De retour à la voiture, on déjeune avant de s’engager sur la piste réputée sablonneuse pour accéder à White Pocket. Avec notre 4x4 plus que moyen, je sais que ce n'est pas raisonnable, mais on est équipés en plaques de désensablage, pelle, cable de remorquage, et nourriture et eau pour 3 jours. Les déconvenues des derniers jours me font oublier certains principes de prudence que je respectais jusqu'à présent.
Je décide de prendre la piste la plus à l’Est (qui ne passe donc pas par Coyote Buttes South) car elle présente le moins de dénivelé, mais avec autant de passage à sable profond. Je sais qu’il faut compter environ 1h de piste. Les premiers miles s’avalent sans difficulté, mais vers la moitié du trajet commencent à s’enchaîner des secteurs à sable mou et profond sur des faux-plats montants ou descendants, entrecoupés de petits washs.
La technique de conduite dans ces secteurs n’est pas compliquée : ne jamais ralentir, braquer constamment les roues vers l’extérieur pour éviter autant que possible que les roues ne se trouvent dans les ornières et que le sable touchant le bas de caisse ne fasse ralentir la voiture. Le côté négatif, c'est qu'on racle souvent les buissons. On aura quelques micro-rayures visibles sur la couleur noire du véhicule. (Au retour, on rendra la voiture légèrement sale pour que les micro-rayures ne se voient pas. 😛)
La plus grande crainte est de devoir croiser sur une de ces portions de sable mou, parce que dans ces conditions, c’est l’ensablement garanti… On croisera 3 voitures, par chance à chaque fois dans un secteur sans risque.
Au premier conducteur croisé, après 1 ou 2 portions de sable mou, je demande comment serait la suite : il me rassure en me disant qu'aucun secteur n'était pire que les premiers traversés et que le plus important était de ne jamais ralentir !! On l'a donc écouté.🙂
On croisera notamment le Land Rover des Dodson, avec à bord 3 personnes, et qui s’est gentiment mis sur le bas-côté pour nous laisser passer. J’ai quand même senti leur regard dubitatif sur nos capacités à arriver au bout de la piste avec notre 4x4 🤪. J'avais envisagé de recourir à leurs services, mais les tarifs proposés étaient malheureusement hors budget. Je m'étais basé sur 5 tarifs adultes, mais j'ai appris depuis qu'ils font de belles remises pour les enfants, donc c'est peut-être à reconsidérer...
Au bout d’une heure de piste au total, on arrive enfin à White Pocket, sans gros souci. Mais je suis fatigué nerveusement, comme si j’avais randonné 2 heures… Sur le parking on voit un vrai 4x4 équipé d’un treuil et système de remorquage avec un type à l’intérieur, et qui vient à notre encontre. Il nous dit avoir été informé de gens qui se seraient ensablés et nous demande si on les a rencontrés. Surpris, je lui réponds que Non 😮. Bizarre, bizarre...
Pendant qu’on se prépare ensuite à aller visiter White Pocket, je me refais le film de notre périple, et me dis que le gars a uniquement pu être informé par les Dodson d’un probable ensablement de touristes… et que les touristes ensablés, c’étaient NOUS ! 😮
Je ressens une double impression : à la fois rassuré car on sait qu’on ne passera pas la nuit en galère grâce au Monsieur qui attend patiemment dans son 4x4 de compèt, mais aussi un peu inquiet car je me demande combien de centaines de $ il nous demandera pour nous sortir du pétrin. 🤪
Qu’importe, pour l’heure, à nous White Pocket dont j’ai rêvé si souvent avant ce voyage.

L’impression ressentie sur ce site est irréelle, comme si on était sur une autre planète. C’est un petit plateau de slickrock aux formes tourmentées et surprenantes et avec de belles couleurs rougeâtres à dominante blanche.


Au nord, on aperçoit un massif qui a un aspect similaire à White Pocket. Il mériterait bien d'être exploré prochainement 😉

Encore de magnifiques boules de crème glacée fondue !



A plusieurs endroits il y a des pools qui pourraient servir d’abreuvoir à du bétail.

Cette photo avec les herbes aquatiques montre bien qu'on est sur une année particulièrement pluvieuse, ce qui pourrait expliquer le niveau d'ensablement acceptable de la piste d'accès. Ce ne serait donc pas mes qualités de pilote qui seraient en cause 😎 🤪!
Sur un carnet montrant des photos de WP au cours de cet été 2015, on reconnait très facilement cette mare enherbée.

Mon rocher préféré, qui est devenu mon avatar...

