Bonjour, dans le post avait ete evoque l'idee d'effets secondaires que ce proces pouvait engager dans un processus de democratisation...j'apprends qu'a partir de 2007 les chefs de village seront elus par les conseils municipaux et non plus designes par le gouvernement! QUESTION: qui designera le conseil municipal?
Oui, et dans le même orde d'idée tu sais comme moi que les prochaines élections municipales auront lieu en Avril 2007 et que la bataille s'annonce déjà féroce ..... le parti du premier ministre, le PCC Parti du Peuple Cambodgien, fait la course aux votants pour obliger ceux ci à prendre la carte du parti, et à Takeo par exemple l'aprovisionnement en eau est tout simplement coupé pour ceux qui font de la résistance ...... ainsi le PCC s'octroie par la force un quasi monopole afin de renforcer son emprise sur le pays et donc sur le peuple .....
Démocratie ..... 🤪 on peut l'écrire mais en voir des effets ...... 😕
Une bonne nouvelle ..... Somaly Man vient d'être félue femme cambodgienne de l'année 2006 par le magazine US Glamour .... pour son combat contre l'exploitation sexuelle des enfants et des femmes en Asie du Sud-Est .....
Concernant le procés des khmers rouges, voici juste un commentaire de notre cher premier ministre Hun Sen ....
Samdech Hun Sèn, Premier ministre du gouvernement royal du Cambodge, a réaffirmé le processus du jugement des ex-dirigeants Khmers rouges.
"Nous savons bien notre obligation de rendre justice au peuple cambodgien victime du régime génocidaire "
a dit Samdech Hun Sèn, lors de la clôture le 21 octobre du forum ouvert sur le 15ème anniversaire des accords sur le règlement politique commun des conflits au Cambodge. C'est pour cette raison que, a-t-il poursuivi, le gouvernement royal se détermine à accomplir toutes les tâches nécessaires pour juger les ex-dirigeants Khmers rouges.
Cependant, il a rappelé que ceux qui aient exigeait le jugement des ex-dirigeants Khmers rouges sont ceux qui avaient pardonné ces criminels, les avait nourri pour qu'ils puissent continuer la guerre et qu'ils aient le siège à l'ONU. Il a précisé que la raison et la morale ne permettraient pas à ceux qui avaient commis les crimes de génocide contre le peuple cambodgien pendant le période Khmer rouge de 1975-1979 de dégager leur responsabilité.
Samdech Hun Sèn a remercié à cette occasion tous les partenaires pour leur aide et soutien au processus de jugement.-- AKP
Il y a environ 3 ans, j'ai lu une info; le chiote de POL POT avait ete recupere et installe dans une guesthouse de SIEM REAP tenue par un barang et revenue a son usage premier !Cela faisait un tabac...L'info etait dans un hebdo francais credible.Roger
non, , je l'ai vu, , ( ce n'est pas un scoop ), , il a été incinérer sous nos yeux, , avec des vieux bois et pneus, ,
photo thuan AFP
« Le voyage apprend la tolérance. »
Benjamin Disraeli
-
🤪 .... un chiote c'est un wc et c'est de celà que parlait Roger, pas de Pol pot ...... donc éventuellement tu aurais pu mettre une photo des wc de Pol Pot ...... 🙂
Bonjour, je n'ai jamais doute de la mort de pol pot...je trouvais seulement infantile d'avoir recuperer la cuvette de ses w.c a des fins de publicite commerciale pour attirer des gens dans une guest-house...je vous remercie toi et alan de laisser vivre ce post, c'est helas peut etre la seule chose que l'on puisse faire en la memoire de toutes ces morts inocentes.
Voici un éclairage intéressant sur le rôle du prince Sihanouk et sa possible mise en avant du mouvement khmer rouge et l'avénement de ce qui allait être un des plus atroces génocides du siècle passé ...... certaines personnes demandent d'ailleurs sa mise en accusation devant le tribunal qui vient d'être instauré ....
Aujourd’hui encore tout le monde paraît considérer le génocide cambodgien comme une sorte de fatalité à laquelle le Cambodge ne pouvait pas échapper. Et, malgré d’innombrables articles et de très nombreux ouvrages publiés sur ce sujet depuis une trentaine d’années, on ne pose toujours pas la question de savoir si ce génocide était réellement inévitable. Or l’étude des faits montre, d’une manière irréfutable, que cette tragédie aurait pu parfaitement ne pas avoir lieu. Et même qu’elle n’aurait jamais dû pouvoir se produire.
En effet le mouvement des Khmers Rouges (1) avait pratiquement cessé d’exister au Cambodge au début de l’année 1970, avant la destitution du Prince Sihanouk en Mars de la même année (18.3). Car la répression ordonnée par le Prince (alors Chef de l’Etat) contre ce mouvement, pendant les années 1967, 68 et 69, avait finalement été très efficace (2). Les Khmers Rouges avaient été ainsi littéralement laminés et réduits à un nombre insignifiant. Nombre estimé à l’époque (début 1970) à 2 000 tout au plus pour l’ensemble du territoire cambodgien.
Ils étaient donc bien incapables d’entreprendre une quelconque action d’envergure, ils ne constituaient absolument plus une menace pour la sécurité intérieure du royaume.
Ceci a été confirmé d’ailleurs par Pol Pot lui-même, ainsi que par Nuon Chea, cités par le chercheur australien David Chandler dans son ouvrage très documenté « Pol Pot, Frère numéro un » (Plon, 1993 – pages 138- 139 et 303). Il suffisait aussi d’avoir été présent au Cambodge en Janvier et Février 1970 pour constater que le pays était encore paisible, et qu’il était possible de circuler presque partout en toute sécurité. Notamment pour se rendre par la route à Siem Reap – Angkor (à 314 kms. au nord de Phnom-Penh).
En fait, comme l’ont reconnu précisément Pol Pot et Nuon Chea, les quelques bandes de Khmers Rouges qui végétaient encore dans les forêts n’avaient presque aucun armement et ne contrôlaient aucune portion du territoire cambodgien. Leurs chefs « historiques » étaient des fugitifs, ou bien avaient trouvé asile à Pékin et on n’entendait plus parler d’eux. En outre eux-mêmes et leur mouvement étaient à peu prés totalement inconnus à l’étranger (3), et n’étaient même pas soutenus vraiment par les communistes chinois et nord-vietnamiens – soucieux de préserver leurs bonnes relations avec le Cambodge du Prince Sihanouk.
La question se pose donc de savoir comment ce mouvement moribond, devenu quasiment inexistant, a-t-il pu renaître et finalement s’emparer du pouvoir en 1975 ?
La réponse est simple, et il n’y en a pas d’autre : c’est parce que les Khmers Rouges ont été ressuscités par le Prince Sihanouk lui-même en Mars 1970 à Pékin, après sa destitution par le Parlement cambodgien le 18 Mars 1970.
Le Prince, en effet, s’est alors allié avec eux pour former un gouvernement en exil et leur a apporté sa caution totale. En plus, avec ses appels frénétiques sur la radio de Pékin dès le 23 Mars 1970, il leur a amené de nouvelles recrues – surtout des jeunes paysans incultes du nord du pays, qui crurent servir la cause du Prince et de la monarchie en se joignant aux Khmers Rouges. Et il n’a agi ainsi que par dépit d’avoir été écarté du pouvoir et, plus encore, pour se venger (4) de ceux qui l’en avaient écarté et voulaient instaurer un régime républicain ( La République Khmère, proclamée le 9 Octobre 1970).
Sans lui les Khmers Rouges seraient restés dans leur néant. Ils auraient été, au mieux, utilisés par les forces nord-vietnamiennes comme coolies-porteurs ou exécuteurs des basses-œuvres dans les provinces cambodgiennes envahies et occupées par ces forces étrangères en Avril 1970. C’est sous leur protection qu’ils ont pu ensuite se constituer une armée, qui n’a d’ailleurs commencé à jouer un rôle militaire qu’à partir de l’année 1973 (5).
Il apparaît ainsi, d’une manière évidente, que c’est le Prince Sihanouk qui – par ses déplorables agissements à Pékin depuis Mars 1970 jusqu’à Avril 1975 (6) – a ouvert la voie au génocide et qu’il porte ainsi une responsabilité accablante dans la genèse de cette effroyable tragédie qui a causé la mort de 2 millions de Cambodgiens.
Il est donc permis de penser qu’il devrait, logiquement et en toute justice, avoir à assumer cette responsabilité devant la tribunal qui a été institué le 3 Juillet 2006 pour juger les principaux responsables du génocide. Il aurait alors à être jugé par ce tribunal en tant que complice de crimes contre l’humanité.
Notes
1) - C’est le Prince Sihanouk lui-même qui a donné aux communistes et maoïstes cambodgiens des années 60 le nom de Khmers Rouges. A partir de 1967, quand ceux-ci commencèrent à mener des actions ouvertement subversives à Phnom-Penh et dans quelques provinces, il les a qualifiés à plusieurs reprises de « Khmers dékhmérisés ». Notamment dans un message radiodiffusé à la nation en date du 5 Octobre 1967, promettant de combattre ceux-ci jusqu’à leur « annihilation » même s’il devait « y laisser sa peau » (sic).
2) - Sur la lutte menée par le régime sihanoukiste contre les Khmers Rouges avant 1970, voir notamment les ouvrages suivants : David Chandler (ouvrage déjà cité), Philip Short « Pol Pot, the history of a nightmare » (Ed. John Murray, Londres, 2004), Bernard Hamel « Sihanouk et le drame cambodgien » (Ed. l’Harmattan, 1993).
Sur cette lutte, en fait une très dure répression, il convient de rappeler à titre d’exemple ce que le Prince Sihanouk avait déclaré, à propos des Khmers Rouges, dans un discours prononcé dans la province de Kompong Thom le 19 Août 1968 : « j’en ai déjà fait tuer plus d’un millier, et cela ne m’a pas empêché de dormir… ».
3) - A notre connaissance aucun ouvrage parlant des Khmers Rouges n’a été publié en France ou dans d’autres pays occidentaux avant 1970 . Et en 1970, selon une source très bien informée, le correspondant de l’Agence soviétique Tass à Phnom-Penh avouait ne pas savoir qui étaient les Khmers Rouges et ajoutait que Moscou n’avait pu lui fournir aucun renseignement à leur sujet.
4) - Un désir de vengeance clamé par lui (N. Sihanouk) dès Avril 1970 dans des déclarations fulminantes faites aux correspondants de presse occidentaux à Pékin. Et aussi dans une interview accordée à M. Alain Peyrefitte (à Pékin également) avant la chute de Phnom-Penh et publiée dans «Paris Match» du 3 Mai 1975. Cette interview contient des propos d’une rare cruauté à l’égard de tous ceux dont il voulait se venger. En particulier les Phnompenhois, avec l’annonce de leur déportation préméditée.
5) - C’est-à-dire après les accords de Paris du 27 Janvier 1973 sur le Vietnam, dont l��article 20 stipulait que toutes les forces étrangères (nord-vietnamiennes en l’occurrence) devaient se retirer du Cambodge (ainsi que du Laos).
6) - Rappelons à ce sujet qu’en Mars 1973 le Prince Sihanouk a poussé sa complicité avec les Khmers Rouges jusqu’à se déguiser en «maquisard» pour aller visiter leurs «zones libérées» dans le nord du Cambodge.
Bonjour ALAN, les deux textes que tu as presentes sont sources pour moi et j'espere pour d'autres de nombreuses reflexions...En 72, j'etais etudiant et au quartier latin on pouvait trouver des documents de la propagande du GRUNK(gouv royal d'union nationale do cambodge )vice 1er minitre Khieu samphan et ministe de la defense nationale,
Cc'est lui qui deviendra president de le republique khmere avec pour 1er ministre Pol POT...Dans les docs, les references au Roi sont largement presentees, ilfait figure de caution(volotaire ou pas de sa part?Bcp de cambodgiens repondent invol;;;?)...C'est vrai que l'on a presque rien sur 60/70 Le merite du "PORTAIL"de bizot est d'aborder la periode en 70...le dernier texte que tu presentes sous evalue peut etre le role determinant du viet cong, le premier lui fait reference aux americains qui ont arme les KR au plus fort du genocide...Quant au regime KR, il achetait au debut et aussi en suite les armes en Chine, remunerees en riz(principale cause des famines ) la monnaie ayant etees abolies Les responsabilites internationales sont enormes, France y compris, le premier a reconnaitre le regime GRUNK est VGE, .QUE DIRE du PCF qui a forme politiquement K S et P P...?Bcp, bcp de questions. Je suis par contre persuade que LA MEMOIRE des victimes exige autre chose que de la poilitique politicienne.Les historiens ont du pain sur la planche!Merci des infos...
Par Raoul-Marc JENNAR, Docteur en études khmères et auteur de l'ouvrage les Constitutions du CAMBODGE ( 53 / 93 ) ...
Quand, en décembre 1978, après trois années d’attaques des Khmers rouges contre son territoire, le Vietnam envahit le Kampuchéa démocratique – nom donné par les Khmers rouges au Cambodge –, le monde découvre les crimes de masse des années Pol Pot . Toutefois, au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU), une alliance se noue entre les Etats-Unis, la Chine et leurs alliés pour condamner un « changement de régime issu d’une intervention étrangère ». Les Cambodgiens ont eu le tort d’être libérés de la barbarie par un allié de l’Union soviétique !
La nouvelle République populaire du Kampuchéa (RPK) n’est donc pas reconnue. C’est l’ambassadeur khmer rouge Thiounn Prasith qui va conserver, pendant les quatorze années qui suivent, le siège du Cambodge à l’ONU. Les bourreaux représentent leurs victimes, alors même que, dans les zones encore sous leur contrôle, ils continuent de massacrer des populations. Pour Washington, les principaux dirigeants de l’ex-Kampuchéa démocratique sont considérés comme des « personnalités non communistes » qu’il faut soutenir dans leur lutte contre l’occupation vietnamienne. Occidentaux et Chinois reconstituent, en Thaïlande, l’armée de Pol Pot.
Dès lors, la Commission des droits de l’homme de l’ONU refuse, en 1979, de se prononcer sur un rapport contenant neuf cent quatre-vingt-quinze pages de témoignages sur les violations massives des droits fondamentaux au Kampuchéa démocratique. Pendant la décennie suivante, les efforts de la RPK, de survivants comme Dith Pran et de militants des droits humains comme M. David Hawk pour obtenir le jugement des dirigeants khmers rouges sont systématiquement bloqués par l’institution internationale.
Lorsque commencent les négociations de paix en 1989, et conséquence de la volonté d’y associer les Khmers rouges – dont on sait qu’elle conduira à l’échec de la pacification du Cambodge par l’ONU –, l’impasse est faite sur les crimes commis par le régime de Pol Pot. Les termes « crimes contre l’humanité » et « génocide » sont bannis de tout document officiel. Les accords de Paris sur le Cambodge (1991) utilisent la formule « les politiques et les pratiques du passé » pour désigner l’élimination de près d’un tiers de la population cambodgienne.
Pour les survivants, un procès est une nécessité. Car ces événements n’ont pas, à ce jour, été sanctionnés par une juridiction neutre et impartiale. Il en résulte non seulement une impunité intolérable (comment exercer la justice au quotidien quand les plus grands criminels vivent en liberté ?), mais aussi un champ ouvert aux révisionnistes de tous bords. Que le mouvement des Khmers rouges ait pu faire l’objet, en 2003, de la part du président d’un des trois partis représentés à l’Assemblée nationale, de félicitations « pour son action au cours des trente dernières années » indique à quelles dérives peut conduire cette carence judiciaire.
Sans doute un « tribunal populaire révolutionnaire » a-t-il jugé, en 1979, le Kampuchéa démocratique à travers deux de ses dirigeants : Pol Pot et M. Ieng Sary, son vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, condamnés à mort par contumace. Ce procès, qui a permis à de nombreux survivants de témoigner, est toutefois entaché dans la mémoire collective cambodgienne par le fait qu’il s’est tenu sous l’influence vietnamienne. Or la propagande des Khmers rouges n’a pas cessé, jusqu’à l’extinction du mouvement en 1998, d’attribuer aux Vietnamiens les massacres du régime de Pol Pot. Et cette explication a fourni et continue de fournir une réponse appréciée par la jeunesse cambodgienne – 51 % de la population a moins de 18 ans.
On doit donc considérer comme très positif que le procès, finalement décidé par le gouvernement du Cambodge et les Nations unies en 2003, et qui devrait commencer en 2007, se tienne sur place et dans la langue du pays.
C’est par une lettre à son secrétaire général, en juin 1997, que les autorités cambodgiennes demandent « l’aide de l’ONU et de la communauté internationale afin de juger ceux qui ont été responsables de génocide et de crime contre l’humanité pendant le régime des Khmers rouges ». « Etablir la vérité » et « juger les responsables » sont les deux objectifs définis dans cette requête à laquelle accède l’Assemblée générale de l’ONU à la fin de l’année. De nombreuses difficultés vont ensuite surgir, qui réclameront sept ans de négociations. Une amnistie royale
L’ONU propose un tribunal international. Le Cambodge préfère une juridiction nationale assistée de magistrats et de conseillers étrangers. L’ONU exige alors le respect de critères juridiques internationaux, demande des garanties sur l’arrestation des suspects et réclame la participation de magistrats internationaux à tous les stades de la procédure. Un problème se pose en effet : les magistrats cambodgiens sont tous juges et parties, dans la mesure où ils sont tous des survivants du régime de Pol Pot et des parents de victimes. En outre, il est manifeste que la magistrature cambodgienne, reconstituée après 1979, est loin d’atteindre un niveau adéquat de compétence et d’indépendance.
Une loi votée en 2001 est amendée en 2004 pour que le fonctionnement de ces « chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens destinées à juger les auteurs des crimes commis sous le régime khmer rouge » – nom officiel du tribunal – soit acceptable par l’ONU : l’instruction sera sous la responsabilité conjointe d’un procureur cambodgien et d’un procureur proposé par l’ONU, assistés chacun d’un juge d’instruction de même origine ; la chambre de première instance et la Cour suprême seront composées de juges cambodgiens et internationaux. chaque fois, l’accord d’un magistrat international sera requis.
Il faudra encore deux ans avant que le budget – 56 millions de dollars – soit réuni par l’ONU et par le gouvernement cambodgien et que les magistrats (dix-sept cambodgiens et huit internationaux) prennent leurs fonctions. Les accusés seront poursuivis pour violations du droit pénal cambodgien, du droit humanitaire international et des traités ratifiés par le Cambodge. Ce tribunal sera compétent pour juger des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des violations de la convention de La Haye sur le patrimoine culturel.
Certains nient qu’il y ait eu génocide. Or cette qualification paraît incontestable s’agissant de l’élimination de près de 40 % de la population de confession musulmane, les Chams, pour la seule raison qu’ils étaient chams. Elle semble tout aussi avérée pour les milliers de personnes exécutées parce qu’elles n’avaient pas « une âme khmère dans un corps khmer » : Khméro-Thaïs, Sino-Khmers et surtout Khméro-Vietnamiens ou suspects de sympathie pour le Vietnam.
Du gouvernement de Pol Pot, de la direction de l’Angkar – l’« Organisation », nom par lequel se désignait le Parti communiste du Kampuchéa démocratique – et de l’appareil de sécurité – le Santebal (police politique) et le centre de torture et d’exécution S-21 –, sont encore en vie : M. Khieu Samphan (chef de l’Etat) ; M. Nuon Chea (connu sous le nom de « Frère no 2 », il était l’homme le plus puissant après Pol Pot) ; M. Ieng Sary (vice-premier ministre) ; Mme Khieu Thirith (épouse de M. Ieng Sary, ministre et membre du comité central) ; M. Thiounn Mumm (ministre) ; M. Keat Chhon (ministre) (5) ; M. Thiounn Prasith (ambassadeur à l’ONU, il est l’homme qui connaît le mieux le rôle joué par les Etats-Unis entre 1979 et 1990). Encore en vie également, M. Kang Kek Ieu, alias « Douch », responsable du centre S-21. Enfin, MM. Sou Met et Meah Mut, qui commandaient respectivement la force aérienne et la force navale. A l’exception de M. Thiounn Prasith, qui semble bénéficier d’une protection américaine, tous résident au Cambodge. Mais tous feront-ils l’objet d’une instruction à charge et à décharge ? C’est une des grandes inconnues du procès. Elle résulte de la manière dont la pacification est intervenue entre le départ de l’ONU, en 1993, et la reddition du dernier bastion khmer rouge, en 1998. M. Ieng Sary a rallié le gouvernement en 1996 et a même bénéficié d’une amnistie royale après sa condamnation de 1979. MM. Khieu Samphan et Nuon Chea se sont rendus fin 1998. MM. Sou Met et Meah Mut ont intégré les forces armées cambodgiennes. Seul « Douch » se trouve en prison. Le nombre et la qualité des personnes poursuivies permettront de juger la crédibilité de ce procès.
Autre question : l’instruction proposera-t-elle de déclarer organisations criminelles l’Angkar – organisation administrative suprême du régime –, au nom de laquelle les massacres ont eu lieu, et le Santebal ? Ou à tout le moins le comité permanent du comité central du Parti communiste du Kampuchéa démocratique qui a décidé et planifié les massacres ? Ce choix permettrait de poursuivre tout individu au seul motif qu’il faisait partie de ces instances, vingt-sept ans avant que l’instruction du procès commence, le 3 juillet 2006. Entre-temps, Pol Pot, Son Sen (ministre de la défense et responsable du Santebal), Yun Yat (ministre), Thiounn Thioeunn (ministre), Ta Mok (chef du commandement militaire) et son adjoint Ke Pauk sont morts. Ils avaient tous bénéficié de la protection de la « communauté internationale » entre 1979 et 1993. Son Sen faisait même partie du Conseil national suprême créé par les accords de Paris (1991) et chargé d’incarner, pendant la période de transition, la souveraineté nationale !
