Carnet de voyage au sud du Maroc

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DA
Bonjour,

Comme promis avant le départ, je vous livre ici mon carnet de voyage, en espérant qu'il vous plaira. J'y ajouterai des photos pour illustrer, car je trouve les carnets avec photos toujours beaucoup plus intéressants et agréables à lire.

Merci à tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage qui fut vraiment une superbe expérience pour moi.

Pour ce break de Nouvel An Chinois, loin de l’Asie c’est au Maroc que je pars pour dix jours, à la découverte des beaux paysages du Sud du pays et aussi du désert.

Jour 1 : Départ et route jusqu'à Ait Ben Haddou par le Col de Tizi N Tichka

Lundi matin très tôt, je prends mon sac et rejoins mon covoiturage qui m’amènera directement à l’aéroport. Je trouve une très gentille jeune fille avec qui nous aurons une passionnante discussion qui me dépose devant le terminal sur la route de son travail. Il n’y a pas beaucoup de monde à l’aéroport et les formalités sont vite expédiées.

Le vol Swiss pour Marrakech est un peu en retard. C’est pas grave on est pas pressé. L’avion est plein à craquer, les hotesses ont été obligées de demander aux passagers avec les plus gros bagages à main de les poser en soute. Décollage au dessus des nuages, ils disparaitront un peu avant de passer le détroit de Gibraltar, superbe même depuis le ciel.

Nous arrivons en début d’après midi dans le terminal 2 de l’aéroport de Marrakech, magnifique bâtiment moderne. Première surprise, depuis le hublot, on est frappé par la proximité des montagnes enneigées, qui paraissent toutes proches de Marrakech. Superbe contraste, car la deuxième surprise c’est l’agréable température au soleil, une température digne d’un mois d’Avril - Mai en France.

Je récupère la voiture rapidement auprès de l’agent Hertz, une 208 quasiment neuve qui se révèle très agréable à conduire en plus d’être économe, parfaite pour le tour que j’ai prévu au Sud de l’Atlas.

Je branche mon GPS et sort non sans mal de Marrakech, il y a beaucoup de circulation et je n’avais pas compris qu’il fallait bien passer sous les murailles pour entrer dans la ville pour la traverser et non pas essayer de la contourner. Puis rapidement on arrive dans un paysage de montagne semi aride. La route est en très bon état. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter de temps en temps pour prendre quelques photos du paysage grandiose.

On suit le cours d’eau qui serpente au fond de la vallée, on passe des petits villages. Puis la montée du col débute lorsqu’un panneau annonçant une troisième voie de dépassement. C’est un boulevard pour grimper le plus haut col du Maroc à 2200m d’altitude, mais alors quel plaisir de grimper ces lacets sur une voie aussi large et dans un tel décor. Arret au col de Tizi N Tchika pour se dégourdir les jambes.



La vue depuis le col est grandiose.

De nombreux revendeurs attendent les touristes pour leur vendre des « pierres ». Je ne suis pas sur qu’ils doivent en vendre beaucoup, néanmoins ils ont une technique de vente très rodée. Je discute un peu avec eux, vu l’heure il n’y aura plus beaucoup de clients potentiels aujourd’hui. Un ancien me demande si je peux le raccompagner chez lui, plus bas dans la vallée à Aguelmouss. Je suis quand même un peu sur la défensive, étant donné l’accumulation d’énormités sortie de la bouche de son copain depuis que je suis arrêté pour me vendre une fausse pierre brillante, voyant cela il me dit « je suis berbère, les berbères sont corrects », argument imparable non ? Allez en voiture ! En route, on discute de la France et du Maroc dans la voiture, il a plus de 70 ans et a eu 7 enfants avec sa femme, qui l’attend à la maison, je le dépose chez lui. Il me propose de prendre le thé, je refuse poliment, le soleil est déjà bien bas et j’ai encore de la route. La vue depuis son village est splendide les roches sont rougeoyantes. La descente vers Ouarzazate se fait dans un paysage de moins en moins montagnard, on suit une vallée ou les abords de la rivière sont cultivés, avec des petits villages en bordure de route. Enfin, on arrive dans une zone désertique où l’on trouve des formes minérales extraordinaires, des monticules de terre couleur pastel, et pas un arbre. Les couleurs ressortent bien avec la lumière de fin de journée. On aurait envie de s’arrêter et explorer à pied toute cette zone, je me contenterai de les contempler depuis la voiture.

Mais je veux arriver avant la nuit à ma destination du jour, Ait Benhaddou.

A suivre...
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SO Soju Veteran ·
Merci pour ce début de voyage au Maroc. J'attends la suite.
SOJU
AN AnneF70 Regular ·
J’attends la suite avec impatience, car j’irai en voyage au Maroc également au mois d’avril, je pourrai peut-être me servir de votre expérience !
AY Aymeline6 Veteran ·
juste MERCI!!!!! je suis bien loin !!!!!!!!!!!!et de mon bureau, grâce à cet écrit et à vos jolies photos je voyage... Bon je vais sortir fumer un clope et j'attends la suite !!!!! mais j'aime!!

A.
JE Jeeaan Globetrotter ·
Merci de nous faire voyager et profiter de toutes les belles lumières du Maroc.
DA Daming Regular ·
Merci pour vos messages, ça motive pour continuer !

Suite du jour 1...

La dernière portion de route est vraiment agréable, j’arrive finalement au village d’Ait Benhaddou, renommé pour son ksar, le plus bel exemple architectural de ce type de village fortifié du Sud marocain.

Je suis parti de chez moi très tôt ce matin et je n'ai pas envie de tourner en rond à la recherche d'une auberge. Alors je choisis de me rendre directement dans la première auberge noté dans le Routard, chez Brahim (300 Dirhams). Le feeling passe directement avec Brahim, et surprise il était lui aussi ce matin à Genève, de retour de son premier voyage en Europe ! Intéressant d'avoir son point de vue marocain sur ma région... Il me présente la chambre puis me conseille de m'installer sur la terrasse pour profiter de la vue. Mais quelle vue !! Depuis la terrasse de l’auberge, on domine le ksar de Ait Benhaddou est magnifique, et à cette heure tardive alors que le soleil est bien bas derrière nous, l’ocre de la pierre ressort de plus en plus. On m'amène un thé avec quelques fruits, je déguste face au spectacle du couchant, ça y est je ne bouge plus, je profite de ces couleurs si chaudes du Sud. Depuis la chambre, on a une vue directe sur le Ksar depuis le coussin !

Je fais connaissance avec un couple de chinois de Guangzhou qui loge aussi dans l’auberge, nous sommes en fait les deux seuls clients ce soir. C’est un couple de voyageurs chinois plutôt original car ils font un tour du Maroc pendant deux semaines en autonomie en alternant Couchsurfing et auberges et utilisent les bus pour circuler. Ce n’est pas vraiment l’habitude de la plupart de nos amis asiatiques que je rencontrerai pendant ce séjour, souvent en bus et qui font un trajet standard avec des arrêts minutés dans les haut lieux touristiques du pays. Nous passons une soirée très sympa sur la terrasse tout en contemplant le crépuscule tomber sur la citadelle. (je croiserai beaucoup de touristes chinois au Maroc, probablement un des plus grand contingent dans les zones touristiques, cela est notamment le fruit d’une volonté d’ouverture au tourisme chinois car ils n’ont plus besoin de visa pour séjourner au Maroc).

Par contre, sitôt le soleil couché, le froid arrive très rapidement. Heureusement j'ai été prévoyant et ajoute un sous pantalon sous mon jean et sort en doudoune avant d'aller diner. Grâce à cet accoutrement "alpin", je ne souffrirai pas du froid pendant ce voyage mais ça a été parfois limite.

Le diner dans l’auberge est gargantuesque, il y avait au moins à manger pour quatre ! Omelette puis tajine de poulet avec pain, et salade de fruit pour finir… j’ai fait le maximum pour terminer mon assiette mais impossible, j’espère que les restes d’un si bon repas ne finiront pas à la poubelle.

Puisque j’ai une chambre face à la vue, je règle mon réveil une demi heure avant le lever du soleil afin de capter les premiers rayons sur le ksar.

Jour 2 : Le Ksar de Ait Benhaddou et la palmeraie de Skoura

Le soleil se lève sur le désert rocailleux, l’oued serpente au milieu, quelques nuages pastel dans le ciel. Le village est encore paisible, mis à part le coq qui s’en donne à cœur joie.

