Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages !
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De l'opium pour le bébé ! (chez les Akha)
De l'opium pour le défunt ! (chez les Hmong)
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Cette année-là je parcourus durant un mois, comme à mon habitude uniquement à pied, une des régions les plus reculées et les plus méconnues du Nord-Laos, une région restée particulièrement sauvage et située aux marges de la fascinante province septentrionale de Phongsaly. La zone concernée est un territoire frontalier montagnard très peu peuplé, et dont les hauteurs sont occupées essentiellement par des groupes des ethnies Hmong et Akha Loma. C'est en la seule compagnie de ces deux groupes de populations, allant de l'un à l'autre au gré de mes pérégrinations, que je résidai durant cette trentaine de jours. Ces courtes chroniques relatent quelques petites scènes et évènements observés ou vécus à cette occasion sur les sentiers ou dans les villages. Ce séjour s'est déroulé au cours des mois de juillet et août, c'est-à-dire au plus fort de la saison des pluies.
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages !
VOICI LES CONFINS DE LA RÉGION, si peu peuplée que les chemins s'y font rares. Ils s'enfoncent au cœur de forêts immenses, intactes et préservées, par chance encore trop distantes de la piste pour que quelqu'un daigne pour l'heure s'y intéresser, cette piste de terre carrossable qui mène au Vietnam et que j'ai quittée il y a cinq jours déjà. La marche compose depuis lors l'unique possibilité de déplacement à travers ce territoire, maintenu jusqu'à ce jour dans un état résolument sauvage. On y longe et remonte souvent les cours de torrents et de rivières, se retrouvant à maintes reprises contraints de s'engager dans leurs lits, de les traverser et retraverser sans cesse, tant leurs abords s'avèrent la plupart du temps totalement impénétrables. Puis on escalade des sentiers étroits, parfois même à peine discernables sous la végétation, car trop peu fréquemment empruntés et foulés par les hommes, telles des coulées de bêtes, ou des voies occasionnellement un peu plus dégagées et praticables, mais alors boueuses et dangereusement glissantes en cette période de mousson. Les pieds y disparaissent régulièrement, dans cette végétation envahissante et cette boue omniprésente, royaumes de cohortes de sangsues. On traverse ainsi tous les cours d'eau à gué. On franchit des ravins escarpés et profonds. On gravit des crêtes tout aussi encombrées de végétations, vivantes ou mortes et effondrées. Mais là-haut, entre deux frondaisons, on domine des panoramas splendides sur ces territoires immenses, verts, sauvages, inviolés.
MES CARTES GÉOGRAPHIQUES ne m'offrent définitivement plus aucun repère fiable et donc un tant soit peu exploitable, pas un seul. En permanence, je ne peux estimer et présupposer de ma réelle position qu'avec, au mieux, une précision de trois ou quatre heures de marche. Ces cartes, elles sont américaines et d'origine militaire, elles datent du début des années 1960 et affichent des échelles au 1:250 000 seulement. Bref, elles me sont de bien peu d'utilité dans ces environnements tout particuliers et aucune autre, plus précise et fiable, n'est malheureusement à ce jour accessible au public. Seule ma boussole combinée à de précieuses informations obtenues auprès des villageois présentent alors une réelle valeur, me permettant de caractériser quelques repères puis, à partir de là, d'ébaucher mes propres itinéraires.
RAREMENT LES CHEMINS auront été constatés, ailleurs dans le pays et lors de précédentes pérégrinations, aussi aléatoires et incertains que ceux qui mènent à ces villages reculés. Étroites et improbables traces, ou "passages de bêtes", qui font que l'on craint en permanence de s'égarer - ou de l'être déjà - de ne plus se situer sur la bonne voie, dans la direction adéquate. Les sentiers ruissellent d'eau dans toutes les dimensions, celle-ci dégringolant également abondamment du ciel en cette saison des pluies, inondant le sol, s'égouttant des branchages qu'il est fréquemment nécessaire d'écarter à l'aide des bras pour se frayer le passage, imbibant alors toujours plus les vêtements. Rarement aussi, dans ces petits hameaux isolés de montagne, les chiens auront montré autant d'agressivité à mon égard. Même après une ou deux nuits passées dans un village, certains de ceux des maisonnées dans lesquelles je m'installe peuvent demeurer redoutablement belliqueux envers moi. Babines retroussées et longs crocs exhibés, des grognements et aboiements féroces se font entendre dès mon apparition. À l'extérieur, je me déplace donc presque en permanence muni d'un solide bâton. Toutefois, même ainsi équipé, lorsque ces cerbères sont avantageusement réunis en meute, je dois régulièrement battre en retraite, à reculons, bâton brandi dans leur direction et sans pouvoir me permettre de les quitter une seule seconde du regard. Ils en sont quittes, de temps en temps, pour recevoir de la part de leurs maitres quelques violents coups de pied ou jets de pierres. Mais c'est hier soir que j'ai obtenu une indubitable revanche envers eux puisque, chez des voisins, nous avons égorgé puis mangé l'un des leurs.
AU SEIN DE CES VILLAGES ISOLÉS en forêt, les chiens sont cependant dotés de véritables rôles préventifs et défensifs contre les tentatives d'approches des bêtes sauvages en direction des hameaux. De temps en temps aussi, scènes toutefois moins spectaculaires, on peut observer l'un d'entre eux se ruer sur un rat, ou un quelconque rongeur, qui tente subrepticement de s'échapper d'une hutte - où il s'est sans aucun doute abondamment repu de grains de riz ou de maïs, ou d'une autre production végétale - pour regagner le couvert de la forêt. Ces chiens, toujours excessivement nombreux - il n'est pas rare qu'une famille en possède jusqu'à cinq ou six - préviennent bien entendu également, et de manière prodigieusement bruyante à chaque fois, toute apparition humaine étrangère au village - j'en fais d'ailleurs les frais presque tous les jours. Chez les Akha on leur prête même un rôle plus mystique puisqu'ils sont censés avertir, la nuit et là aussi de leurs aboiements furieux, toute tentative d'approche des phii, c'est-à-dire des "esprits" nuisibles et malveillants qui oseraient venir rôder de trop près aux abords des huttes. C'est sans aucun doute principalement pour cette dernière raison, et une sorte de respect craintif qui en découle, que les Akha ne mangeront strictement jamais leurs propres chiens mais, par trocs ou échanges différés, acquerront puis égorgeront et engloutiront ceux de leurs voisins.
LES MEUTES DE CHIENS, ce sont des troupes pouvant aller jusqu'à six à huit individus adultes, parfois plus, que chaque maisonnée, chaque famille, entretient, ou qui se mêlent à celles des voisins. Tous terriblement et presque constamment agressifs, je dois m'en méfier comme de la peste. Ils se battent et s'affrontent d'ailleurs très régulièrement entre meutes rivales, et ils cannibalisent également, entre bandes concurrentes là aussi ; je veux ici parler des restes osseux de nos repas canins que nous leur cédons à l'occasion. Il va donc de soi qu'un chien, dans ces contrées, ne se caresse et ne se cajole absolument jamais. Mêmes encore chiots, ils reçoivent déjà des coups de pied, et tout au plus l'un d'eux peut-il au mieux de temps en temps se faire triturer par un gamin. Quant aux cochons, étonnamment, ils sont ici pour la plupart maintenus à l'extérieur de l'enceinte du village, qui ne consiste qu'en une simple clôture circulaire de troncs de bambou refendus et aplatis. Les violents et bruyants combats nocturnes entre bandes de chiens et de cochons, pourtant tellement fréquents ailleurs, se font donc ici sensiblement plus rares.
EN CETTE SAISON DES PLUIES toute excursion, même brève, entreprise hors de l'enceinte d'un village, s'accompagne presque inévitablement, au retour, d'une ou de plusieurs sangsues, logées parfois dans les recoins les plus improbables de nos anatomies. Plus elles se seront montrées capables d'escalader en hauteur le corps humain, plus cela fera l'objet de gentilles moqueries et d'éclats de rire au retour dans les huttes. Hier, revenu près du foyer après l'une de mes innombrables courtes promenades alentour, je n'ai remarqué l'une d'entre elles, retranchée entre deux doigts de ma main, seulement lorsque, gavée à souhait de mon sang, elle se laissa retomber d'elle-même sur le sol, ne m'abandonnant comme à l'habitude qu'un long filet rouge coagulant avec peine. On les craint, on les hait, elles n'ont aucun droit de citer à l'intérieur des enceintes des villages, et encore moins des huttes. Découvertes, on ne leur laisse donc aucune chance : on ne les écrase pas, mais on les brûle impitoyablement sous quelques fragments de braises incandescentes prélevées sur un foyer encore fumant.
OPIOMANE NOCTURNE, la grand-mère de ma hutte est couchée en chien de fusil sur sa natte de bambou, se contentant par ailleurs d'une simple bûche de bois en guise d'oreiller. Comme chaque soir, elle vient d'entamer une longue et flegmatique séance de fumerie. Une très jeune mère, une voisine arrivée peu de temps auparavant, se tient désormais assise tout près d'elle, portant dans les bras son bébé qui souffre de je ne sais quel trouble ou maladie. Le bambin n'est vraisemblablement pas âgé de plus d'un mois. La grand-mère lui insuffle lentement, pipe retournée dans sa direction, de brèves bouffées de fumées d'opium dans la bouche puis, alternativement, dans l'anus.
LES CHEMINS SOUVENT IMPRATICABLES et la pluie persistante me fournissent occasionnellement de bienvenus - mais réels - prétextes pour ne pas avoir à quitter trop rapidement certains hameaux, et pour pouvoir y passer alors opportunément plus d'une seule nuit. Ici, dans les quelques villages de l'ethnie Akha Loma des confins du district, j'interroge régulièrement les hommes à ce sujet et ils se montrent tous catégoriques : je suis, depuis toujours, le tout premier étranger Blanc occidental à leur rendre visite. Hameaux sommaires et précaires, ils réunissent quelques simples et fragiles bicoques de bois, de bambou et de chaume. Restés jusqu'à ce jour excessivement isolés, ce sont sans aucun doute parmi les tout derniers villages du pays dans lesquels pas une seule tôle ondulée n'a pour l'heure encore fait ici son apparition.
J'AI ACQUIS UN VARAN auprès d'un chasseur. Une bête vivante, puante, à la peau lustrée noire et jaune, un jeune spécimen de peut-être un mètre vingt de longueur. Il marinait dans son panier de bambou depuis l'instant de sa capture, à l'évidence réalisée plusieurs jours plus tôt, dans l'attente de l'hypothétique passage d'un trafiquant itinérant chinois ou vietnamien. Trop effrayé et stressé, il ne semblait même pas avoir daigné toucher au peu de nourriture mise là à sa disposition, deux beaux crabes de rizière... que son propriétaire n'a pas manqué de récupérer avant de me céder la bête, ils n'étaient visiblement pas inclus dans le prix. J'ai mal négocié l'achat, mais allez connaître le cours du kilo de viande de varan, vous ! Cinquante-mille kips, cinq euros, alors que j'aurais semble-t-il pu l'acquérir pour trente-cinq-mille kips, soit à un tarif bien inférieur, à poids égal, à celui de la chair de volaille domestique. Ainsi, le critère de rareté de la viande, sans parler de sa difficulté d'obtention, n'est absolument pas pris en compte dans l'estimation de sa valeur.
CETTE BÊTE-LÀ, ainsi que beaucoup d'autres animaux sauvages régulièrement capturés vivants par les villageois, s'ils n'ont pas encore été consommés plusieurs jours après leur découverte, c'est qu'ils attendent un acquéreur potentiel. J'avais en effet déjà autrefois remarqué ce phénomène dans l'extrême nord de la province, où à deux ou trois reprises j'avais rencontré des femmes chinoises - une fois un homme vietnamien - circulant à pied, gigantesques hottes de vannerie harnachées sur leur dos, qui sillonnaient les villages isolés en quête de viandes rares. Ils y collectaient à peu près tout ce qu'on pouvait leur proposer, tortues, pangolins, porcs-épics, binturongs, calaos, serpents, langurs, et encore bien d'autres espèces, souvent protégées, cependant capturées ou chassées sans vergogne par les montagnards, proies que ces derniers s'empressaient de céder pour des bouchées de pain à ces colporteurs itinérants, qui s'étaient donné la peine de parvenir jusqu'à eux. Nul doute que ces rares et précieuses marchandises vivantes étaient plus tard revendues à prix d'or, de manière totalement illégale bien entendu, sur les versants opposés des frontières, et qu'elles allaient achever leur vie cuisinées et servies dans les assiettes de riches individus.
CHEZ LES HMONG, quelques jours plus tôt, nous avons mangé du gibbon, ce noble et beau primate lui aussi théoriquement protégé dans tout le pays. Deux magnifiques bêtes dotées de douces et épaisses toisons aux teintes oscillant entre le jaune et le fauve furent abattues par des chasseurs, le matin du jour même de mon arrivée. Ma famille d'accueil en avait hérité de quelques larges morceaux et c'est un avant-bras et une main que nous nous sommes partagés à l'occasion de mon premier repas à ses côtés. C'est une anecdote que je raconte, depuis lors, de temps à autre aux hommes Akha que je rencontre mais qui, sans surprise, les émeut à peine.
PROMENADES EN JUILLET & AOÛT dans une des zones les plus reculées du Laos, isolée de manière comme démultipliée, en quelque sorte, durant la saison des pluies, eu égard à l'accroissement des difficultés d'accès que cette période de l'année toute particulière engendre. C'est résolument ici le Far-East de la province septentrionale de Phongsaly, où sont établis les tout derniers villages du pays avant ceux du Vietnam, ceux-ci toutefois situés encore bien loin, loin derrière une vaste forêt vierge difficilement pénétrable, de l'autre côté de la frontière - géographique et physique - concrétisée ici par la barrière naturelle que compose la Cordillère Annamitique, ligne de crête qui sépare les deux nations. Ainsi, de juin à septembre, durant ces quelques mois de mousson, on limite tous déplacements autres que ceux rigoureusement indispensables. On ne se rend même plus visite entre villages, car cela s'avère trop laborieux et exige surtout trop de temps, ce précieux temps actuellement nécessaire à foison pour mener à terme l'imposante corvée de la saison, le sarclage des rizières.
MOUSSON, PLUIES ABONDANTES et quotidiennes, autant diurnes que nocturnes. Les rizières de montagne, cultivées à même les pentes et donc non irrigables artificiellement, en ont impérieusement et continuellement besoin en grande quantité au risque, en leur absence ou même insuffisance, de dépérir. Mais toutes sortes d'adventices, d'herbes parasites, ainsi que d'innombrables autres repousses végétales variées - résurgences issues de la forêt abattue puis brûlée là quelques mois plus tôt - profitent elles aussi largement de cette eau bénéfique, qui tombe copieusement du ciel en cette saison. Juin, juillet, août, il faut alors sarcler ces adventices, les arracher, les éliminer, en permanence, sans relâche et à longueur de journée, afin qu'elles ne puissent prendre l'ascendant sur les fragiles pousses de riz et finir de la sorte par les étouffer, les priver à la fois de nutriments et de lumière. La tâche qui s'impose dès lors s'avère tellement conséquente et ardue que la totalité des bras valides de chaque famille s'y attelle, sans trêve et d'arrache-pied durant ces nombreuses et longues semaines. Hommes, femmes et enfants peuvent ainsi fréquemment, le temps de cette période critique, être amenés à résider plusieurs jours et nuits d'affilée dans les minuscules huttes éphémères de rizières. Dix jours, quinze jours, parfois jusqu'à trois semaines pour certaines personnes m'a-t-on affirmé, et cela même si les parcelles ne se situent pourtant pas à plus de trente minutes de marche du village, car en cette saison il devient primordial de ne rien perdre de cet inappréciable capital que représente alors le temps. La concurrence se montre en effet féroce entre les mauvaises herbes envahissantes et les précieuses et fragiles pousses de riz. Dos courbé, houe en main, il faut dès lors toutes les arracher, inlassablement, au fur et à mesure qu'elles sortent de terre. J'ai déjà décrit autrefois en détails les diverses étapes de l'harassante technique de culture de friche sur abattis-brûlis pratiquée par les montagnards, sur des pentes parfois tellement inclinées que les plus gros troncs et branchages calcinés laissés sur place après le brûlis y deviennent nécessaires pour pouvoir s'y agripper et ne pas tomber lorsque l'on y travaille.
APRÈS-MIDI DE BROUILLARD, dense, les températures se maintiennent toutefois en cette saison douces presque en permanence, de jour comme de nuit, et ceci même le temps des épisodes de pluie. Il peut cependant faire très chaud certains jours, notamment au cœur des après-midis, lors des accalmies, durant les répits qui séparent deux trombes d'eau consécutives. Lorsque, comme actuellement, je décide de passer une deuxième nuit dans un même village, je m'offre la journée quelques courtes siestes, mais occupe la majeure partie de mon temps à visiter la plupart des familles du hameau, m'attardant un peu plus longuement aux côtés de celles que je prends plus particulièrement en affection. En journée et en cette saison d'intenses travaux des champs, restent cependant la plupart du temps présents dans les villages uniquement les vieillards, les femmes élevant de très jeunes enfants, les opiomanes férus, mais également quelques hommes parfaitement valides et dont on se demande parfois pour quelles raisons ils ne sont pas, eux aussi, partis œuvrer aux rizières, d'autant plus que cela les éloignerait momentanément et opportunément de leurs si jolies femmes...
DES SAVOIR-FAIRE ARTISANAUX traditionnels et remarquables sont ici entretenus par pure nécessité puisque beaucoup d'objets ou de matériels manufacturés indispensables au quotidien ne peuvent pas, ou du moins trop difficilement, ou encore en raison de leurs coûts rédhibitoires, parvenir jusqu'aux villages les plus isolés de la région. Ces savoir-faire consistent par exemple, pour les plus courants, en la mise en œuvre d'ouvrages en vanneries de bambou ou de rotin (hottes de portage, paniers, coffres de stockage, nattes de sol, tables basses, tabourets, étuis de machettes, boites...), en travaux textiles, depuis la culture du coton sur pied jusqu'à la confection finale des pièces (tuniques et coiffes traditionnelles, bonnets de bébés, sacs d'épaule...), ou encore en forgeage du métal (façonnage d'outils agraires et de bûcheronnage, de machettes et de couteaux, d'armes à feu, de bijoux...). Il faudrait ajouter à ces exemples tout un tas d'ustensiles et d'accessoires supplémentaires, largement utilisés au quotidien par les villageois et eux aussi entièrement fabriqués par leurs soins : pièges à gibiers et nasses de pêche, bâts d'animaux, pipes à eau ou sèches, rouets à filer le coton et métiers à tisser, balances à opium, et tant d'autres encore. Pour en revenir brièvement au travail du métal mentionné précédemment, alors qu'ailleurs quelques spectaculaires anciennes armes de guerre sont presque toujours visibles dans les villages, désormais employés pour la chasse - kalachnikovs, M16 et autres issues des derniers conflits indochinois - ne sont ici utilisées que de longues et légères pétoires de fabrication artisanale. Seuls les canons sont importés de l'extérieur, crosses et mécanismes de mise à feu étant quant à eux entièrement façonnés sur place, les premières assez sommairement sculptées dans des bûches de bois et les seconds remarquablement forgés à partir de rebuts de métaux. Même les grossières balles sont produites par les chasseurs, ainsi que la poudre noire - ou poudre à canon - selon des procédés que j'avais décrits autrefois.
