La nuit tombe d’un coup et je suis sans cesse étonnée de passer ainsi du clair au noir.
Après cette journée fatigante, je rentre à la maison et jette mes sandales dans un coin.
Dans son petit bassin de bronze, la fleur de lotus est déjà refermée.
Tout est silencieux mais j’entends le léger murmure incantatoire de Tiago.
Il prie.
Assis devant son petit autel, les volutes odorantes des bâtonnets d’encens s’enroulent autour de ses cheveux noirs. Son dos dur et sombre luit et la lueur de la flamme dans la coupelle de ghee danse sur ses épaules.
La grande image de Shiva fixée au mur se décolle dans un angle, pliant les pointes du trident.
Le dieu garde ses yeux mi-clos sur la création du monde et les cycles de l’univers.
Dans sa longue chevelure, au sommet de sa tête s’enroule un serpent.
Un dieu coloré bienveillant dans cette représentation, l’une de ses quatre mains ouverte sur le genou.
Tiago a posé son offrande, une noix de coco est une guirlande de fleurs jaune dont je ne retiens jamais le nom.
Immobile.
Il prie.
__
J’ai vu des gens agenouillés, des gens couchés face contre terre, assis en tailleur, assis mains jointes. J’ai vu des gens danser, j’ai vu des processions colorées, j’ai entendu des mélopées hypnotiques, j’ai écouté des cymbales, des trompettes, de grandes orgues, des chants liturgiques, des psaumes, le fanbai, des chants grégoriens et des gospels, des chants diphoniques qui remuent le ventre.
J’ai vu des flèches perçant les nuages, des coupoles dorées, des dômes de pierre, des cathédrales, des temples, des autels flamboyant de dorures, des allées de chevaux de pierre, des temples de feu et des chapelles de pierre blotties sous les ombrages, de bois ensevelies sous la neige, des cryptes froides et silencieuses, des maisons d’adoration sans effigie, des monastères accrochés à la montagne , des cloîtres dans la ville.
j’ai vu des costumes de cérémonies multicolores, des tenues de fourrure, des saris de fêtes soyeux, des chapeaux rouge étranges, des plumets et des têtes rasées.
J’ai vu des hommes tirer des chars la peau du dos distendue par des crochets, j’ai été subjuguée par des mandala de sable, tout est éphémère.
Partout où mes pas ont foulé d’autres terres, j’ai vu des croyants réunis, rassemblés, unis, bruyants, silencieux, exaltés, recueillis.
J’ai touché des chapelets de buis, d’ivoire, en corail, en noyaux, les perles égrenant le nom divin, les mantras, les prières, tenu des croix de roseaux, de feuilles de maïs, porté des couronnes de fleurs, tenu des moulins de prière.
J’ai regardé des dieux vêtus d’oripeaux décolorés, vêtus d’habits précieux, nus ceints d’un pagne, l’arbre à souhaits aux rubans multicolores agités par les tourbillons de neige.
J’ai respiré l’odeur de l’encens, j’ai respiré l’odeur de la cire fondue, j’ai respiré le parfum des fleurs fraîches et l’odeur surette des offrandes pourrissantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Et je sais, qu’aujourd’hui, je ne sais rien de cette ferveur puissante qui soulève et porte et emporte les peuples du monde.
Je sais aussi que le tremblement de mes jambes et les yeux qui picotent devant la ferveur de Tiago, ce soir là, il y a des lustres, huit peut-être, c’est tellement loin, fut ce qui s’approchait le plus d’une prière.
Ou, peut-être étais-je secrètement amoureuse...
Ainsi, je crois que beaucoup ont vécu ces instants étranges de communion, d’observation respectueuse, que beaucoup connaissent les rites et rituels, les byzantins, coptes, maronites, et tant d’autres, des rites de passage et des rites d’intercessions appelant la pluie, la fécondité . Ces rites qui rythment la vie dans tous ces pays que je n’aurais plus le temps de connaître.
Comment se vit la prière en Afrique, chez les aborigènes d’Australie, à Madagascar, à Cuba, en Chine, au Japon, en Indonésie ou ailleurs ?.
Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ?
Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux, l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous aussi ?
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ?
Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux
Pas trouvé d'étiquette pour cette nouvelle forme de culte (?)
:
https://gifscool.com/divertidos/antibacterial-religioso/?fbclid=IwAR1xGw6-dH4JvR6t7znkS9zEPLK80-xv0wFBZ35RdCd4ES6i-QwRzvDkG4Y
Avec les compliments d'un lecteur assidu de vos textes
[:)]
Bonjour.
Puisque vous posez la question, et oui j'ai lu jusqu'au bout, mais que c'est long, les longueurs ennuient.
Et puis énormément de je, j'en déduis texte très personnel donc vous avez vécu ces situations.
Vous avez vu tout ce que vous énumérez.
Oui, j'ai lu jusqu'au bout. Je suis content, j'ai bien voyagé, et j'irai chercher mon image.
Pour moi qui ait été fabriqué dans un monde sans religion, ces croyances sont un grand mystère de l'humanité et ça rend ces scènes d'autant plus fascinantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Avant la prière, il y a la foi. La foi elle ne s'entend pas, elle ne se voit pas et ne se comprend pas, elle se vit.
Tout dépend de l'endroit où on est né (je veux dire le pays), de la famille dans laquelle on est né et de ce que cette famille nous a transmis. Les trois conditions sont indissociables. C'est le point de départ.
Ensuite vient la prière, on peut écouter les chants, observer les cérémonies, apprendre les traditions.
C'est ma réflexion personnelle, j'aime visiter les lieux de culte moi aussi, je tiens cela de ma famille.
Votre texte est une belle surprise, vous avez choisi le bon moment.
Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine..., elle est mortelle
J'aurais écrit la même chose que toi (ou presque) si....je savais manier les mots comme tu le fais si bien mais ce n'est pas mon cas...Il faut croire que la maxime de Boileau " Ce qui se conçoit bien....
Et les mots pour le dire arrivent aisément." ne s' applique pas à mon cas..Chez moi les mots se bousculent un peu trop et sont insuffisants pour exprimer l'inexprimable...il me faudrait des images, des sons, des symboles...ça se vit mais ça ne s'écrit pas.
Tu abordes le sujet "prière" mais, en lisant ton texte, on voit aussi et surtout il me semble, des processions, des chants, des rites de passage, de fécondité etc.. etc...et c'est tant mieux car moi dans tout ça j'y vois d'abord l'expression du Sacré dont le "religieux" se nourrit...Et puis au moins ça respire la joie la fête, l'occasion de se rencontrer et de partager plein d'émotions ....A côté, quelle tristesse que le prêchi- prêcha du pasteur et son discours moralisateur! Pour ma part c'est le Sacré qui me captive et qui parfois me fait hérisser les poils sur la peau...Ce sont les rites et leur mystère qui m'intéressent.
Pour en revenir à la prière, j'ai lu quelque part dans les" évangiles": Tout ce que vous demandez dans vos prières croyez que vous l'avez reçu et vous l'obtiendrez" ça semble simple pourtant...Peut-être pas si simple que ça dans les faits..
La prière aurait-elle un rapport avec l'autosuggestion? Peut-être mais on n'est pas plus avancé pour autant...Qu'est ce que l'autosuggestion?
Un chef Indien Hopi disait dans sa biographie ( Soleil Hopi) que, plus ou moins contraint d'adopter le christianisme il s'était mis ( par habitude) à prier Jesus plutôt que l'esprit de la pluie pour faire crever les nuages sur son maïs...Mais comme ça ne fonctionnait jamais il a de nouveau pratiqué la danse de la pluie et fait appel aux esprits et cette fois cela a bien fonctionné...
Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ?
Mon idée à moi sur la prière c'est que le Daron des orgues n'intervient pas sur les problèmes des humains.. Sinon lors de périodes historiques "difficiles"( pas juste un petit virus) Il aurait pourtant eu l'occasion de le faire ...C'est donc aux homme de trouver la solution.Pourtant il m'arrive de penser que tout le monde prie dans les moments difficiles...On implore peut-être l'autre qui est en nous? Ou le Soi dans lequel il n'y a plus aucune contradiction...
l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous
aussi ?
Oui il l'est toujours...Plus jeune j'ai même été à la quête de ses origines chez les peuples premiers et je suis toujours un peu fasciné par l'animisme...tes tas d'esprits malins qu'il faut sans cesse ménager sinon gare! Pas d'histoire de foi chez eux ! Je n'ai d'ailleurs jamais pensé que la foi la croyance en un dieu devait être au centre du monde spirituel...C'est juste un outil pour tranquilliser les anxieux ou même parfois un opium quand cette foi prend le pas sur la science..Comme ça se passe des fois chez l'oncle Sam.Lorsqu'on veut balayer l'évolution des espèces et remettre à la place le créationnisme!
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
Les photos travestissent un peu plus la réalité je préfère voir avec mes yeux pas la peine d'enfermer ça dans une petite boîte...
Bonjour Pondy, comme toujours j’adore te lire, mais comme tout ce qui touche et frappe, tu ne t’attires pas que des louanges, mais le pire c’est de laisser indifférent, donc ne pas avoir de réponse.
Ton texte pourrait être par son foisonnement une page de « cent ans de solitude » ou alors une page de Panaït Istrati.
Oui dans le voyage la religion est toujours présente pour moi à travers ses monuments et ses rites et celle qui me touche le plus tout naturellement c’est la mienne, le catholicisme. La ferveur rencontrée en particulier en Pologne ou en Amérique du Sud m’a toujours émue. Ou alors aussi en zone de guerre en Bosnie je me souviens de moments d’immense ferveur chez la communauté croate, et là il n’y avait pas que des « vieux ».
Les églises orthodoxes aussi me font vibrer ou les petits monastères perdus dans les montagnes balkaniques, le musée des icônes de Berat (Albanie), que j’ai souvent visité est une splendeur qui à chaque fois me coupe le souffle, sans doute parce qu’on y sent la foi souffler un peu à la manière de " il est des lieux où souffle l'esprit" de Barres parlant de la colline inspirée . Assister à un office orthodoxe que ce soit en Grèce, en Albanie ou en Macédoine ou ailleurs dans les Balkans, toujours de beaux moments, austérité des popes oblige, et la mélodie des chants orthodoxes m’envoûte.
Le muezzin aussi bien souvent m’a ensorcelé, lorsque j’habitais en Albanie, ou lorsque je me suis retrouvé seul un soir à la nuit tombante sur l’immense esplanade de la mosquée bleue à Istanbul. Il m’a aussi beaucoup gêné lorsque je travaillais en Arabie Saoudite et que tous les matins vers les 3 heures à travers une sirène multidirectionnelle à pleine puissance il me réveillait systématiquement.
Je ne suis pas insensible devant les fresques des temples en Asie, plus attiré par une forme de réalisme et de belles couleurs bien « pétantes » et puis mon Dieu, les multitudes de positions du kamasoutra au fronton des temples je les regarde aussi.
Mystère de la foi, oui ça ne s’explique pas, ça te frappe et tu crois, mais pour croire tu n’as pas besoin du rite, d’abord la foi puis le rite. Je me souviens d’un office qui m’avait fait pleurer en Suisse par un prêtre catholique à l’hospice du Grand Saint Bernard. Il avait basé toute son homélie sur le rite et son absence de signification véritable sans la foi, c’était sublime mais compliqué, ai-je tout compris ? Mais qu’importe, l’important était d’être touché par la grâce du Seigneur à travers son messager le prêtre. Ce fut le cas en ce qui me concerne ce jour-là.
Si je prends le temps je ferai un petit (peut-être long) complément sur le voyage et la foi et surtout le voyage à travers la foi et le rayonnement, la force et la joie qu’elle apporte. Ouille je risque de me faire traiter de vilain prosélyte, dans notre période un peu trouble, presque d’affrontement, il s’agit là d’un grand péché !!!!
Bravo pour tes écrits
Luc
Je n'ai pas vraiment d'image, juste une ville ISTANBUL .... et la chorale des Muezzin, le soir, qui se répondent en écho d'un minaret à l'autre... [:)]
la chorale des Muezzin, le soir, qui se répondent en écho d'un minaret à l'autre ... [:)]
Philip Glass - Powaqqatsi - 16. From Egypt
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
Tout ce que vous demandez dans vos prières croyez que vous (...) l'obtiendrez
The Doors - You Cannot Petition The Lord With Prayer ...
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
il y a eu un autre concours photo sur le thème de la prière :
Élection du meilleur cliché des mois de septembre/octobre 2010 en photos sur le thème "Une prière"
Meilleure photo "Moulins à prière, Kathmandou, Népal (2008)" par Makalux
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
Je dis souvent qu'il faut privilégier le fond à la forme. Mais en ce qui concerne le religieux il vaut mieux ne s'intéresser qu'à la forme. Le fond n'étant que foutaise; et sur ce point je rejoins l'avis de George Carlin
George carlin Religion = Foutaise (français) - YouTube
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
Bon, y en a des très moches aussi.
C'est ici que ça se passe.
Mais ce sont des prières dynamiques (concept dans l'air du temps).
Pour des prières statiques, il faut se reporter au premier des concours VF, il y a dix ans, quand peu de personnes les suivaient.
Et ça, c'est là.
Mais le problème surtout dans ce cas fond et forme sont plus que liés, difficile de les séparer.
Je pense aux bâtiments, aux livres, aux monuments, même aux images puisque ces dernières ont été évoqué.
J' ai du mal à séparer les deux surtout que ça date de la nuit des temps, ou depuis le début de l' humanité.
Le sacré, le religieux, le profane, l’ici et l’ailleurs, l’intangible, le réel.
Tout ce que avez écrit me plait, tout : vos réflexions, vos liens, la profondeur des mots, le ton narquois, tout ce qui fait nos diversités.
"Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas ."
En vous lisant, je pensais (oui-oui, ça m’arrive) que l’humanité prie, toujours. Elle prie les dieux, un Dieu ou les esprits. Quand elle manifeste pour la protection de la nature, des animaux, en grands rassemblements, elle prie. Quand elle manifeste et revendique des avancées sociales, politiques, elle prie. L’humanité prie pour un monde meilleur avec foi, avec détermination. C’est la forme de la prière qui change.
Et quand la spiritualité s’étiole, des nouvelles dévotions naissent, le véganisme, l’écologie, par exemple, comme de nouvelles religions.
Parce que l’homme a besoin de croire, d’être porté vers quelque chose qui le dépasse, le transcende, parce que le consumérisme ne le remplit plus, parce que la vie va trop vite, parce qu’il a soif de sens.
Du fini à l’infini…
Et un soir tiède de ces dernières semaines, dos à dos, assis sur la terrasse, la voix de Jules, petit garçon tendre et malicieux chuchote dans le silence :
« C’est quoi l’infini ? »
Je vous assure, que pour la protection des animaux, l' humanité ne prie pas, c' est tout le contraire. D' ailleurs les animaux seraient mieux protégés s' il y avait plus d' humanité.
Ah si ce sujet de la protection animale était aussi simple, ça se saurait.
Quand elle manifeste pour la protection de la nature, des animaux, en grands rassemblements, elle prie. Quand elle manifeste et revendique des avancées sociales, politiques, elle prie. L’humanité prie pour un monde meilleur avec foi, avec détermination. C’est la forme de la prière qui change.
Et quand la spiritualité s’étiole, des nouvelles dévotions naissent, le véganisme, l’écologie, par exemple, comme de nouvelles religions.
Parce que l’homme a besoin de croire, d’être porté vers quelque chose qui le dépasse, le transcende
Bonjour,
Je suis persuadé que parfois les idées politiques relèvent de la croyance, comme on est catholique parce qu'on vient d'une famille catholique etc...
Mais ce n'est pas toujours ça quand même.
On peut s'intéresser à l'entretient de sa maison et du bon.déroulement de ce qui s'y passe sans nécéssairement entrer en religion quand même.
Et quand la spiritualité s’étiole, des nouvelles dévotions naissent, le véganisme, l’écologie, par exemple, comme de nouvelles religions.
Parce que l’homme a besoin de croire, d’être porté vers quelque chose qui le dépasse, le transcende, parce que le consumérisme ne le remplit plus, parce que la vie va trop vite, parce qu’il a soif de sens.
Du fini à l’infini
Tout à fait d’accord avec toi !
Ce qui explique la diversité des formes de prières, mais aussi leur pérennité.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire."
Mère Teresa
Je n'ai pas vraiment d'image, juste une ville ISTANBUL .... et la chorale des Muezzin, le soir, qui se répondent en écho d'un minaret à l'autre... [:)]
Ah oui, l'adhan est une expérience. Du temps où j'écrivais encore des carnets de voyage, j'avais rédigé un pense-bête sur cette sensation :
L’esprit rejoint le corps à Rome, se pose dans la ville lorsque les pas rapides ont parcouru le rituel circuit des places Farnese, Navone, Panthéon, d’Espagne, du Peuple. L’esprit rejoint le corps à Athènes, se niche dans la ville lorsque l’œil a capté la masse stable de la ville haute se détachant sur le ciel au détour d’une rue. L’esprit rejoint le corps à Istanbul, s’installe dans la ville lorsque les muscles ont maintenu l’équilibre sur le plancher mouvant d’un vapur dont le bruit du moteur ronronne dans les oreilles.
L’escale y sera brève, une petite après-midi à peine. Les bagages ont valsé dans un coin de la chambre de Sirkeci et vite ! tout droit, presque en courant, on pique sur le premier embarcadère qui se présente au regard, peste contre les retards de la soi-disant modernité qui a voulu que les employés soient dernièrement remplacés, sans que les autorités compétentes aient jugés bon de consulter l’ensemble des peuples européens, par des automates contraignant à trouver de la monnaie adéquate, enfourne le précieux sésame durement acquis dans la fente, laisse la barre de métal du tourniquet s’immobiliser à nouveau derrière soi et regarde, enfin sujet à un tardif accès de curiosité, où nous portera le navire qui s’approche. Üsküdar. Ben, va pour Üsküdar alors…
Esprit incarné, corps animé, en pleine possession de soi-même, le coeur allègre, le cerveau dubitatif (Comment ? Ce n’est donc que cela un changement de continent ? En somme toute une affaire pour un frôlement d’haleine salée et un bref jaillissement d’écume…), les yeux contemplant avec un certain ahurissement la file nourrie de distributeurs non plus de jetons mais de billets alors que l’on réalise soudain que la concurrence se résume à une dérisoire question de couleur, les mains hésitantes qui tournent et retournent le plan pour identifier la rue qui nous portera au poulet exquis (il y a sans doute du poulet partout à Üsküdar, mais quand on est touriste on focalise sur le seul poulet dont les mérites nous ont été vantés pendant la rapide traversée transcontinentale), bref on se meut, se bouge voire se démène, physiquement et spirituellement proie de nos pulsions habituelles (en l’espèce la faim) se combinant comme elles peuvent avec la nouveauté du lieu à appréhender.
On s’active donc, jusqu’à ce qu’on soit ébranlé, cloué même, soudain d’un coup aussitôt, par la foudroyante vibration qui envahit l’espace.
L’adhan.
L’appel à la prière a-t-il été lancé d’abord de l’Ağa Camii ou a-t-il fusé de la Yeni Valide qui lui fait face de l’autre côté de l’avenue Hakimiyet Milliye ? Peu importe alors la source, seul compte le choc né de la stupéfiante énergie vocale qui s’empare de la ville, l’empoigne, ravalant au rang de rumeur chétive le vacarme urbain qui nous environnait l’instant d’avant.
Les muezzins des deux mosquées entonnent en alternance les phrases. Cantillation, voix aux méandres infinis, modulations virtuoses qui étreignent l’esprit, subjuguent le mouvement. Ils se répondent, rivalisent en un sidérant concours.
Alors…
Alors la souveraine force de leur appel ayant annihilé les communes activités et les ordinaires pulsions humaines, les ayant rejetées dans les limbes de l’insignifiance, la puissance merveilleusement belle et maitrisée de leur voix vacille à son tour. Ces voix se font support, elles ouvrent la voie à une poignée de secondes de silence. Silence inestimable qu’elles sertissent en l’offrant à l’écoute.
Une poignée de secondes où, par la vertu d’une longue et profonde inspiration masculine, l’air si dense de la métropole marine (celui qui a été fendu par le vol rapide des goélands, celui qui a glissé sur les foulards des femmes se chargeant d’un chatoiement de couleurs, celui mousseux d’écume, celui visqueux des cadavres de poissons du marché tout proche, celui trouble de poussière, celui sucré des saveurs onctueuses… j’arrête, cela serait sans fin… l’air un et multiple imprégné d’Istanbul), cet air si dense donc, se mue en souffle.
Une poignée de secondes mystérieuses, instant suspendu, sublime, où le chant se concentre dans la poitrine d’un homme.
***
Pense-bête verbeux au demeurant.
Les poètes saisissent ces merveilles avec plus de force :
Του βράχου λιγοστό νερό
απ’ τη σιωπή αγιασμένο
απ’ το καρτέρι του πουλιού
τη σκιά της πικροδάφνης
(je déteste traduire le grec, mais si je ne veux pas recueillir des mots acerbes : Le peu d'eau qui sort du rocher, sanctifié par le silence, l'affût de l'oiseau et l'ombre du laurier rose*).
Ce knien und bewundern , (s'agenouiller et admirer) pour adopter les mots d'un autre poète, ne relève toutefois pas de la prière qui est adresse à une divinité mais d'une conscience des bulles de merveilles du monde, que l'on peut effectivement, avec Ritsos, considérer comme sacrées (sans nulle nécessité de dieu(x)).
Rites et dogmes m'intéressent peu au-delà de l'anecdote folklorique. Images pittoresques, en ce qui me concerne, mais rien d'autre.
Catherine
* le grec dit laurier amer, pas rose.
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
Je n'ai pas lu jusqu'au bout . La deuxième moitié , je l'ai lue en diagonale .
Hier, j'ai été très surprise en me promenant dans un quartier de Bruxelles , de trouver une grotte appelée " Grotte Notre-Dame de Lourdes à Jette " .
La grotte est dans un parc , dans lequel se trouvent de multiples petites grottes retraçant la vie du Christ . Dans la grande grotte , de nombreuses personnes ont suspendu des petits mots pour remercier d' "une grâce obtenue "
En y circulant , je percevais un air de famille avec certains endroits de Thaïlande , ou d'Inde ou des pays orthodoxes .
Les bondieuseries m'irritent souvent car j'ai à l'esprit les décisions contraignantes qui peuvent être prises pour tous sur la base de croyances de certains .