La superbe vue au réveil depuis la fenêtre sur le ksar. On prend le petit déjeuner avec le couple de cantonais sur la terrasse, et puisqu’ils vont à Ouarzazate, je leur propose de les emmener car c’est sur mon chemin, ils acceptent. Avant de partir, je pars découvrir le Ksar de l’intérieur, ce que je n’avais pas fait la veille au soir préférant admirer le coucher du soleil depuis la terrasse de l’hôtel. Il y a deux moyens de traverser l’Oued entre le village nouveau et le Ksar, soit par le pont piéton au Nord, qui permet d’accéder à une entrée gratuite au site, soit par des sacs de riz qui permettent d’enjamber la rivière (mais accès payant sauf à revenir vers le pont piéton ensuite). Je choisis la deuxième solution, vu d'en bas, les kasbahs du ksar sont vraiment imposantes. Deux larges groupes d’asiatiques (hongkongais et japonais) ressortent déjà de leur courte visite, je suis à présent strictement seul dans le ksar, avec les deux trois guides, vendeurs de souvenirs et habitants bien sur… Il règne une ambiance très calme dans ces ruelles étroites. Certaines kasbahs ont été rénovées, c’est intéressant de rentrer dans une d’elle pour voir de l’intérieur. Il y a plusieurs étages, la vue depuis la terrasse est impressionnante. Au sommet du ksar se trouve le grenier collectif, l’Agadir, fruit du travail des villageois qu’il fallait défendre des pillages. On domine la région, avec l’Oued qui s’écoule vers le Sud et une zone désertique aux formes étranges à l’Est. Cette zone est composée de monticules de couleurs, comme sur le bord de la route de la veille, j’en profite et sort du ksar pour aller voir ces rochers de plus près. Depuis cette zone on a une vue différente sur le ksar, on ne peut pas deviner que l’Oued coule juste en contre bas, alors on imagine la citadelle surgir d’un désert au milieu de nulle part. De là je rejoins la palmeraie au Sud du ksar, beaucoup plus vert grâce à l’ingénieux système de canaux qui amène le précieux liquide vital dans chacune des parcelles.

J’aperçois aussi une grosse cigogne, mais c’est difficile de la photographier correctement, elle s’enfuie dès que je m’approche un peu, et je ne suis pas équipé de téléobjectif. Un dernier regard sur le ksar depuis la rivière, puis je rejoins le couple de chinois que j’avais proposé de déposer à Ouarzazate.

Au bord de la route, on tombe sur Brahim le sympathique aubergiste, qui va aussi à Ouarzazate, il monte dans la 208 lui aussi et c’est ensemble tout serré que l’on part, dans une voiture aux multiples langages, français, arabe, mandarin, cantonais, et heureusement anglais pour faire communiquer ensemble tout ce petit monde !

A suivre...
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TR Trostang Globetrotter ·
Génial votre récit. C'est exactement ce que j'aime en voyage:les rencontres et les paysages ! Merci et au plaisir de lire la suite.
DA Daming Regular ·
Suite du jour 2...

Nous déposons d’abord le couple de chinois au bus, puis Brahim en ville. Je continue mon chemin vers Skoura et à la sortie de Ouarzazate, après la station service à la sortie de la ville, j’embarque deux jeunes autostoppeurs. Dans la voiture ils me proposent de synchroniser leur téléphone en bluetooth à l’autoradio de la 208 pour me faire écouter la musique qu’écoutent les jeunes au Maroc (on arrête pas le progrès) c’est un très agréable moment qu’on partage.

J’arrive au gite la Palmeraie en bordure de la grande palmeraie de Skoura, prochaine étape de mon road trip. Le gite est très beau, encore une fois il n'y a pas encore beaucoup de visiteurs cette semaine, alors j'ai le droit à une chambre à l'étage sur la terrasse, avec salle de bains. C'est tout l'avantage de partir hors périodes de vacances scolaires.

La vue depuis la terrasse sur la palmeraie. Mohamed reçoit avec le thé à la menthe, il a une très fine connaissance de la palmeraie et m'explique le système de division des parcelles, c’est très intéressant. En fait, Mohammed a aussi des parcelles à lui qu'il cultive dans la palmeraie pour fournir les produits frais servis à sa table, c'est pourquoi il connait tant de choses. De plus, il connait très bien la région et il me recommande chaudement de profiter d'arriver pendant la période de floraison des amandiers pour faire un tour à Toundoute, un village au Nord de Skoura où il y en a beaucoup. Je note le conseil et on verra si on a le temps, j’espère bien car je ne suis pas là pour courir.

Je déballe mes affaires dans la chambre, et là survient un petit souci :

Un "petit" souci qui m’oblige malheureusement à repousser la découverte de la palmeraie, en effet mon sac avec le cash et CB a disparu entre le départ d’Ait Benhaddou et l’arrivée à Skoura. C’est embêtant car la base de la base de la base du voyageur responsable est de ne jamais mettre ses moyens de paiement ensemble, de les garder toujours séparés, éparpillés, afin d’éviter de se retrouver coincé. Je m’étais dit que je le ferai cet après midi, trop tard… Bon heureusement le passeport et le téléphone eux sont toujours là. Bon il faut être rationnel, je dois résoudre ce problème dans le bon sens. D'abord je fouille partout encore et encore. Comme la recherche est infructueuse, j’appelle la banque pour faire opposition puis trouve un moyen de récupérer du cash pour continuer mon voyage. Je ne suis pas fier de moi : je me suis fait avoir comme un bleu pour le coup : tout mettre ensemble, honte sur moi, par contre je ne veux pas gâcher mon voyage pour cela, donc j’agis au mieux pour régler le problème financier. En effet pour le moment je n’ai plus un Dirham sur moi, ni aucun moyen d’en avoir (à part bosser à la plonge à l’auberge peut être, je pourrai aller demander si ils cherchent quelqu’un). Donc dernier recours, je m'envoie un mandat cash à moi même d'un montant suffisant pour couvrir la totalité de mes dépenses sur place pour 10 jours que j'irai chercher au guichet de la banque au village.

Je pars me changer les idées en partant découvrir la palmeraie à pied.

Je ne pourrai pas la parcourir dans sa totalité avec mes jambes cet après midi, en effet la palmeraie fait 25km2, et compte presque 40 000 palmiers quand même.

Depuis l’auberge, on s’enfonce dans des petits chemins qui bordent des parcelles cultivées, beaucoup d’oliviers poussent ici aussi.

Je croise des kasbahs ici et là, ce sont d’imposants bâtiments avec les fenêtres décorées, mais certaines ont été abandonnées et n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. Ambiance fantomatique, renforcée par la solitude dans la palmeraie. On passe aussi des endroits ou les parcelles sont sèches et les palmiers parsemés, certains spécimens sont magnifiques. En revenant sur les pistes principales de la palmeraie, on croise des enfants qui jouent, des vieillards sur leur vélos, tout le monde sourit et on se salue, parfois on discute aussi, ils demandent d’où je viens puis parlent de la France. La palmeraie est immense et il y a surement beaucoup d’autres choses à découvrir, j’ai lu qu’il y avait aussi une possibilité de faire une balade au départ du musée de Ouarzazate, vers la grande kasbah d'Amerhidil. En tout cas, on se perdrait dans ce labyrinthe de petits chemins qui zigzaguent entre les parcelles de cultures.

Le soir, je mange au gite avec les autres touristes qui logent ici, français aussi. Je fais la connaissance d’un couple plus âgé et d’un couple plus jeune, la soirée est chaleureuse et on finit notre repas sur les histoires de pierres précieuses trouvées dans la région par Mohammed, qui en a une belle collection. A suivre...
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TR Trostang Globetrotter ·
On fait tous des erreurs...Il faut payer pour apprendre...Mais c'est trop décevant quand ça arrive. Je lirai la suite avec plaisir. J'ai moi-même passé quelques jours chez Mohamed en octobre dernier. Et ce fut bien sympa !
DA Daming Regular ·
Jour 3 : Deuxième visite de la palmeraie de Skoura (voiture) et Gordes du Dadès

Le lendemain matin, je profite d’une belle matinée ensoleillée pour refaire un tour dans la palmeraie, mais en voiture cette fois pour la parcourir en longueur, et traverser les oueds asséchés. Les points de vue sont superbes, d’autant plus qu’il a neigé sur les sommets de l’Atlas cette nuit. Je traverse deux fois un oued heureusement asseché. J'en profite pour prendre en photo mon fidèle destrier qui aura supporté toutes ces routes caillouteuses sans jamais tomber en panne. Les pistes de la palmeraie sont faisables en voiture de tourisme mais quand même, ca secoue beaucoup, l’impression est bizarre quand on retrouve le goudron, une sensation de voler en quelque sorte. Avant de quitter la palmeraie, je tombe par hasard sur la massive kasbah d'Amridil, un bel exemple de l'architecture de la région et symbole représenté sur les billets de 50 dirhams.

Etape administrative obligatoire maintenant, je passe au guichet de Western Union pour récupérer un peu de cash, car sans un Dirham, la suite du séjour allait être difficile. Le service de Western Union est en tout cas vraiment efficace, il ne m’aura couté que 25 euros pour recevoir dans l’heure de quoi tenir largement tout le reste de mon voyage au Maroc. Je recommande vivement comme solution rapide dans les cas extrêmes.

Maintenant que j’ai enfin refait le plein de Dirham, je suis soulagé quand même, je décide de reprendre mon programme et de me diriger vers les gorges du Dades, à une heure de route environ. La route est très agréable, très aride.

On peut rouler à 100km/h sur la plupart du parcours avant finalement d’arriver dans une zone un peu plus dense où c’est un peu plus compliqué car il y a plus de trafic, des gens sur le bas côté, pas mal de vélos et mobylettes, mais en général ca roule vraiment bien.

Il y a beaucoup de kasbahs dans les villages traversés, avec le Dadès qui coule au milieu.



Des cigognes ont choisi le minaret de cette mosquée comme nouvelle maison pour leur saison d'hiver.

On entre dans les gorges du Dades à partir de la ville de Boulmane, tout de suite on est saisi par la majesté du lieu : des montagnes aux tons ocres qui ont des formes torturées, des kasbahs en pisé au bord des palmeraies qui bordent l’Oued Dades. Je mettrai tout l’après midi pour rejoindre M’Semir au nord des Gorges tant je ferai d’arrêts sur la route.

















