Traversée à vélo de la côte est du continent africain
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VE Veve75020 Veteran ·
salut,

Tes commentaires , réflexions et ressenti me font penser à ca que j'ai vécu lors d'un voyage de 9 mois en combi en Afrique de l'Ouest. Le voyage au long cours devient au fur et à mesure un mode de vie, un quotidien et comme tout quotidien il n'est pas toujours trippant. C'est justement cela que j’apprécie dans ton récit, du pratique et du pragmatisme
CL Clotaire38 Regular ·
Hello !

Oui on peut dire ça. Et tu as touché mon égo aussi par là même. Mais génial ça me permet de réfléchir à comment aborder ça.

Bien à toi
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CL Clotaire38 Regular ·
Merci pour ton message !

Et oui c'est vraiment ce qu'il se passe. J'ai même beaucoup couru ces dernières années, passant peu de temps en France, coincé dans une course au monde. Une jolie course cependant. Mais c'est presque impossible de conserver le même regard sur les choses. J'ai aussi grandi, beaucoup lu et beaucoup appris, je suis beaucoup plus critique et sceptique sur le monde qui m'entoure. Non pas que je l'apprécie moins, mais je suis un peu plus critique de manière général. On m'a dit cynique hier d'ailleurs. Mais pourquoi pas ? J'aime l'idée du cynisme par l'école de pensée grecque. Ça correspond à ce vers quoi je tends.
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CL Clotaire38 Regular ·
C'est la traversée de la Zambie que je vous propose donc aujourd'hui !

Introduction :

Il fallu chercher un peu pour dégoter un douanier, que nous avons du réveiller de la sieste. Nous aurions pu passer comme des fleurs, personne n’aurait remarqué notre entrée. Mais pourtant il nous faudra bien ressortir, alors on essaie d’y entrer proprement pour en sortir sans encombres. Une fois le visa fait, nous passons la barrière, et nous voila en Zambie.

De la frontière à Chipata :

Il reste à peu prés autant de kilomètres de piste que de jour. Alors on fonce. Le vélo cahote, nous aussi. On se sent vivant sur les pistes Africaines, à défaut de pouvoir s’oublier. Il faut toujours regarder là où on pose la roue. Et donc avec le soleil qui vient lentement raser l’horizon plat et sec, on se rapproche de la première ville. C’est toujours chouette les premières villes dan sun nouveau pays, comme une éternelle première fois. Nous croiserons même un mec qui rentre à vélo lui aussi mais avec 4 femmes dessus. Je ne sais pas ce qui m’impressionne le plus dans l’histoire. La ville, l’asphalte, le monde plus ou moins moderne. Arrivons juste à temps pour trouver à manger et de la bière fraiche, c’est le principal. La ville est plutôt calme, encore une fois, on ne sent aucunement déranger de trainer à la nuit tombée ici. Puis coup classique, nous nous dirigeons vers le poste de police qui nous accueille sans trop d’embûche. Vielle chanson d’un jeune temps. Ce temps qui est suspendu ici. Le bois ne bouge pas, les policiers non plus, engourdis pas l’existence. Une vieux side car Ural à l’extérieur, des tenues élimés. Déclinons notre identité puis nous voyons octroyer une place sous un arbre. Finalement la nuit sera agité malgré nous car le commissariat connaitra une nuit de fête. Déçu de n’avoir pas assez dormir ou de ne pas avoir été invité ?

Nous reprenons donc la route, direction Chipata. Le nom ressemble à Chipolata, rien de bien poétique, rien qui nous pousserait spécifiquement dans ce coin hormis ce nom plus gros que les autres sur la carte. Qu’est ce que ca signifie donc ? Ca signifie pour nous que c’est potentiellement un endroit avec un peu de vie, un endroit esthétique (toujours cette foutue recherche d’esthétique…), ou un endroit où l’on peut décemment manger.

Une première section plutôt ennuyeuse. On se dit que vu la route jusque Chipata, on aurait du bricoler pour rester plus longtemps au Malawi et zapper cette section. Mais c’est trop tard n’est ce pas. Alors nous roulons sur le plat, les pensées s’envolent, espérant secrètement que tout va bientôt changer et que la route offre mieux qu’une longue et plate ligne droite. Puis Chipata. Beaucoup d’espoir à Chipata, qui s’avère n’être rien de plus qu’une bourgade, comme une autre. Petit à petit on apprend à lire les cartes en Afrique. Bien souvent, les noms en gras ne sont finalement que de gros villages. C’est la même chose que l’on y trouve, mais les échoppes sont plus nombreuses. Et toujours ces mêmes questions, comment arrive t’il tous à survivre en vendant la même chose ? Personne n’a tenté de vendre autre chose, de le faire différemment, de céder aux sirènes de l’innovation ? Mais c’est ici comme partout ailleurs, une pesanteur fond comme une chape de plomb sur les âmes lentes et les corps ralentis. Nous dormirons dans la cour de l’école après une petite gymnastique avec les autorités. Et malgré le peu de temps que ca peut prendre, je suis toujours fasciné par le naturel avec laquelle la demande est entendue.

Nous serons réveillé au clairon à 6 heures du matin par les enfants qui déjà arrive à l’école. J’ai du mal à ouvrir l’œil mais déjà je suis pensif. Même si j’ai du mal à apprécier d’être sorti de la tente contre mon gré biologique, je suis plutôt heureux que le pays dans lequel j’ai grandi n'ai jamais tenté de m'envoyer étudier à 6 heures du matin.

Chipata - Lusaka :

Nous repartons le lendemain et mettons cap sur la capitale. La route prend quelques formes un peu plus loin, et c’est pas trop tôt. Un joli petit col que nous passons en fin d’après midi, les lumières donnent un peu d’intérêt à l’endroit. En effet, ici comme souvent ailleurs en Zambie, les forêts commencent à ne plus ressembler à rien d’autre qu’une couche plate et noirâtre d’arbres brûlés. Puis au bord des routes, des sacs de charbon attendent que l’on s’arrête pour les acheter et les amener plus loin. C’est relativement sauvage, et c’est tant mieux. Ca fait du bien de ne pas croiser grand monde. Mais je me demande alors qui peut bien s’arrêter et acheter ces sacs de charbon. Je ne vois ni les vendeurs ni les acheteurs. Le miracle de l’Afrique en quelque sorte, il y a toujours quelqu’un, partout. Juste qu’on ne le voit pas. C’est donc ça le grand drame du centre de l’Afrique. Toutes ces forêts qui disparaissent par hectares dans un immense brulis. Mais qui suis je pour juger ? Il faut bien que tout ce petit monde se chauffe et fasse cuire sa popote, moi qui n’ai toujours eu que la facilité déconcertante et inconsciente à portée de main.

Fort heureusement donc ce col qui brise un peu les centaines de kilomètres de ce qui déjà est une routine désagréable. Nous redescendons, passons un grand pont au dessus du Luangwa, un affluent du Zambèze. De là nous remontons jusqu’à Mulamba, quelques maigres kilomètres du pont mais il faut encore grimper. Le soleil est déjà bas. Nous réalisons que nous sommes à la frontière ave le Mozambique. C’est donc une petite bourgade frontalière dans toute sa splendeur. Le bruit et l’odeur. Des centaines et des centaines de poisson séché bordent la rue principale. Ca s’agite de partout. Bar bruyant, restaurant non alléchant, bus et camions. Ca va et ca vient. Fatigué cependant, je m’assoie sur le trottoir, incapable de négocier quoi que ce soit ou d’envisager de parler avec un être humain. Les prix sont plus élevés ici, donnés avec un espace de sourire narquois. Puis pour dormir sur ce village en pente et surchargé ca va être complexe. Ni école ni poste de police, il est déjà trop tard. A la frontale nous auscultons les lits du seul hôtel de la ville. Un trou sans âme dans lequel il nous faut nous résoudre à dormir. Dans la soirée, ça parle portugais sur le perron de l’hôtel. Ah oui c’est vrai, ils parlent portugais au Mozambique. Mise en abime d’exotisme.

Un petit col en guise de petit déjeuner puis nous retrouvons le plat de la plaine, la savane sans fin et sans grand charme. Si seulement de féroces bêtes pouvaient en sortir, au moins ca me sortirais de ma rêverie. Puis les jours se suivent et se ressemblent. On décide même de ralentir, de peur de passer trop d’heures sur la selle dans le flou plutôt qu’au bar. Pas forcément la solution la plus stratégique mais c’est celle que nous choisissons. C’est celle qu’on choisit toujours de toute façon.

Et tant bien que mal nous nous approchons de la capitale. On s’en approche tellement qu’on y arrive finalement. A l’entrée, c’est des publicités pour des pizzas et des supermarchés qui me redonnent vie. Je mesure combine je me sens affaibli d’avoir mangé si peu et toujours la même chose. Les deux sont lié d’ailleurs. Absolument aucun appétit ou envie pour le N’shima, pâte faite de farine et d’eau, et de saucisses froides et constitués de ce qu’on peut difficilement qualifier de viande. Bon, au moins on va passer quelques jours ici pour se refaire.

La capitale, Lusaka :

Quand je parle de la Zambie, on me regarde souvent d’un faux air savant. Tout le monde acquiesce mais serait bien en peine de placer le pays sur la carte ou de donner le nom de la capitale. Qu’importe, c’était pareil pour moi avant que tout ce voyage prenne une forme physique. Toujours est il qu’on est en droit de se demander, qu’est ce que la capitale d’un pays presque inconnu a à offrir.

