Carnet de voyage: 19 jours dans les Pays Baltes

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SK
Durant deux semaines et demie, un ami et moi avons voyagé au travers des trois pays baltes. À travers ce petit carnet, j’aimerais partager avec vous ce que l’on a vu, aimé (ou pas) et aussi quelques photos. J’espère qu’il vous plaira !

Samedi 30 juillet 2016 :

Le grand départ approche. On nous dépose en voiture à l’aéroport de Bruxelles Sud (Charleroi) pour que nous puissions prendre notre vol vers la capitale de la Lituanie, Vilnius, seule ville déjà visitée des pays baltes pour ma part. Nous enregistrons nos bagages, on patiente gentiment dans cet aéroport exigu et peu intéressant, on fait la file à la porte d’embarquement et nous voilà parti de la pluvieuse Belgique vers la non moins pluvieuse Lituanie.

On atterrit aux alentours de vingt heures, l’aéroport est petit et nombreux vieux coucous sont posés sur la piste. On descend de l’appareil, récupère nos bagages et nous dirigeons vers la gare des bus. On monte dans l’un d’eux, et première surprise, le billet de bus ressemble à s’y méprendre à un ticket de caisse et il faut le composter dans un bidule en fer pour trouer grossièrement le billet. Le trajet se passe et l’on arrive près de la gare. Après un trajet facile, on arrive près de la magnifique porte de l’Aube faisant jonction entre le quartier de la gare pas fort réjouissant (hormis la gare même) et la superbe vieille ville. Notre auberge se trouve quelques mètres plus bas, on y rentre et on s’y installe, le personnel semble aimable.

(Cathédrale de Vilnius)

Bien entendu, la faim se fait ressentir, on décide dès lors de se promener. Je me souvenais encore d’un restaurant (ou plutôt une chaine de restaurants) appelé « La Crêpe » sur la principale « Perspective » de la ville. On traverse la ville et le monde présent dans les rues est assez frappant. Lors de ma première visite en avril 2014, il n’y avait pas une âme dans les rues, et ici des tas de gens se pressent dans les bars et les restaurants plus élégamment habillés les uns que les autres. Sur la place principale de la ville se dresse majestueusement l’immense palais grand-ducal et la cathédrale de Vilnius joliment éclairée, pour l’ambiance il y a une dizaine de joueurs de djembés assis sur les marches près d’une grande statue. On s’enfonce dans l’avenue principale de Vilnius bordées de restaurants étrangers, boutiques de luxe et autres ersatz de Starbucks, on passe devant le théâtre et on s’installe à la terrasse du « La Crêpe ». Au menu, ce sera soupe froide à la betterave et crêpe de pommes de terre au saumon (gras mais vachement bon). Après un tel repas savoureux, rien de tel que de s’installer dans une taverne balte de la vieille ville et de boire un brandy local. De là, un retour vers l’auberge s’impose. Il est minuit, on va se coucher.

Dimanche 31 juillet :

Le réveil est rude : de la fenêtre du dortoir de l’auberge, nous entendons la messe donnée à la porte de l’Aube, celle-ci commence tôt, rassemble une foule conséquente de croyants et résonne dans toute la rue. On se prépare et on se met en route, il fait assez beau (ce qui sera plus rare dans le reste du voyage) et on se dirige encore une fois vers la place de la cathédrale, cette fois-ci en prenant notre temps à bien regarder les détails de la rue pourfendant en deux la vieille ville. Églises orthodoxes russes et catholiques se dressent régulièrement des deux côtés de la route, plus belles les unes que les autres, suivi de la Mairie et ses colonnes. Viens ensuite la rue du château dans laquelle on s’arrête pour y prendre le café et le petit-déjeuner.



(Porte de l'Aube)

(Porte d'une église dans la rue principale de la vieille ville)

(Mairie de Vilnius)

Après cette pause, nous décidons de visiter la cathédrale, il y a du monde (dimanche oblige), mais nous pouvons faire le tour à notre aise. Sobre et blanc, l’intérieur de cette bâtisse est impressionnant, notamment la chapelle.

