Voyager écolo: rêve ou réalité?
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
JR
Bonjour à tous. Je suis un amoureux de la nature. Tous mes voyages sont d'ailleurs axés sur des endroits sauvages. J'adore la montagne, je suis très attiré par les déserts de sable, de glace ou de rochers. Pour moi, s'imprégner d'un lieu implique d'abord de faire connaissance avec ses lieux sauvages, puis avec sa population. Les nuits dont je garde les meilleurs souvenirs sont celles que j'ai passées au bord d'un lac, sur une dune, à la lisière d'un bois ou à côté d'un cratère. Le bruit du vent, le rose du ciel valent beaucoup plus à mes yeux que tel monument ou musée. Pour toutes ces raisons, j'essaie autant que possible de minimiser mon empreinte sur la nature. J'ai du matériel de qualité donc je n'ai pas souvent besoin de renouveler. En général je voyage à pieds ou en vélo, parfois en train ou en faisant du stop. Il m'arrive aussi de prendre l'avion pour aller vers une destination lointaine mais je sais que c'est particulièrement polluant... alors c'est un peu frustrant. C'est difficile aussi pour moi de me présenter dans des endroits où règnent la misère, parfois la faim. J'essaie d'y aller avec des moyens très modestes, mais je sais que ce sera forcément difficile pour un enfant des favelas de discuter avec un français qui a la chance de voyager. Je suis bien loin du tourisme de masse que nous propose telle agence ou tel club de vacances, mais je me demande parfois si le simple fait de m'offrir tel ou tel voyage est un peu en contradiction avec ma volonté écologiste... Avez-vous déjà connu ce genre d'interrogation? Quelle est votre opinion sur le sujet? Au plaisir de vous lire!
JR
RO Rouanda72 Regular ·
S'offrir un voyage n, a rien en contradiction avec les valeurs écologiques qui consistes à respecter l'environnement. Les gens voyages depuis que le monde est mondes, du temps des premiers singes à l'homme moderne, nous avons toujours eu la bougeote, certes pour des motifs différents.

Les premiers hommes suivaient leurs besoins, qui étaient la nourriture, nous suivont également nos besoins, qui dans ton cas semble la quêtes des endroits sauvage. Cela n'a de gacheux pour l'environnement, tout dépendant comme tu mène cette activité.
Franks - La magie d'aider les autres
PE Petitpanda Veteran ·
Bof, lorsque tu (rouanda72) dis que nous suivons nos besoins comme les premiers hommes suivaient les leurs... Ils se déplacaient pour SURVIVRE, jrfcp11 se déplace pour ses vacances, pour ses loisirs donc non, ce n'est pas pareil et oui, il pollue en prenant l'avion. Meme s'il prend lavion en se disant que c'est mal et qu'il pollue, sa mauvaise conscience n'aspire pas les déchets produits par le vol.

D'un autre coté, il pourrait etre interressant de se demander quelle est la pollution engendrée par les personnes restant pres de chez eux. Peut etre qu'ils ne prennent pas l'avion mais ils prennent leur voiture pour aller faire des courses, ils s'occupent en achetant des produits qu'ils vont jeter pas longtemps apres et qui ont nécessité beaucoup d'énergie et de pétrole (pour le plastique) et donc pollue beaucoup.

Si tu (jrfcp11) veux vraiment réduire ton impact sur la planète ou plutot compenser l'impact de tes loisirs, quelqu'un sur ce forum avait indiqué un site officiel ou tu calculais cet impact et tu pouvais verser une somme qui serait utilisée a installer des paneaux solaires et autre pour compenser ce surplus que tu as utilisé. C'est pas mal je trouve, ca propose une solution contrairement a la mauvaise conscience qui meme si elle est meiux que rien, ne sauve pas la planete!! 😉

en tout cas, continue tes jolis voyage et n'hésite pas a nous faire partager tes carnets de voyage!!
RO Rouanda72 Regular ·
Mais je n'ai jamais dit que nos besoins de voyager étaient essentiels!!! Pour le restant, si on voyage a pieds, sans prendre l'avion ou autres engin motorisé, nous pouvons évitéer par la même occasion la population que nous engendrions si nous restions peu nombreux dans notre petite maison
Franks - La magie d'aider les autres
PA Pacapaca ·
Salut!

J'ai eu et j'ai toujours ces interrogations sur notre empreinte écologique et le fait de l'amplifier ou non en voyageant. Je suis animatrice nature et environnement (enfin j'étais, démission pour départ tdm) et ce genre de questions revient bien souvent dans les discussions.

Je pense finalement que cela soit ici ou ailleurs que tu peux limiter un max ton empreinte, en se déplaçant au mieux, en limitant les diverses consommations d'énergie, en réfléchissant à nos achats divers et à nos façons d'utiliser les choses... Le point le plus négatif me semble être les trajets en avion. Il est vrai qu'il existe le système de compenser avec la plantation d'arbres ou autres mais il me semble que ce n'est pas une réelle solution. Donc, voilà, limitons nos trajets en avion... cela implique de bouger différemment, avec des timings différents... Dans mon cas, je prends un avion pour l'Inde et pour les prochains sauts de continents, j'espère et j'y crois pour l'instant, me débrouiller pour trouver d'autres moyens.

Voilà, je n'ai pas dit grand-chose, c'est plus un élan positif ou rassurant, à partir du moment où tu fais attention à l'impact de ta façon de vivre bien sûr.

Une bien belle journée à toi,

Carine
PA Pacapaca ·
hé, jpense aussi que tu peux aller lire le post "voyage et pollution" un peu plus loin...

😉
JR Jrfcp11 ·
Merci pour vos réponses...

Je pense que chaque voyage a un impact écologique, mais qu'en prenant le temps de réfléchir à la question, on peut minimiser celui-ci. Pour ma part, je pense reprendre l'avion quelques fois, lorsqu'il s'agit de destinations lointaines. Mais je ferai ensuite tout pour minimiser cet impact. En choisissant sur place des modes de déplacement doux, et surtout en restant suffisamment longtemps à un endroit. A la fois pour avoir le temps de le découvrir pleinement, mais aussi parce que je pense qu'il vaut mieux aller passer un long moment dans l'année dans un endroit éloigné plutôt que faire de multiples voyages les uns à la suite des autres. J'ai vu il y a quelque temps une agence de voyages spécialisée dans les volcans proposer un "tour du monde des volcans", enchaînant vols en avions et courts séjours à quatre endroits très éloignés les uns des autres (Indonésie, Vanuatu, Nouvelle-Zélande, Hawaï !!!). N'est-ce pas réellement stupide? Il ne faut pas renoncer à voyager, mais il faut tenir compte précisément de ce paramètre, et essayer d'agir autant que possible pour réduire son impact.

Au plaisir de vous lire.
JR
CH Chicoco ·
Salut à tous,

Je suis bien d'accord avec toi et ta façon d'envisager les voyages. Je me demande juste: "pourquoi parler de rêve ou de réalité ? "

Je crois qu'il faut juste se donner la peine de minimiser son empreinte ecologique en respectant certaines règles, que ce soit en voyages ou à la maison... Ca peut parfois sembler rebarbatif mais c'est tellement important !

Voila voila, on à toujours le choix d'agir de telle ou telle façon et donc, dans ce cas, de ne plus parler de "rêve"... mais évidemment c'est juste mon avis 😉

Ciao ciao

Ben
Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la route pour découvrir toi-même...
PA Parvat Globetrotter ·
mais je me demande parfois si le simple fait de m'offrir tel ou tel voyage est un peu en contradiction avec ma volonté écologiste... Avez-vous déjà connu ce genre d'interrogation?

Oh que oui... Je suis sur qu'on est nombreux à vouloir voyager "équitable", "écolo". Que faire pour préserver la planète?

Je viens de recevoir un chouette pps, mais je ne parviens pas à la mettre en ligne... Quand on recoit nos factures d'électricité, de banques ou tel, nous recevons tous de la publicité avec des enveloppes pré affranchies. Remplissons ces enveloppes et postons les! On nous parle de tris de déchets et on nous prend pour des c***, mais si on poste ces enveloppes préaffranchies, remplies de pub, qui c'est qui économisera les sacs poubelles?😎 et qui qui paiera deux fois la poste? 😏

Quoi d'autres? Car on parle de règles de base, mais qu'elles sont elles exactement? Limiter la consommation de toute sortes, eau, produits chimiques, etc.

Mais quels sont vos petits trucs en voyage pour voyager écolo? Ne pas utiliser de papier de toilette? (mais de l'eau) On transforme notre patrimoine forestier en papier de toilette!!! (http://www.futura-sciences.com/news-forets-ne-devraient-pas-servir-fabriquer-papier-toilette_7712.php) Limiter les trajets aériens? Et quoi alors si on monte dans un bus ou taxi au vieux moteur diesel, parcourant de merveilleux paysages, rizières et paysants travaillant sous le soleil, la fumée du tacot comme réponse à leurs sourires... L'industrie du tourisme se développant partout, faisant fî des retombées écologiques...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
SC Scourtoi Veteran ·
...

Je crois que la bonne conscience que l'on se donne en minimisant notre impact par des gestes infimes est une pure et simple hypocrisie. Il faut changer a la source, accepter de renoncer aux actes destructeurs, et arreter de faire de la poesie pour savoir si les semelles de mes tongs sont en caoutchouc bio... !

Il faut cesser de consommer la planete. Il faut arreter d'utiliser les avions, acepter de ne s'eloigner de chez soi que de quelques centaines de km, et non plus de quelques milliers...

Facile a dire, me direz vous, je suis encore a 10.000 km de chez moi. Cette fois sera la derniere, on ne m'y reprendra plus. Je trouve cete incoherence de plus en plus insupportable...

Alors ? Nous avons tous la liberte de changer, au detriment de nos luxes petits-bourgeois (tout bons routards que nous sommes)... Ce n'est pas en recyclant des peaux de bananes que ca changera !

A+ Sam enrage 🙂
PA Parvat Globetrotter ·
Je suis bien d'accord, il y a tant de choses à faire pour sauver la planète... Devenir végétarien, les pets des vaches (et autres animaux en pature) qui détruisent 15% de la couche d'ozone... Dans le national géo de ce mois, un article super interressant sur la pêche dans les océans. 80% des thons ont disparu en 50 ans! Ca fait longtemps qu'on en parle, mais on ne fait pas grand chose pour amélioré le shmilblick.
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
MA Mafaldaisa Regular ·
Salut Parvat, je m'immisse dans cette conversation dont je connais bien le dilemne ...juste pour te rappeler que ce sont les rots des vaches qui polluent...enfin c'est une pollution très relative...

bon sinon je ne m'autorise une longue distance en avion que si c'est pour une longue durée, c'est un bon deal, non? le reste à cheval, à pied, en stop, en vélo...

isa
"Heureux qui comme Ulysse a vu cent paysages et puis a retrouvé, après maintes traversées, le pays des vertes allées...." (Brassens)
CE Celinita ·
C'est fou, je viens de poster sur une autre discussion où Sam et Parvat intervenaient aussi, parce que je me pose des questions sur un potentiel voyage en Chine en mai. Et en fait un des trucs qui m'empêche de prendre ma décision (et mon billet pour la chine) c'est justement que c'est en désaccord flagrant avec mes convictions "écolos" et plus ou moins "altermondialiste"...

Vous croyez que si je renonce à ce voyage en Chine (et qu'à la place je viens vous rencontrer par des moyens écolos 😛) je grandirai et j'aurai fait un grand pas pour l'humanité?!

en tous cas c'est bon de ne pas se sentir seule à réfléchir à tout ça!

bon printemps à tous 🙂
Vive la vie et vive le voyage... hum...
JR Jrfcp11 ·
Bonjour.

Je partage assez bien ce que tu exprimes quant à ton éventuel voyage en Chine. De plus en plus de destinations lointaines me tentent, et je suis souvent face à un cas de conscience! Mais en y réflechissant de près, je pense quand même qu'on peut contourner le problème. D'abord minimiser son nombre de voyages pour de lointaines destinations. Mieux vaut faire un seul long voyage d'un mois (ou plus) dans l'année, plutôt que repartir cinq ou six fois à l'autre bout du monde. Le temps permet en plus de s'imprégner pleinement du voyage.

Cette façon d'aller toujours plus loin, toujours plus vite, n'est bien souvent qu'un gadget dont raffolent les compagnies de voyages, et qui ne fait que renforcer cette "vision occidentale" du voyage comme pur produit de consommation. Mais finalement, cette façon d'appréhender le voyage est-elle réellement la meilleure? Et surtout est-elle la seule possible? Je crois que non.

Aujourd'hui, parler de voyage implique presque systématiquement l'idée de voyager loin, et en avion. Mais pourquoi pas penser à d'autres modes de voyage? Personnellement j'aime beaucoup me déplacer en train, dans la région, ou même pour aller à l'autre bout de la France. Mais finalement, pourquoi pas pousser la locomotive encore plus loin? Au 19ème siècle, la conquête de l'ouest américain s'est faite en train! De même en Afrique, en Asie, avec toute la diversité que ce mode de voyage comporte! J'ai trouvé un site internet génial qui donne toutes les correspondances entre deux villes très éloignées: http://reiseauskunft.bahn.de

A titre d'exemple, On peut faire Lisbonne-Helsinki en 70 heures (trois jours): toutes les correspondances (train, bus, metro, bateau éventuellement) sont données: http://reiseauskunft.bahn.de/bin/query.exe/fn?ld=212.57&seqnr=3&ident=98.01463857.1176542528&guiVCtrl_connection_detailsOut_add_C2-0#cis_C2-0

Un tel voyage doit être génial! Des milliers de km de voyage, dans tous les types de train, jour, nuit, avec pleins d'occasions de rencontres, et le paysage qui défile pour nous rapprocher peu à peu d'une destination qui nous attend et qu'on aura déjà commencé à connaître grâce au voyage!

Il me faudrait peut-être une année pour aller de Grenoble à Ushuaïa en train en passant par le détroit de Behring mais pourquoi pas??? 😎

Si tu vas en Chine en train, je veux bien venir! Plus sérieusement, si ça te tente, on pourrait essayer de passer une annonce pour ce type de voyage dans des régions un peu plus proches pour commencer. Qu'en dis-tu?

A bientôt. 🙂
JR
CE Celinita ·
Salut JR (ça fait très dallas hein 😎)

et salut tout le monde.

Ton message m'a interpellé et je n'ai même pas eu le courage d'y répondre tout de suite... En plus c'est vraiment au coeur de mon questionnement pour ce billet pour la chine que j'hésite à acheter.

A priori je suis motivée pour partir pas loin, par des moyens "écolos", etc. Mais je me rends compte qu'une question y est intimement liée : pourquoi a-t-on, toujours envie/besoin de partir loin, dans des cultures très différentes des nôtres, dans des endroits "dépaysants" etc. Pourquoi quand je me dis que je vais visiter la Belgique à vélo, aller à Compostelle à pieds ou je ne sais quoi, j'ai pas l'impression que ça m'aporte la même "satisfaction" qu'un voyage en chine par exemple?!

Pourtant tout ceci est bien gênant...

En plus dans le cas de la Chine, aller dans un pays totalitaire et qui est prêt à tout sacrifier pour devenir le nouveau roi de ce cher modèle capitaliste-ultralibéral and co...

Alalala, pourquoi a-t-on le virus voyage alors que d'autres ne rêvent que de rester dans leur salon?????

J'ai un peu la tête à l'envers là je dois dire... 😕
Vive la vie et vive le voyage... hum...
SC Scourtoi Veteran ·
...

Salut !

Et bien ça me fait plaisir de voir que d'autres se posent aussi ces questions. Pour moi cette interrogation est tranchée. Traverser les pyrénées en vélo, aller à Lisbonne ou à Bergen en train, parcourir les canaux en bateau... sont d'excellents voyages.

Pourquoi toujours partir loin ? Je ne vois pas. Une insatisfaction permanente ? Un besoin de nouveauté ? Une forme d'adrénaline ? De fièrté ?

Et puis je ne veux pas faire de compromis. Ne plus prendre l'avion qu'une fois ou deux par an ? C'est bien la meilleure manière de se donner bonne conscience, sans rien faire de concret du tout. J'en ai assez d'être entouré de gens qui bouffent des oeufs bio, mais qui se moquent éperduement des conséquences de leurs actes. Les racines du mal sont connues. Et tout le monde s'en fout. Alors il va falloir changer à la racine.

A tous les voyageurs, qui aiment tant la planète, la poésie, le rêve, aaaah, que c'est beau de se prendre pour un inuit, un touareg ou je ne sais quoi... profitez bien de votre luxe et de votre inconscience. Car tout cela ne durera pas. C'est foutre en l'air l'humanité que vous voulez ? Et bien continuons tous comme ça !

Il faut clouer au sol tous ces avions. Ils sont une abherration. L'être humain sait marcher, courrir, nager. Pourquoi le ferions nous voler dans des espèces de cocottes minutes stratosphèriques ?? Qui de plus détruisent la condition même de son existence... la nature.

Alors comme j'en ai plus qu'assez des baratins écolos de comptoirs, des compromis, de la bonne conscience, et bien pour moi fini l'avion. Vous me verrez dans le train, le bus, à pieds et en vélo. Mais pas dans les airs.

De plus, cette frénésie du voyage n'est qu'esprit de consommation. Un loisir égoïste. Pour s'en convaincre, il suffit de parcourir les nombreuses publicitées fièrement affichées sur VF. Alors j'invite tous ceux qui prennent les avions pour se remplir la panse de pays Dogon, de Taj Mahal, de Machu Pichu et de Colorado, à faire preuve de réalisme et d'humilité.

Désolé pour ce texte un peu chiant à lire, mais ça me trottait depuis un moment. Maintenant, si vous me voyez faire du stop au bord de la route, qu'il pleut et que ça caille, SVP, faites moi grimper.

Bonne journée, Sam
CE Celinita ·
Coucou Sam, et coucou cher lecteur 🙂

Et bien non Sam, ce texte n'est pas chiant à lire, il fait du bien! Bien sûr pour certains il va sembler super rabat-joie, c'est que ce n'est pas facile de remettre en question les belles théories philosofico-voyageuses...

Hier soir je crois bien que j'avais décidé de ne pas partir en Chine, en me disant que c'était quand même bizarre cette envie de Chine, et surtout parce que je n'arrivais pas à me sortir de la tête la conséquence directe de mon acte : de splendides tonnes de CO2! et comme tu dis, ça vaut bien la peine de manger des oeufs bios... Donc là, c'est décidé, je ne pars pas en Chine! (wahou, je l'ai écrit! j'en connais un qui va être content)

Comme tu dis (aussi) il y a là dedans de la fierté, ça fait super cool de partir à l'aventure au bout du monde, mais cela reste (en partie bien sûr, ménageons les sensibilités) une forme de consommation. On rabache, avec nos belles idées d'autre monde possible, que l'on doit respecter la planète, réapprendre à vivre ensemble, changer nos habitudes de consommateurs lobotoformatés... Et la seule chose dont on soit capable serait de fuir notre voisin pour parler en langage des signes à des gens qui rêvent de suivre notre beau "modèle" capitalisto-destructeur????

Enfin, je crois qu'effectivement aussi (décidément ton texte soi disant chiant est d'une grande justesse à mes yeux...) la question de l'insatisfaction permanente est centrale dans cette problématique et tellement typique de notre société. Toujours plus loin, toujours plus exotique, toujours différent... et surtout loin des sentiers battus où errent nos semblables... L'insatisfaction permanente ne se "soignerait"-elle pas dans nos têtes plutôt qu'à l'autre bout de la planète?!

Alors oui, apprenons à voyager autrement, près de chez nous, où notre nature et notre Nature nous le permettent!

Plus concrètement, et au moins pour commencer, pourquoi ne pas envisager de rédiger un texte commun défendant ce point de vue, afin de le diffuser et de faire prendre conscience à nos amis les voyageurs de ces enjeux? Et qui sait à terme ce que ça pourrait donner... héhéhé ça me réjouit d'avance!

Bon vent à tous, bon voyage à partir de votre pas de porte, et à très vite pour ce beau voyage!

Cel
Vive la vie et vive le voyage... hum...
DO Dolma Globetrotter ·
Non, non, ce n'est pas du tout un texte chiant à lire !

Il remet quelques pendules à l'heure, il bouscule certaines idées et secoue des neurones blasés tout simplement...

Au plaisir de te lire encore cher Sam !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
SC Scourtoi Veteran ·
...

Salut Célinita, 🙂 Merci pour tes encouragements, et pour ceux de Dolma.

J'aprécie ton courage. Renoncer à un lointain voyages par souci de cohérence... Voilà qui est bien courageux !

Mais je crois qu'il faut effectivement mettre un frein à certaines de nos habitudes. Non, nous ne disposons pas du monde pour en dilapider les ressources. Non, un être qui pense et agit à l'inverse ne cultive pas son équilibre. Non, le voyage n'est pas une manière de soigner notre insatisfaction.

Je revendique la modestie comme un acte politique. Modestie de la destination. Modestie du moyen de transport. Modestie... des ambitions.

Ecrire un texte ? Pourquoi pas. Il serait interessant de laisser murir la réflexion, et d'attendre la contribution d'autres VFistes.

En attendant, ma prochaine aventure m'ammènera de la Saône-et-Loire à l'Aveyron. En transports locaux, sac à dos et petit budget. J'en trépigne d'impatience !!

Belle journée sur les chemins, 😉 Sam
JR Jrfcp11 ·
Bonjour.

Vos réponses sont très intéressantes. Je réalise finalement que la question que je me posais au départ est partagée par d'autres personnes. Ca rassure...

De mon côté j'ai continué à réfléchir à tout ça. Pourquoi parler de "modestie de la destination"? Franchement je crois qu'éviter l'avion ou la voiture n'empêche pas forcément de voyager loin. Un périple en train+vélo doit être très sympa (voir mon précédent message), et ça me tente d'ailleurs de plus en plus. (Si vous êtes partants, faites-moi signe!🙂). Outre la question de la pollution, je crois que c'est aussi un moyen génial de faire des connaissances. Bavarder dans le train avec son voisin peut être l'occasion de se faire un nouvel ami. Faire du stop ou camper permet aussi un réel contact avec la population locale. Lors d'une escapade en Corse en vélo, j'ai été très bien accueilli par un berger, une grand-mère, ... qui voyaient un jeune cycliste transpirer pour découvrir leur merveilleux pays. "Demain je vous apporte le café et les croissants" me dit-elle. Le lendemain, un petit déj' partagé ensemble sur la place du village... Charmant!

Ton projet pour l'Aveyron ressemblerait-il au voyage dans les Cévennes et le Larzac pour lequel j'avais posté une annonce il y a quelque temps? 😉 Je n'avais pas trouvé de partenaire vraiment motivé, mais si ça te tente, pourquoi pas essayer de préparer quelque chose ensemble et de repasser une annonce?

Bonne route à tous!
JR
ST Struebi Regular ·
Comme souvent quand on pose une question on a déjà en tête une bonne partie de la réponse mais comme on n'a pas les yeux derrière la tête on ne la voit pas :) Pourquoi pas voyager en avion deux ou trois fois dans sa vie, sans se prendre la tête (des tonnes de CO2 on en balance aussi en achetant un écran plat etc...) Et le reste du temps partir de sa porte à la force du mollet ou faire un trajet d'approche en train, pour un bilan écologique bien meilleur. Le vieux sage, il marche jusqu'au fond de son jardin et il est sincèrement ravi, tant mieux pour lui. en attendant d'être un vieux sage, il est possible de se dépayser en europe sans avoir recours à l'avion, c'est clair.

struebi
SH Shinyfax Regular ·
Bonsoir,

La discussion est intéressante et je ne peux qu'aller dans votre sens.

Cependant, il me semble qu'un élément qui devrait se trouver au centre de ce débat sur la pollution aérienne a été oublié: le fret.

Ne plus prendre l'avion c'est trés bien mais dans un souci de cohérence, cela implique de ne plus consommer quoique ce soit qui ait nécessité, pour son acheminement ou pour sa fabrication, un recours au transport aérien.

En effet, à quoi bon se priver d'une trentaine de trajets en avion lorsque nous achéterions, tout au long de notre vie, des produits et du matériel qui en auront généré cinquante mille?
SC Scourtoi Veteran ·
...

Complètement d'accord.

Sam 🙂
JR Jrfcp11 ·
Bonjour. C'est sûr que s'interroger sur l'impact écologique de ses transports implique aussi plus globalement de s'intéresser à l'impact de sa consommation globale, et des transports qui sont liés à celle-ci. Cependant, se passer d'objets ayant nécessité un grand déplacement me paraît assez facile (du moins dans mon cas personnel...), car étant plutôt "décroissantiste", je fais en sorte d'avoir une consommation assez faible et très locale, et ça n'est finalement pas si difficile! Mais pour la question de mes voyages personnels, le transport est forcément inévitable! Bonne réflexion!
JR
SH Shinyfax Regular ·
Bonjour,

Je ne suis pas si optimiste que toi quant à une relative aisance du contrôle de notre consommation courante. A l'ère de la mondialisation, cela me semble extrêmement difficile, au contraire (je ne parlerai même pas des voitures et de l'energie).

En ce qui concerne l'alimentation, il s'agit sans aucun doute de la partie la plus simple puisqu'il suffit de n'acheter que des produits locaux.

Encore faut-il être sacrément vigilant afin d'éviter les produits importés comme le thé, le café, le cacao (et ses dérivés), le sucre de canne (et ses dérivés: yaourts, biscuits, gateaux, bonbons, etc...), le riz (sauf le camargue), le soja (et les plats végétariens/végétaliens qui l'utilisent), les jus de fruits "exotiques", les plats préparés, les alcools étrangers, etc, etc... Pour ne citer que quelques exemples.

Là où ça se corse, selon moi, c'est au niveau de l'industrie textile (et plus particuliérement de l'habillement), des nouvelles technologies, de tout l'electroménager, de l'ameublement, des équipements sportifs et de la culture (CD, DVD, livres, etc...).

Car si sa provenance est clairement indiquée sur le produit, son mode d'acheminement ne l'est jamais.
FR Frisanco ·
Hello,

Pour info 90% du fret mondial est maritime/routier et non aérien.

Quelques chiffres : 47 % : proportion de la valeur globale du commerce internationale expédié en fret aérien. En volume, cette proportion n'est plus que de 3% .

50% : proportion de fret aérien qui est embarqué en soute, à bord des avions passagers. Globalement, un passager est assis sur un peu plus de 10 kg de fret.