Et bien pas grand chose. Fidèle à la réputation des capitales subsaharienne, c’est plutôt fade et inesthétique. Une organisation un peu chaotique, mais pas suffisamment pour que ça lui offre un charme. La vie y est plutôt calme, fade. Au moins nous trouvons de quoi manger convenablement. Je dépense beaucoup d’argent pour me refaire une santé physique et psychologique. C’est peut être à partir de là que viendra cette habitude de manger 6 fois par jours. Et même ne serait ce que trouver un jeu de pédales c’est un peu la bataille. Comme si la ville était pleine de vide. Vous voyez cette impression d’un monde palpable sans que l’on puisse décrire le définir. Un contenant sans contenu. Avant de partir je fini à la clinique après avoir trainé un estomac en petite forme depuis 2 mois. C’est dire le côté têtu du mec. J’en repars avec des antibios et le droit de repartir. Nous retrouverons Tristan, un cycliste anglais rencontré en Éthiopie avec qui il s’avère que j’arriverais au Cap quelques mois plus tard.

De Lusaka à Livingstone :

Une petite appréhension au moment de partir. Je sais à peu prés à quoi m’attendre puisque des cyclistes venu de l’autre direction nous ont dit que la route était à peu prés la même jusqu’au Botswana. Et même plus ou moins jusque Windhoek d’ailleurs. Et je n’ai plus envie de retomber dans la nécessité de me nourrir avec ce qui me dégoute presque. C’est le plat national, matin midi et soir. Puis je n’ai pas envie de retomber dans l’ennui. L’ennui étant un concept que j’ai découvert en Zambie sur les fresques 2 semaines qui viennent de s’écouler. Un peu plus de 300km mais je pars un peu en trainant les sandales.

C’est plat, quasi rectiligne et loin d’être palpitant. A l’heure d’aujourd’hui c’est assez flou. Comme si mon corps avait fonctionné machinalement, qu’il avait pédalé ce qu’il avait à pédaler pour rejoindre le coin B du point A mais que ma tête n’avait absolument rien intellectualisé. Je me souviens bien en revanche que nous avons passé une bonne partie de cette première journée à regarder la finale de la coupe du monde de cricket. Les deux copains anglais avaient l’air de comprendre, j’ai vite abandonné pour aller lire.

Nous repassons un petit col en début de soirée avant de redescendre vers une plantation de café qui peut potentiellement nous accueillir pour la nuit. Les antibios que j’ai commencé la veille me détruisent le ventre, je pédale en silence, attendant simplement de m’écrouler pour la nuit. Nous trouverons finalement une grange sous laquelle dormir. Les mecs tentent de capter le réseau internet pour voir les résultats du cricket. Quand à moi, je prie sous ma tente pour que le ventre s’apaise.

Et les jours qui suivent se ressemblent. Rien de bien palpitant. Une savane à perte de vue, à perte de jours, à perte d’énergie. J’arrive dans ce demi état, un état que je trouve très symptomatique du pays. Une nourriture que je ne mange que pour me nourrir, une route que je parcours seulement pour avancer. Les villages se ressemblent et se succèdent. J’oublie leur nom à mesure qu’ils défilent. Puis les langues pour lesquels je n’ai aucun intérêt. Les discussions qui sont toujours les mêmes avec des individus qui me paraissent les mêmes aussi. Ma vie intellectuelle est si dénué d’intérêt que je me remet tête baissée à apprendre le russe, que j’avais laissé de côté il y a quelques années déjà. Puis finalement Livingstone arrive en vue.

Livingstone :

Nous y passerons quelques jours pour se ressourcer un peu. Puis étant le premier lieu touristique du pays, on retrouve un peu des ingrédients qui feront le bonheur éphémère des voyageurs au long cours que nous sommes : la fête, la bonne bouffe et les filles. Et encore que, le cliché soit un peu loin de la réalité parfois.. Décidons de ne pas aller voir les chutes de ce côté mais finalement du côté Zimbabwe. Donc nous profitons de nos derniers jours pour trainer autour de la piscine. Je n’ai rien trouvé de spécifique à cette ville coloniale. C’est sympa sans aucun doute, mais c’est une ville qui serait passée inaperçue s’il n’y avait pas la proximité avec les chutes Victoria. Mais ca ne marquera pas vraiment les esprits. Ah, finalement si.

Juste une petite histoire en passant. Je ne veux pas tomber dans le sensationnalisme, mais c’est la goutte d’eau qui a commencé à faire déborder le vase et qui m’a rendu un peu allergique à l’Afrique par certains côtés qui étaient visibles, mais pas forcément palpables. Un soir nous rentrons de boite de nuit. On avait passé une soirée vraiment cool, même si ce n’est pas le genre d’endroit dans lequel je traine volontiers, c’était vraiment vraiment chouette. Et ce genre d’endroit permet d éprendre la température d’un pays, et d’apprécier la façon dont les gens dansent. la danse qui est constamment présente mais qui en plus permet d’avoir une vue sur les mœurs.

Donc nous rentrons de boite de nuit. Puis quelques dizaines de mètres avant de sortir de l’hôtel, un mec sort d’une voiture arrêté au milieu de la route, ouvre le coffre et en sort une fille par les cheveux. Bon j’avoue que déjà j’ai un peu de mal avec le concept, mais l’alcool aidant, la situation explose. Je passe les détails d’une espèce de bataille qui aurait pu mal tourner issu d’une situation complétement ubuesque. L’histoire est à dormir debout, la fille est en pleurs au milieu de la route, la moitié des cheveux arrachés, lui tente d’expliquer que c’est sa femme et que si et que ça. Ca dérape à mesure que les excuses pleuvent et que plus j’en entends moins je veux en entendre. Ca se démêle par la force des choses. Mais surtout, les vigiles de l’hôtel qui nous ont séparés et qui ont traité la situation avec une complet désintérêt, une absence de compassion et d’empathie. Tout ça pour que le lendemain on me demande de m’excuser, que ce n’est pas mes histoires et que finalement “This is Africa”, et qu’on y changera rien. Je ne supporte pas un tel fatalisme. Bon évidemment je suis tellement têtu que je ne m’excuse pas. Puis je repars le lendemain vers le Zimbabwe avec cette phrase qui résonne en moi “ This is Africa”. Je l’ai déjà trop entendu. Mon pessimisme devient plus que latent, il est désormais matérialisé. On rajoute à ca la fadeur de la nourriture, des discussions, du décor, et on obtient un cocktail qui ne me quittera plus.

Attention, je ne dis pas que j’avais raison de gueuler comme une putois et de m’entretuer pour une fille que je ne connaissais pas et dans une histoire de laquelle j’étais étranger. Simplement j’ai le côté féministe prononcé comme tout bon anarchiste digne de ce nom. Et la situation m’a fait exploser. Je ne dis pas avoir raison ou tord. Qu’importe, ca s’est passé, alors je le rapporte. J’ai failli supprimer ce passage mais c’est finalement important dans la traversée du continent. Puis c’est une réalité. Une réalité que je n’accepte pas et que je ne souhaite pas être mon futur. Je partais du postulat qu’aucune raison ne serait de toute façon valable pour traiter une femme de cette manière. Alors je démarre au quart de tour. Et finalement si c’était à refaire..

Quelques infos :

Le trajet :

Lundazi - Chipata - Lusaka - Choma - Livingstone

Visa :

Visa d’un mois à la frontière pour 50USD. Bien préciser qu’il faut un mois, car heureusement qu’on a fait attention à ce que le mec nous a donné. En effet, et ca arrive relativement souvent dans le sud du continent, lorsque les mecs demandent combien de temps il nous faut pour traverser le pays, on bombe le torse en disant fièrement “Oh d’ici 2 semaines c’est plié”. Sauf qu’il prenne ça pour une demande de visa de 2 semaines. Lorsque l’on a le droit à 1 ou 3 mois, autant toujours demander le maximum.

Argent :

Rien de bien fabuleux. Classique au possible.

Sécurité :

Vraiment aucun problème. Je me suis senti vraiment vraiment safe. Moi mais aussi et surtout le vélo. Et les gens sont si bienveillants qu’il ne peut pas se passer grand chose. J’avais laissé ma doudoune patagonia dans un resto au bord de route, le lendemain j’y suis retourné en stop et elle m’attendait sagement sous le comptoir.

Nourriture et supermarchés :

Le néant. En bon français râleur et amateur de gout en cuisine, c’est l’impasse. Hormis dans la capitale où j’ai pu trouver bien mieux que je ne l’avais espéré, c’est vraiment binaire. C’est pas très bon, mais en plus niveau apports nutritionnels c’est quasi nul. Si bien qu’après une semaine à rouler et à manger la même chose tous les jours, je me suis senti vraiment physiquement faible.

Coût de la vie :

La vie est plutôt bon marché. Encore heureux d’ailleurs, vu ce qu’on y mange. Puis pour dormir c’est vraiment vraiment facile, donc ca coupe les dépenses.

Densité de population :

Plus que vivable. Toujours les villages en bord de route mais la population est bien moindre que plus au nord, faut dire aussi que le pays est grand. Puis je ne me suis pas du tout senti envahi.

Où dormir :

Hyper facile de camper. Ecoles, églises, commissariats, il y a toujours une solution. Les campings sont aussi plus répandus ici qu’ailleurs avant. Et hormis le camping dans la capitale, je ne me souviens pas avoir payé pour dormir. Les gens sont vraiment chouettes et avec un minimum d’explication on s’ouvre beaucoup de portes. Beaucoup parlent anglais, et en tout cas suffisamment pour demander l’autorisation de dormir. C’est d’autant plus vrai dans les écoles. Nous dormions tantôt dans les salles de classes ou dans la cour. La salle de classe surtout le week end pour être sur de ne pas avoir à se réveiller à 6h lorsque les enfants commencent à arriver. Toujours est il

La couleur de peau :

C’est à partir de là que nous allons commencer à voir quelques touristes en 4x4. Donc finalement on passerait presque inaperçu. Le début de ce qui s’annoncera vrai plus tard, une forme d’invisibilité qui fait du bine mais avec laquelle on est pas forcément habitué.