Les Etats-Unis ont accepté le principe d’un procès à condition que le tribunal ne soit compétent que pour les crimes commis au Cambodge entre le 17avril1975 et le 6 janvier 1979. Ne seront donc pas jugés les responsables étrangers de la tragédie, avant comme après la période du Kampuchéa démocratique. Aucun haut responsable civil ou militaire thaïlandais ne sera appelé à la barre, alors que ce pays n’a cessé de s’ingérer dans les affaires cambodgiennes, dès 1953, alors qu’il n’a rien négligé pour déstabiliser le Cambodge neutraliste avant 1970, et qu’il a servi de base arrière à l’armée de Pol Pot de 1979 à 1998.
Les dirigeants de Singapour, qui fut la plaque tournante de l’approvisionnement de l’armée de Pol Pot après 1979, ne seront pas davantage mis en cause. Pas plus que les gouvernements européens, conduits par le Royaume-Uni, impliqués dans la fourniture d’armes et de munitions aux Khmers rouges entre 1979 et 1991. Ni M. Henry Kissinger pour sa responsabilité dans les bombardements de mars 1969 à mai 1970, dans le coup d’Etat du 18 mars 1970 qui a renversé Sihanouk, et dans l’invasion du Cambodge en avril 1970. Et pas davantage le président américain James Carter et son conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, qui ont fait le choix, en 1979, de condamner la libération du Cambodge par le Vietnam, d’imposer à ce pays un embargo total et de soutenir la reconstitution de l’armée de Pol Pot. Un choix qui est demeuré celui des administrations de Ronald Reagan et de M. George Bush (père) jusqu’en 1990...
Allocution prononcée par M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion du dîner d'État offert en l'honneur de sa Majesté le Roi NORODOM Sihamoni du Cambodge.
Palais de l'Élysée, Paris, le lundi 20 novembre 2006
Sire,
En Vous souhaitant la plus chaleureuse et cordiale bienvenue, mon épouse et moi-même nous faisons les interprètes de toutes les Françaises et de tous les Français, honorés que vous ayez choisi la France pour votre première visite d'État.
La relation entre le Cambodge et la France, c'est cette belle et exceptionnelle amitié que célébrait, déjà, il y a tout juste un siècle, l'éclatante visite à Paris de Sa Majesté le roi Sisowath et que marquèrent par la suite tant de visites, tant d'échanges et tant de souvenirs.
C'est une appartenance commune à la Francophonie, dont Sa Majesté le Roi père fût l'initiateur aux côtés des Présidents Bourguiba, Senghor et Amani Diori. Je Vous remercie de transmettre au Roi Sihanouk, un grand ami de la France auquel m'attache des liens personnels depuis si longtemps, ainsi qu'à la Reine Monique, un message d'estime, de confiance, d'amitié et d'affection profonde.
C'est ce message que portait déjà le général de Gaulle en s'adressant, voici quarante ans, à Votre père et à son peuple réunis au Stade national de Phnom Penh. Comment ne pas citer les mots par lesquels il souligna alors nos affinités : "De part et d'autre, une histoire chargée de gloires et de douleurs, une culture et un art exemplaire, une terre féconde, aux frontières vulnérables, entourée d'ambitions étrangères et au-dessus de laquelle le péril est sans cesse suspendu".
Comment ne pas se remémorer l'appel qu'il lança pour conjurer les périls, plaider pour la paix et soutenir la volonté du Cambodge de rester en dehors du conflit qui ravageait son grand voisin.
Cet appel prémonitoire ne fût pas entendu. Entraînée malgré elle dans un conflit qui n'était pas le sien, martyrisée par d'implacables bourreaux, la nation khmère fût près de périr tout entière. De longues et tragiques années d'enfermement et de folie génocidaire pour le Cambodge. Une des pages les plus sombres pour l'histoire de l'humanité.
Permettez-moi, en ce jour, devant vous, de rendre un solennel hommage aux millions de victimes du génocide ; de former le vœu que jamais leur souvenir ne s'efface ; le vœu qu'il soit, pour toutes les générations présentes et à venir, le rappel constant des dérives implacables où peuvent mener l'illusion totalitaire et la démesure du pouvoir.
Sire,
Après le temps de la déchirure, c'est à Paris que le Cambodge retrouva la paix, la vie, l'espoir, l'unité nationale autour de son Roi par la conclusion des Accords du 23 octobre 1991.
Avec l'aide des Nations Unies, la nation khmère s'est reconstruite. La France est fière de se tenir encore et toujours à ses côtés pour l'aider à vivre dans la paix et la prospérité.
La paix repose sur l'engagement de tous à parachever l'œuvre de réconciliation nationale. Elle passe par l'instauration résolue de la démocratie, le renforcement de l'état de droit, le respect des droits de l'Homme.
Mais nous savons que les cœurs et les esprits ne pourront trouver la paix tant que les responsables du génocide n'auront pas été jugés. C'est là un impératif fondamental de justice. C'est là le devoir des Chambres extraordinaires mises en place avec l'appui de la communauté internationale.
Sire,
Pour que le peuple Khmer accède à la prospérité, Vous souhaitez renforcer l'éducation et la santé, moderniser l'agriculture, développer les infrastructures, ouvrir le Cambodge sur son environnement régional et sur le monde, mettre en valeur son incomparable potentiel touristique.
Dans cette démarche, Vous pouvez compter sur l'appui de la France. Le Cambodge est et restera en tête des priorités de notre coopération. Vous pouvez aussi compter sur le soutien de nos entreprises. Elles croient en l'avenir du Cambodge, comme en témoigne la présence parmi nous ce soir des principaux responsables économiques français.
J'encourage les Françaises et les Français à redécouvrir les incomparables beautés de Votre Royaume, notamment le site d'Angkor dont les temples, rêves de pierre et de végétation, demeurent les clés de l'âme Khmère. Avec passion et compétence, l'École française d'Extrême-Orient en a préservé l'héritage. Grâce à elle, nous continuons d'admirer l'imposante majesté d'Angkor Vat ou la statuaire énigmatique du Bayon.
Permettez-moi également de saluer l'ensemble des acteurs de notre coopération, et notamment les ONG, qui se sont engagées aux côtés du Cambodge. Leur mobilisation a transformé la vie quotidienne de milliers de Cambodgiens et des projets ambitieux ont pu voir le jour, en particulier dans le domaine de la santé avec l'Université des sciences de la santé de Pnhom Penh, l'hôpital Calmette ou l'institut Pasteur.
Je veux également exprimer ma reconnaissance au rôle irremplaçable joué par la communauté des Français d'origine cambodgienne. Nombreuse et talentueuse, elle apporte un irremplaçable souffle de dynamisme et de compréhension aux relations entre nos deux nations.
Sire,
La France sait à quel point l'unité, la paix et la prospérité du Cambodge reposent sur la haute autorité morale incarnée par son souverain.
Aussi, je lève mon verre en l'honneur de Votre Majesté et en la réussite de Son règne.
Je le lève à la santé de Leurs Majestés le Roi Père et la Reine Monique.
Je le lève à la santé de la nation khmère et à l'amitié séculaire qui unit nos deux peuples.
Vive le Cambodge !
Vive la France !
Vive l'amitié franco-cambodgienne !
|
Je pense que ce document a toute sa place dans notre sujet de discussion meme si il depasse la seule question du genocide...
<< Nous aimerions savoir quel est le cahier des charges du futur procès des Khmers rouges. La façon de filmer et de monter ce genre d'images est essentielle pour notre mémoire.» (R.P)
Une cassette audio est dispo (5mn d' interview ) ...
Il semble par ailleurs que vous pouvez acceder a partir de votre ordinateur a des videos blog sur ce sujet voire participer a la restitution evenementielle ou personnelle de l'histoire, le journalisme interactif deviendrait il une realite ?
Cambodge : une association de victimes prépare sa première plainte
«Cette première plainte», rapporte Cambodge Soir, «sera bientôt déposée auprès des Chambres extraordinaires du tribunal, par une Française. Une femme, qui enseignait dans les années 60 au collège Norodom de Phnom Penh. Elle avait épousé un Cambodgien pharmacien et professeur dont le nom a été retrouvé dans la liste des disparus de S-21. Aujourd'hui âgée de soixante-six ans, elle n'a, écrit notre confrère, jamais cessé de chercher justice pour son mari». Or, sa plainte sera-t-elle recevable ? C'est la question que pose Cambodge Soir. La plainte de cette femme sera-t-elle, en effet, pertinente au regard des critères dressés par les procureurs des Chambres extraordinaires ? Cette femme attend également d'être considérée comme une victime à part entière et non comme un témoin. Et c'est là un problème majeur. «Quelle voie la victime peut-elle emprunter pour faire valoir son statut de victime ?», s'interroge un juge franco-khmer, magistrat au tribunal de grande instance d'Evry. Hoc Pheng Chhay n'a guère été convaincu par la lecture du règlement intérieur du Tribunal: pas de possibilité pour les victimes de se constituer partie civile, sanctions pour faux témoignages. «Que faut-il comprendre derrière cette volonté d'établir de telles sanctions: s'agit-il de promouvoir le droit des victimes ou bien de les intimider ?», s'interroge cet homme. En sa qualité de responsable du Comité des victimes des Khmers rouges, il veut donc déposer cette première plainte afin, dit-il, «de donner une impulsion au tribunal et de promouvoir le statut des victimes».
Problèmes " techniques " et manigances politiciennes retardent le procés des khmers rouges, comme il fallait s'y attendre ...... voici l'article du Monde en date du 20 Décembre .....
Six mois après sa laborieuse mise en place, le tribunal chargé par la communauté internationale de juger les crimes contre l'humanité commis voilà trois décennies au Cambodge par les Khmers rouges est à nouveau dans l'ornière. Des associations de défense des droits de l'homme dénoncent de nouvelles tergiversations attribuées au premier ministre Hun Sen. Ce dernier avait finalement cédé à la pression extérieure pour l'organisation de ce procès, majoritairement financé (56 millions de dollars pour trois ans) par les Nations unies, mais dans le cadre de la justice cambodgienne.
Le Tribunal spécial Khmers rouges (KRT) n'est pas parvenu, fin novembre, à adopter un règlement de procédure interne destiné à harmoniser les deux types de législation qui vont réglementer son travail : le droit de principe romano-germanique dont le Cambodge a hérité de la France, ancienne puissance coloniale, et la common law anglo-américaine.
Au plan technique, explique Helen Jarvis, responsable australienne du département des affaires publiques du KRT, la différence qui n'a pas été abolie est que le premier repose sur "une instruction longue et secrète et un procès court et public", à l'inverse de la deuxième. Il en résulte des désaccords "sur le rôle précis des procureurs, l'espace judiciaire réservé à la défense, sa rémunération, ses rapports exacts avec le barreau et les mécanismes de fonctionnement" du tribunal.
Concrètement, cela signifie que personne n'est d'accord sur les conditions dans lesquelles pourraient comparaître, à Phnom Penh, les anciens hauts dignitaires encore en vie du Kampuchéa démocratique, le régime totalitaire qui a présidé à l'assassinat volontaire ou par famine de près de 2 millions de Cambodgiens entre 1975 et 1979 : le chef de l'Etat, Khieu Samphan ; Ieng Sary, très visible "frère numéro trois" du défunt Pol Pot ; "frère numéro deux" Nuon Chea, chargé de la sécurité ; ainsi que "Douch", de son vrai nom Kang Kek Ieu, chef tortionnaire.
PROTECTION DES TÉMOINS
L'organisation Human Rights Watch (HRW), dans une déclaration du 5 décembre qui a résonné fort à Phnom Penh, a accusé Hun Sen et ses lieutenants politiques, le vice-premier ministre Sok An, officiellement chargé du budget du procès, et le chef de la police, Hok Lundy, de "manigances politiques qui ont ramené tout le processus au point mort" par le biais de juristes cambodgiens à la solde.
HRW rappelle l'exigence d'un procès conforme aux critères de la justice internationale, notamment l'interdit de condamnation par contumace et l'indépendance absolue de la défense. L'organisation souligne que, faute d'accord sur ces points, l'ONU devrait s'en retirer.
"Nous acceptons tous les commentaires", dit Helen Jarvis, en refusant "toute polémique improductive". Plusieurs responsables cambodgiens ont été plus véhéments, réclamant "des preuves" de la manipulation politique. Robert Petit, procureur canadien, n'est pas surpris mais ne jette pas l'éponge. Il dit qu'il "fallait s'attendre" à ce que le processus demeure lent. Il récuse toute idée de pression politique sur les juristes internationaux. "La seule pression que je ressente, c'est celle de la preuve : être en mesure de livrer une mesure de justice pour ce qui s'est passé ici", proclame-t-il.
Des Cambodgiens de Phnom Penh, qui considèrent comme essentielle pour le pays la tenue de ce procès et qui préfèrent souvent rester anonymes, s'inquiètent de voir la querelle en procédure utilisée à des fins dilatoires.
Parmi les questions cruciales qui n'ont pas encore été abordées, soulignent-ils, figure en particulier "le rôle des victimes" - désignant essentiellement la manière dont seront appelés à comparaître les témoins à charge, et donc les mesures de protection dont ils devront bénéficier. "Pendant la durée du procès ? Après, et combien de temps après le procès, pour les préserver de tentatives de vengeance ?", demande Ros Chantraboth, historien, vice-président de l'Académie royale cambodgienne, équivalent local de l'Académie française.
Autre grand mystère : la diffusion des débats. "Sans diffusion complète, c'est la rumeur qui prendra le pas auprès du public", insiste Ros Chantraboth. "L'argent est là pour archiver tout le procès", assure Helen Jarvis. Mais pas celui nécessaire à la diffusion par satellite.
Or la règle des Nations unies, c'est "un procès ouvert au public" - pas seulement aux quelques privilégiés qui devront se rendre, en très grande banlieue de Phnom Penh, dans un "théâtre hollywoodien", disent certains, construit pour l'occasion, en terrain militaire.
Francis Deron/LE MONDE
Article paru dans l'édition du 20.12.06.
Les meandres du mekong appliques à la politique ! une info ...pour suivre au jour le jour!
Cambodge : Hun Sen soutient le futur procès des Khmers rouges
Article d'actualité du samedi 6 janvier 2007,
S'exprimant à l'occasion d'un déplacement dans le district de Memot, dans la province de Kampong Cham, où il était venu inaugurer une école, le Premier ministre du Cambodge, Hun Sen, a apporté un soutien sans réserve au futur procès des dirigeants Khmers rouges, responsables du génocide perpétré par leur régime entre 1975 et 1979.
...... et que se passe t il au procés des khmers rouges ..... 😕 pas grand chose, et en voici la preuve .....
AKP Phnom Penh, 17 janvier 2007 --
La délégation américaine dirigée par le sénateur Jeff Schoenberg a visité hier les chambres extraordinaires pour juger les ex-dirigeants Khmers rouges à Kambol et le Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam).
“Le monde entier doit apprendre les horreurs qui ont été commises sous le régime Pol Pot, comment les familles, les communautés et le pays ont été détruits. Tout cela est indicible et inacceptable”, a dit le sénateur américain.
Il faut, a-t-il continué, en parler pour que, dans le monde, les pays ne soient pas tentés de commettre ce genre d’atrocités, que de nouveaux génocides n’aient pas lieu.
A noter que la délégation américaine est arrivée le 15 janvier au Royaume pour une visite d’une semaine. Le but de sa visite est de s’informer du fonctionnement du tribunal devant juger les anciens responsables Khmers rouges. --AKP
La nuit rouge est tombée sur Phnom Penh le 17 avril 1975. La capitale cambodgienne a été prise sans résistance par les révolutionnaires khmers, décidés à renvoyer les citadins dans les champs et à arracher toute trace de modernité dans la société. Comme toujours, l'avènement d'un "homme nouveau" réclamait des sacrifices. La collectivisation forcée, les déportations et les massacres provoqueront en quatre ans près de 2 millions de morts, soit environ un tiers de la population du Cambodge.
Quelques jours après la prise de la capitale, dans un appartement du 15e arrondissement de Paris, Billon Ung regarde, pétrifiée, les images diffusées à la télévision. Sur une photo en noir et blanc, elle reconnaît son mari, Ung Boun Hor, président de l'Assemblée nationale. Le 9 avril, il l'avait accompagnée à l'aéroport de Phnom Penh. Avant d'embarquer dans un des derniers avions autorisés à décoller, elle l'avait supplié, en vain, de fuir aussi. Elle lui avait préparé un costume de paysan et caché des bijoux dans un mouchoir, afin qu'il puisse gagner la Thaïlande incognito en cas de danger. Mais il avait préféré se réfugier dans l'enceinte de l'ambassade de France, pays ami.
A la télévision, un journaliste raconte que des événements dramatiques ont eu lieu dans l'ambassade. Les personnalités cambodgiennes réfugiées entre ses murs ont été livrées aux Khmers rouges ! Parmi elles, le mari de Billon Ung. "Je n'ai plus senti mes jambes, explique-t-elle vingt et un ans plus tard. Ma fille, qui avait 12 ans, est allée joyeusement embrasser l'écran en disant : "T'inquiète pas maman, papa va nous rejoindre". Moi, j'ai compris que tout était fini, que j'allais être seule et devoir tout assumer."
Arrivée à Paris avec 20 000 dollars dans une sacoche, Billon Ung ne reverra plus les magnifiques propriétés familiales. Son grand-père était l'homme le plus riche du Cambodge, son père présidait la Chambre de commerce. "Plus jeune, je ne regardais jamais mes comptes bancaires, soupire-t-elle. Je partais quand je voulais en vacances à Paris ou en week-end à Hongkong." Lors de son mariage avec Ung Boun Hor, Billon Ung avait été bénie par le roi et la reine. Le couple avait ensuite goûté avec bonheur à l'expatriation à Cuba.
Seule à Paris, travaillant comme documentaliste à la BNP, elle a dû s'occuper de ses quatre enfants, de ses quatre neveux et de sa mère. Le corps de son mari n'a jamais été retrouvé. Le Quai d'Orsay l'a éconduite, les épouses des ambassadeurs français, naguère compagnes de soirées, n'ont pas exprimé leur sollicitude.
En octobre 1999, Billon Ung a fini par déposer plainte contre X..., avec constitution de partie civile, pour connaître la vérité sur le sort de son époux. Une information judiciaire a été ouverte à Créteil pour "séquestration" et "actes de torture" et confiée à la brigade criminelle parisienne. Plusieurs juges se sont succédé. L'enquête est aujourd'hui enlisée, car le dernier, Jean-Marc Toublanc, doute de sa propre compétence juridique. "Cette position est étonnante, dans la mesure où les deux juges précédents avaient instruit sans souci", note Me Patrick Baudouin, avocat de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), qui s'est constituée partie civile. En mars 2006, le juge a demandé au parquet de se prononcer ; fin octobre, ce dernier a souhaité la poursuite de l'enquête.
Pourtant, le 3 janvier, M. Toublanc a signé une ordonnance d'incompétence. Le magistrat note que la plainte a été déposée contre X..., et non contre des individus précis, et que l'Etat français dans son ensemble ne peut être mis en cause. Pour l'avocat de Billon Ung, Me William Bourdon, la question centrale du dossier est de savoir "si le comportement des fonctionnaires français qui ont livré l'époux de Mme Ung Boun Hor aux autorités khmères s'inscrit dans le cadre d'un acte isolé ou constitue une réponse à des instructions données".
Malgré cet enlisement, le dossier livre des informations inédites sur ces trois semaines de huis clos en 1975 achevées par l'évacuation des réfugiés et des derniers Français, en convoi, vers la Thaïlande. Des informations d'autant plus intéressantes que le procès des Khmers rouges se profile enfin à Phnom Penh.
La France avait rompu ses relations diplomatiques avec le Cambodge après le coup d'Etat militaire de Lon Nol contre le prince et chef de l'Etat Norodom Sihanouk, en 1970. En l'absence d'un ambassadeur à Phnom Penh, le plus haut représentant de la France au moment des faits était le consul Jean Dyrac. Dans un télégramme du 14 avril, le ministère des affaires étrangères a rappelé au consul que sa mission se limitait à "garder les archives et effectuer des tâches strictement consulaires". Soit veiller au rapatriement de ses compatriotes, sans faire de vagues. Au moment de sa prise de fonctions, le personnel de l'ambassade, outre le consul, était réduit à sept personnes : deux gendarmes, le représentant du contre-espionnage, le Sdece (ancêtre de la DGSE), deux secrétaires, un militaire et un chiffreur.
Phnom Penh a été prise le 17 avril 1975, une semaine après l'évacuation de l'ambassade américaine. Le matin même, dans la panique générale, le prince Sirik Matak, ancien prétendant au trône, la princesse Manivane, ainsi que d'autres personnalités n'ayant pas choisi l'exil, se sont discrètement présentés à l'ambassade pour y trouver refuge. Ils avaient été précédés de quelques minutes par Ung Boun Hor. Refoulé une première fois, il avait été admis à l'intérieur au bénéfice d'un mouvement de foule. "Il était énervé et a exigé immédiatement une chambre, arguant de sa qualité de président de l'Assemblée nationale, a expliqué Jean Dyrac aux policiers, le 5 février 2002. Vu son état d'énervement, il a fallu faire intervenir les deux gendarmes français pour le soutenir et le faire pénétrer dans nos locaux, et l'installer dans les bureaux avec les autres personnalités."