Il y a aussi des endroits , où le spirituel prime sur le religieux , là, une partie de moi s'y sent chez elle .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
Il y a donc " Notre Dame de Lourdes à Tokyo" !
La statue en haut en droite , le même genre de petit autel au milieu , et les bancs en bois ....ici on les voit :
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
On peut s'intéresser à l'entretient de sa maison et du bon.déroulement de ce qui s'y passe sans nécessairement entrer en religion quand même.
Bien sûr, toi tu peux mais certain(e)s ne le peuvent pas [:/]
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
Ladybrand est une petite ville d'Afrique du Sud à portée de prêche du Lesotho, d'où je reviens.
La Christ Embassy tient portes ouvertes dans un entrepôt de tôle, les femmes s’éventent avec leur livret. Les chaises en plastique sont drapées de blanc, le dossier rehaussé d’un nœud bleu ciel. Sur une large estrade, un prêcheur d’une extrême élégance, costume bleu sombre, chemise assortie, claire à col blanc -le col des clercs-, cravate et pochette rouges, un orchestre (orgue électronique, batterie et synthé) et un chœur de jeunes femmes, tunique blanche ceinte d’une écharpe jaune d’or. L’assistance, clairsemée, est en dimanche, jeune, belle, fervente, exclusivement noire.
La sono trop puissante distord sur les tôles mais le prêche est connu et le pasteur un sacré tribun –heureusement que ces gars-là mettent leur verbe au service de la paix (c’est ce qu’ils affirment tout en prétendant être the light of the world). Entre les prêches, assez peu nombreux, on assiste à un concert endiablé de gospel-rock et on danse dans les allées. Ambiance vénère.
La cérémonie se déroule en anglais et il n’y a pas une voiture dans le champ autour du hangar.
De l’autre côté de la rue, à l’Église réformée hollandaise érigée il y a un siècle en sandstone, blonde comme une batave, les jardins paysagés et clos sont jonchés de pick-up et les fidèles vénèrent en afrikaans. Le recueillement et le calme sont de rigueur alors que, sur les bancs clairs, les Noirs, les métis et les Blancs se tiennent côte-à-côte mais sans rire. Les femmes sont endimanchées, les hommes aussi -en bras de chemise à carreau.
En athée convaincu, je verse une obole égale aux deux œuvres.
L’Église catholique est située dans le township. Cinq cent fidèles, dix voitures. La messe est dite en langue sotho et prend quelques libertés avec le rite romain. Pas de sono ici, les chœurs et la ferveur emplissent la grande église de brique. Seul Blanc dans l’assistance, je m'installe sur le dernier banc et la fillette de ma voisine vient s'asseoir sur mes genoux, comme si c'était naturel, mais lorsque dans l’assemblée debout tous se donnent la main, suis-je marron?
De jeunes hommes en costume noir, dreadlocks aux épaules, me saluent avec bienveillance à leur retour de communion.
Pour clore la célébration, la chorale investit le chœur et entonne des chants puissants, les fidèles dansent et applaudissent entre les morceaux. Soudain s’élèvent de cinq cent poitrines des hululements longs (sauvages, forcément, les hululements) pour accompagner le chant; manquerait plus qu’ils me prennent pour le Christ -heureusement, la communion est passée.
Nom de Dieu, c’est quoi là, qui perle sous les paupières ? De l’eau bénite?
***
Pondy dit:
Quand manifeste pour la protection de la nature, des animaux, en grands rassemblements, elle prie.
Nicolas H. nouveau prophète, Greta T. nouvelle icône ?
Des marchands du temple !
Sache, femme impie, qu'on condamne à la réclusion pour moins que ça -depuis que les bûchers sont passés de mode.
(et pourtant, tu as raison)
En effet vous êtes un sacré voyajou pour avoir supporter ce que vous décrivez !!!
Vous m' avez obligée à regarder la carte, pour savoir où se situe Ladybrand, j' ai voyagé un peu aussi, d' autant que je suis limitée à 100 km.
En Afrique du Sud, donc les cérémonies religieuses sont autorisées, la propagation du virus n' inquiète t' elle pas les autorités du pays? Les bénitiers ne sont pas vidés par les temps qui courent.
Autrement Nicolas H, Greta G, ils ont l' air d' être passés à la trappe, on entend plus parler d' eux, faut dire aussi qu' en ce moment il n' a qu' un seul sujet. Des marchands du temple, je suis d' accord, s' il y a possibilité pour eux de se faire de l' argent, ils ne se posent pas de question enfin bon pour l' un c' est déjà fait. La religion, l' argent, le sexe, la publicité mènent le monde depuis les début de [ l' humanité ]
Non, ça n' est pas un truc mais une réplique de la grotte de Lourdes.
J' en connais une aussi, je suppose qu' il doit en avoir un peu partout dans le monde.
Ben la fille en photo elle tente bien d'organiser sa vie d'une façon non religieuse (enfin, c'est ce que je crois comprendre, je ne lis pas l'anglais).
Je suppose qu'elle est convaincue, elle aussi, que l'être humain peut trés bien se passer de croire au bon dieu.
"J'adhère à la révolte des femmes dans le monde arabe parce que pendant 20 ans je n'ai pas eu le droit de sentir le vent dans mes cheveux et sur mon corps."
C.
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
J' en connais une aussi, je suppose qu' il doit en avoir un peu partout dans le monde.
Oui. Je passe devant celle Milan chaque fois que je vais au cinéma. (passais/allais)
Catherine
Bonjour
Ciné, Grottes et accessoires
Gamin, avant de partir pour le ciné de quartier (sièges en bois/ ouvreuses aux Mi-cho-ko )
je prenais conseils vestimentaires auprès de la Vierge miraculeuse qui trônait dans le vestibule
(celle qui change de couleur en fonction du temps )
Plus tard (1987) en réplique de la grotte, j'ai bien aimé aussi celle du "Miraculé"
Et y produire un miracle n’est pas chose facile, on peut même dire que ça devient de plus en plus dur:
https://theconversation.com/comment-faire-un-miracle-105086
A Lourdes, on constate qu’il y a près de quatre fois moins de guérisons miraculeuses reconnues par an à partir des années 1960
Pour ma part c'est à une dizaine de kilomètres de chez moi que j'ai en premier pu observer de ces choses là, avec le côté sacré et de petits rituels, au Pardon de Sainte Anne la Palud (Santez Anna ar Palud svp!) et à la Troménie de Locronan (la petite pour ma part). Dans ma famille nous n'étions pas, ni ne sommes "messes" ou portés religion pour mes parents, ni mes grand-parents plus que ça , par contre ces deux là on y allait, parce que c'était ainsi de génération en génération et que c'était aussi une sortie et une occasion de rassemblement ou de retrouvailles même parfois, une fête .
Notamment le Pardon de Ste Anne , près de Plonevez-Porzay ma grand-mère ni mes parents n'y coupait ! Il faut dire aussi qu'après la messe et la procession, il y avait la fête sous les grandes tentes dressées à côté de la chapelle, ainsi qu'une fête foraine. Un dicton breton disait même qu'au Pardon de Santez Anna ar Palud il coulait plus de cidre que de cire hé hé ! Bref je vais parler de ce Pardon là : il a lieu tous les ans chaque dernier week-end du mois d'août. Le samedi soir, il y a une messe et la veillée aux flambeaux qui conduit toute l'assistance de la chapelle, chacun muni de cierges jusqu'en haut des dunes , cela je ne l'avais jamais vu gamine, j'y suis allée il y a 7-8 ans pour voir ça. Et j'avoue que la scène en haut des dunes à la nuit tombée avec les prêtres vêtus en blanc près d'une vieille roche ressemblant à des mégalithes avec la mer tout au fond m'a quelque peu fait penser à une cérémonie druidique (ouille!) ! Le dimanche après-midi c'est le grand jour et la foule , avec la messe en plein air en français et en breton, et l'occasion d'entendre deux ou trois célèbres cantiques en breton dont le fameux "da feiz hon tadoù kozh" (à la foi de nos ancêtres). Toutes les paroisses alentours et de plus loin aussi sont là en costume avec leurs belles bannières colorées et brodées. Puis la procession, les prêtres et les chefs hiérarchiques venus exprès (je ne sais pas les titres de ces chefs) sortent en premier de l'église suivi de toutes les paroisses en costumes pour faire le tour de la dune en chantant jusqu'en haut de celle-ci puis le tout revient près de la chapelle. Lors de la messe en extérieur donc , j'y ai vu des gens apparemment venus à pied de loin, pieds nus agenouillés, têtes basses et alignés comme ça quelques minutes sans un mot... !