Carte sim et internet :

Il me semble que le réseau était bon. Loin d’être un casse tête pour dégotter une carte sim et les prix étaient on ne peut plus raisonnable, surtout en venant du Malawi. En dehors de ça, il ne faut pas trop compter sur le wifi hormis dans les grandes villes du style Lusaka ou Livingstone.

Et si vous voulez entendre ma douce voix raconter ma traversée de la Zambie, c'est par ici : www.lepedalistan.com/radio-bamako
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Actuellement en Égypte
XR Xrctn Veteran ·
Ca avance vite on dirait ! En esperant que le coup de blues (et les crampes d'estomac) ne seront que passagers. Bonne route

Au fait qu'est-ce qui est prevu apres Capetown?
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
CL Clotaire38 Regular ·
Hello !

Et bien pas du tout, et je vais répondre à ta question par là même. Je suis au Cambodge, donc techniquement je rapporte ce qui est déjà passé depuis quelques mois. Je n'ai pas eu le courage/temps/motivation/énergie, de tout rédiger en temps réel sur la route.

Mais là j'ai du temps donc je rattrape un peu mon retard. Mais sinon je suis reparti du Cap jusque Bangkok, d'où j'ai roulé jusqu'au Cambodge pour le moment et là je me dirige vers le Laos ensuite
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Actuellement en Égypte
XR Xrctn Veteran ·
Je comprends mieux maintenant ce si rapide enchainement de... frontières ! La transition entre l'Afrique et l'Asie a du être importante et surement bienvenue (ne serait-ce point de vue repas). Tu t'approches doucement de l'Australie alors ?!
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CL Clotaire38 Regular ·
Presque ! Nouvelle Zélande !
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XR Xrctn Veteran ·
Alors bienvenue en Océanie !
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CL Clotaire38 Regular ·
Un petit tour par le Botswana !

Introduction :

C’est donc par cette éléphantesque frontière que nous changeons de pays, et pas sans une once d’excitation puisqu’il est connu comme le pays aux 100 000 éléphants et que déjà à la frontière, on en a vu une paire ! De plus, il est ce nom un peu magique, quasi mystique, que l’on n’osait prononcer quelques mois auparavant. C’était trop loin, trop proche de la fin, qu’on ne s’autorise pas à en parler. On l’a gardé au fond de nous sans en parler. Puis ce jour est venu, à force de patience.

L’elephant highway :

Nous passons la frontière et atterrissons à Kazungula. Des éléphants de partout. C’est surtout amusant de voir comme ils passent inaperçus, comme les éléphants d’ici n’ont pas plus d’attrait qu’un chien chez nous. Mais lorsque l’on grandit avec ces pachydermes comme décor, pas étonnant cependant. Nous arrivons en ville et circulons entre phacochères et voitures. Nous buvons une première bière, tradition on ne peut plus classique du passage de frontière. Puis l’argent à trouver, la carte sim, les courses, et il fait déjà soir. Trop tard pour s’aventurer sur la route connue pour ses éléphants, nous tentons de camper dans la cour des loges de la ville, sans grand succès. Bon, solution classique, allons tester l’hospitalité de la police du pays. Sans trop de questions on se retrouve dans la cour du commissariat avec la tente plantée entre les voitures volées en Afrique du sud et qui n’iront pas plus loin qu’ici.

Le lendemain nous nous engageons sur cette route tant attendu, celle qui porte un nom attirant, excitant, l’autoroute des éléphants. C’est 300km de ligne droite où l’on dort un peu où l’on peut et où vivent une tripotée d’éléphants. Nous sortons de la ville et déjà le fameux panneau annonçant la traversée d’éléphants, la Picardie qui m’a vue grandir est vraiment loin derrière.

Bon, le meilleur moyen d’être déçu, c’est d’avoir des attentes, et j’en avais. Si bien que je n’ai vu aucun éléphants sur ces 300km de route. Ni éléphants ni girafes. Et les copains devant moi ou l’italien croisé sur le bord de la route avaient l’air d’en avoir vu quelques uns. Bon, j’ai du toujours passer trop tard ou trop tôt, au choix. Cependant c’était plutôt chouette. Et nous avons toujours trouvé à dormir dans des coins marrants. C’est d’ailleurs fou le peu de crainte dans lequel on vit. Tout le monde en nous voyant partir dans cette direction nous demandaient si nous n’avions pas peur des animaux sauvages, de nous faire piétiner u manger durant la nuit. Je crois que finalement notre plus grande peur c’était de ne pas trouver de bière fraiche pour regarder le soleil se coucher sur la savane, peur récurrente. Nous sortons donc au bout de 3 jours de cette autoroute à éléphants sans éléphants et arrivons tardivement à Nata, première ville en bout de cette piste plate et rectiligne.

Avant j’aimerais parler de quelque chose. Les cyclistes dorment parfois dans les parcs grillagés des pylônes électriques. C’est gardé et protégé des éléphants. Un jour que nous mangions sur une petite aire aménagée au beau milieu de nul part sur cette section, un mec sort de nul part et vient s’assoir derrière nous. Bon, on ne peut pas dire que nous fûmes étonnés plus que ça tant ce genre de situation est classique en Afrique. Sauf que cette personne qui nous observé en silence à deux mètres de nous, c’était pour nous vu et revu. C’était classique, mais à tel point que c’est devenu usant. Alors moi je me déplace pour manger à l’abri des regards, derrière un arbre, à l’ombre. Et mes deux compagnons l’ignorent du mieux qu’ils peuvent. Il fait chaud, le vent n’est pas clément, la route est presque décevante. Nous avons à peine envie de nous adresser la parole entre nous, alors on ne peut pas dire que notre ami soit bien tombé. Ainsi passe le repas. Et au moment de partir, on s’offre quelques paroles, et il nous fait comprendre qu’il est le gardien du pylône électrique un peu plus loin et qu’il reste 2 semaines seuls ici. Alors on se trouve bête. Connaissant le rapport des gens qui vivent alentour à la solitude, on se dit que mince, ils voulaient juste un peu de compagnie. Un peu de compagnie qu’on lui a violemment refusé. Tout ça parce que messieurs les cyclistes ont vu trop de têtes qui semblent similaires, ont eu les mêmes discussions depuis des mois, ils n’ont pas pu se résoudre à offrir un peu d’attention. On s’est senti idiot. Idiot jusqu’aux larmes plus tard. Serions nous déjà si blasé ? Avons nous perdu l’humanité qui nous a poussé dans une telle aventure ? On se promet timidement et secrètement que ça n’arrivera plus. Je ne sais pas ton prénom, mais je m’excuse d’avoir agi ainsi. Vraiment, je me sens toujours aussi bête après tous ces mois.

Nata - Maun :

Nous arrivons donc le soir à Nata. Content de retrouver un peu de nourriture autre celle que l’on charriait sur les vélos. Mais après 3 maigres journées extirpés du monde des Hommes, le retour en ville est brutale. Circulation, bruit, lumière, ivresse générale. Nous allons faire les courses chacun notre tour, laissant alors celui qui reste avec les vélos se débattre avec les plus ivres des passants pour tenter de faire comprendre qu’on ne parle pas la langue locale et que dans ce cas il vaut mieux s’offrir les joies de la communication par le silence. C’est trop brutal pour moi. Les néons brisent la nuit tant chéris. Là j’ai mesuré la chance que nous avons de pouvoir côtoyer les nuits d’aussi prés, que nous nous y sentions plus en sécurité que dans le flot lumineux blafard d’un lampadaire.

On boit une bière avant d’essayer de trouver où dormir. L’heure est déjà avancé mais ce n’est pas l’inquiétude qui nous alourdirait. Et là c’est la suite logique. Le bar bruyant au possible, la table vide qui se remplit de têtes jusqu’alors inconnu et qui d’un seul coup me rapportent des liens de parentés. Je ne pensais pas avoir autant de frères à Nata. Un type veut récupérer ma bouteille en verre pour la consigne, je lui dit que c’est avec plaisir mais qu’il faut que je la finisse d’abord. Puis il s’assoit en me débitant le couplet “ De toute façon nous les noirs nous sommes inférieurs, vous nous avez toujours considérés comme des esclaves, des moins que rien” Je lui dit qu’il a de la chance car ce soir je suis patient, miracle. Je me débat alors pour lui expliquer que si ce temps est révolu, il n’a même jamais existé dans ma boite crânienne. On file tant qu’il est encore temps et finissons au commissariat. On plante la tente dans la cour, entre trios cercueils, deux palmiers et un âne qui fouille dans les poubelles. Les pieds dans le sable pour un peu on se croirait en vacances.

Roulons jusque Gweta, puis atterrissons dans la cour du commissariat. Puis un message pendant que nous mangeons et buvons quelques bières, une cycliste sud africaine est aussi à Gweta ce soir, elle qui nous connait des réseaux sociaux. Quand même marrant que dans ce petit bled on se retrouve à 4 cyclistes. On se donne rendez vous demain, mais elle débarque avec James au beau milieu du commissariat une demie heure plus tard les bras chargés de bières. James possède un lodge juste à côté, il nous intimide de venir visiter son bar et sa piscine, faut pas trop insister. Le bar, la piscine donc, puis il nous amène en 4x4 à travers la savane dans un endroit vêtu du noir de la nuit. Nous brisons tout ça d’un feu de camp. Les hyènes gueulent autour, les étoiles sont au rendez vous. Et on refait le monde comme si on se connaissait tous depuis des décennies. Parfois quelques heures ont l’effet de décennies. Nous rentrerons au beau milieu de la nuit, à la barbe des policiers endormis. Je crois que les commissariats africains me feront toujours rire. Et finalement nous passerons presque une semaine à Gweta, chaleureusement invité par James. On se sentirais presque de trop dans ces lodges de luxe. Il nous amène même sur le lac de sel de Gweta. La glacière, le coucher de soleil, les éléphants sauvages en goguette. Instant hors du temps, le monde nous appartient.

