« Cette année, nous irons en Namibie ! » a déclaré notre cheftaine baroudeuse. « J’ai fait tourner le globe le doigt pointé dessus, comme à la télé et cela s’est arrêté sur ce pays. On n’y peut plus rien ! » On n’a pas gagné au loto pourtant !
Certes, chacun sait dans la maisonnée que l’axe du globe est grippé et que Grisemote a choisi son voyage en lisant à longueur de journées des carnets de voyage.
Mais l’Afrique est bonne hôtesse, la Namibie est politiquement stable, loin d’être surpeuplée (ce qui crée souvent des tensions), d’un point de vue sanitaire à la portée d’une famille avec de jeunes enfants (pas de palu l’hiver par exemple) et tellement attrayante qu’Angelina Jolie est venu y accueillir son dernier né, c’est dire si le pays mérite le détour.
Les ignorants chroniques que nous étions ont osé poser quand même la question à 2 euros « La Namibie ? c’est où ? » Rédacteur en chef: Gilles Illustrations : Sylvie Merci à tous ceux qui nous ont considérablement aidé pour la construction de notre voyage, autant pour la Namibie que pour le Botswana!
La carte de Namibie et le parcours
Voyage du 6 juillet au 5 août : 6850 kilomètres sous la tente.
Les héros du voyage :
- Sylvie dite Grisemote : celle qui connait tout sur tout concernant le voyage (donc, à ne pas la perdre en route, c’est vital) . Organisatrice de bout en bout du voyage, mise en page du carnet.
Expression préférée : « Allez, on y va ! »
- Thibaud dit « Thib » : celui qui se laisse porter où le 4x4 l’amène. Expression préférée : « Bof » (ne cherchez pas le verbe, tout est compris dans la monosyllabe)
- Lucas dit « L’encyclopédie » : il connait et reconnaît tout ce qui bouge sur le territoire.
Expression préférée : « Tiens, mais qu’est ce que c’est que ça ?»
- Robin dit « mon lapin » : celui qui butine sur tous les sujets.
Expression favorite : « Mais où est donc mon zèbre ?! » (peluche adoptée lors du voyage)
- Gilles dit « P’pa », rédacteur et conducteur :
Expression préférée : « et si on s’en grillait une ? (une photo bien sûr) »
Windhoek : premières foulées Namibiennes
En posant nos pieds sur le sol Namibien, après de longs mois de préparation puis d’attente, nous avons vite compris que nous ne nous étions pas trompés sur le choix de notre destination. Le dépaysement est immédiat. L’air est sec, le ciel définitivement bleu, la terre poussiéreuse et peuplée d’un tas de bestioles en liberté, le chauffeur de notre loueur de voiture (« camping car hire ») qui nous attend à l’aéroport parle anglais, il est résolument noir comme prévu et conduit à gauche prudemment. Peut être n’était-il pas encore habitué ? En tout cas nous non plus.
Le véhicule qui servira à notre périple d’un mois est sagement garé dans une rue de Windhoek, prêt à en découdre, propre comme un sou neuf. L’accueil du loueur est sympathique et très organisé. Tout cela semble trop facile et contraste avec nos premières aventures : le taxi allant à l’aéroport Charles de Gaulle a manqué de percuter un autre véhicule (ah ces portables ! ), il nous a déposé, à notre demande, au terminal II alors que c’était au Terminal I (Chariots, ascenseurs, bus, marche à pied, escaliers, tapis roulants avec 100 kilos de bagages et 15 de fournitures scolaires à distribuer dans les écoles locales, réparties dans les différents sacs à dos des enfants, les nôtres étant déjà complets). Le vol de nuit fut un classique du genre : après le film, chacun se tortille toutes les 10 min pour trouver la position idéale pour dormir (elle n’existe peut être pas après tout ! Mais non, je plaisante, il faut poursuivre les recherches …). Arrivés en terre Africaine à l’aéroport de Johannesburg, après un atterrissage de nuit dans un brouillard épais qui transformait les lumières du sol en halos fantomatiques, nous avons eu nos premières sueurs froides.
Comme tous les passagers pour la Namibie, nous avons parcouru l’aéroport plusieurs fois dans le sens de la longueur avec armes et bagages parce que la porte d’embarquement indiquée au panneau d’affichage et celle indiquée par les hôtesses d’embarquement étaient différentes (elles nous dirigeaient vers une porte qui n’existait pas !).
Avant de prendre place dans votre véhicule, une personne nous explique consciencieusement toutes les subtilités du 4X4, ce qui n’est pas du luxe pour les conducteurs de Berlingo 2X2 que nous sommes. Le 4X4 Nissan off road s’avérera être un véhicule puissant parfaitement adapté à la situation et qui ne faillira jamais. Les 2 tentes sur le toit semblent assez simples à monter, plutôt spacieuses bien que pour les 3 enfants cela fut peut-être un peu juste. Heureusement, les nuits sont fraiches.
Le fonctionnement des positions 2 roues et 4 roues motrices ainsi que de la démultiplication du 4X4 sont simples à comprendre. Dans l’habitacle, on regrettera cependant le manque de rangement de toutes les petites choses qui font le quotidien. Côté coffre, bien qu’il soit vaste, il fut largement tronqué par la 2ème (et à mon avis indispensable) roue de secours, le bidon d’essence et le bidon d’eau (qui ne nous fut pas vraiment utile). Le matériel de camping loué avec la voiture est largement suffisant et bien adapté (en majorité neuf). Un petit regret : la pompe électrique pour les pneus. Pratique mais super long pour gonfler un pneu. Le fil allume cigare de la prise du coffre arrière n’était pas assez long pour gonfler un des pneus avants : résultat, il fallait gonfler à partir de l’allume cigare avant qui lui disjonctait dès que la pompe était chaude ! Et comment fait-on ensuite pour gonfler le pneu ? à la bouche ?
A noter le petit frigo, le compagnon presque indispensable si on veut être un peu autonome sans ravitailler tout le temps.
Bref, après un combat acharné où nous sommes sortis vainqueurs mais dubitatifs (comme le loueur d’ailleurs), tout le matos est rentré, en tassant bien, en forçant sur la partie haute du coffre pour fermer (gare d’ailleurs, en tension elle a tendance à s’ouvrir) et en laissant sur le trottoir les plaques de désensablement que l’on nous prêtait mais qui ne rentraient pas.
Les dernières recommandations : ne pas conduire de nuit respecter les limitations de vitesse car les pistes sont parfois dangereuses ne pas (ou à nos risques et périls) emprunter certains secteurs
Facile, facile et refacile pensons-nous en notre for intérieur. Qui vivra verra…
Le premier carrefour fut le plus dur. « Bon sang d’Anglais, mais pourquoi diantre ne font t-ils jamais comme tout le monde ? » Le gabarit imposant du véhicule plus la conduite à gauche ont permis un début participatif de l’ensemble de l’équipage. Submergé de messages de tous ordres, le conducteur, que je connais bien, a tenté de rassurer tout le monde sur sa maîtrise de la situation en sifflotant avec détachement. Il faut admettre que cela demande un peu de concentration même si la conduite pépère et tolérante des locaux met à l’aise presque de suite.
Le Chameleon hôtel fut trouvé par chance rapidement. Repère de baroudeurs en partance plein de doutes et d’enthousiasme et de revenants qui savent, le regard rêveur (dont il est bien difficile de lire si c’est de la nostalgie ou l’étonnement de s’en être sortis – ce fut du moins un peu notre vision du moment), l’étape ne manque pas de charme.
L’ouverture de notre coffre ne passa pas inaperçue, (avec un bon quart de son contenu dégringolé) et fut saluée par un précepte profond édicté par un sage regardant la scène, de retour de 6000 km de pistes (ouf, ils parlent quand même en km !!!!) : « Plus les jours passent et plus le coffre est grand ». Et c’est vrai !
Le jour le plus long !
Le lendemain, après une nuit fraîche, calme et réparatrice, le lever est difficile. L’été austral, qui n’est autre que l’hiver chez eux, ressemble dans la journée à l’été septentrional et à l’hiver la nuit… . de quoi mettre les cervelles à l’épreuve et perturber le biorythme.
Les courses de la veille furent effectuées dans un super marché très bien achalandé à l‘intérieur d’une galerie marchande. On trouve de tout, y compris bien sûr des distributeurs de billets. La matinée est consacrée aux derniers détails à acheter dans une ambiance locale plutôt amicale. Ceci dit, les banques sont gardées par des hommes en armes et toutes les fenêtres sont sécurisées avec des barreaux de taille respectable … il n’y a pas de fumée sans feu .
Objectif : partir avant 11h00 pour se rendre à Sesriem. Au moins 5 heures de route et il faut arriver avant la nuit (17h30 !) et la fermeture du camping.
L’aventure ne fut pas où nous l’avions prévue. Cherchant la C26, notre première piste, nous nous arrêtons sur le début d’une autre piste à quelques kilomètres de Windhoek et j’ai l’imprudence d’arrêter une voiture pour demander ma route. Le conducteur n’a pas l’air de connaître ou bien plus simplement il ne comprend pas mon anglais en cours de rodage en début de parcours. Pendant ce temps, un des 2 passagers sort de la voiture et attaque Sylvie avec un couteau de taille respectable, tentant de lui arracher son sac photo par la fenêtre de la voiture (et pourtant nous avions fait très attention à Windhoek !). Après une lutte acharnée, l’homme coupe les sangles du sac et court jusqu’à la voiture qui l’attend la porte ouverte pour filer. Pendant 10 secondes nous prenons conscience que presque tous les passeports, la carte bleue, la moitié de l’argent tiré la veille et l’appareil photo sont partis. C’est la fin du voyage. De rage, nous passons la première et poursuivons nos agresseurs. Bien nous en a pris. Les rattrapant, le sac fut lancé sur le bas côté et nous avons pu le récupérer avec l’aide de locaux qui avaient vu la scène de loin et qui ont également suivi nos « salopards ». Nous avons eu ainsi la « chance » de retrouver passeports, carte bleue et le zoom (exit, l’appareil photo tout neuf, divers accessoires et l’argent, faut pas rêver quand même).
Bilan : les enfants sous le choc de l’attaque, nous : naviguant alternativement entre colère, déception, doutes, ressassant ce que nous aurions pu ou du faire et le sentiment que malgré tout, vu que nous ne sommes pas des Rambos rompus aux techniques de combat, cela aurait pu plus mal tourner. de l’argent perdu plus beaucoup de matériel photo . Heureusement nous avons un deuxième appareil finalement pas si mal (le mien). du temps perdu pour faire notre déclaration à une policière mollassonne aigrie. Nous avons oublié de demander un double pour l’assurance. La police ne répondra jamais à nos multiples appels durant le voyage et 5 mois après nous venons tout juste de réussir à récupérer le procès verbal (et encore grâce à une aide très précieuse qui nous a été apportée ). A savoir !
C’est ce qui peut arriver, assez logiquement, dans une ville, quand ceux qui ont tout rencontrent ceux qui n’ont rien. Ce qui ne les excuse en rien ces hyènes de * $# & et encore, je reste poli !
Le deuxième départ de Windhoek s’effectue vers 13h00. Notre objectif : oublier le mauvais départ au plus vite (ou au moins faire semblant) et arriver avant la nuit. Dur dur.
En piste !
La voiture est facile à conduire sur les gravels roads (pistes), même très caillouteuses, à 80 ou 90 km/h. Le paysage est désertique, vallonné, envoûtant. Des springboks gambadent partout (non, pas des rugbymen). Nous rencontrons nos premiers babouins. Pas le temps cependant de nous arrêter pour des questions de timing.
Nous passons Naos puis Nanchas. L’heure tourne. Nous décidons de ne pas prendre la passe Spreetshoogte et sa pente légendaire pour gagner du temps.
Avec un GPS mais sans carte (au moins cela sert de boussole), nous nous égarons au milieu de nulle part vers KleinAub. La nuit tombe d’un coup. Pas de camping, loin de notre objectif, sur des pistes où déjà de jour une voiture passe toutes les heures, sans avoir mangé le midi, après un début catastrophique qui reste vivace dans les esprits et en mémoire qu’il ne faut pas conduire la nuit, nous roulons avec un je ne sais quoi de tension dans la voiture. Les paroles rassurantes du conducteur qui expliquent que c’est ça l’aventure, qu’il faut savoir goûter avec délectation ces moments rares où nous sommes vraiment seuls au monde, maîtres de notre destin, en dehors de tous nos repères et qui nous feront bien rire ensuite; et bien ces paroles ne semblent pas trouver d’écho favorable dans l’habitacle. Tout le monde est rivé sur les deux cônes de lumière des phares qui éclairent au dernier moment trous, bosses et animaux. « Gary’s Rest Camp » indique un panneau. Go ! Après 20 km à nous demander si nous n’avions pas raté une indication, le camping est indiqué sur une petite piste défoncée à 16 km. C’est long 16 km de nuit à 20 à l’heure quand on ne sait pas ce que l’on va trouver au bout. Pour corser l’affaire, il faut descendre de temps en temps pour ouvrir des barrières à animaux sans trop savoir si nous ne serons pas goûtés, voire appréciés par un prédateur chanceux de passage. La persévérance fut récompensée après plus d’une heure en arrivant enfin au camp de Gary, totalement vide. Un homme en train de dépecer un animal se retourne vers nous un long couteau à la main …
Gary, un homme jovial au visage marqué par les années, nous accueille à bras ouverts, tout surpris qu’un client ait pu trouver son camping du bout du monde. On le comprend aisément.
Merci Gary de nous avoir réchauffé le cœur en cette sombre journée que tu as éclairé de ton large sourire et de ton sens de l’hospitalité. J’espère que ces quelques lignes t’amèneront d’autres voyageurs pour remplir ton camping et profiter de ta gentillesse.
Je passerais le montage pour la première fois de nos tentes (plutôt simple), le repas préparé spécialement pour nous par la famille de Gary, notre première flambée pour nous réchauffer, pour conclure cette journée de tous les dangers par un spectacle unique, saisissant et de toute beauté : la voie lactée vue du sud, dans un ciel noir d’encre, limpide, (par un froid de canard), d’une netteté exceptionnelle personnellement jamais observée. Nous voulions être dépaysés. Difficile de faire mieux.
Les dunes qui chantent
La nuit fut glaciale. Couvertures, sous couvertures, polaires, rien ne fut de trop pour avoir un peu chaud. En revanche, le soleil chauffe l’atmosphère avec une rapidité déconcertante au petit matin. C’est l’avantage de l’air sec. Nous replions la tente en une bonne demi-heure, nous laissons à Gary pour sa femme instit une partie de nos fournitures scolaires et reprenons le cours du road book.
Piste vers Solitaire puis Sesriem par la passe de Spreetshoogte comme prévu mais avec un jour de retard.
Oui, c’est pentu, sans battre des records. En position 4x4, même pas peur.
Le paysage est splendide sans pour autant atteindre des sommets. La piste est très agréable, roulante à souhait, avec des bêtes à cornes à foison qui nous regardent passer. Les voitures inscrivent leur passage dans le paysage par un large panache de poussière. Ceci n’est pas gênant dans la mesure où il n’y a pas pléthore de véhicules.
L’arrivée à Solitaire, la croisée des chemins, fut l’occasion d’un plein d’essence et d’un magnum (non, pas un pistolet ni la rencontre avec un célèbre détective, mais une glace pour les gourmands – insolite n’est-il pas ?). Solitaire porte bien son nom. Cela représente au moins une bonne dizaine de maisons quand même. Le paysage désertique est magnifique, l’équipage retrouve des couleurs.
Le camping de Sesriem offre de larges emplacements (réservation obligatoire). Leur accès est sélectif avec certains passages qui traversent des zones de sable mou.
Vers 16h00, nous entrons dans le parc de Sossusvlei. La route goudronnée, au milieu de montagnes de sable, est paradoxalement limitée à 60 km/h, ce qui est, avouons le tout net, difficile à tenir.
La fermeture du parc étant programmée à 18h00, à la nuit, nous nous arrêtons avant le bout de la route à la dune 45. Idée lumineuse. A la tombée du jour la lumière est chaude et douce. La montée vers le sommet fait l’effet de peser 2 fois plus que notre poids dans le sable. Les scarabées des sables pullulent sous nos pas.
Une fois en haut une surprise nous attendait. Il suffit d’être à plusieurs et de descendre en déplaçant le plus de sable possible pour que la dune gronde comme un cor grave tibétain. Les millions de grains semblent rouler ensemble en émettant sous les minuscules chocs un son qui entre en résonnance et s’amplifie. L’effet n’est pas seulement auditif, la surface entière de la dune vibre à la façon d’une peau de tambour. Incroyable, magique ! Ce sera d’ailleurs la seule que nous parviendrons à faire chanter, et essentiellement sur la partie supérieure. Est-ce à cause de la chaleur du sable, de la taille de l’édifice ou des grains, de la forme de nos postérieurs, toujours est-il que toutes les autres resteront muettes !
Pour conclure la journée dans l’allégresse, rien ne vaut le buffet du Lodge voisin du camping. Signe particulier que nous n’avons pas retrouvé ailleurs, on y mange à volonté toutes sortes de viandes plutôt exotiques, au moins pour nous : koudou, autruche (notre préférée), springbok, zèbre, impala, crocodile, … Un vrai régal ! Vraiment une table qui vaut le détour. A ne pas rater.
Le froid n’est pas toujours de rigueur en hiver, à la nuit tombée, de retour au camping (avec des douches chaudes) un vent chaud, violent et sec du désert fit se tordre les tentes toutes la nuit. Cette chaleur nous accompagnera pendant près d’une dizaine de jours. Chance ou phénomène climatique courant ?
Pour voir le lever de soleil sur les dunes de Sossusvleï, très prisé, le réveil dut sonner vers 5h30 du matin. A la façon des pionniers de l’ouest américain, les 4X4 et autres campings cars les plus impatients sont sur la ligne de départ attendant l’ouverture du parc. Le temps de comprendre que c’est déjà le petit matin et de replier les tentes, nous sommes quasiment les derniers à partir. La route n’en est que plus belle. Le large défilé de dunes s’éclaire sous la lumière tamisée des premiers rayons voilés du soleil, . Mais ledit soleil est déjà assez haut lorsque nous arrivons au parking des 5 derniers kilomètres fatidiques, réservés aux 4x4 uniquement. Nous choisissons de ne pas prendre les navettes et d’affronter le sable mou. Pour ce faire, l’opération dégonflage de pneu (1, 6 bar) s’avère longue (10 bonnes minutes). Il y en a de l’air dans un pneu de 4x4 !
Pour notre baptême sur le sable mou, nous sommes restés zens et confiants. Ce n’est pas en lévitant que nous sommes passés, mais en suivant les quelques conseils qui nous ont été prodigués : ne jamais s’arrêter (donc de ne pas coller de voiture devant), éviter les ornières trop importantes et rouler tranquillement au couple en 2ème, position 4x4 long. Plutôt rigolo finalement et pas si difficile tant que rien ne vient perturber cette logique implacable. Vu le nombre de véhicules ensablés, il doit y avoir des pièges auxquels nous avons échappés quand même …
Les dunes au bout de la route valent bien le détour. Elles offrent une vue imprenable sur ce désert minéral aux couleurs chaudes (bien qu’un voile de haute altitude ait considérablement atténué la lumière et donc les couleurs ocre vif des dunes- c’était donc pas la peine de se lever si tôt !). Aux forme arrondies et avenantes, elles dessinent des courbes agréables que l’on ne se lasse pas de regarder.
On a aimé : le vent violent en rafales qui, outre le fait de cingler les jambes, a transformé la dune, fort visitée aux premières lueurs du jour, en dune vierge après le rush des lève- tôt, effaçant toute trace de pas humain et construisant son labyrinthe de motifs. On est peu de chose. Le saut de dune sur les pentes abruptes Le gigantisme de cet endroit enchanteur, reléguant la dune du Pyla au niveau de bac à sable.
On a moins aimé : l’endroit est victime de son succès.
Deuxième étape indispensable du lieu à ne pas manquer : Dead Vlei, large vallée à fond plat hérissée de squelettes d’acacias sombres plus ou moins fossilisés sur fond de ciel bleu et entourée de dunes ocre. Etrange, lunaire. Rassurez-vous, si vous la manquez, on la trouve sur de nombreuses cartes postales et guides.
Si dégonfler les pneus est long, le regonflage finit lui aussi par sérieusement gonfler le préposé à l’opération (au moins une demi-heure). La pompe électrique s’avère donc précieuse tant qu’elle fonctionne (voir l’arrivée chez notre loueur).
Naukluft et l’Olive Trail
Pistes et paysages défilent maintenant dans la sérénité. On s’habitue très vite au confort de choisir sa trajectoire sur la piste vu le peu de véhicules que l’on croise. La conduite à gauche n’est vraiment plus un problème.
Le camp de Naukluft est vert sur fond de monts caillouteux, plutôt accueillant et plein de Sudafs, au moins le jour où nous y étions, qui viennent chercher l’exotisme.
Gare aux babouins du coin, qui répondent à la devise « ce qui est à toi est à moi ». Seul point noir, la douche (tiède) de nuit dans des sanitaires sans lumières. Pour qui est habitué aux exercices périlleux des douches de camping plus ou moins salubres où les vêtements doivent rester secs et les pieds propres pour se rhabiller, l’endroit est propice aux exploits.
Le montage des tentes est maintenant une formalité. Très pratique de pouvoir laisser les sacs de couchages et couvertures à l’intérieur même repliés. C’est beaucoup de temps de gagné.
Si d’aventure, comme nous, en vous levant il pleut dans la tente, ne cherchez pas un micro climat ou une pluie de nuit. Il suffit d’ouvrir les ouïes pour faire circuler l’air. Indispensable vu la matière très étanche des parois des tentes.
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Olive Trail, le lendemain, tient toutes ses promesses (il faut néanmoins trouver le départ, nous avons eu du mal !). Après une montée sur des pentes arides, le chemin descend dans un canyon sans eau au milieu de blocs de pierres. On notera un passage technique incontournable au-dessus de bassins d’eau croupie, aidé par des chaînes tendues et finalement assez résistantes, un bel échantillon d’arbres carquois, et des roches aux rayures vertes et tordues par des siècles de tensions tectoniques.
5 heures ont suffi pour terminer la boucle. Biltong (viande séchée) pour tout le monde à l’arrivée pour revigorer les troupes.
Go to Walvis bay !
La piste est belle, aride, avec des zones montagneuses et des successions de virages.
Un régal, mais le tout se termine encore de nuit. Les 100 derniers kilomètres sont parcourus à une allure moyenne de 100 à 110 km/h sur une trace rectiligne, large et un poil piégeuse avec des trous. Sur les pistes il y a une dimension supplémentaire dans la conduite. Il faut analyser l’état de la piste en permanence pour choisir la meilleure trajectoire. Amusant et fatiguant à la longue.
L’arrivée fut une délivrance, dans une chambre d’hôtel super luxe avec douche à volonté : le Lagoon Lodge, tenu par des Lyonnais accueillants. Ce fut ce soir-là que nous avons fait en grande partie le deuil de notre attaque du 1er jour. L’esprit est ainsi fait que dès qu’il y avait un moment de calme, notre pensée (dont celles des enfants) s’attachait à ce qui s’était passé avec tous les regrets de ce que nous aurions dû faire. Ce soir-là donc, nous fîmes avec les enfants une reconstitution du crime avec un stylo comme couteau, pour finalement constater que nous ne nous en étions pas si mal tirés et qu’il n’est pas simple d’agir. Ce fut réparateur pour tous et apaisant pour le reste du voyage !
Walvis Bay : un havre de paix balnéaire
C’est d’abord une ville calme (le repère des Sudafs l’été), aux allures plutôt européennes, apaisante, très bien desservie et dans laquelle on trouve de tout et en abondance. L’idéale pour se ressourcer avant le grand frisson des déserts.
Notre hôte français nous donne quelques repères sur les pourboires qui nous sont demandés régulièrement.
Pour « garder » la voiture dès que l’on stationne (contre ceux qui la gardent ?) = 5 à 10 N$
Pour les personnes qui nous « aident » à porter les sacs après les courses jusqu’à la voiture = 5 à 10 N$. On hésite au début, mais c’est bien pratique.
Le salaire moyen d’un Namibien : 1000 N$. Quand on sait qu’un plein de 4x4 doit être de l’ordre de 800 N$, ça calme.
A Walvis, nous n’avons pas trop ressenti de tension dans la ville, mais là aussi, les fenêtres sont barricadées et les voitures rentrées dans le lodge la nuit.
A voir dans le coin : les marais salants bien sûr, avec en toile de fond l’océan.
Les flamants comme à leur habitude posent, nus sous leurs plumes, les pattes dans l’eau à taquiner les vers.
Un stage de conduite improvisé des enfants débuta sur un parking vide près de l’océan (accès uniquement au volant). Commencer sur un gros 4x4, c’est du luxe, surtout qu’en cas de trajectoire ratée la sanction du sable très mou nous guettait. Le niveau 1 fut atteint par tous : trace directe et virages sous contrôle. La largeur des pistes et l’absence quasi-totale d’autres véhicules nous permettra ensuite souvent cette expérience pour la plus grande joie de nos pitchouns.
La lumière fut belle jusqu’au soir, au moment du coucher du soleil lorsque le brouillard recouvrit de son coton en quelques secondes toute la baie, la plongeant dans une ambiance de fog anglais à couper au couteau. Impressionnant ce passage du jour à la nuit et de l’été à l’hiver, de la chaleur au froid en quelques minutes.
la dune 7: ambiance surf et beach boys sur une belle dune à descendre avec des planches si on est équipé. Nos sacs poubelle emmenés pour l’occasion furent un échec cuisant. Ils s’enfoncent trop. En haut, la vue est idéale sur les cordons de dunes avoisinantes et un 360 ° de désert.
Le spitzkoppe: un grain de beauté sur une plaine désertique.
Le lendemain nous rendons notre chambre douillette, la dernière du voyage, ragaillardis, approvisionnés en eau, essence et nourriture pour 3 jours et prêts à affronter le Kaokoland et sa poussière légendaire.
Nous dépassons Swakopmund, ville aux charmes plutôt germaniques (comme son nom l’indique) sur une route goudronnée (c’est confortable quand même), puis filons vers Cap Cross et son fameux meeting international d’otaries à fourrure (la plus grande colonie du monde).
Pas de doute, en arrivant on sait immédiatement que l’on ne s’est pas trompé. Le doux parfum qui amuse les narines dès que l’on met le museau dehors nous fait dire que nous n’avons pas les mêmes valeurs chez tous les mammifères de la planète.
Bon sang que c’est entêtant, pourtant elles passent leur temps dans l’eau !
Difficile d’être plus près en tout cas pour les photos.
Les otaries ont bon goût quand même car l’endroit est de toute beauté avec des vagues gigantesques qui s’écrasent sur des roches noires ciselées et des plages de sable. Joueuses, les bestioles, elles semblent prendre plaisir à surfer sur les rouleaux. L’endroit fait des heureux également chez les chacals en nombre impressionnant, qui trouvent visiblement là une nourriture facile.
Nous quitterons le site, que nous baptiserons « El Puantos » au hasard des mots qui nous viendront à l’esprit à ce moment là, pour aller déjeuner quelques kilomètres plus loin en admirant la fureur de l’océan.
Bye l’océan, nous nous enfonçons vers le centre de l’Afrique, avec optimisme, sur une piste enchanteresse et quasiment vide de véhicules, créant sur notre sillage une poussière qui marque la présence d’une activité au milieu de rien. Jubilatoire, non ?
Le Spitzkoppe se dessine progressivement à l’horizon.
Gros bloc de granit arrondi aux formes généreuses, il attire irrésistiblement tout bipède normalement constitué qui passe au seuil des parois. Nous nous précipitons donc vers les sommets pour voir le coucher de soleil qui rend la roche orange et lumineuse. En haut : séquence admiration, quiétude - que c’est beau, simplement.
Le sol très accrocheur permet de tenir sur des inclinaisons fortes sans prise de main (gare quand même car à la descente c’est finalement plus impressionnant).
Tels des robinsons, de retour sur le plancher des vaches, la tente est montée en 7 minutes (nous nous chronométrons pour battre des records – chacun ayant un rôle précis), le feu allumé et les grillades avancées. Ce camping, au pied des roches, permet d’avoir des espaces tellement larges que nous ne voyons aucun autre campeur (c’est un choix).
Seuls sur un rocher, face au planisphère étoilé sans lune, éclairés par la Voie lactée et baignés dans la douce chaleur du vent chaud du désert, nous goûtons la sérénité du lieu, le silence du vent qui frôle les branches des quelques arbustes et tout simplement le plaisir d’être là, face à l’infini céleste et terrestre. ..........................
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Le Brandberg Ugab Camp
Comme tous les matins, nous émergeons des tentes vers 6h15 au lever du soleil. Gloups ! Le repliage de celles-ci commence à être rodé en moins de 10 minutes. On fera mieux.
Ce qui reste long c’est le rangement du coffre. Pour se dégourdir les jambes avant la prochaine étape, nous recherchons les peintures rupestres du coin. A défaut de les trouver, nous ferons une belle échappée assez haut sur un des pans de granit nu si agréable à escalader.
Départ pour le BrandBerg après avoir réglé le camping - 215 N$- c’est plutôt très cher pour un endroit que Dame nature a construit et entretenu, sans pratiquement aucun service. Comme c’est géré par une communauté locale, disons que c’est pour une bonne cause.
La piste est belle et sans histoire jusqu’à l’arrivée à Ugab Camp.
Nous avions réservé, ce fut fort utile. Le camping est vide, sommaire, mais tellement exotique et convivial, dans un décor magnifique.
Il n’y a qu’un Namibien hilare qui s’active pour notre confort : Eau potable (ce qui vu le coin est un exploit), toilettes et douche (froide) au milieu des arbres.
Les toilettes!
Tant qu’il fait chaud, dans la journée, la douche froide ne pose pas plus de problème que cela. Il est clair que le soir, celui qui s’y essaie imite le hurlement du coyote au fond des canyons.
Idée lumineuse, pour passer la fin d’après midi, nous enfourchons notre 4x4 pour suivre un lit de rivière asséché à côté de l’emplacement. Vu la présence de « cubes » (déjections) d’éléphants, (qui d’après le G.O du camp ont dévasté la semaine précédente les toilettes pour trouver de l’eau), nous allons au devant de nos premiers pachydermes. C’est en entrant dans le lit de la rivière, avec du sable super mou que nous avons compris que nous aurions du mal à faire demi-tour.
Impossible de nous arrêter sans risquer immédiatement la sanction de l’ensablement. Après plusieurs centaines de mètres et les encouragements de tous pour que le moteur tienne, un banc de sable traitre nous fut fatal. Arghhhh !!! Démultiplication la plus petite ou branches et marche arrière, rien n’y a fait. Le moral est reparti en même tant que la voiture après avoir tout simplement dégonflé les pneus avec un départ en seconde. Ça calme quand même un peu nos ardeurs de chasseurs tout terrain, car là, il n’y avait personne pour nous aider au cas où !
De retour au camp, des Allemands rencontrés le matin même furent les 2èmes et derniers locataires du camping. Le temps de faire un France/Allemagne au foot et d’être invités par les perdants pour une bière sous les étoiles près du feu et nous capitulons sous la tente, dans un air venteux et toujours chaud.
France - Allemagne dans le camping désert!
Aba Huab Camp
Moins d’une centaine de kilomètres furent nécessaires pour atteindre l’étape d’après. Retour à la civilisation. Le camping est « normal » donc luxueux pour le coin. Cela ne fait pas de mal de temps en temps. Yes ! Des douches chaudes et un bar avec des bières. En retour, c’est plein de monde et les emplacements sont de taille européenne (donc petits). Les activités ne manquent pas dans le secteur : Twyfelfontein: des peintures rupestres en pagaille : Il faut être honnête, pour qui n’est pas un spécialiste de l’art des cavernes, l’affaire est vite répétitive, surtout sous un soleil de plomb, commentée en anglais par une guide charmante mais visiblement lassée du discours et des graffitis (heu pardon, des œuvres des âges farouches). Ce qui nous étonnera le plus fut le langage à clic type bushman qu’elle pratiquait parfois et le tarif d’entrée pour compléter celui du parking, proportionnels au nombre de dessins sur les roches. Et en la matière, les préhistos aimaient visiblement dessiner et gardaient les brouillons.
Les « organs pipes » : orgues basaltiques dans le plus pur style géologique. Classique (1/4 d’heure)
La forêt pétrifiée : c’est pas glorieux, mais nous ne l’avons jamais trouvée. Douche, poulet cuit sur la braise, bière et bras de Morphée.
Sesfontein et Warmquelle : l’oasis au milieu du désert
Le soleil sonne le réveil vers 6h00. Une des bombes anti crevaison s’est crevée par frottement sur du métal dans le coffre. Il faut le savoir, elle ne s’auto répare pas et décore joliment tout ce qui est autour. La deuxième sera conservée dans un chiffon. La route vers Sesfontein est belle, au milieu d’un relief prononcé. La première partie du parcours est giboyeuse à souhait : Springboks, oryx et girafes. La piste est assez roulante mais franchement cassante avec des pentes raides et des cailloux aux angles aigus.
Sur un tronçon ni plus difficile ni plus caillouteux que les autres, notre pneu arrière gauche explose sans préavis. Le pneu qui jusqu’ici paraissait indestructible avec sa carapace de caoutchouc, est fendu sur plusieurs centimètres sans qu’un événement particulier ne se soit passé. Une pierre a dû toucher le crampon d’Achille ! Cela semble irréparable au premier coup d’œil. Ça cogite sec sous les casques, car à ce tarif, nous pouvons crever quasiment n’importe quand ! Heureusement nous avons un deuxième pneu de rechange comme sécurité. Alors que nous paraissions seuls, un homme sort de nulle part et nous propose 20 N$ pour changer la roue. Top là ! A y réfléchir, vu l’état de la route, il n’aurait pas fallu dépasser les 60 km/h pour limiter la probabilité de crever …
L’arrivée au camping de Warmquelle mériterait d’être inscrite au Paris Dakar. La piste est défoncée et très pentue pour descendre dans le lit de la rivière. Sans 4X4, cela semble impraticable. Juste avant, des enfants en guenilles accourent au son du moteur pour nous vendre du bois (du Mopane, le bois usuellement utilisé, rouge très dur et qui fait de supers braises). Ces petits êtres qui se débattent déjà pour « gagner leur vie » laissent une emprunte dans l’esprit de nos enfants confortablement assis dans le 4x4 .
Le camping est idéalement placé, près des bains tièdes qui feront office de piscine. Après la cascade qui l’alimente, nous remontons le ruisseau d’eau chaude entouré de verdure sur plusieurs centaines de mètres.
La soirée fut calme et réparatrice, baignée dans un vent chaud, éclairée par notre feu et les multiples bougies du camping disposées le long des chemins. Belle ambiance.
Purros : le village du bout du monde
Départ vers 8h30 pour Sesfontein, étape indispensable pour faire le plein de victuailles, d’eau et d’essence pour plusieurs jours ainsi que pour réparer le pneu avant la route de Purros. L’arrivée fut surprenante. Ce n’est pas une ville, ni vraiment un village, c’est juste un regroupement de quelques habitants, avec quand même une station service et un petit magasin très rudimentaire de quelques étals de produits de première nécessité : riz, pâtes, maïs, sel, … Il faut faire avec, mais c’est, comment dire, troublant. Nous partons donc vers Purros avec une seule roue de secours et le minimum vital, mais l’essentiel.
Comme pour l’étape précédente, les 40 premiers kilomètres sont un calvaire pour la voiture et surtout les pneus et les amortisseurs.
Après les collines, l’horizon s’élargit sur une plaine immense et totalement désertique, mêlant dunes de sable, dalles rocheuses et monts rocailleux. La piste traverse des zones de sable assez profond ocre ou jaune suivant la couche géologique d’affleurement.
Un régal de conduite. Sur le sable à bonne vitesse on a l’impression de planer. Le paysage, grandiose, enchanteur, bien que totalement dépouillé, abrite quelques girafes, gazelles et surtout des oryx. De quoi vivent-ils ?
L’arrivée à Purros, après 3 ½ heures de piste bien tassées, montre un petit village modeste au bout du monde, très étalé. Il faut dire qu’il y a de la place...
Nous suivons la piste du camping en plein désert, qui nous amène, après le passage sableux d’une rivière à sec, à la réception.
Le camping est vraiment magnifique, presque désert, avec eau potable et douches. Un gros arbre noueux aux branches tentaculaires marque le centre de notre nouveau monde. Un régal !
.................... . La douche du camping!
Vers 15h30, nous partons à la chasse aux éléphants du désert. Pour cela nous remontons le lit de la rivière à sec, près du camping, ruban de verdure dans un océan minéral. Gare au sable et aux graviers propices à l’ensablement. La position 4x4 est plus que recommandée.
Ce fut le top ! Daktari pendant 2 heures, au milieu des dunes, du Fech Fech, des arbres.
Au détour des coins et recoins du coin, nous sommes tombés nez à nez avec nos premiers éléphants (du désert – plus respectueux des arbres parait-il ), et quelques girafes.
Le safari dut s’arrêter faute de lumière à la tombée de la nuit. Le repas fut grillé avec un feu de mopane et d’épines d’acacia. Elle n’est pas belle la vie ?
Des éléphants dans le camping!
Purros - Opuwo : la piste avec un grand « P »
Après un repliage des tentes exemplaire, pendant que des éléphants taquinaient nos voisins de camping, nous passons au village pour déposer à l’école une partie de notre trésor scolaire. Bon accueil des professeurs et des élèves, un peu décalé avec la rencontre de deux mondes qui se découvrent, dans une vraie école qui se débat pour fonctionner. L’instit n’attend qu’une chose, c’est que nous partions, impatient de voir ce qu’il y avait dans les sacs remis.
Go pour l’aventure d’une piste visiblement très peu fréquentée et jamais décrite dans les carnets de voyage. Une petite inquiétude reste en toile de fond. Pourvu que les pneus et la voiture tiennent car c’est sans filet.
La route est caillouteuse, envoûtante, inoubliable, avec des moments forts : nous découvrons ce qu’est vraiment la tôle ondulée. Nous avons connu un peu le phénomène précédemment, mais là, à basse vitesse, c’est tout simplement in-sou-te-nable. Tout vibre avec une telle intensité que l’on se demande si le véhicule ne va pas tomber en pièces détachées. Nous accélérons et dès que la vitesse dépasse les 70 Km/h, nous volons au-dessus des crêtes de l’ondulation, dans un silence relatif. La direction se fait alors légère et approximative le désert est total, immense. Le paysage est lunaire entre sable et cailloux. Des arêtes rocheuses se dessinent à l’horizon. Nous observons quelques oryx énigmatiques comme des sphinx, sur fond de « mirage ». M’enfin, mais que font-ils là au milieu de rien ? Vers l’ouest, une sorte de brume au loin brouille la vue de la mer. C’est beau et venimeux à la fois. Pfffff ! dans un dernier soupir, notre pneu arrière droit vient d’éclater. Aïe Aïe, Aïe ! Cela se complique. Nous avons mangé notre marge de sécurité et nous sommes au taquet encore très loin de tout. C’est toujours aussi beau autour de nous, mais ça commence à jouer des castagnettes avec les genoux dans la tribu. Autre effet « kiss cool », le deuxième pneu de rechange est dans le coffre. Non, pas là, tout au fond et à gauche, de sorte qu’il faut tout vider pour l’extirper. Grrr. Une voiture de journalistes suddafs rencontrés à Warmquelle arrive à notre hauteur. Comme nous avons de quoi changer, ils redémarrent sans autre forme de procès. Re grrrr . La solidarité joue à plein régime dans le coin. M’en fout, on y arrivera quand même sans vous ! Orupembé, tout le monde descend ! Sur la carte, c’est un village. C’est réconfortant un village. Quoi qu’il arrive on trouve de l’aide. Oui, mais dans le vrai monde, Orupembé c’est 5 maisons. Inutile de recompter, le compte y est, dont une case qui est un bar. Le juste nécessaire quoi. De la maison d’à côté du bar sort une jeune femme, plutôt chic, qui vous sert une bière ou un coca frais ! C’est un autre monde quand même. « Il y a du passage ces derniers temps » nous dit-elle sérieusement. «Une à 2 voitures par jour ». En effet, les affaires sont prospères. Ceci dit, on trouve un point d’eau à Orupembé ce qui en fait un carrefour pour tous les troupeaux du coin. Il est donc probable que le village doit s’étaler hors de portée de vue. Côté ruminants, à part des cailloux, on a du mal à comprendre ce qu’ils peuvent bien brouter. Mais là encore, les troupeaux sont nombreux et très importants. Il y a à l’évidence une face cachée dans tout cela. En tout cas, l’endroit a retenu la curiosité de nos Sudaf préférés qui nous avaient doublés. Tant mieux, nous passons devant. C’est une sécurité en cas de crevaison et à cause de la poussière, il vaut mieux être les premiers … Après Orupembé la piste devient encore plus vivante avec le relief qui rend une fois de plus le 4x4 indispensable. Trous, précipices, pentes fortes. Toute la panoplie est déployée pour vous faire passer un très bon moment… tant que tout se passe bien. Au détour d’un virage, une révélation : une rencontre improbable entre des européens et quelques femmes et enfants Himbas . Nous nous arrêtons, gauches, un peu méfiants et empruntés. Visiblement ils n’ont pas plus l’habitude des peaux blanches que nous des tribus hors du temps et de l’espace. Nous n’avons aucun langage en commun si ce n’est la gestuelle. Les femmes sont naturelles, joyeuses, très bavardes et ne demandent qu’à échanger. Nous arrivons globalement à nous comprendre en mimant les choses. Elles sont fascinées par les enfants et notamment Robin avec sa chevelure rousse à larges boucles. Terrorisé Robin se cachera dans la voiture entre les pédales et le volant. Il faut dire qu’elles sont impressionnantes avec leur peau et tous leurs vêtements ocres. Elles sont belles, élancées et très élégantes, couvertes de bijoux. Nous leur laissons un bidon d’eau et une couverture, sans aucune demande de leur part. Avons-nous bien fait ? Une belle rencontre marquante pour tous qui a elle seule vaut le détour de Purros. Nous arrivons à un village que nous croyons être Otjiu et son camping. Ereintés, après une journée de piste, nous cherchons le fameux « Campsite ». Erreur, malheur. Nous ne le trouverons pas car il n’existe pas. Ce n’est pas le bon village. Pour marquer quand même le coup, nous nous ensablerons une bonne heure. C’est après avoir regonflé les pneus que nos sauveurs sont arrivés. Un couple joyeux de Suisses baroudeurs en 4x4. « Suivez nous, nous allons à Opuwo. Si vous crevez, nous vous aiderons. Vous n’aurez qu’à faire des appels de phare». L’enfer est pavé des meilleures intensions. On comprend immédiatement ce que veut dire mordre la poussière. Derrière une autre voiture, c’est tout simplement inroulable. C’est pire que le brouillard. Dans les parties de fech fech, il y a dans l’air une telle quantité de poussière en suspension qu’il n’y a pas d’autre alternative que de faire du hors piste ou de s’arrêter. La piste commence à traverser des villages et les arbres sont fréquents. Adios le désert. Nous trouvons avant le coucher du soleil le camping tant attendu (pour éviter de rouler de nuit et ne rien voir). Nous rattrapons donc nos suisses pour leur faire des appels de phares et ainsi décrocher. Rien à faire. Ils ne verront jamais notre signal, nous obligeant par correction à les suivre pour éviter qu’ils ne fassent marche arrière pour nous retrouver.
C’est ainsi que certainement le périple le plus passionnant du voyage se termina au camping du lodge d’Opuwo, un peu déçus de finir de nuit, après 12 heures d’une quête de l’évasion inoubliable. Si c’était à refaire, nous repartirions immédiatement.
Opuwo : le repos des guerriers
Le camping du lodge est d’un charme tout britannique avec ses emplacements tout rikiki et ses pelouses moelleuses. L’endroit n’est pas particulièrement attachant mais il est confortable et propice à récupérer notre potentiel pour continuer la route.
Opuwo est une ville, une vraie, pleine d’activité, avec tout le nécessaire habituel de nos villes européennes, mais si rare dans la région : éclairage de la rue principale la nuit, hôpital, banques, magasins, supermarchés, poste de police, école et j’en passe … . C’est un carrefour en plein essor avec des constructions qui fleurissent partout. Des Himbas en « costume » côtoient sans complexe des héréros (avec pour les femmes leur chapeau à « cornes de tissu ») et des individus en habits plus conventionnels. Tout ce petit monde très exotique vaque à ses occupations en toute sérénité le long des routes.
Nous en profitons pour refaire le plein de tout et pour tenter de changer les pneus.
Au supermarché, nous rencontrons nos journalistes sudafs de la route de Purros, l’aide de Gary, notre sauveur du camping du premier jour et nos suisses qui ne connaissent pas les appels de phares. Le monde est petit.
Choisissant un des réparateurs de pneu au hasard, le mécano, un grand namibien filiforme, inspecte en dodelinant de la tête mes pneus largement ouverts et à mon avis irréparables. « Je vais les réparer » finit-il par lâcher.
En mon for intérieur je n’y crois pas une seconde, mais comme il semble sûr de lui et qu’en cas d’insuccès je ne paie rien, je tente.
L’homme s’affère sur la gomme en connaisseur : il perce, rabote, cisaille, met de l’essence dans la partie interne. Vache ! Ils sont débrouillards ces africains ai-je pensé. Alors que nous aurions jeté ce pneu, je ne sais pas trop par quelle alchimie, il va réussir à le « ressouder ».
Ensuite il évacue l’essence sans la brûler, met une grosse rustine sur la partie interne, regonfle et se relève satisfait de l’opération. « Voilà ! ».
« Comment ça voilà ? » L’hernie du pneu dépasse de 5 cm, mais le pneu reste bien gonflé. Sur du bitume, je dois pouvoir faire au moins 1 km sans crever et sur piste 100 à 200 mètres. Déconcertant. Impossible de ne pas sourire devant une telle imposture.
Du coup, je téléphone à notre loueur qui nous indique le seul endroit où je pourrai trouver 2 pneus (un supermarché). Avoir une assurance pneu c’est bien, même franchement raisonnable. Mais encore faut-il trouver des pneus ! Par chance, il en restait juste 2 .
Le vendeur n’effectuant aucun montage, je retourne chez mon mécano bricolo en plein après midi. Ce devait être l’heure de la sieste car il fallut presque 2 heures pour monter les 2 pneus. Ce ne fut pas de la mauvaise volonté de sa part, mais visiblement l’affaire est une question de tempo. Quand il est allé chercher le gros démonte pneu qui était à 3 mètres de lui, je me suis surpris à penser « apporte lui et on va gagner facilement 5 minutes ». C’est quand même un autre rythme…
Les lodges ont du bon. La fin d’après midi fut passée à la piscine (froide) devant un panorama imprenable et le repas du soir au restau. Soyons fous !
Les Himbas : rencontre du 3ème type
Lever 6h30 pour reprendre les bonnes habitudes. Tentes pliées, douches, petit déjeuner et à 8h00 nous sommes à la réception du lodge pour un programme spécial Himba.
Les Himbas, nous explique notre guide bilingue (anglais et Himba - absolument indispensable sinon il n’y a pas d’échange) sont un petit peuple de bergers, fiers, pacifiques, aux traditions aux antipodes des nôtres. Vivant en petites communautés semi-nomades dans des huttes, ils sont en symbiose avec Dame nature qui leur délivre de quoi vivre harmonieusement et sans excès (ce qui est tout le contraire de nous qui sommes en perpétuelle fuite en avant).
Après un parcours sur de petites pistes au milieu de la savane, nous rejoignons, avec un couple de hollandais également du voyage, le village «typique» choisi par notre guide. ......... Celui-ci n’est effectivement pas fait de carton pâte et ceux qui y logent ne sont pas venus en représentation. Au milieu de nombreuses femmes de tous les âges qui travaillent et discutent assises sur le sol entourées d’enfants, un vieux chef philosophe pense sur son tabouret. Tous sont habillés de façon traditionnelle mais là aussi, ce n’est visiblement pas un costume d’apparat. Nous sommes accueillis par une cascade de joyeux « Moro moro moro» plutôt chaleureux, après moult explications de notre guide sur les us et coutumes du peuple Himba. Les femmes sont souvent belles, grandes, élégantes et rayonnantes. Robin cette fois est sur le retrait mais n’est plus effrayé par ces créatures étranges, presque nues et à la fois entièrement habillées d’ocre et de bijoux (quelles fabriquaient lors de notre visite). Avec le guide comme intermédiaire, la discussion s’engage. Deux d’entre elles nous font visiter leur case et nous donnent des explications sur leur mode de vie au quotidien. Par exemple, les Himbas n’utilisent pas l’eau pour se laver mais de la vapeur parfumée avec des plantes aromatiques. Elles s’enduisent d’ocre sur tout le corps (mélange d’hématite et de graisse animale) ce qui leur donne cette couleur si particulière. « Pratique » constatèrent nos pitchouns prêts à adopter cette coutume. N’en déduisez pas que ces gens soient d’une hygiène douteuse, car c’est tout le contraire. D’ailleurs, un parfum plutôt très agréable se dégage de la case et de nos interlocutrices. Ici c’est le culte des enfants. Avec nos trois bambins, elles nous font comprendre que nous sommes des amateurs et que nous ne pouvons en rester là.
En sortant de la case le charme fut toutefois quelque peu rompu. Toutes les femmes étaient en cercle et nous attendaient pour nous vendre leurs bijoux. Finalement, sous ses atours de vieux sage toujours pensif, le chef est peut-être plutôt un commerçant contemplatif !
Hormis la surprise, tout ceci s’est déroulé dans un très bon esprit, « sans obligation d’achat ». De toute façon, comment partir sans bijoux Himbas d’autant que ceux-ci sont originaux, hand made by the Himbas et qu’a priori l’argent ne va pas à un intermédiaire …
Disons que dans l’histoire, le village visité n’est pas tout à fait innocent en matière de tourisme et que notre guide ne l’a pas choisi vraiment au hasard. En fin de parcours, celui-ci leur donne comme présents du sucre, de la farine, des bonbons pour les enfants et … des glaçons. Cela ressemble à un compromis, que nous espérons raisonnable, pour les aider sans pour autant les rendre dépendants des quelques touristes. Pourvu que cela soit vrai. A suivre …
Cette rencontre fut très marquante pour tous. Merci à notre guide qui semble plus du côté Himba que du côté de l’industrie touristique. Ce fut un très grand moment du voyage, absolument inoubliable.
Bye Bye les Himbas ! Nous continuons notre route vers la ferme aux guépards, étape suivante et très attendue par les enfants.
La ferme aux guépards ou l’auberge des gros chatons
En quittant Opuwo, nous quittons également toute l’ambiance si caractéristique du Kaokoland et de ses pistes. Une route en bitume avec certes quelques travaux qui nous obligent à reprendre une piste, nous mène à la Cheetah farm sans encombre et sans charme. Alors que les pistes sont empruntées par tous, troupeaux y compris, les routes ne semblent utilisées que par les voitures et camions. Or dans ce pays, ce n’est pas, loin s’en faut, ce que l’on trouve le plus…
Le camping de la ferme aux guépards est large, rudimentaire mais avec le nécessaire et en pleine nature. Que demander de plus.
Le lendemain, comme la visite est à 15h00, nous avons la matinée à tuer. Le coin est assez sauvage, avec des grillages un peu partout autour du camping. Compte tenu de ce que l’on « cultive » ici, nous préférons nous en tenir à un programme assez sage : balade vers les arbres serpents (snake tree), à quelques kilomètres de l’entrée du camp. Pas de doute, on les reconnaît tout de suite. Ils s’enroulent autour d’un arbre hôte à la manière d’un boa. Le simple poinçon d’un ongle suffit à faire couler une sève blanche. L’endroit d’ailleurs dégage une atmosphère étrange que les enfants qualifieront de « jardin de sorcière ».
A 15h00 la dite visite commence. Le propriétaire et son assistant, aux allures de Crocodile Dundee, embarquent tout le groupe présent au rendez-vous du camping (une bonne trentaine de personnes) dans plusieurs gros vieux pickups qui ressemblent à s’y méprendre à des bétaillères, en direction de la ferme habitée. Nous y rencontrons à nouveau notre couple de Hollandais sympas (qui était avec nous chez les Himbas) que nous retrouverons presque tous les soirs dans la suite du voyage sur sa partie Namibienne. Des guépards civilisés, cousins du lion Clarence, se laissent tripatouillés et caressés en allumant leur gros moteur interne à ronrons, pour la plus grande joie de tous (sous haute surveillance quand même). ....................................................... Vient ensuite le repas des gros matous qui n’en sont pas encore à mettre leur serviette autour du cou. Gros chats, gros appétits quand même. De retour dans les « camions », nous partons pour les terrains de jeu de ceux qui se reposent dans ce havre de paix pour guépards avant d’affronter la vraie savane. L’ambiance est tout autre. Ici, il n’est pas question de tomber du 4X4, ce sont de vrais fauves qui nous entourent, d’autant que le convoi sonne pour eux l’heure du casse croûte. Un apéro ne se refuse pas. Au milieu du parcours le conducteur jette de belles pièces de viandes aux monstres. La lumière est belle, les couleurs automnales, le tout est plutôt très agréable et vaut bien le détour.
Le soir venu, le grand foyer allumé pour faire cuire la viande et nous réchauffer jeta vers le ciel un million de lucioles. A quelques heures de voiture du parc animalier d’Etosha pour le début des hostilités en matière de safari, nous sommes déjà proches de la moitié de l’aventure …
En janvier dernier nous avons décidé de partir découvrir la Namibie sur une base de 22 nuits sur place plus 2 en avion, du 8 au 31 juillet 2015. Depuis, je me suis lancée dans la prépa de ce voyage...
Vous retrouverez tout le clavardage autour de nos questions de résas d'avion, d'hébergements, de choix de voiture, de petits détails de la vie quotidienne, de budget, d'itinéraire et d'organisation de nos 12 premiers jours par là... Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui y ont largement contribué 😉
Comme j'ai conscience qu'il peut être complexe d'entrer dans une très longue discussion qu'on a pas suivi, vous en trouverez une synthèse par ici...
L'itinéraire choisi est le suivant - qqs détails à ajuster mais globalement le parcours est bon...
Si une de ces journées vous intéresse, c'est en première partie...
Au fil des échanges et de mes recherches, j'ai ouvert une page de sites Internet aidants, il y en a plus de 50...
Ce second post va correspondre à la prépa détaillée des 12 journées suivantes... Bien sûr, les tours et détours autour de ce voyage sont toujours encouragés et bienvenus... J'apprécie d'être déjà dans l'ambiance voyage par ce biais... J'aime aussi bcp les instants détente...
D'avance, merci à celles et ceux d'entre vous nous aidant dans cette suite de prépa de nos espérés beaux moments voyagesques 2015...
J’ai beaucoup écumé le forum depuis plus d’un an pour la préparation de notre voyage en Namibie et nous sommes rentrés il y a quelques jours.
Ce premier voyage en Afrique (tout court) a été une vraie claque et un vrai coup de cœur. Il y a des moments comme ça dans la vie où tout parait simple et évident et ce fut le cas de ce voyage. Les paysages, les animaux, mais aussi et surtout les gens ! Tout nous a emballés. Je vais essayer de partager comme il se doit notre expérience tout en donnant quelques infos utiles aux gens qui souhaitent découvrir bientôt ce magnifique pays.
Pour cadrer un peu nous sommes partis du 6 octobre au 31 octobre à 2. Le périple grossier (je détaillerai plus loin) est sur la carte.
Nous avons loué une voiture 4x4 double cabine et tente sur le toit loué chez Classic Car Rental sur les conseils de Franck et Jacomo sur le forum. Nous avons rendu le 4x4 à Kasane. Sur la voiture je n’ai RIEN à dire. Tout était parfait ! Les pneus sont des vrais pneus 4x4 y compris pour les 2 roues de secours, le rangement à l’arrière est hyper intelligent, et on ne regrette ABSOLUMENT PAS le double cabine car tout ce qu’on laissait à l’arrière est accessible en conduisant (en-cas, appareil photo, caméra, …) et dans un mode camping ça aide à être plus efficace dans la gestion du quotidien. Je crève le suspense tout de suite, pas de galère avec TOTO (c’est le nom que nous avons donné à la voiture). Il nous a emmenés partout, dans les terrains les plus accidentés, et sans rechigner ! 0 crevaison et 0 ensablement ! (bon mon homme est bon conducteur en montagne et la piste c’était du gâteau apparemment et le sable il a stressé mais toujours géré)
Bilan financier en rentrant : 3300€/personne tout inclus (c’est la somme des dépenses des comptes bancaires, frais bancaires inclus, avec un billet d’avion en multidestination et 22h de trajet au maximum, à 900€). J’essaierai de détailler un peu les dépenses mais j’avoue qu’on n’a pas beaucoup gardé de traces…. Pas donné comme voyage il est vrai mais on ne s’est rien refusé (hormis des survols).
Pour ceux qui connaissent, je pense que vous l’aurez compris avec la carte mais nous sommes passés par Tourmaline pour le gros des réservations. Je n’ai que des compliments à faire sur Tourmaline qui est resté hyper disponible avant le départ (c’est Carole qui m’a aidé à tout organiser), avec un super bon briefing d’accueil et disponible également à la fin du voyage pour gérer la remise du véhicule puisque TOTO notre fidèle destrier était encore à Kasane quand nous sommes partis, le chauffeur ayant visiblement eu de retard.
Je commence tout doucement le carnet car nous n’avons pas fini de « vider » les photos. Et bien oui, plus de 50 Go de photos/vidéo…. Ça commence à faire !
Jeudi 6 octobre – Vendredi 7 Octobre
Nous voici donc le 6 octobre dernier, tout excités d’arriver ENFIN au jour du départ (premier voyage que nous préparons avec AUTANT d’avance et pour lequel tout est plus ou moins « calé »). Décollage vers 19h de Nice. Deux escales plus loin, arrivés à Windhoek à 15h le 7 octobre.
Le dernier vol Johannesburg-Windhoek a été bien sympa. Beaucoup de turbulences mais les Sud Africains, dont une équipe de rugby locale qui venait à Windhoek pour un tournoi, a bien détendu l’atmosphère, CA Y EST on est déjà conquis !!! Mais petite déception… le tournoi c’est demain soir… (samedi pour ceux qui suivent) et demain soir, nous aurons déjà quitté Windhoek… ben vi c’est ça aussi le problème de tout prévoir à l’avance -) Enfin bon c’est pas bien grave.
On met un temps certain ou un certain temps à passer le contrôle de douane puis nous sommes accueillis par un employé de Classic Car Rental (dont le nom m’échappe…. Zut !) adorable. On prend le temps de retirer au distributeur un premier pécule pour le voyage et GO ! Sur la route, on ne croise qu’un seul babouin mais on dévore déjà tout des yeux et on pose plein de questions. On finit par arriver à Londiningi Guesthouse et on se pose dans notre chambre. Après ces 20h passées dans l’avion, je suis la première à passer sous la douche. Puis apéro : première Windhoek pour mon homme et premier Savanna pour moi. Il fait bon, mais pas assez chaud pour se baigner dans la piscine à 18h !
Arrive le moment du repas. Nous avions réservé le dîner pour ce premier soir. On se régale. Carpaccio de springbok, steak de koudou et dessert décoré avec soin !! On sympathise avec un couple de Belges d’une soixantaine d’année qui vient en Namibie tous les ans. Lui est un peu guide pour ses connaissances et avec le bouche à oreille, ils arrivent à être en Namibie 1 à 2 mois par an (LA CHANCE !!). Nathalie s’assoit avec nous et tous les 3 nous parlent avec passion de la Namibie, de sa population, de sa nature époustouflante pendant plus d’une heure. Un bel échange.
Mais la fatigue se fait sentir et il est temps de regagner nos pénates. Pour une fois, dans un vrai lit. Ca n’arrivera pas souvent donc on profite !!
Voilà, je me lance dans ce nouveau post pour préparer un fabuleux voyage en Namibie en août 2013.
Une discussion a été entamée dans le carnet de Max68, mais pour plus de clarté et ne pas polluer son excellente rédaction et ses magnifiques photos je préfère poursuivre ici.
J'ai déjà lu, depuis plusieurs années, vos différents récits de voyage et la destination me tentait irrésistiblement. Nous n'avons jamais mis un pied en Afrique, je débarque donc avec candeur et innocence d'une autre section et d'autres cieux beaucoup plus familiers pour moi. Le continent africain, pour qui ne le connait pas, fascine, attire, aimante tout autant qu'il effraie, véhiculant fantasmes et peurs tout à la fois... Je vous demanderai donc d'être indulgents pour les âneries que je vous servirai peut-être 🤪...
Qui sommes-nous ? Un couple voyageant avec ses 3 garçons de 5, 11 et 12 ans au moment du voyage. Les enfants sont habitués à bouger, voyager, randonner, faire de longs trajets en voiture... Nous adorons ces moments d'exception où nous nous retrouvons ensemble au bout du monde, à nous forger une mémoire collective et partager nos émotions.
Itinéraire : Pour le moment, je n'ai pas encore établi d'itinéraire, je vais m'y atteler au fur et à mesure de vos interventions, conseils et critiques.
Souhaits et remarques :
- Un circuit en 4x4, avec un maximum de nuits en camping (tentes sur le toit).
- Des étapes de longueurs raisonnables. Le rythme suivi par Marie et sa famille nous semble adapté.
- Marcher, même si je sais déjà que la destination n'est pas nécessairement la plus appropriée pour cela
- Voir des animaux dans les parcs, bien sûr ! (Ne riez pas, nous nous sommes lancés dans le "game drive" à Yellowstone chaque soir au crépuscule, ce fut un grand succès, les enfants en redemandaient !) Mais aussi rencontrer les Himbas, se perdre dans le Sossusvlei et les paysages du Namib, du Naukluft ou du Brandberg, voir les éléphants du désert dans le Damaraland et j'en oublie...
- Faut-il inclure une incursion au Bostwana ?
- Ce sera notre premier voyage en Afrique australe. J'ai lu (et on m'a écrit) quasi unanimement que la région a un goût de "reviens-y". Nous n'excluons pas d'y retourner par la suite en cas de coup de coeur... Donc, si nécessaire, nous pouvons faire quelques impasses.
Madiba, tu es la raison de mon voyage en Afrique australe, celui que ma mère admirait tant et dont elle m'avait tellement parlé. Elle aurait voulu venir visiter ton pays, Soweto, Robben island, mais elle est partie vers les étoiles 5 mois avant mon voyage, alors j'espère que la-haut enfin, vous êtes en paix avec tous les autres valeureux qui se battent pour que la terre aille mieux!!!!!
Forcément, ce voyage s'est fait avec le prisme déformant de la tristesse que j'avais dans le cœur, et mon hyper sensibilité a certainement accentué ma forte aptitude à percevoir les émotions.
J'ai changé d'avatar, c'est le signal que je suis prête, prête à me lancer dans mes impressions d'Afrique australe. Mis à part le wimpy et le mugg and bean, que j'ai vraiment appréciés, il y a quand même des trucs sympas la-bas et puis il y en a d'autres qui m'ont bouffé les trippes et m'ont fait verser des larmes.
Je suis une non white et je tient avec fierté mon ticket d'entrée au musée de l'apartheid. Cette donnée aussi est importante pour comprendre mes choix et mes réactions, par la suite.
J'entends déjà le "Ah! Enfin!"...... Et j'imagine les sourires et le soulagement de voir enfin apparaître ce début de carnet.
Il est de bon ton de remercier. Il parait que les gens biens font ça. Alors comme j'essaie de temps en temps d'être quelqu'un de bien, et surtout vu que j'ai énormément taquiné, embêté, perturbé, agacé, énervé, amusé........... je vais remercier les intervenants principaux qui ont eu la patience de répondre à mes questions depuis 2 ans, le temps de gestation d'une éléphante.
1ère préparation que d'aucun auront surnommé tout ce vous avez toujours voulu savoir sur l'Afrique australe et que vous n'avez jamais osé demander.
2ème préparation que d'autre auraient pu surnommé "l'Afrique australe à la japonaise" car j'avais même rajouté un peu de Zimbabwé en plus de la namibie et du Botswana!!!!!
Alors je remercie
Rivière-Fox, mon ange à moi, bienveillante et si compréhensive, tu sais déjà.
Pierre 77 renommé Pierre Philosophale, ça fait longtemps hein; promis, la prochaine fois si elle arrive, il y aura encore plus de Namibie (j'ai adoré les paysages) et du Botswana. Tes conseils ne sont pas perdus, loin de là.
Attila, ma tila à moi, merci de ta patience mise à rude épreuve. Tes conseils n'ont pas été vains.
Régis, que j'ai eu la chance de rencontrer et qui a réussi à ne pas me jeter aux lions. il paraît que j'ai un caractère qui rappelle celui de sa fille........ merci pour le soutient indéfectible.
Airone renommé Air onus magnus que j'ai aussi eu la chance de rencontrer au cour de ce voyage, le p'tit punch sera pour une autre fois. Merci en particulier pour tous ces Mp réconfortants.
Michel 85200 dont le carnet est une vraie mine d'or. Merci pour tout ce temps consacré à nous faire découvrir tous ces voyages. C'est quand le prochain?
Claw que j'ai aussi rencontré. Quel personnage tu fais. Merci aussi pour tous nos échanges.
Kola, la poétesse entre toutes, j'espère que tu continueras longtemps à embellir le monde de tes mots.
Muriel P, qui s'est bien amusée de mes espièglerie et qui la première a appris la mauvaise nouvelle du décès de ma mère. Merci de ton soutien.
Marimijean qui a suivi ma première préparation et donné pas mal d'idées, merci depuis bien longtemps.
Nammanu, tu es celui que je regrette de ne pas avoir rencontré. Si ce n'est pas sur cette terre ce sera ailleurs, je l'espère en tout cas.
Max 68 dit Maxou, merci pour tes conseils nombreux, le KTP c'était différent, et les routes dans les dunes, vraiment comme un toboggan!!!
Boulwaï surnommé boule de gomme, le monde serait bien triste sans toi, merci pour l'insistance sur la Namibie et le fish river canyon. Tu as eu cent mille fois raisons, comme Pierre.
les Caperam, Merci pour vos 2 centimes d'info qui sont toujours tombés à point
Carine Ned que j'ai suivi avec plaisir au Lesotho, merci de ce temps consacré à faire découvrir ce pays.
Voyajou surnommé Voyou ou Voyajoueur, l'écrivain, l'amoureux de l'Afrique, prompt à faire des blagues, à provoquer, à donner des conseils, mais qui joue les filles de l'air quand les sujets deviennent vraiment graves!!!!! Merci pour tout.
Madikéra, que je surnomme affectueusement Madi, qui sait toujours trouver les mots justes quand il faut, même si ça ne concerne pas directement l'Afrique australe. Merci du réconfort.
Le tout jeune Pierre de Guadeloupe dont on n'a plus de nouvelles. J'espère que son voyage s'est bien passé et qu'il est rentré sain et sauf
Et tous ceux que j'ai pu oublier, je vous demande pardon et je fais à tout le monde un gros calin.
Un petit lien vers un post où je récapitule mon itinéraire total de 31 jours entre Afrique du sud et Namibie.
De retour d'un périple en solo de trois mois en Afrique australe (Afrique du Sud, Lesotho, Namibie, Botswana, Swaziland), l'occasion est belle de me lancer dans mon premier carnet de voyage.
Je me concentrerai sur les aspects pratiques, tout en agrémentant le "récit" de photos choisies avec amour (il va sans dire, même si je saurai me montrer sélectif 😏). Pour des questions de respect de la vie privée, je veillerai à ce que personne (à commencer par moi-même 😇) ne soit facilement reconnaissable ou identifiable sur les clichés publiés.
Dates du voyage: 30 mars-28 juin.
Compagnie aérienne: South African Airlines.
Vols: Genève-Johannesburg avec arrêt à Francfort. Idem au retour.
Voiture de location: Ford Figo (type Polo) chez First Car Rental, 4480 km au compteur, 88 jours.
Quelques chiffres:
1 crevaison (seulement) 😎
2 chocs 🏴☠️
5 pays visités
90 jours de voyage (vols compris)
Env. 500 locaux pris en auto-stop
6000 photos (le tri continue 😏)
6156 francs suisses (5675 euros) dépensés au total (détail à venir)
19'900 km parcourus en voiture de location (soit l'équivalent de ce que je roule en près de quatre ans en Suisse 😮)
Les étapes (déplacements inclus)
Afrique du Sud + Lesotho (37 jours)
Arrivée à O.R. Tembo (Johannesburg), prise du véhicule puis route jusqu’à Clarens 1j
1) Drakensberg (Golden Gate Highlands NP) 2j
2) Drakensberg (Sentinel Hiking Trail) 1j
3) Drakensberg (Champagne Valley) 1,5j
4) Lesotho 5,5j
5) KwaZulu-Natal chez l'habitant 1,5j
6) Lake Eland GR + Oribi Gorge NR 0,5j
7) Wild Coast 1,5j
8) Hogsback 1j
9) Addo Elephant NP 1,5j
10) Jeffreys Bay + Tsitsikamma NP 1j
11) Camdeboo NP + Nieu Bethesda 2,5j
12) Prince Albert + Swartberg Pass 1,5j
13) Mossel Bay + Cape Agulhas 1j
14) Hermanus + Stellenbosch 1,5j
15) Cape Town 9j (dont 4j à travailler)
16) West Coast NP + Elands Bay 1j
17) Cederberg Wilderness Area 2,5j (dont 1j à travailler)
Namibie (20 jours)
18) Fish River Canyon + Fish River 2j
19) Lüderitz 2,5j (dont 1,5j à travailler)
20) Aus 0,5j
21) Sesriem/Sossusvlei 1.5j
22) Swakopmund 1j
23) Spitzkoppe 1j
24) Brandberg 1j
25) Henties Bay + Cape Cross Seal Reserve 1j
26) Skeleton Coast NP + Twyvelfontein + Petrified Forest 1j
27) Etosha NP 3,5j
28) Tsumeb + Waterberg 2,5j (dont 1j de repos)
29) Caprivi Strip 2j
Botswana (10 jours)
30) Kasane + Chobe NP 3j
31) Planet Baobab + Maun + Okavango Delta + Moremi Game Reserve 6j
Route (1300 km avec détour) entre Maun (Botswana) et Pilanesberg NP (Afrique du Sud) 1j
Afrique du Sud + Swaziland (24 jours)
32) Pilanesberg NP 1j
33) Sun City + Marakele NP 1j
34) Tzaneen + King's Walden 1j
35) Musina + Mapungubwe NP 2,5j
36) Kruger NP 5j
37) Graskop + Blyde River Canyon 1,5j
38) Swaziland 2j
39) St Lucia + iSimangaliso Wetland Park 1j
40) Hluhluwe-iMfolozi Park 1j
Route vers Kruger NP via Swaziland et Hlane Royal NP 1j
41) Kruger NP 5j (dont trek 4j)
42) Graskop 1j
Route vers Jo’burg 1j
Edit: je remets ici la vidéo ajoutée en page 19 de mon carnet, près de six mois après mon retour. Cinq petites minutes pour "résumer" trois mois de périple... avec quelques floutés de rigueur. 😉
January 12, 2013, 5:30 AM, Flight BA043 London-Cape Town
Directly below, Windhoek glittered like a tangle of fairy lights still lit and tossed into a box.
The horizon, edged in purple, was setting up a backup fireworks display, and suddenly, like a cherry on the platter and with unbearable intensity, in less than two minutes the entire sun revealed a gray dam and then a vast, untouched massif.
A few more minutes and the glare to the east of the plane was total. In Africa, the sun is swift.
We still had a France to cross before landing, but it felt as if we were already there. To the west, the raking light revealed what looked like acne and long, swollen scars in a desert region that might be the Swartkloofberg. Further still, straight as far as the eye could see, the two parallel tracks of a dirt road.
At 11,500 meters altitude and 940 km/h, we had a sense of stillness until the Orange River appeared, an incongruous serpent, gray edged with green.
The first South African settlements were dotted with trees providing shade, then rivers highlighted by continuous lines of vegetation.
Water and shade that make life possible.
We’ll return here by the backroads.
