Comme promis avant le départ, je vous livre ici mon carnet de voyage, en espérant qu'il vous plaira. J'y ajouterai des photos pour illustrer, car je trouve les carnets avec photos toujours beaucoup plus intéressants et agréables à lire.
Merci à tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce voyage qui fut vraiment une superbe expérience pour moi.

Pour ce break de Nouvel An Chinois, loin de l’Asie c’est au Maroc que je pars pour dix jours, à la découverte des beaux paysages du Sud du pays et aussi du désert.
Jour 1 : Départ et route jusqu'à Ait Ben Haddou par le Col de Tizi N Tichka
Lundi matin très tôt, je prends mon sac et rejoins mon covoiturage qui m’amènera directement à l’aéroport. Je trouve une très gentille jeune fille avec qui nous aurons une passionnante discussion qui me dépose devant le terminal sur la route de son travail. Il n’y a pas beaucoup de monde à l’aéroport et les formalités sont vite expédiées.
Le vol Swiss pour Marrakech est un peu en retard. C’est pas grave on est pas pressé. L’avion est plein à craquer, les hotesses ont été obligées de demander aux passagers avec les plus gros bagages à main de les poser en soute. Décollage au dessus des nuages, ils disparaitront un peu avant de passer le détroit de Gibraltar, superbe même depuis le ciel.
Nous arrivons en début d’après midi dans le terminal 2 de l’aéroport de Marrakech, magnifique bâtiment moderne. Première surprise, depuis le hublot, on est frappé par la proximité des montagnes enneigées, qui paraissent toutes proches de Marrakech. Superbe contraste, car la deuxième surprise c’est l’agréable température au soleil, une température digne d’un mois d’Avril - Mai en France.
Je récupère la voiture rapidement auprès de l’agent Hertz, une 208 quasiment neuve qui se révèle très agréable à conduire en plus d’être économe, parfaite pour le tour que j’ai prévu au Sud de l’Atlas.
Je branche mon GPS et sort non sans mal de Marrakech, il y a beaucoup de circulation et je n’avais pas compris qu’il fallait bien passer sous les murailles pour entrer dans la ville pour la traverser et non pas essayer de la contourner. Puis rapidement on arrive dans un paysage de montagne semi aride. La route est en très bon état. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter de temps en temps pour prendre quelques photos du paysage grandiose.
On suit le cours d’eau qui serpente au fond de la vallée, on passe des petits villages.
Puis la montée du col débute lorsqu’un panneau annonçant une troisième voie de dépassement. C’est un boulevard pour grimper le plus haut col du Maroc à 2200m d’altitude, mais alors quel plaisir de grimper ces lacets sur une voie aussi large et dans un tel décor.
Arret au col de Tizi N Tchika pour se dégourdir les jambes.
La vue depuis le col est grandiose.

De nombreux revendeurs attendent les touristes pour leur vendre des « pierres ». Je ne suis pas sur qu’ils doivent en vendre beaucoup, néanmoins ils ont une technique de vente très rodée. Je discute un peu avec eux, vu l’heure il n’y aura plus beaucoup de clients potentiels aujourd’hui. Un ancien me demande si je peux le raccompagner chez lui, plus bas dans la vallée à Aguelmouss. Je suis quand même un peu sur la défensive, étant donné l’accumulation d’énormités sortie de la bouche de son copain depuis que je suis arrêté pour me vendre une fausse pierre brillante, voyant cela il me dit « je suis berbère, les berbères sont corrects », argument imparable non ? Allez en voiture ! En route, on discute de la France et du Maroc dans la voiture, il a plus de 70 ans et a eu 7 enfants avec sa femme, qui l’attend à la maison, je le dépose chez lui. Il me propose de prendre le thé, je refuse poliment, le soleil est déjà bien bas et j’ai encore de la route. La vue depuis son village est splendide les roches sont rougeoyantes.
La descente vers Ouarzazate se fait dans un paysage de moins en moins montagnard, on suit une vallée ou les abords de la rivière sont cultivés, avec des petits villages en bordure de route.
Enfin, on arrive dans une zone désertique où l’on trouve des formes minérales extraordinaires, des monticules de terre couleur pastel, et pas un arbre. Les couleurs ressortent bien avec la lumière de fin de journée. On aurait envie de s’arrêter et explorer à pied toute cette zone, je me contenterai de les contempler depuis la voiture.
Mais je veux arriver avant la nuit à ma destination du jour, Ait Benhaddou.
A suivre...
Je suis parti de chez moi très tôt ce matin et je n'ai pas envie de tourner en rond à la recherche d'une auberge. Alors je choisis de me rendre directement dans la première auberge noté dans le Routard, chez Brahim (300 Dirhams). Le feeling passe directement avec Brahim, et surprise il était lui aussi ce matin à Genève, de retour de son premier voyage en Europe ! Intéressant d'avoir son point de vue marocain sur ma région... Il me présente la chambre puis me conseille de m'installer sur la terrasse pour profiter de la vue. Mais quelle vue !! Depuis la terrasse de l’auberge, on domine le ksar de Ait Benhaddou est magnifique, et à cette heure tardive alors que le soleil est bien bas derrière nous, l’ocre de la pierre ressort de plus en plus. On m'amène un thé avec quelques fruits, je déguste face au spectacle du couchant, ça y est je ne bouge plus, je profite de ces couleurs si chaudes du Sud.
Depuis la chambre, on a une vue directe sur le Ksar depuis le coussin !

