Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route
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MÉ Mékong Globetrotter ·
merci de ton message Fabricia c`est un pays aux mille facettes qui recele une telle diversite et pour moi, depuis que je voyage, la meilleure experience culinaire. je suis comble
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Hampi : au milieu coule une rivière Badami-Hampi le 15/16/17/18/19 janvier

Une route goudronnée qui laisse place à un chemin en terre qui s`arrête par la force des choses, au pied d'un pont métallique atteint par la rouille. Jamais terminé ? endommagé et jamais réparé ? Il semble pour le moment bon à ranger au rayon des souvenirs. D`abord on prend le petit sentier sur la gauche puis on descend pour accéder au bord du fleuve. Sur une partie sablonneuse, proche des piliers du pont, des tentes de bambous. Des enfants jouent, des femmes préparent le souper. Sûrement les familles des passeurs qui vivent ici. Des Dalits ? Pour traverser d`une rive à l`autre, il faut emprunter l`une de ces barques. Demies coquilles faites de tiges de bambou et recouvertes de bâches noires que deux passeurs font avancer à l`aide de pagaies. Il faut s`armer de patience durant les heures de pointe🙂.

Beaucoup de gens font la navette quotidienne entre Anegundi le village d`en face et Hampi Bazar le centre touristique du coin. En plus des hommes et de leurs ballots, il faut charger leurs montures de fer. Alors on s`asseoit sur un bout de rocher en attendant son tour qui ne dure jamais très longtemps car plusieurs barques sont sur l`eau simultanément🙂. Il arrive que l`une d`entre elles boivent la tasse à cause du poids des motos mais cette affaire est vite résolue à l`aide d`une écuelle😏. Le scénario se répète jusqu`à la tombée de la nuit et recommence dès l`aube le lendemain. Il y a bien une route qui fait le grand tour en passant par Hospet; axe permettant aux véhicules de rejoindre le village mais pour nous autres, piétaille et deux roues, le détour est trop important😛. Le fleuve Tungabhadra, imperturbable, continue de s`écouler avec une régularité de métronome. Non pas qu`il soit un long fleuve tranquille car son débit est rythmé par les périodes de mousson. Alors les traversées deviennent problématiques car le niveau s`élève de plusieurs mètres. Plus loin, au nord-est, il se jettera dans le fleuve Krishna. Les grands fleuves et l`Inde : On pense surtout au Gange qui coupe transversalement l`Inde du Nord. Il y a aussi l`Indus qui prend sa source dans le plateau himalayen, il arrose la vallée du Ladakh avant de rentrer au Pakistan. Le Brahmapoutre, moins connu mais tout aussi important, le frère jumeau de l`Indus à cause de son parcours symétrique. Celui là arrose les états du nord-est de l`Inde avant de rejoindre le Gange au Bangladesh dans ce qui constitue le fameux delta du Gange.

Anegundi. C`est donc là que je me dirige en ce bel après midi de janvier, sur recommandation de Ludivine, une vforumiste rencontrée à Amritsar🙂. Je sue à grosses gouttes, l`épaule endolorie par un sac devenu plus lourd au fil de mon périple. Avant de parvenir jusqu`ici, j`ai eu quelques démêlés avec un rickshaw peu scrupuleux affichant des tarifs délirants et mentant sur le kilométrage😐. Le bus en provenance de Hospet m'avait laissé en plein milieu d'un site touristique. Mauvaise pioche. "Terminus" me répond le chauffeur. Le temps que je réalise, que je rassemble mes sacs pour sortir, je me retrouve happé par un flot humain hystérique. D'abord secoué par la première vague, je prend ma respiration et plonge vaillamment dans la marée humaine, mon sac en guise de bélier pour me frayer un passage. Courageux mais pas téméraire. Ca rentre comme dans du beurre. Conscient de ne pas les avoir ménagés, je me retourne m'attendant à subir des regards de désapprobation mais je ne rencontre que des visages espiègles. Welcome to India ! Anegundi est de l'autre coté du fleuve. J`arrive à la tombée de la nuit et me met en quête d`un logement que je ne tarde pas à trouver. Ici on est loin du bric à brac à touristes de Hampi Bazar, c`est un petit village indien tout simplement et les étrangers ne se bousculent pas. Quelques rares hôtels. Celui où j`établis mes quartiers est comme neuf avec salle de bain et toilette. Pour 300 rps c`est dans mes cordes. Elle est tenue par une famille gentille et discrète. Le soir, lorsque je reviens de balade, les rues du village sont animés, les gens palabrent, les enfants se regroupent. Durant 2 jours, la vie du village bat au rythme de la fête. Rues illuminées, défilés avec musique. Dans mes souvenirs de voyage, je revois Gazor Khan en Iran. Mais Je reste cloitré dans ma chambre, poussée de fièvre et manque d`énergie. De plus mon corps est un champ de bataille pour les moustiques. Obligé de calfeutrer la fenêtre avec une couverture car les petits teigneux passent à travers la moustiquaire. Mes hôtes m`apportent un plateau repas, à base de riz et de légumes. Ici pas d'extra pour les touristes, c'est le même menu pour tout le monde. Peu d`appétit mais je me force un peu pour leur faire honneur. Un soir, je rencontre une famille de touristes indiens qui logent dans la chambre voisine. Le patriarche me présente fièrement femme et enfants.

Hampi

ce sont de nombreux temples au milieu de paysages spectaculaires que n`aurait pas renié le peintre surréaliste Magritte. A perte de vue, des collines constituées d`immenses blocs de granit aux formes étranges, entourées de rizières, de champs de bananiers et de cocotiers. Un lieu touristique qui attire beaucoup de routards et des Indiens qui viennent en pélèrinage. Un endroit rêvé pour la balade. Le premier jour, je remonte le fleuve jusqu`à Hampi Bazar en me frayant un chemin à travers les hautes herbes et les rochers. Je distingue un son de flûte. Sur la rive d'en face, un berger garde un troupeau. Je m'allonge sur un gros bloc de granit pour prendre le temps. Pause lecture. Je me sens épié et je me retourne. Un gamin m'observe à 1 mètre. Je ne l'ai pas entendu venir celui là. Je lui prête mes jumelles qui l'amusent beaucoup.

A Hampi Bazar, j'observe la faune locale. Des hordes de routards. Je ne m'attendais pas à en voir autant mais la proximité de Goa explique cela. Dans les échoppes, c'est la bataille pour récupérer ma monnaie. Le deuxième jour, je pars tôt et prend la route de Hospet. Je croise beaucoup d`enfants à pied, en bicyclette qui vont à l`école, des femmes partent travailler dans les champs🙂.

Echanges de Namasté et de Hello. Anegundi est entouré de rizières irriguées par de petites rigoles. Des hommes s`activent à la tache. C`est un travail difficile et ingrat. De l`eau jusqu`à mi-mollet, ils creusent de petites tranchées. Certains bénéficient de l`apport précieux d`un tracteur.

Puis ce sont des champs de bananiers. Quelle est belle la campagne indienne !!!🙂🙂. J`arrive devant le temple d`Hanuman. Il se mérite car avant de profiter du point de vue, il y a la montée des marches, rien à voir avec celle de la Croisette. Ici c`est shorts sandales et bandana😄. Et en effet, ca vaut bien ces quelques efforts😛 car le panorama est grandiose. Il embrasse toute la région. Le fleuve qui serpente. Les rizières gorgées d`eau, les collines de granit, les forêts, les temples. C`est magique !!! je me pose sur un bout de rocher🙂. Un singe surgit devant moi et attrape mon sac, regarde à l'intérieur, je siffle, il me regarde d'un air penaud et le repose. Je reste assis au bord, pensif. La région fait l`objet d`une bataille engagée. D'un coté, les marchands de temples, attirés par l`appât du gain et qui veulent développer encore davantage le tourisme et d'un autre les défenseurs de la préservation de ce patrimoine incluant les temples mais aussi les gens et leur culture, qui vivent dans la région comme les Ladamis. Pour l'instant ce sont les associations qui ont le dernier mot mais jusqu'à quand ? Quand je vois Hampi Bazar, je m`interroge😐. L`endroit est vampirisé par le tourisme, tous les 100m, une agence de voyage, un restaurant, un cybercafé un hôtel et un magasin de souvenirs. Qui est derrière tout ce business et à qui cela profite t-il vraiment ? Je m`étais déjà posé cette question au Rajasthan car j`avais remarqué que de nombreuses échoppes vendaient exactement les mêmes produits.🤪 Ici aussi, pas sûr que tout ce foin profite aux locaux.

Tous les soirs, vers 18h00, je repars dans le sens opposé par le temple Vittala, prendre le dernier bateau coquille de noix. Je croise tous ceux qui sont au bord du chemin, le vendeur de noix de coco, la vieille édentée, le vieux chaman et toute une ribambelle de gamins😏😄. Les têtes deviennent familières😉. ça rigole. `Namasté` et des sourires. Un jour, je leur prête mes jumelles, c'est la bousculade et je dois jouer des coudes pour chacun puisse s'en servir. Encore quelques jours de plus et je les adoptais tous🙂. Infos pratiques Bus : Badami-Gadag 37 rps Gadag-Koppal 34 rps Koppal-Hospet 21 rps Hospet-Hampi 10 rps
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PO Pondy Veteran ·
Un commentaire sur le carnet de Parvat sans un commentaire sur le tien, impossible.

Deux voyages bien différents, une façon de transcrire différente aussi et un plaisir de découvrir ton regard sur ce pays dont tu fais passer tout le charme, le paradoxe. Ce voyage raconté presque au jour le jour ne cesse de m'intéresser. Merci.

Dom.
PA Parvat Globetrotter ·
Mmmh c'est vrai que c'est bien écrit... Ca m'étonne que les petites coquilles de noix sont toujours d'actualité! 😄 Je m'y retrouve avec délice... Impatiente de lire la suite à Cochin 🙂
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
MÉ Mékong Globetrotter ·
merci vous deux de vos gentils messages ce pays ne cesse de m`etonner et j`ai du mal a quitter les lieux ou je passe.
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Bangalore au bout de la fatigue

Hampi-Hospet-Bellary-Guntakal-Bangalore le 19-20-21 janvier Rues de Bangalore

Levé très tôt, petite forme même si je me sens déjà mieux. Pas le temps de musarder car j`aimerais être à Cochin demain matin. En hors d`oeuvre, une marche à travers les bois et les temples jusqu`à Hampi Bazar avant que le soleil ne fasse donner ses rayons. Je règle ma note et je dis au revoir à cette famille accueillante🙂. Au fond de moi, je souhaite que ce petit village puisse garder son caractère. Arrivé à Hampi, j`avale rapidement un petit déjeuner, toujours installé aux premières loges pour observer les accoutrements de la faune locale des routards. Un bus pour Hospet et c'est le début d`une expédition incertaine... L`incertitude l`une des facettes de cette Inde indomptable. C'est le lot de tous et les esprits trop cartésiens sont vite déstabilisés. J`improviserai selon les circonstances et en fonction de mon état de fatigue car comme ce n'est pas la forme olympique... A Hospet, pas de bus direct. Ca commence. Mon objectif est d'atteindre Guntakal où je compte attraper un train. Correspondance à Bellary. Pour parcourir un peu plus de cent kms, on mettra quatre heures. Un premier tronçon en travaux, enfin ça y ressemble🙂. On roule au pas. Après Bellary, c`est pire, le route devient piste sablonneuse, truffée de trous. A l`intérieur, compressés et secoués comme des citrons, nous mangeons de la poussière🤪. Le bus doit slalomer pour se frayer un passage entre les nombreux camions qui vont et viennent. L`impression d`être au coeur d`un rally dans le style `Gamel Trophée`🤪. 16h00 j`arrive enfin à la gare de Guntakal. Après renseignement, un train pour Ernakulam passe demain matin. Je ne me sens pas la force de refaire un autre long trajet. A moins de dormir sur place. Autrement, un train part pour Bangalore à 22h30 ce soir. J`hésite, pourquoi pas faire un saut à Bangalore...Je commence à m`endormir. Direction les retirings rooms. Pas de chance, c`est complet. Je reste planté sur les marches d`escaliers. Au calme je somnole une vingtaine de minutes et au bout de ce laps de temps, un type bourru me demande de déguerpir. "It`s full". T`inquiète pas mon bonhomme, j'avais compris, je pars. Décision prise, ça sera le train de 22h30 pour Bangalore où je ferai une escale d`un ou deux jours. J`achète un billet et j`attend sur le quai. Sur celui d`en face, un train à l`arrêt. Je vérifie pour la forme. Oups ! C`est le mien. Je monte dans une voiture qui n`est pas bondée et je m`installe par terre dans un couloir. Une heure de retard et nous quittons la gare. Mais la nuit promet d`être longue. Un contrôleur me sermonne🤪. Pas de réservation, suis dans une voiture sleeper, j`ai un billet 2e classe. Suis complêtement hors sujet sur ce coup là. Pour défendre ma cause, je lui dit qu`ailleurs c`est bondé et que juré promis, je ne bouge pas du couloir. Il ne veut rien savoir et me demande de changer au prochain arrêt. "Yes Sir ! "mais je ne pense qu`à m`enrouler dans ma couverture et fermer les yeux pour m`échapper.😐...et je ne le reverrai plus. Bangalore

Bangalore enfin. 6h30. Pour moi, la fin du voyage. Pas question d`aller plus loin. Priorité : trouver un hôtel pour prendre une douche et dormir. Le quartier est très fonctionnel coté transports. La gare ferroviaire est à 100m de l`immense gare routière. Un quartier vivant avec de nombreux étals de rues, restaurants, marchands de glaces et vendeurs de mon jus de fruits préferé : le jus de canne à sucre au citron🙂. Je retrouve le sourire. Quant aux hôtels, il n`y a que l`embarras du choix. Le premier sera le bon. Un peu au dessus de mon budget 486 rps mais très confortable. Chambre et salle de bain carrelées en blanc, TV, petit mobilier, quotidien fourni chaque matin, eau bien chaude et ascenseur. L`idéal pour me requinquer. Je dors jusqu`à 17h00. Bangalore, j`accroche. Une bonne grosse ville indienne, environ 6 millions d`habitants. Une ville prospère et dynamique et qui le fait savoir. Après une bonne nuit, je pose mes bagages à la gare routière car j`ai reservé un billet pour Ernakulam en fin de journée. Ensuite, je pars me perdre à travers la ville. Par hasard, je tombe sur la mosquée principale. Très bel édifice blanc avec ses deux minarets élancés, au milieu des arbres. La mosquée principale de Bangalore High Court