(Cathédrale de Vilnius et Palais grand-ducal)

Nous sortons et faisons le tour, on passe devant la colline du château mais ce n’est pas ce monticule-là qui attire notre attention, mais bien l’autre colline importante de la ville, celle des trois croix. Ces trois croix symboliseraient les trois premiers prêtres venus christianiser le peuple lituanien (dernier peuple païen d’Europe), comme vous l’imaginez cela ne s’est pas bien passé pour eux et ils ont éventuellement fini par mourir. Ces trois croix sont présentes depuis longtemps mais elles ont été détruites à de maintes reprises durant l’occupation de l’URSS. Bref, après une ascension à travers les bois, on arrive sur ladite colline offrant une vue très sympathique de la ville dans son ensemble. Les trois croix en elles-mêmes mériteraient presque un petit coup de peinture mais il n’empêche qu’elles sont impressionnantes.

(Vue de la colline aux croix)

(Les... croix)

Après avoir admiré la vue, on redescend par une multitude de marches en bois (parfois pas très stables) et l’on arrive dans l’immense parc de la ville, on se promène du « mauvais côté » de la rivière et croisons le chemin du quartier d’Uzupis apparemment peuplé d’artistes en tout genre ayant déclaré l’indépendance (juste pour rire) de ce morceau de ville coupé du reste de l’agglomération par la rivière Vilnia. On passe juste sur la place principale avec le fameux ange pour ensuite s’installer à une terrasse pour se désaltérer.



(Ange d'Uzupis)

Direction ensuite la très belle église Sainte-Anne et ses briques rouges, puis celle d’un restaurant dans la rue principale. Nous prenons le premier venu, un établissement aux allures de pièges à touristes mais dont les prix affichés sur la carte nous convainquent quand même. Un serveur dans un costume ‘’traditionnel’’ nous installe, on choisit nos plats et l’on commande les spécialités : soupe aux champignons servie dans un bol en pain et les zeppelins, sortes de pommes de terre gélifiées farcies à la viande, pas mal du tout.

(Église Sainte-Anne)

Après un repas si copieux et une chaleur étonnante, on décide de remonter à l’auberge pour se reposer un peu. Après une petite sieste, nous redescendons en ville, un bar pas très loin de l’auberge propose des narguilés, on en essaye un, à notre surprise, l’eau est remplie de fruits coupés en morceaux.

Après cette énième pause, nous nous remettons en marche en explorant la vieille ville, on tombe ainsi nez à nez avec le palais présidentiel et de belles rues étroites aux maisons couleur pastel.

(Rue de Vilnius)

(Le palais présidentiel)

(En face du palais présidentiel)

Après avoir flâné et découvert quelques églises et l’unique synagogue, on se dirige à nouveau vers la perspective Gédiminas pour se sustenter (vacances caloriques, que voulez-vous), on terminera la soirée à l’auberge accompagnés de quelques bières locales et de discussions animées avec un Irlandais rencontré dans la salle commune.

(Soirée tombante devant la cathédrale...)

(Statues du théâtre de Vilnius: le drame, la comédie et la tragédie)
SK
Lundi 1 septembre : Malheureusement, c’est lors de notre seule journée pluvieuse dans la capitale lituanienne que l’on avait prévu notre excursion à Trakai.

(Graffiti dans le quartier de la gare).

Levés de bonne heure, nous allons à la gare des bus. Un autocar est déjà à quai, on prend nos billets encore sous la forme d’un… ticket de caisse ? On s’installe et l’autocar démarre quasi immédiatement. On travers la banlieue puis assez vite nous voilà sur l’autoroute, on passe au travers de villages dont les maisons en bois jouxte des blocs d’appartements gris. Après un bon cinquante minutes, nous voilà à Trakai. Avant d’arriver au château, il faut descendre « l’avenue principale », on se croirait presque en Norvège avec ces maisons en bois peintes en rouge et vert.

(Une des maisons de Trakai).

On arrive face au château et il se met à dracher. On se met à l’abri sur la terrasse couverte d’un restaurant où l’on commande des Kibinai, sorte de « croissants » remplis d’oignons et de viande (de mouton pour moi), un régal peu couteux.





Après avoir attendu une heure et demie pour que la pluie cesse, une accalmie arrive enfin, on finit notre café et l’on traverse le pont en réparation vers le très beau château de Trakai. On rentre dans l’enceinte, on paye nos billets et on explore. Fort malheureusement, des sièges et une scène gâchent un peu la vue que l’on pourrait avoir de la première cours, heureusement très vite nous voilà dans le château même.