Réduit, le personnel de l'ambassade était dépassé par les événements : outre les dignitaires, une foule de plusieurs milliers de personnes s'était rassemblée devant l'enceinte du bâtiment. Le gendarme Georges Villevielle était chargé avec un collègue de la sécurisation des lieux. "Très vite, vu l'étendue du parc, la faible hauteur de la barrière constituant l'enceinte, et le flux des réfugiés, nous avons été totalement débordés, raconta-t-il aux enquêteurs. J'ai même le souvenir d'avoir vu des Cambodgiens tentant de faire passer, par-dessus l'enceinte, assez loin du portail, un paralytique dans son fauteuil." Dans l'improvisation, le personnel s'est efforcé de répartir les arrivants entre les différents bâtiments : l'ambassade, le consulat, la résidence et le centre culturel. La majorité a pris place sur les pelouses. Peu après, le consul s'est présenté aux nouvelles autorités khmères de la ville. L'ethnologue François Bizot - auteur en 2003 d'un remarquable ouvrage, Le Portail (La Table ronde, 2000), qui relate notamment ces événements - servit d'interprète.
Une liste de notables cachés dans l'ambassade leur fut transmise. Les Khmers rouges les réclamaient, faute de quoi, a expliqué M. Bizot aux policiers français en citant les propres mots de ses interlocuteurs de l'époque, "les révolutionnaires iraient eux-mêmes les déloger dans leur cachette". Comment avaient-ils su que les dignitaires se trouvaient à l'intérieur ? Selon M. Dyrac, interrogé au téléphone par Le Monde, "il n'est pas impossible que parmi les réfugiés se (soient trouvés) des agents Khmers rouges". Les télégrammes diplomatiques, eux, montrent que les autorités françaises étaient disposées à donner les noms pour éviter un plus grand mal.
Le 18 avril, vers 18 heures, un officier khmer rouge au visage balafré s'est manifesté à l'entrée, accompagné d'un groupe armé de bazookas. Il a exigé brutalement la remise des dignitaires cambodgiens avant 8 heures le lendemain. Vers 20 heures, le consul est allé trouver les personnalités. Informées de l'ultimatum, elles auraient pris à l'unanimité la décision de se rendre, affirme le diplomate, qui explique cette décision par l'optimisme de ses hôtes, persuadés d'un retour au pouvoir de Sihanouk.
Tel n'est pas l'avis d'autres témoins français. "Ils ne se faisaient en tout cas manifestement aucune illusion sur leur sort, car M. Ung Boun Hor m'a demandé d'embrasser son épouse, de lui dire qu'il l'aimait, et qu'il allait mourir", a expliqué aux policiers le docteur Carlos Ripoll, qui dirigeait une maternité dans la capitale. François Bizot, lui, a souligné le dilemme que devait résoudre, seul, le diplomate français.
"Il faut bien comprendre que M. Dyrac avait à faire face à un véritable ultimatum, dont les conséquences pour la communauté des étrangers réfugiés dans le campus pouvaient, en cas de refus, être catastrophiques."
Le 19 avril, à l'heure matinale prévue, une Jeep et deux camions se sont arrêtés devant la grille. Sous une pluie diluvienne, la douzaine de personnalités cambodgiennes sont sorties dans leur direction, accompagnées par M. Dyrac. Le prince Sirik Matak et la princesse Manivane ont pris place dans la Jeep. Puis est venu le tour d'Ung Boun Hor, qu'"il a fallu soutenir brièvement en raison de son état de faiblesse, a raconté le consul aux policiers. A un moment donné, il s'est mis à genoux, et lorsque je lui ai donné l'assurance que Sirik Matak avait pris place dans la Jeep, il est monté sans trop de difficultés dans le camion. En tout état de cause, il n'a subi aucune contrainte."
Tant d'incertitudes entourent les derniers instants d'Ung Boun Hor dans l'ambassade ! Le temps a altéré les souvenirs. Une photographie publiée dans le magazine Newsweek, le 19 mai 1975, dit tout et son contraire. On y voit deux gendarmes en civil le soutenir, ou peut-être le forcer à avancer, on ne sait. Dans son livre La Déchirure (Presses de la Cité, 1985), Christopher Hudson raconta une autre histoire, corroborée par aucune autre source, selon laquelle Ung Boun Hor était accompagné de sa fille. Pris de panique, il se serait mis à courir, puis aurait trouvé refuge à l'arrière d'une Citroën garée dans l'enceinte, avant d'en être extrait. Selon l'écrivain, "le malheureux fut traîné hors de la voiture et à demi porté jusqu'au portail par les gendarmes". Acteur-clé de ces sombres journées, François Bizot, lui, réfute toute mesure de contrainte à l'égard d' Ung Boun Hor : "Je ne me souviens de rien qui puisse faire penser que les gendarmes aient forcé ce monsieur à sortir de l'ambassade", a-t-il assuré devant les policiers.
Médecin généraliste à Phnom Penh, Etienne Plagie a expliqué, lui, que le départ du dignitaire cambodgien avait donné lieu à des incidents. "Malheureusement oui, dans la mesure où M. Ung Boun Hor refusait de monter dans le camion benne posté à l'extérieur de l'ambassade... Je me souviens pertinemment que ce sont les deux gendarmes français, sous la menace des armes des Khmers rouges, qui devenaient de plus en plus nerveux, qui l'ont forcé à monter dans le camion." Nous avons retrouvé l'un de ces deux militaires. Aujourd'hui retraité, Pierre Gouillon, 67 ans, vit près d'Aurillac, dans le Cantal, où il s'occupe notamment d'enfants handicapés. L'Algérie, le Tchad, la Nouvelle-Calédonie : sa vie a été jalonnée de missions longues à l'étranger. La plus intense, il la vécut au Cambodge. Trois ans sans pouvoir sortir de Phnom Penh, à peine de l'ambassade. Se souvient-il d'Ung Boun Hor ? Bien sûr. Les policiers parisiens l'ont interrogé, lui ont montré la photo.
Pas simple de reconstruire un passé trentenaire. Mais une chose demeure cristalline dans son esprit : c'est lui qui l'a refoulé sans succès, une première fois, à son arrivée, avant que le dignitaire ne pénètre dans l'ambassade incognito, au milieu de la foule ; c'est lui également qui l'a raccompagné vers la sortie et remis aux Khmers rouges, deux jours plus tard. "J'étais un simple exécutant, résume-t-il sans fard. Il ne voulait pas y aller, il faut être franc. Il devait se douter de ce qui arriverait. Il s'est débattu, on l'a poussé. De toute façon, les Khmers rouges l'auraient chargé de force."
Piotr Smolar
Article paru dans l'édition du 17.01.07
" Lors d'un reportage sur les anciens Khmers rouges, nous avions rencontré François Ponchaud dans la banlieue de Phnom Penh où il vit depuis de nombreuses années.
Ce Père des Missions étrangères est l'auteur d'un livre-référence, "Cambodge, année zéro", paru en 1977. Il fut l'un des premiers témoins à alerter l'Occident sur l'horreur que Pol Pot et ses Khmers rouges firent endurer aux Cambodgiens de 1975 à 1979.
Trente ans après, les Khmers rouges - qui exterminèrent près de 2 millions de personnes - n'ont toujours pas été jugés. Un tribunal international, mis sur pied sous l'égide de l'ONU, devrait démarrer ses auditions cette année.
« Vous savez, au Cambodge, tout peut se passer et rien, philosophe François Ponchaud, au téléphone. Les Cambodgiens freinent très fort car ils ont peur d'être dépassés par les lois internationales. Donc ils demandent à renégocier l'accord passé en 2003 avec l'ONU pour la mise en place de ce tribunal. »
François Ponchaud est très sévère sur l'insistance des Occidentaux à vouloir juger les derniers responsables Khmers rouges encore en vie :
« Pendant des années, l'Occident n'a rien fait et il voudrait aujourd'hui donner des leçons ! Ça me rend furieux ! Si je suis appelé à témoigner, je le ferai d'abord contre le silence de la Communauté internationale durant les mois qu'a duré le régime de Pol Pot ; contre les Américains qui ont déversé 539 000 tonnes de bombes sur le Cambodge dans les années 70. Et ensuite, je poserai des questions aux Khmers rouges. »
Marc PENNEC.
Artcle du journal ouest france, Janvier 2007
Voilà le temoignage , d'un homme dont la vie est un exemple...Il y a un an, il ecrivait la preface du livre de Sabine Trannin, disparue dans des circonstances dramatiques et qui avait inauguree à Phnom Penh, le centre BOPHANA : lieu de la memoire du genocide... meme si certains d'entre nous avons dans ce post ecrit de choses similaires, j'ai pense utile de livrer ce texte à votre reflexion .
Pendant des années, l'Occident n'a rien fait et il voudrait aujourd'hui donner des leçons ! Ça me rend furieux ! Si je suis appelé à témoigner, je le ferai d'abord contre le silence de la Communauté internationale durant les mois qu'a duré le régime de Pol Pot ;.............
contre les Américains qui ont déversé 539 000 tonnes de bombes sur le Cambodge dans les années 70. Et ensuite, je poserai des questions aux Khmers rouges.
Ces deux assertions n'ont aucun lien. Les rassembler dans une diatribe fait perdre toute crédibilité.
Lucky that we have a home/Our Home is Nha May Man/Passing rain and dry seasons/In a full-of-love atmosphere/Besides my new family/I have brothers and sisters/The sun shines over the skies/Let's stay here, with all of us,
Il s'agit de la retranscription par un journaliste d'un entretien telephonique...Les phrases se juxtaposent ...Il peut y avoir peut etre une mauvaise interpretation.Il est clair que les choses ne sont pas liees, tu fais bien de le preciser .Cordialement
Analyse Khmers rouges, un procès en échec, par Francis Deron LE MONDE | 02.02.07 | 13h32 • Mis à jour le 02.02.07 | 13h32 Alors que la communauté internationale peine, malgré des résolutions des Nations unies, à intervenir dans le conflit au Darfour et à juger les coupables des crimes de guerre qui y sont commis, une vieille affaire pourrait la hanter à nouveau : le passage meurtrier des Khmers rouges au pouvoir au Cambodge voilà trois décennies. La décision de juger les responsables d'un drame qui a entraîné la mort de près d'un tiers de la population cambodgienne menace de s'enliser dans un débat procédurier. Si un échec intervenait dans cette mécanique judiciaire, mise en route depuis l'été 2006, il en résulterait un discrédit supplémentaire pour l'ONU - financier, à hauteur de 56 millions de dollars (43 millions d'euros), pour trois ans à partir de 2006 - et pour l'idée de justice internationale.
Le régime du "Kampuchéa démocratique" a causé la mort de 1, 7 à 2 millions de personnes entre avril 1975 et janvier 1979. Les conditions de ces décès, dus aux tortures et aux famines, ont peu d'équivalent dans la seconde moitié du XXe siècle. Plusieurs de ses responsables sont morts, dont le chef politique Pol Pot et le chef militaire Ta Mok. D'autres, comme le chef de l'Etat, Khieu Samphan, le chef de la sécurité, Nuon Chea, ou le ministre des affaires étrangères, Ieng Sary, sont encore en vie.
Il a fallu près de dix ans pour mettre sur pied une instruction judiciaire proche de l'esprit du procès de Nuremberg. Il a fallu des compromis avec les actuels gouvernants du pays. Au Cambodge, la justice internationale a accepté de s'intégrer, sous la pression du pouvoir politique, dans la justice nationale.
Dans le cas du Cambodge, il fallait donc, pour espérer juger les criminels, élaborer un dispositif spécifique. Ce qui fut fait sous la forme, sanctionnée par l'ONU, d'un tribunal "mixte" international et local (le seul autre exemple est celui du tribunal sur la Sierra Leone). Dix-sept juges cambodgiens et douze juges étrangers se sont ainsi retrouvés, en juillet 2006, dans cette instance d'une forme inhabituelle. Elle va recueillir des témoignages sur des massacres qui ont donné lieu à une documentation abondante et à de nombreux ouvrages d'histoire.
Le tribunal ne fut pas institué sans réticences d'Etats puissants, à l'ONU notamment. Les anciens dirigeants khmers rouges, embarqués dans une utopie totalitaire qui les avait poussés à ramener toute la population à l'âge de l'agriculture primitive, avaient, au plan international, réussi à "mouiller" bien des pays dont les gouvernants n'étaient guère partisans d'un déballage public à travers un procès médiatisé.
Il en fut ainsi de la Chine, leur inspiratrice "révolutionnaire" à l'époque. Il en fut de même des Etats-Unis, lorsqu'ils furent chassés, en 1979, de Phnom Penh par le Vietnam allié à l'Union soviétique. Et, dans la foulée, de tous les pays qui continuèrent longtemps à voir dans les anciens responsables du "Kampuchéa démocratique", réfugiés dans la forêt de la frontière thaïlandaise, les "légitimes représentants" de la nation cambodgienne à l'ONU (pays européens, voisins de la région, etc.).
L'actuel "patron" du régime cambodgien, le premier ministre Hun Sen, a lui aussi freiné des quatre fers pendant de longues années devant les appels à un procès des Khmers rouges. Lui-même a été un ancien commandant sous le régime de Pol Pot, avant de se réfugier au Vietnam pour fuir les purges internes. Il n'est pas tenu pour responsable de massacres de masse commis à partir de la fin 1975. Mais M. Hun Sen s'appuie, entre autres, sur une nomenklatura d'anciens cadres khmers rouges, naturellement réticents face à une trop grande introspection nationale. On est là au coeur des difficultés d'où le tribunal chargé de juger les Khmers rouges ne parvient pas à s'extraire depuis l'automne 2006.
SPÉCIFICITÉS DU DROIT NATIONAL Les juges cambodgiens, proches du gouvernement, se retranchent derrière des spécificités du droit national - héritage colonial français - pour dénier aux juristes internationaux des libertés d'action qui sont acceptées dans d'autres tribunaux de nature onusienne. Il en est ainsi en matière d'interrogatoires, de comparutions, de présence d'avocats étrangers de la défense, etc. Il en résulte une incapacité à adopter un code de procédure interne qui permettrait aux procureurs de présenter des cas précis de dossiers d'inculpation qui sont déjà bien avancés.
Le "coprocureur", expert canadien en crimes de guerre, Robert Petit, qui a participé à quatre des expériences judiciaires de la génération "post-Nuremberg" - un tribunal "ad hoc" (Rwanda), un tribunal "mixte" (Sierra Leone) et deux tribunaux nationaux sous administration internationale (Kosovo, Timor-Oriental) -, affecte d'observer avec flegme les atermoiements actuels. "Normal", dit-il, compte tenu des sensibilités locales. Il indique aussi que plusieurs dossiers sont prêts.
Pour sa part, le juge français, Marcel Lemonde, commence à laisser entendre qu'on ne peut pas tourner en rond éternellement. Un prochain rendez-vous institutionnel, en mars ou en avril, devrait pouvoir aboutir à un accord permettant un procès équitable pour les familles de victimes et les groupes d'action humanitaire qui ont arraché à l'oubli des milliers de charniers et de traces de centres de torture. "Cela n'est pas négociable", souligne-t-il.
La partie d'échecs est d'autant plus serrée que M. Hun Sen n'est pas totalement hostile à un procès qui relégitimerait son pouvoir contesté. La corruption généralisée prive de crédibilité son gouvernement et le contraint à recourir à des méthodes énergiques pour garder le contrôle du pays. En 1979, un premier "procès", par contumace, de deux des dirigeants khmers rouges alors les plus en vue, Pol Pot et Ieng Sary - procès auquel M. Hun Sen n'avait pas été étranger -, avait été un fiasco total sur le plan médiatique. Il avait été conduit sous supervision vietnamienne, sur le mode des procès staliniens.
Mais le premier ministre entend rester maître du processus. Le gouvernement de Phnom Penh ne serait pas le seul perdant dans un naufrage du Tribunal spécial Khmers rouges. La restauration de la paix au Cambodge fut, en son temps, après les accords de Paris de 1991, âprement négociée par la France au risque de quelques compromissions avec les "patrons" chinois des Khmers rouges. Ce fut la plus coûteuse opération des Nations unies depuis leur fondation. Un échec dans l'aboutissement logique de cette entreprise, aujourd'hui, serait une humiliation internationale. Francis Deron Article paru dans l'édition du 03.02.07.
Justice pour le Cambodge est une association sans but lucratif créée en France. Elle a pour mission de promouvoir les droits des victimes devant les Chambres Extraordinaires qui siégeront au Cambodge pour juger les dirigeants du régime khmer rouge et des principaux responsables des crimes commis sous l’empire du régime dit « Kampuchéa démocratique » entre 1975 et 1979.
Le témoignage d’Amara
Mes Parents :
Ma mère : Lakhena
née le 20 décembre 1945 ;
mariée en 1962 à Sokun.
Mon père : Sokun
né en 1938 - décédé (« porté disparu ») en 1977.
Les six enfants :
Vanna :
née en janvier 1965 ;
Serey :
née en 1967 ;
Virak :
né en février 1970 ;
Kim Ly :
née en août 1972 ;
Vatha :
né en juin 1974 ;
Amara
née en janvier 1976 ;
Avant la guerre :
Situation familiale :
Papa : instituteur à l’école de Battambang puis peu avant le régime des Khmers Rouge (« KR »), il a suivi des cours pour se titulariser en tant que professeur d’anglais et de français. Lorsque les troubles politiques se sont installés, il a dû arrêter ses cours et a commencé à enseigner dans deux établissements privés de 1973 à 1975
Maman gardait les enfants au foyer
1973 - début 1975 :
Papa est en relation avec 3 journalistes américains travaillant à Aran en Thaïlande
En 1974, ils lui proposent de venir s’installer à Aran pour y vivre à cause des problèmes politiques du Cambodge puis d’aller aux Etats-Unis avec eux
Début 1975 : Grâce à son contact avec ses amis journalistes, papa savait qu’il fallait quitter le Cambodge rapidement avant l’installation du régime KR. Il avait vendu notre propriété et avait l’argent en main pour quitter le pays, mais maman a refusé de s’en aller à cause de ses petits frères et sœurs, qu’elle attendait pour tous partir ensemble. En fin de compte, à force d’avoir trop tardé, notre famille n’a pas pu sortir du Cambodge avant la guerre civile
Après le 17 avril 1975 :
Environ 3 jours après le 17 avril 1975 : évacuation de la ville de Battambang. Les KR n’avaient pas encore le pouvoir en main. Ils nous avaient menti en disant qu’on devait évacuer Battambang afin de leur donner le temps d’aménager la ville. Mais nous savions que c’était un exode définitif car un ami de papa nous avait prévenus. Nous avons donc embarqué toutes nos affaires sur moto et charrette
Notre famille a erré pendant 4-5 jours :
La première nuit, toujours dans les environs de Battambang : on a dormi chez yeïLei (son fils était un élève de papa)
Puis maman a voulu aller chez ses parents à Preah Neth Preah mais à mi-chemin, notre route était barrée par les KR et nous avons dû faire demi-tour. Nous sommes alors allés à Omal pendant quelques jours et avons logés chez un autre élève de papa
20 avril- 20 août 1975 :
Arrivés à Viel Pô (endroit sec et aride) où nous sommes restés 5 mois
Papa a construit une petite cabane avec l’autorisation des paysans de la région : nous y vivions avec toute notre famille, la belle-sœur de maman, ses enfants et sa mère âgée. Pour subvenir à nos besoins : troc de bijoux, médicaments, vêtements...
De temps en temps, papa est appelé pour assister à des réunions des KR
En ce temps-là, les profs n’étaient pas encore massacrés, seulement les militaires, policiers... Les KR ne sont pas encore bien organisés mais papa a dû accepter de collaborer avec eux car ils disaient que cela risquait sinon de faire du tort à sa famille. Les KR ne parlaient pas avec des paroles brutales mais toujours avec des sous-entendus
La première mission de papa était de représenter les KR auprès des villageois pour parler de l’idéologie KR et des bienfaits qui découleraient de leur ralliement à la cause
Inondation des rizières à Viel Pô : appelés alors à aller à Omal (même région que Viel Pô)
A Omal (lieu de résidence durant 3 ans de fin août 1975 à mi-juillet 1977) :
Toute la famille vit dans une maison abandonnée, en piteux état, où personne ne voulait vivre car dite « hantée ». La pluie s’y infiltre et mouille plus de la moitié de nos affaires
Pas de possibilité de se servir de la monnaie courante car elle n’est plus utilisée durant ces troubles. Marché noir et système de troc
Un mois après notre arrivée à Omal, les KR se sont appropriés tous les biens des gens. Ceux qui cachaient leurs bijoux et qui ont été pris ont été tués. Papa a donné tous nos bijoux par peur de nous faire exterminer par les KR. Maigres portions de nourriture et climat de terreur. Village sectorisé par quartiers pour rationner (nourriture) et surveiller les gens
La nuit, maman entend des cris et des hurlements de torture qui proviennent de Pnhom Sampoeu, à environ 10 km d’Omal. C’est là que les KR tuaient des gens en secret
Après quelques mois à Omal, Vanna est partie de plein gré dans les camps de travaux forcés pour jeunes filles KR : elle voulait découvrir le « monde des KR » car elle ne s’entendait pas avec maman et Serey et qu’elle était éprise de liberté. Avant la disparition de papa, Vanna s’amusait bien dans ces camps car elle se faisait des amies (esprit de bonne camaraderie) et était bien considérée pour son esprit d’initiative patriotique
Début du système de travail forcé :
Maman faisait de l’agriculture, était porteuse d’eau, etc... Heures de travail exténuantes. Très peu de nourriture pour tous et de ce fait, les gens mangeaient ce qu’ils pouvaient trouver : des patates douces, du maïs, du manioc. A cause du dur travail, maman était très maigre. Malgré tout, notre région était moins sévèrement touchée par la famine que d’autres endroits où des gens mouraient de faim
Maman, à 5 mois de grossesse d’Amara, a été témoin d’un meeting des KR pour imposer crainte et obéissance : deux hommes sont battus à mort à coups de bâtons aux yeux de tous
Naissance d’Amara : pas de lait maternel à lui donner. Nourrie de temps à autre par une femme ayant accouché en même temps que maman. Puis, quand Amara a eu deux mois, elle a été nourrie avec de la soupe de riz et banane cuite à l’eau
Deux jours après naissance d’Amara, nouveau meeting où un homme est tué à coups de machette. Maman, encore fragilisée par son accouchement, est très mal et terrorisée. De plus, elle a l’obligation de retourner vite travailler à la rizière
Vers février 1976 :
Vanna : travaux en rizière pour monter des digues + barrières pour préserver les lots de rizière + travaux divers de rizière. Vanna bénéficiait de la protection de sa chef de camp car le père de cette femme, était le parrain de papa + en tant que fille d’un mé kang, personne n’osait lui faire de mal à cette époque
Virak : est envoyé à Viel Pô pour ramasser les bouses de vaches pour la fertilisation des rizières
Pour Virak, la vie est extrêmement difficile car à cause de son comportement très craintif et timoré, il se fait battre. Ses camarades le poursuivent à coups de pierres pour l’insulter, l’humilier et lui voler régulièrement sa nourriture
Serey, Kim Ly, Vatha et Amara : avec maman. Lorsque maman va travailler, Serey s’occupe de nous
Dès son arrivée à Omal, activités de papa :
Forcé de prêter serment de ne plus aimer sa femme et ses enfants et de servir sa patrie. Lorsqu’il a refusé, les KR l’ont enfermé pendant trois jours et trois nuits dans une fosse d’excréments. Les voisins ont prévenu ma mère. En sortant de cette fosse, maman ne lui a pas posé de questions de peur de le chagriner encore plus. Que lui est-il réellement arrivé ? Que lui ont-ils fait ? Car depuis ce jour, il a suivi les KR sans jamais protester. Avant, il ne fumait pas, à compter de ce jour, il devait fumer comme le faisaient les KR. Il avait dit à maman qu’il devait suivre les directives des KR par peur de représailles sur sa femme et ses enfants. Il a commencé à communiquer très peu avec maman sur ses faits et gestes avec les KR afin de la protéger. Maman et papa devaient toujours se parler à voix basse dans la maison par peur des soldats KR qui passaient la nuit sous les maisons (sur pilotis) des gens pour espionner.
