Inside South Africa
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

VO Voyajou Globetrotter ·
Plusieurs passages sur le Lesotho...avec 4 mètres de neige !

Toi qui aimes les passes, un nouvel itinéraire. Situé à la frontière sud ouest du Lesotho, au nord de Rhodes mais entièrement en Afrique du Sud: les High5. Les cinq plus hauts cols d'Afrique du Sud.
MI Michel85200 Globetrotter ·
Bonjour, Je prends ! Après Die Hel et Baviaanskloof de bout en bout...je suis prêt. Enfin, j'espère 😇 Il va falloir me faire l'itinéraire et être un poil plus précis... Histoire que je prépare mon voyage de...l'an prochain ! De toute manière le sud Lesotho et Sehlabathebe me font de l'oeil.

Amitiés

Michel
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Les autos 😎😏 se suivent et se ressemblent. 😉

Sans doute parce que la fonction crée l'organe. En France je pilote un suppositoire survitaminé (1) que je vais devoir remiser au bénéfice d'une voiture à pédales équipée d'un triple circuit de freinage dont un relié par satellite au bureau du premier ministre.

(1) Notes pour Dolma 😇 : Dans le lexique automobile un suppositoire est une voiture très effilée, oblongue (on peut aussi écrire oblonde 😊) genre Jaguar Type E et survitaminée signifie qu'elle est puissante et nerveuse.
VO Voyajou Globetrotter ·
Je te souhaite les plus surprenants des chemins avec ton nouveau destrier.😉

Et lorsque le Pathfinder aura trouvé jusqu'aux chemins que je ne cherchais pas, je mettrai le pilote automatique sur un Land Cruiser.
MI Michel85200 Globetrotter ·
Pour les passes...

N'oublions pas que je ne suis niveau ni Landcruiser ni Pathfinder mais modestement Hilux .
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Sérieusement, tu as un globe terrestre avec image d'animaux dessus? T'as acheté ça où?

Je l'ai depuis le CM1. C'était le bon temps où une seule maîtresse suffisait pour tous les enseignements. Elle avait conçu cette mappemonde pensant que nous faire suer sur la géographie en même temps qu'en sciences naturelles porterait ses fruits. Elle était moitié montessorienne. Tu as remarqué qu'à l'arrière plan il y en a deux autres dans la même série, une ébène et l'autre ivoire: L'année suivante, sa collègue nous racontait l'histoire du globe écrite par les éléphants -qui étaient les vainqueurs. Elle enseignait à temps perdu les travaux manuels. Les filles cousaient des bicornes et nous tracions les frontières intérieures de l'Afrique au cordeau, comme de vrais colons en culottes courtes (voir photo).
VO Voyajou Globetrotter ·
On ne dit pas assez, me semble-t-il, qu'il est possible tout simplement de prendre un vrai plaisir à lire des textes superbement écrits,

C'est précisément ce que pense à présent mon nègre au noir -l'insolent lit par dessus mon épaule. Lui d'habitude discret et réservé -ce sont là attributs de sa fonction, se rengorge de ton soutien et réclamait ce matin une augmentation significative, menaçant d'une grève du zèle : en lieu et place de son usage aléatoire de la ponctuation il ; ponctuerait : désormais -entre! Chaque, mot ' Nous en sommes au lancer d'épithètes. Je vais lui offrir de baisser son quota -pourtant contractuel- de coups de règles sur les doigts.

(Et c'est moi qui te remercie)
KA Kate Globetrotter ·
C'était le bon temps où une seule maîtresse suffisait pour tous les enseignements.

Non mais je rêve ! 😇
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
VO Voyajou Globetrotter ·
Lesotho post-traitement

Ne vous attendez pas à ce que je vous présente sous ce titre quelque misérable cliché retraité par l'intelligence artificielle : elle n'a pas atteint un niveau suffisant. Confirmation en phonetos ci-dessous. Il s'agit plus naturellement de bactéries intelligentes et aventurières qui, l'automne arrivant, ont pressenti et devancé le moment de descendre de l'estive. Et pourquoi pas en voiture, ça changerait du saute-mouton. Ce qu'elles n'avaient pas prévu c'est de se retrouver à mille kilomètres de là, dans le désert. Ces bestioles peuvent-elles en concevoir une vengeance? Sans avenir, agonisantes, elle me soufflent une pneumonie à moitié invalidante en guise de cadeau d'anniversaire. Le médecin débonnaire en retraite ici me congédie en riant de sa blague. Il vient de m'expliquer, joignant presque le geste à la parole, comment une femme doit contrôler la température de l'homme. Entre la consultation et les antibiotiques je m'en sors pour une bonne semaine de salaire de jardinier. Je ne risque pas de le rencontrer ici. D'autant que rien de tout ça n'est remboursé, même si les médicaments sont de contrefaçon. *

Le mal des mâles

Ils ont en partage un corps massif et musculeux mais pas plus que chez leurs maîtres austères et pieux la sexualité récréative n'est de mise chez les béliers. Ils sont pourtant la substantifique moelle de ces lieux si secs que des larmes ne reste que le sel. Ainsi les voit-on désœuvrés, la mine neurasthénique, tourner dans des enclos réduits. Pas même un combat à se mettre entre les cornes puisqu'il serait sans enjeu. Dans quelques mois il faudra mettre les bouchées doubles, à un pour cinquante, vierges ou pas, cavaler à travers des milliers d'hectares, passer et repasser pour assurer. Et se battre comme s'il n'y en avait pas pour tout le monde alors qu'on n'est quand même pas en Chine. Stop aux cadences infernales ! Halte à l'exploitation de l'animal mâle !

www.youtube.com/watch?v=W_sLDQaAcsk *

Fuir toujours

Le père de Mary élevait des vaches laitières au Zimbabwe lorsque le Président Mugabe, héros de l'indépendance, décida faute de mieux de donner les terres agricoles aux vétérans de son armée. Pour sa famille comme pour d'autres, l'alternative était simple : partir debout ou les pieds devant. Ils s'installèrent dans la voisine Zambie, les compteurs à zéro. Là, le paludisme ne tarda pas à emporter le père. Ce qu'il restait de la famille s'installa à Johannesburg où Mary passa son adolescence. Entre temps les vétérans occupant les fermes avaient mangé les vaches laitières. Une fable de La Fontaine à l'envers. (Le nouveau président du Zimbabwe, aussi pragmatique que son prédécesseur était dogmatique, propose aux fermiers Blancs de revenir moyennant non pas la pleine propriété de terres qu'ils avaient obtenu par la force et rendues sous la même contrainte, mais sous bail emphytéotique. Où en sera le monde dans un siècle?) Bien mariée Mary voyagea au gré des affectations dont quelques années à Atlanta où naquit un de ses enfants. Puis elle changea d'avis et de monture et la voici fraîche amoureuse s'installant dans la Karoo. Voilà un an que ce couple de belle occasion a décidé de quitter Johannesburg. Maison vendue dans un marché déprimé ils sont arrivés ici en mars dernier. En février, sortant d'un restaurant où ils avaient leurs habitudes, comme pour une dernière fois, entre le portier et la voiture ils avaient chacun un pistolet sur la tempe. Pas d'autre issue que de se laisser dépouiller. Josi n'allait pas les lâcher sans un dernier tribut. Ils vivaient dans huit cent mètres carrés au cordeau, leur cottage en fait quatre vingt délabrés. Ils sont heureux comme des réfugiés croyant être arrivés à bon port. *

Breizh touch

Jamais encore je n'avais assisté à un tel phénomène dans le Grand Karoo continental. Bien sûr nous connaissons les orages soudains qui dans leurs flots emportent nos limons nous laissant plus démunis encore. Cette fois, depuis plus de vingt heures il pleut sans discontinuer, nous en sommes à 47 millimètres, ce qui représente un trimestre de précipitations du temps où on les mesurait. *

Belle mer

C'est mon anniversaire. Nous allons à la mer faire des frisettes dans les rouleaux. Elle n'a pas changé, toujours aussi grande gueule. Sifflant, fumant, fulminant. Grondant sans relâche. Je me félicite de n'être pas tombé dans les rets d'une sirène, parce qu'avec une belle-mère pareille. Dans le désert nous avons une plante assez résistante, un peu envahissante et pas très jolie. Il arrive qu'on l'éloigne et que par respect, ou est-ce par pitié, on la repique avec une feinte application. Son nom vulgaire est 'langue de belle-mère'. Nous avons aussi une cactée silencieuse de la taille d'un strapontin et qui en épouse la forme. Hérissée de piquant on la nomme 'siège de belle-mère'. *

