6e jour : TUPIZA TUPIZA
13 avril
L'hôtel Mitru est un ensemble surprenant de bâtiments juxtaposés qui forment un petit labyrinthe avec ses escaliers et ses coursives en balcon.

On s'y paume un peu début. Il y a plusieurs standings de chambres, de la suite à la chambre simple avec toilettes/salle de bain partagée.
C'est un excellent rapport qualité prix, pour 7 personnes et pour 2 nuits nous avons payé 220 € soit un peu plus de 15€ par personne et par nuit, nous avions une suite deluxe une chambre standard supérieur et 2 chambres simples. (devinez qui avait la suite ?😎)
L'hôtel est très bien situé au centre ville environnés de commerces ce qui est très pratique.
Le personnel est parfait, souriant et toujours prêt à aider. Nous les solliciterons vite puisque Cory les a appelés avant même notre arrivée pour qu'ils fassent venir un mécano le lendemain pour voir s'il fallait changer de voiture, il suit le dossier ce qui est bon signe chez un loueur et les gens de l'hôtel ont fait le nécessaire.
Lors de mes échanges avec Cory, je lui signale le trop perçu de 500€, il reconnaît sans problème l'erreur de facturation et se confond en excuses se maudissant d'avoir demandé ces 500€ en trop, il me les remboursera au retour.
Tout s'arrange.
L'Hôtel Mitru est très fréquenté par des francophones, ce forum n'y est sans doute pas complètement étranger puisque c'est en lisant des avis sur VF que j'ai moi-même fait mon choix, sur une trentaine de personnes croisées, pratiquement toutes parlaient en français, il y avait seulement un couple d'anglophones et un couple de germanophones. Je sais que certains voyageurs détestent se retrouver dans les hôtels fréquentés par leurs compatriotes (je précise que ça ne m'a jamais gêné) .
Attenante à l'Hôtel Mitru, l' agence Tupiza Tours propose des sorties dans le Sud Lipez, des sorties au salar, des randos locale et des balades à cheval. Je m'y rends dès le petit déjeuner avalé, la dame qui me reçoit parle un français parfait et je lui achète 7 balades de 3 heures à cheval pour l'après midi, nous avons rendez vous à 14 h, ce qui nous laisse du temps pour les courses.
Tupiza est une petite ville agréable, le marché couvert se situe tout près de l'hôtel. Il ne faut pas espérer faire ses courses au supermarché ici, ceci dit, il y a une petite supérette à l'extérieur de la ville sur la grand route qui est bien utile pour acheter l'eau.
Nous filons donc au marché où l'ambiance est très bonne, surtout quand vous venez faire de très grosses courses, les vendeuses sont manifestement ravies de vendre autant de produits et puis ça fait des rencontres.

La vieille dame au chapeau melon sous lequel dégoulinent 2 immenses tresses, note scrupuleusement sur un petit carnet couvert de chiffre jusque dans ses moindres recoins tous nos achats, un petit coin de langue rose lui sort au coin de la bouche, elle est grave et appliquée : surtout ne pas la déranger. Elle disparait peu à peu derrière un monticule de tomates, avocats, patates, courgettes, aubergines, oignons, pommes, bananes, ananas et que sais-je encore ? Bientôt le tas cesse de monter, le chapeau melon qui dépasse encore tant bien que mal trahit sa présence. La dame se lève et sous le chapeau ré-apparaît le visage hilare et édenté, le carnet de comptes le suit de près ainsi qu'une petite main aux doigts déformés qui pointe un chiffre qu'elle se fait un devoir de nous annoncer avec gourmandise. On en revient pas tellement c'est pas cher. Elle est tellement contente de sa vente qu'elle nous offre 3 pommes qu'elle essuie et emballe soigneusement comme toutes les autres.

Le visage de cette autre femme descendue des hauts plateaux, les yeux bridés des peuples natifs américains, la peau tannée par le soleil d'altitude, cette bouche fine aux commissures inclinées vers le bas comme pour indiquer qu'on est pas là pour rigoler, le nez droit et aquilin des incas, le visage de cette femme pouvait être qualifié au prime abord d'inexpressif, pourtant, le visage de cette femme a trahi la surprise quand ce monsieur barbu à casquette et vraisemblablement pas du coin lui a demandé 20 BOITES DE SARDINES A L'HUILE ! Alors les yeux se sont un peu ouverts et la mâchoire du bas s'est effondrée laissant la bouche ouverte sur cette question qu'elle ne m'a jamais posée : "mais comment diable peut on aimer autant les sardines ?"
Les courses faites, nous les entassons dans une chambre climatisée puis nous filons faire le plein du second 4x4, le premier a été pris en charge comme promis par un mécano.
Les stations sont sur la route Villazon-Potosi qui passe par Tupiza, il n'y a quasiment personne à la pompe en cette fin de matinée, nous montrons nos documents officiels au pompiste afin qu'il fasse le plein du réservoir et du bidon de toit. Coup de chance, il nous restitue le document qu'il était sensé conserver, ça nous permettrait en cas de besoin de refaire le plein complet. Par contre, mauvaise nouvelle : le réservoir de toit fuit goutte à goutte par le robinet, nous taillerons un bouchon de pinard pour remédier à ce nouveau problème.