Par contre, sitôt le soleil couché, le froid arrive très rapidement. Heureusement j'ai été prévoyant et ajoute un sous pantalon sous mon jean et sort en doudoune avant d'aller diner. Grâce à cet accoutrement "alpin", je ne souffrirai pas du froid pendant ce voyage mais ça a été parfois limite.
On prend le petit déjeuner avec le couple de cantonais sur la terrasse, et puisqu’ils vont à Ouarzazate, je leur propose de les emmener car c’est sur mon chemin, ils acceptent. Avant de partir, je pars découvrir le Ksar de l’intérieur, ce que je n’avais pas fait la veille au soir préférant admirer le coucher du soleil depuis la terrasse de l’hôtel.
Il y a deux moyens de traverser l’Oued entre le village nouveau et le Ksar, soit par le pont piéton au Nord, qui permet d’accéder à une entrée gratuite au site, soit par des sacs de riz qui permettent d’enjamber la rivière (mais accès payant sauf à revenir vers le pont piéton ensuite). Je choisis la deuxième solution, vu d'en bas, les kasbahs du ksar sont vraiment imposantes.
Deux larges groupes d’asiatiques (hongkongais et japonais) ressortent déjà de leur courte visite, je suis à présent strictement seul dans le ksar, avec les deux trois guides, vendeurs de souvenirs et habitants bien sur… Il règne une ambiance très calme dans ces ruelles étroites. Certaines kasbahs ont été rénovées, c’est intéressant de rentrer dans une d’elle pour voir de l’intérieur. Il y a plusieurs étages, la vue depuis la terrasse est impressionnante.
Au sommet du ksar se trouve le grenier collectif, l’Agadir, fruit du travail des villageois qu’il fallait défendre des pillages. On domine la région, avec l’Oued qui s’écoule vers le Sud et une zone désertique aux formes étranges à l’Est.
Cette zone est composée de monticules de couleurs, comme sur le bord de la route de la veille, j’en profite et sort du ksar pour aller voir ces rochers de plus près.
Depuis cette zone on a une vue différente sur le ksar, on ne peut pas deviner que l’Oued coule juste en contre bas, alors on imagine la citadelle surgir d’un désert au milieu de nulle part.
De là je rejoins la palmeraie au Sud du ksar, beaucoup plus vert grâce à l’ingénieux système de canaux qui amène le précieux liquide vital dans chacune des parcelles.
J’aperçois aussi une grosse cigogne, mais c’est difficile de la photographier correctement, elle s’enfuie dès que je m’approche un peu, et je ne suis pas équipé de téléobjectif.
Un dernier regard sur le ksar depuis la rivière, puis je rejoins le couple de chinois que j’avais proposé de déposer à Ouarzazate.
Au bord de la route, on tombe sur Brahim le sympathique aubergiste, qui va aussi à Ouarzazate, il monte dans la 208 lui aussi et c’est ensemble tout serré que l’on part, dans une voiture aux multiples langages, français, arabe, mandarin, cantonais, et heureusement anglais pour faire communiquer ensemble tout ce petit monde !
Mohamed reçoit avec le thé à la menthe, il a une très fine connaissance de la palmeraie et m'explique le système de division des parcelles, c’est très intéressant. En fait, Mohammed a aussi des parcelles à lui qu'il cultive dans la palmeraie pour fournir les produits frais servis à sa table, c'est pourquoi il connait tant de choses. De plus, il connait très bien la région et il me recommande chaudement de profiter d'arriver pendant la période de floraison des amandiers pour faire un tour à Toundoute, un village au Nord de Skoura où il y en a beaucoup. Je note le conseil et on verra si on a le temps, j’espère bien car je ne suis pas là pour courir.
Depuis l’auberge, on s’enfonce dans des petits chemins qui bordent des parcelles cultivées, beaucoup d’oliviers poussent ici aussi.
Je croise des kasbahs ici et là, ce sont d’imposants bâtiments avec les fenêtres décorées, mais certaines ont été abandonnées et n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. Ambiance fantomatique, renforcée par la solitude dans la palmeraie.
On passe aussi des endroits ou les parcelles sont sèches et les palmiers parsemés, certains spécimens sont magnifiques.
En revenant sur les pistes principales de la palmeraie, on croise des enfants qui jouent, des vieillards sur leur vélos, tout le monde sourit et on se salue, parfois on discute aussi, ils demandent d’où je viens puis parlent de la France. La palmeraie est immense et il y a surement beaucoup d’autres choses à découvrir, j’ai lu qu’il y avait aussi une possibilité de faire une balade au départ du musée de Ouarzazate, vers la grande kasbah d'Amerhidil. En tout cas, on se perdrait dans ce labyrinthe de petits chemins qui zigzaguent entre les parcelles de cultures.
Le soir, je mange au gite avec les autres touristes qui logent ici, français aussi. Je fais la connaissance d’un couple plus âgé et d’un couple plus jeune, la soirée est chaleureuse et on finit notre repas sur les histoires de pierres précieuses trouvées dans la région par Mohammed, qui en a une belle collection.
A suivre...
Je traverse deux fois un oued heureusement asseché.
J'en profite pour prendre en photo mon fidèle destrier qui aura supporté toutes ces routes caillouteuses sans jamais tomber en panne.
Les pistes de la palmeraie sont faisables en voiture de tourisme mais quand même, ca secoue beaucoup, l’impression est bizarre quand on retrouve le goudron, une sensation de voler en quelque sorte. Avant de quitter la palmeraie, je tombe par hasard sur la massive kasbah d'Amridil, un bel exemple de l'architecture de la région et symbole représenté sur les billets de 50 dirhams.
Etape administrative obligatoire maintenant, je passe au guichet de Western Union pour récupérer un peu de cash, car sans un Dirham, la suite du séjour allait être difficile. Le service de Western Union est en tout cas vraiment efficace, il ne m’aura couté que 25 euros pour recevoir dans l’heure de quoi tenir largement tout le reste de mon voyage au Maroc. Je recommande vivement comme solution rapide dans les cas extrêmes.
On peut rouler à 100km/h sur la plupart du parcours avant finalement d’arriver dans une zone un peu plus dense où c’est un peu plus compliqué car il y a plus de trafic, des gens sur le bas côté, pas mal de vélos et mobylettes, mais en général ca roule vraiment bien.
Il y a beaucoup de kasbahs dans les villages traversés, avec le Dadès qui coule au milieu.