Des boites

Le samedi matin c'est course colorée dans le kopjie. Les gamins du township y viennent en nombre pour le plaisir du sport, peut-être, mais aussi pour celui d'être conduits en ville en voiture et d'y recevoir une récom-panse. Cette semaine, Barbara, résidente secondaire riche et oisive mais généreuse est de la partie. Lorsqu'elle stationne sa Jaguar devant le Saturday Market et en ouvre les portes, un, deux, trois... sept, huit, neuf gamins en bondissent comme des ressorts. Elle vient de saluer chaleureusement les policiers qui n'ont pas compté le nombre de ceintures. Au marché, les petits génies assaillent le stand de Pandora. D'origine grecque elle confectionne toutes sortes de mignardises végétariennes délicieuses. Elle ouvre ses boîtes qui comme par magie se retrouvent vides en cinq secondes chrono. Le reste de la semaine elle se consacre à nombre d'activités au service de la communauté. * Big Coca



Cet homme jeune déshabillé de hardes est né après l'apartheid. Il fait les poubelles du Mac Do, récupère ce qui est comestible et brûle les emballages pour se réchauffer. Le nouveau président de la République d'Afrique du Sud était un cacique de l'African National Congress, le parti de Mandela. Mis à l'écart il y a une vingtaine d'année il s'est reconverti dans les affaires avec les appuis qu'on devine. Il a bâti une fortune aussi colossale qu'expresse en trustant, entre autres, les concessions Mac Donald et Coca Cola pour le pays. Le voilà en demeure d'agir.

Peu de choses ont changé ici finalement -sauf à considérer que changer la couleur de l'argent constituerait un progrès en soi. Inégalités, violence, racisme, corruption, ségrégation spatiale, incompétence, chômage, obésité, ces problèmes et d'autres sont plus aigus aujourd'hui qu'hier et sur ces critères l'Afrique du Sud est souvent en tête -ou bien est-ce en queue- du classement.

Ce pays me déchire comme il l'est. *

(Si les pilotes d'Air France dont la seule force est de nuisance veulent bien suspendre non pas leurs vols mais leurs exigences indécentes, je serai bientôt la-haut.)
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Bonne récupération si ce n'est pas déjà de l'histoire ancienne. Je suppose que le couple qui s'est fait détroussé sens sort sans dommage physique.

C'est une bonne chose que la pluie soit au rendez-vous, en espérant qu'elle ne fasse pas beaucoup de dégâts

Bon retour en France et merci pour les photos 🙂
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
VO Voyajou Globetrotter ·
Je suppose que le couple qui s'est fait détroussé s'en sort sans dommage physique.

En effet, ils sont rodés. Dans ce contexte, le plus souvent, si tu te laisses dépouiller tu as la vie sauve. Mais ce n'est pas toujours le cas, en particulier dans des circonstances sans témoins. Tu le sais: les premières victimes de la violence dans ce pays sont les habitants des townships.

Bonne récupération si ce n'est pas déjà de l'histoire ancienne.

Je suis rentré avec une fièvre de cheval. Pour preuve, la plupart des compétitions hippiques programmées dans l'ouest de la France au mois de mai sont annulées pour cause de rhinopneumonie équine.

Bon retour en France

Par la grâce des pilotes d'Air France, le retour direct en onze heures Le Cap-Paris s'est transformé en un Le Cap-Dubai-Paris de vingt heures. Passerait encore le retard, mais c'était sur Emirates, une des meilleures compagnies du monde. Sauf que moi, j'évite scrupuleusement de voler avec les compagnies du golfe: surpayer le pétrole à des mecs, au prétexte qu'ils sont assis dessus, pour leur permettre ensuite de nous casser la gueule, non merci. Je ne suis pas certain que Air France acceptera de prendre en compte mon préjudice moral -par ailleurs incalculable.
AT Atila Globetrotter ·
Je ne suis pas certain que Air France acceptera de prendre en compte mon préjudice moral -par ailleurs incalculable

Tu te contenteras des 600 euros par passager prévu par le règlement européen. Ça tombe bien, c'est pile poil le prix d'un aller retour air France pour Joburg . Voilà ton prochain voyage assuré. ..😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Que le lecteur en quête d'exploits, que la lectrice assoiffée d'aventure me pardonnent : ils ne liront ici que de minuscules histoires d'expatrié intermittent.

Des nouvelles des ânes De part et d'autre de la ville historique, au nord un township de huit mille habitants au sud, un refuge où se gobergent un cent d'ânes dont les propriétaires n'avaient plus l'usage ou pas les moyens de les conserver. Les uns comme les autres se partagent peu ou prou la même surface, quelques dizaines d'hectares, plus fertiles chez les ânes. Le cours de l'âne a quintuplé depuis que les Chinois en utilisent la peau dans leur pharmacopée : le remède serait souverain contre l'insomnie. Amère et tardive revanche d'un animal réputé dormir debout. Récemment, lors d'une vente aux enchères, le refuge -qui se dit sanctuaire- s'est porté acquéreur de deux cent nouveaux pensionnaires que, faute de surfaces et de ressources, il cherche à placer. Sans cette intervention, les baudets finissaient à la boucherie en alimentation pour animaux. Il est désormais possible d'adopter un âne virtuellement, comme on le fait pour les enfants très pauvres. J'hésite entre Thyme, Rosemary et Parsley : avec des noms pareils ils feraient un bobotie acceptable. *

La poutre A l'entrée de ce coffee shop, refuge aux portes d'un désert qui est ce qui reste d'une mer, cet écriteau annonçant qu'il faudra désormais siffler son milk-shake sans paille : « Les pailles en plastique sont la principale source de pollution des océans, faisons un geste ». On lui souhaite d'être durable. Pour ma part, ce sera un full english breakfast, avec couverts s'il vous plaît. *

Proust maraîcher J'avais une maison dans une île, désertée l'hiver, et qui ne portait plus de jardins que d'agrément. Chaque semaine, par le courrier, venait du continent un maraîcher qui s'annonçait dans les villages d'un tonitruant « chouuux, carrooottes » devenu son sobriquet. Il était toujours accompagné d'un jeune aide qui souvent changeait. Les insulaires désœuvrés, friands d'anecdotes, en tiraient des conclusions entendues. Lorsque je viens ici, en Afrique du Sud, parvenu à l'orée du désert qui est comme une mer, je ne manque jamais de savourer un excellent coleslaw (émincé de choux et de carottes en sauce). L'effet madeleine est immédiat. *

Je vous ai apporté... Est-ce parce que le printemps tardif empêche les fleurs qu'invitée à dîner cette longue femme rousse apporte des asperges vertes, fines et fermes? C'est un cadeau précieux, rare, que cultive Sue, la gourou du Karoo. Elle aura tiré parti du sable ingrat et d'une eau parcimonieuse. Une autre fantaisie de Sue est d'élever des tilapias dans des bassins d'eau de montagne. J'espère qu'ils ne seront pas l'objet d'un prochain cadeau. La botte d'asperges est ficelée de raphia avec une tablette de chocolat noir. What else ? *

Fourmis noires, fourmis rouges Au mitan d'une nuit sans lune, en longues processions silencieuses, ils ont colonisé le coteau par l'est, à l'opposé de l'habitation, par là où les chiens ne les percevraient pas. Pour la circonstance mieux dotés que d'autres, ils n'ont pas même eu besoin de se noircir le visage de suie. Les femmes portaient sur la tête le maigre baluchon de leurs possessions: quelques fripes, une casserole, un potjie. Un enfant pendu à chaque main, pour certaines un autre à venir. Les hommes ployaient sous quelques planches, des tôles. D'autres épaulaient des épieux, les pioches et les marteaux. Tous avaient le couteau dans la poche. Au matin, la police en dénombra quatre cent. Déjà ils creusent. Déjà s'élèvent les premiers poteaux d'une ville nouvelle. Il n'y aura ni eau courante, ni électricité. Ces colons ont eu la délicatesse de se poser au-delà des vignes, là où la pente devient trop forte et le froid plus vif. Pourtant, nul plancher, nul châlit ne leur offrira des nuits horizontales. Le vigneron désemparé assiste, impuissant, à l'installation d'une colonie sur ses terres ancestrales. L'immémorial combat pour la terre qui ne se règle que par la force. Le droit est pour lui mais il doute. Fera-t-il appel aux Red Ants (Fourmis Rouges), ces brigades de sécurité privée dont les membres vêtus de combinaisons rouges (c'est moins salissant), casqués et armés de matraques, vident les squats en quelques heures?

