Norvège, Finlande, Suède... au nord du cercle polaire

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Après 2 fabuleux voyages en été ( 2014 et 2016), nous sommes retournés dans le nord de la Norvège une semaine en mars 2018 avec comme base la ville de Tromsø. Nous avons rayonné en voiture en profitant des activités hivernales et du spectacle des aurores boréales.

Le récit de ce voyage hivernal est à découvrir ici :

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagestromsoe/

Le récit du voyage estival de 2014 est à découvrir là :

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagesnorvege/

Et celui de 2016 est ici :

sites.google.com/...xvoyagesscandinavie/ Bonne découverte !



============================================================================= Fjords et glaciers, colonies d'oiseaux, rennes en troupeaux, trolls de pierre, lacs et rivières, monts et tunturis, voici pêle-mêle quelques souvenirs d'un séjour en Scandinavie qui a mieux commencé qu'il n'a fini [;)]. Voyage d'un mois en camping-car entre Norvège, Finlande et Suède.

Présentation

En 2014, la Norvège avec ses fjords profonds, ses glaciers étincelants, ses innombrables lacs et ses chapelets d'îles nous avait conquis. Sans parler de la lumière arctique absolument magique !

Nous avions par conséquent hâte d'y retourner cet été (2016) afin de compléter notre connaissance du pays et de profiter à nouveau de l'ambiance très particulière du soleil de minuit.

Parmi tous nos coups de cœur la fois précédente, les îles Lofoten figuraient en première position et bien qu'y ayant passé sept jours, nous étions persuadés de ne pas avoir exploré toutes leurs ressources. C'est donc très naturellement que nous remettons cette destination en tête de liste pour ce deuxième voyage.

A partir de ce premier élément, l'orientation du voyage se met en place. En complément des îles Lofoten, nos choix se portent vers d'autres contrées du nord, voire de l'extrême nord de la Norvège et des régions limitrophes.

Nous imaginons une boucle au départ de Tromsø passant par les péninsules du cap Nord, de Nordkinn et de Varanger. Une fois arrivés aux confins nord-est du pays, nous comptons traverser la frontière pour passer quelques jours en Finlande puis en Suède avant de retrouver la Norvège à hauteur de Narvik. Pour finir, la dernière partie du circuit sera consacrée aux îles Lofoten, Vesteralen, Senja et Kvaløya avant de refermer la boucle à Tromsø.

Restait à déterminer le mode de déplacement. En 2014, nous avions adoré la liberté que nous avait procurée le camping-car et souhaitions renouveler l'expérience. Mais allions-nous à nouveau louer le véhicule en Allemagne et faire par la route le long trajet jusque dans le grand Nord ? Après réflexion, nous décidons de rejoindre Tromsø en avion et de louer un camping-car localement. Nous faisons affaire avec le loueur norvégien Compassbobiler.

Tout est alors calé. Départ le 9 juin 2016, retour le 11 juillet. Distance totale estimée à 5 000 kilomètres maximum, soit moitié moins que lors notre voyage précédent. Nous aurons donc largement le temps de randonner et de pêcher, bref de profiter !

Nous resterons en permanence au nord du cercle polaire, ce qui signifie… soleil de minuit assuré ! Quant à la météo, nous espérons qu'elle sera aussi belle qu'il y a deux ans.

En attendant, nous prenons plaisir à observer le cap Nord sans quitter notre fauteuil grâce aux images de la webcam ;-)

Notre parcours

Arrivée à Tromsø, première étape vers les Alpes de Lyngen

J1 : Jeudi 9 juin 2016

En avion, Oslo n'est qu'à deux heures quinze de Paris et Tromsø à moins de deux heures d'Oslo. Mais en choisissant des vols au meilleur prix, nous nous infligeons une très longue journée de voyage avec une escale de 5 heures et demie à Oslo.

Une durée qui va encore s'allonger d'une heure en raison d'un retard de l'avion pour Tromsø.

Bref, au lieu de 23 h 45, il sera presque une heure du matin à notre arrivée dans le grand Nord. Mais heureusement sous ces latitudes à cette époque de l'année il fait jour toute la nuit. C'est donc les yeux rivés sur les sommets enneigés brillant au soleil que nous rejoignons le centre-ville de Tromsø en taxi pour une courte nuit bien méritée au Scandic Ishavhotel.

J2 : Vendredi 10 juin 2016

A dix heures nous avons rendez-vous avec Olav qui doit nous livrer notre camping-car. C'est alors seulement que débutera véritablement notre aventure dans le grand Nord.

Cela nous laisse le temps de prendre un petit déjeuner gargantuesque puis de faire un petit tour sur les quais, histoire de découvrir notre hôtel dans son environnement immédiat.

Mais il vaut mieux être bien couvert, dehors le temps est plutôt frisquet. Dix degrés seulement et un ciel couvert pour l'instant. Mais patience, ça devrait s'améliorer.

Reconnaissable à sa haute flèche semblable à un mât de bateau, l'hôtel Scandic se dresse fièrement en bordure de fjord.

Tout le long du quai sont alignées des maisons en bois aux façades colorées qui nous rappellent un peu celles de Bergen ou de Trondheim.

Sur la rive opposée, on aperçoit la silhouette moderne de la cathédrale.

Devant le musée polaire, des "outils" nous laissent perplexes. Ces harpons explosifs ne laissaient aucune chance aux baleines :-(

Il est l'heure d'interrompre notre balade afin de revenir à l'hôtel, le loueur ne va pas tarder.

Un peu après 10 heures, il nous amène le camping-car que nous avons réservé.

Il s'agit d'un fourgon aménagé Challenger Vany 03, monté sur un châssis Fiat Ducato, de moins de 6 mètres, tout neuf, 3 500 km au compteur. Nous en serons les premiers utilisateurs. Il ressemble beaucoup au Pössl que nous avions loué en Allemagne en 2014. Néanmoins, dès le premier coup d'œil à l'intérieur, nous réalisons qu'il est beaucoup moins fonctionnel côté rangement. Pour l'instant, nous mettons nos sacs en vrac à l'arrière en nous demandant comment faire tenir toutes nos affaires dans un aussi petit espace.

Après avoir passé en revue le fonctionnement du camion et rempli tous les documents, nous sommes prêts à quitter Tromsø en fin de matinée, enfin pas tout à fait encore, car il reste à faire les courses. Un supermarché Coop à la sortie de la ville fait notre affaire. Après avoir erré d'un rayon à l'autre et failli prendre du pâté de foie de morue à la place du thon en boîte, nous finissons par trouver de quoi remplir frigo et placards.

Il est maintenant un peu plus de 12 h 30, nous voilà partis pour de bon.

Entre-temps, le ciel s'est dégagé, laissant place à un beau soleil qui fait grimper le thermomètre jusqu'à 14 degrés.

Direction, la péninsule de Lyngen à l'est de Tromso et plus particulièrement son extrémité nord-ouest, où nous avons prévu la première randonnée du séjour, vers le phare de Lyngstuva.

La destination est à 100 kilomètres mais à mi-route, nous devons prendre un ferry pour traverser l'Ullsfjord entre Brevikeidet et Svensby. Le prochain départ est à 13 h 15, mais à force de nous arrêter à tout bout de champ, nous finissons par le louper.

C'est la faute aux paysages (ces forêts de bouleaux d'où dépassent des sommets saupoudrés de neige) pour lesquels nous multiplions les arrêts.

Nous sommes quittes pour attendre le suivant à 14 h 15, une courte attente mise à profit pour commencer le rangement.

Pendant la traversée de 20 minutes, nous avons tout loisir de contempler tranquillement l'enfilade de sommets laissés derrière nous. La neige est encore bien présente.

En débarquant à Svensby, nous partons vers le nord. Vers 16 heures, nous atteignons enfin Russelv. Quand la route se termine en cul-de-sac, nous continuons à pied sur un large chemin en bord de mer puis sur une petite sente qui nous fait prendre un peu hauteur.

Une table bien placée nous invite déjà à une pause en terrasse avec une magnifique vue sur l'océan et les îles.

Au passage, je signe le livre d'or contenu dans cette jolie boîte aux lettres placée devant une maison en ruines mais surtout devant un panorama d'exception.

Sommes-nous arrivés ? Non pas encore ! D'ailleurs avant de découvrir le phare, notre regard tombe sur ces carcasses de bateaux au pied de la falaise, signes qu'ici les tempêtes sont terribles.

Allez, encore un dernier effort, le phare est maintenant à nos pieds et juste à côté, une petite cabane dans laquelle on peut passer la nuit.

Sur le trajet du retour, nous nous offrons un petit détour vers un point de vue dominant le phare, un beau belvédère qui permet de prendre toute la mesure de ce merveilleux bout du monde.

Il n'y a plus qu'à descendre de la colline et à retrouver notre Vany, stationné dans la baie de Russelv.

Une très belle randonnée : 7 kilomètres en 3 heures avec les pauses et les différents détours (sinon 2 heures en aller retour), facile pour une première journée. Une excellente mise en jambe avant un itinéraire un peu plus consistant demain.

En attendant il ne reste plus qu'à trouver un lieu de bivouac pour ce soir. J'avais repéré un petit coin en retrait de la route, au sud de Sør -Lenangen. Il faut donc revenir de 25 kilomètres sur nos pas. L'endroit nous convient, c'est parfait.

Entre la préparation du dîner et le rangement des affaires, la soirée passe à toute vitesse. Nous installons les caches à ventouses sur le pare-brise (beaucoup moins performants que les volets en accordéon qu'il suffisait de déployer sur le Pössl) et tirons les rideaux pour une première nuit à bord.

Distance parcourue dans la journée : 125 kilomètres.

Phare de Lyngstuva

Du glacier de Steindalen (Lyngen) au sommet de Vardhaugen (Kågen)

J3 : Samedi 11 juin 2016

Ce matin, le ciel est partagé entre nuages et éclaircies et le thermomètre affiche 11 degrés, un peu comme hier, quoi !

Nous comptons poursuivre aujourd'hui la découverte de la péninsule de Lyngen, plus particulièrement la vallée de Steindalen au fond de laquelle se trouve le glacier Steindalsbreen. Situé à 460 mètres d'altitude, on peut l'atteindre à l'issue d'une randonnée de 5 à 6 heures.

Nous avons par conséquent un peu de route à faire ce matin pour rejoindre Steindalen, dans la partie sud-est de la péninsule, après le hameau de Furuflaten.

Peu de circulation en ce samedi matin. Pourtant en arrivant il y déjà plusieurs voitures sur le parking, notamment un minibus immatriculé dans la région lyonnaise dont viennent de descendre une dizaine de randonneurs déjà sur le départ à l'instant où nous nous garons.

Le temps de tout préparer, il est 10 h 30 quand nous nous élançons sous un soleil de plus en plus généreux. Chic !

Nous suivons tout d'abord un large chemin qui va finir par se rétrécir pour grimper raide dans la forêt.

Il nous faut plus d'une heure pour arriver à Steindalshytta, perchée à 260 mètres d'altitude, un endroit parfait pour reprendre des forces.

Devant la cabine (qu'on peut d'ailleurs louer) nous retrouvons notre groupe de Français en train de pique-niquer. Ils participent à un voyage organisé par l'agence 66° Nord. Nous profitons de leur présence pour nous faire tirer le portrait.

Il est midi. Après nous être sustentés, nous sommes déjà prêts à poursuivre, alors que le groupe est toujours attablé.

Après avoir traversé un petit pont de bois, nous longeons le torrent et accélérons le pas sur un terrain maintenant beaucoup plus plat et sans difficulté.

Dix minutes plus tard, nous atteignons le point de vue sur cette belle vallée en V. On commence à apercevoir le glacier au fond.

Mais pour y arriver, il faut encore gravir une crête et passer toute une zone de moraine caillouteuse sur laquelle on a l'impression de ne pas avancer.

Heureusement la vue est à la hauteur de nos efforts. En nous retournant, quel panorama !

A intervalle régulier, des pancartes nous indiquent que le glacier était beaucoup plus étendu il y a encore quelques années.

Cinq minutes plus tard (13 h 15) nous atteignons enfin le bord du lac glaciaire dans lequel dégringole le glacier actuel. Tout simplement grandiose !

Nous profitons de ces quelques instants en solitaire avant de voir arriver nos premiers poursuivants que nous mettons à contribution une nouvelle fois pour nous prendre en photo.

A 15 heures nous sommes de retour à la cabine de Steindalshytta et 50 minutes plus tard, au parking.

Bilan : une magnifique randonnée (9,2 kilomètres en 5 heures et demie avec 460 mètres de dénivelé). Très beau temps, certes pas très chaud (entre 10 et 14 degrés) mais quand on marche, c'est idéal. Du vent à proximité du glacier.

Ce beau temps va nous accompagner tout au long de la soirée.

Après la randonnée, nous poursuivons notre route jusqu'à Skibotn sur la rive opposée du Storfjord, presqu'en face de Steindalen.

Nous posons le Vany en bordure d'une réserve naturelle, près de l'embouchure de la rivière Skibotnelva, face aux montagnes.

Il fait si beau que nous déployons nos chaises pliantes et assistons, attendris, au manège des huitriers-pies qui s'affolent pour leurs poussins à chaque passage de promeneurs.

Soirée paisible. Le soleil a sûrement brillé une partie de la nuit mais, avec presque 10 kilomètres dans les jambes, nous n'avons pas la force de veiller si tard. Dodo de bonne heure.

Distance parcourue dans la journée : 116 kilomètres.

Vallée de Steindalen J4 : Dimanche 12 juin 2016

Qui dit dodo de bonne heure dit réveil de bonne heure. A 3 heures du matin, plus moyen de fermer l'œil. Une heure plus tard, nous levons le camp.

Dehors il fait 6 degrés (brr!) et comme les jours précédents nuages et éclaircies cohabitent. Quel est le programme aujourd'hui ? Ce qui est sûr, c'est que nous souhaitons rallier l'île de Kågen où nous avons sélectionné deux randonnées.

Pour l'une, il faut compter 7 heures de marche pour un dénivelé de 800 mètres, ouille. Il faut surtout être assurés d'avoir du très beau temps, ce qui aujourd'hui n'est pas garanti. L'autre est plus courte (3 heures) donc plus accessible.

Commençons par faire le trajet jusqu'à destination, ensuite nous ferons un point météo le moment venu.

Comme la E 6 fait tout le tour du Kafjord, nous en avons pour près de 120 kilomètres, alors que si on pouvait éviter ce long fjord, on gagnerait un tiers sur le parcours.

Heureusement les paysages sont de toute beauté tout au long du trajet. Vue sur les Alpes de Lyngen qui, tels des pains de sucre, émergent du fjord.

L'île de Kågen est reliée au continent par un tunnel. A sa sortie, il faut prendre une décision afin de nous diriger en conséquence vers le point de départ de la randonnée retenue.

Nous préférons jouer la prudence (le temps n'est pas au beau fixe) et optons pour la plus courte. Elle part du petit village de Maursund où nous arrivons à 6 h 30 avec une envie irrépressible de dormir.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le camping-car est très pratique pour ça.

9 h 30, il est temps de mettre un terme à notre petit somme.

Le ciel est voilé mais nous devrions disposer d'une fenêtre météo suffisante pour mener à bien notre randonnée.

A 10 heures, nous attaquons la montée le long d'un torrent dans une forêt de bouleaux nains. Nous suivons une trace GPS issue du site Internet ut.no. Heureusement, parce que la sente est à peine visible dans l'herbe haute.

Elle disparaît d'ailleurs complètement en débouchant sur un plateau où nous nous déplaçons à vue dans une toundra roussie gorgée d'eau et parcourue de petits ruisseaux qu'il faut enjamber à de nombreuses reprises. Vous remarquerez qu'il n'y a plus d'arbres à cette altitude.

La trace GPS conduit en principe au pied du cirque glaciaire qu'on aperçoit au fond de la vallée. Comme il n'a pas l'air de présenter un intérêt majeur, nous décidons de le zapper et de rejoindre directement le sommet de Vardhaugen.

Bonne intuition, car à près de 300 mètres d'altitude, la vue sur le détroit est incomparable. Ma mine réjouie le confirme !

La descente (et la montée si on monte par là) a le mérite d'être balisée, il suffit donc de suivre les marques jaunes pour retourner au bord du fjord.

Fin de la randonnée vers 12 h 30.

Après le déjeuner pris dans le camping-car, Hervé propose de nous rapprocher du point de départ de l'autre randonnée (celle qu'on avait écartée) pour éventuellement en parcourir le début si le temps se maintient.

Mais le ciel s'assombrit de plus en plus de sorte qu'en arrivant sur place il est exclus de randonner.

En revanche, dans les alentours, le pont de Skervøy a l'air d'être un lieu idéal pour la pêche. C'est l'occasion pour Hervé d'inaugurer sa canne à pêche pliante, achetée exprès pour ce voyage.

A peine la ligne jetée, déjà une prise. Deuxième essai… encore une ! La suivante… une de plus ! Et ainsi de suite. Bref, en cinq minutes, Hervé réalise une pêche miraculeuse qu'il finit par interrompre de peur de vider l'océan ;-)

Six beaux cabillauds ont mordu à l'hameçon ainsi que plusieurs poissons plus petits qui feront la joie des oiseaux. Le menu du dîner est tout trouvé.

Mais avant de consommer ces prises, il va falloir les vider et les découper. Sur l'aire de repos sous le pont, quelques pêcheurs également camping-caristes sont déjà à l'ouvrage. Des planches en bois sont d'ailleurs à la disposition du public à cet effet.

Sur les conseils d'une Alsacienne très douée, notre pêcheur s'essaie à la découpe en filets. Certes il n'a pas la dextérité (ni les outils adéquats) de l'Alsacienne, mais il ne se débrouille pas trop mal. Il aura d'ailleurs l'occasion de parfaire sa technique au cours du voyage.

Nous aurions pu rester garés sous ce pont pour la nuit mais comme il se met à pleuvoir, nous décidons de rouler encore un peu pour nous rapprocher d'Alta et gagner du temps pour demain.

Nous revenons alors sur la route E6 et la suivons en direction de l'ouest. La E6 est un axe majeur en Norvège, elle relie le sud au nord. Nous avons eu l'occasion de l'emprunter dans le sud et le centre du pays en 2014. Ce n'est pas pour autant une autoroute même si des travaux sont en cours pour l'élargir. Elle est même carrément étroite par endroits.

C'est le cas sur ce pont sur lequel je m'engage en même temps qu'un car de tourisme qui arrive en sens inverse. Au milieu du pont, j'ai peur qu'on ne puisse pas se croiser, je donne un coup de frein et un coup de volant à droite, trop à droite. Bang, je touche le parapet. Bilan : une petite éraflure sur le pare-choc avant droit et un enjoliveur en moins. Espérons que le loueur ne sera pas trop regardant !

Bon, assez pour aujourd'hui, vivement qu'on se pose. J'avais repéré une petite église en bord de fjord, à l'écart de l'E6, sur la Rv882, à Langsfjordbotn. L'endroit est sympa, on ne bouge plus !

Distance parcourue dans la journée : 283 kilomètres.

Vue du sommet de Vardhaugen

Du canyon d'Alta au cap Nord (ou presque !)

J5 : Lundi 13 juin 2016

A 4 h 30, Hervé se lève, prend son petit déjeuner, sort faire un tour mais à son retour, je l'oblige à se recoucher. Il n'est pas question de partir comme hier aux aurores.

Vers 8 heures, je donne le feu vert pour nous lever et une demi-heure plus tard pour nous mettre en route.

Côté météo, nous sommes abonnés aux 11 degrés. Côté ciel, de petites averses et de belles éclaircies alternent tout au long du trajet jusqu'à Alta à 80 kilomètres.

Qu'y a-t-il de particulier à voir à Alta ? La ville est surtout réputée pour son site de peintures rupestres, classé au Patrimoine mondial. Elle est aussi connue pour son canyon, mais celui-ci demande un peu plus d'efforts pour l'atteindre : 5 à 6 heures de marche sont nécessaires pour s'en approcher. Bah, ça ne nous fait pas peur. Après en avoir vu des images dans le film "Le secret du Ragnarok", nous avons hâte de le voir en vrai.

Pour ce faire, à l'entrée d'Alta, nous prenons la direction de Kautokeino (Rv93) et 8 kilomètres plus au sud, tournons à gauche sur une petite route secondaire, asphaltée jusqu'à Gargia Fjellstue (auberge avec différents hébergements). On peut se garer à cet endroit, dans ce cas le canyon est distant de 22 km AR. Mais en poursuivant sur une piste gravillonnée jusqu'à un deuxième parking, on gagne 9 kilomètres AR. C'est bon à prendre et la piste ne pose pas de problème, pas même pour un camping-car.

A 10 h 30, hop, derniers préparatifs avant de verrouiller le fourgon.

Vue à 360 degrés sur les dômes rocheux environnants et sur les massifs plus lointains encore tout zébrés de neige.

Le parking est ici à 400 mètres d'altitude, le point culminant du parcours à 476 mètres et le point de vue sur le canyon à 430 mètres. Le dénivelé est par conséquent minime. Les seules difficultés du parcours sont liées à la distance (14 km) mais surtout à la qualité du terrain : plusieurs passages en milieu humide et trois traversées de rivière sont prévus. Hum, nous sommes curieux de voir comment cela va se passer. Le chemin est balisé par des marques rouges.

Les premiers passages sur sol spongieux se font sur des caillebotis, trop facile ! Si c'est le cas jusqu'au bout, il n'y a pas à s'en faire.

Mais c'est trop beau pour durer. En effet, nos chaussures ne restent pas sèches bien longtemps. Pour progresser, il faut régulièrement patauger dans des zones inondées et/ou faire des détours pour les contourner autant que possible.

Quant aux rivières, quelques pierres bien placées permettent de passer la première sans trop de difficulté. La troisième et dernière est la moins large et la moins profonde, donc la plus facile à traverser.

C'est la deuxième rivière qui va nous donner le plus de mal et pas seulement à nous. Entre-temps, on s'est fait rattraper par deux autres couples, l'un suisse, l'autre allemand. Chacun essaie de trouver sa solution, en amont, en aval, mais en vain. La Cahppesjohka est trop profonde et trop large pour espérer la franchir en quelques enjambées. Allons-nous devoir faire demi-tour ?

C'est finalement Hervé qui trouve la solution. A cette période de l'année, de grosses accumulations de neige bouchent encore le cours d'eau par endroits. C'est donc sur l'un de ces gros névés, de près de trois mètres d'épaisseur, que toute la troupe peut finalement passer.

C'est encore Hervé qui ramène tout le monde sur le droit chemin à la fin, les Suisses étant partis beaucoup trop loin.

C'est au niveau d'une table de pique-nique qu'un sentier très raide descend jusqu'au point de vue. Un peu avant 13 heures, nous surplombons le canyon.

Ce n'est pas le Grand Canyon américain mais la rivière Altaelva a creusé ici une gorge de 400 mètres de profondeur sur une distance de 15 kilomètres. A ce titre, c'est le canyon le plus long et le plus profond d'Europe du Nord.

Nous profitons de la table de pique-nique pour casser la croûte en compagnie du couple suisse. Ils sont pressés mais pas trop stressés, bien qu'ils doivent être à Tromso ce soir (à 400 km) pour prendre l'express côtier Hurtigruten. Ils ont le moral !

Quant à nous, c'est sans nous presser que nous rebroussons chemin, ravis de cette balade au but original qui change un peu des fjords et des glaciers. Retour au parking à 15 h 15 après avoir parcouru 14,3 km en 5 heures.

En soirée, nous rejoignons le centre-ville qui, en dehors de sa cathédrale très originale, ne présente pas un grand intérêt.

En revanche, l'avantage d'être en ville, c'est de pouvoir dîner au restaurant. Alors nous ne nous en privons pas. Au restaurant Hallde, nous choisissons le menu du Finnmark : pince de crabe royal, viande de renne et sorbets de fruits rouges, des spécialités typiques de la région pour une addition typiquement norvégienne, elle aussi ;-)

A la sortie du restaurant, dernière tâche : trouver un coin où passer la nuit. Nous souhaitons rester en ville afin de voir les fameuses peintures rupestres demain matin. Le musée tolère le stationnement sur son parking, mais il est en pente. Après avoir sillonné la ville de long en large à la recherche du lieu idéal, nous finissons sur le parking du supermarché REMA1000. Pas très bucolique comme lieu de bivouac, mais très calme.

Distance parcourue dans la journée : 150 kilomètres.