Ann décide de rouler avec nous et reprend la route en sens inverse pour rouler pendant 2 jours avec nous jusque Maun. Sublime bivouac au milieu de nul part. Coup classique. On se faufile entre les déjections d’éléphants, tentons de lire trace et indices pour savoir où se placer. Puis la nuit. Le feu, repas fait de nouilles, mais la nuit pour nous. Les étoiles. Tout se suspend.

A Main, nous allons passer deux jours dans l’hostile qui surplombe le fameux vieux qui abrite un bon nombre d’hippos et de crocos. Les saisons étant de plus en plus sèches, le petit point d’eau est coupé du reste du monde et ainsi barbotent hippopotames et crocodiles. On les observe à l’abri avec un bière fraiche, et la nuit ils chantent de leur chant si spécifique.

De Maun à Ghanzi :

Nous repartons dans la brousse. Enfin, sur cette bande d’asphalte qui la traverse. Il n’y a vraiment que ça. J’a i d’ailleurs aimé ce minimum d’intrusion de l’Homme sur l’espace sauvage (Toute proportion gardé, laissez moi rêver…). Une sorte de traversée du désert donc. Même les villages sont laissés à l’écrit à gauche et à droite. Nous ne nous arrêtons que lorsque la faim ou la soif se fait sentir, mais heureux de cette roue peu fréquentée, nous en restons le plus loin possible. Les bivouacs sont toujours aussi charmants. Lorsque personne ne nous regarde de prés ou de loin, nous disparaissons derrière d’épaisses couches d’arbres nus. Je revis à chaque fin de journée. Les journées sont ponctués de traversée de troupeaux de zèbres, d’éléphants apeurés par trois pauvres cyclistes, de girafes aux longs coups inquiets. C’est vraiment chouette de rouler ici. Sinon le décor est similaire à la Zambie, mis à part que la vie sauvage nous occupe quelque peu. Et ces bivouacs où l’on s’écroule le soir. Toujours la même chanson. Une chanson que je pourrais écouter sans que la répétition m’inquiète un seul instant.

Et nous arrivons à Ghanzi après cette nouvelle traversée du désert. Sommes crasseux et affamés, direction le supermarché. On mange par terre tout ce qui a le malheur de nous tomber sous la main. Les touristes qui sortent des 4x4 venus se ravitailler ici se demande de où on peut bien sortir. Ça parait en effet moins évident quand il fat 2 heures pour traverser ce que l’on abat en 3 jours.

Puis il y a le frère de James ici, il nous avait dit d’aller sonner chez lui et que ca serait le même accueil et la même fête. On s’était dit que c’était pas judicieux si on ne voulait pas passer 1 semaine ici à boire du brandy cher aux odeurs des sudaf’. Puis c’est lui qui nous a trouvé. Il nous donne les clés et dit qu’il revient ce soir avec l’apéro. On s’installe donc chez lui au milieu de nul part après avoir poussé les vélos dans le sable. La nuit sera longue et le matin court. On se réveille tous avec des tatouages fraichement et éthyliquement effectués, une bonne soirée en somme. Nous décidons de repartir tout de même dans l’après midi, d’abattre quelques dizaines de km et de nous arrêter vers 17h pour nous écrouler derrière un buisson.

Ghanzi à la frontière :

Ce que nous faisons alors. Et c’est bon de s’arrêter tôt. Pour profiter des bivouacs et de prendre le temps de faire un feu et de lire nous avons décider de nous arrêter maximum à 17h. Le décor ne change pas, les animaux en moins. Mais nous roulons et roulons, car bientôt c’est la Namibie. L’avant dernier pays et celui qui regorge le plus de nos fantasmes de cycliste.

Puis nous avons rendez vous avec un américain des peace corps dans un village à une journée de la frontière. Nous y arrivons en début d’après midi, laissons les vélos chez lui et allons vider quelques bières. Les bières s’accumulent et les langues se délient. Il est ici depuis presque un an et pour encore un an et demi, et a déjà de quoi nous raconter quand à la vie locale. Souvent à base d’alcool, de tromperie, de violence, de viol. Bon, rien de bien joyeux. On est tous les 3 un peu sur les fesses. Enfin, on sait que c’est pas le monde des bisounours mais alors là.. Il se trouve qu’en plus c’était le mauvaise endroit pour la mauvaise personne, et passons les détails, disons qu’il s’est malheureusement bien intégré à la vida loca. Le soir venu, nous aurons du mal à nous sortir de la présence d’un mec du village qui nous suit à la maison et qui parle, et parle et parle. On essaie de faire comprendre qu’on veut dormir mais après tout ce n’est pas nos histoires tout ce qui se raconte, donc on subit patiemment. Notre hôte à du mal à s’en sortir tout en ayant l’air de se complaire dans ce fatras d’histoires, d’insultes et de “mon frère”. On hésite à plier bagage et aller dormir plus loin dans la savane au beau milieu de la nuit. Finalement on s’en sort pas trop mal. Le lendemain matin il nous propose de rester une nuit de plus, on prétexte je ne sais trop quoi et nous filons en lui souhaitons bonne chance. Je pense à lui parfois. Ces trous africains d’où rien de bon ne sort. Cet endroit, cette soirée, tout ça a scellé mon pessimisme grandissant sur ce continent, et par là a scellé notre fatigue général de ce même continent.

On roule vers la frontière, content de passer en Namibie, mais aussi de se rapprocher de la fin. C’était juste une histoire de plus de ce genre, une histoire de plus dans la balance qui fait qu’on a du mal en croire en l’avenir radieux de l’Afrique. Et à Charle’s Hill le dernier repas. Fatigué de cette nuit courte, nous subissons les assauts des gens ivres en ce samedi ensoleillé. Impossible d’être seul à table quelques instants sans qu’on nous demande comment on s’appelle. C’est gentil certes, mais j’ai un peu l’impression de parler à des bouteilles de gin en ce bon matin. Reprenons les vélos et on file, plus que quelques kilomètres face au vent et nous y sommes. Pas dit que ça soit mieux là bas, mais au moins on avance.

Quelques infos : Le trajet :

Kazungula - Nata - Gweta - Maun - Ghanzi - Karakobis - Charles’s hill

Visa :

Exemption de visa pour les passeports Francais pour une durée de 3 mois. Sur le papier, comme toujours, bien veiller à mettre le maximum de temps dans la case durée du séjour. Si vous mettez 14 jours ils vont bien souvent vous laissez une autorisation de 14 jours, ce qui est inutile puisque plus longtemps ne coute rien et qu’en cas de problème c’est bien de ne pas en plus avoir à gérer l’extension.

Argent :

Facile d'échanger ou de retirer de l'argent à cette ville frontière que nous avons traversé. Ensuite, le pays étant sauvage, il faut s'organiser pour ne pas en manquer au milieu de nul part, et les villages étant de toute façon excentrés de la route, les distributeurs ne trainent pas au bord de la route. En revanche, sur cette route, les villes se succèdent relativement vite, pas de problèmes. D'autant plus que sur la route, peu de chances de trop dépenser.

Facile de payer avec les cartes bancaires dans le supermarchés et les villes.

Sécurité :

Vraiment aucun soucis. Déjà pour la simple raison qu'on croise moins de monde, mais qu'en plus l'ambiance est détendue et qu'il n'y a eu sur ma route aucune raison de se sentir mal à l'aise.

Nourriture et supermarchés :

Beaucoup de touristes donc beaucoup de structures où trouver une nourriture plus occidental. Puis au bord des routes, peu de choses à manger. Donc on se replie sur les supermarchés. Ils sont très souvent bien achalandés. C'est vraiment un gros changement rapport aux mois passés. Mais aussi, ils proposent de la nourriture déjà préparés. On peut donc manger un peu de tout sans avoir à cuisiner, puis emporter une bonne portion de fish and chips pour la route.

La fin des restaus de bord de route aussi. C'est vraiment plus occidentalisé en ce sens, et es supermarchés sont souvent la réponse. Bien ou pas, c'est comme ça.

Coût de la vie :

La vie est plutôt bon marché. Les prix sont relativement standards dans les supermarchés et les restaurants. Pour une nourriture un peu plus western, les lodges savent faire mais les prix grimpent vite. L'absence de structures dans les zones reculés, qui représentent une bonne partie du pays, empêchent aussi de dépenser outre mesure. Puis pour dormir c’est vraiment vraiment facile, donc ça coupe les dépenses.

Densité de population :

Parfait. Non seulement le pays est grand et en plus la population n’est pas énorme. Les villages sont éloignés de la route principal donc nous sommes bien souvent seul sur la route, seul pendant des bonnes parties de la journée.

Où dormir :

Ce que j’ai écris ci dessus induit que c’est aussi plus facile de camper. C’est sauvage et donc disparaitre pour camper est chose facile. D’autant plus que les nuits sont magnifiques de calme et de beauté. Il faut juste faire attention aux animaux sauvages. Quelques petites règles de sécurité de base à respecter, écouter les locaux et prendre ça avec des gants. Les blancs qui gèrent les lodges sont souvent de très bon conseils car connaissant bien les environs pour organiser des safaris et habiter parfois ici depuis quelques générations, comme tout le monde ici vous me direz, à la différence prés que c'est plus facile avec un anglais parfait et une culture du bivouac. De plus, ils sont beaucoup plus pragmatiques sur les problèmes éventuels, enfin c’est mon humble avis.