DES DÉTONATIONS SOURDES, comme étouffées, se font de temps à autre entendre en forêt, régulièrement même à proximité immédiate des villages. Elles proviennent de tirs opérés à l'aide de ces pétoires archaïques. Très peu de viandes néanmoins figurent à nos menus, du moins en dehors du varan, du chien et des gibbons engloutis les jours derniers. Un petit oiseau ou un écureuil de temps en temps, plus rarement un rat de bambou, de bien chétifs spécimens qu'il faut alors à chaque fois se partager entre nombre de mangeurs affamés. Un homme m'a par ailleurs offert il y a quelques jours deux fins lambeaux de chair de muntjac boucanée, une nourriture qui dégageait, comme toujours avec les viandes ainsi conservées, de rebutants relents pestilentiels de charogne, des effluves qui finissent néanmoins par sensiblement se dissiper lors de la cuisson. Pour remédier à cette insuffisance de protéines, désormais assez régulièrement, presque dans chacun des hameaux dans lesquels je fais étape pour une ou plusieurs nuits, j'achète une poule aux villageois. Je me suis rapidement informé des prix pratiqués actuellement, mais j'ai relativement peu à marchander avec les montagnards de cette région qui se montrent à mon encontre d'une honnêteté appréciable. À une seule reprise, j'ai dû subir une tentative éhontée de surcharge tarifaire, mais ce ne fut pas chez les montagnards, Akha ou Hmong. Ce fut parmi les Khamu, une population beaucoup plus acculturée, plus laocisée, que ces derniers, et qui en outre résident plus bas dans les vallées et que, pour différentes raisons dont je reparlerai, j'ai toujours pris moins de plaisir à côtoyer. Je l'ai d'ailleurs systématiquement évité chaque fois que cela était possible.
LES PETITS PAQUETS DE TABAC vietnamiens, pourtant fameux dans toute la province et que l'on fume abondamment dans les bang, les volumineuses pipes à eau en bambou, ne parviennent pas, eux non plus, jusqu'à ces villages. On se contente alors des feuilles de tabac que l'on a soi-même cultivées, soigneusement fait sécher à l'intérieur des huttes puis sommairement hachées à la machette. Ce tabac est grossier et gras, fort odorant, de teinte brune, sombre, presque noire.
MES PRÉCÉDENTES INCURSIONS, tout au moins les plus récentes d'entre elles, effectuées ces dernières années en direction de divers confins de cette province septentrionale de Phongsaly, m'avaient laissé entrevoir - après sans aucun doute des décennies et même des siècles d'immuable stagnation - une ostensible percée et un indéniable développement d'une certaine modernité matérielle dans quelques villages montagnards. Un des tout premiers signes, du moins un des plus immédiatement visibles pour l'observateur extérieur, se caractérise par l'adoption progressive des tôles d'acier ondulées légères en guise de toitures sur les huttes d'habitation, en lieu et place des traditionnels chaumes, feuillages, bambous ou bois. Ce sont cette fois quelques scooters - cependant encore relativement rares - qui ont fait leur apparition dans les villages les plus accessibles, ceux les moins distants du bourg chef-lieu du district, c'est-à-dire les tout premiers hameaux que l'on traverse peu après avoir délaissé la piste carrossable qui conduit au Vietnam. Mais les parcours se font périlleux pour ces nouveaux deux-roues, à travers d'improbables sentiers peu adaptés à ces engins, des reliefs permanents et escarpés, des ornières - de véritables fondrières plutôt - omniprésentes, des sols ravinés, voire littéralement affaissés, des arbres et des branchages effondrés, des mares de boue et des gués à franchir. Le scooter compose donc néanmoins, mais depuis deux ou trois années seulement, une des toutes dernières incursions de la technologie dans quelques villages de montagne parmi les plus aisés d'accès. Réel progrès pour les paysans qui ont pu se l'offrir, ils s'en servent pour se rendre plus rapidement aux rizières, du moins celles localisées directement en bordure du sentier principal. Alors soumis à très rudes épreuves, ils apparaissent également avantageux pour rapporter aux villages les lourds sacs de riz qui, en cas contraire, doivent continuer à être laborieusement acheminés à dos d'homme.
MAIS ICI, AUX CONFINS DU DISTRICT, le moindre déplacement ne peut plus s'entreprendre qu'à pied et ce sont les crêtes, les cours d'eau et les "passages de bêtes" qui nous guident. Partout, dans toutes les directions, ce ne sont que montagnes escarpées entièrement recouvertes de forêt dense. Sur certains des plus hauts promontoires, qu'il faut parfois laborieusement escalader afin d'accéder à une vallée adjacente, et d'où l'on profite de panoramas à couper le souffle sur ces océans de verdure, se présentent cependant quelques zones plus minérales, des affleurements et d'énormes blocs rocheux dégoulinants de nappes de mousses d'un vert vif et tapissés de fougères arborescentes et de lichens, tableaux quelque peu féériques et enchanteurs, sublimés lorsque des voiles de brume tardive s'y accrochent et se maintiennent suspendus là.
TROIS MÉO VIETNAMIENS - les Méo désignent les Hmong au Vietnam - ont fait hier soir leur apparition dans le village, s'autorisant ici une étape entre le Vietnam et ce qui semble se présenter, plus à l'ouest et en direction de ma destination prochaine, comme un hameau Hmong de quelque importance. Aucun doute quant aux motivations de leur venue, je comprends rapidement qu'un trafic d'opium se prépare. Je me suis déjà à plusieurs reprises, par le passé, retrouvé dans des villages montagnards - de l'ethnie Akha le plus souvent - aux moments de transactions d'opium, mais n'ai encore jamais pu approcher de suffisamment près les négociations, les circonstances me contraignant malheureusement à chacune de ces occasions à me tenir prudemment à l'��cart des échanges. Pour la première fois aujourd'hui je peux enfin y assister ouvertement, qui plus est au "premier rang", et l'on ne prend en outre la peine de ne rien me dissimuler. Rapidement même, on m'oublie, chacun des protagonistes directement concernés se retrouvant accaparés par les marchandages en cours. Très bientôt ceux-ci s'opèrent au cœur d'une assemblée animée d'une bonne soixantaine de personnes qui s'entassent là, sous un même toit, afin de prendre une part curieuse à l'évènement. Il s'agit cependant cette fois d'un échange relativement mineur, un négoce "de gagne-petit", puisque pas plus de deux boules d'opium de la taille de balles de tennis sont en jeu, soit à peine un demi-kilogramme de drogue au total. Nous sommes alors bien loin des huit à douze kilogrammes qui furent monnayés à l'occasion d'une transaction entre trafiquants Chinois et villageois Akha, et que j'avais pu observer, à distance néanmoins, il y a trois ans de cela. Je n'avais toutefois bien sûr pas manqué à l'époque de décrire le déroulement de cette étonnante journée.
LA PESÉE DE LA DROGUE est ici, comme de coutume, effectuée à l'aide d'une petite balance traditionnelle emblématique - son plateau est en laiton, son contrepoids en bronze et son fléau en os gravé de graduations - spécifiquement dédiée à cet usage et dont chaque famille possède au moins un exemplaire. L'ensemble des protagonistes, tant les vendeurs Akha que les acheteurs Méo vietnamiens, opposent une fin de non-recevoir à mon souhait de photographier le tableau. À leur décharge, je dois avouer y être allé un peu au culot, lors d'une tentative préalable effectivement légèrement audacieuse, opérée même presque par surprise, ayant parfaitement conscience que le geste s’annonçait risqué, mais étant tout aussi convaincu, par expérience, que solliciter une telle permission se solderait par un échec. Quelques secondes à peine m'avaient pourtant suffi pour extirper l'appareil photo de ma poche, me placer d'autorité debout et à l'aplomb de la scène qui se déroulait sur un bat-flanc de repos, puis à viser les objets du délit. Mon erreur aura été de vouloir préventivement tenter de rassurer les hommes à propos de mon geste par quelques mots : « Taïoup' yaa fin, bo mii khun » (photo de l'opium, pas des gens). J'en fus quitte pour une réaction offusquée - et même passablement furieuse - du propriétaire de l'opium, son refus s'annonçait sans appel possible ni aucun compromis envisageable. Je me repliai alors, mais revins bien sûr rapidement observer la suite de la transaction.
LA NÉGOCIATION EST SORDIDE et consternante, notamment puisque ce n'est pas de l'argent que l'homme Akha convoite en échange de sa modeste provision de drogue mais... deux petits téléphones portables à clapets, qui plus est de mauvaise qualité et de très faibles valeurs, que les trafiquants Vietnamiens ont apportés jusqu'ici - je parlerai plus loin de l'arrivée des tout premiers téléphones portables dans les villages isolés de la région, autre récente incursion technologique majeure en ces lieux, avec les scooters déjà évoqués précédemment. Profitant de la naïve avidité que les montagnards Akha sont capables d'afficher face à ces "prestigieux" objets modernes - cependant pour l'heure tout à fait inutiles en ces contrées reculées - les Vietnamiens ont tout loisir de les duper, étant donné qu'ils ne sont pas encore suffisamment et objectivement informés de la valeur de tels articles. En conséquence, c'est à un déplorable gâchis auquel j'assiste, une situation qui en devient presque révoltante. En effet, alors que le volume d'opium proposé en échange de ces insignifiants objets est déjà largement surestimé, l'homme Akha est poussé à devoir prouver son indiscutable qualité, allant ainsi jusqu'à sectionner une de ces deux boules brunes afin de démontrer qu'elle n'est en aucun cas desséchée, mais qu'elle a au contraire conservé une consistance pleinement onctueuse. Finalement lui-même passablement exaspéré, il finit par vociférer que non seulement son produit est irréprochable mais qu'il s'agit même là de son stock en cours de consommation, cela se devinant pourtant aisément par nombre de marques de prélèvements caractéristiques, visibles en surface, opérées à l'aide de son aiguille à fumer.
LA QUALITÉ DE L'OPIUM est pourtant encore consciencieusement testée par les acheteurs avant de définitivement conclure le marché. Ce trio de Méo vietnamiens se compose d'un individu âgé d'une cinquantaine d'années et de deux hommes plus jeunes. C'est le premier, opiomane occasionnel semble-t-il, qui s'y attelle, entreprenant de fumer là, à la vue de tous, une petite boulette de la taille d'un grain de maïs prélevée dans la masse du produit, objet de la transaction. Sa pipe, rudimentaire, à l'instar de la plupart de celles utilisées dans la région par les montagnards, ne consiste en rien de plus qu'un tube de bambou d'une trentaine de centimètres de longueur, pour un diamètre de trois centimètres environ. Ce cylindre est percé, en guise de foyer de combustion, d'un petit orifice positionné aux deux tiers de sa longueur. Objet de bien piètre valeur, l'homme en prend cependant grandement soin, la transportant enroulée et ainsi protégée dans un rectangle d'épaisse toile de coton. La négociation s'éternise durant près de deux heures au total et notre infortuné vendeur Akha doit finalement compléter sa mise de départ avec trois belles noix d'opium pur supplémentaires...
DÉSIGNÉS HMONG AU LAOS et en Thaïlande, Méo au Vietnam, Miao en Chine du Sud, ils forment un vaste peuple, d'origine chinoise, antérieurement très probablement sibérienne, totalisant à ce jour plus de dix millions d'individus qui se répartissent aux carrefours de ces territoires, invariablement au cœur de zones montagneuses. Véritable nébuleuse ethnique composée d'une multitude de groupes et de sous-groupes, on y dénombre donc, de l'un à l'autre de ceux-ci, une grande diversité de dialectes, de parures traditionnelles, de croyances, d'habitudes alimentaires, et même parfois de caractéristiques physiques distinctes. Pour tous cependant, cette racine géographique antérieure commune, extrême-septentrionale, à l'évidence sibérienne, il y a de cela au moins quatre-mille ans. Nombre de leurs récits, légendes et services chamaniques racontent et simulent en effet de longues chevauchées dans les steppes de ce lointain Nord des origines. De temps à autre même, certains d'entre eux arborent des faciès aux traits assurément mongoloïdes. Ainsi, quatre-mille ans de migrations incessantes, pour un peuple constamment chassé et repoussé vers le sud et dans les hauteurs par d'autres, plus forts, plus nombreux et surtout plus conquérants et expansionnistes. Une ethnie, quatre pays, mais aucun territoire véritable. Un homme Akha - les Akha, eux-mêmes éternels nomades, ne possèdent cependant aucune affiliation ethnique avec les Hmong et sont d'ailleurs issus d'une origine géographique tout à fait différente - soudainement chargé d'empathie envers ce groupe, avec lequel le sien n'entretient pourtant aucune relation sociale suivie, m'a un jour lui-même annoncé : « Lao soung Hmong bo mii pathet ! » (Les Hmong du Laos n'ont pas de pays !). En ce qui me concerne, n'ayant encore jamais mis les pieds au Vietnam, c'est probablement la première fois que je croise ainsi des Méo, les Hmong du pays frère voisin. Visages émaciés et beaux traits fins, indéniablement différents de tous ceux déjà observés au Laos.
LES QUELQUES TÉLÉPHONES portables occasionnellement visibles dans ces parages composent donc, avec les scooters, l'autre grande nouveauté technologique tout récemment parvenue jusqu'à quelques-uns de ces villages, même parmi les plus isolés d'entre eux. Est-il utile de préciser que, dans ces arrière-pays reculés, ces objets ne peuvent évidemment pas fonctionner, du moins dans leur usage premier, aucun réseau n'étant à ce jour opérationnel dans ces confins, dans ces zones restées particulièrement sauvages et délaissées du moindre développement infrastructurel. Ainsi pourtant les montagnards qui résident en ces endroits - les Akha Loma pour ce qui est de ce secteur - se montrent désormais capables d'échanger de conséquentes quantités d'opium, leur unique richesse et qui plus est à haute valeur monétaire, pour ces objets industriels rendus ici totalement futiles. Les quelques téléphones portables aperçus dans les villages - systématiquement de petits modèles à clapets pourvus d'écrans aux dimensions dérisoires - le sont en effet toujours aux mains des plus jeunes gens et des enfants, à qui ils ne servent qu'à visionner quelques courtes séquences vidéo, à écouter quelques titres de musiques au format mp3 - des tubes thaïs, lao, vietnamiens ou chinois - ainsi qu'à accéder à quelques jeux basiques, tous installés d'origine. De plus, ceci est sans compter que la pérennité de tels objets est grandement compromise dans ces rudes environnements, dominés alternativement, selon les saisons, par l'humidité et la poussière.
LA FAIBLE PUISSANCE ÉLECTRIQUE requise notamment pour la recharge des batteries de ces téléphones - mais plus couramment mise à profit pour alimenter une ampoule lumineuse dans les huttes - est produite par de petites turbines que l'on place dans les torrents qui coulent parfois au fond de ravins accessibles en dix à trente minutes de marche des hameaux. Le long des sentiers qui y mènent courent alors les deux ou trois câbles d'alimentation qui ont été suspendus, de-ci de-là, à des perches de bambou fichées dans le sol, ou de manière plus improvisée, aux branches des arbres adjacents. Ces petites turbines sont des engins rudimentaires de fabrication chinoise, des objets en acier d'une longueur de près d'un mètre et pesant de dix à douze kilos environ. D'une conception tout à fait sommaire, il s'agit d'un simple axe équipé à une de ses extrémités d'une hélice, et à l'autre de la turbine proprement dite. La moitié inférieure, l'axe et l'hélice, est immergée dans une zone stratégique du torrent, et une partie du cours de celui-ci est généralement canalisée dans sa direction pour former une sorte d'étroit réceptacle et un goulot d'écoulement, afin d'augmenter encore la puissance de la force hydraulique qui y est exercée. Ce ne sont néanmoins pas tous les villages, loin de là, qui peuvent bénéficier de tels dispositifs, faute de cours d'eau adapté coulant à leur proximité. De plus, lorsque cela est toutefois envisageable, ce ne sont jamais que quelques familles qui y ont recours, celles ayant pu acquérir un de ces engins auprès d'un quincailler chinois officiant en plaine.
JOUR DE PLUIE AU VILLAGE, les trois Méo vietnamiens ont tout de même repris leur route ce matin, après quelques négociations supplémentaires de petites quantités d'opium que six ou sept autres villageois ont bien voulu venir leur proposer à leur tour. Ces nouvelles séances de transactions opiacées ont ainsi occupé une large partie de notre matinée. Sous cette pluie qui s'abat désormais de manière quasiment ininterrompue, on ne s'éloigne plus de la hutte, ou à peine, c'est-à-dire uniquement lorsqu'il devient nécessaire d'assouvir un besoin naturel, ou pour rapporter de l'eau de la source. Seules les femmes restées présentes au village travaillent, s’attelant principalement à des tâches domestiques, quelques-unes se risquant néanmoins à quelques excursions en direction de la forêt ou des rays - les parcelles cultivées - les plus proches. Elles en rapportent, réapparaissant dans ces conditions inévitablement trempées de la tête aux pieds et courbées sous le poids de leurs volumineuses et lourdes hottes, des épis de maïs, des pousses de bambou, quelques courges, des troncs de bananiers sauvages, des fleurs du même arbre, des herbes et de multiples autres végétaux comestibles, qui pour la plupart entreront aussi bien dans la composition des repas des humains que ceux des cochons.
GRÂCE AUX QUELQUES TÉLÉPHONES PORTABLES, des enfants visionnent ici pour la toute première fois de leur existence des écrans d'images animées, des images provenant du monde moderne extérieur. De fait, fréquemment, des groupes mélangés d'enfants et d'adultes, parfois jusqu'à quinze d'entre eux simultanément, s'agglutinent, littéralement fascinés, devant un de ces minuscules écrans de pas plus de quatre centimètres sur cinq pour visionner une séquence vidéo, généralement un court extrait d'une fiction télévisée chinoise. Quant aux quelques titres de musique téléchargés sur ces mêmes téléphones, il ne faut pas longtemps aux gamins pour parfaitement les connaître par cœur, surtout s'ils sont de langue lao ou chinoise.
LES MOIS DE MOUSSON seraient-ils ceux des geckos ? Je les entendais très rarement durant mes séjours précédents dans les villages de montagnes, le plus souvent il est vrai effectués entre les mois de septembre et de novembre, soit après la saison des pluies. C'est cependant désormais très fréquemment que leurs chants, si singuliers et si difficiles à décrire surtout, en tout cas si amples et sonores - dont le nom de la bête est par ailleurs à coup sûr issu de l'onomatopée du cri - retentissent dans les huttes d'habitation. Ainsi, jamais leur proximité n'aura pour moi été aussi réduite qu'actuellement, car cela fait maintenant trois nuits que je dors juste sous la cachette de l'un d'entre eux, localisée quelque part entre la toiture de chaume et la structure qui la soutient, à moins de deux mètres à l'aplomb immédiat de ma paillasse. Et cette fois encore, étroitement fidèle à sa réputation, ce gros et étrange "lézard", si emblématique de cette région du monde qu'est l'Asie du Sud-Est, se montre impossible à repérer, se maintenant rigoureusement et définitivement invisible à celui qui n'entreprend pas un important effort pour tenter de le débusquer. Alors, chaque matin, c'est un sujet de plaisanterie avec ma famille d'accueil : « Le gecko a encore dormi avec toi cette nuit ! ».
À PROPOS DE SOMMEIL IMPROBABLE, ce fut également épique ces jours derniers, lors d'une halte effectuée dans un village Akha, puisque le père de ma famille d'accueil était aussi le forgeron du hameau et son petit atelier de fortune se situait à quelques centimètres seulement de ma paillasse, à l'extérieur mais juste de l'autre côté de la paroi, ici une mince claie de bambou, sous l'auvent que formait là le ravancement de la toiture. Pour activer puis maintenir à haute température le foyer de braises de charbon et porter au rouge les pièces d'acier à modeler ou à restaurer, le plus souvent des machettes et des houes de sarclage, ce furent d'abord les lancinants "sccchhhouuuuup', sccchhheuuuuu" répétés, aspirés puis refoulés, générés par les appels et les expulsions d'air de l'ingénieux soufflet, un piston constitué de plumes de poules disposées en couronne autour d'un disque de bois, lui-même enchâssé dans un tronc creux. Puis surtout, résonnant alternativement avec ceux-ci, venaient ensuite les retentissantes séries de martèlements métalliques sur l'enclume, en fait une grosse douille de bombe américaine directement fichée dans le sol. Des bruits somme toute communs ici et qui s'additionnent à tous ceux que se montre capable de produire un tel village - mentionnons spécialement à ce propos les interminables concerts de chants de coqs - ou provenant de la forêt proche, les uns et les autres ne privant toutefois nullement les sommeilleux de siestes ou de nuits suffisamment reposantes. Seuls "nuisibles" et réels empêcheurs de dormir en rond durant la journée, les gamins et leur chahut, attirés comme des aimants par ma présence et qui, moins craintifs et plus hardis lorsqu'ils sont réunis en groupes, se retrouvent régulièrement dans les parages de ma paillasse. Eux, je les chasse sans pitié de vociférations, immédiatement reprises par un ou deux adultes des maisonnées au sein desquelles je me trouve.
UN SCHÉMA DE RÉPARTITION "ETHNICO-TOPOGRAPHIQUE" des territoires montagneux du Nord-Laos est le plus souvent utilisé par les spécialistes et dans les publications pour décrire la distribution des zones d'habitat des différents groupes de populations de la région. Si ce schéma passablement simpliste, et par ailleurs largement diffusé dans de nombreux ouvrages de vulgarisation, peut fréquemment paraître un peu caricatural et réducteur pour d'autres secteurs géographiques, il se montre en revanche ici presque rigoureusement respecté. Ce système distingue trois familles. Les Lao Loum (les "Lao d'en bas"), les "vrais" Lao, résident comme toujours sur les meilleures terres, dans ou aux abords des quelques minuscules plaines irrigables qui jalonnent la seule piste carrossable du district ; les Lao Theung (les "Lao du milieu"), Khamu et Bit, occupent les premières hauteurs et la proximité des cours d'eau secondaires ; enfin les Lao Soung (les "Lao d'en haut"), uniquement représentés dans ce secteur par les Akha et par les Hmong - derniers parvenus dans le pays, en provenance du Tibet et de la Birmanie pour les premiers et de Chine pour les seconds - colonisent pour leur part les crêtes et les sommets les plus ingrats, seules terres qui restaient disponibles à leur arrivée.
CES DIFFÉRENTS GROUPES ETHNIQUES, de provenances géographiques très diverses, mais surtout de cultures, langues ou croyances tout aussi variées et dissemblables, entretiennent peu de relations sociales et pratiquent à peine quelques commerces et trocs. Par exemple, les Akha Loma achètent parfois aux Taï Dam quelques-uns de leurs fameux et solides sacs d'épaule. De temps en temps, pour fortifier et diversifier leurs cheptels, ils acquièrent quelques volailles auprès des Lao Theung, car leurs bêtes sont réputées plus robustes et plus grasses. En échange, ils pourront céder différents produits de la forêt et surtout de l'opium aux quelques individus de ces groupes qui y ont pris goût, mais dont les peuples n'ont jamais été producteurs de cette drogue. Mais plus que tout, fréquemment confrontés à des problèmes de soudure alimentaire entre deux récoltes successives de riz, les Lao Soung seront régulièrement amenés à acquérir, auprès des uns et des autres et dans la mesure de leurs moyens, souvent aussi à crédit, des stocks complémentaires de la céréale.
CHEZ LES LAO LOUM ET LES LAO THEUNG, je l'ai dit plus haut, j'ai toujours pris moins de plaisir à résider qu'auprès des montagnards Lao Soung, et je l'ai donc systématiquement évité lorsque ce fut possible. Parmi les premiers, les plus à l'aise économiquement, on mange pourtant bien, les variétés de riz glutineux cultivées se montrant notamment de qualités incomparables. Cependant, s'avérant le groupe ethnique le mieux administré et le plus intégré à la nation - qui est, rappelons-le, d'obédience rigoureusement communiste - ma survenue dans ces arrière-pays ainsi que mes agissements et motivations y font presque à chaque fois l'objet de suspicions, infondées pourtant. Chez les seconds, les Lao Theung, les soupçons se montrent atténués, mais résidant invariablement au creux de vallées et près de cours d'eau généreux on y mange, pour accompagner l'incontournable riz, presque exclusivement du poisson, des espèces blanches en outre toujours encombrées d'arêtes. De plus, l'implantation encaissée de ces villages m'étouffe, et ils n'offrent jamais au regard aucun horizon. C'est aussi naturellement là que les moustiques abondent le plus. En revanche, chez "ceux d'en haut", les Lao Soung donc, les Hmong et les Akha - mais également les Lolo, les Yao, les Hô, les Hanyi, etc., résidant dans divers districts de la province - qui se montrent bien plus rebelles et récalcitrants envers toute autorité et organisation administrative ou étatique, j'ai peu de comptes à rendre et on m'y fiche une paix appréciable. De plus, à l'inverse des deux autres familles ethniques, les Lao Loum et les Lao Theung, l'implantation presque systématique des villages Lao Soung dans les hauteurs permet de profiter de panoramas plus spectaculaires, et même si la nourriture est moins variée qu'en plaine, on a beaucoup plus de chances d'y trouver assez régulièrement aux menus des gibiers improbables.
DANS CES VILLAGES AKHA des confins du district, les maisons, les bicoques, les cabanes, les huttes - je ne sais pas toujours comment les désigner au plus juste - s'affichent parfois étonnamment petites. C'est la plupart du temps chez le nay ban, le chef de hameau, que je m'invite à résider, ou que l'on m'encourage à me rendre. Jetée directement sur le sol ou déposée sur le bat-flanc commun des hommes, il m'y attribue le plus souvent, comme un honneur, la paillasse située à proximité immédiate de la sienne, ou de celle du vieillard de la maisonnée, cette dernière parfois isolée du reste du lieu par rien de plus qu'une mince claie de bambou. Il est très rare qu'il ne se trouve pas au moins un opiomane au sein de chaque famille, ce peut alors être aussi bien des hommes que des femmes, des vieillards que des personnes moins âgées. Or le vent se montre peu fréquemment dans ces régions et il ne se présente ordinairement pas le moindre souffle d'air, en soirée, qui pourrait s'infiltrer via les nombreux interstices dont sont immuablement criblées les parois des demeures, faites de grossières claies de bambou ou de planches disjointes. Les lourdes vapeurs opiacées se dispersent alors dans toutes les directions, et avec ma paillasse le plus souvent ainsi disposée je me retrouve communément "aux premières loges", si je puis dire. En conséquence, dans l'obscurité et à travers ces cloisons largement ajourées, tout en étant bordé par les effluves si caractéristiques de la drogue en combustion, j'ai généralement tout loisir pour étudier chacun des gestes et des manières des fumeurs qui, toujours, sont éclairés par leurs petites lampes à huile individuelles, accessoires indispensables à cette pratique.
FUMER GRACIEUSEMENT QUELQUES PIPES est une invitation qui m'est assez régulièrement adressée, ce que j'accepte occasionnellement même si, comme doit s'y attendre tout fumeur novice, aucun effet psychotrope tangible ne se fait jamais ressentir. J'aime cependant particulièrement ce goût, mais surtout scruter le "cérémonial" mis en œuvre, ces complexes et délicats rituels de préparation puis de consommation de cette drogue. Nous faisant alors face, couchés sur le côté, en chien de fusil, seule position réellement adaptée pour pouvoir accomplir sans gêne l'ensemble des gestes requis, la lampe à huile et la totalité des autres accessoires nécessaires disposés entre nous deux sur un plateau, il ne me reste plus qu'à observer les lentes opérations d'apprêtage de la pipe par le fumeur averti, en attendant que son embouchure soit finalement orientée dans ma direction. En effet, comme une évidence, l'opiomane ne me demandera jamais si je souhaite effectuer moi-même ces tout autant cérémonieux que méthodiques gestes préalables, sachant pertinemment qu'un profane s'en montrerait rigoureusement incapable, ceux-ci requérant une indiscutable expérience - je ne reviendrai pas cette fois sur une description détaillée de cet art de la fumerie d'opium et des méticuleuses technicités et gestuelles qui l'accompagnent, m'y étant déjà largement attelé par le passé. Même lors de la séance de fumerie proprement dite, durant mes longues aspirations ininterrompues, c'est lui qui continuera à maintenir la pipe afin que la noix d'opium se positionne toujours parfaitement en contact avec la pointe de la petite flamme de la lampe. À partir de là il ne cessera alors, sans s'autoriser la moindre pause - qui en cas contraire provoquerait immédiatement l'obstruction du foyer puis une irrémédiable carbonisation du produit - à assurer l'alimentation de ce foyer, c'est-à-dire d'y étaler continuellement, sans trêve et à l'aide de l'aiguille à fumer, la drogue en ébullition, de la concentrer autour de la cheminée, le cœur de ce foyer.
LE "CRI" DU DROSS que broient, le soir, les opiomanes, compose un son emblématique de la fumerie d'opium, avec celui de grésillement provoqué par le produit qui se consume au contact de la pointe de la petite flamme, lui-même entretenu par les aspirations continues des fumeurs. Le dross, ce sont ces résidus opiacés, de durs cristaux noirs et luisants qui s'amalgament à l'intérieur du conduit des pipes, que l'on récupère périodiquement par curetage, puis que l'on broie au pilon dans un petit mortier, presque toujours mélangés au contenu de quelques sachets de poudre d'aspirine. C'est ce broyage du dross qui provoque ainsi ce crissement si caractéristique, très régulièrement audible dans les huttes. Recuite une nouvelle fois au-dessus de la lampe à huile, dans un récipient métallique quelconque prévu à cet effet, une simple cuillère ou un minuscule wok, ou encore lentement récupérée sur la pointe chauffée de l'aiguille, cette poudre de dross sera à nouveau fumée, une seconde fois. Je préfère l'odeur du dross se consumant à celle de l'opium brut - le chandoo - car elle se montre plus caractérisée et plus dense, moins écœurante également. Beaucoup de fumeurs eux-mêmes inclinent d'ailleurs à consommer ce premier en priorité, notamment parce qu'il se retrouve plus concentré en principes actifs que l'opium frais. Quant à l'adjonction d'un peu de poudre d'aspirine dans la préparation, je ne suis jamais parvenu à comprendre clairement quel était l'effet recherché. J'augure toutefois qu'il ne faut voir là rien de plus qu'une croyance infondée en une hypothétique atténuation des incidences nocives de la drogue, ainsi "recyclée" en quelque sorte. Aujourd'hui, lors de ses longues séances de fumerie, mon voisin de paillasse dépose, sur le foyer de sa pipe, de belles noix de dross d'une grosseur presque équivalente à celles de muscade, et qu'il recouvre périodiquement, à l'aide de son aiguille à fumer, d'une fine couche de chandoo, l'opium pur et frais, d'une consistance pâteuse, presque liquoreuse.
LES STOCKS DE RIZ se réduisent dangereusement, mais les mois de juillet et août composent opportunément la saison du maïs. Chaque jour, des femmes reviennent ainsi au village les hottes chargées d'épis aux grains aussi souvent jaunes que blancs ou noirs, arborant même parfois des teintes violacées. Alors, afin d'économiser au mieux ces stocks de riz finissants, de tâcher d'éviter toute pénurie et de tenter d'assurer la soudure alimentaire en attendant les prochaines récoltes qui débuteront fin septembre, on se gave de ce maïs. On me tend à longueur de journée des épis grillés ou de pleines poignées de grains bouillis. Cette dernière préparation offre cependant peu de goût, c'est surtout la consistance croquante de ces grains qui est appréciée. Cet après-midi, les femmes de ma hutte ont même confectionné une sorte de gâteau de maïs, cuit à la vapeur, après avoir longuement et très finement râpé quelques beaux épis bien secs. Rudimentaire râpe - en fait une simple plaque d'acier poinçonnée à l'aide d'un clou - fermement maintenue entre leur hanche et le balancier du pilon à riz, elles en obtiennent une très fine poudre qui est ensuite compactée, sans ajout d'aucun ingrédient supplémentaire, dans le fût de bois évidé utilisé quotidiennement pour la préparation du riz. Le "gâteau" ainsi obtenu après cuisson apparait lourd, dense, sec, terriblement bourratif surtout, et donc bienvenu pour assouvir momentanément nos faims féroces. Mais ces mêmes épis de maïs sont tout autant destinés à l'alimentation des humains que celle des cochons. On y consacre alors de longues séances d'égrenage, à en détacher les grains à la main, avant de les bouillir, accompagnés de tout un tas d'autres végétaux et déchets comestibles, pour composer un fameux brouet.
ATTAQUE D'INSECTES, brève mais très douloureuse, hier en marchant au fond d'une combe boueuse et encombrée de végétations. Deux morsures simultanées, infligées sur l'arrière de la cuisse, ont sur-le-champ provoqué une brûlure intense, m'arrachant même un cri sur l'instant. Extrême rapidité de l'action, une demi seconde tout au plus a suffi. J'avais déjà par le passé connu cette expérience, une seule fois néanmoins, dans un autre pays plus méridional de la région. J'en avais retenu qu'il n'y a que deux choses à faire lorsque cela se produit, s'agiter pour tenter de faire fuir les bestioles, mais surtout prendre ses jambes à son cou, et donc s'éloigner le plus vite possible. De même que la première fois, c'est à peine si j'ai pu apercevoir les attaquants, rien de plus qu'un faible et discret bourdonnement et la vision fugitive de quelques insignifiants points noirs, extrêmement agités et véloces. Rien d'impressionnant pourtant, quelque chose comme de minuscules abeilles sombres. Depuis lors cependant, soit plus de vingt-quatre heures plus tard, toute la partie supérieure de ma jambe est devenue affreusement douloureuse et sensible au moindre toucher, me faisant même boiter. Les étonnantes plaies qui en ont résulté - et qui ont par ailleurs nécessité plus d'un mois pour se résorber - se sont présentées tels de petits "cratères", creux et proéminents à la fois, purulents, de près de cinq millimètres de diamètre.
UN MASSAGE AKHA m'est à nouveau proposé, de leur propre initiative, après avoir échangé avec elles quelques plaisanteries, par les femmes de ma hutte et quelques voisines en visite sous notre toit. C'est la deuxième fois en une semaine que cela se produit et je sais que cette offre, résolument peu fréquente et même rare, est un grand honneur fait au visiteur. Il m'est aussi parfois arrivé par le passé, lorsque les circonstances s'annonçaient favorables, de directement le solliciter de la part de mes hôtes, prétextant par exemple une fatigue significative, et les rémunérant alors pour ce service. Autant il m'est quasiment impossible ici, même par accident, d'avoir dans la vie de tous les jours le moindre contact physique avec une personne de sexe féminin, autant ces séances de massage traditionnel me permettent de profiter de huit à douze de leurs mains, parfois plus, me pressant le dos, les pieds, les jambes, les mains et les bras. Même des fillettes de quelques années seulement sont souvent encouragées à y participer, et ont généralement peu à se faire prier pour se joindre énergiquement au groupe. Ayant sans nul doute aujourd'hui à faire pour la toute première fois à un falang, à un étranger Blanc occidental, les rires fusent alors immanquablement, et avec éclats.
LE NAY BAN DE CE VILLAGE, c'est-à-dire le chef du hameau, qui m'accueille actuellement sous son toit, m'annonce que quelques Lao Theung, des Khamu, viennent régulièrement jusqu'ici pour acheter ou troquer un peu d'opium, voire à l'occasion, y profitant alors opportunément de la parfaite quiétude et discrétion qu'offrent les villages de montagne, pour transformer notre bat-flanc de repos en fumerie collective. De longues séances, m'explique-t-il, qui leur en coûtent en moyenne dix-mille kips, soit environ un euro.
LES HOMMES RESTÉS AU VILLAGE, notamment les plus anciens, consacrent fréquemment de multiples heures quotidiennes à divers travaux de vannerie. La préparation des matériaux de base, que ce soit des tiges de rotin ou plus souvent de bambou, requiert préalablement un temps infini. Il faut en effet les fendre, puis les refendre encore, puis racler les fibres afin de proprement les lisser, jusqu'à obtenir un stock suffisant de longues et fines lamelles aux sections parfaitement régulières et homogènes et aux surfaces lustrées, d'une largeur pouvant varier de deux ou trois millimètres seulement à un ou deux centimètres, selon la nature et la taille des ouvrages entrepris. L'unique outil employé pour cette étape de débitage et d'apprêtage des matériaux est la machette, dont le fil de lame a d'abord été affûté comme un rasoir. Elle est habilement maniée d'une gestuelle qui, si je tentais de l'imiter, me ferait craindre à coup sûr de rapidement me trancher un doigt. S'ils sont destinés à certains ouvrages plus ou moins grossiers, les éléments obtenus pourront être immergés quelque temps dans un cours d'eau afin d'en assouplir les fibres. On confectionne principalement de grandes nattes - nattes de sol pour les intérieurs ou pour les aires de battage et de séchage du riz - et des hottes de portage, toutes très employées au quotidien, mais aussi des objets de facture plus fine et plus soignée : coffres, étuis de machettes, boites à ouvrage, etc. Immédiatement après leur achèvement, ces objets sont stockés sur les "mezzanines" afin de les faire sécher complètement, à proximité de la chaleur et des fumées des foyers qui restent presque constamment allumés. Ces mezzanines ne sont en réalité le plus souvent constituées que de quelques planches de bois disposées là entre les poutres des charpentes, où l'on ne pourrait se tenir debout sans danger et où est entassé tout un bric-à-brac d'objets hétéroclites, pas toujours identifiables, car tous noircis de suie grasse et tapissés d'innombrables vieilles toiles d'araignée poussiéreuses. Les ouvrages de vannerie les plus fins sont parfois placés quelque temps directement au-dessus des foyers, sur les claies de bambou suspendues là, au milieu d'herbes mises à sécher ou d'un peu de viande à fumer. Ils seront plus tard récupérés plus ou moins noircis et comme laqués ou vernis.
LE PLUS FORT DE LA MOUSSON se produit durant les mois de juillet et d'août. C'est la première fois que je m'aventure dans les montagnes du Nord-Laos au cœur de cette saison. C'est l'occasion de découvrir quelques nouveaux fruits, notamment l'un d'eux s'apparentant à une sorte de lychee sauvage, mais dont la pulpe se divise en quartiers enrobant chacun un petit noyau. Un groupe de femmes croisées en chemin m'en ont offert il y a quelques jours de pleines poignées. Leur chair, au delà du fait qu'elle s'avère excessivement acidulée, fait corps avec les noyaux et ne s'en détache qu'au prix de grignotages acharnés, faisant inévitablement grimacer celui qui n'y est pas accoutumé, c'est-à-dire moi seul le cas présent. Alors les villageois, pragmatiquement, gobent chaque quartier, sans les mâcher, noyaux inclus. Un ananas est par ailleurs prélevé de temps en temps dans les jardins, peu souvent toutefois car les plants sont peu nombreux. Le partage d'un tel fruit sucré dans une famille devient toujours l'occasion de grandes réjouissances pour les enfants. Quelques bananes sauvages font parfois également leur apparition, mais assez rarement en définitive. À côté de cela, les villageois montagnards consomment fréquemment, tout au long de l'année, une large variété d'autres petits fruits ou baies sauvages, qui ne paraissent pourtant pas toujours avoir atteint un taux de mûrissement approprié et qui présentent alors des saveurs abominablement âcres et acides, excessivement aigres, les rendant résolument inconsommables pour des Occidentaux. Je gage que ce sont des vertus purgatives qui sont recherchées dans de tels aliments, et qui permettent sans doute notamment de compenser les effets pour l'organisme des grandes quantités de riz absorbées ici quotidiennement par tous.
CES CONFINS DU DISTRICT sont isolés comme peu d'autres zones à travers le pays. Même après deux ou trois jours passés dans un village, je l'ai dit, des chiens restent extrêmement agressifs envers moi, et du côté des plus jeunes enfants, beaucoup s'avèrent encore très craintifs longtemps après mon arrivée. Je dois alors veiller à me montrer attentif et vigilant lorsque je me déplace dans les villages, prendre notamment quelques précautions élémentaires pour ne pas risquer de les effrayer par mégarde. Si par exemple j'aperçois deux ou trois d'entre eux qui se tiennent, seuls, dans un endroit vers lequel je m'apprêtais pourtant à me diriger, je dois alors discrètement et naturellement changer de cap pour m'assurer qu'ils ne se mettent pas à paniquer à mon approche.
UNE SEULE PELLICULE de vingt-quatre poses consommée en plus de deux semaines. Je réalise cette fois-ci en effet très peu de photographies, cette activité n'ayant en outre jamais constitué la priorité de mes séjours, et je n'en ai jamais abusé, bien loin de là. Je n'ai par ailleurs jamais adopté la photographie numérique dans ces contrées. Une des raisons de cela provient d'une inaccessibilité totale à l'électricité durant plusieurs semaines d'affilée, une autre est que je n'ai jamais souhaité faire étalage de technologie devant mes hôtes. Enfin, j'ai toujours apprécié l'idée de ne pas pouvoir en user avec excès, ne serait-ce que pour une question de coût de développement des films. De plus, mon petit appareil photographique n'a rien d'impressionnant et s'avère très discret. Il s'agit d'un vieux modèle compact et extrêmement basique, il ne possède par exemple pas la moindre possibilité de réglage, ni même d'un zoom. Quoi qu'il en soit, une gêne particulièrement prononcée de mes hôtes, bien plus accentuée ici que dans d'autres régions reculées parcourues jadis, fait que j'en réalise encore bien moins que d'habitude. J'abandonne donc mon appareil le plus souvent au fond de ma sacoche, sauf de temps en temps, devant quelques scènes du quotidien si banales, mais tellement photogéniques - certains diraient "authentiques" - pour le touriste que je suis : un groupe d'opiomanes se tenant près de ma paillasse, des femmes et des jeunes filles se livrant à des tâches domestiques dans leurs exubérantes tuniques traditionnelles, des paysans aux visages magnifiques ou quelque peu inquiétants, alors véritables gueules, des femmes couvant leurs bébés, des vieillards fumant le bang tout en vaquant à quelque artisanat autour des foyers de cuisson, d'étonnants visiteurs du soir, infirmes aux tronches improbables, miséreux glaneurs de dross, et tant d'autres scènes encore de la vie de tous les jours.
UN FERRAILLEUR VIETNAMIEN avait croisé ma route il y a de cela plusieurs jours, lors de la toute première étape de ces déambulations dans la région. Rayonnant à la journée en mobylette sur quelques pistes carrossables autour du petit bourg chef-lieu du district, il troquait dans les hameaux traversés ses minuscules glaces, sans goût mais sucrées et transportées laborieusement dans une boite de polystyrène attelée à sa monture, en échange de vieux déchets de métaux, souvent rouillés et sans aucune valeur apparente, que les villageois avaient pu déterrer ou dénicher quelque part, mis vaguement de côté en attendant justement le passage du prochain ferrailleur itinérant. Ici, plus loin dans l'arrière-pays et dans les hauteurs, j'ai croisé hier la route d'une caravane composée de quelques petits chevaux et menée par des Taï Dam vietnamiens qui acheminaient quelques produits de première nécessité jusqu'aux villages les plus reculés. Ces colporteurs transportaient ainsi dans leurs bagages mille trésors, sel et glutamate de sodium - dont les montagnards font une consommation importante, et même exagérée - couvertures et vêtements de très mauvaises qualités, vaisselles et ustensiles en plastique, étoffes de tissus, aiguilles et bobines de fil à coudre, briquets, sachets de souffre nécessaires à l'élaboration de la poudre à fusil, petits paquets de tabac vietnamien à fumer dans les bang et dont les montagnards raffolent, ainsi que quelques autres produits et objets divers.
SIX HEURES DE MARCHE au compteur aujourd'hui, sans aucune pause accordée. Pour la deuxième fois de ce séjour, ayant été prévenu en amont de la difficulté de l'étape qui m'attendait, notamment au sujet de l'orientation, mais aussi en raison de l'état déplorable du sentier, qui s'est en effet montré parfois à peine visible, voire inexistant par endroits, j'ai recruté deux guides parmi les villageois - deux, car il est assez fréquent qu'une personne seule n'ose pas m'accompagner sur de longs parcours. Il fut d'autre part convenu qu'ils porteraient mon sac, à tour de rôle. Pour cela nous avons négocié une rémunération de trente-mille kips par personne, soit l'équivalent d'environ trois euros. Ils m'avaient par ailleurs prévenu qu'en ce qui les concernait, ils effectueraient leur trajet du retour le lendemain seulement. À nouveau ce jour et comme trop souvent, l'ascension vers les hauteurs, sur des escarpements pourtant accentués, s'est accomplie en ligne droite, directement face à la pente, presque sans le moindre lacet ou détour qui aurait judicieusement permis d'atténuer un peu la déclivité du parcours. Ce fut d'abord un étroit sentier, puis qui régulièrement disparaissait presque, se retrouvant enfoui sous la végétation, tel un vulgaire passage de bête. Par chance cependant, aux dires des villageois, la mousson s'avèrerait relativement modérée cette année, du moins jusqu'à ce jour. Les pluies les plus abondantes s'abattent par ailleurs le plus souvent durant la nuit. Le jour, c'est surtout du crachin épais auquel l'on a actuellement à faire. Dans les pentes, les sentiers dénudés se présentèrent alors tout de même extrêmement glissants, et lorsque nous redescendions au fond de combes, ce fut inévitablement à des environnements dominés par la boue auxquels il fallut à chaque fois faire face. Là nous tâchions de viser les passages semblant les moins submersibles, mais nos pieds y disparaissaient néanmoins fréquemment. Sur les hauteurs au contraire, il fallut régulièrement traverser des étendues de ces gigantesques herbes que l'on nomme parfois "herbes à éléphants" ou encore "herbes à paillotes", des végétaux qui dépassent couramment allègrement les deux mètres de hauteur, qui sont pourvus de bordures légèrement tranchantes et au milieu desquels il faut, à l'aide d'incessants mouvements de bras, se frayer un passage. Cette dense végétation parasite, et qui annihile toute repousse de la forêt est le résultat, sur certains sols qui lui sont favorables, des jachères d'anciens rays, ces cultures de friches sur abattis-brûlis pratiquées par les montagnards et que j'ai déjà décrites en détails autrefois. Il ne faut assurément pas être atteint d'un quelconque syndrome de claustrophobie pour évoluer sereinement dans ces environnements denses et oppressants, où l'on peut aisément se faire peur à craindre l'hypothétique animal sauvage et peut-être dangereux que l'on va débusquer au prochain pas...
TROIS HEURES DE CHEMINEMENT le long de la crête, étroite ligne sinueuse, unique passage enchâssé entre deux tombants, de part et d'autre de la discrète sente. Les éminences se succèdent et là-haut, relativement rares dans la région, quelques promontoires rocheux sont même à franchir ou à contourner. Je dois bien admettre que, parti seul, j'y aurais cette fois fait face, et à plusieurs reprises encore, à quelques sérieuses difficultés, d'autant plus en raison du fait que j'aurais donc dû porter moi-même mon sac et mon parapluie géant, gênes certaines au cœur de ces reliefs. Pourtant mes deux jeunes compagnons du jour, guides improvisés, se les échangent régulièrement et évoluent sur ces terrains les pieds affublés de simples tongs en plastique, y progressant cependant comme des cabris. Ils doivent même parfois attendre un peu que je les rejoigne, me faisant malgré moi retardataire de temps à autre. Pire, l'un de mes deux accompagnateurs finit par briser la courroie de l'une de ses tongs et achève alors notre expédition les pieds nus, sans que cela semble énormément le gêner.
IL Y A UN MORT CHEZ LES HMONG, parmi lesquels je me trouve de nouveau. Le décès est survenu ce matin même. C'est un vieillard. Ayant, dès mon approche du hameau, aperçu de nombreuses personnes réunies autour de la hutte où se produisait l'évènement, c'est naturellement vers celle-ci que je me suis dirigé en premier lieu. Les nay ban, au nombre de trois dans ce village d'une relative importance, s'y montrent tous présents. Sans aucun doute en raison des circonstances toutes particulières de cette journée, personne ne s'enquière de savoir si j'ai besoin de manger, ce qui est pourtant habituellement une des préoccupations premières de chacun de mes hôtes lorsque je parviens dans un nouveau village. À ma demande, on me libère tout de même une paillasse, afin que je puisse me reposer un peu, ce que je fais sans plus attendre, là, installé à pas plus de trois ou quatre mètres de distance du macchabée.
UNE CENTAINE DE PERSONNES, peut-être plus, sont réunies dans cette grande hutte, habitat posé à même le sol de terre battue - et donc construite sans ayant recours aux pilotis - comme il est invariablement de tradition chez les Hmong. La dépouille du défunt a été installée, en position couchée et à une hauteur d'un mètre cinquante environ, sur un étroit et rudimentaire brancard confectionné à l'aide de simples branches fraîchement coupées. Le corps apparaît minuscule, comme engoncé dans des vêtements qui se trouveraient bien trop ajustés pour lui. Des "pleureuses" se tiennent debout, appuyées contre son brancard, et le bordent, tout en agitant continuellement autour de ce corps inanimé de petits sachets en plastique fixés aux extrémités de baguettes de bambou, comme si elles désiraient de la sorte en chasser des insectes volatiles nuisibles, mais plus probablement pour un interdire l'approche à des esprits tout autant malveillants ou malintentionnés. Il y a aussi des "pleureurs", certains se contentant de geindre, sans émettre aucune larme, pendant que d'autres enfin s'attachent à réciter et "gémir" comme de longues complaintes, litanies ou invocations. Sans cesser un seul instant de psalmodier un de ces poignants monologues, un homme fait même à plusieurs reprises fumer de l'opium au macchabée. La pipe garnie et apprêtée est approchée à fleur de ses lèvres tandis que la lampe à huile et l'ensemble des autres ustensiles habituellement employés par les opiomanes ont été préalablement déposés sur un plateau placé sur sa poitrine.
CE FLOT DE PLEURS ET DE LAMENTATIONS semble pouvoir être produit sans aucun effort apparent et précisément aux moments opportuns et voulus, comme si les protagonistes étaient en mesure de les afficher sur commande, d'agir artificiellement sur leur sensibilité, d'être aptes à offrir des démonstrations de leurs émotions - et donc de sangloter - lorsque c'est nécessaire. Si ce n'est chez peut-être une ou deux de ces personnes, sans doute les plus proches parents du défunt, les larmes sont d'ailleurs totalement absentes de ces étalages émotifs. Jean Malaurie a dans les années 50 observé et décrit un phénomène tout à fait similaire chez les Inuits du nord-ouest du Groenland. Il y a vu là une manifestation supplémentaire du caractère extrêmement superstitieux de ces populations, et a interprété ces actes comme des manières pour elles de détourner, d'exorciser pourrait-on peut-être dire, l'attention des mauvais esprits et autres fantômes maléfiques - qu'elles craignent plus que tout - de l'âme du défunt, avant que celle-ci ne prenne son départ pour son grand voyage.
UN SONNEUR DE TAMBOUR et un souffleur de khène hmong sont également de la partie. Les khènes, instruments de musique de la famille des orgues à bouche, sont composés d'une pièce centrale en bois creux - réservoir dans lequel transite l'air insufflé par le musicien - traversé par de longs tubes de bambou munis de anches libres. Il en existe une large variété de modèles et de formes dans cette région du monde que forme l'Asie du Sud-Est, et même jusqu'au Japon, modèles qui diffèrent selon les pays et surtout les ethnies. Le khène des Hmong émet un son beaucoup plus faible, sourd et lugubre que le khène des Lao, mais il affiche un profil et une esthétique incomparablement plus élégantes, avec ses tubes courbés et son long réservoir modelé en fuseau. De plus, contrairement à celui des Lao, le khène hmong ne se joue pas en position immobile et statique, mais toujours en exécutant toutes sortes de figures, voire de véritables acrobaties. On peut profiter du spectacle de telles performances à l'occasion de certaines festivités, par exemple le Nouvel An hmong ou encore les mariages. Pour les rites funéraires de ce jour, le musicien effectue une sorte de danse giratoire alternée autour d'un mât cérémoniel tout juste installé, en fait une grande branche d'arbre fraîchement coupée, fixée en appui contre une poutre de la charpente et dont un large rameau de feuilles a été préservé en son extrémité. Puis, régulièrement, tournés dans sa direction, des proches du défunt se prosternent, tout en marmonnant des "prières" et tenant en main plusieurs de ces gigantesques bâtons d'encens se consumant que les Hmong savent confectionner et usent en abondance, notamment à l'occasion des offices chamaniques.
LA GRANDE MAJORITÉ DES HOMMES présents en cet instant dans la hutte du défunt se sont déchaussés et installés à même le sol de terre battue, se tenant assis sur de larges bâches de nylon déployées là à leur intention pour suppléer au manque de sièges disponibles. C'est en jouant aux cartes, d'autant plus bruyamment que de petites sommes d'argent sont misées, que la plupart d'entre eux passent le temps. Les bat-flancs de repos sont quant à eux colonisés par une dizaine de vieillards opiomanes, pour l'heure tous occupés à de pleines séances de fumerie. Certains parmi eux, trop affaiblis et aux véritables allures de moribonds, tant en raison de leur grand âge que des effets induits par une consommation excessive de la drogue, ne doivent à coup sûr habituellement même plus pouvoir quitter leurs demeures, sauf lors de très rares occasions comme celle qui les réunit ici aujourd'hui. L'ensemble du cérémonial funéraire se déroule alors au milieu d'un joyeux tapage et d'une cacophonie incessante, d'une agitation permanente et des allées et venues des uns et des autres. À intervalles réguliers, des séries de trois coups de feu rituels se font entendre à l'extérieur, à proximité immédiate de la hutte, tirés en l'air par de jeunes gens munis des traditionnelles pétoires de chasse. Rapidement, un premier animal est égorgé, un porc adulte. Ces festivités vont se prolonger durant plusieurs journées et sans aucun doute y aura-t-il aussi, en plus de quelques autres cochons et de plusieurs volailles, l'abattage rituel d'un buffle, puisque le défunt est à la fois homme et vieillard. L'alcool coulera également à flots et les soûleries iront bon train, c'est certain. Cela a d'ailleurs déjà dûment débuté, générant çà et là nombre de conversations criardes et même quelques amorces d'altercations.
UN INDIVIDU OFFICIEL EN UNIFORME vient me sortir de ma torpeur alors que j'ai à peine commencé à somnoler, allongé là au milieu de l'assemblée, sur la natte que l'on m'a cédée. Il s'agit de contrôler le visiteur étranger, comme il se doit de temps en temps dans certains villages des groupes montagnards, mollement surveillés par quelques petits soldats Lao détachés là. Cela se produit en effet parfois, assez rarement néanmoins, dans certains hameaux qui semblent plus "sensibles" que d'autres : ceux d'une relative importance démographique, ceux se situant aux carrefours de certaines pistes passablement fréquentées, ceux proches des frontières si perméables, et donc susceptibles d'activités et de trafics illicites en tous genres, ceux implantés au centre de zones à forte production d'opium, ou encore dans quelques autres villages d'aspects et de localisation plus quelconques, pourtant également surveillés pour des raisons obscures que je ne suis pas toujours capable de déchiffrer. Ces petits soldats Lao, souvent jeunes et envoyés là à leur grand désarroi, d'autant plus que cela est inévitablement mis en œuvre au sein de groupes ethniques envers lesquels eux n'entretiennent strictement aucune affinité culturelle - pire, qu'ils méprisent le plus souvent - résident alors généralement dans une "caserne", en réalité rien de plus qu'une simple cahute de bois et de bambou d'une allure encore plus fragile, sordide et précaire que celles des plus humbles huttes villageoises. Ces guérites sont toujours, dans la mesure du possible, implantées sur une proéminence du terrain, elle-même située légèrement à l'écart du hameau. Les drapeaux lao et communiste, symboles de l'autorité gouvernementale, sont par ailleurs invariablement hissés, bien visibles de tous, au sommet d'un gigantesque tronc de bambou fiché dans le sol. Si le village affiche une faible importance, ils ne seront pas plus de deux représentants de l'autorité à résider là, tuant le temps à je ne sais quelles mornes activités, étant donné l'extrême rareté d'évènements notables qui peuvent survenir dans ces lieux isolés.