En chemin, je fais le plein de carburant. Cappucino, milshake de fruits frais et des jus de fruits😎. La ville compte de nombreux parcs dont le Cubbon Park en plein centre. Un endroit plein de charme où les Indiens viennent se ressourcer en famille. Je traverse un endroit peuplé d`arbres si étranges que l`on pourrait les croire sortis d`un conte des frères Grimm😮. Fin de journée, je retourne à la gare routière, bourdonnante d`activité. j`achète des fruits et de l`eau. Le bus de marque Rajahamsa est confortable. Siège très inclinable. Mais pas pour tout le monde, je remarque que le chauffeur est assis sur `un siège de campeur`. Demain je revois la mer🙂. Une Coréenne s`installe juste devant moi. Nous faisons connaissance. Elle va aussi à Cochin. la gare routière de Bangalore

Infos pratiques Bus : Hospet-Bellary 34 rps Bus : Bellary-Guntakal 20 rps Train : Guntakal-Bangalore (2e cl) 93 rps Bus rajahamsa : Bangalore-Ernakulam 482 rps Beignets de pommes de terre frits fourrés aux légumes ou aux oeufs 2 a 4 rps/pce sur les étals de rues
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Fort Cochin à l`ombre de ses grands arbres Fort Cochin

Bangalore-Ernakulam-Fort Cochin le 22-23-24-25 janvierLe bus nous emmène à Choraï à l`autre bout de l`ile Vypeen. Celle qui est en face de la péninsule. Nous avons pris le ferry à Fort Cochin. 13h45 sous une forte chaleur. Notre petit groupe fraichement constitué, s`est rencontré de manière fortuite ce matin au petit déjeuner sur la terrasse de l`hôtel. Judith C`est Judith une Israélienne qui est l`instigatrice de notre petite expédition. Hier ayant assisté à une grande fête avec parade d`éléphants, elle nous en parle avec tellement de ferveur et nous propose d`y retourner aujourd'hui. Il y a François et Tina, un couple qui vit à Munich. Lui est Français, elle est Allemande. Ils se sont connus sur le chemin de Compostelle. Quant à moi, assis à la table d'à coté, en les écoutant, je me suis raccroché au wagon et dire que je voulais partir ce matin pour Ernakulam... 🙂 François et Tina

Ernakulam, c`est donc là que j`arrive 3 jours plus tôt. Durant la nuit, après Mysore, nous avons franchi les Nilgiri Hills. C'est une région où l'on cultive un thé réputé. Sur la route en lacets, le bus ralentit à peine et double un camion entre deux virages. Lorsque on retrouve le plat, je pousse un soupir de soulagement. Arrivé à la gare routière. Je propose à la Coréenne de partager un rickshaw et nous partons en direction du ferry pour Fort Cochin. Il est tôt. Les rues ne donnent pas encore de la voix et du klaxon. Les magasins, étals et boutiques sont fermés. Le guichet qui délivre les tickets n`ouvre qu`à quelques minutes du départ, le bateau se met à quai. Je suis ravi de retrouver la mer que j`avais quitté à Mumbaï. 🙂 Cochin est un ensemble d`iles et d'une péninsule reliées entre elles par des ponts et des ferries. 5 iles : Willingdon, Bolgatty, Gundu, Vypeen et Vallarpadam. 1 péninsule : Fort Cochin et Mattancherry et la terre ferme : Ernakulam. La balade est agréable après ce trajet en bus mouvementé. Un court mais pur moment de détente que je goûte avec délice. Je me laisse bercer par le cliquetis des vagues et promène mon regard sur les balises qui parsèment le détroit.🙂😎 Sur l`ile de Willingdon à gauche, des portiques pour containers et des grues témoignent d`une activité portuaire importante. Un bateau immatriculé Panama attend d`être déchargé.

En arpentant les rues à la recherche d`un hôtel, je perd de vue ma compagne. Elle s'est volatilisée le temps que je ressorte d'un hôtel après avoir essuyé un échec. Je la reverrai furtivement le lendemain soir près de l`embarcadère, elle part à Mumbaï. Je lui souhaite bon voyage. Je déniche une chambre pour 300 rps et je peux me délester de mes sacs. Du haut de la terrasse où je prend mon premier petit déjeuner, je suis sous le charme de ces immenses arbres qui recouvrent le quartier, certains ressemblent à d`immenses parasols. J'y reviendrai plus tard.

L`architecture est un mélange d`époques coloniales : églises, vieux forts, cimetières, maisons et vastes allées ombragées. Tour a tour Portugais, Hollandais et Anglais se sont implantés et y ont laissé traces de leur passage. Vasco de Gama, le coureur des océans est mort ici. Bizarrement, ne subsiste rien de l`influence chinoise excepté les fameux carrelets le long de la plage. Pourtant ils étaient présents à l`age d`or de Cochin au XIV et XVeme siècle considéré comme l`un des ports de commerce les plus importants d`Asie. Peut être avaient t-ils édifié des bâtiments qui auraient été détruits par les occupations coloniales et donc effacés de la mémoire collective ? Les carrelets chinois, on ne peut pas les louper. C`est devenu au fil du temps une attraction touristique, non pas qu`ils ne soient pas utilisés en la matière. Des hommes s`activent dessus quotidiennement. Mais la pêche qu`ils rapportent est bien maigre de nos jours. A chaque remontée de filet, les hommes cherchent leur maigre butin au moyen d`une épuisette. Les fishermens préfèrent le lancer de filet et la pêche en pirogue plus au large. L`endroit est très fréquenté. Au milieu de ces frêles embarcations. surgit à l`horizon un point noir qui ne fait que grossir. énormes mastodontes des mers, guidés par deux petites frégates et qui s`engouffrent dans le détroit. Des cargos et des porte-containers qui se dirigent vers la zone portuaire. Je me souviens avoir eu cette impression à Istanbul o�� les énormes tankers remontent et descendent le détroit du Bosphore vers la mer Noire et Odessa en Ukraine. Fort Cochin. Ce que j`apprécie ici est la tranquillité de ses quartiers😎🙂. Peu de circulation. C'est pas courant en Inde. En s`enfonçant dans les allées ombragées, le seul bruit régulier que l`on entend, ce sont ceux émis par les chants d'oiseaux et des cris d`enfants s'égayant dans les cours d`école et sur les terrains de jeux. Petits écoliers dans leurs uniformes aux couleurs gaies🙂. Les fillettes attachent leurs longs cheveux noirs sous forme de nattes et de couettes🙂. Il y a beaucoup d`écoles à Fort Cochin. Mais peut être n'est ce qu'une impression car ailleurs le bruit infernal du trafic couvrent la totalité du reste. Nos sens respirent et le corps se laisse aller à plus de sérénité. A écouter le bruissement du vent dans les arbres, le cri des mouettes survolant la côte, le rouleau des vagues qui se fracassent contre les rochers, le bouillonnement de l`écume sur le sable. A sentir l`air marin, adossé à l`ombre d`une barque. Se remplir les narines du parfum des fleurs de frangipaniers. Et tous ces sourires au détour d`une rue ou d`une ruelle. Bien que n`étant pas un spécialiste en botanique, je suis tellement ébloui par les arbres locaux que je les photographie à tour de bras .



Le soir lorsque la nuit tombe, les familles indiennes se promènent le long des rochers et marchent sur la plage de sable blanc. On s`asseoit pour profiter de la douce quiétude de la nuit à peine dérangé par les moustiques. On aperçoit les lueurs vacillantes sur l`ile d`en face. Les bateaux sont rentrés. Seuls quelques pêcheurs tentent leur chance avec le lancer de filet. De l`eau jusqu`à mi-mollets, ils espèrent débusquer le poisson du soir. Sur la petite place animée, on vend le poisson frais de la journée, ça marchande ferme🙂. L`odeur de l`océan pénètre mes narines. Postés là, des vendeurs de babioles, vendeurs de jeux, ballons et instruments de musique essayent d`attirer le chaland, insistants mais jamais agressifs. Les terrasses des restaurants se remplissent.Retour sur l`ile de Choraï où nous allons assister à la parade des éléphants. Avant cela, nous stoppons dans un Ashram où Judith prend des cours. Un endroit charmant où passe un canal. C`est tenu par un Swami, qui donne des cours de yoga et pratique des massages ayurvédiques. Medecine man, il consulte quotidiennement. Les gens du village viennent le voir pour leurs bobos. Dans une cabane, il fabrique ses propres produits ayurvédiques et il y a une salle rectangulaire ou l`on pratique l`art martial du Kerala, le Kalarippayat. Des sabres sont entreposés au fond de la salle couverte et faite de bambous. Il y a un Français qui loge ici pour bénéficier des soins et massages. On nous apporte du thé. J`en profite pour mieux faire connaissance avec mes nouveaux compagnons. Avec François, le courant passe très bien. Curieux et enthousiaste, il est originaire de Bayonne. Peu de voyages à son actif mais il a l`air d`apprécier. Au contraire, Tina a beaucoup voyagé. L`inde, elle y a séjourné de nombreuses fois depuis les années 80 ce qui nous vaut une discussion riche et intéressante sur ce pays. Judith est occupée par ses cours mais j`aurai l`occasion de lui évoquer quelques bribes de mon long périple et de lui parler de l`Iran. Elle est étonnée par mon témoignage ce qui ne me surprend pas mais je sens chez Judith un esprit d'ouverture car elle m'écoute attentivement. Pour se maintenir, l`état militaro-religieux d`Israël diffuse des flots de propagande sur les pays avoisinants dont l`Iran. D`ailleurs, en y repensant, les Israéliens sont persona non grata dans 3 des 4 pays que j`ai parcouru. Le canal devant la maison du Swami ile de Vypeen

Le soir, lorsque nous arrivons à la fête, des milliers d`Indiens attendent, vêtus de leurs plus beaux habits. ça se passe sur une grande place. De chaque coté, 20 éléphants richement parés pour l`occasion, se font face🙂. Au milieu la foule. Chaque attelage est cornaqué par 3 personnes dessus, 2 personnes dessous qui veillent à ce que ces joyeux pachydermes ne manquent de rien😏. Malgré le fait qu`ils soient enchainés, ce sont des animaux et plutôt impressionnants. Parfois quand l`un d`entre eux pousse un barrissement de contentement ou d`énervement en balançant sa trompe, l`assistance frémit. Puis les deux colonnes opèrent un rapprochement tactique et se déplacent au milieu de la foule. ça me rappelle le dicton `c`est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine` sauf que là, c`est nous autres piétaille transformée en porcelaine😄😉. Mouvements de foule. le jeu consiste surtout à éviter de mettre le pied dans les énormes bouses fumantes qu`ils ont semé😛🙂. Je compte les points. Il y aussi une parade musicale. Pour nous la fête s`achève car nous devons rentrer pour prendre le dernier ferry. Bus archi bondé. Jeune chauffeur intrépide qui se fait plaisir😉. Il roule à tombeau ouvert. Nous voici de retour à Fort Cochin. Avant de nous quitter, nous dinons ensemble pour finir agréablement cette belle et riche journée. le Temple Festival

Elle est pas belle la vie !-- Infos pratiques Ferries : 2, 50 rps
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PA Parvat Globetrotter ·
En quel honneur cette parade des éléphants???

Le parfum des fleurs de frangipaniers... Une de mes fleurs préferées! Et ce parfum... je le sens presque jusqu'ici 🙂 Mille mercis!!!! 😎
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
MÉ Mékong Globetrotter ·
ils appellent cette fete, le Temple Festival. C`est une fete importante qui est propre a la region.
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Kanyakumari : à la croisée des mers...3 ans plus tard



Fort Cochin-Ernakulam-Trivandrum-Kanyakumari le 25-26-27-28 janvier

Je quitte Fort Cochin avec un petit gout d`inachevé. Quatre jours bien trop courts. A peine le temps de lier connaissance. L`Inde est si vaste. D`autant que je me sentais très bien ici. Mon meilleur souvenir humain de voyage a été l`Indonésie car à un moment donné j`avais su poser mon sac. C`était à Jogjakarta et je ne l`avais pas regretté. Un départ au dernier moment pour notre vol à Jakarta. Un crève-coeur et des larmes. Une expérience merveilleuse🙂. J`y repense souvent.

Me voici dans le ferry et j`en profite pour rêvasser accoudé au bastingage, les balises défilent, puis la zone portuaire de Willingdon avant d`accoster à Ernakulam où je prend le train pour Trivandrum. J`ai eu de la réussite car j`étais sur une liste d`attente qui s'est éclaircie pour mon bénéfice🙂. Le train en Inde est très populaire et il vaut mieux réserver à l'avance. Voyage en compartiment sleeper. Il y a beaucoup de places libres. Les paysages du Kerala sont très beaux. Végétation luxuriante et petites voies fluviales. Dans le compartiment voisin, une famille indienne. Un des petits me salue et m`apporte le bottin des horaires de la Railways🙂. A Trivandrum, je me rend à la gare routière et j`attrape un bus pour Nagercoil. Bienvenu dans le Tamil Nadu. Un dernier bus pour Kanyakumari. J`arrive en début de soirée. Campagne du Kerala

La nuit est déjà tombée. Beaucoup de monde se promènent dans les rues de cette petite bourgade, surtout des familles. De nombreux autocars sont stationnés. Je trouve une chambre mais je dois la rendre le lendemain car tout est réservé. C`est le week-end. Je ne m`attendais pas à trouver autant d'animation😮🙂 . C'est blindé de monde. Kanyakumari est à la base une bourgade de pêcheurs d`obédience chrétienne qui cohabitent avec les milliers d'Hindous qui viennent en pélérinage sur ce lieu sacré. A ce titre, la ville porte le nom de la déesse Devi Kanya incarnation de Parvati. Au bord de la mer, se trouve le temple Kumari dedié à son culte. C`est d`ici qu`elle aurait repoussé les démons et obtenu la liberté de la terre. Les eaux sont sacrées. Le lendemain matin, levé très tot, je pars en direction de la mer. Il y a déjà une foule considérable sur la route. Des bus arrivent encore. Les vendeurs sont sur le qui-vive. Les gamelles à chaï chauffent. Lorsque j`arrive au bord des ghats et sur la plage, des milliers d`Indiens se pressent et s`entassent dans l`attente🙂, principalement des familles mais aussi des sadhus. Bien que la mer soit agitée, certains sont parvenus à grimper sur des rochers isolés. Des personnes se baignent. Caché par les nuages, le soleil pointe timidement le bout de son nez au milieu des acclamations.



Peu à peu, je découvre la beauté des lieux🙂. Ici se rejoignent les eaux du Golfe du Bengale (à gauche), la mer d`Arabie (à droite) et l`océan Indien dans un maelstrom de vagues qui se fracassent sur les premiers écueils. Le temple de la déesse Kanya se trouve juste derrière les ghats.

C'est le bout de l`Inde surnommé aussi Cap Comorin. Dans un long voyage, ce sont des moments importants chargés de symboles. Je suis tellement content d`être ici ! je regarde en arrière, lorsque en octobre, j`étais sur la Corne d`Or à Istanbul. Que de chemin parcouru😎🙂 ! C`était hier mais que la France me semble loin.

En face, deux iles distantes de quelques mètres. Sur l`une d`elles, un temple perché sur un gros rocher. C`est le mémorial de Swami Vivekananda, un philosophe indien http://fr.wikipedia.org/wiki/Vivekananda . Sur l`autre, se dresse une immense statue de 41 mètres. A première vue, sa silhouette me ferait penser à un roi assyrien. Elle représente le poète tamoul Thiruvalluvar. Bâtie par 5000 sculpteurs et en l`honneur des 133 versets de son oeuvre de poésie`Thirukural`. Un haut lieu spirituel. Thiruvalluvar

Dans la matinée, je trouve facilement une autre chambre dans un petit hôtel tranquille, au coeur du village avec vue sur la mer et la cathédrale😎. Elle détonne au milieu des maisonnettes.

Je vais sur la jetée que j`avais aperçu ce matin. Faite de gros blocs de rochers empilés les uns sur les autres, elle est haute de 5 mètres et s'enfonce dans la mer sur 1 km. De chaque coté, des bouts de plage et posés dessus, les barques des pêcheurs avec leurs filets. De là, je suis en face des deux iles et j`assiste au défilé permanent des ferries qui vont et viennent, emmenant leur pleine cargaison de touristes et de pelerins. L`endroit ne désemplit pas et les ghats sont toujours aussi animés. Pour moi, c`est bain de pied et de soleil.🙂 J'en profite pour bouquiner...😎 Cette jetée est vraiment impressionnante...était-elle déjà là en ce 26 décembre 2004 quand la Grande Vague a surgi de nulle part?

j`aurai la réponse par deux étudiants de Trivandrum qui viendront échanger quelques mots avec moi. Il n`y avait aucune protection lorsque le Tsunami arriva.😐 Tout fut érigé après la catastrophe. La grande jetée et 5 petites espacées tous les 200 mètres le long du littoral. Par ailleurs on a consolidé le bord où se trouvent des zones d'habitations avec des blocs de rochers là où auparavant il y avait du sable. La jetée construite après le tsunami

Le lendemain, je décide d`aller explorer le long du littoral pour en savoir plus. Je traverse le village. Des panneaux signalent que l`Asian Development Bank contribue à la reconstruction des rues affectées par le Tsunami. Les maisonnettes ont été construites par l'armée du salut indien dont elles portent l`inscription. Je débouche sur une grande place où se trouve la cathédrale. J`entend des cris d`enfants et je les aperçois par groupes dans la cour d`une école. L`endroit respire le calme🙂. On est loin de la frénésie qui règne à quelque pas de là. Il fait chaud. C`est l`heure de la sieste. Des femmes par groupes de deux ou quatre, jouent à ce qui ressemble à un jeu de dames😉, tracé à la craie et munies de brins déposés dans les cases. Des filets sont étendus et sèchent au soleil. Je suis intrigué par une allée où je remarque des villas avec jardins, signe d`opulence au coeur de ce village ? Une femme m`appelle et m`invite à me joindre à leur joyeux petit groupe en train de discuter. L`une a le bras en écharpe et insiste pour que je la prenne en photo. Je m`exécute. Je leur demande à qui sont ces belles maisons, elles me répondent "private". Lorsque j`évoque le Tsunami, l`une me raconte que les vagues sont arrivées jusque dans la cour mais que les maisons ont tenu...Ce fut en début de matinée que la grande vague frappa Kanyakumari. A cette heure là, beaucoup de pelerins se baignaient. Il y a eu 525 victimes. 700 personnes furent bloquées sur les iles mais 650 survécurent...

Je descends maintenant au bord de la plage et passe entre les nombreux bateaux au sec. Sous un coin d`ombre, les hommes jouent aux cartes. Des gamins courent sur le sable, entourant un surfeur qui remonte la côte plus à l`est🙂 ...Je me souviens que l`Inde avait refusé l`aide internationale ce qui avait déclenché un tollé dans l`hexagone, réactions offusquées des c.. pincés traduisant un paternalisme gluant qui colle à la peau de bien des occidentaux... Ici une petite jetée a été construite. La côte est renforcée par une digue de rochers. Plus haut, on a bâti un mur. Toujours plus à l`est, je croise de nouveau le surfeur qui revient sur ses pas🙂 et j`arrive à mon tour au bout de ce qui me semble être une côte sauvage avec mer déchainée. En me voyant, les enfants accourent. Ils veulent des stylos et que je les prennent en photo. Des gosses aux yeux pétillants et aux larges sourires🙂🙂. Je grimpe sur les rochers pour me rapprocher et sentir le souffle de la puissance de l`écume. A quelques dizaines de mètres, des gens se baignent...Il y a un village avec des petites maisons blanches, blocs de béton rectangulaires identiques. Je suis accueilli par des sourires de part et d`autres🙂. Je discute avec les gens. Ici, les maisons ont été construites après le Tsunami pour remplacer les huttes de bambous qui ont volées en éclat. Sur le chemin du retour, je revois le surfeur🙂. Ce coup là, il s`est mis à l`eau pour la grande joie des quelques gamins sur la plage qui le regardent avec malice🙂. Je reste un peu avec eux. Il n'arrive pas à surfer. Juste à coté, assis sur le sable, une mère et sa fille qui se relaxent. échanges de salutations et de sourires🙂.

Retour à Kanyakumari. Le soir, je mange dans un petit restaurant où j`ai élu domicile depuis mon arrivée. Poisson grillé et chapati au menu. Suis ici comme à la maison😎🙂😉. Comme chez le vendeur de jus de canne à sucre que je fréquente trois fois par jour🙂😎😉. Plus tard, au milieu de la nuit, sur le balcon du petit hôtel, je profite de la fraicheur. Au loin, les vagues scintillent dans la lumière. Le village s`est assoupi sauf quelques intrus que j`entends et que j`aperçois du haut de mon perchoir. Des énormes rats gros comme des chats qui grattent dans un tas de détritus et une chauve-souris solitaire. Je peux les observer à ma guise. Le lendemain, je pars pour Pondi. Kanyakumari est vraiment un coup de coeur🙂. Infos pratiques Train Ernakulam-Trivandrum en sleeper 148 rps Bus Trivandrum-Nagercoil 21 rps Bus Nagercoil-Kanyakumari 10 rps Visite du phare de Kanyakumari 45 rps
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PA Parvat Globetrotter ·
Mmmmh, tu me ramènes un jus de canne à sucre? 😎
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
MÉ Mékong Globetrotter ·
Le dernier repas de Ryaz Pondichery Kanyakumari-Villupuram-Pondichery le 29-30-31 janvier 01-02-03 février

C`est un petit restaurant signalé par une enseigne Fanta, au bord de la route entre Pondi et Auroville🙂. Il faut vraiment être initié pour avoir l'idée de s'aventurer jusqu'ici. L`intérieur tout en bambou, est chaleureux, simple, exigu. Quelques tables disposées dont une grande au milieu de la salle principale. Ryaz, le propriétaire des lieux, est aussi l`homme à tout faire, pour le plus grand bonheur de ses convives.

Il reçoit, il cuisine et il sert avec grand soin et gentillesse🙂. Malheureusement, ce soir est sa dernière représentation car il a décidé de jeter l'éponge😐. Danielle, une habituée de l`endroit, tenait à être présente. Sur son insistance, Marie Paule a retardé son départ pour Chennaï. Ainsi, nous faisons honneur à la cuisine que concocte Ryaz. Il y a là, Danielle, Ulrich un Allemand de Francfort, Marie Paule, Lorène une stagiaire de l`Alliance Française de Chennaï et moi. Le restaurant est plein comme un oeuf. C'est souvent le cas à écouter Danielle qui ne tarit pas d`éloges sur cet endroit qu`elle regrette déjà. Et effectivement, lorsque nous passons aux choses sérieuses, je dois reconnaitre que les plats apportés par Ryaz sont vraiment succulents🙂. Du poisson à la chair tendre et délicate, accompagné de riz aux petits légumes parfumés et d`un plat de choux-fleurs au goût de caramel. Je n`ai jamais goûté plat de choux-fleurs aussi délicieux. Bon à s`en lécher les doigts😛😎. Ce qui m`amène naturellement à parler de mon expérience culinaire en Inde. La meilleure depuis que je voyage😎. Je me régale. Mon estomac s`est habitué plutôt bien de tous ces mélanges😉. Il y a une telle diversité de nourriture accommodée de mille et une façons selon la répartition géographique. Les rues regorgent de fruits et légumes. Le plus beau marché auquel j`ai pu assister est celui de Bijapur dans le Karnataka dans une ambiance de fête.

Les jus de fruits : J`en fait une cure. Etant un gros marcheur, je fais régulièrement des petites pauses pour faire le plein d`énergie et pour mon plaisir😉 devant les multiples étals de rues, magnifiquement décorés (bananes qui pendent, oranges en pyramide, rangée de papayes )proposant jus de fruits et milshakes frais. Cependant, mon préféré est le jus de canne à sucre et sa drôle de machine bruyante, frais, coupé avec du citron, un vrai délice🙂. C`est le pays des lassis et du chaï (thé au lait) ainsi que des chaines de cafés comme coffee day et barista qui font toutes sortes d`excellents cafés froids et chauds. Les plats indiens ou plutôt mes meilleurs souvenirs de table. une constatation : ne pas se fier aux apparences, un petit resto de rue de tout ce qu`il y a de plus modeste peut offrir des amours de petits plats🙂. Pour moi, c`est souvent le feeling qui parle. Le meilleur exemple est ce petit restaurant en plein air à Amritsar dans le Penjab. Difficile à voir depuis la rue, on y accède par un sentier. Trois grandes tables avec bancs derrière 4 ou 5 grandes casseroles inox avec à l`intérieur qui mijotent des plats exclusivement végétariens, assemblages de légumes préparés : pommes de terre-carottes-choux-fleurs-oignons-aubergines. A la popote, juste 3 personnes dont une préposé à la confection de chapatis. Présentés dans de petits bols, c`est goûteux à souhait pour un tout petit prix et dans une atmosphère conviviale. Ce fut notre rendez-vous quotidien pour le diner en compagnie de Vlad, Cathia, Carla, Emmanuele, Yann et Ludivine🙂. Maintenant, pour mon estomac et mes papilles, deux incontournables. Le chicken tikka et le chicken biryani. Les meilleurs que j`ai dégusté ? Jaisalmer au Rajasthan. Un petit resto dans la ville basse. Situé au 2ème étage d`un bâtiment éloigné du centre touristique, il ne paie pas de mine. Fréquenté par une clientèle indienne, un accueil simple et une cuisine savoureuse. Evidemment ces deux endroits ne figurent pas dans les guides. Mention spéciale au restaurant du Dream Heaven, la guesthouse où j`ai logé à Udaipur. Une cuisine qui pétille dans un cadre somptueux (une terrasse donnant sur le lac et le palace). Le plus beau compromis et de loin restaurant+hôtel en Inde🙂. Avec mes deux compères français, nous avons testé la carte, matin, midi et soir😏😄. Impossible de décrocher. Une cuisine délicieuse particulièrement les plats végétariens, le baigan Bharta (aubergines avec oignons et tomates), le mutter paneer (petits pois avec de petits cubes de fromage dans une sauce de noix de coco) le Alo paneer (pommes de terre avec cubes de fromage) et la fameuse salade de thon maison. Une sensation de plaisir nous accompagnait à chaque début de repas.🙂 Dans le sud, ce fut le poisson grillé comme à Kanyakumari dans un petit restaurant où j`avais pris l`habitude de venir et l`apothéose avec le restaurant de Ryaz.

Donc retour à Pondichery où j`arrive au petit matin. Après un voyage éprouvant en bus (un de plus) où j`ai été malade après avoir ingurgité une samoussa daubée (suis guéri depuis : souvenez vous de l`intro😏😉). Résultat, sous les coups de boutoir du bus, l`estomac n`a pas résisté et ça a été retour à l`envoyeur deux fois🤪. Pas un souvenir impérissable excepté ces immenses champs d`éoliennes après Nagercoil s`étendant à perte de vue, le bus a bien roulé 10 kms. Peu d`entre elles fonctionnaient.