Voilà pour la partie catholique en gros, je passe à la suivante avec des choses qui l'étaient, le sont( encore un peu), moins certainement : après la procession les gens à l'intérieur de la chapelle où se trouve une petite alcôve ou chapelle à Ste Anne , là les gens se mettent à tourner autour par 3 fois, dans le sens du soleil evel just, avec un cierge. En passant sous l'espèce de porche à l'arrière de la statue de Ste Anne , il faut toucher la pierre de celui-ci en faisant sa demande ou son souhait , aujourd'hui il y a toujours du monde à le faire même les autres jours de l'année c'est quand on veut car la chapelle est généralement ouverte. Autour de cette petite chapelle dédiée à Ste Anne sont fixées au mur tout un tas de plaques de remerciements dont certaines très anciennes et d'autres bien plus récentes. Sur le petit muret entourant cette petite chapelle intérieure, une fois j'ai vu posée là une petite chaussure d'enfant avec un petit billet, écrit sans doute, à l'intérieur de celle-ci, je n'ai pas touché ni lu bien sûr mais cela m'avait touché ... car le désespoir mais l'espérance aussi pour un enfant malade sans doute ? D'autres objets posés là, comme des coquillages, des branches de genêts, des galets ou des fleurs en offrandes, et divers objets appartenant à des personnes ayant besoin de secours, comme la petite chaussure.
Ensuite certaines personnes se rendent à l'extérieur, vers le ruisseau où se situe la fontaine miraculeuse. Mon arrière-tante m'avait dit que c'était là, à la fontaine, qu'on y trouvait vraiment Anna et que si j'allais toucher son eau j'apprendrais bien à l'école, je crois que c'est parce la statue de Ste Anne la montre en train d'apprendre à lire à sa fille Marie... bien qu'il y ait aussi une autre histoire bien plus locale encore! Je ne sais pas si ma tante , Anna qu'elle s'appelait justement, y croyait à ça mais sait-on jamais quand on croit fort à quelque chose: l'auto-suggestion évoquée plus haut dans ce sujet par quelqu'un...? Ste Anne était appelée "Mamm-gozh ar Vretoned", la grand-mère des Bretons, la dame patronnesse rivalise avec Yves (ou Sant Erwan), l'autre saint patron des Bretons. D'autres disaient Ana la Celte, car il se disait déjà aussi que l'endroit était il y a fort fort longtemps de ça, dédié au culte de Dana, la déesse-mère.. En tout cas jadis pour ma grand-mère ou ma tante et comme pour tout le monde, il était impensable de ne pas se rendre à la fontaine sinon le tout reste avant ne servait en gros plus à rien ou serait inachevé ! Les curés eux, ça ne vous étonnera sans doute guère, ne s'y rendaient pas en tout cas... On peut noter que l'eau est souvent voir toujours un élément important dans les anciens cultes, que la religion chrétienne aurait repris .
Après ça, bien sûr , plus rien de catholique du tout ! Mais un Pardon sans fête pour terminer... est-ce encore un Pardon breton ?! Je réponds non sans hésitation pour ma part. Sous les grandes tentes les familles, les amis, les connaissances, pouvaient se rassembler autour des tables sur tréteaux pour manger du "pâte-brisée" (le "gâteau breton") ou du kouign-amann, boire du café, du cidre, du vin ... et chanter autre chose que des kantikoù (cantiques) bien sûr, car également une fête sans chanter n'est pâs tout à fait une fête...! Et à l'époque ça pouvait se faire sans problème, il n'y avait pas encore de contrôles biniou sur les routes ni de permis à points il faut préciser! Depuis c'est devenu bien plus sage! Les champs proches autour ayant été moissonnés fin juin servaient de parkings aux voitures et aux cars. Ensuite venait enfin pour moi les manèges et les loteries où j'étais bien gâtée par ma grand-mère à qui des fois je faisais tout un stroped d'impatience avant ça parce que la messe en plein air sous la cagna , quel calvaire !! Je n'étais jamais grondée , elle me répétait "oui oui, on va aller bientôt, c'est presque fini", la façon dont elle me disait ça calmement me désarmait, j'avais l'impression qu'elle sen foutait que je cuise et m'ennuie au soleil .
Le lundi matin, c'était la messe et les baptêmes pour les Forains, ouvert aux autres qui voulaient y assister ou voir ça, là il y avait un côté plus intime. Certaines de ces familles viennent encore là aujourd'hui avec leurs métiers , manèges et autres, de génération en génération depuis très longtemps, mais moins nombreux. Je ne sais pas si ce lundi matin de baptêmes a toujours cours, mais c'était à voir aussi au moins une fois. Beaucoup d'entre eux se rendaient aussi à la fontaine ensuite. Ils ont également leur belle plaque en céramique dans la petite chapelle: "hommage à Sainte Anne la Palud de la part des Forains", elle avait été fabriquée chez les faïenceries Henriot à Quimper, dessinée et peinte par Yvonne Jean-Haffen (peintre qui a pas mal séjourné en Bretagne), représentant une scène de ce Pardon avec des Forains près de leur roulotte agenouillés devant le passages de la procession.
Le mardi après-midi c'est encore pareil à peu près que le dimanche mais il y a un peu moins de paroisses et de costumes donc pour la procession. Celle-ci vaut le coup d’œil évidemment avec toutes ces coiffes et costumes différents se déroulant en cortège à travers la dune . Puis le soir il y avait un feu d'artifice donné par les Forains , et le mercredi je ne sais plus mais beaucoup plus simple, sans procession et bien moins de costumes et de monde, c'était l'occasion d'un dernier tour à la fête foraine .
La Troménie de Locronan aussi est à voir, avec le passage dans l'église sous le gisant de St Ronan pour prévenir de je ne sais plus quoi , et l'arrêt sur le joli parcours champêtre de la Troménie à la Gazeg Ven (la jument blanche) pour certaines femmes. Ar Gazeg Ven est un mégalithe, druidique ensuite donc, se rapportant à Epona (cheval de la fertilité) ou encore à Rhiannon. A noter que maintenant la Gorsedd des druides de Bretagne reprennent aussi la Troménie en dehors de celle des Catholiques, lors de la grande celle de 12kms qui a lieu tous les 6 ans ( ça descend d'abord mais ça monte bien ensuite, c'est assez sportif en fait !) car c'est bien sûr un nemeton à l'origine. Celle-là comporte d'autres aspects et rituels . Pour l'une ou l'autre le parcours là aussi se fait, evel just, dans le sens du soleil ou des aiguilles d'une montre, avec des arrêts à chaque "station". Une station est un endroit sacré dédié à un Saint breton ou catholique, mais ce sont aussi des points comment dire, de calendrier..? Et il y en a douze donc (non, les apôtres n'ont rien à voir), mais plutôt car comme je l'ai dit parce que cette Troménie fut d'abord un nemeton avant d'être le lieu de St Ronan donc: ces stations représentent en fait les 12 mois de l'année celtique. Cette dernière démarre le 1er Novembre moment de passage dans la période sombre et jour de la fête des morts: l'hiver.
Au Congo lors de mon dernier séjour là-bas , on avait assisté aux baptêmes des deux petites filles d'un ami à Dolisie . On pensait en avoir pour une heure de messe à tout casser, mais non !! Cela a duré au moins 3 heures de temps car en fait c'était je ne sais combien de baptêmes qu'il y avait ce jour là plus d'une dizaine au moins, les enfants et leurs parents étant appelés chacun leur tour ! Mais la musique nous avait fait passer le temps plus qu'agréablement, puisque l'orchestre avec guitares électriques, saxo et percussions nous avait joué des cantiques en langue sur des airs de rumba, avec toute l'assistance qui chantait en même temps avec ferveur, à tel point que j'ai failli applaudir à un moment à la fin d'une chanson ! C'était très beau et l'émotion de l'assistance se ressentait. Et tout le monde sapé de ses plus beaux habits, de belles robes colorées en wax, en pagne, ou comme des "sapeurs" très chics pour certains.
J'ai vu d'autres cérémonies plus "traditionnelles" en Afrique, notamment pour purifier des lieux, à peu près semblables au Gabon, Congo et Burundi d'ailleurs , mais là je fatigue.
Je joins une assez ancienne photo , d'une scène du Pardon de Santez Anna ar Palud .
Déconfinez bien mais doucement ;)
Joli texte sur cette ville que j'adore, la seule où je pourrais vivre.
Ah, reprendre ces bateaux pour aller siroter un çay sur les marches du Bosphore, regarder les cargos passer au large de la Tour de Léandre et écouter la battle des muezzins...
Ou aller les revoir, eux, à Konya ou ailleurs :
https://www.youtube.com/watch?v=_h1wayIgn8o
Pour moi, ici, la lévitation sera toujours assurée avec le chant sacré imbriqué dans la texture moderne du duo David Byrne/Brian Eno ( chanson censurée et retirée des dernières éditions du fantastique album My life In The Bush Of Ghosts ) :
« .../...Tournez votre livre à l’envers et soyez dans l’infini » ainsi écrivait Victor Hugo dans les Misérables.
@Jean-Luc, Anne, Catherine, Merci ! C’est exac-te-ment ce que j’avais envie de lire. Comme un creuset de connaissances que je n’ai pas. J’ai appris en Turquie, en Afrique, en Bretagne et ça change tellement de - quel est l’état de la route ? -
Sans doute parce qu’il y a tant de chemins pour découvrir nos pays. Actif ou contemplatif, seul ou en groupe, tout près ou loin. C’est bon de voir qu’on peut parler de religion du monde sans s’arracher les cheveux et, parfois, l’émotion se glisse sous le clavier de vos histoires :
« Une poignée de secondes mystérieuses, instant suspendu, sublime, où le chant se concentre dans la poitrine d’un homme. »
« Nom de Dieu, c’est quoi là, qui perle sous les paupières ? De l’eau bénite?*** »
« .../...cantiques en langue sur des airs de rumba, avec toute l'assistance qui chantait en même temps avec ferveur, à tel point que j'ai failli applaudir à un moment à la fin d'une chanson ! C'était très beau et l'émotion de l'assistance se ressentait. »
Et, que l’on soit déiste, théiste, agnostique, athée, pastaferiste importe peu.
Elle est là, aussi, la mosaïque des peuples, digne d’estime et de respect.
Dans un pays proche, encore très catholique avec séparation église-état encore niet point du tout...
Une petite église paroissiale décorée par l'artiste Ernst Fuchs dans le village de Thal proche de Graz (Styrie). Quelques photos.
Commentaires : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Fuchs_(artiste)
https://de.wikipedia.org/wiki/Pfarrkirche_Thal_bei_Graz
Accessoirement, Thal est le village natal de l'acteur de cinéma Arnold Schwarzenegger.
Pour ma part c'est à une dizaine de kilomètres de chez moi que j'ai en premier pu observer de ces choses là, avec le côté sacré et de petits rituels, au Pardon de Sainte Anne la Palud (Santez Anna ar Palud svp!) et à la Troménie de Locronan (la petite pour ma part). Dans ma famille nous n'étions pas, ni ne sommes "messes" ou portés religion pour mes parents, ni mes grand-parents plus que ça, par contre ces deux là on y allait, parce que c'était ainsi de génération en génération et que c'était aussi une sortie et une occasion de rassemblement ou de retrouvailles même parfois, une fête.
Notamment le Pardon de Ste Anne, près de Plonevez-Porzay ma grand-mère ni mes parents n'y coupait ! Il faut dire aussi qu'après la messe et la procession, il y avait la fête sous les grandes tentes dressées à côté de la chapelle, ainsi qu'une fête foraine. Un dicton breton disait même qu'au Pardon de Santez Anna ar Palud il coulait plus de cidre que de cire hé hé ! Bref je vais parler de ce Pardon là : il a lieu tous les ans chaque dernier week-end du mois d'août. Le samedi soir, il y a une messe et la veillée aux flambeaux qui conduit toute l'assistance de la chapelle, chacun muni de cierges jusqu'en haut des dunes, cela je ne l'avais jamais vu gamine, j'y suis allée il y a 7-8 ans pour voir ça. Et j'avoue que la scène en haut des dunes à la nuit tombée avec les prêtres vêtus en blanc près d'une vieille roche ressemblant à des mégalithes avec la mer tout au fond m'a quelque peu fait penser à une cérémonie druidique (ouille!) ! Le dimanche après-midi c'est le grand jour et la foule, avec la messe en plein air en français et en breton, et l'occasion d'entendre deux ou trois célèbres cantiques en breton dont le fameux "da feiz hon tadoù kozh" (à la foi de nos ancêtres). Toutes les paroisses alentours et de plus loin aussi sont là en costume avec leurs belles bannières colorées et brodées. Puis la procession, les prêtres et les chefs hiérarchiques venus exprès (je ne sais pas les titres de ces chefs) sortent en premier de l'église suivi de toutes les paroisses en costumes pour faire le tour de la dune en chantant jusqu'en haut de celle-ci puis le tout revient près de la chapelle. Lors de la messe en extérieur donc, j'y ai vu des gens apparemment venus à pied de loin, pieds nus agenouillés, têtes basses et alignés comme ça quelques minutes sans un mot... !
Voilà pour la partie catholique en gros, je passe à la suivante avec des choses qui l'étaient, le sont (encore un peu), moins certainement : après la procession les gens à l'intérieur de la chapelle où se trouve une petite alcôve ou chapelle à Ste Anne, là les gens se mettent à tourner autour par 3 fois, dans le sens du soleil evel just, avec un cierge. En passant sous l'espèce de porche à l'arrière de la statue de Ste Anne, il faut toucher la pierre de celui-ci en faisant sa demande ou son souhait, aujourd'hui il y a toujours du monde à le faire même les autres jours de l'année c'est quand on veut car la chapelle est généralement ouverte. Autour de cette petite chapelle dédiée à Ste Anne sont fixées au mur tout un tas de plaques de remerciements dont certaines très anciennes et d'autres bien plus récentes. Sur le petit muret entourant cette petite chapelle intérieure, une fois j'ai vu posée là une petite chaussure d'enfant avec un petit billet, écrit sans doute, à l'intérieur de celle-ci, je n'ai pas touché ni lu bien sûr mais cela m'avait touché... car le désespoir mais l'espérance aussi pour un enfant malade sans doute ? D'autres objets posés là, comme des coquillages, des branches de genêts, des galets ou des fleurs en offrandes, et divers objets appartenant à des personnes ayant besoin de secours, comme la petite chaussure.