Les montagnes ressembleraient à ce qu’on imagine de l’Ouest américain, et les villages sont très jolis. Le Dades s’écoule en faisant de grandes courbes.



On retraverse la Dades et on passe une zone en cours de travaux. Les éboulements ont défoncé la route et elle est en cours de reconstruction, on passe vraiment au bord de la rivière, la lumière est douce, les couleurs captivantes.


La rivière en contrebas a creusé son chemin en lacets et on tombe sur la tortue du Dades, impressionnant !
Je cherche une petite supérette pour acheter de quoi grignoter. Le village M’Semir a un air de bout du monde, ambiance de village perdu au Tibet un peu.
En revenant sur mes pas, les roches des montagnes ont pris une teinte rouge feu, le soleil commence à bien baisser, je retrouve avec plaisir certains des points de vue qui m’avait impressionné à la montée. Le changement de lumière chauffe le paysage tandis que le fond des vallées est maintenant dans l’ombre.



Puis on entre dans la gorge à son niveau le plus profond (après s'être acquitté d'un droit de passage de quelques dirhams), impressionnant.
Le vent souffle fort dans la gorge et le soleil ne vient pas nous réchauffer, il fait très frais.
J’ai emporté avec moi une vieille édition du Lonely Planet Maroc, et dedans il y a une suggestion de balade autour de la gorge.
Je me gare après la gorge principale en face de la zone où se trouvent les grimpeurs.
La montée se fait juste après le canyon principal par un escalier qui devient rapidement un chemin muletier facile à suivre.
On grimpe dans un paysage minéral absolu.
Une vieille dame passe avec ses ânes. A mon passage elle me demande de l'argent d'abord puis à manger. J'ai quelques amandes, que je partage avec elle.
Ici aussi, tout comme dans les gorges du Dades, on a cette sensation d'avoir été téléporté dans des paysages de l'Ouest américain.
Au col, le vent souffle fort, des gens ont utilisé des cailloux pour écrire des messages sur le sol en Amaghiz. La petite balade pour grimper est très sympa, pas trop longue, en se retournant on aperçoit la route.
De l'autre côté, visiblement il y a une autre gorge, mais le chemin ne va pas dans cette direction.
Au contraire, le chemin bifurque vers le Sud afin de contourner les gorges du Todhra et revenir vers le village au pied des gorges, au loin la palmeraie de Tinghir.
Puis on découvre des habitations de nomades, qui vivent ici avec leur chèvres. Je rencontre une famille, que je ne dérange pas car le père est en pleine prière.
La vue est extraordinaire depuis le sommet.
Sur le chemin de la descente, je rencontre un enfant puis une femme puis un homme qui sont chacun dans ces montagnes avec leurs bêtes.
Tous demandent de l’argent ou à manger, ou une cigarette. La descente est un peu plus difficile car il y a beaucoup de rochers sur le chemin et il faut faire attention à ne pas se tordre une cheville car on regarde le paysage plutôt que devant ses pieds, c’est tentant pourtant tant le paysage est grandiose. Ici les montagnes ont des formes bizarres, de longues stries partent du haut de la vallée jusqu’à l’autre versant en faisant comme des vagues.
Alors que je descends en direction du village, j’entends l’appel du Muezzin parvenir de différents endroits de la vallée, en décalé les uns des autres, dans ce décor superbe. Je m'arrête et écoute ces appels, qui se chevauchent et emplissent le paysage de spiritualité.

Je tombe sur des enfants qui eux aussi demandent de l’argent. Je refuse et ils n’insistent pas, par contre ils sont très intéressés pour voir mon téléphone de plus près. Je me prends au jeu et on passe une bonne demi heure ensemble; ils sont mort de rire en voyant les vidéos de mes enfants.
En contrebas il y a un pont de bois , ce qui me ramène au pied des gorges du Todhra.
La boucle m’a pris un peu plus de 2h30 jusqu’à la route, puis encore 1h pour remonter tranquillement la route vers la voiture garée de l’autre côté tout en discutant avec un villageois qui se promenait après sa journée de travail.
On retraverse ensemble les gorges qui ne sont plus directement éclairées.
Je profite de la lumière douce de la fin de journée pour refaire les points de vue sur la palmeraie du matin, ici des vieilles demeures qui émergent de la palmeraie.




En tout il me faudra deux heures pour rentrer sur Skoura juste avant le diner.
Ce soir, nous serons en petit comité à la table de Mohammed, nos jeunes compagnons de la veille sont déjà partis en direction de Merzouga. Néanmoins, ce fut encore une fois une soirée riche de discussions passionnantes, plus intimes c’est incroyable comment le voyage permet de faire ce genre de rencontre inattendues et si enrichissantes.
Depuis Marrakech, je ne m’étais pas encore arrêté pour faire le plein. J’ai fait environ 1000km et il me reste encore les ¼ du réservoir. Mais vu que je pars pour un grand voyage, je préfère faire le plein dans la grande ville, à Ouarzazate. Au Maroc, le diésel est moins cher qu’en France, je le paye 9,4 Dirham le litre, les trois quart du plein me coutent 330 Dirham. Le cout au kilomètre de la 208 est vraiment faible, c’est impressionnant de sobriété ce moteur Peugeot. En parlant voiture, je suis bluffé par toutes ces vieilles voitures qui roulent au Maroc. Dans la station service, il y a beaucoup de jolis spécimens qui ont du voir passer des centaines de kilomètres, pour la plupart ce sont des voitures qui ne roulaient plus en France quand je suis né (ou alors pas assez longtemps pour que je m’en rappelle) : des 4L, des Peugeot break (dont je ne connais pas le nom), une Renault 5 (et non pas une Super 5), et puis les légendaires grosses Mercedes de l’époque (celles-là je m'en souviens bien par contre, y en a qui roulent encore ici). Il y a aussi beaucoup de Dacia, modernes elles. Des Lodgy pour les taxis, des Logan et quelques Duster. On voit finalement peu de voitures neuves dans ce coin du Maroc. Tous les jours sur la route, ces vieilles voitures en tout cas me fascinent, pour une bonne partie d’entre elle, je suis incapable de savoir quel modèle c’est, car j’en ai jamais vu en France. Je remarque aussi pas mal de camions Berliet sur la route, une autre marque dont j’ai entendu parler mais dont je n’avais jamais à quoi cela ressemblait. J'en prendrai plein en photo tout au long du séjour et j'en mettrai une petite sélection à la fin.
Après Ouarzazate, la route s’attaque au premier massif, un espace minéral ou il ne semble n’y avoir aucun végétal qui ne pousse, sauf quelques palmiers ici ou là.
Cet espace vide est impressionnant, on traverse quelques rares villages, puis on passe des cols depuis lesquels on a une vue panoramique sur ces vallées désertiques.
Au loin, on aperçoit le relief étonnant des montagnes, qui ressemblent à des pains de sucre noir, au retour j'irai voir cela de plus près.
L’Oued a creusé des profondes vallées et serpente en contrebas.