Pondi C`est un petit coin de France en Inde avec une Alliance Française très bien implantée (2000 élèves inscrits pour l`année). Ancien comptoir français dont on peut voir quelques vestiges au musée, la ville possède un charme indéniable. Des rues noyées sous des arbres en fleurs. Quelques unes indiquées dans la langue de Voltaire et qui fleurent bon l`époque : rue Surcouf, rue de la Marine. Des restaurants proposant de la cuisine française. Des petites boulangeries. Des cafés où l`on peut lire le journal tout en sirotant un cappuccino. Un très beau jardin botanique datant de 1826, le plus vieux du pays. Rue de Pondichery A midi les mères apportent le déjeuner aux enfants Maison pondicherienne sous la végétation le jardin botanique

Une longue promenade le long d`une mer agitée. Pondi c`est aussi Aurobindo http://www.pondichery.com/french/aurobindo/ et Mira Alfassa dit la Mère, indissociables. Leurs portraits sont omniprésents en ville à l`intérieur des édifices. Ils ont marqué la région de leur empreinte. Mira Alfassa a fondé Auroville à quelques kms de là. http://www.auroville.org/ / http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville Dans le hall de la Sri Krishna guesthouse, ils trônent en bonne place derrière la réception. C`est ici que je loge, bien situé dans le centre. Durant 3 jours, je suis à la diète pour que mon estomac martyrisé récupère🤪. Mes nuits sont longues car impossible de fermer l`oeil. C`est nouveau. A cause de la chaleur (?) et les nerfs (?) la proximité de la fin du voyage approche inexorablement. Pour occuper le temps, je regarde les films diffusés sur HBO et je m`ecroule au petit matin jusqu`à 10h00. Scène de vie dans un parc pondichérien

C`est à Pondi que je retrouve Marie Paule. Depuis fin 2005, elle est responsable de l`Alliance Française de Chennaï. Nous nous sommes connus durant la Caravane pour la Palestine en étant associés à ce projet. Une belle expérience humaine et les gens qui ont participé à cette aventure, ont tissé des liens très forts🙂. Quel plaisir de la revoir. Courant août 2007, je l`avais prévenu de ma visite mais c`était loin. Eh bien me voilà ! Le soir, nous rejoignons Danielle dans une pizzeria à coté d`auroville. Une amie de longue date de Marie Paule. Elle vit 6 mois en Inde et le reste du temps en France. L`Inde ça fait 30 ans qu`elle la côtoie. la maison de Danielle Récemment, elle a acheté une parcelle de terrain et l`an dernier a fait construire sa petite maison. Située en pleine campagne, à coté d`un champ de courses hippiques. Une maison tout en rondeur, avec toit ouvert, des hamacs, entouré par un bassin et de grands arbres au milieu de la verdure. Un véritable havre de paix😎. Lorsque elle repart en France. Reste les trois chiens et un gardien qui veille sur cet ilot de sérénité. Le petit resto au bord de la plage tenu par la communauté d'Auroville

Le lendemain, Marie Paule m`emmène en scooter à Auroville. Nous aurions du partir en début d`après midi mais la voiture qui nous ramène, une jeep n`est pas finie d`être réparée. Nous déjeunons au restaurant de la communauté. Au bord de la plage, sous les arbres, la cuisine est fraiche, composée principalement de salades dont les légumes proviennent exclusivement des fermes organiques de la communauté. Auroville est internationale et pour y rentrer, le nouvel arrivant se doit d'y apporter ses compétences. Officiellement tout est basé sur l`entraide. En tout cas, l`endroit est reposant. On peut même y dormir. Il y a plusieurs bungalows en bambous et l`on accède aux chambres par des échelles🙂. La journée se passe jusqu`au soir où nous retournons avec la jeep jusqu`à Pondi pour récupérer mes sacs. Cette fois, ça y est, je met les voiles. Mais avant de prendre la route, rdv est pris chez Ryaz pour un ultime repas. Lorene en week-end à Pondi et qui travaille à l`Alliance Française avec Marie Paule nous rejoint. Village de pêcheurs près de Pondichery
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Suite et fin de cette aventure. je reprend le fil après un petit break dans l'écriture

Chennaï : le dernier fragment Pondichery-Chennaï du 03 au 09 février

Quelque part entre Pondi et Chennaï le long de la côte, la jeep s'enfonce dans la nuit sur une route dégagée. Nous sommes partis depuis une heure après avoir quitté Danielle et Ulrich. C'est Marie Paule qui conduit. Je me tiens à ses cotés, prêt à la suppléer au volant en cas de fatigue. Lorène a pris place sur la banquette arrière. Elle dort. Je fais la causette avec Marie Paule...souvenirs de la Caravane Strasbourg- Jérusalem dont nous avons fait partie, des copains et des copines restés en France, de la vie en Inde. Elle est en poste depuis octobre 2006. Responsable de l'Alliance Française de Chennaï, elle essaye de faire exister la France dans la quatrième ville indienne. Pas simple d'autant qu'il a fallu qu'elle s'adapte au mode de fonctionnement de ses employés indiens. Entre les célébrations religieuses et les mariages, les causes d'absentéisme sont nombreuses et pas question pour eux de louper les festivités et elle a dû remédier calmement à ces manquements. C'est la règle d'or : ne pas s'énerver et faire avec. Depuis que je l'ai retrouvé, je la trouve très zen, souriante et détendue. En France, elle était une personne joviale et à l'écoute des autres. Arrivée dans les faubourgs de Chennaï. Nous déposons Lorène à l'Alliance Française, elle loge dans un studio mis à sa disposition au dernier étage du bâtiment. Quant à moi, je vais m'installer chez Marie Paule. Une maison avec un petit jardin qu'elle partage depuis peu avec deux autres colocataires, Annie et Sarah. Elles sont absentes à cause de fréquents déplacements. Leur job : le microcrédit.

Chennaï : la plus grosse ville d'Inde du sud. Une langue : le Tamil. Deuxième place forte cinématographique du pays, une production prolifique et méconnue comparé à son concurrent de la côte ouest Bollywood. Avec une différence de style très marquée. Là où Bollywood rime avec rêveries et bons sentiments, les films tamils baignent dans le réalisme avec parfois des accents très violents. Place importante pour l'initiation du Bharata natyam, la plus vieille danse de l'Inde. C'est ici que l'on fabrique la fameuse moto Enfield. Chennaï plus connu sous son ancien nom Madras est différente des autres villes de même taille que j'ai visité durant mon séjour, comme Mumbaï (Bombay) et Bangalore. Du nord au sud, de Georgetown à Adyar, c'est comme un assemblage de villages bordés par deux plages (Marina Beach et Eliott Beach) donnant sur le Golfe du Bengale, entrecoupés par deux rivières l'Adyar (au sud) et la Kuvam(au nord). A Plusieurs reprises, en circulant à vélo, je me perdrai dans le dédale des petites rues. La circulation y est très concentrée Je croiserai de rares touristes. La ville n'a pas la cote et c'est plutôt "circulez y a rien à voir". Tout ce petit monde se presse à Pondichery plus attractive. Chennaï est considérée comme un lieu de transit car dotée d'un aéroport international et d'une liaison maritime vers les iles Adaman.

Postures du Bharata Natyam

Eliott Beach ce matin. Mon pied à terre. La maison est située au fond d'une impasse ombragée à quelques pas de la plage. Marie Paule s'est rendue à son travail. Avant de partir, elle se détend en pratiquant une séance de yoga quotidienne avec une professeur indienne. L'Alliance Française est très éloignée et il faut traverser la ville pour s'y rendre. Je pars explorer les alentours en marchant. Je découvre que c'est un quartier très agréable et je prends vite mes repères. Les deux premiers jours, je me déplace avec les rickshaws qui m'en font voir de toutes les couleurs. Pas trop le choix, la ville est très étendue. A chennaï, ils ont mauvaise réputation. Le torchon brûle. Ras le bol et mécontentement d'une population qui demande à ce qu'ils installent des compteurs. Refus catégorique de leur part. Je me rend vite compte que la partie ne va pas être facile avec ces roublards et il faut sans cesse batailler pour ne pas se faire enfler sur le prix des courses. Pire encore, ils ne comprennent pas les indications que je leur donne. Plus d'une fois, ils me déposent au mauvais endroit et excédé je continue à pied. Le pompon a été décroché par celui qui devait me ramener à la maison et qui s'est perdu. Il a fallu que je le guide jusqu'au pont. Après l'avoir franchi, je lui demande de stopper pour continuer à pied. Et voilà qu'il ne veut pas me rendre la monnaie en prenant un sourire béat "for drinking a tea", "toi, mon coco, si tu me prends pour un pigeon, tu es mal tombé" en lui décrochant un sourire jusqu'aux oreilles, "No Chaï, no Tea, give me my money". Je ne bouge pas mes fesses de ton tacot. Au bout d'un moment, voyant qu'il n'obtient rien de moi, il me jette excédé l'argent en me fusillant du regard. Je lui fausse compagnie en n'oubliant pas de lui souhaiter un Good Bye cynique. A l'exception d'un ultime trajet à l'aéroport, cela sera ma dernière confrontation avec eux. Dorénavant, je circule avec la bicyclette que Marie Paule me prête. Enfourchant la petite reine, je suis le roi du pétrole à Chennaï. Je me fond dans le trafic. Parfois c'est un numéro d'équilibriste qui demande de la dextérité. Je peux toiser du regard les rickshaws (hé hé) et aller où bon me semble pour découvrir la ville.

En premier lieu, Marina Beach : la deuxième plage du monde par la longueur. Elle s'étend de la rivière Adyar jusqu'aux installations portuaires, sans parler de sa largeur. Rendez-vous préféré des citadins qui, le soir, s'y rendent en famille et... cotoient les habitants des lieux. En effet et c'est une des particularités de l'Inde du sud, les pêcheurs habitent sur les plages, à deux pas de leurs moyens de subsistance. Les marchands du temple rêvent de faire table rase pour y implanter des complexes hôteliers et développer le tourisme. Heureusement, ils se heurtent à une forte résistance des associations chargées de les défendre. Pour le moment, les pêcheurs sont là et ils entendent bien y rester. Tout comme à Eliott Beach. J'adhère totalement à ce genre de combat contre ceux qui veulent nous imposer avec leurs karchers et leurs bulldozers, un mode de vie aseptisé, terne et insipide.

Enfants de pêcheurs à Eliott Beach Pêcheurs à Marina Beach

Les Indiens sont revendicatifs et ils créent beaucoup d'associations pour exprimer leurs droits. L'Inde c'est un tissu associatif très développé, un syndicat paysan très puissant dont j'avais pu rencontrer quelques membres à Lyon en 1999. Une caravane à travers l'Europe pour nous informer sur leurs luttes. Pur fruit du hasard cette rencontre au parc de la Tête d'Or, bien que je connaissais cette caravane et qui s'est terminé en fou rire général quand j'ai laissé à l'un d'entre eux, mes rollers pour une initiation pour le moins chaotique. Je vous laisse imaginer la suite. Marie Paule me disait que lorsque elle a pris son poste, les employés sont venus la voir pour s'enquérir des conditions de travail et qu'il a fallu discuter certains points sur lesquels ils exprimaient des inquiétudes. Il suffit d'ouvrir un journal pour constater que le pays est agité de marches, manifestations, rassemblements etc...Un signe de bonne santé citoyenne quoique on en dise. En octobre 2007, le mouvement Ekta Parishada a organisé une marche de 350 kms regroupant petits paysans, dalits de vingts états qui ont convergé depuis Gwalior Madya Pradesh vers New Delhi "« Du travail pour toutes les mains, du pain pour tous les estomacs, une terre pour les Sans-terre, une protection pour les petits paysans et les petits commerçants, modifier les politiques actuelles »c'est ce qu'on pouvait entendre dans les rangs compacts des marcheurs. Qui a dit que les Indiens courbaient l'échine ?

Je vais rendre visite à Marie Paule à l'Alliance Française. Un beau bâtiment de 3 étages entouré d'arbres mais par contre le quartier c'est "Boucan d'Enfer", en particulier la rue College Road en sens unique qu'il est quasiment impossible de traverser sans risquer sa vie tant le flot de véhicules est ininterrompu. L'intérieur est constitué d'une bibliothèque et de plusieurs salles où sont dispensées des cours, au premier étage un coin restaurant très agréable, une salle très spacieuse où travaille le personnel administratif avec au fond le bureau de Marie Paule. Cerise sur le gâteau, une superbe salle de spectacle au dernier étage.

Marie Paule Pour la faire fonctionner, Marie Paule ne ménage pas sa peine. Elle travaille beaucoup et se démène avec un budget qui se réduit en peau de chagrin depuis que l'ultra droite est passée. Pour la section culturelle, elle est secondée par un ex de la troupe d'Ariane Mnouchkine, un Indien qui a passé six ans à Marseille. En ce moment, c'est l'effervescence. Elle organise un festival de films français et la conférence de presse a lieu dans la semaine.

Au milieu de son emploi du temps chargé, Elle prend le temps d'inviter des amis chez elle ce qui me permet de faire la connaissance du petit cercle des expatriés français. Un soir, elle invite deux copines. Sarah qui vient juste d'arriver et qui travaille dans une association caritative et Françoise une danseuse. Cela fait trois ans qu'elle s'initie à la danse Bharata natyam. Originaire d'Avignon, elle touche au but. Dans deux mois c'est la récompense du travail accompli et une grande fierté; elle va danser seule dans une grande salle de la ville accompagnée par des musiciens qu'elle a choisi. Je la sens épanouie. Elle respire la joie de vivre. En juin, elle rentre en France et son visage s'assombrit lorsque elle se met à en parler. Elle apprécie sa vie ici, elle loue une petite maison près d'ici. Tout va bien. Nous restons à discuter tard dans la nuit après que les autres soient partis dormir. Elle a un peu voyagé en Inde et nous évoquons nos souvenirs et nos projets. Je ne la reverrai plus jusqu'à mon départ. Dommage et un regret de ne pas pouvoir assister à son spectacle en avril. J'aurai une pensée pour elle. Un autre soir, c'est tout un groupe de jeunes expatriés français qu'elle a invité, Sarah la nouvelle venue est aussi de la fête tout comme Danielle et Ulrich qui ont fait le déplacement de Pondi. Danielle doit récupérer sa fille dans la nuit à l'aéroport. Ulrich fait des allers retours de plus en plus fréquents entre l'Allemagne et l'Inde. Je fais la connaissance de Annie, la coloc de Marie Paule. Son travail l'amène à se déplacer fréquemment à travers tout le pays. Elle propose du microcrédit au tissu associatif rural. Concrètement ça signifie aider financièrement des gens modestes pour qu'ils puissent ouvrir un petit commerce de rue tout en leur permettant de rembourser par petites sommes. Le hic :c'est pour le compte de grands groupes et les taux sont très élevés. ça part d'un bon sentiment mais sur le fond c'est un moyen de faire du fric sur leur dos. Rien à voir avec les tontines africaines. Depuis que le docteur bengalais a été prix nobel pour cette belle initiative, les prédateurs lorgnent sur un marché qui peut s'avérer juteux. Elle en a bien conscience et ça la met mal à l'aise. Auparavant, elle travaillait au Rajasthan pour le compte d'une association Seva Mandir (voir Udaipur la perle du Rajasthan).