Encore des pools remplis d'eau



Malgré la chaleur, on prend un immense plaisir à explorer les différents secteurs, et un gps n’est pas inutile pour repérer le parking sur le chemin du retour. On reste 1h30 sur place, le site mériterait bien plus de temps, mais je n’oublie pas qu’il nous reste le trajet retour à effectuer, et je voudrais bien l’entamer avant que notre potentiel sauveur qui nous guette tel un vautour, ne quitte le parking.🏴☠️
En tout cas c’est le gros coup de coeur de notre voyage 😇😇😇 !
De retour sur le parking, on salue poliment notre copain, en espérant bien ne pas le revoir de sitôt. J’allume mon Garmin Colorado pour consulter la trace du chemin aller, mais comme toujours, je sais qu’il lui faut 1 mn pour être opérationnel. En attendant, je démarre en me disant qu’il n'y a pas de quoi avoir peur au début😕. Mais à peine quelques centaines de mètres parcourus, on arrive à une bifurcation avec du sable mou, sans possibilité de s’arrêter, je regarde le gps, il est toujours en train de chercher où il se trouve 🤪… Il faut prendre une décision, Laetitia me dit qu’elle se souvient et qu’on est venus par la gauche, moi il me semble que non… Connaissant son sens de l’orientation, j’aurais dû prendre l’autre direction, mais pour une fois, je l’écoute 🤪. Cent mètres plus loin, le gps trouve enfin notre trace, et bien entendu, je constate qu’on est partis dans la mauvaise direction 🏴☠️😠… Obligation de faire demi-tour 🏴☠️. C’est tendu, mais on y arrive dans une portion sans sable.
Quand on arrive à l’Y où on s’était trompé de direction je suis obligé de rouler au ralenti, il y a beaucoup de sable, et en braquant les roues, on s’ensable à un endroit où jamais personne n'a dû rouler. Ben oui, quand t'arrives à un Y, tu prends soit à gauche, soit à droite, mais tu ne te balades pas au milieu ...😕
Marche avant, marche arrière, rien n’y fait, on s’enfonce de plus en plus.
Quand on sort de la voiture, il y en a partout ! On se met à désensabler le bas de caisse qui repose entièrement sur du sable, ce qui n’était pas compliqué d’ailleurs 😎. Les enfants s’éclatent, ils disent que c’est comme s’ils jouaient sur la plage et nous aident bien à racler le sable.
Au bout de 30 minutes, on a bien dégagé la voiture, et on sort les plaques de désensablage achetées sur Amazon avant le voyage… Bien heureux de les avoir achetés malgré leur encombrement !
Je monte seul dans la voiture pour limiter le poids, et du 1er coup, non sans brûler le plastique des plaques (de qualité moyenne d’ailleurs), j’arrive à sortir le 4x4 de sa position fâcheuse 😊. 50 m plus loin, je m'arrête dès que je peux. Dans le rétro, je vois tout le monde courir à ma rencontre, tous hyper joyeux… 😎
Je me rends compte que je n’ai même pas pris une photo de nos péripéties, on avait la tête ailleurs... 🤪
A ce moment-là, on décide qu’on fera tout pour ralentir le moins possible, et je redémarre.
Au 1er trou rencontré, ça secoue fort, très fort même, au point que Rachel qui avait oublié de se rattacher s’envole et se cogne la tête au plafond situé… 40 cm au-dessus. C’est pour donner un ordre d’idée de comment ça secoue ! Les enfants sont morts de rire, les parents un peu moins...
Bien entendu, Rachel s’attache rapidement, et on roule à fond sur tout le trajet retour, on entend de grosses secousses dans le coffre et le frigo, mais qu’importe… on avance. Le retour paraît très long, mais on n'aura plus d'autre difficulté. Quand on quitte les secteurs à sable mou et profond, on s’arrête pour faire le point dans le coffre : le frigo sera à nettoyer parce que des pots de mayo et ketchup étaient mal fermés, et il y en a partout... 😠 Pas bien grave.
Avant de retourner au camping, nous nous arrêtons un moment au lac Powell pour nous remettre de nos émotions .

Quand on arrive au camping, douche bien méritée car on a tous du sable de partout, puis repas et dodo.
Nuit : 3e nuit au Wahweap Campground. Il était d'abord prévu de bivouaquer dans le secteur de CBS, puisqu'on a les permis pour demain, mais on est tellement sales qu'une douche est obligatoire !
Bilan : On aura réussi à accéder par nos propres moyens et avec un véhicule moyen à White Pocket, mais les conditions d'accès devaient être extrêmement favorables 😎 au cours de cet été pluvieux.
Quelle journée inoubliable on aura passée avec Edmaiers Secret et White Pocket ! Après notre mariage et la naissance de nos 3 enfants (faut bien le préciser si je ne veux pas y retourner seul au prochain coup 😏), je pense que c'est la journée la plus chargée en émotions qu'on ait jamais vécus 😇 😇! Inoubliable, je me répète.
Deux ans plus tard, j'en ai encore des frissons 😊 !!