A suivre...
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DA Daming Regular ·
Suite du jour 3 dans les gorges du Dadès...

Sur la dernière partie du tronçon, les éboulements ont bien abimé la route, on passe des zones en gravillons où il est difficile de croiser, surtout avec un camion qui arrive en face. Au début les gorges du Dades sont larges et on peut admirer les montagnes ocres, avec les villages en contrebas, c’est superbe. Ensuite les gorges se resserrent et on grimpe en lacets jusqu’à un belvédère pour la photo classique de cette route touristique du Maroc.

Les gorges sont ici très resserrées.



Depuis le belvédère, la vue est plongeante sur cette route vertigineuse.



Le Dades coule en contrebas.





La suite est tout aussi intéressante, ca vaut le coup de continuer. On passe au fond des gorges creusées par la rivière, c’est pas long mais c’est impressionnant car la route est à moitié creusée, avec la rivière juste à côté. Les montagnes ressembleraient à ce qu’on imagine de l’Ouest américain, et les villages sont très jolis. Le Dades s’écoule en faisant de grandes courbes.





On retraverse la Dades et on passe une zone en cours de travaux. Les éboulements ont défoncé la route et elle est en cours de reconstruction, on passe vraiment au bord de la rivière, la lumière est douce, les couleurs captivantes.



On commence à grimper sur un plateau aride, les montagnes sont pelées.

La rivière en contrebas a creusé son chemin en lacets et on tombe sur la tortue du Dades, impressionnant !

Je cherche une petite supérette pour acheter de quoi grignoter. Le village M’Semir a un air de bout du monde, ambiance de village perdu au Tibet un peu. En revenant sur mes pas, les roches des montagnes ont pris une teinte rouge feu, le soleil commence à bien baisser, je retrouve avec plaisir certains des points de vue qui m’avait impressionné à la montée. Le changement de lumière chauffe le paysage tandis que le fond des vallées est maintenant dans l’ombre.

Je prends en chemin un autostoppeur qui descend à Boumalnes Dades, un grand gaillard très sympathique mais pas très bavard. On fait une petite pause photo/pipi pour moi et cigarette pour lui au point de vue des gorges.

Les bords des rues sont très animés le soir, tout le monde semble de sortie, il y a beaucoup de vie, mais il faut faire attention en traversant les villages et conduire avec prudence, surtout avec le soleil dans les yeux. Certains sont debout vraiment au bord de la route, d’autres sont en vélo sans éclairage sur la route. Et ça c'est dangereux franchement ! Entre les villages, la nuit noire et rien, sur ce grand axe routier qui file vers Ouarzazate, il n’y a personne, c’est un grand désert rocailleux.

Ce soir à l’auberge, nous sommes 8 touristes dont les deux couples d'hier avec qui j'avais sympathisé et des lecteurs du forum (qui se reconnaitront si ils me lisent) et nous mangerons ensemble un couscous de maïs. Encore une soirée très agréable et chaleureuse avec de belles discussions animées, qui finiront encore sur le thème des pierres précieuses de la région. Beaucoup semblent fascinés par la diversité des minéraux que l’on trouve sur les chemins et en bord de route.

A suivre...
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DA Daming Regular ·
Bonjour Daniel

Merci pour ton message. Par la suite dans le carnet je reviendrai à nouveau sur ce sujet car un dénouement inattendu arrivera... Suspense ;-)

J'ai aussi vraiment apprecié le séjour à Skoura chez Mohammed, vraiment une super ambiance, bien mangé, et calme !
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SO Songhai73 Globetrotter ·
bonjour un grand merci pour ce retour ! je suis désolée pour ta mésaventure ! en plus de 20 ans je n'ai jamais eu ni vol , ni perte , sauf une fois , la roue de secours ! mais la on ne s'en aperçois que quand il nous arrive une crevaison [:/] tes photos sont superbes , j'ai fait le même circuit début avril 2016 , je n'avais pas une si belle lumière ! je suis ravie que tu sois allé chez mon ami Brahim Bolkaid , je le connais depuis plus de 20 ans ! il était guide à l'époque et il fut le guide officiel de Madame Clinton en 99 quand elle vint visiter le ksar ! c'était une incroyable journée pour moi , j'étais la seule étrangère qui avait pu rester dans le village , mais la police m'avait enlever mon appareil photo ! interdit de photographier Madame qui était arriver avec un hélico et une sacré garde ! que de souvenir dans ce pays ! merci , j'attends la suite avec grand plaisir ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
LA Laury13 Regular ·
1000 Mercis Damien pour ce retour !![:)]

Les photos sont magnifiques, ce ocre sous ce ciel bleu limpide, j'adore

A ce jour n° 3, vous avez eu beaucoup de chance question météo et j'espère que cela va continuer, voilà un beau cadeau personnel que vous a fait le Maroc..., sans parler de la chaleureuse ambiance et compagnons de voyage.

Nous sommes toutes/tous impatients de lire la suite.

Bien cordialement

Laure
DA Daming Regular ·
Bonjour (voisine) Francia !

Brahim est vraiment super sympa, après être parti de son auberge, il m'a rappelé plusieurs fois sur mon mobile pendant mon séjour pour savoir si j'avais pu trouver une solution à mon petit souci. Super l'histoire de guide pour la First Lady, ça devait être une journée incroyable avec tout le service de sécurité qui devait grouiller de partout. Ces personnes ont vraiment une autre vie... Mais je me demande si ils ne passent pas à côté de l'essentiel du voyage c'est à dire la rencontre simple avec autrui, l'inattendu, la débrouille, au delà des magnifiques monuments.

Pour l'argent oui moi aussi, c'est bien la première fois. D'autant plus que je passe un peu plus d'un quart de l'année en voyage pour le boulot, et je n'ai jamais perdu ma sacoche avec l'argent, sauf là... Bon pour briser un peu le suspens à ce sujet (jour 6) : "tout est bien qui finit bien" !

J'espère publier la suite ce soir (Todhra).
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DA Daming Regular ·
Bonjour Laure

Merci pour ton message. Effectivement la lumière au Maroc est incroyablement belle et réchauffe d'autant les paysages incroyables du Sud. J'ai eu de la chance pour le temps, car à part le jour 2 et le dernier jour à Marrakech, j'ai eu un temps parfait.

J'essaie de tenir le rythme pour la suite (ce soir).
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AN AnneF70 Regular ·
Votre début de voyage va ressembler à mon itineraire ! Vos photos sont très belles. C'est très bien raconté. Moins cool l'épisode de la perte d'argent, j'espère que ça ne m'arrivera pas...
PB Pboulard Veteran ·
Hello Damien,

Merci pour ton carnet et tes jolies photos.

Ca me permet de profiter des gorges du Dades et de la route vers M'Semrir. Quand nous y étions en avril 2015, de fortes pluies avaient inondés les gorges et rendaient le passage impossible.

Bonne continuation pour la suite du carnet, Pascale
mes carnets de voyages : https://www.myatlas.com/Lofwyra
SO Songhai73 Globetrotter ·
bonjour Voisin ! je viens de regarder à nouveau toutes tes photos ! celle depuis la terrasse de La Maison de Brahim me file une sacrée nostalgie . j'y suis presque chaque année à cette époque , ça me manque beaucoup ! je constate comme toi qu'il y a beaucoup d'Asiatiques , tant mieux pour les gens qui travaillent du tourisme , car la fréquentation a bien baissé au niveau des Français surtout dans le sud de l'Atlas ! j'attends la suite , posé tranquillement au soleil sur ma propre terrasse , avec vue sur la montagne de la "dent du chat " ...tu dois connaitre ! à l'occasion je t'invite à partager un moment au bord de mon lac [;)] cordialement francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
JE Jeeaan Globetrotter ·
C'est super, je revis à travers ces photos tout mon voyage d'octobre. Merci. Et le gîte de La Palmeraie, on a y séjourné pour notre plus grand bonheur. J'ai hâte de lire la suite.
HA Hannahannah Globetrotter ·
J'attends la suite avec impatience Damien . J'ai beaucoup aimé la façon dont vous avez travaillé la lumière sur vos photos . Le récit pourras servir à ceux qui ont envie d'aller voir ces lieux . Dommage pour l'argent , mais il semblerait qu'il y ait un bon dénouement . Ma carte bleue ne me quitte pas , petite sacoche sous les vêtements très pratique et argent dans le sac pour ne pas mettre tout les œufs dans le meme panier . Une seule fois je me suis fait une grosse frayeur , plus de 600€'destiné à une asso que j'avais mis dans la sacoche , le cordon s'est cassé, heureusement dans la voiture, et en descendant j'ai trouvé la sacoche coincée dans la portière ...ouf ... Sinon je n'ai jamais eu une seule galère d'argent depuis les années où je me balade au Maroc . A bientot .
Que se vuelva la tortilla
VE Vero3000 Regular ·
Merci pour ce beau reportage plein de soleil et de suspens. Vivement la suite.
DA Daming Regular ·
Jour 4 : Les gorges du Todhra

Pour ce quatrième jour de découverte du Sud Maroc, je décide de partir un peu plus tôt car j’ai un peu de route, en effet je compte passer la journée dans les Gorges du Todhra, qui sont à un peu plus de deux heures de route. C’est un peu long ces allers retours car finalement ça fait passer beaucoup de temps sur la route, peut être un point de chute vers Boumalnes aurait été plus judicieux si on compte comme moi faire deux jours dans cette zone. Néanmoins l’auberge de Skoura est très agréable et on est content d’y rentrer le soir. Donc finalement, la contrainte de la route est effacée par ces soirées passées chez Mohammed.

Comme la veille, je prends la route qui remonte le Dades, puis après Boulmanes, je continue tout droit direction Tinghir. Le paysage sur le bord de route est lunaire, les montagnes au loin comme souvent dans la région arborent différentes bandes de teinte pastel. Au Sud, le massif du Djebel Saghro. Pas un arbre dans le coin, pas pratique si on a une envie pressante de faire pipi ?

En suivant l’oued Todhra en sortant de Tinghir, on tombe sur une magnifique palmeraie. La densité de palmiers est impressionnante. Depuis la route on a plusieurs points de vue différents sur cette palmeraie qui débouche des gorges et s’étire vers la plaine. Vue depuis une petite aire de repos sur le bord de la route, avec un chamelier qui attend les touristes pour la photo.



Des enfants se proposent comme guide pour visiter la palmeraie, néanmoins avec les hautes montagnes autour, je doute que ce soit nécessaire quand même.



Je profite d'un passage de nuages qui tachettent la montagne de couleurs plus sombre pour faire une dernière photo de ces palettes de pastel.



L’Oued a ici creusé profondément dans la roche pour se frayer un chemin tout en courbe, au point le plus profond, il y a 300m de falaise que les passionnés d’escalade ont trouvé comme terrain de jeu exigeant (un villageois m'a dit qu'un français a ouvert au village devant les gorges un magasin de matériel d'escalade).

On entre d'abord dans la gorge qui est encore plutôt large.

Le contraste entre l'ocre de la pierre et le vert de la palmeraie est grandiose. Puis on entre dans la gorge à son niveau le plus profond (après s'être acquitté d'un droit de passage de quelques dirhams), impressionnant. Le vent souffle fort dans la gorge et le soleil ne vient pas nous réchauffer, il fait très frais. J’ai emporté avec moi une vieille édition du Lonely Planet Maroc, et dedans il y a une suggestion de balade autour de la gorge. Je me gare après la gorge principale en face de la zone où se trouvent les grimpeurs. La montée se fait juste après le canyon principal par un escalier qui devient rapidement un chemin muletier facile à suivre. On grimpe dans un paysage minéral absolu. Une vieille dame passe avec ses ânes. A mon passage elle me demande de l'argent d'abord puis à manger. J'ai quelques amandes, que je partage avec elle. Ici aussi, tout comme dans les gorges du Dades, on a cette sensation d'avoir été téléporté dans des paysages de l'Ouest américain. Au col, le vent souffle fort, des gens ont utilisé des cailloux pour écrire des messages sur le sol en Amaghiz. La petite balade pour grimper est très sympa, pas trop longue, en se retournant on aperçoit la route. De l'autre côté, visiblement il y a une autre gorge, mais le chemin ne va pas dans cette direction. Au contraire, le chemin bifurque vers le Sud afin de contourner les gorges du Todhra et revenir vers le village au pied des gorges, au loin la palmeraie de Tinghir. Puis on découvre des habitations de nomades, qui vivent ici avec leur chèvres. Je rencontre une famille, que je ne dérange pas car le père est en pleine prière. La vue est extraordinaire depuis le sommet. Sur le chemin de la descente, je rencontre un enfant puis une femme puis un homme qui sont chacun dans ces montagnes avec leurs bêtes. Tous demandent de l’argent ou à manger, ou une cigarette. La descente est un peu plus difficile car il y a beaucoup de rochers sur le chemin et il faut faire attention à ne pas se tordre une cheville car on regarde le paysage plutôt que devant ses pieds, c’est tentant pourtant tant le paysage est grandiose. Ici les montagnes ont des formes bizarres, de longues stries partent du haut de la vallée jusqu’à l’autre versant en faisant comme des vagues. Alors que je descends en direction du village, j’entends l’appel du Muezzin parvenir de différents endroits de la vallée, en décalé les uns des autres, dans ce décor superbe. Je m'arrête et écoute ces appels, qui se chevauchent et emplissent le paysage de spiritualité.

A suivre...
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DA Daming Regular ·
Suite du jour 4...

On arrive au dessus des anciennes kasbahs du village de Tiguediz.

Je tombe sur des enfants qui eux aussi demandent de l’argent. Je refuse et ils n’insistent pas, par contre ils sont très intéressés pour voir mon téléphone de plus près. Je me prends au jeu et on passe une bonne demi heure ensemble; ils sont mort de rire en voyant les vidéos de mes enfants.

Pour rejoindre la route, il faut traverser l'oued. En contrebas il y a un pont de bois , ce qui me ramène au pied des gorges du Todhra.

La boucle m’a pris un peu plus de 2h30 jusqu’à la route, puis encore 1h pour remonter tranquillement la route vers la voiture garée de l’autre côté tout en discutant avec un villageois qui se promenait après sa journée de travail.

On retraverse ensemble les gorges qui ne sont plus directement éclairées.



La randonnée est vraiment intéressante à faire en plus de la découverte simple des gorges, qui peut être bref. Franchement je le recommande.

Au retour, le soir il n’y a quasiment plus personne, la route du fond des gorges est utilisée par les sportifs du coin qui font du des exercices physiques ou du foot alors que la gorge est maintenant rougeoyante.

Je profite de la lumière douce de la fin de journée pour refaire les points de vue sur la palmeraie du matin, ici des vieilles demeures qui émergent de la palmeraie.





Là une vue panoramique sur toute la palmeraie de Tinghir.



Le soir, il n'y a plus de vendeurs ni de chameliers, par contre des voitures sont garées et quelques groupes de marocains profitent de la vue tranquillement.

En tout il me faudra deux heures pour rentrer sur Skoura juste avant le diner.

Ce soir, nous serons en petit comité à la table de Mohammed, nos jeunes compagnons de la veille sont déjà partis en direction de Merzouga. Néanmoins, ce fut encore une fois une soirée riche de discussions passionnantes, plus intimes c’est incroyable comment le voyage permet de faire ce genre de rencontre inattendues et si enrichissantes.

A suivre...
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DA Daming Regular ·
Jour 5 : Route vers M'Hamid aux portes du désert par la vallée du Drâa

Aujourd’hui un long périple m’attend, je vais partir en direction de M’Hamid Gislhaine, tout au Sud du Maroc, là où la route s’arrête et ou commence l’univers des dunes du désert.

Avant d’arriver à M’Hamid depuis Skoura, il faut repasser par Ouarzazate, puis traverser une chaine montagneuse rocailleuse, longer la vallée du Drâa jusquà Zagora, puis poursuivre encore une heure jusqu’à M’Hamid. Dans une même journée, c’est plusieurs types de paysages que l’on voit défiler, et un trajet que le GPS donnait pour 4h me prendra toute la journée tellement je me suis arrêté pour voir le paysage qu’offrait cette superbe route. Pour information, il y a beaucoup de travaux sur cette route, mais c’est pas très gênant, les portions sans travaux sont quant à elle très roulantes.

De Skoura, on reprend la grande nationale jusqu’à Ouarzazate. J’aime beaucoup cette route, les formations rocheuses y sont très intéressantes avec les montagnes enneigées en arrière plan. Depuis Marrakech, je ne m’étais pas encore arrêté pour faire le plein. J’ai fait environ 1000km et il me reste encore les ¼ du réservoir. Mais vu que je pars pour un grand voyage, je préfère faire le plein dans la grande ville, à Ouarzazate. Au Maroc, le diésel est moins cher qu’en France, je le paye 9,4 Dirham le litre, les trois quart du plein me coutent 330 Dirham. Le cout au kilomètre de la 208 est vraiment faible, c’est impressionnant de sobriété ce moteur Peugeot. En parlant voiture, je suis bluffé par toutes ces vieilles voitures qui roulent au Maroc. Dans la station service, il y a beaucoup de jolis spécimens qui ont du voir passer des centaines de kilomètres, pour la plupart ce sont des voitures qui ne roulaient plus en France quand je suis né (ou alors pas assez longtemps pour que je m’en rappelle) : des 4L, des Peugeot break (dont je ne connais pas le nom), une Renault 5 (et non pas une Super 5), et puis les légendaires grosses Mercedes de l’époque (celles-là je m'en souviens bien par contre, y en a qui roulent encore ici). Il y a aussi beaucoup de Dacia, modernes elles. Des Lodgy pour les taxis, des Logan et quelques Duster. On voit finalement peu de voitures neuves dans ce coin du Maroc. Tous les jours sur la route, ces vieilles voitures en tout cas me fascinent, pour une bonne partie d’entre elle, je suis incapable de savoir quel modèle c’est, car j’en ai jamais vu en France. Je remarque aussi pas mal de camions Berliet sur la route, une autre marque dont j’ai entendu parler mais dont je n’avais jamais à quoi cela ressemblait. J'en prendrai plein en photo tout au long du séjour et j'en mettrai une petite sélection à la fin.

Le plein fait, je reprends mon long chemin plein Sud.



Les amandiers semblent démarrer leur floraison, Mohammed avait raison, et cette touche de blanc va encore plus embellir le paysage de la région jusqu'à la fin de mon voyage. Après Ouarzazate, la route s’attaque au premier massif, un espace minéral ou il ne semble n’y avoir aucun végétal qui ne pousse, sauf quelques palmiers ici ou là.



La roche de ce massif est bien plus noire qu'ailleurs.

Cet espace vide est impressionnant, on traverse quelques rares villages, puis on passe des cols depuis lesquels on a une vue panoramique sur ces vallées désertiques. Au loin, on aperçoit le relief étonnant des montagnes, qui ressemblent à des pains de sucre noir, au retour j'irai voir cela de plus près. L’Oued a creusé des profondes vallées et serpente en contrebas.

Encore une bizarrerie minérale, des sillons creusés dans la montagne, comme des lignes d'altitude des cartes IGN.

Puis on redescend vers la vallée du Draa. Les végétaux refont leur apparition. La photo ne le rend peut etre pas bien, mais cette montagne a des teintes verdâtres !



Au dessus d'Agdz, une autre montagne aux formes torturées.

On arrive à la palmeraie qui longe le Drâa. Dans cette palmeraie, la densité de palmiers est vraiment importante, il y en a vraiment énormément. Je fais plusieurs pauses pour profiter de jolis points de vue. Les villages sont de l’autre côté de l’Oued, la route bordant la palmeraie directement. On peut voir certaines grosses kasbahs dépasser de la végétation. La route est magnifique mais il y a beaucoup de zones de travaux encore et il faut faire très attention.

Sur une zone où les engins de chantiers sont garés en bord de route, on a une vue panoramique sur la palmeraie.

Après Zagora, il reste encore une heure de route jusqu’à M’Hamid. La fatigue de la route se fait sentir, il me tarde de voir ce désert de dunes de sable tant imaginé. A Zagora, il n’y a pas de dune en tout cas, la route continue tout droit plein Sud.

On traverse une large vallée bordée de montagnes ocres, puis le sable apparaît par endroit, accroché autour des arbustes.

Je suis tout content de voir concrètement que j’arrive au désert. Une dune isolée, la dune de Tindou, dépasse dans cette plaine, elle semble perdue au milieu de nulle part.

On passe le premier col, la vue sur cette vallée est incroyable, on se sent vraiment face à la vue fantasmée de l’Afrique avec ces arbres éparpillés (acacias ?).



Vue du col sur une des trois vallées avant M'Hamid.

Puis la deuxième vallée tout aussi magnifique, avant d’arriver aux vraies dunes.

Finalement, on a envie de s’arrêter sur l’une d’entre elles pour fouler de nos pieds le sable doux du désert. Le désert dans ce coin est en tout cas encore très végétalisé, il y a beaucoup d’arbres et d’arbustes autour desquels le sable s’est aggloméré pour former des dunes.

A M’Hamid, la route s’arrête, c’est ici que commence le désert. Au bout du village qui fait 300m de long le goudron laisse la place à la piste, domaine réservé des 4x4. Je retrouve Martine avec qui j’ai préparé le trek dans le désert. On discute un peu chez elle, je découvre qu’elle a habité la même ville que moi, que son fils a travaillé dans le même organisme que moi, quelle coïncidence, c’est drôle de parler de cela tout au bout du Maroc...

C’est avec Mustapha et Mohammed que je vais partir le lendemain matin, pour l’heure ils m’amènent à l’hébergement du soir à la Palmeraie. Le soir je reste dehors pour contempler le ciel étoilé au dessus des tentes de bivouac, je n'ai pas envie d'aller me coucher avec ce spectacle au dessus de la tête.
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AY Aymeline6 Veteran ·
j'aime.......j'adore !!!!!! que dire !!! les photos terriblement jolies et les commentaires ++++++++++++

merci je voyage !!!!!!!

A.
LA Laury13 Regular ·
Sublimes photos et commentaires Damien, quel beau cadeau que vous nous faites par ce partage

Je ne connais pas la Vallée du Dadès ni les Gorges du Todhra, vous m'avez donner envie d'y aller. Vos photos sont magnifiques !!

Vôtre continuation dans la Vallée du Drâa me ramène au milieu des années 80' qui fût pour moi mon tout 1er grand voyage : il s'agissait du Maroc, d'autres allés suivre par la suite. A l'époque, j'avais adoré le Sud du Maroc.

A cette époque, ni touristes Chinois, Japonais... Alors, je dirais : vu que beaucoup de Français ont malheureusement désertés le Maroc, ces flots de touristes asiatiques sont un plus pour les marocains qui vivent essentiellement du tourisme.

Je voudrais pouvoir faire comme vous Damien, louer une voiture et parcourir tous ces beaux paysages, mais la seule chose qui me retienne, c'est la conduite des marocains, je ne suis pas sûre d'être capable de conduire au Maroc...

Concernant vôtre petite anecdote sur vôtre discussion avec Martine tout au "bout du Maroc", je vous répondrez par un : "c'est çà la Vie...".

Nous attendons la suite et à vous lire, je reste persuadée que vous reviendrez au Maroc !

Bien cordialement

Laure
TR Trostang Globetrotter ·
On attend le dénouement. J'avance une possibilité. ...Le sac est resté chez Brahms à Aït Benhadou ?
DA Daming Regular ·
Jour 6 : Trek dans le désert autour de M'Hamid

En début de matinée, Mustapha et Mohammed arrivent avec deux grands dromadaires qui seront nos porteurs pour ces 2 jours dans le désert. Franchement, j’aurai jamais imaginé que cet animal, le dromadaire était aussi grand. Après avoir chargé les dromadaires, nous partons en direction de la palmeraie. Par chance, on tombe sur un plan d'eau sur le bord de la route, ils se remplissent la bosse bruyamment, ils savent probablement que ce genre d'opportunité n'arrive pas souvent.

On traverse d’abord la palmeraie avant d’arriver dans le vieux M’Hamid, on traverse les petites ruelles bordées de maisons en pisé. Nous continuons dans la palmeraie, on a un peu du mal à avancer car certaines zones sont pleines d'eau (c'est un comble) et les dromadaires ont beaucoup de difficulté à progresser dans la boue, ce qui peut même se révéler dangereux pour eux, car leurs pattes sont plus faites pour marcher dans le sable que dans l'eau.

On sort de la palmeraie, puis on commence à fouler le sable du désert.

On s’arrête à l’ombre de palmiers pour le déjeuner.

Mustapha décharge les dromadaires et installe le coin repas et la cuisine nomade, il prépare un superbe repas avec assurance, ses mouvements sont justes, le repas excellent, je me régale comme rarement. En plus le cadre est vraiment unique, dans le calme du désert.

Pendant ce temps, les dromadaires sont aussi allés manger, mais pour éviter qu’ils ne s’éloignent trop, Mustapha leur a attaché une corde courte entre les jambes de devant, ainsi ils ne peuvent faire que des très petits pas et rester dans les environs.

Petit à petit, le vent se lève, d'abord une petite brise puis progressivement sa force soulève du sable qui s’infiltre de partout. Je protège mes affaires, notamment l'appareil photo mais c'est peine perdue, le soir je remarquerai qu’il y aura même du sable dans mon sac de couchage fermé !

L’après midi nous quittons le désert de terre séchée et durcie pour des dunes de plus en plus grandes. Cette partie n'était pas la plus belle du désert, par contre il a été beaucoup plus facile de progresser sur cette terre dure plutôt que dans le sable mou.

En route, je prends en photo des arbres très photogéniques, un acacia ?



Un autre spécimen (je ne connais pas le nom).



Un minuscule arbre qui a déjà une belle forme proportionnelle.



Des arbres au tronc torturé.



Les dunes se font de plus en plus imposantes. Par contre je suis étonné de voir que le désert est tout sauf vide de vie. De nombreux arbres parsèment le désert et s'accrochent aux dunes.



Le vent souffle très fort et le sable s'envole au dessus des dunes.

De belles formes ondulées, et ce n'est que le début car au fur et à mesure de ces trois jours, ce sera de plus en plus magnifique.



Le vent rend la progression difficile, je suis content d'avoir acheté un cheich avant de partir. Je ne laisse que les yeux à l'air libre et je suis obligé de les garder plisser. Je n'ai pas envie d'attraper une infection aux yeux pour ce premier jour, d'autant plus que je n'ai pas pris de collyre (ou de lunettes de soleil). Ce vent est une chance par contre, car il sculpte les dunes et creuse des rainures très marquées sur les dunes, qui sont amplifiés à mesure que le soleil descend.



On retrouve une partie de désert très végétal avec beaucoup d'arbustes à la couleur orangée.



A suivre...
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DA Daming Regular ·
Suite du jour 6...

En fin de journée, la lumière rend le cadre encore plus époustouflant, bien sur je m'éloigne un peu de mes guides pour trouver des points de vue différents sur le désert.



De belles courbes se dessinent.



Un tronc d'arbre mort avec des dunes en fond.

Nous arrivons dans la zone des dunes du chacal, ou nous passerons la nuit.



C'est bizarre toutefois ces tas de sables qui alternent avec des endroits où il n'y a que de la terre durcie. Avec tout ce vent, on pourrait imaginer au contraire que le désert devrait devenir rapidement tout plat...





Nous nous arrêtons au creux de la plus grande dune des environs. Je monte la tente canadienne pendant que Mustapha et Mohammed installent la leur. Enfin je peux enlever mes chaussures. Toute la journée j'ai marché avec mes baskets, des chaussures fermées. Alors que mes deux guides eux étaient chaussés de sandales à scratch. Le problème des chaussures fermées c'est que le sable rentre petit à petit à chaque fois que l'on soulève le pied qui s'était enfoncé. A la fin de la journée, non seulement la chaussure est bien plus lourde car tout l'espace disponible a été rempli par le sable fin, mais en plus le sable s'est compacté, tassé, écrasant les doigts de pieds. Une sensation pas très agréable... Donc, sitôt arrivé au camp, je me déchausse et repars me promener pieds nus, avec la sensation de liberté ! Je grimpe sur les hautes dunes, ce qui demande un effort, mais la vue d'en haut en vaut la chandelle. Nos dromadaires profitent eux aussi de la liberté de fin de journée. Le vent n'a pas cessé, et sur certaines dunes, il est vraiment intense. Les dunes sont marqués par des sillons à cause du vent. D'ailleurs Mustapha m'avait dit qu'à son avis après le coucher du soleil, le vent tombera, et ce fut le cas... Très fort.

Je me trouve une belle place voir le coucher de soleil sur le désert, moment magique…

. avec une lumière douce.

A ce moment là, le sable prend une couleur ocre presque irréelle. Je suis rejoins par Mohammed, il s’assoit à côté de moi, on discute tranquillement alors que le soleil nous joue un superbe spectacle.

Le soleil va disparaitre. C'est fou comme un coucher de soleil est un moment qui donne ce sentiment de plénitude à celui qui prend le temps de le regarder. Mais alors dans le désert cette sensation de sérénité absolue est totale. On a envie que ce moment soit imprimé au fond de soi pour le garder et le remémorer de temps en temps. C'est un peu ce que l'on essaye de faire avec nos photos d'ailleurs.



Puis la nuit arrive très rapidement, avec elle la fraicheur puis le froid.

Il nous faut donc rapidement se mettre en quête de bois pour le feu. On trouve du bois mort sur une dune. Mohammed grimpe avec aisance (et pieds nus) et arrache des branches mortes en équilibre. Plus bas, je ramasse le bois et le ramène au camp.

A suivre...
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DA Daming Regular ·
Suite et fin du jour 6 :

Notre recherche de bois est plutôt fructueuse, jugez plutôt.

Ce sont maintenant les dernières lueurs du jour. Chargé de mon tas de bois sur l'épaule, je me permets quelques photos de ce désert qui est passé de l'ocre au pastel.

De retour au camp, Mustapha a déjà commencé à préparer un diner de grande classe. Il est en train de pétrir un pain de sable, qu’il fait cuir enfoui dans le sable couvert de braises. On prend un thé à la menthe dehors, à côté du feu. Tout le diner est encore une fois très savoureux. Après le diner, je pars dans les dunes pour regarder les étoiles. Je reste assis en haut d'une dune pendant un très long moment, emmitouflé dans ma doudoune et les pieds enfoncés dans le sable encore chaud. Le spectacle du ciel est fantastique, on voit plein d’étoiles filantes, et même quelques avions. Je m'essaye à quelques photos astronomiques, mais rien de bien concluant. Il faut dire que mon appareil photo n'est pas très performant pour cela, car je n'ai pas de visée optique. Tant pis, je tente une photo de la tente en laissant une lampe de poche éclairée dedans.



La nuit sera fraiche, mais pas aussi froide que je redoutais. Le sac de couchage 5°C a suffi même si j’aurai du prendre avec moi des grosses chaussettes car c’était un peu juste pour les pieds le matin.

A suivre...
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SO Songhai73 Globetrotter ·
On attend le dénouement. J'avance une possibilité. ...Le sac est resté chez Brahms à Aït Benhadou ?

il ne brame pas Brahim ! [;)] quoique ! il est vraiment génial ce carnet ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
SO Songhai73 Globetrotter ·
bonjour j'y crois pas !!!!!!! tu as retrouvé Martine ????????? au fin fond de son désert ? ho que tu me donnes envie d'aller la retrouver dans ses dunes .... whaouuuuu , ça me manque trop ! tes photos sont vraiment top ! salut voisin et merci ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
HA Hannahannah Globetrotter ·
Bravo Damien ,

Je crois que c'est la premiere fois que je vois des photos et un récit de cet itineraire de M'hamid , dont nous parlons souvent sur ce forum , aussi bien détaillé , documenté, et ce qui ne gâche rien avec une bonne écriture .

Il, y a très souvent des photos de Merzouga , mais peu de M'hamid et de ses immensités .

Apparemment le Treck a été bien préparé , la cuisine bonne , les accompagnateurs compétents et agréables . Ce serait bien que tu nous donne les coordonnees de l'agence par quî tu es passé . J'attends la suite avec impatience . Hannah .
Que se vuelva la tortilla
BL Bluequark Veteran ·
Bonsoir Damien,

Très cool ce carnet. Il le donne une furieuse envie d'aller faire un tour au Maroc. Je le suis avec un grand plaisir.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
VI Viovio2 Regular ·
Trop beau! Un grand merci Damien.
CJ Cjtroc Regular ·
Merci pour nous et pour les gens de Mhamid qui grace a toi vont voir arriver de nombreux voyageurs en quête des ces paysages merveilleux, sans compter la découverte de ces descendants de Touaregs toujours aussi chaleureux. J'y étais a Noël avec toute la famille. Fabuleux. Autre agence de Mhamid, (avec 4x4 et en bivouac sauvage) et toujours le même bonheur.
« On parle toujours de la violence du fleuve qui déborde ses berges - jamais de la violence des berges qui enserrent le fleuve... » disait Berthold Brecht
DA Daming Regular ·
Jour 7 : Des dunes du chacal aux dunes de l'Erg Chegaga en dromadaire puis 4x4

Par chance, je me réveille aux premières lueurs. Il faut dire que le dromadaire a dormi a côté de moi et je ne sais comment il fait ce bruit bizarre, on croirait une gourde que l’on agite quand il bouge dans le silence du désert, puis il se met à mastiquer. Lorsque je sors la tête de la tente, cet énorme animal me regarde avec son air placide en ruminant. Je m’habille en vitesse pour monter sur une dune voir le soleil se lever. La douceur de la lumière sur les dunes, le vent léger souffle, le visage refroidi par la nuit est réchauffé dès les premiers rayons. Encore un moment extraordinaire. Le soleil éclaire progressivement le désert dans le silence le plus complet.

Toujours une aussi belle lumière, le Maroc m'aura vraiment gâté. Avant de prendre le petit déjeuner, une petite balade aux alentours s'impose. Je pars plein Est voir une dune que je n'avais pas exploré la veille au soir. Le feu repart rapidement et on mange un solide petit déjeuner au pied de la dune. C’est déjà l’heure de repartir, on remballe le camp et je monte sur le dromadaire pour la matinée. Ca change de la marche, on est vraiment en hauteur sur l'animal. On marche encore un moment dans les dunes avant de traverser l’Oeud Drâa qui est actuellement complétement à sec. Il y a peu de sable dans cette zone du désert, on marche sur un sol soufflé par le vent du désert, la terre est dure, le soleil tape très fort, bien que l’on soit début Février. D'ailleurs, je sens mon bras qui commence à rougir et à piquer, je le couvre avec le cheich pour éviter de finir la journée avec le coup de soleil de l’année. Mustapha va voir si il y a de l'eau dans le puit abandonné par des paysans qui ont préféré fuir le désert pour vivre à M'Hamid. C’est en marchant que l’on ressent vraiment le désert. Je voulais vraiment vivre cette expérience de trek dans le désert et y dormir, c’était un moment incroyable, on trouve une grande sérénité et beaucoup d’humilité envers la Nature. Le désert est un endroit parfait pour réfléchir. En début d’après midi, alors que l’on se dit au revoir avec Mustapha, j’ai déjà envie de revenir à M’Hamid pour marcher encore plus longtemps. Une prochaine fois, c’est sur ! Alors que Mustapha rentre à M’Hamid avec les dromadaires au galop (impressionnant son départ d'ailleurs) pour accompagner un autre groupe qui arrive en fin d’après midi, je pars avec Mohammed aux dunes de Chegaga en 4x4. Il vient nous récupérer et nous traversons le désert pour aller passer la fin de journée et dormir aux pieds des plus hautes dunes du Maroc, à 40 km de là. La piste alterne champs de cailloux, sable mou, terre durcie... On se croirait dans un rallye raid, c'est la première fois pour moi mais c'est vraiment impressionnant. Au loin, les montagnes bordent le désert. Encore un autre arbre solitaire. On traverse le désert avec ses différentes facettes, le désert de cailloux est impressionnant par son aridité. Quelques accacias seulement poussent ici et là. Puis nous arrivons à un puit, nous prenons de l’eau que nous chargeons dans la benne du 4x4 pour ravitailler des nomades un peu plus loin. Ils vivent avec leurs bêtes dans des conditions très sommaires, au milieu de tous ces cailloux. La vieille dame fait un signe à Mohammed en montrant son bras, je devine le sens, elle demande de l'aide pour décharger les bidons d'eau. Pas de souci, on se met tous les deux au boulot, c'est un minimum que de ne pas la laisser décharger elle-même, déjà moi je les trouve bien lourd ces bidons !! L’oasis sacré est un arrêt pour tous les 4x4 qui amènent les touristes sur la piste de Chegaga. Une source coule ici, des palmiers ont poussé autour. Un hotel a aussi été construit ici. A côté de l’oasis se trouve une belle carcasse de voiture abandonnée. Les arbres autour de l'Oasis sont aussi très jolis.

A suivre...
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MA Marie29280 ·
Magnifique ce carnet. Merci. Nous voyageons dans notre canapé avec une seule envie : y aller. Les photos sont superbes. Bonne soirée
DA Daming Regular ·
Merci beaucoup Marie pour le commentaire. Oui le Maroc est vraiment une destination superbe !
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MI Milo53 Regular ·
Quel plaisir de voir tous ces magnifiques paysages, nous qui sommes tellement attachés au Maroc, on adore votre reportage.
AL Aleph240758 Veteran ·
bravo mais que c'est beau ce soir j'en parlai à une famille originaire d' Agadir , ahh elles étaient contentes de me voir émerveiller par le biais de ton carnet !! merci ça donne envie d'y partir vite mais elles m'ont dit qu'il y pleuvait beaucoup en ce moment .... donc je vais attendre un peu [:)] à la fin de ton carnet pourras tu nous donner les coordonnées des agences et leur tarif mais à la fin , ne te déconcentre pas[;)] merci pour ce beau partage mariejo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
DA Daming Regular ·
Bonsoir,

Merci pour le gentil commentaire.

Oui à la fin est prévu un récapitulatif plus concret (hébergement, location de voiture, agence, budget, etc.).

C'est vrai que ce pays est vraiment attachant, c'est un tout qui donne ce sentiment de vouloir vite y revenir. L'avantage c'est que ce n'est pas très loin et plutôt accessible. Pour ma part, je souhaite maintenant y retourner avec mon fils qui veut aller dans le désert avec papa...
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DA Daming Regular ·
Merci beaucoup Michelle pour votre passage !
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DA Daming Regular ·
Bonjour Pascale, C'était en 2015 alors. Car les stigmates de ces inondations sont encore bien visibles. C'est pour cela que la route est parfois fermée et on roule sur le bord du Dades à côté des engins de chantiers. Le chantier est monumental, des pelleteuses sont en train de raboter la montagne pour la sécuriser, à mon avis il y en a pour un long moment encore...

Merci pour ton message.
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DA Daming Regular ·
Bonsoir Francia,

Oui je vois très bien la Dent du Chat, on vit aussi dans un très beau coin il faut dire. Merci pour l'invitation, ce serait très sympa.

Concernant les touristes asiatiques c'est effectivement une très bonne diversification qui peut compenser en partie la baisse des français. J'ai pas mal discuté de ce sujet avec des marocains, et notamment avec les vendeurs qui disaient avoir des difficultés à les aborder... Je leur donnais un ou deux conseils pour entamer la discussion avec eux, notamment quelques mots originaux en chinois qui à mon avis feraient mouche à tous les coups (pas sur qu'ils s'en souviennent).

J'essaye de poursuivre demain le carnet.
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MO Moustache35 Regular ·
formidable recit un grand merci kenavo
SO Songhai73 Globetrotter ·
Bonsoir Francia,

Oui je vois très bien la Dent du Chat, on vit aussi dans un très beau coin il faut dire. Merci pour l'invitation, ce serait très sympa.

Concernant les touristes asiatiques c'est effectivement une très bonne diversification qui peut compenser en partie la baisse des français. J'ai pas mal discuté de ce sujet avec des marocains, et notamment avec les vendeurs qui disaient avoir des difficultés à les aborder... Je leur donnais un ou deux conseils pour entamer la discussion avec eux, notamment quelques mots originaux en chinois qui à mon avis feraient mouche à tous les coups (pas sur qu'ils s'en souviennent).

J'essaye de poursuivre demain le carnet.

bonjour oui ce serait sympa de partager un moment ! c'est rare d'avoir un si beau carnet sur le Maroc ! pour les touristes Asiatiques , il y a certainement des Chinois , mais aussi des Coréens et des Japonais ! l'année dernière lors de notre dernier bivouac à Merzouga , nous étions avec des Coréens ... un des patrons de l'auberge l'Oasis , parle très bien avec eux et écrit aussi ! moi qui suis nulle en langue , ça m'a toujours étonné de constater que les gens qui travaillent dans le tourisme parlent plusieurs langues ! et cela au fin fond du Maroc et depuis plus de 20 ans ! d'ailleurs quand j'ai connu Brahim à Aït Benhaddou , il parlait Anglais , Allemand , Français et bien d'autres langues ... francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
DA Daming Regular ·
Suite du jour 7...

Petit aparté : qu'il est difficile de faire une sélection de photos et d'éviter de vous faire subir une overdose de photos de désert ! Heureusement le forum m'empêche de mettre plus de 20 photos par post (j'ai une sélection de 60 photos, donc seulement 1/3 seront publiées ici). Je m'excuse par avance si vous n'en pouvez plus du sable.

Lorsque l’on arrive à l'Erg Chegaga, on a l’impression d’arriver face à une mer de sable. La dune la plus haute fait 300m de haut, elle est majestueuse et les dunes telles des vagues de sables s'étalent à perte de vue. Quand le 4x4 passe dans le sable mou, on a un peu l'impression de voguer plutôt que de rouler. C’est la fin de journée alors je monte tout en haut de la dune pour le coucher de soleil. Il ne faut pas croire, c’est un sacré effort physique de monter là haut, on s’enfonce dans le sable, et en soulevant le pied on emporte beaucoup de sable, ça fait un bon exercice pour le cœur. Alors que la dune semble si proche, il faut un peu de temps pour monter et on a différents points de vue sur ce désert grandiose. Comme d'habitude, je prends mon temps et ne prends pas le chemin le plus court. Le panorama est magistral, le désert comme on l’imagine avec des dunes aux belles courbes, aucun arbre, juste du sable, du sable, du sable encore et toujours. Ici la végétation est bien plus éparse. Toutes ces dunes sont incroyablement hautes, puis bizarrement on voit au loin que les dunes s'arrêtent net laissant la place à une plaine. Ces contrastes sont étonnants, en tout cas je ne me les explique pas. Je monte sur la plus haute dune en marchant sur la crête, le sable est mou et le pied plonge profondément ce qui rajoute encore à l'effort. Dénouement de ma petite mésaventure en début de séjour maintenant : A ce moment là, je reçois un SMS d'un numéro de portable marocain : "C'est Mohammed, il faut que tu viennes à Skoura, rappelle moi URGENT". Comme j'avais mon téléphone dans la main car j'étais en train de faire un test de vidéo, je rappelle donc immédiatement le numéro du SMS. C'est Mohamed du gite de la palmeraie de Skoura qui répond, je reconnais tout de suite sa voix. Il me remercie de l'avoir rappelé rapidement. Il m'explique que cet après midi, des clients avaient réservé une chambre alors il voulait les mettre dans la chambre dans laquelle j'avais logé. Avant l'arrivée des clients, il était aller faire un tour de la chambre pour voir si tout était en ordre. Il me dit qu'il regarde toujours partout pour voir si il n'y a pas quelque chose qui ne va pas. Et là, il a trouvé quelque chose de bizarre. Un truc bleu tout au fond, dans le coin des murs, sous le lit dans une zone d'ombre. Le genre d'endroit bien caché. Il attrape ce truc bleu, c'est une petite sacoche zippée. Il l'ouvre et tombe sur une liasse de billets et une carte bleue avec mon nom dessus. Il descend dans son bureau et cherche mes coordonnées que j'avais laissé lors de la réservation. Et voilà, il m'envoie un SMS il y a quelques instants...

Wow !!! Je reste un instant sans voix : même si je m'étais fait une raison pour ne pas gâcher mon voyage avec cette histoire d'argent perdu, j'étais quand même embêté. Je ne voulais pas y penser, mais parfois je me disais "zut ! Avec cet argent j'aurai pu payer de mon premier tiers d'impôt en rentrant, à la place ben je mangerai des pates!"

Là vraiment je suis vraiment très heureux et soulagé. Je ne sais pas comment remercier Mohammed de m'avoir rappelé, quelle gentillesse. En tout cas, je sais ce que je fais pour la suite de mon voyage, c'est retour à Skoura pour une nuit. Je lui dis quand est ce que je viendrai et je lui réserve donc une chambre pour le lendemain.

Soulagé, je profite encore plus de ce paysage incroyable. Depuis le sommet, on domine tout l'Erg jusqu'aux montagnes qui marquent la frontière avec l'Algérie. Et de l'autre côté vers le Nord, la vue est pas mal non plus. On voit des traces de quad ou 4x4 sur les petites dunes en contre bas. De superbes courbes mises en valeur par les ombres de la fin de journée. On est quelques uns à admirer ensemble le coucher de soleil. Notamment une mère et son fils originaires de Bale en Suisse super sympas. Ils sont venus avec leur guide Mustapha de l'auberge la Palmeraie de M'Hamid. Mustapha se définit lui-même comme un "crazy nomad" en rigolant, et d'ailleurs pour le prouver, il monte sur le snowboard et décide de dévaler l'immense dune de Chegaga, jusqu'en bas à l'endroit le plus raide ! (voir le point rouge au milieu de l'image) Fou rire général, mais aussi une sacré admiration pour Mustapha car il y a de l'angle et il est allé "dré dans le pentu" comme on dit ici, à vitesse folle. L'avantage des dunes c'est que quand tu arrives en bas, ça remonte de l'autre côté donc pas besoin de freiner... Mais en plus, on a de la peine pour lui car il va devoir tout remonter, ça va être long car pas de remontées mécaniques ici. Il y a aussi Michel, un Québécois qui malheureusement est malade et il ne profite pas vraiment du coucher de soleil avec la même plénitude que nous. C'est même dur pour lui. Il a pris froid car il ne s'attendait pas à ce qu'il fasse aussi froid la nuit dans le désert et n'était pas assez bien équipé. Dommage, il préfère redescendre alors que les lumières chaudes de la fin de journée rende le paysage brulant. Avant de partir, il me dit qu'il compte aller à Skoura demain soir. Quelle coïncidence, je lui dis que moi aussi car j'ai un truc à faire là bas. Avec son état de santé, je lui propose de faire la route avec moi, ce sera plus agréable pour lui d'être dans une voiture plutôt que dans les bus et taxis pour ce périple. Il me remercie, mais ce n'est rien et c'est le minimum que je peux faire aujourd'hui.