Finalement, soutenu par les autorités, il s'y est résolu -les municipalités elles-mêmes n'y ont-elles pas recours ? Les fourmis rouges sont arrivées par pleins camions. Casqués benalla mais rouges et visières baissées, brandissant de longues barres à mine, protégés par leurs boucliers, ils ont fait sortir les habitants de leurs abris d'infortune et, méthodiquement, les ont détruits sans ménagements. L'un deux transporte à bout de bras deux enfants qu'il évacue. Ils opèrent sous le contrôle de la police qui se tient en retrait. Plusieurs occupants seront été interpellés pour s'être défendus ou avoir jeté des pierres.

Une des égéries des squatteurs se prénomme Zola. Un article de presse titre « The soul of the Red Ant » Un peu de jazz: www.youtube.com/watch?v=EByHobAn3hw *

Tonnerre de Brest! La soirée est douce, venu de l'Océan Indien le premier alizé de printemps, a joué à saute-montagne. Soudain, dans le relief, des éclairs appariés, longs et doux, dont on ne perçoit pas le fracas. Après quelques minutes parvient un roulement sourd, rond, constant. Enfant, mon père m'enseigna comment calculer à quelle distance nous nous trouvions de l'épicentre de l'orage en fonction du temps que mettaient à nous parvenir le son et la lumière. Là, ça ne marche pas. Changement d'hémisphère ? Spécificité locale ? La lumière devient continue, le grondement enfle : un 4X4 lancé à pleine vitesse sur la piste. *

« Qualité export » Cette formule, selon quelle est inscrite sur un produit manufacturé par un pays riche ou dans un pays pauvre revêt des qualités diamétralement opposées. Les abats d'un poulet breton « qualité export » ne trouveraient guère preneur en France mais iront bien pour l'Afrique où, au passage assaisonnés de subventions communautaires, ils pénaliseront la production locale. À l'inverse, les fruits sud-africains « qualité export » sont ce qui se fait de mieux localement. *

Le bon grain et l'ivraie La piste longe la propriété sur quelques centaines de mètres, tout comme le petit canal -douve dérisoire- qui nous amène l'eau de la montagne. Ce canal, cimenté de maigre, souvent fissuré ou effondré, abreuve une flore spontanée, du palmier à la luzerne, qui n'aurait pas droit de cité à une couronne racinaire de là. Le vieux Shaun est venu de loin, du township où furent relégués ses parents. Il tire une minuscule charrette où gît un grand sac encore plat. Armé d'une petite faucille, il coupe ras les pieds de luzerne florissants côté manant. Le sac s'arrondit vite, une grossesse de neuf minutes. Les quelques lapins qu'il élève dans sa cour ne sont pas moins bien logés que lui mais leur subsistance est assurée pour les jours à venir. De mon côté, dans le jardin d'agrément qui est comme une insulte, la luzerne est une mauvaise herbe coriace. Je suis né du bon côté de la douve qu'il ne franchira pas, qui est une Méditerranée, je n'en suis pas fier. Je viens vers lui portant des sacs de toile qui ont contenu du terreau et dont j'imagine qu'il fera meilleur usage que moi. Je les lui propose et le voilà confondu en remerciements. Pour évacuer ma gêne, sans doute, je lui fais observer que ce n'est pas un cadeau : il doit désormais remplir tous ces sacs. Nous rions.
DO Dolma Globetrotter ·
Je ne suis ni assoiffée d'exploits ni en quête d'aventure, je n'ai donc rien à te pardonner ! Il me suffit de lire tes minuscules histoires comme toujours parfaitement ciselées pour me ravir et partir en voyage...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MA Max68 Globetrotter ·
Une toujours aussi belle plume, merci à toi 🙂 😛
https://apprentisvoyageurs.com
ZA Zabazou ·
Enfin de retour ces "minuscules histoires" qui nous ravissent tellement. Elles se sont faites rares mais "chut" j'ai mauvaise grâce à me plaindre moi qui s'extériorise si peu sur le forum. Merci encore de nous les faire partager.
Ghislaine
BO Boulwai Regular ·
Oui, mais non. Je sors de dix jours à 2x1 (un vélo pour les néophytes), sac sur le dos (quand je pense que certains s'y adonnent par plaisir 😉), le temps d'identifier la panne (une histoire de durite, encore) de trouver la pièce (à Durban, finalement), d'envoyer le paiement, de la recevoir et de la poser. Finalement, le Defender correspond parfaitement à ma conception du voyage: place à l'imprévu.

Bonjour M'sieu Jean, je commence à penser que finalement ça ne te déplaît pas tant que ça le vélo. En effet, pour s'y adonner pendant 10 jours, faut bien qu'il y ait une petite envie quelque part! Toi et qqes autres m'avez fortement inspiré des endroits magnifiques à rouler en vélo et de mon côté, je ne désespère pas de vous convaincre des joies du 2 roues. D'ailleurs, Michel et toi avez déjà orienté notre prochaine virée: Swartberg et Die Hell.... Pendant que j'y suis, je donne une petite astuce pour les néophytes du VTT: même avec un bon cuissard, sur de longues distances, on a parfois quelques brûlures au niveau du "truc" qui est posé sur la selle. Oui, oui à un certain moment on peut avoir le feu aux fesses. Il est dès lors conseiller d'y appliquer délicatement un peu de vaseline ou qqchose du genre. Mais qui se balade avec un tube de vaseline dans sa sacoche??? Personne de normalement constitué. Par contre, et particulièrement en AFS, on a tous un tube de Labello en train de fondre au soleil... et bien, figurez-vous que ça dépanne bien! V'la une astuce à la Mc Gyver😉 Après, chacun gère le côté multi-usage du produit miracle comme il veut.

Bravo pour le Nissan, c'est quand même une bonne roulotte, j'aurais du suivre mon instinct dès le début et investir dans une japonaise au lieu de me retrouver en rade avec le Discovery! Mais bon, ça m'a permis de tester la solidarité sudaf dans les lieux les plus reculés du pays et me faire quelques potos apprentis mécanos / pro de la débrouille en milieu hostile.😉 Moi aussi, je fais partie de la majorité silencieuse qui lit des contes, alors garde le cap moussaillon! Enfin, vu que j'essaie de lire un peu à travers les lignes, et par curiosité malsaine, je me permets de te demander de manière officielle si tu n'es pas en train de réaliser une partie de mes voeux que ce têtard de Père Noël n'a jamais voulu m'accorder: vis-tu en Afrique du Sud? A bientôt M'sieu Jean!
Rêver est déjà un beau voyage.
VO Voyajou Globetrotter ·
Tu es une lectrice pour qui les mots se suffisent à eux-mêmes, pour qui ils n'ont nul besoin d'une histoire pour exister. Tu es une lectrice enchantée par la mélodie lorsqu'ils font leurs gammes. Une poète.
VO Voyajou Globetrotter ·
Toi qui me fais parfois l'effet d'un Africain en mal du pays, qui tentes des ailleurs mais toujours y reviens, merci d'être passé en attendant de mettre tes roues tout au sud du continent.
VO Voyajou Globetrotter ·
C'est que, voyez vous, je ne puis passer ma vie à raconter des histoires ici.

Je ris encore de nos folles escapades à Sainte-Hélène. Du vent qui vous décoiffait le bibi. Je vous dois bien une histoire minuscule sortie du chapeau (mais un poil capillotractée).

Les hommes d'ici, lorsqu'ils sont fermiers ou broussards, portent de larges couvre-chefs de cuir ou de toile maculés de sueur, les gars des villes sont coiffés d'une casquette américaine de marque, les élégants ne confient leur précieuse personne qu'à des panamas. Les dames vont souvent tête nue ou arborent de larges chapeaux dont la matière, la forme et les couleurs révèlent un peu de ce qu'ils protègent.

