Passages de frontières

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XR Xrctn Veteran ·
Les frustrations frontalieres se poursuivent... cette fois en franchissant la frontiere entre l'Armenie et la Georgie en train mais... au milieu de la nuit !!! Rien a voir donc. Les douaniers armeniens sont montés a la derniere gare armenienne et ont controlé les passeports munis d'un scanner portable (trés sophistiqué!). A la gare georgienne, une poignee de douaniers et autant de chiens errants. Les douaniers ont collecté tous les passeports sont partis dans leurs bureaux puis sont revenus nous les rendre apres avoir appose un beau tampon vert.

Bref rien d'excitant.

Par contre aujourd'hui en allant visiter le monastere de Davitgareji, la route ou plutot la piste passe a quelques centaines de metres de la frontiere entre la Georgie et l'Azerbaïdjan. (https://goo.gl/maps/1s1rz) La j'ai eu ma dose (petite) d'excitation en prenant une photo d'un mirador georgien et la cloture (succession de poteaux blancs delimitant de frontiere. En prime j'ai meme rencontré deux soldats georgiens sur un quad. Wooah !!!







Aggrandissement de la seconde photo Ceux qui ont de bons yeux devineront les poteaux blancs...

A+ X
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XR Xrctn Veteran ·
L'avantage des 'petits' pays est que l'on atteint rapidement leurs limites donc leurs frontieres. Une frontiere un jour, une autre le lendemain, a l'autre extremite du pays... Pour ce qui est de les passer, c'est une autre histoire !

L'unique point de passage entre la Georgie et la Russie se trouve au milieu des montagnes du Caucase et est accessible par une route qui reserve quelques surprises (nids de poules, vaches, epingles a cheveux, camions, chauffards...).

Visitant le parc national de Kazbegi (https://goo.gl/maps/EtjfT), il "me fallait" voir de plus pres cette frontiere... mais helas pas de la franchir faute d'avoir un visa russe.

Apres avoir depasse une file impressionnante de camions en attente, je suis arrive dans une zone en travaux et ai pu "admirer" le poste frontiere georgien qui se situe a l'entree d'un tunnel... Helas il n'y avait pas moyen de voir le poste russe :( Demi frustration...







PS Oui, je sais il faut avoir un grain pour faire des kilometres pour prendre une photo d'une bicoque et de bulldozers... pourtant une fois la bas, j'ai rencontre un mec qui etait la pour les memes raisons: "Only to look!" qu'il m'a dit. Je me suis senti moins schnock.
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XR Xrctn Veteran ·
Ah enfin un passage de frontieres comme je les aime... Ce dernier a eu lieu hier en fin d'apres-midi dans le train entre Tbilisi et Bakou. J'ai ainsi pu prendre quelques photos de gares, de trains mais pas de douaniers ni de soldats (jamais une bonne idee !).

Gardabani, derniere gare de Georgie. Excitation, attente sous une chaleur de bete car l'air conditionne ne marche pas quand le train est a l'arret et interdiction de descendre tant que les formalites douanieres ne sont pas terminees.

Passage des douaniers georgiens dont l'uniforme ressemble a celui des flics New Yorkais. Ramassage general des passeports et attente. Un autre jette un vague coup d'oeil aux valises. Je grille une clope sur le quai et depense mes derniers Laris a la petite bicoque au fond du quai en achetant une paire de bieres et des bretzels.

Coup de sifflet

Le train se met en branle et poursuit doucement son chemin dans la plaine. Les poteaux electriques ont change de couleur. Nous sommes maintenant en Azerbaidjan. Yeh!

Quelques kilometres plus loin, arret a la gare de Boyuk (https://goo.gl/maps/NbCzc)

L'alphabet a change ainsi que les uniformes des douaniers. Des soldats en treuillis gardent le quai. Personne ne descend, au contraire tout le monde monte, c'est a dire douaniers, chiens, militaires avec de curieuses antennes et le personnel des services financiers.

Un premier douanier inspecte passeports et visas volants et les embarquent avec lui. Nous suons 1000 gouttes. Bien plus tard, chaque passager est appele dans un compartiment vide requisitione pour les ultimes formalites. Un douanier a installe une valise avec scanner et camera (encore mieux que les Armeniens !!!). Petit sourire pour le monsieur, la recompense un joli tampon bleu nickel.

Une bonne heure plus tard... nous repartons alors que le ciel devient rouge.

Gardabani - Georgie



L'entre-deux gares

Poste frontiere - Azerbaidjan

Boyuk - Azerbaidjan
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VO Voyajou Globetrotter ·
Bonjour Xavier,

J'ai lu avec plaisir tes aventures transfrontalières rapportées comme des saynètes (il te reste à nous conter le passage de la frontière que tu n'as pas franchi et je ne doute pas que ce sera le meilleur! [;)] ), j'entends ta fascination pour ces lieux...

Et pourtant je n'aime pas les frontières. Pas tant à cause de ce moment du passage pendant lequel on est à la merci d'un individu que parce que les frontières séparent. Des Balkans au Soudan, les nouvelles frontières érigées de par le monde le réduisent et réduisent l'horizon de ceux qui les mettent en place, institutionnalisent des communautarismes. Parce qu'au prétexte de protéger, elles excluent. Pire, il arrive qu'elles privent de liberté des peuples, captifs de leurs propres dirigeants. Et que dire de frontières perméables aux marchandises et aux capitaux mais hermétiques aux hommes!? Ô Vintimille!
XR Xrctn Veteran ·
Salut Jean-Luc, Merci pour les commentaires. Je partage ton avis sur le cote reducteur qu'ont les frontieres. Cependant les frontieres ont toujours existe, elles n'ont fait que bouger ou d'etre officialisees.

Par exemple, meme s'il n'existe plus officiellement de frontieres dans une grande partie de l'Europe, elles restent neanmoins visibles et palpables, il suffit de traverser le Rhin, de passer le tunnel du Mont Blanc ou celui sous la Manche pour s'en rendre compte.

Mais tu l'auras compris mon attraction tient davantage au cote physique et au cote irreel de la chose. Je trouve tout simplement extraordinaire qu'il ne suffit parfois que d'une riviere, d'un tunnel ou plus betement une ligne droite au milieu de nulle part pour tomber dans un monde different. Quant au cote theatral d'un passage de frontieres, je ne fais que l'observer et ne l'apprecie pas toujours meme si je ressens parfois un certain thrill.

Un monde sans frontieres est certes un beau concept mais reste malheureusement une utopie. Le debat actuel et la politique en Europe (et en Australie !) a propos des boat people indiquent clairement qu'un monde sans frontieres n'est pas pour demain.

En fait la cloture de ton jardin ou la porte de ton appartement sont aussi (a une autre echelle bien-sur) comme les frontieres d'un pays. Imagines-tu les ouvrir en permanence et a quiconque ?

Vaste debat...
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XR Xrctn Veteran ·
Juste quelques photos de frontieres... surprenantes ! http://www.konbini.com/fr/inspiration-2/frontiere-images/
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XR Xrctn Veteran ·
A propos d'un monde sans frontieres, cet article du Monde paru le 25/06/15 tombe a point: (desole pour le formattage du texte qui rend la lecture un peu penible)

Et si on ouvrait les frontières ?

Imaginez que tous les pays ouvrent en même temps leurs frontières et autorisent la libre circulation des individus sur leur territoire. Que se passerait-il dans l’immédiat ? Au bout de vingt-cinq ans ? Hier considérée comme une utopie, cette question est devenue un véritable objet d’étude. Et les scientifiques commencent à y apporter des réponses, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les timides mesures prises face à la crise migratoire au sujet de laquelle l’Europe se déchire. Le sujet, pourtant, reste dans le secret des laboratoires. Il en sera ainsi tant que les gouvernants construiront leur ­politique dans ce domaine en se laissant guider par l’opinion publique plutôt que par les résultats scientifiques.

1 500 morts depuis janvier

En attendant cet hypothétique virage, l’escalade continue. Depuis janvier, plus de 100 000 personnes sont arrivées sur les côtes grecques et italiennes, et plus de 1 500 sont mortes au cours de la traversée. Les migrants, de plus en plus, mettent leur vie en danger pour profiter de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, censée garantir le droit à « toute personne (…) de quitter tout pays, y compris le sien ». Les frontières, elles, sont toujours plus hermétiquement protégées. A l’entrée de l’Europe comme sur les autres continents, des murs s’érigent ici et là. Et cette course sécuritaire, qui a déjà coûté, selon le consortium de journalistes européen The Migrants Files, 1,6 milliard d’euros aux contribuables du ­continent depuis 2000, ne donne aucun ­signe d’essoufflement.

Pour sortir de cette « incapacité où nous sommes actuellement d’imaginer un monde où l’on circule librement, sans visas et même sans passeports, comme c’était la norme avant 1914 », la juriste Idil Atak (université Ryerson, Canada) et la politologue Speranta Dumitru (université Paris-Descartes) ont fait de cette possible ouverture des frontières le thème du dernier numéro de la revue Ethique publique. Un autre groupe de recherche, baptisé Mobglob (pour « Mobilité globale et gouvernance des migrations »), s’est constitué autour de politologues, de sociologues, d’un géographe et d’un ­anthropologue pour creuser le sujet. Cette ­dizaine de cerveaux du CNRS, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ou de Sciences Po conjuguent leurs approches pour reprendre sur d’autres bases un débat qu’ils estiment mal posé.

« Quelles seraient les conséquences immédiates et à vingt-cinq ans d’une mise en place mondiale de la libre circulation ? », se demande à voix haute Hélène Thiollet.

Cette chercheuse du CNRS, associée à l’Institut international des migrations d’Oxford, coordonne Mobglob avec la politologue Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS et docteur en sciences politiques.Idées fausses Référence universitaire sur les flux migratoires, cette dernière avait publié, dès 1999, un petit ouvrage intitulé Faut-il ouvrir les frontières ? (Presses de Science Po). Le texte ne fut pas un succès de librairie, mais il ouvrit la porte à une réflexion que les chercheurs Antoine Pécoud et Paul de Guchteneire prolongèrent en 2009 avec Migrations sans frontières. Essais sur la libre circulation des personnes (Editions Unesco). Une thèse sur laquelle une petite partie du landerneau de la pensée juge désormais contre-productif de faire l’impasse, à l’heure où la mondialisation permet aux marchandises et aux capitaux une liberté qu’elle refuse aux hommes.

« L’opinion croit encore que les immigrés coûtent cher. Ces mensonges ne sont jamais contredits par les politiques » Catherine Wihtol de Wenden, politologue

« On vit sur des idées fausses, affirme Catherine Wihtol de Wenden. L’opinion croit encore que les migrants vont prendre le travail des Français, que les immigrés coûtent cher. Ces mensonges ne sont jamais contredits par les politiques. Tétanisée par la montée de l’extrême droite, la classe politique ne veut pas ouvrir le débat. Pire, elle ajuste son discours et son action sur l’opinion publique, ce qui rend nos solutions aussi décalées qu’inadaptées. » Même discours de la part de Hein de Haas, codirecteur de l’Institut international des migrations (IMI) et professeur ­associé à Oxford, qui rappelle régulièrement que « les Etats ont perdu leurs moyens d’agir efficacement sur les flux de migrants mais veulent continuer à faire croire qu’ils maîtrisent les migrations ».