D’abord, papa est d’abord responsable de 300 jeunes hommes célibataires destinés aux travaux des champs (moisson, barrages) pendant 4-5 mois puis il devient responsable auprès de couples mariés pour les travaux des champs
Durant le régime KR, papa avait toujours dit à maman que s’il lui arrivait quoi que ce soit, il fallait qu’elle emmène tous les enfants en France car c’était là qu’elle pouvait trouver refuge auprès de la grande sœur de maman qui vivait déjà en France à cette époque. Au temps où il lui disait ces paroles, il savait que ses fonctions au sein du régime KR n’allait pas le protéger de la mort (climat de suspicion et de délation)
Témoignage d’un collègue KR de papa à maman : lui, il avait avoué avoir tué des gens par peur de désobéir aux KR mais il racontait que papa refusait de s’y plier et disait à ses supérieurs KR « qu’il préférait être tué plutôt que de tuer quelqu’un ». Son ami n’a pas dit à maman les conséquences découlant du refus de papa de ne pas tuer car les activités des uns et des autres restaient très secrètes entre chefs KR
Lorsque papa revenait de temps en temps à la maison, il disait à maman que grâce à l’écoute d’une radio américaine, il suivait l’évolution de la politique du Cambodge et était certain que le régime KR allait bientôt être renversé
Au bout d’un an, papa revenu au village pour être responsable d’une commune : il avait reçu le titre de « mé sakha kor ». Cependant, à la saison du repiquage du riz, papa a été accusé d’avoir laissé le riz s’abîmer :
un des chefs KR, sous l’autorité de papa, l’a accusé de faire partie de la CIA, d’avoir fait exprès d’abîmer le riz et d’être un « faux » paysan .
Après le départ de papa, cette personne a été nommée à la place de papa dans la position qu’il convoitait mais par la suite, il a été tué par les KR
Suite à cela, papa devait mourir mais son supérieur KR, avait de l’amitié pour lui et l’a envoyé exécuter d’autres travaux à Sam Laut, à la frontière thaïlandaise (près de Ban Pailin). Il y est resté jusqu’à mi-juillet 1977, date à laquelle il a été « porté-disparu »
A Sam Laut, papa reste toujours sous la surveillance d’un soldat KR sur ses faits et gestes. Il devait avoir un rôle de responsable tout en faisant le travail d’un employé. Il était forcé de travailler plus dur et plus longtemps que les autres car il était déjà mal vu par les KR et ils attendaient de le voir mal faire son travail pour avoir une raison de l’exécuter .
Puis papa a eu une forte crise de paludisme et a été envoyé pendant 1 semaine à Pnhom Sampoeu pour se faire soigner. Il a rencontré un ami de la famille, qui lui a proposé de s’enfuir. Papa lui a répondu que (i) ce n’était pas possible car les KR surveillaient étroitement la frontière thaï, spécialement à Sam Laut, et qu’il avait entendu dire que ceux qui avaient tenté de s’échapper s’étaient fait tuer et que (ii) les mines antipersonnelles dans les forêts décourageaient les tentatives de fuite
Le 10 juillet 1977 :
Disparition de papa
Témoignage du parrain de papa, sur le jour de sa disparition :
Papa est descendu de voiture en vitesse, escorté par les KR, et lui a remis toutes ses affaires personnelles. Papa a demandé à son parrain de promettre de dire à maman qu’il allait partir sur un autre chantier KR
Le parrain de papa ne s’est réellement exprimé librement sur les circonstances de la mort de papa que plusieurs années après la disparition de celui-ci. Il savait que papa allait se faire exécuter mais n’a jamais voulu le dire directement à maman afin de se conformer à la volonté de papa : nourrir l’espoir de maman afin qu’elle continue d’avoir la force mentale et le courage nécessaire pour s’occuper de ses six enfants
Après la disparition de papa :
Lorsque Vanna a appris l’exécution de papa, sa vie est devenue un cauchemar. Même si elle ne s’était jamais vraiment entendu avec son père, elle l’aimait et l’a seulement su quand il est mort. Haine et pensées meurtrières dans sa tête. Ce jour-là, elle aurait pu massacrer de sang-froid la personne qui avait tué son père (événement très marquant dans sa vie)
trois jours après le 11 juillet 1977 : tous les enfants (Vanna, Serey et Virak) ont été rapatriés vers maman. Ce jour même, nous avions été informés qu’à minuit, nous allions être emmenés à Mong Serei (endroit réputé où les KR tuaient des gens). Mais finalement vers 3h du matin, rien ne s’est passé. Plus tard, on a appris qu’une personne très influente parmi les KR et qui estimait papa, avait intercédé en notre faveur en disant que papa avait déjà été tué et « puni » et que les KR n’avaient plus besoin de s’acharner sur sa famille
Vers 15 juillet 1977 :
nous avons été envoyés à Viel Pô pour travaux forcés encore. Pour s’y rendre, longue marche exténuante pour les enfants, surtout pour Vatha et Amara, petits en âge. Amara a fait une grosse crise de colère et a jeté tous ses vêtements dans une mare pour montrer sa désapprobation. En fait, maman avait toujours peur des réactions brutales d’Amara devant les KR, de peur de se faire remarquer et de se faire frapper
Pour nous punir, nous avons tous vécu pendant 1 semaine dans une soue (pour les cochons)
Vers 22 juillet 1977 :
Après Viel Pô, nous avons été envoyés à Toul Pô : camp de travaux forcés pour les veuves d’anciens exécutés par les KR pour les punir. Restés là jusqu’à l’arrivée des Vietnamiens
Vanna + Serey : envoyées à environ 10 km de Toul Pô pour travailler sur les digues et les barrières et à la culture des rizières. Travail du lever du soleil jusque vers 23h. Le jour, les filles étaient parfois témoins d’exécutions soit-disant « justes », mais le soir elles entendaient des cris de torture de ceux qui étaient tués en cachette par les KR
Virak : envoyé à environ 3 km de Toul Pô pour travaux des champs (ramasser les bouses de vaches, arracher les mauvaises herbes...)
Maman, Kim Ly, Vatha et Amara : ensemble dans une petite cabane délabrée pour chasseurs (2 m largeur, 3 m longueur et 1 m hauteur). Il y avait une fourmilière dans cette cabane et la pluie s’y infiltrait. Très dur d’y vivre
Activités :
Maman :
Travail 7 jours sur 7 de 4h à 24h. Le jour : fauchage des plants de riz et la nuit : battage des graines de riz
Maman avait toujours peur de se faire remarquer et travaillait sans broncher. Elle avait la force de travailler en pensant que son combat était pour la survie de ses enfants
Vatha (5 ans) :
Petit garçon à l’esprit inventif et autonome. Allait chercher des crabes, des rats des champs, des petits poissons pour compléter la nourriture donnée par les KR
Amara lui volait souvent ses rats des champs pour les manger, même crus, à cause de la faim. Vatha pleurait en silence quand il découvrait qu’il n’y avait plus rien à manger pour lui
Kim Ly (7 ans) :
Très tête en l’air, ne gardait pas la maison et on se faisait souvent voler nos affaires
Elle devait aller en travaux forcés (car entrée en camps de travaux à partir de 6 ans) mais elle n’avait pas pu répondre aux exigences des KR pour prouver sa maturité, c’est-à-dire capacité à passer son bras d’un côté de l’épaule et toucher son autre oreille
Seule très souvent à la maison, Kim Ly entendait les propos des adultes sur les actes de violence des KR et de ce fait, avait cultivé une profonde crainte qui l’avait amenée à devenir une petite fille très secrète, renfermée, peu bavarde, vivant dans un monde à part
Amara :
Gardée par une vieille femme, qui la battait tous les jours (traces de coups et de bleus) mais maman ne pouvait pas porter plainte par peur de subir des représailles
Amara pleurait très souvent parce qu’elle réclamait sa mère et ne comprenait pas lorsque maman lui expliquait qu’elle était obligée d’aller travailler pour les KR. Elle pensait que sa mère l’abandonnait exprès. Elle pleurait aussi souvent à cause de la faim
Tous les deux ou trois mois, les enfants plus grands revenaient voir maman sous autorisation des KR
Vers le 22 janvier 1978 :
6 mois après notre arrivée à Toul Pô, lors d’un meeting, on a annoncé de façon formelle les raisons de l’exécution de papa : membre de la CIA, mauvaise gestion de la culture du riz ( = condamnable par les KR car signe de mauvaise intention envers le nouveau régime), accusé de ne pas aimer son peuple et de parler Anglais. Cette annonce avait été diffusée par haut-parleur, et même là où se trouvaient Vanna et Serey dans un autre camp. Maman effrayée de subir encore plus de mauvais traitements...
En effet, une fois cette annonce rendue publique, maman a commencé à subir harcèlements moraux et physiques.
L’une des chefs de la section de Toul Pô (toutes des femmes dirigeantes car lieu de travaux forcés pour les veuves d’anciens exécutés), autrefois ancienne petite aide-nounou de maman avant la guerre, s’acharnait sur elle pour la punir d’avoir été sa « servante ». Elle la faisait travailler plus longtemps que les autres.
Au lieu de s’occuper du riz, maman était dorénavant assignée aux fonctions de porteuse d’excréments d’humains et d’animaux dans les rizières pour fertilisation : ces travaux ont laissé des cicatrices (brûlure dues aux substances des excréments) sur son corps jusqu’à ce jour.
A Toul Pô, maman devait aussi plonger régulièrement dans un grand marécage pour aller couper des roseaux pour fabrication de tapis : encore à ce jour, cicatrices de sangsues sur son corps
Pour Vanna, l’annonce officielle de l’exécution de papa ne lui avait pas valu trop de maltraitances car protégée par la responsable du camp de jeunes filles, fille du parrain de papa
Vers début janvier 1979 :
Avec l’approche des soldats vietnamiens, dans les environs de Toul Pô : insurrections et beaucoup de fusillades et de morts. Beaucoup de remue-ménages, comme en avril 1975. Un vieux monsieur, heureux de l’arrivée proche des Vietnamiens, était sorti de sa cabane avec son sarong coloré neuf et avait dit « les Vietnamiens vont venir nous libérer ! » puis a été tué sur-le-champ devant maman. Cinq hommes issus des villages voisins de Toul Pô avaient essayé de s’enfuir mais ont alors été tués par les KR devant la cabane de maman
Une semaine avant l’arrivée des Vietnamiens, toute notre famille et celles de deux exécutés par les KR appelées à une réunion. Le but : exterminer les familles de tous ceux qui avaient été exécutés par les KR. Les deux familles présentes ce jour-là à ce meeting ont été brûlées. Maman n’était pas au courant de cette réunion car partie accueillir sa belle-sœur, en provenance d’un village libéré des KR depuis peu par les Vietnamiens. N’ayant pu participer à cette réunion, et en raison du chamboulement des événements, notre famille a été épargnée
Pendant que maman était partie chercher sa belle-sœur, Vanna, Serey et leurs petits frères et soeurs au village voyaient les gens s’enfuir avec affolement, et entendaient des bruits de mitraillettes (combats entre KR et ceux qui s’insurgeaient) et des cris. Tout le monde avait quitté le village sauf les enfants de maman et quelques villageois qui n’avaient pas encore fini de faire leurs bagages
Lorsque nous avons quitté le village in extremis, les KR étaient juste derrière nous pour prendre captives les familles qui étaient restées et les emmener dans la forêt
Nous sommes restés deux jours à Toul Pô puis allés à Battambang
Après notre libération des KR :
Janvier- mars 1979 : à Battambang :
nous avons vécu trois mois à côté de l’hôpital, dans l’immeuble de l’ancien service des douanes, lieu de résidence pour environ trente personnes réfugiées. Durant les trois mois, système de troc pour avoir du riz : en échange de nos médicaments, vêtements, or, mangues...
Avril-mai 1979 :
Après avoir vécu dans le bâtiment de la douane de Battambang, maman a envoyé tous les enfants vivre chez notre tante (sœur de papa) durant deux mois à Tcha Ak (village de Battambang)
Les enfants à Tcha Ak vivaient de façon autonome sous le toit de leur tante. Elle leur procurait le logement mais pas la nourriture. Vanna (14 ans) et Serey (12 ans) s’occupaient de leurs petits frères et sœurs à tour de rôle et une fois sur deux, allaient vendre des mangues, des médicaments, des vêtements pour avoir de quoi se nourrir en attendant le retour de maman
Maman partie avec son beau-frère (mari de ma tante) à Sisophon (à la frontière thaï) pour se renseigner sur les moyens possibles de sortir du Cambodge et pour faire un peu de commerce (troc) en vue de financer notre départ du Cambodge
A Sisophon, les bandits avaient engagé des combats violents avec les marchands qui faisaient du commerce au noir le long de la frontière thaï. A cause de cela, maman a dû s’en aller un peu plus loin, à Khok Kchoung, l’endroit où se situait la base militaire des Khmers Serei. Elle avait entendu dire qu’un certain Sokun s’était engagé dans l’armée des Khmers Serei : malheureusement, ce n’était pas papa
A Khok Kchoung, combats entre les Khmers Serei et les bandits. La jambe de maman avait été piétinée par quatre personnes affolées circulant à vélo. Restée une semaine le temps de guérir, en se cachant dans la forêt à cause des combats meurtriers
Une fois sa jambe désenflée, maman est partie à Sisophon et y est restée deux semaines chez une amie pour calculer son plan de sortie du Cambodge
Après Sisophon, retour à Battambang. Toute la famille y est restée trois jours puis nous avons commencé notre long voyage pour fuir le Cambodge
Juin 1979 : voyage en moto (location) puis à pieds vers Sisophon (deux jours) puis voyage en compagnie de centaines d’autres familles en fuite durant trois jours et trois nuits pour aller à Khok Kchoung : traversées de forêts, de rizières, de marécages...Ceux derrière nous sont morts en marchant sur des mines antipersonnelles et ceux de devant pareillement = beaucoup de morts et de blessés. Il restait ceux du milieu de la file. Au début des trois jours de voyage, 24h sans manger ni boire car marche dans marécages et nos affaires personnelles avaient été abandonnées au fur et à mesure par fatigue et désespoir. Notre groupe a aussi été attaqué par des bandits (pas notre famille car plus rien à donner)
Après le voyage exténuant, arrivée à Nang Chan. Nous avions tous très faim et bien sûr rien à manger. Vanna, Serey, Virak et Kim Ly avaient les larmes aux yeux de voir les gens manger et pas nous. Vatha, très courageux, n’osait pas se plaindre malgré son jeune âge. Amara hurlait de colère et ne comprenait pas pourquoi on ne lui donnait pas à manger. Voyant ses enfants affamés, maman était si désespérée et impuissante...
Puis, durant la nuit, logés et finalement nourris par les Khmers Serei avant d’aller à Khok Kchoung
Juin-août 1979 :
Enfin, arrivée à Khok Kchoung, camp des Khmers Serei appelé « Tchoroum Tmeï » où nous sommes restés trois mois, le temps de faire commerce de pastèques, ananas... pour économiser de l’argent pour sortir du Cambodge et pour attendre certains membres de la famille de maman
Chaque jour, un convoi de l’ONU venait récupérer tous ceux qui fuyaient le Cambodge pour les emmener en camps de réfugiés
Mais au bout de trois mois, fusillades entre KR et Khmers Serei : à cause des morts et des blessés, un convoi de l’Onu est alors venu au secours.
Nous avons été embarqués pêle-mêle, à destination de Khao I Dang, un camp pour réfugiés en Thaïlande.
Vanna et Serey étaient furieuses contre maman d’avoir attendu de frôler la mort avant de quitter enfin « Tchoroum Tmeï » et d’être embarqués comme du bétail dans le convoi d’urgence de l’ONU alors que nous pouvions bénéficier de meilleures conditions de transport avant cet événement
Dans les camps de réfugiés :
Août 1979 - septembre 1980 : Khao I Dang : restés là environ un an et deux mois sous contrôle militaire thaïlandais
Lieu très dangereux car viols et meurtres chaque nuit. Maltraitance des soldats thaï sur les réfugiés. Enfermés dans le camp par des fils barbelés. Surveillance étroite. Maman très effrayée pour ses enfants. Système de rationnement de nourriture
A Khao I dang, la belle-sœur de maman nous a confié ses deux enfants pour qu’on les emmène avec nous
Durant la nuit, Virak faisait de gros cauchemars et était somnambule : il se promenait à cloche-pied et dans son rêve, il suppliait à chaudes larmes d’avoir un bonbon auprès de son chef de camp. Parfois, il montait sur le toit de la cabane et allait sauter du toit. A plusieurs reprises, nous avions dû l’arrêter in extremis. Une fois réveillé, il ne se souvenait de rien et les autres enfants se moquaient beaucoup de lui
Durant tout ce laps de temps, maman prenait des cours de couture et les enfants étaient scolarisés. Vanna apprenait l’Anglais car elle ne savait pas encore vers quel pays d’accueil nous allions être appelés
Septembre 1980- janvier 1981 : après Khao I Dang, nous avons été envoyés à Chonburi (à Banthad : camp de réfugiés) et y sommes restés cinq mois.
Meilleure sécurité qu’à Khao I Dang. Pas de maltraitance
Vanna avait commencé à apprendre le Français car nous avions réussi nos tests de droit d’entrée comme réfugiés politiques auprès de l’ambassade de France
Mi-janvier - mi février 1981 : envoyés à Suan Phlu (prison et lieu temporaire d’attente de déportation) durant un mois en vue d’attendre notre appel pour exil en pays d’accueil
Beaucoup de réfugiés laotiens, vietnamiens et cambodgiens étaient à Suan Phlu et nous vivions tous sous détention comme des prisonniers
Ambiance terrible, comme à Khao I Dang. Violence, humiliations, insalubrité, nourriture avariée... Nourriture jetée en l’air : si pas moyen de l’attraper, rien à manger. Mais ceux qui avaient de l’argent pouvaient s’acheter à manger. Mais pas notre famille, et on devait supporter de manger ce que les soldats thaï nous donnaient
Arrivée en France :
19 Février 1981 :
Arrivée au centre d’asile pour réfugiés à Créteil. Restés deux semaines
Adaptation difficile au niveau de la nourriture. On confondait les pommes avec des pommes surettes de chez nous. On n’arrivait pas à manger la nourriture française. Maman faisait des provisions de pain et de sachets de sucre, de sel... de peur de l’avenir. Nous attendions que le pain ait moisi avant de le jeter avec grand regret
Sentiment de petitesse et d’infériorité en arrivant sur le territoire français : maman ne parlait pas Français, n’avait plus rien exceptés les souvenirs douloureux de son pays...
Puis une association catholique s’est occupée de nous et a envoyé maman prendre des cours de Français à l’Alliance française et les enfants ont tous été pris en charge par des familles d’accueil (sauf Amara car trop petite en âge)
De février à juillet 1981 : Nous vivions tous les neuf (maman, les six enfants et son neveu et sa nièce) à Montreuil-sous-bois (dépt 93) dans un F2
Lorsque mon oncle et maman entendaient des bruits de sirène de pompiers, ils nous faisaient tous nous cacher sous la table ou le lit : ils pensaient qu’on allait être bombardés
A cette époque, maman a commencé à réaliser le cauchemar qu’elle avait vécu au Cambodge et que papa devait certainement être mort puisque sans nouvelle directe ou indirecte de lui. Elle était très maigre et avait une mine cadavérique malgré son jeune âge (36 ans). Une amie française, l’a emmenée chez un psychiatre pour se faire soigner mais maman a très mal supporté les médicaments pour la dépression et a dû arrêter de les prendre. De plus, le problème de la langue ne lui permettait pas de bien se faire comprendre du médecin
Après Montreuil, nous avons habité à Fontenay-sous-Bois
Situation de maman :
Février - avril 1981 : maman a suivi des cours de Français à l’Alliance Française. Les enfants étaient tous en familles d’accueil
Oct 1981 - oct 1986 : maman a travaillé dans une entreprise de fabrication de lampes
Nov 1986 - nov 1987 : chômage
Déc 1987 - déc 1988 : couturière
Janv 1989 - sept 1992 : employée dans diverses sociétés + chômage
Oct 1992 à ce jour : Aide-ménagère pour le service aide-ménagères
Durant son activité comme aide-ménagère, maman a fait une dépression pour harcèlement moral (infantilisation, humiliations, brimades constantes, etc..)
