est bien ce que je disais, tout cela est bien subjectif. POur ma part je n'arrive pas à me sentir "chez moi", même si j'arrive à me sentir "bien", dans un endroit où l'on me considère comme étrangère.

Quant à l'environnement autre qu'humain, oui c'est vrai qu'il est aussi important. Si l'on aime pas les grandes villes on aura du mal à se sentir chez soi à New-York ou à Istanbul, et dans le cas inverse à se sentir chez soi perdu au milieu des montagnes et des moutons. Mais peut-être aussi, ne me suis-je pas expatriée assez longtemps dans un pays étranger pour avoir une définition plus poussée du "chez-soi".
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque
CE Ceni ·
l'histoire ou la geographie ne font pas notre identite .la culture est un besoin culturel qui se cultive
recevoir pour donner

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