Entre temps, les couleurs du désert désert deviennent rougeoyantes. Les dunes au soleil couchant.





Le coucher de soleil fait silence, tout le monde est assis sur cette immense dune et contemple le paysage en essayant encore d'imprimer ce moment. Le soleil disparait, les couleurs du ciel sont rendent quand même beaucoup moins bien photo qu'en vrai. Dernières lueurs du jour, comme tous les jours le froid arrive vite. Heureusement le sable est encore chaud, je plonge mes pieds dans le sable et je reste là, un long moment.

Puis avec la nuit revient ce ciel rempli d’étoiles. Difficile d’envisager redescendre, je veux profiter au maximum de l’instant. Je suis le dernier à redescendre de la dune.

Et c'est la que mes problèmes commencent... On va commencer à dire que je les cherche ! Il n’y a plus personne et je ne sais pas ou se trouve le bivouac. Il y en a plusieurs à Chegaga, mais comment être sur que c’est le mien. Et je n’ai pas mis de point GPS avant de monter… Je vois quelques lumières en bas qui ressemblent à des campements.

Je descends donc en direction de la lumière, j’espère que c’est là, sinon je demanderai mon chemin. Dans la nuit, c’est pas facile de monter et descendre ces grandes dunes, on ne voit pas le dénivelé alors que cette nuit on a une demi lune dans le ciel.

Arrivé au bivouac, bien sur ce n'est pas le mien. Je demande mon chemin mais je n’ai pas noté le nom du bivouac. Ils ne savent pas trop comment m’aider car je n'ai aucune indication : je ne connais pas le nom du bivouac, donner le nom de Mohammed risque de ne pas vraiment aider, surtout qu'il n'a pas de numéro de téléphone.

Je quitte le campement et continue mon chemin dans la direction que mes sens semblent m'indiquer être la bonne. Mais à l'inverse, finalement je sors de la zone à bivouac, là je suis vraiment perdu !!! Il fait nuit, je n'ai plus aucun repère.

Le GPS indique un campement à quelques centaines de mètres.

C'est un campement de nomade qui est faiblement éclairé au creux d’une dune. Je m’approche, des femmes sont dehors avec les enfants. En me voyant, elles rentrent chercher un homme pour parler avec moi. Heureusement un des leurs parle bien français. Il demande à un jeune de me ramener au premier campement de touristes. Ce sera déjà ça, il me dit que de là bas, ils pourront appeler les quelques autres bivouac alentours car ils se connaissent tous. En route, on discute avec le jeune, il voit mon téléphone et me demande si j'ai de la musique dessus. Il est aux anges quand je lui mets une musique, bien que l’on brise quand même le silence majestueux du désert, on rigole bien.

De retour au campement, Mohammed est là, je remercie mon jeune guide. Je suis bien content de le revoir. Il me cherchait aussi et les guides du bivouac avaient passé le mot que quelqu’un cherchait son chemin. Il me dit que cela arrive très souvent que des gens se fassent surprendre ainsi à Cheaga, la nuit tombe vite et on perd ses repères. Lui semble en tout cas connaître le chemin parfaitement car on coupe dans les dunes tout droit jusqu’à notre campement, il me dit connaître par cœur le coin car il amène des touristes très souvent.

Arrivé au camp, le diner est prêt, j’ai juste le temps d’enlever les chaussures que les plats sont servis sous la tente nomade, super ambiance avec les touristes présents, Michel le canadien, et les deux suisses de Bâle sans oublier Mustapha leur guide.

Après le diner, on sort autour du bucher pour une soirée de chants nomades. C’est sur que c’est très cliché touriste, mais on est là dans le désert à écouter des chants nomades autour d’un beau feu sous un ciel étoilé, encore un beau moment.

La nuit fut moins fraiche que sous la tente canadienne, les tentes du bivouac sont équipées de lit avec plusieurs couvertures, on n’a pas froid c’est parfait. Je me lève un peu avant le lever de soleil pour encore profiter une dernière fois du spectacle des dunes au matin.

A suivre...
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DA Daming Regular ·
Jour 8 : Lever de soleil à l'Erg Chegaga puis route vers Skoura

La veille au soir j'avais réglé mon réveil à 7h00 afin de profiter de la lumière du matin. Le réveil sonne et j'émerge difficilement. A cause des boule quiès, tout le campement a du être réveillé avant moi... Oups ! Je me lève très rapidement car il fait déjà jour donc je ne dois pas perdre de temps.

Le sable est froid, je garde mes chaussures, mais ca m’empeche d’avancer très vite car elles se remplissent vite de sable jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace disponible entre mon pied et la chaussure. Le sable se tasse et à la fin on a l’impression d’avoir le pied compressé, en plus de peser deux fois son poids. Je m’arrête donc à une dune plus petite juste avant que le soleil pointe son premier rayon.

La pointe des dunes s’illumine l’une après l’autre, puis toutes les dunes sont baignées de la douce lumière rasante.

Mes compagnons de voyage suisses sont tout en haut de la plus haute dune.



Le soleil arrive enfin et me réchauffe.



Rapidement les teintes ocres du désert laissent la place à l'orange, plus clair.



Et dire que c'est la dernière matinée que je passe ici. J'en suis déjà nostalgique alors j'en profite au maximum.



J'aperçois Mohammed qui me regarde à proximité du camp. Je me demande si il ne garde pas un oeil sur moi car il craint que je me perde à nouveau.



Après un bon petit déjeuner pris sous la tente nomade, le 4x4 me récupère pour me ramener à M’Hamid. Et oui il faut déjà partir… Je serai bien resté une nuit de plus afin de plus explorer les environs de Chegaga. D’ailleurs, je recommande vraiment de prévoir deux nuits aux dunes au lieu d’une, afin d’avoir une journée pleine pour faire un grand tour dans cette immensité, par contre bien noter sur le GPS la position du bivouac avant de partir, pas comme moi.

Ca y l'Erg Chegaga s'éloigne... On contourne la mer de sable en prenant une piste de terre durcie plus roulante.



On aperçoit des dromadaires au loin, le chauffeur gentiment fait un petit détour pour que je puisse les voir de près, avec les dunes en arrière plan.



Nous prenons cette fois la piste Sud, et en route nous devons ravitailler en bois un bivouac de luxe. Après avoir aidé à décharger le bois, ils me proposent de visiter les environs du bivouac, du type "luxury camp". Cet endroit est vraiment splendide, au milieu de nulle part dans les dunes, avec une belle décoration et même un bar très bien fourni.

Le camp se trouve dans une zone isolée et les clients peuvent profiter de tout le confort. Le désert autour est tout aussi magnifique.

Deux dromadaires attendent les clients pour faire un tour dans les dunes.



Nous reprenons la piste, le 4x4 passe des endroits où il y a beaucoup de sable, il enclenche souvent les vitesses courtes pour passer, on est bien secoué, j’ose même pas imaginer les participants du Dakar ce qu’ils doivent encaisser comme chocs tous les jours pendant deux semaines, il faut avoir une sacrée résistance. On s’arrête au pied d’une colline sablonneuse jonchée de cailloux. Le chauffeur me propose de partir à la chasse aux fossiles. Rapidement il trouve de superbes fossiles en très bon état, moi aucun… Il me les donne comme un souvenir du désert.

De retour en France mes enfants sont vraiment heureux de ce souvenir, qu'ils exposent sur un meuble et montre à tous les gens qui viennent à la maison depuis, fièrement.

Nous arrivons à midi à M’Hamid. Nous passons dans le village avant de retourner à l’auberge bivouac, j’en profite pour demander à Mohammed de m’accompagner pour acheter de la musique nomade sur CD. En effet, la radio de la voiture ne marche qu’en ville, ailleurs il n'y a pas de réception FM alors j’ai envie d’avoir de la musique nomade pour accompagner ma longue route de retour vers Ouarzazate. Pour 10 dirhams, le vendeur de matériel informatique du village me grave un CD avec une trentaine de MP3 qu’il avait sur son poste. Parfait, c’est déjà ça, même si le CD va beaucoup tourner en boucle car trente mp3 ça fait pas beaucoup, cela aura vraiment agrémenté mon voyage de retour.

Au retour, je prends avec moi dans la voiture le canadien rencontré à Chegaga. Il est malade et se rend à Skoura. Comme on va au même endroit, cela lui permet de ne pas avoir à prendre le bus et les taxis. On fera donc les 5 heures de route ensemble, à profiter du paysage de la vallée du Drâa.

A suivre...
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