Bon je reprends la lecture de cette discussion après un long moment, et ma foi elle est devenue très intéressante, et concorde totalement avec mes préoccupations actuelles...
Je préfère parler d'héritage, un mot qui me semble plus adapté à l'Homme, et un héritage tu peux le trier et le transporter où tu veux ...
En fait, je crois qu'il y a une différence entre l'Héritage, et les racines. On peut hériter de certaines façons de voir le monde, de certains comportements, d'idées, de bijoux, de maisons... même si cela remonte à plusieurs générations.
Mais je crois que les racines sont autre chose. On a les racines que l'on choisit d'avoir (ou pas d'ailleurs). Avoir des racines quelque part, c'est se sentir chez soi dans cet endroit, qu'il soit celui de naissance ou non.
A la question "qu'est-ce qu'être chez soi", je vais essayer de répondre mais ce ne sera qu'un avis bien subjectif.
Pour moi être chez soi ne veut pas dire "être en totale harmonie" avec l'environnement, d'ailleurs c'est illusoire.
Cela veut plutôt dire que dans cet endroit, on ne se sent pas étranger. Mais je crois que c'est aussi l'endroit où les autres ne nous considèrent pas comme étranger. Du moins c'est ainsi que je vois les choses. Dans le cas du "chez-soi" à l'étranger, l'intégration doit être des deux côtés: celui qui émigre doit faire des efforts pour s'adapter, et adopter au moins en partie la culture, les habitudes locales (la langue en premier lieu), et les autochtones doivent accepter la nouvelle personne comme nouvelle résidente. Ca peut d'ailleurs prendre un temps fou, et parfois ça n'arrive jamais.
Et plutôt que "d'adopter" les habitudes locales, je parlerais plutôt de "comprendre". Dans tous les pays du monde, on trouve des gens qui sont en rupture avec la pensée majoritaire, avec les traditions, le mode de vie. Mais ces personnes comprennent la culture qu'ils rejettent, car ils en sont issus. Donc je crois que c'est la même chose si l'on s'expatrie. On peut rejeter tout un tas de choses dans le pays où l'on décide d'habiter, mais on ne peut y être vraiment chez soi tant que l'on a pas compris son environnement, pourquoi les gens réagissent de telle ou telle façon, pourquoi ils voient le monde de telle ou telle façon.
Je suis d'accord avec Williama lorsqu'il dit que nous emportons partout notre culture, qu'on la rejette ou qu'on la brandisse. On ne peut pas effacer toute un conditionnement, venant des parents et de la société qui nous entoure. Je crois que c'est une illusion de dire que l'on peut se débarrasser totalement de tout ça. Mais peut-être ai-je tort.
Par contre la tourista est un exemple scabreux... lorsque l'on reste longtemps dans un endroit, on a pas de problème de turista, et cet exemple ne reflète en rien le sujet de la discussion, qui ne parle pas de voyage, mais bien de résidence.
Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque