Le plus embouteillé :
Septembre 2017. Après avoir récupéré à l'aéroport de Dubrovnik la voiture de location et avoir attendu le vol de Tamara qui a pris du retard, il est déjà 20h30 quand nous prenons la route en direction d'Herceg Novi, la première petite ville au Monténégro, située à 28 kilomètres où nous comptons passer la nuit.
Nous devrions y être dans moins d'une heure… pensons-nous !
Evidemment c'était faire preuve d'une sacrée dose d'optimisme car quelques kilomètres avant d'arriver à Karasovici, le poste frontalier entre la Croatie et le Monténégro, nous nous joignons à la queue de voitures à l'arrêt dans la nuit noire.
« Quoi déjà la frontière ? Super ! » m'exclame-je d'un air gourmand.
Je déchante rapidement car en inspectant le GPS je constate que la frontière est en fait encore quelques kilomètres plus loin.
Un ¼ d'heure plus tard, nous n'avons toujours pas bougé d'un pouce. Dans le rétroviseur, j'observe les manœuvres qu'effectuent les voitures qui font demi-tour.
Y aurait-il un raccourci ? Dans le doute je m'abstiens surtout qu'un semblant de mouvement semble avoir lieu plus loin devant. Effectivement nous faisons un grand bond en avant… d'une dizaine de mètres !!! Nouvelle attente qui semble interminable malgré les bavardages des retrouvailles qui vont bon train à l'intérieur de la voiture.
Petit à petit les lumières jaunes des réverbères approchent. Nous découvrons enfin un immense parking, les guichets des douanes surmontés d'une lumière rouge qui parfois passe au vert et un jeune douanier en train de gesticuler pendant que ses collègues le regardent les bras ballants. Soudain, l'un des guichets jusqu'alors fermé s'ouvre, s'ensuit une véritable ruée où les conducteurs les plus futés et les plus habiles se faufilent avec plus ou moins de succès ce qui nous permet de rouler une bonne cinquante de mètres d'un coup. L'attente reprend. Chacun s'observe d'un véhicule à l'autre en pensant qu'il est dans la mauvaise file. Dans la petite voiture à droite, quatre minettes prêtes pour aller en disco au Monténégro ont déjà commencé la fête. A gauche, un couple de campeurs polonais (si j'en crois la plaque d'immatriculation de la caravane) baille silencieusement l'air franchement déprimé.
Cela fait maintenant plus d'une heure que nous poireautons et il reste encore une dizaine de voitures devant nous. A raison de cinq minutes par voiture… oh lala on n'est pas encore sorti de l'auberge !
Les choses ne s'améliorent pas car voilà maintenant que la camionnette actuellement au guichet est soudainement entourée de douaniers.
Quoi ! Ils ont coincé un terroriste ou un trafiquant ? En tout cas, ils ordonnent au conducteur de faire demi-tour. Il faut donc que chacun dans notre file fasse une marche arrière. Chaos complet !
Finalement notre tour arrive. Le douanier scanne nos passeports, inspecte la carte verte de la voiture et tel un automate applique un tampon sans jamais nous regarder.
La barrière se lève. Ca y est, nous voilà dans un nouveau pays au doux nom de CRNA GORA ! Tamara ne sera restée en Croatie qu'à peine trois heures !
Nous filons sur la route déserte en plein no man's land. Quelques virages plus tard, nous apercevons une multitude de lumières rouges… ce sont les voitures qui attendent au poste monténégrin de Debeli Brijeg ! Notre enthousiasme s'éteint illico presto.
La voiture des minettes (un peu moins excitées) est maintenant à gauche quant au couple de Polonais il a été remplacé par un couple de Hongrois plus jeune mais tout aussi déprimé.
Les douaniers monténégrins étant bien plus efficaces, l'attente est plus courte mais dure quand même plus d'une demi-heure.
Bientôt minuit… Est-ce que notre hôtel sera encore ouvert ?
Résultat : Zéro photo mais deux jolis tampons.
Le plus pittoresque :
Septembre 2017. Après avoir quitté la petite ville de Pluzine sur les rives d'une magnifique retenue d'eau émeraude, longé la petite rivière Piva et traversé le barrage de Mratinje, nous atteignons la bourgade de Scepan Polje située au fond du canyon creusé par la rivière Tara qui marque ici la frontière entre le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine.
A voir le nombre de Rafting Camps qui se succèdent, l'endroit doit être prisé par les touristes sportifs… que nous ne sommes pas ! C'est vrai que les rapides que l'on aperçoit en contrebas sont tentants même si le niveau de la rivière semble bien bas.
Au bout de la rue principale se trouve le poste monténégrin où les deux douaniers de service rêvant d'une promotion regardent le paysage. Comme leurs collègues de Debeli Brijeg, ils sont rapides, efficaces et presque souriants. Un dernier virage en épingle à cheveux et voilà l'étroit petit pont qui enjambe la rivière Tara. A côté des poubelles métalliques, un joli panneau nous souhaite Goodbye. (T'inquiète Monténégro, nous reviendrons bientôt !).
Ah voilà bien une jolie frontière, une vraie de vrai, délimitée par une ravissante rivière bordée de belles montagnes et puisqu'il n'y a personne j'arrête même la voiture pour savourer le moment et m'imprégner (carrément !) de l'endroit. Mes passagères lèvent les yeux au ciel en se demandant :
« Mais quand est-ce que ça lui passera cette lubie ? »
Au bout des planches en bois, un autre panneau, bleu celui-là, nous souhaite la bienvenue en Bosnie-Herzégovine. Clique. Le nom 'Hum', en-dessous du Welcome pourrait faire douter de la sincérité du texte mais il ne s'agit bien sûr que du nom de la frontière de ce côté-ci…
Un regard suffit pour constater que nous sommes maintenant dans un pays… disons plus rustique. Les bâtiments des douanes sont des conteneurs recyclés et passablement usés avec des fils électriques pendouillant au-dessus du coin fumeur des douaniers où trainent une chaise en plastoc et un banc en bois. Plus inquiétant est le petit panneau rouge sur le bord de la route : une tête de mort blanche avec ce qui semble être la traduction locale du mot mine !!!
Ici aussi, il y a des poubelles mais elles débordent de partout et trônent au milieu d'un tas d'immondices impressionnant. Bienvenue… vraiment ?!
Le douanier n'a pas l'air heureux, peut-être n'a-t'il pas apprécié mon arrêt prolongé sur le pont !? Il se radoucit seulement après que je lui demande d'apposer un tampon.
« Souvenir ! » que je lui dis, ce qui le fait rigoler.
Plus tard en regardant son tampon à demi effacé, je regrette que sa boite d'encre était presque vide…
Le soleil disparait derrière les montagnes et la route devient maintenant une interminable succession de nids de poule… Nous ne sommes pas encore arrivés à Sarajevo !
https://goo.gl/maps/C6AiTtg9DoF2
Passages de frontières
by Xrctn
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Le plus cycliste :
Septembre 2017. Un dernier passage de frontière et voilà notre première boucle balkanique qui se termine. Celui-ci a lieu aux postes d'Ivanica en Bosnie-Herzégovine et de Brgat Gornji en Croatie qui n'ont absolument rien d'exceptionnel sinon qu'ils sont situés sur la ligne de crête du massif montagneux qui surplombe Dubrovnik et qu'ils offrent un beau panorama sur l'étroite bande de terre qui s'étend jusqu'à la côte adriatique et sur quelques iles plus lointaines.
Au dernier virage, nous avons d'ailleurs amplement le temps d'en profiter car une queue s'est formée devant nous. Une fois encore les douaniers croates semblent faire du zèle car c'est de leur côté que ça coince.
Encore quelques mètres et nous comprenons la raison : un groupe de cyclistes en balade a envahi les guichets d'entrée et de sortie et nos pauvres douaniers ne savent plus où donner de la tête. Des cyclistes, ici !? Bizarrement, je n'avais jamais imaginé, ni vu d'ailleurs (jusqu'à maintenant), des cyclistes passant une frontière ! J'avais des lacunes…
L'un d'eux, ayant perdu la pédale ou peut-être trop épuisé par la sacrée montée qu'il vient d'effectuer, cherche désespérément dans ses sacoches son passeport puis étale tout son barda au milieu de la route avant de réaliser que c'est son copain qu'il l'a !
Au moins il aura fait sourire les témoins de la scène et même quelques douaniers. En tout cas un grand bravo à ces vaillants cyclistes suffisamment dingues pour se payer ce genre de grimpettes… juste pour le plaisir. Chacun ses trucs !
https://goo.gl/maps/XFN5czBzcVN2
Au dernier virage, nous avons d'ailleurs amplement le temps d'en profiter car une queue s'est formée devant nous. Une fois encore les douaniers croates semblent faire du zèle car c'est de leur côté que ça coince.
Encore quelques mètres et nous comprenons la raison : un groupe de cyclistes en balade a envahi les guichets d'entrée et de sortie et nos pauvres douaniers ne savent plus où donner de la tête. Des cyclistes, ici !? Bizarrement, je n'avais jamais imaginé, ni vu d'ailleurs (jusqu'à maintenant), des cyclistes passant une frontière ! J'avais des lacunes…
L'un d'eux, ayant perdu la pédale ou peut-être trop épuisé par la sacrée montée qu'il vient d'effectuer, cherche désespérément dans ses sacoches son passeport puis étale tout son barda au milieu de la route avant de réaliser que c'est son copain qu'il l'a !
Au moins il aura fait sourire les témoins de la scène et même quelques douaniers. En tout cas un grand bravo à ces vaillants cyclistes suffisamment dingues pour se payer ce genre de grimpettes… juste pour le plaisir. Chacun ses trucs !
https://goo.gl/maps/XFN5czBzcVN2
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Ca y est Tamara est repartie et nous entamons une autre boucle balkanique qui nous entraine vers d'autres frontieres...
Le plus rouge : Le plus rouge… ben euh parce que les drapeaux des deux pays frontaliers sont… rouges, en prime les deux sont ornés d'un aigle à double tête !
Septembre 2017. Les nouveaux bâtiments gris et crème du poste frontalier de Muriqan / Sukobin ont aussi la particularité d'être communs (fait suffisamment rare pour être remarqué) ce qui permet, sans doute, de faire des économies mais surtout d'éviter de faire deux fois la queue. Petits pays, grandes idées !
En fait, la queue est inexistante car seuls un camion et une autre voiture de tourisme nous précèdent. Ici, les douaniers sont souriants et blagueurs (autre fait suffisamment rare pour être remarqué) peut-être parce que ce matin ils ne sont pas, à l'évidence, surchargés de travail.
Le guichet, devant lequel je m'avance, comporte deux fenêtres extérieures et une fenêtre intérieure. A la première fenêtre, le douanier monténégrin à qui je remets nos documents s'attaque à la tache puis lance nos passeports par la fenêtre intérieure au douanier albanais qui refait exactement la même tache que son collègue mais sur un scanner plus ancien et un clavier plus récent. Le travail accompli, il nous souhaite même un bon voyage (encore un fait suffisamment rare pour être remarqué) en nous rendant nos documents.
Fastoche de fastoche … mais absolument rien d'excitant sinon que nous voilà dans un nouveau pays mais pas pour très longtemps car 3h½ plus tard, nous quittons déjà l'Albanie…
goo.gl/maps/sYEpzkRnFGM2
Le plus rouge : Le plus rouge… ben euh parce que les drapeaux des deux pays frontaliers sont… rouges, en prime les deux sont ornés d'un aigle à double tête !
Septembre 2017. Les nouveaux bâtiments gris et crème du poste frontalier de Muriqan / Sukobin ont aussi la particularité d'être communs (fait suffisamment rare pour être remarqué) ce qui permet, sans doute, de faire des économies mais surtout d'éviter de faire deux fois la queue. Petits pays, grandes idées !
En fait, la queue est inexistante car seuls un camion et une autre voiture de tourisme nous précèdent. Ici, les douaniers sont souriants et blagueurs (autre fait suffisamment rare pour être remarqué) peut-être parce que ce matin ils ne sont pas, à l'évidence, surchargés de travail.
Le guichet, devant lequel je m'avance, comporte deux fenêtres extérieures et une fenêtre intérieure. A la première fenêtre, le douanier monténégrin à qui je remets nos documents s'attaque à la tache puis lance nos passeports par la fenêtre intérieure au douanier albanais qui refait exactement la même tache que son collègue mais sur un scanner plus ancien et un clavier plus récent. Le travail accompli, il nous souhaite même un bon voyage (encore un fait suffisamment rare pour être remarqué) en nous rendant nos documents.
Fastoche de fastoche … mais absolument rien d'excitant sinon que nous voilà dans un nouveau pays mais pas pour très longtemps car 3h½ plus tard, nous quittons déjà l'Albanie…
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Le plus singulier :
Le plus singulier… ben parce que le pays où nous entrons n'est reconnu que par seulement 114 pays et qu'il n'est lui-même pas (encore) membre des Nations Unies. Il s'agit de la République du Kosovo, dont l'indépendante a été proclamée en 2008 mais longtemps administrée par la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, en coopération avec l'Union Européenne.
Septembre 2017. Techniquement je n'aurais posé les pieds en Albanie que quelques minutes, juste le temps de demander à un pompiste où se cache l'entrée de l'autoroute vers le Kosovo, le reste du temps je l'aurais passé dans la voiture à freiner et plus rarement à accélérer. L'autoroute se trouve 20 kilomètres plus haut, là où se trouvaient les travaux que nous avons dépassés un peu plus tôt. Une fois dessus, cette autoroute, qui relie Tirana à Pristina, est un régal et une merveille. D'abord elle est gratuite ensuite elle traverse des paysages grandioses et incroyable mais vrai elle est pratiquement déserte. Surtout elle nous permet d'atteindre les postes frontaliers de Morinë / Vërmicë et de franchir à la deuxième frontière de la journée.
Comme la première ce matin, la frontière n'a vraiment rien de spécial sinon qu'elle est un peu plus fréquentée et qu'elle ressemble davantage à un péage d'autoroute un weekend de retour de vacances. Justement, à voir les voitures autour de nous, toutes immatriculées au Kosovo et bien chargées, il s'agit bien d'un retour de vacances des Kosovars… qui ne semblent vouloir se déplacer qu'en voiture de luxe allemande ou en 4x4 japonais.
Le douanier albanais remarque que nous ne sommes pas restés bien longtemps dans son pays mais nous lui promettons de revenir bientôt… Quelques centaines de mètres plus loin le douanier kosovar (aux incroyables yeux verts) semble ravi de découvrir des nouveaux passeports puis est désolé de m'annoncer que la carte verte du véhicule de location n'est pas valide ici. Gentiment (il m'appelle même par mon prénom !) il me demande de me garer sur le côté, m'indique un kiosque plus haut où je peux acheter une assurance et me demande de revenir le voir une fois les formalités complétées.
Au kiosque, une charmante fonctionnaire me demande €15 pour une assurance-auto valide pour 15 jours puis me donne un beau document plein de tampons. Cinq minutes plus tard, le douanier, (aux yeux toujours incroyablement verts), me souhaite un bon séjour au Kosovo. Il ne reste qu'une dizaine de kilomètres avant d'arriver à Prizren, l'étape du jour, et il ne faut pas longtemps pour constater que le réseau routier kosovar n'est pas aussi fantastique que cette autoroute qu'il a fallu quitter à grands regrets.
https://goo.gl/maps/ZdvK2gksEbo
Septembre 2017. Techniquement je n'aurais posé les pieds en Albanie que quelques minutes, juste le temps de demander à un pompiste où se cache l'entrée de l'autoroute vers le Kosovo, le reste du temps je l'aurais passé dans la voiture à freiner et plus rarement à accélérer. L'autoroute se trouve 20 kilomètres plus haut, là où se trouvaient les travaux que nous avons dépassés un peu plus tôt. Une fois dessus, cette autoroute, qui relie Tirana à Pristina, est un régal et une merveille. D'abord elle est gratuite ensuite elle traverse des paysages grandioses et incroyable mais vrai elle est pratiquement déserte. Surtout elle nous permet d'atteindre les postes frontaliers de Morinë / Vërmicë et de franchir à la deuxième frontière de la journée.
Comme la première ce matin, la frontière n'a vraiment rien de spécial sinon qu'elle est un peu plus fréquentée et qu'elle ressemble davantage à un péage d'autoroute un weekend de retour de vacances. Justement, à voir les voitures autour de nous, toutes immatriculées au Kosovo et bien chargées, il s'agit bien d'un retour de vacances des Kosovars… qui ne semblent vouloir se déplacer qu'en voiture de luxe allemande ou en 4x4 japonais.
Le douanier albanais remarque que nous ne sommes pas restés bien longtemps dans son pays mais nous lui promettons de revenir bientôt… Quelques centaines de mètres plus loin le douanier kosovar (aux incroyables yeux verts) semble ravi de découvrir des nouveaux passeports puis est désolé de m'annoncer que la carte verte du véhicule de location n'est pas valide ici. Gentiment (il m'appelle même par mon prénom !) il me demande de me garer sur le côté, m'indique un kiosque plus haut où je peux acheter une assurance et me demande de revenir le voir une fois les formalités complétées.
Au kiosque, une charmante fonctionnaire me demande €15 pour une assurance-auto valide pour 15 jours puis me donne un beau document plein de tampons. Cinq minutes plus tard, le douanier, (aux yeux toujours incroyablement verts), me souhaite un bon séjour au Kosovo. Il ne reste qu'une dizaine de kilomètres avant d'arriver à Prizren, l'étape du jour, et il ne faut pas longtemps pour constater que le réseau routier kosovar n'est pas aussi fantastique que cette autoroute qu'il a fallu quitter à grands regrets.
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Le plus intrigant :
Septembre 2017. Les Balkans devraient être un vrai paradis pour les afficionados de frontières comme moi puisque à chaque jour (ou presque) sa une nouvelle frontière. Mais à force d'en franchir, l'excitation des premiers jours finirait presque par retomber car toutes ces frontières ont une sacrée tendance à se ressembler. Et puis « l'autre côté » n'est pas souvent si diffèrent où tellement dépaysant. Serais-je en train de souffrir d'une crise de border-blues aigüe ?
Pas vraiment ou alors elle est de courte durée car dès que nous arrivons au bout de la vallée qui marque la démarcation entre le Kosovo et la Macédoine et que j'aperçois les horribles bâtiments gris et les barrières, les palpitations (d'excitation) reviennent au galop. On pourrait même se demander pourquoi car ni le scenario ni le décor n'ont changé : attente, inspection des documents, bâtiments tristounets voire carrément moches, uniformes ternes et moustaches, caméras, grillages, ordures, bye bye, hello…
Pourtant je remarque ici quelque chose d'insolite : alors que nous sommes au Kosovo, c'est un grand drapeau albanais qui flotte au-dessus des douanes, le petit drapeau bleu et jaune du Kosovo étant relégué sur le côté ??? Bizarre ! Je resterai dans le flou car ce n'est pas le douanier avec qui je communique avec les mains et des sourires qui me donnera l'explication. Le fait que 90% de la population du Kosovo soit d'ethnie albanaise pourrait être une explication… mais elle n'est pas rationnelle.
Quelques centaines de mètres plus loin, c'est un autre drapeau qui annonce le changement de pays. Celui-là est immense et mal attaché au mas mais ses rayons de soleil jaune sur fond rouge-oranger donnent du baume au cœur. Et puis, moi qui voulais du dépaysement, je suis servi puisque les panneaux routiers sont maintenant dans un alphabet… indéchiffrable. Ça m'apprendra !
goo.gl/maps/pwbY8MpcXNL2
Pas vraiment ou alors elle est de courte durée car dès que nous arrivons au bout de la vallée qui marque la démarcation entre le Kosovo et la Macédoine et que j'aperçois les horribles bâtiments gris et les barrières, les palpitations (d'excitation) reviennent au galop. On pourrait même se demander pourquoi car ni le scenario ni le décor n'ont changé : attente, inspection des documents, bâtiments tristounets voire carrément moches, uniformes ternes et moustaches, caméras, grillages, ordures, bye bye, hello…
Pourtant je remarque ici quelque chose d'insolite : alors que nous sommes au Kosovo, c'est un grand drapeau albanais qui flotte au-dessus des douanes, le petit drapeau bleu et jaune du Kosovo étant relégué sur le côté ??? Bizarre ! Je resterai dans le flou car ce n'est pas le douanier avec qui je communique avec les mains et des sourires qui me donnera l'explication. Le fait que 90% de la population du Kosovo soit d'ethnie albanaise pourrait être une explication… mais elle n'est pas rationnelle.
Quelques centaines de mètres plus loin, c'est un autre drapeau qui annonce le changement de pays. Celui-là est immense et mal attaché au mas mais ses rayons de soleil jaune sur fond rouge-oranger donnent du baume au cœur. Et puis, moi qui voulais du dépaysement, je suis servi puisque les panneaux routiers sont maintenant dans un alphabet… indéchiffrable. Ça m'apprendra !
goo.gl/maps/pwbY8MpcXNL2
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Bonjour et un grand merci, Xavier ! [:)]
Car la lecture de cette vraiment très originale et fort intéressante façon de décrire tes innombrables "passages de frontières" a pour moi, constitué un pur délice.
Et si tout y a été absolument captivant... Je dois cependant bien volontiers reconnaître, que c'est plus particulièrement ce passage :
Mais la ‘frontière fictive’ la plus emblématique reste bien-sûr l’Equateur (Latitude 0°0’0")...
Si je ne compte plus le nombre de fois que j’ai franchi cette autre frontière fictive… en avion, il m’est en revanche trop facile de compter le nombre de ‘traversées’ les pieds sur Terre.
Qui chez moi, a vraiment été le plus émouvant ! Car faisant remonter à la surface, de très lointains souvenirs... qui avaient été bien profondément enfouis au fin fond de ma mémoire.
Et si dans mon assez longue vie de "voyageur-touriste", j'ai tout comme toi passé un nombre incalculable de fois, la "Ligne" (de l'Équateur) en avion... je me souviens comme si c'était hier, de cette fabuleuse expérience (jamais renouvelée depuis) qui m'avait pour la toute première fois de ma vie, permis de franchir cette frontière fictive à pied. Et c'était précisément en ce bien ravissant et vraiment très attachant pays du continent sud-américain, qui s'appelle... l'Équateur ! [;)]
Bien amicalement Pablo
Car la lecture de cette vraiment très originale et fort intéressante façon de décrire tes innombrables "passages de frontières" a pour moi, constitué un pur délice.
Et si tout y a été absolument captivant... Je dois cependant bien volontiers reconnaître, que c'est plus particulièrement ce passage :
Mais la ‘frontière fictive’ la plus emblématique reste bien-sûr l’Equateur (Latitude 0°0’0")...
Si je ne compte plus le nombre de fois que j’ai franchi cette autre frontière fictive… en avion, il m’est en revanche trop facile de compter le nombre de ‘traversées’ les pieds sur Terre.
Qui chez moi, a vraiment été le plus émouvant ! Car faisant remonter à la surface, de très lointains souvenirs... qui avaient été bien profondément enfouis au fin fond de ma mémoire.
Et si dans mon assez longue vie de "voyageur-touriste", j'ai tout comme toi passé un nombre incalculable de fois, la "Ligne" (de l'Équateur) en avion... je me souviens comme si c'était hier, de cette fabuleuse expérience (jamais renouvelée depuis) qui m'avait pour la toute première fois de ma vie, permis de franchir cette frontière fictive à pied. Et c'était précisément en ce bien ravissant et vraiment très attachant pays du continent sud-américain, qui s'appelle... l'Équateur ! [;)]
Bien amicalement Pablo
Ravi d'avoir pu depoussierer ta memoire d'autant plus qu'il s'agit apparamment de bons souvenirs !
Merci aussi pour le compliment...
A+
X
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Merci pour ce fil fort sympathique et marrant à lire.
Je me permets d'y apporter ma petite contribution avec ces deux photos du poste frontière ouvert le plus haut du monde (à ce qu'il paraît en tout cas). Il s'agit du col de Khunjerab (4700 m) sur la Karakoram Highway. D'un côté la Chine, province du Xinjiang, de l'autre le Pakistan, région du Gilgit-Baltistan. Décor grandiose, pas beaucoup d'oxygène, pas un chat (ou un yak) excepté deux soldats chinois et pakistanais. J'ai beaucoup aimé la décontraction du soldat pakistanais. La Chine qui aime faire tout en grand ne lésine pas quand il s'agit de marquer l'entrée sur son territoire : arche monumentale, route impeccable et tout le toutim. Le Pakistan, beaucoup moins... Sur la seconde photo, on voit que le bitume s'arrête juste derrière les soldats, ensuite elle n'est plus que poussière et cailloux. On ne le distingue pas mais il y a un dénivelé d'une trentaine de centimètres entre le côté pakistanais et le côté chinois ce qui interdit à tout véhicule d'emprunter ce passage. Qui ne sert donc à rien. Pas d'agent d'immigration à ce poste frontière, les formalités ont lieu en amont. Enfin c'était ainsi en 2011, je ne sais pas trop comment ça se passe aujourd'hui.


