Bonjour Rabahoz,
Je n'ai pas d' expérience suffisamment longue dans la durée pour te faire partager un ressenti pertinent.
Cependant, je réagis au message de Kola qui cite : "Lorsque la nostalgie du retour à la source devient irrésistible..."Sans me lancer dans un hors sujet flagrant, l'expression "retour à la source" est très profonde et aussi très significative de ton interrogation.
Je m'intéresse à l'eau, dont on ne connaît hélas! que très, très peu de choses (cf le très bon film Water). C'est un des rares éléments commun à TOUS les êtres vivants, y compris les végétaux donc. Rappelons aussi que l'homme est composé de 80% à 85% d'eau. Quand l'enfant naît, il quitte un environnement utérin d' eau dans lequel il a séjourné plusieurs mois, pour apparaître sur terre. Aux temps préhistoriques et jusqu'à pas si longtemps de cela, voire même encore dans certaines régions isolées du globe, la femme enceinte accouchait quasi à même le sol ; le liquide amniotique s'écoulant alors sur/dans la terre pour rejoindre l'eau présente à cet endroit dans le sol. L'endroit de la naissance conserve la "mémoire" de cet évènement, car on est indéfectiblement lié à l'eau du lieu où on naît. Du reste les sages chinois taoïstes préconisaient de ne jamais s'éloigner du territoire déterminé par la ligne d'horizon vue du lieu de la naissance d'un être humain, et recommandaient de ne consommer que l'eau et les végétaux présents dans cette surface !
Tout cela pour dire que l'expression "retour à la source" est particulièrement explicite ... en un sens. D'un autre point de vue (que l'on pourrait qualifier d'irrationnel), cela pourrait expliquer ce sentiment diffus et indéfinissable, mais néanmoins profond du "manque" que l'on ressent quand on s'éloigne longtemps de son pays/région/ville/village !
A l'évidence, il y a le manque concret (amis, famille, lieux familiers, parfums, cuisine, etc...). Mais je suis convaincu qu'il y a aussi ce manque plus abstrait et très subtil qui relève de ces autres mystères de la nature que sont aussi, par exemple, la migration des saumons vers leur lieu de naissance ou celle des anguilles vers la mer des Sargasses pour la même raison.
Car, qu'il le veuille ou non, l'homme est aussi et sans doute pour longtemps encore un élément de la Nature.
" Le voyage est un retour vers l'essentiel"
(Proverbe tibétain)
"La beauté réside dans l'oeil de celui qui regarde."
(Shoshitsu Sen)