Dans son laboratoire de Sciences Po, Hélène Thiollet observe les flux migratoires comme un objet scientifique. Sur ses ordinateurs, elle fait varier toute une série de paramètres pour suivre les mouvements depopulation dans différents cas de figure. « Les sciences dures, explique-t-elle, nous ont habitués aux projections. Nous sommes aujourd’hui capables de construire des modèles montrant des évolutions à dix, vingt ou trente ans. C’est vrai pour la démographie ou pour la température des océans. Notre groupe, lui, propose de réaliser ce même travail sur les migrations. Nous observons donc ce qui se passerait juste après la mise en place d’une ­libre circulation mondiale, et ce qu’on peut attendre au bout de vingt-cinq ans. Nous allons écrire des scénarios possibles en fonction de la variation d’une multitude de paramètres allant des évolutions du marché du travail aux lois sociales. »

« Dans tous les cas de figure, une ouverture globale des frontières ne conduirait pas à une explosion des arrivées en ­Europe » François Gemenne, politologue

Partant de cette base de travail, Mob­glob est déjà arrivé à une série de conclusions d’étape, que le politologue François Gemenne a accepté departager avec Le Monde. « S’il est trop tôt pour donner une fourchette précise, nous observons que, dans tous les cas de figure, une ouverture globale des frontières ne conduirait pas à une explosion des arrivées en ­Europe, affirme ce chercheur en science politique à l’université de Liège (Cedem) et à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Cearc).Aujourd’hui, les migrants représentent 3,2 % de la population mondiale. A la fin du XIXe siècle, au lendemain de la révolution industrielle, ce taux était de 10 %. Or aucun de nos scénarios ne tend vers ces 10 %. Ni à un an ni à vingt-cinq ans. »

Pour parvenir à ces premières conclusions et construire des modèles robustes, des terrains d’étude précis ont été scrutés. Les universitaires ont focalisé leur ­regard sur six couples de pays : soit des duos entre lesquels s’est déjà écrite une histoire de l’immigration, comme le couple franco-marocain soit des tandems entre lesquels peut s’écrire un scénario à venir, comme la Chine et le Japon. L’évolution de la démographie japonaise est un des paramètres qui feront fluctuer le nombre d’arrivées de Chinois, au même titre que les politiques menées en Chine. L’abandon ou non du passeport intérieur comme l’arrêt total – ou le maintien partiel – de la politique de l’enfant unique changent la nature et l’importance des flux de sortie.

De même, Mobglob prédit les variations du taux de départ de diplômés ­indiens vers les Emirats arabes unis en fonction de la manière dont ces petits Etats négocient le virage de l’après-pétrole, mais aussi du taux de croissance que connaîtra l’Inde. Les regards du géographe, de l’anthropologue, du sociologue et des politologues se croisent sans cesse dans la construction des schémas, pour n’oublier aucun paramètre majeur.« Nouveaux nomades »

« La libre circulation change les flux, ­estime Hélène Thiollet. Il ne faut pas s’attendre à des invasions dans les zones ­actuelles d’immigration, comme on serait tenté de le faire a priori, car d’autres ­logiques se mettent en place. » L’ouverture des frontières fait naître de « nouveaux nomades ».« Comme ils pourraient aisément aller et venir, les migrants s’installeraient moins volontiers de ­manière définitive dans un pays tiers. Dans certaines zones, il se dessinerait même une migration pendulaire faite d’allers-retours réguliers », observe la chercheuse. Ce pourrait être par exemple des travailleurs saisonniers venant chaque année d’un pays voisin.

Où iraient-ils, ces migrants sans frontières ? A l’heure actuelle, notre continent reste globalement la destination la plus prisée, avec une très légère avance sur l’Asie. Selon les chiffres 2013 de l’ONU, sur les 232 millions de personnes qui ­vivent ailleurs que dans leur pays de naissance, 72 millions sont installées en Europe, 71 millions en Asie et 53 millions en Amérique du Nord 81,9 millions de ces nomades modernes sont passés d’un pays du Sud à un pays du Nord 82,3 sont restés en zone sud en changeant d’Etat 53,7 millions ont migré à l’intérieur de la zone nord et 13,7 millions sont passés du Nord au Sud.

Or, une fois les frontières tombées, les mouvements à l’intérieur d’une région pourraient s’accentuer : un nombre plus important d’Africains s’installeraient dans un autre pays d’Afrique que le leur, de même pour les Asiatiques en Asie. « Dans certains cas de figure, on remarque même une augmentation de 50 % des flux régionaux un an après notre théorique ouverture des frontières », ­précise Antoine Pécoud, lui aussi associé à Mobglob.Entre les mains des passeurs Changer de continent reste en effet une épreuve humaine et financière très lourde. Elle arrive souvent en bout de chaîne, lorsque le migrant a épuisé ­toutes les tentatives de s’installer dans un pays voisin du sien. Ce qui se passe déjà au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) illustre parfaitement cette ­réalité : la Côte d’Ivoire compte déjà 2,5 millions de travailleurs venus des pays voisins. En Europe aussi, cela se passe ainsi. « L’ouverture des frontières européennes depuis 1995 a créé une circulation intrarégionale accrue et des migrations de moins longue durée », constate François Gemenne.

« Rendre les passages d’un pays à l’autre plus ­poreux ou plus contrôlés ne change rien à la décision de partir » Bertrand Badie, politologue

Tournés vers l’avenir, ces travaux permettent également de mieux comprendre les facteurs qui président au départ. « Une chose est claire, que les politiques ne semblent pas avoir intégrée : une migration se joue bien ailleurs que sur une frontière, rappelle le politologue Bertrand Badie, chercheur au Centre d’études et de ­recherches internationales (CERI).Rendre les passages d’un pays à l’autre plus ­poreux ou plus contrôlés ne change rien à la décision de partir. Cela modifie en ­revanche le choix d’une trajectoire, cela fait prendre plus de risques et augmente le coût – financier et humain – du voyage en obligeant à se mettre entre les mains de passeurs, ajoute-t-il. La continuité des flux, même lorsqu’on construit des murs ou qu’on surmilitarise une zone, en est la preuve la plus manifeste. En fait, les véritables déterminants d’un départ sont d’ordre structurel. La décision de migrer est prise en fonction de facteurs économiques, sociaux, et dans une moindre ­mesure politiques. »

La possibilité de mieux gagner sa vie ailleurs à l’étranger est évidemment le déterminant central. Mais tout le monde ne rêve pas pour autant des trois premières puissances mondiales. « Ce n’est pas la richesse d’un pays dans l’absolu qui va conduire au départ, mais le différentiel qui existe entre le niveau de vie de son pays d’origine et celui de son lieu de destination », poursuit Bertrand Badie. Ce qui explique la migration interrégionale. A ce critère économique, primordial, viennent s’ajouter des déterminants sociaux, comme l’accès aisé ou non à l’éducation et à la santé et la présence d’une diaspora. Problème : le travail a beau être rondement mené, les projections solides, ce discours universitaire ne franchit pas le seuil des cénacles politiques. La migration est même un des secteurs où les gouvernants écoutent le moins la recherche. « Nos politiques ont trente ans de retard. Ils pensent toujours comme si nous étions dans un monde westphalien, encore défini par le poids des Etats. Or la planète a changé, et nous sommes de plain-pied dans l’ère de la mondialisation », précise Bertrand Badie qui, sans appartenir au groupe Mobglob, en partage les analyses.

Décalage Ce politologue n’est pas le seul à trouver trop grand le décalage entre la sphère politique et la recherche. Agacés comme lui par cette déperdition d’intelligence, convaincus que l’heure d’avancer est ­venue, les organisateurs des Reclusiennes, entretiens annuels du 8 au 12 juillet à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), consacrent leurs journées au thème des migrations. Le monde universitaire rêve bel et bien de contaminer la sphère politique, laquelle brandit comme un repoussoir l’aspect radical de l’approche. Tailleur bleu marine dans son bureau du 6e arrondissement, la papesse du sujet, Catherine Wihtol de Wenden, sourit doucement à l’idée qu’elle et ses collègues ­seraient d’affreux gauchistes.

Certes, l’ouverture des frontières est le cheval de bataille du réseau No border, groupe hétéroclite et transnational de collectifs et de militants libertaires. Mais ils ne sont pas les seuls à défendre cette idée. Globalement, le monde associatif n’y est pas hostile. Ainsi le Groupe d’intervention et de soutien aux immigrés (Gisti), auquel contribuent nombre de juristes, réfléchit au sujet en arrière-plan depuis des années. Il en va de même de l’Organisation pour une citoyenneté universelle (OCU), avec une approche plus planétaire. Composée d’Emmaüs International, de la Fondation Danièle-Mitterrand et d’Utopia, cette association a réuni un séminaire fin mai, à Paris, pour discuter des avancées enregistrées sur les cinq continents. L’Amérique latine y était largement représentée. Car des pays y progressent dans ce sens, au moins sous l’angle d’une circulation interrégionale. « L’Equateur ou la Bolivie ont davantage travaillé que nous et ont commencé à penser sérieusement la libre circulation », précise Franck Pupunat, fondateur d’Utopia. Si le positionnement à gauche de ces mouvements ne fait aucun doute, le principe de la libre circulation des hommes a aussi largement droit de cité dans le courant libéral. Il intéresse même de très près nombre d’économistes. Michael Clemens, du cercle de réflexion Center for Global Development, observait en 2011 dans le Journal of Economic Perspectives qu’« une ouverture totale des frontières augmenterait considérablement le produit intérieur brut mondial ». Avis partagé par le plus emblématique des économistes de la migration, George Borjas, professeur à Harvard, pour qui « le monde serait bien plus riche en l’absence de frontières nationales interférant avec la libre circulation des biens et des personnes ».

« Certains scénarios montrent que les sociétés, d’ici à vingt-cinq ans, pourraient renforcerles inégalités entre citoyens et migrants » Hélène Thiollet, politologue

Bien sûr, dans le grand domino international où le déplacement d’un élément en bouscule une série d’autres, l’entrée dans une ère de libre circulation ne ­résoudrait pas tous les problèmes. Un tel changement risquerait même fort d’avoir des conséquences sur l’organisation interne des différents pays. « Si le spectre de l’envahissement est écarté, certains scénarios montrent que les sociétés, d’ici à vingt-cinq ans, pourraient renforcer les inégalités entre citoyens et migrants, voire créer une citoyenneté à deux vitesses pour restreindre l’accès à certains droits pour les nouveaux arrivants », analyse la politologue Hélène Thiollet. Comme si, symboliquement effacées, les frontières se reconstruisaient ailleurs. C’est d’ailleurs le modèle politique déjà en ­vigueur dans les pays du Golfe, où les ­immigrants représentent entre un tiers et plus de 80 % de la population locale.« Castes » d’immigrés

Si le Qatar ou les Emirats arabes unis­ ­acceptent des ouvriers venus de pays tiers, « l’accès aux droits économiques, sociaux et politiques pour les travailleurs étrangers et leurs familles est limité et très hiérarchique : il recrée des “castes” d’immigrés, privilégiant par exemple l’immigré qualifié blanc », rappelle Hélène Thiollet, qui s’est longuement penchée sur les pays du Golfe. Recréer ces hiérarchies internes a comme un air de déjà-entendu, puisque c’est à l’heure actuelle la tentation des partis xénophobes européens avec leur concept de « préférence nationale ». Pour la politologue, la mise en question interne et internationale des politiques migratoires des pays du Golfe montre néanmoins que cette dérive n’est pas inévitable. D’autant moins, précise-t-elle, que « sur le temps long, les politiques les plus inégalitaires ne sont pas tenables. Et pas seulement pour des raisons politiques ou éthiques ». Le facteur économique est parfois un moteur plus puissant que les droits de l’homme.

