Cela fait plusieurs mois que je rêve la nuit que je suis à Montréal, ma ville. Ou bien que je suis avec mon père, sur le lac. Ou que je suis en train de faire n'importe quoi mais avec les gens que j'aime, dans des lieux que j'aime, chez moi, au pays.
Jusque là, ca m'a toujours fait sourire, je me disais que c'était normal.
Tout d'un coup, peut-être à cause de la fatigue, de l'automne, j'ai les blues, le mal du pays, le mal d'être loin. Au point que j'ai même des crises de larmes. Je n'ai pas envie de retourner vivre là-bas, pas encore, j'aime ce que je vis, et j'ai le projet d'aller voir ailleurs à la fin de mon contrat l'an prochain.
Je parle à mes parents et mes amis quand je veux. Sans problèmes de coûts d'appels. Je suis constamment en contact avec eux.
Mais...
Je n'ai pas vu ma famille depuis plus d'un an. Je voudrais juste pouvoir les voir, les serrer dans mes bras. Être avec eux, sentir les odeurs de la maison de mon père, me promener dans la forêt avec lui. Me lever le matin, prendre mon café avec, corder le bois pour l'hiver, prendre nos repas sur sa terrasse avec un verre de bellini. Pouvoir dire un paquet de niaiseries avec ma belle-mère. Être capable de me serrer dans les bras de mon père. C'est ce qui me manque le plus. C'est étrange, je suis si heureuse de vivre tout ce que je vis, et en même temps, je suis triste de ne pas vivre avec ma famille et mes amis, les évènements au quotidien.
Mon voyage pour aller voir ma famille est seulement en juillet prochain. Je me demande bien comment je vais faire pour tenir jusque là. C'est fou comme ils me manquent. Ca fait vraiment mal, physiquement. Quand je vois des images de montréal, je me sens étourdie, j'ai le coeur qui pompe à toute vitesse.
Quand je dis à mon père que je m'ennuie, il me dis de revenir. Et ca me fait plus mal encore, je me sens déchirée entre être contente de vivre ce que je vis ici, et le besoin vicéral de voir ma famille. Je sais bien que ce n'est pas facile pour ma famille non plus. Ils ne comprennent pas pourquoi je suis partie au loin.
Pourquoi je vous raconte cela? Je ne sais pas. j'ai besoin d'en parler. J'espère que je vais arriver à surmonter ces émotions là, et être capable de tenir jusqu'en juillet.
Nil, la fi-fille à son papa
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