En février 2004, maman a été consulter un psychiatre. Maman est depuis en congé maladie pour dépression
Vanna :
au début, elle avait suivi des cours de Français à l’Alliance Française
Ses souvenirs de la guerre au Cambodge :
Soucis de santé et fragilité psychologique :
depuis la mort de papa : événement si douloureux qu’elle en parle très difficilement et sentiment de haine, de colère et de vengeance qui remontent quand elle se souvient de ce jour précis où elle a appris l’exécution de papa
soucis de santé durant de longues années depuis son arrivée en France à cause de la guerre, de la faim, de la peur, des dures conditions de vie dans les camps de réfugiés en Thaïlande, son adaptation difficile sur le territoire français... Vanna fait une dépression depuis de nombreuses années
Le mari de Vanna garde aussi des séquelles très vives de la période KR car il avait été enrôlé de force par les KR durant leur régime. Il fait depuis très longtemps de violents cauchemars sur les atrocités vécues. Lui et sa femme ne parlent que très rarement du passé KR dans l’espoir d’oublier le mal subi
Serey :
Serey a tout de suite été vivre chez notre tante, sa mère adoptive depuis toute petite. Elle n’a jamais souffert les privations endurées par le reste de la famille chez maman en France car notre tante avait les moyens de prendre soin d’elle matériellement
Elle vit actuellement aux Etats-Unis avec son mari et ses deux enfants
Malgré les horreurs du régime KR, Serey n’a pas autant souffert des conséquences de la guerre que Vanna et ses autres frères et sœurs car fort caractère et très bien prise en charge par sa mère adoptive depuis toute petite (gâtée, choyée, aimée). Elle s’en est aussi bien sortie grâce à sa vie épanouissante actuelle
Virak :
Lorsqu’il a été appelé à faire son service militaire, il a été jugé « inapte » pour problèmes psychologiques dus aux traumatismes de la guerre au Cambodge. Ne veut surtout pas entendre parler des KR car trop de mauvais souvenirs. Cette époque KR a été traumatisante pour Virak à tous les niveaux mais il ne se plaint jamais de son passé
Il vit dans la région parisienne
Kim Ly :
Kim Ly n’aime pas du tout parler de ses souvenirs du Cambodge. Elle garde des séquelles au niveau de son comportement renfermé et solitaire.
Vatha :
Au début, vivait chez maman mais les week-ends chez son parrain. Puis depuis son entrée en 6ème, il a vécu chez son parrain afin de pouvoir mieux suivre sa scolarité
Adolescence épanouie chez son parrain et sa famille. Souvent en vacances. Ne parle pas de traumatisme dû à la guerre. C’est quelqu’un qui oublie vite le mal subi
Amara :
Arrivée en France à l’âge de 5 ans, Amara a suivi sa scolarité depuis la maternelle. A un Bac + 4 dans management hôtellerie/restauration
Est toujours restée avec maman et n’a pas eu de famille d’accueil. Très forte complicité entre Amara et maman. Inquiétude de maman souvent reportée sur Amara durant les premières années en France. Au début, elles pleuraient tous les soirs ensemble et se demandaient si les autres enfants n’étaient pas maltraités, s’ils s’adaptaient à leur famille d’accueil, s’ils s’habituaient à la nourriture française etc...
A 5-7 ans, Amara demandait très souvent à maman de se marier pour que son nouveau papa l’emmène se promener, partir en vacances... Mais maman avait très peur de se marier avec un homme qui pourrait frapper ou violer ses enfants. Maman est restée seule depuis la disparition de papa
Soucis de santé :
A fait dépression infantile à cause décès de son père et les problèmes constant de la faim depuis bébé (enfant très coléreuse et souvent angoissée d’être abandonnée)
Depuis l’âge de un an et demi, atteinte d’une maladie de peau, un pemphigus vulgaire . Pas encore guérie à ce jour.
Histoire de faire remonter ce topic qui me tient à coeur, voici une déclaration de Samdech Hun Sen, relayé par l'agence Kampuchea presse à propos des Killing Fields, en date d'ajourd'hui .....
“Les ossements à Choeung Ek sont des preuves importantes du génocide”, a dit hier le Premier ministre Hun Sèn à l’occasion de l’ouverture du chantier de construction du pont Prêk Chhrey, situé à 1 km au sud du Musée génocidaire de Choeung Ek.
Samdech Hun Sèn s��est ensuite opposé à la crémation des ossements des victimes du régime Khmer rouge pour que les âmes des victimes connaissent la paix. “Si ces ossements disparaissaient, nous ne pourrions pas juger les dirigeants Khmers rouges”, a-t-il souligné avant d’expliquer que la préservation de ces ossements et de tous les ossuaires disséminés dans le pays ne s’inscrit pas dans une stratégie de développement du tourisme, mais répond à la nécessité de conserver les preuves du génocide pour le procès.
Le chef du gouvernement cambodgien a, par ailleurs, dit qu’une fois construit, le pont Prêk Chhrey facilitera non seulement la circulation routière des habitants locaux, mais aussi la visite du Musée génocidaire de Choeung Ek qui a, selon lui, accueilli en 2006 140 000 visiteurs.
D’après les chiffres du Centre de documentation du Cambodge, 343 champs d’extermination et 19 440 fosses communes du régime génocidaire des Khmers rouges ont été découverts dans tout le pays. -- AKP
"D’après les chiffres du Centre de documentation du Cambodge, 343 champs d’extermination et 19 440 fosses communes du régime génocidaire des Khmers rouges ont été découverts dans tout le pays. -- AKP "
Même si ces chiffres ne sont pas officiels et avérés, ils sont terribles !
Le nombre total des victimes cambodgiennes est équivalent à plus du double de celles du Rwanda en 1994 et à celles d'Auschwitz et de Treblinka réunis.
Elargissons la définition de génocide. Le Cambodge est le 4e génocide du XXe siècle.
Elargissons la définition de génocide. Le Cambodge est le 4e génocide du XXe siècle.
😕 ..... que trop vrai et je trouve que l'on n'en parle pas assez ..... mais là je pense que c'est parceque je m'implique de plus en plus affectivement et matériellement sur ce pays, car alors pourquoi je ne me fais pas aussi l'écho de ce qui s'est passé ailleurs ou de ce qui se passe actuellement au Darfour par exemple ..... mais je pense qu'il est bon de garder ce fil sur ces événements passés, avec l'espoir que des voyageurs en partance pour ce pays auront l'idée de venir se documenter dessus et de voir ce pays avec un autre oeil .....
Histoire de faire remonter ce topic qui me tient à coeur,
Merci Alan!
voici une déclaration de Samdech Hun Sen, relayé par l'agence Kampuchea presse à propos des Killing Fields, en date d'ajourd'hui .....
Si ce Samdech (je n'aime pas trop ce titre, qui veut dire prince/son excellence) pense vraiment ce qui'il dit, le procès aurait lieu bien longtemps deja.
Les questions que je me pose sur ce procès:
est ce que ce procès n'est pas un moyen comme un autre pour certains de gagner de l'argent sur le dos des victimes?
est ce que les dirigeants Cambodgiens ainsi que les certains pays concernés (etats-unis, france, chine, ...) ont vraiment la volonté que ce procès ait lieu?
- est ce que ce procès n'est pas un moyen comme un autre pour certains de gagner de l'argent sur le dos des victimes?
- est ce que les dirigeants Cambodgiens ainsi que les certains pays concernés (etats-unis, france, chine, ...) ont vraiment la volonté que ce procès ait lieu?
...... certainement ...... ! mais c'est aussi une manière d'en parler, et puis il ne faut pas cacher que des dizaines de millions de dollars ont été investis pour voir se mettre en place ces fameuses " chambres extraordinaires " et que trés certainement des khmers doivent se régaler financièrement ...... quand on connaît le degré de corruption de ce pays ...... !!! mais c'est également une façon de voir évoluer le système juridique de ce pays plus rapidement, et je pense aussi un moyen de faire connaître ce génocide aux yeux des plus jeunes, car une partie de cette jeunesse est toujours convaincue que ce génocide est une conséquence de " l'invasion vietnamienne " et non d'une guerre civile entre khmers de même sang .....
Aprés c'est sûr que les dirigeants Cambodgiens freinent des deux pieds, mais en même temps aux yeux des khmers ils passent pour des gens soucieux de faire connaître la vérité à tout un chacun ...... cupidité, mauvaise foi, corruption, un cocktail khmer toujours d'actualité au pays du sourire quelque peu retrouvé ......
Alors que l’instruction du procès des anciens responsables khmers rouges vient de débuter, les médias du pays commencent à s’emparer du sujet. Après vingt ans d’un relatif silence, quelques articles ou quelques heures de programme y sont régulièrement consacrés. Les radios se montrent les plus dynamiques, certaines ayant créé des programmes spéciaux. La plus active est sans conteste Radio 102, la station du Women Media Center, qui diffuse depuis trois mois une émission hebdomadaire grâce au soutien de l’organisation américaine Open Society Initiative. Au programme de chacune des 24 émissions prévues : un invité, un reportage ou un portrait et, surtout, les appels des auditeurs invités à participer et à poser des questions. “Notre émission est comme un compte à rebours jusqu’au début des audiences. Nous essayons de mobiliser les gens pour qu’elles se tiennent le plus rapidement possible”, explique Chea Sundaneth, directrice du Women Media Center.
Côté presse écrite, seul le Rasmey Kampuchea, un des journaux les plus populaires du pays, fait l’effort de tenir une chronique deux fois par semaine sur les Khmers rouges. Sarak Mony, chef du bureau de la rédaction, explique ce que l’imminence du jugement des responsables khmers rouges a entraîné comme changement dans la façon de traiter le sujet. “Auparavant, il nous arrivait de parler du régime khmer rouge, mais nous nous fondions sur des documents d’Etat datant des années 1980. Depuis la mise en place des chambres extraordinaires chargées de juger les exactions commises durant le régime du Kampuchéa démocratique, notre but est d’informer les lecteurs pour qu’ils comprennent la nécessité de ce procès et l’importance de leur participation. Mais nous prenons bien garde à ne pas attiser la colère ou l’esprit de vengeance”,
Malgré l’absence de formation spécifique, la seule perspective du procès aurait déjà permis d’améliorer le traitement des sujets sur le régime khmer rouge, selon Youk Chhang, directeur du centre de documentation sur le génocide, le DC-Cam. L’approche journalistique serait plus professionnelle, davantage attachée aux faits. explique-t-il. Ce responsable du plus grand journal cambodgien regrette néanmoins qu’aucune formation n’ait été prévue pour les journalistes afin de les aider à comprendre la procédure. “On ne voit presque plus de sujets biaisés par la politique ou la subjectivité de l’auteur. Les journalistes semblent désormais prendre la peine de se fonder sur des documents de référence”, explique-t-il. Il fait remarquer néanmoins que les chaînes de télévision, un des vecteurs d’information les plus efficaces pour pénétrer dans les foyers, sont encore à la traîne. “Les chaînes de télévision n’ont créé aucune émission spéciale et se contentent de suivre l’actualité”, regrette-t-il.
Chheang Bopha Cambodge Soir
LEXPRESS.fr du 28/02/2007 Cambodge Le génocide impuniSylvaine Pasquier
Qui sera jugé pour les crimes commis par les khmers rouges? Près de huit mois après sa mise en place, le tribunal parrainé par les Nations unies n'est toujours pas opérationnel
e Nuremberg cambodgien aura-t-il jamais lieu? Le procès des chefs khmers rouges, responsables d'un génocide qui voua à la mort près de 1 Cambodgien sur 4, entre 1975 et 1979, risque de tourner court avant même d'avoir commencé. Mises en place à Phnom Penh en juillet 2006, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) - nom officiel du tribunal spécial parrainé par les Nations unies - ne sont toujours pas opérationnelles. Des divergences de fond opposent les magistrats internationaux - minoritaires en nombre - à leurs homologues cambodgiens. Alarmées par la nomination de juges locaux inféodés au pouvoir, dont celle du général Ney Thol, président de la cour martiale du royaume, les ONG redoutent les interférences politiques. Sans parler de la corruption qui infeste le régime du Premier ministre, Hun Sen… Les principaux chefs khmers rouges
Décédés
Pol Pot, alias Frère n° 1, né en 1925 ou 1928. Chef politique du mouvement et Premier ministre du Kampuchéa démocratique (KD). Décédé en avril 1998 près d'Anlong Veng (nord du pays).Son Sen, né en 1930. Ministre de la Défense du KD. Assassiné en juin 1997 à Anlong Veng, sur ordre présumé de Pol Pot.Ta Mok, dit «le Boucher», né en 1925. Chef militaire. Arrêté en 1999 et incarcéré à Phnom Penh. Mort en détention en juillet 2006.
En vie
Nuon Chea, alias Frère n° 2, né en 1927. Idéologue et chef de la Sécurité du KD. S'est rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1998. Vit près de Païlin.
Ieng Sary, alias Frère n° 3, né en 1929. Ministre des Affaires étrangères du KD. Rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1996, il a bénéficié d'une grâce royale. Possède une villa dans la capitale.
Khieu Samphan, né en 1931. Chef de l'Etat du KD. S'est rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1998. Vit à Païlin.
Selon de récentes allégations, les quelque 180 Cambodgiens membres du personnel des CETC seraient contraints de reverser entre 20% et 30% de leur salaire à des «responsables gouvernementaux» pour pouvoir conserver leur emploi. Affirmant que les juges sont eux-mêmes impliqués, une organisation juridique, l'Open Society Justice Initiative (OSJI), basée à New York, réclamait à la mi-février une enquête urgente sur ces pratiques. Les officiels cambodgiens des CETC nient avec indignation. Or, «dans un cas au moins, confie une source qui requiert l'anonymat, un employé récalcitrant, chauffeur d'un magistrat étranger, a été licencié parce qu'il refusait, sur les conseils de celui-ci, de verser la dîme. Il a fallu que le juriste tape sur la table pour qu'il soit réengagé». Cependant, Sean Visoth, directeur administratif du tribunal, a aussitôt interdit l'accès des locaux aux représentants de l'OSJI - une ONG que son adjointe des Nations unies, Michelle Lee, tient au contraire pour «un partenaire de valeur». On attend les résultats d'un audit indépendant mené du 29 janvier au 2 février, dans les comptes des chambres. Mais les billets de banque remis dans une enveloppe à un fonctionnaire ne laissent guère de traces…
Pour l'heure, un danger majeur plane sur le procès. Jusqu'ici, les deux groupes de magistrats n'ont pas réussi à adopter le code de procédure interne, indispensable à la poursuite du processus. Selon l'accord signé par les Nations unies et Phnom Penh en 2003, le tribunal doit appliquer la loi cambodgienne tout en respectant les normes internationales de justice.
Gardiens des intérêts du pouvoir, qui veut maintenir le procès sous contrôle, les juges cambodgiens se cramponnent à la souveraineté nationale pour contrecarrer leurs homologues onusiens. L'un des plus actifs dans ce rôle serait Kong Srim, un protégé de l'influent vice-Premier ministre Sok An, homme de confiance de Hun Sen. Qu'il s'agisse des règles d'interrogatoire ou du rôle des procureurs, de sérieux désaccords subsistent. L'un des plus préoccupants concerne les modalités de participation d'avocats non cambodgiens. «Nous sommes violés par les étrangers», clamait en novembre dernier le bâtonnier Ky Tech, à la tête du barreau cambodgien. Il exige un droit de regard sur l'accréditation de tel ou tel de ces défenseurs.Une quinzaine d'accusés potentiels, dont certains toujours en fonction
Ce mois de mars, à Phnom Penh, une rencontre de la dernière chance réunira les magistrats chargés de mettre au point le règlement intérieur. Les juristes internationaux ont averti qu'ils n'accepteraient pas une parodie de justice. «Nous nous attendions à ce blocage», souligne Billon Ung Boun Hor, secrétaire générale du Comité des victimes des Khmers rouges. Le temps presse. La plupart des hiérarques du régime de Pol Pot, fort avancés en âge, risquent de s'éteindre sans être jugés.
En cas d'échec, qu'adviendra-t-il? Des démissions individuelles seraient la «pire des solutions», a expliqué Marcel Lemonde, cojuge d'instruction français, ajoutant que l'ensemble de ses pairs s'orientent plutôt vers une position commune: ils «se retourneraient vers l'ONU, en lui demandant d'envisager le retrait de la participation internationale au tribunal». Une décision qui sonnerait le glas d'un procès auquel, selon les enquêtes des ONG, 97% de la population seraient favorables.
Marcel Lemonde espère ne pas en arriver là. L'un de ses collègues confiait récemment à un tiers être «optimiste à 50%» - c'est-à-dire également pessimiste - quant à la suite des événements. Selon une source bien informée, l' «impasse actuelle n'est qu'une manœuvre inspirée par le pouvoir cambodgien pour arracher le maximum de concessions». Sur quel point? «Il existerait une liste d'accusés potentiels, établie par des magistrats internationaux où figurent une quinzaine de noms, dont ceux de généraux cambodgiens en fonction. C'est au-delà de ce que Hun Sen peut tolérer».
Ancien chef d'unité khmer rouge, l'omnipotent Premier ministre, au pouvoir depuis 1985, a bataillé des années avant d'accepter un procès dont il espère désormais tirer légitimité - à condition que celui-ci ne lui échappe pas. Aller à la rupture serait un désastre pour ses ambitions - dopées par la découverte de pétrole au large des côtes cambodgiennes. «Avide de reconnaissance, Hun Sen rêve aujourd'hui d'être invité à Washington», estime un survivant du génocide.
Ces jours-ci, les Etats-Unis ont annoncé la reprise de l'aide américaine directe à Phnom Penh, interrompue depuis le coup d'Etat de 1997. C'est assez pour alarmer les partisans d'une véritable justice, celle qui mettrait fin, souligne l'écrivain Ong Thong Hœung, «à l'inacceptable impunité, qui est le cancer de la société cambodgienne». Trente ans d'attente
1975-1979
Régime de terreur totalitaire instauré par les khmers rouges. Quelque 2 millions de Cambodgiens trouvent la mort.
1997
Hun Sen et Norodom Ranariddh, co-Premiers ministres du Cambodge, demandent l'aide des Nations unies pour juger les chefs khmers rouges.
1999
Un groupe d'experts onusiens préconise la création d'un tribunal international ad hoc. Phnom Penh affirme sa préférence pour un procès devant une cour cambodgienne.
2000
Accord de principe pour la participation de magistrats étrangers.
2001
L'Assemblée nationale du Cambodge adopte un projet de loi instaurant une juridiction à «caractère international».
Février 2002
Estimant que l'indépendance de ce tribunal n'est pas garantie, le secrétaire général de l'ONU interrompt les négociations.
Décembre 2002
L'Assemblée générale onusienne adopte, à l'initiative de la France et du Japon, une résolution permettant la reprise des négociations.
2003
Signature d'un accord entre l'ONU et le gouvernement cambodgien pour un tribunal à participation internationale.
Juillet 2006
Les magistrats cambodgiens et étrangers prêtent serment.
Les ossements à Choeung Ek sont des preuves importantes du génocide”, a dit hier le Premier ministre Hun Sèn à l’occasion de l’ouverture du chantier de construction du pont Prêk Chhrey, situé à 1 km au sud du Musée génocidaire de Choeung Ek.
Samdech Hun Sèn s’est ensuite opposé à la crémation des ossements des victimes du régime Khmer rouge pour que les âmes des victimes connaissent la paix. “Si ces ossements disparaissaient, nous ne pourrions pas juger les dirigeants Khmers rouges”, a-t-il souligné avant d’expliquer que la préservation de ces ossements et de tous les ossuaires disséminés dans le pays ne s’inscrit pas dans une stratégie de développement du tourisme, mais répond à la nécessité de conserver les preuves du génocide pour le procès.
Le chef du gouvernement cambodgien a, par ailleurs, dit qu’une fois construit, le pont Prêk Chhrey facilitera non seulement la circulation routière des habitants locaux, mais aussi la visite du Musée génocidaire de Choeung Ek qui a, selon lui, accueilli en 2006 140 000 visiteurs.
D’après les chiffres du Centre de documentation du Cambodge, 343 champs d’extermination et 19 440 fosses communes du régime génocidaire des Khmers rouges ont été découverts dans tout le pays. -- AKP
Strategie de developpement du tourisme! Bon, il y a de quoi "debattre"... mais si c'est une volonte politique alors il n'y a aucune raison pour justifier une non cremation des ossements! Dans la culture khmere le respect du aux morts est fondamental, les esprits des morts sous le regime KR sont des esprits errants !...
Faut il se rendre dans ces lieux de memoire ? Je l'ignore...Par contre une visite au centre BOPHANA me semble indispensable meme si il semble qu'elle ne soit pas gratuite et qu'une nouvelle fois de l'argent se fait sur la souffrance et la mort des victimes!
un lien:http://voyageforum.com/v.f?post=842737;search_string=bophana;
Cambodge : Procès des Khmers rouge en 2008 ?