Canyon d'Alta

J6 : Mardi 14 juin 2016

Notre étape doit nous conduire aujourd'hui jusqu'au cap Nord. A l'extrémité de l'île de Magerøy reliée au continent par un tunnel, la commune de Nordkapp s'est déclarée point le plus septentrional d'Europe et donne accès via un péage (250 NOK par personne) à un bâtiment massif surmonté d'une balle de golf géante comprenant une salle d'exposition, un bar, une cafétéria, une boutique de souvenirs. Pour ce prix, les camping-cars ont le droit d'y passer une nuit.

Bref, ce lieu suscite beaucoup de polémiques. Pour les uns, c'est la destination mythique à ne surtout pas rater. Pour les autres, c'est le piège à touristes par excellence, le véritable point le plus septentrional du continent se trouvant trois kilomètres à vol d'oiseau plus au nord que Nordkapp et est uniquement accessible à pied au prix d'une marche de 9 kilomètres aller/retour.

Pour nous, le cap Nord n'est pas réellement un incontournable mais puisque notre itinéraire passe à proximité de la péninsule, autant nous forger notre propre opinion sur la destination. A suivre donc… car pour l'instant, si nous quittons le parking du supermarché sur lequel nous avons dormi, c'est pour prendre la direction de la lisière ouest de la ville où se trouvent le musée et les fameuses gravures rupestres.

Les falaises qui s'étendent derrière le musée jusqu'au bord de mer sont couvertes de quelques 6 000 gravures datant de la fin du néolithique, de 6 000 à 2 000 ans. 1559 Parmi les thèmes figurent des scènes de chasse, des symboles de fertilité, des ours, des élans, des rennes et des bateaux bondés. Pour les rendre plus visibles aux visiteurs, une partie des gravures a été revêtue d'ocre rouge, l'autre est dans son état originel.

Avant 8 heures, le circuit est déjà bouclé.

Nous quittons cette fois Alta pour de bon en direction des hautes terres rudes et sauvages. Cap au nord-est sous un ciel identique aux jours précédents et une température de 10 degrés comme d'habitude.

Nous laissons derrière nous les maisons colorées des fjords pour celles aux couleurs sombres des éleveurs de rennes.

La route E6 déroule son ruban de bitume à perte de vue, avec comme seuls repères, la ligne d'horizon et une rivière aux eaux tumultueuses dont elle suit les méandres jusqu'à Skaidi.

Quand la route se rapproche du cours d'eau, nous en profitons pour faire un arrêt, histoire de nous dégourdir les jambes en nous faufilant, à travers un petit bois de bouleaux tordus, jusque sur sa rive.

Après Olderfjord, la route E69 prend le relais vers le nord tout en longeant le magnifique Porsangerfjord. Notre Vany rejoint la file des camping-cars qui, les uns derrière les autres, convergent vers le point septentrional du continent. Français, Allemands, Belges, Suisses, Néerlandais, Scandinaves… à croire que tous les camping-caristes européens se sont donné rendez-vous là-haut. Entre ceux qui s'y rendent et ceux qui en reviennent, le flot est incessant.

La tradition veut qu'on se fasse un petit signe entre conducteurs de camping-cars. Comme ces véhicules sont quasiment les seuls sur le trajet, il y a du boulot ! J'essaie de m'y tenir moi aussi, du moins quand la largeur de la route ne nécessite pas toute mon attention et les deux mains sur le volant. En effet, l'étroitesse des voies par endroits et la taille de certains véhicules demandent une vigilance de tous les instants, d'autant qu'une petite bruine vient encore compliquer la conduite à l'approche du grand Nord.

En début d'après-midi, nous franchissons sans nous en rendre compte, ou presque, le tunnel qui relie le continent à l'île de Magerøy.

Sous un ciel de plus en plus menaçant, les paysages de toundra vallonnée, ponctuée de lacs sombres et de hardes de rennes, prennent une allure encore plus dramatique.

Vingt kilomètres au sud du cap, nous décidons de rejoindre Gjesvær dans un premier temps. La route, traversant un austère paysage rocheux, est de toute beauté.

Malheureusement, à notre arrivée, la météo se dégrade, impossible de randonner. A défaut, nous stationnons le camping-car dans le centre du village, en espérant pouvoir entreprendre une marche plus tard dans l'après-midi. En attendant des heures meilleures, nous débutons la première d'une longue série de parties de scrabble, une tasse de thé brûlant à la main et le chauffage du camping-car au maximum. La température extérieure ne dépasse pas 5 degrés.

Après toute une après-midi enfermés dans notre Vany, nous décidons de migrer vers Skårsvag, un village à l'est de la E69. S'il pouvait y faire meilleur ! Hélas c'est pire. L'ordinateur de bord indique maintenant 3 degrés et un risque de verglas. C'est l'hiver en plein mois de juin !

Nouvelle partie de scrabble à Skårsvag en regardant tomber la pluie et en suivant les allées et venues des deux autres couples de camping-caristes garés à nos côtés, les uns rémois, les autres lucernois. Nous finissons par enfiler imperméable et pantalon de pluie pour affronter le mauvais temps et les suivre à l'extrémité du village où nous les trouvons attablés au restaurant devant un plat de crabe royal.

En ce qui nous concerne, nous renonçons au crustacé géant (ce que nous regretterons amèrement par la suite) et commandons juste un verre de vin blanc en attendant notre dîner déjà prévu dans le camping-car.

Pour ce soir, vu la météo, nous renonçons à rejoindre Nordkapp. Payer le péage pour nous retrouver dans les nuages et sous la pluie, non merci ! On verra demain matin si le temps s'améliore. Nous restons donc garés dans le petit port de Skårsvag pour une nuit… dantesque !

Distance parcourue dans la journée : 286 kilomètres

Près du cap Nord

De Trollholmsund à Stabbursdalen, des rochers et une forêt remarquables

J7 : Mercredi 15 juin 2016

Toute la nuit, la pluie a martelé le toit du Vany. Un vent fou a secoué le camion dans tous les sens, a fait trembler les fenêtres et s'est engouffré dans tous les interstices (heureusement qu'on avait gardé nos chaussettes). Impossible dans ces conditions de trouver le sommeil. Terrifiée, je me suis redressée sur mon lit en pleine nuit en m'écriant : " je veux rentrer à la maison" !

Quand Eole a fini par s'essouffler et alors que je commençais à m'assoupir au petit matin, ce sont les oiseaux (corbeaux, mouettes, goélands) qui ont pris le relais, transformant le toit du fourgon en un terrain d'affrontement. Tout en se chamaillant, ils se sont coursés au-dessus de nos têtes en faisant un raffut d'enfer. Cette nuit restera dans les annales !

Ce matin, il fait 5 degrés et il pleut toujours à verse. Initialement, nous avions prévu de faire la randonnée de 9 km AR vers Knivskjelodden, le véritable cap Nord géographique, avant de rallier en soirée le cap Nord touristique pour y passer la nuit.

Mais dans ces conditions, on peut d'emblée faire une croix sur une quelconque randonnée. Même le petit aller/retour (2 km) vers l'arche de Kirkeporten n'est pas envisageable après tout ce qu'il a plu. Les sols sont détrempés.

Dans ce cas, cela vaut-il la peine de rester dans le coin ? Certes, la météo a prévu une amélioration dans l'après-midi, mais peut-on s'y fier ? Cela vaut-il le coup de payer 50 euros pour accéder au cap Nord et risquer d'y passer la journée à jouer au scrabble ?

Après mûre réflexion, nous décidons de laisser tomber le cap Nord et de reprendre la direction du sud avec l'espoir d'y trouver des cieux plus cléments. Skårsvag, situé à 7 kilomètres à vol d'oiseau au sud-est du cap Nord, sera par conséquent le point le plus septentrional de notre parcours.

Notre point de chute ce soir est prévu dans les alentours de Lakselv, soit près de 200 kilomètres plus au sud. Nous aurons du coup une journée d'avance sur notre planning.

Nous n'avons néanmoins pas l'intention de faire le trajet d'une traite mais espérons pouvoir nous offrir quelques à-côtés en cours de route, en fonction de l'évolution des conditions météo.

D'ailleurs, à peine sur la route E69 nous la quittons déjà pour un saut vers le village de Kamøyvær, vanté par notre guide.

Falaises, ciel et mer à l'unisson, noirs comme l'encre, donnent une bonne idée de la luminosité ambiante. On en aurait presque le cafard

Heureusement, à Kamøyvær, les couleurs pastel des maisons apportent une touche de gaieté à ce tableau obscur.

Quand la pluie se calme, nous sortons faire quelques pas dans le village où il y a l'air d'y avoir plus d'oiseaux que d'habitants.

L'usine de transformation de poisson n'y est sans doute pas pour rien.C'est la curée à l'arrivée de la matière première.

Côté ciel, une légère amélioration commence à se profiler au loin. Alors, allons-nous rester sur notre décision ? Il est encore temps de changer d'avis, nous ne sommes qu'à une trentaine de kilomètres de Nordkapp ! Hésitation, concertation avant de finalement maintenir notre choix. Tant pis pour le cap Nord et va pour le Sud !

Après une rapide incursion à Honningsvåg, nous prenons sans regret le tunnel qui nous ramène sur le continent, puis comme la veille la même route jusqu'à Olderfjord alors que se développent des éclaircies de plus en plus larges, donnant le sourire à tous les automobilistes, camping-caristes, motards et cyclistes, montant vers le nord.

Mais le soleil, nous y avons droit également. On a d'ailleurs l'impression qu'il n'a pas plu au sud d'Olderfjord.

En arrivant à 14 h 30 dans la presqu'île de Trollholmsund, la couleur de la mer et du sable nous ferait presque penser à une plage tropicale, si ce n'était la température qui reste typiquement norvégienne ;-)

Si nous sommes venus ici, c'est pour ces drôles de bonshommes de pierre dont on aperçoit déjà les silhouettes à la pointe de la presqu'île.

Selon une légende Sami, il s'agit d'un groupe de trolls qui erraient la nuit sur le plateau du Finnmark. Arrivés dans le Porsangerfjord, ils voulurent traverser le bras de mer mais pas avant d'avoir enterré le trésor qu'ils transportaient. Comme cette tâche prit beaucoup de temps, ils furent surpris par les premiers rayons du soleil levant qui les pétrifièrent.

Géologiquement, il s'agit de formations dolomitiques (calcaire), d'où leur aspect blanchâtre, seulement colonisés ça et là par des lichens orangés.

Ils ont plutôt une bonne bouille !

Après une petite heure sur les lieux, il est temps de poursuivre vers d'autres horizons, la journée n'est pas finie. Il fait tellement beau qu'il faut en profiter au maximum.

C'est pourquoi, 17 kilomètres plus au sud, nous tournons à droite sur une piste cahoteuse et poussiéreuse, pas même indiquée, sur laquelle nous avons la joie de croiser un groupe de rennes, de très près.

Cette piste nous conduit au cœur du parc national de Stabbursdalen.

Le guide Rother y indique une randonnée de 2 à 3 heures à travers la forêt jusqu'aux chutes de Stabbursfossen. Il est déjà plus de 17 heures au moment de se mettre en marche mais peu importe, personne ne nous attend et il fait jour toute la nuit.

Le parc national a été créé en 1970 puis étendu en 2002 pour protéger la forêt de pins la plus septentrionale du monde. Certains arbres ont ici plus de 500 ans.

Plus loin, des bouleaux se joignent aux pins pour étoffer la forêt.

Au bout d'un peu plus d'une heure, le grondement des chutes annonce que l'arrivée est proche. Bientôt nous dominons la cascade. Joli débit !

Dernier coup d'œil sur la rivière Stabburselva avant de refaire le parcours en sens inverse sous une lumière dorée.

Nous finissons notre randonnée à 20 heures (soit 3 heures pour 10 km), ravis de notre journée et persuadés que ce beau temps va durer. Mais c'est oublier à quel point la météo peut vite changer sous ces latitudes.

En effet, en arrivant au camping du Stabbursnes Feriesenter tout proche, nous essuyons quelques gouttes alors que le gérant ne nous annonce rien de bon pour les prochains jours. Bouh !

En attendant, après plusieurs jours de bivouac, nous profitons des services du camping pour faire notre lessive et surtout prendre nos aises dans la douche.

Distance parcourue dans la journée : 206 kilomètres

Trollholmsund

D'un cap à l'autre : de Nordkinn à Varanger

J8 : Jeudi 16 juin 2016

Les prévisions du patron du camping nous ont fait craindre le pire pour ce matin. Alors nous sommes tout étonnés de trouver un ciel certes couvert mais pas plombé. La température matinale est conforme aux moyennes : 11 degrés. Pour l'instant, rien d'alarmant !

Nous avons une nouvelle péninsule en ligne de mire, le cap Nordkinn, située à peu de chose près à la même latitude que le cap Nord. Tout comme ce dernier, il s'agit d'une destination en cul-de-sac au bout de nulle part mais a contrario du précédent celui-ci est à l'écart des grands axes touristiques.

Nous comptons y passer deux nuits dont la première à Kjøllefjord, dans le nord-ouest de la péninsule, où une falaise en forme de cathédrale a retenu notre attention.

Mais avons-nous intérêt à nous y rendre directement (250 kilomètres) au risque de trouver du mauvais temps sur place et n'avoir que le scrabble comme activité ? Ou au contraire vaut-il mieux profiter de quelques points d'intérêt en cours de route tant que le ciel se montre clément ?

Considérant que tout ce qui est pris n'est plus à prendre, nous choisissons la deuxième solution. Après avoir traversé la petite ville de Lakselv où nous abandonnons provisoirement la E6, nous longeons la rive Est du Porsangerfjord. A 4 kilomètres à l'ouest de Borselv, nous nous arrêtons pour une première randonnée (3 kilomètres, 1 heure et demie).

Objectif, le sommet du Hestnesfjellet, à près de 200 mètres d'altitude.

Plus nous prenons de la hauteur, plus les maisons en contrebas nous paraissent minuscules.

Qu'on ne s'y trompe pas, nous sommes bien au bord de l'océan même si l'étendue lisse et immobile devant nous pourrait nous faire croire le contraire.

Pas un souffle de vent, pas un bruit, hormis le caquètement de quelques canards, pourtant C'est dans ce silence religieux que nous poursuivons notre grimpette.

En moins d'une heure, le cairn sommital est atteint. Vous remarquerez que tout comme à Trollholmsund les dalles rocheuses sont ici aussi d'origine dolomitique. D'ailleurs, la presqu'île des trolls ne se trouve qu'à quelques encablures à vol d'oiseau, de l'autre côté du fjord.

Fin de la balade autour de midi, pile pour l'heure du déjeuner que nous prenons à bord du Vany, la porte entrouverte, car il fait étonnamment doux.

Une heure plus tard, nous nous apprêtons à entamer une après-midi derrière le volant. Il reste encore 180 kilomètres à parcourir sur les 250 prévus, outch ! Mais c'est sans compter sur un autre site d'intérêt, prétexte à une nouvelle halte. En effet, immédiatement après Borselv, la route E6 passe dans le Silfar Canyon.

Cette fois, finies les petites escapades à droite à gauche, il faut vraiment se diriger sans délai vers le cap Nordkinn.

A Ifjord, en nous engageant sur une route à trois chiffres, a fortiori marquée en jaune sur notre carte, nous craignions de trouver un axe secondaire étroit et peu roulant. A notre grande surprise, à distance du fjord, la route prend des allures de nationale avec une vitesse autorisée jusqu'à 120 kilomètres/heure par endroits, ce que nous pensions uniquement réservé à des portions de routes E. A ce rythme, elle grimpe allègrement sur un plateau désertique couvert de lacs et de toundra spongieuse qui n'est pas sans nous rappeler l'altiplano andin et ses paysages de bodefales, à la seule différence que les rennes remplacent ici les vigognes andines.

Bref, la distance jusqu'à Kjøllefjord est avalée plus vite qu'attendu. A 16 heures, nous sommes prêts à aller découvrir à pied la falaise en forme d'église de Finnkirka, sans nous inquiéter outre mesure de la couleur du ciel pas plus couvert que durant le reste de la journée.

Peu après notre départ, nous assistons à l'arrivée de l'express côtier Hurtigruten qui fait une courte escale dans ce petit port. Un rayon de soleil daigne même accompagner son entrée dans la baie.

Encouragés par cette brève apparition du soleil, nous enchaînons des montées et des descentes impitoyables, ponctuées de passages boueux et de zones inondées, en espérant que la falaise-église en vaille la peine.

Au bout d'une heure, ces étonnantes plaques rocheuses, plantées dans le sol telles des pierres tombales, nous offrent un peu de distraction sur un chemin semé d'embûches. La falaise de Finnkirka étant un ancien site sacrificiel Sami, il n'est pas impossible qu'il y ait un lien entre ces pierres dressées et les rites lapons.

A ce stade du parcours, un coup d'œil sur les hauteurs aurait dû nous alarmer. La couleur du ciel annonce un risque d'orage imminent. On entend d'ailleurs les premiers coups de tonnerre au loin.

Pourtant, têtus ou inconscients, nous continuons inlassablement, persuadés que l'orage va nous épargner.

Mais ce qui devait arriver finit par arriver. Alors que nous sommes sur le point de vaincre notre dernière ascension, l'orage éclate, nous forçant à faire demi-tour avant d'avoir atteint le but de notre randonnée.

Je n'ai alors que mes yeux pour pleurer et me lamenter tout au long du chemin du retour, mouillée jusqu'aux os (et ce n'est pas juste une expression !) et transie de froid, me demandant comment on allait bien pouvoir faire sécher tous nos vêtements dans le fourgon. Même nos chaussures sont trempées à l'intérieur comme à l'extérieur.

A notre retour, nous préférons éluder la question et jetons toutes nos affaires dans la salle de bains. On verra plus tard !

Pour nous remonter le moral, un plat de crabe royal nous ferait le plus grand bien. Mais le seul restaurant de Kjøllefjord n'en sert pas.Alors nous n'hésitons pas à couvrir 30 kilomètres de plus jusqu'à Mehamn, espérant trouver plus de choix dans ce village plus grand.

Mais le seul restaurant de la petite localité, celui de l'Arctic Hotel, semble fermé ou en travaux. Un habitant nous confirme pourtant qu'il est ouvert et qu'il sert jusqu'à 22 heures de très bons plats de poissons.

Nous finissons par en trouver l'accès. Entre porte sans issue et couloir sans lumière, nous débouchons au premier étage dans une grande salle sans charme, pas vraiment étonnés qu'on n'y serve pas de crustacé géant. Mais puisque nous sommes là, autant nous attabler !

Le dried cod est un peu sec mais, assorti de bacon grillé, reste mangeable. Le vin blanc issu d'un cubitainer est infâme. Quant au dessert, nous avons préféré le décliner ;-) Bref, voilà une adresse qui ne vaut pas le détour !

Le seul avantage de ce dîner, c'est que pendant ce temps nos vestes dégoulinantes ont pu s'égoutter un peu. En partant, nous laissons derrière nous quatre flaques d'eau correspondant aux quatre manches de nos vestes.

Pour dormir, nous n'avons pas à chercher bien loin. Les abords du port offrent un abri parfait à notre Vany. Il pleut toujours mais il ne vente pas, nous devrions mieux dormir que la nuit dernière.

Distance parcourue dans la journée : 314 kilomètres.

Arrivée de l'Hurtiguten à Kjøllefjord

J9 : Vendredi 16 juin 2016

Avec tout ce qu'il a plu hier soir et dans la nuit, nous ne nous faisons pas d'illusion sur l'état du ciel : nuageux, très nuageux, avec encore de la pluie à venir ! Température invariablement bloquée à 10 degrés.

Nos chaussures sont loin d'être sèches, ce qui élimine toute velléité de randonnée. De toute manière, les conditions météo sont dissuasives.

Pour amorcer le séchage des godillots, nous les plaçons devant les bouches du chauffage et tournons le bouton à fond. Quant à nos vêtements, ils sont toujours en train d'égoutter, il va falloir trouver une solution. Heureusement côté vestes, nous avons prévu en conséquence avec des blousons de rechange.

Une fois ce bilan dressé, il faut réfléchir à l'organisation de la journée et changer une nouvelle fois nos plans. Décidément à chaque fois que l'on prévoit de rester deux jours à un endroit, on se voit obligés d'abréger le séjour. L'avantage de circuler en camping-car permet d'adapter le parcours à la météo. Quand il ne fait pas beau, on en profite pour rouler alors… roulons !

Notre prochaine étape se fera par conséquent dans la péninsule de Varanger (eh, oui, encore une péninsule). Près de 300 kilomètres nous en séparent dont une bonne partie à rebrousser chemin par la même route. A première vue, la distance est conséquente mais comme on aura rien d'autre à faire…

Mais avant de quitter la région, je propose de faire un petit détour jusqu'au phare de Slettnes. A défaut d'avoir été jusqu'aux caps les plus septentrionaux du continent, nous aurons au moins été au pied du phare le plus septentrional d'Europe.

Sur le trajet, nous faisons deux rencontres intéressantes. D'abord un troupeau de rennes, des femelles avec plein de petits. Une scène attendrissante ! Plus rare, un renard arctique (que nous avons d'abord pris pour un chat !)

Vers 11 heures, fini l'extrême Nord, retour vers le Sud. Nouveau passage à travers les mêmes hauts plateaux qui paraissent encore plus désolés sous l'épaisse couverture nuageuse. Nous avons à présent deux jours d'avance sur notre planning.

Quand la route revient au bord de mer, nous retrouvons les paysages typiques des fjords : petits ports de pêche, bateaux et maisons colorés.

A Ifjord, nous prenons cette fois la direction de Tana Bru, dont le nom signifie "pont sur la Tana". Le village en lui-même n'a pas vraiment d'intérêt mais il constitue un point de ravitaillement et une étape pratiques au carrefour des routes 98/E6 et E75.

Toutes les enseignes de supermarchés se côtoient ici autour de quelques hébergements et d'une station-service.

Sous un temps maussade comme aujourd'hui, ce carrefour commercial ne peut mieux tomber. A défaut de pouvoir profiter de la nature, occupons-nous de quelques tâches d'intendance : courses, plein d'essence, plein d'eau pour le camping-car…

Nous cherchons aussi un lave-linge/sèche-linge, seul moyen de venir à bout de nos vêtements mouillés depuis une journée. A l'hôtel Elva, le réceptionniste est ok. Il nous invite même à prendre un café dans le lobby et à profiter de la connexion wifi. Super ! Par la même occasion, nous suivons d'un œil et d'une oreille le match de coupe d'Europe Suède-Italie en compagnie d'une famille suédoise qui vibre, elle, avec Zlatan.

Une fois la lessive terminée, Hervé pousse le bouchon jusqu'à vouloir suivre la partie jusqu'à son terme. Pour lui qui est indifférent au foot, c'est un comble ! Résultat, la Suède de Zlatan a été battue.

Cette pause "technique" prolongée a été bénéfique. Nous voilà en pleine forme pour parcourir une trentaine de kilomètres de plus afin de nous rapprocher de la péninsule de Varanger.

Desservie par une route touristique nationale, la péninsule est surtout connue pour ses grandes colonies d'oiseaux attirant de nombreux amateurs d'ornithologie.

La route, une nouvelle fois en cul-de-sac, longe le Varangerfjord jusqu'à Vardø. On peut même pousser jusqu'à Hamningberg, un village abandonné, par une petite route sans numéro et à une seule voie de circulation.

Tout ceci est prévu demain, car nous avons programmé deux jours dans la région. La météo va-t-elle nous le permettre ? Réponse demain ;-)

Pour l'instant, nous avançons jusqu'à Nesseby et sa petite presqu'île, lieu de rendez-vous des ornithologues. Mais les oiseaux, nous n'avons pas le temps de les voir. Arrivés sur place, une averse nous ramène plus vite que prévu dans le camping-car. Nous avons juste le temps d'apprécier la jolie petite église.

Cette occasion ratée nous libère finalement encore un peu de temps pour rouler. La ville la plus proche est Vadsø. Comme nous sommes restés avec notre envie de crabe royal, voilà peut-être une occasion !

A Vadsø, le restaurant du Scandic Hotel nous plaît bien, mais de crabe royal pas la moindre trace sur la carte. On nous dit que ce n'est pas la saison. Alors on se rabat sur des fish and chips. Mauvaise pioche… les beignets de poisson sont à base de langue de cabillaud. Devant notre déception, la serveuse propose de nous servir un dos de cabillaud aux petits légumes qui, lui, est un délice de même que le dessert, une crème brûlée aux fruits rouges. Bref, voilà un dîner qui a mieux fini qu'il n'a commencé.