Half an hour from Cape Town, the plane tilted toward the sea, crossing plantations (likely citrus) and then an explosion of cultivated greenery in circles on either side of an unruly river. Finally, the coastline was no longer just sand and water—a frothy hem, a suture?
A peninsula came into view, forming two magnificent bays, and... a flight attendant firmly instructed me to return to my seat: we’d arrived!
The Colors of Cape Town
The city was dressed up as I like them—deserted, fluid, free of its vendors.
In the parking lot of the endless beach next to the commercial port north of the city, about two hundred people were unloading their goods in front of their pickups or combis, none of which were from this century: mixed-race, ageless Black people, and white folks who looked like they’d stepped out of another era.
After a few minutes, intrigued, I played a game: first looking at the merchandise, then imagining who was selling it, and finally looking at who was actually manning the stall. Tall Black vendors were selling what they often sell in Europe—leather, sunglasses, watches; mixed-race folks offered discount bundles, and the tanned older white people seemed to have emptied their attics.
We left with an antique tin kettle for morning tea over an open fire, a pack of five exercise books (that’s 600 pages to fill), Bill Bryson’s earliest stories in English, some snoek rillettes (a local fish), and—never seen before—tuna biltong and snoek biltong.
In so-called advanced countries, Sunday is for sports: white cyclists dressed like pros sweating diligently, Black street vendors running in loops at red lights to sell trash bags that day; white golfers losing their balls, which a scantily clad Black man retrieves from the water; under the sails of kite surf boards, it’s all blondes, and in the foam, joyful splashes from a bunch of Black kids.
Searching for an unusual spot for lunch, we drove through the fishing port looking for a dive and, at the end of a dead-end road with no warning, we arrived at the Shimmy Beach Club—quite the program.
The place, open for just three weeks, aims to be ultra-trendy. You could be in San Francisco, Lisbon’s docks, or St. Barth. This time, the "visible" staff was diverse, but the clientele was exclusively white, except for one mixed-race couple.
For this Sunday lunch, the women had pulled out all the stops, and local starlets—who’d make ours look tame—were turning the terrace into a frenzy.
At Cape Town’s port, the girls have *port*. The trend seems to be crochet dresses over swimsuits.
For two hours, a team of employees watered and raked the sand, starting over when they finished. A child in a floaty pink dress and a gold headband, but a future adventurer, stepped onto the freshly raked artificial beach sand for the first time.
A lanky mixed-race man dragged a hose across the ground, followed by a white woman—enchanted?—who then started watering the sand herself, carelessly splashing the glass terrace her colleague had just swept. I suspect a tacit work arrangement to keep everyone employed.
A galleon packed with tourists (are there any in the hold? Does it take tourists to Robben Island?) left the port. A helicopter took off in its wake. Trawlers returned, cutting through a ballet of catamarans, their waterlines well above the water: a bad catch.
If there’s one country where you can’t pretend to ignore skin color, it’s this one. The question is in everyone’s mind, and here more than anywhere else, it’s a decisive economic and political factor.
Columbine of Brittany
200 km north of Cape Town and 9,000 km south of the Breton coast, but on the same cold ocean, we camped on the shore of the Columbine Cape Nature Reserve, sheltered by a rocky chaos that, at first light tomorrow, would transport us to Perros-Guirec.
Our first encounter with wild animals wouldn’t end well for them: it was crayfish season, and they were the size of lobsters at Lorient’s fish market. Bought for R60 (5.5 €) a pair from kids in Pater Noster, they’d end up between two rocks, over a fire. But first, we had to pair the Chenin blanc with some snoek biltong.
With no wood, I lit a fire at dawn with dried seaweed and kelp, as if petrified; it gave off a smell of court-bouillon and... tires. Two hundred fathoms away, on an outpost, an army of cormorants stood at attention, unmoved among the frolicking seals.
At the reserve’s exit, the guard spoke French; Patrick Mwanba had arrived from Congo three years earlier to study, but the cost of living here forced him to drop out. He’d like to return home because life is cheaper there, but the war made him hesitate.
Ding ding dong! Vroom! Arf arf, Woof! Buzz! (A night from hell!)
I’d long planned to visit Calvinia, the center of a region known for extensive sheep farming. An excellent provincial museum, run by an enthusiastic curator, kept us too late to start the drive north.
So we camped in a tiny, charming campsite set up in the garden of a house. A few trees, a patch of resilient grass, and a view of a pretty lit-up steeple—what else?
Well, it turned out to be a sound-and-light show, with the pretty steeple chiming the hours and half-hours. Then suddenly, we were in the VIP stands of the Karoo-Kalahari Truck Race: roaring trucks paraded under our canvas windows, and we realized we were on the main road through town. To top it off, we enjoyed an uninterrupted canine cacophony, from the *arf arf* of little dogs to the *woof* of a mastiff. Oh, and some mosquitoes—the first ones—insisted on keeping us company in the tent, and we hadn’t yet bought the arsenal to neutralize them.
I walked through Calvinia at night; the house gardens weren’t fenced, nor did they have the «Armed Response» signs so common in the country.
The Kalahari Trails
(No, no, I haven’t converted to hiking.)
North of Calvinia, in the south of the Northern Cape, small towns follow one another up to Upington, about a hundred kilometers apart—welcome havens. Between them, with no trees in sight, we stopped in the shade of a motionless cloud: the temperature exceeded 40°C in mid-January.
We were almost out of the High Karoo and into a region of pans drying up, until the first red dunes appeared, precursors of the Kalahari. In the sparse veld vegetation, gatherings of quiver trees in the kopjes, and a caravan of camels without a handler or packs, marching in perfect formation across a pan (no, I hadn’t overdone the Windhoek at the last stop, and no, I wasn’t dehydrated enough to hallucinate).
The historic part of these towns, European in style, was built on the same plans as those in the American Midwest or the Australian Outback: a grid of streets wide enough to turn a wagon pulled by eight pairs of oxen. The architecture was Dutch-inspired, tropicalized with awnings.
Then came more recent housing, functional in style, where the wealthier mixed-race people—who make up the majority of this state—lived, and further on, the township, an assemblage of corrugated iron and plastic, like everywhere else.
Orange, Right Bank
North of Augrabies Falls National Park, on the other side of the Orange River, stretches a rugged and wild territory the size of fifty Groix islands, crisscrossed by a few tracks—the Riemvasmaak.
The inhabitants were driven out half a century ago for a military base, and as soon as President Mandela was elected, he made it a symbol by allowing the exiled populations to return. Several ethnic groups live here on almost nothing, in government-built shacks.
A community camp is set up in a small cirque at the end of a canyon that, while not in the history books, offers a good descent. By mid-afternoon, the air was at 44°C, but luckily there was a spring... except it was a hot spring, with water at 38°C. And they haven’t invented a reversible spring yet. Once the birds and baboons had settled in, in absolute silence and far from any light pollution, we enjoyed the stars like nowhere else (well, that’s what they claim in the region).
The Orange didn’t choose the easy path: arriving from Lesotho, it was almost at the ocean. The terrain to the south and north of this massif seemed easier to cross. Was it to avoid the curse of the Okavango, whose waters disappear into the sands without ever seeing the sea, that it chose this rocky route, thinking that at least the granite wouldn’t steal its water?
I Love You, I Eat You
In the dry bed of the Auob, it lay panting, head raised, alert, between its paws but head-to-tail, a tawny springbok, motionless.
A few minutes earlier, their story had been written in a lightning-fast chase, captured in photos by the driver of the car that alerted us.
It would be a long time before it started eating at the groin without breaking its surveillance.
Earlier, there was a lion lounging in the shade and hundreds of antelopes: springboks and gemsboks (oryx) in herds, hartebeests and steenboks alone. Strange pairs, apart several times, formed by a springbok and a gemsbok.
A few solitary jackals moved slightly sideways, looking furtive. Ostriches, alone, looking a bit dazed.
It was a lucky morning in the Kgalagadi (KTP).
In and Out
Kgalagadi, Nossob Camp.
We were at the very end of the almost-empty camp, ten meters from the fence, whose structure wouldn’t resist an elephant (though there aren’t any here), but it was electrified.
At dusk, on the other side, ten meters away, three lions passed in a row, as if on parade, seemingly focused on their goal and indifferent to the camp, though they glanced at it.
A jackal had gotten into the camp and was trying to get out without success while scavenging. I offered it two pieces of snoek biltong (Don’t feed the animals!) from three meters away—it smelled strong and had bones (bones in biltong!). When it passed by again, it sniffed but didn’t dare approach. Curled up in the chair, motionless, by the faint moonlight, I finally saw it come closer, grab the nearest piece, and move ten meters away to enjoy it (how many jackals know the finer points of sea biltong?). A little reassured, it came back for the second piece.
Another Morning
By morning, the jackal was gone, but our luck hadn’t left us. Two cheetahs again, who found me in the way and slowly moved toward a calmer shadow. Enough birds of prey to form a squadron, but they’re solitary hunters. Two ostriches busy with their dozen unruly chicks. And while we’re at it, a group of four Kalahari lions, sprawled under a thorny bush. Lots of oryx crossing the dunes and herds of red hartebeest. Kori bustards and secretary birds.
It was the first time the Kgalagadi had spoiled us so much.
J'ai enfin bouclé la première partie de notre carnet de voyage. Je ne pensais pas être si prolixe mais je me suis pris au jeu de l'écriture. Mettre en mots tous ces souvenirs est également une belle façon de les revivre. A mon tour de vous faire partager notre voyage.
J'ai vainement tenté de joindre des photos....je suis trop inculte en informatique et internet pour cela, mis à part le "copier-coller" il ne faut pas trop m'en demander.🤪
PROLOGUE AU VOYAGE
Presque un an de préparation fut nécessaire pour élaborer ce voyage. En surfant sur des sites de location de 4x4 en Europe du nord, de clic en clic, je suis arrivé en Namibie, dont, je l’avoue, j’ignorai presque tout. Ce fut un choc émotionnel en voyant les images des paysages, des animaux et en lisant les premiers commentaires des précédents voyageurs.
Un conseil de famille fut rapidement décrété et je n’eus guère besoin de développer pour obtenir l’enthousiasme général. C’était décidé : la Namibie serait notre prochaine destination.
La lecture des expériences de circuits individuels en 4x4 « fully equiped » nous séduit : ce sera aussi notre façon de voyager. L’équipage, dont les rôles s’affineront lors du voyage, sera composé comme suit :
- ma douce dans le rôle du co-pilote, de l’intendante en chef, de la reporter-photographe et de la tirelire ;
- junior, dans le rôle de l’aide de camp efficace, du magasinier roulant à l’oeil de lynx ;
- votre serviteur, dans le rôle de l’agent de voyage, pilote, préposé aux feux de camp et grillades, garde du corps anti-babouin.
Nous avons tenté d’embarquer d’autres moussaillons dans l’aventure mais sans succès.
Un long travail de documentaliste a alors commencé. Rapidement je découvrais « voyage forum » et arpentais le forum Namibien. De fils en aiguilles, les noms de Fish River Canyon, Sesriem, Cape Cross, Etosha me devenaient très familiers.
Google, Google earth, la fameuse Ka-maps devinrent aussi des précieux alliers.
Alors qu’une ébauche de circuit se mettait en place, je me souviens encore du soir où ma douce est venue à mes côtés, alors que j’étais rivé sur mon écran, pour me glisser candidement à l’oreille : « On sera loin des Chutes Victoria ? C’est un rêve d’enfance... » En quelques clics, elles n’étaient pas si loin …, enfin tout est relatif.
L’amplitude du trajet (de Fish River Canyon aux Chutes Victoria) et les contraintes budgétaires (le vol et la location de voiture sont moins cher pour une arrivée à Jo’burg) nous ont fait opter pour une boucle de Johannesbourg à Johannesburg en 26 jours en passant, dans l’ordre : Fish River Canyon, Sesriem, Walvis Bay, Damaraland, Etosha, Chutes Victoria et Chobe....du Sud sec au Nord plus humide, des grands espaces aux sanctuaires animaliers.
D’un naturel assez anxieux et prévoyant, j’avais décidé de tout prévoir et réserver à l’avance. Notre parcours dense ne nous permettait pas de perdre du temps à chercher sur place campsite ou lodge, et surtout, je n’avais pas envie de me voir dire « sorry, we are fully booked... » dans des endroits où il n’y a qu’une seule possibilité.
Nous avons parfois peiné pour obtenir par e-mail des réservations auprès des organismes d’Etat qui gèrent les campsites dans les grand parcs nationaux : NWR en Namibie pour Fish River Canyon, Sesriem, Etosha ; et DWNP au Botswana pour Chobe. Mais, à force de persévérance et en s’y étant pris très en avance, tout était OK.
Nous avons eu deux petits pépins de réservation :
- le loueur de 4x4 initialement choisi nous a fait faux bon . Perpétuellement aux abonnés absents.
- Les billets d’avion réservés sur des vols de la Qatar airline ont dû être annulés pour cause de changement de dates des vols de leur part.
Mais tout est rentré dans l’ordre sans perte d’argent, si ce n’est que le tarif du nouveau loueur et les nouveaux billets d’avion (sur Emirates) étaient plus chers que ceux préalablement choisis.
Nous avons également particulièrement bien préparé nos bagages, en essayant de penser à tout (trousse à pharmacie complète, kit de réparations en tout genre, accessoires électriques pour les divers rechargements de piles et batteries en tout genre, vêtements adaptés...)
LE PERIPLE
Jeudi 31 juillet
Départ à 15H00 de Roissy pour Johannesbourg via Dubai.
Les 4 bagages en soute annoncent un poids de 62 kg pour 60 autorisés. L’employée d’Emirates nous adresse un sourire : pas de problème...Faudra faire attention au retour...
Concernant le déroulement du vol, il faut encore rappeler qu’Emirates est vraiment une compagnie au top, les avions et leurs équipements sont nickels. Le service à bord est également à la hauteur. L’anecdote qui suivra renforcera mon propos. L’escale à Dubaï est un peu longue, cependant il y a de quoi faire en terme de lèche-vitrine.
Vendredi 1 er août
10H40 Arrivée à l’heure prévue à Johannesburg. On récupère les bagages...1, 2, 3...et plus rien !!! Manque le 4ème. C’était un sac à dos qui contenait le moins important : duvets, serviettes de bain, Kway, claquettes en plastiques... et des provisions de base au cas où....Nous nous rendons au comptoir des litiges bagages...manifestement nous ne sommes pas les seuls. L’employé très souriant nous indique après vérification sur son écran qu’il se trouve toujours à Dubaï. Il nous dit en toute confiance qu’un avion arrive ce soir et un autre demain matin. Nous lui expliquons que nous partons dès aujourd’hui pour la Namibie et que nous ne passons que deux nuits en AFS. Ce soir, nous serons à 150 kilomètres de Jo burg ; et demain soir à 750 km !!! « Pas grave » dit-il. Il est sûr que nous le récupérons à 90%. Il note les adresses de nos deux étapes et insiste qu’ils font livrer les bagages n’importe où en Afrique du Sud. Pas convaincus, nous quittons le comptoir et allons à la rencontre d’une jeune femme sympathique qui porte une pancarte à notre nom. Après avoir échangé des Euros contre des Rands dans un des nombreux bureaux de change immédiatement situés à la sortie des Arrivées, elle nous conduit à un van qui nous emmène chez notre loueur situé à Sandton, banlieue cossue de Jo’burg. Notre chauffeur prolixe, et aussi très sympatique, nous décrit les environs. Nous discutons de la vie en Afrique du Sud, des récentes émeutes ethniques entre les noirs sud africains et les immigrés Zambiens ou Zimbabwéen, et de tout et de n’importe quoi. J’en profite pour brancher mon Tom-tom et vérifier que ma carte d’Afrique du sud fonctionne. C’est le cas. Je programme l’adresse de mon loueur pour voir. Notre chauffeur hilare nous fait prendre des raccourcis à cause des embouteillages sur les grands axes, ce qui perturbe madame Tom-tom
On arrive enfin chez notre loueur dans un quartier sécurisé : rue barrée avec barrière et garde. Tout le voisinage est fait de belles maisons ceintes de murs barbelés et électrifiés...
Nous recevons un accueil très chaleureux et acceptons avec joie le petit déjeuner qui nous attend. Nous faisons le point sur notre trajet, récupérons tous les documents du véhicule et effectuons la check-list de ce dernier, un Mitsubishi Rodéo double cab 2, 8 l Turbo Diesel. Il est dans un état impeccable, le moteur est comme neuf (mais comment font- ils ?). Je note que tout les niveaux sont au max, qu’un solide pare buffle est monté et que les pneus sont nickels. Ce sont des Bridgestones All terrain...cela aura de l’importance : nous n’avons jamais crevé et sommes passés presque partout sans dégonflage. L’équipement camping a déjà vécu mais cela ira. Un détail nous ennuie, une seule tente est montée sur le toit et il nous est proposé une tente au sol. Nous sommes catégoriques : les deux tentes sur le toit !!! Nous n’avons pas envi de visites noctures indésirables. En 10 minutes, la seconde tente est montée. On nous fait remarquer que le toit extérieur n’est pas fixé sur tous les points d’ancrage car il y a eu une erreur de conception. Le hic c’est qu’ils n’ont pas d’autre tente dans l’immédiat : tout est « on the road ». On nous indique que ce n’est pas grave car on aura pas de pluie...c’est vrai mais...on en reparlera.
Bon il est temps de partir. Après quelques kilomètres, mon cerveau intègre bien la conduite à gauche. Il faut être vigilant dans les carrefours et dans les sorties de stationnement, mais ça va. Le seul bug persistant est la confusion entre les clignotants et le lave vitre...
Tom-tom nous met sur la route et nous nous rendons à Ventersdorp, situé sur la N14 qui relie Jo burg à Upington. Cela nous rapproche un peu car l’étape du lendemain sera longue. On longe le grand township d’Alexandria où les émeutes récentes ont été si dures. La N14 est soudain fermée. Un grand détour par des petites routes non goudronnées nous remet enfin dessus. On apprendra par la suite que la route s’est affaissée et que les réparations sont longues.
On arrive à Venterdorp au Mosaic B&B. Là encore un accueil chaleureux nous est fait. C’est un ranch à l’américaine, les propriétaires on aménagé des chambres dans un décor très far west. Notre chambre est immense avec des énormes lits en rondins de bois et la salle de bains est également superbe. Nous mangeons au seul resto du bourg : un Wimpy (fast food très repandu) .... La nuit est froide et on se dit que nos duvets vont nous manquer.
Samedi 2 août.
Nous nous levons aux aurores..même avant l’aurore..dur dur on ressent l’effet du voyage, d’autant plus qu’une erreur d’horaire nous a fait lever une heure trop tôt !!! Le petit déjeuner est très copieux, les proprios sont là avec nous. On reprend la route en se disant qu’ils sont vraiment très sympas.
Rapidement, ça dort dans le vaisseau. Faudra être vigilant. La route goudronnée est excellente, les lignes droites sont interminables, le paysage est monotone. J’ai fait le plein en quittant Jo burg. J’ai plus de 800 km d’autonomie...on roule à 120 km/h.
Alors qu’Upington est à 150 kms, je réalise que la jauge d’essence est tombée d’un seul coup...à 80 km, la réserve s’allume...Y aurait il un trou dans le réservoir ? A ce rythme on n’y arrivera pas. Depuis plus de 100 km, nous n’avons pas vu une seule ville, ni une seule station service. Je refais le film dans ma tête et me souviens que j’ai dit stop au pompiste à 1500 rands de carburant pour faire un compte rond. Peut être que le plein n’y était pas....... A 60 km un panneau annonce un restaurant-épicerie et station service !!! Ouf...il était temps. Hélas c’est fermé !! On examine la pancarte : fermé le dimanche et le samedi après midi et on est samedi..... Soudain deux jeunes qui se trouvaient dans l’enceinte de la propriété s’approchent. Ils me disent d’appeler le numéro de téléphone apposé sur la pancarte du restaurant. J’appelle et une dame très charmante me répond. Je lui explique la situation et elle me dit qu’il n’y pas de problème, que j’attende et qu’elle m’envoie rapidement quelqu’un. Quelques minutes après, un autre jeune surgit, il m’ouvre, allume la pompe et me fait le plein. Je le remercie chaleureusement et généreusement...le bonheur c’est simple comme un coup de fil...
On reprend la route en se disant une nouvelle fois qu’ils sont vraiment sympas les sud africains.
Arrivés à Upington, on se rend au Nirvana . C’est un grand B&B qui est plus proche du motel de luxe. Nous avons une grande double chambre avec frigo, une belle vue sur les environs. Ils ont un très beau parc paysagé avec un petit cours d’eau aménagé avec cascades. On croirait un mini décor de Disneyland. La ville possède de nombreux magasins. On ira peut être acheter le matos perdu avant de partir, on attend encore un peu dès fois que...
Le soir, on prend l’apéro sur un ponton qui surplombe le tout. Dîner en ville dans un restaurant local « Bi-Lo » qui encore une fois fait très western. Bonnes grillades, vins locaux sympas, c’est un bon endroit.
Dimanche 3 août :
Après un petit déj moins copieux qu’hier, à 07H30, on s’apprête à monter dans la voiture. La réceptionniste m’appelle et me tend le téléphone. Mon interlocuteur m’explique qu’il est chauffeur coursier, qu’il m’apporte mon bagage et qu’il sera là dans 20 minutes. Incroyable !! L’homme arrive comme prévu. Il m’explique qu’il aurait pu être là hier soir mais qu’il n’a pas pu nous contacter. Il vient de faire 750 kilomètres avec un arrêt cette nuit et ..il repart pour Jo burg.
Nous récupérons donc notre 4ème valise juste avant de quitter l’AFS. Chapeau Emirates !!!
Nous reprenons la route, le paysage est plus agréable, cela nous rappelle la Californie. Nous apercevons nos premiers springboks et autruches ; des curieux nids d’oiseaux s’accrochent sur les poteaux électriques : certains sont énormes, tels des meules de foins. Ils sont faits par de petits oiseaux semblables aux hirondelles qui vivent en communautés dans ces nids.
On arrive enfin à Nakop : la frontière. Côté sud africain, on est bien guidé pour les formalités, les douaniers et policiers sont également sympas, il y a 3 contrôles en tout (passeports, papiers voiture puis un dernier qui inspecte la voiture). On passe le check point et on roule pendant une bonne dizaine de kilomètres...Bizarre : y a pas de poste frontière namibien ? Si, enfin, on y arrive. Il est juste avant un petit village. Là :changement de décor, c’est plus vétuste et les officiels sont moins aimables et ne font vraiment aucun effort. On est même obligé d’en réveiller un....Coût du passage : 160 N$ (env 15 euros)
Nous roulons jusqu’à Karasburg. C’est là qu’il faut s’arrêter pour s’approvisionner. On y trouve des supermarchés dont un Spar. Il y a pas mal de monde dans les rues. Ici commence de façon plus marquée un monde plus pauvre. On est souvent accosté par des quémandeurs de tous âges. Dès qu’on s’arrête, quelqu’un surgit pour garder la voiture. Nous n’aurons jamais autant distribué de pourboires, petites oboles et sourires que durant ces vacances. Pas par obligation mais plutôt naturellement, en ayant conscience que certains de nos petits gestes revêtent ici une bien plus grande importance qu’ailleurs.
Nous poursuivons jusqu’à Grunau. Il n’y a pas grand chose ici hormis la poussière. Nous avons bien fait de faire nos courses avant.
Après Grunau commencent les « gravel roads ».
Un petit aparté à ce sujet, surtout destiné aux futurs voyageurs qui n’ont pas encore roulé là bas. La plupart des gravels sur lesquelles nous avons roulé, ( même les petites routes commençant par « D ») sont très roulantes. Les très longues lignes droites, la largeur des voies et le bon état général de la chaussée me permettaient le plus souvent une moyenne entre 105 et 115 km/h.
Cependant attention : cette moyenne n’est possible qu’avec un bon 4x4 aux pneus en très bon état. Car les pièges sont nombreux et avec une berline, je n’aurai probablement pas dépassé souvent les 80 km/h (il faut en tenir compte pour la planification des trajets). La conduite est différente que sur le gourdon : plus fatigante car demandant une grande concentration ; la vision doit balayer la route à environ 25 mètres devant pour détecter les trous, dos d’âne, grosses pierres et bandes sableuses qui peuvent faire obstacle. Pas question de tenir le volant à deux doigts. La très grande longueur de certaines lignes droites ne doivent pas faire oublier que derrière une grande bosse peut se cacher un virage qui, lui, ne doit pas être négocié au delà des 80 km/h sous peine de partir en dérapage. Il m’est arrivé, notamment sur des gravels sinueuses (Kuiseb pass ou entre le Sptizkoppe et le Brandberg), de passer en mode 4x4 car la conduite était très « flottante » autrement. La semaine précédant notre arrivée, mon loueur a perdu un 4x4 suite à des tonneaux effectués en sortie de virage par un touriste européen qui a du écourter ses vacances.
Revenons à notre parcours. La direction de Fish River Canyon est bien indiquée et nous arrivons enfin au camp en début d’après- midi. A l’accueil, on nous dit de choisir notre emplacement. Nous optons pour le numéro 17, au fond du camp, à l’orée des arbustes. Il y a peu d’emplacement de libre de toute façon et le soir venu, ils seront tous remplis. Le notre ne possède pas de point d’eau immédiat mais est plus à l’écart. Le bloc sanitaire se trouve à une bonne centaine de mètres. Pour la douche ça ira. Pour le reste, on préférera la pelle et le petit bois entourant le camp. On est également au plus loin qu’il se peut du générateur assez bruyant qui ne se tait que tard dans la nuit. En ouvrant le coffre du double cab, on réalise pleinement la pertinence des recommandations sur la nécessité d’emmener des grands sacs poubelles : la poussière s’est incrustée partout. De ce jour jusqu’à la fin de notre périple, nous allons vivre dans et avec la poussière. Au début on peste, on se lave les mains toutes les cinq minutes, on tente vainement de s’épousseter....Y a rien à faire qu’à attendre la douche pour être propre pendant 10 minutes....
La nuit tombant rapidement, trop rapidement hélas, nous partons voir le canyon et assister au coucher de soleil, le premier d’une longue série. Le canyon est majestueux, moins profond que son grand frère du Colorado mais plus sauvage. Alors que nous nous posons sur un spot pour voir le coucher, un groupe de jeunes espagnols laissent la porte de leur van ouverte qui diffuse une forte musique brésilienne. Les boules me montent car la quiétude des lieux est pas mal bouleversée d’un coup. Je vais voir l’un des jeunes et, en anglais, je lui explique le fond de ma pensée. Je dois avoir l’air très aimable car il va éteindre la « ziquemu ». On peut enfin voir le soleil se coucher tranquillement. Il n’est pas grandiose car le soleil est de face. Cependant, on savoure quand même.
Retour au camp et montage des tentes. C’est la première fois et cela nous prend une bonne demi heure, d’autant plus qu’il faut faire les lits. Par la suite, l’intendante en chef s’ingéniera à plier duvets, couettes et oreillers de manière à remballer le tout dans les tentes : gain de temps et de place dans le cab assuré !!!
Alors qu’il fait nuit, un gros camion aménagé en transport en commun arrive dans l’emplacement contigu au notre : un groupe !!! Argh !!!
Là encore un petit aparté s’impose :peut- être sommes nous des ours, mais un des petits désagréments du voyage fut la promiscuité avec les groupes dans les campsites des grands sites. Je sais bien qu’il en faut pour tout le monde mais le mélange n’est pas toujours agréable. Les groupes sont parfois très bruyant le soir, tentent parfois de déborder sur leur emplacement et n’hésitent pas à prendre votre emplacement comme point de passage naturel. Mais le plus désagréable est, à 05H00 du matin, d’être réveillé par les bruits de gamelles qu’on remballe, et le moteur diesel du camion qu’on laisse tourner 10 minutes avant de partir. Oui, effet de groupe probablement, ils sont plutôt bruyants et sans gène. Notre "zénitude" a atteint parfois ses limites...
Première corvée de bois, premier feu de camp et grillades arrosées de shiraz...première nuit en tente : dès que tu bouges : tout bouge !!!
Il ne fait pas froid. Nous n’avons d��ailleurs jamais eu froid durant toutes les vacances. Les basses temp��ratures de l’hiver austral n’étaient pas au rendez- vous. Nous avons bénéficié d’un hiver doux : 25-30°C la journée et peut être 10-12°C la nuit. Les bonnets sont restés dans la valise et nous n’avons pas eu besoin de plus d’une polaire le soir, et encore pas tout le temps.
Lundi 4 août :
Le groupe voisin de Fish River Canyon a été discret le soir mais nous avons eu le droit au réveil à 05H00 avec le remballage et le moteur diesel du camion...
Après le petit déjeuner, nous laissons les tables et chaises, ainsi que du linge à sécher histoire de matérialiser notre présence, et nous partons pour une journée complète à la découverte du Canyon. Nous avons admiré sa splendeur depuis les différents points de vue le jalonnant et emprunté le chemin 4x4 qui le longe. Nous avons pique-niqué seuls au monde au bord de la falaise : quel point vue ! Nous avons approché notre premier arbre carquois, vu chacals, antilopes, springboks et autruches, le tout disséminé le long du parcours, provoquant l’excitation générale à chaque fois. Nous avons passé une superbe journée et apprécié ce baroude en 4x4 où nous étions seul tout le temps, rendant l’atmosphère magique. Le chemin 4x4 n’est pas trop dur hormis un passage délicat pour le novice que je suis (pente raide avec gros trous et cailloux mais qui s’est négocié sans problème).
Retour au camp, préparatif du bivouac et douche bienfaitrice. La nuit tombée nous avons admiré à l’écart des lumières, ce splendide ciel étoilé, traversé par une voie lactée très claire. Durant notre périple, nous nous serons régulièrement postés la nuit pour l’admirer.
Mardi 5 août :
Départ de bonne heure après un repliage rapide (ça commence à prendre le rythme).
En route nous apercevons springboks, autruches et deux beaux aigles occupés à finir une boule de poils non identifiable. Entre Seeheim et Aus, les paysages sont très beaux : des étendues de prairies jaunes pailles sur lesquelles se découpent des montagnes tantôt rouges, tantôt marron se succèdent.
Nous faisons les courses à Aus. Il y a deux épiceries pas très bien achalandées, la couleur des quelques morceaux de viande dans le congélateur est sans appel : on opte pour des conserves.
L’épicerie située en face du restaurant accepte de fournir du cash en échange de la CB moyennant une commission.
Nous mangeons, tout comme pas mal d’autres touristes, au restaurant d’en face et nous goûtons aux brochettes de crocodile : viande blanche qui ressemble un peu aux cuisses de grenouille. C’est bon. Nous discutons avec du sud africain rencontré la veille sur un spot du Canyon.
Notre halte a été un peu plus longue que prévue...nous avions oublié que la nuit tombe très tôt. Nous reprenons la route (C12) et empruntons la D707. Les différents ranchs/lodges qui y sont implantés sont bien indiqués. Le notre : le Ranch Koiimasis est enfin annoncé. 14 kilomètres de piste de sable et quelques barrières à franchir sont nécessaires pour l’atteindre. Le paysage est magnifique, on s’enfonce dans la nature sauvage. L’ocre des montagnes vire presque à l’orange et se découpe sur les plaines jaunes. « waou » que c’est beau !
On arrive au Ranch Koiimasis. Une bande de Suricates nous accueille. Tandis que Junior et ma dame s’attendrissent, je rencontre le maître des lieux, il me fait penser à Crocodile Dundee avec son visage buriné, son chapeau et son short d’aventurier. Encore une rencontre bien sympathique et chaleureuse. Il nous propose du bois pour le feu et nous indique qu’il vend aussi de la viande produite sur place : exit la boite de conserve !!! (Ceux qui ont mangé des saucisses Wieners en boite me comprendront). Il nous cède contre une somme modique des pavés d’autruche marinés faits maison. Ce sera un régal en grillade.
Encore 1 km de piste et nous atteignons le camp. Les emplacements, au nombre de 5 sont particulièrement bien aménagés, au pied d’une montagne de roches ocre, chaque espace individuel pouvant accueillir une tribu. Le terrain est parfaitement utilisé, chaque emplacement est hors vue des uns des autres et distant de plusieurs centaines de mètres : nous voilà seuls au monde. J’ai demandé à notre hôte s’il y avait des animaux sauvages : il m’a souri en me disant de ne pas m’inquiéter, que les babouins avaient été repoussés bien plus loin et que si les léopards nous verraient sans aucun doute, nous, nous ne les verrions pas !!!!
Notre camp dispose d’un braii, d’une table en pierre carrelée avec toit en chaume, d’un coin feu de camp et à l’écart, bâtie contre un rocher, une salle de bains avec douche et des wc dignes d’un lodge de luxe dans la savane. Au loin, et en escaladant un rocher, on aperçoit, logé au pied d’une autre colline rocheuse, un petit lodge de même ton que les pierres. Parfaitement intégré dans le décor, il possède des chambres également louées.
Ce site fut pour nous un des plus beau camp où nous avons séjourné. Il fait parti de nos coups de coeur.
A la lueur du feu de camp, nous avons débouché une demi bouteille d’un vin blanc liquoreux, discrètement amenée depuis notre cave, pour célébrer nos nuits africaines. Monsieur Rotier, votre Renaissance se marie superbement bien avec ces nuits magiques. Là encore, nous avons admiré presque religieusement ce formidable ciel étoilé.
La nuit s’annonçait douce, la chaleur persistait. Mais le vent s’en est mêlé et par trois fois je me suis levé au coeur de la nuit : les toiles de tente claquaient fortement. Il a fallu, à la lueur des lampes, consolider les fixations à l’aide de sandows. Nos loueurs avaient oublié le facteur vent au regard de la toile de tente mal fixée.
Mercredi 6 août :
Le réveil matin fut un peu dur, la nuit chaotique a laissé des traces. La douche est froide et vivifiante, nous poussons des cris de singe lors du rinçage. Le petit déjeuner avalé, il nous faut remballer avec regret, le coin est vraiment splendide. Soudain un moment de panique se fait : il manque une de nos petites pochettes qui contient tous les Rands. Recherches dans le camp, fouille de la voiture, re-déballage du matériel, dépliage des tentes, perquisition dans les valises : rien n’y fait. Ma douce est pourtant persuadée qu’elle l’avait hier soir. Finalement après une bonne demi heure de recherche, alors que l’énervement est à son comble et que les nerfs commencent à craquer, on la découvre sagement posée sur le siège avant de la voiture, négligemment recouverte de notre road book......Ouf, on se sent penaud de ne l’avoir pas découverte plus tôt....
On regagne le Ranch pour payer et c’est l’épouse de Crododile Dundee qui nous reçoit. On discute un bon moment : elle nous explique l’histoire de la famille Suricate qui a emménagé dans le ranch, celle du Babouin Bongo qui se trouve dans un enclos grillagé. A notre demande, elle appelle notre prochaine étape pour savoir s’ils proposent des repas.
On the road again, on continue sur la D707 puis la C27 pour regagner le camp de Tsauchab. De nouveau, on traverse de superbes paysages et on compte les autruches, Springboks et Oryx. La route comprend de nombreux passages de gué asséchés, sauf un pour lequel prenons un malin plaisir à le traverser virilement en faisant de part et d’autre de grandes gerbes d’eau aspergeant le 4x4.
En arrivant au camp de Tsauchab (qui se dit « saurhab ») on est séduit par son style : un mélange de ranch du far west, de brocante à ciel ouvert et de lieu d’exposition de sculptures en métal faites de morceaux de récupérations en tout genre, soudés pour représenter des animaux et des objets les plus hétéroclites les uns des autres. Sur place le ranch propose des chambres, une petite piscine, un bar-restaurant et une petite épicerie. L’accueil fait par une jeune femme aux origines italiennes (qui a tapé dans l’oeil encore juvénile de Junior) est également chaleureux. On en profite pour acheter des belles tranches de viande à griller pour le soir.
On prend possession de notre camp, éloigné du ranch d’un bon kilomètre et complètement hors de vue des autres emplacements dont nous ne saurons pas d’ailleurs s’ils sont occupés. Là encore, on se sent seul au monde. Le camp est immense, comme un terrain de hand, avec un emplacement braii et coin popote, un point d’eau avec évier, une petite maison en pierre abritant une salle de bain et wc carrelés, tous propres et décores avec goût. Sur le côté de celle-ci, on découvre le système de chauffe-eau : un ballon incrusté dans une coque de pierre sous lequel un petit feu de bois fume encore. Fallait y penser !