Les villages sont de l’autre côté de l’Oued, la route bordant la palmeraie directement. On peut voir certaines grosses kasbahs dépasser de la végétation. La route est magnifique mais il y a beaucoup de zones de travaux encore et il faut faire très attention.


On traverse une large vallée bordée de montagnes ocres, puis le sable apparaît par endroit, accroché autour des arbustes.
Je suis tout content de voir concrètement que j’arrive au désert. Une dune isolée, la dune de Tindou, dépasse dans cette plaine, elle semble perdue au milieu de nulle part.


On traverse d’abord la palmeraie avant d’arriver dans le vieux M’Hamid, on traverse les petites ruelles bordées de maisons en pisé.
Nous continuons dans la palmeraie, on a un peu du mal à avancer car certaines zones sont pleines d'eau (c'est un comble) et les dromadaires ont beaucoup de difficulté à progresser dans la boue, ce qui peut même se révéler dangereux pour eux, car leurs pattes sont plus faites pour marcher dans le sable que dans l'eau.
On sort de la palmeraie, puis on commence à fouler le sable du désert.
On s’arrête à l’ombre de palmiers pour le déjeuner.
Mustapha décharge les dromadaires et installe le coin repas et la cuisine nomade, il prépare un superbe repas avec assurance, ses mouvements sont justes, le repas excellent, je me régale comme rarement. En plus le cadre est vraiment unique, dans le calme du désert.
Pendant ce temps, les dromadaires sont aussi allés manger, mais pour éviter qu’ils ne s’éloignent trop, Mustapha leur a attaché une corde courte entre les jambes de devant, ainsi ils ne peuvent faire que des très petits pas et rester dans les environs.
En route, je prends en photo des arbres très photogéniques, un acacia ?










Nous arrivons dans la zone des dunes du chacal, ou nous passerons la nuit.



Enfin je peux enlever mes chaussures. Toute la journée j'ai marché avec mes baskets, des chaussures fermées. Alors que mes deux guides eux étaient chaussés de sandales à scratch. Le problème des chaussures fermées c'est que le sable rentre petit à petit à chaque fois que l'on soulève le pied qui s'était enfoncé. A la fin de la journée, non seulement la chaussure est bien plus lourde car tout l'espace disponible a été rempli par le sable fin, mais en plus le sable s'est compacté, tassé, écrasant les doigts de pieds. Une sensation pas très agréable... Donc, sitôt arrivé au camp, je me déchausse et repars me promener pieds nus, avec la sensation de liberté ! Je grimpe sur les hautes dunes, ce qui demande un effort, mais la vue d'en haut en vaut la chandelle.
Nos dromadaires profitent eux aussi de la liberté de fin de journée.
Le vent n'a pas cessé, et sur certaines dunes, il est vraiment intense.
Les dunes sont marqués par des sillons à cause du vent.
D'ailleurs Mustapha m'avait dit qu'à son avis après le coucher du soleil, le vent tombera, et ce fut le cas... Très fort.

. avec une lumière douce.
A ce moment là, le sable prend une couleur ocre presque irréelle.
Je suis rejoins par Mohammed, il s’assoit à côté de moi, on discute tranquillement alors que le soleil nous joue un superbe spectacle.


Il nous faut donc rapidement se mettre en quête de bois pour le feu. On trouve du bois mort sur une dune. Mohammed grimpe avec aisance (et pieds nus) et arrache des branches mortes en équilibre. Plus bas, je ramasse le bois et le ramène au camp.