D'où la limitation du poids des bagages et le paiement d'un éventuel exédent...😕😕

20 : tonnage moyen de fret embarqué à bord d'un avion passager type A340-600 (317 passagers) ou Boeing B777-300 (351 passagers)

Peggy
La grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu, chaque jour, dans le même visage. C'est plus grand que tous les voyages autour du monde". Alberto Giacometti.
ST Struebi Regular ·
Intéressant ces stats sur le fret aérien. Cela dit, même si ça pollue sans doute moins, les cargos ne doivent pas voguer au jus de betterave. Si le vieux Ricardo voyait où a mené sa théorie des avantages relatifs, il hésiterait peut être avant de la ramener. Dans une société ultramondialisée, les pauvres d'un bout du monde travaillent pour tellement pas cher qu'en trimballant la marchandise à l'autre bout du monde (et en payant des intermédiaires) c'est encore meilleur marché que de fabriquer localement. Il y a des coûts évités, chouette, mais les coûts écologiques sont là à 100% et sont évalués à 0. On fait de bonnes affaires parce qu'on ne compte pas tout. Conclusion: ce n'est pas l'avion qui pose problème, c'est le stade auquel on est parvenu dans la mondialisation de l'économie, indiscutablement NON DURABLE.

Struebi
VI Vieuxpicard Regular ·
Les marchandises sont transportées, mais d'autres biens utiles aux voyageurs passent par d'autres circuits de la mondialisation, hors transport, via internet et emails : je viens d'apprendre que notre IGN, Institut Géographique National fait actuellement faire la mise à jour des cartes de notre France, précisément de l'Alsace en mars, par des opérateurs basés à Madagascar... y pas que les T-shirts qui sont "made in Madacascar", l'un des pays les plus pauvres du Monde ! Cces opérateurs sont sûrement mieux payés, mais un travailleur journalier peu qualifié, là-bas, gagne par jour environ 80 centimes d'euros pour une femme, et 1, 20 euros pour un homme (net, quand même !). Les jours où ils travaillent. Ca fait des mois à 20 ou 30 euros. Et pour être embauchés, en tout cas dans le bâtiment, ils doivent fournir leurs propres outils. Dans la confection, probablement pas, mais maintenant je regarde mes vêtements "techniques" de sport (et leur étiquette) autrement : pour que je puisse suer confortablement dans mon T-shirt "respirant", ils y en a d'autres qui ont gagné petitement leur vie à la sueur de leur front. Ca doit être çà, la "valeur travail" dont on parle tant ces temps ci.
PA Parvat Globetrotter ·
En ce qui concerne l'alimentation, il s'agit sans aucun doute de la partie la plus simple puisqu'il suffit de n'acheter que des produits locaux.

En Australie j'ai été très surprise de voir sur tous les emballages de produits (locaux) un logo flashi: "Australian made", rien que ca, ca pousse les gens à acheter locaux... Dommage qu'on ne le fasse pas ici...

Cette page devrait interresser les Vfistes qui veulent AGIR... :http://www.noeconservation.org/index2.php?rub=2&srub=18&ssrub=18&goto=contenu "Ne doutons pas qu’un petit groupe de citoyens sérieux et engagés puissent changer le monde. En fait, eux seuls y sont jamais parvenus." Margaret Mead, anthropologue
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
NA Naps Globetrotter ·
tu sais, on peut aller loin sans voler, faut juste avoir du temps c est tout, et aussi bien sur ne pas concevoir le voyage comme un produit de consommation. depuis la france on peut aller facile par la route en afrique, moyen orient ou asie, et meme jusqu en oceanie... mais la majorite des touristes s en fouttent bien de tout ca, ils veulent aller loin, et vite, et ramener des belles photos a faire palir de jalousie leurs potes, c est le fast food du voyage. et au dela des beaux discours, parmi ceux qui disent etre ecolos combien prennent des mesures concretes? combien font vraiment gaffe a l eau, eteignent toujours la lumiere chaque fois qu ils quittent une piece, ne gaspillent jamais de nourriture, economisent au max le papier en ecrivant par exemple au verso souvent vierge des prospectus ou quittances et autres factures, jettent papiers ou verres usages aux containers de recyclage, ne mangent pas de viande pour ne pas soutenir l elevage industriel etc...? mais laissons ca. tu veux partir loin sans voler? viens avec moi debut juin, depart en bateau de sete en direction de l afrique, puis tout par la route...
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
RO Rouanda72 Regular ·
Voilà quelques temps que je ne m'étais pas connecté au forum. J'ai tenté de lire et de saisir l'ensemble des idées contenu dans cette série de message sans pour autant tout lire mot après mot.