Les Balkans devraient être un vrai paradis pour les afficionados de frontières comme moi puisque à chaque jour (ou presque) sa une nouvelle frontière.
Les frontières dans les Balkans, oh! oh! un sujet avec lequel on ne badine pas. En 2013, lorsque j'ai quitté le Monténégro à Vilusi pour me rendre à Trebinje, j'avais dans l'idée que j'entrais en Bosnie-Herzégovine. Tss tss, on m'a gentiment fait remarquer que non, j'entrais en Republika Srpska (Republique serbe de Bosnie). N'avais-je pas vu les panneaux et les drapeaux ?
Je me permets d'y apporter ma petite contribution avec ces deux photos du poste frontière ouvert le plus haut du monde (à ce qu'il paraît en tout cas). Il s'agit du col de Khunjerab (4700 m) sur la Karakoram Highway. D'un côté la Chine, province du Xinjiang, de l'autre le Pakistan, région du Gilgit-Baltistan. Décor grandiose, pas beaucoup d'oxygène, pas un chat (ou un yak) excepté deux soldats chinois et pakistanais. J'ai beaucoup aimé la décontraction du soldat pakistanais. La Chine qui aime faire tout en grand ne lésine pas quand il s'agit de marquer l'entrée sur son territoire : arche monumentale, route impeccable et tout le toutim. Le Pakistan, beaucoup moins... Sur la seconde photo, on voit que le bitume s'arrête juste derrière les soldats, ensuite elle n'est plus que poussière et cailloux. On ne le distingue pas mais il y a un dénivelé d'une trentaine de centimètres entre le côté pakistanais et le côté chinois ce qui interdit à tout véhicule d'emprunter ce passage. Qui ne sert donc à rien. Pas d'agent d'immigration à ce poste frontière, les formalités ont lieu en amont. Enfin c'était ainsi en 2011, je ne sais pas trop comment ça se passe aujourd'hui.


Les Balkans devraient être un vrai paradis pour les afficionados de frontières comme moi puisque à chaque jour (ou presque) sa une nouvelle frontière.
Les frontières dans les Balkans, oh! oh! un sujet avec lequel on ne badine pas. En 2013, lorsque j'ai quitté le Monténégro à Vilusi pour me rendre à Trebinje, j'avais dans l'idée que j'entrais en Bosnie-Herzégovine. Tss tss, on m'a gentiment fait remarquer que non, j'entrais en Republika Srpska (Republique serbe de Bosnie). N'avais-je pas vu les panneaux et les drapeaux ?
Salut « pas Marie »
Permets-toi ! Ah ça j’aime… le passage le plus haut. Tiens je m’imagine déjà ! Reste à convaincre Rosemary et cela risque d’être plus laborieux mais qui sait !?
En tout cas merci pour tes photos, l’une est amusante, l’autre me fait baver euh non rêver !!!
A+
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Permets-toi ! Ah ça j’aime… le passage le plus haut. Tiens je m’imagine déjà ! Reste à convaincre Rosemary et cela risque d’être plus laborieux mais qui sait !?
En tout cas merci pour tes photos, l’une est amusante, l’autre me fait baver euh non rêver !!!
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Le plus au bord du lac :
Septembre 2017. Je n'ai pas pu m'en empêcher mais la première chose que j'ai faite en arrivant sur les bords du lac Ohrid fut de prendre une photo du lac bien sûr mais surtout des montagnes à l'horizon car elles sont… en Albanie. D'ailleurs quand Rosemary a souhaité avoir une chambre avec vue sur le lac, je n'ai pu qu'approuver cette excellente idée. Coup de chance, le premier hôtel que nous trouvons dispose justement d'une chambre au second étage avec un minuscule balcon. Nouvelle série de photos… surexposées.
Comme le lac Titicaca, le lac Léman ou plus proche le lac Shkodër (et bien d'autres dans le monde), le lac Ohrid a la particularité d'être parcouru par une frontière et rien que pour ça il me plait déjà. En prime le cadre est superbe, ce n'est pas pour rien que l'on le surnomme la Perle de la Macédoine.

Evidemment une frontière au milieu d'un lac… ça passe plutôt inaperçu ! Il me reste qu'à deviner quels sommets sont en Macédoine et lesquels sont en Albanie et pour cela ni l'apéro que nous prenons à la terrasse d'un café au bord de l'eau ni le petit déjeuner à la terrasse de l'hôtel ne suffisent. Pas davantage d'ailleurs la vue panoramique en haut des remparts de la forteresse. Non, pour voir la frontière sur le lac il faut longer le lac et l'atteindre. https://goo.gl/maps/3DDA9erawev
C'est exactement ce qui se passe en cette fin d'après-midi. Après avoir visité le célèbre monastère de Saint-Naum, il ne nous reste que quelques kilomètres avant d'arriver au poste-frontière macédonien de Saint-Naum. Celui-ci est désert, ce qui simplifie drôlement le passage. Le douanier, plutôt sympa, nous demande où nous sommes allés en Macédoine puis nous reproche de n'être pas restés suffisamment longtemps dans son pays… Après avoir fait notre mea culpa il nous laisse partir en ajoutant : « A bientôt alors ! ».
Un virage panoramique plus loin et voilà le poste albanais de Tushemisht entouré de barbelés et bardé d'antennes. Il est tout aussi désert que celui que nous venons de quitté et les douaniers surpris d'être dérangés à cette heure regagnent vite leur kiosque pour vérifier les documents de la voiture et scanner nos passeports. Ils sont doublement surpris quand je leur demande de tamponner nos passeports ce qui apparemment permet à l'un d'eux de lancer une plaisanterie qui fait bien rire ses collègues. C'est donc les larmes aux yeux qu'ils nous rendent nos passeports et nous laissent entrer en Albanie. Une grande première !
Nous passons la fin de la journée et la nuit à Pogradec qui ne ressemble en rien à Ohrid, nous sommes ici dans un autre univers. De la grande terrasse de la chambre, j'admire le lac et les montagnes mais rien à faire mon regard est automatiquement attiré vers celles à l'horizon car elles sont… en Macédoine !

Comme le lac Titicaca, le lac Léman ou plus proche le lac Shkodër (et bien d'autres dans le monde), le lac Ohrid a la particularité d'être parcouru par une frontière et rien que pour ça il me plait déjà. En prime le cadre est superbe, ce n'est pas pour rien que l'on le surnomme la Perle de la Macédoine.

Evidemment une frontière au milieu d'un lac… ça passe plutôt inaperçu ! Il me reste qu'à deviner quels sommets sont en Macédoine et lesquels sont en Albanie et pour cela ni l'apéro que nous prenons à la terrasse d'un café au bord de l'eau ni le petit déjeuner à la terrasse de l'hôtel ne suffisent. Pas davantage d'ailleurs la vue panoramique en haut des remparts de la forteresse. Non, pour voir la frontière sur le lac il faut longer le lac et l'atteindre. https://goo.gl/maps/3DDA9erawev
C'est exactement ce qui se passe en cette fin d'après-midi. Après avoir visité le célèbre monastère de Saint-Naum, il ne nous reste que quelques kilomètres avant d'arriver au poste-frontière macédonien de Saint-Naum. Celui-ci est désert, ce qui simplifie drôlement le passage. Le douanier, plutôt sympa, nous demande où nous sommes allés en Macédoine puis nous reproche de n'être pas restés suffisamment longtemps dans son pays… Après avoir fait notre mea culpa il nous laisse partir en ajoutant : « A bientôt alors ! ».
Un virage panoramique plus loin et voilà le poste albanais de Tushemisht entouré de barbelés et bardé d'antennes. Il est tout aussi désert que celui que nous venons de quitté et les douaniers surpris d'être dérangés à cette heure regagnent vite leur kiosque pour vérifier les documents de la voiture et scanner nos passeports. Ils sont doublement surpris quand je leur demande de tamponner nos passeports ce qui apparemment permet à l'un d'eux de lancer une plaisanterie qui fait bien rire ses collègues. C'est donc les larmes aux yeux qu'ils nous rendent nos passeports et nous laissent entrer en Albanie. Une grande première !
Nous passons la fin de la journée et la nuit à Pogradec qui ne ressemble en rien à Ohrid, nous sommes ici dans un autre univers. De la grande terrasse de la chambre, j'admire le lac et les montagnes mais rien à faire mon regard est automatiquement attiré vers celles à l'horizon car elles sont… en Macédoine !

https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Xavier,
Celle-là tu la connais?: passage de la frontière vers Arunachal Pradesh.


"Le Couvre-Chef dans le monde":
https://s.joomeo.com/5ca229f63ee13
"Les volcans dans le monde" février 2020
https://s.joomeo.com/5e498cbf3d18a
Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité. (Antoine de Saint-Exupéry)
Eh non je ne connais pas (encore) cet endroit mais il me semble qu'il s'agit ici d'un check point entre deux provinces indiennes plutot qu'une frontiere internationale... mais je prends toutes les limites sans limite.
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Bonsoir Xavier, ta photo de Pogradec me fait remonter une multitude de souvenirs de ce coin. Me reviennent en mémoire tant de choses vécues, entre les trois ans où j'ai habité en Albanie et les différents voyages que j'y effectue toujours, car mon cœur est en partie resté dans ces régions des Balkans. Mais Pogradec pour moi, outre ces superbes salmonidés que l'on appelle Koran et que paraît-il on ne trouve que dans ce lac et dans le lac Baïkal, c'est surtout son superbe peintre Taso, qui parle bien français et qui est toujours content de montrer ses oeuvres, dont voici quelques exemples:



Tu semblais aussi t'étonner de voir des drapeaux albanais au Kosovo je crois, mais tu trouveras la même chose en Macédoine et aussi de façon moindre au Monténégro. Les Balkans sont constitués de peuples qui vivent sur une grandeur passée, réelle ou supposée. Cette grandeur passée est bien réelle pour les Grecs et les Turcs, mais pour les Albanais, les Bulgares, les Serbes et autres peuples, c'est moins probant, même si à des époques ils constituèrent des "empires" qui dépassaient de loin leurs frontières actuelles. Chez les Albanais, l'appartenance à un peuple de même langue est un lien fort, certains parlent de désir de créer ou recréer la "Grande Albanie", je n'y crois pas pour de multiples raisons, mais cette communauté de langue affiche un drapeau qui est le drapeau des Albanais un peu comme un emblème supranational. Je me souviens avoir visité une fois le musée national albanais à Tirana avec un ami bulgare. Ce dernier en me montrant la carte de la Grande Albanie a rigolé. Puis il m'a invité à Sofia et là il m'a fait visiter le musée national bulgare et m'a montré la carte de la Grande Bulgarie, qui allait jusqu'à l'Adriatique. Nous sommes dans les Balkans. Je me souviens de m'être promené sur la frontière albano-macédonienne à un moment de grande tension entre communautés albanaise et slave de Macédoine. En effet, avec des hélicoptères de combat de fabrication russe, les slavo-macédoniens bombardaient des villages albanais macédoniens. Sur la frontière durant ces événement, à un moment je tombe sur un terrain de foot sommaire, où jouaient des enfants. Je m'approche et leur parle, ils m'apprennent que nous sommes en Macédoine , alors j'étais sorti d'Albanie sans m'en rendre compte, et eux étaient albanais d'Albanie et jouaient en Macédoine au pied de miradors supposés surveiller la frontière. Alors que les journaux du monde entier parlaient d'actes de guerre en Macédoine, la frontière en dehors des postes frontière restait tout à fait perméable pour les Albanais. Et les grecs n'acceptaient pas, peut-être encore, cette appellation Macédoine, et demandaient que le pays s'appelle l'ancienne république yougoslave de Macédoine. La réalité balkanique nous échappe quelque peu. Pour s'en faire une idée il faut rentrer dans la littérature de cette région, à travers des auteurs de différentes origines, Ismael Kadaré "avril brisé", Ylljet Aliçka "les slogans de pierre", Jusuf Vrioni "Mondes effacés souvenirs d'un Européen", Luan Starova "les livres de mon père", Necati Cumali "le dernier seigneur des Balkans", le prix Nobel Ivo Andric "un pont sur la Drina" et beaucoup d'autres. Les Balkans quand on s'y plonge on n'en sort plus, lieu d'achoppement entre catholiques, orthodoxes et musulmans au cours des siècles. Et puis on a vraiment l'impression de voyager, plein de frontières très proches, alors que l'on va de Gibraltar à Tallinn sans en voir une seule. A plusieurs reprises il m'est arrivé de tomber sur des douaniers curieux qui s'exclamaient devant les visas de pays lointains. Le poste frontière dont tu parles entre Ohrid et Pogradec, je l'ai passé plusieurs fois dans les deux sens. une fois que je sortais d'Albanie le douanier macédonien était albanais et je lui ai parlé en albanais, mes compagnons étaient tout étonnés que ce douanier macédonien soit albanais, le charme de Balkans. Bonsoir Luc



Tu semblais aussi t'étonner de voir des drapeaux albanais au Kosovo je crois, mais tu trouveras la même chose en Macédoine et aussi de façon moindre au Monténégro. Les Balkans sont constitués de peuples qui vivent sur une grandeur passée, réelle ou supposée. Cette grandeur passée est bien réelle pour les Grecs et les Turcs, mais pour les Albanais, les Bulgares, les Serbes et autres peuples, c'est moins probant, même si à des époques ils constituèrent des "empires" qui dépassaient de loin leurs frontières actuelles. Chez les Albanais, l'appartenance à un peuple de même langue est un lien fort, certains parlent de désir de créer ou recréer la "Grande Albanie", je n'y crois pas pour de multiples raisons, mais cette communauté de langue affiche un drapeau qui est le drapeau des Albanais un peu comme un emblème supranational. Je me souviens avoir visité une fois le musée national albanais à Tirana avec un ami bulgare. Ce dernier en me montrant la carte de la Grande Albanie a rigolé. Puis il m'a invité à Sofia et là il m'a fait visiter le musée national bulgare et m'a montré la carte de la Grande Bulgarie, qui allait jusqu'à l'Adriatique. Nous sommes dans les Balkans. Je me souviens de m'être promené sur la frontière albano-macédonienne à un moment de grande tension entre communautés albanaise et slave de Macédoine. En effet, avec des hélicoptères de combat de fabrication russe, les slavo-macédoniens bombardaient des villages albanais macédoniens. Sur la frontière durant ces événement, à un moment je tombe sur un terrain de foot sommaire, où jouaient des enfants. Je m'approche et leur parle, ils m'apprennent que nous sommes en Macédoine , alors j'étais sorti d'Albanie sans m'en rendre compte, et eux étaient albanais d'Albanie et jouaient en Macédoine au pied de miradors supposés surveiller la frontière. Alors que les journaux du monde entier parlaient d'actes de guerre en Macédoine, la frontière en dehors des postes frontière restait tout à fait perméable pour les Albanais. Et les grecs n'acceptaient pas, peut-être encore, cette appellation Macédoine, et demandaient que le pays s'appelle l'ancienne république yougoslave de Macédoine. La réalité balkanique nous échappe quelque peu. Pour s'en faire une idée il faut rentrer dans la littérature de cette région, à travers des auteurs de différentes origines, Ismael Kadaré "avril brisé", Ylljet Aliçka "les slogans de pierre", Jusuf Vrioni "Mondes effacés souvenirs d'un Européen", Luan Starova "les livres de mon père", Necati Cumali "le dernier seigneur des Balkans", le prix Nobel Ivo Andric "un pont sur la Drina" et beaucoup d'autres. Les Balkans quand on s'y plonge on n'en sort plus, lieu d'achoppement entre catholiques, orthodoxes et musulmans au cours des siècles. Et puis on a vraiment l'impression de voyager, plein de frontières très proches, alors que l'on va de Gibraltar à Tallinn sans en voir une seule. A plusieurs reprises il m'est arrivé de tomber sur des douaniers curieux qui s'exclamaient devant les visas de pays lointains. Le poste frontière dont tu parles entre Ohrid et Pogradec, je l'ai passé plusieurs fois dans les deux sens. une fois que je sortais d'Albanie le douanier macédonien était albanais et je lui ai parlé en albanais, mes compagnons étaient tout étonnés que ce douanier macédonien soit albanais, le charme de Balkans. Bonsoir Luc
quelques souvenirs de passages de frontières
passage du bac en Gambie avec un troupeau d'ânes !