On découvre que notre emplacement comporte même des petits emplacements en périphérie tels des mini clairières au milieu des buissons et sous les arbres, pouvant accueillir une tente au sol. Bref, si on était une dizaine, on ne se marcherait pas dessus.
Le tout est situé au bord du lit de la rivière Tsauchab qui est à sec. Le camp installé, on fait une petite ballade dans le lit de la rivière en examinant et essayant de déchiffrer les diverses traces d’animaux en tout genre, incrustées sans le sable.
Les hauts plateaux ou montagnes des Tsarisberge et Naukluftberge se découpent de part et d’autre de nos horizons. Il ne manque plus que l’éléphant ou le lion qui surgit......
La nuit sera réparatrice, le vent ne nous inquiètera pas.
Jeudi 7 août :
C’est le départ pour Sesriem qui n’est pas loin de notre camp. On repasse par le gué actif. Deux berlines sont arrêtées et leurs occupants estiment leur chance de passer. Sûr de nous (c’est pas dur on y est passé la veille) on y va franchement, fendant l’eau qui jaillit comme un petit geyser. Les spectateurs sont ravis et regrettent peut être la berline....
Nous arrivons vers 10H00 à Sesriem. L’accueil par la préposée du camping est vraiment moyen, à croire que son sourire lui coûte. Je parle assez bien anglais mais là, j’ai du mal à la comprendre et elle ne fait pas d’effort lors des répétitions. Bon enfin nous avons le N°24, notre résa était bien enregistrée, ici on ne choisit pas. Si le campsite était déjà payé, il nous faut nous acquitter des entrées du parc pour deux jours. Un couple de français arrive derrière nous, ils n’ont pas réservé, il reste cependant une place, l’homme dit à sa femme (en français dans le texte) : « on a pas le choix, on est près des chiottes !!). Voilà maintenant le camp est complet.
Les places du camp sont inégales : les premiers numéros sont près de l’entrée et se trouvent en bordure du chemin qui dessert l’ensemble du camp : poussières, gaz d’échappement et promiscuité assurés !!
Pour une fois et contrairement au loto nous avons de la chance au tirage : le 24 est un des meilleurs spot (avec le 26 et le 28) : assez isolé en fin de camp, avec une belle vue sur les premières dunes. Les blocs sanitaires sont corrects et nous avons un point d’eau sur place.
Une petite parenthèse pour signaler que l’épicerie du camp est pauvrement achalandée, les grandes bouteilles d’eau manquaient. Le seul endroit pour retirer du cash est l’ATM du Sossusvlei Lodge (situé à l’extérieur du parc) qui ne fonctionnait pas le premier jour.
Le début d’après midi est consacré au Sesriem Canyon. C’est surtout sympa au début de la ballade, mais cela n’a rien de grandiose. Par la suite nous nous rendons à l’entrée du Sossus Dune Lodge (situé dans le parc) dont on nous a vanté le restaurant, accessible pour les résidents du camping. Le chemin qui mène au lodge se termine sur un parking où tous les hôtes doivent garer leur voiture. Un gardien nous explique que la suite se fait par un petit véhicule électrique conduit par un employé, dans le but de préserver le calme du lodge. Nous demandons pour réserver au restaurant, il communique par radio avec la réception. La réponse est négative, apparemment c’est complet. Bouh ! Déception générale. Nous lui demandons quand même si l’on peut réserver pour demain soir...Il hésite puis rappelle la réception. Finalement il nous dit que c’est ok pour ce soir et pour demain. Chouette !! Le bonheur c’est simple comme un coup de talkie walkie.
De retour au camp, nous partons pour la dune Elim située à quelques kilomètres. Après avoir stationné le 4x4 à son pied, nous en commençons l’ascension. Nous touchons enfin le fameux sable du Namib, si doux, si fin et si soyeux. La découpe de cette dune n’est pas aussi nette que celles des célèbres photos et plusieurs fois nous croyons atteindre le sommet, alors qu’une nouvelle crête se dessine. Enfin nous parvenons au point le plus haut. Le spectacle est à la hauteur des espérances, d’un côté s’étend le désert, de l’autre les montagnes. La plaine au pied de la dune nous parait bien lointaine, preuve que nous sommes montés assez haut. Sagement assis dans la douceur du sable nous attendons le coucher de messire soleil qui transforme peu à peu la palette des couleurs. Une fois les derniers feux éteints, il nous faut regagner notre véhicule, d’autant plus qu’une fois le soleil disparu, la pénombre arrive vite. Ma douce est un peu inquiète : Où est la voiture ? De quel côté ? Et si la nuit tombe ? Evidemment, nous n’avions pas prévu d’emporter des lampes, je rassurai la troupe en pointant le cap ? et la descente fut bien plus rapide que la montée. Il était temps car j’avais omis un détail : j’avais sur mon nez mes lunettes de soleil aux verres correcteurs, mes lunettes de vue étant restées dans la boite à gant. Les myopes compatiront, je devais avoir l’air d’un Stevie Wonder des sables : pour moi, il faisait nuit.
Nous avons regagné le camp sans encombre. Après une bonne douche, direction le Sossus Dune lodge pour un repas au restaurant. Arrivé au parking, nous avons droit à la ballade en petite voiture électrique déguisée en « savane car ». La petite piste qui mène au lodge est plongée dans le noir et les phares de la voiturette sont inopérants. Notre chauffeur conduit d’une main et de l’autre tente d’éclairer la voie avec une lampe torche dont les piles rendent doucement l’âme. Tel un castor Junior, je sors de son étui l’arme fatale : une petite lampe compacte de fabrication germanique achetée en l’honneur du voyage et dont le faisceau très puissant surpasse de loin les maglites et autres surfires. Notre chauffeur n’en revient pas. Pour rire, je lui dis que c’est une lampe conçue pour les astronautes.
Nous voici au lodge. Il est tout récent. C’est un très bel endroit. Le grand bar et la terrasse surplombant la piscine sont vraiment bien agencés. On devine les grandes huttes surélevées et alignées face aux dunes tels des chambres sur pilotis dans les îles-hôtels des Maldives. Le personnel est particulièrement serviable et attentionné. Ce soir c’est un repas buffet à volonté et le braii géant propose Kudu, Impala, saucisses d’oryx, Agneau, côtelettes de porc. L’Impala gagne le concours organisé par nos palais. La carte des vins n’est pas en reste. C’est vraiment un lieu très, très recommandable.
Après ce bon repas et un retour sécurisé grâce à ma lampe (dont je vous donnerai les références si vous insistez) nous regagnons notre campsite distant de 5 kilomètres.
Ce soir, pas de dépliage de tente : nous dormirons dans la voiture. Demain matin réveil à 05H10 pour être à 05H30 devant la grille du parc, car nous avons décidé de gravir la dune 45 pour assister au lever du soleil.
La nuit sera spartiate : ma douce et moi basculons (pas trop) les sièges avant du 4x4 et Junior se tasse sur la banquette arrière, sous la menace de nos dossiers à la limite de l’écraser. Habillé, nous n’aurons guère besoin du duvet, la nuit n’est pas froide.
Dire que ce fut une nuit confortable serait exagéré mais nous avons réussi à dormir quand même un peu et cette expérience fut amusante.
Vendredi 8 août
Bip bip, ma montre sonne... Branle bas de combat dans le carré !!!
Finalement le réveil est rapide, tels des pro nous savons que la journée sera longue et nous sommes prêts !!!
Nous ne sommes pas les premiers devant la grille mais nous partons quand même dans le peloton de tête.
45 km plus loin (d’où le nom de dune 45) nous nous stationnons à côté d’autres forçats du lever de soleil. Au départ de la dune, nous gravissons la crête presque à queue leu leu. Il fait encore bien sombre mais les premières lueurs sont suffisantes. Au fur et à mesure de la montée, les espaces entre les pèlerins s’agrandissent et certains s’arrêtent, le souffle trop court. Nous poursuivons sans faille jusqu’au sommet et nous nous installons presque au bout de la cime. Certes nous ne sommes pas seuls mais la crête est suffisamment longue pour que chacun y trouve son espace emprunt d’intimité. Là, encore une fois assis dans la douceur du sable frais, nous assistons au lever de Messire soleil. Un magnifique embrassement surgit des montagnes lointaines et inonde les crêtes des dunes environnantes puis bientôt le désert tout entier. C’est vraiment au coucher et au lever du soleil que les couleurs sont les plus belles.
Après s’être longuement délectés des alentours, nous quittons les lieux pour s’enfoncer plus encore dans le désert. De part et d’autre des grandes dunes aux contours effilés bordent la route comme des sentinelles géantes. Elles sont cependant assez loin de la route et un 200 mm est nécessaire pour les saisir « plein cadre ».
Nous atteignons Sossusvlei. Exit le goudron, voici venu le temps de la piste de sable. J’hésite à dégonfler les pneus. D’une part, parce que gonfleur souffreteux fournit avec la voiture est au fond de la cabine et que j’ai oublié d’emporter un testeur de pression et d’autre part, parce que je vois les gros land cruisers des lodges s’y engager avec les pneus bien gonflés.
Les 5 kilomètres aller et retour s’effectueront sans problème mais en boite 4x4 courte. Parfois, des passages très sableux me feront douter intérieurement mais les pneus tout terrain n’ont pas faillis.
Nous garons le vaillant et solide Rodeo au parking de Dead Vlei. Ce n'est pas très bien indiqué mais il suffit de se fier aux autres touristes et aux quelques piquets matérialisant une direction à suivre.
Il y a deux façons d’aborder les lieux : soit on contourne Dead Vlei sur la gauche et on gravit une longue dune qui lentement mène au sommet surplombant le Vlei, soit on se rend tout de suite au Vlei. Vu que la première solution nous parait très empruntée, on opte pour la seconde.
Bien nous en prend, il n’y pas grand monde dans Dead Vlei. A notre tour, nous arpentons ce lieu digne d’un film post apocalyptique. Les squelettes tordus des arbres morts, le beige clair de ce sol craquelé, l’ocre des dunes et le bleu limpide du ciel offrent une mise en scène célèbre pour une série de photos. Convaincus que du sommet qui nous domine, la vue doit aussi être superbe, nous décidons de traverser le Vlei et de faire l’ascension. Junior tente une protestation car tout cela lui parait bien loin. En parents indignes nous ignorons son avis.
En tant qu’ancien expert des bacs à sables de ma cité, je décide d’un parcours à travers les dunes qui me parait le plus court. La première partie de la montée est dure car vraiment pentue puis nous atteignons une première crête qui se termine à flanc d’une autre dune dont il nous faut absolument atteindre la crête pour poursuivre l’ascension. C’est là que mon estimation de parcours a buggé : le flanc est abrupte et il n’y a plus de trace. Nous entamons alors une pénible montée en lacets. Bientôt la pente est telle que chaque pas s’enfonce et dérape dans le sable, revenant quasiment au point départ. Tous les 15-20 pas je m’arrête pour souffler et constater le peu de distance parcouru. Mon presque quintal me rappelle cruellement à l’ordre, je regrette magrets, confis et les grands crus si souvent dégustés ainsi que les footing parfois trop négligés. Je suis découragé : je n’y arriverai pas. Junior est à mes côtés, il peine beaucoup aussi. A bout de force, on s’assoit dans le sable, le moral dans les chaussettes (pleines de sable). Seule ma douce, dont les 2 footings hebdomadaires ont depuis longtemps forgé les cuisses et la condition physique, poursuit sa route. Telle une alpiniste dans la neige, elle enfonce l’avant de ses chaussures dans la pente à chaque pas. Bientôt elle atteint la crête. Pour nous encourager, elle annonce que de là haut s’est vraiment très beau. Je me concerte avec Junior qui m’annonce que ça ira. Je rage intérieurement, je ne vais pas m’arrêter là, pas si près. Nous reprenons la montée, parfois à l’aide des mains. Les cuisses en feu et presque en apnée, j’arrive enfin sur la crête. Je n’aurais pas imaginé cela si dur. La vue est vraiment très belle. Après un temps de repos on poursuit notre progression devenue maintenant plus facile. Encore quelques passages physiques et on rejoint enfin le chemin normal jusqu’au sommet. Lors de notre longue grimpette, nous avons remarqué en contrebas, un petit groupe qui suivait nos traces depuis le Vlei. A mi-chemin ils ont fait demi tour en nous maudissant peut être pour cette voie improvisée.
Les efforts sont récompensés : la vue est superbe. On domine Dead Vlei dont on ne distingue même plus les arbres fantômes. Le désert de dunes n’en finit pas. On savoure longuement le paysage qui faisait partie des grandes attentes de ce voyage. En écrivant ces mots, j’ai encore dans la rétine ces images. Les réserves d’eau au plus bas, il nous faut quand même redescendre, surtout que la voiture n’est pas toute proche et que la température dépasse largement les 30°C. Nous avions repéré une grande descente à flanc de dune qui aboutie dans le Vlei. Une ligne droite de plusieurs centaines de mètre que des marcheurs descendaient en courant. Arrivés en haut de cette « piste noire », nous nous lançons à notre tour tout schuss. Quelques minutes suffiront à descendre ce qui a pris deux heures à monter. Le bruit des chaussures dans le sable rappelle le crissement des après-ski dans la neige. A grandes enjambées on dévale la pente. Quelles superbes sensations. Je suis léger comme un suricate et mon quintal cette fois ci, bénéficie de la loi de la pesanteur : je distance ma chevrette et mon cabri sans peine : je suis le Carl Lewis de la Dune !!! J’arrive le premier en bas et filme la fin de leur course.
Après avoir vidé nos chaussures des poignées de sables embarquées, nous retraversons le Vlei et parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de la voiture. 3 litres d’eau plus tard et après un pique nique transformé en goûter au vu de l’heure tardive, nous refaisons notre mini remake du Paris-Dakar en sens inverse et direction le camp situé à 62 km. Les quelques forces restantes nous suffiront pour une action de dépoussiérage et une lessive indispensable. Ai-je besoin de vous dire combien la douche fut salvatrice ?
Nouveau dîner le soir au Sossus Dune Lodge où nous avons encore une fois pleinement apprécié la très grande tenue des lieux et le remarquable dévouement du personnel.
Il n’a pas fallu longtemps à Morphée pour nous accueillir à bras ouvert. Hélas, la nature est parfois capricieuse. Le vent qui s’était levé en fin d’après midi s’est renforcé dans la nuit. De fortes bourrasques faisaient claquer les toiles de nos tentes. Je me suis levé une première fois, réveillé par le bruit. La première inspection ne relevait rien d’anormal. Par la suite le vent est encore monté en puissance et un nouveau vacarme nous a tiré d’un sommeil devenu précaire. Cette fois ci c’est la tuile : la toile supérieure de la tente de junior s’est retournée et ne tient plus que par deux attaches. Elle claque comme un drapeau dans le vent. Nouveau Branle bas de combat dans le bivouac !!! Tous les trois nous parvenons enfin à remettre la toile que nous fixons à l’aide des sandows. Je me houspille intérieurement : j’aurais du consolider les attaches !!!! Mais les journées sont si courtes....
Malgré la fatigue, le sommeil reste en dent de scie car le vent ne faiblit pas.....Il y a des jours comme çà...
Samedi 9 août :
Le réveil n’est pas glorieux. Ça fait plusieurs nuits chaotiques rapprochées. Heureusement que les 2 prochaines seront en B&B car même si on me dit résistant, mon capital endurance en a pris un coup. Le vent souffle toujours fort, faisant tourbillonner la poussière : Je renonce à préparer le petit déjeuner dans ces conditions, d’autant plus que je suis certain que la flamme du réchaud à gaz ne résistera pas au vent. Je promets à l’équipage, au bord de la mutinerie un petit déj copieux à Solitaire que j’estime atteindre après une heure de route et dont j’ai lu que les tourtes aux pommes étaient renommées. On bat les records de repliage et nous quittons les lieux rapidement. Nous atteignons Solitaire et son unique café-station service-épicerie après avoir encore traversé des paysages somptueux, balayés par le vent.
Il n’y a presque personne, Solitaire porte bien son nom. La décoration est surannée mais non sans charme. Nous dégustons les grosses parts de tourtes aux pommes promises, arrosées de café et chocolat. A la fin du petit déjeuner, les lieux sont subitement submergés par de nombreux autres touristes arrivés presque tous en même temps. Il est temps pour nous de repartir direction Walvis bay.
Nous roulons sur la C14. Après Solitaire, on franchi le tropique du capricorne. Arrêt pour la classique photo devant le panneau. En ouvrant sa porte, le vent arrache la carte routiere des mains de ma douce qui bondit de la voiture pour la rattraper, il s’ensuit un beau gadin. Je savais quelle ne pouvait pas voler. Sa cuisse est désormais rayée de rouge, ce qui lui donne un air encore plus baroudeur.
La route, au niveau de Kuiseb Pass, présente une succession de virages en montée et descente. Je réduis la vitesse, passe en mode 4x4 long et redouble d’attention : un dérapage peut vite arriver. Là encore on admire le paysage maintenant très vallonné aux couleurs jaune paille zébrées de roches sombres. Un petit chemin indique sur la gauche un point de vue, uniquement accessible en 4x4, nous l’empruntons sur un petit kilomètre jusqu’en haut d’une butte. Belle vue à 360°C.
La partie plate qui s’en suit est désertique et très poussiéreuse, la route est plutôt mauvaise.
Arrivé à Walvis Bay, nous trouvons notre B&B après quelques hésitations, il est pourtant immanquable en front de mer...L’accueil est également chaleureux et notre hôtesse se fait une joie de répondre à toutes nos questions d’ordre pratique. Elle nous confirme notre réservation pour le lendemain matin auprès de Mola-Mola qu’elle avait fait à notre demande. Notre chambre est grande est confortable. Discrètement, je demande à notre hôtesse une bonne adresse pour acheter un petit souvenir brillant et emblématique de la Namibie (les femmes me comprendront...). Elle m’indique sans hésiter ce qui pour elle, est la meilleure adresse : une femme bijoutière à domicile, demeurant non loin de là. Elle appelle cette dernière au téléphone et rendez vous est pris pour l’après midi. J’emmène la petite famille pour une visite surprise. Je ne rentrerai pas plus dans les détails car cela pas d’intérêt pour le carnet de route mais sachez que nous avons rencontré des gens formidables qui nous ont accueillis les bras ouverts. Nous y sommes restés plusieurs heures, à parler de tout, en dégustant un bon shiraz de Stellenbosch. C’est une excellente adresse pour ceux qui veulent comme nous se faire un petit cadeau (20 ans de mariage l’année prochaine...). Au regard de leur presse book et de leur histoire, nous étions vraiment des tous petits clients, nous avons été reçus comme des amis. J’ai l’autorisation du couple pour communiquer leurs coordonnées. Si certains parmi vous sont intéressés, n’hésitez pas.
Dîner réservé le soir à l’incontournable Raft, le fameux restaurant sur Pilotis. Nous avons apprécié la cuisine. C’était le soir de l’Eisbeim ou Eisbein : je ne suis pas sûr de l’orthographe, c’est un énorme jarret de porc braisé accompagné de choucroute provenant certainement d’un cochon adepte du culturisme et dont je n’ai pu venir à bout. Pour le reste, nous avons trouvé le restaurant bruyant et enfumé. Cela parlait français tout autour de nous (le petit futé ?) Bien que notre table surplombait la mer un peu éclairée par des projecteurs, nous n’avons aperçu que des grosses méduses. Nous nous couchons pour un gros dodo réparateur.
Dimanche 10 août :
Debout à 07H00 et première déception, notre hôtesse nous informe que Mola Mola a reporté la sortie en mer à midi pour cause de mauvais temps. C’est vrai que le vent souffle toujours très fort. Elle nous propose d’aller se balader du côté de Pélican Point où des phoques, des flamants Roses et des Pélicans sont visibles. Nous voilà partis et en chemin nous apercevons effectivement des flamants roses postés en bande les pied, dans l’eau mais trop loin du bord pour se passer de jumelles.
Nous poursuivons la piste bordant les salines roses. La couleur est vraiment étonnante. Nous finissons par atteindre la fin de la route qui se perd dans la plage. La mer est forte et des gros rouleaux s’écrasent dans un bouillonnement d’écume. J’ai alors la grande idée de rouler dans le sable, fort de l’expérience exaltante de la piste de Sossusvlei. Je n’ai pas parcouru 50 mètres en direction de la mer que je comprend que ce n’était pas une bonne idée : les sensations de conduite sont différentes et je crains de m’ensabler. J’amorce un long virage et ce qui devait arriver arriva : le 4X4 est stoppé net, ensablé. Que cela ne tienne on sort la pelle, dégage les roues, j’enclenche le diff lock, ma douce et junior poussent dur et centimètre par centimètre on arrive à sortir du sable. Quelques mètres plus loin, et malgré nos efforts, on s'ensable de plus bel. Une rapide réflexion et l’état des lieux n’est guère réjouissant : j’ai laissé le téléphone dans la chambre, pas une voiture depuis notre arrivée. Est ce que la mer va monter ? Et si le 4x4 est submergé ?
On retente plusieurs fois de dégager la bête, je commence le dégonflage des pneus, on cale des bûches de bois sous les roues : rien n’y fait !!!
Je ne suis pas fier de moi, c’est de ma faute. L’angoisse commence à monter d’un cran, surtout que les différentes tentatives nous ont épuisé. Soudain l’espoir renaît : un 4x4 blanc se profile, je cours regagner la piste et je fais de grand geste. Le 4x4 se porte à ma hauteur. L’équipage est asiatique et j’explique au chauffeur que nous sommes ensablés, je lui demande s’il a un téléphone. L’homme me sourit et me dit superbement qu’ils sont 5 dans la voiture et qu’ils vont nous aider. Les 4 portes du véhicule s’ouvrent et 4 garçons et une jeune femme en sortent comme un seul homme. L’image et la pensée qui me traversent l’esprit à ce moment précis fut : « nous sommes sauvés, voilà les power rangers !! »
Nos sympathiques secouristes sont des chinois. 2 sont en vacances chez les 3 autres qui vivent et travaillent à Windhoek. Le chauffeur est bien mieux équipé que moi : il a un testeur de pression pour pneus et surtout un vrai compresseur. Je n’avais dégonflé mes pneus qu’à 1, 8 bars, j’étais loin du compte. On descend la pression à 1, 1 bars et tout le monde pousse. On s’en sort alors facilement et on regagne la route. Alors que l’un d’eux procède au regonflage le chauffeur me propose de les suivre pour un « run » sur la plage en direction du phare. Je lui dis que je dois être en ville à 12H00 pour une excursion mais on accepte la ballade. Que cela ne tienne : on re-dégonfle les pneus dans la bonne humeur et on les suit sur la plage. Nous gardons un excellent souvenir de ce raid 4x4 sur la plage, à longer la mer déchaînée et ses rouleaux puissants. A 11H30, nous n’avons pas encore atteint le phare et on s’arrête. Mon désormais ami chinois me dit que je devrais faire demi tour pour être à l’heure. Deux d’entre eux courrent en short à la rencontre des vagues : ils sont fous !!! La mer est glacée ! Junior y trempe les pieds et confirme : gla-gla !!!
Nous nous séparons de nos nouveaux amis après moult remerciements et echange de coordonnées. Je parviens avec difficultés, à leur faire accepter une bouteille de vin à boire à notre santé.
Le « run » du retour est grisant….
De retour à Walvis Bay, on arrive à Mola Mola à l’heure. Hélas, encore une fois ils sont d’obligés d’annuler à cause du temps. Nous ne sommes pas les seuls déçus. Le ciel est parfaitement bleu mais ce foutu vent ne faiblit pas. On s’inscrit pour le lendemain matin, ce sera notre dernière chance.
Nos plans chamboulés, nous décidons de gagner Cape Cross après un passage à la station service. La route est d’abord goudronnée jusqu'à Swakopmund. Nous essuyons une véritable tempête de sable pendant les 70 premiers kilomètres. Je comprends que la sortie en mer était trop risquée. On traverse Swakopmund et roulons à bonne allure sur la C34. La chaussée est parfaitement lisse, un panneaux indique « salty road »
Arrivé à Cape Cross après 2H15 de route, nous nous stationnons à proximité du promontoire. Dès la sortie de la voiture et conformément aux témoignages précédents, deux choses vous assaillent : l’odeur putride et les grognements graves des otaries. Junior met un petit masque en papier sur le museau avec quelques gouttes de parfums : il est mignon comme cela. On approche du rivage et empruntons le promontoire de bois surélevé. Ma première impression est une légère déception car j’avais en mémoire ces photos de centaines d’otaries entassées sur les rochers. Présentement, elles sont quasiment toutes dans l’eau. Elles jouent en défiant les énormes rouleaux qui grondent et fracassent les rochers. Le spectacle est garanti.
Mauvais élèves, nous copions certains touristes qui s’aventurent au-delà du muret de pierre. Pourquoi pas, puisque les locataires des lieux sont de sortie. Nous parcourons la plage et je comprends soudain les raisons de cette puanteur : nous marchons sur un charnier. Chaque mètre carré de la plage présente un reste momifié d’Otaries. Des peaux presque entières, des morceaux de cuirs, des squelettes incrustés dans le sol forment un tapis macabre. Des générations d’Otaries sont là, sous nos pieds… Puis nous apercevons les chacals, rodant ça et là en quête d’une proie ou d’un reste. Ils ne me paraissent pas maigres du tout. Progressivement, certains surfeurs poilus regagnent le bord en grappes et posent pour les photographes.
A 16H40 il est temps de repartir, je ne tiens pas trop à rouler de nuit. Nous nous arrêtons à côté d’un des nombreux bidons qui jalonnent la route. Dessus, et posés sur une planche, un éventail de pierres et cristaux de sels rosés sont proposés à la vente. Nous en choisissons un et nous déposons la somme requise dans la boite de conserve servant tirelire. Ici, la confiance règne car aucun des petits vendeurs n’est présent.
La nuit tombe à l’approche de Swakopmund. Le vent semble moins fort.
Nous dinons au restaurant du Yacht Club, la carte est moins riche mais c’est beaucoup plus calme. De toute façon le Raft est fermé le Dimanche. Je suis contraint de laisser le 4x4 dehors car la cour intérieure du B&B est pleine. Je le gare tout contre le portail. J’espère qu’il ne sera pas visité.
Lundi 11 août :
Notre hôtesse nous annonce la triste nouvelle à l’issue du breakfast : Mola Mola est encore obligé d’annuler les sorties en mer : le vent est de retour. Junior est très déçu, il se faisait une joie de voir les dauphins. Ce sera le seul rendez-vous manqué de nos vacances, car maintenant nous devons partir pour rejoindre le Damaraland, d’autant plus que personne ne sait combien de temps Eole fera des siennes. Encore une fois je me dis que Mola Mola est très pro car les annulations successives leur coûtent cher.
Nous prenons notre temps pour faire le ravitaillement et on quitte un peu amer Walvis Bay, pour prendre la direction du Spiztkoppe. Le vent n’a pas faibli.
L’arrivée au Spiztkoppe est folklorique. On n’arrive pas à comprendre la dame de la réception. Un jeune homme travaillant sur place nous fait le relais. Je lui demande quels sont les meilleurs emplacements pour admirer le coucher de soleil. Il m’indique le numéro 10, de l’autre côté de la montagne. Munis d’ une pâle photocopie de plan des lieux, nous tentons vainement de trouver notre place à travers les petites pistes de sables. Berline s’abstenir ici, seul le 4x4 peut passer certains points. Finalement nous retournons à l’entrée, voir le jeune homme qui s’appelle Ritchie. Nous lui proposons de nous accompager pour nous désigner le camp. Sur le chemin nous bavardons et il nous propose d’organiser demain une visite des environs avec un guide. Rendez vous est pris pour 08H00. Arrivé sur place, il nous conduit à l’emplacement en disant que du haut du rocher qui le surplombe, la vue est belle. J’abandonne femme et enfant sur place en leur lançant en riant : « Gare aux lions !!! » et raccompagne Ritchie à l’entrée du camp avec un pourboire de remerciement.
Si le site est très beau et sauvage, le camp est très spartiate : pas d’eau, pas de douche et des wc dans une cahute un peu à l’écart, pas suffisamment toutefois au vu des effluves qui nous parviennent parfois en fonction du vent. Tout comme à Hobas : on utilisera la pelle et les buissons. Nous installons notre camp. De gros rochers forme une grotte a ciel ouvert. Nous ne pouvons y glisser la voiture mais la table et le feu de camp seront relativement à l’abri du vent. Cette fois je ne commets pas la même erreur deux fois et je m’attelle à consolider les attaches des toiles de tentes à l’aide de cordages et de serflex. Je suis content de moi, le vent peut souffler, on est paré.
Ne voilà t il pas qu’un camion aménagé s’arrête à une vingtaine de mètre de nous et déverse son contenus de touristes. Stupéfaits, nous les voyons sortir tables et chaises ; ils sont juste à la limite de notre camp. Ma douce et moi se regardons : on rêve ! il y a tant d’espace de libre aux alentours à tel point que nous étions seul à perte de vue et bien il faut qu’ils se radinent justement là. Je vais voir ce qu’il me parait être le guide et je lui demande s’ils comptent camper là. Il me dit que c’est juste pour un break. Quel con ! (j’ai beau chercher, je ne trouve pas d’autre mot) il me fait penser à celui qui vient s’asseoir à 3 mètres de vous à la plage alors que sur 50 mètres il n’y a personne. Je retourne à mes réparations de fortune en maugréant. Par la suite ma douce retournera les voir en leur demandant combien de temps ils comptent rester et j’irai intercepter un des touristes qui allait entrer dans nos WC qui empestent déjà assez comme cela (c’est pas la peine d’en rajouter). Je lui explique que c’est un espace loué et privé et que les doubleyouci ne sont pas collectifs. Finalement, ils finissent par décamper. Oui, nous sommes des ours, je l’assume, surtout envers ce genre de groupes.
La fin de journée s’annonce plus tranquille. On se balade dans l’espoir de croiser des animaux. Nous apercevons uniquement des petits rongeurs trapus appelés Rock Dassies.
Le soleil décline. Nous préparons l’apéro. Il nous reste une belle cartouche : 50 cl d’un liquide jaune d’or, grand cru classé de Sauternes qui refroidit sagement dans le frigo. Ma douce et Junior gravissent le gros monolithe au sommet duquel nous pensions contempler le crépuscule. J’ai un peu de retard et lorsque que j’arrive au pied du gros rocher un doute m’assaille : il est trop pentu !! La montée se fait à quatre patte mais la descente en sera impossible. Il est trop lisse, trop haut et trop abrupte. J’appelle les deux grimpeurs mais c’est trop tard ils sont déjà à mi chemin. Ils ne peuvent plus faire demi tour. Ils n’ont pas d’autre choix que d’aller au sommet. Encore une fois les pensées se percutent dans ma tête : S’il me faut demander de l’aide, je dois aller au camp et revenir avant la nuit. Nous faisons quand même le tour du rocher, eux en haut et moi en bas. On se voit plus, on s’appelle, pas de passage ici, ni par là. Je tente de monter par un endroit et je laisse quelques centimètres carrés de peau de mon genou sur la roche râpeuse. Finalement un passage est découvert de l’autre côté. Reste une faille délicate à négocier. Ouf ils sont passés. Encore une fois je m’auto maudis : quelle idée d’aller prendre l’apéro la haut. Les deux alpinistes sont plus sereins que moi qui se sent seul et impuissant en bas.
Finalement, les sueurs froides passées, il nous reste encore du soleil. Nous gravissons un autre monolithe moins haut et bien plus plat. Nous savourons notre Sauternes devant ce très beau coucher de soleil. Les couleurs sont magiques, le Spitzkoppe prend feu. En contre bas, un 4x4 s’arrête pour contempler le spectacle, je salue le chauffeur avec mon verre. Hilare, il me prend en photo. Si vous voyez cette image, un jour sur internet, vous saurez que le drôle de gugusse debout sur le rocher, verre et bouteille à la main, heureux, face au soleil et dos à la montagne : c’est moi !!!
Après le dîner nous nous offrons une autre soirée étoilée. La lune commence à se remplir et sa clarté inonde les lieux. Nous pouvons marcher dans la nuit sans lumière, on y voit suffisamment. Nous nous éloignons un peu du camp pour laisser entrer en nous de fortes émotions.
Cette nuit, les tentes ne claqueront pas malgré le vent toujours présent.
Mardi 12 août
Nous levons le camp. Le vent souffle également fort. Nous rejoingons l’entrée et y prenons le petit déjeuner. Notre guide sera finalement Ritchie, notre ami de la veille. Ca tombe bien, il est sympa et les présentations ont déjà été faites. Il nous conduit dans la partie du Sptizkoppe normalement fermée au public sans guide. Il nous apprend plein de choses sur la vie des Bushmen. Lui, il est Damas et il parle le damara qui comprend 4 clics de langues. Celle des bushmans en comprend 8. Il nous guide jusqu’à nos premiers Zèbres, nous montre des peintures rupestres en expliquant le pourquoi et le comment. Il nous mène aussi à une arche de pierre célèbre pour servir de premier plan à des clichés du Spiztkoppe.
La balade dure presque deux heures. On ne s’ennuie pas et ce fut très instructif. Au retour, nous laissons à Ritchie discrètement un bon pourboire. Nous quittons le Spizkoppe en route pour le Brandberg. La piste présente également des partie bonne et d’autres désagréablement « ondulées ».
Arrivé dans les environs du camps, face aux imposantes Brandberg, on prend une petite piste indiquée Ugab camp. Le panneau est tout petit et en bois. Aprè 5 km de piste 4x4, on arrive à un drôle de camp : la reception est une cahute, il n’ a personne. Dans un petit enclos à proximité gît un chiot mort et déjà tout gonflé.... nous nous éloignons pour se rapprocher du camp. Il y a bien effectivement des emplacements mal entretenus : des morceaux de buissons sont éparpillés çà et là et des gros cacas d’éléphants parsèment le camp Je vais voir les douches, elles sont plutôt vetustes et sales. Je tourne le robinet : rien de vient.....Cela ne correspond pas du tout a ce que j’ai lu et vu sur internet...Bizarre. Pourtant c’est bien marqué Ugab, c’est bien au bord de la rivière (à sec). Evidemment j’avais relevé un point GPS avant de partir mais sans carte de Namibie, mon GPS ne veut rien savoir ..et de toute façon, il est dans une valise au fond du cab. Comme il n’y a personne et que cela ne nous enchante pas, on refait les 5 kms jusqu’à l’embranchement. Là, Junior « oeil de lynx » repère quelque chose au sol : une grande et belle pancarte indiquant « White Lady Lodge and Ugab wilderness camp » tout droit...Tiens tiens, un petit malin l’a couché pour que ceux qui cherchent le camp Ugab prennent la direction de l’autre Ugab....Bon, on poursuit dans la bonne direction. Arrivé au lodge, y a pas photo, c’est nettement mieux !!!
L’accueil n’est pas super. On se rend au campsite dont le choix de la place est libre. Le camp en général n’est pas top, les douches et wc sont pas en très bon état : robinets cassée, tout a ciel ouvert sans porte... Nous aurons le droit en plus à la promiscuité d’un groupe d’italiens particulièrement bruyants qui s’est installé par suite. Seul consolation : le spectacle du coucher et lever de solei sur les Brandberg qui donne le temps d’un instant, une magnifique couleur rose-rouge.
Mercredi 13 août
Nous partons pour Otjitotongwe, la ferme des guépards.
En y arrivant et après avoir franchi la barrière, nous rencontrons un giraphon sur le bord de la route qui ne s’effarouche pas et se laisse prendre en photo.
Arrivée à la ferme même, une pancarte annonce clairement de ne pas ouvrir la grille et de sonner et d’attendre....On comprendra pourquoi rapidement : Trois guépards apprivoisés vivent là avec les deux chiens de la maison....