Ce sont maintenant les dernières lueurs du jour. Chargé de mon tas de bois sur l'épaule, je me permets quelques photos de ce désert qui est passé de l'ocre au pastel.
De retour au camp, Mustapha a déjà commencé à préparer un diner de grande classe.
Il est en train de pétrir un pain de sable, qu’il fait cuir enfoui dans le sable couvert de braises. On prend un thé à la menthe dehors, à côté du feu.
Tout le diner est encore une fois très savoureux. Après le diner, je pars dans les dunes pour regarder les étoiles. Je reste assis en haut d'une dune pendant un très long moment, emmitouflé dans ma doudoune et les pieds enfoncés dans le sable encore chaud. Le spectacle du ciel est fantastique, on voit plein d’étoiles filantes, et même quelques avions. Je m'essaye à quelques photos astronomiques, mais rien de bien concluant. Il faut dire que mon appareil photo n'est pas très performant pour cela, car je n'ai pas de visée optique. Tant pis, je tente une photo de la tente en laissant une lampe de poche éclairée dedans.
Je m’habille en vitesse pour monter sur une dune voir le soleil se lever.
La douceur de la lumière sur les dunes, le vent léger souffle, le visage refroidi par la nuit est réchauffé dès les premiers rayons. Encore un moment extraordinaire.
Le soleil éclaire progressivement le désert dans le silence le plus complet.
Toujours une aussi belle lumière, le Maroc m'aura vraiment gâté.
Avant de prendre le petit déjeuner, une petite balade aux alentours s'impose. Je pars plein Est voir une dune que je n'avais pas exploré la veille au soir.
Le feu repart rapidement et on mange un solide petit déjeuner au pied de la dune. C’est déjà l’heure de repartir, on remballe le camp et je monte sur le dromadaire pour la matinée. Ca change de la marche, on est vraiment en hauteur sur l'animal.
On marche encore un moment dans les dunes avant de traverser l’Oeud Drâa qui est actuellement complétement à sec. Il y a peu de sable dans cette zone du désert, on marche sur un sol soufflé par le vent du désert, la terre est dure, le soleil tape très fort, bien que l’on soit début Février. D'ailleurs, je sens mon bras qui commence à rougir et à piquer, je le couvre avec le cheich pour éviter de finir la journée avec le coup de soleil de l’année. Mustapha va voir si il y a de l'eau dans le puit abandonné par des paysans qui ont préféré fuir le désert pour vivre à M'Hamid.
C’est en marchant que l’on ressent vraiment le désert. Je voulais vraiment vivre cette expérience de trek dans le désert et y dormir, c’était un moment incroyable, on trouve une grande sérénité et beaucoup d’humilité envers la Nature. Le désert est un endroit parfait pour réfléchir.
En début d’après midi, alors que l’on se dit au revoir avec Mustapha, j’ai déjà envie de revenir à M’Hamid pour marcher encore plus longtemps. Une prochaine fois, c’est sur !
Alors que Mustapha rentre à M’Hamid avec les dromadaires au galop (impressionnant son départ d'ailleurs) pour accompagner un autre groupe qui arrive en fin d’après midi, je pars avec Mohammed aux dunes de Chegaga en 4x4. Il vient nous récupérer et nous traversons le désert pour aller passer la fin de journée et dormir aux pieds des plus hautes dunes du Maroc, à 40 km de là. La piste alterne champs de cailloux, sable mou, terre durcie... On se croirait dans un rallye raid, c'est la première fois pour moi mais c'est vraiment impressionnant.
Au loin, les montagnes bordent le désert.
Encore un autre arbre solitaire.
On traverse le désert avec ses différentes facettes, le désert de cailloux est impressionnant par son aridité. Quelques accacias seulement poussent ici et là.
Puis nous arrivons à un puit, nous prenons de l’eau que nous chargeons dans la benne du 4x4 pour ravitailler des nomades un peu plus loin.
Ils vivent avec leurs bêtes dans des conditions très sommaires, au milieu de tous ces cailloux. La vieille dame fait un signe à Mohammed en montrant son bras, je devine le sens, elle demande de l'aide pour décharger les bidons d'eau. Pas de souci, on se met tous les deux au boulot, c'est un minimum que de ne pas la laisser décharger elle-même, déjà moi je les trouve bien lourd ces bidons !!
L’oasis sacré est un arrêt pour tous les 4x4 qui amènent les touristes sur la piste de Chegaga.
Une source coule ici, des palmiers ont poussé autour.
Un hotel a aussi été construit ici. A côté de l’oasis se trouve une belle carcasse de voiture abandonnée.
Les arbres autour de l'Oasis sont aussi très jolis.