Les hommes d'ici, lorsqu'ils ne sont pas chefs, se protègent du soleil inhumain sous des bonnets de laine. Les plus audacieux gonflent le rasta emblématique. Les femmes qui parfois commandent portent des fichus mais vont souvent tête nue sous une coiffure apprêtée, hélas issue du trafic d'organes : des cheveux raides venus d'Asie. Ni voiles, ni chapeaux chinois, pas encore.

Tout en bas de l'échelle ruminent les moutons qu'on prive de leur toison isotherme au début de l'été et qui naissent quasi-chauves. Puisque personne ne pense à leur tricoter un bonnet ils forment dans les champs nus des grappes où chacun engage la tête entre les gigots de l'autre. Voilà pourquoi ils vont tous dans la même direction.
VO Voyajou Globetrotter ·
Ton astuce a retenu toute mon attention mais je me méfie des produits multi-usages. J'ai donc décidé de ne pas envisager de longues distances à vélo.

vis-tu en Afrique du Sud?

Je suis un-tiers-mi-temps du voyage... 🤪

Moi aussi, je fais partie de la majorité silencieuse qui lit des contes, alors garde le cap moussaillon!

Bien, Capitaine !
BO Boulwai Regular ·
Je suis un-tiers-mi-temps du voyage... 🤪

.. Et à l'instar de ceux du spectacle, tu es aussi un artiste... dans ton genre😉
Rêver est déjà un beau voyage.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Ta prose est toujours aussi belle, j'apprends des mots en te lisant 🙂

Serais-tu allez à st Hélène qui est maintenant reliée par avion ? Une destination qui me fait rêver surtout par ce qu'elle représente plus que par ce qu'il y a à faire
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
VO Voyajou Globetrotter ·
Non, je ne suis pas allé à Sainte Hélène mais dans une discussion évoquant l'ouverture de la liaison aérienne, nous avions un peu déliré avec Zabazou. Bien que sans message depuis un an, cette discussion est toujours en tête de la rubrique dédiée sur VF.

Tiens, voilà une brassée de mots pour le week-end.
VO Voyajou Globetrotter ·
Sexisme La Pataugas est à l'arpenteur des sables ce qu'est le Land Rover au sauteur de dunes. Elles sont de m��me génération et toutes deux avaient déserté. La godasse la première, la bagnole il y a trois ans. Mais toutes deux sont des phénix. La chaussure revint d'abord, le véhicule, ce sera l'an prochain. Sauf que le futur Defender sera une vulgaire voiture et que la Pataugas nouvelle est fragile : j'ai une testeuse maison, qui les met à genoux en moins de deux ans. Au moment de les renouveler, il ressort que ne sont plus au catalogue que les tailles à partir du 41 (par chance, ma testeuse n'est ni Berthe ni geisha), c'est à dire plus souvent adaptées à ce coureur qu'était l'homme qu'aux petons de Lucy. Alors, comme si un rapace y connaissait quoi que ce soit en cordonnerie, on se rabat sur Aigle qui plagie éhontément son concurrent défaillant. Une copie très seyante mais qui oublie un point essentiel : la sculpture. Les crampons trop profonds sont à bord droit alors qu'ils étaient évasés sur la semelle originale. Les cailloux y restent bloqués. Du coup, ma testeuse revient du désert dans un tintamarre de camion minier. Dans dix ans j'aurais de quoi construire une nouvelle maison. *

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira (Les marcheurs s'essoufflent mais ils ont un plan B : le plan vélo. A ce train là ils vont finir la quinquennat en voiture de fonction.) Ici, dans l'ancien monde, marcher n'est pas une option pour la majorité. Elle marche par défaut. Dès l'aube, chaussés de godillots, les travailleurs marchent sur les pistes où croisent quelques femmes bondissantes fuselées de rose -mignonnes, pas toujours. Les plus riches des pauvres enfourchent de vieux vélos, frusques flottantes pour seuls freins, et se font dépasser par des athlètes moulés flashy, mollet long et cuisse de grenouille, pectoraux en mode soufflerie, énervés sur des machines titanesques. *

Collector Haute stature, longue chevelure sombre aux mèches rebelles qui sont des bouclettes contrariées, pupille bleu pale et regard lointain, peau sombre et traits indo-européens, quelque chose du fils de Henri Fonda et de Pocahontas. Ainsi se présente Ivan à qui nous louons des locaux inoccupés tandis qu'il attend les siens, là où, en provenance du Cap, il s'installera dans la petite ville. Ce quadra déjà vintage est collectionneur et fournit des musées dans tout le pays ou le casting mécanique de tournages son domaine de prédilection est la ferraille, de préférence motorisée. Comme il faut bien se détendre, il pratique le moto-cross en compétition. Dans les rayonnages bottes, combinaisons et casques, un ensemble par marque de moto, sont soigneusement rangés. Coté voiture il fait fort et j'envisage ou de tripler le loyer ou d'exiger qu'il règle en nature. Voici dans quel équipage il a l'outrecuidance de me rendre visite !



*

Camouflage Au Blue Whale, de la terrasse étroite qui se termine en poupe et forme une dunette, nous scrutons vainement l'Océan Indien en quête du mythique mammifère marin. La baleine bleue aurait choisi cette couleur pour échapper aux harpons pas si pacifiques de l'océan voisin. C'est assez réussi : même les meilleures Zeiss sont bredouilles. Pas une blanche, pas une grise, pas une bosse. Elles jouent à cache-cachalot. Elle avait beau être intensément de la partie, augmentant les chances de surprendre une élégante de cent tonnes au bain de minuit, mais peut-on tout demander à la Lune ? *

Guerre ou paix Une paire de pigeons en Bretagne, ça va. Ici, trois paires, bonjour les dégâts. On ne s'entend plus roucouler et lorsque ces bestiaux s'avancent, la piétaille volante décolle. Le pigeon nuit à la diversité. Un peu partout dans le monde les colombidés se sont adaptés et prennent beaucoup de place au détriment des autres espèces – toute ressemblance... Ici, ils sont chez eux. Ils m'y ont précédé et seront encore là bien après mon départ. Une petite douzaine de spécimens dont je peine à déchiffrer l'organisation sociale, qui me semble être à géométrie variable, a fait sienne ma propriété. Lorsque je m'enquière de leur titre, ils roucoulent. Lorsque muni de mon lance pierre je les chasse en visant les genoux, ils piaillent, s'envolent et... reviennent. Lorsqu'à l'aube, dans un silence absolu et une fraîcheur fugitive, je savoure le thé noir en croquant de blonds shortbread, ils sont déjà à l’œuvre, arpentant bruyamment les toitures de tôle. Ils sont chez eux, on dirait des nationalistes bornés. Le nid de résistance est à la rupture de deux toitures qui forme un abri aux vents dominants. En plus il est couvert par débordement, comme s'il s'agissait de se protéger de pluies qui n'ont plus cours. J'ai tout tenté, y compris la posture de l'épouvantail agité. Rien n'y fait et je ne peux pas passer ma vie à la chasse. Profitant d'une longue échelle de passage, j'ai fourré le foyer en gestation (ici, c'est le printemps) d'un bouquet d'acacia agrémenté de feuilles charnues d'aloe ferox. Allez donc nicher ailleurs ! Dès le lendemain, j'observe que mes défenses ont été visitées mais l'ennemi s'est retiré. Le surlendemain, le doute n'est plus permis: les lignes bougent. Le troisième jour, mon treillis est dégagé et le vent mauvais me l'apporte comme un trophée.

Plus tard dans la journée, une fine tourterelle se pose sur un fil à linge, calme, assurée, pas du tout effarouchée même si je garde mes distances. Au crépuscule, un grand faucon se joue des courants d'air entre montagne et vallée avant de piquer.