Initialement prévues pour juin 2007, les premières comparutions publiques des responsables du régime de Pol Pot n’auront sans doute pas lieu avant le début 2008 au Cambodge. A condition que les règlements internes soient acceptés par tous et adoptés lors de la prochaine réunion prévue en mars (voir post : http://trungdungvo.blog.lemonde.fr/2007/02/27/le-tribunal-khmer-rouge-se-reunira-en-mars-2007)
Parmi les accusés évidents : Nuon Chea, « frère numéro 2 », chargé de la sécurité, Ieng Sary, ex. ministre des Affaires étrangères du régime, son épouse Khieu Thirith, ex. ministre des Affaires sociales et Khieu Samphan, le « porte-parole » de Pol Pot. D’autres responsables au niveau légèrement inférieur pourront être mis en accusation. La liste reste, pour le moment, confidentielle mais les « milieux informés » parlent d’une vingtaine de personnes. Les noms qui y figurent étaient à l’origine du blocage de la dernière tentative de l’adoption des règlements internes permettant l’overture de l’instruction.
28 février 2007 Publié
Procès des Khmers rouges : réunion de la dernière chance Les magistrats internationaux et cambodgiens planchent une nouvelle fois sur le règlement intérieur des Chambres extraordinaires chargées de juger les Khmers rouges. L'avenir du tribunal est en jeu. Le logotype des CETC
Après un week-end prolongé à Bangkok, où ils ont tenté de s'entendre sur une stratégie commune, les magistrats internationaux du Comité de révision du règlement intérieur ont retrouvé mercredi leurs homologues cambodgiens à Phnom Penh pour tenter de s'entendre sur les règles de fonctionnement des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC). Leurs travaux doivent se conclure le 16 mars, avant d'être poursuivis, et avalisés dans le meilleur des cas, par l'ensemble des magistrats réunis en assemblée plénière. C'est la troisième fois depuis novembre que le Comité chargé du règlement intérieur se réunit, jusqu'ici sans succès.
Selon une source proche des CETC, deux visions des choses s'opposaient jusqu'ici du côté international : les "puristes", qui jugent inacceptable toute tentative d'interférence du politique et refusent de faire la moindre concession sur le respect des standards internationaux, et les adeptes du compromis, plus enclins à accepter quelques entorses aux standards pour sauver le procès. "Ce séjour à Bangkok avait pour objectif de déterminer les points sur lesquels se battre et les compromis possibles", commente cette source. La question de fond qui traverse ces débats est de savoir si un tribunal respectant les standards internationaux peut s'accommoder de concessions aux intérêts du politique. Car si le gouvernement cambodgien veut d'un procès, il ne veut pas d'un procès qui lui échappe et se retourne un jour contre lui, rappelle Hisham Mousar, coordinateur des affaires relatives au procès des Khmers rouges à l'Association cambodgienne pour la défense des droits de l'homme et le développement (l'ADHOC) : l'adoption du règlement intérieur dépendra donc de la capacité des magistrats étrangers à s'accommoder de cette volonté de contrôle, voire à la contourner, cette seconde hypothèse supposant que Phnom Penh consente finalement à lâcher du lest, ce que les observateurs jugent peu probable.
Un des principaux points de blocage concerne le rôle de la Chambre préliminaire chargée de trancher les différends entre les deux coprocureurs (un Cambodgien et un étranger). Si les deux hommes ne s'entendent pas, par exemple, sur un nom figurant dans la liste des inculpés, c'est à la Chambre préliminaire de trancher, à l'issue d'un vote à la "supermajorité" qui suppose qu'au moins un magistrat international vote avec les magistrats cambodgiens, ou inversement. Les possibilités de blocage sont donc nombreuses. Toute la question est de savoir si dans un tel cas les poursuites s'arrêteront automatiquement - position défendue par la partie cambodgienne - ou se poursuivront. Autrement dit : accorde-t-on à la Chambre préliminaire le pouvoir d'interrompre des poursuites, alors que ses audiences sont secrètes et non contradictoires ? Certains magistrats internationaux s'y refusaient jusqu'ici et voulaient limiter les pouvoirs de cette Chambre préliminaire, perçue comme une "planque" idéale pour étouffer certaines affaires. Une autre possibilité consisterait à rendre ses audiences publiques, ce qui porterait gravement atteinte au principe du secret de l'instruction. A ces discussions techniques pour le moins ardues s'ajoutent les complications occasionnées par les traditions juridiques différentes des magistrats internationaux. Les Anglo-Saxons, peu familiers du système d'inspiration française en vigueur dans le royaume et donc au sein des CETC, ont ainsi des difficultés à admettre que la phase préliminaire, qui n'est pas publique, puisse bloquer des poursuites. Leurs contradicteurs rappellent que le procès des Khmers rouges est censé servir de modèle à l'ensemble du système judiciaire cambodgien, et qu'il serait donc mal venu de dénaturer la tradition juridique dont il s'inspire.
Un autre point sensible concerne la nomination des avocats. Le barreau cambodgien réclame cette responsabilité au nom de la souveraineté du Cambodge, certains préférant voir cette charge confiée à la Section d'appui à la défense, jugée plus indépendante. Dernière question importante : le rôle de la partie civile. Si certains veulent voir les victimes, représentées par des organisations issues de la société civile, participer pleinement aux débats avec la possibilité d'appeler leurs propres témoins à la barre, la partie cambodgienne était jusqu'ici plutôt réticente à l'idée d'accorder trop de pouvoirs à la société civile, préférant voir les procureurs conserver le contrôle des débats.
Le 5 mars, le Comité d'action pour les droits de l'homme (CHRAC), Open Society Justice Initiative (OSJI), la Fédération internationale des droits de l'homme, Forum Asia et le Collectif pour les victimes des Khmers rouges ont appelé dans un communiqué "les fonctionnaires des CETC à mettre de côté leurs affiliations politiques et leur adhérence aveugle à leur système légal – qu'il soit cambodgien, civil ou issu du Common Law (système anglo-saxon) – afin d'adopter le règlement intérieur". Ces ONG estiment que le règlement intérieur doit satisfaire aux standards internationaux de façon "non négociable" et être adopté "au plus tard en avril 2007" si les CETC veulent avoir une chance de mener les procès au terme de leur mandat de trois ans. Le juge d'instruction français Marcel Lemonde a quant à lui répété hier qu'un nouvel échec remettrait sérieusement en cause l'avenir même du tribunal.
Soren Seelow - Cambodge Soir
Un film du DC-Cam sur S-21 indigne Van Nath, un des survivants 09-03-2007 Le DC-Cam va diffuser dans les campagnes un documentaire sur le centre de torture de Tuol Sleng qui donne la parole à deux victimes rescapées et à un ancien gardien. Pour Van Nath, l’un des témoins clé de S-21, le DC-Cam “modifie” l’histoire en attirant exagérément l’empathie sur le gardien. Sur la couverture du DVD de "Derrière les murs de S-21", le visage de Him Huy, un des gardiens en chef de Tuol Sleng (DC-Cam)Derrière les murs de S-21, le nouveau film du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) disponible à partir de la semaine prochaine en DVD, retrace l’expérience, à travers leurs témoignages, de trois personnes dont les destins se sont croisés à Tuol Sleng : deux anciens prisonniers, Bou Meng et Chum Mei, et un des gardiens en chef, Him Huy. La jaquette du DVD - un grand portrait de Him Huy - ainsi que son titre dévoilent clairement le parti pris des auteurs : détenus et bourreaux du célèbre centre de torture étaient tous derrière les mêmes “murs”, tous prisonniers, à différents titres, de cette même “machine de mort” décrite par le film de Rithy Panh. Le film se conclut sur un gros plan du visage de Him Huy, le regard perdu et embué, et ces propos : “Je pense tous les jours à ceux qui sont morts [...]. Je ne voulais pas travailler là. J’ai demandé à être muté. Ils ont refusé. Je ne suis pas celui qu’il faut blâmer”.
Le directeur du DC-Cam et producteur du film, Chhang Youk, explique son projet par la volonté de proposer un documentaire accessible à l’ensemble de la population. Le format du film, 30 minutes, et sa construction sont selon lui plus adaptés aux attentes des gens de la campagne que ceux qui ont été tournés jusqu’ici sur le même sujet, au premier rang desquels S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh. Moins ambitieux, moins subtile, “Derrière les murs de S-21” peut aussi paraître plus tendancieux. Là où le film de Rithy Panh donnait à voir la “mécanique” derrière laquelle s’abritent aujourd’hui encore les anciens tortionnaires de Toul Sleng pour justifier leurs actes afin d’en souligner l’inhumanité, le film du DC-Cam tente d’attirer l’empathie sur le destin tragique d’un bourreau qui dit ne pas avoir eu le choix : ce sont ses larmes qui annoncent le générique et non celles de ses anciennes victimes.
“Le DC-Cam modifie l’Histoire”
Un des rescapés de Tuol Sleng, le peintre Van Nath, témoin central du film de Rithy Panh, a appelé Chhang Youk dès qu’il a vu le film pour lui faire part de son indignation. “Je suis en profond désaccord. Him Huy n’était pas un simple gardien. On ne peut pas le laisser dire ça. Il ne peut réclamer justice comme les autres victimes”, explique-t-il. Dans Derrière les murs de S-21, Him Huy se présente tantôt comme un simple gardien, tantôt comme le chef d’un groupe de “messagers”, chargé de transmettre des courriers officiels : il assure qu’il n’allait pas chercher lui-même les prisonniers dans leurs cellules et se contentait de “prendre leurs noms”, même s’il finit par avouer qu’il a été contraint de tuer un détenu à Chœung Ek pour prouver sa fidélité à l’Angkar. Van Nath condamne la complaisance dont ont fait preuve les auteurs du film dans cette interview : “Ils ont donné l’occasion à Him Huy de se laver de ses fautes. Mais il a beau se maquiller, sa peau portera toujours les stigmates de la lèpre”.
Je parlais dans un post recent du spt "sentiment post traumatique", voilà un article qui est susceptible d'eclairer...
Les témoins vont rappeler des souvenirs aux juges” 16-03-2007 Rath Ben, psychiatre d'origine cambodgienne installé aux Etats-Unis, est spécialisé dans les traumatismes de réfugiés. Il était récemment au Cambodge pour former des équipes du DC-Cam. Interview. Rath Ben, coordinateur d’un programme psychiatrique interculturel destiné aux réfugiés vivant dans l’Etat américain de l’Oregon, était au Cambodge ces deux dernières semaines à l’invitation du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam). Il y a formé 19 personnes travaillant pour le programme VOT (Victimes of torture) du DC-Cam – ainsi que l’Autorité nationale de la santé mentale - afin de les aider à détecter les symptômes de traumatismes psychologiques chez les anciens Khmers rouges et leurs victimes interviewés par l’ONG. Mis à la disposition des Chambres extraordinaires par le DC-Cam, certains pourraient être amenés à témoigner lors des procès à venir.
Vous avez travaillé auprès de réfugiés cambodgiens aux Etats-Unis. Présentent-ils les mêmes traumatismes que les victimes des Khmers rouges restées au Cambodge?
Dans le cadre de mon programme, nous avons suivi plus de 1 200 réfugiés originaires du Cambodge, du Viêt-nam, du Laos, de Bosnie, d’Ethiopie, etc. Tous présentent globalement les mêmes symptômes. La seule différence entre les victimes des Khmers rouges vivant au Cambodge et aux Etats-Unis, c’est que ces derniers ont dû s’adapter à une nouvelle vie, une nouvelle langue, ce qui ajoute un choc culturel. Passée une première période de six mois que nous appelons la “lune de miel” au cours de laquelle ils découvrent toutes les nouveautés, la télévision, etc., leur mémoire ancienne leur revient et ils peuvent tomber en dépression.
Quels sont les symptômes les plus fréquents, tant chez les victimes que chez les anciens Khmers rouges?
Les syndromes post-traumatiques peuvent se traduire par des flashes back, des insomnies, des problèmes de concentration... Certains sont toujours sur leurs gardes, revivent sans cesse les événements, sursautent au moindre bruit. Il y a aussi des cas de réactions psychotiques. Le problème des anciens Khmers rouges, c’est qu’ils ne comprennent souvent pas ce qui s’est passé. Beaucoup refoulent et ont des réactions psychosomatiques. Ils vont chez le médecin en se plaignant d’un mal de dos, et se voient répondre qu’ils n’ont rien. Un certain nombre de victimes ou d’anciens Khmers rouges tentent de “régler” par eux-mêmes leurs traumatismes. Ils se tournent alors vers de “mauvaises” alternatives comme l’alcool, la drogue ou le jeu qui aggravent leur état physique et leur niveau de vie et génère de la violence domestique.
Les traumatismes de cette génération ont-ils des conséquences graves sur leurs enfants?
Après la deuxième Guerre mondiale, les victimes de l’holocauste réfugiées aux Etats-Unis ne parlaient pas de leur expérience personnelle à leurs enfants. C’est la même chose pour toutes les victimes de ce type d’atrocités. Les enfants se heurtent à un mur de silence et ne parviennent pas à établir une communication avec leurs parents. Les victimes des Khmers rouges sont dans un rapport d’ “hypercontrôle” avec leurs enfants. Si ces derniers font des bêtises, ils se font engueuler mais on ne leur explique rien. Le mode d’éducation traditionnel est une cause , mais le traumatisme pèse beaucoup. Quand ces enfants ont à leur tour des enfants, ils adoptent le comportement inverse en cherchant à tout expliquer, tout partager, et leur laissent une trop grande liberté. J’ai observé le même phénomène aux Etats-Unis et au Cambodge.
En quoi consistait votre mission au DC-Cam?
L’équipe du programme VOT mène des entretiens avec d’anciennes victimes et d’anciens Khmers rouges. Ils ont déjà mené des entretiens documentés avec 300 personnes qui seront mises à la disposition du tribunal. Mais ils ne savaient pas comment réagir aux symptômes post-traumatiques qui se manifestaient chez ces personnes, et le DC-Cam m’a donc appelé pour les former. Je leur ai appris à détecter ces syndromes et à les rapporter aux autorités ou aux ONG compétentes. Je leur transmets une approche holistique : on ne traite pas que des symptômes par des médicaments. Il faut envisager le contexte social et familial. Il faut également associer les traitements occidentaux aux remèdes traditionnels en recourant à la méditation, à l’intervention des bonzes et des kru... Mais je les ai aussi aidés à gérer leurs propres réactions : pendant les entretiens, ils peuvent ressentir une empathie très forte. Il peut y avoir des phénomènes de transfert et les enquêteurs peuvent se vivre eux-mêmes comme des victimes.
Pensez-vous que les procès qui s’annoncent auront une vertu curative?
Les procès vont au moins répondre à des questions restées sans réponse. Le Cambodge a besoin de se réconcilier, que certaines personnes admettent leurs responsabilités. Il y a des avis contradictoires au sein de la population : faut-il oublier ou se souvenir ? Peu importe. La nation doit panser ses plaies, et il faut établir au moins quelques responsabilités, même symboliques. Les procès vont probablement aggraver les symptômes chez certains. Il faut le savoir et c’est normal. Toute situation de stress comme un accident ou la perte d’un proche augmente les symptômes chez les personnes victimes de traumatismes. C’est pourquoi il faut préparer ceux qui seront appelés à témoigner à ce qui va se passer dans la salle d’audience. Il ne faut pas les y pousser.
Vous parlez des témoins, mais les magistrats eux-mêmes ont été des victimes directes ou indirectes des Khmers rouges. Sont-ils à même de travailler en toute objectivité?
Les juges aussi ont traversé ces épreuves. Les témoins vont leur rappeler des souvenirs. Comment vont-ils juger? La question se pose aussi pour les procureurs, les avocats.
Pensez-vous qu’ils auraient dû passer des tests psychologiques avant de commencer à travailler?
Je ne sais pas. Mais ils doivent être neutres. Le tribunal devrait prendre ce problème en considération. Propos recueillis par Soren Seelow
Alors que le proces est toujours suspendu à d'eventuels accords...une parole semble neanmoins se liberer au Cambodge...Pour preuve cet article de "CAMBODGE SOIR"
Les Khmers rouges déclinés en émissions de radio par des étudiants 23-03-2007 Des étudiants du département médias et communication de l’Université royale de Phnom Penh (URPP) ont réalisé le mois dernier des émissions radio consacrées aux Khmers rouges. Ce programme est décliné en quatre thèmes : art et culture sous les Khmers rouges, être jeune sous les Khmers rouges et la vie aujourd’hui des anciens Khmers rouges à Anlong Veng et la façon dont les gens perçoivent les procès à venir. Ces émissions, retransmises sur FM 102, seront rediffusées dans les prochaines semaines. Dans le cadre du même programme, des émissions télévisées sur le même thème en cours de réalisation seront diffusées après le Nouvel an khmer. Entretien avec quelques-uns de ces journalistes en herbe.
Lim Chandara, 23 ans
“J’ai interviewé ma tante qui a travaillé dans une unité mobile quand elle avait 13 ans. J’aurais pu interviewer ma mère, dont je connais l’histoire, mais c’était trop intime. Ma tante m’a raconté que les Khmers rouges la forçait à creuser des canaux, construire des routes, travailler dans les champs, etc., tout ce qu’un enfant ne devrait pas faire. Il y avait treize enfants dans son unité. Ils étaient sévèrement punis quand ils perdaient du temps. Elle a été séparée de sa famille et n’avait pas le droit de voir sa mère. C’était dur. Elle avait des sanglots quand elle me racontait ça. Cela m’a troublée. Je n’en avais jamais parlé avec elle. Quand j’allais la voir, d’habitude, on parlait d’autre chose. Mais en réalisant cette émission, je me suis rendu compte qu’elle avait très envie de m’en parler. ça a changé notre relation. Nous sommes plus proches aujourd’hui. Désormais je sais que même si elle a toujours l’air heureuse, elle est profondément blessée.”
Thy Heang, 23 ans
“Je me suis intéressée à la vie d’un artiste, le joueur de chapeï Prach Chhoun, pendant le régime khmer rouge. Je savais qu’à cette époque on ne pouvait pas se révéler sous son vrai jour, assumer son identité quand on était professeur, intellectuel... et je me suis demandé ce qu’il en était pour les artistes qui sont si importants pour notre culture, notre identité. Prach Chhoun, qui dit être le seul des 16 joueurs de chapeï à avoir survécu aux Khmers rouges, était à cette époque chargé de nourrir les cochons et de couper du bois. Il n’avait ni le droit de pratiquer son instrument ni de chanter. J’ai appris lors de cet entretien que tout le monde en ce temps vivait sous le contrôle de quelqu’un d’autre, tout acte devait répondre à un ordre. Personne n’avait confiance en personne. Les enfants étaient éduqués pour trahir leurs parents. Aussi, même quand quelqu’un lui demandait de chanter, il refusait de peur d’être tué. Seul un des chefs khmers rouges de sa zone l’emmenait parfois à l’écart du village, en forêt, pour lui demander de chanter, pour lui seul ou des compagnons d’armes. En dehors de ces moments-là, toute forme d’art était bannie : seules les chansons de l’Angkar étaient autorisées...”
Leng Ratanak, 21 ans
“J’ai profité d’une visite de Toul Sleng organisée par le DC-Cam pour interroger des Chams. Je me suis rendu compte que leur sort avait été encore pire que celui des Khmers. Ils n’avaient pas le droit de pratiquer leur religion et étaient parfois forcés de manger du porc. Ils ont beaucoup souffert. Je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient aux anciens dirigeants khmers rouges, ils m’ont dit : ‘la mort’, même s’il savent que la peine capitale n’est pas prévue dans le règlement des Chambres extraordinaires.”
Ung Bun Y, 21 ans
“J’ai interrogé des couples qui avaient été mariés de force par l’Angkar. J’ai été étonné par le grand décalage entre les pratiques des Khmers rouges et la tradition khmère. Certains se sont séparés depuis, d’autres sont restés ensemble. Je suis également allé à Anlong Veng pour rencontrer d’anciens Khmers rouges. Je voulais les interroger sur la façon dont ils voyaient les procès de leurs anciens chefs. J’ai pris contact avec des menuisiers fidèles de Ta Mok, mais ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas au courant de ce qu'il se passait à Phnom Penh. Et quand je leur demandais si Ta Mok avait tué des gens, ils disaient : ‘Je ne sais pas’. J’ai donc décidé de décrire leur vie actuelle à Anlong Veng. C’était très intéressant. Je me suis rendu compte que ces gens n’aimaient pas la guerre, qu’ils préféraient de loin leur vie présente, tranquille. A la question de savoir s’ils approuveraient une éventuelle condamnation des anciens responsables khmers rouges, ils m’ont simplement répondu : ‘Si le tribunal veut les condamner, c’est normal, ils ont perdu la guerre’.” Ung Chamrœun et Soren Seelow
Bonjour,
C'est une période de ma jeunesse, les médias en ont parler, mais j'étais très jeune pour en comprendre toutes les subtilités; ce récit est poignant.
un grand merci pour tous ces informations,
Bonne journée
Franca
<< .....notre soif de survie dans le futur nous rend incapables de vivre dans le présent .....>>. Chuang TZU
Une juge avertit du risque d’échec faute d'accord sur la participation des avocats étrangers 26-03-2007 La juge autrichienne Claudia Fenz, a rappelé vendredi que le tribunal pour juger les anciens dirigeants khmers rouges était menacé en cas d'absence d'accord sur la participation des avocats étrangers. Vendredi, un des juges en réserve mandaté par les Nations-unies au sein des Chambres extraordinaires visant à juger les anciens dirigeants khmers rouges (CETC), l'Autrichienne Claudia Fenz, a tiré la sonnette d'alarme, rappelant que le tribunal était menacé en cas d'absence d'accord sur la participation des avocats étrangers. “Nous entrerons dans une phase très critique si le Barreau du Cambodge ne reconsidère pas d'ici fin mars sa décision d'imposer des frais d'enregistrements prohibitifs”, a-t-elle déclaré depuis le Proche-Orient où elle se trouve dans le cadre d'une autre mission. “Cette décision est essentielle.”