Nous sommes bien accueillis par la maitresse des lieux. Elle nous explique le fonctionnement du camp et nous dit qu’à 15H00, ses garçons viendront nous chercher. Elle nous dit qu’hier il y avait 100 personnes pour assister au repas des Guépards, qu’ils ont dû refuser du monde. Aujourd’hui ce sera beaucoup plus calme pense-t-elle : c’est tant mieux. Elle nous raconte l’histoire du girafon trouvé blessé et qu’ils ont recueilli. Il fait presque parti de la famille désormais.
Nous nous rendons au camp situé à quelques kilomètres. Un bonne chose de bien pensé ici est qu’ils ont séparé les emplacements pour les groupes et pour les individuels. C’est bien car le soir, c’est plus calme. L’emplacement est bien, point d’eau, table et chaises et bien sûr l’inévitable braii. Douche chaude en bloc sanitaire.
A 15H00 les garçons (anciens rugbymen !!) arrivent dans un pick up. Ils nous prennent en charge ainsi qu’une famille d’hollandais occupant un lodge situé un peu plus loin. Retour à la ferme. Le girafon est là et se laisse caresser. Il vient même faire un « presque bisou » chaud dans le cou de ma douce qui pousse un cri de souris. Junior grimace : le Giraphon lui à laissé une belle dose de bave dans les mains. Nous ne sommes qu’une vingtaine de personnes : un groupe et quelques individuels comme nous. Après les consignes quant à l’attitude à adopter avec les guépards, voici l’arrivée des minous. Les trois gros chats se laissent caresser très docilement et patiemment. Ils ronronnent et vont même à distribuer quelques coups de langue. Après la séance de grattes-minous et poses photo : nous nous asseyons en cercle sur la pelouse et les trois guépards recoivent leur gros morceaux d’âne. Les deux chiens de la maison : un petit Jack Russel et un énorme Bull Boer attendent patiemment.
Que les trois félins daignent leur laisser un reste de peau plus ou moins bien nettoyé.
Ensuite tous le monde embarque dans des pick up et nous partons pour un vaste enclos dans lequel vivent 15 guepards. Les véhicules roulent doucement dans la savane et, par petits groupes, les guépards apparaissent de part et d’autre et suivent le convoi. On s’arrête, les fauves se regroupent et attendent sagement à proximité immédiate. J’imagine en souriant la tête que ferait les gens si j’ouvrais la poubelle située à mes côtés, et jetterai dans le pick up qui nous précède, quelques morceaux d’âne....
Vient la distribution : Les Guépard s’agitent un peu. Les plus forts ou les dominants attrappent les premiers morceaux. Les cris qu’ils poussent sont surprenants : des couinements et des cris stridents. Rien à voir avec ce qu’on attend d’un fauve. Au final chacun récupère un morceau et se sauve pour le manger. Même si tout cela est un peu artificiel, ce fut une belle occasion d’approcher d’aussi près et dans un contexte presque naturel tout ces félins.
Puis nous nous rendons auprès d’un enclos plus petit situé non loin de notre camp. Là vivent une mère et ses trois petits. Cette fois- ci, on ne rentre pas dans l’enclos. Les « garçons » balancent quelques bouts d’âne par dessus la cloture. Puis on attend : 10, 15, 20 minutes...La nuit de va pas tarder. Alors que nous ne sommes plus qu’une poignée d’irréductibles, Junior qui s’est éloigné en amont revient à pas de loup « ils arrivent » chuchote-t-il. Mme Guépard et ses trois rejetons, déjà de fort belle taille, viennent se régaler. Maman surveille tandis que les gloutons avalent.
Rassasiés de Guépard, il est temps pour nous d’allumer le feu et de diner à notre tour.
La nuit fut calme et réparatrice.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
A suivre : ETOSHA, LES CHUTES VICTORIAS, CHOBE ...
Salut, plutôt qu'un carnet de routes, voici quelques lignes sur notre séjour écrites au jour le jour, sans aucun recul. A la fin je dresse un petit bilan à chaud.
Il n'y a pas de photos (je filme).
Sur mon site il y a plus de choses et notamment des photos, c'est ici.
L'équipe : 7 personnes (4 adultes, 3 ados), deux 4*4.
Dates : 19/07 au 09/08
Un grand merci à Vinnylove, Pierre 77, Fred XIII et aux autres qui m'ont aidé à construire ce projet.
Le carnet:
J1 :
Départ de Lyon pour Francfort avec Lufhtansa puis vol sur Windhoek avec Air Namibia. L'enregistrement des bagages malgré deux compagnies différentes a pu se faire à Lyon jusqu'au terminus sans avoir à les reprendre à Francfort. Cela paraît idiot, mais quand l'avion a du retard au départ, et cela a été le cas (je les collectionne les retards d'avion), cela évite de courir durant le transit.. Apparement ce n'est pas systématique, cela dépend de la personne au comptoir d'enregistrement du départ.
Vol sans soucis .
J2:
Arrivée à Windhoek. Un chauffeur de Camping Car Hire nous attend. La prise de possession de véhicule est longue car nous vérifions tout, mais aucun souci. En route vers le premier supermarché juste à côté. On trouve tout sauf un adaptateur avec une prise de terre. Je ne sais pas si cela existe du coup. Finalement avec un peu de bricolage on arrive à faire quelque chose qui va permettre de charger tout le matos.
On se fait à la conduite à gauche peu à peu. Direction le sud avec comme but Bagatelle Lodge dans le Kalahari. On arrive pour le game drive de 15h organisé par le lodge. C'est super, cela vaut le coup car cela permet de voir comment procède un guide pour pister des animaux et en plus c'est une bonne entrée en matière avec le règne animal. Le repas est bon et les chambres sont excellentes surtout après une nuit blanche en avion; On tombe comme des masses.
J3:
Nuit à Bagatelle Kalahari Game Ranch : Extraordinaire !
La nuit a vraiment été bonne. Un copieux petit déjeuner, un petit tour vers les guépards de la Cheetah Foundation (bof!) et c'est la route vers Mariental. Beaucoup d'arrêts photos au gré des rencontres animales. La route vers Maltahohe est assez monotone. Je pense que c'est encore plus droit qu'aux USA. Un arrêt à Maltahohe pour faire trois courses, et un premier choc culurel. On prend vite conscience de l'écart qui nous sépare. C'est une sacrée remise en question sur soi.
Route ensuite vers les montagnes Tsaris, avec encore pas mal d'arrêts pour des animaux ( des nouveaux). Arrivée au Zebra River Lodge. Très bon accueil, une petite promenade avec encore des observations d'antilopes. Un apéro, puis le repas dehors près du feu, en compagnie de nos hôtes. C'est sympa, c'est vraiment les vacances
J4:
Nuit à Zebra River Lodge : Le lieu est sympa, mais il nous paraît avoir une atmosphère d'apartheid au niveau des relations entre les propriétaires et les employés qui nous met mal à l'aise. Donc nous avons un sentiment mitigé sur le lieu.
Il était prévu le matin de faire l'Olive Trail, mais nous devons être trop cool, car il nous semble que les temps de route annoncés par Google Map sont trop courts par rapport à notre façon de vivre le voyage!!! Du coup, nous faisons une promenade dans les Tsaris Mountains, d'environ 2 heures, magnifique, et cela nous permet de gagner un peu de temps sur la suite du programme. Route vers Sesriem, et là encore on met plus de temps que prévu. Ce n'est pas grave, car on se régale. Arrivée au camping à l'intérieur du parc, achat du ticket d'entrée, pour une nuit, et donc cela va nous permettre de visiter aujourd'hui et demain. Ensuite, route vers Sesriem Canyon. C'est assez sympa, c'est frais, et nous ne sommes pas nombreux. Ensuite nous choisissons d'aller voir le coucher de soleil, sur la dune Elim, d'après ce que ce qui était dit, était assez simple !!! Mauvaise pioche, car surement que nous sommes partis un peu tard, mais le soleil se couchait plus vite, que ce que nous marchions. Au bout d'un moment, voyant que nous n'arriverions pas à voir ce satané coucher de soleil, nous nous sommes arrêtés, et en bon français que nous sommes, avons sortis l'apéro de nos sacs, et avons trinqué sur cette dune qui s'était refusé à nous. Cela reste, ma foi, un bon souvenir. La descente, tout droit dans la dune a été très sympa. Ensuite, rapidement, nous avons rejoint notre campement, et pour la première fois avons monté les tentes. Bon, il faisait nuit, et on n'a pas été les meilleurs, mais enfin on y est arrivés. Au départ, j'avais promis un resto avec un buffet plein de viandes, mais oubli du nom du dit resto( Sossusvlei Lodge, juste à côté du camping à pied, mais à l'extérieur du parc) et on s'est retrouvé au restaurant du camping. Finalement pas si mal, mais un temps d'attente qui dépasse les records établis. Ensuite direction les tentes pour un premier dodo en camping ( je rappelle que c'est une première pour nous!!!)
J5 :
Nuit à Sesriem Campsite : Difficile de donner un avis objectif sur ce camping, car cela a été nuit blanche. Qu'il est dur de changer certaines habitudes !!!!!
Du coup, à 5h47, la grille du parc était franchie et fissa vers la dune 45. On était parmi les premiers un peu involontairement !! Une escalade assez rapide du tas de sable (aurait dit ma fille) et le spectacle commença. Waouh les changements de couleurs ! La descente n'est pas mal non plus. Chacun son style (tout droit, avec un planté de bâton, en roulé-boulé, sauts de cabri, etc …), mais en tout cas il ne faut pas hésiter. Le petit déjeuner au pied de la dune n'est pas mal du tout.
Route ensuite vers Sossusvlei et Dead Vlei et le fameux passage en 4x4. Encore une première pour moi! Au gré des rencontres, chacun m'avait donné son avis, dégonfler les pneus, faire ci, faire ça. J'y suis allé, j'ai vu et j'ai vaincu. Ce n'est pas la mer à boire, je ne me permettrai pas de donner un conseil technique, mais par contre il ne faut pas hésiter. ( le retour a d'ailleurs été encore plus simple). Marche ensuite vers Dead Vlei et là, le choc. C'est splendide. A l'origine du voyage, je voulais voir les dunes les plus hautes du monde. SERVI ! Je crois que je n'ai pas assez de vocabulaire pour décrire les lieux. Tout le monde est conquis. Le fait de commencer tôt permet d'éviter la chaleur, car cela tape très vite. Le retour vers Sesriem permet d'admirer le paysage avec des couleurs différentes et de faire quelques arrêts photos, dont la classique de l'oryx devant une dune. Route vers Camp Gecko, avec la pause à Solitaire. Du classique apparemment au vu des carnets de voyage, mais c'est sympa.
Installation du campement à Eagle Tent avec une vue du tonnerre de feu. Toilettes ouvertes sur la savane ainsi que la salle de bain. Il faut demander cet emplacement. Après un barbecue de qualité, en avant pour une deuxième nuit en camping. J'ai aperçu gorgui 78 et sa famille, mais pas assez de temps pour faire connaissance en direct live.
J6:
Nuit donc Camp Gecko; Cadre fantastique, mais c'est dur de dormir en camping !! On ne peut pas dire que l'accueil de Heidi ait été très amical. Au vu des carnets de route précédents, je m'attendais à mieux. C'était client/affaire: rien à redire mais sans plus !!
Route vers Walvis Bay, très très longue et monotone, si ce n'est une crevaison au Tropique du Capricorne (au moins c'est original). Arrivée dans la station balnéaire et promenade le long de la lagune. De très belles villas, mais point de flamands roses, dommage.
Repas au resto Lyon des sables tenus par des français, dont le chef vient d'être élu meilleur cuisinier de Namibie. Très grande qualité, à un prix normal. Nous avons ensuite beaucoup discuté avec lui et c'est vraiment un passionné.
Retour au lodge et dodo (avant un peu d'internet, c'est si rare)
J7:
Très bonne nuit à Lagoon Lodge, établissement tenu par des lyonnais. Ils sont super sympas, content de rendre service( Wilfried s'est chargé de ma roue crevée et tout et tout). C'est vraiment une excellente adresse, dans un cadre magnifique au bord de la lagune. Je recommande.
Aujourd'hui c'est une journée excursion croisière d'observation des mammifères et 4x4 dans les dunes de Sandwich Harbour.
Situé à 3 min du lodge, la société Mola Mola nous prend en charge, avec tout d'abord le spectacle de l'otarie qui monte à bord du bateau, puis c'est « la route » vers les dauphins. Il y en a un certain nombre qui nagent autour de nous pendant longtemps. Ma femme est ravie, ces bestioles sont vraiment son truc . Ensuite navigation vers Pelican Point et l'observation d'une immense colonie d'otaries. Cela sent pas mal, j'imagine donc à Skeleton Coast ! Au gré des flots nous voyons d'autres bestioles, dont beaucoup d'osieaux.Toutes ces observations d'animaux sont décrites par notre commandant de bord avec moultes explications sur leur mode de vie. Une de notre groupe parlant excellement l'anglais, c'est très instructif, sans avoir à forcer !!!
Le bateau nous dépose ensuite sur un ponton où nous attend Nico, son pote et les deux 4x4 pour la suite des aventures. A la première impression, je me dis, que ces gars là doivent complètement fous (dans le bon sens du terme) et qu'on va passer une journée d'enfer. La suite va me donner raison. Après une longue route au bord de la mer, avec plein de squelettes d'otaries mangées ou non par les chacals, après une observation de flamants roses, c'est un arrêt au point de départ de la piste entre dunes et mer, là ou les dunes géantes se jettent dans l'océan. Pas possible de passer aujourd'hui, mer trop haute, du coup Nico nous dit qu'on va observer par en haut. Là la folie commence, il se met à accélérer vers les dunes, les prendre de face, nous les faire descendre à toute allure, les sauter, tout un tas de trucs qu'on voit à la télé mais qu'on sait même pas que c'est possible. Un vrai fou !! Il nous dit que c'est son bureau ( le plus grand du monde), je pense plutôt que c'est vraiment son terrain de jeu. Après plusieurs moments d'émotion, il nous amène au lieu d'observation de Sandwich Harbour, et là c'est un autre choc. P..... que c'est beau ! Les dunes, l'océan, je ne m'en lasse pas. Ensuite re gymkhana dans les dunes pour se retrouver dans un endroit complètement désert, avec des dunes à perte de vue sur 360 °, le désert dont je rêvais. Là en 3 temps, 3 mouvements, il nous sortent tables chaises, champagne, huitres et diverses salades pour un repas dans un cadre d'une beauté sans nom. Boire une coupe de champagne sud af en plein milieu du désert …..ça fait quelque chose. On a presque envie de faire la sieste, mais on n'a pas le temps car Nico nous promène une nouvelle fois dans les dunes avec son style de conduite … un peu particulier. Tout au long de ce périple et sur le chemin du retour, nous observons plein d'animaux ( chacals, springboks, autruche, etc …) Comment vivent-ils dans ce désert ???? Mystère. Le retour passe par les marais salants de la plus grosse production d'Afrique.
Conclusion : Une chouette excursion, bien dans ce que nous recherchions.
Route ensuite vers Swakopmund après avoir récupéré ma roue au lodge. Wilfried s'est chargé de tout. Arrivée dans notre nouvelle pension, Cornerstone House est son nom. Nos amis sont logés un peu plus loin et le patron leur dit « Pas de soucis, vous allez faire waouh en voyant le lieu » Cela même été triple waouh. Un appartement de 80m² minimum, avec trois chambres, salon, salle à manger, bar, cuisine équipée, etc... On aurait pu tous tenir ici !!! Tous les matériaux utilisés sont d'un luxe incroyable. Qu'il est bon l'apéro que nous prenons avant d'aller au resto tout proche. Il s'appelle, La Jetée, se trouve au fond d'une jetée (!) en bois et sert beaucoup de sushis, tapas ou des poissons divers et variés. Une nouvelle fois, c'est très bon et peu onéreux dans un cadre splendide.
Retour au lodge, un peu d'internet avant longtemps et dodo.
J8:
Nuit à Cornerstone House : très bien aveec un accueil très chaleureux.
Avant de partir pour 7 nuits en camping, passage obligé au supermarché, puis petit tour de ville .Beaucoup de maisons dans le style allemand, mais avec le désert de dunes à côté. Quelques achats souvenirs et c'est la route vers le massif de Spitzkoppe. L'accueil au camping est simple, mais amical. Notre emplacement ? Il faut circuler dans le parc et choisir un coin qui va bien. C'est ce que l'on, fait et une fois les tentes montées, une promenade dans la savane et aussi sur les fameux rochers. Une nouvelle fois le cadre est somptueux, on est les rois du monde. Un apéro, un beau barbecue et un café auprès du feu afin d'observer les étoiles et surtout la voie lactée dont le nom prend tout son sens. Une bête, probablement un chacal rodant autour de nous, on va se coucher, bien qu'il soit encore tôt enfaisant bien attention de ne rien laisse trainer comme nourriture.
J9:
Nuit à Spitzkoppe Camp : C'est du camping très spartiate, car pas de commodités, pas d'eau, pas de douches. On le savait, on n'a pas été surpris. Rendez-vous avait été pris avec un guide local pour faire la visite du Bushman Paradise. Cele$a commence par une ascension d'un rocher à l'aide chaînes, puis c'est l'arrivée sur un joli site très riche en végétation, avec quelques peintures rupestres, et quelques animaux, dont des léopards qui ne sortent que la nuit. Profitant des connaissances de notre guide, je lui narre notre coucher un peu rapide de la veille, et il me répond :»Ici il n'a pas de chacal, c'était un léopard, prés de votre emplacement, c'est souvent» Gloups !!! Nous étions au numéro 1.
La visite se poursuit avec l'arche du parc qui n'est pas s'en rappeler Moab aux USA.
Bien entendu cette visite peut se faire sans guide, mais deux raisons encouragent à en prendre un. La première est sa connaissance du peuple Bushman, toutes ses explications sur les plantes, les racines, etc ...étaient intêréssantes et ne se voient pas sur les livres et la deuxième est que l'argent va à la communauté du village.
Route ensuite vers Twylfelfontein, avec un détour car une route est coupée à cause de l'eau (il a beaucoup plu cette année en Namibie) Durant notre pause repas, juste après Uis, à l'ombre d'un des seuls grands arbres rencontrés, nous étions à proximité d'un des petits stands qui jalonnent la route et dans lesquels des femmes vendent différents colliers. Nous voyant nous installer, avec tables, chaises, assiettes etc …, elles se sont mises à venir vers nous avec plein d'enfants. Malaise de notre part, ne voulant pas nous étaler devant eux, mais ne voulant pas non plus être ennuyés. Arrivés à une vingtaine de mètres de notre bazar, elles ont commencé à installer un stand avec toutes leurs babioles, sans rien demander avec aucune « agressivité commerciale » rencontrée dans d'autres pays. Bien entendu, nous sommes allés voir le stand, avons acheté, mais aussi avons pal discuté. Du coup, notre légère crainte d'une vente forcée, s'est transformée en un moment d'échange entre deux mondes complètement différents. Ces personnes avaient la classe !
Après un peu de route, arrivée sur le site rupestre de Twylfelfontein, où la visite se fait sous la conduite d'un guide. J'avais lu que c'était un peu la loterie sur le guide à cet endroit. PERDU! Elle s'appelait Annie, et elle avait un enthousiasme fou !!!!!! Au début de la visite, elle nous demanda quel circuit on voulait faire, celui de 30 ou celui de 45 minutes. Lorsque nous répondîmes celui de 45, un gros soupir de désappointement se fit entendre. Le lieu est superbe, Annie nous a récité sa leçon (certains guides accompagnant d'autres touristes donnaient l'impression de vivre à fond le truc), nous avons pris plein de photos, mais avons eu un sentiment d'inachevé. Heureusement que notre guide du matin était passionnant, car ses explications sur les bushman nous ont servi dans ce lieu. Un petit détour vers les orgues basaltiques, mais cela ne vaut pas tripette pour moi.
Route vers notre prochain lieu de dodo.
C'est un camping, très propre, très style européen ( les emplacements sont proches les uns des autres) avec des douches chaudes YES!!!
Nous battons notre record d'installation.3/4 d'heure pour monter les 4 tentes, prendre 7 douches, dresser la table, faire le feu. Du coup l'apéro commence plus tôt !!
Moins d'étoiles ce soir, un café au bar du camping et dodo
J10:
Nuit à Xaragu: C'est toujours du camping, même si on commence à s'habituer. Départ vers Khorixas, pour aller visiter la forêt pétrifiée, pour ensuite revenir sur nos pas, pour prendre la direction de Sesfontein. De Xaragu à la forêt pétrifiée est annoncée 30 km, or au bout de 12 km, un panneau annonce «forêt pétrifiée»/. Hésitation puis on continue, heureusement car tout le long de la route, on trouve de tels panneaux. Surement, ils doivent un morceau d'arbre pétrifié, et c'est devenu une forêt...La visite du site est guidée, concise mais cela va droit au but, donc cela va. Route ensuite vers Sesfontein, qui aurait du être relativement rapide, mais du fait des récentes et abondantes pluies, c'est très mauvais. De plus aucun animal jusqu'à Palmwag et sa barrière sanitaire. Aucun souci dans le sens Sud/Nord. La route est sympa ensuite, on aperçoit de loin des girafes, des zèbres. Un arrêt pique nique au milieu de nulle part et c'est attablé, que devant nous des zèbres font leur toilette dans le sable, que trois hyènes tachetées passent tranquillement et diverses antilopes rajoutent leur touche à ce fantastique tableau. Un but de route plus loin, c'est un troupeau de zèbres qui me barre la route et enfin à l'arrêt suivant ce sont des girafes qui nous attendent. Là il est décidé d'aller à leur rencontre, et donc nous voilà tous les sept en chemin dans la savane vers ces géantes. Nous avons pu bien nous approcher, et c'est avec un sentiment d'aventurier style Alan Quatermain que nous regagnons nos 4x4. La route continue tranquillement, lorsque c'est la crevaison du deuxième 4x4. Changement de roue rapide, et juste avant de tourner pour prendre la direction du camping, on voit des pneus, et une baraque qui annonce à grand coup de références publicitaires, un réparateur de pneus. Pas de soucis, et la réparation, va être un moment fort. Il faut absolument crever au moins une fois pour voir comment cela se passe au niveau réparation. Quel spectacle ! Petit à petit tout le village est venu, ce qui a permis aux enfants de communiquer avec les petits. La roue réparée, nous sommes montés au camping, et les tentes installées, une promenade au bord de la rivière longeant le camping, nous a permis de rencontrer un namibien, qui était là pour aider au développement des entreprises du secteur local. Pour le moment il était sur le camping communautaire, mais un des objectifs était de persuader les habitants proches de faire de l'élevage non pour «leur survie», mais pour essayer de vendre a viande aux lodges proches. Cette rencontre nous a permis de voir que certains «africaners» avaient envie que leur pays se développe, cela nous a changé par rapport à d'autres rencontres. Apéro, barbecue et dodo : cela devient une routine.
J11:
Nuit à Khowarib Camp. Un vent de tempête nous a bien dérangé. Mon dos commence vraiment à souffrir.
Route ce matin vers Purros. On le sait, 100 km, 4h de route et 4x4 obligatoire. La route est horrible, d'abord des gros cailloux, puis du sable comme à Sossusvlei, puis une tôle ondulée qui nous assourdit, re du sable dans le lit d'une rivière et enfin c'est l'arrivée au Purros campsite. Une fois les formalités remplies, le game drive pour la traque des éléphants réservé, on nous montre l'emplacement et on nous décline toutes les attitudes à avoir en cas de rencontre fortuite avec les dits éléphants. L'ambiance est donnée. Au moins 2 sur 7 ont très très peur. Un peu de repos et c'est l'heure d'aller voir les bébêtes pour lesquelles on a fait tant de mauvaise route. A peine sorti du camping, c'est la rencontre avec les pachydermes. Emotion, peur lorsque l'un d'eux à chargé sur les 4x4, extase, tout a été bien lors de cette activité. C'est un plus à faire absolument. Retour au camp, montage des tentes, douches chaudes comme partout, barbecue et dodo. Nous sommes deux à espérer fortement la visite cette nuit des grosses bébêtes
J12 :
Nuit à Purros Campsite : Pas de visites nocturnes, tant pis ! Le dos commence vraiment à se faire sentir, malgré les anti-douleurs.
Un petit tour du village de Purros, à voir, puis re mauvaise route, qui passe plus vite car, à l'aller nous avions vu le long de la route officielle, des chemins officieux qui étant moins empruntés, n'avaient pas le désavantage d'être en tôle ondulée. Arrivés à Sesfontein, nous devions aller à Warmquelle, à la fameuse source d'eau chaude. Un petit souci nous fait poser des questions. Demain c'est dimanche et nous n'avons plus rien à manger. Est ce qu'à Opuwo, lieu de passage obligé pour Epupa il y aura quelque chose d'ouvert ? Remplir notre estomac étant une chose importante, par rapport à une éventuelle baignade nous décidons de modifier notre programme. On dormira à Opuwo. A route est bonne, le Joubert Pass est franchi sans aucun souci, et l'arrivée à Opuwo est marquée par quelques enfants qui se jettent presque sous les voitures pour quémander. Essence + courses dans une atmosphère typiquement africaine. On sent dans cette ville le mal être de certains. Les regards ne sont pas les mêmes qu'ailleurs, mais aucun sentiment d'insécurité. La recherche d'un camping s'avère très facile, puisque le premier fut le bon. (tout était au départ réservé, donc sauf celui là). Cette improvisation nous a donc permis de faire une petite entorse au programme (j'aime bien) et aussi d'avancer sur la route. Bonnes douches chaudes, apéro, barbecue et dodo ( c'est d'un classique!)
J13;
Nuit au Kunene Village Rest camp. Mis à part la musique d'un dancing (c'est le responsable du camping qui nous l'a dit puisqu'il y allait), en plus agréable, la nuit a été correcte. A priori, et pour en avoir discuté avec J2P de VF, notre choix a été très bon, car lui était au camping du lodge d'Opuwo et c'était très européen (côté négatif). De plus, en partant sur Epupa Falls le matin, Opuwo était dans une tempête de vent et donc de poussière terrible, et notre camping était super bien abrité, une bonne adresse donc. Direction Epupa Falls, donc, route agréable, bonne, avec sur la fin les premiers baobabs. L'arrivée sur Epupa est splendide. Installation sur notre emplacement de camping, au bord de la rivière, avec une vue splendide sur le site et les montagnes de l'Angola, qui me fait dire que les premiers arrivés dans un camping sont les mieux servis. Une promenade le long de la rivière en aval des chutes pour un feu d'artifice d'eau!!! ces chutes sont magnifiques, surprenantes et très photogéniques.. Retour au camp, barbecue et dodo :On sent les habitudes.
J14:
Nuit à Omarunga Campsite : D classique avec en bruit de fond et permanent les chutes. A ce propos, il y a 3 possibilités de campement à Epupa. La première dans l'ordre de proximité des chutes est le camping communautaire qui m'a l'air très bien, la deuxième Omarunga (je vais en reparler et le 3ème Epupa Campsite, plus loin, après le village d'Epupa, à un quart à pied des chutes qui a l'inconvénient d'être un peu éloigné des chutes, mais pas le bruit, mais plus proches des crocodiles.
Comme beaucoup, nous passons deux jours à Epupa et des activités sont proposées par le campsite. Elles sont hors de prix :
Promenade le long des chutes au coucher de soleil : 15 € par personne, alors que cela se fait tout seul sans aucun souci.
Game walk à la recherche des crocos : 30 € par pers, là aussi il suffit de marcher le long de la rive.
Visite de village Himba :39 € par pers ( on en a déjà parlé) !!!!!
Il est vrai qu'Epupa est éloigné de tout, mais pratiquer de tels tarifs me paraît un mauvais calcul
Du coup, nous choisissons d'aller traquer les crocos par nous même, en voyons un seul (des français qui avaient pris la visite avec le lodge en ont vu un seul aussi). Il semblerait que la rivière ne soit pas aussi infestée que cela des crocodiles. Quelques singes, une visite à l'épicerie et au bar du village (épique!) constituent la suite de notre matinée.
Après un moment de détente à la piscine, nous retournons à la chasse aux crocodiles, et en voyons un autre plus gros et plus proche de nous.
Ensuite re-promenade vers les chutes pour le coucher de soleil et c'est déjà la fin de journée.
Grâce à J2P rencontré sur le site, nous allons demain, visiter un village Himba avec un guide apparement super : ils étaient enchantés. On verra cela.
J15:
Deuxième nuit à Omarunga. Petit souci concernant ce campsite, les douches sont chauffées grâce à des panneaux solaires : bonne idée. Premier problème : ils sont situés à un endroit à l'ombre toute la journée : moins bon déjà et deuxièmement, le cumulus est de 300L. Il y a en moyenne 40 personnes qui campent, cela fait pas beaucoup d'eau chaude par personne. Donc voilà pour ce camping, qui ne nous aura pas plu énormément malgré son emplacement exceptionnel.
Ce matin, visite donc avec un guide d'un village Himba. Tout d'abord il faut passer à l'épicerie pour acheter des cadeaux nourrissants pour le village. Ensuite nous allons en auto avec le guide, celui ci nous présente au chef et nous explique toutes les fonctions des différentes parties du village. Il y a un sentiment bizarre qui nous envahit. On sent que les Himbas ont envie de communiquer avec nous, mais le problème de langue est difficile à surmonter. On arrive malgré tout à échanger, en parlant de nos familles respectives. Notre guide nous explique le rôle de chacun dans le village, les traditions et plein de choses intéressantes. Bien entendu une séance de maquillage est effectuée, pas trop quand même. On ne ressent pas trop le truc à touristes, car les Himbas posent quelques questions sur nous, veulent savoir des choses. Bien entendu, et c'est de bonne guerre, ils nous proposent quelques objets artisanaux et c'est le moment de se quitter. Notre guide nous propose de nous montrer une école primaire, ce que nous acceptons volontiers. L'accueil est très sympa, on discute très librement avec les enfants et l'instit. Beaucoup sont fiers de nous montrer leur cahier. Un vrai moment d'échange. Enfin avant de se quitter, notre guide nous montre un cimetière Himba et c'est fini ! Une visite à priori classique, mais vraiment enrichissante. Plein de questions nous viendront ensuite et nous n'avons pas fini de nous intéresser à cette culture si différente de nous. Route ensuite vers l'étape suivante, une nouvelle crevaison, mes pneus ne sont pas vraiment tops.
Arrivée au Kunene River Lodge. C'est un petit paradis, avec un confort que l'on n'avait pas eu pendant 7 nuits. De plus nous choisissons de faire la petite excursion en barque pour le coucher de soleil. Un must !!! Un guide très cultivé, très sympa avec des yeux qui détectent les animaux avant tout le monde. On était un peu déçu des crocodiles à Epupa, et bien là ce fut un festival, avec comme point d'orgue une femelle énorme couvant ses oeufs. Un fois, la rivière remontée, un apéro sur le bateau et notre skipper a fait demi tour et nous a laissé dériver au gré des courants avec comme seul bruit celui de la nature et face à nous un soleil qui se couchait doucement. Du pur bonheur. On enchaîne avec le repas et là aussi un délice, notamment une viande à tomber par terre.
Une vraie nuit dans un vrai lit!!!
J16:
Nuit donc au Kunene River Lodge : très bien même si l'accès sur les 5 derniers km est très très difficile.
Route vers Opuwo, pour des courses et un essai de réparation de pneu: impossible Kaput !
Route vers Kamanjab, goudronnée (cela fait du bien au dos), passage de la barrière sanitaire à 80 km au nord de Kamanjab: pas de soucis et arrivée dans la foulée à Kavita Lion Lodge. Pas le temps d'arriver, que l'on nous propose un game drive. Mon voucher indiquant FB: Full Board, soit les repas et activités, on fonce décidé à tout faire. Ce game drive a été décevant, peu d'animaux et surtout pas les fameux lions pour lesquels on avait choisi ce lodge. Une fois rentrés, nous avons la mauvaise nouvelle d'apprendre que pour le lodge activités était en fait une seule activité et que si l'on voulait voir les lions, il fallait payer. Après un petit moment de stupeur, et fort de ce qui était écrit sur notre programme et avec tout honnêteté, nous discutons avec le responsable du lodge, qui nous dit qu'il y a eu maldonne et que demain nous pourrons faire l'activité sans frais supplémentaire.
Repas sympa et dodo.
J17:
Nuit au Kavita Lion Lodge: Des chambres très spacieuse, un bon accueil.
Réveil matinal car visite aux lions. Cela commence par un cours sur les lions et les problèmes rencontrés avec ceux-ci. Notre guide est un ancien chasseur repenti, qui est devenu le grand maître de la protection des lions en Namibie. Son discours est passionnant et donne encore plus envie de les voir. Après x recommandations, un peu trop cérémoniales à mon goût, nous arrivons à un stand et découvrons les lions. C'est vrai ils sont près de nous, notre guide nous dit qu'ils sont sauvages, mais je ne peux m'empêcher de faire une comparaison avec un zoo. C'est donc un sentiment mi-figue mi-raisin que me laisse cette visite.
Route ensuite vers Kamanjab, ravitaillement au supermarché et ensuite direction Etosha, via les petites pistes et non par le goudron via Outijo. Arrivée sur Etosha, les formalités (il n'y a pas qu'en France que l'administration est pesante), installation au camping d'Okakuejo et route vers un point d'eau (Okondeka). Beaucoup de ruminants, vus de loin, mais rien d'exceptionnel. Retour au camping, et en fait le spectacle est au point d'eau: éléphants au coucher de soleil, rhinocéros ensuite, et autres bestioles se relaient pour notre plus grand plaisir.
Dodo plus tardif avec comme bruit de fond, les chacals qui se font un malin plaisir d'explorer les poubelles ( j'en suis sur, je les ai vu, il y en a plein)
J18:
Nuit à Okakuejo:si le point d'eau vaut le coup, le camping est le moins bon de tout ceux que nous avons fait. Les sanitaires ne sont pas vraiment propres, l'emplacement pour camper sont petits et il y a beaucoup de bruit, hormis les chacals, qui eux peuvent facilement s'emparer des poubelles (rien n'est fait contre).
Lever matinal pour essayer de voir quelques bébêtes. Hormis, ceux qui au fil sont devenus habituels (éléphants, zèbres, girafes, antilopes diverses), deux hyènes tachetées ouvrent le bal, ensuite une antilope inconnue au bataillon, des sortes de blaireau, bien mais rien d'exceptionnel. R<etour au camp vers 8h30 pour un copieux petit dej. Un tour au point d'eau où des centaines de zèbres sont là. Le nombre est vraiment impressionnant. Route vers différents point d'eau, avec comme objectif d'arriver vers 13h à Hallali. Peu de nouveaux animaux, si ce n'est un Bubale et une grosse émotion où sur une piste je me suis retrouvé non pas nez à nez, mais trompe à pare chocs avec un éléphant. Aucune agressivité chez lui, mais il a fallu reculer car il ne voulait pas varier sa route. On l'a vraiment vu de très près. Déjeuner au camping, un tour au point d'eau où un rhino a la bonne idée de passer. J'ai donc pu le filmer ce que je peux faire soir. Vers 16h30, je décide d'aller au point d'eau de Goas. Seul mon fils m'accompagne. On y arrive, se place face à deux éléphants pour une belle image dans le soleil couchant, quand on entend dans le bus de touristes à côté de nous : «lions» Effectivement un jeune lion est là. On prend le temps de le regarder, un deuxième arrive, re perte de temps, photo du coucher de soleil, quand je juge qu'il faut y aller. Je décide de rouler un peu vite, quand devant moi est arrêté le bus à touristes, car devant lui un énorme éléphant bloque la route. On attend et quand le pachyderme décide que l'on peut le doubler, le guide du car m'apostrophe et me dit de la suivre car elle vient de prévenir que l'on est en retard. Les 14 km de retour sont faits dans la nuit tombante, et c'est devant la grille fermée que nous arrivons au camp un peu penauds, mais hyper contents. Le temps de narrer notre histoire et nous retournons au point d'eau pour voir un léopard en train de chasser un lapin. C'est ce dernier qui a gagné !!!
Si on fait les comptes de la journée : hyène, éléphant, rhino, lion et léopard, le big five namibien est réalisé ( par rapport au célèbre Big Five africain, le buffle est remplacé par la hyène, à ce qu'il paraît dixit un namibien).
Dodo.
J19:
Nuit à Hallali : Du camping, moins de bruit que le précédent, un point d'eau tranquille,
Une nouvelle journée de safaris débutée par un petit matinal sans rien de transcendant (je deviens exigeant), Faut dire que maintenant c'est la recherche de fauves qui nous excite. Les paysages varient un peu, puisque nous nous dirigeons vers Namutoni, Le pan est plein d'eau, moi qui pensait voir des croutes de sel !!! On passe de points d'eau en points d'eau sans voir de fauves (grrr!!), mais par contre que de rencontres avec des éléphants. Déjeuner au camp et re-game drive en fin d'après midi, en faisant gaffe de rentrer à l'heure. Toujours pas de fauves. Une journée donc magnifique si on relativise, mais décevante dans notre recherche de fauves,
Dodo.
J20:
Nuit à Namutoni : Dernière nuit sous la tente. Les emplacements sont biens, il y a de l'herbe au sol, donc moins de poussière.
Un dernier game drive matinal: toujours pas de fauves, mais un rhinocéros nous fait ses adieux de façon magistrale. Route vers le sud, arrêt essence à Tsumeb (on peut payer par CB) et arrêt pour la dernière nuit à Epako. Un peu de repos, rangement des affaires, observation au point d'eau du lodge (deux rhinocéros blancs) et dernier game drive, celui organisé par le lodge. On pourrait dire que cela en fait un de plus, mais nous sommes seuls avec le guide et lui expliquons que nous avons vu beaucoup d'animaux, mais que l'on voudrait voir des plus originaux. A défaut de fauves (il y en a pas dans cette réserve privée), il nous trouve des waterbucks, des diks diks, un aigle martial parmi les animaux que nous n'avions pas vu, de loin on aperçoit des élans d'Afrique (immenses!!), Bien sur parmi les chouchous du parc se trouvent les rhinocéros et donc nous passons un agréable moment près d'un couple et de son bébé (celui-ci taitera sa mère). Enfin, et c'était pour faire plaisir à mon fils dont c'est l'animal favori, il y a un enclos avec des guépards et on assiste au repas des fauves. Bon, c'est touristique, mais enfin on les voit bien, c'est annoncé, il y a moins de cinéma qu'à Kavita, on ne nous fait pas croire que ceci ou cela. Tout le monde est content.
Un dernier coucher de soleil avec un verre de sangria et retour au lodge pour un très bon diner.
J21:
Nuit à Epako Game Lodge : Très bien, très bon accueil, site reposant. Oscar la girafe semi-apprivoisée vient nous rendre visite au matin. Le petit déjeuner est pantagruélique.
Route ensuite vers Okahandja et son marché artisanal de bois. C'est rigolo, on achète des petits trucs, les derniers cadeaux et route vers Windhoek et Camping Car Hire pour la restitution du véhicule (j'en parlerai plus tard), vol sans pb (enregistrement des bagages comme à l'aller) pour Francfort, puis pour Lyon. C'est fini.
Un petit bilan :
Un prestataire :
J'ai choisi de réserver à l'avance mes nuits. Pour cela j'ai utilisé les services de Bel Africa : Mon interlocuteur a été très efficace, de plus j'ai eu la chance de le rencontrer, puisqu'il n'habite pas trop loin de chez moi. Le contact a été très vite bon, ses conseils ont été précieux. Il m'a un peu modifié le parcours que j'avais fait au départ et cela à juste titre. Les réservations étaient Ok, le choix des lodges excellents. Petit bémol, dans le road book très largement détaillé, les temps de parcours (surement par google maps) étaient sous estimés au départ. Est-ce sa faute ? Je n'en suis pas certain puisqu'à la fin, nous les respections, mais je crois qu'au début d'un séjour en Namibie, pour des gens n'ayant jamais fait de pistes auparavant, on roule plus doucement, on s'arrête à la moindre bestiole. Ceci doit expliquer cela.
Le choix du couchage:
Nous avons très vite opté pour le mélange camping/lodge. Aucun spécialiste du camping, donc ce fut un peu difficile au début. Mais les arrivées au lodges étaient tellement agréables ...
Si c'était à refaire, je crois que je mettrais des tentes au sol plutôt que sur le toit du 4*4. Je pense qu'il n'y a aucun risque et que l'on pourrait mettre un matelas plus épais et surtout, avec les tentes sur le toit, quand c'est monté on ne peut plus bouger !
Les hébergements:
Tous les campings choisis, à l'exception des trois d'Etosha avaient un caractère particulier, un petit côté exceptionnel. Vraiment pour cela je ne regrette pas mon choix de couchage en dépit de mon mal au dos.
Coup de coeur pour Camp Gecko, Spitzkoppe et Khowarib pour les sites exceptionnels.
Au niveau des lodges, c'était super. Coup de coeur pour le premier très "Out of Africa" Bagatelle kalahari et pour le dernier Epako très reposant.
Le 4*4 et le kit camping:
Bel Africa s'est chargé de la réservation auprès de Camping Car Hire. Je n'ai que ma propre expérience, je ne vais donc pas porter un jugement sur cette compagnie, mais il y a des choses à savoir.
Au niveau du kit camping: parfait, tout y est, il n'y a rien besoin de rajouter. Ce qui manque se trouve dans les campings.
Au niveau du véhicule: j'en ai parlé le long du carnet, les pneus de mon 4*4 n'étaient pas top, ça peut arriver. Par contre ce qu'il faut savoir et cela nous a fortement déplu, c'est qu'au départ on a beau être vigilant (avec une nuit passée en avion), ils essaient d'aller le plus vite possible pour faire l'état des lieux. J'ai du insister pour faire démonter mes deux tentes (mon pote n'a pu en faire démonter qu'une et comme par hasard, l'autre avait un souci de fermeture de moustiquaire). Par contre au retour l'état des lieux dure beaucoup plus longtemps. Ils mettent les véhicules sur un pont pour tout vérifier (je ne pense pas qu'au début ils l'auraient fait) et donc voient des choses qu'on ne peut contredire, mais dont on n'est pas sur que ce soit nous qui les ayons faites. Je ne crois pas en la malhonneté mais il faut le savoir. Une autre erreur que nous avons fait, sur les pneus, cela a été de regarder la structures, si la gomme n'était pas trop usée. Eux ont surtout regardé les flancs, sur l'extérieur et sur l'intérieur (chose que l'on ne peut pas faire sans mettre une voiture sur un pont). Bien entendu au vu de notre parcours, et au vu de l'état des pneus de mon 4*4, ils nous ont facturés quelques trucs. Sur les 12 pneus pour les deux véhicules (4 + 2 de secours), un seul était neuf au départ (une de mes roues de secours), je l'ai très vite utilisé, cela a été le seul à ne pas avoir de "reproches". Bizarre non ? En clair, si vous pouvez le faire, exigez des pneus neufs ou presques!!!
Nous avons pu malgré cela discuter, car il n'y avait pas d'agressivité mais cela marque quand même.
Le parcours :
TB, on s'en est mis plein les yeux
Sécurité, nourriture, santé:
Jamais senti un sentiment d'insécurité, même si certaines fois on se sentaient mal à l'aise, cela n'était pas par peur, mais plus parce qu'on ne se sentait pas forcément à notre place.
On a bien mangé, bien bu (les cubi de rouge sont biens), certaines fois c'était folklo de chercher à manger dans certains petites supérettes, mais sympa. La viande est très bonne et l'eau potable presque partout où on est passé excepté près de la rivière Kunene
Mis à part le mal au dos du un peu à des antécédents, beaucoup au camping et aux pistes, ras. Nous avions fait le choix de prendre de la Malarone, on s'est fait piquer par des petites bêtes, je ne pense pas que ce soit des moustiques (pas de bruit), mais aucun souci.
Les routes:
C'est parfois bien agréable de rouler sur du goudron, après il y a de tout, du sable, des rochers, du gravier et des trous. C'est une bonne expérience.
Points + et -:
Du négatif, je n'en vois pas. Des choses que l'on n'aurait pas fait exactement comme cela si on avait su oui, mais rien de négatif.
Du positif : L'articulation du voyage était bonne avec une première partie très paysage, une seconde très rencontre avec la population et une troisième très safari. D'ailleurs je conseille vraiment à tout le monde de tourner dans ce sens. Nous avons rencontré des gens qui tournaient dans l'autre sens et après une première semaine merveilleuse au niveau des animaux, ils étaient déçus d'en voir si peu, alors que de notre côté cela a été crecendo.
Après la Namibie est un pays merveilleux à découvrir absolument et qui ne laisse pas indifférent. Il y aura un avant et un après.
Les coups de coeur:
L'excursion dans les dunes de Sandwich Harbour
La rencontre avec les Himbas
La promenade en bateau au Kunene River Lodge
Les animaux avec toutes les émotions
et plein d 'autres choses.
En tout cas un fantastique voyage et je ne sais pas s'il y a un proverbe comme en Egypte (qui a bu de l'eau du Nil en reboira), mais j'ai envie de dire, qui a bu du vin en Namibie en reboira.😛
N'hésitez pas à me solliciter pour que je puisse vous apporter de l'aide même si elle sera modeste par rapport à d'autres spécialistes.
J'ai lu de très nombreux post avec beaucoup d'intérêt, je vous soumets aujourd'hui notre itinéraire pour 14 jours en Afrique du Sud fin avril début mai 2014.
Je sais que notre programme est chargé mais on a suivi ce que nous proposait une agence, on a pris les billets et finalement, on va faire notre programme et réservations nous-mêmes... Pouvez-vous nous donner votre avis sur le parcours, vos bonnes adresses, vos conseils? Le début du parcours est assez clair mais c'est la fin qui se complique...
Samedi 26 avril 13h : Arrivée au Cap
3 nuits au Cap : table mountain, visite de la péninsule...
Où vaut-il mieux loger? Au cap ou à l'extérieur?
Mardi 29 avril : départ pour Knysna et la route des jardins
2 nuits à Knysna
Des adresses d'hébergement sympa à Knysna?
Jeudi 1er mai : vol de George à Durban. Arrivée à Durban à 13h
Fin d'aprem et nuit à Santa Lucia
Vendredi 2 mai : départ pour le parc de Hluhluwe-Imfolozi
On pensait faire les parcs tout seuls, mais vaut il mieux faire des Games? N'est ce pas dur de repérer les animaux sans guide? On pensait faire 2 nuits dans les parcs. Une à Hluhluwe et une à Imfolozi. Qu'en pensez vous? Ou alors on arrive très tôt le 2 mai, on passe la nuit du 2 dans le parc, on continue le parc le samedi 3 mais on dort à l'extérieur? Dans ce cas-là, où dormir?
Samedi 3 : on monte vers le Krüger en passant par le Swaziland. On pensait s'arrêter une nuit au Swaziland.
Dimanche 4 : suite du voyage au Swaziland en nous dirigeant vers le Kruger. L'agence nous avait proposé une nuit au Hippo Hollow Country Estate à Hazyview pour faire une balade à dos d'éléphant. Quelqu'un connaît? L'a-t-il fait? C'est sympa? Sinon où dormir proche du Kruger?
Lundi 5 : partir très tôt et entrer au Kruger. On ne sait pas trop où loger. J'ai vu qu'il y a des réserves privées qui ont l'air top (Éléphant Plains par exemple). Comme on aura déjà fait Hluhluwe et Imfolozi en solo, si on ne voit pas d'animaux (parce qu'on n'est pas doués!) on sera super déçus... Aller dans une réserve privée c'est un peu la "garantie" d'en voir non? Ou au moins avoir plus de chance... Pensez-vous que ce soit possible de rejoindre un lodge en passant par le Kruger en une journée? D'autres lodges à me conseiller? J'ai l'impression que tout est complet... Par quel site passer pour réserver?
Mardi 6 : Safari. Nuit à l'extérieur du parc vers le Blyde River Canyon. On pensait dormir à Zur Alten Mine, recommandé par le routard. Est ce long pour y aller depuis le Kruger (ou une réserve privée)?
Mercredi 7 et jeudi 8 : région du Blyde River Canyon (ça ferait 3 nuits dans la région du BRC, même hôtel)
Vendredi 9 : retour vers Johannesburg. Décollage en soirée. Y a t il quelque chose de sympa à faire sur le chemin?
By chance, a bit like Mrs. Attila, my route roughly followed the same paths I took 8 and 6 years ago...
I even thought of various travel journal titles like... "Where the grass has grown back!"
And then. People who know me (and some forum members) must be wondering:
"Why come back so often, almost every year since the 2000s, to this part of the world?"
Usually, I answer:
For the people, the landscapes, the animals.
Because it’s a big country, a very big one where the horizon feels even farther away.
A country with so much variety—deserts, mountains, oceans, cities...
Because it’s a country that’s quite easy for "average" Europeans to navigate in terms of hygiene, food, driving, and way of life...
Because you can plan your entire trip from your living room, all by yourself.
And because there’s still a pioneer spirit in the air.
And most of all, it’s a country that has turned toward the future without forgetting its past, giving the word "forgiveness" its full meaning.
Well, all that... those are just words.
Here comes, little by little, an example of a "classic" itinerary—simple, reliable, efficient, and balanced.
Three weeks of discoveries, a first taste of this country!
Bonjour,
Je prépare un voyage en Afrique du Sud, Botswana et Namibie en juillet 2010.
Je voyagerai seule avec deux enfants : un garçon de 12 et une fille de 14 ans.
J'ai déjà réservé une grande partie de notre itinéraire (trois semaines de voyage organisé à bord d'un gros bus type 4x4 avec guide, chauffeur, cuisinier et bien entendu d'autres familles) avec départ de Livingstone en Zambie, passage au Botswana puis Namibie.
Comme mes enfants sont fous de foot et que les billets d'avion vers Johannesburg seront moins chers, j'ai eu l'idée de prendre d'abord une semaine de vacances en Afrique du Sud et de réserver des billets pour un des matches de quart de finale de la coupe du monde de foot début juillet à Johannesburg. Après le match, j'ai 6 jours à occuper avant de rejoindre Livingstone et j'aimerais faire le Kruger.
Je pensais louer une voiture à Johannesburg et camper dans le Kruger pour limiter les frais.
On me déconseille de rouler seule en Afrique du Sud (il paraît même que les femmes sont autorisées à brûler les feux rouges la nuit tant les risques de viols et aggressions sont importants).
Et on me conseille de voyager en groupe.
J'aime être autonome ... je vais déjà passer trois semaines de "cohabitation" en Zambie-Botswana-Namibie ... ça me fout un peu les boules de rempiler pour le Kruger.
J'imagine que l'Afrique du Sud fourmillera de touristes désireux de prolonger leur séjour à la coupe du monde, que donc les prix seront élevés et les disponibilités rares.
Quelqu'un a-t-il des conseils avisés à me donner ?
Merciiiii :-)
Petite présentation avant de commencer. Nous sommes une famille de 5. 2 adultes et 3 enfants de 8 à 13 ans.
Après 2 séjours en Afrique du Sud ( Capetown port Elisabeth la première fois en CC, puis Jobourg, drakensberg, kwazulu Natal, Swaziland la deuxième fois en voiture+ lodge) nous avons décidé de retourner en Afrique du Sud et de faire un bout de Namibie ( le sud) pendant 3 semaines à Noel.
J'ai lu pas mal de vos carnets de voyage et m'en suis inspirée pour trouver l'itinéraire de base.
Au départ je voulais faire un itinéraire jobourg, Kimberley, upington, augrabies, KTP, Namaqualand puis FRC, aus, sossusleiv, Windhoek mais... le loueur de CC (bobo campers, réservé il y a qq jours plus de choix) refuse que nous passions au KTP donc j'ai fait pas mal de changement.
J'ai donc des questions itinéraires et camping pour ceux qui voudront bien m'aider ;)
- au départ on fait un crochet par le pilanesberg sun city pour les enfants. La route entre le pilanesberg et KImberley étant un peu longue en une seule étape, que me conseillez vous comme arrêt sur le chemin pour une nuit?
- je souhaitais faire le Mokala mais plus de places donc en cherche une alternative sur Kimberley.. une idée ? Ce parc vaut il le détour si on n'y passe pas une nuit?
- cela vaut il la peine de rester une nuit à Uptington ou bien direct augrabies pour 2 nuits ( Resa en cours car j'ai du annuler toutes mes Resa au KTP moi qui était ravie d'avoir trouvé des places à 3 mois du départ..)
- je ne trouve pas Bcp d'informations sur les sources d'eau chaude de riemvasmaak'. Est ce que qqn connaît et peut m'en dire plus ?
Ensuite pour le passage en Namibie sachant que nous sommes en CC quelle route me conseillez vous pour aller à Ai AI, le richtersveld est interdit au CC lui aussi.. j'ai donc le choix entre B3 et C10 ( qui nous fait retourner à Upington)
Enfin dernière question (pour l'instant), faut il réserver à l'avance en Namibie à Noel ou bien peut on se décider au dernier moment et se dire qu'on trouvera tOujours une place dans un camping ?
Vous m' avez été d' un grand secours pour établir mon itinéraire estival ...
Celui-ci établi, j' ai un peu laissé tomber, me disant que j' avais du temps ...
Parce que vous me semblez passionnés et heureux de renseigner le voyageur débutant, à J - 10, je reprends contact .
Mon itinéraire a été établi en fonction des nuitées, mais entre celles-ci, subsistent des inconnues sur les routes à emprunter, sur les endroits à ne pas louper ...
Je ne livrerai pas l' ensemble de mon itinéraire dans ce premier message , mais vous en propose les premiers jours, et une progression au fur et à mesure que se rapproche la date de mon départ .J-0 : celle du départ . Pas de question particulière ... Je m' inquiète un peu car nous n' avons jamais voyagé avec escale(s), mais je me renseignerai au départ !J-1 : Windhoek . Pas de question particulière non plus ... Possession du véhicule, courses, nuit à Arrebush Restcamp (ou autre, pas de résa) .J-2 : il me faut rallier Gecko Camp (réservé) . Un itinéraire particulier à me recommander ? Durée à envisager pour ce trajet ?J-3 : nous envisageons l' Olive Trail puis rejoindre l' Océan Campsite (réservé) aux portes de Sesriem ... Des suggestions ? Le fameux gâteau, c' est bien à Solitaire ?
J-4 : Sossusleï, Dead Vlei, Canyon Sesriem, camping de Sesriem, dune Denim . Je me pose encore la question des 4 derniers km de Sossusleï : je l' tente ou pas ? Çà, j' crois qu' verrai sur place !
J-5 : il semble qu' il n' y ait qu' une seule route pour rejoindre Walvis Bay . Étant au camping de Sesriem, et bénéficiant du privilège d' un accès plus matinal encore, est-il raisonnable d' envisager se rendre à nouveau à Sossusleï (la route me semble longue !) . Nuit Kleines Nest réservée .Bon voilà pour cette première étape ... Une image pour visualiser !
Je commence enfin le récit de notre périple de l'été dernier (2017). 😇
C'est un road-trip que j'avais commencé à imaginer à partir Juin 2016, plus d'un an en avance, mais, en réalité, ce voyage était la suite espérée de celui de 2015.
A l'époque, déjà, j'avais rêvé de monter aux chutes Victoria et de faire une petite partie de Botswana mais en 5 semaines c'était beaucoup trop juste.
Nous nous étions donc concentrés sur l'Afrique du Sud et la Namibie et nous avions A-D-O-R-É ! 🙂
Safari 2015 : Du Kruger à Etosha en passant par le Kgalagadi
En guise de revanche, cette fois-ci nous avions prévu 8 semaines !
Avec beaucoup de Botswana, 1 journée aux chutes Victoria, un peu de Namibie et encore de l'Afrique du Sud. 😎
Voici le programme :
J0 (08/07/17) : Départ de Paris West à 16h20, arrivée à Londres à 16h15 et départ de Londres à 19H30.
J1 (09/07/17) : Arrivée à Joburg à 7h30. Dodo sur Polokwane.
J2 (10/07/17) : Kruger NP - Letaba
J3 (11/07/17) : Kruger NP - Shingwezdi
J4 (12/07/17): Kruger - Punda Maria
J5 (13/07/17): Khama Rhino Sancturay
J6 (14/07/17): Khama Rhino Sanctuary
J7 (15/07/17): Central Kalahari Game Reserve - Sunday Pan
J8 (16/07/17): Central Kalahari Game Reserve – Passarge Valley
J9 (17/07/17): Central Kalahari Game Reserve – Kori
J10 (18/07/17): Mkgadakgadi NP – Tiaan’s
J11 (19/07/17): Mkgadakgadi NP – Tiaan’s
J12(20/07/17): Nxai Pan NP – Baine's Baobab
J13(21/07/17): Nxai Pan NP – South Camp
J14 (22/07/17): Lekhubu Island
J15 (23/07/17): Kasane - Senyati
J16 (24/07/17): Kasane - Senyati
J17 (25/07/17): Chobe NP – Mwandi View
J18 (26/07/17): Chobe NP - Savuti
J19 (27/07/17): Chobe NP - Savuti
J20 (28/07/17): Dizhana
J21 (29/07/17): Dizhana
J22 (30/07/17): Moremi Game Reserve – Xakanaxa
J23 (31/07/17): Moremi Game Reserve – Third Bridge
J24 (01/08/17): Maun - Island Safari Lodge
J25(02/08/17): Gobabis – West Nest Lodge
J26 (03/08/17): Erindi Game Reserve - Elephant Camp
J27(04/08/17): Erindi Game Reserve -Elephant Camp
J28 (05/08/17): Damaraland - Sptizkope
J29 (06/08/17): Swakopmund - Sophia Dale
J30 (07/08/17): Swakopmund - Sophia Dale
J31 (08/08/17) : Swakopmund - Sophia Dale
J32 (09/08/17): Camp Gecko - Eagle Camp
J33 (10/08/17): Sesriem Camp
J34 (11/08/17) : Sesriem Camp
J35 (12/08/17) : Klein Aus Vista
J36 (13/08/17) : Luderitz - Shark Island Campsite
J37 (14/08/17): Ritchersveld NP - Tatasberg
J38 (15/08/17) : Ritchersveld NP - De Hoop
J39 (16/08/17) : Geogab NR
J40 (17/08/17): Namaqua NP -Skilpad
J41 (18/08/17): Namaqua Coastal - Kwaas Se Baai
J42 (19/08/17): Cederberg - Algeria campsite
J43 (20/08/17): Cederberg - Mountceder
J44 (21/08/17): Tankwa Karoo NP - Elandsberg
J45 (22/08/17): Tankwa Karoo NP - Perdekloof campsite
J46 (23/08/17): Karoo NP - Afsaal
J47 (24/08/17): Karoo NP - Afsaal
J48 (25/08/17): Oodtshoorn - Kleinplaas resort
J49 (26/08/17) : De Hoop Nature Reserve
J50 (27/08/17) : De Hoop Nature Reserve
J51 (28/08/17) : CapeTown
J52 (29/08/17) : CapeTown
J53 (30/08/17) : CapeTown
J54 (31/08/17) : Départ de CapeTown à 19h30
Pour le vol nous avons fait confiance à British Airways avec escale à Londres, arrivée à Johannesburg et départ du Cap.
La vérité c'est que c'est l'open jaw le moins cher que nous ayons trouvé.
Sur 53 nuits, nous en avons fait 37 en camping (Tente de toit pendant la première partie du voyage et tente de sol ensuite).
Nous avions emmené notre tente Tiptop 3 places de GUIDETTI, achetée exprès pour ce voyage car son système de rangement nous permettait de la mettre dans une valise.
Pour le reste nous avions emmené les duvets de notre précédent voyage (Décathlon, température de confort : 10°C) mais nous n'avions pas pu prendre nos matelas autogonflants (manque de place).
Pour ce voyage la location d'un 4x4 était indispensable.
Pour des raisons économiques nous en avons même loué 2 :
- Un premier, tout équipé, avec tente sur le toit, loué auprès de Safari4x4Hire, que nous avons récupéré à Pretoria (AdS) et laissé à Windhoek (Namibie)
- Et un second 4x4, "classique" dirons nous, loué chez Hertz à l'aéroport de Windhoek (Namibie) et déposé à celui de Capetown. (AdS)
Chapeau bas à celui ou à celle qui reconnaitra le lieu où a été prise cette photo ! 😎
Nous avons, en fait, réaliser 2 voyages en 1.
2 voyages très différents l'un de l'autre.
La première partie fut rude, difficile, très fatigante, parfois éprouvante, avec beaucoup de péripéties mais aussi beaucoup de découvertes.
La seconde fut un petit peu moins dépaysante (en effet, nous connaissions déjà cette magnifique partie de la Namibie) mais plus tranquille et bien plus agréable.
Enfin, pour ce qui est des difficultés et des délais concernant les réservations, je vous mets le lien de ma préparation :
Préparation road trip Afrique australe en été
Et j'en profite pour adresser un énorme merci à tout ceux qui m'ont aider à préparer ce voyage
Il n'y a pas à chier, la communauté Afrique australe de VF est au top ! 😉
Voila je crois que j'ai fait le tour ! 😏
Je préfère vous prévenir que ce carnet sera trèèèèèès long (Avant que je ne me fasse harceler et agresser 😇)
Depuis qqs années la Namibie nous trotte dans la tête. Après avoir hésité et avoir été bien aidés à nous décider par certaines et certains d'entre vous que nous remercions grandement (voir par là...), ce sera pour juillet 2015...
Nous hésitions car nous nous demandions si ce pays était envisageable sans résa d'avance des hébergements en dur ou en résas limitées. La réponse nous a semblé suffisamment positive pour tenter le coup... Un zeste d'esprit aventurier circule encore dans nos veines ! Par contre, zéro esprit et corps campeur !!!
Pour l'instant une seule chose à notre actif: les billets d'avion.
Départ/retour de Francfort avec air Namibia (770 euros pp) - 10 heures de vol en direct
3 semaines sur place du 9 juillet au matin au 30 au soir
Nous partons de là car la structure de notre été 2015 sera à l'instar de celle de 2014. Une première partie de visites familiales nous mènera début juillet du côté de Thionville. Francfort est à 3 heures, une amie y habite et peut garder la voiture car elle ne bouge pas cet été - elle vient 3 semaines en Martinique en fin d'année... Donc, cela se goupille bien.
Maintenant, il ne reste plus qu'à remplir ces 22 journées sur place...
Nos envies:
- Animaux en milieux naturels
- Paysages grands ravisseurs de pupilles
- Un rythme "Nous prenons notre temps", nous ne verrons qu'une toute petite partie du pays et de ses possibles
- Un voyage laissant une bonne part d'adaptation et de décisions sur place
Nos limites:
- Un budget sur place autour de 5 500 euros (avec une marge supp de 10%)
- Des hébergements en dur - simples et fonctionnels - pas besoin de piscine, Spa...
- Un seul pays donc les chutes Victoria sont disqualifiées pour cet été
Je vais lire et décanter carnets et prépas en cours...
En attendant, je vais commencer à assembler des sites complémentaires repérés et analyser avec intérêts vos suggestions d'itinéraires ou de lieux clefs ou de coups de cœur...
Plus tard, viendra le temps des questions précises...
D'avance merci à celles et ceux d'entre vous nous aidant dans cette prépa de nos espérés beaux moments voyagesques 2015...
Bonjour,
Au départ il ne s agissait que d'un voyage.
Au fil du temps c'est devenu un tournicota en afs et dans les pays voisins...
Donc on fera ensemble, si vous le voulez ce tournicoti tournicota en passant par les différentes régions d'afs avec en supplément le Lesotho, le pays Swazi, un bout de Bots et un bout de Namibie.
Un petit compte-rendu sur notre dernier voyage en AFS (le N°14).
Le parcours :
Cape Town, Paternoster, Cederberg, Clanwilliam, Upington, Augrabies, Kuruman, Madikwe, Cradle of Humankind, Joburg.
Tout a été fait par nos soins via le net et en direct.
L’avion :
Turkish CDG Istanbul Cape Town et retour Joburg Istanbul CDG.
Le transfert à Istanbul se fait facilement dans les 2 heures allouées. A Joburg, il s’agit d’une escale technique…Le plein, les niveaux et le pare-brise ? Et on prend des passagers. Vol de nuit. Arrivée à CapeTown vers 13 heures.
750 €. Les compagnies aériennes ont décidé que les passagers devaient se contenter de peu de place…Idem chez Turkish mais pareil qu’avec Lufthansa, AF ou autres…A380 ou pas.
La voiture :
Un Fortuner 4x4 de Toyota, extra, voiture en ordre, aucun souci. La version 4x4 avait son intérêt pour le Cederberg, un côté rassurant aux Augrabies et ailleurs…Un SUV était tout à fait suffisant même si moins rassurant sauf dans le Cederberg vu ce que nous voulions faire.
Après coup, seule l’étape d’Upington était inutile. Les Augrabies valent le long détour.
Septembre…Un poil trop tard pour les fleurs de la West Coast et du Cederberg mais un poil trop tôt pour les Augrabies et la route avant et après Clanwilliam. Tout cela dépend des pluies…Et je ne suis pas prévisionniste météo !
Dissertons plus précisément :
Cape Town :
Comme d’habitude, les chiens renifleurs sont des beagles…Et pas des Bergers Belges ou des Bergers Allemands. Plus sympas peut-être mais le contrôle discret est loin d’être anodin.
On peut changer son liquide dès l’aéroport, le prix de la commission n’est pas catastrophique !
Notre point de chute est une guest house à Camps Bay.
Camps Bay a beaucoup d’avantages.
L’ambiance est plus cool. La situation permet d’aller facilement dans toutes les directions…Le centre-ville, la région des vins, la péninsule, la route de l’Est, les sites de Table Mountain, Signal Hills, Lion’s Head, le quartier malais…Bref, on est à peu de distance de tout !
L’endroit est superbe, la plage aussi même si l’eau est « frisquette++ ».
Nombreux restos sur Camps Bay drive et passage des bustouristiques (qui peuvent être très utiles).
Se lever tôt ! C’est le premier conseil en AFS ! La nuit tombe vers 18 heures. Les restos sont au taquet à 19 heures.
Donc on se lève tôt et si Table Mountain est dégagée…On y va !C’est le meilleur moment (pas encore de queues, une vue très claire).
Autre conseil : La montée de Lion’s Head…Montée pas difficile ne nécessitant qu’un peu de gambettes (une bonne matinée en tout, prenez de l’eau, c’est safe)…Le pied intégral et à mon sens la meilleure vue sur…tout !
L’apéro du soir sur Signal Hill ? La passion des sud af pour les sundowners est exotique…C’est aussi un plan valable.
Après Table Mountain ou Lion’s Head…Un petit tour surWaterfront. Attention, on retombe sur le touristique plein pot mais on y mange et on y achète des cartes postales…Surtout on prend le bateau pour Robben Island.
Robben Island :
Vous pouvez réserver via le net. Certaines traversées sont complètes.
Evitez si possible celle de 12/13 heures car le plus de monde et le bateau le plus lent du monde !
Evidemment avec le soleil la vue sur la baie vaut à elle seule la traversée…Mais c’est pour la prison que vous y allez !
Nous y étions au début des années 2000 donc 3 ou 4 ans seulement après qu’elle soit visitable. Il y soufflait un vent d’enthousiasme, de volonté d’expliquer, de dire et de pardonner…
10 ans plus tard, ce sont toujours les anciens prisonniersqui font la visite principale mais le vent est retombé…
Le public aussi a changé…Quelquefois plus intéressé par son Facebook, acheter une glace ou glousser avec son voisin…
J’en reviens cette année avec un goût un peu amer…
Robben Island attraction touristique appartenant au passé ou mémoire vivante d’un passé proche et lourd ?
Acteurs et spectateurs ont changé ? En bien ?
La péninsule du Cap :
Evidemment à faire et mérite sa journée !
Quelques conseils :
Allez-y via la route Ouest après la route touristique payante qui suit Hout Bay. C’est plus joli, bien plus…
Attention babouins qui savent parfaitement et très rapidement ouvrir la portière de votre voiture (passagers ou pas !). Donc avoir l’obsession de la fermeture centralisée des portières.
Les randonneurs ne sont ridicules armés d’un bâton. Prenezgarde à votre sac. Ne résistez pas en cas d’intervention babouine !
Après le petit « funiculaire » prenez le petitcircuit pour aller au bout du bout de la pointe.
Ne confondez pas Cape Point et Cape of Good Hope.
Ouvrez vos yeux pour chercher les baleines…Et plutôt côté Est et au pied des falaises.
Faites coucou aux Dassies (Damans, Roch Hyrax) pas timides mais ce n’est pas une raison pour les nourrir ou essayer de les toucher. N’oubliez pas qu’ils font partie du même embranchement que les éléphants !
Le resto de la pointe du Cap est touristique, certes mais pratique.
Revenez par Simon’s Town pour voir les pingouins de BouldersBeach.
Hermanus :
Une excursion (1h30 de route) incontournable par beau tempset à la bonne saison.
Des baleines quelques fois comme s’il en pleuvait.
Une route le long de la côte (à l’aller) qui est un enchantement… et passez par Betty’s Bay pour voir ou revoir des pingouins(plus, pour 15 rands, dans un coin moins aménagé…mais plus pour longtemps).
Voilà nos 3 journées bien occupées…
Ce qui a changé en 15 ans (j’y reviendrai souvent) :
Moins de bidons villes et avec de l’éclairage, de l’eau…Plusde quartiers pas riches mais moins pauvres.
Une plus grande mixité. Les noirs…
Remarque :
Je dis les noirs sans racisme ou autre connotation. Quand vous êtes sud af on vous demande, même si vous êtes blonde comme les blés de vous définir comme « white » (blancs), « coloured » (métis)ou « black » (noir). Pour moi, c’est un fait pas un jugement…De toute façon nous avons tous et toutes le même grand-père ou la même grand-mère (j’yreviendrai).
Donc, les noirs sont aussi des clients dans les restos…On voit des couples mixtes…Sur la route, il y a 15 ans (moins à Cape Town qu’ailleurs), sur la route voiture = blancs. Si voiture avec non blancs = voiture pourrie.Aujourd’hui, ce n’est plus vrai.
On voit beaucoup d’homosexuels… qui ne se cachent pas. (Noussommes à Cape Town mais cela a aussi changé).
On voit beaucoup de noirs venant de RDC.
Il y a un stade de foot pour moi totalement anachronique enplein milieu de Cape Town.
Pour une première intervention c’est suffisant pour aujourd’hui…
Michel
PS : tout ceci n’est que mon opinion ou mon ressenti.
Carnet de voyage NAMIBIE lundi 20 Aout – vendredi 07 septembre 2018
Budget pour 3per environ 7 250€ depuis le départ maison 300 km à l’ouest de l’aéroport de Lyon St Exupéry. Cela comprend les paiements par CB et cash.
Taux de change 1 NAD= 0,068€ ou 1€ = 14,70 NAD. Le ZAR monnaie d’Afrique du Sud est équivalente au Dollar Namibien et nous avons utilisé les deux sans distinction.
Détail :
Vol A/R avec 2escales durée 24h
Périple 18 jours
- 3800Km la distance du périple
-restaurants, repas : 530€
-activités : 534€
-divers : 133€
-frais bancaire des taux de change : 65€
Les étapes journalières :
Mardi 21/08- arrivée Windhoek, taxi (450 NAD ou ZAR) et nuit à Tamboti.
Mercredi 22/08- prise du 4X4 à ALoe Hire et nuit à lake Oanob camping réservation prépayée avec Cardboard box par CB, et le péage d’entrée du centre en espèce.
Jeudi 23/08 roulage piste et nuit à Betta Camp camping du parc national non réservé payé en espèce.
Au bout de la piste, perdu au milieu de la brousse un ancien château Allemand transformé en musée et hôtel. C'est aussi la réception du camping, le lendemain après le réglement de la nuité nous avons pu visiter l'édifice en prime.
Vendredi 24/08 roulage piste et nuit au camping Tsauchab pré réservé.
Arrivée à la réception un springbok en guise de comité d'accueil
Samedi 25/08 roulage piste, visite canyon et coucher de soleil à dune Elim et nuit au camping Sesriem prépayé, péage de l’entrée à l’arrivée pour 24h. Restaurant au lodge à l’extérieur du camp. Nous sommes partis à travers le camp pour trouver un passage dans la clôture sinon pas de sortie possible.
Dimanche 26/08 dune 45 et Hidden Vlei, roulage piste pause à Solitaire et nuit à camp Gecko pré réservé et réglé sur place en espèce.
