Je vais tenter de proposer quelques alternatives possibles pour visiter le Mozambique.
Quid de la Province du Cabo Delgabo ?
Prérequis. Pour ceux qui auraient oublié la situation politique du pays, plus précisément celle de la province du Cabo Delgabo (CB), je recommande cette courte bibliographie :
Le dessous des cartes sur Arte, épisode datant de 2007, toujours d’actualité. On peut le regarder sur Youtube, le titre : Le Mozambique, future puissance énergétique.
La lecture du remarquable article de Cyril Bensimon, journaliste au Monde, pose clairement la situation actuelle :
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/15/le-mozambique-entre-gaz-et-djihad_6019330_3212.html
Pour l’actualité récente, des attaques commises dans la province, ces deux articles :
https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/mozambique/mozambique-plusieurs-morts-lors-de-la-premiere-attaque-jihadiste-de-l-annee-2020-dans-le-nord-du-pays_3773275.html
et
https://fr.africanews.com/2020/03/23/mozambique-attaque-islamiste-contre-une-ville-du-nord//Le choix. On est au courant de la situation localement. On a lu la bibliographie ci-dessus et vu le site France diplomatie, tout comme ceux de la Belgique et du Canada, la province est classée la zone rouge : interdit ; on sait donc que l’on prend un vrai risque en passant par la frontière à Mwambo-Namiranga ; je pense que c’est un moindre mal, pour peu que l’on se fasse discrets et que l’on ne s’y attarde pas.
Le Bradt renseigne un autre passage, dans les terres, de Newala ou Masasi (Tanzanie) à Mueda (Mozambique, dans le CB), en passant par le récent pont de l’unité à Negomane. Il le déconseille cependant, surtout à la saison des pluies, vu l’état et la longueur de la route. Il suggère d’attendre des améliorations et ne donne aucun renseignement sur des transports publics.
Sur les cartes on voit un autre passage un peu plus loin dans les terres, non renseigné par le Bradt, par Tunduru, poste frontière Chamba, toujours dans la province du Cabo Delgabo, traversée probable en barque. Ces deux passages allongent la distance à parcourir dans la province pour arriver à Pemba, ces alternatives sont sans doute pires que le passage par la côte.
La troisième possibilité est de passer par le Malawi. On arrive alors sur le littoral du Mozambique vers Quelimane, trop au sud pour moi, c’était pourtant le choix de mon amie. Comme nous venions de Dar es Salaam, il fallait traverser la Tanzanie – bof ! -, par le train jusqu’à Mbeya, par exemple. Ce choix a un inconvénient, celui de rendre impossible la visite de l’île Kilwa Kisiwani (Tanzanie), un lieu remarquable pour l’archéologue et l’historien, qui reste un mes meilleurs souvenirs de Tanzanie. Mais est-ce un obstacle ? Un aller-retour est toujours possible ; au diable les km pour peu qu’il y ait la culture !
Avec l’expérience. L’intérêt de visiter le Cabo Delgabo ne compense pas l’exposition au danger potentiel que l’on a pris. Aujourd’hui, à minima, je passerais par le Malawi, pour arriver à Quelimane. De là, avec les machibombos, je remonterais vers le nord pour visiter l’Ile de Moçambique ; au retour je prendrais l’avion à Nampula pour Beira, pour descendre vers le sud ; inutile de refaire 2 fois le même trajet par la route.
Le bon choix. Pour ceux qui ont le temps comme nous, ils peuvent pousser du Malawi au Zimbabwe avant de rentrer au Mozambique. Ils pourront ainsi visiter deux sites inscrits à l’Unesco : le Monument national du Grand Zimbabwe et les Ruines de Khami proches l’un de l’autre. Le détour est insignifiant, il est peu probable que mon amie, comme moi, retournions en Afrique de l’Est. C’était le projet alternatif de mon amie, je ne l’ai pas suivi. Maintenant confiné dans ma maison à Montpellier, je le regrette. Je manque de lucidité souvent ! Pour les voyageurs qui privilégient l’archéologie, c’est clairement la bonne option, même si le Zimbabwe s’enfonce dans la misère.
Le Sud. Si vous voyagez en Afrique du Sud (AF), et que vous passez par la région de Joburg, pour le Blyde River Canyon et le Kruger, qu’ensuite vous prenez - ou pas - la direction de Durban - ou l’inverse -, clairement la bonne option est de venir (pousser) au Mozambique, pour ses plages, au moins jusqu’à Vilanculos ; nulle part ailleurs vous ne trouverez une aussi belle plage au Mozambique, qui rappelle quelques plages de Zanzibar. Un plaisir pour les yeux du photographe.
Les amateurs d’archéologie peuvent se rendre aux ruines de Manyikeni, un exemple de style zimbabwéen, dont la royauté s’étendait dans la région. On ne l’ava pas visité. D’après le Bradt, il faut un véhicule particulier et un guide, parce que difficile à trouver.
Jean-François.