Travailler en Thaïlande : ce qu’il faut savoir
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Comment obtenir un permis de travail ?
Le permis de travail est délivré par le Ministère du Travail, dans un délai de trois semaines après la demande, aux étrangers possédant déjà un « business visa » et gagnant au moins 50 000 Bahts (1100 euros) par mois. Cependant, certaines personnes sont exemptes de permis de travail comme celles, entre autres, dont l’activité ou la mission se fait au bénéfice de l’éducation, de la culture, des arts ou des sports thaïlandais. Pour l’obtention d’un permis de travail, il faut fournir les photocopies du passeport, de la carte d’entrée en Thaïlande et des diplômes du demandeur, une lettre de l’employeur qui sert d’attestation et qui doit justifier le non recrutement d’un Thaïlandais, un certificat médical, et 2 photos d’identité.
Les entreprises qui désirent faire une demande de permis de travail doivent remplir au moins l’une de ces conditions :
avoir un capital social libéré de 2 millions de Bahts et employer 4 salariés thaïlandais (un permis de travail est délivré par tranche de capital de 2 millions de Bahts et de 4 salariés thaïlandais)
être implanté en Thaïlande depuis au moins 3 ans et payer annuellement au moins 5 millions de Bahts d’impôt sur les sociétés au cours des trois dernières années (un permis de travail est délivré par tranche de 5 millions de Bahts d’impôt)
générer, par des activités d’exportation, au moins 3 millions de Bahts par an d’entrée en devise (un permis de travail est délivré par tranche de 3 millions de Bahts générée)
Il est à noter qu’une entreprise ne peut avoir plus de 10 permis de travail, donc employer plus de 10 étrangers, sauf dans le troisième cas où elle ne peut en avoir que 3 ; tout en respectant la proportion un étranger pour 4 Thaïlandais. Le coût du permis de travail, de 3 000 à 7 000 Bahts (65 à 150 euros) selon sa durée (un an maximum), est pris en charge par l’employeur.
Des professions interdites aux étrangers
L’"Alien Employment Act" (Loi sur l’Emploi des Etrangers) établit une liste de 39 professions interdites aux étrangers : médecin, secrétaire, architecte, comptable, guide touristique, coiffeur etc. « Un avocat ne sera pas embauché comme avocat mais comme expert marketing par exemple, et un architecte seulement comme responsable de cabinet », précise Laurence Ricca, responsable du service emploi de la Chambre de Commerce Franco-Thaïe. La liste complète des professions interdites en Thaïlande est consultable sur le site du Board of Investment de Thaïlande : www.boi.go.th/french/how/legal_issu....
« Un autre frein au recrutement des étrangers et plus particulièrement des jeunes diplômés est l’obligation pour l’employeur de rémunérer le salarié étranger un minimum de 50 000 Bahts par mois (environ 1000 euros). Cette rémunération correspond sur le marché local à des profils thaïs pouvant occuper certains postes de management. A titre de comparaison, un jeune diplômé (bac+5) thaï sera embauché à environ 20 000 Bahts, la rémunération moyenne d’une secrétaire est de 15 000 Bahts… L’écart de rémunération entre un Français et un Thaïlandais est donc énorme », explique Laurence Ricca.
Le marché de l’emploi
La situation actuelle du marché de l’emploi en Thaïlande n’est pas excellente. « Avec un taux de chômage estimé à moins de 2 % au cours des années précédentes, atteignant parfois 1,4 %, la Thaïlande bénéficiait d’une situation de quasi plein emploi. Ceci dit, ces chiffres sont à prendre avec précaution car les données sont difficilement vérifiables et la nature des emplois n’est pas connue. La crise intérieure de ces derniers mois ainsi que la crise mondiale risquent de modifier sérieusement pour 2009 les chiffres officiels du chômage. Dans l’industrie manufacturière où il y a aujourd’hui environ 400 à 500 000 chômeurs, les experts prévoient des licenciements avoisinant le million de salariés. Dans le secteur du tourisme, la baisse de fréquentation, due à la crise politique et au blocage des aéroports, a conduit à des licenciements massifs, qui concernaient toutefois des emplois de type saisonnier. Les prévisions 2009 sont plutôt pessimistes dans ce secteur. En ce moment, la situation est donc extrêmement tendue. Toutefois les secteurs qui marchent sont ceux tournés vers l’export, la production automobile, l’électricité et l’électronique, l’agroalimentaire, la bijouterie, mais aucun secteur n’arrive réellement en tête devant les autres », analyse Laurence Ricca.
On recherche des profils compétents
Les entreprises, qu’elles soient étrangères ou thaïlandaises, sont principalement à la recherche d’un certain niveau de compétence : « le marché de l’emploi en Thaïlande est un marché fermé, mais qui a paradoxalement besoin de compétences et d’expertise. Ces besoins semblent exister dans les entreprises internationales qui ont des difficultés à recruter les niveaux de compétences souhaitées et qui doivent également faire face à la volatilité des salariés. Les Thaïlandais changent très fréquemment d’emploi, sachant que jusqu’à maintenant en Thaïlande l’offre était supérieure à la demande. Il est dans la pratique “d’aller au plus offrant”. Mais ceci risque d’être moins vrai cette année si la situation de crise économique perdure. Il y aurait également besoin de profils hautement qualifiés dans les entreprises thaïlandaises afin de leur permettre de monter en compétences. Nous voyons clairement depuis le début d’année que l’administration thaïlandaise est très attentive à chaque demande de permis de travail et que les demandes doivent être très motivées », commente Laurence Ricca. Elle ajoute que l’un des principaux critères de recrutement est le réseau : « les contacts personnels et professionnels sont extrêmement importants, parce que c’est quelqu’un que l’on connaît qui fait circuler notre profil. On va souvent être présenté par quelqu’un d’important dans l’entreprise. Sinon, le critère de recrutement dépend du métier. Par exemple, dans le marketing et les finances, ce qui est recherché ce sont les qualifications universitaires ou de grandes écoles. Il faut mettre en avant la valeur ajoutée, l’expertise que l’on peut apporter, quel que soit le métier. » Les Français peuvent parfois être face à un problème de reconnaissance des diplômes lorsqu’ils postulent dans des entreprises internationales : « les recruteurs ne reconnaissent pas les formations françaises. Lorsque nous recevons un CV d’une personne qui a été dans une grande école, nous, nous savons ce que son profil vaut, alors qu’un anglo-saxon ne sait pas à quoi cela correspond. » Il est donc conseillé de traduire ses diplômes, c’est-à-dire de donner l’équivalence de son diplôme dans le pays d’origine de l’entreprise.
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