Pause à Solitaire
Lundi 27/08 roulage piste et nuit à Mirabib, l’accès à la piste doit être payé au préalable à Sesriem.
Superbe les emplacements au milieu des rochers, en plus à l'arrivée nous avions l'embarras du choix
Mardi 28/08 roulage piste D 2186 et D 1983, on a rejoint GOBABEB et longé la rivière Kuiseb pour arriver à Walvis bays. Cette traversée de désert est magnifique. Pause pique-nique sur front de mer de Walvis bay. Nuit à l’hôtel pension Rapmund réservé et payé en partant, restaurant le soir au Wreck, table réservée pour le 2eme service fait sur leur site internet.
la végétation marque nettement le passage de la rivière
Après le désert, Walvis Bay et ses pintades en expédition urbaine, tout est normal!
Mercredi 29/08 le matin sortie en mer avec « Levo tour », roulage par Welwitschia drive. Il faut prendre le permis d’accès au bureau du parc national avant de quitter Swakopmund.
C'était moins une pour embarquer avec Levo tour, l'entrée n'était pas facile à trouver. Il faut s'engager dans la zone portuaire d'activité de pêche.
Ensuite belle balade en mer avec la visite d'habitués qui se donnent en spectacle.
Welwitschia mirabilis, ce spécimen est millénaire, waouh respect. Elle doit mesurer 1m40 de haut.
Jeudi 30/08 roulage piste, et Nuit au camping Spitzkoppe réglé en espèce
Instant apéro bière sur notre emplacement
Vendredi 31/08 roulage piste et nuit au camping Ugab Terrace (accueil au lodge situé en nid d’aigle) pré payé.
L'ascension du chemin vaut des points en 4X4, âme sensible s'abstenir. Nous arrivons au lodge et prenons une boisson et apprécions le panorama, vue imprenable. Par contre notre camping est au pied du massif.
Samedi 01/09 pause midi au camping Hoada prépayé par Cardboard box. Pause bière à Grootberg lodge accès scabreux à travers le flanc de montagne.
Dimanche 02/09 matinée activité traque éléphant et repos au camping avec piscine dans les rochers! Le soir restaurant au lodge. Retour la nuit en solo attention c’est dangereux, on peut croiser des animaux. En dehors du jour, nous roulons sans aucune garantie en cas de pépin, nous sommes prévenus par le règlement du loueur.
Walter notre chauffeur cherche notre guide laissé dans la brousse à la recherche des pachydermes. La chance nous a souri, ils ont localisé le groupe.
Lundi 03/09 roulage piste via Kamanjab et Galton gate l’entrée ouest du parc Etosha pour passer la nuit à Okaukuejo. Le camping est pré payé.
Mardi 04/09 roulage dans parc Etosha et nuit camping Namutoni.
Mercredi 05/09 roulage route, après-midi et nuit Lodge Frans Indongo, pause sur place
Jeudi 06/09 RdV à CCF à 7H30 pour assister au « run » des Cheetah matinée sur place et déjeuner puis roulage route nuit camping Gross Barmen non réservé.
Envie de partir en Namibie cette année 2018, même pas peur de préparer ce voyage.
Important et c’est obligatoirepour conduire dans le pays : Prévoir très tôt la demande de permis international (3 mois entier pour recevoir ce papier).
Le plus difficilechoisir le parcours et les étapes : compter les temps de roulages, garder de la marge pour profiter de la journée. L’étape la plus longue 370 Km avec portion de route et la plus courte 72 Km de piste. Nous avons parcouru 3800 KM en 17 jours.
Bien inspiré avant de partirl’achat de devise sud africaine (ZAR), un convertisseur 300W 12V multiprise pour recharger sur l’allume cigare le téléphone et les batteries photo en même temps. J’ai installé l’application maps.me sur smartphone et téléchargé la carte de Namibie puis marqué les étapes sur la carte. Achat sur internet de la carte papier Tracks4Africa. Ainsi, nous n’avons pas eu besoin de louer de GPS.
Santé : Nous ne sommes pas allés dans la partie nord où il y a un risque de paludisme. Par contre recommandation de vaccins à faire en plus du Diphtérie tétanos Poliomiélyte (DTP) celui contre la fièvre jaune et l’hépatite A. Le Tyavax se fait en une injection pour les deux compter environ 90€ non remboursé par sécu. De nous 3, je n’ai pas eu de contre coup, les autres une grosse fatigue pendant une journée et mal dans le bras.
Dans les valises : son duvet léger, une bombe antimoustique, la crème solaire et hydratante (essentiel car l’air est tellement sec qu’on avait l’impression d’être lyophilisé sur place), couteau pliant, manomètre, gant cuir de travaux, allumettes et briquet, 2 torchons vaisselles, des tenues d’hiver (matin et soir entre 5 et 10 °C) et d’été (journée entre 25 et 35°C).
J’ai préparé pendant 6 mois, en commençant par les billets d’avion.
La préparation du voyage a commencé en février 2018 pour envisager de partir au mois d’aout 2018. Etant novice sur cette destination, j’ai d’abord contacté l’agence de voyage tourmaline pour un devis. Entre temps, j’ai parcouru 2 forums de voyage. Et merci à toute la communauté qui est une source précieuse d’informations. L’agence de voyage m’a répondu assez rapidement pour décliner la prestation faute de temps suffisant dans le délai demandé. C’est tout à leur honneur de proposer un service de qualité. Comme mon idée avait bien germé pour partir cette année, je n’aurais pas eu la patiente d’attendre 2019. De plus ce voyage en 2018 sera le cadeau des 20 ans de mon fils. D’ailleurs, au retour, il m’a dit avoir eu le plus beau des cadeaux (😎ça fait plaisir) et qu’il aimerait retourner en Afrique.
Donc je me lance. J’ai d’abord réservé le billet d’avion par l’agence internet « budget air ». Dès février, j’ai choisi selon la période en fonction de nos plannings et aussi des jours de la semaine. En choisissant le vol à un jour près et avec 1 ou 2 escales les tarifs sont très variables. Je voulais un séjour de 3 semaines celui-ci incluant le voyage. Mais, le choix du prix m’a incité à prendre un vol avec 2 escales, eh oui plus tu passes de temps dans les avions moins tu payes. Ainsi, nous avons décollé de St Exupéry à Lyon le lundi 20/08 à 22H puis 1ère escale à Dubai, temps de transfert 4h, 2ème escale Johannesburg 1h30, arrivée à Windhoek (prononcé windouk) mardi 21/08 à 20h. Jusque là tout va bien. Nous avons essayé 3 types d’avion, dont l’A380. Finalement le temps de vol fait partie du voyage et cela c’est bien passé même avec quasi 24 h de délai.
Notre première expérience dans ce pays et ce continent sera marquante pour tous les 3.
Donc à l’arrivée en Namibie, nous sommes directement mis dans le bain. Les 3 bagages ne sont pas à la sortie. J’étais préparé psychologiquement à cette éventualité pour ma valise, mais pas toutes nos valises. En effet d’autres voyageurs l’ont écrit, le transfert à Johannesburg n’est pas sûr. Donc, prévoir un minimum de rechange dans son bagage cabine est la seule garantie d’avoir quelque chose en dépannage.
L ‘aéroport de Windhoek a son bureau des réclamations ouverts et fonctionne bien. Eh oui, nous sommes plusieurs dans ce cas. No stress, cela ne surprend personne. Donc, nous donnons le maximum de détail sur les valises et chose importante l’adresse où nous irons dormir ce soir et demain soir. Comment savoir au bout de combien de temps nous retrouverons nos affaires, personne ne sait. Waouh, mais qu’est ce qu’on va devenir. Heureusement, j’ai des dollars d’Afrique du sud en poche que j’avais commandé avant de partir de France. Donc nous n'avons pas besoin de chercher un ATM (distributeur de billets) dans l'aéroport, nécessaire pour régler le taxi. Et ce soir, nous allons dans une chambre d’hôte déjà réservée. Donc, demain il fera jour et nous verrons.
Pour se rendre chez l’habitant, il faut prendre un taxi c’est plus direct. Et voici, notre taxi-driver qui me cherche dans l’aéroport, super le service de la location de voiture, en plus je ne leur avais rien demandé. Dans cette situation cela mets du baume au cœur cette prévenance.
Le lendemain matin le loueur de voiture viens nous chercher comme prévu, et nous lui expliquons la situation. Ne pas s’inquiéter, ce n’est pas notre problème, les valises seront acheminées à notre prochaine étape, voir la suivante. Très bien mais en attendant nous sommes un peu léger et pour combien de temps ? La matinée est vite passée. La prise en charge du 4X4 avec équipement camping dure bien 2h30 à 3h, les explications portent aussi sur les précautions en tant que touristes dans le pays : roulage sur les pistes, les pourboires, les pickpockets. De plus, c’était notre première aventure avec cet engin, et nous ne sommes pas bilingues non plus. A la fin du service, l’employé du loueur avait pris la peine de rappeler l’aéroport pour nous. Mais, nous quittons les lieux sans nouvelles des valises. Un autre employé, nous a guidé à un centre commercial où nous trouverons carte sim pour téléphone mobile, de quoi s’acheter quelques vêtements et les vivres pour une bonne semaine. Maintenant le 4X4 c’est notre maison roulante et même sans valises on se sent un peu moins perdu.
Une autre façon de rouler, être aux commandes du 4X4 assis à droite, conduire à gauche et pratiquer la piste.
Nous prenons nos marques au fil des kilomètres qui défilent. Commencer par la route c’est plus rassurant. C’est ainsi que nous roulons vers le sud sur la route B1 pour rejoindre notre camping du soir. Incroyable nous sommes en Afrique, nous passons le tropique du Capricorne, des pauses photos s’imposent. Mais les heures du jour sont comptées, nous devons arriver avant la nuit. J’ai joué la sécurité pour le premier jour de roulage. Donc, l’étape est assez courte et facile à rouler.
Les temps de parcourt surtout avec les pistes sont assez longs. Normalement il faut respecter le 60Km/h sur les pistes « gravel road » et 100 Km/ sur la route goudronnée. A l’évidence personne ne suit la limitation, locaux et touristes compris. Même en limitant la distance entre les étapes, il faut aussi prévoir le temps disponible durant le jour. Le temps d’adaptation consiste aussi à pratiquer le dépliage et pliage de la tente de toit et rangement dans le coffre. En ce levant à 7h, départ 10h nous arrivions au campement suivant à 17h maximum. Pour réaliser cette performance nous avons effectivement roulé parfois au dessus des limites. Il faut être concentré et super vigilant car rouler en 4X4 est piège. Un imprévu sur la piste alors qu’on roule à 100 Km/h cela fini sur le toit. Et aucune assurance ne couvrira les frais. Le long de la route une piste, deux mondes se croisent. Les locaux circulent avec des charrettes attelées derrière des ânes ou mules, ils nous saluent à chaque fois. Les bergers accompagnent leurs troupeaux de chèvre dans la plaine aride. Mais que mangent-elles ? Je pense qu’elles sucent les cailloux ! Nous faisons le plein à la station service avant de prendre la piste. C’est un conseil prudent que de faire le plein dès qu’il y a une pompe à essence. La consommation du 4X4 avec tente sur le toit est environ de 10 L/ 100 Km. Donc pour nous l’autonomie est de 600 Km.
J’ai adoré dans notre voyage pêle-mêle :
MIRABIB le must du camp sauvage avec coucher de soleil en haut des rochers comme des Robinson Crusoé, SESRIEM les dunes de sable rouge magique, et surtout marcher sur les crêtes jusqu’à trouver des coins isolés pour prendre la mesure de l’immensité et découvrir un Oryx dans le creux, A la poursuite des éléphants dans la brousse avec des guides San, la rencontre des animaux au parc national Etosha clou du spectacle captivant. Les pistes de gravel pour nous tout seul.
Un resto au lodge avec barbecue et découverte des viandes exotiques, la viande d’autruche est un délice, merci à elle. Dormir dans la tente de toit et écouter le rugissement du Lion en réalisant que ce n’est pas un rêve. Installer le 4X4 sur l’emplacement camping qui mesure juste 100 m2 et prendre l’apéro avec la Windhoek ou la Tafel notre apéro bière, Original l’attraction chaudière au bois pour chauffer l’eau de la douche, et l’accueil souriant des Namibiens et des poilades aussi.
Sesriem ascension de la Dune 45, graphisme et couleur sont au rendez vous
Visite du CCF et activité Run des Cheetah, ils sont magnifiques et athlétiques
Etosha, Et au milieu marche une girafe. Elle se déplace avec tellement d'élégance.
J'ai l'appareil photo à mon cou devant le groupe. Rapidement, la dame Herero me fait signe de la main en se frottant les doigts puis je lui montre mes poches vides. les gestes se passent de parole. Alors Je m'approche d'elle et lui montre l'écran de mon appareil. A cet instant nous sommes l'une contre l'autre son bras sur mon épaule comme deux copines et elle sourit quand elle regarde l'écran de mon appareil. Et non je n'ai pas pris de photo. Du coup en partant j'immortalise quand même cette belle rencontre. Moment inoubliable pour moi 😉
De retour de notre magnifique voyage, j'aimerais remercier les membres de ce forum pour leur précieuse aide lors de la préparation du voyage.
La Namibie nous a envoûtée, une partie de nous est rentrée à la maison, l'autre partie est restée là-bas.
Encore ce soir, à table, nous discutions avec nos enfants, afin de comprendre pourquoi ce voyage nous a tant enchanté. Les paysages sont beaux, voir très très beaux, mais nous avons souvent vu de magnifiques paysages lors de nos voyages.
Alors pourquoi? Les animaux? Oui, c'est génial tous ces animaux qui se promènent partout! A peine arrivée, nous voyons nos premiers babouins le long de la piste d'atterrissage et notre premier et dernier serpent sur la route. Les rencontres animalières étaient riches, très riches, inoubliables, fabuleuses!
Mais, ce sont surtout les rencontres avec la population locale qui nous ont touchées. Peut-être, parce que nous ne nous y attendions pas?
Comment oublier ce petit garçon, qui nous a suivi de la station service à Opuwo jusqu'au supermarché, il ne disait rien, il nous regardait seulement avec ses grands yeux. Son visage et tout son corps étaient gris de poussière, ses habits en lambeaux. Quand j'ai ouvert le coffre, il m'a montré la bouteille d'eau. Quand je lui ai tendu une bouteille pleine, il a eu le sourire jusqu'aux oreilles.
Ce garçon Himba qui voulait absolument vendre une chèvre à notre fils.
Ce père de famille qui doit chercher deux fois par semaine de l'eau à 15 km de sa hutte.
Cette maîtresse d'école qui a fait chanter et réciter une comptine aux enfants rien que pour nous.
Cette famille à qui nous avons donné des T-shirts avec le logo du club de natation de notre région.
Ce garçon Himba qui voulait absolument être pris en photo avec son chien.
Ce maître d'école, bien habillé, avec sa baguette en main, qui donnait un cours au pied d'un arbre à ses élèves assis en rang sur de petites chaises en plastique, le tableau noir posé contre le tronc d'arbre.
Et encore, et encore...que des belles rencontres. Parfois juste quelques minutes, parfois quelques heures. Ils étaient contents de parler de leur pays, ils étaient contents de voir que nous apprécions de communiquer avec eux. Nous avions soif d'en savoir plus, de comprendre leur culture, leur façon de vivre. En partageant un petit bout de leur vie, ils nous ont fait un énorme cadeau. Merci à eux.
Mais, il y a aussi les magnifiques couchers du soleil et surtout, le ciel nocturne. Des milliers d'étoiles et la voie lactée. C'est magique! Jamais, avons-nous vu un ciel pareil.
Et, il y a ce silence, ce vide, ces espaces vierges, qu'est ce qu'on était bien.
Tout ceux qui aimeraient lire le carnet sans passer par les messages et conseils sur la voiture, le TO, les routes, etc., peuvent aller directement à la page deux ou cliquer sur ce lien: voyageforum.com/...post=7706008#7706008 vous arriverez directement au récit du J1.😉
This three-week trip to Namibia was a big first for us:
- Visiting a country in winter, for someone who starts feeling comfortable at 25°C (77°F).
- Camping, when we usually feel at home in a starred hotel.
- Sleeping on the roof of a car—what an idea... when a comfy bed is waiting just a bit further.
- Grocery shopping, cooking, doing the dishes... all the things we usually avoid to fully enjoy our vacation.
- Washing up when and how we can, when we can’t imagine going a day without a shower.
- Driving a big 4x4 on the left, with a manual transmission, when we usually opt for an automatic for more comfort.
Yep! You guessed it—we stepped way out of our comfort zone during this trip.
I had quite a few doubts while planning this adventure, but the more I read travel journals about Namibia, the more I wanted to go.
Personally, without this forum, I never would’ve dared to hit the Namibian roads in a 4x4. I was really anxious during the planning, so I want to thank everyone who contributed with their journals and forum discussions for helping me leave more peacefully.
At first, I wasn’t even considering sleeping in a tent. But after my husband’s persuasion—and my own curiosity to experience what I’d read in those travel journals—I gave in. So off we went in a double-cab Hilux with a rooftop tent.
And of course, let’s talk about me—the big cold-weather wimp. One of the biggest pre-trip challenges was choosing a sleeping bag. After a while, sleeping bags had no more secrets for me: temperature ratings (comfort, limit, extreme), shapes (mummy, rectangular), fillings (synthetic, down), compression rate, and weight... all these factors were a real puzzle.
In the end, to make sure I wouldn’t be put off camping in winter (Australian winter, mind you), I went for a sleeping bag with a comfort rating of -10°C. And just to be *extra* sure I wouldn’t get cold, I bought a liner (never knew what that was before) in Thermolite, which boosts the sleeping bag’s temperature by 11°C. There are liners that add up to 15°C, but let’s not exaggerate—we’re not heading to the North Pole!
My husband, on the other hand, got a sleeping bag with a -5°C comfort rating and a silk liner.
Was it enough? You’ll find out soon. In the meantime, another big thank you to everyone who helped me make this choice with their advice and experience.
Over a year in advance, we planned a three-week itinerary for our first trip to Namibia—classic route, nothing too out there.
We chose to do the circuit clockwise because we wanted to finish on a high note in Etosha and its wildlife. They say it’s like Noah’s Ark out there!
And why not, the cherry on top... some big cats.
We used Tourmaline’s services to book our accommodations and the 4x4.
Here’s our planned itinerary with campsites and lodgings—yes, there are a few solid roofs in there; we didn’t want to push it too far.
Day 1: Windhoek – Windhoek Gardens Guesthouse
Day 2: Kalahari Anib Campsite
Day 3: Namibrand Family Hideout
Day 4: Sesriem Camp
Day 5: Sesriem Camp
Day 6: Rostock Ritz Camp
Day 7: Swakopmund - Sea Breeze Guesthouse
Day 8: Swakopmund - Sea Breeze Guesthouse
Day 9: Spitzkoppe Camp Tented
Day 10: Brandberg White Lady Campsite
Day 11: Grootberg Lodge
Day 12: Opuwo Country Campsite
Day 13: Epupa Camp
Day 14: Hobatere Lodge
Day 15: Etosha Olifantsrus Camp
Day 16: Etosha Okaukuejo Camp
Day 17: Etosha Halali Camp
Day 18: Etosha Namutoni Camp
Day 19: Cheetah Eco Lodge
Day 20: Windhoek – Londiningi B&B
Alright! Are you ready to follow this adventure with us in our Hilux?
Cela fait plus de 3 mois que nous sommes rentrés d'un merveilleux voyage en Namibie, et je me lance aujourd'hui dans le récit de notre première expérience africaine.
Les carnets d'un voyage en camping-car en Namibie ne sont pas très nombreux, donc j'espère que celui-ci sera utile à de futurs voyageurs.
Nous sommes partis à 4 : 2 adultes + 2 enfants de 10 et 12 ans.ItinéraireVoici l'itinéraire que nous avons suivi durant notre voyage en Namibie en Juillet 2015 :
Jour 1 : Samedi 4 juillet – Toulouse → Paris → Johannesburg
Jour 2 : Dimanche 5 juillet – Johannesburg → Windhoek
Jour 3 : Lundi 6 juillet - Windhoek → Mariental (351 km)
Jour 4 : Mardi 7 juillet – Mariental → Keetmanshoop (300km)
Jour 5 : Mercredi 8 juillet – Keetmanshoop → Aus(293km)
Jour 6 : Jeudi 9 juillet – Aus
Jour 7 : Vendredi 10 juillet – Aus → Sesriem (356km)
Jour 8 : Samedi 11 juillet – Sesriem (123km)
Jour 9 : Dimanche 12 juillet – Sesriem → Rostock Ritz Desert Lodge (285km)
Jour 10 : Lundi 13 juillet – Rostock Ritz Desert Lodge → Swapkopmund(275km)
Jour 11 : Mardi 14 juillet – Swakopmund / Walvis Bay (108km)
Jour 12 : Mercredi 15 juillet – Swakopmund → Spitzkoppe (155km)
Jour 13 : Jeudi 16 Juillet – Spitzkoppe → Brandberg (147km)
Jour 14 : Vendredi 17 juillet – Brandberg → Twyfelfontein (184km)
Jour 15 : Samedi 18 juillet – Twyfelfontein → Kamanjab (228km)
Jour 16 : Dimanche 19 juillet – Kamanjab → Etosha (Olifantrus) (174km)
Jour 17 : Lundi 20 juillet – Etosha : Olifantrus → Okaukuejo (135km)
Jour 18 : Mardi 21 juillet – Etosha : Okaukuejo → Halali (114km)
Jour 19 : Mercredi 22 juillet –Etosha : Halali → Namutoni (129km)
Jour 20 : Jeudi 23 Juillet – Etosha (Namutoni) → Otjiwarango( 420km)
Jour 21 : Vendredi 24 juillet –Otjiwarongo → Windhoek(251km)
Jour 22 : Samedi 25 juillet – Windhoek → Johannesburg → Paris
Jour 23 : Dimanche 26 juillet – Paris → Toulouse
Soit 20 nuits sur place : 18 en camping-car, et 2 en lodge (1ère et dernière nuit).
Comme à chaque voyage, il a fallu faire des choix. J'ai éliminé le Fish River Canyon qui était initialement prévu (long détour pour finalement pas grand chose : on ne peut pas descendre dans le canyon pour une randonnée à la journée, il y a uniquement quelques points de vue où normalement on ne peut pas accéder en camping-car car desservis par une route D...même si ce point n'était pas rédhibitoire).
J'aurai aimé monter jusqu'aux Epupa Falls, mais il aurait fallu quelques jours supplémentaires pour traverser le Kaokoland et le Damaraland qui aurait mérité qu'on y passe une nuit (c'est là, vers Palmwag qu'on a vu nos premières girafes!).
De même la bande de Caprivi, les chutes Victoria m'attiraient mais cela n'était pas compatible avec une visite du sud de la Namibie...sinon il aurait fallu partir plus d'un mois!
Finalement le nord de la Namibie pourrait faire l'objet d'un futur voyage couplé avec le Botswana 😉 !
Le parcours a été définitivement figé à 80% dès les premières réservations de camping dans les parcs nationaux : Etosha, Namib Naukluft Park(Sossusvleï). Il a fallu s'adapter aux disponibilités, car les campings dans ces 2 parcs étaient déjà complets à certaines dates en Février !
Les camping ont donc tous été réservés avant notre départ, à l'exception de 2 nuits :
- le 7 juillet, car il n'était pas possible de réserver à l'avance au Quiver Tree Forest camp (vers Keetmanshoop).
- le 15 juillet : pour nous permettre d'aller ou non à Cape Cross Seals Reserve. Finalement, on décidera de ne pas y aller, et donc de passer une seconde nuit à Swakopmund.
Sur place, nous avons suivi l'itinéraire prévu avant notre départ. Nous avons cependant passé une seconde nuit à Aus, alors que j'avais prévu de faire une étape à Betta pour couper le long trajet vers Sesriem.
Au total : 4055 km parcourus
Véhicule : camping-carLorsque la destination de cette année a été choisie, j'avais pensé à 2 options pour l'hébergement et le véhicule :
- le 4x4 avec tentes sur le toit : → Avantages : on peut aller partout, et certainement plus vite. On peut éventuellement dormir quelques nuits en lodge (mais en dehors des parcs sinon c'est hors de prix!)
→ Inconvénients : il faut déplier les tentes tous les soirs, et les replier tous les matins, on risque d'avoir froid car ce sera l'hiver en Namibie et les températures minimales peuvent être très basses!
- le camping-car :
→ Avantages : il fera moins froid qu'en tente, on pourra manger à l'intérieur (très appréciable surtout le matin), les filles auront plus d'espace lors des trajets (une table en particulier). Les toilettes seront à disposition en permanence (très utile à Etosha où on ne peut pas sortir du véhicule, et les toilettes y sont très rares). Dans Etosha, on observera plus facilement les animaux (on peut se déplacer dans le véhicule, manger, observer à l'avant, à l'arrière, sur les côtés)
→ Inconvénients : il faut adapter le parcours, on ne pourra pas aller n'importe où, et on devra emprunter le moins possible de routes D (interdites par le loueur avec ce type de véhicule)
Madame ayant mis son veto sur les tentes sur le toit, on a choisi le camping-car. Nous avons fait le bon choix, car c'était parfaitement adapté à ce voyage en famille.
Le véhicule, loué directement chez bobocampers était en excellent état, et super propre (d'ailleurs quand on a dû le nettoyer au retour, on s'est demandé comment avaient-ils fait pour qu'il soit si propre!). C'est peut-être même un peu exagéré de lustrer les pare-chocs, et les flans de pneus...pour en fin de compte le salir avec la poussière de la piste d'accès à l'agence de location? Les pneus étaient quasi neufs, et je n'ai pas eu de crevaison! ("Good driver !" d'après Bobocampers)
On aurait par contre bien aimé que la climatisation fonctionne, et apprécié le chauffage au petit matin qui lui aussi était HS!
Petite incompréhension également au sujet du barbecue à gaz, qui fonctionnait non pas avec une bouteille spécifique (que j'ai cherchée sans jamais la trouver), mais avec la bouteille disponible dans la cabine et utilisée pour la table de cuisson et le frigo.
Un seul feu fonctionnait sur la plaque de cuisson, le deuxième de temps en temps.
On n'a pas utilisé la douche, car celle des campings était bien mieux, et les toilettes uniquement quand on ne pouvait pas faire autrement. Car cela n'a rien à voir avec les camping-car américains : le réservoir d'eau contient seulement 60 l (à remplir avec une jerrycan), les eaux usées ne sont pas stockées et partent directement sous le véhicule, les rejets des toilettes sont stockés dans une cassette que j'ai vidé tous les 2-3 jours.Conduite/GPS- Etat des routes :
Les routes sont, à l'exception des B (goudronnées), en terre avec pas mal de cailloux. Leur état est variable, on a eu des portions où on pouvait rouler à 100 km/h, mais d'autres où on ne pouvait pas dépasser les 30 km/h. En général, on roule entre 50 et 80 km/h.
Il y a beaucoup de vibrations sur les gravel road, que ce soit sur les C ou les D à cause de la "tôle ondulée", il est souvent préférable de rouler à 70-80km/h pour moins sentir les imperfections de la route. Par moments, je devais m'arrêter car j'avais mal au bras à force de tenir le volant. Dans le camping-car, tout bouge, j'ai malgré tout préservé la vaisselle (juste un verre cassé) ! Par contre, le mobilier a beaucoup souffert, la climatisation/chauffage tenait en appui sur un meuble, tous les jours on récupérait des vis ...
A l'extérieur, c'est le pare-choc avant qui a tenté de se faire la malle, heureusement, j'avais prévu la corde pour l'attacher. Un namibien lors d'un contrôle vétérinaire m'a aidé à le fixer et enlever un carter de protection sous le moteur.
- Deuxième problème : la poussière. Elle rentre partout. Le 1er jour où nous avons roulé sur gravel
road, on s'est dit qu'on pouvait ouvrir les fenêtres (il faisait chaud, et la clim était HS) sauf quand on croisait les rares véhicules...très mauvaise idée!
La poussière entre par les coffres de rangement situés sous la cabine du camping-car. On a passé 2 heures à nettoyer le camping-car et la vaisselle ce soir là à Sesriem. Ensuite, en roulant fenêtres fermées c'était "moins pire", il fallait quand même rincer la vaisselle avant utilisation.
- GPS :
Il n'y a pas beaucoup de routes en Namibie, il est donc difficile de se perdre. Ne possédant pas de GPS, il ne m'a pas semblé indispensable d'investir pour installer la carte Track4Africa (Garmin uniquement). J'ai finalement cherché une application GPS gratuite sans connexion (sans data) pour smartphone. Mon choix s'est porté sur OsmAnd, j'ai même acheté pour 6€ la version "+" pour ne pas être limité à 10 chargements de cartes, tellement j'en suis satisfait.
Très fiable pour les temps de parcours, et très utile pour trouver un supermarché ou une poste (très rare en Namibie) pour envoyer les cartes postales. Je l'ai même utilisé en randonnée à Aus ou Sossusvlei car les chemins étaient tracés sur la carte! Bon ça ne nous a pas empêché de rater un embranchement lors de notre rando à Aus et de se rallonger d'1 ou 2 km :-)).CampingComme précisé dans la partie itinéraire ils ont en grande partie été réservés avant notre départ. Ils ont tous été super bien : très spacieux, hyper propres, tous avec un point d'eau, un coin pour faire du feu ou un braïï c'est-à-dire un barbecue (il a fallu qu'on achète une grille car elle n'était pas toujours présente). Souvent il y avait une douche privative avec eau chaude (solaire ou avec donkey, c'est-à-dire qu'une réserve d'eau est chauffée par un feu de bois), des toilettes et même parfois un évier. La douche était souvent "ouverte" avec un panorama magnifique. Les campings les moins agréables étaient ceux d'Olifantrus et Halali dans Etosha, où on est les uns sur les autres, et c'est assez bruyant et pas très propre.Nourriture / Supermarchés / Restaurants - Dans les villes, il y a souvent un supermarché principalement des Spar. On trouve tout ce dont on a besoin...même du nutella pour le petit dej des filles.
On n'a pas eu de problème pour se ravitailler sur la 1ère partie du parcours (jusqu'à Swakopmund). Ensuite, ça s'est compliqué, car on a évité les villes. On est arrivé à Kamanjab un samedi après 17h, donc tout était fermé, heureusement le dimanche il y avait une petite épicerie ouverte ou finalement on a acheté de la viande congelée sous vide (très bonne et pas chère!) et de l'eau, ce qui nous a permis de tenir jusqu'à Okaukuejo. On avait également une réserve de pâtes qui nous a bien dépanné!
Sinon, à part des chips, c'était difficile de trouver à manger en dehors des "villes".
- Quasiment tous les soirs on a fait griller de la viande sur le braïï. La viande est excellente, notre préférée a été le kudu, mais l'oryx est très bon également.
- Peu de lodge font des "braïï pack". On s'est régalé à Aus avec un pack comprenant viande + salade + dessert!
- Par contre, bizarrement, en bord de mer, on n'a pas trouvé d'endroit où acheter du poisson...
- Les resto ne sont vraiment pas chers, y compris dans Etosha, où certes le buffet était pas très varié mais très bon. Au lodge où nous avons passé la 1ère et dernière nuit, c'était vraiment cadeau : 35€ à 4 avec apéritif et vin!
Le plus cher (car il n'y avait pas de tarif enfant) était le Sossusvlei Lodge à Sesriem (90€ à 4 avec apéritif), mais avec un cadre de fou, et un buffet où je me suis explosé le ventre!EauOn a bu uniquement de l'eau minérale en bouteille. L'eau du robinet n'est pas dangereuse, mais au camping on nous a souvent conseillé de ne pas la boire.On a acheté des bouteilles au 1er supermarché à Windhoek , puis des bidons de 5l. Bien sûr, on n'a pas fait attention, on a acheté quelques bouteilles d'eau pétillante qui finalement passait très bien avec un sirop d'orange.
Sparkling=eau pétillante (inscription en rouge)
Still=eau plate (inscription en vert)CarburantLa consommation moyenne du camping-car est de 10-11l de gasoil au 100km. Le prix du litre de gasoil est d'environ 0,8€.
Je n'ai jamais roulé avec moins de la 1/2 du réservoir, sauf avant d'arriver à Otjiwarongo où je suis arrivé sur réserve...mais c'était calculé :-)Il peut y avoir 150-200km entre 2 stations service. On peut payer en CB dans la plupart des villes et à Etosha, même s'ils préfèrent en espèce.Divers- Climat / Température :Il a fait chaud. Je craignais le froid dans le sud, et finalement ce n'est pas là qu'on a eu les températures les plus basses.
Journée : en général, il a fait entre 22 et 28°c la journée. Le plus chaud : 32°c à Sesriem et Etosha. Le plus froid : 16°c vers Walvis Bay.
Nuit : souvent entre 6 et 11°c, quelquefois moins. Le plus froid : vers Otjiwarongo , -3°c (0°c dans le camping-car!) à 1600m d'altitude.
-Pourboires : entre 2 et 7$ au supermarché à la personne qui met les courses dans les sacs, au pompiste, à la personne qui surveille la voiture (même s'il te vend les espèces de noix avec ton prénom et qui te coûtent un bras!), à la serveuse du resto (10% de l'addition), et au chauffeur de bobocamper (20$)
Et voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et nous sommes de retour à Paris depuis 5 jours maintenant. Toutefois nous avons encore la tête en Namibie tant ce pays nous a enthousiasmé.
Après avoir dévoré vos carnets de voyage, c'est à notre tour maintenant de partager avec vous nos tribulations namibiennes…
Pourquoi la Namibie ?
Après plusieurs voyages en Asie, nous avions envie de changer de continent. Cela fait des années que nous souhaitions partir à la découverte de l'Afrique et de ses animaux, mais le Kenya ou la Tanzanie ne nous tentait pas trop (à tort ou à raison 🤪).
Nous avions envie de grands espaces, de solitude, d'animaux sauvages, de paysages extraordinaires, d'immensité …
C'est un reportage télé sur la Namibie qui va aiguiser notre appétit. Des recherches plus approfondies sur Internet, la lecture de carnets de voyages passionnés et passionnants, les magnifiques photos des uns et des autres finiront de nous convaincre. En 2014, direction la Namibie 🙂
Préparation
Choisir la destination, c'est bien, mais il faut ensuite construire le voyage. Et là, je voudrais remercier tous les experts ès Namibie de cette section, qui au travers de leurs commentaires riches en expérience (et non dénués d'humour 😛), ont su nous aider à peaufiner notre itinéraire.
C'est ensuite avec l'agence Madiza Tours que nous avons finalisé l'organisation du voyage.
Itinéraire
Nous sommes partis 2 semaines. Notre souhait était d'essayer de profiter au maximum de chaque lieu et de ne pas passer tous les jours de longues heures sur la route. Cela oblige hélas à faire des choix …
Nous nous sommes donc arrêtés sur le circuit suivant, somme toute très classique :
- le matériel photo (et çà fait son poids !!) : 2 appareils Nikon D7000, objectifs (Nikon 18/105, Sigma 120/400, Nikon 50 focale fixe (non utilisé), flash, trépied / monopod, ...
- jumelles (indispensables),
- grands sacs poubelle de 200l pour protéger les valises de la poussière,
- sangles (ou cordes) pour attacher les valises dans le coffre et éviter qu'elles se baladent,
- convertisseur allume cigare 12 V/220V pour recharger les appareils.
- Lonely Planet Namibie,
- Guide Compagnon de safari de Caroline Oriol (d'une très grande aide),
Notre séjour en quelques chiffres :
- 15 jours, du 5 au 20 avril 2014,
- 2150 photos prises,
- 2759 km au compteur (soit un budget essence d'environ 300 €)
- 0 crevaison et 0 ensablement (😎),
- 1 € = 14 N$,
- litre d'essence = 12 N$,
- 1 orage démentiel.
J et J1 (5 et 6 avril)
Samedi 20h, le taxi nous attend. Direction Roissy puis destination la Namibie.
Ca y est, après tant de mois à préparer ce voyage le jour J est enfin arrivé. Nous avons tellement regardé de blogs, étudié les forums que nous avons l'impression de connaître déjà un peu la Namibie, mais nous savons qu'il n'en est rien et que nous allons "en prendre plein les yeux". Nous nous attendons à tout, quasi certains que le coup de cœur sera au rendez-vous.
