MADA : Épisode 6
Bonjour tout le monde,
Après le Nord Ouest, me voilà sur la côte de la vanille, c'est à dire, la côte Nord Est :Vohémar, Sambava et Antalaha.
Trajet Diègo – Vohémar :
Encore un parcours qui sort de l'ordinaire, une galère gigantesque, indescriptible, dû toujours à l'état du véhicule, et à l'état de la piste, que je vais tenter de vous narrer.
Départ de Diègo vers 17h dans un 4x4 bâché (voir photo 1) pour Ambilobé (130 km). Aucun problème, c'est du goudron tout le long. 20h arrêt repas dans un hotely, riz-poulet-sauce avec une THB (bière malgache). Donc un aperçu, 3h pour faire 130 km.
C'est là que les soucis commencent, problème d'éclairage, donc pas facile en pleine nuit pour conduire sur la piste, une vraie piste avec des trous et des ornières. Départ vers 22h pour un trajet de 162 km. Quelques craquements se font entendre, c'est le pont arrière qui commence à rendre l'âme. Celui qui sert pour passer en mode 4x4. Ici débute la galère, étant donné l'état de la piste, et l'impossibilité d'utiliser le mode 4x4, certains passages se font à l'arrache. Plusieurs essais pour franchir des montées, des rivières etc. La vitesse s'en ressent. Vers 5h, à l'aube, le pont rend l'âme, dans notre malheur, cela se passe à la hauteur d'un village. Je prends un petit déjeuner, une tasse de café et quelques beignets de farine tout gras (voir photo). Pendant ce temps là, le chauffeur attaque le démontage du pont arrière, son idée est d'intervertir celui avant avec celui de l'arrière, bien sur avec des outils du bord (voir les photos). Vers 11h, voyant que ce n'est pas encore finit, et loin de l'être, les voyageurs décident de voir s'il est possible de manger dans le village, et c'est là que l'on se rend compte de ce que veut dire le mot hospitalité. Aucun problème, deux poulets à tuer, du riz, quelques bananes et mandarines et cela fera l'affaire.
Je commence à m'interroger, va t on pouvoir repartir ? J'ai beau questionner le chauffeur mécanicien sur nos chances de repartir et surtout d'arriver. Nous n'avons roulé que 50 km. Nous avons effectué ces 50 km en 7h. Il en reste encore 110. Bien sur pas de réponse précise, c'est toujours comme cela dans le pays du mora-mora (l'équivalent de doucement le matin et pas trop vite l'après-midi, de nos amis Suisses !!!)
J'aperçois un bus 4x4 qui arrive, je lui fais signe de s'arrêter afin de savoir s'il y a de la place. OK il y a de la place, quelques minutes de négociation pour connaître le tarif. Nous tombons d'accord, je décharge moi-même mon sac à dos, le chauffeur est trop occupé à batailler avec ses 2 ponts. Mes autres compagnons en sourit, de voir un vahaza se débrouiller tout seul. Mais je suis pas un vahaza comme les autres, je suis un zanatan (je suis né sur la Grande Ile). Un malgache profite de l'aubaine et m'accompagne.
Pendant 80 km, pas de problème particulier, bien sur quelques passages difficiles, mais rien d'insurmontable, la piste est sèche. Reste, alors, 30 km, et là, la galère commence dû à l'état de la piste. Il avait plu quelques jours auparavant. Boue, ornières, rivières à passer. Une heure pour faire 5 km. Beaucoup de camions embourbés. Attendre qu'ils passent, c'est à chacun son tour. Enfin nous arrivons à 21h à Vohémar, le début de la côte de la vanille. Nous avons mis 23h pour 160 km. Je vous laisse calculer la moyenne. Heureusement qu'à la saison des pluies, cette piste est fermée.
Côte de la vanille : Vohémar – Sambava - Antalaha
Après cette aventure, le voyage me semble facile et simple. Bungalows au bord de l'Océan Indien.
Température de l'eau plus fraiche que celle du Canal du Mozambique. Des marées, des vagues, assez difficile pour se baigner. De plus la météo se détraque, il pleut un petit peu tous les jours, un peu comme en Normandie, la végétation est verte et luxuriante.
Cette région est un peu isolée, difficile d'accessible par le nord comme par le sud. Juste quelques avions, pratiquement pas de bateau qui prenne des passagers, il n'y a que la fameuse piste pour en sortir en véhicule.
Le texte suivant n'est pas de moi, mais j'avais envie de le recopier afin de vous faire connaître la vanille.
La vanille, une orchidée qui vaut de l'or, on l'appelle l'or brun. Madagascar est le premier producteur de vanille. Amenée sur cette côte par des Réunionnais en provenance du Mexique au XIXème siècle. Le climat chaud et humide est propice à cette culture.
Par opposition au Mexique, ici il n'y a pas de pollinisateurs naturels dans la région, c'est à dire pas d'insecte comme nos abeilles pour que les fleurs donnent des fruits sur nos arbres fruitiers. Ici, la pollinisation est donc effectuée à la main. Un sacré travail. De plus, les planteurs impriment leur marque sur les gousses.
Le vanillier donne des fleurs jaunes et des gousses pouvant atteindre 20 cm. Une fois cueillies, les gousses vertes sont trempées dans de l'eau chaude, séchées au soleil et enveloppées dans des couvertures afin de les faire transpirer. Elles fermentent et passent du vert à un brun presque noir. Une couche de givre se forme alors et cristallise tout l'arôme de la vanille en provenance des milliers de graines renfermées par la précieuse orchidée.
Voilà, l'épisode 6 est fini.
La semaine prochaine, vous aurez mes conclusions sur mon voyage et sur ce très beau pays qu'est Madagascar.
Daniel
Description des photos :
Photo 1 : le 4x4 bâché
Photo 2 : problème d'éclairage
Photo 3 : votre serviteur au petit déjeuner
Photo 4 : mécanique 1
Photo 5 : mécanique 2
Photo 6 : bus 4x4
Photo 7 : camion
Photo 8 : obstacle
Photo 9 : état de la piste
Daniel - Hédoniste
"Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre"
Gandhi