Retour à l'hôtel et nous allons nous sustenter, le meilleur endroit pour cela c'est toujours le marché couvert, à l'étage il a plein de petites gargotes, c'est là que mangent les boliviens de passage et on y mange très bien, de plus c'est copieux et pas cher. L'accès n'est pas évident à trouver, il faut sortir du marché et rejoindre la rampe d'accès qui se trouve derrière. Il y a très peu d'Européens, ce midi là, nous étions les seuls, les menus sont toujours les mêmes : pique macho, milanese, pollo piquante ou pollo normal et puis une supitas absolument délicieuse.
Une petite sieste autour de la piscine et il est temps de s'équiper.
Un cowboy nous attend devant l'hôtel, il nous guide vers le minibus qui va au ranch et nous y accompagne.

Le ranch se trouve en périphérie de Tupiza, à peine arrivé on nous propose une panoplie de cow boys et nous voilà partis tel la bande de butch Cassidy et de Sundance Kid sur les pistes rouges, poussiéreuses et brûlées par le soleil bolivien.


C'est une belle balade avec ses formations rocheuses remarquables, la puerta del diablo


et la vale de los machos.

Certains parmi nous, en particuliers mes 2 "gendres", ne sont pas habitués.
Je rassure Antoine qui n'a quasiment jamais foutu son cul sur un cheval
"T'inquiètes petit, si on part au galop c'est facile, tu chopes la crinière, tu te lèves un peu sur les étriers et tu pries pour que ça se passe bien ! Ha ! Ha ! Ha ! Naaaaaaaaan, t'inquiètes, si ton cheval démarre et que t'y arrives pas, on intervient et on l'maîtrise, vraiment t'vas voir : on assure..."
"Ouais, t'inquiètes Antoine" renchérit sabine " j'ai 20 ans de ch'wal derrière moi, et ch'peux dire que j'en ai eu à gérer des situations difficiles, ouaip..."
Après un long échauffement au pas puis au trot, le cow boy en chef nous propose un galop, je suis devant, on démarre. Je n'ai pas un cheval facile, il donne de grands coups de tête vers le bas pendant le galop, ce qui le rend très inconfortable et, pour tout dire, inquiétant...mais ? que...
Camille qui monte un petit mustang super nerveux me double en trombe et...QUOI ? ANTOINE ???
C'est pas vrai, juste derrière Camille, au grand galop qui fait tout bien comme on lui a dit et qui a l'air super à l'aise...pour un peu s'il n'allait pas si vite, je lui aurais demandé un coup de main...
Nous nous arrêtons un peu plus loin, là où Camille et Antoine ont daigné s'arrêter, le groupe se reconstitue peu à peu...tiens ? Il manque sabine ? Ah ! Non, la voilà...Oulah, mais elle est couverte de poussière ?
Ben oui, elle s'est vautrée grave, son cheval a trébuché en plein galop, vol plané et roulé boulé...
Bon...t'inquiètes pas : on assure...
Magnifique balade.

Retour à Tupiza et nous récupérons notre second véhicule, le mécano m'explique ce qu'il a fait, il me confirme que la voiture est en état pour partir dans le sud Lipez et qu'il a vérifié la pompe, le carbu, les bougies, les filtres...je le paye une trentaine d'€ et nous filons faire le plein, cette fois ci la pompiste garde le papier hélas. Nous constatons une autre fuite, sur le bidon cette fois ci et au niveau du bouchon, nous le positionnons donc verticalement.
Nous partons ensuite à la recherche d'un restau en essayant d'éviter les pizzérias qui pullulent ici, on en trouve un exclusivement fréquenté par des boliviens, le patron fait une soirée asado et fait ses grillades à l'entrée du restau pour attirer le chaland : c'est très appétissant, nous entrons.
Le gros défaut des restaus fréquentés par les boliviens, c'est le bruit, il faut qu'il y ait un truc qui fasse du bruit, soit une radio à fond avec de préférence de la musique de merde, soit une télé, ici, il a opté pour la télé. mais alors la grosse grosse télé : écran plat 150 cm. Le programme qui passe en boucle est un DVD de danses folkloriques sud-américaines qu'on va voir 5 fois de suite. Nous avons réussi à faire baisser un peu le volume sans que les boliviens présents ne protestent, peut-être que eux aussi ça les emmerde après tout.
Ici non plus les touristes ne viennent pas, pourtant il y en a pas mal en ville ce soir, surtout dans les pizzérias, ceci dit, il faut bien reconnaître que, à Tupiza, la pizzéria c'est la simplicité, le premier restau que nous avons choisi en était une et, pour les éviter, il faut carrément se donner pour chalenge de ne pas bouffer de pizza😏.
Nous passons ensuite sur la place principale pour sortir des espèces, les 500€ que Cory m'a pris en trop nous manquent, nous tirons le maximum sur le distributeur de la place qui autorise les retraits les plus importants à Tupiza, il va nous falloir du cash pour régler les notes d’essence et les refuges dans le Sud Lipez. J'ai prévu un hôtel ( encore faudra t'il qu'ils aient de la place), mais ils prennent la carte de crédit ais-je lu sur leur site.
Et maintenant au lit parce que demain : on monte ! Et pas sur un cheval : en altitude !
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)