C’est la fin de journée alors je monte tout en haut de la dune pour le coucher de soleil. Il ne faut pas croire, c’est un sacré effort physique de monter là haut, on s’enfonce dans le sable, et en soulevant le pied on emporte beaucoup de sable, ça fait un bon exercice pour le cœur.
Alors que la dune semble si proche, il faut un peu de temps pour monter et on a différents points de vue sur ce désert grandiose. Comme d'habitude, je prends mon temps et ne prends pas le chemin le plus court.
Le panorama est magistral, le désert comme on l’imagine avec des dunes aux belles courbes, aucun arbre, juste du sable, du sable, du sable encore et toujours. Ici la végétation est bien plus éparse.
Toutes ces dunes sont incroyablement hautes, puis bizarrement on voit au loin que les dunes s'arrêtent net laissant la place à une plaine. Ces contrastes sont étonnants, en tout cas je ne me les explique pas.
Je monte sur la plus haute dune en marchant sur la crête, le sable est mou et le pied plonge profondément ce qui rajoute encore à l'effort.
Dénouement de ma petite mésaventure en début de séjour maintenant : A ce moment là, je reçois un SMS d'un numéro de portable marocain : "C'est Mohammed, il faut que tu viennes à Skoura, rappelle moi URGENT". Comme j'avais mon téléphone dans la main car j'étais en train de faire un test de vidéo, je rappelle donc immédiatement le numéro du SMS.
C'est Mohamed du gite de la palmeraie de Skoura qui répond, je reconnais tout de suite sa voix. Il me remercie de l'avoir rappelé rapidement. Il m'explique que cet après midi, des clients avaient réservé une chambre alors il voulait les mettre dans la chambre dans laquelle j'avais logé. Avant l'arrivée des clients, il était aller faire un tour de la chambre pour voir si tout était en ordre. Il me dit qu'il regarde toujours partout pour voir si il n'y a pas quelque chose qui ne va pas. Et là, il a trouvé quelque chose de bizarre.
Un truc bleu tout au fond, dans le coin des murs, sous le lit dans une zone d'ombre. Le genre d'endroit bien caché. Il attrape ce truc bleu, c'est une petite sacoche zippée. Il l'ouvre et tombe sur une liasse de billets et une carte bleue avec mon nom dessus. Il descend dans son bureau et cherche mes coordonnées que j'avais laissé lors de la réservation. Et voilà, il m'envoie un SMS il y a quelques instants...
Depuis le sommet, on domine tout l'Erg jusqu'aux montagnes qui marquent la frontière avec l'Algérie.
Et de l'autre côté vers le Nord, la vue est pas mal non plus.
On voit des traces de quad ou 4x4 sur les petites dunes en contre bas.
De superbes courbes mises en valeur par les ombres de la fin de journée.
On est quelques uns à admirer ensemble le coucher de soleil. Notamment une mère et son fils originaires de Bale en Suisse super sympas. Ils sont venus avec leur guide Mustapha de l'auberge la Palmeraie de M'Hamid. Mustapha se définit lui-même comme un "crazy nomad" en rigolant, et d'ailleurs pour le prouver, il monte sur le snowboard et décide de dévaler l'immense dune de Chegaga, jusqu'en bas à l'endroit le plus raide ! (voir le point rouge au milieu de l'image)
Fou rire général, mais aussi une sacré admiration pour Mustapha car il y a de l'angle et il est allé "dré dans le pentu" comme on dit ici, à vitesse folle. L'avantage des dunes c'est que quand tu arrives en bas, ça remonte de l'autre côté donc pas besoin de freiner...
Mais en plus, on a de la peine pour lui car il va devoir tout remonter, ça va être long car pas de remontées mécaniques ici.
Il y a aussi Michel, un Québécois qui malheureusement est malade et il ne profite pas vraiment du coucher de soleil avec la même plénitude que nous. C'est même dur pour lui. Il a pris froid car il ne s'attendait pas à ce qu'il fasse aussi froid la nuit dans le désert et n'était pas assez bien équipé. Dommage, il préfère redescendre alors que les lumières chaudes de la fin de journée rende le paysage brulant. Avant de partir, il me dit qu'il compte aller à Skoura demain soir. Quelle coïncidence, je lui dis que moi aussi car j'ai un truc à faire là bas. Avec son état de santé, je lui propose de faire la route avec moi, ce sera plus agréable pour lui d'être dans une voiture plutôt que dans les bus et taxis pour ce périple. Il me remercie, mais ce n'est rien et c'est le minimum que je peux faire aujourd'hui.
Les dunes au soleil couchant.



Le soleil disparait, les couleurs du ciel sont rendent quand même beaucoup moins bien photo qu'en vrai.
Dernières lueurs du jour, comme tous les jours le froid arrive vite. Heureusement le sable est encore chaud, je plonge mes pieds dans le sable et je reste là, un long moment.
Puis avec la nuit revient ce ciel rempli d’étoiles. Difficile d’envisager redescendre, je veux profiter au maximum de l’instant. Je suis le dernier à redescendre de la dune.
Le sable est froid, je garde mes chaussures, mais ca m’empeche d’avancer très vite car elles se remplissent vite de sable jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace disponible entre mon pied et la chaussure. Le sable se tasse et à la fin on a l’impression d’avoir le pied compressé, en plus de peser deux fois son poids. Je m’arrête donc à une dune plus petite juste avant que le soleil pointe son premier rayon.
La pointe des dunes s’illumine l’une après l’autre, puis toutes les dunes sont baignées de la douce lumière rasante.