Le départ se rapproche à vitesse grand V. Je ne réalise pas. Suis ici dans un cocon et en charmante compagnie. Pourtant, les quatre derniers jours, je dors dehors...non la gente féminine ne m'a pas chassé des appartements, je suis toujours très bien accueilli mais c'est la recherche de fraicheur. Je ne ferme plus l'oeil et je collectionne les nuits blanches depuis Pondi. Installé sur la petite terrasse en béton, après avoir goûté au concert nocturne de mes minuscules voisins de chambrée, à deux pas dans le petit jardin, je peux m'assoupir deux heures. Réveil forcé à l'aube par le pilonnage des moustiques. Bonne transition. Un beau matin, je me frotte à l'administration indienne...sans le savoir. ça sonne à la porte. Les yeux ébouriffés, j'ouvre et je me retrouve nez à nez avec un type qui me présente une facture, il n'a pas l'air de plaisanter. Il parle en Hindi, je parle en Anglais. Incompréhension sur la ligne. Ni une, ni deux, il se dirige vers le jardin, ouvre un boitier (d'électricité) et repart avec deux gros haricots(les fusibles). Je le regarde quitter le jardin et je réalise en rentrant que c'est le jus qu'il a coupé. Plus rien ne fonctionne. J'appelle Marie Paule. Gros soupirs. "Ah non pas eux !, ça peut prendre une semaine pour rétablir le courant" Aïe, je suis ennuyé de l'avoir laissé filer avec les fusibles. A la base de ce quiproquo, une note d'électricité à honorer et moi dans la peau d'un improbable mauvais payeur. Le lendemain matin, au prix de courbettes et d'un billet glissé dans la poche, un employé du service se déplacera pour remettre la lumière.

Samedi. Dernier jour. Je vais une dernière fois au bord d'Eliott Beach en compagnie de Marie Paule. Quelle étrange sensation. Je réalise que tout cette vie d'errances tire à sa fin et retour à la case départ. Nous buvons un cappuccino, détendus et sereins. Hier soir, je profitais de la plage, assis sur le sable devant la déferlante des vagues sous une belle nuit étoilée. Malgré l'obscurité, du monde, beaucoup de monde se promenant ou restant comme moi à contempler les vagues. De l'animation, une plage squattée par des échoppes de fortune éclairées à la lanterne qu'un vent léger faisait vaciller; odeurs de nourriture et de chaï. J'aime cette ambiance. Derniers instants avant de quitter cette terre d'Asie. Fin du voyage.

17h00, Le rickshaw traverse le quartier d'Adyar qui n'a plus de secret pour moi...Je viens juste de quitter Marie Paule. Encore une fois, c'est moi qui suis parti...La route est maintenant dégagée, il accélère. Anna University. Sur le trottoir, des vendeurs de hamacs. De l'autre coté un réparateur de bicyclettes. Des chambres à air sont accrochés au mur... Couleurs de l'Inde. J'en prend de pleines bouffées pour le voyage qui s'annonce. Un panneau indique Airport. Cette fois ça y est. Je paie le rickshaw et il me tend la main. Regard amical et poignée de main. Il me souhaite bon voyage. Incroyable comme ce petit geste me touche car durant trois mois j'ai ferraillé sur les routes avec ses copains. Les Happy End à l'américaine ne sont pas ma tasse de thé. J'en rigole. Je le regarde disparaitre au coin de la route et mon sac sur l'épaule, je pénètre dans le hall de l'aéroport.

Souvenirs de Chennaï Moments de détente à Marina Beach
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DO Dolma Globetrotter ·
Des mots tout en douceur (même quand tu râles-un peu) voilés de nostalgie pour un voyage qui prend fin... Merci de nous avoir fait partager ce long chemin d'aussi agréable manière 🙂.

Un p'tit truc technique : j'aurais bien apprécié des photos au format plus réduit et des caractères d'écriture un peu plus grands.

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MÉ Mékong Globetrotter ·
merci pour ton message Dolma La nostalgie s'explique ici du fait que ce texte est le seul que j'ai écrit après mon retour. pour les détails techniques, je vais réduire un peu les photos
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BE Beatrices Regular ·
N'eusse été (oups on dit comme ça ???!!!) le plaisir de t'avoir rencontré en Haute-Savoie, j'aurais presque des regrets que tu sois rentré de voyage tellement ta manière de raconter m'emporte Merci Eric
NA Nacera67 ·
Un peu souffle et un moment de réel plaisir à lire et relire tes rencontres, tes voyages.... Je t'avoue que j'aurai aimé être avec toi pour en savourer chaque moment. Maintenant, il nous reste tes traces écrites pour vivre et revivre au travers de tes récits ce long voyage. J'attends que tu viennes vers nous. <<Tu sais que tu es le bienvenu pour nous faire partager et de vive voix ton expérience qui je pense pourrait peut être contribuer à changer le regard que l'on peut avoir "sur l'autre">>. Je pense aux jeunes que j'ai croisé ce matin, qui se sentent à l'étroit dans leur cité et qui peut être avec un échange d'un voyageur "vivant" pourraît peut être envisager d'autres perspectives et s'ouvrir à la réalité du monde qui nous entoure. Je t'invite à venir les voir, à toi de nous faire part de tes disponibilités pour que tu puisses les voir et échanger sur ton vécu, tes rencontres et surtout la richesse que ce voyage a pu t'apporter, a pu nous apporter... bon voyage et encore merci Nacéra
MÉ Mékong Globetrotter ·
merci Bea l'étrange voyageuse pour ton chouette message qui me va droit au coeur c'est joliment tourné ta phrase, "on dit comme ça" on s'en fout ça sonne bien. A quand de nouveaux délires sur VF les copines ?
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Nace merci, touché par ton message. content que mes récits vous plaisent. pour le prochain grand voyage, je penserai à toi. si on peut faire un bout de route ensemble ah cette aventure de la Caravane jusqu'aux portes de Jérusalem, j'y repense constamment... je passerai vous voir prochainement à Strasbourg
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NO Noham Regular ·
Bonjour, moi j'ai adoré ce texte quasiment sans faute d'orthographe, et si bien écrit ! Et non, ne réduis pas les photos ! Quelle idée ! Pour une fois qu'on n'a pas des timbres-poste et qu'on voit les détails !!! De vraies belles photos, ça se mérite en grand. Je t'écris en MP
FL Flodesoibes ·
Salut, Nous sommes actuellement du cote de Van et nous souhaiterions nous rendre a DOGUBAYAZIT. Nous avons vu que tu y avais ete lors de ton periple mais en passant par ERZURUM et non pas depuis VAN. Y a t il une raison particuliere? est ce parce que la route van-dogu. t etait deconseillee? Merci par avance pour ta reponse, Cecile et Florian
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut

oui je devais retourner à Erzurum pour récupérer mon visa iranien. j'avais appelé le consulat depuis Van. Pour vous pas de souci Van-Dogu c'est plus rapide. bonne route
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TH Thevert7 Regular ·
Merci pour ce magnifique carnet de voyage, lu d'une traite, il me donne envie de faire une partie du trajet ( Iran/Pakistan )
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Thevert merci bcp pour ton message je ne peux que te le conseiller et d'ailleurs je vais reprendre bientôt la suite de ce carnet car je repars en Asie par cette route.
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TH Thevert7 Regular ·
Merci Mekong

Dangereux pour une fille seule ? Je ne parle pas de l Iran et de l Inde ( j ai lu pas mal de carnets, de topics à ce sujet ) mais pour le Pakistan ?

Quel est la durée du visa iranien actuellement ? 7 jours ?

Merci d avance pour ton aide
MÉ Mékong Globetrotter ·
dangereux non mais ce n'est pas un pays facile pour les voyageurs du style Thailande si tu vois ce que je veux dire. Cela dit aucun souci, faut juste que tu fasses gaffe où tu vas mais la police ou l'armée te le rappelera au cas où tu t'égares🙂 par mesure de sécurité. certains hôtels n'acceptent pas de femmes seules, faut juste te renseigner avant Et la population est d'une rare gentillesse

durée du visa iranien maxi : c'est 30 jours
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LI Lilyaina ·
Bonsoir Mekong, Je viens de lire ton récit: quel bonheur! Ce carnet me rappelle bien sûr Nicolas Bouvier mais aussi le livre de philippe Valery, Sur La Route de La soie. En décembre 2007, j'étais au Rajahstan: j'étais partie Sur un Coup de tête sans préparation: je devais prendre le Large! Ce fut un moment unique, plein de surprises, car Sans attente j'étais ouverte à tout! Belle expérience malheureusement Trop rare. j'espère aller Au Pakistan cette année. Inch Allah! Bonne continuation et fais-nous encore rêver!
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Lilyana

merci pour ton gentil message. Tu fais référence à Nicolas Bouvier. Il m'a beaucoup inspiré. j'aurais aimé rencontré ce type. Autre époque. Le Pakistan. si tu as besoin d'infos, n'hésite pas
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MÉ Mékong Globetrotter ·
bonjour à tous

Je reprend la suite de ces fragments de voyage dont le 1er chapitre date de 2007-2008 4 années que je suis passé par cette route...j'essaierai d'écrire régulièrement pour alimenter la rubrique histoire de faire des mises à jours et de raconter quelques anecdotes de voyage

Fragments de voyage II: Istanbul-Teheran-Chengdu-Bangkok par la route

ça c'est l'idée sachant que tout est conditionné par les soubresauts géopolitiques de la région. 1er bon point : j'ai obtenu le visa pakistanais à Paris.

à bientôt
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JU Jujuluberon Veteran ·
sa c'est cool , hate de te lire !!! combien de jours tu as eut pour le visa pakistanais ?
http://www.flickr.com/photos/49830238@N04/
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut

j'ai eu 30 jours. ça a pris 4 jours pas besoin d'être là pour le récupérer, quelqu'un d'autre peut s'en charger à ta place
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MÉ Mékong Globetrotter ·
Est de la Turquie du 21 février au 6 mars

Sur une aire de parking, quelque part entre Sivas et Erzincan, le bus Esadas qui nous emmène à Erzurum fait une halte. Pause petit déjeuner. Tout autour, les environs sont recouverts de neige. Température en dessous de zéro. Nous sommes partis d'Istanbul à 19h. Arrivant de l'aéroport proche de l'immense gare routière (otogar), j'ai juste eu le temps d'acheter mon ticket et de sauter dans le bus. J'avais fait l'impasse sur Istanbul afin de rallier au plus vite Erzurum à 1275kms, question de visa iranien.......A coté du restaurant (lokanta), un attroupement se créé. De loin ça ressemble à un chenil sauf que là, en l'occurrence, ce sont les fameux Kangals, les chiens de berger des hauts plateaux anatoliens. Leur origine remonterait à l'Asie centrale et aux mouvements de nomades traversant l'Asie, la Perse et arrivant jusqu'en Anatolie. On a rarement l'occasion d'en voir d'aussi près et aussi confortablement. Bien sur, on peut les croiser dans les montagnes avoisinantes quand on randonne. C'est l'heure du repas. Le plus massif, gros comme un poney, mange sa pâtée dans une bassine. Précision importante, il y a un grillage. Un Turc tente une photo avec son portable et le bestiau lui aboie dessus, la bave aux lèvres. Ca calme ! c'est qu'ils ont l'oreille sensible. La carte de visite de ces molosses est impressionnante. Un Kangal est capable d'affronter une meute de loups pour protéger le troupeau. On dit même qu'un Kangal entrainé aurait terrassé un lion en Afghanistan. Photos (sur Yahoo images)

Erzurum sous un froid polaire, -14 degrés en journée et le thermomètre descend à -29 au milieu de la nuit (Photo). Pas l'idéal pour les balades. Je fais quelques photos histoire de mais l'endroit n'offre guère d'intérêt. Je n'accroche pas question de feeling. Le lendemain je file au consulat iranien. Mauvaise pioche. Déjà que le 1er préposé me fait attendre sans m'avoir donné les formulaires, je ne la sens pas cette affaire quand le 2ème préposé m'appelle pour me dire que je dois passer par une agence pour obtenir un numéro d'autorisation. Le procédé est simple, il suffit d'aller sur Google avec les mots clés et seulement ensuite je pourrai revenir remplir mon dossier. En sortant je croise un couple de Lituaniens. Renseignements pris, cela fait 6 semaines qu'ils attendent leur visa à cause de ce numéro d'autorisation qui a tardé à venir. Ok demain je tente ma chance à Trabzon où j'aurais du d'ailleurs aller directement. Je les revois 20mn plus tard au restaurant d'à coté, sourires aux lèvres, ils ne cachent pas leur enthousiasme. Eve et Karolis sont partis pour un long voyage jusqu'en Australie via la Chine et l'Asie du sud-est.

A peine sorti d'Erzurum, le moteur du bus tourne au ralenti. Pas moyen d'avancer malgré les efforts du chauffeur et du steward. A l'intérieur ça commence à s'énerver car l'horloge tourne. Dehors il fait toujours aussi froid. -14 degrés. On part une heure plus tard lorsque un autre bus de la compagnie arrive laissant le premier en plan sur le bas-coté. Les paysages entre Askale et Bayburt sont magnifiques, Trabzon (Trebizonde), le principal port turc sur le mer Noire. La ville est perchée sur la montagne donnant sur la mer. Tout se concentre autour de Ataturk Square (Alani Ataturk) (photo), le poumon de la ville ; hôtels, dolmus, restaurants, cafés. La place est constamment très animée. Le consulat iranien est à 100m en montant. La gare routière est à 5mn. J'aime bien cette ville (il faut dire que l'on passe de -14° à 8°) surtout les balades en bord de mer. Ici les berges ont été aménagées sur plusieurs kms pour les piétons et cyclistes avec des baraques à thé (photo) pour faire des pauses et contempler le paysage aquatique. Le week-end, Georgiens et Russes débarquent pour faire du shopping. Je devrais dire plutôt les dames que l'on remarque de par leur élégance. Coté foot, le club local Trabzonspor est le seul club turc à tenir la dragée haute aux trois clubs istanbouliotes que sont Galatasaray, Fenerbahce et Besiktas. Lundi matin, 9 heures pétantes devant le consulat iranien. Nous sommes 5 à attendre. Mes compagnons sont tous Japonais. Une dame charmante nous reçoit. Ambiance détendue. Prises d'empreintes. On en a plein les doigts. Passage à la banque dans la foulée pour payer le visa. Retour en fin de journée pour récupérer le passeport. Tout le monde est là + Christelle une française de Lyon qui voyage à bicyclette avec son copain jusqu'en Inde. Verdict : un visa de 15 jours au lieu des 30 jours. De nouvelles mesures restrictives liées sûrement au climat géopolitique. Tout le monde est logé à la même enseigne. Cela va m'obliger à demander une extension une fois sur place, c'est permis sauf si....On avisera. Cela dit, tout s'est passé dans une extrême simplicité ce qui est rare dans un domaine qui rime souvent avec prises de têtes, tergiversations et paperasseries à n'en plus finir. Et dans le contexte actuel politique très tendu c'est plus que louable. Entretemps, j'ai sympathisé avec le couple de Japonais qui ont décidé de faire un bout de route en ma compagnie jusqu'à Kars plus à l'est pour visiter Ani.

Nous partons le soir même. Hiro et Yuka voyagent ensemble depuis plusieurs mois. Auparavant ils étaient en Finlande. Lui est plutôt réservé, peut être le fait qu'il parle un Anglais très limité mais il est expérimenté et débrouillard. Je l'ai constaté à Kars lorsque nous étions en quête d'un hotel petit budget (celui que j'avais noté était en rade). C'est lui qui a déniché le bon plan. Elle, est extravertie, le contact facile, son Anglais étant meilleur que celui d'Hiro, avec des yeux pétillants et un joli sourire. Tous les deux habitent et travaillent à Tokyo, Hiro est vendeur dans l'audiovisuel, Yuka est infirmière (photo)

Voilà maintenant que les présentations sont faites, direction Ani. La région est ensevelie sous une bonne couche de neige. Kars est en altitude, très proche des frontières arménienne et géorgienne, considérée comme la ville la plus froide de Turquie (photo). On a de la chance, la température oscille entre 0 et 4°. Aucun bus ne va à Ani, le stop n'en parlons pas, le trafic est quasi nul. Reste les taxis et là c'est pas gagné, ils affichent tous le même tarif 100 lires, après avoir âprement marchandé, on fait descendre à 90 lires. Top là ! ça fera 30 lires chacun. Le chauffeur roule à tombeau ouvert. Derrière ça pionce. Normal on a juste posé nos sacs après un voyage de nuit sans trop pouvoir fermer l'oeil. Arrivés sur place, je ne regrette pas d'être venu. C'est magique. Après avoir pénétré dans la double enceinte et franchi la porte des lions, nous débouchons sur le site. C'est désert hormis un bidasse en faction. Les ruines recouvertes de neige s'étendent sur quelques kms, la forteresse est en zone interdite, certaines comme la Mosquée, la Cathédrale et l'église du rédempteur sont en bon état. (photo) (photo) De l'autre coté des gorges de la rivière Akhourian(photo) , l'Arménie (photo) . Il règne un calme absolu. Ce fut la capitale de l'Arménie en l'an mille. Retour à Kars, dans les rues c'est la gadoue, il pleut. Demain matin je mets les voiles pour Dogubeyazit. Nos routes se séparent, Hiro et Yuka se dirigent vers la Georgie. Rendez vous pris en Iran.

Dogubeyazit passage de la route de la Soie pour aller en Asie. Du haut de ses 5165m, le mont Ararat veille au grain, entouré par la Turquie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et l'Iran. (photo)Ville à très forte majorité kurde. Il y a un peu d'Asie à Dogubeyazit, les marchands ambulants avec leur petites charrettes sont à chaque coin de rue vendant des cigarettes, musique, fruits secs, thé et vêtements. J'ai un faible pour cette région. Au delà de l'atmosphère de la ville et de la beauté des lieux, elle m'évoque aussi des souvenirs sentimentaux quand j'étais passé en 2007, une belle rencontre... Dogubeyazit c'est aussi son joyau, le palais d'Ishak Pacha (photo) je décide de me poser une semaine en attendant de passer en Iran le 6 mars. Question de timing à cause d'un train entre Zahedan et Quetta dont je reparlerai plus tard.

C'est mon 5ème séjour en Turquie. A chaque fois le même constat, j'aime beaucoup ce pays même si le coût de la vie a bien augmenté en particulier le budget transport. C'est lié au prix du carburant plus cher qu'en France. Des paysages magnifiques. On mange bien, des gens accueillants et honnêtes, j'insiste sur ce dernier point, c'est bien de pouvoir se laisser aller, nul besoin de batailler comme en Inde ou au Laos par exemple. (photo) (photo)

Demain l'Iran, bienvenu dans l'axe du mal ;)

INFOS PRATIQUES ticket de métro 2 lires Bus Istanbul-Erzurum 70 lires compagnie Esadas horaires 16h 19H 21H Erzurum l'otogar est à 2 kms du centre (sahir merkezi) une course en taxi coûte environ 8 lires jusqu'à l'hôtel Esadas. hôtel Emre rue perpendiculaire à la rue principale 30 lires pour une double avec salle de bain TV et free wifi le resto (lokanta) à coté est populaire on s'en tire pour 8 lires avec une soupe et une assiette de riz avec viande Trabzon bus Erzurum-Trabzon 35 lires dolmus otogar-Alani Ataturk 1.5 lires marqué Garajgar-Meydan , Meydan est Alani Ataturk. beaucoup d'hôtels à Alani Ataturk j'ai opté pour Erzurum hôtel sur la droite de la place en descendant sur le port. 25 lires pour une double avec salle de bain TV free wifi. Il accueille aussi des prostituées mais ça reste discret. Autre bonne option le Benli Palas sur la droite depuis le haut de la place. Kars bus Trabzon-Kars 50 lires un seul bus à 23H30, le bus repasse par Erzurum course en taxi depuis l'otogar 2 excentré 15 lires l'hôtel Kent était fermé hôtel Bizim1 proche de l'hôtel Bizim2 sur Fairbank Caddesi 15 lires pour une simple salle de bain à l'extérieur hôtel Bizim2 plus cher 60 lires pour une double bon compromis l'hôtel Nur à coté 40 lires pour une double 25 lires pour une simple Le resto Bizim à coté de Bizim1 est populaire et bon marché l'otogar est dans la ville coté ouest. Ani : droit d'entrée 5 lires taxi Kars-Ani 90 lires Dogubeyazit bus Kars-Igbir 20 lires dolmus Igbir-Dogubeyazit 6 lires hôtel Tahran 30 lires simple tv salle de bain free wifi thé à volonté et petit dej moins cher hôtel Erzurum 15 lires simple sans salle de bain
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
NA Narotcho Regular ·
Salut Eric,

Et alors, on attend la suite... Il fait beau en Iran?
tripsandshoot.com
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Christophe

suis à Yazd et je me laisse aller. Figure toi que depuis hier la pluie a fait son apparition. Yazd est situé au milieu du désert. Mais globalement dans le sud est le temps est au beau fixe la suite arrive
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FA Fabricia Globetrotter ·
🙂 Bonjour Eric,

Toujours attentive et admirative lectrice, je te souhaite un beau et long voyage oriental. Textes et photos sont magnifiques ! Amicalement à toi.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
TH Thevert7 Regular ·
cool , la suite 😉
MÉ Mékong Globetrotter ·
Bonjour Fabricia merci et venant de toi ça me touche particulièrement
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MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Thevert ça arrive bientôt....faut dire que Yazd rend paresseux.
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TH Thevert7 Regular ·
prend ton temps, suis en train de lire un livre pour l instant intéressant sur l' Iran " Tchadors et dentelles " du journaliste Armin Arefi

ciao 😉
MÉ Mékong Globetrotter ·
Iran mes infos pratiques

Visa à Trabzon et extension à Gorgan http://voyageforum.com/forum/obtention_visa_iranien_trabzon_turquie_en_fevrier_2012_D4850532/

Taux de change pour 1 euro : 25000 rials au marché noir (dans la rue et chez les moneychangers le long de Ferdowsi Street à Téhéran)

Transport Maku-Téhéran 210000 rials Téhéran-Mashad 230000 rials Bus TBT Mashad-Gorgan 110000 rials Gorgan-Téhéran 100000 rials Téhéran-Isfahan 80000 rial Isfahan-Yazd 64000 rials Yazd-Zahedan 145000 rials

Hostel/Homestay/Hotel Téhéran : Mashad Hotel 80000 rials lit en dortoir, frigo et eau chaude pour le thé à disposition (à l'étage) Mashad : Valli Homestay ce sont des Japonais qui m'ont donné l'adresse. sur internet Valli Homestay pas évident à trouver. Envoyer un mail pour lui demander le numéro de bus depuis la gare routière. Ensuite demander aux gens du quartier, Valli est très connu. discussion VF sur Valli* 80000 rials lit en dortoir breakfast 15000 rials Diner 50000 rials c'est la maman qui cuisine des plats iraniens. Qualité et quantité au rendez vous. Portions de mammouth. au final excellent rapport qualité-prix. Internet (payant) sur place. Thé gratuit. Isfahan : Amir Kabir Hostel depuis la gare routière Kaveh Terminal prendre le boulevard sur la droite. nombreux bus vont dans le centre. 2000 rials en montant. Demander "Takhti Stadium" c'est juste à coté de l'hôtel. paillasse sur le sol à coté de la chaufferie 120000 rials. Les deux frangins proprio ont profité du Norooz pour augmenter le prix de 100%. Gros foutage de gueule. Quinze jours avant, un Japonais signalait qu'il avait payé 60000 rials. 15mn à marchander mais rien à en tirer. Problème pas trop le choix à Isfahan pour les voyageurs petit budget et les deux bougres le savent. Cela dit les prix vont sûrement redescendre après les fêtes mais il n'en reste pas moins que ça ne vaut pas un clou. Yazd : Kohan Kashane à coté d'Alexander's Prison vieille ville 100000 rials lit en dortoir avec breakfast inclus. Suis resté une nuit pour aller au Silk Road Hotel que je préfère nettement. Silk Road Hotel : 90000 lit en dortoir breakfast (buffet) inclus. Le meilleur hôtel de mon séjour iranien. Tout est ok. Un endroit idéal pour socialiser, un carrefour pour les voyageurs. Staff sympa et très cool. Beaucoup d'espace dans le jardin intérieur pour rencontrer et revoir du monde, boire un thé, wifi gratuit. Il existe des points d'ancrage pour les voyageurs dans le monde et nul doute que le Silk Road en fait partie. le Silk Road

Téhéran pratique Métro 3000 rials ticket one way (plan en ligne) Bus BRT rouge 2000 rials payable en entrant permet d'aller du terminal ouest (Azadi Square) au terminal est. correspondances avec le métro permet d'aller d'Imam Khomeney Square à Tajrish Square (nord) Cybercafés : rares. Sur Engelab Square au nord trottoir droit à coté de la patisserie et après la petite épicerie. Amiran netcafé 1er étage. On peut imprimer. au sud de la place. Mortelle Café 1er étage à coté de la Persian Bank. Wifi gratuit mais les consos sont chères. Darband : télésiege 25000 rials randonnée au dessus de Téhéran. Pour s'y rendre Métro Tajrish Square puis prendre un taxi partagé au nord de Tajrish Square pour se rendre à l'autre télésiège plus à l'ouest de la ville voir : Tochal Complex www.tochal.org

Gorgan plan de la ville et nombreuses infos sur la région http://medlem.spray.se/davidgorgan/

Isfahan bus 2000 rials payable en montant toutes les entrées des sites coûtent 5000 rials hormis les églises de Jolffa.

Yazd bus urbains 1000 rials le trajet payable en montant pour se rendre à la gare routière ou aller au Silk Road prendre le bus 483 sur Imam Khomeney Street devant la Clock Tower et aller jusqu'à Homafar Square (terminus) ensuite le bus 496 pour aller jusqu'à la gare routière. pour se rendre aux tours du silence Dakhmeh aller jusqu'à Besheti Square et tourner sur la gauche direction de Ateshkadeh le temple Zoroastrien puis prendre un 1er bus de demander au chauffeur "Dakhmeh", sur le parcours du bus vous pourrez vérifier les panneaux marrons indiquant Dakhmeh, ensuite prendre un 2eme bus au terminus pour les tours du silence nichées sur des collines que l'on aperçoit depuis le terminus. entrée 5000 rials Les taxis proposent des tours d'une journée pour visiter Chak-Chak, Kharanaq et Meybod. ça coûte 500000 rials pas plus. L'idéal est de trouver 3 autres personnes pour partager le taxi. Coût par personne 125000 rials pour assister à une séance de sport traditionnel le Varzesh-e-Pahlavani, ça se trouve au niveau des 4 badgirs sur la place Amir Chamargh. petite rue pour y accéder. A l'entrée ils demandent 20000 rials prix double pour les étrangers, en insistant possibilité de payer le prix iranien 10000 rials. Début des exercices à 18h30 tous les jours

Mashad Khajeh Rabi (entrée gratuite) direction de la gare ferroviaire. Prendre un bus depuis chez Valli. juste à l'extérieur de la ville. Mausolée et cimetiere pour les martyrs de la guerre Iran-Irak. Très impressionnant. Khajeh Rabi Malek House (entrée gratuite) très proche de chez Valli. Une jeune femme parlant Anglais fait la visite guidée. C'est la maison des artistes. A la fin on met un mot dans le livre d'honneur et on part avec un petit cadeau
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
MÉ Mékong Globetrotter ·
IRAN du 06 mars au 03 avril

Bazargan point frontière. Sous la neige (photo). Formalités expéditives. C'est juste incroyable quand on pense aux tensions internationales. Cela ne sera pas le seul paradoxe de ce pays. Me voici de l'autre coté en quelques minutes......non ! une voix m'interpelle, 'Monsieur, pouvez vous ouvrir votre sac' , c'est si gentiment demandé que je m'exécute sans peine. Une femme charmante. Elle fouille très très légèrement "d'où venez vous" moi "de France" .....son joli visage s'illumine davantage , dévoilant un superbe sourire.......ok vous pouvez y aller...Welcome to Iran.....dommage qu'elle soit en service. Le ton est donné. Le temps de changer quelques billets au marché noir, voilà le bus en provenance d'Istanbul-Téhéran qui se pointe "Y a de la place ? " j'embarque avec mes nouveaux copains turcs pour la capitale. Enfin c'est vite dit, ce bus nous laisse en rade et repart en Turquie. Mystère. Un taxi prend la relève nous dépose sur une aire de parking après Maku (photo). Les Turcs téléphonent pour avoir des nouvelles. Personne ne sait ce qui se passe. On attend scrutant la route du moindre bus qui passe. Au final retour à la gare routière de Maku pour prendre le bus de Téhéran à 18h.

Téhéran à l'aube. L'un des Turcs a tenu à m'accompagner jusqu'à Imam Khomeney Square et puis après les salutations nous nous séparons. Vraiment des gens sympas et chaleureux ces Turcs ! Ceux là viennent voir des membres de leur famille. Hôtel Mashad, je croise Maki , une jolie Japonaise de Tokyo. Elle est la 1ère voyageuse (eur) que je rencontre depuis que je suis en Iran......Elle sera aussi parmi les dernières avant que nos routes se séparent à Yazd, elle par le nord et le Turkménistan et moi par l'est et le Pakistan. J'y reviendrai plus tard dans le récit. Nous partageons le même dortoir avec d'autres voyageurs tous japonais. Ce qui est paradoxal en Iran, censé être un pays où l'on ne badine pas avec la loi, c'est que tous les dortoirs pour les étrangers où j'ai séjourné sont mixtes. Dans le dortoir de l'hôtel Mashad durant 6 jours je ne verrais défiler que des voyageurs japonais. La mixité du dortoir contraste avec certains autres occupants de l'hôtel dont un que je croise arborant sa longue barbe salafiste. La situation est assez cocasse mais l'ambiance est détendue. Il y a aussi un Pakistanais en visite pour affaire qui loge dans une autre chambre. Quant au propriétaire, il parle un peu Français mais je ne le sens pas trop et son discours ne me plait pas. Dans le dortoir c'est convivial, les lits sont disposés autour d'une table et je fais connaissance avec mes compagnons de chambrée. Le soir c'est studieux, ça discute. Chacun rédige des notes, s'échange des adresses et remplit le cahier d'honneur du Mashad. Je l'avais remarqué lors de mes précédents voyage et ça se confirme. Ils font preuve d'un esprit de solidarité sans équivalent. Il faut voir le soin qu'ils mettent à dessiner des plans précis et des astuces qu'ils laissent dans les cahiers d'honneur pour les copains qui suivront. Maki n'est pas en reste. Le surlendemain elle quitte Téhéran après avoir déposé son dossier pour le visa ouzbèke. Verdict : 10 jours d'attente et pas de visa turkmène sans l'autre. Entretemps elle doit s'occuper de son extension de visa iranien. Eh oui nous sommes tous logés à la même enseigne n'ayant obtenu que 15 jours. Je lui donne rendez vous à Yazd avec l'espoir de la revoir. Shota avec son look d'étudiant soigné part pour le Kurdistan iranien et ensuite le Kurdistan irakien. Les corridors : Deux routes vers l'ouest, celle du Kurdistan irakien récente et celle menant en Azerbadjan/Arménie. Coté est, quasiment tout le monde emprunte la route menant au Turkménistan/Ouzbékistan. Un Japonais me disait qu'il leur est actuellement très difficile d'obtenir un visa pakistanais. Du coup la route des Indes est délaissée. Je suis le seul à passer par là...pour le moment.... Wait and see comme qui dirait l'autre.

Et l'Iran ? ce vaste pays, si décrié sur l'échiquier mondial par ceux que l'on nomme la Communauté Internationale bien peu représentative du reste du monde mais qui détient les clés de toutes les institutions mondialisées, l'Omc, l'Oms, le Fmi, l'Onu, le Tpi etc.....République islamique depuis 1979, sous embargo américain, (les Usa qui n'ont jamais digéré l'humiliation de la prise d'otages et du fiasco des hélicoptères de sauvetage) déchirée par une guerre meurtrière à l'époque où Saddam Hussein était l'ami de l'occident. La jeune république islamique a du attendre 10 ans pour voir le bout du tunnel et se bâtir. j'avais séjourné en Iran durant octobre 2007 en empruntant la même route, la route des Indes chère à Nicolas Bouvier. Déjà à cette époque, Bush était aux manettes et les tambours de guerre résonnaient. Cette fois, à la veille de mon départ, c'est Obama qui est aux manettes, blanc bonnet et bonnet blanc. Je regarde Press Tv (chaine iranienne d'infos en continu) dans ma chambre d'hôtel à Dogubeyazit.....retransmission du discours d'Obama au diner de l'AIPAC le lobby sioniste si influent au Congrès Us. Celui ci réitère ses menaces contre l'Iran à la grande satisfaction des convives. Surréaliste !

Quand je me promène à Téhéran, je n'ai pas le sentiment d'un pays au bord de la crise de nerf, effrayé par les menaces de guerre. Les Iraniens, soit ils sont concentrés sur les élections législatives, soit c'est l'approche du Norooz qui les occupe. Tout dépend de quel bord on est. La ville semble être en effervescence. Les magasins sont pleins. Le bazar près du palais du Golestan est envahi par une foule compacte (photo). Le vendredi, beaucoup partent s'oxygéner sur les hauteurs du mont Darband (photo) , randonner, se balader en groupe, fumer la chicha, boire un thé et écouter de la musique histoire de deserrer l'étreinte(photo) .

La population iranienne est jeune. je fais quelques rencontres : Gilda une jeune femme de Téhéran voulant devenir journaliste, en train de faire des photos dans un parc. Elle fait partie de la classe aisée du nord de la ville. De la famille aux Usa. Elle ne se voit pas d'avenir ici. Keyvan et Maria un couple de Téhéran rencontrés à Yazd, lui est musicien, elle est animatrice. (photo) artiste, musicien de surcroit, pas simple de s'épanouir dans ce contexte. Son pote est dans le théâtre et il déplore aussi le trop plein de censure. Roosbeh un étudiant en medecine. lui aussi déplore le manque de liberté mais il essaye de s'adapter car les moyens de contourner sont nombreux. le constat est le même. Ils se sentent bridés. Malgré tout, leur discours est nuancé par rapport à d'autres plus extrêmistes que j'ai entendu, prêts à se jeter dans la gueule du loup ....après avoir mis évidemment leurs proches en lieu sur à l'étranger au moment où le pays serait attaqué. Des nostalgiques des Pahlavi. Personnellement ceux là me débectent.

Au bout d'un moment le gouvernement est obligé de lâcher du lest et c'est ce qu'il fait par moments. Parfois il est désapprouvé par les Ayatollahs comme pour l'histoire de la mixité dans les stades où Ahmadinejab voulait légiférer pour autoriser les femmes à s'y rendre. Prenons aussi les antennes satellites qui ne sont pas autorisées. Ok tout le monde ou presque en a pour capter les chaines internationales. Serrage de vis, on les embarque et rebelote les gens en achètent d'autres. C'est Roosbeh qui me parlait de ça qui est un exemple parmi tant d'autres où chacun joue sa partition. Difficile d'avoir un avis tranché. Le gouvernement a aussi de nombreux partisans et malgré les problèmes économiques récurrents, le pays avance et la répartition des richesse est plus équitable que sous le règne du Shah.

Je pars à Mashad alors qu'il neige à Téhéran (photo). Chez Valli (voir infos pratiques), je rencontre des cyclistes en route pour le Turkmenistan. Thomas un Français de Paris et Mathews et sa copine, deux catalans. Mashad est une ville sainte du chiisme, la 2ème en Iran après Qom. Près de 20 millions de pelerins affluent chaque année. La mosquée est superbe.....De loin car malheureusement pas autorisé à rentrer. Faut dire que je me pointe le vendredi en pleine affluence de la prière et comme le soir je pars à Gorgan. Durant le séjour, Valli organise une virée en montagne, mi rando mi visite d'un village typique avec repas. Pourquoi pas. En compagnie de 3 Allemands, nous atteignons le 1er village et nous faisons du stop pour atteindre Kang niché sur les pentes de l'Alborz qui est la chaine de montagne allant de l'Azerbadjian à Mashad (photo). Il a plu récemment. Sol boueux et sans prises, gamelles assurées. Un des Allemands se ramasse, puis c'est à mon tour, sur le coup je peste après Valli mais la balade vaut le détour. Ce village est magnifique(photo). Nous sommes invités à boire le thé dans une famille puis nous stoppons dans le village suivant (photo) pour manger un plat populaire typique, une sorte de Dizzi local, l'abgosht.

C'est dans le bus de Mashad pour Gorgan la capitale du Golestan, que je rencontre Roosbeh qui rentre chez lui pour les vacances. Voir : http://voyageforum.com/...vrier_2012_D4850532/ Il m'invite dans sa famille à prendre le petit déjeuner. Ils sont en pleine préparation du Norooz. Après avoir obtenu mon extension, nous prenons un lunch que prépare sa maman. Un accueil 3 étoiles dont je me souviendrai. Ils voulaient aussi m'inviter à passer la nuit mais leur hospitalité a été formidable et je ne veux pas abuser (photo) Je reprend la route qui traverse la chaine de l'Alborz. Problème il y a une tempête de neige, la route est coupée. Nous sommes déviés par une autre voie plus au sud. Le bus mettra 8h de plus pour arriver à Téhéran à 3h du mat.

Isfahan début d'après midi, au delà de la mauvaise surprise de l'Amir Kabir (voir infos pratiques), la ville ne me procure plus la même sensation qu'il y a 4 ans, la magie n'opère plus hormis le Pont Se-e-si-Pol (photo) toujours aussi animé (photo). C'est ici que je rencontre Mikhael et Tatjana, pour tout dire dans le réduit de l'Amir Kabir. Le feeling passe tout de suite et nous ferons un bout de route ensemble en décidant de nous rendre à Yazd le surlendemain. Deux Suisses de Lausanne qui voyagent depuis 9 mois en moto. Celle ci doit arriver par bateau à Bandar Abbas au sud de l'Iran en provenance de Mumbaï car ils n'ont pu obtenir de visa pakistanais. Leur périple a débuté par la Scandinavie, la Russie, la Mongolie, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, Oman, Dubaï, l'Inde.

La route qui va à Yazd traverse le désert, le Dasht-e-Kavir (photo). Après deux séjours, cette région est définitivement l'endroit que je préfère en Iran. J'avais écris sur cette ville et les bonnes vibes que j'en avais tirées lors des précédents fragments en 2007. Mes sensations n'ont pas changé (photo) (photo) Je retrouve mes nouveaux amis, Mikhael et Tatjana partis de Yazd avant moi dans la journée. Au Silk Road Hotel nous croisons un couple de cyclistes français Guilhem et Eglantine en route pour le Turkmenistan. Durant mon séjour qui va durer 13 jours, j'arpente les petites ruelles de la vieille ville où parfois il règne un calme absolu. Les chats sont très présents sur les toits aux formes harmonieuses et se déplacent en fonction de la présence humaine en dessous voir les chats de Yazd. En effet des pans entiers de quartier sont détruits, parfois reconstruits avec des briques, parfois laissés à l'abandon. Entre temps les deux amis lausannois sont partis à Bandar Abbas récupérer leur moto. De nouveaux voyageurs arrivent dont Mariko une Japonaise de Tokyo avec qui j'accroche bien mais elle ne reste que deux jours. Erwin un Hollandais en provenance du Pakistan, Hiro et Yuka avec qui j`avais voyagé entre Trabzon et Kars en Turquie....Et il y a Maki que j'ai le plaisir de retrouver. Nous nous étions donnés rendez vous à Yazd mais dans le doute je lui avais laissé un mot sur le cahier d'honneur de Valli à Mashad pour lui souhaiter bonne route et peut être la possibilité de se revoir sur les routes de Chine. Quelle belle surprise. Ces femmes japonaises sont difficiles à percer. Mariko et Maki sont deux femmes accomplies, la trentaine bien assurée, elles voyagent seules et ont quitté leur job pour cela. Mariko travaillait dans un hôtel en tant que réceptioniste à Tokyo, Maki elle était représentante de produits cosmétiques à Tokyo. Les deux sont très indépendantes et il faut savoir trouver le bon dosage sans se prendre les pieds dans le tapis (je parle pour moi). Mariko est plutôt grande, cool avec son écharpe indienne et drôle sous ses airs insouciants (photo) , elle débute son voyage en Iran puis se dirige en Turquie, Jordanie et Egypte. Maki est plus petite, très coquette et un sourire magnifique. Sous ses airs d`ingénue, c'est une redoutable négociatrice, très dure en affaires et elle arrive à ses fins. Elle parle bien Anglais, un peu le Français ayant séjourné 10 mois à Paris l'an dernier. Elle voyage depuis de longs mois depuis l'Europe, la Turquie, l'Arménie. Lors de son départ pour Téhéran où elle doit retirer son visa ouzbèke (voir 1ère partie), je l'accompagne jusqu'à la gare routière prétextant que je doive acheter mon ticket pour Zahedan (photo) . On se souhaite bon voyage en espérant se retrouver plus tard en Chine. Maki et Mariko mes deux soleils iraniens.

Le séjour tire à sa fin. Mikhael et Tatjana revenus de Bandar Abbas passent encore quelques jours au Silk Road, il faut dire qu'ici c'est les vacances, on se prélasse dans le jardin. Puis hier, ils sont partis hier pour remonter tranquillement en direction de la Caspienne et la Turquie. bonne route les amis et profitez bien de votre fin de voyage. On se donne rendez vous à Lausanne et à Lyon.(photo)

Aujourd'hui je quitte Yazd, la gorge un peu serrée car il est toujours difficile de partir de lieux que l'on aime. Nicolas Bouvier disait "Voyager c'est s'attacher et s'arracher, sur la route, on est toujours dépendant de ce couple de mots", cette phrase résonne dans ma tête. Déjà un tout autre voyage se profile, le Pakistan. 1500 kms pour atteindre Quetta la capitale du Balouchistan. Départ de Yazd à 15h et arrivée probable en fin de journée le 4 avril et au milieu le passage frontière de Taftan. Un bus jusqu'à Zahedan et un train de marchandises au bout duquel on a accroché deux wagons de passagers avec des sièges en bois qui chemine très lentement à travers le désert. Seulement deux dates par mois, le 3 et le 17. Merci à toi Catherine qui m'a donné envie de voir ces montagnes désolées. Les provisions sont prêtes : figues dates kiwis oranges boites de thon halva spécialité sucrée de Yazd très énergétique et de l'eau en grande quantité car la région est désertique, la température dépasse en ce moment les 30 degrés. Rendez vous à Quetta au Pakistan
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
FA Fabricia Globetrotter ·
🙂 Merci Eric, voici un récit de voyage écrit et illustré comme je les aime ! Tu as fait de belles rencontres sur ta longue route, notamment Maki au joli sourire ! Amicalement à toi.

...😉 Et merci encore à François et à ce beau forum ouvert sur le monde des voyages : grâce à lui, j'ai fait la connaissance de plusieurs autres membres que j'ai eu le plaisir de retrouver souvent dans la vraie vie. Eric si, un beau jour, tu passais par Nice...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
TC Tcvoyageur Veteran ·
Salut Eric,

merci pour tes messages et liens sur tes albums 🙂 Je suivais ton périple via tes photos et viens de retrouver avec plaisir tes fragments sur VF. J'en ai profité pour (re)dévorer toute la 1ère partie : un vrai régal. 🙂

Une petite déception pour cette suite : je préférais largement la mise en forme de la partie I avec les photos (dont la taille me convenait très bien 😉) glissées au milieu de texte et trouve moins agréable cette nouvelle disposition, qui oblige à cliquer en permanence sur les photos au milieu de la lecture.

Y a-t-il une raison ? Obligations techniques ? Ou manque de temps (et + gde facilité à faire des liens sur tes albums qu'intégrer à chaque fois les photos dans ton carnet de voyage) ?

Quoi qu'il en soit, bonne poursuite de ton voyage et continue à donner de tes nouvelles. 🙂
Thierry

On dit souvent "Fermez la porte, il fait froid dehors !" Mais une fois la porte fermée, il fait toujours aussi froid dehors.
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Fabricia

encore merci pour ton message je prends toujours du plaisir à voir et revoir les copains(ines) du forum.

je suis à Quetta au Pakistan. Une vraie aventure pour atteindre la ville depuis la frontière. Le Pakistan est réellement un autre voyage.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Thierry

oui je comprend j`ai changé de système pour le gain de temps que ça me procure et éviter que certains galèrent trop pour ouvrir les pages c`est vrai que ça fait plus austere
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
CA CatherineGil Globetrotter ·
Alors, on attend avec impatience que tu nous raconte 🙂

Encore bon Voyage
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
MÉ Mékong Globetrotter ·
PAKISTAN

l'arrivée à Taftan le taxi fonce vers la frontière. Dans l'habitacle 4 passagers. 8h30 et déjà le soleil cogne. Plusieurs checkpoints car la zone est très sensible. Tout autour les paysages désertiques et montagneux du Balouchistan. Taftan point frontière poussiéreux au milieu de nulle part, pas de barrière, ni de bâtiment, juste quelques maisonnettes, deux types en uniformes assis sur des chaises me font signe, sur la droite j'en aperçois trois autres en train de boire le thé. Bienvenu au Pakistan (photo) Je rentre dans l'une des maisonnettes pour remplir un formulaire rapidement où les seuls signes de modernité sont 4 ordinateurs et des webcams pour nous identifier. L'ambiance est détendue. Direction une autre maisonnette pour remplir le registre du chef et me voici embarquant dans un pick-up pour prendre un bus à Taftan. Stop ! je me fais cueillir par la patrouille. A partir de ce moment là, débute une petite odyssée qui va me mener péniblement jusqu'à Quetta.

Introduction Le contexte pakistanais. Selon nos médias bien pensants, c'est un pays peuplé de fanatiques, de barbus et de Taliban, pour schématiser Pakistan = Taliban. Lors de mon projet initial, il était question d'un train pour rallier Quetta. Le train tu oublies, ça fait sourire mes interlocuteurs lorsque je leur parle de ce train "Y a pas". prendre le bus seul tu oublies aussi.....Ainsi rien ne se passe comme prévu et ce n'est pas plus mal et je vais aller de surprise en galères, de galères en surprises avec un dénominateur commun : les gens. Le Pakistan depuis plusieurs années est une arène où s'affrontent l'armée pakistanaise, des groupes armés se réclamant d'Al Qaida et des Taliban (pour la résonance médiatique ça aide quand il y a des demandes de rançons) et l'armée américaine. Les premiers défendent la souveraineté de leur pays et essayent tant bien que mal de protéger la population, payant un lourd tribut car pris sous le feu croisé des deuxièmes et troisièmes protagonistes. les deuxièmes sont des groupes fanatiques, ivres de pouvoir, et agissant aussi pour le compte de.... qui terrorisent la population employant des méthodes les plus barbares, Ils sévissent dans le Waziristan et le Swat. Tout est bon pour eux : assassinats, kidnappings, attentats....Ils n'hésitent pas à poser des bombes dans des mosquées, des Jirgas. Leurs derniers faits d'armes : mitraillage d'un bus scolaire en zone tribale tuant plusieurs enfants en représailles d'un chef tribal s'opposant aux fantasmes de ces illuminés. les troisièmes sous prétexte de leur guerre contre le terrorisme envoient leurs drones bombarder les zones tribales dans l'ouest du pays, tuant au passage des habitants toujours étiquetés Taliban et des soldats pakistanais qui eux sont bien évidemment le fait de bavures malgré l'arsenal de détection ultra perfectionnée de l'armée Us. Derniers fait d'armes : un attaque contre un poste près de la frontière tuant 24 soldats, la goutte qui fait déborder le vase. Blocage des camions de livraison de l'Otan transitant par Karachi et réaction de tous les partis politiques appelant à la refonte des relations entre leur pays et les Usa. A vue de nez, tout cela parait simple mais la situation est très complexe avec le jeu trouble de l'ISI, les touts puissants services de renseignements pakistanais, un état dans l'état. Ce sont eux qui ont mis sur les rails les Taliban fraichement sortis des madrasas en 1996 et qui ont débarqué à Kaboul. Bien sur ces mêmes Taliban étaient par la suite reçus à Washington. L'ISI est une grande nébuleuse où chacun tire les ficelles ce qui ajoute à la confusion. La population, elle est prise en tenaille et n'a pas besoin de cela. Le pays panse encore ses plaies après les inondations catastrophiques de l'Indus et de ses affluents qui ont ravagé le pays en 2010/2011. Très mal en point économiquement, subissant les diktats du FMI, miné par la corruption et paralysé par les exactions de ces groupes armés. Cela ressemble au scénario irakien et dans une certaine mesure au scénario syrien et à la guerre des Contras contre les Sandinistes dans les années 80. voilà le tableau peu reluisant de ce pays qui en effraie plus d'un et les étrangers ne sont pas épargnés, parfois enlevés jusqu'au pire à Peshawar où une touriste chinoise et son guide pakistanais ont été tués en pleine rue.

Un trajet sous escorte Bon reprenons le film du récit, je me fais cueillir par la patrouille. Pas question de me laisser prendre le bus seul. Le pick-up me dépose devant un bâtiment entouré d'une enceinte. Un garde fait le gué à l'entrée. ça doit être ici qu'ils fournissent des escortes. Je dois remplir le registre, personne ne parle Anglais. Je comprend que je dois attendre, un garde m'amène une chaise. Ce bâtiment donne sur une cour obstruée de véhicules qui fait penser à une casse, l'un d'entre eux a atterri sur le toit (photo)

........Je remarque des barbelés puis je vois des gens aller et venir, certains en uniformes, d'autres habillés en civil. Au bout d'un moment, voilà que celui qui semble être le responsable me parle d'aller en taxi jusqu'à Dalbandin. ça coute 4000 rps, je refuse tout net d'autant qu'il reste la moitié du chemin jusqu'à Quetta. J'insiste pour prendre le bus mais pas moyen de savoir ce qu'ils trament.....Où est l'escorte? l'impression qu'ils ne savent pas quoi faire de moi, ça se présente mal. Tout autour les gens vaquent à leur occupation, continuent à rentrer et sortir. Puis dans les locaux d'en face, j'aperçois du monde; chacun d'entre eux est appelé au bureau du chef, en même temps on m'apprend enfin que je vais pouvoir partir en bus "Quand ?" "à 16h" ouf ! soulagement. Les gars viennent récupérer leurs portables confisqués..... 17h toujours pas de bus "il arrive" me dit le chef légèrement énervé.

Je réalise que je suis dans un centre de rétention quand je vois deux types avec leur baluchon, escortés par des gardes fouler l'enceinte. Ils se sont fait attrapés par l'immigration iranienne sans passeport. La plupart de ceux qui sont là ne sont pas allés loin. En discutant avec l'un d'entre eux, il me parle d'un long voyage le menant jusqu'en Angleterre........Retour à une dure réalité, Ils voyagent à pied, s'arrêtent sur le chemin pour gagner quelques sous leur permettant de continuer, ça peut prendre des mois, un an avant d'atteindre les cotes françaises.

En respect et hommage pour ces voyageurs, un texte bouleversant qui symbolise leur quotidien : Zaher Rezaï, rêves et espoirs en forme de poésie

Et trois films magnifiques : Herremakono en attendant le bonheur d'Abderrahmane Sissoko (Mauritanie) Inland de Tariq Teguia (Algérie) Welcome de Philippe Lioret (France).

Le bus arrive. Tous les clandestins se mettent en file et se dirigent par 10, ils sont transférés à Quetta plus un type qui est menotté. Puis c'est mon tour, je prends place à l'avant, les jambes coincés entre un carton de sodas, car le principe des bus pakistanais est de charger la mule au maximum, sur le toit et à l'intérieur. Le bus en question est tout brinquebalant, a des trous dans le plafond, bref mais ça roule, péniblement mais ça roule et c'est là l'essentiel. Dedans c'est la foire. Une fois assis plus moyen de bouger. Quant à mon escorte, deux des soldats que j'avais croisé dans le centre m'accompagnent avec leur kalachnikovs, l'un assis à coté de moi, l'autre derrière en compagnie d'un des deux gars cueillis par l'immigration iranienne, l'autre est assis par terre dans l'allée.

Tout ce joyeux petit monde se dirige vers Quetta.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
CA CatherineGil Globetrotter ·
Et bien quelle épopée ! En 1996, lorsque nous étions dans ces parages nous avons passé la frontière à Mirjaveh, c'était beaucoup plus relax. Nous avions même pu nous garer et dormir dans une cour devant le bâtiments de la douane......Les conditions politiques et militaires étaient autres...

En tous cas, toujours aussi contente de te lire. Bonne continuation malgré l'atmophère plus que tendue que je suppose!
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
LU Lucbertrand Globetrotter ·
Bonjour Eric, tes pérégrinations par la route tu les rends très bien. Je pense souvent à ces gens qui s'entassent ou s'entassaient sur les côtes françaises en vue de Grande Bretagne, et toi tu nous les montres en plein milieu du cheminement encore loin du but. Pour qu'ils se lancent dans de telles épopées, il faut vraiment que chez eux ce soit l'horreur. Ton analyse pakistano-talibano-américaine montre que nous n'allons malheureusement pas sortir tout de suite des pb, et l'Occident en y regardant de près avec ces bavures (souvent dénoncées par la France , en particulier le chef d'état major des armées) n'a pas bonne presse et focalise les haines.

Ton expérience du train qui n'existe pas m'a fait sourire, car cela m'est arrivé dans un pays très exotique en mars 2012: la France. En effet voyageant à vélo je décide de prendre le train à Brignoles, ma carte 100 000 IGN récente indique une gare dans la ville. je me pointe et demande au centre de la cité, hilarité générale, oui il y a une gare mais pas de train. Une personne va jusqu'à me dire que je peux cependant y prendre un billet pour aller chercher le train à 25 km! J'ai donc fait une grosse heure de vélo de plus direction Toulon. En espérant se voir à ton retour. Au fait c'est quand? Amitiés Luc
MÉ Mékong Globetrotter ·
@Catherine attend la suite :) en comparant nos expériences récentes sur cette route avec d'autres voyageurs, ça tire dans le burlesque

@Luc avec plaisir à mon retour pour un resto avec les copains mais je ne sais pas quand l'histoire du train j'ai vite compris que c'était peine perdue, cela dit je n'ai rien perdu au change. Tu as connu ce pays bien avant moi, le sentiment anti-américain est très répandu
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ

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