Maryline Baumard http://www.lemonde.fr/...#1txPKi0X7UGQ98Ad.99
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VO Voyajou Globetrotter ·
Les utopies d'aujourd'hui ne sont-elles pas les réalités de demain?

Les solutions ne sont pas simples, encore moins lorsque les décisions sont motivées par la préservation des intérêts de ceux qui décident et il est patent que la question démographique est centrale (quel avenir pour le milliard d'Africains à naître dans les prochaines décennies?). Certes, un monde sans frontières opposables aux hommes n'est pas pour ce siècle mais l'excellent article cité montre qu'on y réfléchit et que les conséquences ne seraient pas forcément celles qu'on redoute.

C'est, je crois, le sens de l'Histoire mais en attendant, l'intelligence et la raison (pas celle des raisonnables), peuvent-elles se satisfaire d'une situation où, selon que tu seras né sur une rive ou l'autre de la rivière ou de la Méditerranée tu seras nanti ou démuni?

En fait la cloture de ton jardin ou la porte de ton appartement sont aussi (a une autre echelle bien-sur) comme les frontieres d'un pays. Imagines-tu les ouvrir en permanence et a quiconque ?

Je pensais plutôt à ouvrir la tienne! Lors de mon retour en Australie Occidentale, m'entrebâilleras-tu ta porte?
XR Xrctn Veteran ·
Les utopies d'aujourd'hui ne sont-elles pas les réalités de demain?

Tres juste !

Je pensais plutôt à ouvrir la tienne! Lors de mon retour en Australie Occidentale, m'entrebâilleras-tu ta porte?

No worrries... En fait la mienne ferme tres mal et puis le jardin est grand ! CU soon then.
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PI Pierroro Globetrotter ·
La semaine dernière petite virée aux USA, dans l'état de NY pour faire du camping. Le douanier américain se nommait : Decapite Vrai. Et il avait toute sa tête. Il nous a même souri et souhaité un bon séjour.

Le nord de l'État de NY. dans la région des Adirondaks, on est loin de NYC et très loin du bitume-ciment-acier de la ville. Les parcs sont magnifiques. Pleine nature. On est loin des campings à l'européenne - du moins ceux que j'ai connus - où la prosmicuité est grande. Ici, forêt, plans d'eau claire et fraîche, montagnes, sentiers, services ... et moustiques
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
GI Giorgio13 Globetrotter ·
il y a aussi des frontières qui ne sont pas des frontières d'état -il y a une trentaine d'années , j'avais cherché dans la vallée du rhône la frontière de l'olivier ; malheureusement , à l'époque je n'avais pas d'ordinateur , je ne sais pas ce qu'est devenu la photo du dernier olivier , et je ne sais plus où c'était exactement ; et je ne pourrais pas renouveler l'opération car maintenant on plante des oliviers partout en rhone-alpes et jusqu'en bourgogne -ci-dessous , la frontière entre l'italie du sud et le reste de l'italie ; on pourrait penser que c'est conventionnel et je le pensais aussi ; et bien pas du tout , vérification faite, quelle que soit la route suivie , le revenu imposable moyen de la dernière commune de campanie est à peu près inférieur de moitié au revenu moyen de la première commune du latium
XR Xrctn Veteran ·
il y a aussi des frontières qui ne sont pas des frontières d'état

Tout a fait et d'autres sont parfois encore plus signicatives...
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DE Desman Veteran ·
Super sujet ! C'est un plaisir de lire tes aventures et anecdotes aux frontières de tous ces pays.

La première frontière que j'ai foulé est celle avec l'Espagne, lors de randonnées pyrénéennes avec mes parents. Une fois au sommet d'une montagne on me dit que tout ce que je vois là, qui était caché de l'autre côté depuis le départ et qui dorénavant est à mes pieds : «C'est l'Espagne !» La frontière passe par le sommet sur lequel nous sommes. Cela fascine le gamin que je suis. Suivant le côté par lequel je redescendrai cette montagne, je serai soit en France soit en Espagne. Après cette rando, à chaque fois que j'allais au sommet d'une montagne, je demandais une fois arrivé en haut si c'était l'Espagne qu'on voyait ;)

Par la suite je franchirai souvent cette frontière par la route. En bus au cours de voyages de classe à Barcelone, par le col du Perthus et sa zone détaxé. Les parents doivent remplir le formulaire E111, et les profs nous échangent les francs contre des 'pesets'. L'ordre de grandeur du change est de 1 pour 30 ou 40. Tout ma classe a l'impression d'être riche ;) Pour aller en Andorre en voiture il faut aussi passer un col, gravir tous les lacets qui montent au pas de la Case. Pendant toute mon enfance et mon adolescence passer une frontière est synonyme de franchir un col, une montagne. Cela se mérite. L'autre pays est un autre monde lointain, dont l'accès n'est pas facile.

Arrive ensuite l'ère des voyages en avion. On part d'une aérogare climatisée, avec plein de magasins, on franchit une passerelle et on s'assied dans l'avion. À l'arrivée on se lève, on franchit une passerelle et on se retrouve dans une aérogare climatisée avec plein de magasins. On ne franchit plus les frontières, on les enjambe sans les voir. Le moment du passage d'un monde à l'autre est décalé, ou dilué. Quand on survole pendant des heures l'Atlantique pour aller au Canada ou aux États-Unis on survole une immense frontière naturelle, jusqu'à apercevoir enfin la terre !

Lors de mon premier voyage en Russie le choc a été dès la descente de l'avion. Le contrôle de passeport ne m'a pas marqué, mais je me rappelle qu'une fois dans l'aérogare tout était écrit en cyrillique, les gens parlaient russe presque exclusivement. C'était la première fois que je me retrouvais si loin de chez moi. Il m'a fallu d'un coup activer mon cerveau pour baragouiner quelques mots en russe et trouver mon chemin dans ce monde totalement inconnu...

Le choc est parfois lors du passage des portes automatiques pour sortir de l'aérogare. Je me souviens de vacances en Martinique. Les portes s'ouvrent et je traverse un mur d'air brûlant et humide. Ça y est je suis dans l'ambiance, je plonge dans cette moiteur inconnue chez moi. C'est la France mais c'est un autre monde.

Au Kenya où je me rendais pour le travail avec des collègues. À l'aéroport de Nairobi, nous nous dispatchons dans les nombreuses files au contrôle des passeports. Je tends une lettre de mon employeur et demande un permis de travail. «What is your job ? ...Mmh... Hum.... Ok. 50 $US please.» Je retrouve mes collègues quelques minutes plus tard. «T'as payé combien pour le visa ? 30$... Et toi ? 100$ !» C'était ma première fois en Afrique. Autre continent, autre culture, autres mœurs...

De nos jours, entre les déplacements de plus en plus souvent en avion et les frontières de plus en plus facile à passer (voir carrément abolies dans l'Union Européenne) il y a quand même moins d'histoires à raconter. [:|]
« Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. - Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. » Victor Hugo

http://www.domainofdamien.eu/GR10/index.html
PI Pierroro Globetrotter ·
Ok. 50 $US please.» Je retrouve mes collègues quelques minutes plus tard. «T'as payé combien pour le visa ? 30$... Et toi ? 100$ !» C'était ma première fois en Afrique. Autre continent, autre culture, autres mœurs... [;)][;)][;)]
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
XR Xrctn Veteran ·
Super sujet ! ...

C'est bien mon avis... et merci pour ta contribution !

il y a quand même moins d'histoires à raconter. [:|]

C'est vrai, mais il y a toujours autant de choses a voir (bornes, panneaux... etc.) et de differences qui permettent de nous sentir... de l'autre coté et ailleurs !!! A+ X
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XR Xrctn Veteran ·
Parmi les frontieres... qui n'en sont pas vraiment...

et derriere le monument... deux oceans.
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VI Viléna Veteran ·
La première des deux pourrait concourir pour le thème photo de ce mois. De par son originalité et son symbole. [:)]
Je suis Charlie.

https://secure.avaaz.org/fr/gaza_blockade_fr/?cJNFVcb

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_Ministre_de_la_Justice_et_des_Libertes_Mustapha_Ramid_Que_justice_soit_faite/?sNxSXbb
XR Xrctn Veteran ·
Oui effectivement... mais on ne voit pas la plage ;( Point de vue originalite... je pense que la deuxieme que je viens d'ajouter au concours n'en manque pas !!!

et l'on peut meme voir deux plages !!!
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
PI Pierroro Globetrotter ·
SuperbeS les deux photos ... mais la première m'impressionne de par la réalité (ouf!) de la chose. On n'y pense pas - du moins, moi - mais c'est vrai que les deux océans se séparent.

C'est bien, Xavier, de relancer ce sujet original[;)]
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.
VI Viléna Veteran ·
Oui, celle-ci est originale également. Quant à celle à la frontière des deux océans, on ne voit pas de sable, c'est vrai, mais une plage peut l'être de rochers, cailloux, herbe, etc
Je suis Charlie.

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DE Desman Veteran ·
Ta photo me fait penser à mon voyage en Australie il y a quelques années.

Photo prise depuis le cap Leeuwin. À gauche l'océan Indien, à droite l'océan Austral ou Antarctique.

« Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. - Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. » Victor Hugo

http://www.domainofdamien.eu/GR10/index.html
XR Xrctn Veteran ·
Ah oui prise du phare... En as tu une, prise de l'autre cote? Car la on voit bien les deux oceans qui se rencontrent. Cheers X
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
DE Desman Veteran ·
Le "négatif" : le détroit de Gibraltar avec à gauche l'Europe et à droite l'Afrique.

« Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. - Soyons l'humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. » Victor Hugo

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XR Xrctn Veteran ·
De pointe en pointe ou de cap en cap. Super !
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XR Xrctn Veteran ·
Nouveau passage de frontiere.

Le dernier en date, aujourd'hui meme, entre la France et la Belgique (ah la Belgique, ma fameuse terre d'aventures !!!). De l'autoroute, la limite entre les deux pays se voit de loin (et encore mieux la nuit) car, c'est bien connu, les autoroutes belges etant eclairees la nuit, les lampadaires indiquent "clairement" que l'on change de pays.

De plus pres, le changement de macadam et celui de l'ecart entre les traits blancs sur la route sont d'autres indications que la frontiere existe.... encore !





https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
EV Eversmile Veteran ·
Magnifique sujet que je découvre seulement aujourd'hui . Ton récit est vivant et fluide, très agréable à lire... Merci... :)

A propos de "Merci" , l'anecdote qui m'a le plus touché est celle du passage frontière en Syrie. De la même manière, j'avais été soufflée par l'accueil reçu au Yémen, en 2008... dans les rues de Sana'a, tous les jours, il y avait quelqu'un pour claironner un : " Welcome in Yemen" qui n'en finissait pas de m'étonner et me faisait chaud au coeur. Comment avoir envie de quitter ce pays, et en particulier Sana'a, quand le jour même du départ, à quelques heures de monter dans l'avion du retour, il y a encore quelqu'un pour nous saluer d'un retentissant Welcome in Yemen ? En contraste, le retour au pays m'avait semblé bien triste !

Comme toi pour la Syrie, j'ai le coeur lourd de voir ce que ce territoire devient sous la violence qui s'est emparée des hommes...

</htm
"Nous, on a le temps Vous, vous avez l'heure" dixit un chamelier dans le désert...
XR Xrctn Veteran ·
Ben merci du merci ou encore you're welcome !

Reste a esperer que Sana'a ne subira pas le meme sort qu'Alep...
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
AM Ambre216 Regular ·
Bon, je dois avouer que je n'ai pas encore eu le temps de lire tout le fil de la discussion mais je peux déjà te dire que ce n'est pas le fait de traverser les frontières qui me fait rêver. Je traverse la frontière tous les jours pour aller travailler et il faut bien dire que ce n'est pas ce qui m'amuse le plus [;)]
Muriel

https://www.instagram.com/muriel.poos/ “Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. ” M. Proust
XR Xrctn Veteran ·
Oui j'imagine... passer des frontieres pour aller bosser, il y a mieux ! De ton cote ce sont plutot des eoliennes que des lampadaires qui marquent la frontiere non?
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
AM Ambre216 Regular ·
Oui, effectivement, il y a bien des éoliennes [:)] Je les vois même depuis chez moi
Muriel

https://www.instagram.com/muriel.poos/ “Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. ” M. Proust
XR Xrctn Veteran ·
Le plus micro :

En venant en Australie, je me lamentais déjà sur la difficulté d’assouvir ma passion : franchir des frontières internationales. Mais voilà que peu de temps après mon arrivée down under, je découvre qu’il existe une petite principauté située à un peu plus de 500 kilomètres de Perth : La Principauté de Hutt River. Tout n’était donc pas perdu !

Comme l’indique ce petit résumé trouvé sur Wikipédia, l’histoire de cette micro-nation n’est pas banale : Dans un contexte de conflit entre Leonard George Casley, son propriétaire, et les autorités de l’Australie-Occidentale, lié à des questions de quotas agricoles, l’exploitation s’est déclarée indépendante le 21 Avril 1970 sous le nom de « province de Hutt River », puis a décidé l’année suivante de devenir une principauté, sous la houlette de Leonard Casley devenu « Prince Leonard Ier ».

Quarante-six ans plus tard, Hutt River poursuit son existence comme micro-nation imitant les États souverains, bien que sans reconnaissance internationale aucune. Recevant plusieurs dizaines de milliers de visiteurs par an, elle émet des timbres, des monnaies et même des passeports.

Le territoire est peuplé de quelques dizaines d’habitants et est essentiellement constitué par les propriétaires des fermes ayant participé à la sécession conduisant à l’indépendance, de leurs descendants et d’aborigènes de la communauté Nanda, dont certains étaient employés à l’époque dans une des fermes. (Voir également le résumé plus complet tout en plus bas)

Trente ans plus tard, il est grand temps d’aller voir ça de plus près. Nous profitons donc de ce long weekend férié pour découvrir à notre tour cette anomalie territoriale. Coïncidence, ce weekend correspond également au 46ième anniversaire de la Principauté et de grandes festivités sont prévues pour fêter l’évènement.

Après avoir quitté la route macadamisée au nord de la bourgade de Northampton, nous suivons les chemins en terre coupant un paysage de champs fraichement brulés puis par endroits des poches de végétation semi-aride, plus abondantes le long de la petite dépression où coule la rivière Hutt.

Enfin, entre un rocher et une termitière, apparait sur le bord de la piste un panneau marquant la ‘frontière internationale’. Un peu plus loin, nous quittons l’Australie et poursuivons jusqu’au cœur de la Principauté. Un portail flanqué de deux murets où est vissé un panneau « Welcome to the Principality of Hutt River » indique que nous sommes arrivés à Nain, la capitale !

En remontant l’avenue en terre bordée d’eucalyptus, un autre panneau indique les… heures de visite (de 9h. à 16h.). La capitale est composée de plusieurs bâtiments, une ferme et ses annexes, des hangars mais aussi une poste, un musée, une chapelle, un mémorial et un terrain de camping.

A peine sortis de la voiture, une charmante jeune femme, nous accueille et nous emmène directement au musée où nous attend Prince Leonard Ier, un personnage haut en couleur et encore bien vaillant malgré ses 91 ans. Ce dernier nous fait la visite guidée des lieux, c’est-à-dire des vitrines où est exposée une myriade d’objets hétéroclites et presque aussi kitsch que ceux ‘admirés’ au Palais Présidentiel des Grands Leaders nord-coréens. La collection inclue des médaillons, fanions, insignes, lettres, diplômes, et même un sabre, offerts par diverses corporations, associations, collectivités et admirateurs locaux et du monde entier. Affiches, drapeaux et photos retraçant les grandes dates historiques de la Principauté décorent les murs. Dans un autre coin, Leonard Ier nous montre les traités scientifiques qu’il a rédigés car en plus d’être un agriculteur, père de sept princes et princesses, il a un faible pour les Mathématiques et tout particulièrement leur relation avec le spirituel… mais ça, ce sera pour une autre fois !

Déjà d’autres touristes arrivent et, alors que nous dirigeons vers la poste, nous entendons déjà le Prince reprendre ses commentaires qu’il doit connaitre par cœur.

La Post Office de la Principauté fait également office de bureau d’immigration et en échange de quelques dollars (australiens) nos passeports sont dument tamponnés. Non seulement nous pouvons choisir la page où nos visas d’entrée (et de sortie) sont apposés mais en prime nous recevons un ticket de tombola ! Ça c’est du jamais vu ! Ainsi nous aurons peut-être la chance de gagner une série de timbres ou une pièce commémorative… quand le carnet de tombola sera terminé !

Si je laisse les collections timbres aux philatélistes et les pièces de monnaie aux numismates mais je ne résiste pas à échanger quelques dollars australiens contre des dollars de la Principauté… ce n’est pas tous les jours que l’on trouve des billets de… 20 cents !!!

La visite se poursuit, direction la chapelle dédiée à la Princesse Shirley, la femme du Prince décédée en 2013. Les murs de la chapelle sont décorés d’immenses peintures, certaines représentant des membres de la famille princière à l’époque de… Jésus. La chapelle sert également de salle d’honneur lors des grandes occasions.

De nouveau dehors et assaillis par les mouches, nous allons voir de plus près l’énorme buste du Prince sculpté par un artiste canadien et d’autres sculptures contemporaines faites de matériaux de récupération. Nous terminons la visite par le temple plutôt particulier dédié aux travaux du Prince sur la théorie ondulatoire censée démontrer que chaque être vivant a une signature fréquentielle unique. Si le portail d’entrée, aux allures de temple chinois, est surprenant, la collection des statuettes représentant des animaux et l’espèce de rocher truffés de différents minéraux le sont bien davantage.

Il est temps de revenir au musée pour saluer cet homme attachant et qui aura, grâce à son intelligence, son courage et sa persévérance, finalement démontré que tout est possible. A truly inspirational little place. Long Live Leonard!

RESUME HISTORIQUE (sources : http://plumesdecaille.info/la-principaute-de-hutt-river-micronations/)

En 1969, le territoire qui est aujourd’hui celui de la Principauté de Hutt River n’était qu’une exploitation agricole de 75 km située en Australie-Occidentale à 40 km au nord-ouest de Northampton et appartenant aux Casley ; une famille de cultivateurs. A cette période, le gouvernement d’Australie-Occidentale décide d’imposer des quotas de production agricole, qui mettent en péril la ferme Casley. Celle-ci se voit imposer de ne plus produire désormais qu’1/25° de sa production antérieure de blé.

Arguant que le respect de ce quota ne lui permet pas de générer suffisamment de revenus pour payer ne serait-ce que les traites correspondant aux crédits des matériels nécessaire à l’exploitation, Leonard Casley décide de contester la loi.

Avec l’aide des cinq autres familles qui possédaient des fermes à Hutt River, il adresse des protestations au Premier ministre Australien. En vain. Au recours qui lui est adressé, le Gouverneur d’Australie-Occidentale Sir Douglas Kendrew répond quant à lui « qu’aucune modification des quotas ne sera autorisée ». Le gouverneur étant le représentant de la reine en Australie-Occidentale, Leonard Casley estime donc que celle-ci est responsable de la situation et introduit une action en justice.

Leonard Casley, qui revendique un préjudice de 52 millions de dollars australiens à raison des quotas demande une indemnisation, non en numéraire, mais en nature sous la forme d’une extension du territoire de sa ferme aux terrains environnants. Contre toute attente, son action en justice aboutit.

En réaction, le parlement d’Australie-Occidentale met en chantier un projet de loi pour lui permettre d’exproprier la famille Casley, qui s’y s’oppose une nouvelle fois. Le 21 Avril 1970, réalisant que les autorités Australiennes ne renonceront pas, la famille Casley fait sécession du Commonwealth, mais continue de proclamer sa fidélité à la reine d’Angleterre.

Leonard Casley est élu par les habitants en qualité d’Administrateur de la province de Hutt et en informe les autorités australiennes. Le bureau du gouverneur général répondra à sa lettre en l’appelant par ce titre, ce qui est interprété par le jeune état comme une reconnaissance officielle en provenance d’un représentant de la Reine. Les autorités australiennes contestent cette interprétation et affirment qu’il s’agirait d’une simple erreur administrative.

Menacé par le Premier Ministre Australien de poursuites judiciaires, Leonard Casley se proclame Prince Leonard I de Hutt River et revendique une immunité au bénéfice du « British Treason Act ». Aux termes de cette loi datant de 1495 : « une personne qui sert un souverain de fait ne peut être déclarée coupable de trahison ou de toute autre infraction si elle combat le souverain legitime ».

En 1976, la Poste Australienne commence à refuser d’acheminer le courrier à destination de Hutt River tandis que les services fiscaux Australiens persistent à réclamer le paiement de taxes à la Province de Hutt River. La situation contraint celle-ci à déclarer la guerre à l’Australie le 2 Décembre 1977. Quelques jours plus tard, le Prince Leonard notifie la cessation des hostilités à l’Australie sans qu’ait eu lieu la moindre effusion de sang. La guerre n’a donc été qu’une déclaration formelle, permettant d’appuyer une reconnaissance de facto de la Principauté. La Principauté ne paiera plus la moindre taxe à l’Australie par la suite.

Onze ans après la guerre, en 1988, Hutt River se dote d'une armée. Par la suite, la principauté adopte un Diplomatic protocol Act, un Nationality Act, un Lands Act, un Peerage Act, un International Banking Act, et un Ibc Act. En 2005, la fiscalité est simplifiée avec le tax act, et la même année le pays se dote d'une Constitution qui innove en instituant notamment un pouvoir législatif élu au suffrage universel.

En Septembre 2005, le Prince Leonard annonce que l’état dont il est le souverain s’appellera désormais « Principauté de Hutt River.





















http://www.abc.net.au/news/2015-09-06/australias-oldest-micro-nation-monarch-considers-retirement/6749604
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VO Voyajou Globetrotter ·
Des nouvelles des frontières. Le dernier livre d'Olivier Weber qui devrait t'enchanter. Je te l'apporte ou tu viens le chercher? [;)] Et le point de vue de militants grenoblois. Note l'humur (volontaire?) de l'environnement du collage.
XR Xrctn Veteran ·
Merci beaucoup Jean-Luc. Effectivement je crois que ce livre va me passionner. J'accepte les livraisons a domicile... mais pas avant mi-Septembre car la je suis sur le point de partir pour decouvrir d'autres frontieres terrestres... des vraies avec des vrais douaniers ! Plus bientot !!!
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XR Xrctn Veteran ·
Je viens d'en passer une paire... il etait temps ! Voici donc les premiers d'une nouvelle serie.

Le plus électronique : Juin 2016. Depuis quelques années, un accord sécuritaire entre les Etats Unis, le Canada, le Royaume Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande permet aux détenteurs de passeports biométriques de simplifier et d’accélérer les formalités aux frontières, principalement aux aéroports. Il leur suffit de se diriger vers l’un des portiques électroniques de l’aéroport, (celui d’Auckland dans le cas présent) de scanner la première page puis de regarder droit dans les yeux une caméra et d’attendre que la porte en verre s’ouvre. Et voilà !

Même plus besoin de passer devant les douaniers ni de répondre à leurs éventuelles questions sur sa présence dans le pays. Super… sauf pour les chasseurs de tampons comme moi !

Je me dirige donc vers la file « Other passport holders » et rejoint un groupe de touristes chinois, des travailleurs expatriés fidjiens et samoans plus quelques jeunes backpackers européens et patiente devant les petits guichets pratiquement tous occupés par des malabars Maoris, (surement l’équipe B des All Blacks) qui doivent se sentir terriblement à l’étroit.

Par le plus grand des hasards, je tombe sur l’unique jeune fille de service et lui fait part de mon souhait. « Ah je comprends. » me dit-elle avec un grand sourire puis s’applique en appliquant un beau tampon et un autographe dans le coin en haut de la page 10. J’aime déjà la Nouvelle-Zélande !

Quelques jours plus tard, il est temps de poursuivre le voyage : direction Buenos Aires. De nouveau à l’aéroport, je découvre que l’électronique a également envahi les formalités d’enregistrement et d’embarquement. Adieu jolies hôtesses, bonjour bornes électroniques bornées. Celle-ci l’est particulièrement car après avoir tapé le code de réservation, scanné le passeport, pesé la valise rien ne se passe ou plutôt si, un message en rouge clignote sur l’écran.

Je happe au passage l’un des agents de contrôle et lui montre avec inquiétude ce foutu écran tout fou. Il s’avère que je n’ai pas fait la demande de visa électronique argentin ?! Ah bon ? Pas de visa, pas d’embarquement ! Tout s’explique soudainement. La personne de l’agence de voyages a utilisé le numéro de mon passeport australien pour faire tous les tickets.

Une fois que je lui explique que j’ai également un passeport français et que je n’ai donc pas besoin de visa argentin, quelques manipulations… électroniques suffisent pour régler les formalités d’enregistrement des bagages et d’embarquement. Ouf !

Rien ne vaut quelques petites frayeurs comme celles-ci pour épicer un voyage ! Vivement le Gin & Tonic que je ne manquerai pas de demander une fois à bord, il ne fera beaucoup de bien !!!

Le plus magique : Juin 2016. A peine après avoir pris le temps de siroter un premier G&T… puis un second, que je me sens flotter aussi bien dans les airs que dans l’avion. Depuis plusieurs minutes déjà, j’observe avec la plus grande attention (enfin presque car le steward les a bien tassés !) le petit écran encastré dans le siège devant moi, les yeux rivés sur la représentation d’un petit avion se déplaçant lentement vers une ligne jaune au-dessus de l’Océan Pacifique.

Dans quelques minutes je vais vivre mon Phileas Fogg moment : le passage d’une frontière fictive aux extraordinaires conséquences. En effet, dans l’indifférence générale, un évènement majeur va se passer : cette journée du 12 Juin va se terminer… pour mieux recommencer ?!

Cette ligne jaune qui approche est tout simplement la ligne de changement de date, ‘une ligne imaginaire à la surface de la Terre qui longe approximativement le 180e méridien dans l’Océan Pacifique, et dont le rôle est d'indiquer l'endroit où il est nécessaire de changer de date quand on la traverse’.

La magie d’une journée qui recommence mais qui, à la différence du scenario du film Groundhog Day, ne se répète pas. Ce Dimanche bien rempli passé à Auckland sera en effet suivi par la projection de plusieurs films, d’un petit somme et d’une fin d’après-midi et d’une soirée à Buenos Aires. En fait je pars plus tard que je n’arrive et super bonus ce Dimanche je verrai deux couchers de soleil !

Je suis en train de remonter le temps, et à cet instant la science-fiction devient ma réalité !

https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Autant poursuivre mon monologue...

Le plus venteux : Juin 2016 Voilà plusieurs heures que le bus chilien dans lequel je voyage, traverse les paysages grandioses de l’Altiplano argentin. Nous avons laissé la couche de nuages en-dessous de nous à mesure que nous prenions de l’altitude et atteint les 4000 mètres. C’est donc sous un magnifique ciel bleu que se profilent les bâtiments tout neufs d’el centro fronterizo du Paso de Jama, , situés au pied de quelques ondulations rocheuses.

Les drapeaux qui claquent au vent devraient être une bonne indication mais comme tous les autres passagers je suis surpris par le vent glacial qui souffle du Chili et qui s’engouffre entre les mailles des vêtements. C’est au pas de course que nous franchissons les quelques mètres qui séparent le parking de l’entrée du bâtiment des douanes. Le chauffeur (ou son assistant) dirige les opérations et place ses ouailles à la queue-leu-leu devant les deux guichets ouverts.

Signe que les relations entre les deux pays se sont améliorées, les guichets sont maintenant jumelés… ce qui devrait accélérer les formalités et donc réduire l’attente. Hélas un embouteillage se forme rapidement car si les formalités de sortie d’Argentine sont rapides, celles pour entrer au Chili sont plus longues. Pauvre chauffeur-superviseur, il est vite dépasser et doit se résigner à voir ses belles lignes se transformer en meutes impatientes.

Passeports tamponnés, il faut maintenant aller récupérer les bagages qui ont été déchargés puis les trimballer dans la salle où se trouve la machine aux rayons-X. Gentille bousculade à l’intérieur car personne ne souhaite rester dehors. Suit une longue attente… très longue attente. La machine serait-elle en panne ? L’explication est plus simple : les douaniers-inspecteurs-opérateurs sont encore en train d’inspecter la soute du bus !

Le tapis roulant se met enfin en route. Nous pouvons y déposer nos bagages et remettre nos formulaires au douanier de service. Pas si vite, ce dernier aperçoit une rature sur le mien et me dit de recommencer ! Alors que ma valise disparait dans le ventre de la machine, je dois remonter à contre-courant la cohue pour trouver un formulaire vierge et retrouve au fond de la salle le chauffeur-ex-superviseur maintenant désespéré qui me file son stylo d’un geste las.

Je refile mon nouveau formulaire au douanier, récupère ma valise puis surveille qu’elle retourne bien dans la soute. Après avoir enfilé un imper coupe-vent et un bonnet, je pars explorer les environs… et me dirige tout excité vers ce que je crois être une borne délimitant la frontière qui est, à cet endroit, une ligne droite. Pas de chance, il ne s’agit que d’un panneau avertissant qu’il y a un pipeline !

Formalités complétées, tout le monde est à bord, le bus redémarre. Quelques centaines de mètres plus loin, un panneau directement placé sur la ligne de démarcation blanche peinte sur le macadam et une petite la borne en fer indiquent que nous sommes maintenant au Chili. A partir de maintenant les lignes sur les bas-côtés sont jaunes !

C’est à ce moment précis que les plateaux repas sont servis et que la projection du film (en japonais !?) commence. Une manière pour le chauffeur et son assistant de nous souhaiter bienvenue chez eux !

Le plus volcanique : Juin 2016. Le petit déjeuner matinal prend des allures de brunch. Cela fait maintenant plus de deux heures que nous attendons devant le coffre ouvert du minibus garé devant les bâtiments des douanes chiliennes situés à la sortie de la petite ville de San Pedro de Atacama… et toujours pas le moindre signe d’activité !

Le chauffeur du minibus, qui assure le transfert jusqu’à la frontière bolivienne, nous a annoncé un peu plus tôt qu’une panne d’électricité affectant une partie de la ville perturbe les formalités… les ordinateurs des douaniers ne fonctionnant pas ! La frontière est donc fermée pour une durée indéterminée !!!

Nous en profitons pour faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage avec lesquels nous allons passer les prochains jours à explorer le Salar de Uyuni (le plus vaste désert de sel au monde).

Tout à coup brande bas le combat, deux files se forment devant les guichets maintenant ouverts. Récupération du formulaire volant, passeport scanné, vérification que la durée de séjour n’a pas été dépassée, que chacun est en règle et paf le tampon de sortie… Au suivant.

Vingt minutes plus tard, nous filons sur la route déserte qui grimpe en direction des deux majestueux volcans qui dominent San Pedro et son salar tout en longueur. Je suis littéralement hypnotisé par le Licancabur (6017m), un cône parfait et par le Juriques (5704m), un cône cabossé et tronqué, situé à proximité. C’est d’ailleurs vers ce dernier que le minibus se dirige en empruntant une piste poussiéreuse balayée par un vent glacial.

Quelques kilomètres plus loin apparaissent au pied du volcan quelques ruines, une espèce de cabane en ciment gris et une barrière en fer en permanence levée. C’est ici, à ce minuscule poste isolé de tout, qu’ont lieu les formalités boliviennes ainsi que le changement de véhicule.

Evidemment je ne tiens pas en place et malgré le froid perçant je pars inspecter et photographier les bornes et panneaux marquant la frontière. L’altitude me grise ! Je regarde attentivement le versant du volcan dans l’espoir de voir une indication sur le tracé de la frontière… nada ! Curieusement, ici le tracé ne coupe pas en deux le volcan mais suit les bords du cratère (tout le cratère appartient au Chili - voir Google Map). Qui a bien pu prendre une telle décision ?

Je suis parmi les derniers à passer devant les deux douaniers emmitouflés dans leur super anorak. Le chef pianote avec difficulté sur un laptop pendant que l’autre observe légèrement intrigué mon grand sourire béat. Il ne doit pas voir des excités dans mon genre très souvent. Bien sûr il ne peut pas savoir que mon sourire est encore plus large que d’habitude car je suis en train de franchir ma centième frontière.

Quelle extase !



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XR Xrctn Veteran ·
Le plus attendu : Juin 2016. Nous sommes à Copacabana, une petite ville sur la rive bolivienne du lac Titicaca depuis quelques jours déjà. Du balcon de la chambre de l’hôtel, alors que j’admire les magnifiques couchers de soleil sur le lac, je tente de deviner les zigzags qui délimitent la frontière et partagent les eaux du lac entre les deux pays andins. A droite, les reliefs terrassés sont en Bolivie mais à gauche la chaine de montagnes que les derniers rayons de soleil illuminent est déjà au Pérou… au Pé-rou !

Pé-rou, deux syllabes magiques qui résonnent dans ma tête depuis que je suis enfant et qui riment avec Aventure et Découverte. Deux syllabes que j’entends pour la première fois vers la fin des années 60 alors que mes parents emmènent leur progéniture en vacances dans le sud de la France et qu’au passage nous rendons visite à des cousins récemment installés à … Montpellier ( ?!). Il faut savoir que dans les années 60 pour un gamin du Plat Pays franchir la Loire était déjà une grande aventure et une fabuleuse découverte. Ensuite lui dire : « Tu viens, on va au… Pérou se promener. » et qu’une fois sur place, j’y découvre un château d’eau inimaginable, des magnifiques basins et des essences et senteurs inconnues… Waouh, tout à coup, je comprenais la signification de l’expression « c’est le Pérou » et l’associait à ce jardin extraordinaire. Quelle déception, des décades plus tard, quand j’ai découvert que le grand parc de Montpellier s’appelle en fait le Parc Peyrou !!! Rien à voir avec mon Eldorado.

Plus tard, ce sont les aventures de Tintin (Le Temple du Soleil) qui m’ont emporté au Pérou, idem pour les histoires de Conquistadors, puis sont venues les musiques folkloriques qui m’ont donné l’envie d’arpenter les Andes… mais aussi La Périchole d’Offenbach dont l’histoire se déroule… au Pérou ! Bien, bien plus tard, les reportages sur le Machu Picchu m’ont fait jurer qu’un jour… . Puis plus récemment, la lecture de guides touristiques et de divers blogs m’a convaincu que j’avais assez perdu de temps. Pérou me voilà !

Aujourd’hui le rêve devient réalité. Alors que dans mes rêves mon arrivée au Pérou se déroulait à Lima ou peut-être même à Callao si j’avais la chance de venir en cargo (comme mon héros), c’est en fait par la petite porte que je ferai mon entrée. Le bus qui relie Copacabana à Puno suit la route qui surplombe les rivages du lac et ondule au travers des collines en terrasses. Un dernier virage et il s’arrête brusquement devant le petit bâtiment blanc des douanes boliviennes. Avant de descendre, le chauffeur lance ses dernières instructions et nous donne rendez-vous dans vingt minutes au poste péruvien que nous devons rejoindre en marchant. Vingt minutes, j’aime son optimisme !

Rien à redire sur l’efficacité des douaniers boliviens qui expédient l’affaire en deux-trois mouvements malgré les touristes distraits qui ont perdu leur formulaire volant. « No problema. » assurent-ils d’un coup de tampon. A se demander à quoi servent ces formulaires qu’il ne faut parait-il surtout pas égarer sous peine d’amende ?!

A quelques pas, devant la jolie petite église, une paire de businesswomen aux chapeaux melons et aux multiples jupons, assises derrière des petites tables pliantes, comptent et recomptent leurs liasses de Bolivianos et de Sols. « Mejor qué las bancos. » affirment-elles sans parvenir à nous convaincre. Pas le temps de visiter l’église, juste celui de franchir l’arche en pierre qui marque la limite entre les deux pays et de prendre une photo de l’étrange panneau rouge qui informe le voyageur qu’il est maintenant au @eru !

C’est en fredonnant « Il grandira... Il grandira, il grandira car il est Espagnol… » (cf. La Périchole) que je parcours la bonne centaine de mètres qui me sépare de la barrière jaune. J’aperçois deux douaniers péruviens s’affairant autour de ma valise cadenassée qui repose sur le trottoir à côté du bus. « Qué pasa, hay un problema con mi equipaje ? » que je bafouille, l’air inquiet tout en essayant de me souvenir de la combinaison gagnante. Un coup d’œil dans le plastique contenant mon linge sale leur suffit. Je replace ma valise dans la soute et, encouragé par le chauffeur de presser le mouvement, me dirige vers le bâtiment jaune aux fenêtres trapézoïdales rouges qui abrite El Control Migratorio de Kasani.

En haut des escaliers, un mec en blouson vérifie que la photo sur le passeport correspond bien au visage du propriétaire du passeport et s’assure que le tampon de sortie bolivien a bien été apposé, puis pointe de la tête le comptoir d’en face. Derrière les deux douanières de service, pas trop souriantes, le portrait du jeune président fraichement élu est décoré de pompons rouges et blancs. Cette fois, c’est au tour de Rosemary de devoir fournir un nouveau formulaire son nom de jeune fille n’étant pas sur la bonne ligne.

Les formalités n’auront duré que 27 minutes ! Le chauffeur ravi compte les têtes, les recompte une deuxième fois puis une troisième fois et constate avec effroi qu’il en manque une ! Un bon quart d’heure plus tard, voilà la jeune fille qui manquait à l’appel. Elle était directement venue au poste péruvien sans passer par le bolivien. Heureusement, l’homme au blouson en haut des escaliers veillait ! Quant au chauffeur, il tire la tronche et démarre sur les chapeaux de roues (façon de parler car son gros bus n’a rien d’une Ferrari !).

Après tant d’années d’attente me voici enfin au Pérou. Que l’Aventure commence !



Le plus nocturne : Juillet 2016. C’est déjà la fin du séjour au Pérou. Pays enchanteur, un peu trop survolé (au propre comme au figuré) mais je sais déjà que je reviendrai… il me reste encore tant de beaux coins à découvrir... et de délicieux ceviches à déguster !

Le bus que nous avons attendu longtemps à Piura en début de soirée a accumulé beaucoup de retard et ce n’est qu’au beau milieu de la nuit que nous arrivons à la frontière. Les passagers réveillés un peu plus tôt par le steward s’étirent dans leur super-cama avant de descendre pour rejoindre la queue qui se prolonge jusqu’à l’extérieur du bâtiment. Heureusement la température est agréablement douce, l’Equateur n’est plus très loin !

Plusieurs bus en provenance de Quito et de Guayaquil sont arrivés en même temps, ce qui explique l’animation et la cohue qui règlent à cette heure matinale. Devant l’absence d’indications précises, les voyageurs qui entrent et ceux qui sortent du pays se mélangent et attendent en se marchant sur les pieds devant les pupitres surélevés. Ce n’est pas le jeune soldat qui surveille ce chaos qui va aider car lui non plus ne sait pas ! Heureusement, le chauffeur, inquiet par le temps que prennent les simples formalités de sortie rapplique et indique le petit bureau du chef à côté de pupitres. « C’est lui qu’il faut aller voir, dépêchez-vous ! » dit-il en pointant le jeune chef moustachu, planqué dans une petite pièce à l’écart. Son bureau est encombré de piles de formulaires qui menacent de s’étaler sur le carrelage à chaque rotation de son ventilateur. Le chef est consciencieux, souriant et un brin bavard, ce séjour au Pérou joue les prolongations…

Il ne nous reste plus qu’à suivre les arcades pendant une cinquantaine de mètres, traverser un rond-point puis retrouver d’autres arcades pour arriver aux douanes équatoriennes tenues par deux jeunes femmes en uniforme. La salle est ici pratiquement déserte. Juste le temps d’admirer les posters accrochés aux murs, vantant les nombreuses attractions touristiques de ce petit pays et les formalités sont déjà terminées. Par contre la fouille complète du bus qui vient juste de se garer ne fait que commencer. Les deux douaniers de corvée, accompagnés par un chien, se mettent au travail. Eux aussi sont consciencieux mais, contrairement au chef péruvien, pas vraiment souriants ni trop bavards d’ailleurs !

Une bonne demi-heure plus tard, les passagers peuvent regagner leur super-cama. Malgré la nuit noire, il ne faut bien pas longtemps pour réaliser que nous avons changé de pays… les nids de poule ont disparu comme par magie !

Par contre, ce sont les douanes qui cette fois jouent les prolongations. Quelques kilomètres plus loin, le bus est arrêté par la douane volante. Le steward vient me chercher et me demande d’aller voir les trois douaniers en train d’inspecter des cartons… et de tenter d’ouvrir ma valise ?! En réalisant qu’ils n’ont à faire qu’à un simple touriste fatigué plutôt qu’à un trafiquant nerveux, ils n’insistent pas. Je retourne m’enrouler dans ma couverture et file au pays des rêves… en attendant de découvrir celui-ci.

https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Le plus photographié : Juillet 2106. Une excitante journée s’annonce : dans quelques heures je passerai une frontière et cette fois cela se fera en plein jour ! Alors que nous roulons en direction de la station de bus au nord de Quito, pour attraper le premier bus que nous trouverons pour Tulcan (dernière ville équatorienne située à 250 km de Quito), le chauffeur de taxi lance l’idée de nous conduire jusqu’à la frontière. « Cinquante dollars par personne et nous y sommes dans moins de cinq heures. » La proposition nous prend de court mais nous n’hésitons pas longtemps. Certes c’est un peu cher mais le gain de temps et le confort sont de sérieux atouts… et puis les galères de routards fauchés ou radins, merci on a déjà fait… dans une autre vie !

Cinq bonnes heures plus tard, (Pedro n’avait pas prévu la déviation qui nous a fait passer par une petite route de montagne) il nous dépose sur le parking, entouré de collines boisées, qui semble être le point de ralliement de tous les taxis jaunes de la région. Puisque c’est l’heure du lunch, nous passons en revue la rangée de bouisbouis proposant des grillades et ragouts peu appétissants et puis pressé de franchir le pont, je réussis à convaincre Rosemary l’affamée que l’on mangera surement mieux de l’autre côté.

Nous tirons nos valises jusqu’au bâtiment blanc et bleu de l’autre côté de la Panamericana et pénétrons dans une salle qui ressemble à la salle d’attente de la banque, le monde en moins. A la réception, une jeune fille souriante nous indique le guichet No3. A peine avons-nous dit Ola au douanier assis derrière la vitre qu’il nous répond Buen Viaje en nous rendant nos passeports tamponnés. Efficacité maximale !

Nous nous dirigeons vers le pont jaune qui enjambe un petit cours d’eau rempli de détritus en tous genres. Long arrêt au milieu, histoire de ‘savourer’ le moment plutôt que l’atmosphère car se retrouver entourés de camions et de voitures qui défilent au ralenti n’a rien de très folichon. Le temps de prendre en photo une dizaine de fois le panneau bleu nous remerciant de notre visite en Ecuador, le pont au moins sept fois puis de zoomer sur les bâtiments en briques rouges du Puerto de control migratorio terrestre de Rumichaca et nous voilà en train de longer d’autres parkings tout en étant assaillis par des changeurs de dollars sortis de nulle part.