Dernièrement, après de longues tergiversations, les discussions entre un groupe resserré de magistrats locaux et internationaux ont fini par porter leurs fruits, permettant aux deux parties de se mettre d'accord sur les principaux points d'un réglement intérieur pour les Chambres. Mais le Barreau cambodgien, dirigé par l'avocat d'affaires Ky Tech, réclame toujours que les avocats étrangers lui reverse, pour la première année, la somme de 4 900 dollars pour exercer lors des procès. Une exigence à laquelle s'oppose la partie internationale. “Il ne s'agit pas d'une question d'argent mais de principe”, expliquait la semaine dernière le juge Marcel Lemonde sur les ondes de la radio Voice of America. “Les accusés et les victimes ont le droit de choisir librement leur défenseur, or ce droit d'inscription limiterait le nombre des avocats capables de les représenter. Cela contreviendrait aux garanties d'équité du tribunal.”
La question ne relève cependant plus des magistrats, qui peuvent simplement faire entendre leurs recommandations et avertir qu'un nouveau délai prolongé finirait d'achever la crédibilité du tribunal. Reach Sambath, porte-parole des CETC, indiquait hier n'avoir pas d'information à divulguer, et renvoyait vers Ky Tech, du Barreau cambodgien, et Rupert Skilbeck, mandaté par l'Onu pour diriger les avocats de la défense, chargés de régler cette question. “Officiellement, cela se négocie entre ces deux-là, mais dans les faits, cela se passe plutôt entre les Nations unies et le gouvernement, analyse une source proche des CETC. Ky Tech, au Barreau, n'est pas spécialement intéressé par le procès : c'est une personnalité proche du pouvoir prête à brandir des prétextes, et à encaisser ainsi les coups à la place du gouvernement.”
A mon avis ce que je fais ce juge Ky Tech n'est qu'un jeu pour ralentir le procès. Ceux qui gouvernent le Cambodge n'ont aucun interet à ce que ce procès ait lieu et c'est eux qui decident s'il devait avoir un procès ou pas. Ce petit juge ne fait que suivre les ordres!
J'aimerais bien que ce procès ait lieu un jour mais pas dans les conditions actuelles. Ce procès sert surtout à renchrir les puissants, les victimes: circulez y a rien à voir!
savoir attendre.. mais qu'il ait lieu correctement.
Je ne suis pas certains que le proces ait lieu correctement un jour. Bientot les Khmers Rouges encore vivants et "jugeables" (Khieu Samphan, Noun Chea etc...) vont mourrir. Qui va-t-on juger apres leur mort? Et les KR non jugeables, le roi Sihanouk et Ieng Sary (minstre des affaires etrangeres KR et beau-frere de Pol Pot) sont intouchables car ils ont recu le pardon royal! Ieng Sary est devenu un tres bon pote de Hun Sen, l'autre Khmer Rouge qui a le plein pouvoir depuis 1983 sur l'avenir du Cambodge.
De toute facons, meme si le proces ait lieu et que certains vont etre condamnés, ils seront probablement graciés soit par le roi soit par Hun Sen. Ils sont tous amis (et parfois ennemis) de longue date et ils s'entraident!
meme si certains kmers rouges ne sont plus de ce monde, il faut quand que le jugement ait enfin lieu, ne serait ce que pour les victimes, elles ont droit au moins à une justice et une reconaissance, tant de souffrances qui marqueront à jamais plusieurs décennies de cambodgiens, ils leur doivent au moins cela.
Bonne journée
Franca
<< .....notre soif de survie dans le futur nous rend incapables de vivre dans le présent .....>>. Chuang TZU
Pour l'instant la situation reste bloquée sur Phnom Penh ! Une info "people" mais pas anodine !...
Khmers rouges: Khieu Samphan affirme que Jacques Vergès le représentera au procès pour génocide
PHNOM PENH, Cambodge (AP) - Khieu Samphan, ancien numéro un du Kampuchea démocratique, a déclaré vendredi que l'avocat français Jacques Vergès le représenterait dans le procès pour génocide qui doit viser les responsables du régime khmer rouge ayant dirigé le Cambodge dans les années 70.
Agé de 72 ans, Khieu Samphan a expliqué à l'Associated Press que Jacques Vergès «avait proposé son aide» pour le «représenter dans la course judiciaire car il est conscient», a-t-il dit, «que je n'ai pas du tout d'argent».
L'avocat français a notamment défendu le terroriste vénézuelien Carlos, le tueur en série présumé Charles Sobhraj et l'ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie. Les tentatives visant à contacter Me Vergès sont restées vaines dans l'immédiat.
Aucun des anciens dirigeants khmers rouges n'a encore été jugé pour les atrocités perpétrées durant le régime de 1975-1979. On estime que pendant cette période, au moins 1, 7 million de Cambodgiens ont été exécutés, sont morts de faim, de maladie ou de mauvais traitements liés aux travaux forcés dans des camps installés à la campagne. Le chef de ce mouvement inspiré par une idéologie ultra-maoïste, Pol Pot, est décédé en 1998.
Khieu Samphan a affirmé qu'il avait été en contact avec Me Vergès et lui avait demandé son aide. «Il m'a rendu visite et est resté dans ma maison pendant quatre nuits à la fin du mois dernier. Il est venu avec son propre argent», a déclaré l'ancien dirigeant khmer rouge, qui vit à Pailin (285km au nord-ouest de Phnom Penh, la capitale).
Il a ajouté qu'il avait rencontré Jacques Vergès alors qu'il était étudiant en France dans les années 50. «Lui et moi avions l'habitude d'assister à des réunions de comités d'étudiants contre le colonialisme. C'est ce qui nous a lié en amitié», a-t-il dit, ajoutant que l'avocat lui rendrait de nouveau visite lorsqu'il deviendrait nécessaire de préparer sa défense en prévision du procès.
A l'issue de cinq ans de négociations, des responsables du Cambodge et des Nations unies se sont mis d'accord en décembre sur des mesures visant à établir le tribunal devant lequel seraient jugés les anciens dirigeants khmers rouges. Mais la création de la juridiction a pris du retard en raison du manque de fonds et de l'instabilité politique.
Dans une annonce surprise en décembre, Khieu Samphan avait pour la première fois reconnu que des massacres avaient été commis sous le régime khmer rouge, tout en niant toute implication dans les tueries.
Vendredi, il a affirmé qu'il «ne savait rien sur (le génocide) avant» de voir récemment le documentaire sur le centre de détention baptisé S-21 à Phnom Penh, où des milliers de personnes ont été torturées et tuées. AP
cr/v194
Bonjour a tous, une fois n'est pas coutume ce n'est pas pour un récit de voyage que je poste, mais pour une pensée pour le Vénezuela.
Si vous ne le saviez pas, car ça ne fait pas la une, mais le Venezuela a subit 2 tremblement de terre de magnitude 7,5 la semaine dernière, ou plus de 2200 personnes sont mortes, plus de 50 000 sont portées disparues, et certaines villes côtières entièrement détruites.
Alors peut être que quand on se rendra compte de l'ampleur de la crise humanitaire a laquelle le pays fait face, peut être que nos médias en parleront un peu plus....d'autant plus que quand il y a un séisme et un nombre de victime de cette ampleur, ca fait généralement la une, mais la rien en France....
Donc voila, une pensée pour ce pays, qui quoiqu'on en puisse en penser niveau politique, est un véritable joyau du continent sud américain, tant par ces paysages que par sa population.
bonjour
je vous invite a decouvrir ma province balneaire au centre du Vietnam : Quang Ngai,
cette annee ma province s'est bien amenagee : montagne, campagne, mer sont autentiques,
ici pas de harceleur ou voleur, pas de russe,
le repas de midi local est a environ 1 euro
la chambre d'hotel *** environ 25 euro, hotel sur la plage de My Khe,
on a une specialite : le banh xeo 1,5 euros les 10 crepes
vous pouvez louer des motos pour decouvrir la province et eventuellemt visiter les nombreuses minorites ethniques ,
moi j'habite la, je ne vends rien, j'aide eventuellement (mon beau pere est medecin traditionnel vietnamien, il est tres competent)
Hi everyone! 😉
I’m Typhaine, 35 years old. Five years ago, I left France for a solo round-the-world trip—no planes, just a van, hitchhiking, cycling, and even a canoe in the Amazon! Today, I work as a naturalist guide in Argentine Patagonia.
Wherever I go, my compass stays the same: observing and photographing wildlife, which I deeply admire and respect.
My project: I’d love to share this experience through a sustainable, authentic, and immersive nature tourism initiative. But to build something meaningful, I need to understand how other nature enthusiasts experience their own adventures.
If you:
Are over 20 years old
Have a true passion for Nature
Have already taken at least one trip lasting more than 3 nights (in your country or abroad) in your life
Promise: I’m not selling anything, this isn’t marketing. Your answers are 100% anonymous and will only help me shape this wild project.
A huge thank you to everyone for your help and kindness! Looking forward to chatting in this thread 😛
(Dear admins, this is purely a collaborative effort for my project study, with no commercial purpose. Thank you so much for your support!)
Photo: Grizzly Bear (Ursus arctos horribilis), female on the left and her cub on the right. Photo taken by me in Alaska, Denali National Park.
It’s something we often notice in this forum—and many others—this behavioral shift.
A long-time member, or even a new one, asks a question.
They get one or more answers, some brief, some detailed, and then... nothing???
Not even a simple thank you!!!
From what I’ve gathered, if the answers don’t align with what they wanted to hear, it seems natural for the asker to just disappear!! 😕
Unless—(and I fear this is the case)—basic politeness is no longer part of our society????
I spent 3 weeks in Bali last summer (+ 3 nights on Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java). So I wanted to see what ChatGPT could suggest for comparison...
Here’s the prompt I gave:
"You’re a local expert guide for Bali.
- Plan a 20-day itinerary for Bali with a side trip to Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java without staying overnight.
- I’m traveling with my wife, and I love visiting historical sites, hiking, relaxing at the beach, snorkeling, and exploring rice terraces...
- For the duration of the stay, I don’t want more than 8 places to sleep, and I’d like to stay at least 2 days at each stop to avoid unpacking too often. Except for the last night, where I’m okay with just one night near the airport.
- I prefer neighborhoods that are walkable and try to avoid typical tourist traps, though I don’t want to miss the must-see spots. So suggest a mix of iconic sites and hidden gems.
- Recommend hotels or guesthouses with a budget of 50 to 100 € per night, including breakfast. Make suggestions in areas popular with travelers, specifying the vibe (I prefer quiet), and consider safety and proximity to attractions.
- For lunch and dinner, suggest two to three restaurants that are well-rated by customers.
- Give me a day-by-day program with details on travel times, visiting times for each point of interest, and recommendations for transportation (taxi, train, bike, etc.).
Estimate the total cost of the trip, including accommodations, food, transportation, and activities, and suggest two tips for saving money in each category.
- Don’t make anything up—be realistic about travel times, take into account the opening dates and hours of sites, and give me the entry fees for places to visit.
- Ask me all the questions until you’re 95% sure you understand what’s being asked. Don’t generate your response until you’ve understood."
The AI asked for a few clarifications:
"Great request—I can build you a really optimized and enjoyable itinerary, but to be 95% sure I hit the mark, I need a few key clarifications (this will really influence the pace, areas, and accommodations)."
In the end, it proposed a program very close to what we actually did.
I’ll skip its accommodation and restaurant suggestions...
Its proposal:
"Ubud (4 nights) => we did 5 nights
Sidemen (2 nights)
Amed (3 nights) => we’d planned 2 nights
Gili Meno (3 nights) => we did Gili between Sidemen and Amed
Munduk (3 nights) => we did 2 nights before Pemuteran
Pemuteran (3 nights) with Ijen => we did 4 nights
Sanur (2 nights + 1 last night) => we chose Jatiluwih instead of Sanur
It suggested "activities" (and accommodations too):
IN UBUD:
- Walk around central Ubud (1–2h)
- Campuhan Ridge Walk
- Tegalalang Rice Terrace
- Tirta Empul
- Gunung Kawi
- Massage / market / slow café
IN SIDEMEN:
- Rice terrace hike (2–3h)
- Cooking class
IN AMED:
- Snorkeling
- Japanese Shipwreck
- Beach + relaxation
- Volcano sunset
ON GILI:
- Snorkeling at Gili Meno Turtle Point, Nest Underwater Statues
IN MUNDUK:
- Jungle & waterfall hike - Munduk Waterfall + Melanting Waterfall
- Loop: 3–4h (perfect for your level)
- Ulun Danu Bratan Temple
- Twin Lakes
IN PEMUTERAN
- Snorkeling: Menjangan Island
For Kawah Ijen, it detailed the day well:
👍 from Pemuteran = best possible option
12 PM: leave hotel (we left at 10 PM)
1 PM: ferry
3 PM: arrival in Java + transfer
11 PM: start ascent
2 AM–6 AM: volcano
Return to Bali around 11 AM–12 PM (we got back at 4 PM)
👍 still very intense, but doable with an agency
💰 ~80–120 €/person all-inclusive
IN SANUR:
- Relaxation
- Quiet beach
- Proximity to airport (30 min)"
J'ai gardé comme habitude, de me moucher à l'évier, et de me laver ensuite les mains, coutume ramenée d'Inde, parfois, ca choque certains non voyageurs quand je suis prise en flagrand délit...
Aussi, quand je tombe en panne de pq, ca ne me dérange pas, sauf si j'ai de la visite... 🤪
Maintenant je reviens d'avoir baladé le chien (d'un copain en vacance), portant djellabah et bottine tibétaine... 😏😏😏 Ah pour sur si j'avais croisé des locaux, sans doute aurais je choqué?😏
Enfin, tant que je ne suis pas à cracher par terre au resto et à m'accroupir sur le bord d'une autoroute bouteille d'eau en main...
Et vous, vous ramenez des coutumes au pays?
After taking a little trip around the world, I came back a few months ago with an idea in mind.
I mostly do diving, and I love observing animals in their natural habitat without disturbing them.
During the trip, I realized it was quite complicated to know where and when to see certain species.
For example:
where to dive with sharks or manta rays
where you might get a chance to swim with whales
I even discovered thresher sharks during my trip… I didn’t even know this species existed before, even though they’re incredible to see.
We spent a ton of time searching for info all over the place, especially on social media, without ever getting a clear picture.
So I started putting all this together on my own, in the form of a map, to make it easier to visualize where to go depending on the seasons.
I recently put a first version online (it’s called Fauneya).
There are probably mistakes, inconsistencies, or things to improve, and that’s partly why I’m posting here.
I’d really love to know how you all go about planning this kind of trip.
As part of my Master’s thesis, I’m currently conducting a public survey on a topic that concerns all of us when planning a trip: artificial intelligence and the role of human contact in travel planning.
These days, we’re using more and more digital tools to find ideas, compare options, and book trips... but is the role of human advisors still essential? At what moments? And for what types of trips?
The survey is anonymous and takes about 7 minutes.
It’s aimed at anyone who travels (or has traveled) for leisure, whether you plan everything yourself or go through an agency.
en parcourant le forum pour glaner des infos pour mon prochain voyage en thailande, je vois souvent les mots "voyageur, grand voyageur" mais aussi "touriste" donc pour vous quelle est la nuance?
I've traveled quite a bit in Vietnam over the past few years—from the southern delta to bustling cities and even some small islands—but what really sticks with me is the north, the high mountains.
Up there, there's something different—maybe slower, more raw. The morning markets with ethnic groups, women in traditional clothes, the colors...
The stilt houses, kids following you and laughing for no reason, the terraced rice fields—it almost feels unreal at times, so vast and quiet, yet so human and simple.
You often hear that Sapa has become too touristy, and that's partly true, especially in the center. But as soon as you move a little farther away, everything changes quickly. The landscapes open up, encounters feel more natural, and you rediscover something truly authentic.
I think it's that contrast that struck me—the difference between what you imagine before going and what you actually discover when you take the time.
And you—what memory do you hold onto from Vietnam? A particular place that touched you more than others?
Hello,
We’re finalizing the plans for our upcoming trip to China in May 2025. The second-to-last stop will be in Zhangjiajie, where we’ve planned to stay for 2 full days before heading to Shanghai.
We’re traveling solo using local transport and have arranged to stay in the city of Zhangjiajie.
We’ve seen that there’s a lot to see:
Tianmen Mountain, the Grand Canyon and the glass bridge, Zhangjiajie National Park, and that the sites are quite far apart with fairly expensive entry fees.
We’re thinking of dedicating one day to the national park and the Grand Canyon (glass bridge) and one day to Tianmen Mountain.
But we’re not sure if this plan is realistic—any thoughts would be much appreciated!
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore.
A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
I know... I know that every civilization, every society has a vital need to create scapegoats to define and justify itself, pathetically. And Iran is one of them, top of the list. I laugh or sigh, and it doesn’t bother me.
But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Hi everyone, here’s our itinerary. Arriving on the evening of December 13th. Departing on January 7th.
Thanks in advance for your tips and valuable feedback.
Manila – 1 night
Coron – 4 nights
Coron to El Nido cruise – 2 nights
El Nido – 4 nights
Port Barton – 5 nights
Flight from Puerto Princesa to Vigan
Vigan – 2 nights
Sagada – 2 nights
Banaue – 2 nights
Bagabag – 1 night
Manila – 1 night
I’ve only booked the flight to Manila and the Manila/Coron flight so far. Is it possible to book boat trips, accommodations, and the Puerto Princesa flight last-minute?
Vraiment déçu du Costa Rica ! Pura vida ? L'arnaque du siècle !
( Costa frica pure vide ).
Le pays où les animaux sont en liberté et les hommes en cage .
3 semaines en décembre dans ce pays et bien plus jamais. . Imaginez la bande annonce d'un film qui paraît intéressant, et en allant le voir vous vous apercevez que c'est un ''nanard'' et que les meilleurs moments tenaient dans la bande annonce.
Et bien c'est ce que l'on a ressenti avec le Costa frica pure vide .
Nous avons ma femme et moi pas mal voyagé et nous ne nous attendions pas à nous tromper a ce point.
Dans les grands axes nous avons fait :
Sant José
Alaiela
Limon cahuita Porto viejo manzalino ( côté caraïbe)
Jaco quepos manuel Antonio ( côté Pacific)
Et d'autres courts passages dans les villes intermédiaires.
Notre mécontentement c'est fait crescendo de la sorte:
Arrivés à l'hôtel le taxi nous dépose dans une petite rue devant un portail métallique blanc avec les fenêtres du RDC entravé par des barreaux. Nous le regardons dubitatif mais l'enseigne correspondait .
Il s'approche du portail appuie sur la sonnette le buzzer retentit et la porte s'entrouvre .Hôtel pas trop mal pour le prix , à 10 minutes à pied du centre ville, mais avec effet " Fleury merogis" garantie.
Jusqu'ici tout va bien .
Après la douche et après avoir repris nos esprits, nous partons faire un tour au centre ville.
Ce qui a commencé à nous interpeller sur le trajet c'est de voir quelques maisons avec barreaux aux fenêtres au RDC et même au premier étage.
Sur le coup nous nous sommes dit que le quartier de l'hôtel ne devait pas être trop top .
Le centre ville de san José :
C'est une ville quelconque pas dépaysante avec une rue piétonne et un petit mercado où vous pourrez manger local sans artifice. Très peu de touriste pour ne pas dire pas du tout ce qui vous permettra de vous noyer dans la population . Nous déjeunons et avons des difficultés à nous faire comprendre car hormis un ou deux magasins l'anglais n'est pas parlé.
Sur le trajet du retour à l'hôtel nous empruntons un autre chemin et en papotant et flânant ma femme me fait remarquer une belle maison blanche à étage complètement barricadé façon fort Nox.
Dès cet Instant on s'est mis a regarder les façades des maisons et des immeubles et lá , glauque de chez glauque, la plupart des façades ressemblent à des prisons avec barbelés pour certaines.
Bien que refroidi nous nous sommes dit que c'était peut être l'effet grande ville et que tout le pays ne devait pas être comme ça .
Jusqu'ici tout va bien.
On se pose un peut a l'hôtel on prend un verre au bar de celui ci. La nuit tombe tôt vers 17h30 . Sur les coups de 19h30 on repart pour le centre pour dîner . Un peu flippant le soir pour une capitale, le centre était quasi désert et hormis les chaines de fast food , trés peu de restos ouverts et pas grand monde dans les rues .
Des bars avec agent de sécurité devant .
Je ne dirai pas ce soir là que nous nous sommes senti en insécurité mais la nuit tombée on s'est dit que les barreaux aux fenêtres n'étaient pas la pour rien . Premier jour sur place un peu mitigé.
Le lendemain journée ville et environ , et sentiments inchangés .
Jusqu'ici tout va bien.
Direction cahuita par bus ,4 h de trajet
Paysages très vert , mais vite lassant la route longe la forêt et traverse quelques villes où villages et à la campagne aussi autant de maisons prisons .
Le bus nous dépose à la station terminus de cahuita, nous sommes 4 a descendre . C'est un village, que dis-je un bourg , c'est simple cahuita c'est une ligne droite et une perpendiculaire et franchement la le doute commençait à s'installer sur nos visages . Quelques restos qui appliquent 13 % de taxes et 10 % de service soit 23% .on pose les affaires a l'hôtel , et on part visiter ce lieu . En 20 minutes on en fait le tour , on déjeune et devions aller jeter un œil a ce fameux parc .