Ensuite certaines personnes se rendent à l'extérieur, vers le ruisseau où se situe la fontaine miraculeuse. Mon arrière-tante m'avait dit que c'était là, à la fontaine, qu'on y trouvait vraiment Anna et que si j'allais toucher son eau j'apprendrais bien à l'école, je crois que c'est parce la statue de Ste Anne la montre en train d'apprendre à lire à sa fille Marie... bien qu'il y ait aussi une autre histoire bien plus locale encore! Je ne sais pas si ma tante, Anna qu'elle s'appelait justement, y croyait à ça mais sait-on jamais quand on croit fort à quelque chose: l'auto-suggestion évoquée plus haut dans ce sujet par quelqu'un...? Ste Anne était appelée "Mamm-gozh ar Vretoned", la grand-mère des Bretons, la dame patronnesse rivalise avec Yves (ou Sant Erwan), l'autre saint patron des Bretons. D'autres disaient Ana la Celte, car il se disait déjà aussi que l'endroit était il y a fort fort longtemps de ça, dédié au culte de Dana, la déesse-mère.. En tout cas jadis pour ma grand-mère ou ma tante et comme pour tout le monde, il était impensable de ne pas se rendre à la fontaine sinon le tout reste avant ne servait en gros plus à rien ou serait inachevé ! Les curés eux, ça ne vous étonnera sans doute guère, ne s'y rendaient pas en tout cas... On peut noter que l'eau est souvent voir toujours un élément important dans les anciens cultes, que la religion chrétienne aurait repris.
Après ça, bien sûr, plus rien de catholique du tout ! Mais un Pardon sans fête pour terminer... est-ce encore un Pardon breton ?! Je réponds non sans hésitation pour ma part. Sous les grandes tentes les familles, les amis, les connaissances, pouvaient se rassembler autour des tables sur tréteaux pour manger du "pâte-brisée" (le "gâteau breton") ou du kouign-amann, boire du café, du cidre, du vin... et chanter autre chose que des kantikoù (cantiques) bien sûr, car également une fête sans chanter n'est pâs tout à fait une fête...! Et à l'époque ça pouvait se faire sans problème, il n'y avait pas encore de contrôles biniou sur les routes ni de permis à points il faut préciser! Depuis c'est devenu bien plus sage! Les champs proches autour ayant été moissonnés fin juin servaient de parkings aux voitures et aux cars. Ensuite venait enfin pour moi les manèges et les loteries où j'étais bien gâtée par ma grand-mère à qui des fois je faisais tout un stroped d'impatience avant ça parce que la messe en plein air sous la cagna, quel calvaire !! Je n'étais jamais grondée, elle me répétait "oui oui, on va aller bientôt, c'est presque fini", la façon dont elle me disait ça calmement me désarmait, j'avais l'impression qu'elle sen foutait que je cuise et m'ennuie au soleil.
Le lundi matin, c'était la messe et les baptêmes pour les Forains, ouvert aux autres qui voulaient y assister ou voir ça, là il y avait un côté plus intime. Certaines de ces familles viennent encore là aujourd'hui avec leurs métiers, manèges et autres, de génération en génération depuis très longtemps, mais moins nombreux. Je ne sais pas si ce lundi matin de baptêmes a toujours cours, mais c'était à voir aussi au moins une fois. Beaucoup d'entre eux se rendaient aussi à la fontaine ensuite. Ils ont également leur belle plaque en céramique dans la petite chapelle: "hommage à Sainte Anne la Palud de la part des Forains", elle avait été fabriquée chez les faïenceries Henriot à Quimper, dessinée et peinte par Yvonne Jean-Haffen (peintre qui a pas mal séjourné en Bretagne), représentant une scène de ce Pardon avec des Forains près de leur roulotte agenouillés devant le passages de la procession.
Le mardi après-midi c'est encore pareil à peu près que le dimanche mais il y a un peu moins de paroisses et de costumes donc pour la procession. Celle-ci vaut le coup d’œil évidemment avec toutes ces coiffes et costumes différents se déroulant en cortège à travers la dune. Puis le soir il y avait un feu d'artifice donné par les Forains, et le mercredi je ne sais plus mais beaucoup plus simple, sans procession et bien moins de costumes et de monde, c'était l'occasion d'un dernier tour à la fête foraine.
La Troménie de Locronan aussi est à voir, avec le passage dans l'église sous le gisant de St Ronan pour prévenir de je ne sais plus quoi, et l'arrêt sur le joli parcours champêtre de la Troménie à la Gazeg Ven (la jument blanche) pour certaines femmes. Ar Gazeg Ven est un mégalithe, druidique ensuite donc, se rapportant à Epona (cheval de la fertilité) ou encore à Rhiannon. A noter que maintenant la Gorsedd des druides de Bretagne reprennent aussi la Troménie en dehors de celle des Catholiques, lors de la grande celle de 12kms qui a lieu tous les 6 ans (ça descend d'abord mais ça monte bien ensuite, c'est assez sportif en fait !) car c'est bien sûr un nemeton à l'origine. Celle-là comporte d'autres aspects et rituels. Pour l'une ou l'autre le parcours là aussi se fait, evel just, dans le sens du soleil ou des aiguilles d'une montre, avec des arrêts à chaque "station". Une station est un endroit sacré dédié à un Saint breton ou catholique, mais ce sont aussi des points comment dire, de calendrier..? Et il y en a douze donc (non, les apôtres n'ont rien à voir), mais plutôt car comme je l'ai dit parce que cette Troménie fut d'abord un nemeton avant d'être le lieu de St Ronan donc: ces stations représentent en fait les 12 mois de l'année celtique. Cette dernière démarre le 1er Novembre moment de passage dans la période sombre et jour de la fête des morts: l'hiver.
Au Congo lors de mon dernier séjour là-bas, on avait assisté aux baptêmes des deux petites filles d'un ami à Dolisie. On pensait en avoir pour une heure de messe à tout casser, mais non !! Cela a duré au moins 3 heures de temps car en fait c'était je ne sais combien de baptêmes qu'il y avait ce jour là plus d'une dizaine au moins, les enfants et leurs parents étant appelés chacun leur tour ! Mais la musique nous avait fait passer le temps plus qu'agréablement, puisque l'orchestre avec guitares électriques, saxo et percussions nous avait joué des cantiques en langue sur des airs de rumba, avec toute l'assistance qui chantait en même temps avec ferveur, à tel point que j'ai failli applaudir à un moment à la fin d'une chanson ! C'était très beau et l'émotion de l'assistance se ressentait. Et tout le monde sapé de ses plus beaux habits, de belles robes colorées en wax, en pagne, ou comme des "sapeurs" très chics pour certains.
J'ai vu d'autres cérémonies plus "traditionnelles" en Afrique, notamment pour purifier des lieux, à peu près semblables au Gabon, Congo et Burundi d'ailleurs, mais là je fatigue.
Je joins une assez ancienne photo, d'une scène du Pardon de Santez Anna ar Palud.
Déconfinez bien mais doucement ;)
Bonjour,
J'ai trouvé beaucoup d'intérêt à "ces choses là " comme tu dis... le "côté sacré" et les "petits rituels"
Malheureusement, ou peut-être heureusement pour d'autres, ces" choses là "disparaitront peu à peu faute de participants... Pour les remplacer il ne subsistera que les beuveries du samedi soir à l'anglo-saxonne !