La couleur de peau :

Nous rentrons là dans ce que j’appelle l’Afrique des blancs. Pas mal de touristes en 4x4, un peu de backpackers et surtout des hôtels, restaurants ou autre établissement du genre qui tiennent debout avec quelques familles de blancs derrière. C’est gens sont souvent nés au Sim ou en Afrique du sud mais la dégradation de l’économie, la sécurité et la situation politique les ont fait se mettre dehors tout seul. En gros, ce n’est pas choquant ici de voir un blanc traverser le pays ou le village, et il y a en plus de ça une espèce de solidarité entre blancs qui s’installent à partir d’ici et qui nous suivra jusqu’au cap.

Les locaux sont désintéressés de notre présence au contraire de ces expats qui eux nous cajolent car mystérieusement respectueux de ce que nous faisons.

De plus, je commence à faire une distinction entre blanc et noir à partir d’ici. C’est pas discriminatoire, c’est juste pour nous évident qu’un fossé sépare ces deux mondes qui se côtoient. Donc lorsque je parle de blanc et de noir, il faut bien cerner ce qu’il y a derrière avant de me lancer la pierre.

Le néo ségrégationnisme :

Et c’est ici que démarre ce que j’appelle le néo ségrégationnisme. Je m’explique. C’est à partir de là que j’ai cru voir une espèce d’exploitation des noirs par les blancs. Les villages sont clairement séparés et ils ne vivent pas au même endroit. Chacun se méfie de l’autre et y va de sa petite histoire. Et c’est vraiment souvent que l’on voit de farmers en 4x4 avec deux places de libre devant et que les deux employés noirs soient à l’arrière, dans la benne..

C’est récurrent et ce n’est que le début.

Carte sim et internet :

Carte sim facile à obtenir à la frontière. Le système est le même qu’à peu prés partout ailleurs sur le continent. On achète des petits coupons à gratter, un code à rentrer et puis on choisit son package. Les data pour internet sont très chers, pour les réseaux sociaux uniquement c’est raisonnable. Et alors attention, c’est de loin et à l’unanimité le pire réseau internet qu’on ai pu avoir. Tant sur le wifi que sur le téléphone. Vraiment mauvais, et cher. D’ailleurs ça me fait rire d’y penser, lorsqu’il y a un endroit où le wifi est bon on l’entend des jours avants, des centaines de kilomètres en amont. Ainsi je me souviens de cette discussion autour du feu à Gweta où un américain disait : “Le wifi du resto de poulet fris à Ghanzi est exceptionnel ! On a même pu regarder un film en streaming sans attendre !” Un autre monde..

D’ici quelques jours vous pourrez entendre tout ça en podcast par ici : https://www.lepedalistan.com/radio-bamako
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XR Xrctn Veteran ·
Hello, Certains cyclistes ont de l'imagination... quand arrive Xmas ! LIEN Bonne route
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
CL Clotaire38 Regular ·
Ahah génial ! J'avais pensé à dessiner quelque chose aussi en roulant mais c'était bien moins poétique. Un joyeux noël à toi !
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Actuellement en Égypte
CL Clotaire38 Regular ·
Introduction :

Avant dernier pays et peut être le plus attendu, la Namibie. Le nom est peut être moins exotique que d’autres, mais le contenu fait rêver. En tout cas ce que l’on nous en a raconté ou montré donne envie.

De la frontière à Windhoek :

La démarre la partie du Kalahari Namibien. Comprendre par là une énième ligne droit et plate de 300km qui amène à la capitale. Et entre deux ? Pas grand chose. Nous passons la frontière et voyons cette ligne droite devant nous. Elle est impitoyable de droiture. Puis de part et d’autre, des barrières. On trouve de l’eau, nous allongeons dans l’herbe de la station essence en se demandant depuis quand on avait pas vu d’herbe, puis nous renseignons sur la route qui suit. Et apparemment les barrières ne cessent jusqu’à Windhoek, ça s’annonce donc compliqué d’autant plus que l’heure tourne. Nous cédons face au charme du camping pour finir. Et l’accès à la nourriture qui nous accompagnera désormais d’ici au Cap, les espèces de tourtes salées, le boxeur séché et autre innovation à base de pâte et de viande.

Le lendemain nous attaquons cette section qui va durer à peu prés 3 jours entiers avant d’arriver dans la capitale. Nous passons à Gobabis, là où ne nous attendions pas à trouver une ville ayant l’air si européenne. En effet, c’est plein de magasins affriolants, d’églises qui ressemblent à quelque chose de concret, les rues sont propres et tout semble bien organisé. On est séduit ! La route qui suivra en revanche ne nous apportera rien de spécial mis à part les endroits où l’on dort qui nous en disent long sur l’état des choses.

La première nuit, réconforté par une bière à l’ombre, les patrons d’un supermarché et futur restaurant nous offre un carré d’herbe pour planter la tente. J’ai l’impression de pouvoir dire où les blancs vivent et où les noirs vivent. Les villes commencent à avoir des frontières visibles à l’oeil nu. Le village est calme et mignon, typique des villages de Namibie à ce que j’en ai vu. Cependant on nous fait mettre nos vélos et affaires à l’intérieur, car apparemment les “noirs” du village ne sont pas fréquentable au point de laisser son vélo dehors la nuit.

La deuxième nuit, c’est un peu la catastrophe pour dormir dans cette morne plaine jusqu’à ce que l’on tombe sur une grosse ferme. On rentre et on sonne, personne. A 500m voir plus, une autre ferme, celle qui est en toute logique celle de l’employé de la famille de fermier. Lui est adorable, et a pour consigne d’ouvrir la maison aux cyclistes de passage. Alors on se retrouve dans un immense jardin avec accès aux toilettes et salle de bain, le luxe. Classique des fermes du coin. Elles sont possédées par des blancs mais ceux qui bossent la terre sont une poignée d’employés qui vivent sur le terrain mais le plus loin possible de la maison des proprios. Parfois lorsque les fermes sont un peu en hauteur, on voit clairement la grosse maison et un peu plus loin la caravane du mec qui bosse là.

Et la troisième nuit juste avant Windhoek, nous trouvons une bière dans un petit village. Un blanc à rénové un ancien wagon de chemin de fer et l’a transformé en magasin de première nécessité. D’un côté des rails, de belles maisons bien spacieuses, et de l’autre, le classique fatras d’habitations. Il est adorable ce monsieur, vraiment. On discute et il nous offre une nouvelle bière avant de fermer et de nous donner les consignes de sécurité pour rien ne se faire voler par l’autre côté du village.

C’est à partir de ce pays, de ces moments là, que l’on va commencer à scinder la population et les gens qui nous entourent en noir et blanc non pas de par notre ressenti, mais par la mise en évidence dans la bouche des autres et par l’évidence de l’urbanisation. Et ça va changera pas mal de choses par la suite, mais ce n’est pas encore l’heure.

Ce dernier bivouac se fait au pied de nos adieux à la platitude. Les montagnes se déroulent devant, et le soleil qui se couche nous offre un joli spectacle que nous attendions depuis longtemps, celui des dernières lueurs qui viennent chatouiller le sommet une dernière fois, dernière espoir de jour avant que tout bascule. Et le lendemain nous roulons vite, pressé je crois d’arriver en ville. Ça se passe toujours comme ça avant de la fuir, ce qui ne tardera pas à arriver.

De la capitale aux portes du Namib :

La ville est sympa. C’est la capitale qui ressemble le plus à quelque chose de concret et d’utile depuis un bon moment. Ça semble bien organisé, mis à part les feux tricolores qui restent un mystère de fonctionnement pour moi, et on y trouve de tout. On se gave comme à chaque arrivée en ville. On sort et on fait la fête, on profite de tout ça car on sait que bientôt, on s’engagera dans la dernière ligne droite jusqu’au Cap et qu’il y aura peu de distractions entre temps. Et les mecs veulent rester un peu plus longtemps alors je reprends la route seul. Dans un élan un peu pathologique, je décide de m’alléger encore et toujours plus. Je laisse donc mes deux sacoches à l’hôtel de Windhoek, me bricole un nouveau set up et file après avoir dit au revoir à tout le monde.

Je décide de rejoindre Rehobot le premier soir et donc de prendre la route principale et de m’épargner un peu de piste. La route est vraiment belle, j’ai l’impression de rouler en Éthiopie, avec les soucis en moins. Elle me conduit donc à Rehobot comme convenue mais c’est dimanche et tout semble un peu désert. Je décide de pousser plus en avant avant le soir et d’aviser, je finirais par camper dans le jardin d’un hôtel.

Puis le lendemain la piste commence au premier virage. Toujours un regard en arrière lorsque l’on s’attaque à une section de piste et qu’on ne sait pas quand on retrouvera l’asphalte. Ca grimpe et ça ne tarde pas à avoir du charme. Je passe un petit canyon et me voila sur le plateau désertique. Derrière, ni bruit ni vue sur la route. La piste et moi. Mais vite je comprends que j’ai fais une erreur lorsque mon porte bagage avant casse. Je rebricole alors tant bien que mal et tente de trouver du réseau pour me faire rapatrier mes sacoches. Ça fait mal à l’égo mais c’est comme ça.

J’ai du mettre 3 jours avant d’arriver à Solitaire, là où je savais trouver une fameuse tarte aux pommes et là où on viendrait m’amener mes sacoches. La route fût belle et intense. Loin d’être facile avec un 26 pouces au chargement branlant mais que c’est bon d’être seul et d’avoir le sentiment d’être perdu. On ne l’ai jamais vraiment ici, comme on ne peut se tromper de route, en revanche on peut s’imaginer perdu pour se prendre pour un aventurier. Il faut être attentif à l’eau et la nourriture et veiller à ce que le vélo ne parte pas en miette sur la tôle ondulée mais pas de quoi être malheureux. Chaque jour, chaque virage, chaque col, apporte la satisfaction d’un décor époustouflant qu’on a la plupart du temps pour soi uniquement. La route n’est pas facile mais c’est récompensé. Et les cols, s’ils prennent du temps, peuvent être sensationnel au sommet. Un régal même si je souffre de la qualité de la route et parfois de la bataille pour avancer en manœuvrant dans le sable, ou tout simplement en poussant lorsque j’abandonne.

Puis Solitaire, sympathique petite bourgade où l’on peut se ravitailler. Les copains de l’hôtel arrive le soir avec de quoi faire un bonne bouffe, du vin et mes sacoches. Je me dépêche de tout remettre en ordre. On se donne rendez vous le lendemain sur une air de repos où l’on pense pouvoir dormir juste avant Sesriem. Car il faut dire que quelque chose m’a choqué et déçu, toute la route est barricadée de gauche et de droite par des barrières. Les troupeaux ne sont plus, les enclos sont restés. Ainsi de cet immense paysage parfois lunaire et montagneux protégé par des barrières. On dort donc au bord de la route en priant pour qu’il n’y ait pas trop de trafic le soir, car niveau discrétion il faudra repasser. J’arrive au point de rendez vous épuisé. Avec le soleil, la route et la poussière c’était éprouvant. Mais les copains et le cubi de rouge ont raison de ma fatigue. C’est une belle soirée à quelques kilomètres du désert de Namib, et le coucher de soleil valait bien le détour. De Sesriem à Maltahoe :

Le lendemain je dépose le vélo dans le garage de la station essence de Sesriem et rentre dans le parc du Namib en voiture avec les copains. C’était franchement chouette. Beaucoup de touristes qui grimpent aussi les dunes pour jouir de la vue mais c’était bien chouette. Il faisait sacrément chaud donc je n’y ai pas passé la journée entière. Je suis très heureux d’y être passé, dommage qu’on ne puisse pas rouler à vélo à l’intérieur.

De là j’apprends par des touristes en 4x4 qu’ils ont vu deux cyclistes derrière, la veille. Ce sont bien mes deux compagnons de route. J’hésite donc à savoir si je dois les attendre jusqu’au lendemain ou pas. Je repasse une nuit au bord de la route à quelques kilomètres de Sesriem. Le lendemain j’hésite puis finalement, je vais boire une bière dans un lodge de luxe pour passer la journée. J’en profite pour profiter de la piscine, le tout à moindre frais. C’est un peu ma technique secrète pour vivre bien pour pas cher. Profiter des hôtels de luxe en buvant et mangeant quelque chose de pas trop exagérément cher. Mais en plus, depuis la piscine, la nature s’étend et je vois passer des troupeaux de gnous, de gazelles et d’oryx. J’aurais pu trouver pire comme occupation pour attendre les deux lascars. Qui arrivent et avec qui eux aussi saute dans la piscine qui fera office de douche. Désolé mais je crois que ça nous fera toujours rire.

Nous partons de Sesriem en fin d’après midi pour aller camper plus loin. On ne sait pas encore qui va prendre quelle direction et donc on prévois de dormir vers l’intersection décisive. Nous avions rencontré un Belge pilote de montgolfière et nous le retrouvons sur cet immense terrain vague qu’est la propriété terrienne de la société qui fait voler les touristes pour quelques centaines de dollars. On se retrouve au milieu de cet endroit où l’on pourrait faire dormir tous les cyclotouristes de la planète, là où l’on nous explique qu’on ne peut dormir ici. On comprend que nous allons anéantir la vue pour les touristes qui tôt demain matin viendront voir le lever de soleil vu du ciel . On repars en faisant semblant de comprendre. La route est démolie. Entre le sable profond où il faut pousser et la tôle ondulée, on avance tant bien que mal.

On nous a indiqué un hôtel au milieu de nul part qui apparemment aurait laissé dormir des cyclistes dans le jardin. Cet hôtel se dessine au loin. Il est moche, vraiment moche. J’ai de la peine pour la splendeur de l’endroit avec son décor lunaire qui vient se faire défigurer par un hôtel kitsch à souhait où des touristes en quad tourne en rond autour avec un moniteur. Je déteste cet endroit. J’ai détesté être poussé vers la sortie en me disant qu’il y avait un arbre à 7km sous lequel on pouvait dormir. Je crois que j’ai pesté puis ri de cette phrase. Il faut surtout comprendre que loin de nous l’idée de ne pas vouloir dormir dehors, caché, seuls. Simplement tout ce petit monde de tourisme, d’argent, de lodges, a mis en lumière le fait que tout autour de nous depuis des jours et des jours, ce n’est que barrières et privatisation. Je pense à Proudhon. Tout parait évident là. Les montagnes qui sont si belles au regard sont finalement entouré de barrière, d’enclos. La Namibie est un endroit où le désert est parcellisé. Où le regard est guidé vers la très évidente beauté de l’endroit alors qu’en regardant le contour, nous évoluons sur une route qui est rectiligne, organisé, guidé. Le reste est privé. Alors oui on peut sauter les barrières, on peut tricher et disparaitre. Mais le tableau n’est pas celui que j’aime. L’idyllisme à disparu, soutenu par le comportement des gens du coin qui n’ont d’intérêt qu’économique.

Alors on pousse vers cet arbre à 7km après avoir fait réserve d’eau. Cet arbre qui justement est à l’intersection. La route est vraiment mauvaise mais c’est une part de rage qui fait avancer. Puis finalement, cette rage s’évanouit bien vite. L’arbre est beau, le décor tout autant. Personne autour. Le silence, plus de voitures. Juste nous, nos tentes, la bière mise de coté pour l’occasion et le soleil qui se couche. Il vient dévorer les montagnes dans un dernier soubresaut d’une étonnante couleur orangé. Puis les étoiles. Et alors oui, merci de nous avoir renvoyé plus loin. Merci car plus personne autour, aucune trace de vie. La nuit sera assurément belle puisque loin de tout le monde.

Nous nous réveillons avec cette question en tête : a t’on bien entendu ? L’asphalte commencerait à Malthaoe, à 150km ? Moi j’ai envie de retrouver l’asphalte. Alors je décide de tente ma chance par cette route, finalement tout le monde se met d’accord. Et de concert nous roulons vers ce prétendu morceau d’asphalte. La journée du lendemain vient à bout de nos forces. Entre l’état de la route, le dénivelé et la chaleur, nous échouons le midi sur une table en bordure de route pour manger les dernières nouilles chinoises dont nous disposons. On plaisante à moitié en disant qu’on finirait bien en stop, mais il n’y a de toute façon pas une voiture à l’horizon. Et finalement un peu plus loin nous trouvons refuge dans le lodge d’un anglais qui nous offre un coin pour planter la tente. Surprise à l’intérieur avec une véritable table de snooker, en plein milieu de ce décor désert. Les animaux autour, puis la nuit, les étoiles. Demain c’est mon anniversaire.

Nous roulons donc vers Malthaoe confiant. La route est bien meilleur après quelques kilomètres. Nous allons vite et heureux. Puis après une bonne journée sous un soleil de plomb, nous voyons finalement la bourgade, et même une langue de béton qui succède au sable. Nous célébrons ça avec une bière et une nuit dans le jardin de l’habitation des policiers du bled. On discute longuement entre les déchets en plastique qui jonchent le sol et les regards un peu ahuris de ces 3 tentes dans le jardin du coin de la rue. Une bien belle soirée.

De Malthaoe à la frontière :

Puis par l’asphalte nous retrouvons la facilité, mais aussi le reste. Le trafic et une route un peu moins palpitante. Qu’importe, nous le savions. Nous retrouvons les longues lignes droites bitumé qui fendent le décor en deux. Et le lendemain Mariental. C’est déjà une autre ambiance, une ambiance que nous avions cru sentir à Malthaoe et qui se confirme ici, on garde un oeil sur les vélos. On ne se sent pas à notre place. Le retour dans le monde des Hommes certes, mais aussi celui ci, qui fait peser un poids certains sur la couleur de la peau. On fait les courses, nous remplissons convenablement ‘estomac, et repartons.

La route retrouve sa morosité d’antan. Tant bine que mal nous continuons, sans grande envie. Le soir nous dormons entre deux fermes, grâce à l’accord d’adorables et discrets fermiers. On se boit une bouteille de rouge à l’ombre de la réserve d’eau et du vent. La nuit fût fabuleuse de beauté. Entre le silence, le froid mordant et les étoiles, il y avait définitivement quelque chose de poétique cette nuit là. Puis au petit matin, c’est la décision avec le sourire, Tristan et moi allons faire du stop. Le vent, l’ennui, la perspective de plus d’ennui encore, s’en est trop. Puis tiens, j’ai le pneu arrière crevé. Ni envie de réparer, ni envie de rouler. Ainsi, après avoir jouer une paire de fois avec des cailloux, les vélos sont sur le toit d’une jeep et nous roulons vers le sud. Nous nous faisons déposer à 2 jours de vélo d’ici. Ils nous déposent, nous offrent de quoi faire un barbecue et on se promet de se voir au cap, là où ils habitent. Puis dés qu’ils sont partis, on réalise qu’on est bien avancé, et que le décor est strictement le même. Il faudra une journée ou deux avant d’atteindre la frontière. Barbecue sous les étoiles avec une bière et nous campons dans une station essence au bord de la route.

Le lendemain, nous allons tout droit. 140km jusqu’à la dernière ville, Noordowever. Un nom typiquement d’ici. La route est belle cependant. Elle me rappelle certains endroits de Turquie. Cet endroit me rend quelque peu nostalgique. Nous jetons les réserves d’eau et décidons qu’on rejoindrais la frontière ce soir. Et la tête dans le guidon, nous voila dans la dernière descente. Un mur de montagne semble faire la frontière. Certaines sont plus esthétiques que d’autres, et celle là est belle, inspirante. Peut être est ce aussi le fait d’être si proche du dernier pays. En revanche cette petite ville frontalière battue par les vents n’inspire rien qui vaille. Nous continuons jusqu’au panneau qui annonce l’Afrique du sud à quelques kilomètres. Fatigués mais heureux. Une bonne bouffe et un petit verre d’amarula, et en échange on nous laisse dormir dans le jardin d’un petit lodge.

Et le lendemain matin, sans se presser, on se dirige contre le vent vers la frontière. En silence, quelque peu ému.

Quelques infos :

Le trajet :

Buitenop - Gobabis - Windhoek - Rehobot - Solitaire - Sesriem - Maltahoe - Mariental - Keetmanshoop - Grunau - Noordhower

Visa :

Exemption de visa pour les passeports Francais pour une durée de 3 mois.

Argent :

Distributeur partout, même à la frontière. Possibilité de western union sur Windhoek aussi, la seule ville du pays. Facile de payer avec la carte bancaire un peu partout. Dans le désert de l’ouest du pays c’est plus compliqué de retirer de l’argent, mais dans les supermarchés, stations services et restaurants, aucun problème pour payer par carte.

Sécurité :

Aucun problème de mon côté. Faible densité de population et amabilité des locaux. Évidemment un peu plus d’attention à porter dans la capitale bien que même en étant sorti le soir, ça paraissait safe.

Nourriture et supermarchés :

La renaissance. Déjà à la frontière, c’est un choix de petites tartes, de viandes sèches, de sandwich… Ça parait rien dit comme ça mais c’était noël. Les supermarchés ressemblent un peu à ceux du Botswana, des zones commerciales bien remplies qui me feraient fuir en France mais qui m’a sacrement rendu heureux là bas. De par la mixité des influences dans la population, la nourriture que l’on trouve dans de petits restaus sympas offrent de quoi rendre heureux.

Coût de la vie :

C’est loin d’être donné mais le rapport qualité prix est excellent. On sent qu’on se rapproche de l’Afrique du sud et des prix plus occidentaux mais vu les privations passés, ce n’était pas un problème de dépenser en nourriture. Et quand aux hôtels, c’est un tourisme notamment accès sur des touristes plus fortunés que de pauvres cyclistes dans notre genre.

Densité de population :

C’est le second pays le moins densément peuplé après la Mongolie. Ça en dit long.

Où dormir :

Très facile de camper malgré le fait que les bords des routes soient très souvent cernés par les grillages. Donc c’est souvent plus simple de demander directement aux intéressés car le camping sauvage, malgré ce que l’on peut imaginer du pays, n’est pas si aisé que ça. C’est en revanche plus complexe de demander un bout de terrain aux lodges qui eux sont accessibles sur une tourisme loin de notre style crasseux, et qu’on a l’impression qu’on aurait fait tâche.
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Actuellement en Égypte
LE Levelo Veteran ·
Salut Clotaire,

Tu vas bien ? T'es au bout du continent ? Désolé, je t'avais un peu perdu ! Je remonte ton long fil pour un pote américain qui va démarrer sa traversée d'Egypte à vélo ( Assouan-Le Caire ) et je vais à la pêche aux infos les plus récentes. Je ne sais pas si je dois tout lui traduire du coup :-). Il vient tout juste de pédaler en Arabie Saoudite, un des premiers à profiter des nouveaux visas de tourisme délivrés depuis quelques mois. C'était apparemment aussi frustrant que ton Egypte de 2019 : escorte obligatoire ( mais cordiale ) sur quasiment tout son parcours de la frontière yéménite jusqu'à Jeddah... Bon vent,

L.
CL Clotaire38 Regular ·
Bonjour Yves !

Ça va super merci beaucoup. En espérant qu'il en soit de même de ton côté. Oula oui, je suis en Asie du sud est depuis quelques mois maintenant. En Thaïlande, et dans la direction de la Birmanie dans l'immédiat.

Et oui en effet, c'est pas la rigolade tous les jours. J'en garde un puissant souvenir même si je suis content de me dire que je ne roulerais plus jamais là bas...

J'ai failli poser les roues là bas aussi, si seulement le visa n'était pas aussi couteux. Si tu as besoin d'infos en particulier n'hésite pas à m'envoyer un petit mail. Bien à toi !

Amicalement, Clo.
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Actuellement en Égypte
CL Clotaire38 Regular ·
Introduction :

Non pas sans émotion, nous nous approchons de la frontière sud africaine. Ce pays, ce panneau, cette terre auquel on s’empêche de penser pendant très longtemps, puisqu’il semble être un inateignable objectif. Et c’est là, devant nous, palpable. De la frontière à Sprinbok :

Fier de la liberté nouvelle que nous avons pris rapport à l’autostop, on se renseigne sur ce à quoi peut bien ressembler les prochains kilomètres. Nous arrivons donc tranquillement à la frontière avec l’intime conviction que nous allons finir dans le coffre de quelqu’un. On nous a dit que jusque Springbok la route était à peu prés comme les dernières centaines de kilomètres de Namibie. Alors on fait tamponner les passeports et on s’assoie sagement à côté du policier.

C’est tout de même marrant ces clichés sur l’Afrique du sud, ce que l’on a pu en entendre. Parfois ils semblent se confirmer d’eux même. Nous attendons donc une voiture pour nous sortir de là et nous déposer plus loin. On papote avec le flic en service et d’un seul coup il nous dit : “Vous savez que je pourrais vous faire disparaitre pour vous revendre ? Je viens de Joburg et là bas vous intéresseriez surement quelque personne.” Bon. Au moins c’est dit avec le sourire, mais c’est dit. Et ça n’aide pas à y voir clair dans tout ça.

On nous dit que les routes sont bloqués un peu plus loin par une manifestations de camionneurs qui déjà a mal tourné, alors plus personne ne prend la route depuis quelques jours de peur de se retrouver au milieu du conflit qui ici prend vite de dramatiques proportions. Et finalement un mec sur qui nous n’aurions pas parié deux sous s’arrêtent et nous embarquent. Vu comme sa voiture est chargée, on se demande surtout comment on va bien pouvoir faire rentrer tout notre bazar. Mais ça passe, tant bien que mal. Et il nous offre des bières fraiches. Aplatis dans le coffre entre les panneaux solaires, les sacs et les vélos, on boit tant bien que mal cette bière pas forcément trop méritée. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas autant ri. Et là on s’est dit que ça allait bien mieux de faire une croix sur le côté “J’veux rouler chaque centimètre”, lorsque ça ne nous convient plus, que ça ne nous rend plus heureux. Et en lieu et place, on troque ce malaise contre de belles rencontres et de bons fous rires. Ce qui manquait cruellement ces derniers temps au cœur de ces lignes droites plates et sans fin.

Ainsi on arrive à Springbok. Il nous dépose et nous montre la route droit devant. Apparemment le joli côté du pays commence ici, ce qu’ils appellent la route touristique. C’est en effet charmant vu de loin. Mais il est tard, et le temps de faire les courses, nous finissons au camping de Springbok. L’atmosphère en ville semble un peu plus brutal, notre présence un peu plus lourde à porter. Est ce vrai ou est ce que l’on veut bien voir ? Qu’importe, ce soir on se réfugie au camping.

De Springbok à Langebaan :

Le lendemain nous reprenons la route. Avant ça, un mec nous offre le café, et on pose tout un tas de questions sur le pays. Entre les discours et les attitudes, on sent bien le poids de la couleur de la peau, quelle qu’elle soit. Alors on pose les questions qui fâchent. Nous repartons avec quelques bribes de réponse, des mots d’encouragement et un peu d’argent même, pour nous payer un bon petit déjeuner. Belle journée de vélo dans cette vallée fleurie. Ça faisait bien trop longtemps que nous n’avions vu de fleurs. C’est fou tout de même. Ça parait si évident par chez nous, les fleurs et les arbres. Jusqu’à ce qu’on passe du temps dans des endroits désolés. Et je trouve que l’adjectif correspond plutôt bien au spectacle.

C’est aussi amusant de traverser les villages ici. On a comme un air de chez nous. Ces villages paisibles où trônent une église en son centre. Puis ces petits cafés cosy qui ressemblent à des maisons de poupées. C’est kitch à souhait, et les sortes de souvenirs avec des écritures en Afrikaans n’offrent que peu de poésie. Encore moins de poésie lorsque s’installe la discussion sur Mandela, les populations noires, le travail, la sécurité, l’avenir. Parfois on préfère couper court et partir, ne sachant trop que penser ou que répondre. La journée s’achève doucement, et on voit les kilomètres qui nous séparent du Cap diminuer. Nous passerons la nuit dans un petit village tout ce qu’il y a de plus sud Africain. Il est divisé en deux, là où vivent deux couleurs de peau différents, éloignées, séparées. On ne veut pas prendre de risques à camper sur le terrain de foot du village alors on trouve un hôtel pour poser la tente. Cette tenancière qui semble sortir d’un autre temps, gérant un gros établissement de ce que j’appelle le kitch Afrikaans. Elle gère en râlant, et une femme qui vient de l’autre partie du village la suit de près avec son tablier impeccable. Je me demande parfois si je ne suis pas revenu en arrière dans le temps. Et sous prétexte de nous aider elle nous offre un minuscule carré de béton pour mettre la tente en nous chargeant 10 euros. Trop belle âme.

On repart le lendemain sous les nuages gris et la pluie qui hésite. Pas envie ce matin. Pas le moral, et envie d’être confortablement installé au cap. Puis le décor redevient plat et chiant. Alors on se dit ok merde. On pose le pied à terre et on tend le pouce. Il n’aura pas fallu plus d’une voiture. On embarque tout dans le coffre et en avant. On ne sait pas trop où on va comme ça, eux non plus apparemment, une mère et son fils qui rentre au Cap. Là on profite du trajet pour vider quelques bières et manger, discuter et échanger. Leur vision du pays est assez intéressante et pleine de bon sens. Plus loin le décor redevient sympa. J’aurais voulu rouler ici en fait. Mais c’est trop tard, et qu’importe puisque l’ivresse assis dans le siège arrière me convient plutôt bien aussi. Je regarde par la fenêtre. C’est un air de France et d’Europe par ici. C’est vraiment beau. Mais c’est si loin de l’Afrique qu’on a pu traverser des mois durant auparavant. C’est à ne plus savoir on l’on se trouve.

On regarde la carte et on trouve une ville où l’on restera tous pour la nuit. Ils nous déposent donc au camping de Langebaan, et nous, nous retrouvons l’océan pour la première fois depuis le Kenya, de l’autre côté du continent. De l’océan indien à l’océan atlantique. Et nous voila au bord de l’eau. Les mouettes, les flots, l’air frais. Un paysage qui nous semble finalement des plus étrange après ces mois passés dans les terres.

On décide de trainer un peu et de prendre un jour de plus au camping. Et le soir on sort. Ça prend finalement une tournure un peu inattendu puisqu’il semblerait qu’on ait mis un truc dans le verre de mon pote. Enfin bref, un peu complexe, et c’est apparemment monnaie courante. Nous ça nous met une petite décharge et on comprend qu’il faudra être plus vigilant par la suite et que l’Afrique du sud mérite peut être sa réputation. Et le matin c’est typique des matins tendresses. Des matins où l’on sait pas trop bien ce que l’on fait là, pourquoi, comment. On hésite à rester allonger toute la journée mais finalement, comme les nouvelles vont vite dans la petite ville côtière, on décide de partir. Loin, vite.

De Langebaan à Cape town :

Ainsi nous partons. Et c’est sans motivation aucune, sans force physique. Pourtant partir ou rester, il faut choisir, même lorsqu’aucune solution ne semble convenir. Les kilomètres de cet après midi là sont interminables. Puis nous sommes dans une espèce de parano lié à la veille, on envierait presque à mitiger l’excitation d’arriver au Cap puisque là bas il semblerait qu’il faille aussi vivre avec un regard par dessus l’épaule.

Puis finalement, au sommet d’une petite pente, on s’arrête d’un seul geste. La table mountain qui nous fait face. C’est là. Je suis content d’avoir les lunettes de soleil pour cacher la larme. Mais de toute façon on se respecte suffisamment pour garder le silence chacun de notre côté. C’est cette vision qu’on a idéalisée, rêvée, espérée. Et c’est là. Ça n’a pas de prix. Avoir l’impression de toucher au but ça vaut bien d’encaisser tout le reste pendant des mois et des mois.

Nous camperons dans un camping sur la côte. C’est vraiment chouette. Puis c’est notre dernière soirée dehors. On regarde le soleil se coucher toujours aussi religieusement, puis les mêmes gestes. Monter la tente, le matelas, le duvet, le réchaud, les pâtes. On se dit que si l’aventure s’arrêtait là, ça serait une soirée bien plus lourde à porter. On sait juste qu’on arrête quelques maigres semaines avant de refaire pareil, mais sur un autre continent. Et le lendemain on jette ce qui ne servira plus ou ce qui ne passera pas dans l’avion. C’est plutôt étrange cet espace de notion d’achèvement qui pose sur le campement au petit matin. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas eu cette impression. L’impression que quelque chose s’achevait. Et pourtant, plus que 60 kilomètres et on pose les vélos.

Donc on repart et on file le plus vite possible jusque Cape Town. On a la montagne bien en vue. Cette montagne elle signifie le point d’arrivée de notre traversée du continent Africain. Pourtant, c’est interminable. Plus j’avance, plus je pédale et plus j’ai l’impression que le but recule. Et pourtant, nous y voila. Photo au centre ville dans le fameux cadre jaune avec la table mountain derrière nous. Puis on va au point de rendez vous. C’est fini. Nous avons traversé l’Afrique à vélo.

Cape town :

J’y passerais deux semaines et demi je crois, avant que l’avion m’amène à Bangkok. Je dois dire que mon séjour y fut fort intéressant car je fût re comme un roi. C’est un cycliste qui nous suivait sur instagram qui nous a hébergé et trainer dans la ville et les environs pendant tout ce temps. Merveilleux ! Puis voilà. A force de trainer dans Cape town, de gouter toutes les bières et cafés possible, il est l’heure de partir. Cape town va me manquer. La vie de luxe que j’y menais aussi. L’Afrique je en sais pas. A ce moment là c’est flou. J’ai hâte d’arriver à Bangkok. Là bas, dans ce côté de l’aise, j’y ai déjà plus de repères qu’ici.

Je crois que j'étais content d'arriver. Vraiment. Je n'avais plus envie de pédaler en Afrique. J'avais toujours ce profond désir de pédaler partout sur le globe, ou au moins autant que possible. Cependant plus ici, j'avais ma dose.

Sinon très clairement, c'est un magnifique pays. Vraiment splendide et j'y retournerais fort probablement. J'aimerais le parcourir plus à vélo mais c'est quand même moins agréable du fait de l'insécurité. Ou alors ce n'est pas si catastrophique que ça et est ce moi qui ai trouvé ce qui m'arranger de trouver. Affaire à suivre donc.

Quelques infos :

Le trajet :

Vioolsdrif - Springbok - Kamieskroon - Garries - Langebaan - Yzerfontein - Le cap

Visa :

Exemption de visa pour les passeports Francais pour une durée de 3 mois.

Argent :

Distributeur partout, même à la frontière. Facile de payer avec la carte bancaire un peu partout. J’ai du faire un western union au Cap aussi. Mais ça doit être faisable dans toutes les grandes villes du pays.

Sécurité :

Très vaste sujet. Il ne m’est rien arrivé du tout en presque un mois, et pas mal de temps au Cap. Je pense qu’il faut être conscient des risques sans tomber dans la paranoïa. Une fois que l’on respecte les règles de sécurité de base, on minimise déjà les dégâts possibles. Nous n’avons pas fait de camping sauvages. En revanche dans les bars, bien garder un oeil sur son verre. On a du avoir affaire à l’un d’eux un soir et la soirée faut moins marrante par la suite bien que l’on s’en est bien sorti. Et puis l’insécurité est tellement de notoriété publique que lorsque vous sortez le soir, certains clubs ne vous laissent pas sortir tant que votre taxi n’est pas devant.

Nourriture et supermarchés :

C’est un peu comme être en France. Tant à la campagne qu’en ville. Et ça fait pas de mal d’avoir accès à tout ça.

Coût de la vie :

Ah oui en revanche ça se paie. J’ai trouvé que certaines choses comme les bières artisanales étaient bien moins chers qu’en France. En revanche le reste est à peu prés équivalent, autant pour le restaurant que le supermarchés et les activités.

Densité de population :

Retour à la normal ici aussi. Rien de bien différent de chez nous.

Où dormir :

Soit hébergé soit au camping pour ma part. J’avoue ne pas avoir tenté le camping sauvage, peut être à tord, mais dans le doute. Je pense que je n’étais pas sur la bonne route non plus, et la route principal n’aidait pas à trouver un coin pénard. Mouai en fait non, je crois que j’essaie juste de trouver des excuses. Cependant, le camping est assez répandu en ADS, plus par les camping cars et caravanes qu’autre chose mais au moins ils ont le don d’exister. De plus, les sud af’ sont vraiment accueillants, donc dormir dans un coin de ferme ou de jardin ne devrait pas poser problème.

La couleur de peau :

Longue longue question. Ce sont surtout les blancs qui ici me la font sentir. On a vite tendance à nous sauter dessus pour nous mettre en garde. L’insécurité, je ne l’ai vécu que dans les gestes et dires des blancs. Cependant, soyons honnêtes, il y a quelques endroits que je n’aurait pas traverser à vélo ou où je n’aurais pas trainer seul le soir avec l’appareil dans les mains…

Le néo ségrégationnisme :

Même constat que précédemment. C’est assez fou, même dans la construction des villages, au loin, on peut dire où vivent les uns et où vivent les autres. Et quand aux discussions avec les locaux, il faut parfois être bien accroché.. Carte sim et internet :

Je n’ai pas pris de carte sim car les data étaient vraiment cher me semble t’il. Pour le wifi, comme dans toutes les grandes villes c’est sans soucis, en revanche à la campagne c’est complexe.

D’ici quelques temps vous pourrez entendre tout ça en podcast par ici : https://www.lepedalistan.com/radio-bamako

Et sinon je vous invite à faire un tour sur mon site internet pour y retrouver presque chaque jour une photo accompagné d'une petite histoire ! Car ce n'est pas fini ! Je suis actuellement en Asie du sud est, ce depuis quelques mois, et la route continue.
www.lepedalistan.com

Actuellement en Égypte
AT Atila Globetrotter ·
En revanche le reste est à peu prés équivalent, autant pour le restaurant que le supermarchés et les activités.

Tu dois être végétarien, ne pas aimer les fruits exotiques ni boire du vin au restaurant...😇

Dis moi, c'était quel genre de bar, celui où tu as eu un souci ? 🤪

Bonne continuation !

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