Quant à la journée, elle se termine à deux pas du restaurant, dans le port, où nous trouvons pour le Vany une place adéquate. Une journée de transition… au final bien remplie !

Distance parcourue dans la journée : 312 kilomètres.

Renard (roux ?)

Varanger : colonies d'oiseaux à Hornøya et route touristique nationale

J10 : Samedi 18 juin 2016

Que nous réserve la météo ce matin ? Un ciel partiellement couvert, mais avec de belles bandes de ciel bleu au loin, chouette ! Et la température ? Toujours nos habituels 10 degrés ? Non… 16 degrés… incroyable !

Dans ce contexte, pas une minute à perdre, vite, en route pour Vardø. Entre les deux localités séparées de 75 kilomètres, la route touristique nationale, désespérément plate sur cette partie, se faufile entre la côte, des prairies verdoyantes et des bosquets de buissons rachitiques.

Vardø, la localité la plus orientale de Norvège, est aussi le point le plus à l'est de notre voyage. La petite ville occupe une île en forme de papillon reliée au continent par un tunnel sous-marin.

L'office de tourisme y organise des excursions pour approcher des colonies d'oiseaux nichant sur les falaises de l'île inhabitée de Hornøya. Départ sur le port.

Nous arrivons pile pour la première sortie qui a lieu à 10 heures le samedi (en semaine, départ dès 9 heures) et embarquons presque immédiatement sur un ancien bateau de pêche en compagnie d'une douzaine de personnes. Nous sommes dix Français à bord !

La traversée prend à peine une dizaine de minutes. Hornøya est classée réserve naturelle, seule une partie est accessible au public.

Les falaises abruptes de l'île et les eaux riches de la mer de Barents fournissent le gîte et le couvert à quantité d'oiseaux. Mouettes tridactyles, guillemots communs et guillemots de Brünnich, macareux, pingouins torda, cormorans huppés et grands cormorans, goélands argentés et goélands marins, ils sont plus de 100 000 à y nicher.

Imaginez tout ce monde caquetant, piaillant, criaillant, picotant… une belle cacophonie et une odeur en conséquence!

Après une vue d'ensemble, approchons-nous pour observer quelques individus plus en détail !

Bon, celles-ci (des mouettes ?) ne sont pas très coopérantes et nous présentent leurs postérieurs. Gare aux déjections ! Mais celle-là fait la belle, avec son plumage soyeux !

Les macareux sont indéniablement les plus élégants dans leur costume coloré.

Les guillemots de Brünnich dans leur complet classique font concurrence aux précédents. J'adore tout particulièrement celui qui porte des lunettes ;-)

Quant aux pingouins torda, ils prennent tout particulièrement soin de leur tenue. Un petit battement d'aile et hop, la toilette est faite (voir les particules projetées)

Enfin, le cormoran sort le grand jeu. Comme un véritable jongleur, il fait tournoyer avec grâce une brindille autour de son bec. Cherche-t-il à séduire quelqu'un par son habileté ? Mais à qui fait-il les yeux doux ? Sans doute à sa compagne sagement restée dans le nid conjugal !

Bref, un spectacle réjouissant par une très belle matinée chaude (si, si !) et ensoleillée. Ça fait du bien !

A 13 heures, le bateau revient nous chercher (mais ceux qui le souhaitent peuvent rester plus tard) et ramène sur l'îlot un nouvel arrivage d'observateurs plus lourdement armés, heu pardon… équipés. Certains sont tellement chargés qu'ils ont du mal à garder l'équilibre à la sortie du bateau. Sur le port, beaucoup de monde se presse encore pour la rotation suivante, preuve du succès de cette excursion.

Quant à nous, après le déjeuner dans le fourgon à la sortie de Vardø, nous prenons la route touristique nationale dans sa partie la plus spectaculaire, celle qui rejoint le hameau de Hamninberg.

Elle ne comporte qu'une voie de circulation. Il faut donc rouler très doucement pour pouvoir se rabattre à temps sur les espaces-refuges prévus pour le croisement de véhicules. De toute manière, les paysages méritent des arrêts incessants. C'est une route qui demande à être dégustée.

Malheureusement, le soleil si ardent ce matin a fini par se cacher. C'est fou comme le temps change vite dans cette région.

La route longe le bord de mer dans un paysage insoupçonné, inattendu, époustouflant, en dehors du temps.

Etonnantes ces longues strates de granite tels des couloirs parallèles sans fin, du bord de mer jusqu'aux crêtes ! Elles donnent l'impression d'un gigantesque labyrinthe sans issue.

Du rose granitique la roche vire au noir volcanique en passant par cinquante nuances de gris, un décor dont on verrait bien surgir quelque seigneur des Anneaux ou autre créature fantastique.

Pourtant, les rennes ont l'air de trouver un pâturage à leur mesure dans ce chaos minéral.

Terminus de la route 40 kilomètres plus loin dans le village semi-abandonné de Hamninberg, où la pluie et le froid sont hélas au rendez-vous. On voulait randonner dans le Syltefjord, c'est raté. On remplace alors la balade par une nouvelle partie de scrabble en attendant l'accalmie.

En fin d'après-midi, nous décidons de ne pas rester dans ce cul-de-sac pour la nuit, il y a trop de vent !

Le retour à Vardø nous offre alors une deuxième occasion de parcourir cette même route, toute aussi spectaculaire dans ce sens. Hervé l'a déclarée "plus belle route de Norvège" !

Curieusement, à Vardø, non seulement il n'a pas plu mais il fait encore soleil. C'est agréable, car nous avons une dernière visite à faire, au mémorial de Steilneset. Il s'agit d'un monument érigé en mémoire de quelques 90 femmes de la région qui, entre 1621 et 1692, ont été accusées de sorcellerie et brûlées vives.

Le bâtiment est impressionnant par sa forme et par sa symbolique. L'artiste Louise Bourgeois et l'architecte Peter Zumthor ont associé, dans une même création évocatrice, une chaise en feu et un mémorial de 100 mètres de long rappelant cette histoire tragique.

Or Louise Bourgeois (1911 - 2010), plasticienne et sculptrice française naturalisée américaine, connue entre autres pour une sculpture en forme d'araignée géante exposée au musée Guggenheim à Bilbao, a passé son enfance dans une maison, aujourd'hui démolie, du centre de la ville où nous demeurons.

C'est pour cette raison que nous portons un intérêt tout particulier à cette œuvre.

Profitant de ce nouveau passage en ville, nous terminons la soirée à passer en revue quelques restaurants au cas où l'un d'eux servirait du crabe royal. Mais peine perdue, nul n'en sert. Dans notre quête, des Français nous disent néanmoins en avoir mangé il y a quelques jours à Kirkenes. En principe, cette destination n'est pas à notre programme, mais sait-on jamais !

Du coup, ce soir, c'est dîner maison ou plutôt dîner… fourgon, au bord d'une plage près de Kiberg, en compagnie d'un camping-car belge. On n'a pas voulu rester à Hamninberg à cause du vent. Eh, bien, ici aussi on va être servis ! Espérons qu'il ne nous empêchera pas de dormir !

Distance parcourue dans la journée : 202 kilomètres.

Guillemot de Troïl (?)

De la frontière russo-norvégienne à la Finlande, de Kirkenes à Inari

J11 : Dimanche 19 juin 2016

Encore une nuit quasi blanche rythmée par les assauts du vent et de la pluie. Seulement 7 degrés ce matin et il pleut toujours.

A 8 heures, on lève le camp, oui, mais pour aller où ?

Vu les circonstances, je ne vois pas d'autre alternative que d'avancer dans notre parcours. En principe, après la péninsule de Varanger, nous avons prévu de gagner la Finlande, plus particulièrement les alentours d'Inari, en passant par Tana Bru puis Utjoski.

Ben… allons-y !

Dehors il fait un temps à ne pas mettre un mouton dehors. D'ailleurs, ceux-là ont trouvé la solution en se réfugiant dans un abribus.

A Tana Bru, alors que nous sommes sur le point de prendre la direction de la Finlande, je sors in extremis une idée de mon chapeau. Et si on allait à Kirkenes ?

Cette ville norvégienne proche de la Russie que l'on décrit comme une bourgade quelconque, à l'ambiance frontalière, point de départ ou d'arrivée de la ligne de l'express côtier Hurtigruten, ne m'avait pas particulièrement attirée jusque là.

Mais depuis que des compatriotes nous ont dit y avoir mangé du crabe royal il y a quelques jours seulement, la destination a subitement pris de l'intérêt. De Kirkenes nous pourrions ensuite regagner la Finlande et Inari directement. Avec deux jours d'avance sur notre planning, nous avons suffisamment de marge pour nous offrir ce détour. Qui sait, peut-être fait-il meilleur à Kirkenes !

Adjugé, vendu, allons à Kirkenes !

A la sortie de Tana Bru, nous retrouvons alors la E6 qui nous conduit jusqu'à la frontière russe (ou presque)… malheureusement sous la pluie !

Pourtant, le trajet est magnifique, la route passant par un massif qui nous rappelle un peu celui des Maures dans le Var.

A l'approche de la ville, les convois militaires se font plus visibles, les terrains et camps militaires deviennent omniprésents. On perçoit même des tirs au loin. La frontière russe n'est plus qu'à une quinzaine de kilomètres et la direction de Mourmansk indiquée sur tous les panneaux du centre-ville.

A 14 h 30, à notre arrivée à Kirkenes, il pleut toujours et il fait 8 degrés. Tous les commerces sont fermés, dimanche oblige. Après avoir garé le camping-car sur le quai au bord de mer, nous allons immédiatement faire nos repérages pour le King Crabe.

Entre les restaurants du Scandic Hotel et celui du Thon Hotel, notre choix est vite fait. Dans l'aquarium du Thon Hotel, trois beaux crabes barbotent tranquillement. Celui que nous choisissons, le plus gros des trois, passera à la casserole. Une table est aussitôt réservée pour 19 h 30.

D'ici là, nous passons tout l'après-midi dans les salons de l'hôtel (avec café et thé à disposition) pour profiter d'Internet et faire une énième partie de scrabble.

Des lycéens norvégiens nous interrogent, dans le cadre de leur projet de fin d'année scolaire, sur notre vision de la ville de Kirkenes. Pour l'instant, nous n'en avons pas vu grand chose, surveillant sur Internet les prévisions météorologiques qui nous permettraient d'y faire un petit tour.

Au fur et à mesure que l'après-midi avance, l'espoir d'une amélioration est sans cesse repoussé. D'ailleurs, il suffit de jeter un œil par la baie vitrée pour le constater. Finalement, la pluie ne cessera qu'au cours du dîner.

A ce propos, quelques mots sur le crabe royal (ou crabe du Kamtchatka). Originaire du littoral oriental de Sibérie, il a été introduit dans la baie de Mourmansk dans les années 1960 pour assurer de nouvelles prises aux pêcheurs russes. Depuis lors, il s'est répandu dans la mer de Barents, le long des côtes de la Norvège et du Svalbard. Les protecteurs de l'environnement y ont vu une menace pour les écosystèmes, mais la majorité des pêcheurs considère le crustacé comme une manne économique.

C'est le crabe le plus recherché au monde et le plus cher au poids. Sa chair au goût inimitable le place parmi les mets les plus renommés. Nous avons donc hâte d'y goûter.

A 19 h 30 pile, alors que nous venons juste de nous attabler, on nous apporte enfin le crustacé géant. Voilà un crabe que nous aurions pu appeler "Désiré" tant nous l'avons convoité depuis plusieurs jours ;-)

Trônant au centre d'un grand plat ovale, sur un lit de mesclun agrémenté de tomates cerise, accompagnée d'une sauce à base de vinaigre balsamique et d' huile d'olive et d'une autre à l'aïoli , c'est une belle bête de 2,6 kilos. Le flashcode attaché nous apprend plein d'autres détails intéressants comme le nom du pêcheur, de son bateau ainsi que la date et le lieu de pêche.

Oui, mais encore ? Après l'avoir dévoré des yeux, si on le dévorait tout court à présent !

Dans une ferveur quasi religieuse, nous décortiquons alors avec application ses pattes charnues dont un soupçon d'aïoli suffit à mettre en valeur toute la saveur.

Sa chair raffinée est d'un goût unique. C'est un délice, un pur ravissement pour les papilles. En un mot, nous nous régalons !

Nous sommes d'ailleurs à ce point absorbés par notre dégustation que nous en oublions de photographier le plat comme promis à notre fille.Elle recevra la photo de la seule carapace ;-)

Au final, nous n'avons rien vu de Kirkenes mais grâce à ce festin en garderons un souvenir impérissable. Voilà un détour qui en valait la peine !

Pour rentrer chez nous, pas de détour à faire. Le Vany nous attend sur le parking mitoyen de l'hôtel, juste devant la mer. Nous restons là pour la nuit. Pas de vent, pas de pluie, nous devrions dormir comme des bébés

Distance parcourue dans la journée : 272 kilomètres

Moutons à l'abri !

J12 : Lundi 20 juin 2016

La ville de Kirkenes est en activité depuis quelques heures déjà quand nous nous réveillons. Il est 8 heures, le premier réflexe consiste à scruter le ciel. Verdict, il est couvert, mais sans pluie pour le moment. C'est mieux qu'hier !

Notre envie de crabe royal ayant été assouvie, nous pouvons reprendre le cours normal de notre voyage et gagner comme prévu la Finlande et Inari en particulier. Nous n'avons maintenant plus qu'une journée d'avance sur notre planning.

Depuis Kirkenes, nous rebroussons d'abord chemin jusqu'au croisement avec la route 893 qui doit nous conduire tout droit en Finlande. Les chutes Skoltefossen, qui occupent le carrefour, nous offrent une dernière distraction sur le territoire norvégien.

A l'entrée en Finlande, la route change de numéro et devient à présent la 971. Il faut aussi avancer nos montres d'une heure, ranger pour le moment nos couronnes et ressortir nos euros. Dernière précaution à prendre : garder la bombe anti moustique sous la main car elle pourrait servir sans délai.

Le climat, lui, reste le même. Que ce soit d'un côté de la frontière comme de l'autre, le temps gris finit par virer à la pluie.

Les paysages finlandais sont conformes à l'idée qu'on s'en fait. La route ondule langoureusement entre lacs et tourbières, entre forêts de pins et bosquets de bouleaux. Photos

Pendant le trajet nous tentons de nous familiariser avec le finnois qui, à première vue, n'a pas vraiment de points communs avec d'autres langues que nous connaissons. En témoigne le mot "kansallispuisto" qui signifie parc national. Pas évident ! Pourtant, à force d'observation, je finis par faire quelques extrapolations à partir des toponymes qui jalonnent notre route : les suffixes "joki" et "tie" ont l'air de désigner la rivière pour le premier, la rue ou la route pour le second comme dans "Lemmenjoki" et "Kaamasentie" Voilà un bon début ;-)

A ce jeu-là, le trajet jusqu'à Inari passe à toute allure.

Sur place le temps est incertain, oscillant entre bruine et averse plus marquée, bref pas un temps à randonner. Pas grave, puisque la petite localité propose une activité qui colle parfaitement à cette météo, à savoir son musée SIIDA, avec deux i, qui est consacré à la culture et la nature sami.

Inari est en effet un important centre de la culture same. Les Samis, autrefois appelés Lapons, sont les peuples indigènes du grand Nord, les plus anciens habitants de ces contrées. Ils sont près de 85 000 dont une bonne moitié vit en Norvège, environ 20 000 en Suède, 8 000 en Finlande et 2 000 en Russie. Longtemps ignorés, leurs droits, leur culture, leur langue ont été progressivement reconnus, promus et mis en valeur au fil des dernières décennies. Aujourd'hui les Samis de chaque pays sont représentés par leur propre parlement.

Le musée SIIDA, de conception très moderne, se veut le reflet de leur histoire et de leurs traditions ainsi que du lien très fort qui les unit à la nature, tout ceci mis en scène de façon vivante et passionnante.

D'une salle à l'autre, nous suivons l'évolution du mode de vie des Samis au fil du temps en lien avec les grandes dates de l'histoire du monde ainsi que l'adaptation de leurs activités au gré des huit saisons. Des objets créés par des artistes Samis contemporains et un joli film sur les aurores boréales complètent l'exposition.

Quand la pluie cesse, la visite se poursuit en plein air (attention, moustiques !) par la découverte de différentes maisons traditionnelles et de pièges ingénieux pour la chasse et la pêche, tous transportables.

Voilà une visite à la fois ludique et instructive, une variante à nos habituelles randonnées. Néanmoins, après deux journées sans chausser nos godillots, nous avons hâte de les enfiler à nouveau pour arpenter monts et vaux.

Justement, la WIFI du musée permet de vérifier la météo pour les prochains jours. Bonne nouvelle ! Demain, il devrait faire beau jusqu'en milieu d'après-midi. Croisons les doigts !

Dans cette perspective, nous positionnons le camping-car à la lisière de la forêt, au point de départ de la randonnée de demain, afin d'être opérationnels à la première heure. En guise de préambule, le soleil fait son apparition pendant le dîner, ce qui est de bon augure.

A l'extérieur, les moustiques font le siège du véhicule, prêts à s'introduire par la moindre ouverture. Vive les moustiquaires.

Distance parcourue dans la journée : 213 kilomètres.

Musée sami

Inari : église de pleine nature de Pielpajärvi et croisière sur le lac

J13 : Mardi 21 juin 2015

Les touristes viennent à Inari principalement pour le musée (pour nous, c'est fait) mais aussi pour faire une croisière sur le lac (c'est prévu) et accessoirement visiter la petite église en pleine nature de Pielpajärvi (c'est prévu aussi). On pourrait même combiner les deux, le lac et l'église, en se faisant déposer en cours de croisière sur la berge pour rejoindre la chapelle, s'économisant ainsi un trajet à pied.

A l'origine, c'est ce que nous avions envisagé mais le seul départ en bateau (à nos dates) a lieu à 13 heures. Or la météo prévoit une dégradation dans l'après-midi. Nous ne voulons pas prendre le risque de nous faire rincer en randonnant en fin d'après-midi. Sur le bateau nous serons à l'abri quoi qu'il arrive.

Nous préférons par conséquent assurer nos arrières, occuper la matinée à faire la randonnée aller et retour vers la petite église et consacrer l'après-midi à la croisière.

La météo est conforme aux prévisions, très belle… enfin !

Avant 8 heures, nous sommes prêts, sac sur le dos, chaussures aux pieds et bombe anti moustique dans la poche. Les maringouins n'ont qu'à bien se tenir.

Nous débutons par la traversée d'une très belle forêt de pins, couverte d'un tapis de buissons de myrtilles sur un chemin caillouteux encombré de racines.

Nous arrivons ensuite à proximité de plusieurs grands lacs dont le Pielpajärvi, bordés de magnifiques tourbières.

Sous les rayons du soleil, les grandes étendues d'eau se sont parées de couleurs toniques, allant du vert amande au bleu azur.

Régulièrement, notre chemin croise des pistes pour scooters dont le balisage se poursuit curieusement à travers le lac. Eh oui, en hiver, il est utile pour les motoneiges qui se déplacent sur le lac gelé.

De nombreux ruisseaux alimentent les plans d'eau colonisés par des herbiers impressionnants où domine le trèfle d'eau.

Cette composition aurait sans doute pu inspirer les Impressionnistes ;-)

L'eau est omniprésente, offrant au lédon des marais les conditions idéales pour s'épanouir.

Heureusement le parcours se fait sur des planches en bois quand le terrain est trop humide. Ce serait dommage d'abimer toute cette belle végétation.

Les moustiques, eux aussi friands de ce milieu, nous ont lâchés pour le moment mais c'est pour mieux nous attendre dans la dernière ligne droite.

En effet, arrivés dans la clairière occupée par la chapelle, nous coupons directement à travers la prairie en fleurs. Erreur fatale ! Les moustiques étaient tous en planque dans les hautes herbes, prêts à fondre sur nous, pauvres marcheurs.

Nous trouvons alors à l'intérieur de l'église un refuge momentané, le temps de nous ressourcer et de préparer la riposte.

Quelques mots sur cet édifice religieux : Il s'agit d'une église en bois, construite entre 1752 et 1760, flanquée de deux cabanes qui servaient à l'époque d'abri pour les fidèles (et qui servent de refuges de nos jours), derniers vestiges d'un village Sami.

L'église est toujours ouverte, il suffit de soulever le loquet et d'ouvrir les fenêtres pour y faire entrer la lumière (avant de tout refermer en partant). Un service religieux y est célébré de temps à autre, notamment à minuit le jour de la St Jean, c'est-à-dire dans quelques jours.

Après un petit moment de recueillement, nous allons jeter un œil à la cabane voisine où l'âtre encore chaud témoigne de son utilisation récente par quelque personne de passage.

Pas de flânerie sur le trajet retour, de sorte que nous arrivons au parking vers 11 heures après 10 kilomètres et un peu plus de 3 heures de marche, pauses comprises. Une très belle randonnée alliant nature, culture et histoire.

Les moustiques nous ont laissés tranquilles au retour. En revanche, deux oiseaux nous ont retenus un court instant Tout d'abord, un pluvier doré qui, par des manœuvres d'intimidation, a tenté de nous barrer le passage, sans doute pour protéger son nid. Puis, un oiseau qui ne nous a montré que son dos au plumage gris orné de touches orangées. Dommage qu'il ne nous ait pas montré son cou, car il semblerait que ce soit une gorgebleue à miroir.

Avec le beau temps et 16 degrés, les conditions sont idéales pour une promenade en bateau. L'embarcadère est situé juste à côté du musée sami.

Nous prenons place à l'avant du navire pour une excursion d'environ 3 heures.

Le lac d'Inari est le troisième plus grand lac de Finlande et comprend 3 300 îles.

A 13 heures pile, le catamaran Inari III sort du port et prend le large, glissant sur un plan d'eau aussi lisse et immobile qu'un miroir.

Il prend tout d'abord la direction de l'île d'Ukonselkä où il accoste une heure plus tard pour une vingtaine de minutes.

Nous grimpons à toute vitesse les marches en bois jusqu'au sommet de l'île pour profiter les premiers de la vue panoramique sur le lac constellé d'îlots.

Il y a quelques centaines d'années déjà, au milieu de l'été, les Samis faisaient cette même démarche, s'y rendant en barque au milieu de l'été pour y invoquer Ukko, le dieu de la chasse.

Quand une touriste attentive remarque un petit point au milieu de l'eau, tous les regards se braquent sur la surface du lac. Une embarcation ? Un nageur ? Effectivement, c'est un nageur mais pas humain. Avec ses bois caractéristiques, vous l'aurez sans doute reconnu.

Oui, c'est bien un élan ! Nous avons souvent espéré en voir un au bord d'une route, près d'un lac ou d'un marais mais jamais nous aurions imaginé en apercevoir un, ici, en plein milieu du lac d'Inari. C'est incroyable !

Une fois tout le monde de retour à bord, le bateau se dirige vers la rive opposée, le capitaine espérant retrouver la trace de l'animal mais celui-ci a dû s'enfoncer dans les bois depuis belle lurette.

Alors il reprend le cours normal de la croisière jusqu'au débarcadère de Pielpavuono. C'est là qu'il dépose un couple souhaitant rejoindre à pied l'église en pleine nature. Nous avions peur que la météo se gâte en cours d'après-midi. Finalement, il n'en a rien été, même si le ciel est maintenant de plus en plus couvert. Fin de la croisière à 16 heures. C'était très sympa et la rencontre de l'élan… extra-ordinaire !

Vu l'heure, nous pouvons envisager de rouler un peu, au moins jusqu'à Saarisselkaa, à 70 kilomètres où j'avais repéré un lieu de bivouac possible, au sommet du domaine skiable du Kaunispää (438 mètres).

Oui, oui, il y a bien du ski alpin en Finlande ! Vue sur les pistes de ski… et plus largement sur toute la région, du haut d'une tour d'observation.

Mais l'endroit très exposé nous apparaît trop venté pour y passer une bonne nuit. Alors nous n'hésitons pas faire 40 kilomètres de plus, afin de trouver à Vuotso un coin plus calme au bord de la rivière. Autre avantage : l'endroit est idéal par rapport à notre projet de demain.

Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres.

Tourbière près d'Inari

Tunturis finlandais, du Pyhä Nattanen au Taivaskero

J14 : Mercredi 22 juin 2016

Si la Finlande est un pays principalement de forêts, de lacs et de rivières, elle n'est pas pour autant un plat pays, du moins dans cette partie Nord. Régulièrement, de petites montagnes aux sommets dénudés culminant entre 500 et 800 mètres donnent du relief au paysage. On y jouit notamment de belles vues dégagées à des kilomètres à la ronde. En finnois, ces monts sont appelés tunturi.