Deux dromadaires attendent les clients pour faire un tour dans les dunes.
On s’arrête au pied d’une colline sablonneuse jonchée de cailloux. Le chauffeur me propose de partir à la chasse aux fossiles. Rapidement il trouve de superbes fossiles en très bon état, moi aucun… Il me les donne comme un souvenir du désert.














L'Albanie ne faisant pas partie de l'Europe concernant la téléphonie en tout cas :-) , nous avons été obligées d'acheter une carte SIM physique (sinon facture faramineuse si vous utilisez votre forfait français!) chez l'opérateur Vodafone AL à l'aéroport. Il est possible d'acheter sur internet avant de partir des forfaits avec une SIM virtuelle (e-sim) pour les téléphones compatibles sans avoir à changer de carte sur le téléphone. Mais devant l'incertitude sur le choix d'un forfait en ligne, nous avons préféré acheter une carte directement à l'aéroport de Tirana. Coût 31 euros pour 100 Go. C'est beaucoup trop 100 Go. Pour 40 Go, c'est 27 euros. Et la durée du forfait est de 21 jours. Bon il n'y a pas beaucoup d'euros de différence. Et c'était moins cher que sur internet. Ce forfait couvre bien tous les pays traversés par la chaîne des Balkans.
Conseil pour l'argent : toutes les guesthouses et logements acceptent les euros. La monnaie locale en Albanie est le LEK. Au Monténégro, c'est l'EURO. Les frais de banque suite au retrait d'argent dans un distributeur en Albanie est assez élevé : 8 euros pour un retrait de 600-700 LEK (200 euros) ! Donc il vaut mieux retirer de l'argent liquide (euros) en France. Ah oui, nous avions réservé tous les logements avant de partir. Mais le paiement se fait toujours en espèces. Prévoir environ 400-500 euros pour 9 jours de trek.
Shköder est une ville que j'ai appréciée, notamment sa rue piétonne bordée de nombreux restaurants et illuminée la nuit. Il est très agréable de s'y promener et d'y manger. La nourriture n'est pas chère. 2 belles salades + 2 bières : 14 euros :-) . Le prix des fruits également est très abordable : 3 euros le kilo de cerises contre 9-10 euros en France.
Les religions dans ces pays cohabitent très bien. Catholiques, musulmans. De notre balcon, mon amie a entendu pour la première fois "l'appel à la prière" lancé depuis une des mosquées de la ville.


Dodo dans les hauteurs de Theth, dans une guesthouse récente, "Mountain Vista Shkafi", avec une superbe vue.






And in Kyoto, the Nishiki Market:

This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions. I ended up using another well-known site, but I don’t like its layout as much. Now that I’ve just finished my Japan travel journal and need to prepare the one for Oman (where we went at the beginning of 2026), I thought I’d squeeze in my Laos travel journal—a destination we absolutely loved.



But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.























Ooooooooh, des géants !
Ah comme je les aime ! Dans le Nord nous avons beaucoup de ces géants, comme Reuze Papa et Reuze Maman à Cassel, ou encore Gayant, Marie et leurs enfants Binbin, Jacquot et Fillon à Douai, et bien d’autres encore.
La ducasse d’Ath est de surcroît remarquable par son ancienneté, et son ancrage local ; il est fait mention d’une procession dès 1399, et aujourd’hui les nombreuses compagnies musicales sont encore locales (Ath et communes avoisinantes). Le rendez-vous est extrêmement populaire : une bonne partie de la population est là, toutes générations confondues… Tous connaissent les groupes, chars et géants, et chacun a son préféré ! A l’origine, ce sont des groupes religieux qui défilaient et illustraient des épisodes de la Bible ou de la Légende dorée. Puis progressivement le défilé s’est sécularisé et n’a cessé d’évoluer en intégrant de nouveaux géants, des personnages historiques ou des allégories, en lien avec l’histoire locale (Ath, Hainaut belge, Belgique).
Pour finir avec cette longue introduction, sachez que la Ducasse d’Ath dure plusieurs jours mais que le point culminant en est la procession extrêmement codifiée qui a lieu le 4ème dimanche d’Août (en fait la procession passe 2 fois, une le matin et une l’après-midi).


Il est suivi d’un géant humain, juché sur des échasses. C’est « Saint christophe de Flobech », qui tient un bâton fleuri et porte le Christ sur ses épaules (là ce n’est pas un vrai enfant !). Apparu au 19ème siècle, il disparut ensuite du cortège avant d’y être réintroduit en 1976.







Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.