entre le Mali et le Burkina faso, à la descente du bus, on a nous a pris notre température (frontale je précise [;)]) et on a du se laver les mains devant une préposée (période du virus Ebola)


entre Bénin et Togo à l’extrême sud (en passant par grand popo) : tenter de passer la frontière en pirogue sans visa (juste pour une balade dans le village) : malchance, présence de douaniers : on s'est faite refouler !
entre Burkina Faso et Togo : j'arrive en moto au poste frontière Burkinabé paumé dans la brousse : on ne peut pas me tamponner ma sortie du territoire car "on a pas le tampon", il faudrait que je retourne 15 bornes plus haut etc ... bref ça me gave, je dis niet, et je continue. je me présente au poste frontière Togolais : le gus me prend mon passeport .... pas de soucis, je paye mon visa de transit et je rentre. le soir à l’hébergement, je m’aperçois que le gars à fait sur Facebook une demande "ami"
petites histoires il y en aurait tant d'autres .[:)]
passage du bac en Gambie avec un troupeau d'ânes !

entre le Mali et le Burkina faso, à la descente du bus, on a nous a pris notre température (frontale je précise [;)]) et on a du se laver les mains devant une préposée (période du virus Ebola)


entre Bénin et Togo à l’extrême sud (en passant par grand popo) : tenter de passer la frontière en pirogue sans visa (juste pour une balade dans le village) : malchance, présence de douaniers : on s'est faite refouler !
entre Burkina Faso et Togo : j'arrive en moto au poste frontière Burkinabé paumé dans la brousse : on ne peut pas me tamponner ma sortie du territoire car "on a pas le tampon", il faudrait que je retourne 15 bornes plus haut etc ... bref ça me gave, je dis niet, et je continue. je me présente au poste frontière Togolais : le gus me prend mon passeport .... pas de soucis, je paye mon visa de transit et je rentre. le soir à l’hébergement, je m’aperçois que le gars à fait sur Facebook une demande "ami"
petites histoires il y en aurait tant d'autres .[:)]
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/
http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
quelques souvenirs de passages de frontières
petites histoires il y en aurait tant d'autres .[:)]
Je ne demande que ça ! Merci X
petites histoires il y en aurait tant d'autres .[:)]
Je ne demande que ça ! Merci X
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Les Balkans quand on s'y plonge on n'en sort plus...
Salut Luc
Merci pour tes recommandations de lecture, elles m’intéressent.
Pour ce qui est des drapeaux leur présence et usage sont parfois déroutants. Entre celui de l’UE en Albanie et celui de l’Albanie au Kosovo… Ce qui me surprenait était le fait que ce soit le drapeau albanais qui flottait aux dessus des douanes kosovares… La complexité historique et les mélanges ethniques qui en découlent sont parfois (souvent) difficiles à suivre et à comprendre pour le touriste de passage !
Quant aux Balkans, je comprends ton attachement (d’autant plus que tu les connais bien) car malgré notre bien trop courte odyssée nous avons eu quelques moments forts… et fort charmants. Nous sommes bien sur tombés sous le charme (parfois bien caché) de Sarajevo, l’extraordinaire beauté des paysages monténégrins et surtout avons été impressionnés par l’extrême gentillesse des Kosovars et agréablement surpris par l’atmosphère/ambiance en Albanie. Je passe sur l’état de certaines routes et le volume d’ordures que l’on trouve un peu trop fréquemment… jusque dans les superbes parcs nationaux (en Macédoine particulièrement). En Albanie (Pogradec), nous avons été amusés de constater que l’ambassade d’Australie sponsorise même… les poubelles en ville !!! En voilà une excellente utilisation de ‘mes’ impôts !!!
Bien sûr, pouvoir parler la langue locale ouvre d’autres horizons, toutefois une importante partie de la population (la plus jeune) parle de plus en plus et de mieux en mieux l’anglais ce qui facilite les choses.
Pour terminer, une amusante coïncidence car c’est justement à Pogradec que j’ai vu la peinture la plus ‘extraordinairement bizarre’… depuis longtemps. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de la prendre en photo. Elle n’a absolument rien à voir (je l’espère !) avec le peintre Taso que tu mentionnes. A+ X
Salut Luc
Merci pour tes recommandations de lecture, elles m’intéressent.
Pour ce qui est des drapeaux leur présence et usage sont parfois déroutants. Entre celui de l’UE en Albanie et celui de l’Albanie au Kosovo… Ce qui me surprenait était le fait que ce soit le drapeau albanais qui flottait aux dessus des douanes kosovares… La complexité historique et les mélanges ethniques qui en découlent sont parfois (souvent) difficiles à suivre et à comprendre pour le touriste de passage !
Quant aux Balkans, je comprends ton attachement (d’autant plus que tu les connais bien) car malgré notre bien trop courte odyssée nous avons eu quelques moments forts… et fort charmants. Nous sommes bien sur tombés sous le charme (parfois bien caché) de Sarajevo, l’extraordinaire beauté des paysages monténégrins et surtout avons été impressionnés par l’extrême gentillesse des Kosovars et agréablement surpris par l’atmosphère/ambiance en Albanie. Je passe sur l’état de certaines routes et le volume d’ordures que l’on trouve un peu trop fréquemment… jusque dans les superbes parcs nationaux (en Macédoine particulièrement). En Albanie (Pogradec), nous avons été amusés de constater que l’ambassade d’Australie sponsorise même… les poubelles en ville !!! En voilà une excellente utilisation de ‘mes’ impôts !!!
Bien sûr, pouvoir parler la langue locale ouvre d’autres horizons, toutefois une importante partie de la population (la plus jeune) parle de plus en plus et de mieux en mieux l’anglais ce qui facilite les choses.
Pour terminer, une amusante coïncidence car c’est justement à Pogradec que j’ai vu la peinture la plus ‘extraordinairement bizarre’… depuis longtemps. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de la prendre en photo. Elle n’a absolument rien à voir (je l’espère !) avec le peintre Taso que tu mentionnes. A+ X
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Béatrice,
J'adore tes passages de frontières africaines! Encore !!! PS : est-ce que tu as vu mon partage d'infos intitulé "Mozambique pratique septembre 2017" avec un petit récit en prélude qui est un passage de frontière?
Au plaisir de te lire à nouveau Marine
J'adore tes passages de frontières africaines! Encore !!! PS : est-ce que tu as vu mon partage d'infos intitulé "Mozambique pratique septembre 2017" avec un petit récit en prélude qui est un passage de frontière?
Au plaisir de te lire à nouveau Marine
"Nous, on a le temps
Vous, vous avez l'heure"
dixit un chamelier dans le désert...
Le plus inopiné :
Septembre 2017. Aujourd’hui nous quittons les bords du lac Ohrid pour de bon et partons en direction de Gjirokastër, une ville située dans le sud de l’Albanie. Je regarde donc Google Maps pour voir quel est le meilleur itinéraire proposé (et par la même occasion montrer le niveau de préparation ou plutôt d’impréparation quand je suis en vacances !!!).
Deux options et là, surprise : la route la plus rapide passe par la… Grèce ??? goo.gl/maps/D9jHPzETcus
Je jubile déjà, moins Rosemary qui ajoute : « Quoi, tu vas nous en ajouter une, t’en as pas assez déjà ? » « Jamais ! Et puis depuis le temps que tu me demandes de t’emmener en Grèce… » « Oui mais ce sont les iles que je veux voir, pas un petit bout de route de quelques dizaines de kilomètres. » Ah évidemment, ce n’est pas tout à fait la même chose ! Cependant je dispose d’un atout majeur… que je compte bien abattre dans quelques heures quand nous arriverons à Leskovik, une petite ville dans le sud à l’embranchement de la route soit vers la frontière soit vers Përmet.
Une fois que nous avons passé Korçë, les paysages deviennent somptueux mais la route est vraiment atroce, heureusement il n’y a pas grand monde qui circule… Pas fous les Albanais !

Voici enfin Leskovik, endormie et haut perchée. « Alors que décides-tu, Përmet ou le détour grec ? » « Oui bon, fais ce que tu veux. » Pas folle ma Douce (qui me parait un peu plus pâlotte que ce matin) ! goo.gl/maps/Dac9UfL8bm32
C’est ainsi, (en sifflotant discrètement), que nous arrivons au poste albanais de Tre Urat perdu dans les champs au bord d’une rivière pas trop vive, et accablé de chaleur. Les quatre douaniers présents sont assis à l’ombre, le haut de la chemise déboutonnée et la casquette en arrière. Il doit s’agir de la frontière la plus tranquille de tout le pays à tel point que je me demande si nous ne sommes pas les premiers clients (et peut-être même les seuls) de la journée. Ils se refilent nos passeports pour admirer le kangourou et l’émeu qui ornent la couverture. Ah c’est vrai que ça en jette ! Satisfaits, ils nous saluent pendant que l’un d’eux lève la barrière.
Un peu plus loin, nous passons le pont-frontière qui enjambe la Viosa, une rivière de pierres et arrivons au poste grec de Melissopetra entouré de parkings dignes de ceux d’un supermarché… un jour férié : immenses et complètement vides. Même le préau devant les bâtiments des douanes est démesuré et entièrement désert. Aurait-on la folie de grandeurs en Grèce ? Pas même un douanier à l’horizon.
Au bout de quelques minutes, je descends de la voiture pour aller aux nouvelles. J’entre à l’intérieur du bâtiment administratif. Personne !? Je passe dans la pièce suivante et au fond du couloir j’entends une voix qui semble venir d’un bureau dont la porte est entre-ouverte. Deux douaniers écoutent attentivement leur chef assis derrière un bureau. Je viens donc me faire voir chez les Grecs et après avoir tapé discrètement à la porte leur lance un petit « Hello ! » Le chef me répond : « Hello, where are you coming from ? » La question est ambigüe ! « Just now, from Albania, across the river. » « No, I mean what passport do you hold ? » Hum que répondre ? Si je lui dis Français les formalités seront peut-être simplifiées mais si je lui dis Australien là j’aurai droit à un tampon. Cruel dilemme qui ne dure qu’une demi-seconde. « Australian. » « OK, I’ll be with you soon, please wait outside. »
Quelques (longues) minutes plus tard, le chef me demande de venir le voir à son guichet. Autre pays, autres mœurs car c’est la première fois que je dois sortir de la voiture pour voir un douanier. Jusqu’à maintenant cela se passait comme à un péage d’autoroute. « Australien… Y’a beaucoup de Grecs en Australie pas vrai ? » me demande-t-il. « Euh oui, surtout à Melbourne, c’est là que se trouve la plus grande communauté grecque en dehors de la Grèce parait-il. » réponds-je (en me rappelant un article récemment lu à propos du dernier recensement australien). « Vous êtes déjà venu en Grèce ? » demande-t-il en tapant mon nom. « Oui, une fois, en 1976… et à l’époque il n’y avait pas d’ordinateur à la frontière. » dis-je en le voyant taper péniblement avec deux doigts. En fait, je suis sûr qu’il n’était même pas né en 1976 ! « Casablanca ! Ouah, c’est la première fois que je vois quelqu’un né à Ca-sa-blan-ca. » commente-t-il tout excité en épluchant le passeport de Rosemary restée dans la voiture. Malgré toute son application, il appose un tampon à peine lisible mais qui fera l’affaire. Pas question de faire le difficile. « Bien maintenant vous allez voir mon collègue qui est près de votre voiture, il voudra voir les papiers de la voiture et l’inspecter. Au revoir et bonne route. » termine-t-il avec un grand sourire.
Effectivement, son collègue m’attend déjà en faisant le tour de la voiture. Il parle doucement en faisant bien attention de ne pas faire de fautes d’anglais. Comme le douanier kosovar d’il y a quelques jours, il a, lui aussi, des yeux incroyablement verts. Mais d’où descendent-ils tous ces douaniers ? « Je voudrais voir le passeport du propriétaire et les papiers du véhicule et inspecter l’intérieur et le coffre aussi, s’il vous plait. » annonce-t-il calmement. « Ah, vous n’êtes pas Croate, ce n’est donc pas votre voiture. » « C’est une voiture de location que nous avons prise à Dubrovnik et que nous ramènerons dans quelques jours... si tout va bien ! » dis-je en ouvrant le coffre. Rassuré que nous ne transportons pas de clandestins, il s’inquiète toutefois de savoir pourquoi nous venons en Grèce. Un peu gêné, je lui explique que nous allons passer la nuit à Gjirokastër et que nous ne faisons qu’un court détour en Grèce uniquement parce que les routes sont bien meilleures ici que de l’autre côté. Il acquiesce de la tête et ajoute sans avoir l’air surpris : « Oui, c’est vrai, vous devriez y être dans une bonne heure… s’il n’y a pas la queue à l’autre poste-frontière. Là-bas il y a plus de passage qu’ici. » nous informe-t-il. Là, ce n’est pas difficile vu la foule ! « Hum, avez-vous quelque chose à déclarer comme des cigarettes, de l'alcool ou d'autres choses achetées en Albanie ? » ajoute-t-il en jetant un regard appuyé sur nos valises et sacs rangés dans le coffre et en se demandant s'il doit oui ou non nous les faire ouvrir. Je n'ose pas lui avouer que nous ne sommes pas restés suffisamment longtemps en Albanie pour faire du shopping. « Non seulement du raisin. » « Bien, je vous souhaite un bon séjour en Grèce même si ce ne sera pas pour longtemps et après où que vous alliez. » termine-t-il en actionnant une commande électronique pour ouvrir la barrière.
Bienvenue en Grèce… où les départementales sont plus larges que les autoroutes albanaises… enfin presque ! Par contre la conduite des Grecs !!! Un peuple de Frangio.
Une heure plus tard nous arrivons à Kakavia / Ktismata où une nouvelle frontière nous attend.
Je jubile déjà, moins Rosemary qui ajoute : « Quoi, tu vas nous en ajouter une, t’en as pas assez déjà ? » « Jamais ! Et puis depuis le temps que tu me demandes de t’emmener en Grèce… » « Oui mais ce sont les iles que je veux voir, pas un petit bout de route de quelques dizaines de kilomètres. » Ah évidemment, ce n’est pas tout à fait la même chose ! Cependant je dispose d’un atout majeur… que je compte bien abattre dans quelques heures quand nous arriverons à Leskovik, une petite ville dans le sud à l’embranchement de la route soit vers la frontière soit vers Përmet.
Une fois que nous avons passé Korçë, les paysages deviennent somptueux mais la route est vraiment atroce, heureusement il n’y a pas grand monde qui circule… Pas fous les Albanais !