Voyager "écolo" est une nouvelle discipline qui naît dans un nombreux de plus en plus grand d'esprit collectif. Mais cette idée n'est pas née d'aujourd'hui, elle existe depuis de nombreux siècles, voire de millénaire, chez de nombreux peuples. C'est cette idée de modifier le moins possible l'environnement qui nous entoure afin qu'il n'y ai trace néfaste de notre passage... que ce soit sous forme matérielle (pollution, destruction de la forêt, etc.) ou sous forme psychologique (essayer de changer des moeurs, des idées, etc.)

Existe-t-il une manière de voyager qui ne tient qu'à soi-même et ne brime pas l'environnement d'autrui? Oui, elle existe! et elle est totalement inofensive pour la planète et pour autrui, sauf pour soi-même, si on n'y fait gare. Certains sauront déjà de quel genre de voyage je parle, les autres auront la réponse dans les paragraphes qui suivent... et je ne parle pas du voyage ultime qu'est le passage de la mort.

Voyager nous permet de nous changer les idées, mais nous permet également de se remettre en question. Elle nous permet de voir ce qui se passe dans les autres pays, mais elle nous fait également prendre conscience de notre mode de vie. Il est inévitable que les voyageurs qui s'y arrêtent aient une prise de conscience qui entraîneront des décisions difficiles à prendre, voire des situations où il sera impossible à trancher le pour et le contre. Nous nous en tiendrons alors à minimiser les impacts de nos allées et venues.

Les sources de soucis des voyageurs sont nombreux: quel est le moyen le plus économique, le moins polluant, le plus profitable dans les circonstances présentes et le temps disponible, quels sont les raisons qui me poussent à voyager, pourquoi là plutôt qu'ailleurs. Les question qui nous traversent l'esprit sont nombreuses, chacune à son importance et aucune n'est à négliger. La question fondamentale serait peut-être: «Que puis-je trouver ailleurs qui satisfasse mes besoins et que je ne peux me procurer dans le moment présent?» Cette question n'est pas aussi simple qu'elle peut en avoir l'air. Il faut alors la décortiquer et comprendre l'essence même de notre raison de vivre et de nos besoins les plus profonds; pas ceux que l'on appelle les besoins physiques, mais ceux qui se situe dans notre âme.

Dès le début des temps, l'évidence même de voyager était dicté par les troupeau de chasse, puis cette manie nous est rester d'aller voir ailleurs pour retrouver je ne sais quel troupeau. Seulement, chez de nombreux peuples existait, et existe encore aujourd'hui une autre façon de voyager: le dédoublement de conscience. Celui-ci pourrait ne pas être aussi attirant que de se rendre physiquement dans tel ou tel endroit, mais peut toutefois être aussi enrichissant. Le voyage physique est une alternative au voyage dans le monde physique; il nous permet également d'ouvrir nos horizons à conditions que l'on explore convenablement ses avenues, tout comme on peut explorer un carnet de voyage ou un carte géographique. La maîtrise de la conscience permet des voyages qui ne pourraient être réalisés sur terre dans le monde physique sans l'implication de nombreux inconvénients pour l'environnement.

Sans doute certains d'entre-vous se souviendront-ils de certains rêves particulièrement troublant où ils croyaient vraiment être «en voyage» ou d'autre qui auront des impressions de déjà-vu mais s'ils sont persuadé qu'il visite un lieu pour la première fois. Ces deux expériences m'arrivent d'ailleurs fréquemment. C'est que plusieurs d'entre-nous voyageons déjà inconsciemment pendant que nous nous trouvons en parfait synchronisme avec les vibrations de la Terre et ceci nous amène dans de merveilleux monde parallèle où le temps et les distance n'existe plus. Les chamans ont su provoquer ces effets naturels par l'usage de drogues, mais vous en n'avez nullement besoin pour en faire l'expérience.

Sans doute serez-vous soulagez que ceci est la dernière phrase, ou alors déçu que j'ai déjà fini d'écrire mes idées.

Bonne lecture

Franks
Franks - La magie d'aider les autres
CH Christianpri ·
Plus importante n'est elle pas la question que les éventuelles réponses.Il est bien triste lorsque l'on voyage dans certains pays de constater combien l'on considère ces destinations comme notre terrain de jeu, nous y exportons nos coutumes notre conford et nos exigences sans regarder les conditions sociales des travailleurs qui nous servent. Je connais l'argumentation consistant à dire que leur économie ont besoins de notre pouvoir d'achat, voyager ce devrait etre apprendre l'autre et non l'exploiter économiquement et écologiquement.
CHP

Similar discussions

You might also like