Un mec en uniforme nous ouvre le portillon cadenassé qui permet d’accéder aux escaliers plutôt raides (surtout en portant deux valises trop lourdes !) menant à la salle d’attente. Nous sommes les seuls voyageurs et avons le choix entre les trois guichets ouverts. Le premier fera l’affaire. Pour la première fois depuis que notre départ d’Australie, nous n’avons même pas besoin de remplir le moindre formulaire, seulement d’indiquer comment nous allons quitter le pays. La réservation de notre vol Panama-Francfort pour le 15 Aout semble le rassuré il applique son tampon et retourne vite à la discussion interrompue entre collègues.

Un dernier regard (et quelques photos) sur la frontière en contrebas puis nous franchissons un deuxième portillon cadenassé. D’autres changeurs rappliquent illico presto, cette fois ils sont accompagnés de chauffeurs de taxi tout aussi collants.

La Panamericana n’est, de ce côté-ci de la frontière, qu’une double voie sacrement embouteillée. Pas de difficulté pour la traverser et marcher jusqu’au seul bâtiment qui pourrait faire office de cantina et présentement envahie par des de supporters bien éméchés d’une équipe de foot locale. « No hay comida aqui. » nous annonce sèchement la serveuse passablement énervée. Il faut se rendre à l’évidence, pas de bouisbouis ni de bureaux de change par ici. Oops !

Retour aux douanes colombiennes mais les changeurs et chauffeurs de taxi se sont maintenant envolés, il ne reste que des soldats armés. Pendant que je garde les valises en bonne compagnie, Rosemary part aux nouvelles… A moment où je commence à flipper en me disant : « Ca y est, elle s’est fait kidnappée et me voilà coincé sans sous ni passeports… » j’entends un taxi klaxonner et vois émerger ma Rosemary avec un grand sourire tout en agitant une petite liasse de pesos à la main. Enorme soupir de soulagement et simple constatation : Mi esposa es fantástica.
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BE Belcan99 ·
Hello Xrctn,

Je viens de lire plusieurs de tes "le plus". Très intéressant, surtout les derniers ajouts au sujet de l'Argentine/Bolivie/Pérou par où je suis passé il y a 2 ans.

Moi aussi, les frontières m'ont toujours fasciné, c'est un trait dans le passé de ma famille, je suppose. Cet été j'ai fait un road trip de Bruxelles à Moscou et retour (il me manquait la toute dernière frontière européenne à traverser, celle de la Biélorussie). Les pays d'Europe centrale et orientale ont vu leurs frontières bouger d'innombrables fois au cours de l'histoire, ou même des pays ont carrément disparus tels que la Pologne à 3 reprises. Et après la 2ième Guerre Mondiale, tout le pays s'est déplacé vers l'ouest de 2 à 300 km). Quant à la Prusse, après des siècles d'existence, elle a complètement disparu de la carte. J'ai bien aimé rechercher l'endroit approximatif de ces anciennes frontières et surtout essayer de comprendre le pourquoi d'une frontière ici et pas là. Le fait qu'il n'y a pas de reliefs géographiques significatifs dans ce coin du monde en est pour quelque chose. Pour ceux à qui ça intéresse, Il y a une carte en clip vidéo très intéressante sur YouTube qui retrace les modifications des frontières de l'Europe depuis 1.000 ans. Voir ici: https://www.youtube.com/watch?v=YxLnWAkyir8

J'ai visité l'est de l'Australie il y a 5 ans, et malgré que ça ne m'apportera pas une frontière supplémentaire ;-) j'ai bien l'intention d'y retourner très bientôt pour passer au côté ouest, surtout pour circuler en 4x4 dans l'outback.

Cordialement, Benjamin.
Not all those who wander are lost. J.R.R. Tolkien.
XR Xrctn Veteran ·
J'ai visité l'est de l'Australie il y a 5 ans, et malgré que ça ne m'apportera pas une frontière supplémentaire ;-) j'ai bien l'intention d'y retourner très bientôt pour passer au côté ouest...

Salut Benjamin, Si tu es en mal de frontiere... tu sais maintenant qu'il y a, a l'ouest, la Principaute de Hutt River !

Ravi de constater que la fascination est partagee... et qu'elle s'etend meme jusqu' aux anciennes frontieres et a leur histoire. Petit veinard, la Belgique est plutot bien servie du point de vue de la complexite historique des frontieres internationales... et internes !!! J'ai d'ailleurs vu que la derniere modification ne date que de l'annee derniere.

Pour ma part j'ai abandonne d'essayer de comprendre le pourquoi d'une frontière ici et pas là en examinant les details de la demarcation entre la Belgique et la France... sans parler de celle entre la Belgique et les Pays Bas.

PS Toutes les frontieres europeennes... Est-ce que cela comprend egalement les iles?
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
GI Giorgio13 Globetrotter ·
les frontières sont déterminés par les traités de paix qui suivent les guerres selon la loi du plus fort ; bien souvent elles séparent des peuples au sens : peuple= ensemble de gens qui partagent une même langue et une même culture
DJ Djalma Globetrotter ·
Salut,

Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.

Dans le même esprit mes ancêtres ont passé tellement de frontières que cela a peut-être influencé mon comportement lors de voyages dans certaines circonstances .

Un petit récit concernant un passage de frontière plutôt cocasse entre la Syrie et le Liban ( ou l'inverse!)

Je m'étais déjà rendu au Liban en 1972 époque où le visa n'était pas obligatoire pour les ressortissants français. Un des pays que je n'oublierai jamais. Quelques années plus tard ( 1977 ou 78 et début de la guerre du Liban) avec un de mes amis nous décidons de partir en voyage en Syrie et par la même occasion de faire une incursion au Liban pays que j'avais particulièrement aimé. Après avoir vadrouillé en Syrie dans la région chrétienne de Ma'lula, en montagne tout proche de la frontière Libanaise, nous nous sommes dirigés vers le poste frontière à destination de Baalbek au Liban. La police Syrienne nous annonce que le visa est devenu très récemment obligatoire pour entrer au Liban mais nous laisse cependant passer le problème du visa libanais n'étant pas, nous disent-ils, de leur ressort. Un no man's land d'environ1 ou 2 kilomètres séparant le poste Syrien du poste Libanais nous prenons donc un taxi à destination de la frontière libanaise.La police libanaise nous demande nos passeports et constatant que nous n'avons pas le visa requis nous invite à faire demi -tour vers la Syrie. Nous reprenons donc le taxi en cap retour vers la Syrie mais arrivés au poste syrien les choses ne se sont pas passées comme nous l'imaginions! Une relève avait eu lieu et les policiers qui nous contrôlent maintenant considèrent que nous venons du Liban et que nous n'avons pas le tampon de sortie de ce pays sur notre passeport .Ils nous ordonnent donc de retourner au poste libanais pour obtenir ce tampon de sortie. Nous leur expliquons que nous ne sommes pas entrés au Liban faute de visa mais ils ne veulent rien savoir et nous renvoient en direction du Liban.Il nous faut donc reprendre une nouvelle fois le taxi dans l'autre sens.Parvenu au poste Libanais nous expliquons aux policiers le motif de notre retour mais ceux-ci refusent bien sûr de nous tamponner notre passeport vu que nous n'avons pas mis les pieds au Liban.On leur explique le problème on insiste mais peine perdue nous voilà repartis direction la Syrie et là, même discours :"sans tampon de sortie du Liban il ne vous est pas possible d'entrer en Syrie"!. Que faire? On s'installe dehors sur les marches d'escalier du poste de police , on sort un jeu de cartes et un policier intrigué s'approche... je lui fait une démonstration de "cache-cache" un des mes tours de magie favoris et voilà bientôt tout l'effectif de police et de douane qui rapplique vers nous les uns avec du thé et des biscuits les autres avec des fruits confits on discute on leur raconte des histoires drôles on rit beaucoup et quelques minutes plus tard un gradé nous demande nos passeports pour y déposer le fameux tampon tant convoité puis il nous montre la direction à suivre en nous lançant un " Welcome to Syria"!
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
JF Jfalaise84 Veteran ·
Hola hola, J'adore cette galère du no man's land...[;)]
MGTOW: Man going their own way...

"Plutôt que d'être malin, vaut mieux être bon " ou les deux.
XR Xrctn Veteran ·
Merci pour cette anecdote plutot cocasse... Une situation qui doit arriver plus souvent que l'on le pense. Nous avons bien sur tous entendu ces histoires de voyageurs coinces dans des aeroports par exemple et qui deambulent dans les terminaux de jours... voire des annees !

J'avoue ne pas trop bien comprendre la logique qui veut que pour entrer dans un pays (essentiellement par voie terrestre) il faut absolument avoir un tampon de sortie du pays voisin.

C'etait le cas dans les pays du Caucase que nous avons visite recemment, en commencant par l'Armenie pour finir en Azerbaidjan. Avant de partir, j'avais fait une demande de visa azerbaidjanais d'Australie et avais du utiliser mon passeport australien. Rien d'extraordinaire. En arrivant en Armenie, les Francais, contrairement aux Australiens, n'ayant pas besoin de visa, j'utilise donc mon passeport francais. Rien d'extraordinaire non plus. Par contre en passant en Georgie (pas de visa necessaire aussi bien pour les Francais que pour les Australiens), le douanier ne veut (peut) que tamponner mon passeport francais puisqu'il a le tampon de sortie d'Armenie. Je commence a craindre le prochain passage entre la Georgie et l'Azerbaidjan. Arrivé a la frontiere azerbaidjanaise, meme scenario, le douanier ne veut que tamponner mon passeport francais alors que mon visa n'est valide qu'avec mon passeport australien. J'imagine deja les pires situations du genre "Desole le visa n'est pas valable, retournez a Tbilisi". Bizarrement aucune question n'a ete posee et je n'ai eu aucun probleme ?!
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
LA Lacalo Globetrotter ·
Ah j'adore ce genre d'histoires... Quand enfin la partie humaine l'emporte sur la partie légale. On voit souvent ces situations au Maroc : l'autorité qui enlève son masque...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
XR Xrctn Veteran ·
D’autres frontières imaginaires :

Après la Ligne de Changement de Date (Longitude 180°), ce voyage est l’occasion de traverser d’autres ‘frontières fictives’ mais qui (pour les cartographes… et les astrologues) ont une certaine importance. La première est le célèbre Tropique du Capricorne (23° 26’ 14"S) qui est un parallèle de l’hémisphère sud. Directement lié à l’inclinaison de la Terre, il correspond à la plus basse latitude à laquelle le Soleil peut passer à la verticale, au-dessus de la tête d’un observateur à midi (heure solaire). Cette latitude est atteinte le 21 Décembre (le solstice) qui correspond en astrologie au début du signe du… Capricorne.



Le Tropique du Capricorne traverse 5 pays africains, 4 pays sud-américains et… l’Australie. Je peux faire le fier en mentionnant que j’ai eu l’occasion de passer à trois reprises le Tropique du Capricorne (et d’immortaliser chaque ‘traversée’). Par contre je n’ai traversé le Tropique du Cancer que deux fois, la première, une nuit de Mars 1980, dans un bus entre Monterrey et Guadalajara au Mexique, à une époque où j’ignorais même son existence et la seconde fois, bien des années plus tard, toujours en bus mais cette fois entre Assouan et Abou Simbel !