Voici enfin Leskovik, endormie et haut perchée. « Alors que décides-tu, Përmet ou le détour grec ? » « Oui bon, fais ce que tu veux. » Pas folle ma Douce (qui me parait un peu plus pâlotte que ce matin) ! goo.gl/maps/Dac9UfL8bm32
C’est ainsi, (en sifflotant discrètement), que nous arrivons au poste albanais de Tre Urat perdu dans les champs au bord d’une rivière pas trop vive, et accablé de chaleur. Les quatre douaniers présents sont assis à l’ombre, le haut de la chemise déboutonnée et la casquette en arrière. Il doit s’agir de la frontière la plus tranquille de tout le pays à tel point que je me demande si nous ne sommes pas les premiers clients (et peut-être même les seuls) de la journée. Ils se refilent nos passeports pour admirer le kangourou et l’émeu qui ornent la couverture. Ah c’est vrai que ça en jette ! Satisfaits, ils nous saluent pendant que l’un d’eux lève la barrière.
Un peu plus loin, nous passons le pont-frontière qui enjambe la Viosa, une rivière de pierres et arrivons au poste grec de Melissopetra entouré de parkings dignes de ceux d’un supermarché… un jour férié : immenses et complètement vides. Même le préau devant les bâtiments des douanes est démesuré et entièrement désert. Aurait-on la folie de grandeurs en Grèce ? Pas même un douanier à l’horizon.
Au bout de quelques minutes, je descends de la voiture pour aller aux nouvelles. J’entre à l’intérieur du bâtiment administratif. Personne !? Je passe dans la pièce suivante et au fond du couloir j’entends une voix qui semble venir d’un bureau dont la porte est entre-ouverte. Deux douaniers écoutent attentivement leur chef assis derrière un bureau. Je viens donc me faire voir chez les Grecs et après avoir tapé discrètement à la porte leur lance un petit « Hello ! » Le chef me répond : « Hello, where are you coming from ? » La question est ambigüe ! « Just now, from Albania, across the river. » « No, I mean what passport do you hold ? » Hum que répondre ? Si je lui dis Français les formalités seront peut-être simplifiées mais si je lui dis Australien là j’aurai droit à un tampon. Cruel dilemme qui ne dure qu’une demi-seconde. « Australian. » « OK, I’ll be with you soon, please wait outside. »
Quelques (longues) minutes plus tard, le chef me demande de venir le voir à son guichet. Autre pays, autres mœurs car c’est la première fois que je dois sortir de la voiture pour voir un douanier. Jusqu’à maintenant cela se passait comme à un péage d’autoroute. « Australien… Y’a beaucoup de Grecs en Australie pas vrai ? » me demande-t-il. « Euh oui, surtout à Melbourne, c’est là que se trouve la plus grande communauté grecque en dehors de la Grèce parait-il. » réponds-je (en me rappelant un article récemment lu à propos du dernier recensement australien). « Vous êtes déjà venu en Grèce ? » demande-t-il en tapant mon nom. « Oui, une fois, en 1976… et à l’époque il n’y avait pas d’ordinateur à la frontière. » dis-je en le voyant taper péniblement avec deux doigts. En fait, je suis sûr qu’il n’était même pas né en 1976 ! « Casablanca ! Ouah, c’est la première fois que je vois quelqu’un né à Ca-sa-blan-ca. » commente-t-il tout excité en épluchant le passeport de Rosemary restée dans la voiture. Malgré toute son application, il appose un tampon à peine lisible mais qui fera l’affaire. Pas question de faire le difficile. « Bien maintenant vous allez voir mon collègue qui est près de votre voiture, il voudra voir les papiers de la voiture et l’inspecter. Au revoir et bonne route. » termine-t-il avec un grand sourire.
Effectivement, son collègue m’attend déjà en faisant le tour de la voiture. Il parle doucement en faisant bien attention de ne pas faire de fautes d’anglais. Comme le douanier kosovar d’il y a quelques jours, il a, lui aussi, des yeux incroyablement verts. Mais d’où descendent-ils tous ces douaniers ? « Je voudrais voir le passeport du propriétaire et les papiers du véhicule et inspecter l’intérieur et le coffre aussi, s’il vous plait. » annonce-t-il calmement. « Ah, vous n’êtes pas Croate, ce n’est donc pas votre voiture. » « C’est une voiture de location que nous avons prise à Dubrovnik et que nous ramènerons dans quelques jours... si tout va bien ! » dis-je en ouvrant le coffre. Rassuré que nous ne transportons pas de clandestins, il s’inquiète toutefois de savoir pourquoi nous venons en Grèce. Un peu gêné, je lui explique que nous allons passer la nuit à Gjirokastër et que nous ne faisons qu’un court détour en Grèce uniquement parce que les routes sont bien meilleures ici que de l’autre côté. Il acquiesce de la tête et ajoute sans avoir l’air surpris : « Oui, c’est vrai, vous devriez y être dans une bonne heure… s’il n’y a pas la queue à l’autre poste-frontière. Là-bas il y a plus de passage qu’ici. » nous informe-t-il. Là, ce n’est pas difficile vu la foule ! « Hum, avez-vous quelque chose à déclarer comme des cigarettes, de l'alcool ou d'autres choses achetées en Albanie ? » ajoute-t-il en jetant un regard appuyé sur nos valises et sacs rangés dans le coffre et en se demandant s'il doit oui ou non nous les faire ouvrir. Je n'ose pas lui avouer que nous ne sommes pas restés suffisamment longtemps en Albanie pour faire du shopping. « Non seulement du raisin. » « Bien, je vous souhaite un bon séjour en Grèce même si ce ne sera pas pour longtemps et après où que vous alliez. » termine-t-il en actionnant une commande électronique pour ouvrir la barrière.
Bienvenue en Grèce… où les départementales sont plus larges que les autoroutes albanaises… enfin presque ! Par contre la conduite des Grecs !!! Un peuple de Frangio.
Une heure plus tard nous arrivons à Kakavia / Ktismata où une nouvelle frontière nous attend.
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
je viens de lire ton passage de frontière [;)].... oui mieux vaut ne pas virer hystérique.
tout est folkorique dans ces passages de frontières africains. Mais pas toujours drôles, surtout quand ton passeport disparait dans les mains de qui tu ne sais pas vraiment. à la frontière Mauritanie/Senegal, à Rosso, il y a des gugus qui te font croire qu'ils nt de la police, te prennent ton passeport des mains, et tu les suis comme un toutou suit son os ! je me suis fait avoir la première fois, mais les autres fois, je les ai envoyer paitre bien comme faut. Alors j'ai offert le spectacle d'une nana qui hurlait à la meute "ne touchez pas à ma valise ne touchez pas à ma valise" (en descendant de la carriole à cheval qui me menait au poste frontière). cramponnée à la valise (ou le sac à dos) d'une main et au passeport de l'autre, manifestant le mécontement aux gars qui me collaient au train .....on est fatiguée ensuite. [:)] Quand, en plus, on attend 3 heures de suite que le bureau ouvre à 15 h (repas + prière = en fait grosse sieste) on peut criser sans se forcer. [:/] mais bon, ça fait des souvenirs.
mais on a bien rigolé avec les flics gambiens, qui profitaient de l'occasion pour faire une demande en mariage [;)] ma foi, au cas où !
tout est folkorique dans ces passages de frontières africains. Mais pas toujours drôles, surtout quand ton passeport disparait dans les mains de qui tu ne sais pas vraiment. à la frontière Mauritanie/Senegal, à Rosso, il y a des gugus qui te font croire qu'ils nt de la police, te prennent ton passeport des mains, et tu les suis comme un toutou suit son os ! je me suis fait avoir la première fois, mais les autres fois, je les ai envoyer paitre bien comme faut. Alors j'ai offert le spectacle d'une nana qui hurlait à la meute "ne touchez pas à ma valise ne touchez pas à ma valise" (en descendant de la carriole à cheval qui me menait au poste frontière). cramponnée à la valise (ou le sac à dos) d'une main et au passeport de l'autre, manifestant le mécontement aux gars qui me collaient au train .....on est fatiguée ensuite. [:)] Quand, en plus, on attend 3 heures de suite que le bureau ouvre à 15 h (repas + prière = en fait grosse sieste) on peut criser sans se forcer. [:/] mais bon, ça fait des souvenirs.
mais on a bien rigolé avec les flics gambiens, qui profitaient de l'occasion pour faire une demande en mariage [;)] ma foi, au cas où !
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Hahaha... la demande en mariage au passage?
Sérieux???
Effectivement, ça fait de bonnes histoires à raconter!
Si tu en as encore d'autres, je suis preneuse ( au risque de me répéter)
Pour ce qui est de criser, j'ai craqué une fois, à la frontière Népal-Inde. J'avais 17 ans et pas beaucoup de patience. Les indiens n'en finissaient pas de se montrer tatillons, de fouiller les bagages, tout ça avec un certain flegme, pour ne pas dire un flegme certain. Comme ils prenanient un peu trop leur temps à mon goût; ce qui ne les empêchait pas de foutre la pagaille dans le sac; j'ai pris mon sac à dos, l'ai retourné d'un geste et en ai vidé tout le contenu par terre, tellement j'étais énervée! Hahaha! J'ai craqué, là! Ils ont un peu rigolé parce que ça ne leur était peut-être jamais arrivé, mais après j'ai eu la paix. Bon, le plus chiant, finalement, ça a été de tout remettre dans mon sac après... mais au moins, c'était MA pagaille !
Pour ce qui est de criser, j'ai craqué une fois, à la frontière Népal-Inde. J'avais 17 ans et pas beaucoup de patience. Les indiens n'en finissaient pas de se montrer tatillons, de fouiller les bagages, tout ça avec un certain flegme, pour ne pas dire un flegme certain. Comme ils prenanient un peu trop leur temps à mon goût; ce qui ne les empêchait pas de foutre la pagaille dans le sac; j'ai pris mon sac à dos, l'ai retourné d'un geste et en ai vidé tout le contenu par terre, tellement j'étais énervée! Hahaha! J'ai craqué, là! Ils ont un peu rigolé parce que ça ne leur était peut-être jamais arrivé, mais après j'ai eu la paix. Bon, le plus chiant, finalement, ça a été de tout remettre dans mon sac après... mais au moins, c'était MA pagaille !
"Nous, on a le temps
Vous, vous avez l'heure"
dixit un chamelier dans le désert...
Je pense que si on se mettait dans la peau d un pakustanais ou d un gambien arrivant a Roissy , on aurait surement des anecdotes a raconter, et pas marrantes comme celles que nous partageons. Je viens de lire un article du monde sur les zones de controles ds nos aeroports... [:/]
Nous au moins nous poursuivons nos voyages.
Demande en mariage... Vaste programme [;)] bon c est de la plaisanterie bien sur mais derriere il peut y avoir d autres desirs. Sexe facile, Relation debouchant sur une immigration plus facile en europe, avantages financiers.. Tt est possible. Des femmes ruropeennes jouent ces jeux la. Alors ils tentent. Mais ce n est jamais grossier, et ils acceptent le non avec elegance. Il faut rester dans l humour et la courtoisie.
Demande en mariage... Vaste programme [;)] bon c est de la plaisanterie bien sur mais derriere il peut y avoir d autres desirs. Sexe facile, Relation debouchant sur une immigration plus facile en europe, avantages financiers.. Tt est possible. Des femmes ruropeennes jouent ces jeux la. Alors ils tentent. Mais ce n est jamais grossier, et ils acceptent le non avec elegance. Il faut rester dans l humour et la courtoisie.
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Voilà un truc qui me fascine.
L'humour qui ouvre des portes (littéralement quand on est à la frontière).
Il y a des paroles, des attitudes qu'on peut se permettre quelque part et pas ailleurs.
J'ai pas essayé de lécher un timbre à l'effigie du roi de Thaïlande par exemple.... Car c'est supposé être un crime de lèse-majesté. Par contre un officier de police thaï m'a écrit en gros au marqueur sur un papier la destination pour m'aider à faire du stop jusqu'à la frontière avec le Laos ( il n'y avait plus de bus)... et c'est comme ça que j'ai débarqué de nuit à Chiang Kong.
L'officier, quand je lui ai parlé de faire du stop m'a dit: " ce n'est pas possible; ce n'est pas possible!" Et quand je lui ai dit :"Pourquoi pas?!" avec un grand sourire ; il m'a regardé, l'air sévère et interloqué, puis me faisant signe de ne pas bouger, a tourné les talons. J'ai bien cru que j'avais fait un excès d'humour (et d'optimisme) et qu'il allait ressortir de son bureau pour me menotter... Mais non... il est ressorti avec le papier où il avait écrit en thaï : "Je veux aller à Chiang Kong" . Trop mignon!
(J'ai toujours le papier... !)
Aujourd'hui je sais pas comment c'est, mais en 2000 c'était une petite route très peu fréquentée qui longeait le Mekong. Au coucher du soleil, quelle beauté! Le vert du paysage, le brun boueux du Mekong, le silence... De la lumière et des couleurs plein les yeux, j'ai marché tranquille pendant un bon moment. Quand le jour commençait franchement à décliner, une voiture est passée, j'ai brandi ma feuille de papier et le type s'est arrêté.
C'était trop marrant. Je comprenais pas un mot de thaï et lui ne comprenait pas un mot d'anglais. Mais qu'est-ce qu'il était bavard!!! Il me parlait, je ne comprenais pas, ça ne faisait rien, il éclatait de rire et il reprenait de plus belle. Un moment il a mis une cassette de musique (eh ouais, y'avait encore des cassettes à l'époque ! )... Avec le Mekong, la lune qui s'était levée sur le fleuve et la musique, c'est devenu complètement inoubliable! J'ai fini par acheter une cassette du même chanteur à Bangkok... Peu importe que ce soit complètement kitsch... ça me rappelait de bons souvenirs.
Je n'ai passé la frontière que plus tard, après une bonne nuit de sommeil dans la guest-house où je logeais, plus une journée entière en pyjama qui m'a permit de faire la lessive du seul jean qui m'enveloppais héroïquement depuis 15 jours, et d'arriver toute pimpante à la frontière laotienne, de l'autre côté du Mekong, . Là j'ai changé les baths en kip, et embarqué à bord d' un bâteau lent qui descendait jusqu"à Luang Prabang.
Bon, je crois que j'ai un peu dérivé... Comment on se retrouve sur le Mekong alors que j'étais au Mozambique tout à l'heure? Tout ça à cause du Roi de Thaïlande...
Ah oui, ce que je voulais dire; c'est qu'il faut pas trop rigoler aux passages de frontière français. L'humour étant vu comme un manque de respect, de considération, ou carrément une offense... alors qu'en Afrique, je me demande si au contraire le manque d'humour n'est pas perçu comme un manque de savoir vivre?
Aujourd'hui je sais pas comment c'est, mais en 2000 c'était une petite route très peu fréquentée qui longeait le Mekong. Au coucher du soleil, quelle beauté! Le vert du paysage, le brun boueux du Mekong, le silence... De la lumière et des couleurs plein les yeux, j'ai marché tranquille pendant un bon moment. Quand le jour commençait franchement à décliner, une voiture est passée, j'ai brandi ma feuille de papier et le type s'est arrêté.
C'était trop marrant. Je comprenais pas un mot de thaï et lui ne comprenait pas un mot d'anglais. Mais qu'est-ce qu'il était bavard!!! Il me parlait, je ne comprenais pas, ça ne faisait rien, il éclatait de rire et il reprenait de plus belle. Un moment il a mis une cassette de musique (eh ouais, y'avait encore des cassettes à l'époque ! )... Avec le Mekong, la lune qui s'était levée sur le fleuve et la musique, c'est devenu complètement inoubliable! J'ai fini par acheter une cassette du même chanteur à Bangkok... Peu importe que ce soit complètement kitsch... ça me rappelait de bons souvenirs.
Je n'ai passé la frontière que plus tard, après une bonne nuit de sommeil dans la guest-house où je logeais, plus une journée entière en pyjama qui m'a permit de faire la lessive du seul jean qui m'enveloppais héroïquement depuis 15 jours, et d'arriver toute pimpante à la frontière laotienne, de l'autre côté du Mekong, . Là j'ai changé les baths en kip, et embarqué à bord d' un bâteau lent qui descendait jusqu"à Luang Prabang.
Bon, je crois que j'ai un peu dérivé... Comment on se retrouve sur le Mekong alors que j'étais au Mozambique tout à l'heure? Tout ça à cause du Roi de Thaïlande...
Ah oui, ce que je voulais dire; c'est qu'il faut pas trop rigoler aux passages de frontière français. L'humour étant vu comme un manque de respect, de considération, ou carrément une offense... alors qu'en Afrique, je me demande si au contraire le manque d'humour n'est pas perçu comme un manque de savoir vivre?
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ça l'humour aux frontières, en Europe, ça "ne le fait pas", c'est certain.
mais l’humour sert à sortir de bien des situations. Ca dédramatise, ça fait prendre de la distance, du recul. et puis il y a des gens , des populations avec qui ça fonctionne super bien. Moi j'ai adoré l'Afrique de l'ouest, ils ont un sens de l'humour épatant. les béninois en particulier.
peu importe que ce soit kitch ou pas kitch : ce qui rend heureux... rend heureux, pourquoi snober certaines émotions au motif qu'elles seraient kitch. qui décide du kitch ? du in ou du out ? je ne crois pas que ces prises de distances soient bien propices au bonheur [;)]
les frontières : il en est de bien tangibles, avec douaniers et PAF, j'adore passer les frontières même si je cherche pas à les collectionner (mais je comprends ça), il en est d'autres plus subtiles à franchir. Finalement moins faciles .... celle qui consiste à se fiche des modes et du quand-dira-t'on en est une. [:)]
je suis parisienne de naissance et cambroussarde d'adoption : autre frontière, on est toujours l'étranger de quelqu'un.
frontières : s'affranchir de .. ? ne pas s'enfermer dans ... ?
[:)]
mais l’humour sert à sortir de bien des situations. Ca dédramatise, ça fait prendre de la distance, du recul. et puis il y a des gens , des populations avec qui ça fonctionne super bien. Moi j'ai adoré l'Afrique de l'ouest, ils ont un sens de l'humour épatant. les béninois en particulier.
peu importe que ce soit kitch ou pas kitch : ce qui rend heureux... rend heureux, pourquoi snober certaines émotions au motif qu'elles seraient kitch. qui décide du kitch ? du in ou du out ? je ne crois pas que ces prises de distances soient bien propices au bonheur [;)]
les frontières : il en est de bien tangibles, avec douaniers et PAF, j'adore passer les frontières même si je cherche pas à les collectionner (mais je comprends ça), il en est d'autres plus subtiles à franchir. Finalement moins faciles .... celle qui consiste à se fiche des modes et du quand-dira-t'on en est une. [:)]
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une histoire (entre autre) de frontières, janvier 2017
https://www.myatlas.com/beatrice/24-heures-en-afrique-ou-l-art-de-la-patience/t/121203
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Je n'arrive pas à accéder à ton lien! VF indique que l'adresse du lien est invalide...
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Ha... [:(] j irais voire ca. Je suis sur mon portable en ce moment.
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Le plus piétonnier :
Septembre 2017. Sur le dernier kilomètre la large route se divise en deux voies bordées de grillages qui se rejoignent à un rond-point juste en face des bâtiments gris des douanes grecques de Kakavia. Au milieu du rond-point, la terrasse d'une petite cafeteria est fréquentée par des voyageurs en train de terminer leur café (… grec j'imagine !) et de toute la faune (changeurs, porteurs, chauffeurs de taxi…etc.) qui généralement erre dans le périmètre immédiat d'une frontière. De la paire de minibus garés un peu à l'écart, émergent des voyageurs, la plupart chargés de baluchons ou de cartons encombrants plus ou moins bien ficelés. Tous se dirigent vers les deux guichets ouverts du bâtiment administratif principal en se faufilant parmi les voitures et camions en attente.
N'étant pas trop sûr de savoir où il faut aller, je suis le flot et me joins aux personnes déjà agglutinées devant une fenêtre ouverte où un mec en uniforme joue du tampon en haussant la voix dès que trop de bras se tendent vers lui. Il pourrait faire avec du renfort… Miracle, nos passeports sont happés, scannés, tamponnés et rendus en quelques minutes.
Je suis la voiture qui démarre devant nous, en prenant soin de ne pas écraser les piétons téméraires ou distraits, qui traversent sans regarder. Quelques mètres plus loin, elle s'arrête de nouveau et quand je vois le conducteur en sortir pour se diriger vers une autre officine tenue par un autre mec en uniforme je file bêtement derrière lui. Ne lisant ni le grec ni l'albanais je ne sais pas pourquoi je suis ici ?! Devant mes grands yeux ronds et interrogatifs, le gars à la casquette me dit : « Papers, car. » et quand je lui les montre ajoute : « OK go. » ce que je fais rapidos.
A droite se trouve une espèce de blockhaus gris blanc qui fait office de duty free shop. C'est un constant va-et-vient de voyageurs venant s'approvisionner en marchandises détaxées. Des sacs pleins à craquer viennent s'ajouter aux cartons que les Albanais ramènent à la maison.
Des nouvelles queues se forment devant les douanes albanaises de Kakavije. Les piétons, largement majoritaires, se frayent difficilement un chemin entre les véhicules. Cette fois nous avons droit à une jeune une douanière qui vient de prendre son service. Pas souriante et déjà passablement énervée d'être constamment interrompue par des piétons qui empruntent les mauvaises files. Mieux vaut faire profil-bas. Elle devient perplexe en regardant l'écran de son ordinateur. C'est vrai que nos mouvements ont de quoi intriguer… troisième entrée en Albanie en quelques jours ! « Est-ce que vous êtes sortis d'Albanie aujourd'hui ? » demande-t-elle. « Oui, mais nous aimons tellement ce pays que nous revenons. » ose-je répondre. Pas sûr qu'elle apprécie l'humour mais, déjà assaillie par un nouveau groupe de piétons, elle nous rend nos passeports sans autre commentaire.
Si l'énorme et relativement récent bâtiment administratif des douanes de ce côté-ci a plus d'allure il n'en va pas de même pour le reste. Le dépaysement est garanti, nous avons presque l'impression de débarquer sur un autre continent. En contrebas du vaste parking, un terrain vague se métamorphose en décharge à ciel ouvert. Un camp de Gitans est installé en bordure et à voir le triste état des vieilles caravanes rafistolées parfois sans roues, il ne date pas d'hier et n'est pas près de disparaitre.
Cette triste vision laisse un gout amer que même la superbe chaine de montagnes inclinées, illuminée par les rayons d'un soleil couchant, n'arrivent pas à effacer.
https://goo.gl/maps/7UGeUPMvoPk
N'étant pas trop sûr de savoir où il faut aller, je suis le flot et me joins aux personnes déjà agglutinées devant une fenêtre ouverte où un mec en uniforme joue du tampon en haussant la voix dès que trop de bras se tendent vers lui. Il pourrait faire avec du renfort… Miracle, nos passeports sont happés, scannés, tamponnés et rendus en quelques minutes.
Je suis la voiture qui démarre devant nous, en prenant soin de ne pas écraser les piétons téméraires ou distraits, qui traversent sans regarder. Quelques mètres plus loin, elle s'arrête de nouveau et quand je vois le conducteur en sortir pour se diriger vers une autre officine tenue par un autre mec en uniforme je file bêtement derrière lui. Ne lisant ni le grec ni l'albanais je ne sais pas pourquoi je suis ici ?! Devant mes grands yeux ronds et interrogatifs, le gars à la casquette me dit : « Papers, car. » et quand je lui les montre ajoute : « OK go. » ce que je fais rapidos.
A droite se trouve une espèce de blockhaus gris blanc qui fait office de duty free shop. C'est un constant va-et-vient de voyageurs venant s'approvisionner en marchandises détaxées. Des sacs pleins à craquer viennent s'ajouter aux cartons que les Albanais ramènent à la maison.
Des nouvelles queues se forment devant les douanes albanaises de Kakavije. Les piétons, largement majoritaires, se frayent difficilement un chemin entre les véhicules. Cette fois nous avons droit à une jeune une douanière qui vient de prendre son service. Pas souriante et déjà passablement énervée d'être constamment interrompue par des piétons qui empruntent les mauvaises files. Mieux vaut faire profil-bas. Elle devient perplexe en regardant l'écran de son ordinateur. C'est vrai que nos mouvements ont de quoi intriguer… troisième entrée en Albanie en quelques jours ! « Est-ce que vous êtes sortis d'Albanie aujourd'hui ? » demande-t-elle. « Oui, mais nous aimons tellement ce pays que nous revenons. » ose-je répondre. Pas sûr qu'elle apprécie l'humour mais, déjà assaillie par un nouveau groupe de piétons, elle nous rend nos passeports sans autre commentaire.
Si l'énorme et relativement récent bâtiment administratif des douanes de ce côté-ci a plus d'allure il n'en va pas de même pour le reste. Le dépaysement est garanti, nous avons presque l'impression de débarquer sur un autre continent. En contrebas du vaste parking, un terrain vague se métamorphose en décharge à ciel ouvert. Un camp de Gitans est installé en bordure et à voir le triste état des vieilles caravanes rafistolées parfois sans roues, il ne date pas d'hier et n'est pas près de disparaitre.
Cette triste vision laisse un gout amer que même la superbe chaine de montagnes inclinées, illuminée par les rayons d'un soleil couchant, n'arrivent pas à effacer.
https://goo.gl/maps/7UGeUPMvoPk
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Une frontière artistique : http://edition.cnn.com/2017/10/10/us/border-wall-picnic-trnd/index.html
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Le plus louche :
Septembre 2017. Nous longeons les rives d’un autre lac frontalier, celui de Schröder cette fois. Entre la route et le rivage que l’on devine plus que l’on le voit, les champs et marécages sont parsemés d’énormes villas colorées et de bâtisses inachevées. Ce bel endroit se transforme petit à petit en zones résidentielles pour Albanais aisés ou expatriés (un peu la même chose). L’art du ‘Mastuvu’ fait fureur dans le coin.
La route, sur les derniers kilomètres avant la frontière, est nickel, ceux qui la prennent dans le sens inverse sont sans aucun doute très impressionnés par leur arrivée en Albanie d’autant plus que le panorama d’un côté sur le lac et de l’autre sur les imposantes montagnes est particulièrement magnifique.

Pour nous, les choses se gâtent quelques centaines de mètres avant le poste des douanes d’Hani i Hotit / Bozaj quand le macadam fait place à la terre battue et aux cailloux. Derrière les cahuttes en préfabriqué alignées des deux côtés de la piste, une excavatrice à l’ouvrage drague le bord du lac pendant qu’un autre engin enfonce des piliers métalliques dans la boue. Poussière et vacarme tel est le lot de ces pauvres douaniers alors qu’ils pourraient profiter d’un cadre presque paradisiaque. Quelle injustice… mais c’est pour la bonne cause puisque leurs gouvernements respectifs ont décidé de leur offrir de tout nouveaux locaux parfaitement assortis à la nouvelle route. Juste une histoire de patience, c’est tout.
De la patience, il nous en faut aussi car ça n’avance pas très vite en ce milieu d’après-midi. Devant nous, une voiture sans plaque d’immatriculation !? Je me demande comment il compte passer la frontière celui-là ? Derrière nous, une BMW immaculée où deux hommes bien sapés, tout en noir, lunettes de soleil et cheveux gominés en arrière inclus n’arrêtent pas de sortir et de rentrer de la voiture un portable à la main, de vrais mafiosi en effervescence. L’un d’eux semble connaitre tous les douaniers du poste, c’est à peine s’ils ne se mettent pas au garde-à-vous en claquant des talons dès qu’ils le voient. En observant les deux loustics, j’échafaude toute une série de scenari : trafiquants, hommes de main, tueurs à gage, agents secrets, businessmen, gardes du corps… la liste s’allonge à mesure que dure l’attente.
Le mec sans plaque vient de passer la première douane comme une lettre à la poste !? Mon douanier, blasé et recouvert de poussière, ne lève même pas la tête et me redonne nos documents sans un mot.
J’avance cinq mètres et le temps de redonner le tout à ma navigatrice, voilà-t-y pas que la BMW me double en faisant une queue de poisson dans un nuage de poussière puis se met en travers de la route pour pouvoir parler à un couple de sosies dans une BMW absolument identique à la leur et qui vient juste de passer la frontière dans le sens inverse ??? Rencontre au sommet dans le no man’s land ! Bavardages, rigolades et grosses tapes dans le dos, définitivement pas des agents secrets avec un tel manque de discrétion.
Pendant ce temps, le mec sans plaque vient de passer la deuxième douane comme une deuxième lettre à la poste !?x2. Les BMW repartent dans les directions opposées et celle qui me précède ne s’arrête même pas au guichet, un signe de la main du conducteur suffit. Il accélère, projetant ainsi des graviers sur mon parebrise (Petit con va !) puis disparait au premier tournant.
« Crazy driver, that one ! » que je dis au douanier en lui donnant nos passeports. Il me regarde avec des yeux de merlans fris et reste silencieux. Passons. Je m’arrête au petit parking un peu plus loin pour aller voir un panneau représentant les douanes, une fois les travaux terminés… en 201?. Ouais pas mal, mais je crois que l’artiste est très optimiste… une seule voiture de chaque côté et un piéton en transe au milieu de la route. Ah celui-là je crois bien le reconnaitre !!!

https://goo.gl/maps/X4SSAxwCJYv
La route, sur les derniers kilomètres avant la frontière, est nickel, ceux qui la prennent dans le sens inverse sont sans aucun doute très impressionnés par leur arrivée en Albanie d’autant plus que le panorama d’un côté sur le lac et de l’autre sur les imposantes montagnes est particulièrement magnifique.

Pour nous, les choses se gâtent quelques centaines de mètres avant le poste des douanes d’Hani i Hotit / Bozaj quand le macadam fait place à la terre battue et aux cailloux. Derrière les cahuttes en préfabriqué alignées des deux côtés de la piste, une excavatrice à l’ouvrage drague le bord du lac pendant qu’un autre engin enfonce des piliers métalliques dans la boue. Poussière et vacarme tel est le lot de ces pauvres douaniers alors qu’ils pourraient profiter d’un cadre presque paradisiaque. Quelle injustice… mais c’est pour la bonne cause puisque leurs gouvernements respectifs ont décidé de leur offrir de tout nouveaux locaux parfaitement assortis à la nouvelle route. Juste une histoire de patience, c’est tout.
De la patience, il nous en faut aussi car ça n’avance pas très vite en ce milieu d’après-midi. Devant nous, une voiture sans plaque d’immatriculation !? Je me demande comment il compte passer la frontière celui-là ? Derrière nous, une BMW immaculée où deux hommes bien sapés, tout en noir, lunettes de soleil et cheveux gominés en arrière inclus n’arrêtent pas de sortir et de rentrer de la voiture un portable à la main, de vrais mafiosi en effervescence. L’un d’eux semble connaitre tous les douaniers du poste, c’est à peine s’ils ne se mettent pas au garde-à-vous en claquant des talons dès qu’ils le voient. En observant les deux loustics, j’échafaude toute une série de scenari : trafiquants, hommes de main, tueurs à gage, agents secrets, businessmen, gardes du corps… la liste s’allonge à mesure que dure l’attente.
Le mec sans plaque vient de passer la première douane comme une lettre à la poste !? Mon douanier, blasé et recouvert de poussière, ne lève même pas la tête et me redonne nos documents sans un mot.
J’avance cinq mètres et le temps de redonner le tout à ma navigatrice, voilà-t-y pas que la BMW me double en faisant une queue de poisson dans un nuage de poussière puis se met en travers de la route pour pouvoir parler à un couple de sosies dans une BMW absolument identique à la leur et qui vient juste de passer la frontière dans le sens inverse ??? Rencontre au sommet dans le no man’s land ! Bavardages, rigolades et grosses tapes dans le dos, définitivement pas des agents secrets avec un tel manque de discrétion.
Pendant ce temps, le mec sans plaque vient de passer la deuxième douane comme une deuxième lettre à la poste !?x2. Les BMW repartent dans les directions opposées et celle qui me précède ne s’arrête même pas au guichet, un signe de la main du conducteur suffit. Il accélère, projetant ainsi des graviers sur mon parebrise (Petit con va !) puis disparait au premier tournant.
« Crazy driver, that one ! » que je dis au douanier en lui donnant nos passeports. Il me regarde avec des yeux de merlans fris et reste silencieux. Passons. Je m’arrête au petit parking un peu plus loin pour aller voir un panneau représentant les douanes, une fois les travaux terminés… en 201?. Ouais pas mal, mais je crois que l’artiste est très optimiste… une seule voiture de chaque côté et un piéton en transe au milieu de la route. Ah celui-là je crois bien le reconnaitre !!!

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Le plus scénique :
Septembre 2017. Il est temps de boucler la seconde boucle et de revenir à Dubrovnik. Voici donc le dernier passage de frontière de notre balade dans les Balkans et plutôt que de revenir par celle de Karasovici / Debeli Brijed, que nous connaissons déjà, je décide de passer par la frontière de Konfin / Kobila que l’on atteint en empruntant la petite route qui grimpe sur le côté d’un promontoire surplombant la baie d’Herceg Novi.

En plus le tracé de la frontière à cet endroit est un peu particulier et m’intrigue au plus haut point. Peut-être aurais-je l’occasion de l’inspecter de plus près ? En effet, le tracé au lieu de se terminer directement sur la côte fait un petit zigzag qui s’arrête à quelques mètres du rivage puis continue, donnant ainsi une portion plus importante à la Croatie. https://goo.gl/maps/My6vy1k4Shr
Arrivés au poste monténégrin, nous ne trouvons qu’une voiture, immatriculée en Allemagne. Ah, il y a variante, ici pas de cagibi ‘Drive-In’, à la place c’est le douanier en personne qui vient chercher les documents, repart dans son bureau pour les inspecter puis revient nous les délivrer en main-propre. Cool.
Par contre dans le no man’s land, pas moyen de s’arrêter, la route est trop étroite, coincée entre d’un côté un pan rocheux et de l’autre par un haut grillage dressé devant une végétation trop haute et trop dense pour voir quoique ce soit. Zut.
A la sortie d’un virage, nous retrouvons le couple d’Allemands au poste croate. Ici la vue est dégagée et les douanes surplombent la mer, la côte et une curieuse petite ile forteresse (Isla Mamula) située au milieu de l’embouchure. Superbe, ils en ont de la chance les deux douaniers de garde.
Pendant que les Allemands terminent leurs formalités je sors de la voiture pour prendre des photos et tenter de repérer le tracé de la frontière. Grave erreur !
Au moment précis où j’allais appuyer pour prendre la plus belle photo de frontière de tout le voyage (j’avais là la totale : panneaux, drapeau, barrière et la mer bleue au fond…) l’un des douaniers arrive sur moi et, croyant avoir à faire à l’un de ses compatriotes, m’interpelle en croate. A voir son visage crispé et à entendre le son de sa voix, je comprends qu’il n’est vraiment pas mais alors vraiment pas content ! « Sorry, I don’t speak Croatian. » dis-je en lui montrant mon passeport. La tension descend d’un cran et c’est d’une voix à peine plus douce qu’il m’ordonne : « Go back to your car, no picture at the border. ». Pas cool.
Me revoici donc en Croatie, penaud et frustré. Petite consolation toutefois car en allant jusqu’à la presqu’ile plus bas, j’arrive quand même à prendre ce petit poste de frontière accroché à la montagne, mais je crois bien que le gars est en train de m’observer avec ses grosses jumelles.


En plus le tracé de la frontière à cet endroit est un peu particulier et m’intrigue au plus haut point. Peut-être aurais-je l’occasion de l’inspecter de plus près ? En effet, le tracé au lieu de se terminer directement sur la côte fait un petit zigzag qui s’arrête à quelques mètres du rivage puis continue, donnant ainsi une portion plus importante à la Croatie. https://goo.gl/maps/My6vy1k4Shr
Arrivés au poste monténégrin, nous ne trouvons qu’une voiture, immatriculée en Allemagne. Ah, il y a variante, ici pas de cagibi ‘Drive-In’, à la place c’est le douanier en personne qui vient chercher les documents, repart dans son bureau pour les inspecter puis revient nous les délivrer en main-propre. Cool.
Par contre dans le no man’s land, pas moyen de s’arrêter, la route est trop étroite, coincée entre d’un côté un pan rocheux et de l’autre par un haut grillage dressé devant une végétation trop haute et trop dense pour voir quoique ce soit. Zut.
A la sortie d’un virage, nous retrouvons le couple d’Allemands au poste croate. Ici la vue est dégagée et les douanes surplombent la mer, la côte et une curieuse petite ile forteresse (Isla Mamula) située au milieu de l’embouchure. Superbe, ils en ont de la chance les deux douaniers de garde.
Pendant que les Allemands terminent leurs formalités je sors de la voiture pour prendre des photos et tenter de repérer le tracé de la frontière. Grave erreur !
Au moment précis où j’allais appuyer pour prendre la plus belle photo de frontière de tout le voyage (j’avais là la totale : panneaux, drapeau, barrière et la mer bleue au fond…) l’un des douaniers arrive sur moi et, croyant avoir à faire à l’un de ses compatriotes, m’interpelle en croate. A voir son visage crispé et à entendre le son de sa voix, je comprends qu’il n’est vraiment pas mais alors vraiment pas content ! « Sorry, I don’t speak Croatian. » dis-je en lui montrant mon passeport. La tension descend d’un cran et c’est d’une voix à peine plus douce qu’il m’ordonne : « Go back to your car, no picture at the border. ». Pas cool.
Me revoici donc en Croatie, penaud et frustré. Petite consolation toutefois car en allant jusqu’à la presqu’ile plus bas, j’arrive quand même à prendre ce petit poste de frontière accroché à la montagne, mais je crois bien que le gars est en train de m’observer avec ses grosses jumelles.

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Le plus bonus :
Septembre 2017. Déjà sur le chemin du retour et rien qu’à la pensée, en pénétrant dans l’avion à Barcelone, que je n’en sortirai qu’une fois arrivé à Singapour plus de treize heures plus tard, et voilà ma déprime qui monte en flèche. Quand je pense qu’en Mars prochain, Qantas lancera l’un des plus longs vols non-stop au monde : Perth-Londres 18h.20 heures (17 dans le sens inverse) ! Qu’est-ce que ça serait si je devais un jour prendre celui-là ?!
En plus cette année, n’ayant pas fait trop attention au moment de faire les réservations, je nous suis collé un stop-over à Singapour de plus de douze heures… Oops ! OK, il y a bien pire endroit que Changi Airport qui reste malgré tout l’un des meilleurs aéroports au monde. Et puis il y aussi ce bonus : les passagers en long transit peuvent bénéficier d’une visite guidée en ville gratuite… et donc d’un passage de frontière supplémentaire pour bibi !!! Voilà de quoi me faire retrouver le sourire.
Dès que nous débarquons, aux petites heures d’un matin couvert, nous filons au bureau des inscriptions, l’offre étant populaire et les places limitées, la première excursion disponible ne part qu’à onze heures… ce qui nous permet de souffler, de prendre un petit déjeuner tranquillement et de laisser à la consigne nos bagages à main uniquement (nos valises étant prises en charge jusqu’à Perth).
A l’heure dite, nous retrouvons notre groupe composé d’une trentaine de personnes venues de tous les continents et âgées de 7 mois à au moins 77 ans. Après nous avoir remis un petit autocollant fluo indiquant que nous sommes des VIP fortunés mais sans fortune, la jeune guide nous conduit jusqu’au Terminal 2 où se trouvent les douanes et le bus. Ici tous les comptoirs sont ouverts bien que ce soit l’heure creuse. Tous les douaniers et douanières se tiennent droit derrière leur pupitre et ont un air hyper sérieux. Leur diversité ethnique est une représentation parfaite de l’incroyable Melting Pot qu’est ce petit pays.
Mon douanier est un Chinois qui devrait être déjà à la retraite et qui, au fil des années, est devenu un robot plutôt gentil mais ni souriant et ni bavard, non pas que j’allais lui raconter ma vie ni lui me raconter la sienne pendant que durent les formalités. Celles-ci se résument à vérifier le formulaire dument rempli, à scanner le passeport, à cocher des cases sur son ordinateur, à s’assurer que mes deux index sont au bon endroit sur la machine et que ma photo n’est pas floue. Clic-clac quatre minutes max. « Next. » sera le seul son qui sortira de sa bouche.
Tout est monde est passé rapidement et se retrouve de l’autre côté. Enfin presque car la jeune Colombienne couverte de tatouages et de pins reste coincée à l’un des comptoirs. « Elle a seulement mal rempli son formulaire. » explique la guide qui fait des va-et-vient. Le bus nous attend à la sortie sur un parking détrempé car entre 8 et 10 heures le ciel s’est ouvert. Averses tropicales à gogo qui se sont miraculeusement arrêtées il y a à peine ¼ d’heure.
Le programme des trois-quatre heures suivantes est strictement minuté et la visite se passe au pas de course mais quel plaisir de retrouver cette ville remplie de si bons souvenirs.
Ma première visite remonte à Décembre 1977 (Mon Dieu 40 ans déjà !), une époque où Singapour avait encore une âme avec ses vieux quartiers légèrement/carrément pourris, ses marchés animés et seulement une poignée de gratte-ciel. C’était aussi le temps où à la frontière terrestre étaient affichés des posters indiquant la longueur règlementaire des cheveux pour pouvoir entrer dans ce pays hostile aux backpackers négligés.
La deuxième visite, en Février 1986, a quelque chose de spécial pour nous car nous y étions restés quelques jours avant de débarquer pour la première fois en Australie. Déjà à cette époque j’avais remarqué l’incroyable et inexorable métamorphose de la ville : destruction et parfois réhabilitation des vieux quartiers, davantage de gratte-ciel toujours plus hauts mais aussi cette végétation tropicale omniprésente.
La troisième visite s’est déroulée à Noël 2003, au retour d’un voyage au Sri Lanka (le dernier à cinq, xrctn au grand complet !). Un excellent séjour, coloré et festif, mais il m’était maintenant impossible de retrouver le Singapour d’antan et de le montrer aux filles… qui étaient de toute manière plus intéressées par les nombreux shopping-centers que par les temples chinois ou indiens ou encore les vieilles rues aseptisées devenues trop parfaites. Elles avaient également dû arrêter de mâchouiller leurs chewing-gums, ceux-ci étant devenus strictement interdits. Malgré ces défauts, la ville continuait de me plaire… peut-être étaient-ce l’énergie qu’elle dégage, les innovations urbaines audacieuses, ce mélange de cultures et une certaine harmonie (au moins en surface) ou encore ce croisement entre le monde anglo-saxon et l’Asie ?
Bref, cette visite guidée prend une tournure nostalgique pour le moins inattendue et nous nous jurons de redécouvrir cette ile-cité… le plus prochainement possible. En fait, je me demande si ces visites guidées n’ont pas qu’un seul but : suffisamment titiller le touriste pour le faire revenir plus longtemps ?
Sur le chemin du retour à l’aéroport, tout le monde roupille dans le bus… sauf le grand-père nostalgique qui pense déjà aux prochains passages de frontière qu’il fera dans un futur qu’il espère proche !
En plus cette année, n’ayant pas fait trop attention au moment de faire les réservations, je nous suis collé un stop-over à Singapour de plus de douze heures… Oops ! OK, il y a bien pire endroit que Changi Airport qui reste malgré tout l’un des meilleurs aéroports au monde. Et puis il y aussi ce bonus : les passagers en long transit peuvent bénéficier d’une visite guidée en ville gratuite… et donc d’un passage de frontière supplémentaire pour bibi !!! Voilà de quoi me faire retrouver le sourire.
Dès que nous débarquons, aux petites heures d’un matin couvert, nous filons au bureau des inscriptions, l’offre étant populaire et les places limitées, la première excursion disponible ne part qu’à onze heures… ce qui nous permet de souffler, de prendre un petit déjeuner tranquillement et de laisser à la consigne nos bagages à main uniquement (nos valises étant prises en charge jusqu’à Perth).
A l’heure dite, nous retrouvons notre groupe composé d’une trentaine de personnes venues de tous les continents et âgées de 7 mois à au moins 77 ans. Après nous avoir remis un petit autocollant fluo indiquant que nous sommes des VIP fortunés mais sans fortune, la jeune guide nous conduit jusqu’au Terminal 2 où se trouvent les douanes et le bus. Ici tous les comptoirs sont ouverts bien que ce soit l’heure creuse. Tous les douaniers et douanières se tiennent droit derrière leur pupitre et ont un air hyper sérieux. Leur diversité ethnique est une représentation parfaite de l’incroyable Melting Pot qu’est ce petit pays.
Mon douanier est un Chinois qui devrait être déjà à la retraite et qui, au fil des années, est devenu un robot plutôt gentil mais ni souriant et ni bavard, non pas que j’allais lui raconter ma vie ni lui me raconter la sienne pendant que durent les formalités. Celles-ci se résument à vérifier le formulaire dument rempli, à scanner le passeport, à cocher des cases sur son ordinateur, à s’assurer que mes deux index sont au bon endroit sur la machine et que ma photo n’est pas floue. Clic-clac quatre minutes max. « Next. » sera le seul son qui sortira de sa bouche.
Tout est monde est passé rapidement et se retrouve de l’autre côté. Enfin presque car la jeune Colombienne couverte de tatouages et de pins reste coincée à l’un des comptoirs. « Elle a seulement mal rempli son formulaire. » explique la guide qui fait des va-et-vient. Le bus nous attend à la sortie sur un parking détrempé car entre 8 et 10 heures le ciel s’est ouvert. Averses tropicales à gogo qui se sont miraculeusement arrêtées il y a à peine ¼ d’heure.
Le programme des trois-quatre heures suivantes est strictement minuté et la visite se passe au pas de course mais quel plaisir de retrouver cette ville remplie de si bons souvenirs.
Ma première visite remonte à Décembre 1977 (Mon Dieu 40 ans déjà !), une époque où Singapour avait encore une âme avec ses vieux quartiers légèrement/carrément pourris, ses marchés animés et seulement une poignée de gratte-ciel. C’était aussi le temps où à la frontière terrestre étaient affichés des posters indiquant la longueur règlementaire des cheveux pour pouvoir entrer dans ce pays hostile aux backpackers négligés.
La deuxième visite, en Février 1986, a quelque chose de spécial pour nous car nous y étions restés quelques jours avant de débarquer pour la première fois en Australie. Déjà à cette époque j’avais remarqué l’incroyable et inexorable métamorphose de la ville : destruction et parfois réhabilitation des vieux quartiers, davantage de gratte-ciel toujours plus hauts mais aussi cette végétation tropicale omniprésente.
La troisième visite s’est déroulée à Noël 2003, au retour d’un voyage au Sri Lanka (le dernier à cinq, xrctn au grand complet !). Un excellent séjour, coloré et festif, mais il m’était maintenant impossible de retrouver le Singapour d’antan et de le montrer aux filles… qui étaient de toute manière plus intéressées par les nombreux shopping-centers que par les temples chinois ou indiens ou encore les vieilles rues aseptisées devenues trop parfaites. Elles avaient également dû arrêter de mâchouiller leurs chewing-gums, ceux-ci étant devenus strictement interdits. Malgré ces défauts, la ville continuait de me plaire… peut-être étaient-ce l’énergie qu’elle dégage, les innovations urbaines audacieuses, ce mélange de cultures et une certaine harmonie (au moins en surface) ou encore ce croisement entre le monde anglo-saxon et l’Asie ?
Bref, cette visite guidée prend une tournure nostalgique pour le moins inattendue et nous nous jurons de redécouvrir cette ile-cité… le plus prochainement possible. En fait, je me demande si ces visites guidées n’ont pas qu’un seul but : suffisamment titiller le touriste pour le faire revenir plus longtemps ?
Sur le chemin du retour à l’aéroport, tout le monde roupille dans le bus… sauf le grand-père nostalgique qui pense déjà aux prochains passages de frontière qu’il fera dans un futur qu’il espère proche !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Bonjour Xavier,
un passage de frontière qui me laisse un souvenir mémorable, sortie d'Equateur et entrée au Pérou par une petite route perdue, que nous avions failli ne pas prendre car on nous avait dit que la frontière était fermée.
Au check-point de sortie d'Equateur, après une piste au relief particulièrement accidenté, le chef de poste a appelé l'un de ses soldats pour être pris en photo avec nous.
Notre entrée au Pérou quelques kilomètres plus loin s'est fait devant une barrière fermée. Je passe dessous et m'approche d'un groupe assis au sol et demande comment avoir le visa péruvien, ils me disent qu'ils sont les douaniers et vont me le donner, mais ils n'ont pas voulu que je les prenne en photo en train de jouer de la guitare. Les copains qui arrivent derrière vont pour se baisser pour passer sous la barrière, et là un petit gamin accourt et ouvre la barrière au troisième, le second étant déjà passé sous la barrière.

Luc
Notre entrée au Pérou quelques kilomètres plus loin s'est fait devant une barrière fermée. Je passe dessous et m'approche d'un groupe assis au sol et demande comment avoir le visa péruvien, ils me disent qu'ils sont les douaniers et vont me le donner, mais ils n'ont pas voulu que je les prenne en photo en train de jouer de la guitare. Les copains qui arrivent derrière vont pour se baisser pour passer sous la barrière, et là un petit gamin accourt et ouvre la barrière au troisième, le second étant déjà passé sous la barrière.

Luc... et sur les routes secondaires on ne sait même pas qu'on a passé la frontière
parfois...
parfois...
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
J'extirpe de mes carnets de voyage ce passage de la frontière entre la Hongrie et la Roumanie...il y a 40 ans....passage conditionné par les évènements qui ont précédé.
Désolée pas de photo, les clichés de l'appareil instamatic de l 'époque n'ont pas supporté les ans.
La traversée de la Hongrie en seconde vitesse
En août 1971 avec des copains il fut décidé de rallier Istanbul depuis Paris en privilégiant la Roumanie . Nous étions 9 dans 3 voitures : une Coccinelle Wolswagen et 2 Renault R8 …..pas de première jeunesse mais révisées. Le Lonely Planet et le guide du Routard n'existaient pas nous avions déniché des cartes routières à Paris, et les coffres des voitures étaient remplis de conserves et du matériel de camping. L'itinéraire de l'aller fut simplifié comme si nous avions tracé un trait avec une règle de Paris à Oradea, la première ville roumaine : Paris, Strasbourg, Salzbourg, Budapest, Oradea, après nous verrions bien. A l'époque du rideau de fer la Hongrie se traversait avec un visa de transit de 2 jours. Nous avions aussi les visas roumains et bulgares qui prenaient chacun une pleine page sur nos passeports neufs.
Nos voitures se suivaient sur les autoroutes larges et lisses de l'Allemagne puis de l' Autriche sans réels problèmes. Après la frontière hongroise ce fut un autre monde routier : peu de véhicule sur les routes plates, étroites au revêtement rugueux, quelques charrettes à cheval qu'il fallait doubler, des tracteurs... Les noms des localités indiqués par de rares panneaux étaient imprononçables, néanmoins Budapest était signalé et dans la lumière de l'après-midi, depuis la route longeant le Danube du côté Buda la fine et élégante silhouette grise du Parlement, se détacha bien sur l'autre rive...c'est tout ce que nous verrions de la capitale hongroise...
A une cinquantaine de km de Budapest le levier de vitesse de la Coccinelle se bloqua en 2nde vitesse, impossible de reculer sans marche arrière ni de démarrer, il fallait pousser la voiture. Au camping le soir le repas fut animé de discussions et il fut conclut qu'il fallait déguerpir au plus vite de Hongrie à cause de ce visa si court et faire réparer en Roumanie. Le lendemain matin après un frugal petit déjeuner 4 des coéquipières en maillot de bain partirent dans la Coccinelle, France conduisant sa voiture la voiture était allégée au maximum, les autres se chargeaient de la vaisselle, de plier les tentes et de nous rejoindre un peu plus tard vue notre allure d'escargot. Il n'y avait pas à se tromper, une seule route possible jusqu'au poste frontière.
J'étais à l arrière de la voiture avec la carte hongroise sur les genoux. Les panneaux indicateurs vus au dernier moment nous obligeaient à des manœuvres inhabituelles : les 3 passagères sortaient, poussaient la voiture pour la reculer et la manœuvre inverse pour la faire avancer. Des paysans regardaient ahuris le spectacle insolite de ces femmes en tenue de plage !!!
Puis nous arrivâmes dans une sorte de steppe herbeuse et plate piquetée de marécages et de roselières. Des compagnies de vanneaux huppés se posaient serrées, les cigognes avançaient lentement, les hérons se tenaient à l'affut immobiles...cette avifaune me fascinait et je fus moins attentive avec la carte...Les noms des villages ne correspondaient plus à ceux de la carte et vers midi les 2 autres voitures ne nous avaient pas rejointes....et pour cause : je n'avais pas déplié la carte, nous avions dévié au nord (j'apprendrais bien plus tard que nous avions traversé une zone classée réserve mondiale de l 'UNESCO : le parc de la Puszta) ). Il fallait combler ce temps perdu et rejoindre la route au sud. En plus nous nous étions aperçues que dans la précipitation du départ il n'y avait que 2 passeports sur les 4 dans la boîte à gant. Quelle inconscience !!! Donc cap plus au Sud. Et toujours ces histoires de carrefours mal maitrisés et les manœuvres d'arrière en avant et vice et versa. Des troupeaux d'oies dignes des films de Kusturica s'ébattaient en cacardant autour de la voiture, des femmes sortaient de leurs maisons blanches et basses pour jouir du spectacle qui déchaînait ainsi les oies.
Vers 17 h le passage de la frontière s'annonça, le drapeau hongrois au dessus du poste hongrois et sa douane, un no man land puis le poste et la douane avec le drapeau roumain pour entrer en Roumanie ; les autres coéquipiers se trouvaient du côte roumain autour des R8 et nous faisaient de grands signes, heureux de nous voir enfin mais ne se doutant pas qu'ils étaient en possession des passeports manquant.
France professeur d'allemand mit du temps à faire comprendre au douanier hongrois dans la langue de Goethe que 2 des passeports étaient du côté roumain...Sa fine silhouette en maillot 2 pièces joua sans doute en sa faveur. Enfin le douanier roumain fut averti. Deux des plus plantureuses en maillot de bain, celles que l'étudiant des Beaux arts du groupe surnommait « les modèles de Rubens », sous bonne escorte récupérèrent les passeports manquant pour faire tamponner les visas.
Arrivés à Oradea la Coccinelle fut réparée en une journée avec priorité aux amis français avait dit le mécanicien parfaitement francophone. Nous avions honte d'être passés ainsi devant tout le monde. Pendant la réparation nous sommes allés tous tremper dans les Bains Felix à 6 km d'Oradea presque à côté du terrain de camping. A cette époque les nénuphars géants de l'époque tertiaire Nymphea thermalis s'épanouissaient splendides dans les eaux chaudes de 35°C autour des piscines thermales.
Carassou
La traversée de la Hongrie en seconde vitesse
En août 1971 avec des copains il fut décidé de rallier Istanbul depuis Paris en privilégiant la Roumanie . Nous étions 9 dans 3 voitures : une Coccinelle Wolswagen et 2 Renault R8 …..pas de première jeunesse mais révisées. Le Lonely Planet et le guide du Routard n'existaient pas nous avions déniché des cartes routières à Paris, et les coffres des voitures étaient remplis de conserves et du matériel de camping. L'itinéraire de l'aller fut simplifié comme si nous avions tracé un trait avec une règle de Paris à Oradea, la première ville roumaine : Paris, Strasbourg, Salzbourg, Budapest, Oradea, après nous verrions bien. A l'époque du rideau de fer la Hongrie se traversait avec un visa de transit de 2 jours. Nous avions aussi les visas roumains et bulgares qui prenaient chacun une pleine page sur nos passeports neufs.
Nos voitures se suivaient sur les autoroutes larges et lisses de l'Allemagne puis de l' Autriche sans réels problèmes. Après la frontière hongroise ce fut un autre monde routier : peu de véhicule sur les routes plates, étroites au revêtement rugueux, quelques charrettes à cheval qu'il fallait doubler, des tracteurs... Les noms des localités indiqués par de rares panneaux étaient imprononçables, néanmoins Budapest était signalé et dans la lumière de l'après-midi, depuis la route longeant le Danube du côté Buda la fine et élégante silhouette grise du Parlement, se détacha bien sur l'autre rive...c'est tout ce que nous verrions de la capitale hongroise...
A une cinquantaine de km de Budapest le levier de vitesse de la Coccinelle se bloqua en 2nde vitesse, impossible de reculer sans marche arrière ni de démarrer, il fallait pousser la voiture. Au camping le soir le repas fut animé de discussions et il fut conclut qu'il fallait déguerpir au plus vite de Hongrie à cause de ce visa si court et faire réparer en Roumanie. Le lendemain matin après un frugal petit déjeuner 4 des coéquipières en maillot de bain partirent dans la Coccinelle, France conduisant sa voiture la voiture était allégée au maximum, les autres se chargeaient de la vaisselle, de plier les tentes et de nous rejoindre un peu plus tard vue notre allure d'escargot. Il n'y avait pas à se tromper, une seule route possible jusqu'au poste frontière.
J'étais à l arrière de la voiture avec la carte hongroise sur les genoux. Les panneaux indicateurs vus au dernier moment nous obligeaient à des manœuvres inhabituelles : les 3 passagères sortaient, poussaient la voiture pour la reculer et la manœuvre inverse pour la faire avancer. Des paysans regardaient ahuris le spectacle insolite de ces femmes en tenue de plage !!!
Puis nous arrivâmes dans une sorte de steppe herbeuse et plate piquetée de marécages et de roselières. Des compagnies de vanneaux huppés se posaient serrées, les cigognes avançaient lentement, les hérons se tenaient à l'affut immobiles...cette avifaune me fascinait et je fus moins attentive avec la carte...Les noms des villages ne correspondaient plus à ceux de la carte et vers midi les 2 autres voitures ne nous avaient pas rejointes....et pour cause : je n'avais pas déplié la carte, nous avions dévié au nord (j'apprendrais bien plus tard que nous avions traversé une zone classée réserve mondiale de l 'UNESCO : le parc de la Puszta) ). Il fallait combler ce temps perdu et rejoindre la route au sud. En plus nous nous étions aperçues que dans la précipitation du départ il n'y avait que 2 passeports sur les 4 dans la boîte à gant. Quelle inconscience !!! Donc cap plus au Sud. Et toujours ces histoires de carrefours mal maitrisés et les manœuvres d'arrière en avant et vice et versa. Des troupeaux d'oies dignes des films de Kusturica s'ébattaient en cacardant autour de la voiture, des femmes sortaient de leurs maisons blanches et basses pour jouir du spectacle qui déchaînait ainsi les oies.
Vers 17 h le passage de la frontière s'annonça, le drapeau hongrois au dessus du poste hongrois et sa douane, un no man land puis le poste et la douane avec le drapeau roumain pour entrer en Roumanie ; les autres coéquipiers se trouvaient du côte roumain autour des R8 et nous faisaient de grands signes, heureux de nous voir enfin mais ne se doutant pas qu'ils étaient en possession des passeports manquant.
France professeur d'allemand mit du temps à faire comprendre au douanier hongrois dans la langue de Goethe que 2 des passeports étaient du côté roumain...Sa fine silhouette en maillot 2 pièces joua sans doute en sa faveur. Enfin le douanier roumain fut averti. Deux des plus plantureuses en maillot de bain, celles que l'étudiant des Beaux arts du groupe surnommait « les modèles de Rubens », sous bonne escorte récupérèrent les passeports manquant pour faire tamponner les visas.
Arrivés à Oradea la Coccinelle fut réparée en une journée avec priorité aux amis français avait dit le mécanicien parfaitement francophone. Nous avions honte d'être passés ainsi devant tout le monde. Pendant la réparation nous sommes allés tous tremper dans les Bains Felix à 6 km d'Oradea presque à côté du terrain de camping. A cette époque les nénuphars géants de l'époque tertiaire Nymphea thermalis s'épanouissaient splendides dans les eaux chaudes de 35°C autour des piscines thermales.
Carassou
Histoires (in English) à propos de la frontière entre le Canada et les Etats Unis.
http://www.bbc.com/travel/story/20170824-the-us-land-lost-in-canada http://www.bbc.com/travel/gallery/20170927-canadas-tiny-disputed-island http://www.bbc.com/travel/story/20171105-the-us-canada-border-runs-through-this-tiny-library
http://www.bbc.com/travel/story/20170824-the-us-land-lost-in-canada http://www.bbc.com/travel/gallery/20170927-canadas-tiny-disputed-island http://www.bbc.com/travel/story/20171105-the-us-canada-border-runs-through-this-tiny-library
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Aux frontières de la Russie (Visuel interactif du magasine du Monde)
http://www.lemonde.fr/m-le-mag/visuel/2017/11/06/aux-frontieres-de-la-russie-cent-ans-apres-la-revolution-la-norvege_5210902_4500055.html
http://www.lemonde.fr/m-le-mag/visuel/2017/11/06/aux-frontieres-de-la-russie-cent-ans-apres-la-revolution-la-norvege_5210902_4500055.html
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
En cette nouvelle annee, une nouvelle categorie de frontieres...
comme celles creees par quelques neo-zelandais economes !
http://www.bbc.com/news/world-asia-42533927
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Frontière intérieure :
Décembre 2017. A défaut de traverser des frontières internationales, je me console avec les frontières entre les états australiens. Ayant récemment pris le Ghan, le train qui relie Adelaïde à Darwin en trois jours et deux nuits, j'ai eu l'occasion de passer une frontière !
D'ailleurs en voici la preuve… certes un peu floue !!!

Au milieu de nulle part, une ligne droite (26°S) marque la séparation entre l'Australie méridionale et le Territoire du Nord comme en témoignent ces panneaux rouillés plantés près du chemin de fer. Si le paysage ne change pas d'un état à l'autre, l'heure, elle, n'est plus la même. En effet au sud des panneaux il est 13h mais il n'est que 12h au nord. Et pour compliquer une peu plus les choses, au même instant il est 13h30 à Sydney mais seulement 9h30 à Perth !?!?
L'Australie étant une ile (un archipel en fait) la frontière est donc partout le long des côtes comme l'indique ce panneau situé dans la partie nord du parc national de Kakadu demandant de rapporter toute activité suspecte.

Enfin, il existe en Australie d'autres frontières intérieures comme celles par exemple qui séparent les zones d'accès libres et les zones aborigènes pour lesquelles des permis d'accès sont nécessaires. C'est le cas entre le parc national de Kakadu et le Arnhem Land séparés ici (Cahill's Crossing) par une rivière dont le niveau empêche déjà, en cette saison des pluies à peine commencée, la traversée. Pas de douaniers/rangers en vue, ils ont cédé la place à leurs assistants… les crocodiles !


Au milieu de nulle part, une ligne droite (26°S) marque la séparation entre l'Australie méridionale et le Territoire du Nord comme en témoignent ces panneaux rouillés plantés près du chemin de fer. Si le paysage ne change pas d'un état à l'autre, l'heure, elle, n'est plus la même. En effet au sud des panneaux il est 13h mais il n'est que 12h au nord. Et pour compliquer une peu plus les choses, au même instant il est 13h30 à Sydney mais seulement 9h30 à Perth !?!?
L'Australie étant une ile (un archipel en fait) la frontière est donc partout le long des côtes comme l'indique ce panneau situé dans la partie nord du parc national de Kakadu demandant de rapporter toute activité suspecte.

Enfin, il existe en Australie d'autres frontières intérieures comme celles par exemple qui séparent les zones d'accès libres et les zones aborigènes pour lesquelles des permis d'accès sont nécessaires. C'est le cas entre le parc national de Kakadu et le Arnhem Land séparés ici (Cahill's Crossing) par une rivière dont le niveau empêche déjà, en cette saison des pluies à peine commencée, la traversée. Pas de douaniers/rangers en vue, ils ont cédé la place à leurs assistants… les crocodiles !

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D'autres frontières vues d'en haut :
Mars 2018. Du hublot, je guette depuis un long moment déjà les quelques trouées dans l'épaisse couche de nuages blancs dans l'espoir d'apercevoir les méandres du Rio Iguaçu. Comme par magie, les nuages disparaissent tout à coup et laissent apparaitre une mosaïque colorée de champs cultivés au sud du fleuve marron et une large bande verte au nord. Quelques instants plus tard, il faut avoir de bons yeux pour reconnaitre le Rio Santo Antônio, une plus petite rivière qui rejoint le Rio Iguaçu et qui à cet endroit précis transforme le fleuve en frontière entre le Brésil et l'Argentine juste en amont des célèbres chutes.
Me voilà maintenant comme hypnotisé, mon regard ne voulant plus quitter ce fleuve qui chemine jusqu'à l'horizon. Quelques iles poussent au milieu du fleuve, sont-elles argentines ou bien brésiliennes ?
En fait , l'ile à gauche est brésilienne, celles à droite sont argentines.
Le temps de me poser cette importante question et voilà l'avion qui vire doucement à droite m'éloignant ainsi de l'objet de mon attention pour ne pas dire excitation.
La terre est soudainement remplacée par un miroir d'eau sombre : le Lago Itaipu. Ce lac de retenue du barrage d'Itaipu est né en 1982 et s'étend aujourd'hui sur plus de 1.350 km². Impressionnante vision. Tout aussi impressionnant est le barrage qui apparait alors que l'avion fait un long virage sur la gauche cette fois. Considéré comme l'une des Sept Merveilles du monde moderne, ce monstre de ciment et d'acier dont le point culminant s'élève à 225 mètres au-dessus du sol est depuis 1984 la plus grande source de production hydroélectrique au monde.

Mais plus intéressant, en ce qui me concerne, est le fait qu'au milieu de sa digue longue de 7,2 kilomètres se trouve une autre frontière… celle du Brésil et du Paraguay ! Nous survolons brièvement le Rio Paraná qui sépare la ville brésilienne de Foz do Igaçu et la ville paraguayenne de Ciudad del Este reliées par le Ponte da Amizade/Puento de la Amistad. J'atteins le Nirvana le temps d'un instant (heureusement immortalisé par une photo) quand d'un seul regard je vois trois pays en dessous de moi. Les choses sérieuses vont bientôt commencer…

A gauche, le Brésil, à doite le Paraguay et tout au fond à gauche l'Argentine.
Me voilà maintenant comme hypnotisé, mon regard ne voulant plus quitter ce fleuve qui chemine jusqu'à l'horizon. Quelques iles poussent au milieu du fleuve, sont-elles argentines ou bien brésiliennes ?
En fait , l'ile à gauche est brésilienne, celles à droite sont argentines.Le temps de me poser cette importante question et voilà l'avion qui vire doucement à droite m'éloignant ainsi de l'objet de mon attention pour ne pas dire excitation.
La terre est soudainement remplacée par un miroir d'eau sombre : le Lago Itaipu. Ce lac de retenue du barrage d'Itaipu est né en 1982 et s'étend aujourd'hui sur plus de 1.350 km². Impressionnante vision. Tout aussi impressionnant est le barrage qui apparait alors que l'avion fait un long virage sur la gauche cette fois. Considéré comme l'une des Sept Merveilles du monde moderne, ce monstre de ciment et d'acier dont le point culminant s'élève à 225 mètres au-dessus du sol est depuis 1984 la plus grande source de production hydroélectrique au monde.

Mais plus intéressant, en ce qui me concerne, est le fait qu'au milieu de sa digue longue de 7,2 kilomètres se trouve une autre frontière… celle du Brésil et du Paraguay ! Nous survolons brièvement le Rio Paraná qui sépare la ville brésilienne de Foz do Igaçu et la ville paraguayenne de Ciudad del Este reliées par le Ponte da Amizade/Puento de la Amistad. J'atteins le Nirvana le temps d'un instant (heureusement immortalisé par une photo) quand d'un seul regard je vois trois pays en dessous de moi. Les choses sérieuses vont bientôt commencer…

A gauche, le Brésil, à doite le Paraguay et tout au fond à gauche l'Argentine.
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En fait, les choses sérieuses commencent dès le lendemain matin alors que nous partons visiter le parc national des chutes d’Iguaçu, côté brésilien.

Le plus mouillé : Mars 2018. Le temps est à la pluie, de sérieuses averses tropicales étrennent nos ponchos plastifiés, achetés un peu plus tôt au Parque das Aves (le parc des oiseaux) situé à l’entrée du parc national mais il aura suffi, un peu plus tard, d’acheter d’un beau parapluie mauve pour faire cesser, comme par enchantement, ce véritable déluge !? La navette nous dépose devant l’Hotel das Cataratas, un superbe hôtel tout rose qui surplombe la première (ou dernière) partie des fameuses chutes. Ouah ! C’est vrai qu’elles sont impressionnantes. Juste en face, en Argentine donc, comme l’indique le drapeau bleu et blanc détrempé, des dizaines de chutes émergent de la forêt sur plusieurs niveaux pour se précipiter dans un étroit goulet en contrebas dans un raffut continu.

Malgré nos efforts, il est impossible d’avoir une vue d’ensemble des chutes, celles-ci s’étendent sur une trop longue distance et sont en partie cachées par un virage. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’emprunter un petit sentier glissant qui remonte le Rio Iguaçu jusqu’à la tour d’observation brésilienne construite à proximité de la Gorge du Diable.
Rarement je n’ai observé la rive d’un autre pays avec autant d’attention et d’émerveillement. Rarement également je n’ai reçu autant d’embruns venant d’un pays voisin ! Ceci est particulièrement vrai quand j’emprunte la passerelle située à quelques centaines de mètres au pied de la Gorge du Diable (qui reste en fait complètement invisible derrière un épais rideau de gouttelettes) et qui s’approche au plus de l’Argentine. En me penchant je pourrais la toucher cette frontière… mais je ne m’y risque pas !
Si proche et, en même temps, si loin !
En fin d’après-midi, c’est en taxi que nous approchons de la ‘vraie’ frontière, celle avec des douaniers et de jolis tampons en perspective… Maintenant que notre parapluie est dans le coffre, les averses sont revenues et c’est trempés que nous nous présentons au poste brésilien où bizarrement nous sommes les seuls clients. Dans la salle, le chef balance dans sa chaise contre le mur, le sous-chef suce son crayon et les trois douaniers, baissent la tête sur leur bureau dans un parfait ensemble dès que nous pénétrons dans la pièce. Pic et pic et colégram… amstramgram !
L’affaire est vite réglée car le douanier sur lequel je suis tombé, a hâte, comme ses collègues, d’écouter les commentaires de ce qui semble être un match… de foot, évidemment ! Ca va, il est soulagé car il n’y a pas eu de gooooaaaal durant les courtes formalités !
Nous remontons dans le taxi où le chauffeur essaie de prendre un accent argentin pour annoncer à son GPS l’adresse de notre hôtel à Puerto Iguazu. Pas très concluant son truc, mais il persévère.
De jeunes militaires en tenue de commando, l’index sur la gâchette de leur fusil-mitrailleur, surveillent d’un œil distrait les files de voitures. Le Brésil vit actuellement des heures chaudes un peu plus tôt dans la journée, dans la province de Paraná (justement celle où nous nous trouvons) la caravane pour la réélection de l’ex-président Lula a reçu plusieurs coups de feu qui ont fait plusieurs blessés. Peut-être s’attendent-ils à voir les tireurs passer la frontière ?! Nous traversons le pont qui enjambe le Rio Iguaçu que j’aperçois difficilement derrière les vitres ruisselantes de pluie. Ce sont les couleurs des bas-côtés du pont qui indiquent la démarcation entre les deux pays : d’abord jaune et vert et clac bleu et blanc mais pas question de s’arrêter au milieu.
Les douanes argentines ont bien meilleures allures avec leurs bâtiments gris, bleus et blancs presque neufs. Nouveau passage au bureau des douanes. Avec une rapidité et une diligence que je ne leur connaissais pas les douaniers argentins souriants apposent sans bavure un beau tampon bleu. Moins souriants, sont ceux dehors qui inspectent les coffres des voitures. Notre chauffeur pose enfin son portable pour baisser nos vitres. En voyant nos bonnes têtes de touristes étrangers le douanier rondouillard nous fait signe de passer. Il sait déjà qu’il ne trouvera rien d’excitant dans le coffre.
Bienvenidos a la Republica Argentina




Le plus mouillé : Mars 2018. Le temps est à la pluie, de sérieuses averses tropicales étrennent nos ponchos plastifiés, achetés un peu plus tôt au Parque das Aves (le parc des oiseaux) situé à l’entrée du parc national mais il aura suffi, un peu plus tard, d’acheter d’un beau parapluie mauve pour faire cesser, comme par enchantement, ce véritable déluge !? La navette nous dépose devant l’Hotel das Cataratas, un superbe hôtel tout rose qui surplombe la première (ou dernière) partie des fameuses chutes. Ouah ! C’est vrai qu’elles sont impressionnantes. Juste en face, en Argentine donc, comme l’indique le drapeau bleu et blanc détrempé, des dizaines de chutes émergent de la forêt sur plusieurs niveaux pour se précipiter dans un étroit goulet en contrebas dans un raffut continu.

Malgré nos efforts, il est impossible d’avoir une vue d’ensemble des chutes, celles-ci s’étendent sur une trop longue distance et sont en partie cachées par un virage. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’emprunter un petit sentier glissant qui remonte le Rio Iguaçu jusqu’à la tour d’observation brésilienne construite à proximité de la Gorge du Diable.
Rarement je n’ai observé la rive d’un autre pays avec autant d’attention et d’émerveillement. Rarement également je n’ai reçu autant d’embruns venant d’un pays voisin ! Ceci est particulièrement vrai quand j’emprunte la passerelle située à quelques centaines de mètres au pied de la Gorge du Diable (qui reste en fait complètement invisible derrière un épais rideau de gouttelettes) et qui s’approche au plus de l’Argentine. En me penchant je pourrais la toucher cette frontière… mais je ne m’y risque pas !
Si proche et, en même temps, si loin !
En fin d’après-midi, c’est en taxi que nous approchons de la ‘vraie’ frontière, celle avec des douaniers et de jolis tampons en perspective… Maintenant que notre parapluie est dans le coffre, les averses sont revenues et c’est trempés que nous nous présentons au poste brésilien où bizarrement nous sommes les seuls clients. Dans la salle, le chef balance dans sa chaise contre le mur, le sous-chef suce son crayon et les trois douaniers, baissent la tête sur leur bureau dans un parfait ensemble dès que nous pénétrons dans la pièce. Pic et pic et colégram… amstramgram !
L’affaire est vite réglée car le douanier sur lequel je suis tombé, a hâte, comme ses collègues, d’écouter les commentaires de ce qui semble être un match… de foot, évidemment ! Ca va, il est soulagé car il n’y a pas eu de gooooaaaal durant les courtes formalités !
Nous remontons dans le taxi où le chauffeur essaie de prendre un accent argentin pour annoncer à son GPS l’adresse de notre hôtel à Puerto Iguazu. Pas très concluant son truc, mais il persévère.
De jeunes militaires en tenue de commando, l’index sur la gâchette de leur fusil-mitrailleur, surveillent d’un œil distrait les files de voitures. Le Brésil vit actuellement des heures chaudes un peu plus tôt dans la journée, dans la province de Paraná (justement celle où nous nous trouvons) la caravane pour la réélection de l’ex-président Lula a reçu plusieurs coups de feu qui ont fait plusieurs blessés. Peut-être s’attendent-ils à voir les tireurs passer la frontière ?! Nous traversons le pont qui enjambe le Rio Iguaçu que j’aperçois difficilement derrière les vitres ruisselantes de pluie. Ce sont les couleurs des bas-côtés du pont qui indiquent la démarcation entre les deux pays : d’abord jaune et vert et clac bleu et blanc mais pas question de s’arrêter au milieu.
Les douanes argentines ont bien meilleures allures avec leurs bâtiments gris, bleus et blancs presque neufs. Nouveau passage au bureau des douanes. Avec une rapidité et une diligence que je ne leur connaissais pas les douaniers argentins souriants apposent sans bavure un beau tampon bleu. Moins souriants, sont ceux dehors qui inspectent les coffres des voitures. Notre chauffeur pose enfin son portable pour baisser nos vitres. En voyant nos bonnes têtes de touristes étrangers le douanier rondouillard nous fait signe de passer. Il sait déjà qu’il ne trouvera rien d’excitant dans le coffre.
Bienvenidos a la Republica Argentina



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Le plus admiré :
Mars 2018. J’avais une excellente raison, hier matin, de réserver cet hôtel à Puerto Iguazu. En effet, il n’est situé qu’à quelques centaines de mètres du Hito Tres Fronteras, l’un de ces points magiques que j’affectionne tant. En prime quand nous sommes arrivés le soir, le réceptionniste nous a refilé une chambre dont le balcon offre une vue plongeante (certes quelque peu cachée par la végétation) sur le Rio Iguaçu et au-delà sur la rive brésilienne. Tout simplement génial.
A peine debout, je tire les rideaux pour m’assurer que le Brésil est toujours là. Puis le petit déjeuner avalé, j’emmène ma douce vers le point panoramique d’où l’on peut admirer les eaux brunes du Rio Iguaçu rejoindre celles à peine plus claires du Rio Paraná. Mais c’est évidemment le tripoint où le Paraguay, le Brésil et l’Argentine se rencontrent qui est le plus excitant.
Nous arrivons sur une petite esplanade où se dresse une imposante borne triangulaire bleu-blanc-bleu et offrant une vue de rêve pour le cartographe fada de frontières. Après avoir touché cette obélisque magique, en avoir fait le tour une paire de fois, l’avoir photographiée sous tous les angles possibles et imaginables et inspecté la plaque officielle, je me dirige près du parapet pour savourer le panorama enchanteur.
Grâce à Google Maps, cela fait des années que j’explore ce coin du globe devant mon écran, je crois d’ailleurs connaitre tous les moindres recoins de cet endroit fantastico. N’empêche que de me trouver ici en chair et en os à regarder tantôt à droite tantôt à gauche, me donne des frissons de la tête aux pieds. De quel côté regarder ? Sacré dilemme.
Autant commencer par la rive de l’autre côté du Rio Paraná puisque c’est la plus longue. Voilà donc le Paraguay comme le confirme l’énorme borne rouge-blanc-bleu plantée au milieu d’une espèce de clairière sur l’escarpement couvert de végétation. Le temps brumeux ne permet pas de distinguer clairement les buildings de Ciudad Del Este, quelques kilomètres plus au nord, cependant pas de problème pour voir les citernes et le toit d’une grosse structure métallique en construction ou encore les barges rouillées amarrées fermement. Plus proche, j’aperçois aussi une petite route, zigzagant vers un petit débarcadère où attend une embarcation transportant les véhicules et camions qui, plutôt que de transiter par Foz do Iguaçu et le Brésil, viendront directement en Argentine par voie fluviale, une expédition qui me parait bien épique en voyant l’importance du courant. Enfin, légèrement plus au sud, quelques maisons aux couleurs passées, éparpillées dans la verdure sortent le bout de leur balcon ou de leur toit.
Plus proche encore, juste en face voilà la rive brésilienne, toute aussi verdoyante est encore plus escarpée que ses jumelles étrangères. On y voit clairement un restaurant panoramique abandonné et juste plus haut une plateforme et quelques bâtiments entourant une borne jaune-vert puis une pelouse, digne d’un terrain de golf, bordée de grands arbres. Le site semble être fermé et en travaux.
Après un certain temps passé à absorber cette ‘fabuleuse’ vue, il est grand temps de partir, ma Casablancaise semble s’impatienter et puis ce sont les Cataratas, côté argentin cette fois qui nous attendent. Nous passons devant les kiosques de souvenirs et d’objets artisanaux et tombons sur… une autre borne ! Celle-ci, bien plus photogénique, arbore le drapeau des trois pays. Clic ici, clic là. « Oui, j’arrive chérie ! »
Quant aux chutes d’Iguazu, elles valaient bien que l’on s’y attarde tant elles sont plus impressionnantes de ce côté-ci, en plus le soleil est au rendez-vous aujourd’hui. Et puis quel pied d’apercevoir aussi souvent et sur plusieurs niveaux la frontière et au-delà le Brésil… Si proche et si inaccessible !
A gauche le Paraguay, en face le Brésil



Heaven...
Iguazu, côté argentin cette fois, en face le Brésil... inaccessible.
A peine debout, je tire les rideaux pour m’assurer que le Brésil est toujours là. Puis le petit déjeuner avalé, j’emmène ma douce vers le point panoramique d’où l’on peut admirer les eaux brunes du Rio Iguaçu rejoindre celles à peine plus claires du Rio Paraná. Mais c’est évidemment le tripoint où le Paraguay, le Brésil et l’Argentine se rencontrent qui est le plus excitant.
Nous arrivons sur une petite esplanade où se dresse une imposante borne triangulaire bleu-blanc-bleu et offrant une vue de rêve pour le cartographe fada de frontières. Après avoir touché cette obélisque magique, en avoir fait le tour une paire de fois, l’avoir photographiée sous tous les angles possibles et imaginables et inspecté la plaque officielle, je me dirige près du parapet pour savourer le panorama enchanteur.
Grâce à Google Maps, cela fait des années que j’explore ce coin du globe devant mon écran, je crois d’ailleurs connaitre tous les moindres recoins de cet endroit fantastico. N’empêche que de me trouver ici en chair et en os à regarder tantôt à droite tantôt à gauche, me donne des frissons de la tête aux pieds. De quel côté regarder ? Sacré dilemme.
Autant commencer par la rive de l’autre côté du Rio Paraná puisque c’est la plus longue. Voilà donc le Paraguay comme le confirme l’énorme borne rouge-blanc-bleu plantée au milieu d’une espèce de clairière sur l’escarpement couvert de végétation. Le temps brumeux ne permet pas de distinguer clairement les buildings de Ciudad Del Este, quelques kilomètres plus au nord, cependant pas de problème pour voir les citernes et le toit d’une grosse structure métallique en construction ou encore les barges rouillées amarrées fermement. Plus proche, j’aperçois aussi une petite route, zigzagant vers un petit débarcadère où attend une embarcation transportant les véhicules et camions qui, plutôt que de transiter par Foz do Iguaçu et le Brésil, viendront directement en Argentine par voie fluviale, une expédition qui me parait bien épique en voyant l’importance du courant. Enfin, légèrement plus au sud, quelques maisons aux couleurs passées, éparpillées dans la verdure sortent le bout de leur balcon ou de leur toit.
Plus proche encore, juste en face voilà la rive brésilienne, toute aussi verdoyante est encore plus escarpée que ses jumelles étrangères. On y voit clairement un restaurant panoramique abandonné et juste plus haut une plateforme et quelques bâtiments entourant une borne jaune-vert puis une pelouse, digne d’un terrain de golf, bordée de grands arbres. Le site semble être fermé et en travaux.
Après un certain temps passé à absorber cette ‘fabuleuse’ vue, il est grand temps de partir, ma Casablancaise semble s’impatienter et puis ce sont les Cataratas, côté argentin cette fois qui nous attendent. Nous passons devant les kiosques de souvenirs et d’objets artisanaux et tombons sur… une autre borne ! Celle-ci, bien plus photogénique, arbore le drapeau des trois pays. Clic ici, clic là. « Oui, j’arrive chérie ! »
Quant aux chutes d’Iguazu, elles valaient bien que l’on s’y attarde tant elles sont plus impressionnantes de ce côté-ci, en plus le soleil est au rendez-vous aujourd’hui. Et puis quel pied d’apercevoir aussi souvent et sur plusieurs niveaux la frontière et au-delà le Brésil… Si proche et si inaccessible !
A gauche le Paraguay, en face le Brésil