C'est l'un de ces tunturis que nous nous apprêtons à gravir. Il s'agit du Pyhä Nattanen, à ne pas confondre avec Vatanen, le héros des romans du finlandais Arto Paasilinna ;-)

Pour rejoindre le point de départ de la randonnée, il faut emprunter, juste au nord de la rivière, une piste de terre très praticable sur une douzaine de kilomètres.

Au parking, il y a déjà une voiture alors qu'il est à peine 7 h 30. Des gens seraient encore plus matinaux que nous ?

Côté météo, il fait beau avec 13 degrés, ce qui fait aussi le bonheur des moustiques, prompts à nous attaquer à peine descendus de notre fourgon.

Le guide du Routard annonce un parcours de deux kilomètres difficiles avec 300 mètres de dénivelé.

Or le départ, dans une forêt dense, se poursuit par la traversée de marais sur des planches en bois. Pour l'instant je ne vois pas vraiment de difficulté !

… et finit par une approche dans la caillasse et les racines, demandant certes un peu d'effort mais pas la mer à boire ! En trois quarts d'heure, la montée est pliée !

Le même guide vante la vue inoubliable, je confirme !

… et précise que même en plein été, il souffle un vent glacial sur ces hauteurs dénudées, je confirme aussi ! Coupe-vent et capuche indispensables ! La bonne nouvelle, c'est qu'à cette altitude (508 mètres) il n'y a déjà plus de moustiques.

Le refuge, bien équipé, nous offre alors un abri bienvenu, le temps de nous réchauffer un peu.

Nous aurions ensuite pu retourner par le même chemin mais comme il existe une variante et que nous aimons bien varier…

Hum, si on avait su… car la variante traverse un éboulis rocheux très accidenté dans lequel nous avons l'impression de ne pas avancer. Une fois sortis de là, nous rencontrons un terrain inondé, non aménagé, dans lequel nous nous enfonçons par moments jusqu'à la cheville. Sans parler des moustiques qui reviennent à la charge en atteignant une altitude à nouveau plus basse et la végétation gorgée d'eau à laquelle nous nous frottons au passage.

Bref, si on avait su, on n'aurait pas v'nu comme dirait l'autre ;-)… mais repris au retour le même chemin qu'à l'aller. Sur la base de l'aller/retour par le même itinéraire, c'est une très belle randonnée, facile, courte, avec à la clé une magnifique vue panoramique.

La boucle est plus sportive, surtout après les pluies tombées ces derniers jours. Elle nous a demandé 3 heures et 7,1 kilomètres avec un dénivelé de 210 mètres. Elle nous coûte surtout des chaussures à nouveau trempées à l'extérieur comme à l'intérieur et des pantalons mouillés jusqu'aux cuisses. Conséquence : pas d'autre randonnée possible dans la journée.

Dans ces conditions, autant en profiter pour rouler. Ça tombe bien, c'est ce qui est prévu. Pour rejoindre notre prochaine destination, au cœur du parc national de Pallas-Ounastunturi, 250 kilomètres nous attendent. Il est seulement 11 heures, nous avons le temps de nous avancer jusqu'à mi-route avant le déjeuner c'est-à-dire jusqu'à la petite ville de Sodankylä.

Le trajet sur la E75, large et roulante, se fait à bon train malgré le flux important de camping-cars sur cet axe, le plus court vers le cap Nord pour la majorité des conducteurs européens. Pendant ce temps, nos chaussures exposées derrière le pare-brise amorcent leur séchage.

Rien de particulier à voir à Sodankylä mais, pour nous, un passage en ville précieux, mis à profit pour régler l'intendance.

Pendant que notre linge tourne dans la machine de l'hôtel Bear Inn, nous faisons à Lidl les courses les moins chères de notre voyage, déjeunons sur le parking voisin, passons chez l'opticien faire réparer des lunettes, au magasin de sport pour nous renseigner sur les filets de tête anti moustiques (qu'au final nous n'achèterons pas) avant de retourner à l'hôtel bénéficier de la WIFI.

Une fois toutes ces tâches accomplies, il nous reste la deuxième moitié du parcours à effectuer. Le point de chute est prévu dans les environs de Muonio, pas loin de la frontière suédoise, au pied du massif du Pallastunturi.

Nous échouons plus précisément devant l'hôtel Pallas, un hébergement isolé en pleine nature au pied de la montagne, à 459 mètres d'altitude. Il fait un temps magnifique et 19 degrés. Si nos chaussures n'étaient pas trempées, nous serions sans doute partis randonner immédiatement. L'hôtel est le point de départ d'un beau réseau de sentiers en été et de pistes de ski en hiver.

A défaut de profiter de son environnement, nous profitons pour le moment de son restaurant. Au menu lapon, un tartare de renne servi avec des champignons et des lichens (très bon mais portion un peu chiche même pour une entrée). En revanche, l'omble chevalier du lac d'Inari sur lit de purée de choux-fleurs et la crème brûlée aux myrtilles, tous les deux délicieux, rattrapent largement l'entrée et font de ce dîner un des meilleurs de notre voyage. Avec une bouteille de riesling à deux, il valait mieux que le Vany ne soit pas très loin ;-)

Nuit sur place sous un ciel sans nuage et un soleil radieux !

Distance parcourue dans la journée : 283 kilomètres.

Au sommet du Pyhä Nattanen

J15 : Jeudi 23 juin 2016

Bonne nouvelle, nos chaussures de randonnée sont sèches.

Voyons à présent si le temps est toujours aussi dégagé qu'hier soir. Pas tout à fait ! Nuages et éclaircies se partagent le ciel. Tout est de savoir qui des deux aura le dessus.

En prenant le départ vers 8 h 30, nous avons tout de même l'impression qu'il va faire beau. Altitude du parking : 450 mètres.

Dans notre viseur, le Taivaskero, point culminant du massif du Pallastunturi, à 806 mètres d'altitude.

Pour l'atteindre, le chemin balisé par des poteaux surmontés de croix de St André prend progressivement de la hauteur à travers une toundra dénudée. Il n'y a déjà plus d'arbres à cette altitude, de moustiques non plus.

L'itinéraire est pour le moment commun avec le sentier de grande randonnée Pallas-Hetta, l'un des plus prestigieux de Laponie, qui en 55 kilomètres passe par les sommets de plusieurs tunturis.

Au bout d'une heure, quand il s'en écarte, il nous reste une dernière grimpette à gérer avant d'atteindre un large plateau recouvert d'un amas rocheux au milieu duquel le sommet aurait pu passer inaperçu s'il n'était matérialisé.

C'est ici que, le 6 juillet 1952 aux rayons du soleil de minuit, fut allumée la flamme olympique des Jeux de Helsinki. Une plaque commémore cet événement.

Depuis le sommet, la vue embrasse un panorama époustouflant : forêts, lacs et croupes montagneuses à perte de vue avec l'hôtel Pallas à nos pieds.

La randonnée en boucle prend ensuite la direction du sud, passe au pied d'un autre tunturi, le Laukukero, où nous surprenons un couple de lagopèdes en goguette.

A partir de là, l'hôtel nous sert de repère pour tracer à vue dans une pente parfois raide jusqu'à destination. Bilan : 8,5 kilomètres, 2 heures et demie, dénivelé 375 mètres.

Sur le parking, une famille de rennes nous fait son cinéma.

Nous espérions déjeuner en plein air sous les 17 degrés ambiants mais les moustiques voraces nous obligent à un repli immédiat dans le fourgon.

Cette dernière randonnée marque aussi la fin de notre séjour en Finlande qui, au final, nous a réservé de belles surprises. Ce soir, nous serons en Suède, à proximité de Gällivare.

L'itinéraire le plus court coupe en diagonale via des routes secondaires mais Hervé a peur qu'elles soient étroites et peu roulantes. Il préfère nous faire passer par les grands axes, un trajet plus long en kilomètres mais d'après lui plus court en temps.

A Muonio, en traversant la frontière, nous retardons nos montres d'une heure. Appréciable vu notre timing chargé !

Le début du trajet en Suède est agréable, à travers des forêts de pins majestueux et de grandes prairies en fleurs sous des températures de plus en plus chaudes, jusqu'à 21 degrés en cours de route. Jusqu'ici tout baigne !

En cours de route, un champ de linaigrettes ou "fleurs à coton".

Mais c'est sans compter sur une importante zone de travaux. Or quand les Suédois font des travaux, ils ne vont manifestement pas jusqu'à leur terme. Nous tombons donc sur une route en attente d'asphaltage, couverte de gravier grossier, presque du gravier de ballaste. Pas sur une courte distance, mais sur plus de 15 kilomètres, une éternité dans ces conditions. Rouler sur cette surface est un calvaire pour le camping-car. Il faut rouler en seconde, en redoutant la crevaison en permanence. D'ailleurs plusieurs véhicules sont immobilisés sur le bas-côté, pneus crevés.

Le retour sur l'asphalte sonne comme une libération et l'arrivée à destination est un soulagement.

Après un après-midi à conduire, nous sommes heureux de poser le fourgon sur les hauteurs de Gällivare, au sommet du domaine skiable du Dundret (730 m), pour une soirée de détente.

La ville réputée pour ses mines de cuivre et de fer s'étend juste à nos pieds, mais c'est pour la nature environnante que nous avons choisi cet endroit. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls.

Le paysage rocailleux et dénudé inspire aussi nos voisins de parking. Lui équipé d'un drone, elle revêtue d'une robe de bure, capuche pointue et mains dans les manchons, trouvent manifestement ce décor minéral parfait pour leur scénario. Elle déambule dans son drôle d'accoutrement pendant que lui la filme à l'aide d'un drone.

Le ciel orageux ajoute une note dramatique à l'ambiance.

Cette luminosité particulière nous incite à explorer à notre tour la croupe rocheuse qui se dresse devant nous. Petite balade vespérale jusqu'au sommet du Stora-Toppen (820 mètres d'altitude), coiffé de deux abris pour randonneurs. Vue sur la taïga environnante.

Après le départ des dronistes, nous pensons rester seuls sur place. Mais c'est sans compter sur l'arrivée tardive de trois camping-cars d'où descend toute une ribambelle d'enfants, prompts à mettre un peu d'animation sur le petit parking.

Plus tard, dans notre demi-sommeil, nous entendrons encore quelques visiteurs temporaires, attirés par le soleil de minuit. Le Dundret bénéficie d'un succès que nous ne soupçonnions pas ;-)

Distance parcourue dans la journée : 308 kilomètres

Rennes en goguette !

Kvikkjokk (Suède), randonnée dans le massif du Snjerak

J16 : Vendredi 24 juin 2016

Grand beau temps aujourd'hui et déjà 16 degrés à 8 heures du matin. Notre séjour en Laponie suédoise se présente sous les meilleurs auspices.

Alors dépêchons-nous de rejoindre notre étape suivante, à savoir la petite station de montagne de Kvikkjokk, située au bout d'une route en cul-de-sac en bordure des prestigieux parcs nationaux de Padjelanta et Sarek ainsi que sur le tracé du non moins célèbre sentier de grande randonnée de Kungsleden.

Ce n'est pas tout à fait la porte à côté, le trajet va occuper toute la matinée.

Alors que la radio annonce la volonté des Britanniques de quitter l'Union européenne, nous faisons route sur la E45 en suivant la rivière Lule sur laquelle ont été érigés plusieurs barrages de grande envergure, sujets de tensions, par le passé, entre le gouvernement suédois et les Samis privés de leurs terres inondées.

La circulation est particulièrement light en ce vendredi matin et les quelques localités traversées étonnamment désertes. Pourtant, à la sortie de l'une d'elles, un véhicule nous fait des appels de phares. Tiens, un contrôle de police ? Même pas, juste un troupeau de rennes qui fait son numéro en plein milieu de la voie ;-)

Au carrefour où notre trajet quitte la E45 pour prendre la direction de Kvikkjokk, nous avons atteint le point le plus méridional de notre voyage.

A partir de ce carrefour, cap légèrement vers le nord-ouest sur une petite route pittoresque serpentant entre forêts, prairies et habitations isolées sans jamais quitter (ou presque) la rive d'un lac ou d'une rivière.

A son extrémité, au bord du lac Saggat et du delta des rivières Tarra et Kamajokk se blottit le minuscule village de Kvikkjokk, au pied d'une prestigieuse chaîne montagneuse dont certains sommets sont encore couronnés de neige.

Nous avons prévu de passer deux jours dans ce coin reculé.

Deux parcs nationaux, parmi les plus grands d'Europe, entourent le village, en l'occurrence Sarek et Padjelanta qui figurent depuis 1995, au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils ne sont accessibles qu'à pied à l'issue de plusieurs jours de marche, tout comme la Kungsleden, la Voie Royale, un sentier de grande randonnée de 425 kilomètres, divisé en quatre parties de sept jours chacune, dont l'un des tronçons passe également par le hameau.

Alors, que sommes-nous venus faire ici ? Du trekking ? Non, juste des randonnées à la journée. Car si Kvikkjokk est considéré comme la Mecque des randonnées longues, le village est également le point de départ de quelques randonnées à la journée. C'est pour cette raison que nous l'avons sélectionné.

Une fois le fourgon garé sur le parking au bout du village, au bord de la tumultueuse rivière Kamajokk, en avant vers le massif du Snjerak, plus précisément vers celui de ses trois sommets surnommé "Tourist Summit" à 805 mètres d'altitude.

Il est 13 heures, il fait un temps magnifique avec un thermomètre dépassant les 20 degrés. Première vue au cours de la montée, bien raide.

Du "sommet pour touristes", vue imprenable sur le delta, la croupe du Nammatj (au milieu) et les massifs du Sarek et du Tarrekaise à l'arrière-plan.

Depuis le départ, nous suivons un chemin bien balisé qui se termine en surplomb d'un lac que nous atteignons au bout d'une petite heure. Arrivés à ce point, le retour se fait par le même chemin. Déjà ?

Trouvant que la balade manquait de piquant à ce stade, nous nous offririons bien un petit bonus pour prolonger le plaisir. Qu'à cela ne tienne !

Nous avions téléchargé sur notre GPS la trace d'un circuit en boucle trouvé sur Wikiloc. Vous nous voyez venir !

Nous tentons par conséquent de suivre ce tracé ou plutôt l'absence de tracé… sur le terrain. Aucune indication sur place ne fait mention d'une quelconque boucle.

Après quelques centaines de mètres à marcher à vue, nous récupérons une petite sente qui grimpe sur une crête d'où nous jouissons de bien meilleures vues encore sur le Sarek.

Mais quand la sente disparaît à nouveau, le parcours se complique un peu.

Guidés par le GPS, nous gambadons alors à vue dans des pentes buissonneuses, nous frayant un passage au travers d'un inextricable bois de bouleaux nains avant de finir par retomber sur nos pieds dans la dernière ligne droite jusqu'au village.

Hum, on voulait du piquant ?

Cela dit, on ne regrette pas ce choix, ravis d'avoir pu accomplir cette très belle boucle de 12 kilomètres en 3 heures et demie avec 550 mètres de dénivelé.

Conseil : pour une balade simple et facile choisissez l'aller/retour par le même chemin. Pour y ajouter comme nous une pointe de piquant, fiez-vous à Wikiloc ;-)

Une fois de retour, nous espérons nous détendre en profitant de la douceur ambiante. C'est sans compter sur une panne sèche de gaz. Le remplacement de la bouteille est inévitable. Une opération simple et rapide en principe, sauf que, dans le cas présent, le modèle pas tout à fait identique au précédent, fait de la résistance au point qu'il nous faut appeler à la rescousse deux camping-caristes suédois tout aussi désarmés.

En dernier recours, nous laissons un message au loueur, persuadés qu'il nous a fourni une bouteille inadaptée. Au final et à force d'acharnement, Hervé finit par dompter le système et à faire fonctionner la bouteille. Ouf ! On se voyait déjà devoir retourner à Jokkmokk à 100 kilomètres pour trouver du gaz.

Bref, voilà une tâche qui nous a fait perdre toute la soirée… ou presque. Pour qu'elle ne soit pas tout à fait gâchée et avant le dîner dans le fourgon, nous nous accordons un moment de relâche pour l'apéro à la Fjällstation, le seul hébergement de Kvikkjokk. Nous trinquons en plein air au bord de la rivière : c'est l'été en Suède !

Par la même occasion, nous préparons notre journée de demain pour laquelle nous avons besoin d'un transfert en bateau. Rendez-vous est pris avec BJörn pour demain.

Distance parcourue dans la journée : 212 kilomètres.

Vue sur le Sarek depuis le sommet du Snjerak

Kvikkjokk, randonnée vers du Prinskullen et bateau dans le delta

J17 : Samedi 25 juin 2016

Pas de route à faire ce matin. Le Vany reste sagement sur le parking pendant que nous allons découvrir un autre sommet facile, dominant le village.

Le point de départ du trail se situe sur la rive opposée de la rivière. Pour ce court transfert en bateau, nous avons fait appel à Björn qui nous a fixé rendez-vous à 9 h 20, toujours sur le même parking. Nous nous attendions à le voir arriver en voiture, mais c'est de la forêt qu'il émerge à pied, nous conduisant d'abord le long de la rivière Kamajokk jusqu'à la Fjällstation pour récupérer d'autres clients.

Au passage, il nous indique le meilleur point de vue sur les rapides.

Nous sommes sept à monter dans son petit canot à moteur : un couple allemand, une randonneuse suédoise, un jeune couple finlandais et nous, mais chacun avec un but différent.

Les Allemands et la Suédoise veulent aller vers Nammatj. Les Finlandais sont les plus ambitieux avec la montée au Kaskaivo (22 kilomètres et 12 heures aller/retour) dont le point de départ se situe à trois kilomètres en amont de la rivière. En ce qui nous concerne, nous avons juste besoin d'être déposés sur la rive opposée au point de départ vers Prinskullen, la "colline du prince".

Mais Börn nous propose (for a good price, dit-il) que nous accompagnions d'abord les autres personnes jusqu'à leurs points de dépose afin de découvrir, par la même occasion avant notre randonnée, une partie du delta. C'est d'accord. Par cette très belle journée, c'est le moment d'en profiter.

De la rencontre de la rivière Tarra et des rapides de la Kamajokk est né un delta unique et verdoyant formé et régulièrement transformé par l'accumulation de sédiments transportés par les eaux tumultueuses des cours d'eau.

Pendant que Björn nous livre quelques informations sur la région, passant avec aisance de l'anglais à l'allemand, avec même quelques mots de français, le canot s'engage dans un canal étroit, à la végétation luxuriante et touffue, sur un miroir d'eau où se reflètent à la perfection les silhouettes élancées de quelques feuillus.

Les grands arbres ont l'air de se prosterner, formant une haie d'honneur sur notre passage.

Quand le rideau d'arbres s'ouvre, la perspective s'élargit, laissant apparaître le profil râblé du mont Nammatj… … ou la calotte imposante d'une montagne plus éloignée.

Une fois tous nos corandonneurs déposés, quand le bateau revient au niveau des rapides, le moment est venu pour nous de débarquer.

Il est maintenant 10 h 45. Nous nous mettons d'accord avec Björn sur l'horaire du retour (16 heures) et attaquons aussitôt la montée.

Comme d'habitude, l'accès au sommet passe par la traversée d'une forêt de bouleaux, en l'occurrence ici sur un sentier bien tracé, conçu au milieu du XVIIème siècle par les mineurs allant exploiter des filons d'argent dans les massifs du Sarek et du Padjelanta.

Au sortir de la forêt (à 650 mètres d'altitude), il nous reste à franchir une série de dalles rocheuses disposées en gradins avant d'accéder au cairn pyramidal du sommet.

Depuis ce balcon, la vue est saisissante sur la chaîne montagneuse s'étendant à perte de vue ainsi que sur le delta au premier plan, véritable mosaïque de lagunes, de lacs, de canaux, de prairies, de bois et de marais.

Il est midi. Le belvédère est l'endroit parfait pour un pique-nique et un bain de soleil, débarrassés de nos chaussures, les doigts de pied en éventail.

Mais au bout d'une heure, l'envie de bouger nous démange à nouveau.

Le guide Rother mentionne une possibilité de poursuivre (ah, chouette) sur un sentier non balisé, en direction de Vallespiken, aboutissant à des enclos à rennes à 867 mètres d'altitude. Durée annoncée : une heure.

Voilà qui fait notre affaire !

Nous cédons le sommet à trois ou quatre poursuivants, preuve que Björn a dû opérer une rotation supplémentaire, et prenons la direction du nord-ouest.

Devant nous, la chaîne imposante du Vallespiken et ses dômes encore zébrés de neige nous servent de points de repère.

Ce rocher erratique déposé là par quelque troll musclé tient lieu à la fois de terminus et de tour d'observation. Les enclos à rennes (vides) sont visibles à l'arrière-plan.

Pour retourner vers Prinskullen, il suffit alors de suivre ce collier de nuages comme autant de cailloux semés dans le ciel par le petit Poucet. Ils mènent droit au point de vue.

Avant le retour au débarcadère, nous nous accordons une dernière pause pour profiter du panorama et de l'absence de moustiques à cette altitude.

A l'issue de la descente, nous flânons un peu dans cette belle prairie fleurie.

Cachées dans les herbes hautes entre les brassées de graminées, on peut y découvrir des ruines de soubassements du village de Kvikkjokk, jadis établi de ce côté-ci de la rivière. Mais pas le temps de nous attarder, nous percevons déjà le ronronnement du bateau de Björn.

L'homme est aussi ponctuel qu'une montre… suédoise ou peut-être suisse car il arrive accompagné de quatre clients helvètes (+ les deux Allemands de ce matin) qui souhaitent faire une visite plus approfondie du delta.

Il nous propose (toujours "for a good price") de nous joindre à cette nouvelle visite. Why not ? Il n'est que 16 heures, il fait super beau, alors approfondissons !

Pour commencer, le canot va se frotter aux remous des rapides, surfant au bord des eaux tumultueuses, dans un vacarme assourdissant. C'est le prétexte pour Björn d'ajouter un soupçon d'adrénaline à un parcours par ailleurs pépère.

Après le bouillonnement des rapides, le retour au calme est d'autant plus apprécié. L'embarcation file au gré des canaux jusqu'au bassin d'une immense lagune avant de revenir par des bayous plus intimes aux allures de jardin.

Trois quarts d'heures plus tard, le bateau accoste à Kvikkjokk. Fin d'une excellente journée entre randonnée panoramique et balade au fil de l'eau sous une chaleur estivale. 24 degrés, un record !

Après cette journée bien remplie, pouvons-nous espérer une soirée de détente ? Pas vraiment, car après la panne de gaz hier, aujourd'hui c'est la panne d'eau. Au camping de Kvikkjokk, le gérant est peu enclin à nous en fournir, même en payant. Réservant le service à ses clients, il nous dirige vers le village voisin d'Årrenjarka (à 15 kilomètres).

De toute façon, il était prévu ce soir d'avancer un peu dans notre parcours, alors avançons au moins jusque là. Pour être exact, la suite de notre voyage oblige en réalité à rebrousser chemin et ce, jusqu'à… Gällivare.

Après un dernier apéro à la Fjällstation, bye, bye Kvikkjokk.

A Årrenjarka, nous trouvons de l'eau à disposition, nous voilà sauvés. Il ne reste plus qu'à se trouver un coin sympa pour la nuit. Pas évident, car de la route ne partent que des chemins privés desservant tous des habitations isolées.

Pourtant, après le hameau de Tjåmotis , l'un de ces chemins a l'air de s'enfoncer plus profondément dans les bois jusqu'à la berge d'un lac.

Ô surprise, nous y trouvons déjà un autre camping-car, français de surcroît. Immatriculés dans le Calvados, ses occupants ont déniché ce coin lors d'un voyage précédent et y reviennent avec plaisir à chacun de leur périple. Ils auraient sans doute préféré garder l'emplacement pour eux tout seuls mais le partagent bien volontiers avec nous.

L'endroit est un havre de tranquillité et de sérénité. Voilà toutes les conditions réunies pour passer une belle soirée et une bonne nuit.

Distance parcourue en voiture : 53 kilomètres. En randonnée : 12,6 kilomètres, dénivelé de 530 mètres.

Vue sur le delta depuis le sommet du Prinskullen

De la ville en sursis de Kiruna au canyon d'Abisko

J18 : Dimanche 26 juin 2016

Comme prévu, la suite de notre voyage implique un retour sur nos pas jusqu'à Gällivare avant de continuer, via la ville minière de Kiruna, jusqu'aux abords d'Abisko où nous prévoyons d'arriver en fin d'après-midi. Ceci, dans le but de rejoindre dans quelques jours la Norvège au niveau de Narvik et d'enchaîner avec les îles Lofoten.

C'est par conséquent une longue étape de plus de 350 kilomètres qui nous attend. En sachant que les déplacements se font uniquement sur des routes nationales, qu'à tout moment on peut être ralenti par des travaux ou par des troupeaux de rennes, qu'avec un camping-car on a tendance à s'arrêter plus souvent qu'avec une voiture, pour faire le plein d'eau, pour vidanger les eaux sales, pour faire des courses… Bref, il vaut mieux ne pas être pressés. Pour couvrir la distance, nous comptons un minimum de sept heures, sans les arrêts.

Dans ces circonstances, un départ à 6 h 30 paraît tout à fait indiqué et le trajet plus supportable s'il est fractionné.

C'est pourquoi entre les pauses techniques, photographiques, logistiques et touristiques, nous ne lésinons pas sur les arrêts.

Première pause, une heure et demie après notre départ, tout près de Porjus, où nous dédions quelques minutes aux parois étagées de ce profond canyon cachant en son sein une rivière qu'on ne saurait voir ;-)

Dans le centre de Porjus, nouvel arrêt, cette fois pour accomplir des tâches plus ingrates mais indispensables au bon fonctionnement d'un camping-car. Je ne vous fais pas de dessin !

Près de trois heures après notre départ, nouveau prétexte pour nous arrêter : l'apparition de cet étonnant nuage en forme de feu d'artifice ou de bouquet. Nous avions déjà vu ce type de nuage lors de notre précédent voyage sur la route de la Côte au sud de Bodø, mais jamais dans d'autres pays. Curieux, non ? Cette forme de nuages serait-elle propre à ces régions arctiques ? Ou serait-elle l'œuvre d'un avion ?

10 heures, c'est l'heure de la collation et d'une nouvelle pause sur l'aire de pique-nique de Lappesuando, 50 kilomètres au nord de Gällivare. Voilà de quoi nous faire tenir jusqu'aux abords de Kiruna où nous arrivons pour l'heure du déjeuner.

Juste après le repas, visite au pas de course du centre-ville voué à l'engloutissement en raison du développement de la mine de la LKAB exploitant le plus grand gisement de minerai de fer au monde.

Dans les vingt années à venir, il est prévu de déplacer la ville de quelques kilomètres vers le nord-ouest, à commencer par le centre. Un tiers des habitants sont concernés, soit plus de 6 000 personnes, mais aussi tous les commerces du centre, l'hôtel de ville, l'hôpital, l'église, la bibliothèque, des écoles, des lycées… C'est impressionnant !

Dans le hall de l'hôtel de ville, une maquette donne une idée des secteurs concernés.

Le fer est à l'honneur partout dans la ville. Kiruna lui doit à la fois son existence, sa mort annoncée et à terme sa renaissance !

Cela fait maintenant 8 heures que nous sommes en route alors vivement notre arrivée aux abords d'Abisko pour pouvoir nous dégourdir plus longuement les jambes.

Une fois sur place, nous ignorons le village pour nous diriger quelques kilomètres plus loin vers Abisko Tourist Station regroupant un hébergement, une gare, un centre pour visiteurs et un télésiège accédant aux sommets, le tout à l'entrée du parc national du même nom.

Pour le télésiège, nous arrivons trop juste. La dernière montée a lieu à 16 heures, mais plus de descente possible, hormis à pied ce que nous excluons, pas convaincus de son intérêt.

En lieu et place, nous improvisons une balade en boucle de la forme d'un huit, autour du canyon et du delta de la rivière Abiskojakka, un parcours inspiré du guide Rother mais librement adapté à notre forme après 10 heures de route.

Dans l'immédiat et sans quitter le parking, il suffit de tourner la tête vers le sud-ouest pour apercevoir la vue la plus photographiée de la région, la vallée de Lapporten ("porte de la Laponie") en forme de "u" évasé, à l'arrondi presque parfait. Une image qui laisse présager des beautés naturelles de toute cette région.

Parmi les incontournables, il y a bien sûr le canyon que nous abordons dans un premier temps vers l'amont tout en longeant la rive ouest du cours d'eau.

Le parcours, en partie sur des planches, nous réserve de belles vues sur les eaux tourbillonnantes du torrent mugissant.

A la première intersection, nous amorçons déjà la direction du retour, quittant le bord de l'eau par un chemin de traverse pour revenir au point de départ par un "nature path".

Du plus éloigné au plus proche, notre regard retient… … cette belle chaîne montagneuse que la neige recouvre encore d'un blanc manteau , … ce dôme au galbe et à la texture parfaitement parfaits, … ainsi qu'un tapis de myosotis couvrant les pieds de ces bouleaux tordus.

La première boucle de notre huit se termine sous le porche d'entrée de la Kungsleden, ce sentier de grande randonnée dont on avait déjà croisé le tracé la veille à Kvikkjokk. Nous aurions donc pu venir à pied jusqu'ici depuis notre destination précédente ;-)

Passons à présent à notre deuxième boucle qui suit la rive Est du cours d'eau, côté aval, nous livrant un nouvel aperçu du canyon sous un angle un peu différent.

Puis, quand le torrent se jette dans le lac Torneträsk aux allures de fjord, notre balade s'achève en surplomb du delta, avant un passage par la station touristique.

Retour au point de départ après 7,2 kilomètres en 2 heures et demie avec un dénivelé insignifiant (ou presque) de 80 mètres. Bref, une balade pépère de fin d'après-midi pour ménager nos vieux os !

A propos de fin de journée, c'est le moment de nous préoccuper de notre lieu de bivouac. Les parkings du télésiège, du centre des visiteurs et de la gare sont interdits au stationnement durant la nuit. En touristes disciplinés, nous respectons scrupuleusement la mesure contrairement à plusieurs autres camping-caristes, locaux de surcroît, dont les installations trahissent leur intention manifeste d'y passer la nuit.

Néanmoins, en vue d'autres activités prévues demain à Abisko, nous n'aimerions pas trop nous éloigner. Quelques kilomètres à l'est de la station touristique, sur l'aire de repos de Tornehamn, nous trouvons notre bonheur. Le stationnement est toléré pour 24 heures, c'est plus qu'il n'en faut !

La chaleur reste d'actualité, nous permettant de rester en short même en soirée. La région a la réputation d'être la plus sèche de Suède. Pourvu que ça le reste !

Distance parcourue dans la journée : 394 kilomètres.

Canyon d'Abisko

Abisko : télésiège vers Nuolja et randonnée au lac Trollsjön

J19 : Lundi 27 juin 2016

Cette journée d'aujourd'hui n'était pas véritablement programmée mais gardée en réserve au cas où nous aurions de l'avance. Or nous avons toujours 24 heures d'avance sur notre planning, c'est le moment d'en profiter tant que la météo reste clémente et avant une possible dégradation en soirée. Zut !

Pour le moment, n'y pensons pas et profitons-en à fond ! Déjà 16 degrés (22 plus tard dans la journée) malgré un ciel très légèrement voilé en ce début de matinée.

Nous sommes les premiers devant le télésiège d'Abisko mais pendant que nous attendons son ouverture dans notre véhicule, nous nous faisons griller la politesse par deux fillettes et leur maman qui seront les premières à filer vers le sommet.

Le télésiège nous fait alors passer en une vingtaine de minutes de 385 mètres à 850 mètres.

A partir de là, il faut continuer à pied si l'on veut atteindre le mont Nuolja à 1169 mètres, en comptant environ trois quarts d'heure pour la montée.

Pendant que nous nous attardons un peu autour de la station d'arrivée, les filles et leur maman nous distancent encore un peu plus. Mais quand les petites finissent par traîner les pieds, réclamant une pause et un goûter, nous les dépassons allègrement, ravis de partager la primeur du sommet avec ce seul cairn à la forme humaine appelé inukshuk dans d'autres contrées.

Magnifique vue sur le lac Torneträsk, celui dans lequel se jette la rivière Abisko.

A l'issue de cette randonnée de 4 kilomètres avec un dénivelé de 350 mètres, le télésiège nous ramène à Abisko sur les coups de midi.

Un timing parfait qui nous permet, après le déjeuner, d'envisager une deuxième randonnée dans l'après-midi Elle me tient tout particulièrement à cœur. Sur le papier, cette traversée de vallée à destination du lac Trollsjön paraissait magnifique. Voyons ce qu'elle vaut sur le terrain !

Son point de départ se trouve sur la route E10, à 25 kilomètres à l'est d'Abisko. Il faut se garer sur le bord de la route. Dans notre sens de circulation, toutes les places sont déjà occupées. Il faut donc faire un demi-tour en plein milieu de l'E10 pour aller nous garer de l'autre côté de la route.

Pour trouver l'entrée de la vallée, il faut d'abord traverser un petit bois de bouleaux où sont planqués quelques moustiques avides (mais ça c'est habituel). Plus inhabituel, il faut dans le cas présent traverser la voie ferrée de la ligne Kiruna – Narvik en faisant attention aux trains, nombreux, mais heureusement sonores.

Une fois ces deux obstacles franchis, la vallée est à nous !

Comme la montée est progressive et régulière avec un gain d'altitude bien réparti, nous avançons d'un pas vif sur un sentier engazonné déroulant son tapis de verdure au pied d'une table rocheuse face à des dômes marbrés de neige.

En revanche, nous sommes étonnés de ne pas trouver grand monde sur le chemin. On aurait pourtant pu croire le contraire au regard du nombre de voitures garées sur la route, mais leurs occupants ont sans doute préféré une vallée voisine propice au trekking. Nous voilà bien tranquilles de notre côté. Nous finissons par rattraper un groupe de quatre personnes, des Suédois, un homme et trois femmes, plus lents que nous, l'une des femmes avançant comme une tortue, encore plus démoralisée quand nous lui annonçons qu'elle n'est qu'à moitié route. Nous avons bien cru qu'elle allait abandonner, ce qui aurait été dommage car juste après, nous atteignons la partie la plus spectaculaire du parcours.

Au fond de la vallée apparaît une gigantesque moraine latérale déroulant son rouleau compresseur à perte de vue et charriant des blocs rocheux dans un chaos indescriptible.

l'arrière-plan, les massifs montagneux lacérés de neige nous font penser aux montagnes du Landmannalaugar en Islande

Sur cet univers fantasmagorique de blocs renversés, de dalles dressés, de rocs brisés, de roches tourmentées veille le maître des lieux, un monstre de pierre hybride, tête au profil humain sur corps de dragon.

Il annonce ce pour quoi nous sommes venus jusqu'ici : le lac Trollsjön, caché dans le creux de ce cirque montagneux.

Sur ses eaux couleur soufre, qu'on dit être les plus claires de Suède, flottent quelques icebergs qui font de la résistance en ce début d'été.

Nous aurions aimé nous attarder dans cette vallée perdue mais le ciel finit par se couvrir, nous faisant redouter un orage.

Après une dernière incursion au cœur de la moraine, nous saluons les derniers trolls de pierre, implorant leur dieu de bien vouloir nous épargner d'un retour sous la pluie.

Manifestement, nous avons été entendus ! Non seulement il n'a pas plu mais nous avons même été crédités d'un peu de ciel bleu, nous permettant d'apprécier au passage ce névé aux allures de meringue saupoudrée de cacao.

Après avoir retraversé la voie ferrée, le Vany nous voit de retour vers 17 h 30 au bout de 11,6 kilomètres soit 3 heures et demie pour un dénivelé de 470 mètres.

Nous avons adoré cette vallée enchantée peuplée de trolls et ce lac d'un bleu intense, une de nos plus belles randonnées en Suède et peut-être même du voyage.

Cette balade est aussi la dernière en Suède On peut d'ores et déjà affirmer que ce séjour a été une totale réussite aussi bien dans le choix des destinations que des activités. La météo parfaite a participé de ce succès.

Nous ne sommes plus maintenant qu'à une dizaine de kilomètres de la frontière. Notre journée s'achève côté norvégien, après avoir posé le camping-car sur une aire très champêtre bordée de marais couverts de linaigrettes au pied de petites collines rocheuses.

L'orage redouté finit par éclater dans la soirée. Bien à l'abri dans le camping-car, nous ne craignons plus rien mais ce n'est pas de bon augure, la veille de notre étape vers les îles Lofoten. ;-)

Distance parcourue dans la journée : 52 kilomètres.

Lac Trollsjön

La suite se trouve dans... le message 2 (juste au-dessous)
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Îles Lofoten : de Henningsvær à Unstad entre nuages et soleil

J20 : Mardi 28 juin 2016

A ce stade de notre voyage, nous voilà à nouveau bien calés dans notre planning. En réalité, nous avons même une demi-journée de retard, car hier soir nous aurions dû nous trouver à proximité d'Evenes, aux portes des îles Vesteralen et Lofoten. Est-ce pour cette raison que notre réveil interne sonne à 3 heures du matin pour un départ deux heures plus tard ?

Il n'y a pourtant pas urgence. Nous avons toute la journée pour faire le trajet et sept jours au total à consacrer aux îles, d'autant que la météo n'est pas spécialement enthousiasmante. 12 degrés et des nuages bas :-(

Avec sept jours d'affilée de beau temps dans ces mêmes îles et un séjour idyllique en juin 2014, la barre est placée très haut. Atteindrons-nous le même degré de satisfaction cette fois ? Nous l'espérons.

Allez, c'est parti sur la route E10 du début jusqu'à la fin. Dans l'immédiat, elle nous fait passer des montagnes à la mer en sinuant dans un environnement minéral couvert de lacs sombres bordés de coquettes maisons aux couleurs pimpantes.

Après avoir passé le premier et seul tunnel payant de notre voyage, nous atteignons les bords de fjord, pas loin de Narvik.

Cela fait moins de deux heures que nous sommes partis que déjà une sieste s'impose du côté d'Evenes. Le conducteur pique un roupillon pendant que la copilote étudie le plan de la journée.

A ce propos, je sens qu'il va falloir activer la variante B voire C. En effet, une fois passé le pont reliant le continent à l'île de Hinnøya (Vesteralen), la pluie se mêle de la partie et la circulation s'intensifie à l'approche des Lofoten.

Les nuages bas cachent les sommets, laissant juste apparaître quelques reliefs fantomatiques de façon furtive. Pour l'instant, les paysages des Lofoten se montrent pudiques, sans doute pour mieux se dévoiler plus tard.

La route E10, classée route touristique nationale, est de ce fait jalonnée de sites d'intérêt, tous mis en valeur par des aménagements de points de vue et d'aires de repos.

Austnefjord est l'un d'entre eux. Nous l'atteignons à midi et malgré quelques gouttes, grimpons jusqu'au point de vue. Joli ! Sous le soleil, il aurait sans doute meilleure allure mais aujourd'hui, on va s'en contenter.

C'est aussi le moment de déjeuner, bien à l'abri dans le camping-car. Personnellement, en cas de mauvais temps, je déteste pique-niquer dans une voiture, coincée entre le volant et la boîte de vitesse alors dans le cas présent, j'apprécie le camping-car +++

A ce propos, quel est le plan pour cet après-midi ? Heu, en réalité, il n'y en a pas vraiment, nous naviguons à vue et décidons sur l'instant.

Alors dans l'immédiat, nous décidons de dédier la suite de l'après-midi à la logistique afin d'en être débarrassés dès le retour du soleil.

Comme nous avons déjà nos repères dans les îles, nous savons que dans le centre de Svolvær se concentrent plusieurs enseignes de supermarché et que la WIFI est disponible à la bibliothèque. Si en même temps, on pouvait faire une lessive…

Alors va pour Svolvær et ses facilités avant de finir l'après-midi à Kabelvag par une petite balade en bord de mer sous un timide rayon de soleil. En arrière-plan, quelques crêtes mythiques dévoilent un pan de leurs flancs.

Au final, avec toutes ces occupations, la journée a filé à toute vitesse. Quel est le plan pour la soirée et la nuit ? Pour une fois, c'est Hervé qui prend la main, il souhaiterait pêcher à Henningsvær comme en 2014. Ben… y a qu'à demander !

Direction Henningsvær et le ponton d'une résidence au bout du bout du village.

Notre pêcheur n'aura pas à patienter bien longtemps. Très vite un, deux, trois… quatre petits poissons (qui finiront dans l'estomac des goélands) mais surtout deux beaux cabillauds mordent à l'hameçon.

Directement du fjord à la poêle, c'est le sort de nos cabillauds que nous espérons cuisiner et déguster immédiatement. Mais c'est sans compter sur l'arrivée du jardinier de la résidence chargé de la tonte de la pelouse qui nous intime de quitter les lieux sur le champ. Alors après avoir suspendu la cuisson, nous nous déplaçons de deux kilomètres jusqu'au parking de l'entrée du village déjà bien couvert de camping-cars. En arrivant tard, on ne va pas faire les difficiles et s'en accommoder.

Après le dîner, petite promenade vespérale dans la Venise des Lofoten, heureux de pouvoir clore cette journée sous un ciel un peu plus clément et persuadés que le meilleur est à venir ! Alors vivement demain !

Distance parcourue dans la journée : 300 kilomètres

Depuis Kabelvag

J21 : Mercredi 29 juin 2016

Le meilleur est à venir, oui, mais pas tout de suite. Il a plu toute la nuit, nous encourageant à faire une grasse matinée et à ne quitter notre stationnement qu'à 10 heures.

Nuages bas et ciel menaçant nous obligent encore aujourd'hui à revoir notre copie. Pas de randonnée envisageable.

Pour cette fin de matinée, l'idéal serait de faire du tourisme de base : s'arrêter par ci par là pour un arrêt photo, au mieux pour un petit tour à pied dans un village sur terrain stabilisé (en veillant à garder nos chaussures sèches si possible). Pour la suite, on avisera le moment venu. Chaque chose en son temps !

Quelle est alors la destination qui pourrait répondre à un tel cahier des charges ? Depuis Henningsvær, je propose de nous écarter dès que possible du flot de véhicules de la route touristique pour prendre la jolie petite route 815, plus confidentielle, longeant le bord de mer. Certes nous l'avons déjà parcourue une fois dans chaque sens en 2014, mais quand on aime, on ne compte pas.

A son extrémité, le petit village de Stamsund, que nous ne connaissons pas, pourrait être le prétexte à une petite balade sur le bitume. Aussitôt dit, aussitôt fait !

A Stamsund, le temps toujours maussade laisse songeur même le troll de service. Dans le port, de jeunes goélands cherchent eux aussi le meilleur moyen de s'abriter. Sous ce ciel chargé, la montagne voisine prend des allures de volcan. Les fumerolles qui ont l'air de s'échapper du sommet annoncent-elles un cataclysme imminent ? Heureusement les couleurs vives des maisons de pêcheurs tranchant avec le gris du ciel, ragaillardissent les touristes de passage.

Après Stamsund, la route fait le tour de la péninsule avant de finir à Leknes. Dans cette petite ville aussi nous avons déjà quelques repères, notamment la station-service doublée d'une aire de service pour les camping-cars et le parking du supermarché voisin pratique à l'heure du déjeuner.

C'est aussi l'heure de faire un point sur la suite à donner à l'après-midi. Ma foi, à notre grand étonnement, le ciel commence à se découvrir au loin. Le meilleur a l'air d'arriver. Mais pour le trouver à coup sûr faut-il aller plein sud ou revenir un peu vers le nord ?

Après une longue phase d'hésitation, nous optons pour la direction du nord-ouest pour une balade qui n'était absolument pas prévue mais qui semble pouvoir répondre à nos critères du moment : courte (car la météo reste incertaine), en bord de mer (car en altitude il reste des nuages) et sur un sentier bien tracé (pas envie de nous embourber).

2014, nous avions expérimenté le début d'un parcours en bord de mer reliant en 7 kilomètres Eggum à Unstad sur un large chemin bien tracé. Je propose donc de le commencer cette fois à Unstad (que nous ne connaissons pas) et sans prétendre vouloir rallier Eggum, au moins marcher autant qu'il nous chante.

Voilà une bonne idée ! Unstad est un petit hameau au fond d'une vallée accessible par un tunnel, au bord d'une longue plage de galets réputée pour le surf et au pied de belles montagnes tombant à pic dans la mer.

En arrivant à proximité à 14 h 30, le beau temps se précise. Le ciel se dégage progressivement même si le soleil doit encore se battre avec les nuages qui tentent de résister sur les reliefs.

Au bout d'une vingtaine de minutes de marche, le village nous semble déjà très loin. La couleur du ciel témoigne de la bataille que se livrent nuages et éclaircies.

Comme attendu, le début de la randonnée se fait sur un sentier large et bien tassé en longeant le bord de mer. Mais rapidement, il se transforme en sente étroite s'élevant en surplomb de l'océan sur un terrain en dévers rendu glissant par les pluies récentes et jonché de crottes de moutons. Des chaînes aident ponctuellement à traverser les flancs les plus exposés. Hervé, sensible au vertige, ne se sent pas au mieux sur ce sentier un peu "aérien" (pour lui).

Le phare marque par conséquent le terminus de notre balade. Nous avons parcouru moins de 2 kilomètres.

Le retour permet de revoir le film sous un angle un peu différent.

Toujours des nuages enrubannant les montagnes ! Toujours des moutons sur le chemin ! Toujours le même chemin agrippé à la pente. Toujours une vue imprenable sur la baie et le village, cette fois sans avoir à se retourner. Bel aperçu aussi du sentier et des chaînes qui facilitent le passage.

Le soleil a maintenant plus largement pris le dessus. Les pics typiques des Lofoten apparaissent dans toute leur splendeur. Je me pose pour un moment de contemplation.

Devant nous s'ouvrent des vallées insoupçonnées d'où émergent des sommets invisibles il y a encore quelques heures. Le soleil fait des miracles !

Nous sommes ravis de cette modeste randonnée (bien que sur un terrain moins facile qu'attendu) qui permet de renouer avec la magie des Lofoten. Avec le retour du soleil, nous restons sur place cette nuit car ce beau temps nous laisse tous les espoirs de pouvoir nous mesurer aux crêtes demain. Le meilleur est donc encore à venir ;-)

En attendant, pour la suite de la soirée, nous trouvons une place pour le fourgon juste en face de la plage de galets. Comme de parfaits camping-caristes, nous délimitons notre espace en y déployant nos chaises pliantes pour assister, amusés, au spectacle des surfeurs, nageurs, campeurs et autres dronistes qui en cette belle soirée ensoleillée fréquentent les lieux en nombre jusqu'à pas d'heure.

Le cadre de notre bivouac sous le soleil de 10 heures (du soir) !

Distance parcourue dans la journée : 98 kilomètres.

Sur le chemin entre Unstad et Eggum

De Unstad à Fredvang : des crêtes de Nonstinden à la baie de Mulstøa

J22 : Jeudi 30 juin 2016

Une fois n'est pas coutume, nous ne sommes pas encore levés à 8 heures alors qu'il fait déjà grand bleu dehors. Piaffant d'impatience, je finis par préparer pour une fois le petit déjeuner afin que nous soyons d'attaque à 9 heures. Le Vany ne bouge pas, lui.

Au programme, les crêtes de Nonstinden, une randonnée en boucle, de difficulté moyenne, estimée à 8 kilomètres et 4 heures, répertoriée sur le site rando-lofoten.

Le départ se fait dans le village de Unstad.

Il fait 13 degrés mais à peine partis, nous transformons rapidement nos pantalons en shorts sous les rayons du soleil.

Nous empruntons pour commencer l'ancienne voie d'accès à la vallée avant la construction du tunnel jusqu'à un col.

Du col, la vue sur la baie, la vallée et le village est unique ! Waouh ! C'est beau !

A ce niveau, nous sommes incommodés par une forte odeur très désagréable. Les moutons ? Non, certainement pas. Réponse au virage suivant quand nous découvrons... des séchoirs à poissons. C'est une des activités majeures des Lofoten.

Nous sommes encore plus surpris de trouver à côté des séchoirs des dizaines de personnes descendues de deux bus touristiques. L'endroit conjuguant vue sur la baie et activité traditionnelle est manifestement bien placé sur le parcours des tour-opérateurs.

Une fois les cars repartis, nous revoilà tout seuls, prêts à poursuivre notre marche.

Petite précision : il n'y a aucun balisage sur notre parcours. Nous suivons une trace GPS téléchargée sur le site indiqué plus haut.

Après le col, nous contournons la montagne sur une sente en léger dévers. Jusque là pas trop de difficulté. Ensuite ça se corse quand il faut grimper hors sentier dans une pente buissonneuse très raide jusqu'au sommet.

Dure dure la montée, mais arrivés là-haut quel panorama ! Nous en avons le souffle coupé !

D'un côté une vue spectaculaire sur la baie et le village ! De l'autre côté un panorama exceptionnel sur le Steinfjord avec à l'arrière-plan toute la chaîne montagneuse des Lofoten.

A partir de ce point de vue, nous suivons la ligne de crête tout en profitant des vues incroyables sur les deux versants. Les deux lignes droites sur la gauche de la photo matérialisent l'une l'ancienne piste (celle que nous avons suivie au départ), l'autre la route.

Nous flirtons toujours avec les sommets, nous déplaçant tels des funambules en équilibre sur un fil, jusqu'à hauteur du lac Utdalsvatnet dont nous dominons les eaux couleur nuit que le vert vif des pentes herbeuses alentour rend encore plus intense.

Nous continuons à avancer prudemment, persuadés que le plus dur était derrière nous. Or c'est une boucle, il va falloir redescendre. Pardi, mais par où allons-nous devoir passer ? La descente va effectivement nous réserver quelques surprises.

Une fois l'extrémité de la ligne de crête atteinte, le passage devient de plus en plus scabreux en perdant de l'altitude jusqu'à un point où Hervé décrète, vertige oblige, qu'on ne pourra pas aller plus loin. Quoi ? On ne va quand même pas faire demi-tour si près du but.

Après avoir évalué la difficulté, je juge qu'elle n'est pas aussi infranchissable qu'il n'y paraît. Je propose de ranger nos bâtons afin de nous aider des mains dans cet éboulis rocheux vertical. Quand le sentier est enfin en vue, nous soufflons, les jambes un peu tremblantes après ce passage exposé, mais ravis d'avoir surmonté la difficulté.

Nous sommes de retour à 12 h 45 après moins de 4 heures pauses comprises en ayant couvert 8 kilomètres et franchi un dénivelé de 550 mètres. Une randonnée exceptionnelle, vraiment la plus belle depuis le début de notre voyage, mais que nous classerions plutôt dans la catégorie difficile.

A ce propos, une randonnée vraiment difficile, ça ressemble à quoi ? Pour le moment, nous préférons ne pas le savoir.

D'ailleurs pour la suite de la journée et avant que je n'aie le temps de sortir une nouvelle randonnée de mon chapeau, Hervé annonce la couleur, décrétant que l'après-midi serait voué au farniente. Ok, ok !

C'est dans cet esprit qu'après le déjeuner et une bonne douche, nous quittons la plage d'Unstad vers 15 heures pour une autre 45 kilomètres plus loin, celle de Ramberg que nous avions foulée en 2014, bonnet vissé sur la tête, sous un vent et des températures glaciales malgré un soleil radieux. Aujourd'hui, nous l'arpentons sous 22 degrés, en tenue estivale, trempant au passage nos pieds dans l'eau (certes fraîche) avant de prendre le soleil, allongés sur le sable en maillot de bain (si, si !).

Après la plage, un peu de pêche ? Sur le port immédiatement voisin où nous avions passé deux nuits lors de notre précédent séjour, nous avions également fait une bonne pêche. L'endroit est maintenant interdit au stationnement de nuit mais rien n'empêche d'y passer quelques heures. Hervé espère tirer comme avant-hier le dîner du fjord mais peine perdue, il a beau lancer sa ligne avec détermination, pas même un petit alevin ne daigne mordre l'hameçon. C'est du réfrigérateur qu'il faudra sortir le dîner.

Et si on se mettait d'abord à la quête d'un coin adéquat pour la nuit ? Je suggère Fredvang (que nous ne connaissons pas encore). En cours de route, nous tombons sur une belle aire de repos au bord d'un bras de mer et au pied d'un pic rocheux où sont adossées quelques habitations isolées que le soleil inonde d'une douce lumière à cette heure.

C'est devant ce tableau que nous dînons, quand même un peu inquiets de la couleur du ciel, en espérant pour les prochains jours d'aussi belles expériences qu'aujourd'hui.

Distance parcourue dans la journée : 64 kilomètres.

Vue sur le village de Unstad depuis le sommet du Nonstinden

J23 : Vendredi 1er juillet 2016

Comme le laissait craindre la couleur du ciel hier soir, il a plu une partie de la nuit et il continue toujours à pleuvoir en ce tout début de matinée. Dans ce cas, pas d'urgence, autant rester sous la couette.

Nous sommes donc d'autant plus surpris de voir le ciel se découvrir subitement alors que nous venons juste de nous attabler devant notre petit déjeuner. Fichtre, une telle amélioration nous prend un peu de court. Ce début de matinée pluvieux nous avait déjà fait renoncer à notre activité dans le Reinefjord pour laquelle il aurait fallu anticipé notre départ.

Alors qu'est-ce-qu'on fait ? J'ai bien quelques idées mais avant que je n'aie pu émettre la moindre suggestion, Hervé intervient. Il fait une fixette sur un itinéraire repéré sur la carte du GPS dont le point de départ se trouve tout près d'ici. Il y tient alors je me plie par conséquent à ses désirs… pour cette fois ;-)

On déplace le fourgon de quelques centaines de mètres jusqu'au parking de Ytresand.

En réalité, deux itinéraires partent de ce point. L'un vers les crêtes, mais il est hors de question pour Hervé de se laisser entraîner là-haut, il a suffisamment donné hier. Un autre indiqué Mulstøa a l'air de suivre la côte. Jusqu'où ? C'est ce que nous allons découvrir.

Le chemin passe d'abord à côté de cette jolie maison traditionnelle, toit végétalisé, poissons séchant au balcon, drapeau national fièrement arboré, idéalement située au bord du fjord avec une vue à faire pâlir d'envie les vacanciers de passage.

En nous retournant, nous voyons toute une troupe de randonneurs se préparer, les uns à nous suivre, les autres à prendre la direction des crêtes. Quand ils finissent par se rapprocher et parcequ'en groupe, ils manquent de discrétion, nous comprenons qu'ils sont français. En faisant plus tard une recherche sur le Web, j'ai vu que ces itinéraires figurent au programme de tous les TO français du type Allibert, UCPA et compagnie.

Nous ne serons donc pas seuls, mais nous avons un peu d'avance sur eux !

Après avoir longé la côte pendant trois quarts d'heure environ, nous débouchons sur une petite crique idyllique au bord de laquelle un couple de kayakistes suédois profite du calme et de la vue après une nuit sous la tente. Nous les prévenons que leur tranquillité va bientôt prendre fin ;-)

Pendant que nous trempons les pieds dans l'eau, un peu à l'écart, la troupe envahit la plage. Certains stimulés par l'effet de groupe se jettent à l'eau sous les applaudissements des autres. Les kayakistes lèvent le camp.

Quant à nous, après avoir pris un peu de hauteur pour une vue d'ensemble, nous tournons le dos à la plage pour être de retour au parking pour le déjeuner.

Fin d'une balade sans prétention d'environ deux heures (avec les pauses) qui nous a permis de profiter en douceur et sans stress des magnifiques paysages côtiers de l'archipel.

Pas de stress non plus pour le reste de la journée. L'idée consiste à gagner le sud de l'île de Moskenesøya, sans objectif très précis, en se laissant porter par nos envies. Il fait grand soleil malgré un petit vent frais qui ne fait pas dépasser les 18 degrés au thermomètre.

Premier arrêt à Hamnøy où la poissonnerie Anita's Sjømat retient notre attention. Envie de morue séchée ? Non pas à cette heure, mais d'un expresso et d'une part de gâteau, volontiers. La poissonnerie faisant office de salon de thé, cette pause gourmande est bienvenue.

Nouvel arrêt quelques kilomètres plus loin, devant la vue la plus photographiée des Lofoten… le village de Reine, encadré de pics prestigieux ! Quel plaisir de revoir ce somptueux décor ! J'ai l'impression que la vue est encore plus belle que la fois précédente.

Après avoir laissé le fourgon sur le parking au bord de la E10 nous poursuivons la visite du village à pied. Tout au bout du hameau (nous n'avions pas poussé jusque là en 2014), à côté des séchoirs à poisson, nous tombons sur une aire de stationnement doublée d'une aire de service pour camping-cars, récemment créée.

Voilà notre lieu de bivouac tout trouvé. Nous nous dépêchons de rapatrier le Vany jusqu'ici. Toute une brochette de camping-cars sont déjà alignés, les plus chanceux au bord de l'eau les autres en deuxième ligne. Nous glissons notre fourgon entre deux véhicules plus gros sur le seul emplacement encore disponible à l'avant-scène.

Le Reinefjord nous prodigue un spectacle sans cesse renouvelé dont on ne se lasse jamais.

Le fjord est également un excellent spot de pêche. Ça n'échappe pas à notre pêcheur invétéré qui ne tarde pas à déployer sa canne pendant que je déplie ma chaise. Son essai est vite transformé avec la prise d'un beau cabillaud et deux petits lieus noirs. Le dîner est donc assuré.

Le soleil brille largement jusqu'à minuit. Espérons que ce soit encore le cas demain !

Distance parcourue dans la journée : 28 kilomètres.

Le village de Reine

Bateau dans le Reinefjord et randonnée vers Bunes Beach

J24 : Samedi 2 juillet 2016

Aujourd'hui c'est jour de relâche pour le Vany mais pas pour nous. Par cette belle journée (16 puis 22 degrés), nous avons prévu de prendre un bateau qui fait la traversée du Reinefjord jusqu'au petit hameau de Vinstad d'où nous gagnerons la plage de Bunes à pied.

Le sac à dos est bien chargé entre le casse-croûte, l'appareil photo, les vestes, les pulls, les serviettes et les maillots de bain. Si, si, il vaut mieux être paré pour le meilleur comme pour le pire. Nous sommes samedi. Or le week-end, il n'y a qu'un départ de bateau à 11 heures et un retour à 15 h 30. Alors dès 9 heures nous nous dirigeons vers le débarcadère tout en flânant à travers le village et au bord du fjord.

En arrivant au débarcadère avec plus d'une heure d'avance, nous sommes étonnés de ne pas être les premiers, voire inquiets à l'arrivée d'un groupe d'une trentaine de personnes. Hum, il va falloir jouer des coudes pour avoir une place.

Plus l'heure avance, plus la masse des prétendants à l'excursion se densifie. Quand enfin le guichet ouvre, le groupe se fait refouler (sans doute devait-il réserver?), ce qui éclaircit la file d'attente. Ouf !

Finalement, devant son succès, la compagnie prévoit deux rotations, une première à 10 h 30 avec les 30 premières personnes, pas une de plus, sur le M/S Fjordkyss et une autre à 11 heures sur un plus grand bateau.

Nous faisons partis des 30 chanceux du premier tour.

Le bateau remonte alors le Reinefjord en une trentaine de minutes, nous faisant passer au pied de ces impressionnants pics rocheux se dressant à la queue leu leu à perte de vue. Le sommet en forme de crochet ou de bec d'aigle est particulièrement spectaculaire.

Au bout d'une trentaine de minutes, nous atteignons le petit hameau isolé de Vinstad, uniquement accessible par mer.

Après avoir traversé le village en longeant le Bunesfjord, le sentier s'en écarte pour grimper en lacets serrés vers un col qui, une fois dépassé, laisse apparaître les premières vues de l'immense plage s'étendant à nos pieds tel un amphithéâtre.

Il n'y a plus qu'à descendre dans l'arène et à la traverser pour atteindre le premier rang.

Des dents rocheuses en guise de décor ! Ici le Helvetestinden (610 mètres)

Est-ce une partie de ballon qui se prépare ici ? On dirait plutôt une épreuve de lancer de poids ! Hercule es-tu là ? Le décor est à la mesure d'un géant !

Je m'installe confortablement sur cette vertèbre de baleine pour profiter du spectacle.

Nous restons alors au premier rang, les seuls à avoir choisi ce côté-ci de la plage. La mer a des allures tropicales, des allures seulement ;-) Mais les maillots seront quand même de sortie pour le bain de soleil.

Tout baigne presque deux heures durant ! Mais quand un nuage facétieux vient brusquement cacher le soleil, il faut se rhabiller dare-dare et tant qu'à y faire, reprendre tout doucement la direction de l'embarcadère. Nous risquons de ne pas être les seuls à vouloir monter dans le premier bateau maintenant que le soleil s'est caché.

Néanmoins, avant de rejoindre la file du retour, nous nous accordons encore quelques observations… au ras du sol.

Une délicate orchidée aux pétales rose pâle, en dépit de son nom d'orchis rouge sang.

Cakile maritima ou roquette de mer (les racines et les jeunes feuilles se mangent en salade, les fleurs et les tiges peuvent l'être aussi)

Honkeynia peploïdes ou pourpier de mer… dont le buisson crée avec les touffes d'herbe voisines un tableau très harmonieux.

La vue de ces jeunes pousses tout juste sorties du sable pourrait nous donner l'illusion d'une vue aérienne prise d'une oasis couverte de palmiers au milieu d'un désert saharien. Non ?

Oui… mais non… nous sommes bien sur la plage de Bunes, prêts à rejoindre l'embarcadère.

En arrivant sur le ponton d'embarquement vers 14 h 30, nous sommes effectivement loin d'être les premiers. Si notre compte est bon, il y a même peu de chance que nous soyons de la première rotation d'autant que deux ou trois touristes indélicats nous doublent sans gêne sous le prétexte de rejoindre des amis bien placés, eux, dans la file.

En attendant, nous faisons comme tout le monde, assis à même le ponton, prenant notre mal en patience, distraits par quatre jeunes enfants (français de surcroît) s'amusant à fabriquer une canne à pêche avec un bout de ficelle et un gros caillou. L'attente paraît ainsi moins longue.

Quand vers 15 h 15 le bateau arrive, notre crainte est confirmée, nous pointons en 33 et 34èmes positions. C'est raté aussi pour la soixantaine de personnes encore derrière nous. Le ciel se couvre de plus en plus, rafraîchissant sensiblement le fond de l'air. Heureusement, nous avions prévu de quoi nous couvrir.

Tout le monde se rassoit. L'attente reprend jusqu'à la rotation suivante qui devrait intervenir une demi-heure plus tard.

Alors quand un bateau émerge tout d'un coup du Kirkefjord voisin, tout le monde se lève comme un seul homme. La déception est de taille en voyant le navire nous passer devant le nez et se diriger vers Forsfjord alors que le ciel devient de plus en plus menaçant.

Heureusement quinze minutes plus tard le bateau réapparaît et s'approche du ponton. Comme il comprend 60 places, tout le monde peut être du voyage, ouf, car sinon on risquait l'émeute !

Finalement, le ciel reste suffisamment clément pour qu'au retour de l'excursion Hervé embraie avec une partie de pêche. Quand au bout d'un moment je le rejoins, voilà ce qu'il me raconte :

" Tu ne vas pas me croire, mais je viens de louper une prise énorme, probablement un cabillaud de quatre ou cinq kilos. Son poids a tellement fait plier ma canne qu'un kayakiste de passage s'est dérouté pour m'aider à la soulager. Malheureusement, sous le poids, le fil a cassé, le cabillaud s'est sauvé. En plus pendant ce temps, un goéland m'a chipé un petit lieu que je venais de pêcher et que j'avais laissé sans surveillance. Je suis dégoûté !"

Il a beau lancer et relancer sa ligne, pas de nouvelle prise pour ce soir. C'est finalement une petite pluie qui va siffler la fin de la récréation, le ramenant dans le fourgon, bredouille. Pas grave, il y aura encore d'autres opportunités.

Deuxième nuit à Reine après une excellente journée entre balade sur l'eau, petite randonnée et bon temps sur cette magnifique plage de Bunes.

Distance parcourue dans la journée : 0 kilomètre en camping-car, 6 kilomètres à pied.

Plage de Bunes

Å i Lofoten, musée de la morue séchée en attendant…

J25 : Dimanche 3 juillet 2016

Il nous reste à cette date une semaine de voyage et encore plein de projets : grimper sur les hauteurs de Reine ou de Svolvær, faire une croisière dans le Trollsfjord, randonner dans le parc national de Møysalen, marcher sur les pas de la reine Sonja à Stø, découvrir les îles d'Andøya, Senja et Kvaløya.

Bref, une fin de voyage prometteuse jusqu'à ce que… ce matin, au moment de quitter Reine, nous passions à l'aire de vidange. Au bout de deux ou trois jours, c'est le rituel habituel !

Comme il pleut un peu, Hervé se dépêche, attrape la cassette de vidange (pour ceux qui ne connaissent pas, ça a taille d'un d'aspirateur traîneau) et au moment de la soulever pour la vider fait un faux mouvement et, crac, se bloque le dos.

Il pressent tout de suite que la douleur n'est pas anodine mais ne s'alarme pas outre mesure dans un premier temps.

De toutes les façons, le temps maussade et pluvieux ne permet pas de programme bien ambitieux pour aujourd'hui. Une visite de musée devrait être compatible avec sa nouvelle condition physique.

Mon guide papier fait l'éloge du Tørrfiskmuseum (musée de la morue séchée). C'est par conséquent celui-ci que nous retenons, ce qui nous permettra par la même occasion de revoir le joli village de Å (qu'il faut prononcer O) situé à l'extrémité sud de l'île de Moskenes. Une petite dizaine de kilomètres nous en séparent.

Nous arrivons au musée juste à son ouverture à 11 heures (aujourd'hui on n'a pas été très matinaux).

Installé dans un ancien entrepôt de poisson, il appartient à Steinar Larsen, un collectionneur passionné et polyglotte qui accueille personnellement chaque visiteur. L'homme se frotte les mains, cette météo pluvieuse lui garantit une bonne recette.

L'exposition illustre parfaitement la ressource traditionnelle des Lofoten, la pêche et le séchage de la morue pour l'exportation.

On y apprend que le poisson est pêché en hiver, qu'il est ensuite préparé en vue d'être assemblé (par un lien enfilé sur deux queues à la fois en un tour de main) puis exposé sur des séchoirs à l'air libre.

A partir de fin mai/début juin, le poisson séché est stocké et trié, sélectionné en différentes qualités (jusqu'à 14 différentes) d'où le nom de stockfish. Les Italiens en sont les principaux destinataires, la morue la plus mince allant en Italie du Nord, la plus épaisse en Italie du Sud.

Une partie du poisson séché est aussi salée (Klippfisk) pour être principalement exportée vers le Portugal.

Tout se mange et tout se transforme dans la morue. En dehors de la chair, la langue est très appréciée (c'est gélatineux, nous, on n'a pas aimé). Les têtes qu'on voit sécher en nombre sur l'île sont exportées au Nigéria où elles seront bouillies avec des racines et du piment rouge. Les locaux en tirent un bouillon riche en protéines.

Le cabillaud, plus particulièrement celui à front haut appelé royal, suspendu dans les chaumières par un fil de laine, était dans le temps un bon indicateur météorologique. L'humidité jouant sur le fil dirigeait le poisson comme l'aiguille d'une boussole. Aujourd'hui il aurait sans doute pointé vers l'ouest. ;-)

L'exposition est complétée par un reportage de l'émission Thalassa, très instructif. Steinar, le proprio, est très investi dans son musée, allant des uns aux autres, répondant à toutes les questions aussi bien en français, en italien, en allemand et en anglais sans oublier les petites attentions qui font la différence, café, thé et petits gâteaux.

Une visite vraiment très intéressante et très conviviale, qui complète bien nos activités de plein air, que nous aurions sans doute zappée s'il avait fait beau ! Le mauvais temps a donc aussi du bon !

En sortant, nous poursuivons par la visite du village (bien que nous le connaissons déjà) qui est à lui seul un musée à ciel ouvert. En effet, l'essentiel du hameau regroupe 14 bâtiments datant du XIXème siècle dans le cadre du "musée du village de pêcheurs norvégiens". La visite des intérieurs est payante sauf la boulangerie encore en activité où flotte une bonne odeur de pain frais et de cannelle à laquelle nous ne résistons pas.

La pluie redoublant d'intensité abrège la visite, nous ramenant au fourgon pour le déjeuner que nous apprécions de prendre une nouvelle fois bien à l'abri.

Mais cette pause réactive aussi la douleur de dos de notre malade qui, enfilant sa casquette de docteur, décide de commencer un traitement anti-inflammatoire sans délai, m'assurant que d'ici deux ou trois jours, il n'en sera plus rien. Il faudra juste lever un peu le pied sur les randonnées et/ou adapter les activités d'ici là. Ok, doc !

D'ailleurs pour aujourd'hui ce n'est pas trop difficile. Le temps étant toujours aussi pluvieux, nous commençons l'après-midi par une partie de scrabble. Pour rompre la routine, nous avons juste changé de parking pour nous rapprocher du bout du bout de l'île où nous espérons faire quelques pas dès que le soleil brillera.

Briller… c'est sans doute en demander beaucoup, mais une éclaircie suffit à nous faire sortir du fourgon. Une sortie qui va vite révéler les limites de notre handicapé. Aller jusqu'au point de vue sur le détroit lui demande un effort considérable de sorte que, clic clac, après une ou deux photos il doit se rendre à l'évidence et réintégrer le fourgon.

Alors que le ciel montre des signes d'amélioration significative en cette fin d'après-midi, il ne me reste plus qu'à repartir toute seule.

Je commence par prendre d'abord un peu de hauteur de façon à surplomber le détroit en suivant un sentier balisé (sans savoir où il mène réellement). Mais devant le terrain spongieux et parce que je n'ai pas envie de trop m'éloigner, je reviens rapidement sur mes pas avant de faire une petite boucle en repassant par le point de vue puis par le village, histoire de mettre dans la boîte quelques souvenirs de Å.

Pour nous remonter le moral, nous réservons une table pour 19 heures chez Maren Anna à Sørvagen. Un repas aux petits oignons, heu… aux petits légumes en accompagnement du poisson du jour, du flétan servi avec une sauce à l'orange. Les desserts (panacotta et Bailey's mousse) présentés dans de petits bocaux miniature complètent un dîner en tout point réussi.

Pour conjurer le sort, nous finissons la journée là où elle a commencé, en revenant à Reine, pas dans le parking officiel, complet à cette heure, mais sur un terrain vague, juste à côté. Nous sommes de cette façon aux premières loges pour assister à un spectacle un peu irréel, les rais de lumières transformant la chaine montagneuse en forteresse artificielle alors que, sur la paroi rocheuse en face, un troll nous fait de l'œil.

Holà, le dîner contenait-il une substance ? ;-)

Troisième nuit consécutive à Reine, une nuit avec beaucoup de vent mais pas de pluie.

Distance parcourue dans la journée : 22 kilomètres.

Musée de la morue séchée à Å

Des Lofoten aux Vesteralen, de Gimsøya à Hadseløya

J26 : Lundi 4 juillet 2016

"Chéri, comment vas-tu ?" Telle est ma première interrogation au réveil. "Ni mieux ni plus mal" me répond-t-il. Bon, ça n'est pas brillant mais on va devoir composer avec.

Ayant atteint notre point le plus méridional dans les îles Lofoten, nous nous apprêtons à retraverser l'archipel dans le sens sud-nord (avec quelques détours à droite à gauche) avant d'enchaîner avec les îles Vesteralen et Senja afin d'être à Tromsø dans exactement une semaine.

Au dehors, le ciel oscille entre nuages et éclaircies, en réalité il y a plus de nuages que d'éclaircies et une température de 13 degrés. En quittant Reine, nous n'avons pas de vision très claire de la journée. Nous avons néanmoins l'intention de nous rendre sur Gimsøya, la plus petite île des Lofoten, dont le relief beaucoup moins accidenté que sur le reste de l'archipel, me semblait être adapté à la nouvelle condition physique d'Hervé. Je suis sans doute un peu optimiste.

Avant de rejoindre Gimsøya, je propose de faire le tour de la péninsule de Kvalnes (que nous ne connaissons pas) qui a l'air de se trouver en dehors des circuits touristiques. On comprend vite pourquoi. Elle n'a aucun charme particulier. On ne s'arrête pas même pour une photo, juste pour déjeuner, une fois le tour accompli.

Le ciel est toujours tiraillé entre nuages et soleil quand nous arrivons à l'entrée de l'île de Gimsøya en début d'après-midi. Nous y avons fait en 2014 une très belle randonnée facile vers le mont Hoven. A son pied, le golf à l'époque en construction est maintenant achevé. Il a d'ailleurs annexé une bonne partie de la péninsule de sorte que le stationnement est devenu payant en journée et interdit la nuit.

Nous dépassons le golf en direction du hameau de Hov à l'extrémité nord-ouest de l'île. C'est le moment de vérité pour Hervé. Va-t-il pouvoir faire quelques pas autour du port ? Oui, mais avec beaucoup de difficulté, en marchant très doucement, avec beaucoup de précaution et en grimaçant. Autant abréger au plus vite son calvaire ! Jolie vue, pourtant, sur le mont Hoven.

Désolé pour moi, Hervé m'encourage à entreprendre seule la randonnée que j'avais repérée à proximité. J'hésite beaucoup, tiraillée entre l'envie de marcher, la culpabilité de le laisser seul et la crainte de la météo très incertaine.

En attendant que je me décide et/ou pour accélérer ma décision, nous commençons par déplacer le Vany jusqu'au point de départ. Une fois sur place, je continue à m'interroger : j'y vais ou j'y vais pas ? Je tourne en rond, pesant le pour et le contre. Je scrute une nouvelle fois le ciel, il y a énormément de vent. Je me demande si la fenêtre météo sera suffisante pour mener à bien une randonnée estimée à 5,3 kilomètres, 3 heures et demie et 600 mètres de dénivelé mais que rando-lofoten indique adaptée aux familles en raison de l'absence de tout passage technique.

15 h 45 : après moult tergiversations, je me lance enfin, armée du GPS, du petit appareil photo, en ayant enfilé le pantalon de pluie par-dessus mon caleçon, avec comme heure limite de retour avant déclenchement des secours… 19 heures !

Avanti… vers le sommet du Storknubben à 599 mètres d'altitude.

Après la première grimpette à travers un petit bois, j'arrive très vite hors de vue du camping-car et au-dessus de la limite de la végétation. Je m'arrête rapidement pour retirer mon pantalon de pluie qui me tient beaucoup trop chaud. J'en profite aussi pour admirer une très belle première vue sur le mont Hoven dans la distance.

Le sentier, balisé en rouge (je n'ai pas vraiment besoin du GPS), est maintenant beaucoup moins pentu alors qu'il traverse une zone de prairie rase en direction des montagnes. Je souffle un peu dans cette traversée, mais moins que le vent qui à tout instant, tente de me jeter à terre.

Arrivé en face d'un petit vallon, le sentier à nouveau plus raide tourne à gauche pour gravir l'épaule de la montagne en dominant plusieurs petits lacs.

A l'issue de cette dernière montée, me voilà à 500 mètres d'altitude, au pied du sommet. Après réflexion, je décide de ne pas aller plus loin. La couverture nuageuse reste basse malgré le développement de belles éclaircies. Je ne suis pas assurée d'avoir une meilleure vue là-haut. Je risque au contraire de me retrouver piégée dans les nuages si je m'obstine.

Pour éviter à Hervé d'avoir à appeler les secours, je préfère rester modeste. ;-)

Vue sur le mont Hoven entouré de marais et de tourbières.

J'ai mis une heure pour monter, j'en mets une autre pour descendre et parcourir en tout 5 kilomètres et 500 mètres de dénivelé. J'ai cavalé pour ne pas laisser Hervé trop longtemps tout seul.

Je suis de retour à 17 h 45, ravie de ma balade en solo, à la fois facile et dotée de magnifiques vues tout du long. A recommander pour son accessibilité !

En arrivant en vue du fourgon, je m'attendais à voir Hervé venir à ma rencontre ou clopiner autour du véhicule. Soulagé de me voir rentrée plus tôt que prévu, il m'avoue avoir eu beaucoup de mal à se traîner du lit jusqu'au fauteuil. Hum…

En attendant des heures meilleures, si on s'occupait de trouver une place pour la nuit ?

Je propose la plage de Rørvika au carrefour de la route 816 menant à Henningsvær, un endroit que nous avions déjà expérimenté en 2014. Coup de chance, il reste une place disponible sur ce tout petit parking de 4 places.

Comme l'accès à la plage est possible par la route, Hervé décide d'y descendre, armé de deux bâtons de marche, raillé au passage par une touriste (française).

Cette courte sortie, si douloureuse soit-elle, a le mérite de lui remonter le moral de sorte qu'il va en réclamer une deuxième après le dîner. Voilà qui est prometteur !

Souvenir, souvenir… Hervé, ses deux cannes et moi.

La journée finit donc sur une note d'espoir alors que le soleil brille largement toute la soirée. L'amélioration physique sera-t-elle pour demain ?

Distance parcourue de la journée : 155 kilomètres.

Vue du mont Hoven en chemin vers Storknubben

J27 : Mardi 5 juillet 2016

L'état physique d'Hervé étant toujours stationnaire, j'écarte pour aujourd'hui toute idée de randonnée, même seule. Mais puisque mon courageux mari a montré hier soir qu'il était capable de marcher sur terrain plat, non accidenté, sur une courte distance, je propose d'aller en ville. Côté météo, ce n'est pas le grand beau temps même si le ciel voilé a toutes les chances de se découvrir. Toujours 13 degrés.

A 10 heures, nous sommes à l'ouverture de la bibliothèque de Svolvær pour bénéficier de la WIFI. J'en profite pour annuler la randonnée guidée (avec dépose en bateau) que nous avions réservée pour demain, une marche de 22 kilomètres aller/retour avec un dénivelé de 1 000 mètres à destination de Møysalen, le point culminant des archipels des Lofoten/Vesteralen.

Adieu dénivelé, retour au ras des pâquerettes pour un petit tour à pied dans cette petite bourgade portuaire animée. On flâne un peu sur le port puis sur l'îlot occupé par l'hôtel Scandic.

Hervé ne va pas trop mal, stimulé par l'objectif à atteindre dans le centre-ville, le salon de thé Kringla que nous avions déjà testé en 2014 et auquel nous ne résistons pas. Un cheesecake et un marzipancake, accompagnés d'un capuccino, sont excellents aussi pour le moral.

Nous assistons au départ des excursionnistes vers le Trollfjord, ce fjord voisin de Svolvær, particulièrement escarpé et se rétrécissant jusqu'à 100 mètres de large à peine. Il y a ceux embarquant sur un bateau pneumatique et d'autres sur un bateau classique.

Il existe même une troisième possibilité de visiter le Trollfjord, en croisière sur la journée à bord d'un voilier, avec repas et pêche à la ligne. Après renseignement, nous nous interrogeons sur l'opportunité de programmer cette excursion pour le lendemain, preuve qu'Hervé commence à reprendre un peu de poil de la bête. Un coup d'œil aux prévisions météo nous fait finalement changer d'avis. Tant pis !

L'essentiel n'est-il pas qu'Hervé se sente mieux. C'est d'ailleurs plein d'enthousiasme qu'il termine cette petite balade, s'amusant à mettre dans la boîte une scène étonnante se déroulant à environ deux kilomètres de l'endroit où nous nous trouvons et à plus de 500 mètres d'altitude quand notre regard se porte par hasard sur les sommets alentour.

Là-haut, entre les deux rochers de Svolværgeita, "la chèvre", se détache la frêle silhouette d'un grimpeur.

Au téléobjectif, on aperçoit sur sa droite deux autres personnes, l'une en train de faire une photo, l'autre en train de poursuivre son chemin.

Quelques instants plus tard, en zoomant à nouveau sur le grimpeur, surprise, ils sont maintenant deux, le deuxième sautant d'une corne à l'autre avec 150 mètres de vide entre les deux. Incroyable mais vrai !

C'est surtout incroyable d'avoir pu y assister à distance. C'est sur ce défi (pour le grimpeur) que nous quittons définitivement les îles Lofoten.

La route E10 nous conduit tout droit jusqu'à Fiskebøl pile à 14 h 40 et le départ du ferry pour Melbu sur l'île d'Hadseløya, la plus méridionale de l'archipel des Vesteralen.

Au cours de la traversée de 25 minutes, superbe vue sur le "Mur des Lofoten".

En arrivant à Melbu, nous nous posons momentanément dans la marina. A défaut de pouvoir randonner, c'est l'occasion pour Hervé de sortir sa canne… pas de marche, mais de pêche ;-) pour s'adonner à son autre activité favorite.

Pas de chance, au bout d'une heure, il est toujours bredouille.

En revanche, en avançant de 15 kilomètres jusqu'à Stokmarknes, la chance revient quand au bord d'un ponton en ville un beau cabillaud daigne mordre à son hameçon.

Nous le faisons frire sur le champ, une fois installés au bout de la rue, à côté du quai et du musée de l'express côtier Hurtigruten, au pied du navire Finnmark en cale sèche.

Le bateau se visite dans le cadre du musée. Voilà une activité toute trouvée si demain matin le temps est à la pluie.

Distance parcourue dans la journée : 70 kilomètres.

Le "Mur des Lofoten"

Retour express à Tromsø via Senja

J28 : Mercredi 6 juillet 2016

Cela fait maintenant trois jours qu'Hervé prend son traitement sans amélioration significative. Ce matin, bien au contraire, la douleur s'est encore accrue. "Il va falloir faire quelque chose", me prévient-il. Houlà, quand le doc réclame l'hôpital, c'est que ça va vraiment mal !

Pin…pon, je transforme aussitôt le fourgon en ambulance, Hervé restant allongé, pour me diriger, sous une pluie battante, vers Sortland, la plus grande ville des Vesteralen (10 000 habitants), persuadée d'y trouver toutes les infrastructures nécessaires.

Arrivée à Sortland, je m'entends dire que l'hôpital, commun à tout l'archipel, se trouve en fait à Stokmarknes d'où nous venons. On me donne également un numéro d'urgence dont le contact nous dit de passer à son office, toujours à Stokmarknes.

Retour donc au point de départ soit 60 kilomètres aller et retour.

Pour le reste, je ne m'étends pas sur les détails. Pour faire court, nous avons passé toute la journée entre le dispensaire, la pharmacie et l'hôpital.

A l'issue de cette journée mémorable, nous décidons de modifier complètement la fin du voyage.

Il devient impératif de gagner aussitôt que possible Tromsø pour y rendre le camping-car et finir le séjour dans un hôtel pour qu'Hervé puisse récupérer dans de bonnes conditions avant notre retour en France dans cinq jours.

Pour cette même raison nous hésitons à rester à Stokmarknes cette nuit.

Finalement, en fin de soirée, alors que le traitement de cheval qu'on lui a administré à l'hôpital commence à faire effet, Hervé suggère de profiter au contraire de sa rémission pour avancer, ne sachant pas ce que le lendemain lui réserverait.

Nous enchaînons alors avec un trajet de près de 130 kilomètres jusqu'à l'extrémité Nord de l'île d'Andøya, non pas par la route touristique de la côte Ouest mais au plus court par la côte Est.

Nous n'avons bien sûr pas la tête à faire du tourisme, il n'y a donc pas d'image pour illustrer cette journée. D'ailleurs, à part l'hôpital, je me demande bien ce qu'on aurait pu photographier.

Nuit à Andenes où nous prendrons demain matin le ferry pour l'île de Senja.

Distance parcourue dans la journée : 199 kilomètres (car trajet Stokmarknes – Sortland fait 3 fois)

J29 : Jeudi 7 juillet 2016

Le traitement de choc a un effet tout relatif sur notre malade. Hervé a retrouvé un peu de mobilité au niveau de son dos mais la douleur irradiant maintenant sa jambe droite, le fait boiter.

En y ajoutant une traversée en ferry d'une heure et demie sur un rafiot tanguant, je n'ai plus qu'à le ramasser à la petite cuillère à l'arrivée.

Bref, avant de parcourir l'île de Senja, je lui accorde une bonne heure de repos dans le port de Gryllefjord pour récupérer. Si on avait su, on ne serait pas passés par la mer !

La matinée est par conséquent presque achevée quand nous commençons la traversée de l'île de Senja, cette fois par la route touristique, histoire de profiter quand même un peu de cette île qu'on dit être un condensé de Norvège.

Pas de randonnée au programme bien entendu :-( ni de détours à droite, à gauche. Le maître-mot est… au plus direct.

Côté météo, ce n'est pas folichon avec des nuages bas, une petite bruine par intermittence et des températures ne dépassant pas 10 degrés.

Malgré le temps maussade, la route jalonnée de points de vue spectaculaires est magnifique bien qu'étroite.

La route continue ainsi à tournicoter d'une péninsule à l'autre, passant parfois d'un village à l'autre par un tunnel pour gagner du temps.

Cahin caha, nous finissons par arriver au bout des 80 kilomètres de route vers 16 heures, juste à l'heure pour embarquer sur le ferry vers Brensholmen, sur l'île de Kvaløya, que nous atteignons 45 minutes plus tard à l'issue d'une traversée beaucoup plus calme que la précédente, heureusement.

Nous ne sommes alors plus qu'à une cinquantaine de kilomètres de Tromsø mais comme nous n'avons encore rien organisé, ni abandon du fourgon, ni réservation d'un hébergement, ni préparation des bagages, nous préférons rester ce soir sur l'île de Hillesøy pour une soirée au calme.

Distance parcourue dans la journée : 93 kilomètres.

Route touristique nationale de Senja

J 31 à 33 : Vendredi 8 au Lundi 11 juillet 2016

Si la douleur lombaire régresse tout doucement, la douleur dans la jambe entraîne chez Hervé une claudication de plus en plus marquée.

Nous consacrons cette matinée à l'organisation des trois jours restants, à prévenir le loueur de notre intention de rendre le véhicule avec trois jours d'avance, à trouver ensuite un hôtel (vive la 4G et Booking !) et à ranger toutes nos affaires (enfin, il n'y a que moi qui range !).

Puis dernière ligne droite jusqu'à Tromsø, soulagés de pouvoir rendre le fourgon et nous installer dans une grande chambre d'hôtel très confortable.

Les deux journées suivantes sont principalement dédiées au repos, le temps maussade et la condition physique d'Hervé ne nous laissant guère d'autre possibilité.

L'hôtel offre un gros avantage. Depuis sa terrasse au douzième étage, on peut se faire un bel aperçu des alentours sans avoir à se déplacer.

Nous consacrons néanmoins quelques heures à la visite pour de vrai. ;-)

Le samedi, visite de la cathédrale et concert d'orgue. Aller en bus, retour à pied (2 kilomètres).

Les 11 arches triangulaires de la cathédrale arctique évoquent les crevasses glaciaires. Côté chœur, le mur est occupé par un superbe vitrail. A l'extrémité Ouest, des lustres en cristal de Bohême pendent tels des glaçons au-dessus de l'orgue moderne, un chef-d'œuvre d'acier d'où s'élèvent ce jour-là des variations de Bach, Sommerro et Duruflé.

Dimanche, visite du musée Polaria situé à 500 mètres de l'hôtel, avec ses aquariums de poissons arctiques et sa colonie de phoques barbus.

Grâce au confort de cette fin de séjour, le voyage ne se termine pas trop mal même si plus de deux mois après notre retour, Hervé conserve toujours une petite gêne motrice (qui risque de perdurer encore quelques temps), un petit souvenir de Norvège dont il se serait bien passé !

Dernière image de Tromsø sous le soleil alors que l'avion s'élève au-dessus de la ville en ce lundi 11 juillet. Ce soir, retour à la maison, ouf !

Fin d'un voyage qui a mieux commencé qu'il n'a fini !

Vue aérienne de Tromsø

Le mot de la fin

Impressions générales

Après cette fin de parcours un peu particulière, nous avions hâte que le voyage se termine, soulagés de rentrer chez nous !

Maintenant, avec le recul, il est indéniable que nous avons fait, malgré cette contrainte et en dépit de la météo plus inégale qu'en 2014, un… fabuleux voyage !

Une nouvelle fois, la Norvège mais aussi plus largement la Laponie ont été à la hauteur de nos attentes. En complément de ce que nous connaissions déjà (fjords, glaciers, îles), en élargissant le parcours au grand Nord scandinave, nous avons découvert d'autres espaces très différents mais aussi très sauvages de ces pays.

Nos coups de cœur

Les îles Lofoten nous ont fait vibrer une nouvelle fois, aussi bien pour leurs paysages côtiers que montagneux, en les découvrant depuis les crêtes ou depuis les sentiers côtiers. Elles sont nettement plus belles et plus prestigieuses que leurs voisines des Vesteralen (du moins pour ce que nous en avons vu).

La randonnée la plus spectaculaire dans les Lofoten a été celle des crêtes de Nonstinden. On a aussi beaucoup aimé la plage de Bunes.

En dehors de ces archipels, un toponyme est revenu très souvent parmi nos destinations… péninsule ! Nous avons en effet écumé toutes (ou presque) les péninsules du nord de la Norvège, avec une prédilection pour des lieux isolés, situés dans des culs-de-sac. De ce côté-là, nous avons été gâtés.

Ces écarts au fin fond de certaines péninsules nous ont permis de découvrir des régions très sauvages avec des paysages de toundra et de lacs, encore marbrés de neige, peuplés de hardes de rennes. Des déserts arctiques qui nous ont rappelé par moments l'altiplano bolivien ! On a adoré !

A ce propos, Hervé a déclaré la route touristique nationale de Varanger la plus belle route de Norvège, tous voyages confondus.

Enfin, la Laponie, finlandaise et suédoise, nous a réservé de belles surprises sous une excellente météo.

Hervé a plébiscité une nouvelle fois la pêche sauf qu'en Norvège les poissons mordent trop facilement, le frustrant de devoir arrêter trop vite la partie, une fois la quantité consommable atteinte ;-)

Ce qu'on a moins aimé : - les moustiques, surtout présents dans la partie "intérieure" de notre itinéraire et uniquement à basse altitude. Pas de moustiques sur les côtes. Le fléau était donc très gérable puisqu'il a seulement concerné quelques journées. Nous n'avons pas eu besoin de filets de tête. - le sol spongieux : une deuxième paire de chaussures de marche aurait été bienvenue. - la lumière permanente que nous avons eu plus de difficulté à gérer que lors de notre voyage précédent.

Des regrets ? A part d'avoir dû sacrifier les activités de la dernière semaine… non, aucun !

Un mot sur le véhicule

Nous avions apprécié en 2014 la liberté que nous avait procurée le camping-car. Cette année encore, nous ne renions pas cette qualité. Un autre point fort : la consommation très raisonnable de l'ordre de 8 litres/100.

Néanmoins, ce fourgon en particulier, bien que neuf (nous en étions les premiers utilisateurs) n'était pas aussi fonctionnel que le précédent que nous avions loué en Allemagne. Son aménagement était très basique. Il manquait notamment de rangements et de petits détails qui font la différence. La météo étant également plus humide qu'en 2014, nous nous sommes heurtés à l'une des limites du camping-car, l'impossibilité d'y étendre et d'espérer y faire sécher des affaires mouillées.

Bien entendu, ces remarques ne concernent pas les camping-caristes qui voyagent dans leur véhicule personnel qu'ils ont aménagé à leur convenance.

Bref, après cette expérience, si nous devions refaire le voyage, nous opterions peut-être pour la voiture + mix entre cabines des campings et hôtels. Vu la saison, je suis sûre qu'on aurait trouvé de la place partout, sauf peut-être dans l'archipel des Lofoten où il aurait mieux valu réserver.

Sinon, si nous devions le refaire en camping-car, nous choisirions certainement un modèle un peu plus grand, pour trois. En effet, ce parcours ayant comporté très peu de traversées en ferry, le modèle légèrement plus grand, nous permettant d'être plus à l'aise, nous aurait mieux convenu.

De façon générale, nous ne sommes pas certains de renouveler l'expérience d'une location de camping-car dans le futur.

Bibliographie et webographie

Les références données à l'issue de notre récit de 2014 restent valables.

Guides papier

Je suis une adepte du guide Lonely Planet… Norvège, dans ce cas. Mais le Routard Norvège et le Petit Futé Laponie sont également passés entre mes mains. Ces guides généralistes ont été complétés par un guide de randonnée qui n'existe qu'en allemand et qui couvre la Laponie norvégienne, suédoise et finlandaise (+ un peu les îles Lofoten)… Rother Lappland.

Sites Internet

Des récits : Wunderbares Lappland (en allemand) axé sur la Laponie norvégienne, suédoise et finlandaise. Comprend aussi quelques éléments de botanique, très utiles.

Le récit de Mathieu Menand d'un voyage en Laponie finlandaise, principalement orienté faune et flore (document PDF).

Le récit de voyage de Dan Masse dans la péninsule de Lyngen et l'île de Senja.

Des sites dédiés à la randonnée : Ma bible pour la Norvège en général… ut.no

Pour les îles Lofoten, en particulier (il faut s'inscrire pour accéder aux descriptifs des randonnées)... rando-lofoten.net

Sur Wikiloc également, on peut dénicher des itinéraires intéressants (et pas seulement pour la Norvège)

Deux sites utiles aux camping-caristes, permettant de repérer aires de stationnement et aires de service : campercontact.com campingcar-infos.com

Pour le plaisir des yeux, La galerie "Laponie intemporelle" de Pierre Crançon (qui m'a gentiment aidée à identifier quelques oiseaux, merci à lui !)... pierrecrancon.wixsite.com

Un dernier mot ?

Quand est-ce qu'on y retourne pour faire tout ce qu'on n'a pu faire cette fois ? Sûrement un jour… ou peut-être en hiver pour découvrir aurores boréales et paysages enneigés.

Populage des marais

FIN !
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
GG
Merci, ça me rappelle mon passage au Cercle polaire en 1977, en juillet, en Norvège et en moto jusqu'à Narvik (après il y avait de la neige sur la route).
Georges G. (Mes commentaires et mes photos sont issus de mon vécu réel, mes peintures, elles, de mes souvenirs fantasmés)
SI
Je me réjouis de suivre ce voyage, nous avions aussi profité du bel été 2014 pour faire un circuit en van aménagé ( mais pas loué)en Norvège, et nous nous étions, comme vous, arrêtés aux Lofoten. Vivement la suite!
Je n'aurai pas le temps...
KR
Bonjour G...

Belle archive ! En 1977, ça devait être une sacrée aventure ! Un autre forumeur, qui avait fait le voyage en 4 L en 1971, m'avait raconté qu'à cette époque, au-delà de Trondheim, la route E6 n'était pas encore bitumée partout.

En tout cas, tu étais bien équipé ! [;)]

Bonne continuation dans tes voyages. [:)]
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KR
Bonjour Sissi,

nous avions aussi profité du bel été 2014 pour faire un circuit en van aménagé (mais pas loué)en Norvège, et nous nous étions, comme vous, arrêtés aux Lofoten.

Oui, je me souviens très bien, nous avions eu l'occasion d'échanger à la suite de nos voyages respectifs. Je me souviens que vous étiez aux Lofoten alors que nous étions déjà sur la route du retour avec des températures à l'époque autour de 30 degrés. [:)]

Cette année, les températures n'ont pas atteint ces valeurs, mais nous étions bien plus au nord.

A +
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SI
Bonjour,

Entre temps, ma fille aînée a épousé......un Norvégien. Nous partons à Bergen pour quelques festivités début septembre! Le van a mis le cap à l'est cet été, nous avons été traîner nos roues dans les pays baltes. je ne sais pas encore si j'aurai le courage de faire un carnet.
Je n'aurai pas le temps...
EL
Un autre forumeur, qui avait fait le voyage en 4 L en 1971, m'avait raconté qu'à cette époque, au-delà de Trondheim, la route E6 n'était pas encore bitumée partout.

En tout cas, tu étais bien équipé ! [;)]

Bonne continuation dans tes voyages. [:)]

Exact, c'était moi [:)]
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
KR
Exact, c'était moi [:)]

Je me doutais que tu allais te reconnaître si tu passais par là. [;)] A+
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EL
Mais quel plaisir de lire ce compte rendu de ce voyage [:)] J'attends la suite avec impatience. Rappel de très bon souvenirs. Vivement que j'y retourne
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
CA
Hello Krikri,

Cool, un nouveau carnet dans les territoires nordiques !! J'adore ces paysages enneigés, ces lacs glaciaires, la tundra dépouillée... Bref je suis comblée avec le début de ton carnet... Ah ah le scrabble !! Nous, en Alaska, c'était les cartes ! Car à part une 1ère semaine magnifique, la suite a été plus compliquée . Mais nous ne sommes pas descendus en dessous de 8°C [:P]. Un grand merci pour ce nouveau partage et à bientôt pour la suite...

Laure
VO
Fantarctique! Comme vous, à midi ou à minuit il me tarde d'y retourner, quitte à ramener des valises... sous les yeux.
KR
Merci Vivien pour ton petit mot ! [:)]
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KR
Salut Laure,

C'est sympa d'être venue faire un petit tour en Scandinavie. [:)]

Peut-on trouver des similitudes entre les paysages du grand Nord européen et ceux de l'Alaska ? J'espère trouver des réponses dans ton futur carnet (dis-moi, il y en aura bien un ?)

Ah ah le scrabble !! Nous, en Alaska, c'était les cartes !

Il y a comme ça des indispensables qu'il ne faut pas oublier de mettre dans sa valise quand on voyage dans le Nord .

A + [;)]
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CA
Hello !

C'est sympa d'être venue faire un petit tour en Scandinavie. [:)]

Mais tout le plaisir est pour moi !

Peut-on trouver des similitudes entre les paysages du grand Nord européen et ceux de l'Alaska ?

Figure toi que c'est exactement la réflexion que je me faisais à la vue de certaines de tes photos... Regarde plutôt ça ...



ou ça...



Oui oui le carnet est prévu... Tu pourras comparer plus finement ...[;)]

A+ et bon we Laure
KR
Fantarctique!

Merc(t)i(que) [;)]

Comme vous, à midi ou à minuit il me tarde d'y retourner, quitte à ramener des valises... sous les yeux.

De Cape Town à Nordkapp, tu risques de devoir faire le grand écart !

Velkommen i Norge ! [:)]
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KR
Regarde plutôt ça...

Effectivement, on pourrait se croire ici

Tu pourras comparer plus finement...

Je regarderai ça avec attention ! [:)]
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KR
Voici la suite du récit, à savoir les jours 7 à 10... du point le plus septentrional au point le plus oriental, à la fois de la Norvège et de notre voyage. [:)]

Pour ceux qui souhaitent trouver directement la suite, c'est ici :

sites.google.com/...inavie/trollholmsund

Je complète également le post 1 de cette discussion pour ceux qui préfèrent la version VF [;)]

A+
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EL
Voilà encore 3 beaux récits, assez rares dans ces régions du Nord de la Norvège. Dommage pour la météo, mais on est au Nord du Nord [:)]. Très émouvant ce mémorial de Steilneset. Je trouve que ces musées scandinaves sont très beaux, et intéressants. Avec de beaux designs. Comme ceux en Finlande : des Sami à Inari Siida, Arctique Artikum à Rovaniemi ou encore celui de la forêt Lusto à Punkaharju.

Merci pour ce partage.
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KR
... assez rares dans ces régions du Nord de la Norvège.

Oui, la plupart des touristes se focalisent sur le cap Nord, délaissant les péninsules voisines souvent par manque de temps et peut-être par manque d'info. Nordkinn est vraiment très peu fréquentée, Varanger un peu plus, sans doute en raison de sa route classée touristique et pour ses colonies d'oiseaux.[:)]

Je trouve que ces musées scandinaves sont très beaux, et intéressants. Avec de beaux designs. Comme ceux en Finlande : des Sami à Inari Siida, ArctiqueArtikum à Rovaniemi ou encore celui de la forêt Lusto à Punkaharju.

Tout-à-fait d'accord en qui concerne le Musée SIIDA à Inari que nous avons eu l'occasion de visiter, je l'évoquerai par la suite. [;)]

A+
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SI
On peut ajouter le musée same de Jokkmokk à la liste
Je n'aurai pas le temps...
KR
On peut ajouter le musée same de Jokkmokk à la liste

J'avais entendu parler en bien de ce musée, en effet.

Néanmoins, on est généralement plus attirés par la nature que par les musées. Les musées, on les garde pour les jours de mauvais temps. [;)] Quand il fait beau, on est sur les sentiers. Or il a fait tellement beau dans la partie suédoise de notre voyage... [:)]
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KR
Bonjour à tous et merci de nous avoir lus jusqu'ici.

Le récit de notre voyage se poursuit avec un passage de quelques jours en Finlande après une étape improvisée à la limite de la Russie. [;)]

Voici les cinq journées supplémentaires de J11 à J15.

Pour accéder directement à J11, c'est ici :

sites.google.com/...scandinavie/kirkenes

Ou si vous préférez sur le post 1 de cette discussion.

Bonne découverte ! [:)]
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SI
On peut ajouter le musée same de Jokkmokk à la liste

Néanmoins, on est généralement plus attirés par la nature que par les musées. Les musées, on les garde pour les jours de mauvais temps. . [:)]

Oui, et cela donne un bon motif pour repartir...
Je n'aurai pas le temps...
CA
Je vois que la météo n'a pas été trop coopérative ! Trop drôle les moutons qui se mettent à l'abri ... Mais ça permet de visiter des petits musées locaux évités sinon, de prendre le temps d'un détour pour une bonne spécialité culinaire... Je reconnais bien le fait de se réjouir quand le ciel est juste couvert, que finalement il ne pleut pas, que les affaires sont sèches, qu'une petite balade est possible... Ahah et je reconnais bien aussi le fait de négliger un ciel menaçant et de finir trempés ! Très sympas ces rencontres animales, tous ces rennes, ces jolis oiseaux (j'adore les macareux!), cet élan dans l'eau et ce renard arctique, quelle finesse ! Et puis néanmoins de beaux paysages sauvages, des fjords, des sommets enneigés et des belles vues ! Je croise les doigts pour les Lofoten....
KR
Je vois que la météo n'a pas été trop coopérative !

Elle n'a pas été aussi "égale" que lors de notre voyage précédent, disons qu'elle a évolué en dents de scie, quelques jours de beau, 1 ou 2 jours de moins beau etc.

Trop drôle les moutons qui se mettent à l'abri...

Je les trouve extra dans leur abribus. [:)]

Mais ça permet de visiter des petits musées locaux évités sinon, de prendre le temps d'un détour pour une bonne spécialité culinaire...

Au final, ça a du bon ! [:P]

Je reconnais bien le fait de se réjouir quand le ciel est juste couvert, que finalement il ne pleut pas, que les affaires sont sèches, qu'une petite balade est possible...

On sent l'expérience qui parle !

Ahah et je reconnais bien aussi le fait de négliger un ciel menaçant et de finir trempés !

Ça, ça nous a servi de leçon. Après cette expérience, on a été beaucoup plus prudents dans nos sorties. J'avais déclaré : "on ne sort plus s'il y a le moindre doute". On a expérimenté là aussi une des limites du séjour en fourgon, rien n'y sèche contrairement à une chambre d'hôtel où en une nuit on peut faire sécher des affaires mouillées.

Très sympas ces rencontres animales, tous ces rennes, ces jolis oiseaux (j'adore les macareux!), cet élan dans l'eau et ce renard arctique, quelle finesse !

Les rennes sont légion. Il n'y a pas eu une journée sans voir de rennes. Moi aussi j'adore les macareux mais cette fois ils ont été concurrencés par les guillemots de Troïl (ceux qui portent des lunettes), je les trouve très craquants aussi. [:)] Le renard, c'est la première fois qu'on en voyait un (voyages en Norvège et Islande confondus). L'élan, c'était la seule fois du voyage, au milieu d'un lac de surcroît, c'était inédit.

Et puis néanmoins de beaux paysages sauvages, des fjords, des sommets enneigés et des belles vues !

C'est un beau pays, la Norvège ! [:)]

Je croise les doigts pour les Lofoten....

Il y a d'abord un passage en Suède sous une très belle météo mais ça, c'est pour dans quelques jours ! [;)]

A+ et merci de ta lecture attentive. [:)]
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FR
Bonjour Christine Merci pour ce carnet de voyage qui va me donner des idées pour l'année prochaine. Je m'étais déjà inspirée de votre récit pour l'ouest Canada. Comme Laure cet été nous étions en Alaska et nous avons eu la chance d'avoir 11 jours de très grand beau temps sur les 15. Je vois que côté Norvège il nous faudra (aussi) composer avec la météo. Nous aimerions pouvoir aller dans la région du Cap Nord , aux Iles Lofoten et faire une incursion au Svalbard Nous avons envie de modifier un peu nos habitudes (voiture + hôtel , pour le camping-car je n'arrive pas à décider mon mari ! ) en incluant des randos à notre parcours. Quel guide nous conseillez-vous ? J'attends la suite avec impatience ! Françoise
Françoise
VO
Bonjour,

Je suis votre compte rendu, de belles photos et des endroits intéressants, comme toujours, même si nous ne voyageons pas de la même façon.

Par contre, je ne pense pas que la photo d'oiseau du J13 soit celle d'un pluvier doré. Le bec et les pattes sont beaucoup trop longs, cf. photo ci-jointe. De plus, le pluvier ne barre pas l'accès à son nid du tout. Il tente d'éloigner l'intrus en lançant son cri caractéristique et en faisant semblant d'être blessé, pendant que la femelle reste sur le nid jusqu'au dernier moment, avant de s'enfuir en rasant le sol pour être moins visible (elle a des couleurs plus neutres).

Je pencherais plutôt pour une espèce de bécassine ou de bécasseau, ou peut-être un combattant varié, mais je ne suis pas spécialiste du tout. Si quelqu'un pouvait nous éclairer...
KR
Bonjour Framboise.. euh pardon... Françoise [;)]

Merci pour ce carnet de voyage qui va me donner des idées pour l'année prochaine.

Ravie qu'il puisse servir directement

Je m'étais déjà inspirée de votre récit pour l'ouest Canada.

Il sert beaucoup et c'est un des récits les plus lus sur mon site.

Je vois que côté Norvège il nous faudra (aussi) composer avec la météo.

Aussi ! [:P]

Nous aimerions pouvoir aller dans la région du Cap Nord, aux Iles Lofoten et faire une incursion au Svalbard

Beau projet ! [:)] Pour les Lofoten, tu peux commencer par explorer le récit de notre voyage de 2014 pendant lequel nous avions déjà passé 7 jours dans les îles Lofoten.

Quel guide nous conseillez-vous ?

Je donnerai ma bibliographie/webographie à la fin du carnet. Tu peux aussi consulter mes références de 2014. Sinon, je te donne dès à présent quelques tuyaux :

Pour les généralités, j'aime bien le guide du LP, mais j'ai aussi parcouru le Routard. Traitant plus spécifiquement de la Laponie (norvégienne, finlandaise, suédoise et russe), le petit Futé Laponie est TB.

Pour les randonnées, je me suis servie d'un guide Rother "Lappland" qui couvre la Laponie suédoise, finlandaise et norvégienne (+ un peu les Lofoten) mais il n'existe à ma connaissance qu'en allemand.

En dehors des guides papier et pour la rando, Internet offre quelques excellentes références

Ma bible sur Internet pour la randonnée en Norvège, c'est ut.no ( le site est en norvégien, il faut activer un traducteur).

Pour les Lofoten, rando-lofoten est excellent (il suffit de s'inscrire pour avoir accès aux descriptifs des randos). L'auteur a récemment sorti un guide-papier.

Voilà pour les principaux qui me viennent en tête en attendant la liste complète à la fin du récit. [;)]

PS Pour certaines régions où nous n'avons pas pu randonner à cause de la météo, je pourrais éventuellement te donner une liste de randos que j'avais sélectionnées. Par ex au Cap Nord, il y a des randos sympa que j'avais retenues mais que nous n'avions pas pu faire.

Bon début de préparation ! [:)]
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EL
Bien merci encore pour la description de ces quelques journées. J'y retrouve des lieux où je suis passé en 2007 et en .... 1971. Je pense spécialement à la route de Kirkenes vers Inari. A l'époque (nous étions bien jeune[:P]) , nous étions parti avec une seule carte pour toute la Scandinavie à l'échelle 1 : 3.700.000 soit 1cm pour 31,7 Km, autant dire d'une extrême précision [;)]. Cette route était alors toute récente et ne figurait pas sur notre carte. On s'y est risqué et elle reste comme un des très bons souvenirs de ce périple au bord de notre R4. Nous l'avions parcouru en fin de journée, avec une belle lumière nordique rasante. Bref que du bonheur [:)]. Par contre, aucun souvenir personnel des moustiques. Mais mon frère qui m'accompagnait en parle encore aujourd'hui.

Toute ces descriptions de promenades, assez facile, donnent bien envie d'y retourner. Je pense que l'option Camping Car est juste bien appropriée pour ce genre d'expédition en pensant prendre deux paires de chaussures de marche ...

Impatient de la suite !
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
KR
Bonjour Voyageur breton [;)]

Je suis votre compte rendu, de belles photos et des endroits intéressants, comme toujours,

Merci pour les compliments [:)]

même si nous ne voyageons pas de la même façon.

Il y a autant de façons de voyager que de voyageurs ! [;)]

Par contre, je ne pense pas que la photo d'oiseau du J13 soit celle d'un pluvier doré.

Tu as bien fait de m'alerter. J'ai effectivement fait un raccourci trop rapide en me basant sur la photo d'un pluvier prise en Islande.

Je pencherais plutôt pour une espèce de bécassine ou de bécasseau, ou peut-être un combattant varié, mais je ne suis pas spécialiste du tout.

Je ne suis pas spécialiste non plus (d'où la confusion précédente) mais en suivant la piste bécasseaux, peut-être que ça pourrait être un bécasseau... d'Alaska mais ?

J'ai sollicité un spécialiste. En attendant son avis, je modifie le texte sur mon site.

Encore merci de m'avoir lue avec autant d'attention ! [:)]
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FR
Merci pour toutes ces références je vais voir ça de plus près..
Françoise
VO
Re-bonjour !

Je me disais que c'était bizarre, aussi !

Peut-être, que c'est ce bécasseau effet, je suis curieuse d'avoir la réponse... et de voir la suite, étant passée à Gällivare et à Kvikkjokk aussi cet été (mais bon, ce ne sont pas des endroits qui laissent un souvenir impérissable, c'est plutôt « veni, vidi, vici » !).

[;)]
KR
J'y retrouve des lieux où je suis passé en 2007 et en.... 1971. A l'époque (nous étions bien jeune[:P]),

1971... quelle époque mais que de bons souvenirs, j'imagine [:)]

Par contre, aucun souvenir personnel des moustiques. Mais mon frère qui m'accompagnait en parle encore aujourd'hui.

Je ne sais pas comment tu as pu y échapper Cela dit, on n'a pas eu à en souffrir outre mesure. Certes on a déploré quelques piqures mais au final on n'a même pas acheté de filet de tête. Dès qu'on dépassait une certaine altitude, il n'y en avait plus, alors on s'arrangeait pour passer le maximum de temps dans les "hauteurs".

en pensant prendre deux paires de chaussures de marche...

Exact, ça peut être utile ! [;)] On avait bien une deuxième paire de chaussures (mais pas spécialement de marche) mais on ne voulait absolument pas prendre le risque de les mouiller également. Le terrain est particulièrement spongieux en Laponie (tourbières, marais) d'autant plus qu'il pleuvait régulièrement de façon abondante.

A+
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WA
Bonjour Christine,

Ton carnet est encore un vrai régal pour les yeux [:)] J'imagine que cette météo pluvieuse n'était pas idéale pour randonner mais installée derrière mon écran, je trouve que ça donne de très belles photos ! [;)] J'ai adoré aussi les photos d'animaux. Celles du lagopède et des macareux donnent envie à elles seules d'aller visiter ces contrées septentrionales.

En lisant tes problèmes techniques avec les vêtements mouillés, j'ai bien compati car même en étant logé en dur quand on rentre trempé jusqu'au os, ce n'est pas évident de tout faire sécher

Excellente la quête du crabe ! Je commençais à me demander si vous alliez pouvoir en déguster un. Ces bestioles sont impressionnantes !

J'attends la suite avec impatience [;)]
Mes carnets de voyage :http://deparlemonde.jimdo.com/
KR
Oups, je viens de réaliser que tu étais une Voyageuse ! [;)]

Mon petit doigt me dit aussi que sur un autre forum tu interviens sous un pseudo en 10 lettres commençant par H et finissant par R. Me trompé-je ? Du coup, je comprends de quelle façon tu voyages !

je suis curieuse... de voir la suite, étant passée à Gällivare et à Kvikkjokk aussi cet été (mais bon, ce ne sont pas des endroits qui laissent un souvenir impérissable, c'est plutôt « veni, vidi, vici » !).

En ce qui nous concerne, on a adoré notre séjour de deux jours à Kvikkjokk, certes un coin paumé mais on aime bien ce genre de coin. On y a fait deux belles randos (à la journée, hein, pas du trekking de plusieurs jours) sous une météo estivale. [:)]

A+
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VO
Facile à deviner !

Oui, c'est plus clair sur l'autre forum. [;)]

C'est joli autour de Kvikkjokk, c'est vrai mais il y a beaucoup beaucoup mieux pas très loin, donc ça ne m'a pas retournée et je préfère quand c'est complètement isolé plutôt qu'un peu glauque comme ce genre d'endroits. Les locaux sont un peu spéciaux aussi. J'ai pris de belles photos des rapides, ceci dit.

Je suis curieuse de voir les randos que vous avez faites. Je ne suis pas aussi sensible au facteur météo que vous, moi c'est plutôt : « il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais vêtements ».
KR
Coucou Alix,

A peine rentrée de voyage, te voilà déjà en train de lire notre récit. Quelle promptitude ! Merci ! [:)] J'espère que ton voyage s'est bien terminé et qu'on pourra lire tout ça dans un prochain carnet.

En lisant tes problèmes techniques avec les vêtements mouillés, j'ai bien compati car même en étant logé en dur quand on rentre trempé jusqu'au os, ce n'est pas évident de tout faire sécher

Nous avons expérimenté là un des inconvénients du camping-car. [:/]

Excellente la quête du crabe ! Je commençais à me demander si vous alliez pouvoir en déguster un

Oui, la quête a été longue et a finalement été possible grâce au mauvais temps, sinon nous ne serions sans doute pas passés par Kirkenes, destination non prévue au départ. [;)]

A+
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
KR
c'est vrai mais il y a beaucoup beaucoup mieux pas très loin

J'ai bien conscience qu'en trekking on doit pouvoir atteindre des endroits bien plus sauvages et encore plus nature.Tu pourras nous joindre l'une ou l'autre photo de tes coins préférés ?

Demain, je pense publier (tout particulièrement pour toi [;)]) le récit des deux jours passés à Kvikkjokk.

A très bientôt ! [:)]
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VO
Oui, mais pas seulement. Le site des photos ci-jointes est facilement accessible avec un minimum de confort grâce à la Kungsleden. D'ailleurs, il est un peu trop fréquenté à mon goût, essentiellement par des Allemands, dont certains fort mal élevés ! De toutes façons, la région est tellement prisée des randonneurs qu'il faut vraiment aller loin pour être isolé, ce qui est un peu dommage mais ça reste supportable. Une dédicace spéciale, que d'attentions ! [;)]
KR
Les panoramas sont époustouflants en effet [:)] Les nôtres vont être plus modestes ! A+
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VO
Ce site est difficilement égalable, de toutes façons. Ça m'intéresse de voir vos randos car je sais qu'il y a des endroits à découvrir autour de Kvikkjokk mais j'y suis simplement passée car il le fallait pour prendre le bus. Et voir les choses d'un autre point de vue est toujours intéressant.

J'ai trouvé un bon candidat pour l'oiseau du J13 : le chevalier sylvain. L'habitat correspond en plus. Je penche pour cette solution, qu'en penses-tu ? Toujours pas de confirmation ? Cf. ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/chevalier.sylvain.html

Ou une page qui permet de bien comparer différents oiseaux assez proches pour le profane : http://dombes.h2o.free.fr/wordpress/?tag=becassine-des-marais
KR
J'ai trouvé un bon candidat pour l'oiseau du J13 : le chevalier sylvain. L'habitat correspond en plus. Je penche pour cette solution, qu'en penses-tu ?

Oui, ça m'a tout l'air d'être un chevalier sylvain. La bécassine des marais, je ne crois pas, le bec de la bécassine me paraît plus long. Tu as bien bossé ! [:)]

Toujours pas de confirmation ?

Pas de confirmation [:/] Le spécialiste que j'ai sollicité (et qui m'avait déjà aidé pour mon voyage en Australie il y a quelques années), ne répond pas.

Je relance un appel... si quelqu'un est spécialiste et pourrait nous confirmer.

Les deux journées à Kvikkjokk sont dès à présent en ligne sur mon site. [;)]

A+
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KR
Salut à tous,

Voici le récit des deux journées passées à Kvikkjokk, un petit village reculé de Laponie suédoise, situé à l'entrée des parcs nationaux de Sarek et Padjelanta et sur l'un des tronçons de la Kungsleden, la Voie Royale, un sentier de grande randonnée de 425 kilomètres...

La suite, je vous la décris ici :

sites.google.com/...andinavie/kvikkjokk1

et je complète ASAP le post 1 de cette discussion.[;)]

Enjoy ! [:)]
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EL
Alors là, les chaussures n'ont pas dû être séchées ! Quel météo [:)]. Jolies randonnées.
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
KR
Alors là, les chaussures n'ont pas dû être séchées !

Bien vu ! [;)] On nous a dit que c'était la journée la plus belle et la plus chaude depuis des semaines, on a eu de la chance ! [:)]

A+
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KR
J'ai trouvé un bon candidat pour l'oiseau du J13 : le chevalier sylvain. L'habitat correspond en plus. Je penche pour cette solution, qu'en penses-tu ? Toujours pas confirmation.

J'ai sollicité un autre contact qui m'a répondu sur le champ : c'est effectivement un chevalier sylvain, même si, ajoute-t-il, la différence est parfois difficile à faire avec le chevalier cul blanc.

Entre-temps, en approfondissant mes recherches, j'avais aussi eu un doute sur l'identification du deuxième oiseau du J13 et supputé qu'il s'agissait plutôt d'un mésangeai, ce que mon contact a bien confirmé.

A force, on va devenir des spécialistes !

Encore merci de ton aide et à + [:)]

PS : Mon premier contact vient de confirmer à son tour que c'est bien un chevalier sylvain. [:)]
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VO
Super ! Je n'avais pas vérifié pour le deuxième car la photo ne permettait pas de l'identifier facilement et je ne voyais pas du tout. Pas facile. J'ai aussi des difficultés à identifier certains oiseaux ou certaines fleurs que je prends en photo. [:)]

Sympa vos randos autour de Kvikkjokk. En fait, toute la région aux alentours est du même genre, on retrouve le même type de paysages sur la Kungsleden aux environs. Il faut aller plus en montagne pour que ce soit différent (exemple sur la Kungsleden à deux jours de marche ci-joint).
CA
Hello Christine,

Moi aussi je viens rendre le frais par chez toi ... Je dois dire que ton aperçu de Kvikkjokk m'intéresse particulièrement vu que je lorgne du côté de la Laponie pour 1 trek d'1 petite semaine l'été prochain... Bon pour l'instant je n'ai pas creusé plus que ça (finissons d'abord ce qui est commencé ...) mais je dois dire que les vues me plaisent, que je constate qu'en juin, il peut faire beau... Niveau moustiques ça donnait quoi ? Le 2ème jour aussi avec sa combinaison de découverte par voie d'eau (j'ai adoré les coup des "for a good price", à l'heure le Bjorn et avec le sens des affaires en plus ) et terrestre m'a bien plu aussi, les vues sont vraiment belles et sous le soleil, ça ne gâche rien... A+ Laure
KR
Je dois dire que ton aperçu de Kvikkjokk m'intéresse particulièrement vu que je lorgne du côté de la Laponie pour 1 trek d'1 petite semaine l'été prochain...

Je ne suis pas spécialiste du trek en Suède (tu devrais te mettre en contact avec Voyageur35), mais la Kungsleden me paraît bien indiquée dans ce cas. Je ne sais pas si l'accès par Kvikkjokk est le plus approprié. Le sentier faisant plus de 400 km, il y a plusieurs points d'accès, entre autres Abisko également (dont je parlerais incessamment sous peu [;)])

Niveau moustiques ça donnait quoi ?

Il y avait des moustiques bien sûr, sans doute comme en Alaska [:P].

Grâce à l'utilisation d'un répulsif on n'en a pas souffert outre mesure, on n'a même pas acheté de filet de tête. Les moustiques sont surtout à basse altitude. Dès qu'on dépasse la limite des arbres, il n'y en a plus. Bon, je ne sais pas ce que ça donne en trek et notamment le soir sous la tente (mais je crois qu'il y a des refuges sur la Kungsleden). En camping-car, il y a moyen de se mettre à l'abri.

As-tu vu les photos que Voyageur35 a joint à son message (message 40) ? La deuxième et la troisième sont spectaculaires, elles donnent envie ! [:)]

A+
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