Mais la ‘frontière fictive’ la plus emblématique reste bien-sûr l’Equateur (Latitude 0°0’0").

L’Equateur est le parallèle, à mi-chemin entre le Pôle Nord et le Pôle Sud, qui marque la séparation entre les deux hémisphères. D’une longueur d’environ 40 000 kilomètres, l’Equateur ne traverse que 11 pays, sept en Afrique plus l’Indonésie, l’Equateur, la Colombie et le Brésil.

Si je ne compte plus le nombre de fois que j’ai franchi cette autre frontière fictive… en avion, il m’est en revanche trop facile de compter le nombre de ‘traversées’ les pieds sur Terre. Enfin façon de parler car la toute première fois (le 11 Décembre 1977) c’était sur un cargo bondé qui reliait Tanjung Pinang (au large de Singapour) à Djakarta. Le passage s’était fait dans la plus grande des discrétions, sans aucune des festivités que l’on peut trouver en croisière ou dans la Marine Nationale. La seconde fois était en Janvier 1978 alors que je voyageais en bus entre Bukittinggi et le lac Toba dans la partie nord de l’ile de Sumatra. Là encore le passage s’était déroulé sans même s’en apercevoir.

Il m’aura donc fallu presque quatre décades pour qu’enfin je retrouve l’Equateur et cette fois j’ai bien l’intention de savourer ce petit plaisir en allant visiter la Ciudad Mitad del Mundo située à San Antonio de Pichincha, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord de Quito.

C’est en effet ici que se trouve l’imposant monument (construit dans les années 70) marquant l’Equateur et commémorant la première mission géodésique de l’Académie Française des Sciences lancée par Louis XV (avec l’autorisation du Roi d’Espagne !) en 1736. L’expédition avait pour but de déterminer avec exactitude la forme du globe en comparant la distance d’un degré de latitude mesuré à l’équateur avec celle mesurée en Laponie.

Bien plus tard, il s’est avéré que les mesures établies par l’expédition franco-espagnole étaient en fait erronées et que l’Equateur se situe 240 mètres plus au nord. L’actuelle ligne jaune qui l’on voit ‘traverser’ le monument et les pelouses tout autour ne marque donc pas exactement l’Equateur ! Malgré cet agaçant ‘petit détail’ nous ferons comme tous les autres touristes et prendrons des selfies un pied dans chacun des deux hémisphères…

A environ deux cents mètres plus au nord (plus proche de l’Equateur mais pas encore juste dessus), se trouve l’Intiñan Solar Museum. Ce musée privé rassemble plusieurs expositions sur la culture équatorienne et propose quelques expériences amusantes supposées n’être possibles que sur l’Equateur : observation de la rotation de l’eau, équilibre d’un œuf ou encore la démonstration de la force musculaire. L’émerveillement devant tant de prouesses est total mais la déception de taille quand plus tard nous apprenons que ce ne sont en fait que des tours de magie pour touristes trop crédules.





Quoiqu’il en soit, l’Equateur reste un endroit unique et magique puisque d’ici, la nuit toutes les constellations de la voûte céleste sont visibles… à condition que la météo soit bonne, mais là c’est une autre histoire !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Mais revenons aux vraies frontieres grace a ce post de Billyrecord, decouvert recemment sur... VF : https://voyageforum.com/discussion/mexique-etats-unis-reportage-long-frontiere-d6368293/
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Un autre lien pour découvrir quelques frontières européennes... très tranquilles !

http://www.valeriovincenzo.com/Borderline-Frontiers-of-Peace
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
XR Xrctn Veteran ·
Revenons aux 'vraies' frontières… Pour le fan des frontières que je suis, le récent voyage dans les Balkans que nous venons d'effectuer fut une véritable aubaine avec pas moins de 18 passages frontaliers terrestres ! Le fait que les pays soient petits et nombreux aide beaucoup d'autant plus qu'il a fallu les parcourir plusieurs fois.

Le plus… dans une journèe : Septembre 2017. Tout commence donc à Dubrovnik, où nous passons plusieurs jours en attendant Tamara avec qui nous allons passer la première semaine de notre périple. Après avoir arpenté les ruelles et les remparts de la vieille ville en compagnie de milliers de touristes, il est temps de prendre un peu d'air. Une excursion pour la journée à Mostar via les chutes de Kocuša et le pittoresque village ottoman de Pocitelj parait être une bonne idée.

Début en fanfare car au cours de cette journée, nous passons à six reprises une frontière, un record (en ce qui me concerne) ! En effet, la partie sud de la Croatie étant coupée du reste du pays par le corridor de Neum (un couloir côtier large d'une vingtaine de kilomètres faisant partie de la Bosnie-Herzégovine), il nous faut donc passer le poste frontière de Zaton Doli / Neum II puis 20 km plus loin celui de Klek / Neum I pour revenir en Croatie (où les routes sont parait-il en meilleur état) puis repasser en Bosnie-Herzégovine où se trouvent les chutes de Kocuša et la ville de Mostar. Idem au retour.

Si j'avais depuis longtemps déjà repéré sur les atlas et diverses cartes la bizarrerie géographique qu'est le corridor de Neum, je n'en connaissais pas l'histoire. Celle-ci m'est racontée par le guide qui explique que depuis le Moyen-Age et jusqu'en 1699, le petit port de Neum faisait partie intégrante de l'état-citée de Ragusa (Dubrovnik), grande rivale commerciale de Venise. Cette année-là, alarmés par les visées d'expansion territoriale de Venise le long de la côte dalmatienne, les autorités de Dubrovnik décident de vendre à la Bosnie, alors une province de l'Empire Ottoman, le village de Neum permettant ainsi à la province enclavée d'avoir un accès à la mer (traité de Karlowitz). Mais le but principal de l'opération est de créer une zone tampon et de sécurité entre Ragusa et Venise car jamais les forces vénitiennes n'oseraient traverser un territoire de l'Empire Ottoman pour aller attaquer Dubrovnik. La stratégie est payante, au moins jusqu'en 1809, date à laquelle Napoléon envahit la Dalmatie et met fin à l'Indépendance de l'état-citée. Cependant ni lui, ni la nouvelle administration de l'Empire Austro-Hongrois en 1878, ni Tito lors de la proclamation de la République fédérative populaire de Yougoslavie en 1945 ne remettent en question les frontières et le corridor demeure une partie de la Bosnie-Herzégovine encore aujourd'hui.

Si après l'indépendance de la Croatie puis de la Bosnie-Herzégovine au début des années 1990 les passages frontaliers entre les deux pays se font facilement, souvent sans contrôle, l'accession de la Croatie à l'Union Européenne en Juillet 2013 change la donne puisque après cette date les contrôles aux frontières deviennent obligatoires et plus rigoureux. Les postes frontaliers sont réaménagés parfois élargis et les queues se font de plus en plus longues. Aujourd'hui n'est pas exception.

Après avoir emprunté la file réservée aux bus, le chauffeur se gare à l'écart, le guide récupère les passeports de la trentaine de passagers, précise que nous devons rester dans le bus et… ne pas prendre de photos puis se dirige vers le premier guichet aux vitres teintées. Quoi, pas prendre de photos !? Ah ça j'peux pas faire, vraiment pas ! D'ailleurs j'ai déjà mon petit appareil à la main et clique comme un fou depuis plusieurs minutes pour prendre toute la panoplie d'un poste de frontière inintéressant au possible mais qui toutefois comporte tous les éléments qui me mettent dans un état second. A moi, les barrières rouges et blanches, les drapeaux qui flottent mollement au vent, les panneaux nous remerciant de notre passage et ceux nous souhaitant la bienvenue. OK, j'évite quand même les douaniers en uniforme (au cas où !) alors que le bus se déplace de la centaine de mètres qui séparent les guichets croates des guichets bosniaques.

Le guide revient et distribue nos passeports, le chauffeur démarre. J'ai beau feuilleté toutes les pages de mon passeport plusieurs fois… rien pas de nouveau tampon ! Pas drôle du tout, mais bon ce n'est que la première frontière, je garde espoir.

Quelques kilomètres plus loin, arrêt café à l'entrée de Neum, le village de pêche devenu station balnéaire. Les Kunas croates sont convertis en Markas bosniaques mais les Bosniaques, pas fous, acceptent volontiers les Euros… surtout que le taux de change est facile 5 Markas = 1 Euro !

Le temps de parcourir la côte bosniaque (20 km, la deuxième plus courte au monde… après celle de Monaco) et rebelote. Toujours pas de tampon :(

« Welcome back to the EU. » annonce le guide alors que nous traversons quelques vignobles et une magnifique vallée couverte de champs colorés. Arrivés à la petite ville frontière de Metkovic, le chauffeur bifurque sur la petite route qui mène à Vid et vers un autre poste frontalier perdu au milieu des champs. Cette frontière étant moins fréquentée, les formalités devraient être plus rapides, espère le guide. Elles le sont effectivement d'autant plus que notre chauffeur vient 'graisser la patte' (ou dans ce cas 'abreuver le gosier') de l'un des douaniers bosniaques en laissant trainer une paire de canettes de bière sous les regards outrés ou bien amusés des passagers assis à la gauche du bus.

Au retour, les passages aux frontières se suivent et se ressemblent. Cette fois, nous passons par le poste frontalier de Metkovic. Hélas nous ne sommes apparemment pas les seuls à avoir eu cette bonne idée. Près de ¾ d'heure plus tard nous retrouvons la Croatie. Les deux autres frontières, celles de ce matin dans le sens opposé, sont heureusement plus rapides.

Bref, malgré mes frustrations de ne pas pouvoir quitter le bus dans l'espoir de repérer (et de photographier) d'éventuelles bornes (et le manque de tampons), j'suis content puisque j'ai eu ma dose d'excitation et ma collection de photos pourries vient d'augmenter considérablement… comme en témoignent celles-ci ...

Corridor de Neum

https://goo.gl/maps/FYPdT3PYwxq
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
BE Belcan99 ·
Joli récit. Je suis aussi passé par là mais ne m'en souviens pas bien, sauf que les passages de douane se sont fait sans soucis. A recommander, si ce n'est pas déjà pas mentionné dans ce fil, le passage de frontière en Transnistrie. J'y suis allé il y a quelques années en voiture. Très "folklorique".

Il paraît que la Principauté de Sealand vaut aussi le détour, mais là il faut un bateau...
Not all those who wander are lost. J.R.R. Tolkien.
JF Jfalaise84 Veteran ·
L'hiver dernier et l'été pour l'amerique du sud, j'ai passé la frontière bresil-Uruguay à Chui, ville frontalière qui porte le même nom des deux coté, j'ai été surpris de voir qu'il y'avait qu'une grande boulevard commerciale comme frontière. Vous pouvez marcher, faire des amplettes des deux côtés sans problème. La vie idéale quoi, vivre entre deux mondes.
MGTOW: Man going their own way...

"Plutôt que d'être malin, vaut mieux être bon " ou les deux.

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