En quelques heures, comme dans le bureau ovale, faucons et colombes se sont succédé. Pour l'heure, je poursuis cette guerre picrocholine. Ecce homo. *

Curriculum Cette nouvelle entreprise tente de prendre sa part du marché localement florissant de l'entretien des propriétés. Après une longue liste de compétences, si hétérogène qu'elle sème le doute, le prospectus conclut en slogan : « honnêteté, fiabilité, prix bas ». Si le troisième argument est si trivialement universel, les deux premiers sont moins communs. S'agit-il d'une publicité comparative ? Est-ce à dire que les entreprises établies seraient malhonnêtes et peu fiables ? Imagine-t-on en France pareille réclame où ces qualités semblent si naturelles qu'on ne saurait s'en prévaloir (et pourtant...) ? Et Facebook, par exemple, peut-il revendiquer ne serait-ce que les deux premières ? *

Bagdad cafe Un voisin immédiat dont la limite aux fantaisies se trouve heureusement située assez loin de ma terrasse est passionné de culture locale. Il a pourtant -ou bien en est-ce la cause?- travaillé partout dans le monde pour le compte de multinationales mais s'est retiré assez jeune. Parmi ses manies sont les windmills, sans qu'il soit pour autant un Don Quichotte -mais il en a dans la manche. Il ne peut vivre sans avoir dans son champ de vision un de ces Meccano qui, grâce au vent, pompent l'eau vers des réservoirs. Il vient d'en ériger un qui me tient lieu de girouette et d'anémomètre. Ceux qui ont la chance de voyager dans les vastes régions chaudes et arides, où des hommes résistent pourtant, visualisent aisément l'engin si caractéristique et qui est comme une enseigne pour la soif alors que son cousin batave est celle de la faim. *

« Jésus pour tous » Ainsi est intitulée l'invitation à se retrouver au parc municipal en soirée. Il est recommandé d'apporter son pique-nique mais l'alcool, privilège des officiants, est prohibé. Peu convaincu que je suis par l'ambition universelle, c'est l'occasion de voir ce qu'il en est dans cette Babel arc-en-ciel où pullulent les obédiences. Le parc est situé dans le township, dès les abords quelque chose cloche : j'identifie des voitures stationnées qui ne sont pas celles des habitants de cette partie de la ville. Confirmation dans l'enceinte avec une trentaine de Blancs assis par terre ou installés dans leur fauteuil de camping. Les Africains dont les ancêtres occupaient ce continent avant que la bougeotte ne s'empare des Européens sont plus de cinq cent. Si la proportion reflète celle du pays, ce mélange, qui n'est pas un melting pot, n'est pas si fréquent hors les grandes villes. Sur la scène, des chœurs d'enfants -chair à canon-, des rockeurs amènes, des finals en alléluias, pas de prêche.

Le samedi suivant, des membres de la New Apostolic Church sont venus de loin pour chanter les louanges de Dieu. Une quarantaine d'hommes quadragénaires forment le chœur principal de cette chapelle du christianisme dont la très grande majorité des membres sont Africains. Ils ont du coffre, même si les T-shirt sont plutôt tendus en-dessous des pectoraux, ils chantent fort et bien, dansent un peu en roulant des hanches. C'est, ma foi, assez émouvant. *
KA Kate Globetrotter ·
Le poids des mots...de Voyou. Le choc des photos... une bagnole 😕
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
AT Atila Globetrotter ·
Tu aurais préféré : Le choc des photos... le voyou ? 😉
KA Kate Globetrotter ·
Oui.
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
VO Voyajou Globetrotter ·
Je m'étais pourtant efforcé d'utiliser un cadrage éprouvé : le trois-quart arrière. 😛 Je ne prends plus de photos (le Lumix reste en France). Tout au plus quelques captures au téléphone comme on les ferait au lasso.

Il me semble avoir déjà posté un selfie dans un carnet précédent (j'étais à la fourche d'un arbre, en mode Tarzan saisi d'un doute).
VO Voyajou Globetrotter ·
Chants de foire

Jusqu'alors le salon annuel du livre se tenait dans une propriété historique, l'une des plus belles de la ville, on allait des jardins aux salons, canapés en main on s'asseyait à l'ombre de ficus centenaires et les conférences se tenaient dans le petit théâtre privé. Cette année, ça se passe au champ de foire, là où deux semaines plus tôt on adjugeait des lots de bestiaux et déambulait parmi les stands de machines agricoles. Il est question d'élargir l'audience de l'événement. Alors certes les barbecues surchauffaient, comme les groupes de country, mais malgré la venue de gros tirages, et dans leur sillage de jolies femmes, la littérature n'a guère élargi son champ. *

Blacksmith

Où est le bien, où est le mal Noir comme le diable Chaud comme l'enfer Insaisissable Seigneur de guerre (B.Lavilliers)

Il n'est qu'à moitié black, ne s'appelle pas Smith, et pourtant Kashief est forgeron Dans l'ancienne petite église catholique devenue trop grande pour la poignée de fidèles, il a installé une forge d'enfer. Épais tablier de cuir fauve, masse de muscles prolongée d'une masse, il martèle un fer plat sur l'enclume énorme lorsque je parais au seuil son antre. Il suspend son geste et sourit. Il sculpte la ferraille ancienne, équipe ses oiseaux d'ailes de voitures, façonne en fleurs des socs usagés et ses portails semblent des graminées ondulant dans la savane. Kashief est musulman, ils ne sont guère nombreux à la ronde. Il pratique sa foi autant que faire se peut et vit librement avec une tisserande blanc d'ivoire. *

L'enfer

(Que les esthètes et les romantiques me pardonnent, il est encore question de voiture -mais pas que) C'est arrivé sur la piste de Die Hel (L'enfer) qui dans les Montagnes Noires n'est pourtant même pas une rouge. Un voyant s'est allumé signalant qu'une portière était mal fermée, qu'un cahot l'aurait décrochée. Vérification faite, il n'en est rien mais le voyant reste au rouge. Les vibrations infernales fatiguent le lourd commodo d'essuie-glace qui baisse d'un cran et voilà les balais étonnés radotant sous le soleil. Je numérote mes abattis. Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Mon intelligence naturelle les voit fermées mais l'intelligence artificielle les dit ouvertes. C'est elle qui commande la fermeture électrique mais il faut qu'elles soient au préalable mécaniquement fermées, ce qui est le cas mais elle ne veut rien savoir. Il est donc impossible de verrouiller la voiture puisque sur ces modèles il n'y a même plus de serrure accessible à une clef. Seule l'informatique permettra d'identifier et de localiser la panne.

La concession la plus proche est située de l'autre côté de la montagne. Je pars avec la nuit, grimpe en même temps que le soleil. Le thermomètre de bord descend. Il affichera zéro degré juste au passage du col et y restera longtemps pendant la descente de la face sud qui jamais ne voit le soleil. Dès l'ouverture à sept heures et demie, la voiture est prise en charge, le réceptionniste m'assure que dans deux heures ce sera réparé. Lorsque je reviens, aucun mécanicien ne s'est encore penché sur la question. Une heure encore et les portières sont ouvertes mais ne ferment toujours pas. Puis on l'abandonne là. Enfin, à midi, l'ordinateur localise la panne. Une simple connexion électrique débranchée par les vibrations. Bien sûr, on n'y accède qu'après avoir démonté ceci et cela, mais dans une heure, c'est sûr, ça roule. Il y a dans cette concession une petite dizaine de commerciaux et autant d'administratifs, mais, ce jour-là, seulement cinq mécaniciens. Tous les employés sont Blancs, ce qui est désormais rarissime, à l'exception des deux techniciennes de surface. Lorsqu'on représente une telle marque, deux solutions pour améliorer les performances : embaucher des mécanos Noirs ou inverser le ratio commerciaux/techniciens.

J'ai eu tout le temps de faire mon shopping de produits qui amélioreront l'ordinaire. Du poisson frais dont un angelfish de presque trois kilos qui est comme un ange sans ailes, en plus lourd. Du cheddar au lait de chèvre maturé dix-huit mois. Des fraises, du fenouil. Des raccords de plomberie pour l'irrigation.

En fin de journée, je rentre par la montagne, laisse à main gauche la piste de Die Hel, secoue la voiture pour tester la réparation. L'angelfish va arriver en tartare. Tout à coup, la sono joue African sunrise de Omar Sosa : mon téléphone, en charge dans la boite à gants et sans doute en manque de good vibrations fait le show. Mais il s'est trompé d'heure. *

US go home !

D'abord, je l'ai vue marcher, fuselée dans des collants indécents et malséants. 1,85m, 60-60-60, 52 kg toute mouillée mais il ne pleut jamais, gaulée comme une trique, imc squelette, moi pas en pâmoison. Longue chevelure sombre, visage fermé. Postérieurs de guépard efflanqué, arpentant les pistes comme les rues de l'aube au crépuscule avec une souplesse empruntée, chaussée d'une sorte d'après-ski en peau retournée. Un phasme trop voyant. Puis j'ai appris qu'elle avait des vues sur ma maison. Non mais ! Elle vient d'acquérir un terrain plus loin, mitoyen du champ d'amis et dans celui de leur vision. Doit-on craindre une construction à son image ? Elle possède et anime une chaîne de studios de yoga. Elle est américaine. *

Avec le temps

C'est une piste très ancienne qui conduit du plateau à la rivière et que tracèrent des éléphants qui savaient déplacer cinq tonnes à la force du mollet. Longtemps après leur extermination on s'avisa de l'intelligence de cette trace qu'élargit alors un bulldozer motorisé. Abandonnée puis oubliée, il en reste la saignée au flanc de l'escarpement. Il faudra en dégager un acacia mort de soif qu'un coup de vent dans le défilé aura abattu et plus d'une fois combler de pierres des ravines. Des springboks filent comme s'ils avaient un léopard aux trousses (le léopard est ici au sommet de la chaîne alimentaire), des babouins observent la situation de ce regard faussement indifférent, un peu condescendant, qui les caractérise, des rapaces patients tournoient (la proie est un peu grosse quand même). Lorsque j'atteins la rivière, je me félicite de n'être pas encombré d'un maillot de bain : son lit est un taillis de fynbos et jusqu'au barrage de retenue on roule dans la mémoire d'un lac. *

Les causes perdues

Au commencement, ils entreprirent de restaurer les jardins de l'église anglicane, taillant et repiquant, arrosant le dimanche. C'était leur éden temporel -et temporaire : faute de soutiens, ils ont abandonné. C'est à nouveau un jardin anglais.

Elle s'essaye à l'animation du club de Scrabble, cinq membres : un paraplégique inconsolé de la mort de son mari, jouant à la vitesse de qui a oublié le temps. Une petite dame alignant de petits mots qui font du chiffre. Un diplomate à la retraite ne posant que des mots longs comme un discours. Le fondateur du club, coiffé d'un bonnet qui doit ralentir le flux neuronal. Il s'épuise à la collecte de fonds pour le club d'échecs du township, activant ses recettes d'antan, pour moins de joueurs que l'échiquier ne compte de pièces. Après dix années passées ici, à soixante quinze ans ils envisagent de retourner à Johannesburg. *

Escroquerie en bande organisée (Black Friday)

Le premier distributeur d'ameublement du pays, une banque et une compagnie d'assurance joignent leurs savoir-faire pour une offre incluant mobilier, crédit et assurance. Vous convoitez un canapé dont le prix comptant est de 10 000 rands mais ne pouvez l'acquérir qu'à crédit. Pendant trois ans, outre un premier versement de 1 000 rands, vous payerez 627 rands/mois. Nulle part n'apparaît le taux du crédit (c'est trop abstrait pour les clients) mais le débours total est signalé en petits caractères : 22 572 rands. En trois ans, vous aurez payé 2 ,2 fois votre canapé. A en tomber sur le cul ! Dans ce package, même si vous n'en avez plus depuis longtemps, vous payez une assurance perte d'emploi, sans doute au cas où vous en retrouveriez un dans un pays où le taux de chômage officiel frise les 30%, soit du même ordre que le taux des « services » appliqué à votre canapé. Même si le taux d'inflation est de 7%, le différentiel est injustifiable. Malgré les mises en garde des services de l'état et les campagnes de presse, les affaires continuent.

P.S. Une publicité dans un quotidien français m'informe que je peux acheter une Renault financée par un crédit à 0,99% (on voit bien que le boss est interné au Japon). Qui a dit qu'on ne prêtait qu'aux riches? *

Expédition

Avec des amis, nous partons en convoi (deux 4X4, un de trop) vers une destination lointaine (quelques heures de piste), un lieu où il n'y a rien. Lui se défonce à vélo dans la montagne, il est sur une mauvaise pente. Elle est professeur émérite de yoga. Deux activités qui m'allongent illico. Il s'agit d'être prévoyants et prudents. Brain storming, check list et tutti quanti. C'est du sérieux. Je n'en fais pas autant pour trois mois sur les routes. *

Rendez-vous manqué

Ce soir, la Lune se réveille au nord-est. Elle est hostie dans le calice d'un col -comment naissent les rites ? Nous sommes dans la calotte antarctique, le soleil pas encore couché lui fait des appels de phares. Elle en rougit. Il poursuit sa course et bientôt elle pâlit. *
DO Dolma Globetrotter ·
Et hop ! 1ère page des carnets !

Ces mots-là sont quand même beaucoup plus agréables à lire que ceux aux couleurs jaunes -et souvent noires- qu'on nous balance tous azimuts depuis quelques temps !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
VO Voyajou Globetrotter ·
Tricolore

C'est une dégustation organisée par un connaisseur. Des tapas et des vins. On attaque sereinement par un blanc, un chardonnay de chez Ataraxia accompagné de rillettes de kingklip. Suivent un rosé pinot noir de Fat Bastard, du chorizo et de la feta. Les langues se délient lorsque le rouge Petit Verdot des vignobles Plaisir de Merle arrive avec le biltong de koudou. Il s'agit alors de ne pas franchir le Rubicon, et de veiller à ne pas l'être trop. *

Triste arc-en-ciel

Bonnets, gilets, chemises. Brun, jaune, rouge. Les sans-culottes ont bien prospéré depuis deux siècles. Ici, beaucoup sont toujours sans culotte et les professionnels de la politique qui leur ont promis la Lune de Sang pour assurer leurs pénates -et font métier de s'exprimer en leur nom- portent des combinaisons rouges lorsqu'ils siègent au Parlement où ils font volontiers le coup de poing. Des ruffians dont l'espoir de révolution n'a aucune chance d'être soutenu par les puissances étrangères édifiées qu'elles sont par l'aventure zimbabwéenne. Il s'agit de tailler un short aux messieurs en jaquette mais où la démagogie fait son lit, la démocratie se délite. *

La bonne fortune de JoJo

Depuis qu'il ne pleut plus dans le Great Karoo, les gens ont installé des gouttières raccordées à des citernes en plastique qui font comme des bubons aux maisons. Imprécation que dédaignent les rares nuages filés. Les camions de Jojo sillonnent la campagne chargés de ces vaines bonbonnes. Pour les mêmes raisons, les pluviomètres fleurissent. Cependant, le vent ne faiblit pas. J'envisage de distribuer des anémomètres. *

Ailleurs si j'y suis

Jusqu'alors ils se tenaient à l'entrée de l'unique supermarché local. Quelques estropiés, des vieux, des souffreteux. Tous à l'évidence incapables de travailler -quand bien même il y aurait du travail-, ils quémandaient une pièce ou du pain qu'on leur donnait volontiers. La nouvelle direction, venue des villes où on paye des vigiles sur les parkings des commerces, a décidé que c'en était trop. Que cela nuisait à la tranquillité des clients. Interdits de séjour, ils se sont repliés vers la station-service-épicerie mais c'est beaucoup moins fructueux et ils sont insultés lorsqu'ils encombrent la piste. *

Marché de Noël

Nous sommes invités au vernissage de l'exposition annuelle organisée par la trentaine de peintres locaux et qui inaugure une semaine portes ouvertes de leurs ateliers. Chacun est soigné jusqu'au bout des ongles. Les femmes les portent vernis, les hommes récurés. Brosse dure, poil souple, visage au couteau, portrait à l'encre, fard ocre, gommage ou éponge. Montre-moi ton minois, je te dirai ton œuvre (et me tromperai presque à tout coup). *

Immanuel

Cinq hommes quadragénaires, quintet a cappella, des voix complémentaires comme des cordes. Solidaires comme les doigts qui les pincent. Puisque nous ne serons plus ici pour Noël alors qu'ils se produiront pour la première fois au théâtre de la ville, ils ont accepté que nous assistions à une répétition. Ce sera la première fois qu'ils chantent ensemble. Le township compte plus d'églises que de banques mais moins que de shebeens et chacune s'enorgueillit de sa chorale. Ceux-là sont les maîtres de chœur de la leur. Dans un élan d’œcuménisme ils s'apprivoisent à force de rires entre deux chants qu'ils interprètent sérieux comme des papes. L'intensité du premier est bouleversante. Je connais bien l'un d'entre eux qui est au civil peintre en bâtiment. La semaine passée, il m'a questionné sur ce qui se passait en France. Que voulaient ces yellow jackets et que ferait le président Macron. Il nous annonce malicieusement que le chant suivant est Immanuel ( En gros : s'Il est avec nous qui se dressera contre nous?). *
MA Magryelle Regular ·
Cinq hommes quadragénaires, quintet a cappella, des voix complémentaires comme des cordes. Solidaires comme les doigts qui les pincent.

Très belle prose comme toujours et particulièrement celle-ci, 5 voix comme les lignes d'une portée et 6 cordes à une guitare. J'aurais aimé les entendre. Le karoo sous la pluie doit être assez unique à voir. Des fleurs? En tous les cas, bon Noël à vous !
mayrig
KO Kola Globetrotter ·
Du cousu main en fil de soi ou en barbelés qui brode à points serrés de nouveaux motifs à ce tableau contrasté : la misère malgré l'oppulence, la lune dans un ciel d'orage, la fraternité qui unit les voix, le regard métallique qui cingle ceux (mais surtout celles) qui ont l'heur de déplaire, l'espérance de la pluie... et toujours un oeil dubitatif tourné vers le pays dans lequel il faudra revenir.

Pigeons, fourmis rouges, les petites bêtes ont remplacé les grosses -certaines n'en sont pas moins dangereuses- et sous les tracas domestiques pointe la mélancolie des grands espaces. La sédentarité est aussi une aventure mais teintée peut-être de nostalgie, celle du temps des errances... au hasard et dans des endroits où le silence pouvait encore recouvrir la cacophonie du monde.

Là bas (ou ici), le jaune est une couleur éclatante, paisible, qui fait la belle dans la savane, allume des paillettes dans l'oeil des félins et des étoiles dans la nuit. Ici (ou là bas) le jaune est l'arme pacifique des désespoirs sincères, la couleur des révolutions qui éclosent sur le bitume avant de se fracasser contre le cynisme.

Tu dirais que le peu d'ici est souvent plus que le beaucoup de là bas, mais doit-on considérer les richesses des uns à l'aune des tourments des autres et fustiger ceux qui, ici ou là bas, tentent de tracer d'autres voies ? Ou faut-il simplement s'accouder aux événements, les regarder passer en observateur attentif et, voyage après voyage, tirer de là bas quelques fils soyeux qui enrichiront, ici, ce carnet de voyage et de bien d'autre chose, dont chaque inachèvement annonce un nouveau départ... 
AS Asaa ·
Du cousu main en fil de soi... 

Très belle découverte que ce fil de soi Lapsus or not ?
DI Diamina Globetrotter ·
Yé V...ou,

Il me semble avoir déjà posté un selfie dans un carnet précédent (j'étais à la fourche d'un arbre, en mode Tarzan saisi d'un doute).

Je me souviens d'une photo de toi avec une tête d'autruche béate au milieu d'une horde d'autruches......
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DO Doppio Regular ·
Mensch ! Que vous écrivez bien, chaque phrase est un morceau d'épopée , c'est lyrique et fantastique à la fois toutes ces petites choses qui deviennent comme par enchantement des chefs-d'oeuvre de la nature et qui, pour quiconque d'ordinaire, n''existeraient même pas.
VO Voyajou Globetrotter ·
5 voix comme les lignes d'une portée

Portée où nichent les notes qui transportent...

Le karoo sous la pluie doit être assez unique à voir.

Alors qu'en Bretagne c'est fréquent (dans le Karoo, trois mois sans une goutte si ce n'est pour ramasser la poussière; depuis l'arrivée en Bretagne il y a trois jours: trois jours de pluie ininterrompue). C'est le changement.

(www.birdsdessines.fr)
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci pour ta lecture attentive et bienveillante de mes gribouillis. 🙂

Depuis mon retour dans ce nombril du monde, j'ai lu des analyses et rencontré des Gilets Jaunes, notamment sur un rond-point dans une banlieue chic de Paris (je leur apportais des marrons, une dinde m'a offert des châtaignes).

et toujours un œil dubitatif tourné vers le pays dans lequel il faudra revenir.

Ce regard semble être partagé par la majorité des observateurs étrangers ou expatriés. Sans doute suis-je ehtnodécentré.

Là bas (ou ici), le jaune est une couleur (…) qui fait la belle dans la savane,

En Afrique du Sud, j'avais reçu l'information sans y prêter plus d'attention. C'est lors du retour, lisant un rapport en survolant la savane de ce pays, que j'ai perçu l'ampleur du problème. Deux modes de vie que tout oppose, en concurrence pour le partage des ressources. Des escarmouches devenues batailles rangées. Des pillages. Des morts. Bilan provisoire du conflit d'intérêts entre éleveurs et cultivateurs au Nigeria: 3600 morts. Incomparable, en effet, avec l'actualité hexagonale.

Tu dirais que le peu d'ici est souvent plus que le beaucoup de là bas, mais doit-on considérer les richesses des uns à l'aune des tourments des autres

(Se) comparer, n'est-ce pas le ressort du Français, celui qui le fait bondir? Peut-on considérer le pouvoir d'achat? Alors que le pourcentage de taxes y est très inférieur dans la formation du prix, un litre de carburant coûte en Afrique du Sud 60 minutes de travail à un employé au salaire minimum (disons, un qui entretient les rond-points). En pauvre France, le même ne consacrera à cet achat que 8 minutes de présence...

Ici (ou là bas) le jaune est l'arme pacifique des désespoirs sincères,

Pacifique? Après les intimidations à la presse, les propos xénophobes, sexistes, homophobes, antisémites, c'est repeindre la réalité en rose. Que le mouvement soit protéiforme ne l'exonère pas de ses responsabilités. éRIC Drouet? Un brouet insoluble dans la démocratie représentative.

la couleur des révolutions qui éclosent sur le bitume avant de se fracasser contre le cynisme

Contre la réalité.

Ou faut-il simplement s'accouder aux événements, les regarder passer en observateur attentif et...

… et se taire? Ce serait plus confortable, en effet. Et je conviens que l'inutilité serait la même.
VO Voyajou Globetrotter ·
Très belle découverte que ce fil de soi Lapsus or not ?

Il est rare de prendre Kola en défaut d'orthographe. Deux dans la même phrase, ce serait coton! 😇
VO Voyajou Globetrotter ·
Je me souviens d'une photo de toi avec une tête d'autruche béate

Mime animalier, c'est mon métier. Je pensais à la photo ci-dessous (dans un carnet de 2015, je crois) que j'avais envisagé de retenir comme avatar pour le V formé par les branches. 😉
DI Diamina Globetrotter ·
salut V...ou

Je pensais à la photo ci-dessous (dans un carnet de 2015, je crois) que j'avais envisagé de retenir comme avatar pour le V formé par les branches.

J'ai éclaté de rire en ouvrant la photo!!!! 😏😄 Avatar pour le V ou pour le côté irrévérencieux!!!😛 Les singes sont vraiment des animaux super sympathiques!!!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Les singes sont vraiment des animaux super sympathiques!!!

Tu disais pas ça pourtant au Pilanesberg quand il essayé de te piquer ta pitance 😛
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
DI Diamina Globetrotter ·
Tu disais pas ça pourtant au Pilanesberg quand il essayé de te piquer ta pitance

Bah ....parce que je suis une lionne, et que je n'admets pas qu'on m'importune, surtout pour me chiper ma croute si durement gagné.... mais quand c'est pour leurs attitudes...Ils sont trop chous....😉

Au fait à vous tous... bonnes fêtes de fin d 'année et grosses bises
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
AS Asaa ·
Très belle découverte que ce fil de soi Lapsus or not ?

Il est rare de prendre Kola en défaut d'orthographe. Deux dans la même phrase, ce serait coton! 😇

Wouiiiii c'est coton mais Candy Kola ?
VO Voyajou Globetrotter ·
En route !