Il n'y a pas si longtemps j'ai été invité à un baptême civil...( je ne savais pas que ça existait!) Et oui le côté religieux du baptême traditionnel était de trop il fallait bien le modifier.Mais pourquoi donc conserver ce rite dépouillé de tout ce qui lui donnait un intérêt d'exister ( selon moi) ? Mystère.. ". Quelle gueule ça avait en comparaison des fêtes et processions Bretonnes que tu nous décris si bien!
On peut noter que l'eau est souvent voir toujours un élément important dans les anciens cultes, que la religion chrétienne aurait repris.
Tiens j'avais oublié ça...Eh oui dans tous les rites "païens" du monde entier l'eau ( vecteur de pureté et de guérison et lien invisible entre le ciel et la terre) est bien présente avec souvent une source ou une grotte et son serpent ou son dragon qui la protège....Le christianisme a repris ce symbole d'abord avec le baptême...
De nos jours Il reste les cures thermales! Ou la thalassothérapie...ça me fait bien marrer Il y a des milliers de gens qui sont convaincus que c'est la minéralité de l'eau qui possède une valeur curative!! ça fait marcher le commerce...
Chacun ses croyances!
Bonjour Jean-Michel, je ne suis pas sûr de comprendre dans un sens ou dans son contraire ton appréciation du mariage civil. Quand tu dis "quelle gueule ça avait" veux-tu dire que c'était pitoyable par rapport au côté "spirituel" qu'apporte la cérémonie religieuse ou alors qu'il t'a fait vibrer?
Et si tu trouves que ça avait vraiment de la tenue il faut expliciter avec des mots desquels les émotions coulent. Ton expression "quelle gueule cela avait" en elle-même n'exprime rien, sinon éventuellement une absence de vocabulaire, ou pire, mais je ne suis pas là pour être à charge mais pour participer à une discussion qui me passionne.
Oui dans cette discussion initiée par Pondy je trouve un grand intérêt, on voit poindre des émotions et des sentiments, que l'on soit croyant ou non. Malgré quelques petites pointes d'hostilité pas réellement argumentées, j'y vois de beaux témoignages de croyants et de non croyants, d'ailleurs chacun ne se dévoilant pas forcément, mais ce n'est pas là l'important.
Je suis en train de réfléchir à une réponse au dernier message de Pondy que je trouve admirable de syncrétisme.
Luc
Ton expression "quelle gueule cela avait" en elle-même n'exprime rien, sinon éventuellement une absence de vocabulaire, ou pire, mais je ne suis pas là pour être à charge mais pour participer à une discussion qui me passionne.
Une absence de vocabulaire ... Ya un peu de ça oui j'ai pas fait let sup et je ne sais pas bien l'expliquer...
Un élément de comparaison pour toi qui évoquais plus haut ce que tu avais pu ressentir lors d'un rituel du christianisme orthodoxe...Rituels que je connais bien et ce dans une église avec ses vitraux et ses icônes, les habits du pope, l'encens, les décors et mosaïques, les chants et toute la gestuelle symbolique ... etc et à côté de ça un préchi- précha ratiocineur ( ça se dit?) d'un pasteur en costard dans une église style maison "Phénix" dépouillée de ses "images" de ses statues et icônes
Pour moi la cérémonie dans l'église orthodoxe à "de la gueule"( tout comme ce qu'a décrit pondy dans son premier message) et l'autre n'en a pas et me donne envie de piquer un roupillon.
Ce n'est que mon sentiment personnel.
Merci de ta réponse, oui comme tu ne t'en caches pas tu n'éprouves pas la foi, mais c'est vrai que le cadre a son importance pour nous humains, pour moi le premier, mais la foi te fait voir au-delà de ces contingences matérielles, mais je ne reproche en rien de ne pas le ressentir. Et je t'accorde volontiers que certains curés, HELAS, sont plus que "sopo". D'ailleurs depuis que l'abbé Arnaud a été appelé à d'autres fonctions je ne vais plus à la messe. Je suis encore trop attaché à l'aspect superficiel, mais je te rejoins sur les préchi-préchas débilitants, mais heureusement de nombreux prêtres sont d'une autre trempe, et tu ressors de la messe joyeux plein d'espérance, car l'homélie t'a renforcé dans l'idée de surmonter toutes les adversités et surtout de tendre à négliger les biens matériels, et te tourner vers les autres. Certes, pas facile quand on fait un chèque au denier du culte, tu hésites à mettre un troisième zéro et pourtant comme m'a toujours appris mon père "la possession est un enchaînement".
Luc
Merci de ta réponse, oui comme tu ne t'en caches pas tu n'éprouves pas la foi, mais c'est vrai que le cadre a son importance pour nous humains, pour moi le premier, mais la foi te fait voir au-delà de ces contingences matérielles, mais je ne reproche en rien de ne pas le ressentir. Et je t'accorde volontiers que certains curés, HELAS, sont plus que "sopo". D'ailleurs depuis que l'abbé Arnaud a été appelé à d'autres fonctions je ne vais plus à la messe. Je suis encore trop attaché à l'aspect superficiel, mais je te rejoins sur les préchi-préchas débilitants, mais heureusement de nombreux prêtres sont d'une autre trempe, et tu ressors de la messe joyeux plein d'espérance, car l'homélie t'a renforcé dans l'idée de surmonter toutes les adversités et surtout de tendre à négliger les biens matériels, et te tourner vers les autres. Certes, pas facile quand on fait un chèque au denier du culte, tu hésites à mettre un troisième zéro et pourtant comme m'a toujours appris mon père "la possession est un enchaînement".
Disons que je ne mets pas la foi sur un piédestal .Je ne me positionne pas par rapport à elle, Pour ma part la foi n'a pas de valeur intrinsèque même si elle peut être une aide considérable. Dans l'univers spirituel je place la foi au second plan..Je mets au premier plan ce que j'appelle l'expérience "religieuse" ce qui est vécu de l'intérieur, et à l'inverse de toi c'est le rituel le "magique" le mystérieux " qui m'interpelle et me fascine...
Mais au fait, mais c'est pour taquiner, quoique, le baptême outre son côté religieux, d'autant plus s'il n'est pas présent, l'IMPORTANT c'est d'introduire dans leurs responsabilités un parrain et une marraine qui s'engagent à subvenir aux besoin de la baptisée ou du baptisé en cas de défaillance ou de disparition des parents. donc le cadre reste tout à fait secondaire.
Luc
Mais au fait, mais c'est pour taquiner, quoique, le baptême outre son côté religieux, d'autant plus s'il n'est pas présent, l'IMPORTANT c'est d'introduire dans leurs responsabilités un parrain et une marraine qui s'engagent à subvenir aux besoin de la baptisée ou du baptisé en cas de défaillance ou de disparition des parents. donc le cadre reste tout à fait secondaire
Oui c'est tout à fait vrai mais là on n' est plus dans le sacré mais dans le profane.
Une dernière petite remarque, il ne faut pas trop dévier et accaparer la discussion, même si on reste à peu près dans le cadre.
Il n'est pas question de piédestal en parlant de foi, tout simplement elle t'habite et te transcende, tu n'es pas dans le monde des idoles . Comme a dit une intervenante "elle se vit", et j'ajoute elle t'accompagne. Comme je l'ai dit, elle te tombe dessus et s'impose, non parce que tu espères en récupérer quelque chose de matériel.
Luc
Pardon je n'ai pas fini ma phrase, je suis trop pressé, les truites sont aujourd'hui hyper active, ça mouche de partout.
Oui sacré et profane, une parole donnée qui t'engage pour une vingtaine d'années au moins ne doit-elle pas être considérée comme sacrée?
Luc
İzmir'de cami hoparlörlerinden 'Çav Bella' çalınmasına inceleme
Turquie: des mosquées diffusent "Bella Ciao", une enquête ...
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs