Film: "Slumdog millionaire"
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

MA Mahadeva45 Regular ·
Salaam Bombay a eu beaucoup moins de promo mais est nettement mieux fait; toutefois, niveau "poverty porn", je pense qu'on peut y appliquer la meme critique, excepté que ce n'est pas "esthétisé" de la meme manière..."poverty porn", la cité de la joie aussi?

ensuite dans la critique en anglais, que Slumdog soit un film british adapté d'un "indian based british" n'en fait pas un film plein de préjugés racistes pour autant; il y a des clichés, c'est sur, mais peut etre moins que dans un Bollywood qui ne montre de l'Inde qu'un pur mirage ... on dirait qu'il y a de la rancoeur à ce qu'un film sur l'inde soit fait par un anglais...à ce compte là aucun cinéaste ne devrait essayer de faire de films sur d'autre pays que le leur

je suis d'accord sur le fait que le happy ending efface toute critique sociale, et conforte encore plus une logique capitaliste en soi malfaisante, mais ce film a-t-il réellement prétention a être autre chose qu'un divertissement? j'avais lu le bouquin lors de sa sortie, l'avait aimé comme un roman et pas comme un essai ethnographique; de meme pour le film que j'ai apprécié comme divertissement..

enfin, je crois que ce qui énerve est que la misère soit montrée, ça ne fait pas plaisir à la classe moyenne indienne; et tu dois le savoir aussi, ils ne supportent pas quand on essaie de lancer une discussion sur la misère, qui a leurs yeux n'existe pas ou n'est le fait que des musulmans ou de feignasses sous-douées qui ralentissent le pays

qu'il ait eu 8 oscars, bon d'accord, la culpabilité occidentale a joué pour beaucoup, et c'est le conte de fée formaté que tout le monde est pret à accepter et comprendre; mais ça n'en fait pas une merde pour autant, bon sang de bois!
NA Nalesnik Globetrotter ·
Tout et son contraire a été dit dans cette discussion, et selon le point de vue, tout peut être argumenté et défendu.

L'étendue de la polémique, microcosmique sur le forum, et macrocosmique en Inde, montre que ce film a le mérite de soulever des problèmes, quelle soit la manière, que l'on peut juger selon ses goûts et perspectives personnels.

En tout cas, le succès mondial du film a secoué le landerneau des tenants de la "Shining India" (l'Inde qui Brille, celle des 30% d'Indiens ayant accés à la consommation), notamment parmi les élites indienes. Emblématique est la réaction d'Amithab Bachchan, protagoniste involontaire du film qui étala sa rage dans la presse indienne, contre un film présentant l'Inde comme un pays sous-développé. Le pauvre Amithab a dû ravaler de sa superbe, en applaudissant comme tout le monde, lorsque Shah Rukh Khan a honoré les acteurs indiens de Slumdog, en particulier les gosses des bidonvilles, en les faisant monter sur la scène des Filmfare Awards (l'équivalent indien des Oscars).

Suite au succès du Parti du Congrès aux élections législatives indiennes, Manmohan Singh, le Premier Ministre indien récemment reconduit dans ses fonctions, vient de promulguer un plan visant à supprimer tous les bidonvilles indiens en 5 ans. On se demande comment il compte faire. Peut-être veut-il généraliser ce qui a déjà commencé à Bombay... L'important, en l'occurence, est que les politiciens se croient obligés de prendre en compte la réalité des bidonvilles dans leurs discours. Est-ce un effet Slumdog? Qu'importe: la vraie question sera de savoir ce que l'on compte faire des habitants. Si on les reloge dans de grands ensembles, comme il est prévu à Dharavi, on se retrouvera bientôt avec des "cités" à problèmes, comme en France. D'autre part, on sait déjà que l'on ne pourra pas reloger tout le monde...

Je termine par quelques nouvelles des enfants acteurs dont la vie semble moins rose que celle de Dev Patel et de Freida Pinto, et dont le sort récent illustre certaines questions que je viens d'évoquer:

- le père de Rubina Ali (la petite fille) a essayé de la vendre, pour 200.000 euros environ, à un indien vivant dans un pays du Golfe. Le prix était justifié par le fait que la petite était désormais une enfant oscarisée. La mère a porté plainte, le père a été momentanément arrêté, puis libéré.

- dans le cadre de la politique de suppression des bidonvilles bombayottes, et de leur remplacement par de grands immeubles, la maison d'Azzahruddin Ismaël (le petit garçon) a été rasée. Il est arrivé la même chose à la maison de Rubina Ali, dont le père a été blessé par la police durant la démolition. Il a fallu que l'affaire soit médiatisée, et que Dany Boyle arrive à la rescousse, pour que les familles des deux enfants soient relogées. Leurs voisins n'ont pas eu la même chance, et aucune star de cinéma indienne ne semble s'être émue, ni SRK, ni Bachchan, ni aucune autre. Boyle avait versé 500.000 dollars à l'ONG Jai Ho Trust, censée reloger les enfants, et qui n'était visiblement pas parvenu à le faire avant le retour en Inde de Boyle, lequel avait également reversé 744.000 dollars de recettes du film à l'ONG Plan, destinée à s'occuper de l'accès à l'éducation et aux soins médicaux des gosses des bidonvilles bombayottes.

J'oubliais: Dany Boyle compte adapter le célèbre livre Bombay Maximum City, de Sukhetu Mehta.
Si tu ouvres tes yeux d'enfant, le voyage commence au seuil de ta maison
FL FlameOfWrath ·
J'ai adoré le film, et lu le livre très récemment, que j'ai trouvé encore meilleur. Original, comme façon de présenter l'histoire en se servant du jeu...
http://peripleautourdumonde.free.fr

Similar discussions

You might also like