Heaven...
Iguazu, côté argentin cette fois, en face le Brésil... inaccessible.https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Du côté Brésilien y’a un monument pour les trois frontières un peu différentes. J’avoue que j’avais une drôle de sensation, voir excitation à être dans cette place en 2015.
Que du bonheur :)
Que du bonheur :)
MGTOW: Man going their own way...
"Plutôt que d'être malin, vaut mieux être bon " ou les deux.
"Plutôt que d'être malin, vaut mieux être bon " ou les deux.
Que du bonheur :)
N'est-ce pas ???
Le plus bis : Mars 2018. Après avoir visité les ruines de la mission jésuite de Trinidad, près de Posadas en Argentine, nous retrouvons le Rio Paraná. Il est ici plus majestueux, plus imposant encore et prend même des allures de lac tout en continuant à remplir son rôle de frontière entre le Paraguay et l’Argentine. C’est ici que se trouve le premier pont reliant les deux pays malgré leur longue frontière fluviale (entre Puerto Iguazu et Asunción), les points de passage sont plutôt rares et espacés, et c’est vers le pont San Roque Gonzalez de Santa Cruz que nous nous dirigeons en ce Vendredi de Pâques.
Un peu plus tôt, il nous a suffi d’attendre à l’arrêt de bus ‘internacional’ puis de monter dans ce petit bus qui, toutes les heures, fait la navette entre Posadas et Encarnación. Pas grand monde en ce jour férié… ce qui devrait faciliter les formalités douanières. Effectivement, une fois arrivés à l’entrée du pont, la vingtaine de passagers + nous descendons du bus pour pénétrer dans un étroit bâtiment administratif où nous accueillent une demi-douzaine de douanier(e)s plutôt soulagés de voir si peu de monde débarquer.
Nous sommes les seuls à présenter des passeports, pour les autres passagers (des frontaliers surement) une carte nationale d’identité est suffisante, et cela entraine un peu de confusion ! Notre pauvre douanier doit chercher son tampon au fond de sa sacoche, puis l’encre sur le bureau du superviseur et enfin ajuster la date.
L’affaire est vite bouclée et nous remontons rapidement dans le bus qui arrive justement après avoir été vaguement inspecté. Nous pouvons maintenant parcourir les 2550 mètres que fait ce pont à haubans construit entre 1981 et 1990 et censé compenser le Paraguay pour la perte d’une partie de son territoire pour cause d’inondations suite à la construction d’un barrage. Surprise, il y a même des rails de chemin de fer sur la partie droite (?!) mais l’un des passagers nous explique que le service ne fonctionne pas aujourd’hui.
Nous voyons s’éloigner l’enfilade de buildings qui s’étend sur la rive argentine Posadas apparait plus importante que nous le pensions. L’autre rive approche petit à petit et parait certainement plus modeste, un peu à l’image des petites maisons pas trop nettes et des installations portuaires plutôt dérisoires que nous finissons par dépasser.
Arrivés sur l’autre rive et à peine les portes du bus ouvertes c’est la ruade vers les petits bâtiments portables blancs installés sous un immense préau. Deux queues se forment devant les deux fenêtres ouvertes et les plus rapides repartent déjà alors que nous arrivons à la première queue. Les formalités sont rapides car encore une fois la plupart des passagers n’ont qu’à produire leur carte d’identité, en échange ils reçoivent un petit bout de papier. La douanière semble être ravie d’avoir des vrais passeports, cela doit lui couper la routine, elle doit toutefois s’assurer que le scanner est bien branché. Souriante, elle nous souhaite une bonne journée avant d’attraper les prochaines... et sempiternelles carte d’identité.
Il ne nous reste plus qu’à attendre au bout du parking en terre le bus qui a disparu et d’ajuster l’heure (-1). La rue commerçante qui descend vers le centre-ville est bordée de magasins fermés, seuls deux chauffeurs de taxi attendent les éventuels clients en écoutant la radio et trois gamins font des zigzags à vélo en évitant les emballages qui trainent par terre. Que cette rue soit si déserte ne doit arriver qu’une paire de fois l’an !
Direction le Paraguay


L’objectif d’aujourd’hui était de visiter Trinidad où se trouvent les ruines d’une autre mission jésuite avant de rejoindre les centaines de familles qui ont envahies les plages d’Encarnación, (oui-oui les plages !) puis de passer la nuit à Encarnación avant de poursuivre notre route vers Ciudad Del Este le lendemain. Mais voilà, nous avions oublié que nous étions en plein weekend de Pâques. Malgré nos longues recherches sur l’Internet hier soir, nous n’avons pas trouvé de chambre d’hôtel à Encarnación, en fait nous avons eu de la chance de pouvoir prolonger notre séjour à Posadas car là aussi les chambres étaient rares. Il nous faudra donc revenir à notre point de départ…
Plage à Encarnacion
Posadas vue de la plage d'Encarnacion
En fin de journée, nous repassons donc la frontière en sens inverse. Si les formalités sont rapides et sans histoire, l’attente côté argentin est… phénoménale. J’ai donc eu amplement le temps d‘admirer les lumières de la ville se refléter dans le Rio Paraná et laisser mes pensées dériver sur les flots du no man’s land.
Je tombe sur le chef des douaniers, celui assis derrière le pupitre en verre, et voulant peut-être montrer l’exemple, commence à poser les questions d’usage d’un ton sec. Il m’a coincé dès la première : « Prochaine destination ? » « Euh, ben Encarnación, là d’où je viens ! » Il m’a regardé d’un air bizarre et n’a pas insisté…

Embouteillage au poste argentin
Bis : Samedi de Pâques, destination Ciudad Del Este. Nous reprenons exactement le même chemin que la veille mais cette fois le bus est archiplein et les files de voitures immobilisées font déjà une paire de kilomètres avant l’entrée du pont. Aujourd’hui le service ferroviaire fonctionne et une foule compacte se presse devant la petite gare et les bâtiments de douanes. C’est une véritable invasion. Heureusement (et contrairement à hier soir) notre bus emprunte la voie réservée et prioritaire.
Repetición de la jugada. La brochette de douaniers argentins n’est pas la même qu’hier. Ils ont tous un air résigné et pour une fois je compatis. Une longue et pénible journée les attend. Même court instant d’affolement alors que je tends mon passeport au jeune douanier. Lui non plus n’a pas préparé son tampon !
De l’autre côté, tout est plus calme. Les Paraguayens bouderaient-ils l’Argentine ? Une fois encore, dès que les portes du bus s’ouvrent c’est la ruade vers les bâtiments des douanes, personnes âgées bousculées, familles séparées, on évite le piétinement de justesse. Notre tour arrive… et l’officier demande à ses collègues : « Qui a débranché le scanner ? »
N'est-ce pas ???
Le plus bis : Mars 2018. Après avoir visité les ruines de la mission jésuite de Trinidad, près de Posadas en Argentine, nous retrouvons le Rio Paraná. Il est ici plus majestueux, plus imposant encore et prend même des allures de lac tout en continuant à remplir son rôle de frontière entre le Paraguay et l’Argentine. C’est ici que se trouve le premier pont reliant les deux pays malgré leur longue frontière fluviale (entre Puerto Iguazu et Asunción), les points de passage sont plutôt rares et espacés, et c’est vers le pont San Roque Gonzalez de Santa Cruz que nous nous dirigeons en ce Vendredi de Pâques.
Un peu plus tôt, il nous a suffi d’attendre à l’arrêt de bus ‘internacional’ puis de monter dans ce petit bus qui, toutes les heures, fait la navette entre Posadas et Encarnación. Pas grand monde en ce jour férié… ce qui devrait faciliter les formalités douanières. Effectivement, une fois arrivés à l’entrée du pont, la vingtaine de passagers + nous descendons du bus pour pénétrer dans un étroit bâtiment administratif où nous accueillent une demi-douzaine de douanier(e)s plutôt soulagés de voir si peu de monde débarquer.
Nous sommes les seuls à présenter des passeports, pour les autres passagers (des frontaliers surement) une carte nationale d’identité est suffisante, et cela entraine un peu de confusion ! Notre pauvre douanier doit chercher son tampon au fond de sa sacoche, puis l’encre sur le bureau du superviseur et enfin ajuster la date.
L’affaire est vite bouclée et nous remontons rapidement dans le bus qui arrive justement après avoir été vaguement inspecté. Nous pouvons maintenant parcourir les 2550 mètres que fait ce pont à haubans construit entre 1981 et 1990 et censé compenser le Paraguay pour la perte d’une partie de son territoire pour cause d’inondations suite à la construction d’un barrage. Surprise, il y a même des rails de chemin de fer sur la partie droite (?!) mais l’un des passagers nous explique que le service ne fonctionne pas aujourd’hui.
Nous voyons s’éloigner l’enfilade de buildings qui s’étend sur la rive argentine Posadas apparait plus importante que nous le pensions. L’autre rive approche petit à petit et parait certainement plus modeste, un peu à l’image des petites maisons pas trop nettes et des installations portuaires plutôt dérisoires que nous finissons par dépasser.
Arrivés sur l’autre rive et à peine les portes du bus ouvertes c’est la ruade vers les petits bâtiments portables blancs installés sous un immense préau. Deux queues se forment devant les deux fenêtres ouvertes et les plus rapides repartent déjà alors que nous arrivons à la première queue. Les formalités sont rapides car encore une fois la plupart des passagers n’ont qu’à produire leur carte d’identité, en échange ils reçoivent un petit bout de papier. La douanière semble être ravie d’avoir des vrais passeports, cela doit lui couper la routine, elle doit toutefois s’assurer que le scanner est bien branché. Souriante, elle nous souhaite une bonne journée avant d’attraper les prochaines... et sempiternelles carte d’identité.
Il ne nous reste plus qu’à attendre au bout du parking en terre le bus qui a disparu et d’ajuster l’heure (-1). La rue commerçante qui descend vers le centre-ville est bordée de magasins fermés, seuls deux chauffeurs de taxi attendent les éventuels clients en écoutant la radio et trois gamins font des zigzags à vélo en évitant les emballages qui trainent par terre. Que cette rue soit si déserte ne doit arriver qu’une paire de fois l’an !
Direction le Paraguay


L’objectif d’aujourd’hui était de visiter Trinidad où se trouvent les ruines d’une autre mission jésuite avant de rejoindre les centaines de familles qui ont envahies les plages d’Encarnación, (oui-oui les plages !) puis de passer la nuit à Encarnación avant de poursuivre notre route vers Ciudad Del Este le lendemain. Mais voilà, nous avions oublié que nous étions en plein weekend de Pâques. Malgré nos longues recherches sur l’Internet hier soir, nous n’avons pas trouvé de chambre d’hôtel à Encarnación, en fait nous avons eu de la chance de pouvoir prolonger notre séjour à Posadas car là aussi les chambres étaient rares. Il nous faudra donc revenir à notre point de départ…
Plage à Encarnacion
Posadas vue de la plage d'EncarnacionEn fin de journée, nous repassons donc la frontière en sens inverse. Si les formalités sont rapides et sans histoire, l’attente côté argentin est… phénoménale. J’ai donc eu amplement le temps d‘admirer les lumières de la ville se refléter dans le Rio Paraná et laisser mes pensées dériver sur les flots du no man’s land.
Je tombe sur le chef des douaniers, celui assis derrière le pupitre en verre, et voulant peut-être montrer l’exemple, commence à poser les questions d’usage d’un ton sec. Il m’a coincé dès la première : « Prochaine destination ? » « Euh, ben Encarnación, là d’où je viens ! » Il m’a regardé d’un air bizarre et n’a pas insisté…

Embouteillage au poste argentinBis : Samedi de Pâques, destination Ciudad Del Este. Nous reprenons exactement le même chemin que la veille mais cette fois le bus est archiplein et les files de voitures immobilisées font déjà une paire de kilomètres avant l’entrée du pont. Aujourd’hui le service ferroviaire fonctionne et une foule compacte se presse devant la petite gare et les bâtiments de douanes. C’est une véritable invasion. Heureusement (et contrairement à hier soir) notre bus emprunte la voie réservée et prioritaire.
Repetición de la jugada. La brochette de douaniers argentins n’est pas la même qu’hier. Ils ont tous un air résigné et pour une fois je compatis. Une longue et pénible journée les attend. Même court instant d’affolement alors que je tends mon passeport au jeune douanier. Lui non plus n’a pas préparé son tampon !
De l’autre côté, tout est plus calme. Les Paraguayens bouderaient-ils l’Argentine ? Une fois encore, dès que les portes du bus s’ouvrent c’est la ruade vers les bâtiments des douanes, personnes âgées bousculées, familles séparées, on évite le piétinement de justesse. Notre tour arrive… et l’officier demande à ses collègues : « Qui a débranché le scanner ? »
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Le plus confortable :
Avril 2108. Autant bien faire les choses et c’est en taxi que nous faisons le trajet de Ciudad Del Este jusqu’à l’aéroport de Foz do Inguaçu. Après avoir vu, hier soir, la cohue occasionnée par les embouteillages monstres à ce point de passage, nous avons réservé un taxi pour l’aurore, pas question de louper notre avion. Le chauffeur de taxi, un expat espagnol bavard et sympathique nous attend déjà. Il nous emmène donc jusqu’au Ponte da Amizade / Puento de la Amistad, celui-là même que j’avais aperçu de l’avion la semaine dernière. La ville, hyperactive hier, fait ce matin la grasse matinée. Les rues sont désertes et, à cette heure matinale, seuls quelques camions et voitures et une poignée de piétons franchissent le pont, tout au moins de ce côté-ci car de l’autre une queue se forme déjà, c’est vrai qu’il est une heure plus tard au Brésil.
Les douaniers paraguayens discutent avec des dealers (de voitures) et autres vieilles connaissances. L’un d’eux se dévoue pour nous mettre le tampon de sortie et trois minutes plus tard nous remontons dans le taxi. So far so good !

La traversée du pont, long de 550 mètres, ne dure qu’une paire de minutes, juste le temps d’apercevoir, derrière les doubles barrières métalliques, les eaux du fleuve quelques 80 mètres plus bas. Et revoilà le Brésil et l’imposant complexe des douanes dominé un monument composé de deux pylônes en béton s’élançant dans le ciel et commémorant l’amitié entre les deux pays et l’ouverture du pont en 1965.

« Les formalités d’entrée se font… à la sortie. » (?!) nous annonce notre chauffeur avant d’expliquer qu’il est encore trop tôt et que le poste d’entrée est encore fermé. Nous devons traverser le parking, descendre quelques marches et nous diriger vers un policier qui se charge d’interrompre brièvement le flot continu de véhicules se rendant au Paraguay pour nous laisser passer. « Dépêchez-vous… » nous dit le chauffeur qui nous a accompagné, « … les passagers des collectivos sont en train de descendre. »

Seulement deux personnes en charge, heureusement nous sommes les seuls. La jolie douanière brésilienne me demande si je sors ou si je rentre. « Je rentre. » « Ah, muito bem » dit-elle en souriant…
Les douaniers paraguayens discutent avec des dealers (de voitures) et autres vieilles connaissances. L’un d’eux se dévoue pour nous mettre le tampon de sortie et trois minutes plus tard nous remontons dans le taxi. So far so good !


La traversée du pont, long de 550 mètres, ne dure qu’une paire de minutes, juste le temps d’apercevoir, derrière les doubles barrières métalliques, les eaux du fleuve quelques 80 mètres plus bas. Et revoilà le Brésil et l’imposant complexe des douanes dominé un monument composé de deux pylônes en béton s’élançant dans le ciel et commémorant l’amitié entre les deux pays et l’ouverture du pont en 1965.


« Les formalités d’entrée se font… à la sortie. » (?!) nous annonce notre chauffeur avant d’expliquer qu’il est encore trop tôt et que le poste d’entrée est encore fermé. Nous devons traverser le parking, descendre quelques marches et nous diriger vers un policier qui se charge d’interrompre brièvement le flot continu de véhicules se rendant au Paraguay pour nous laisser passer. « Dépêchez-vous… » nous dit le chauffeur qui nous a accompagné, « … les passagers des collectivos sont en train de descendre. »

Seulement deux personnes en charge, heureusement nous sommes les seuls. La jolie douanière brésilienne me demande si je sors ou si je rentre. « Je rentre. » « Ah, muito bem » dit-elle en souriant…
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
Moi aussi, amoureuse des frontières depuis toute petite. Mais c'est bien ambivalent.
Nous avons quand-même de la chance. Que le passage d'un très très grand nombre de frontières ne soit pour nous qu'une formalité. Je pense à tous ceux qui pour c'est souvent la croix et la bannière, voire simplement impossible...
En fait je hais les frontières et ce qu'elles représentent. Mais elles me fascinent.
Nous avons quand-même de la chance. Que le passage d'un très très grand nombre de frontières ne soit pour nous qu'une formalité. Je pense à tous ceux qui pour c'est souvent la croix et la bannière, voire simplement impossible...
En fait je hais les frontières et ce qu'elles représentent. Mais elles me fascinent.
bonsoir,
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives.
on n'apprend pas à voyager et il n'y a pas de formation pour ça ( quelle horreur...) Sinon on force les individus à faire des voyages tout formatés... bref à contribuer au tourisme de masse. Le voyage doit se faire selon ses intituitions sinon ben on prend les mêmes trains, les mêmes bus et les mêmes avions que tout le monde et on fait les mêmes visites que tout le monde [:P] La première fois que je suis parti tout seul en voyage c'était avec une carte Interrail à visiter l'Europe et je ne voulais imiter personne, juste être moi-même
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives.
on n'apprend pas à voyager et il n'y a pas de formation pour ça ( quelle horreur...) Sinon on force les individus à faire des voyages tout formatés... bref à contribuer au tourisme de masse. Le voyage doit se faire selon ses intituitions sinon ben on prend les mêmes trains, les mêmes bus et les mêmes avions que tout le monde et on fait les mêmes visites que tout le monde [:P] La première fois que je suis parti tout seul en voyage c'était avec une carte Interrail à visiter l'Europe et je ne voulais imiter personne, juste être moi-même
Je comprends, o combien, ce dilemme qu’ont les frontières : fascinantes et détestables à la fois.
Ce qui continue de me surprendre est comment une ligne tracée sur la Terre peut avoir autant de conséquences et d’influence sur la vie des gens selon ils habitent d’un côté ou de l’autre de cette ligne.
Il suffit d’un pas pour passer d’un monde à un autre… magique et terrifiant à la fois !
https://voyageforum.com/v.f?post=6884794;a=6884794
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