CE TYPE DE CONTRÔLE ET D'INTERROGATOIRE, c'est déjà la deuxième fois que j'y ai droit durant ce séjour, le premier ayant eu lieu une dizaine de jours plus tôt. J'y ai toutefois assez fréquemment goûté par le passé. Si les tout premiers d'entre eux, subis il y a quelques années déjà, me déconcertaient et m'intimidaient éventuellement un peu, autant dire que ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui, qu'ils ne m'impressionnent plus du tout, qu'ils m'ennuient désormais profondément, et que le "rapport de force" s'est alors totalement inversé. Il m'arrive même de me jouer de mes interlocuteurs et de profiter de leur trouble, eux si peu à l'aise d'avoir à faire pour la toute première fois en ces lieux à un étranger d'origine occidentale. Le protocole se montre toujours identique : je suis escorté à la "caserne", et si le soldat n'a pas encore revêtu son uniforme vert officiel, je dois patienter le temps qu'il l'enfile, car il semble inenvisageable que notre entretien puisse se dérouler sans cet accessoire d’apparat. Puis, désormais un peu plus à l'aise car empreint d'une autorité visiblement augmentée une fois cet uniforme endossé, l'interrogatoire, durant lequel je sais par avance que je ne comprendrai pas la moitié des questions posées, peut alors débuter. Affligeant et pathétique, il se conclut parfois par ces seules informations, recopiées laborieusement sur une page de cahier d'écolier : la date du jour, mon prénom (voire uniquement ses deux premières syllabes puisque la dernière lui est le plus souvent impossible à retranscrire en langue lao ; quant à mon nom, on l'oublie toujours), le nom de mon pays d'origine, puis aussi habituellement une ou deux phrases de commentaires mystérieux sortis de je ne sais quel recoin du cerveau de mon interlocuteur. Je dois par contre généralement prendre mon mal en patience durant le long examen, minutieux et détaillé, des trente-deux pages de mon passeport, auscultation qui débouche rarement sur le prélèvement d'une information exploitable étant donné que mon homme, le plus souvent, ne sait pas lire les caractères alphabétiques latins qui y sont utilisés. Les renseignements que je lui dicte alors sont copiés en lao sur le cahier d'écolier ou sur une feuille volante, et je dois parfois faire effort pour me contenir de rire devant ses difficultés à les répéter et encore plus à les retranscrire à l'écrit, puisque certaines syllabes francophones s'avèrent rigoureusement imprononçables pour les Lao. Il est aussi arrivé que, pour me divertir un peu de ces mornes entretiens, à la question « Djiao seu nyang ? » (Quel est ton nom ?) je me sois amusé à mentionner ceux de personnages politiques français célèbres, que pour l'occasion j'aime choisir parmi la longue liste de ceux que je juge les moins recommandables d'entre eux (Pasqua Charles, Devedjian Patrick, etc.), et qui furent cependant chaque fois consciencieusement recopiés sur le cahier en lieu et place du mien...
LA VISITE DU SOLDAT dans la hutte du macchabée m'aura quand même offert l'improbable occasion, pour la première fois après tant de dizaines de nuits passées parmi les villageois montagnards, de me retrouver simultanément sous un même toit en compagnie de plusieurs opiomanes apathiques appliqués à de pleines séances de fumerie et d'un représentant officiel des autorités nationales.
UNE AUTORISATION DE SÉJOUR m'a été délivrée par ce dernier à l'issue de notre entretien. Rédigée sur une demi page arrachée au cahier d'écolier, elle me donne le droit de passer la nuit chez un des nay ban, un des trois chefs du village, qui m'avait lui-même accompagné à la "caserne". Cette autorisation n'est valide que pour une seule nuit, et j'ai l'obligation impérative de quitter la place dès le lendemain matin. J'ai un peu protesté devant les vingt-mille kips qui me furent demandés en contrepartie de ce bout de papier bien dérisoire, car je soupçonne cette pratique administrative de ne plus avoir cours dans le pays depuis au moins plusieurs années déjà. C'est donc uniquement vis-à-vis du nay ban, présent là à mes côtés et qui allait m'accueillir sous son toit pour la nuit, que j'ai pris sur moi et n'ai pas fait trop d'esclandre - mais ne me suis néanmoins pas non plus totalement privé de contester ce qui me semblait là parfaitement illégal. Plus tard dans la soirée, alors que nous étions réunis autour du foyer et que mon hôte relatait ce petit différend à l'un de ses compagnons, tout en s'en amusant et en me confirmant que ces vingt-mille kips là allaient bien servir à "acheter des cigarettes", j'ai ostensiblement jeté l'autorisation de séjour dans le feu. Le compagnon m'a un peu exprimé sa désapprobation, mais à peine. Les Hmong, tout comme d'autres groupes ethniques montagnards minoritaires de la région, n'aiment pas les autorités administratives communistes du pays. Les Hmong n'aiment aucune autorité. Les Hmong n'aiment vivre qu'entre eux.
JE N'AI PLUS REVU LE MACCHABÉE, car je n'ai pas eu d'autres occasions ou prétextes sérieux pour aller le visiter une seconde fois. À peine ai-je rapidement jeté un dernier coup d'œil sous son toit le lendemain matin avant de définitivement quitter le village et de prendre congé de ses habitants. À nouveau, il s'y jouait un concert mortuaire de khène et de tambour, mais exécuté cette fois par d'autres musiciens. À nouveau aussi l'encens brûlait en abondance, les pleurs et lamentations se répandaient en flots continus et le chahut alentour, plus ou moins alcoolisé, battait simultanément son plein, à l'image de ce qu'il s'était déjà produit le jour précédent. La première nouvelle salve de coups de feu fut tirée dès 5 heures du matin. La veille au soir, mon nay ban était, lui, retourné prendre part à la veillée funéraire, mais seulement après nous avoir tous consciencieusement, sa famille et moi, couchés et enfermés. Je l'avais bien sollicité pour pouvoir l'accompagner là-bas, mais il avait refusé, sans que je ne sache trop pour quelle raison. Je m'étais alors abstenu d'insister, le regrettant toutefois vivement.
UN OFFICE CHAMANIQUE avait en revanche été initié chez nos voisins un peu plus tôt dans la soirée, alors que la nuit était cependant déjà tombée. Il ne présentait visiblement aucun lien avec le décès du vieillard survenu le jour même au sein d'une autre famille du village. Il s'agissait à nouveau d'une de ces surprenantes et spectaculaires cérémonies que j'ai déjà pu observer à deux ou trois reprises par le passé et que j'avais alors largement décrites et commentées à ces occasions. J'ai profité de l'obscurité pour aller plus ou moins discrètement scruter la scène durant plusieurs minutes. La hutte concernée étant dûment close, les personnes présentes s'y étant calfeutrées pour bien signifier à autrui qu'il serait malvenu de les déranger à cet instant - même si les multiples sons, si caractéristiques, qui en provenaient ne laissaient planer aucun doute sur ce qui s'y déroulait et auraient de fait découragé quiconque de venir perturber l'office chamanique en cours - c'est très silencieusement que je me suis approché pour épier le tableau, à travers les interstices des parois de planches. Il faut savoir que ce geste "d'espionnage", qui semblera sans doute audacieusement intrusif à certains, est très couramment pratiqué par les Hmong eux-mêmes à l'intérieur de leurs propres villages, notamment par les jeunes gens flirtant. Étonnamment, alors que seulement quelques heures plus tôt ils m'auraient haché menu si je m'étais laissé faire, les quelques chiens se trouvant là ne se sont cette fois absolument pas préoccupés de ma présence. Tout au contraire, ils se tenaient tous étrangement immobiles et craintifs, légèrement à l'écart, pattes tendues et dos ronds, têtes rentrées dans les épaules, poils de l'échine hérissés et queues rabattues sous les corps, comme subjugués, et même tétanisés, par le spectacle, qui était pour eux sonore uniquement. Je ne sais pas expliquer ces attitudes, mais à les voir ainsi si soudainement transis et prostrés, comme envoûtés, il m'apparaît indéniable qu'ils se montrèrent fortement réceptifs, d'une manière ou d'une autre, au service chamanique qui se déroulait à l'intérieur de la hutte, comme s'ils furent sous son emprise. J'en fus véritablement moi-même subjugué, en tout cas impressionné. Au moins ainsi momentanément à l'abri de leurs crocs, c'est avec une relative confiance que j'ai pu cette fois leur tourner le dos pour m'accoler aux planches de la paroi arrière de la hutte, et d'un seul œil à travers un interstice, observer la "joute avec les esprits".
LES COUPS DE GONG frappés en cadence par un de ses assistants posté derrière lui, et deux lourds grelots de bronze que le vieux chaman tient dans chaque main, et qu'il agite lui-même continuellement et avec frénésie, composent déjà un spectacle sonore à part entière, et rend l'ensemble nettement audible depuis l'extérieur. Dans une semi obscurité, à la clarté de seulement deux lampes à graisse, l'une déposée au sol et l'autre sur un des autels rituels qui lui font face, le voici donc notre chaman, revêtu de l'ample tunique noire traditionnelle hmong et d'une cagoule de même étoffe rabattue sur le visage. Ainsi isolé du monde réel, il est parti chevaucher dans ses anciennes steppes des confins du nord de la Chine et de Sibérie. Il est surtout parti là-bas pour tenter d'intercéder avec certains "esprits" visiblement devenus trop agitateurs, trop perturbateurs, en un mot emplis d'influences désormais excessivement néfastes pour le village ou pour la maisonnée, et qu'il doit alors se réconcilier.
FACE À SES TROIS AUTELS RITUELS suspendus à la paroi de planches, caissons de bois surchargés d'offrandes, d'énigmatiques et mystérieux accessoires dévotieux, de multiples vieilles reliques animales, crânes, plumes, pattes et peaux, de bâtons d'encens consumés ou non, de figures et motifs symboliques découpés dans du papier de bambou, ainsi que de tout un tas d'autres objets indéfinissables et poussiéreux, grelots et gongs de bronze, figurines sculptées ou modelées, notre chaman, dorénavant métamorphosé en cavalier imaginaire, se tient debout sur un banc de bois bancal, jambes écartées et légèrement fléchies. Il est bordé de part et d'autre par deux assistants supplémentaires qui se tiennent prêts à le retenir en cas de chute, le risque étant d'autant plus avéré que le chaman est un vieillard et que sa vue est totalement obstruée par la cagoule. Oui, il chevauche alors véritablement, il agite frénétiquement et en cadence les quatre membres et finalement tout son corps, il sautille même pour accompagner les bonds virtuels de sa monture invisible. Et, sans aucune pause, il improvise simultanément des récits mystiques et des injonctions à l'attention des "esprits" malfaisants qu'il semble croiser en chemin, des récitations aux rythmes aussi saccadés et endiablés que le sont tous ses gestes. L'ensemble est vif et énergique, exalté et passionné, ardent et fougueux ! En un mot, c'est véritablement "vécu", intérieurement et physiquement. Puis, revenant sans cesse, comme semblant jalonner des instants clés du récit, il éructe des sortes d'onomatopées, principalement des séries de « brrrrr ! brrrrr ! brrrrr !... » lancés régulièrement et avec un entrain surprenant pour un si vieil homme, et sans nul doute censées encourager sa monture dans son épuisant galop infernal et sans fin. Fuit-il les "esprits" ? Leur court-il après ?
UN PORCELET ÉGORGÉ est déposé sur un van à riz, lui-même disposé au sol, exactement comme ce fut le cas lors des précédents offices chamaniques auxquels je pus assister autrefois. Certains morceaux en seront plus tard offerts aux "esprits". Par contre, alors qu'auparavant le reste de l'assemblée prêtait peu de cas et d'attention au "spectacle" de la transe en cours, et que toutes les activités et le chahut ambiants ne cessaient pas pour autant, ici la totalité de l'assistance, sept ou huit adultes - je n'ai pas aperçu d'enfants, mais il est probable qu'ils fussent déjà couchés juste à côté, dans l'obscurité - se tiennent attentifs, paraissant écouter pieusement les récits que débite notre vieillard, à aussi vive allure que semble galoper et bondir son cheval invisible. Je me suis éloigné avant la fin, mais ai quand même chronométré approximativement la durée de la séance puisque je continuais à l'entendre depuis ma hutte et depuis ma paillasse. Comme lors de deux autres cérémonies auxquelles j'avais pu assister par le passé et dont j'avais également mesuré l'étendue, celle-ci s'est prolongée pendant plus de deux heures, au bas mot, car j'ai probablement manqué le commencement.
CELA FAIT DÉJÀ PLUSIEURS ANNÉES que je les observe chez certains groupes Akha présents au nord du Laos, plus spécifiquement dans cette province de Phongsaly. Ils se montrent à nouveau visibles ici, parmi les Akha Loma que je côtoie cette année pour la première fois. Je veux parler des petits "sacs" que de nombreux enfants portent en permanence en pendentifs autour du cou. Il s'agit de minuscules sachets de tissu, le plus souvent de formes rectangulaires ou carrées, mais parfois aussi triangulaires, de pas plus d'un à un centimètre et demi de côté, cousus et ainsi définitivement fermés, scellés et dissimulant alors aux regards ce qu'ils contiennent, quelques infimes objets très durs que je n'ai jusqu'à aujourd'hui jamais réussi à identifier. Nul doute que ces sortes d'amulettes sont empreintes d'une "fonction" rituelle animiste quelconque, de protection probablement, mais je ne suis jamais parvenu à me faire nommer ou décrire, ou mieux, à me faire montrer ce qu'ils renferment. Les découvrant donc ici une nouvelle fois, et en abondance encore, je m'étais promis d'élucider enfin et coûte que coûte ce mystère. C'est alors à au moins quatre reprises successives et à l'occasion de moments minutieusement choisis, en présence d'hommes aux esprits éveillés et bien sûr de quelques enfants concernés que j'ai, de façon insistante, mais finalement à nouveau vaine, tenté de les interroger à ce sujet. Voici à quoi pouvaient ressembler ces échanges :
- Moi, m'adressant à un adulte, tout en pointant du doigt un de ces pendentifs visible au cou d'un des gamins qui nous entourent : « Grand-frère, je ne sais pas ce que c'est. Je veux savoir, je veux voir ! »
- Indifférence de mon interlocuteur.
- Moi, désignant un caillou : « Est-ce cela ? »
- Rire morne, ni gêné, ni surpris, ni choqué, à peine intentionnel, de mon interlocuteur.
- Moi, désignant un morceau de bois : « Est-ce cela ? »
- Rire...
- Moi, récidivant de nombreuses fois avec la même question que précédemment et en montrant tour à tour du doigt un fragment de bambou, une de mes dents, mes cheveux, un os de mon coude, etc. : « Est-ce cela ? »
- Rire morne et de plus en plus exaspérant à chaque tentative...
- Moi, surtout à l'aide de mimes : « Puis-je découdre le petit sac pour regarder à l'intérieur ? »
- Lui, toujours accompagné d'un rire morne et de plus en plus contrariant : « Non. »
- Moi, autant à l'aide de mimes que de paroles : « Alors fais-moi voir ce qu'ils contiennent ! Va en chercher, et montre-moi ! »
- Rire...
Ainsi, désespérément, il devient évident qu'aucune information ne me sera jamais délivrée au sujet de leur nature profonde. Durant tout ce temps, j'encourage quelques enfants que je sais pouvoir approcher sans crainte à me rejoindre, les prévenant simplement que « Je veux juste regarder ». Toucher ces petits sacs, gestes qui les premières fois me faisaient redouter de violer un interdit ou un tabou, ne pose au contraire aucun problème, et je peux en effet les triturer à loisir sans que cela ne gêne personne. Ainsi, leur consistance et densité peut sensiblement varier de l'un à l'autre. Si je devais tâcher de deviner leur substance à l'aide de cette seule méthode de palpation, et malgré le fait que des réponses toutes négatives m'ont le plus souvent été renvoyées à ce sujet, je dirais qu'ils pourraient contenir parfois quelques minuscules éclats de bois durs taillés, d'autres fois de petits fragments de roches naturelles ou des cristaux quelconques, des débris d'os ou de dents, des reliques animales, morceaux d'écailles, de griffes, de cuirs secs, de carapaces, etc., mais occasionnellement aussi de petits objets plus inconsistants et un peu moins denses, pour lesquels je ne dispose cette fois de strictement aucune hypothèse à formuler. Je suis en revanche quasiment certain qu'ils ne renferment jamais d'éléments métalliques. Mes tout derniers essais d'élucidation de ce mystère se sont limités à quelques tentatives - avortées bien entendu - d'achats d'un ou deux de ces petits "sacs de cou", que j'aurais alors plus tard pu disséquer tout à loisir :
- Moi : « Je veux vous en acheter. Combien ça coûte ? »
- Rires...
POUR CONFECTIONNER LEURS COIFFES et leurs tuniques si impressionnantes - que j'ai toutes deux déjà dépeintes à plusieurs reprises par le passé - les femmes Akha doivent préalablement tisser, à la main, de très longues bandes de coton présentant une largeur d'un demi-mètre environ. Ce sont de lourdes étoffes, épaisses et rêches lorsqu'elles sont encore neuves. J'ai là aussi déjà décrit autrefois le long et fastidieux processus nécessaire à leur élaboration, depuis la culture des plants de cotonniers jusqu'au découpage des toiles et l'assemblage final des vêtements, en passant par les multiples étapes de préparation des fibres naturelles et les interminables phases de tissage. La teinture a lieu après le tissage et avant la découpe des rouleaux de toiles obtenus, à l'origine longs de plusieurs mètres. Cette opération de coloration nécessitant beaucoup d'eau, la saison des pluies s'avère particulièrement propice à l'exécution de ces travaux, même si l'on peut aussi parfois les observer à d'autres moments de l'année. La seule couleur et donc l'unique teinture utilisée est le bleu, plus exactement l'indigo naturel. De pleines brassées de feuilles de l'arbre indigotier (Indigofera tinctoria) sont alors immergées dans des bassines ou des fûts de bois évidés et remplis d'un mélange d'eau et de chaux. Elles y fermentent durant quelques journées. L'eau colorée recueillie est régulièrement filtrée, puis à nouveau chargée de nouvelles brassées de feuilles fraîches jusqu'à obtenir un jus épais, légèrement gras, presque noir, et totalement opaque. En répétant de nombreuses fois ces étapes, les femmes parviennent à produire une véritable pâte de teinture, d'un bleu indigo profond et dense. Aujourd'hui, le fond de la marmite utilisée offrait, après vidange, un indescriptible et fabuleux camaïeu de verts et de bleus métallisés intenses, irisés et étincelants. Les femmes actives à ces tâches en héritent les mains profondément et durablement colorées, une épaisseur les recouvrant comme une seconde peau bleutée, à tel point que cette période est parfois dénommée "la saison des mains bleues".
JE NE PURIFIE PLUS MON EAU, sauf lorsque je me trouve en chemin et que je doive la prélever dans des ruisseaux à l'aspect passablement trouble et douteux. Dans les villages, je bois celle rapportée des sources, plusieurs fois par jour, par les femmes et les enfants, dans d'innombrables pots de bambou ou de plastique terreux dont ils chargent leurs hottes. Car, dans ces endroits reculés, on ne bénéficie plus des rudimentaires fontaines en ciment, pourtant ailleurs de plus en plus fréquemment installées au sein des hameaux les plus aisément accessibles. Ici, le plus souvent, pour rejoindre le point d'eau le plus proche, celui où l'on puise et où l'on se lave, il faut la plupart du temps descendre au fond d'une combe ou d'un ravin, via un sentier escarpé et perpétuellement maintenu dangereusement glissant, même si le temps s'avère sec, en raison des passages incessants des porteurs et des inévitables pertes et ruissellements d'eau qui s'écoulent de leurs hottes. Là, au fond de la combe, se trouve généralement un ruisseau, éventuellement un torrent et dont une partie du flux, surtout s'il présente un débit faible et sans puissance, a parfois été canalisé dans une ou deux goulottes de bambou afin de former un petit jet sous lequel on peut se tenir, au mieux, accroupi. Les séances de toilettes dans ces environnements, souvent sous une averse en cette saison, m'obligent alors à quelques acrobaties, contorsions et numéros d'équilibrisme pour m'assurer de ne pas glisser et choir dans les flaques de boue omniprésentes tout alentour, pour tâcher également de ne pas mouiller mes vêtements secs, de ne pas être aperçu totalement nu, pour réussir aussi à me rhabiller tout en maintenant en permanence d'une main mon grand parapluie protecteur. Enfin désormais propre, il faut encore veiller à ne pas chuter sur le chemin ascendant et glissant du retour. Même si en ces occasions un peu particulières, autant par pudeur que par discrétion, on ne se permet normalement que des coups d'œil rapides et furtifs sur autrui, je sais que mon étonnant corps pâle d'homme occidental est avidement scruté et que certaines ou certains aimeraient en profiter pour pouvoir vérifier enfin quelques fameuses rumeurs qui circulent au sujet de l'anatomie des falangs, des étrangers occidentaux. De mon côté pour revanche, c'est celle des si jolies femmes que je peux avantageusement deviner, en ces instants où elles aspergent d'eau la fine épaisseur de tissu avec laquelle elles tentent de se protéger.
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Quelques photos :
> Bienvenue chez les Akha
> La saison des mains bleues
> The gibbon experience
> Un peu de muntjac ?
> Aurore Akha
> Crépuscule Hmong
> Dross mon amour
> L'attitude yaa fìn
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Où trouverais-tu tes protéines?
Il y a qques siècles en France, les pauvres se nourrissaientt d'animaux sauvages.
En Asie, on mange du chien presque partout.En Chine dans chaque marché ça fend le coeur de voir tous ces chiens attachés destinés à l'abattage.
Mais dans le cas des Akhas de cette région reculée, c'est une question de survie.Et si tu veux passer du temps chez eux tu ne peux pas apporter ton pan bagnat et ta socca pour 40 jours.
Lung.
Franchement, ceux qui vont bouffer les chiens et autres animaux que l'on ne peut pas manger en France, moi je respecte pas.
Et moi, les gens qui ne sont pas capables d'imaginer une seconde la rude vie menée dans ces villages, les terribles carences alimentaires qui y règnent et l'impressionnant taux de mortalité infantile qui en découle, l'immense difficulté d'y élever des animaux (rachitiques) à tel point que l'abattage d'une simple poule (qui sera partagée par dix ou quinze mangeurs) en devient un évènement, qui ne sont pas capables d'imaginer que la moindre source de protéine a son importance et que la chasse y est vitale, etc., etc. etc., et bien ces gens-là je les respecte, mais je les plains.
A +
321
PS. J'espère que tu es végétarien. Dans le cas contraire ton message ne vaut plus rien.
PS2. La viande d'écureuil est excellente, celle de souris aussi, sans parler de celle du porc-épic, de la tortue et du pangolin bien entendu.
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Bah, pas grave. Encore un qui va nous dire que c'est pas bien de manger un chien élevé en liberté, mais qu'il n'y a pas de problème pour manger une poule élevée en batterie.
A +
321
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J'ai marqué "ceux qui vont bouffer", je respecte les locaux qui n'ont pas le choix. Pas les touristes qui font des expériences, ceux la me font vomir.
Pffffff….
Je ne me souviens absolument pas être allé "faire des expériences". Par contre je me souviens avoir atteint des villages accessibles en plusieurs jours de marche. Et dans ces villages, je me souviens d'avoir accepté toutes les nourritures que l'on m'a généreusement proposé, sans jamais faire la fine bouche, sans jamais refuser impoliment, sans jamais faire la morale à mes hôtes en leur faisant comprendre "c'est pas bien ce que vous faites, d'ailleurs vous voyez : moi je ne le fais pas".
Mais bon, comme disait ce cher Léo : "Ce qu'il y a d'emmerdant avec la morale, c'est qu'il s'agit toujours de la morale des autres"…
Understand what I mean ?
A +
321
PS. Bon rétablissement.
PS2. Dans mon message précédent, j'ai oublié de mentionner le rat de bambou et tous les jolis petits zoiseaux colorés de la forêt, des viandes très goûteuses là aussi.
PS3. Tu me fiches la paix maintenant ?
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321, un touriste?
Tu en connais beaucoup comme lui? Partir si longtemps sans logistique.Sans rapporter de reportage bien monté, bien léché. Seulement du vécu, vrai.
Grand amoureux du Laos depuis 40 ans, jamais je n'aurais eu le courage de partir seul dans des des conditions si précaires.C'est pourquoi j'admire ses expériences et qu'il nous les fasse partager.
Evidemment la faune, même protégée a pratiquement disparu du Laos, mais pas pour en faire un business comme en Thailande.Pour que ces peuples puissent continuer à survivre dans leur milieu naturel.
Lung.
"content" que tu soit parti cette fois-ci en saison des pluies, certainement mois facile, mais si belle...
Et cette envie de chaussures de foot??? Tu n'as pas essayé?
Ha ha, non, je n'ai finalement pas osé pour les godasses de foot car j'ai pensé qu'elles seraient plus une gêne qu'autre chose (pas adaptées aux sols trop durs ou caillouteux, dangereuses en traversées des torrents, etc.).
J'avais cette fois une bonne paire de trail. Excellente adhérence sur tous terrains, séchage en quelques minutes après les gués ou la pluie, légères et confortables comme des pantoufles !
A +
321
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J'avais cette fois une bonne paire de trail. Excellente adhérence sur tous terrains, séchage en quelques minutes après les gués ou la pluie, légères et confortables comme des pantoufles !
321
Comme des pantoufles ? si c'était possible de connaître son petit nom à cette paire de trail...
Quand je relis ces extraits je me dis qu'effectivement tu as du te sentir bien perdu en Indonésie... Mille fois plus peuplé et développé à part peut-être au coeur de Bornéo ou de la Papouasie... Tu as d'autres projets en cours? Tu te sentirais toujours d'attaque pour repartir 40 jours à pied dans ces conditions?? Avec l'âge je trouve qu'on se fait moins brave, moins résistant... Maintenant 10 jours à dormir par terre dans des cabanes et à bouffer du riz blanc et des feuilles bouillies ça m'épuise...
Et au fait, le varan, tu en as fait quoi???
Tu te sentirais toujours d'attaque pour repartir 40 jours à pied dans ces conditions??
En fait j'en reviens tout juste, c'était en juillet dernier, durant un peu plus de 30 jours cette fois. Et je suis bien d'accord, dormir sur des planches et manger du riz, et pas grand-chose d'autre, pendant tout ce temps, ça devient de plus en plus fatigant. Figure-toi que là-bas je perds à chaque fois presque 10% de mon poids en un mois. Si tu savais les fantasmes fringaleux sordides qui m'obsèdent certains jours, et qui s'évaporent bien sûr dès que je suis de retour "en ville" (je dis pas "à la civilisation", faut pas déconner). D'ailleurs cette fois-ci j'ai voulu me surveiller un peu et je me suis mis à acheter aux villageois une poule à chaque fois que c'était possible (il n'y en a pas une à vendre tous les jours !). Mais une fois plumées elles sont minuscules, sans compter qu'il faut se la partager entre 10 et 15 affamés. Autant dire qu'il n'en reste jamais un seul os à ronger pour le petit déjeuner du lendemain...
Sur un même niveau d'inconfort épuisant au quotidien que dormir sur les planches, je rajouterais les minuscules "tabourets-bûches" ; c'est comme ça que je les appelle et ce sont parfois les seules assises disponibles dans certaines maisons : des blocs de bois dur à peine dégrossis et pas plus hauts que douze centimètres environ, qui te placent en position presque accroupie, les genoux sous le menton. Et on y passe des heures là-dessus.
M’enfin, tout ça reste (pour l'instant) secondaire pour moi face à la curiosité, l’étonnement et la fascination qui continuent à m’attirer comme un aimant dans ces endroits. Et puis je sais que ces mondes vivent leurs toutes dernières années, alors je reste heureux de pouvoir encore «"en profiter"» (les susceptibles remarqueront les doubles guillemets) un peu.
A +
321
PS.
- Le varan, je l’ai rapporté dans ma famille d’accueil de ce jour-là, et on l’a mangé pardi ! (note spéciale pour Ptilivier : cette viande est peu intéressante, ça ressemble au serpent trop âgé...).
- Ça ne m’étonne pas que tu aies aimé le passage du contrôle, quand on connait ton affection légendaire pour les policiers asiatiques (pour ta culture générale : ceux du Laos ne sont jamais ni gros ni moustachus, mais question fourberie et corruption, ils doivent valoir les Indos, ou presque).
- Non, pas d’autres projets de départ pour le moment (je pense que je vais être coincé en France pendant pas mal de temps, je t’en dirai plus à l’occasion).
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Bonjour 321, c'est avec grand plaisir que j'ai lu ton récit.C'est la premiere fois que je viens sur VF LAOS car je compte m'y rendre en novembre.Mais pour commençer, je pense aller dans des endroits moins reculés pour avoir une première approche(en+ je ne suis pas sur du tout d'etre capable de faire ce que tu as fait).J'ai fait plusieurs sejours en thailande(nord au sud en passant par l'issan).Peux tu me confirmer que le thai parlé en issan est proche du lao?Bonne continuation.
Ils ne savaient pas que c'était impossible….alors ils l'ont fait !!
En fait j'en reviens tout juste, c'était en juillet dernier, durant un peu plus de 30 jours cette fois.
Alors ces chroniques sont-elles également tirées de ton dernier voyage ? A lire la présentation on n'a pas l'impression... Tu es parti dans quel coin cette fois-ci?
Et je suis bien d'accord, dormir sur des planches et manger du riz, et pas grand-chose d'autre, pendant tout ce temps, ça devient de plus en plus fatigant. Figure-toi que là-bas je perds à chaque fois presque 10% de mon poids en un mois.
Idem à Bornéo et même pas besoin d'aller dans la jungle. Au bled ça suffit. Première dysentrie et hop 7 - 8 kilos en moins en une semaine.
Si tu savais les fantasmes fringaleux sordides qui m'obsèdent certains jours, et qui s'évaporent bien sûr dès que je suis de retour "en ville" (je dis pas "à la civilisation", faut pas déconner).
Fantasmes d'isolement aussi non? Ce qui m'a pesé la dernière fois c'est de n'avoir aucune intimité pendant dix jours... Fantasmes érotiques aussi , vu tes allusion aux jolies épouses de tes hôtes cela avait l'air de te travailler ah ah 😛
Sur un même niveau d'inconfort épuisant au quotidien que dormir sur les planches, je rajouterais les minuscules "tabourets-bûches" ; c'est comme ça que je les appelle et ce sont parfois les seules assises disponibles dans certaines maisons : des blocs de bois dur à peine dégrossis et pas plus hauts que douze centimètres environ, qui te placent en position presque accroupie, les genoux sous le menton. Et on y passe des heures là-dessus.
Je croyais que dans toute l'Asie c'était comme en Indonésie, qu'on s'asseyait par terre!
M’enfin, tout ça reste (pour l'instant) secondaire pour moi face à la curiosité, l’étonnement et la fascination qui continuent à m’attirer comme un aimant dans ces endroits. Et puis je sais que ces mondes vivent leurs toutes dernières années, alors je reste heureux de pouvoir encore «"en profiter"» (les susceptibles remarqueront les doubles guillemets) un peu.
Par quoi sont-ils menacés? Tu parles villages à des jours et des jours de marche de la civilisation, sans réseau, inaccessibles aux compagnies forestières et aux véhicules motorisés... Tu n'as pas dit non plus pourquoi tu n'aimais pas séjourner dans cette troisième ethnie dont j'ai oublié le nom...
Le varan, je l’ai rapporté dans ma famille d’accueil de ce jour-là, et on l’a mangé pardi ! (note spéciale pour Ptilivier : cette viande est peu intéressante, ça ressemble au serpent trop âgé...).
La viande de python est au-delà de tout, mais vu que cet animal est menacé et magnifique, je n'en cherche plus, idem pour la viande de chien, j'en mange si vraiment je ne peux pas refuser et ça fait 10 ans que ça ne m'est pas arrivé : de ne pas pouvoir refuser. Le singe j'ai jamais voulu, j'ai toujours fait comprendre à mes hôtes que cela ressemblait trop à un humain... Enfin Lung et toi avez tout dit à propos de ce débat...
Ça ne m’étonne pas que tu aies aimé le passage du contrôle, quand on connait ton affection légendaire pour les policiers asiatiques (pour ta culture générale : ceux du Laos ne sont jamais ni gros ni moustachus, mais question fourberie et corruption, ils doivent valoir les Indos, ou presque).
J'adore l'idée que quelque part au Laos il y a un formulaire de police qui porte la trace d'une visite de Pasqua!!!
Alors ces chroniques sont-elles également tirées de ton dernier voyage ? A lire la présentation on n'a pas l'impression... Tu es parti dans quel coin cette fois-ci?
Oui, ces notes ne concernent QUE mon dernier séjour de juillet dernier. J'ai mis une carte du coin visité dans le tout premier post.
Fantasmes d'isolement aussi non? Ce qui m'a pesé la dernière fois c'est de n'avoir aucune intimité pendant dix jours...
Cela ne me pèse finalement pas trop car justement, ce que j'aime surtout, c'est être le plus souvent possible en la compagnie des villageois, pour pouvoir observer les multiples aspects de leurs activités traditionnelles.
Point de vue intimité, c'est vrai que je ne serai jamais laissé seul dans une maison par exemple, et que tous mes gestes et allers-venues y sont observés en permanence. Mais enfin, globalement, on m'y fiche quand-même une paix royale, du moins une fois passés la surprise et l'étonnement des premières heures. Et puis il faut peut-être dire que, dans l'ensemble, les Lao sont bien moins collants que les Indos ; et mes montagnards encore moins que les Lao, puisqu'ils ont encore tellement peu d'expérience du contact avec les occidentaux.
Alors finalement, je crois que dans mon cas le problème de l'isolement est d'un autre ordre, du fait de ne pas pouvoir tenir une seule "conversation à l'occidentale" pendant plusieurs semaines, de ne pas pouvoir échanger des impressions et de "vraies" idées, en tout cas d'une portée plus haute que celles, misérables, que les pauv' bouts de conversion que je suis capable d'entretenir sur place ne me le permettent.
Je croyais que dans toute l'Asie c'était comme en Indonésie, qu'on s'asseyait par terre!
Effectivement, les Lao s'assoient toujours par terre (en tout cas dans le cadre domestique), mais ce n'est jamais le cas des minorités montagnardes du nord.
Je pense qu'il faut d'abord simplement y voir une raison pratique et hygiénique : le sol des maisons des ethnies "chinoisantes" (Hmong, Yao, Hô, etc.) est généralement en terre battue, et même si celui des maisons des ethnies "tibéto-birmanes" (Akha, Hanyi, Lolo, etc.), construites sur pilotis, est donc fait de planches de bois, les lieux de réunion (donc là où l'on s'assoit) servent aussi à un tas d'autres activités plus ou moins salissantes.
Mais j'ai aussi comme un bout d'impression que ces populations entretiennent un rapport "ésotérique" ('tain, je trouve pas le bon mot) particulier avec le sol, qui ferait que ce n'est pas bon de s'y asseoir. Mais je ne suis pas encore capable d'y voir bien clair avec cette idée, et donc encore moins de la formuler, sans compter que je me plante peut-être totalement. Mais pour simple exemple, il faut voir avec quel empressement mes hôtes s'empareront à chaque fois de mon sac si j'ai la mauvaise idée de le déposer au sol (ils en ont même généralement la mine toute déconfite de me voir agir ainsi), pour immédiatement le replacer sur un support surélevé quelconque.
M’enfin, tout ça reste (pour l'instant) secondaire pour moi face à la curiosité, l’étonnement et la fascination qui continuent à m’attirer comme un aimant dans ces endroits. Et puis je sais que ces mondes vivent leurs toutes dernières années, alors je reste heureux de pouvoir encore «"en profiter"» (les susceptibles remarqueront les doubles guillemets) un peu.
Par quoi sont-ils menacés? Tu parles villages à des jours et des jours de marche de la civilisation, sans réseau, inaccessibles aux compagnies forestières et aux véhicules motorisés...
En disant que "ces mondes vivent leurs toutes dernières années", je n'y vois pas forcément de menace, surtout pas du point de vue des populations concernées (et il n'y a que ça qui compte vraiment, n'est-ce-pas) qui vont bénéficier de développements qui leur sont absolument indispensables et même de manière urgente (santé, éducation, techniques agricoles, économie, etc.).
Non, je voulais simplement parler de tout l'aspect traditionnel (qui est finalement le grand truc qui m'attire là-bas), et de ces pans culturels entiers qui vont être anéantis sans tarder (m'enfin, c'est le processus qui se produit inévitablement partout dans le monde, on va pas le refaire !) : dialectes, artisanats innombrables, croyances animistes, chamanisme, relation à l'environnement forestier, usage "culturel" de opium, multi-ethnicité sidérante sur de si petits territoires, assolement et polyculture, etc. etc.
Menacés par quoi ? Oui, il reste ces quelques derniers villages encore très isolés. Mais ça y est, cette fois j'ai bien vu et compris que cela va désormais très-très vite changer. Le développement d'infrastructures et tout ce qui en découle va s'accélérer. Toutes proportions gardées, ça construit maintenant à tout va, juste à la périphérie de ces zones (routes, barrages, ponts, etc.), et leur désenclavement va donc se faire très rapidement, c'est sûr. Je suis presque certain que c'est la dernière fois que j'ai pu apercevoir des villages encore entièrement construits seulement de bois, de bambou et de feuillages, donc sans le moindre apport de matériaux manufacturés extérieurs.
Tu n'as pas dit non plus pourquoi tu n'aimais pas séjourner dans cette troisième ethnie dont j'ai oublié le nom...
Au 33ème paragraphe (celui qui commence par " CHEZ LES LAO LOUM") ! Mais pour résumer : ces ethnies en question sont bien plus "laocisées" et donc bien plus administrées que mes montagnards. Alors, dans ce pays resté fondamentalement communiste, dans ses campagnes surtout, ma présence dans ces villages est souvent l'objet de suspicions diverses et le climat qui en découle n'est jamais sain, parfois même assez oppressant.
Alors que mes montagnards, de par leur fort désir d'indépendance et d'autonomie vis-à-vis de toute autorité, ils me fichent la paix et surtout ne me craignent pas.
A +
321
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Bonjour 321, c'est avec grand plaisir que j'ai lu ton récit.C'est la premiere fois que je viens sur VF LAOS car je compte m'y rendre en novembre.Mais pour commençer, je pense aller dans des endroits moins reculés pour avoir une première approche(en+ je ne suis pas sur du tout d'etre capable de faire ce que tu as fait).J'ai fait plusieurs sejours en thailande(nord au sud en passant par l'issan).Peux tu me confirmer que le thai parlé en issan est proche du lao?Bonne continuation.
Salut,
Tu sais, la Thaïlande, ça fait 13 ans que je n'y ai pas mis les pieds, et en réalité elle ne m'intéresse pas beaucoup... Pour ta question, je peux te dire que les Lao n'ont aucun problème de compréhension pour pouvoir regarder la télé thaï, puisqu'ils ne regardent d'ailleurs qu'elle...
Mais oui, il est évident que les deux langues sont très proches. Quant au "parlé issan", il est apparemment quasiment similaire au lao (cette région fût lao autrefois !).
A ce propos je me souviens d'un jour, à Bangkok je crois, où j'avais essayé de baragouiner mes trois mots de lao et mes interlocuteurs Thaï m'avaient immédiatement repris avec un franc dédain : ils me reprochaient de parler... issan. Ça faisait très péquenot apparemment...
A +
321
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Bonjour 321,
Formidable, passionnant, et très bien écrit.
Peut-être écrirez-vous un livre avec tous ces récits ?
En tout cas, merci de nous transporter dans ce monde qui n'est pas près de voir une caméra de télé, ..et heureusement.
Franchement, ceux qui vont bouffer les chiens et autres animaux que l'on ne peut pas manger en France, moi je respecte pas.
Bien non, au contraire manger du chien pourquoi pas, il y en a tellement. Même trop !
Ce qui est plus grave ou inquiétant c'est de consommer de la viande provenant d'espèces menacées et dont le nombre de spécimen qui était déjà faible au départ décline inéluctablement. (en cause : densité humaine, perte de l’habitat primaire, reproduction difficile)
Certes bcp de choses sont comestibles dans la jungle et depuis fort longtemps pour ces ethnies du Laos. Ethnies très proches d’une nature très riche et très généreuse mais qui commence malheureusement à montrer ses limites.
Après pour faire une remarque et sans remettre en cause leur mode de vie et leur mode alimentaire (peuplades qui n’ont pas forcément tout les éléments pour prendre conscience de la situation), je me pose souvent cette question : d’où vient cette habitude (usage) de croire que tout ce qui vit dans la jungle (plus généralement sur terre) est là pour nourrir l’homme? Qu’il est prioritaire ? Qu’il suffit de se servir ? Certaines pratiques comme par exemple manger un singe ou oiseau d’une grande rareté juste parce qu’il est censé apporter la force ou je ne sais quoi et sans parler de son rendement protéinique (faible ?) pour des personnes affamées, ne devrait plus être autorisé même si cela va à l’encontre des mœurs ou des coutumes des populations. Bien sur cela s’entend pour des espèces proches de l’extinction. Si l’on met tjrs l’accent sur la famine et les difficultés d’alimentation dans ces contrés alors c’est sur, on trouvera tjrs un bon prétexte pour décimer des populations déjà fragilisées.
Il n’empêche je pense qu’il existe assez de denrées sur terre pour substituer ce type d’aliment mais personne ne veut initier une gestion durable de la faune de la flore en accord avec le mode de vie de ces ethnies. Car cela signifie évolution, ingérence et donc impact profond de leur mode vie et tout cela juste pour préserver quelques espèces ?
Mais alors oui il ne restera à la fin que du chien pour les repas et à vrai dire peu importe. Les exemples du passé se répètent.
Les causes sont souvent les mêmes mais il est bien dommage que la nature, sa diversité et sa richesse deviennent un facteur d’ajustement.
Enfin je pense que certaines habitudes alimentaires ressemble plus à du gaspillage au regard des dommages latents induits comparés au faible gain énergétique reçu.
Enfin facile à dire quand on n’a pas le ventre vide.
à 321 ,
Une question me reviens souvent :
Comment avez-vous appris le Lao ? Sur le tas , dans une famille en France , par des connaissances sur place , ... ?
Ok super meGA respect !!!! i prostrate !!! j'ai bien qq anecdotes à l'arrache, ah quand la passion l'emporte sur la raison, mais là ça s'apparente plus à un stage de survie en milieu apparemment bien hostile ! Et tout ça conté sous une plume agréable bien que l'on sent qu'elle a du puiser dans ses réserves de testostérone !
Je me permet d'intervenir car je prépare un petit voyage Thailand, laos, camboge Vietnam entre janvier et juin, j'en suis qu'à mes débuts et m'efforce de glaner des informations sur des treks, randos, trip à faire à pied dans ces pays. Evidemment pour des raisons de budget et de confort personnel je m'interdit toutes agences, guides, porteurs ou exceptionnellement une fois sur place, comme ça m'est déjà arrivé parce que je n'avais nul part où dormir ou de carte et que je voulais arriver à un point vraiment précis, que seul un local bien intentionné et pas complètement hermétique à l'idée de se faire un peu d'argent pouvait me guider...
Ok vous l'aurez compris je recherche de bonnes balades d'un à plusieurs jours à faire au Laos, pas non plus en mode stage commando, aussi parce cette fois je serais avec ma chérie, sportive parceque prof de sport et testée sur terrain au nepal 10 jours en fevrier... mais végétarienne depuis 9 ans donc le chien et le singe...
Voilà si vous avez un peu de temps sur vos carnets de route à me concéder je vous en remercie d'avance
« Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie », écrivait Lama rtine.
Merci...de nous faire partager cette authenticité, cette humanité.
Amoureuse du Laos mais cantonnée à la "civilisation" lors de mon séjour de plusieurs mois, je suis admirative et rêveuse.
Continue de nous faire rêver!
bonjour,
ce sont vos récits qui m'ont poussé à aller découvrir le nord Laos il y a 2 ans, la qualité de ceux-cis et les informations qu'ils contiennent sont pour moi sans égal sur ce site .Je n'ai hélas pas eu assez de temps pour aller jusqu'à Phonsaly et y rester, j'y ai fait un "tour" global (et plus facile ) entre Luan Nam Tha, Luang Prabang, Phonsavan , Sam Neua et Nong Kiaw..
Dans l'espoir de livrer peut être moi aussi quelque chose qui donnera cette envie aux lecteurs, je vous adresse un merci sincère.
puissiez vous continuer.
Bonjour 321,
Je pars seul Le 17 Octobre pour quelques jours à Bangkok ou je vais voir un vieux pote qui s'occupe d'une ONG et ensuite je pars au laos pour 3 à 4 semaines. Cette fois j'aimerais passer la frontiere vers chiang rai et rester dans le nord et me perdre un peu hors des sentiers battus pour essayer de partager un peu de temps avec les gens dans les villages. Comment fais tu pour loger sur place, tu demandes ou tu attends qu'on te le propose ? Comment tu dédommages les gens qui t'accueillent? Sinon comment tu fais, tu campes?
Voilà pour les questions d'intendance, maintenant je voudrais savoir comment tu fais pour décider d'aller là plutôt qu'ailleurs, moi je suis un bon marcheur (quelques marathons quand j'était plus jeune), et comme je te l'ai dis dans un précédent message j'ai déjà donné dans des situations très précaires et donc pas peur de grand chose. As-tu quelques suggestions d'endroits ou d'itinéraires qui pourraient satisfaire un curieux?
j'ai lu et relu tous tes carnets de routes que je trouvent vraiment supers au détail près qu'on aimerait vraiment en savoir un peu plus sur toi.
Quelque soit ta réponse ou pas de réponse d'ailleurs, merci pour le partage de tes voyages.
Sincèrement.
Salut Monsieur.
Beau compte rendu d'un sacré trip, je lirai surement les autres dès que possible.
Franchement faire des longues marches en forêt pour arriver demander l'hospitalité dans un de ces petits villages et se détendre les muscles en fumant des pipes avec ses hôtes (l'opium c'est en outre bien pratique pour s'accommoder de conditions aussi spartiates isn't it?)c'est sympathique comme programme. Puisse tu en faire encore plein d'autres du même tonneau.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants,
les morts, et ceux qui vont sur la mer.
Aristote (parait il)
Une question me reviens souvent :
Comment avez-vous appris le Lao ? Sur le tas , dans une famille en France , par des connaissances sur place , ... ?
Salut Oakops,
Comme je le disais ailleurs, je crois que j'ai beaucoup induit les lecteurs en erreur... En réalité je parle très très peu lao. Je n'ai acquis que le vocabulaire minimum, mais "vital" et indispensable (pour s’orienter, pour demander son chemin et donc pouvoir se déplacer seul, pour solliciter nourriture et hébergement, pour se présenter, pour rassurer et apaiser les craintes et soupçons des villageois, etc.). Et encore, je n'ai fait qu'accumuler un peu de vocabulaire et je ne sais même pas construire des phrases...
Malheureusement je me contente de ces acquis et fais très peu d'efforts supplémentaires. Les raisons ? La fainéantise avant tout, devant la difficulté et la complexité de la tâche. Mais il est aussi très difficile de faire des progrès en lao parmi les minorités des villages isolés : parce que, dans leurs conversations quotidiennes, elles n'utilisent que leurs dialectes, et parce que, pour certaines d'entre elles, les Akha notamment, lorsqu'elles parlent lao c'est avec un accent et une prononciation "à coucher dehors" (syllabes hachées, etc.).
A +
321
200 jours à pied,
seul, sans guide,
aux confins du Laos : CLIC
je recherche de bonnes balades d'un à plusieurs jours à faire au Laos,
À mon goût, toutes les régions du Laos, à partir du moment où elles sont montagneuses, se prêtent idéalement aux balades. Difficile de conseiller des coins en dehors de ceux cités dans les guides papier, puisqu’il n’y existe jamais de cartes exploitables pour la randonnée et qu’il faut totalement se débrouiller seul parmi des populations qui ne parlent, le plus souvent, pas un seul mot d’anglais.
La seule méthode est alors « l’expérimentation » : tester des chemins qui semblent mener à des villages, et donc ne pas craindre de « perdre certaines journées à se perdre », etc. Une condition est alors d’avoir beaucoup de temps disponible. Une autre condition est aussi de connaître quelques mots de lao qui seront nécessaires, voire indispensables, pour s’orienter, pour demander son chemin et donc pouvoir se déplacer seul, pour solliciter nourriture et hébergement, pour se présenter, pour rassurer et apaiser les craintes et soupçons des villageois, etc.
Si c’est la première fois que tu te rends au Laos et que tu veux éviter les cirques galvaudés tels Muang Sing, je te conseillerais peut-être la région de Muang Khoua (voir le message n° 8).
A +
321
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Comment fais tu pour loger sur place, tu demandes ou tu attends qu'on te le propose ?
Je demande, ça me permet de choisir moi-même mes familles d'accueil !
Comment tu dédommages les gens qui t'accueillent?
En essayant d'assouvir leur vive et insatiable curiosité, en essayant de les divertir et de les faire rire, en jouant beaucoup avec les gamins (même si parfois : y'en a marre !). Et, accessoirement, avec un peu de monnaie, lorsqu'ils l'acceptent.
Sinon comment tu fais, tu campes?
Camper dans ces environnements, moi jamais ! Trop de bébêtes ! On en a aussi parlé ici.
maintenant je voudrais savoir comment tu fais pour décider d'aller là plutôt qu'ailleurs,
Je regarde l’atlas, et j’y repère les zones montagneuses les moins desservies (ou mieux, pas desservies du tout) par des pistes carrossables. Et puisque par ailleurs je commence un peu à comprendre les "répartitions géographico-ethniques" du pays, alors je fais un mix de tout ça.
As-tu quelques suggestions d'endroits ou d'itinéraires qui pourraient satisfaire un curieux?
Regarde le lien « Muang Khoua » donné dans ma réponse ci-dessus à Tenzin’.
A +
321
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L'opium ? Boh, c’est loin d’être ma préoccupation principale dans ces lieux. Mais je reconnais que je suis fasciné par les rites, les usages et les trafics qui l'entourent. Et j’ai aussi pour principe de ne jamais refuser les offres qui m’y sont faites, qu’elles soient alimentaires (au grand dam de Ptilivier...), ou autres.
A +
321
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Merci pour tes réponses pleines de bon sens. Je vais m'enfoncer doucement dans le nord et faire au fur et à mesure.
Je ne manquerais pas de faire un compte rendu de mes pérégrinations dès mon retour.
Peut être J'oserai encore te poser une ou deux questions avant mon départ.
En tout les cas je te remercie du temps que tu prends pour répondre à nos questions et à nous faire partager tes voyages.
Très cordialement.
Salut 321 ,
Je suis toujours dans la préparation de mon voyage et je voudrais savoir comment tu fais pour aller de Luang Nam Tha à Phongsali.
Une fois à Phongsali qu'est ce que tu me conseilles ?
Amicalement.
Erick.
Merci pour tes récits, que j'ai lus et relus plusieurs fois. Je reste particulièrement fasciné par les pages liées aux Hanyi, pendant le voyage de 2009. Cette population reste pour moi très mystérieuse, et je me demandais donc si tu n'avais pas des photos d'eux, notamment des villages, costumes... Je ne trouve à leur sujet que de très maigres informations, et aucune image probante ni sur le net, ni dans les bouquins...
Autre chose : je me suis souvent questionné par rapport aux noms des villages dont tu parles. Ayant scruté Google Earth pour me rendre compte de la topographie des contrées que tu as parcourues, je suis tombé sur des noms de villages placés plus ou moins aléatoirement sur la carte dans la zone située au Nord-Est d'Ou Tai, mais aucun de ces noms ne correspond ni même ne ressemble à ceux que tu donnes. Google Earth donne par exemple Tapousau, Kin Chou Lin, Thong Pa Mai, Cao Ho, Ka To Chai, Kungchi, là où il ne semble pas y avoir d'autres villages en vue que ceux dont tu parles... Il y a bien un Sin Chay quelque part, mais il ne m'a pas l'air d'être le Sinchay Khong des Hanyi dont tu parlais. Sur quoi te bases-tu, et surtout comment recoupes-tu les informations?
Merci d'avance pour le complément d'information !
Bien à toi.
Nicolas
Je ne suis plus retourné dans la région de Luang Nam Tha depuis 2003. Mais je suppose qu'il faut toujours passer par Oudomxaï pour rejoindre Phongsaly.
A +
321
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Merci pour ta réponse 321 😎 , j'aimerais savoir si tu prends un anti palu lors de tes pérégrinations sauvages dans un des pays les plus exposé au monde. Je sais que c'est une éternelle question maintes fois débattue mais c'est si cher et avec des effets secondaires possibles donc... personnellement qu'en penses tu ? 😇
« Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie », écrivait Lama rtine.
J'ai hésité à poster ces carnets de voyage. Le but étant de partager avec amis et famille, faire rêver, interpeller et surtout partager. Je pars régulièrement…
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Carnets de voyage › Thaïlande / Laos · 111 replies
Cela fait quelques temps que je pèse le pour et le contre de commettre sur le forum certaines de mes aventures. Vont-elles intéresser quelqu’ un? Ne vont-elles…
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
January 2026
Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would actually interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few "Are you going to write a journal?" requests and especially the renewed pleasure from reading other travelers’ travel journals about Japan or elsewhere on this forum or elsewhere, I’ve decided to share this 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute this year, as usual.
I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination, even without concrete plans. Finding a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After long hesitations between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The tickets are booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s still better than in 2023.
We leave in 2 weeks!! Now it’s just a matter of getting everything ready!
Intense work ahead in these 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or taking time to revisit beloved spots...
decide how much time to spend in each selected area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot as we go, but last year, we noticed that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—even if it means keeping a few options open while we decide or see if better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—and whether we’ll be stuck in non-stop rain???
What a tough job, right? Traveling to Japan for a month—such a hard life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight tickets, there were only a few seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the outbound flight, we’ve got the middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s almost time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient or maybe set an alert...
Before Our Departure
Preparing for this trip started 9 months before our departure in June. For those planning a similar itinerary, it’s important to book accommodations well in advance, especially in the Okavango and Savuti campsites—otherwise, you might not find any availability.
Introduction
After visiting Zambia three years ago and Namibia and western Botswana a year and a half ago, this year we chose Zimbabwe (Hwange NP) and the northern half of Botswana.
Our flight from Paris was to Victoria Falls with Ethiopian Airlines, with a layover in Addis Ababa. We rented a 4x4 from Bushlore in Kasane, complete with two rooftop tents since there are four of us on this adventure. Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4 and, most importantly, gave us a rundown of the vehicle and its equipment. Pay close attention to what they tell you—it could be crucial if something goes wrong, as it did for us during the trip.
Our Itinerary
We arrived on June 12th at noon. At Victoria Falls Airport, we got our double-entry visa right away—I’d already pre-booked it online on the site https://www.evisa.gov.zw/.
Since our vehicle was in Botswana, we had to cross the border from Victoria Falls into Botswana for the first time.
The next morning, Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4. After completing the formalities, we headed toward Zimbabwe and the town of Victoria Falls.
We woke up early the next morning to be at Victoria Falls at sunrise. The scenery was stunning, but since it was the start of the dry season, the Zambezi was still high, so the falls had a strong flow. This made it hard to fully appreciate their beauty.
In the early afternoon, we left for Hwange NP, where we stayed for 4 days. Two days at Gwango campsite near Dete, followed by two days at Robins Camp. We expected to see more animals at Robins, but that wasn’t the case. In Hwange, we didn’t spot any predators, but we did see plenty of mammals (buffalo, elephants, giraffes, zebras, and antelopes).
After a few days in Zimbabwe, we crossed back into Botswana at Pandamatenga. We stopped at Nata Lodge for a good night’s rest—driving on the dirt roads is exhausting.
We left Nata and headed toward Nxai Pan. The road was sandy but manageable. We made a small detour to admire some beautiful baobabs at "Baines Baobabs." Then we continued to our campsite, Nxai Pan South Camp. Keep in mind that many campsites in Botswana aren’t fenced (except for the shower/toilet areas), so animals can roam freely within the camp. Take precautions, especially after dark.
After our stop in Nxai Pan, we headed to Maun. We decided to break our journey in Maun before heading to Moremi and the Okavango Delta for three reasons: first, we needed to stock up on supplies and fuel for the next 5 days; second, our fridge had broken (luckily, Bushlore has a branch in Maun); and third, the drive from Nxai to our camp in Xakanaxa in the delta would’ve taken too long. I always avoid driving after dark.
We arrived at our Xakanaxa camp on June 21st in the early afternoon. Not wanting to waste time, we booked a boat ride on the Okavango Delta, leaving at 4:00 PM for a 2-hour sunset cruise. For those interested, to the right of the Xakanaxa X1 site, there’s a sign for boat rides. The organizer is very professional and offers prices that are nothing like those of the lodges.
It was a beautiful ride through the delta with a stunning sunset. Being on a boat is much more relaxing than driving on the dirt roads. That didn’t stop us from doing self-drive safaris the next morning and late afternoon, though.
Then came the time to leave the delta and head toward Savuti, a much drier region. And that’s when the toughest part of our trip began. First, we decided to go up via Khwai. The rainy season was over, but the area was still marshy. We had to cross a few small water patches, testing the depth to make sure we could get through. Luckily, a sign on the road pointed us toward a drier route. We reached Khwai without any issues, but then we made a major mistake. Instead of taking the main track toward Mababe Gate to reach Savuti Camp, we took a straight path north and then a right turn to get to our camp. Bad call—we got stuck in the sand, with one rear wheel buried halfway and a front wheel off the ground. We were genuinely scared we wouldn’t get out, especially since we were on a deserted track, 20 kilometers from our destination, with night falling in two hours. This is where paying attention to the vehicle instructions really paid off—we had to use the jack to get out of the mess. The result: we arrived at Savuti campsite just before dark (Distance: 146.3 km, Duration: 9 hours, 56 minutes, and 3 seconds, Average speed: 14.7 km/h, tracked with Osmand). At reception, the staff couldn’t understand how we’d gotten there—we hadn’t passed through any of Savuti’s reserve entry gates.
The next morning, no one felt like driving, so we did a game drive with a guide. I don’t know if it was some kind of reward, but the outing was amazing. We saw three lions and, best of all, a pack of African wild dogs that we had time to admire and photograph. The next day, we did a short self-drive and found one of the lions from the day before drinking at a waterhole. That was the end of our Savuti adventure.
Now we’re heading to Kasane. We returned our vehicle and settled in for our last two nights there. The next morning, since we no longer had a car, we decided to do one last early-morning game drive in Chobe NP. It turned out great—we followed two brother lions and saw plenty of other mammals. The only downside of Chobe is the number of tourists, which was a change from the other parks we’d visited. That said, we’re tourists too, so...
In the evening, we took one last boat ride on the Chobe River to end on a high note with a beautiful sunset.
After a good night’s sleep and plenty of wonderful memories, landscapes, animals, and emotions, it was time to leave. We left early in the morning with the same taxi company as before to cross the border into Zimbabwe one last time and head to the airport, where we took off to return to France.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
Bonjour,
De retour sur le forum - et première rédaction d'un espèce de carnet de retour de notre 4ème voyage en Indo.
Contexte : une trentaine de jours, en scooter et en duo, sur Florès (et une petite incursion dans l'archipel de Solor, plus précisément à Lembata (chut, faut pas trop en parler !!!), qui donne envie d'en faire beaucoup plus là bas malgré les infrastructures sporadiques), en partie dans des destinations déjà bien connues du forum (la classique Ruteng / Bajawa / Riung / Moni voir baie de Maumere) ... et qui ne parlera pas du PN de Komodo ou de Wae Rebo, puisque nous n'y sommes pas allés 🏴☠️.
Texte en anglais (issu d'une autre plateforme). Sans nul doute, des traducteurs intelligents ou pas marcheront à merveille en cas d'anglophobie 🤪.
Disponible à toute fin utile pour des détails ou infos.
Equippement : Yam' Nmax 155 ; 2x saccoches cavalières (25L) + sac de selle (30L) + saccoche tunnel (15L pour le matos photo) ; casques et vêtements d'enduro amenés depuis la France.
Itinéraire : boucle depuis Labuan bajo jusqu'à Pulau Lembata ; juillet-août 2026
Road conditions graded from A (excellent) to D (very bad, at least for a Scooter… a CRF/KLX or even honda ADV would do better on that)
D1 : Labuan Bajo – Reok via Ranggoe, Rego & Tagol (130km ; 5hrs). Section LBajo – Rego (90 km ; B) is quite good tarmac, despite a lot of elevation with many small valleys and passes. Rego – Tagol (10km ; D) is a stone road (not gravel), some ascents & very poor condition ; necessary to lower tyre pressure. Tagol – Reok port (22km, quality depends considerably from D to B). Reok port – Towncenter : B. Night @Iffah Homestay (100k for fan room, mandi attached, no breakfast), simple but clean. Notes : path to danau Sano Limbung was closed ; access to Tiwu Pai & Wae Kuli (waterfalls) not permitted in july 2026.
D2 : Reok – Riung via Pota (105km ; 3h-3h30). The road is very narrow in some part, thanks to the uncut bushes (lowering visibility hence extra caution as animals/people can suddenly appear in a turn…) but generally good condition except many eroded sections and some unpaved ones. Grade C/B. 2 nights @Mentos (285k for AC room)
D3 : Boat tour in Riung (booked directly with a captain, 800k for two for private boat incl. lunch and NP fees) + sunset from Watu Mitong Riung (should not be missed).
D4 : Riung – Muku Saki via Mbay (around 100km ; 3h30). Quality varies from A in the vicinity of Mbay to eroded sections (C) in secluded places. Night @Sao Paolo Homestay (250k for fan room with mandi, maybe overpriced but nice house and great food). Note : if you happen to pass by Mbay on Saturday, the market is well worth a stop (cheapest Ikat on the trip : you’ll be asked normal prices providing you’re OK in Bahasa…)
D5 : Muku Saki – Tanjung Kajuwulu (near Ndete) (90km, 3h). Many patholes, eroded (C). Night at Déjà Vu Homestay (220k for a matress on the floor & outside mandi/toilets ; I woud define this as a tourist trap – the quote we had for food was double priced too…)
D6 : Tanjung Kajuwulu – Waiterang (east of Maumere, 55km , 1h30). Pathholes till maumere, then All good (TransFlores), C/A. Night at Sunset Cottage (new concrete room, very serene place ; 270k for AC with bathroom ; much prefered Sunset over Lena House (more customers, more built up).
D7 : Waiterang – Larantuka via Boru and Eputobi (TransFlores ; grade A ; 115km / 2h40). Particularly liked the drink stalls (marked as Rest Area Eputobi) and the out of order aquatic park just before Larantuka (obyej wisata waiplatin). Night @ Dewy Onong Homestay, which is not advertising itself as Larantuka Beach Homestay as some contributor signals here and on goole maps review. Best breakfast of the trip (Cumi Cumi !!!) ; 275k for AC room with bathroom.
D8 : Local Boat (Kapal Kayu) from the main port to Lembata (Lewoleba). Departure 8am ; price 60k/head + 50k for the bike. Stop enroute on Adonara (where we did not stop due to fights between communities). Night @Elmany Homestay (275k for AC room with bathroom, fan room with shared bathroom also available). Whole afternoon at Pantai Hadakewa, fantastic place (good snorkeling, great views of Ile Api aka Gn Lewotolo). Road condition : A (did not expect the TransLembata to be that good…).
D9 : Loop around Ile Api (50km, 2hrs), anticlockwise. Stops enroute at Situs Tulang Paus (whale squeletton), pantai Jotona, pantai Wena (we expected to snorkel from there, but wind was very strong that day), situs Watu Nale, Selat Sonia. The western coast is far less interesting. Road conditions : bad (C) on the eastern side (up to Riangbeda), good (B/A) afterwards. Night @Elmany Homestay.
D10 : Lewoleba – Lamalera via the western and south coast (70km, 2h30). Good road (B) for roughly the first 55km (up to Tapobali), then eroded track for the last 15km (in some parts steep and dangerous) up to Lamalera (D/C). Notes : 1/ Kuma resort denied us the entry for some drink ; 2/Pantai Waijarang « complex » is abandonned but closed with fences ; you can still sneak in ; 3/ some reports advise to skip Bukit Cinta (foreigner entry fee) for Bukit Doa Watomiten (stations of the cross) ; well Bukit Cinta has also been abandonned (well spent money…sic) but remains opened with structures falling (quickly) appart. Night @Lamalera Inn (200k per head including meals ; very basic fan room + attached mandi). Planned 2 nights, spent only one, as it’s the only tenant I had difficulties with (only interested in money, initially stated crazy prices, starts loud music at 6am … and drinking moke at 8am…)
D11 : Trip to Wulandoni for the Barter Market (Saturday only). Bad road (C) along the coast. Had to report at the Kantor upon arrival, which quite surprisingly asked 100k per person (foreigner) to go inside the (outside) market. Other « local » tourists (a group from Jakarta) were not asked to pay. Well, since a market is a public space and not a zoo, we refused payment and enjoyed the activity from the kopi stall next to it. Returned then to Lamalera for the catches of the day, then to Lewoleba via the mountain road (45km, 2 hours). First 10km to Puor is in very bad condition and uphill (D/C). The remaining is on a newly constructed road (A). Note : Air Panas Sabutobo is abandonned and falling apart (again…) but there are still some water pipes along the river that you can enjoy (depending how lucky you are, just with the forest sounds as companion). Night @Elmany Homestay
D12 : Chill day alond the northern coast (Batu Payung, Pantai Hadakewa with lot of snorkeling, drove till Wailolong and backtracked to Pantai Lewolein for more snorkeling (nice canyons there !) and another fantastic sunset over Ile Api (see GMaps pictures)). Night @Elmany Homestay
D13 : Monday weekly market at Pada, southwest of Lewoleba. Renowned but honnestly dont plan any itinerary specifically for it, just an ordinary Kampung weekly market. Returned to Larantuka and Flores with the 12pm local boat (the same boat that leaves from Larantuka at 8am). Same prices as the first leg. Night @ Dewy Onong Homestay
D14 : Larantuka – Waiterang along the northern coast (100km, 3h) via Pantai Kawaliwu, Tewuk Lewokluok (trail is easy to find, very nice snorkelling in a lagoon), Pantai Lato (to my opinion the most beautiful beach on Flores and you’ll be the only visitor, as opposed to Pantai Koka) and Pantai Hia, until rejoining the TransFlores near Nebe. Grade C on the costal eroded road / track. 3 nights @Lena Guesthouse (booked ahead as it fills up quickly, but we prefered its neighbour Sunset Beach Guesthouse)
D15 : Snorkeling trip organised by Lena Guesthouse (200k per head excluding NP fees and lunch)). The drop-off near Pulau Babi is a very nice spot.
D16 : scooter day trip around the Egon Range (too lazy to hike it…), through nice Sikka villages (route : Watublapi, Umauta, Bola, pantai Doreng, Nakatoli, foot of Gn Egon, Air panas Blidit). The track from Natakoli to the foot of Gn Egon is very steep, damaged and wet (with moss) ; I would recommend not to attempt that in case of bad weather.
D17 : Waiterang – Moni (130km, 3h30, transflores grade A/B) via Pantai Koka (refused to pay the mafia entry fee…) and Jopu (some rumah Adat Lio). Stopped at Museum Bikon Blewut, south of Maumere. Very nice artefacts (especially wooden statues from Papuan, great ikat collection) although very disorganized and sadly non-visited (hence masterpieces fall into oblivion). 2 Nights @Liahz Lodge (150k for fan room, basic bathroom… but right next to Air Panas Liasembe (free, no closing time) !!!).
D18 : Sunrise from Kelimutu with a nice weather (stayed until 8.30am). I don’t know if the sunrise is really worth it (lot of people ascending and watching the sunrise – a lot but nothing compared to e.g. Gn Bromo), nearly everyone going down around 7am, then there is virtually nobody. Trip (20km one way, good road B) to Kampung Adat Nggela (Lio). Although the village is habited and mostly out of the beaten path, I have mixed fillings due to the fact that most ladies (some are pushy) try to sell you (bad) pieces of ikat.
D19 : Moni – Ende via Detusoko paddy fields, Kampung Adat Saga (Lio) and Puncak Ndona ; 75km 2h30. We really liked Saga (nice setting on the mountain, friendly villagers, no selling, mix between traditional and more modern houses in that lively village). Sunset from Bukit Raja, on the peninsula with a 360 view on Gn Iya, Gn Meja Kota Ende and the mountains behind. Note : at the end of the road (search for Gunung Meja Tourist Info Center), there is a (sand) track leading to the path. 1/ only intend the track if you have off road driving experience ; 2/ dont trust the walking time stated by Maps.me. Took us 45mins on a steady pace to reach the summit. Night @Hoja Homestay, 300k for a comfortable AC room with bathroom.
D20 : Ende – Bajawa, via Air Panas Mengeruda ; grade A, 120km, 3 hours. Note : don’t plan to short in Mengeruda (Soa), very easy to spend a half day there, especially if playing with local kids. Stay @Cinnamon GH, 250k for double with fan and hot shower (cheaper options with shared hot shower availlable).
D21 : First day in Bajawa : Watu Nari Wowo (Avatar Hill, sic…), Kampung Adat Ngada Tololela & Gurusina (very very friendly people, complementary views of Gn Inerie & Wolo Deru). Sunset from Puncak Manulalu (well… Heaven’s door Bar & Restaurant)
D22 : Second day in Bajawa : Kampung Adat Ngio (hardly visited, best view on Gn Inerie), Air Panas Malanage, Kampung Adat Bena (the most visited Ngada village (after Bela ?) in the area, we went there at the end of the afternoon to avoid tours, early morning would be fine too), and Gunung Wolobobo for a terrific sunset
D23 : returned to Gunung Wolobobo for sunrise with Gn Ebulobo in the distance (search for a track on the eastern slope, near the communication antenna). You can circuit the rim to the usual viewpoint (westside, sunset spot), the path is easy to find. Then took again the road to Aimere, visiting Kampung Adat Belaraghi enroute (the setting is maybe less rewarding than all the previous villages). 56km ; 1h30. The road to Belaraghi is fine, except the final part.
D24 : Aimere – Ruteng (105km, 3h30). Nice detour by the paddy fields of Wodo (southwest of Golo Loni) of Sunset from Golo Curu (nice encounters with locals). Night @Tange GH, 130k for room with outside (private) bathroom, no breakfast.
D25 : Surroundings of Ruteng (paddy fields north and east of ruteng ; Maps.me has funny tracks starting from Kenda), and the rather pleasant city itself (pasar, churches, lapangan). We finally skipped Liang Bua.
D26 : Ruteng - Labuan Bajo (130km, 3h30). No visits of the waterfalls close to the TransFlores (entry fee (with bule prices) + mandatory guide etc…). Sunset from Bukit Hercadi with very few locals (Bukit Sylvia & Bukit Amelia, just south, were packed). 2 nights @Wellamas Homestay, away from the harbour and its advantages/disadvantages. 230k for comfortable AC room with hot shower.
D27 : New road to Golo Mori Convention Center (another big money well spent…), with nice views on the strait separating Flores from Pulau Rinca. Some empty beaches (e.g. Pantai Pasir Pajang ; we were there on a weekday perhaps frequented by people from LBajo only). 30km (40 mins) one way, perhaps the fastest road of Flores…
D28 : Morning on the peninsula north of Labuan Bajo before taking a flight to Jakarta in the afternoon. On Google maps, the asphalt road only goes to Teras Langit ; it now (august 2026) continues to Puncak Basok and is still in progress towards the eastern part of the peninsula. On the way back, two other nice Bukit where you can enjoy nice views on the bay (and the resorts…) : Bukit Lontar & Bukit Beta. Note : we only found one public (and nice and quiet) beach in the area ; tagged as Sunset Point Beach on Gmaps. All the rest was closed by fences ; they are privately owned (although the Indonesian consitution grants the coastline as public space).
We're a family of five: one dad, one mom, and three kids aged 10, 15, and 18.
Before diving into each stop in more detail, here are a few general thoughts:
We wanted to sample a bit of everything Japan has to offer in terms of landscapes, accommodation, and transport. We were after walks, temples, restaurants, shopping, and some downtime—but no "all-inclusive experiences" or museums for this first visit.
Three medium-sized (60x42x25) canvas suitcases, plus a duffel bag and a few small backpacks. 23 kg in the hold on the way out, 60 kg on the way back. 36 kg of shopping, without even trying. I think this is the maximum suitcase size if you don’t want to stress on the Shinkansen: they fit easily in the overhead racks.
Round-trip with Cathay Pacific, layover in Hong Kong: no need to collect luggage in Hong Kong—we checked it in at departure and picked it up in Tokyo, and the same on the way back (checked in Osaka, picked up at our final destination). This let us explore Hong Kong without worrying about our bags. Food and entertainment were pretty good—meals included a little Häagen-Dazs on each flight, and the entertainment had way more Asian cinema than you’d find on a Western airline, which was a nice way to see how much weight Western culture carries in Asia.
The original plan was to fly directly from Ishigaki to Hong Kong, but due to Typhoon Dolphin, we had to cancel the Ishigaki leg. Cathay didn’t bat an eye about swapping the Ishigaki-HK flight for an Osaka-HK one, even though it was twice as long.
We were a bit too attached to the idea of ending the trip with some beach time and replaced Ishigaki with Shirahama. It was a mistake—we should’ve visited Hiroshima or spent a little more time in Tokyo instead.