L’histoire du pays et de la ville ainsi que de son château sont expliqués au fil des pièces, après être descendus de la tour principale, vous pouvez explorer des salles annexes près de là où vous avez achetés vos billets, une collection d’objets (dont des pipes ou des statuettes) et de trophées de chasse vous y attendent.



Après la visite du château, on fait le tour de l’île (pas immense) mais offrant une belle vue sur le lac tout autour. Le temps semble redevenir maussade, nous décidons donc après seulement 4 petites heures de visite de déjà retourner sur Vilnius.



Nous remontons la charmante route vers la gare des bus, les gouttes se remettent à battre le pavé, on s’abrite dans l’église de la ville quelques minutes, heureusement, la pluie se calme vite.



Arrivés à la gare des bus, un minibus nous attend, le prix est encore moins cher qu’à l’aller et celui-ci va directement sur Vilnius sans détour. Magnifique. Etrangement, à Vilnius, il fait… beau même si les flaques et le sol détrempé nous montre bien que la capitale a aussi été victime d’intempéries.

Il n’est pas très tard, à peine seize heures, on décide donc de se promener à nouveau, après être repassé par le quartier « présidentiel », on entreprend de descendre toute la perspective malgré le temps redevenant gris.

On passe devant le théâtre, les boutiques de luxe continuent d’être présentes mais la beauté des bâtiments va en se dégradant et après une belle place, l’architecture devient même communiste avec un parlement très vilain et une bibliothèque nationale pas forcément plus remarquable, le seul attrait est la carte en quatre faces montrant la taille de la Lituanie au travers des âges. On traverse la route par curiosité et nous trouvons là une autoroute urbaine s’enfonçant sous la ville, chose que je n’aurais jamais soupçonnée d’ailleurs !



Après cette grosse promenade, nous revenons sur nos pas par des rues sur le côté, les maisons et bâtiments sont tout en contraste : église fraichement rénovée, maisons en bois, immeubles… Un véritable puzzle architectural.



De retour dans le centre, nous mangeons (encore et encore) puis on se dirige à nouveau vers le quartier d’Uzupis, juste à l’entrée se dresse un beau pub le long de la rivière, on y reste quelques temps avant de se diriger à nouveau vers l’auberge pour notre dernière nuit à Vilnius.
SK
Mardi 2 août :

La mission de la journée : visiter l’université de Vilnius, grimper la colline du château, visiter l’église Saint-Pierre-et-Paul, aller jeter un œil au bastion puis… partir pour la deuxième ville du pays : Kaunas !

C’est de très bonne heure que l’on se lève, on range nos affaires et on dépose nos sacs à la réception. Bref, après un café corsé, nous voilà devant l’université de Vilnius. Après avoir payé une somme dérisoire, nous entrons dans l’université composée de plusieurs petites cours aux bâtiments colorés. Nous visitons d’abord une salle de réception aux plafonds peints, on flâne dans plusieurs cours, nous rentrons dans plusieurs amphithéâtres avant d’arriver à la pièce maitresse de l’université : son église baroque vraiment splendide et son clocher (détaché).



L’intérieur de l’église est richement décoré, tout le contraire de la cathédrale, gravures, marbres, statuettes… Tout est fait pour flatter la rétine. Je laisse mon camarade sur le côté (vertige) pour aller jeter un œil au panorama du haut de la tour du clocher, il faut de nouveau payer pour avoir l’autorisation de monter, mais rien d’extrêmement cher.



Le clocher est particulier : dans le hall d’entrée et visiblement attaché tout en haut, un pendule de Foucault balance. Il y a également un ascenseur pour accéder au sommet. J’y monte et admire la progression rapide vers les hauteurs du bâtiment, les portes s’ouvrent, il faut encore grimper quelques escaliers escarpés pour atteindre le point culminant. Des ouvertures donnent sur un ‘balcon’ et la vue est simplement magnifique. Le clocher domine la vieille ville, j’ai passé quelques minutes à la contempler avant de redescendre.



Nous sortons de l’université et on se dirige vers la colline du château. Depuis 2014, beaucoup d’arbres ont disparu de ce côté du monticule et un funiculaire flambant neuf le descend. On décide néanmoins de marcher et encore une fois d’apprécier la très belle vue que l’on a du haut de la colline. On ne rentre pas dans le château, je l’avais déjà visité et la file monstrueuse ne m’a pas donné envie de réitérer l’expérience.



On se remet presque immédiatement en route vers l’église Saint-Paul et Pierre, spéciale pour ses milliers de sculptures ainsi que son lustre en forme de vaisseau. La route est longue et monotone avec peu à se mettre sous la dent, mais on finit par arriver devant l’église située à côté d’un rond-point. Sa façade est déjà très belle, mais l’intérieur est vraiment impressionnant : fresques au plafond, statuettes absolument partout… On y flâne en appréciant les détails jusqu’au moment où un immense bus de touristes débarquent.

On approche de midi, on décide d’aller acheter à manger dans un supermarché et de se sustenter dans un petit parc où très rapidement les pigeons viendront former un immense cercle autour de nous.

Après cette incartade plumée, nous nous dirigeons vers le parc de Vilnius décidément bien agréable. On repasse une dernière fois dans Uzupis, on arrive de l’autre côté et on se dirige vers le « bastion », gros reste de base militaire près de la vieille ville. Le bâtiment est assez beau et sur les hauteurs, offrant une vue sympathique sur Uzupis et sa verdure.



Il nous reste encore du temps, on décide alors, intrigué par un panneau promettant un panorama, d’aller voir cela comme adieu à Vilnius.

Après quelques minutes de marche, on arrive sur une route descendant en lacets, en face de nous sur le rebord de la « falaise » se trouve une sorte de terrasse avec des barrières. La vue n’est pas vraiment géniale, étonnant donc d’indiquer ce point précis.

Bref, nous rentrons à l’auberge, et nous dirigeons vers la belle gare de Vilnius. On achète nos billets et on reçoit de nouveau un ticket de caisse ( !), drôle d’habitude balte.

Le train arrive à quai et est confortable et moderne, on fait le trajet Vilnius – Kaunas en cinquante minutes. Les paysages plats, les forêts et quelques villes défilent. Une fois à destination, une dame âgée nous interpelle. Elle a besoin d’aide pour porter ses valises dans le tunnel passant sous la route. On apprend qu’elle est Germano-Lituanienne et elle nous donne quelques conseils, notamment de ne pas traîner dans le quartier de la gare la nuit…

Après cette bonne action, j’essaye de téléphoner à mon hôte (Couchsurfing), il me dit qu’il est parti en ville et qu’il ne reviendra que dans quatre heures. Pour prendre notre mal en patience, on essaye de se diriger vers le centre et… on remonte un boulevard ne semblant avoir aucune fin, on croise un parc étrange avec des tombes. Les bâtiments sont fabuleusement vilains et nos sacs pèsent lourdement. Soudainement sur notre gauche, une magnifique église avec des dômes bleus, la fameuse aperçue dans le guide quelques fois.



Malheureusement tout le sol aux alentours est réduit en l’état de vagues graviers et poussières, des ouvriers refont toute la place.

Nous nous engageons sur les « Champs-Elysées » lituaniens, une belle avenue bordées d’arbres et jouxtées de boutiques. Nos sacs sont décidément beaucoup trop lourds, on s’assied à une terrasse et on profite de pain à l’ail en buvant une bière locale.

Soudainement, mon hôte m’appelle, il nous dit qu’on venir à la gare et qu’il nous y attend. On retourne donc sur nos pas, ou presque vu que par entêtement je nous perds et on se retrouve en bord de rivière avec un immense centre commercial se dressant au loin. On le traverse pour revenir du bon côté, et on se rend compte que certains vieux bâtiments ont été intégré dans les galeries commerçantes. Original dira-t-on.

Arrivés à la gare, je reconnais Tomas, l’hôte avec qui j’ai échangé sur internet plusieurs fois. On se salue, et il nous amène vers chez lui, dans le quartier de la … gare. Les routes sont défoncées, on passe devant une usine de vodka et un petit marché. On arrive devant une bâtisse délabrée, notre hôte nous fait rentrer et l’intérieur n’est pas vraiment mieux. On apprend qu’on a une chambre et deux matelas, parfait donc. On apprend aussi qu’en fait le bâtiment dans lequel mon hôte et ses quelques amis (une dizaine) logent n’est rien d’autre qu’un semi-squat, le bâtiment appartient à une vieille dame logeant plus loin dans la rue, mais ne sachant quasi plus se déplacer, les nombreux locataires (officiels ou pas) vont et viennent comme bon leur semblent. Malgré leur côté anarcho-communiste, nos hôtes s’avèrent très gentils et veulent aller nous montrer la vie nocturne de leur ville. En route donc : notre premier et seul arrêt de la soirée est un café dans une galerie d’art, je me fais conseiller quelques boissons sympathiques et plus on discute plus le groupe s’agrandit. Avec tout ce monde s’envole donc l’idée de bouger ailleurs en ville, ce qui nous convient très bien vu la fatigue générale. La nuit continue, des gens racontent des histoires très drôles mais saugrenues sur des sectes dans lesquels ils auraient été, de kayak en Biélorussie, comment ils se sont faits jeter de leur précédent squat, etc. Après avoir bien ri, bu et discuté avec nos nouveaux camarades lituaniens, on rentre de nouveau vers le quartier de la gare pour une nuit de sommeil bien méritée.
TH
Bonjour, merci pour le compte-rendu! y a t-il une suite? cordialement
SK
Il y a bien une suite :) J'ai eu quelques semaines mouvementées en termes de travail, je n'ai pas pu continuer à l'écrire, mais j'ai recommencé! Merci pour votre commentaire.
SK
Mercredi 3 août :

Après un réveil plus que difficile et tardif, on se bouge quand même pour explorer Kaunas que nous n’avons qu’entraperçue la veille. Une « douche » plus tard, nous voilà dehors, le temps est gris mais pas froid, c’est déjà une bonne chose. On traverse le très… étrange quartier de la gare, on parcourt à nouveau l’immense boulevard pour revenir devant la belle église, et on reprend notre chemin sur les « Champs-Elysées ». La faim nous tenaille, il faut dire que l’on n’est pas très loin des treize heures tapantes. On s’arrête dans un établissement de restauration rapide qui sert des plats divers et variés.

Après s’être sustentés, on continue à descendre l’avenue… qui est vraiment très longue ! Au point où on se demande si l’on va finir par tomber sur la vieille ville un jour. L’avenue est bordée de bâtiments de l’entre-deux guerres pas forcément très beaux mais intéressants à regarder néanmoins.



Nous arrivons finalement dans la vieille ville, l’avenue se mue peu à peu, il faut traverser une route via un tunnel dont apparemment les slaves sont très friands en général ! Des bâtiments baroques apparaissent, ils sont parfois un peu décrépits mais le charme fait son effet. On se promène au gré des ruelles, quelques belles surprises architecturales se présentent, pas de doute, on est loin des boulevards laids de la gare.



Force de promenade, nous arrivons sur la place de la mairie avec sa très belle bâtisse blanche plantée en plein milieu. L’endroit est vraiment charmant mais Vilnius n’a décidément rien à lui envier.



Nous flânons autour de la place et décidons de nous diriger vers le château de la ville, ou ce qu’il en reste. Un peu excentré hors de la vieille ville (vraiment un peu), nous trouvons le bâtiment médiéval qui se dresse fièrement, dernier rempart de la ville avant un immense parc vide donnant sur le fleuve.



Complètement crevés par la marche (et la soirée d’hier), on décide d’aller boire un café dans un ersatz de starbucks, bien moins cher et plus généreux en quantité. Nous nous rendons ensuite vers la Maison de Perkunas, une très belle maison gothique en briques rouges, le temps d’une photo et d’admirer la bâtisse, nous voilà déjà en route pour l’un des panoramas de la ville.



On se faufile via un couloir souterrain plus que glauque vers les abords du fleuve qui sont franchement vilains (leur aménagement entendons-nous bien), quelques inscriptions sont inscrites sur les berges pour essayer de donner un petit cachet, les bâtiments en bord du fleuve sont cependant assez beaux.



Nous traversons le fleuve et arrivons devant un funiculaire vraiment ancien. Radins et/ou sportifs, on emprunte les escaliers en béton qui ont aussi l’air d’avoir bien vécus.



Une fois en haut, force est de constater que la vue est impressionnante, on peut voir presque tout le vieux centre ainsi que les abords de la ville. Vu d’ici, Kaunas parait plus vaste que Vilnius, peut-être parce qu’elle ne dispose pas d’autant d’espaces verts. L’espace aménagé en haut de la « colline » est propre et dispose d’une statue étrange représentant sûrement un ancien Dieu lituanien.





Après avoir admiré la vue et fait quelques photos, on redescend et on se « reperd » dans le centre-ville, le soleil ayant percé les nuages à nouveau. Le temps avance et il nous faut malheureusement déjà penser au lendemain. Nous avons en effet décidé de nous rendre à Nida sur l’isthme de Courlande.



On se rend à l’immense centre commercial aperçu la veille, on longe à nouveau la rivière et on arrive devant… On achète nos billets d’autocar Kaunas-Nida et on décide de faire quelques courses pour nos hôtes nous ayant fort gentiment accueillis. On essaye également un « Hesburger », chaine de fast food finlandaise implantée dans les pays baltes : résultat, un repas pas très copieux ni très bon mais qui satisfait les appétits de bouffe industrielle de mon camarade de route.



Après cette journée de marche quasi non-stop et de découvertes boulimiques, on se rend chez notre hôte. Celui-ci vient juste de se lever et ignorant que l’on a déjà mangé nous propose d’aller rendre une petite visite à la pizzeria d’un ami à lui. Malgré cela, nous nous y rendons, la route monte et après une quinzaine de minutes, on termine dans le restaurant. On y retrouve d’autres amis de notre ‘logeur’, ils sont entre autre accompagnés d’une autre couchsurfeuse néerlandaise. Nous mangeons, puis nous nous promenons dans ce quartier résidentiel en hauteur duquel on peut apercevoir les voies ferrées. Avec tout ce beau monde, nous retournons à l’exact même café que la veille et nous reprenons un verre. La soirée est moins arrosée, mais les discussions sont intéressantes et l’ambiance est agréable.

À une heure avancée, nous rentrons, je mets le réveil assez tôt pour ne pas rater le bus vers Nida et nous prenons chaleureusement congés de notre hôte et ses amis, car de leurs propres aveux, ils ne seront pas capables d’être levés pour nous saluer le matin.
SK
Jeudi 4 août :

Le matin est là beaucoup trop rapidement, mais il faut se lever pour ne pas rater l’unique autocar de la journée allant à Nida, surtout que l’on a d’ores et déjà nos billets. On se prépare en grande vitesse et on se dirige vers la gare des bus placée tout autour du centre commercial. L’autocar arrive avec vingt minutes de retard et est immense. Un double-étage, du café gratuit et un wifi performant, pas mal ! Evidemment la moitié du voyage, je le passe à osciller entre sommeil et conscience, j’aperçois de vastes champs, quelques bois et beaucoup d’étangs et de lacs.

Nous arrivons à Klaipėda, le bus se dirige directement vers le port et monte à bord d’un ferry avec d’innombrables voitures. Nous y voilà presque ! Enfin… Encore une heure de voyage jusqu’à Nida, village à la frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad.



Les petites routes sinueuses traversent une forêt de bord de mer assez étrange et belle, nous voyons enfin un peu de soleil. Après de multiples arrêts dans de jolis villages de vacances, nous débarquons enfin à Nida. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça grouille de monde.

Première boulette de notre part : nous n’avons rien réservé du tout. On fait du porte à porte dans les auberges de jeunesse du village, mais toutes sont complètes, il y aurait un festival à Nida, expliquant l’avalanche de monde… Ne restent plus que de couteux hôtels et le camping… Nous allons à l’office du tourisme pour obtenir le numéro de celui-ci, puis allons dans un supermarché pour trouver une tente ! Heureusement pour nous, il y en a plusieurs à des prix corrects. On téléphone au camping pour être certain qu’il y a encore de la place. Une dame décroche et je commence à lui parler en anglais… Elle me demande si je parle allemand ou russe, malheureusement ce n’est pas le cas, et la dame me… raccroche purement et simplement au nez ! Deuxième essai, même chose, on décide donc de retourner à l’office du tourisme pour que quelqu’un parlant lituanien demande si place il y a toujours. Et oui, il y en a…

On marche donc la grosse demi-heure vers le camping un peu excentré. Un petit chemin passe à travers les bois et le soleil est là, c’est assez agréable. Arrivés au camping, nous entrons dans le bâtiment principal et sommes finalement confrontés à la dame du téléphone. Encore une fois, elle nous demande si l’on parle allemand ou russe, je réponds non et elle décide alors enfin de s’exprimer en anglais ! Sérieusement ? Elle nous donne les infos sur où mettre notre tente, nous fait payer, nous indique où se trouvent les plages, les sanitaires et la cuisine…



Nous contournons donc le bâtiment pour se trouver nez à nez avec un camping absolument chaotique : des tentes posées çà et là entre des mobiles homes et camping-cars, des grosses racines d’arbres pourfendent le sol, il y a des cailloux. Heureusement, il fait beau… On plante notre tente, on se repose un peu sur un banc en profitant du soleil, on se fait des sandwichs et à peine finis, la catastrophe commence : en à peine quelques minutes, une averse éclate ! Digne d’une pluie tropicale, on ne peut rien faire à part regarder le sol autour de la tente peu à peu se remplir d’eau. Fort heureusement l’étanchéité de celle-ci a sauvé toutes nos affaires, on décide de déménager dans un endroit plus sec et plus en hauteur. Après cette averse, le temps revient à la normale, voire est ensoleillé! Lassés par le camping, on décide d'aller jeter un oeil à la plage pour ensuite partir vers Nida.

Une petite marche s'impose, pas fort longue: on traverse un peu de bois, un parking avec une station essence pour rejoindre des bois à nouveau, on grimpe des marches et nous voilà au-dessus de la plage qui est, il faut le dire, vraiment belle.





Après avoir vu la plage, on décide d’aller « visiter » le village de Nida. On remarche et on arrive après une petite demi-heure au village (la route descend, c'est plus rapide). On se promène le long de la Baltique (enclavée de ce côté-là entre l’isthme et la Lituanie), le trottoir donne directement dans l’eau, le paysage est assez ‘féérique’ et étrange, on dirait une grosse mer d’huile, les petites maisons en bois sont belles et les établissements se succèdent sur la petite digue.



Après une belle marche, on s’installe à une terrasse. On avait décidé d’y manger mais le manque d'agréabilité des serveurs nous pousse à ne prendre qu’un verre et de continuer à marcher. Nous avons bien fait, un autre restaurant plus loin sert presque la même chose et un peu moins cher.

On profite de la vue et on traine sur la terrasse, puis nous nous décidons à marcher de nouveau, la nuit est tombée et le village semble déjà se vider. La promenade nocturne est agréable.



À l’autre bout de la jetée, on tombe sur de nombreuses personnes attablées autour de tables en bois, buvant et regardant un film projeté sur une grande toile. Le film est en lituanien, mais nous décidons de prendre à boire et de regarder le film. Cela ressemblait à un drame, beaucoup de plans fixes de paysages boisés et de lacs, une famille ayant l’air de s’entre-déchirer… Difficile évidemment de s’impliquer dans le film quand on ne comprend pas la langue, mais c’est en tout cas étonnant de voir cela.

On décide de remonter vers le camping après un moment, mais sur le chemin nous croisons un autre film projeté, derrière une grosse église, il y a des gradins derrière celle-ci et quelques personnes regardent le métrage, cette fois-ci, il est en espagnol sous-titré lituanien, malheureusement je ne parle pas non plus un mot de cette langue et l’anglais semble n’avoir jamais existé sur l’isthme.



Nous entamons la remontée et arrivons au camping, il commence à pleuvoir, on se met donc sous la tente pour dormir. Le sommeil ne viendra pas rapidement : des hordes d’adolescents allemands hurlent toute la nuit et ne s’arrêtent que quand des gens poussent une gueulante avant de reprendre de plus belle. Bref, la nuit s'annonce longue (ou courte, c'est selon).

AN
Merci de ces photos et de ce compte-rendu que vous avez mis autant de temps et de soin à rédiger, afin d'orienter les futurs voyageurs.

Je compte me rendre dans les pays baltes pour un mois environ cet été et vos informations me seront précieuses.
Sur mon blog https://annajojanisz.com/blog, tu trouveras mes réflexions sur le voyage, mes histoires de voyage, des articles "cash" pour te motiver à réaliser tes rêves, et un soupçon de spiritualité (avec la méditation :))
MO
Bonjour Jonathan ,

Avec ton récit , je vois que la Lituanie n'a pas beaucoup changé depuis mon passage par là en 2008 . C'est vrai que le climat n'est pas du genre à développer un tourisme de masse .[;)]

C'est toujours gai de revoir des images de ce petit pays ....pour moi le premier "de l'est" qui fut le premier d'une longue série .

Merci d'avoir rafraîchi ma mémoire .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."

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