L'entrée est sur donation , enfin l'entrée c'est comique , il y a un chemin en bord de forêt qui longe la mer et voilà le tour et joué.
Jusqu'ici rien ne va plus .
Là on s'est dit que c'était une belle fumisterie mais n'ayant pas été très loin nous décidons de revenir demain pour approfondir.
On rentre a l'hôtel , on se pose, et sur les coups de 20h00 on sort dîner . Et bien , 2 restos ouverts et rues désertes .
Flippant !
Le lendemain on approfondit la visite du Pseudo parc et là vraiment on a compris.
Chemin qui longe la forêt en longeant la mer , 2h de parcours aller et idem retour où vous croisez les animaux qui veulent bien montrer leur museaux
Une belle connerie " tout ça pour ça "
Plage avec plein de morceaux de bois et de cadavres de noix de coco . on s'est demandé si les photos sur le net n'étaient pas retouchées , car la mer trés agitée n'est pas du tout bleue azur
Mais oser appeler ça un parc c'est comique et ressemble à un nouveau concept..
Quand on repense aux avis émis sur le net , on a commencé à se dire que des professionnels ayant des intérêts dans ce pays épiés et contrecarrer tous avis qui risquerait de nuire a leur business.
Dommage que nous n'avons pas pensé a regarder les avis négatifs avant , nous l'avons fait pendant et je dois dire que cela nous bien aidé, car nous nous sommes demandé si nous n'étions pas devenu trop exigeant grâce où a cause nos nombreux voyages, mais non quand c'est pourri c'est pourri .
le parc de manzalino est encore plus comique il y a un début de chemin qui longe la mer mais que sur 500 mètres et ensuite plus rien vous devez escalader dans la boue et vous frayer un passage dans la foret . nous avons fini pieds nues car la boue nous arrivé aux mi- mollets . tout ca pour croiser un raton laveur et un survol de perroquets
On s'attendait pas a voir l'Arche de Noé mais on a vu plus d'animaux a bali au Mexique en thailande en allant voir les temples ou en baladant que dans ces soi disant parcs !
puerto vierjo non loin de cahuita et apparemment plus vivant et bien oui ça pouvait pas être pire !
sur le lonely planet il était question d'ambiance caribéenne et de soirées endiablées et bien peut etre que cette époque a eu bien lieu mais ce n est plus le cas et le très bon son reggae diffusé un peu partout n'y suffit pas .
le soir a puerto viejo un peu plus vivant que cahuita mais ça c'est pas difficile ; pas enormément de touristes voir trés peu, pas de marché de nuit mais 2 à 3 boutiques ouvertes avec leurs t shirts à 20 dollars et même constat qu' a san jose.
Pas grave on a profité de la plage et du soleil qui lui était fidèle au rendez vous.Notre programme devait inclure le parc de tortuguero mais après avoir échangé avec d'autres touristes qui en revenaient nous nous sommes ravisés sachant que nous devions faire côté pacifique le parc de manuel Antonio.
Pour repartir côté pacifique vous êtes obligés de reprendre le bus et passer par sans José . 5 h cette fois ci et ensuite il faut changer de terminal de bus et c'est reparti pour 4h30 pour arriver à quepos .
Ville étape qui permet de se rendre a manuel antonio plage et parc !
ville à l'image de ce que nous avons pu voir jusqu'à present c'est à dire : qui se dérsertifie dés le
coucher du soleil sachant que la journée il n y a pas foule ! ( mais ou sont les touristes ?, )
toujours autant de barreaux aux fenêtres et cette sensation de s'être trompé d endroit
7 km plus loin ; manuel antonio plage et parc
la plage est très belle et assez vaste mais ne vous attendez pas à avoir une mer bleue turquoise car les vagues font remonter le sable en surface et donnent une couleur marron a l'eau ;
le long de la plage boutiques et restos sur 300 mètres et plus rien ; quand au soir après le coucher du soleil la ville se couche aussi .
parc de manuel antonio assez vanté pour la richesse de sa faune nous l'attendions de pieds ferme car quand vous exprimez votre mécontentement concernant les parcs de cahuitat et manzalino , la mode est de vous dire
''mais non il faut faire le parc de monteverde ou manuel antonio '' en fait quoi que vous fassiez ou disiez on vous dira '' mais tu aurais dû aller là bas ou ici
revenons à notre fameux parc ; entrée 16 dollars de mémoire et contrairement à ce que l'on a pu nous dire on ne s'y bouscule pas !
des guides a l entrée équipés de longue vue vous proposent leurs services moyennant une trentaine de dollars
le parc ; un chemin planchéié ou pas dans la forêt qui longe par moment de magnifiques criques et plages .
Dès notre entrée dans le parc , un attroupement qui prenait en photo une biche qui mangeait des feuilles,
un peu plus loin un guide accompagné d'un groupe de 5 personnes marquent l'arrêt, le guide vient de lever le bras et pose sa longue vue ! il leur montre à un centaine de mètres niché sur une branche : un colibri mais oui vous avez bien entendu un colibri! certains en regardant à travers la longue vue s'exclamaient:" oh my good ! amazing ! incredible"
on a cru un moment qu'ils avaient découvert une licorne ou qu'ils étaient à jurassic park et qu'ils venaient de croiser la route d un tyranosor rex !
le concept est comique; regarder un oiseau ou un autre animal à travers une longue vue ! car trop loin ! idem qu'à la télé non ?
pour notre part on a croisés des singes , des fourmis, un tatou, un iguane et le cul d un paresseux qui montait à l'arbre ! amazing incredible !
nous sommes restés quelques jours à manuel antonio pour profiter de la plage en changeant souvent d'hôtel car les prix variés du simple au double du jour au lendemain pour des prestations honteuses ; en plus ils vous annoncent un prix en dollars pour le convertir à leur guise ! des voleurs!.
Alajuela ville proche de l'aéroport avec un mall sur deux étages et marché local au centre ville ! sans interêt si ce n'est la proximité avec l'aéroport !
Ce que nous avons appreciés :
Le climat et la ville de san jose qui avec le recul est la ville la plus authentique que nous avons traversés .
Ce que nous n'avons pas appreçiés en plus de ce que nous venons de citer :
Les costaricains qui ne sont pas très avenants ni communicants , l' anglais qui n' est pratiquement pas parlé , même pas par les medecins de l'hôpital de Quepos où ma femme victime d'une intoxication alimentaire y ait passé, ( merci Google translate) , l'obésité omniprésente des Costaricains qui s'alimentent à l'Américaine, l'insécurité, les bobos ecolos qui quittent leur lodge à 150 dollars en mini-van avec guide pour visiter les parcs et autres sites puis reviennent se barricader dans leur forteresse la nuit tombée (oh my god amazing incredible), le panneau bleu à l'entrée des villes qui acceptent ce mode de paiement ; "acceptamos american express" les parkings devenus payants par la seule présence d'un gars qui surveille vos voitures , les prix affichés en dollars , le coût de la vie (hotels rerstos taxes ), les paysages trop verts et pas assez fleuris , les plages rien d exceptionnelles , la pollution dans les villes où les gros camions trucks américain sont rois , les eaux usées rejetées directement à la mer . Hormis la jungle il n'y à rien a visiter, aucun vestiges , ruines , monuments , digne de ce nom .
Bref , nous pensons ma femme et moi que la publicité faite pour ce pays soi disant ecolo est surfaite , mais que c est un peu le pays à la mode du moment ! Il y a beaucoup mieux , moins cher , et plus authentique .
Avec le recul nous gardons que les bons moments et nos belles photos , mais si c'était à refaire .............
Avant de vous quitter petit message à tous ceux qui n'aiment pas que l'on puisse avoir un avis divergent du leurs :
Et bien certaines choses ne se discutent pas , et á ceux qui voudraient nous faire croire qu'en 3 semaines on n'a pas le droit de critiquer un pays ou d exprimer un ressenti , et bien comment pouvez vous l'encencer en si peu de temps. Belle supercherie, Costa frica pompe à fric , pura vida , pure vide sidéral.
Si vous aimez passer vos soirées barricadé dans votre douillé hôtel le soir tombé , et bien ce pays est pour vous .
Pour les autres : fuyezzzzzzzzz !
Hello,
Since the war between Russia and Ukraine, nothing is simple anymore for traveling to Belarus due to sanctions.
No more direct flights from the EU to Minsk.
Driving is a huge hassle, especially crossing through Poland at the only open border in Brest—you can wait 2, 3, or even 4 days just to get through by car.
The least painful driving option is to come via Lithuania and cross at the only open border, with a minimum wait time of 8 hours, sometimes up to 20 hours or more!!
Controls are very strict and annoying on both the Lithuanian and Belarusian sides. Avoid bringing alcohol, food, or cigarettes—everything will end up in the trash, especially when leaving Belarus for Vilnius, where the Lithuanians are tough, even with EU citizens.
The joy I once knew when visiting my wife in Minsk is sadly over—it’s now a real ordeal.
The fastest solution is to fly. My wife travels to France by taking a bus to Kaunas in Lithuania, where you can catch a flight (though not daily) to Paris Beauvais or Charleroi in Belgium with Ryanair, for example.
For the return trip, it’s the same: a flight to Kaunas and then a direct bus from the airport to Minsk.
The bus crossing is quicker than driving—the 250 km journey, including border checks, takes about 6 to 8 hours for buses leaving Lithuania around midnight, but controls are still strict at the border.
The biggest challenge is finding flight schedules that align with the bus routes between the two countries, given the unpredictable border crossing times.
Now, my wife travels via Charleroi in Belgium (near Brussels), and you can take a train to Paris. Alternatively, you can fly into Beauvais and take a bus to Paris (Porte Maillot).
For those driving, note that EU insurance and assistance policies no longer work in Belarus or Russia. You’ll need to get local insurance, usually limited to third-party liability (I don’t think full coverage exists?), as well as mandatory medical insurance. This is available at the border.
You now have to pay highway tolls—no more BELTOLL boxes. Instead, you pay a flat fee for the duration of your stay. Stop at the first gas station after crossing from Lithuania to fill up on fuel and cigarettes.
From what I know, Lithuania bans carrying more than 60 € in cash, but there’s no limit for USD (though it’s capped at $10,000??).
With a Visa card, you can now withdraw 1,000 rubles per week (about 270 €)—two months ago, it was only 500 rubles!!
For now, you can still pay by card in shops and gas stations.
However, major retailers like KORONA (which may be Russian-owned??) no longer accept foreign Visa cards.
Unfortunately, the additional sanctions announced by the U.S. on August 5, 2025, against Russia—and possibly Belarus—aren’t promising for the future.
After 20 years of visiting Belarus, I’m truly saddened to see the joy of living in this country with my wonderful wife turn into such a bleak situation, all because of human folly.
Hi everyone!
I’m putting together our travel itinerary for Veneto at the end of April. And the more I look and research potential sites to visit, the more I find!
We’ll only be there for a week—my family and I—including 3 days in Venice. So we have to make some choices...
I plan to rent a car when we arrive in Venice and head straight to Bergamo, which would be our first stop. We’d leave the car at the airport when we return to Venice so we can explore the city at our leisure.
What do you think:
1 night in Bergamo (a 2h15 drive from Venice airport),
1 night in Garda,
1 night in Verona,
1 in Padua, and
3 in Venice—would that be doable?
Thanks in advance for your tips and experiences! :)
Now that the curtain has fallen on the past year, it’s time to see what’s happening around here.
It seems pretty quiet, but I’ll read more in detail later.
First, I need to tell you all an anecdote.
My eldest little girl, in her third year of law school, was really scared she wouldn’t pass the year.
I told her:
“Trust yourself, you’ve worked so hard, and worst case, if you fail, you’ll just redo the year.”
“But I don’t think I’ll make it—they changed the rules, and if I mess up even one unit, I have to start all over.”
I knew her grades weren’t exactly stellar, and with what I was about to say, I wasn’t taking much of a risk.
“Here’s the deal, sweetheart: if you pass, I promise I’ll take you to India, just the two of us.”
I have to admit, India is a country I’ve talked about so much to all my grandchildren that in their minds, it’s become a magical, mythical place (hmm).
July had barely begun when my phone rang, her name flashing on the screen.
“Mamido, I did it!”
My promise came rushing back—oh no, oh no, oh no!
“Congratulations, sweetheart!”
A little shyly, she said:
“Is the India trip still on?”
And me, replying:
“Of course it is!”
And that’s that—a promise is a promise, or you risk losing that precious trust that keeps hearts warm and at peace.
We’re leaving in February. Only 8 days—yikes, the carbon footprint!
But we can’t miss her tutorials, or she’ll be kicked out.
Personally, that works just fine for me.
Going to India has become a challenge for me. It’s far, it’s exhausting, I sweat, I hate mosquitoes, the spices bother my mouth when I used to love them. There’s noise all the time—at night, the dogs bark nonstop, and we almost get run over. I’ll get lost in the streets because my sense of direction has vanished. I don’t like rice anymore. All that chaos and those cultural differences that once enchanted me now just overwhelm me.
But I promised.
The upside—and it’s a big one—Raman, the same driver I’ve had forever, will be at the airport with a sign with our names. We’ll stop at the same little shop for chai (or tea, plain and simple) with that aroma that intoxicates me, halfway through the trip.
It’ll be a tiny trip—staying with friends, I’ll show her a few places I love: Chidambaram, Mamallapuram, and the clinic where I worked. Then we’ll head back.
My little girl will go home to her parents.
As for me, I’ll leave right away for our Scottish island with Homme for our chilly winter.
How can you love a country so much you want to live there, then suddenly reject it, no longer able to appreciate what once made it special?
That’s the mystery of love, I guess.
I’ve visited the U.S. four times myself, including two long road trips. The last one was just this past August...
I won’t be going back. I already felt guilty last August, but recent policies have finally convinced me: the humiliation of Zelensky, authoritarian excesses, Gestapo-like methods for detaining people of foreign origin, the murder of innocent people (a mother shot dead), corruption, insane "tariffs," skyrocketing healthcare costs for Americans, the abduction of foreign figures to secure oil, the requirement to disclose social media accounts, and now... threats and blackmail to forcibly take Greenland—a region that belongs to Denmark and thus the European Union!
The reality is that simply posting this could get me denied entry to the U.S.!
In this context, I just can’t keep spending money there. I loved my trips, but there are so many other countries with stunning landscapes to explore.
So I get why you’d want to travel there. I did, and I loved it. But once a country no longer respects any of the values that made us love it, why go?
How can we even consider traveling to a country that threatens to take one of our territories by force?
Hello everyone,
Controversial topic? Not necessarily—maybe just a reflection on a world to come.
I spent the last 15 days of August on a cruise in Greenland, from Kangerlussuaq to Tasiilaq.
I was utterly amazed by this unique world of rock and ice, the little houses in every color, a simple life that’s also complicated by isolation and climate, among other things...
I carry in my heart the kindness of the people I met, the raw and gentle majesty of the icebergs, the colors of the sky...
So, I can’t even imagine a massive presence of raw material prospectors, heavy machinery requiring roads to be built—if that’s even possible—changing their way of life... putting sled dogs out to pasture!
Do fast food and Greenland’s northern lights really mix?
I wouldn’t trade my memories for an ESTA!
All opinions are respectable, which is why this isn’t a controversy—but I’m sorry, I have a soft spot for *my* Greenland.
We’re a couple aged 58 and 63. We’ve just returned from a wonderful trip to South India in Tamil Nadu and a few days in Kerala. We traveled with a local French-speaking guide and his friend, the driver. They both live in Pondicherry. We spent 3 weeks with them in the most authentic way!
We covered just over 2,500 km and visited not only temples but also archaeological sites, museums, and small artisanal businesses making tiles, tea, sculptures, bronze, and silk spinning. We were lucky enough to visit a public school, attend a wedding, and even a death announcement in a small countryside village. We were fully immersed in the culture, food, noise, and colors—it was incredible!
The hotels and guesthouses we chose were very clean and mostly quiet. We’re returning from India with amazing discoveries!
We’re happy to share more info if you’d like!
M-Claire and Jean
This catchy and somewhat mysterious title comes from several questions I’ve been asking myself.
VF has been back open for a reasonable number of weeks and months now.
The number of visitors overall matches past averages, but the number of members online in the last 24 hours seems relatively lower than what we used to see.
Yet, to my surprise, I’m seeing fewer travel journals, way fewer messages, and way fewer questions.
I don’t see many new registered users online, and I notice a number of members who are logged in but either aren’t participating or have stopped participating.
Something’s not adding up for me because, in my opinion, VF is still appealing, and I don’t see which other sites could really compete.
Was there a real break between pre- and post-Covid?
Does it just take more time for some people to discover the site or learn that it’s active again?
Do people now prefer quick consumption on sites like FB or others I’m not familiar with?
Where have the site’s old-timers gone, and what are they doing with their time now?
What’s really going on here?
This isn’t exactly a traveler’s question... I’d like to know who handles the technical side of this forum?
I run a similar forum on a different topic (unrecognized children), and we’re dealing with a few technical issues that are slowly killing our forum... so I’d have one or two questions to ask 😊.
Also, I was wondering who created this forum... who the administrators or moderators are, etc.
I think this forum is great. Much better than Facebook, which I’ve been using since it shut down (so I’m happy to see it’s working again...)
Hi there, I’ve been traveling for 18 years now, at least 6 months a year, and as the years go by, I actually enjoy coming back to France more and more—a feeling I struggled with at first. I mean, we always think the grass is greener elsewhere.
But in the end, I find meaning in that saying about how there’s no place like home. I still love traveling just as much, but now my trips are shorter, and I enjoy spending more time in our beautiful country, even though I don’t hesitate to criticize it.
How about you? How do you handle coming back from your travels?
Il y a quelque années, j'étais parti avec un groupe d'amis donner un coup de main dans une petite école rurale à côté de Thiès, au Sénégal.
Ambiance détendue mais travailleuse, avec les mains dans le mortier, la rigolade, les échanges, et tout ce qu'une COOPERATION peut engendrer.
Aujourd'hui, le petit projet vole de ses propres ailes.
Voulant profiter des richesses du Sénégal, on est parti faire un peu de tourisme dans le Siné Saloum. Une fille de notre groupe est tombée malade (crise de paludisme) et on a décider de l'emener voir un médecin dans un grand complexe touristique juste à coté. Malgré son état, il a fallu montrer patte blanche (si j'ose dire) pour entrer. Elle a été soignée et va bien depuis.
Cette "étape" dans ce centre style Club Méditerranée à la sauce teutonne, ressemblant au Grau du Roy en plus chic à été pour nous une vision d'horreur : Piscines, immenses bassins artificiels teintés de bleu, de rose ou de vert (!!!!), animateur hurlant autour d'un concours de teeshirt mouillés ou d'escalade de cocotiers, et toubabs rotis, ou rosés.
L'ensemble de l'hotel était ceinturé d'un immense mur derrière lequel s'était constitué un petit bidonville de marchands de souvenirs digne des derniers faubourgs de Dakar
En repartant, on a vu un minibus de clients de retour "d'excursion", avec masques, tissus et djembés - Souvenirs d'Afrique ?
Ce sera peut être le leur ?
Quel sera l'impression des gamins agglutinés devant les grilles de l'hotel ?
Quel sera l'impression des serveurs noirs en "costumes traditionnels africains", servant à tour de bras cocktails et glaces ?
Pour moi, qui ai connu l'Afrique très jeune, et dans la brousse, cela reste une vision d'horreur, gravée en moi.
Sur V.F. ce genre de vacances ne semble pas être le lot commun des internautes, et c'est bien la raison de mon inscription.
Avez vous aussi connu ce genre de voyage intersidéral ?
Comprennez vous les martiens ?
Leurs motivations sont elles pacifistes ?
I’ve been wondering: Is it still reasonable to rent a car in the U.S.?
Apparently, since early January 2025—and very quietly—the most important insurance coverage, namely the driver’s civil liability, has seen its coverage amount drop from $1 million to just $300,000. This coverage is supposed to protect us from damages we might be responsible for while driving. We can go decades without a single scrape (especially if it’s our fault), but anything can happen in a split second. A motorcycle appearing out of nowhere, a misjudgment at one of those huge intersections with staggered traffic lights, and suddenly we could be deemed at fault for the accident. We’d then have to pay out of pocket for the other party’s medical expenses. Given what hospitals charge... it can easily exceed $300,000 and turn into a nightmare in no time!!! Plus, anyone who’s driven on American roads has seen those billboards for lawyers offering their services to accident victims. So on top of the sky-high medical bill, the lawyer will demand compensation worthy of a Hollywood movie!!!! So, is it even worth getting behind the wheel in America anymore? Well... that’s just my take! And on top of that, I haven’t found any insurance company that offers such high civil liability coverage. Chapka and others do offer coverage in the millions, but motor vehicles are excluded.... So here’s the thing... Unless I’ve "missed something," I’ve come to this conclusion: Renting a car in the U.S. is like playing Russian roulette! But maybe I’m being too pessimistic? What do you think?
My two bullfighting traditions when I'm back home in Camargue (France) and in Colombia (Caribbean) every time I return. 🤠
Details:
Bullfights (corridas) aren’t part of my two bullfighting traditions, but I respect those who attend them!!!
In these two ancestral bullfighting traditions—which aren’t bullfights—the Bulls and Toros aren’t killed or tortured, as some might think.
These are bull games where the animals return to their pastures afterward and only come back to the Arenas 2–3 times a year at most.
They spend 15 minutes in the ring for the Camarguais and 5 minutes for the Toros in the Colombian Corralejas.
They’re cared for and pampered. They’ll die of old age in miles of open fields.
The young people who face them are professionals, risking their lives to support their families and live their Passion for the Toro!!! 😄
https://youtu.be/yYKQer42HoQ
Colombian Corraleja in the link below (hope it works) 🤪
https://fb.watch/BMfmuCgQpG/