Il avait fallu prendre les billets à la dernière minute et le transfert intercontinental ne se présentait pas comme une sinécure. Qui d'autre qu'un Breton en route pour les lointains a la chance de bénéficier d'une étape en gare de Marne-la-Vallée ? Une étape, que dis-je ? Un séjour : cinquante minutes entre deux trains. Je gagne sans entrain le parvis maudit, d'où la gare elle-même semble croquignolette. La vue sur les attractions est comme une invite. Un dirigeable s'élève, retenu par un câble. Il doit être possible de larguer cette amarre mais le vent souffle du sud. Passer par les pôles pour rejoindre l'Afrique du Sud, même pour l'atmosphère romantique, ne me fait pas sauter au plafond. Je convoque Harry Potter qui échoue à inverser le souffle d'Éole (ses prétendus pouvoirs, c'est du vent!) et Buffalo Bill refuse de m'aider à braquer le ballon de cirque. Beaucoup - et pas seulement des enfants qui bénéficient de circonstances atténuantes- sortent de l'antre avec une paire d'oreilles supplémentaire, en moumoute ou en plastique : qu'est-ce qui se passe entre ces quatre oreilles ? *

Des classes (lutte)

La classe économique du premier avion n'est qu'aux trois quarts pleine. En affaires c'est pire encore (ou mieux, c'est selon) : six sièges occupés pour une vingtaine disponibles. Paradoxalement, sur ce trajet, la classe la moins déficitaire pour la compagnie est la première, inexistante. Le second vol est blindé : Ethiopian, qui est chez elle à Addis, nous entasse dans un appareil nettement plus petit. *

Bzz bzz buzziness

Au sud d'Addis-Abeba une vingtaine d'immeubles sont en cours de (médiocre) construction. Serrés les uns contre les autres, chacun empilant dix étages et développant une cinquantaine d'alvéoles. Vont s'entasser là des milliers d'ouvrières qui butinaient jusqu'alors dans la savane. Dans dix ans, lorsque leur compétitivité sera mise à mal, les usines du monde s'en iront plus loin. Elles resteront là, leurs ailes atrophiées. *

Casser les bonbons

Dans la chic Stellenbosch, je marche un bouquet à la main. C'est une composition sobre, élégante et minimaliste de proteas et de fynbos qui semble impérissable. Un bouquet magique qui me vaut des sourires féminins de sept à soixante-dix-sept ans, hors de portée lorsque j'ai les mains dans les poches (à croire qu'elles n'aiment pas les manchots). C'est tellement bon que je me devine sourire. Jusqu'au moment où un jeune homme me glisse « You are so romantic! ». *

Le monde comme il va

Pas même en écriture inclusive je ne vous parlerai de ce maraîcher bio transgenre devenu fabricant de salades transgéniques dans une ferme verticale hors-sol implantée sur la façade d'un immeuble. Transgresser, ce n'est pas mon genre.

Sur les formulaires scolaires, les mentions père & mère sont remplacées par : parent 1, parent 2. Parent alpha, parent bêta, mais réversibles.

En Bretagne, dans l'estuaire en bas de chez moi, les beaux bars ne fraient plus dérangés qu'ils sont par l'incessant va et vient du plastique flottant -les bateaux.

Ici, dans les supermarchés, les fruits, les légumes, la volaille et le porc sont immangeables d'avoir perdu leurs racines.

Last trip advisor : la compagnie de pompes funèbres prie l'orpheline de répondre à son enquête de satisfaction. Elle les envoie au diable. *

Ta race !

Aérogare d'Addis-Abeba, des salles d'embarquement mitoyennes pour deux avions à destination de l'Afrique du Sud, décollage à vingt minute d'intervalle. Sans prendre en compte les Indiens (nous y reviendrons), vers Le Cap, 70% de Blancs, 30% de Noirs, vers Johannesburg c'est l'inverse.

Au Cap, seize guichets ouverts à la police des frontières, pour un avion de trois cent places. Pour la première fois depuis une douzaine d'années, je vois dans une des guérites une femme blanche.

Le vignoble du Swartland (pays noir) produit des vins de qualité médiocre. Malgré sa promesse de prune et de banane, ce rosé (un métissage ?) Blanc de Noir ne fait pas exception.

Sur une affiche de campagne, le candidat libéral au poste de Premier Ministre de la province promet un accès équitable à l'emploi. Ici, depuis un quart de siècle, la discrimination positive privilégie les postulants noirs dans l'accès aux fonctions publiques, officiellement et quitte à embaucher moins qualifié s'il le faut. Le candidat est un Blanc, son nom est Winde (le vent).

Partout, on revisite l'histoire. On promeut, on déboulonne. Voilà une nouvelle victime : Gandhi. L'icône planétaire se voit reprocher des propos tenus alors qu'il était avocat en Afrique du Sud mais aussi plus tard. Il jugeait « indigne » que les Indiens soient assimilés aux indigènes plutôt qu'aux Blancs et plaidait que Européens et Indiens étaient de même souche. *

6... 9... 12 mm

Ce ne sont pas les calibres alignés sur le râtelier mais le résultat du crépitement assourdissant des hallebardes sur les toitures de tôle, d'un criblage méthodique du plancher des moutons. Pour la première fois depuis des mois il est tombé 12 mm de pluie en moins d'une heure. Ce qui glisserait sur les plumes d'un goéland en Bretagne est ici comme une bénédiction. *

Les Chinoises

Bien sûr il y a Mme Zuckerberg. Mais que le fils de John l'Irlandais et de Sonia la Sud-Africaine, que celui de Philip le Sud-Africain et de Mariejke la Flamande, tous deux courant les continents comme ailleurs on prend le bus, que ces deux jeunes gens prometteurs soient mariés à des Chinoises ne relève-t-il pas d'un complot occidental contre la Chine dont le déficit de ce genre est notoire?

* Dagobert

Dans la rue, la pâleur de ses cuisses zébrant un jean noir pré-déchiré en Chine, il croise son Yin : une jeune femme dont les longues jambes noires strient un jean blanc aussi déchiqueté que le premier. S'ils échangeaient, la misère serait tout de même moins visible.

Lorsqu'un colosse afrikaner dépose au charity shop une paire de pantalons dont il s'est lassé, les couturières bochimanes la dédoublent encore pour habiller leurs petits grands hommes, fins comme des flèches. *

S.O.S. Plumbing (délit de fuite)

Fuite est un mot qui résume bien les errements du Zimbabwe depuis près de quatre décennies (ce pays est à la fin du siècle dernier ce que le Venezuela est au début du 21è : assis sur des trésors naturels, ruinés par des dogmes). La mise en fuite des fermiers d'abord, celle des capitaux qui s'ensuivit entraînant celle de millions d'habitants vers les pays voisins. La fuite en avant du président-dictateur. Et maintenant, la fuite des œuvres d'art : la moitié des collections du MOCAA (Museum Of Contemporary Art Africa) actuellement présentées sont celles d'artistes de ce pays et sont prêtées (en réalité, louées) par les musées gouvernementaux de ce qui fut le grenier à grain de l'Afrique Australe. Il est heureux de constater que l'éteignoir n'est pas venu à bout de la flamme créatrice, et qu'à un gouvernement sans perspectives résistent des lignes de fuite.



*

Volatil(e)s, de la volaille et des gaz qui nous enserrent

Dans les rues de Paris, une oie blanche brandit cette apostrophe « Plus de pingouins sur la banquise, moins au gouvernement » Ici, nous n'avons pas de banquise mais des colonies de pingouins (il faut voir ceux de Betty's Bay déambulant dans le village déserté par les hommes). De plus, un gouvernement éclairé prend des mesures à la hauteur des enjeux climatiques: l'électricité est coupée plusieurs heures par jour. Tant d'injustice entre nord et sud est en effet révoltante. *
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Ah ça faisait longtemps que je ne m'étais pas régalé des bons mots du breton voyageur, un regal comme d'habitude 🙂
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
JA Jakatite Veteran ·
Viiiiiite, pour une fois avant le choeur des groupies... Mais que dire, qu'écrire ??? Alors je me tais en continuant de penser que c'est divin, et que l'attente n'était pas vaine !
MU Muriel18 Globetrotter ·
Merci Jean-Luc 🙂 ...c'est toujours un petit (grand?) plaisir de lire tes écrits. Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
MA Max68 Globetrotter ·
Hello le voyageur,

Merci pour ces bons mots qui nous font voyager 🙂
https://apprentisvoyageurs.com

Similar discussions

You might also like