En attendant, il faut prendre l'avion. Nous avons choisi Air France pour Paris / Jo'Burg (un nombre important de miles à écouler nous a même permis de voyager en Eco Premium), puis Jo'Burg / Windhoek avec British Airways (via Comair).
Nous avions une inquiétude concernant l'acheminement des bagages (Jo'burg ? Windhoek ?) des messages sur le forum étant parfois contradictoires. En effet, notre temps de transit sur Jo'Burg, de 2h à peine, laissait peu de temps pour les récupérer et les réenregistrer. Mais, pas de soucis, ils sont bien enregistrés jusqu'à Windhoek, nous n'aurons pas à les gérer à Jo'Burg. Ouf !!!
22h45, on nous annonce que l'embarquement est reporté de 30 mn en raison d'un problème technique. Voilà qui commence bien 🤪
30 mn après, nous embarquerons tranquillement et décollerons à 00h (au lieu de 23h30). Le vol se passe sans soucis sur A380, et nous apprécions l'Eco Premium : fauteuils plus larges, plus de place pour les jambes, repas amélioré (mais ça reste du repas d'avion !!) ... bref pour la première fois nous arrivons à dormir au moins 5h dans l'avion. Miracle (merci les miles) 🙂.
Cette demie heure de retard aura son importance à Jo'Burg où entre la longue traversée du terminal A au terminal B, le passage aux douanes très très très long, et la récupération de nos cartes d'embarquement, nous arriverons tout juste 15 mn avant l'embarquement du vol pour Windhoek.
A 13h, nous atterrissons à Windhoek. Encore un long passage en douanes (pourquoi les gens ne remplissent-ils jamais le document pour les Douanes qu'ont leur remet dans l'avion ? 😕 ), récupération des bagages (les deux sont là ... ce qui n'est pas le cas pour tout le monde d'après ce que nous avions pu lire !!).
Un chauffeur doit nous attendre pour nous conduire chez le loueur de voiture, Advanced Hire Car. Mais il n'y a personne ... aïe. Nous appelons Caroline de Madiza Tour, qui nous informe que le chauffeur devrait être là dans 15 mn ... et ce fut le cas.
Nous récupérons notre Toyata Hilux double cabine (bon, nous ne sommes que deux !!), 70 000 km au compteur, pneus neufs, 2 pneus de secours, véhicule en parfait état, une glacière ... tout va bien.
Caroline est là pour nous présenter notre road book (qui vient compléter celui que j'avais moi-même préparé) et nous donner les consignes de sécurité routière. Nous avions opté pour l'assurance supercover, mais elle nous explique que si nous avons un accident en excès de vitesse nous ne serons pas couverts, qu'il est interdit de rouler de nuit et que le véhicule est équipé d'un mouchard.
Allez c'est parti, direction Londiningi Guesthouse pour notre première nuit à Windhoek.
Premier rond point, premier usage du clignotant (et non des essuies glaces ... si si Monsieur a été très bon sur ce coup là ... pourtant je guettais l'erreur 😉), premier plein, premier game food au diner, de l'Oryx (petite aparté : le diner au Londiningi était délicieux) ...
Et puis ce soir là on ne s'éternise pas, dodo très tôt.
Bonjour à tous,
Nous prévoyons de faire un safari en Afrique australe fin avril/début mai 2020, idéalement en selfdrive.
Nous avons un peu d'expérience en bourlinguage sac-à-dos, mais nous n'avons jamais fait de safari. Nous n'avons aucune expérience en selfdrive, ni en conduite de 4x4.
Nous avons d'abord flashé sur le Botswana mais pensons également à la Namibie.
Que pensez-vous de ces destinations pour une première expérience de safari, surtout en selfdrive ?
Merci d'avance pour vos avis!
Audrey & Thomas
Bonjour, avec un ami on prépare un voyage en Afrique australe départ au alentour de début janvier pour 2/3 mois.
Avec pour ligne la Namibie et le Botswana en atterrissant normalement en Afrique du sud.
On a déjà une idée relativement définie des endroits où on souhaite aller en Namibie (qui se ferait sur 1mois je pense) dans les grandes lignes : keetmanshoop quivertree forest, fisher river canyon, ais ais et luderitz, koiimasis, sesriem et sossusvlei, swakopmund, spitzkoppe et cap cross, twyfelfontein, epupa falls, etosha, rundu et bande de capivi avec mahongo pour passer coté Botswana
Pour le Botswana c'est moins net y a chobe, moremi, 3rd bridge, (kubu island ? Planet baobab ? ).
J'ai pas encore regardé l Afrique du sud en détail, dans ma tête c est départ de Johannesburg direction le cap par kimberly et les parcs et remonté vers la Namibie par la cote.
Que pensez vous de l'itinéraire, des idée ou infos pour la partie Botswana et Afrique du sud ?
On a vraiment envie de prendre le temps de se poser à des endroit quelques jours s'il le faut pour rencontrer les locaux.
Mon ami aimerai notamment rencontrer « des acteurs » de la gestion de l eau, avoir des info sur les différentes pollutions et les difficultés liés a son accession... on a pas vraiment trouvé d asso ou autre sur la namibie qui a ce genre de problématique, on va prochainement étendre nos recherches sur l Afrique du sud, voir contacté une ambassade qui sait ils auront peut être en tête des contacts.
En avez vous peut etre ?
On pensait partir sans agence. Mais on est en train de revenir sur le sujet.
J' ai pour l'instant contacté nomade aventure (mais je n'ai pas encore de réponse) pour leur expliquer notre « expédition » et voir ce qu'il pouvait nous proposer en auto-tour. Notamment pour ne pas avoir à s'occuper de la location voiture qui est pour moi le gros frein d'un voyage sans agence.
Tous les sites que je consulte propose des locations entre 40 et 70€ (et +) par jour soit beaucoup trop chère pour un voyage aussi long enfin à mon goût .
Je n ai pas trouver (ou pas assez bien cherché) d info sur l'achat/vente de véhicule qui me parait plus avantageux pour un si long voyage. Mais le manque d infos, me fait dire que ce n'est pas une pratique très rependu sur ce continent ( j ai en tête évidement l'Australie...). En savait vous plus ?
Après il faut aussi voir que je ne suis pas grosse mécano et mon ami non plus.
Changer une roue, les freins ou une bougie ça ira mais pour le reste on est un peu plus des billes...
Je ne m'y connaît pas assez pour faire confiance à un vendeur trouver sur une petite annonce ou dans un garage qui me présenterait un véhicule comme une bonne occasion.
Sans parler du coté revente peut être compliqué, ni de l équipement de la voiture pour le camping qui sera sûrement à acheter en plus sur ce genre de transaction.
Donc si vous avez des retours ou des contacts sérieux je suis preneuse ?
Un ami qui me « prêterai/lourai » sont véhicule pour 3mois avec 25 000km de plus à son compteur... !!
Au niveau du budget,
car en admettant que je trouve un véhicule (si je loue) pour 4000€ les 3mois il faudrait rajouter l'essence, le budget vie courante et camp (que j’estime à 25e par jour pour 2 soit environ 2500e pour 3mois), le coté administratif (entré dans les parcs, passage de frontière, change)... et on arrive vite a un voyage à 5000€/pers … est ce complètement décalé ou dans la « norme »?
Je sais que l’Afrique australe n'est pas une destination donné mais je compare avec l'Australie où je m'en suis tirer pour 3000€ les 2mois avec de bon extra et ça me calme.( A ce prix la je pars en Amérique du sud pendant 6mois avion compris !)
Est on trop ambitieux pour ce premier voyage en Afrique australe ?ou trop radins?
On veut bien réduire un peu la durée du voyage de quelques semaines pour rogner un peu le budget mais on a pas envie d un voyage à la course.
Bref j'ai besoin des lumières de voyageurs avertis pour y voir plus claire!
(désolé pour le roman)
Bonjour tout le monde !! 😏
Voici le retour de notre road trip de 5 semaines en Afrique du Sud et en Namibie !!! (Juillet-Aout 2015)
Comme on dit en africain : Enjoy ! Hein quoi ce n’est pas en africain ? On m’aurait menti ?! 🤪
Je vais essayer d’avancer ce carnet le plus vite possible mais il va falloir être patient et à l’affut… tels des vervets bleus ! 😇
Comment ça celui ci n'a pas l'air bleu ? 😮 C'est un jeune ça doit etre pour ça !
la première partie est là: http://voyageforum.com/v.f?post=3855088;search_string=namibie%20botswana%20big%205%20small;14 Aout 2010 (J17) : Etosha (Okaukuejo) - Etosha (Halali NWR Campsite)
On se réveil avec le soleil : c’était une erreur, on a un peu foiré l’affaire, on aurait du être parti à cette heure. Petit déjeuner rapide (ça veut dire rusks trempé dans le café ou le lait jusqu’à ce que la texture permette de les croquer sans perdre une dent) puis tour des points d’eau. Au feeling, détour par Gemsbokvlakte juste comme ça, parce que c’est sur le chemin. Au bord du point d’eau, il ya une bonne demi-douzaine de voitures arrêtées, dont quelques voitures de safari, ça doit pas être pour regarder un moineau se désaltérer. Ben nooooon… En effet, quatre lionnes se désaltèrent en jouant dans l’eau, en se mordillant, en sautant. Inutile de dire qu’elles on fait le vide autour d’elle. Après un certain temps, elles partent dans les herbes hautes et se dirigent vers des girafes, elles se divisent de façon à encercler une des girafes : raté, la girafe les a vu (faut dire que de ce côté là, elle est avantagée) et se rapproche de ses congénères. Tranquilles, les lionnes continuent à se disperser à la recherche d’une proie. On finit par les perdre de vue. Direction Olifantsbad, réputé pour sa richesse : un vrai désert, décevant. Nous nous dirigeons alors vers notre second camping Halali, tout en passant par un maximum de points d’eau et de vues sur le pan (Aius, Odongab, Sueda, Salvadora, Rietfontain). Ca et là, nous croiserons des oryxs, Kudus et springboks et notre premier éléphant, qui, solitaire, traversera la route devant nous.
Le camping d’Halali est tout simplement moche. Après un pique nique, c’est la douche et l’installation du camp. Certains s’adonnent à la sieste, d’autres, comme Rebecca et moi, se disent : il-faut-quand-même-aller-voir-au-point-d’eau-s’il-n’y-rien-parce-que-ce-serait-trop-bête-qu’il-y-ait-plein-de-bestiaux-et-qu’on-les-rate-par-paresse. Nous voilà en route. Honnêtement, pas grand chose au point d’eau : on peut aller faire la sieste. Maaaaaaaais, au loin, il y a des taches grises qui ressemblent à des éléphants : on va pas faire la sieste. Au bout d’une demi-heure, trois éléphants arrivent au bord de l’eau et commencent à boire, puis quatre, puis cinq, puis six… puis vingt-sept. Oui, oui, à l’apogée de cette baignade-hydration publique, il y aura vingt-sept éléphants de tous âges. Après le boire, c’est le bain façon Babar. Voilà ces éléphants qui s’aspergent joyeusement d’eau et de boue. Vers 15h00, départ pour le game drive de l’après midi (ça y’est, on est devenu des pros, on dit plus ballade-en-bagnole-à-la-recherche-de-bestiaux) qui nous mène vers Goas et Noniams. Nous assistons silencieux à l’apéro de quelques gracieuses girafes.
Le soir, nous réitérons l’expérience de l’apéro dinatoire au point d’eau. Décidément, on est abonnés aux rhinos : il y aura jusqu’à quatre rhinos ce soir là. Puis plus rien, une hyène passe fissa. Puis 2 chacals. Puis c’est la calme plat. On va se coucher.
Il y en aura jusqu’à vingt-sept au point d’eau d’Halali
15 Aout 2010 (J18) : Etosha (Halali) - Grootfontein (Roy’s Camp)
Lever de bon matin et tour des points d’eau : Batia, Ngobib, Kalkheuwel, Chudob. Toujours nos troupeaux de springboks agrémentés de Kudus et d’oryx. Quelques zèbres s’abreuvent dans la lumière matinale. Quelques chacals les asticotent, mais pas de prédateurs bien sérieux. Bon, faut dire un truc. Après trois jours, les herbivores à Etosha, c’est à peu près comme les pigeons à Paris : y’a qu’à ouvrir les yeux pour en voir, exception faite des éléphants et des rhinos. Du coup, le voyageur devient bêtement exigeant et se met à rêver léopard et autre guépard. Pause café à Namutoni : beaucoup plus chouette que les autres, ce camp. On poste les cartes écrites ces derniers jours. Dernier game drive avant la sortie et hop là, au détour de Dik-Dik Drive, on tombe sur trois lionnes en train de dormir. Elles doivent avoir le ventre plein, car leur activité n’est pas très élevée. On les contemple en espérant les voir de lever et tout ça mais non, elles ne bougent pas. On est quand même rudement contents. Sur la route qui nous mène à la sortie, on est bloqué par un éléphant qui s’est installé au milieu de la chaussé et grignote quelques feuilles à droite ou à gauche. Il semble respirer la joie de vivre. Nous, on est coincé…
Quelques herbivores se désaltèrent à Kalkheuwel
La sieste des lionnes le long de Dik-Dik Drive
Arrêt à Tsumeb qui est plutôt une jolie ville. Plein d’essence et de victuailles. Un jeune garçon essaye de me soutirer quelques dollars pour soutenir son équipe de football locale qui n’existe pas. Il ne sait pas que ce stratagème a fait le tour des forums de voyage traitant de la Namibie, ce dont je l’informe. Il est penaud et je le comprends : si les petites arnaques sans conséquences des enfants sont contrecarrées par internet, rien ne va plus. En même temps, lui donner quelque chose, c’est encourager la mendicité, ce que ne souhaitent pas les voyageurs sud-africains (largement évoqué sur le forum 4x4community). Il est clair que donner de l’argent à un enfant est déstructurant pour la société. En effet, que deviennent les rapports sociaux si l’enfant, ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle sociale africaine, peut gagner autant d’argent qu’un adulte qui travaille. Après ces considérations, nous nous mettons en route pour Roy’s Camp qui est un endroit assez chouette. Les emplacements sont spacieux et le tout est joliment boisé. Nos voisins sud-africains nous appellent à la nuit tombée pour nous montrer ce qu’ils appellent des « antelopes », à savoir la plus grosse antilope (une chèvre en mieux si peut dire) d’Afrique australe, qu’il est difficile de voir car elle ne sort que la nuit. Elle fait plusieurs centaines de kilos et peut sauter à 2 mètres de haut. Les proprios sont en revanche moins sympas et avenants. Outre le fait qu’ils sont peu causant, ce que je ne peux pas leur reprocher puisque moi non plus (en même temps je n’ai pas décidé de tenir une guest farm), ils ont une façon étrange de traiter leurs employés. Lorsque Hélène demande à partir de quelle heure il y a de l’eau chaude pour la douche, la tenancière répond qu’il n’y a pas à s’en faire car des « ils » allument le feu sous le donkey dés 4h00 du matin, « eux » vont s’en occuper. C’est vraiment chouette cette vie où des « ils » et des « eux » sans titre ni nom, habillés chichement et mal chaussés, s’occupent de toute la logistique. Encore un endroit où il semble que la page de l’apartheid ait du mal à se tourner.
16 Aout 2010 (J19) : Grootfontein - Grashoek (Living Museum of the Ju/'Hoansi-San)
Nous prenons le matin la C44 en direction de Tsumkwe. Nous entrons dans le Bushmanland. Objectif du jour, la visite du Grashoek Living Mueum, un village « traditionnel » destiné à présenter la culture bushman aux visiteurs. Peu après la barrière vétérinaire, nous quittons la piste et obliquons vers le nord en direction de Grashoek. Après quelques kilomètres de piste kalaharienne avec des passages en sable profond et après avoir difficilement croisé un overland truck bougon pas décidé à partager le moindre centimètre de piste, nous arrivons au village. Un guide se dirige vers nous pour savoir quel type de visite nous voulons. Il parle un anglais approximatif mais suffisant. On se met d’accord : tour du village moderne puis activités culturelles. Le tour du village moderne en premier, c’était l’erreur. Nous voilà propulsés dans les arcanes d’une société totalement déstructurée. Les Bushmen étaient des chasseur cueilleurs, peu nombreux puisque quelques dizaines de milliers dans l’immensité du désert du Kalahari. Le jeune état namibien, comme d’ailleurs sont voisin botswanais, a donc décidé de les sédentariser et la chasse est aujourd’hui illégale. L’espoir de l’Etat était que des chasseurs cueilleurs deviendraient éleveurs en une génération : peine perdue, il nous a fallu quelques centaines de milliers d’années, ça peut surement aller plus vite, mais assurer cette transition en 20 ans, c’est illusoire. Les bushmen vivotent donc de pas grand chose (au Botswana, il y a au moins quelques minimas sociaux, mais pas en Namibie) et s’adonnent autant que faire se peut à leur passe-temps favori : l’alcool. Le village est d’une saleté inouïe, jonché de bouteilles de bière, ça file le blues. Notre guide nous explique que le « projet » de « Living Museum », monté avec l’aide d’une ONG allemande, apporte 50 % des revenus au village et permet d’acheter le fuel qui alimente la pompe à eau qui n’est pas encore solaire (c’est pour bientôt). Il nous explique que ce ne fut pas si simple de faire adhérer les villageois au projet. L’idée de danser ou pratiquer l’artisanat devant des étrangers ainsi que les guider dans le bush ne leur plaisait pas, on peut facilement le comprendre. Petit à petit, les habitants ont réalisé que le projet était aussi un moyen de transmettre et donc de préserver leur culture menacée de disparition, ils y ont adhéré. Après le tour, notre guide nous donne rendez vous au « Living Museum » proprement dit, le temps « d’aller revêtir son habit traditionnelle », il se marre, nous aussi, on sait pas trop à quoi s’attendre. L’organisation est un peu chaotique, mais pas trop, juste ce qu’il faut pour que ce soit détendu. On commence par le module « artisanat ». On apprend d’abord à faire du feu avec deux bouts de bois et quelques herbes, je suis bluffé et je ne sais pas s’y arriverais aujourd’hui. Puis, tandis qu’une des filles se fabrique un arc et une flèche, réalisant un de ses plus vieux rêves, l’autre se fait un collier en coquilles d’œuf d’autruche. Seul notre guide parle anglais, les autres ne parlent que San, entendre cette langue à « clicks » est un vrai plaisir et n’est pas sans rappeler le film « Les dieux sont tombés sur la tête ». Après le déjeuner, promenade guidée dans le bush kalaharien. La promenade est émaillée d’arrêts autour de plantes médicinales ou nutritives. Ces bushmen sont incroyables, ils creusent à la base d’un arbre, déterrent un tubercule, que nous goutons tous : super désaltérant. Un autre : on le presse pour en extraire quelques gouttes d’eau qui, me disent ils « sont largement suffisante pour les désaltérer (personnellement, il me faut 3 à 4 litres pour obtenir le même effet). Nous découvrons l’euphorbia, une plante dont le jus toxique est utilisé pour enduire les flèches destinées la chasse : une fois touché, l’animal s’endort. Nous sommes fascinés de découvrir comment il est possible de puiser les maigres ressources nécessaire à la vie dans cette nature ingrate. La journée se clôt par quelques chants et danses qui seront un peu trop vite envoyés pour pouvoir être réellement appréciés. Bon, OK, c’est assez « touristique », mais que signifie touristique dans cette région du monde. Et puis après tout, je suis « pour » les trucs touristiques de ce genre. Personnellement, si 8 touristes japonais dont je ne parle pas la langue devaient débarquer au beau milieu de mon salon pour le visiter, je souhaiterais : 1) être prévenu de leur venue ; 2) en connaître l’heure ; 3) avoir un interprète ; 4) toucher un partie substantielle de ce qu’ils ont payé pour cette visite. A mon sens « l’authentique » est une vision de l’esprit. S’il existe des peuplades reculées qui ont la chance (?) de ne pas être parasitées par notre tourisme, alors laissons les tranquilles ou laissons les ethnologues dont c’est le métier nous écrire d’intelligents ouvrages que nous pourrons prendre plaisir à lire. Nuit au camping communautaire : simple petite clairière équipée de toilettes sèches. La boerwurst n’est pas à tomber, mais le Pinotage de Nederburg se laisse boire. Cette nuit dans le Kalahari est calme et fraiche.
Le village « traditionnel »
Percer les coquilles d’œuf d’autruche pour en faire un collier
La confection d’un arc
En route dans le bush
Déterrer les précieuses racines gorgées d’eau
Quelques danses…
17 Aout 2010 (J20) : Grashoek - Dobe
Départ de bon matin pour Tsumkwe, ville située à la frontière du Botswana où nous arrivons après 2h30 de route et en ayant pris de multiples auto-stoppeurs, dont pas mal écoliers. Les Bushmens nous expliquent qu’ici, les gens n’ont pas de voiture et que les transports en commun sont rares dans le Kalahari. Pour aller au lycée, les enfants doivent parfois compter une journée de route, faite de multiples sauts de puce en minibus ou auto-stop. Rapidement, la voiture déborde. Tsumkwe est une ville assez glauque. Pourtant, j’aime l’ambiance des villes frontières au milieu de nulle part. Mais Tsumkwe, ça ne le fait pas. Les rues sont remplies de Bushmens errant à la recherche d’alcool, dont ils financent l’achat en mendiant ou en vendant pour un prix dérisoire les bijoux qu’ils ont fabriqués. Nous avions dans un premier temps pensé dormir au Tsumkwe Country Lodge. L’endroit ressemble à un camp de prisonniers : barbelés électrifiés montant à 4 mètres, baraquements en taule faisant office de bungalow, sol poussiéreux et emplacement trop proches les uns des autres. Il va falloir trouver autre chose… Nous faisons un bref tour à la boutique « Mi wi a » (ça veut dire merci en San) où nous achetons de l’artisanat bushman. Recommandée par le guide Bradt, cette boutique tenue par un couple de missionnairevend pour un prix raisonnable de l’artisanat bushmen. Les profits réalisés permettent d’acheter de la nourriture pour les communautés environnantes. Certes, c’est plus cher, que les 15 N$ que coute un bracelet vendu dans la rue par une femme enceinte, mais il y a une chance que le bébé qu’elle porte dans le ventre ne soit pas confit dans d’alcool.
Après cette étape, nous passons la frontière vers 14h00. Le poste a un côté « bout du monde » : une cabane de chaque côté, quelques tentes et hamacs pour le sommeil des douaniers, une barrière métallique entre les deux pays. Sur le registre, nous sommes le troisième véhicule de la journée et il en passe rarement plus de cinq, parfois aucun. Les douaniers sont dans l’ensemble sympathiques, peut être un peu plus côté botswanais. Le GPS pète un câble : il refuse que nous poursuivions plus à l’est et prétend qu’il n’y a plus de piste, « demi-tour, demi-tour, demi-tour… ». Pauvre appareil, on le plaint et on l’éteint. Ahhh, si on pouvait faire pareil avec les enfants... Les 500 premiers mètres de piste botswanaise sont en sable profond, mais ça passe bien. La piste est ensuite de qualité moyenne. Il se fait tard, il est clair que nous ne pourrons pas atteindre Maun. Il va falloir trouver un endroit pour dormir. De fil en aiguille nous sommes hébergés par Driess et Elsa, un couple de missionnaires qui vivent là avec leurs deux enfants, une grande fille de 4 ans et un bébé de 6 mois. Ils ont installé une pompe à eau qui permet aux Bushmens résidant alentours de ne pas passer la moitié de leur journée à chercher de l’eau. Ils aident aussi les communautés à constituer leur dossier de demande de passeport, ce qui leur permet de maintenir le contact avec les communautés namibiennes. On visite leur petite église. Driess nous dit que l’évangélisation n’est pas sa priorité, on n’a pas de moyen d’en être certains. On n’est pas fans de religion et encore moins d’évangélisation, mais je dois dire qu’il est difficile de rester indifférent au choix de vie de Driess et Elsa qui sont si isolés, à quatre heures de la première ville (Grootfontein ou Maun), sans médecin alors qu’ils ont un petit bébé. Les parents d’Elsa, sont venus leur rendre visite depuis la région du Cap et ont apporté un poisson de mer exquis qu’ils ont réussi à garder surgelé tout au long du trajet. Nous sommes invités à partager ce dîner de fête et somme autorisés à dormir dans la cours de la mission. Pas de vin ce soir, ce n’est pas dans les habitudes de la maison. Leur bébé a une gastro et ils ont un peu de mal à s’en sortir : on leur laisse de l’eau minérale et de quoi faire de l’eau de riz.
18 Aout 2010 (J21) : Dobe – Maun (Maun Rest Camp)
Les 120 km de piste jusqu’à Nokaneng sont parcourus en 2h30. La piste est de mauvaise qualité, parfois défoncée et parsemée de nids de poule, parfois pas mal ensablée. Le reste se fait sur une route goudronnée en bon état. Le paysage est assez monotone. Après 3h00 supplémentaires de route, une barrière vétérinaire où nous découvrons un oiseau encastré dans le pare-choc (le policier se marre : les oiseaux morts, je les laisse passer, même si c’est de la viande crue, ouaaaaarf) nous arrivons à Maun Rest Camp, notre destination. Deux bonnes nuits dans un lit douillet avec douche chaude et non rationnée, ça va être bon ! Nous sommes accueillis chaleureusement par Simon et Joyce, la soixantaine, propriétaires des lieux et guides de leur agence de safari. Simon sera notre guide dans Moremi et Chobe et il nous parle du programme des 5 prochains jours, qui nous emmènera de Maun à Kasane. Apéro à base de Chardonnay de chez Chamonix (la version standard, pas la réserve) et bacon grillé.
19 Aout 2010 (J22) : Maun (Maun Rest Camp)
Le matin, nous attendons le gars de l’agence qui doit récupérer le 4x4 que nous rendons à Maun. On s’attend à voir arriver 2 gars en auto. Pas du tout : c’est un gars tout seul, à pied, qui se présente, pile à l’heure. On lui offre le café et quelques biscuits et il nous raconte qu’il a quitté Windhoek il y a 48h00 et qu’il est venu… en stop. Il est arrivé hier soir à Maun, a trouvé où dormir et s’est fait bien propret ce matin (polo à l’effigie de la compagnie, badge nominal), puis est venu à pied (6 km) jusqu’au camp. Epatant la Namibie, je comprends pourquoi ça n’était pas si cher de rendre l’auto à Maun. Après un bref tour de la voiture, il rentre à Windhoek et nous dépose en ville en chemin. Le Botswana, ça nous change franchement de la Namibie. A côté, c’est une bouffée d’oxygène. Les dames se promènent en ville avec leur sac à main, les touristes ont leur appareil photo en bandoulière, il n’y a pas de vigile à chaque parking, les maisons ne ressemblent pas à des forteresses. Personne ne nous aborde pour nous vendre quelque noix gravée à notre nom ou autre hippo sculpté. On est transparent : le bonheur ! Les clients des boutiques sont majoritairement noirs, de même que les conducteurs d’auto. On serait resté seulement en Namibie, on n’aurait pas cru ça possible dans cette région du monde. Bon, comparé, à l'Afrique de l'Ouest, les rapports sont beaucoup plus distants. Je comprends que cela puisse être frustrant. Cela dit, après la Namibie, quel bonheur. Après quelques courses, direction l’aéroport où nous déjeunons fort bien chez Hillary’s. En fin de journée, nous attend une surprise que j’ai préparée pour toute la famille : le survol du delta de l’Okavango en avion. L’avion est un Cessna 6 places. Le pilote nous détaille le plan de vol et hop, c’est parti… Sauf que la porte de l’avion ne ferme pas. Il joue du tournevis et du ruban adhésif, mais sans succès. Finalement, il claque la porte et la ferme à clé depuis l’extérieur en passant sa main par la fenêtre… This Is Africa (TIA). Le vol et superbe, ce d’autant plus qu’en raison de multiples contre temps, nous ne décollons qu’en toute fin de journée, à l’heure où la lumière est la plus belle et la plus chaude. Les paysages sont magnifiques : rencontre de la terre et de l’eau, prairies inondées, bras de rivières, lacs… Pour le gibier, c’est pas trop ça : on voit ça et là quelques éléphants, buffles et girafes, mais compte tenu de l’altitude et de la vitesse, pas vraiment le temps de les admirer. Dernier T-bone et on l’accompagne de quelques restes de des vins des derniers jours. Bref, on finit les bouteilles.
Plaines inondées du delta de l’Okavango
Un peu la même chose
Quelques gracieuses girafes, mais comme vous pouvez le constater, on est un peu loin quand même
20 Aout 2010 (J23) : Moremi (Third Bridge)
Départ à 7h00 du matin. Simon passe nous chercher. On monte dans le Land Cruiser qui est chargé à bloc et tire une bien lourde remorque. Simon est au volant. Il est accompagné de son assistant, Mr B.
Notre convoi au départ pour Moremi
Deux heures de piste en nous voilà dans le parc. Simon explique la règle de base : lorsqu’il voit un animal intéressant (en même temps, ils sont tous intéressants, il n’y a pas de pigeon gris parisien), il arrête le camion, tout le monde reste silencieux, contemple la nature et, seulement après un moment, on peut parler et il nous explique. Nous avons adoré cette façon de faire, ce calme qui a entouré la nature tout au long de nos cinq jours de safari avec Simon qui par ailleurs n’a jamais été avare d’explications. Pause café au bord d’une sorte de lagon, pas loin de First Bridge. Il s’agit d’une petite plaine immergée dans laquelle broutent des impalas. Le spectacle est magique. Nous rejoignons ensuite notre campement. Il s’agit d’un petit bois non loin de Third Bridge. L’endroit est isolé et calme. Nous sommes seuls. Après un rapide déjeuner, nous laissons non sans culpabilité (mais rassurez vous, cette culpabilité est vite oubliée) Mr Botsalano (Mr B) monter le camp et nous voilà partis dans la région de Third bridge. Et là, juste de l’autre côté du pont : rencontre avec une troupes de lions. Elle est composée de 4 femelles et 2 males. La troupe vient de tuer un buffle et festoie joyeusement. Le buffle est déjà sérieusement entamé. L’essentiel de l’existence des ces gros chats est consacrée à ce qu’un humain qualifierait de « sieste sans fin » , parfois émaillée de périodes d’intense activité consistant en quelques paresseuses roulades dans l’herbe. Exceptionnellement, l’un d’eux se lève et se traine péniblement jusqu’aux restes du pauvre buffle et mange quelques bouchées de tartare. Puis, retour à une sieste bien méritée. Fascinés, nous les observons pendant de longs instants, somme toute assez envieux de cette existence faite de saines activités.
Third Bridge, qui nécessite quelques réparations
En arrière plan, la carcasse du buffle
Après un bon et sain repas de buffle vient une sieste réparatrice et méritée. On les envie, non ?
Direction Fourth bridge où nous apercevons une harde d’éléphants en train de se désaltérer. Au bout d’un certain temps, Simon nous dit « ils vont traverser le bras d’eau, c’est certain, mais où ? ». Le chasseur pense et parle, observe le terrain, puis choisit le meilleur emplacement. Et en effet, au loin, les éléphants commencent à traverser. Ils se rapprochent progressivement. Le moteur est coupé, nous sommes silencieux, ils passent autour de nous en nous ignorant, de vieilles mamies guident la harde, les mères protègent les éléphanteaux parfois très jeunes, il en passera des dizaines… Retour au camp à la tombée de la nuit. Et là, non, je ne rêve pas, un vrai spectacle nous attend. Mr B a transformé notre petit bois en palace. Au milieu, une table est dressée, recouverte d’une nappe blanche. Les verres à vin n’attendent plus que le nectar réparateur. Les tentes sont disposées autour, garnies de matelas douillets et de couettes. Pour les commodités, ont trouve une tente pour les toilettes et une tente douche. Après un brin de toilette, l’apéro est réparateur. Simon et Mr B cuisinent au feu de bois et préparent le premier des dîners qui composeront ce que nous avons résolument appelé le « safari gastronomique ». Au menu : un poulet rôti accompagné de brocolis et d’une sauce à la crème et aux champignons. Parfois, j’en rêve encore la nuit.
Fourth Bridge, coupé en son milieu
La harde d’éléphant traverse le bras d’eau
Ils s’approchent lentement de nous. Nous restons zen
21 Aout 2010 (J24) : Moremi (Third Bridge)
Les rugissement ont commencé vers quatre heures du matin, subreptissement, progressivement… Ils se sont rapprochés lentement. Honnêtement, nous n’avons pas fait les fiers, même si Simon nous a répété maintes fois que « hormis avec les babouins, il n’y a jamais d’incident dans une tente fermée ». Lever en fanfare à six heures et demi : « baptême du feu, baptême de feu, les lions ne sont pas loin ». Sans boire et sans manger, nous montons dans le 4x4 et partons à la recherches des félins. Nous tournons une demi-heure. En vieux chasseur, Simon suit les traces sur le sable des pistes. En fait, ils sont à moins de 100 mètres du campement (est ce réellement une bonne nouvelle ?). Monsieur Lion appelait depuis longtemps et ses désirs ont été exaucés ce matin puisque madame Lionne vient d’accourir. Et l’accouplement commence. Je dis commence, parce qu’il durera quatre jours et quatre nuits. Eh oui, ne souriez pas l’air rêveur… Ce au rythme d’une tentative toutes les quinze minutes… Nous les contemplons immobiles. Ils répètent interminablement la même séquence : ils marchent côte à côte, monsieur grimpe sur madame, s’y prend mal, agace madame qui rugit et fait mine de le mordre. Puis ils se reposent dans l’herbe haute et sèche, se redressent, puis marchent côte à côte…
Notre voisin de camp, sympathique, souriant, conciliant et festif. Bon, en vrai, j’avais jamais imaginé que je verrai un jour un lion male d’aussi près
Retour au campement pour un solide petit déjeuner et départ pour le game drive du matin. Il est fructueux : hordes de zèbres, familles de girafes, et une harde d’éléphants en plein repas de feuilles d’acacia. Retour au campement pour la pause de midi qui est suivie d’une douche et d’une petite sieste. C’est dingue, moins ont en fait, plus on est fatigué. Je l’ai toujours dit : y’a pas plus épuisant que les vacances. Le game drive de l’après midi a lieu dans la zone de Xakanaxa. La zone est plus boisée et le gibier est moins visible. Nous y voyons des familles de babouins et de vervet monkey ainsi qu’un troupeau de gnous. J’ai personnellement une fascination pour le gnou. Cet herbivore est relativement peu élégant, mais le côté « punk » de sa crinière lui donne une allure rebelle et malicieuse qui ne me laisse pas indifférent. Chaque arrêt est émaillé des commentaires de Simon sur la vie des animaux rencontrés. Ses connaissances sont impressionnantes. Les espèces ne semblent pas à avoir de secret pour lui (en même temps, je ne suis pas allé vérifier). Nous ne regretterons jamais l’option « Simon ». Seuls, nous aurions vu des animaux sans vraiment comprendre ce que nous observions. Certes, on y a perdu dans le côté « aventure », mais on y a gagné autre chose, et quelle autre chose ! Retour au camp au coucher du soleil. Les lions d’hier ont terminé le buffle. Au menu ce soir : une cottage pie (hachis Parmentier exquis) cuit au feu de bois arrosé d’un Cabernet Sauvignon de chez Spier. Nous n’avions jamais passé des vacances comme ça, à se faire promener et à manger de bonnes choses. Comme notre banquier ne nous le permettra plus avant un bon moment, on en profite bien.
Sympathique petit famille de zèbres dans un sous bois
Non loin, un troupeau de non moins sympathiques gnous
C’est vrai qu’ils ont un look de punk ces gnous
22 Aout 2010 (J25) : Moremi-Third Bridge
Dernière journée à Moremi. Les rugissements ont à nouveau commencé vers quatre heures. « On s’y habitue » serait un bien grand mot, mais il faut bien dire que c’est toujours aussi excitant. Nouveau réveil en fanfare : « ils ne sont pas loin, ils ne sont pas loin… ». Départ à l’aube, emmitouflés dans les polaires, coiffés de bonnets, on part à la recherche des lions. Il est là, juste à la sortie du campement, c’est un jeune mâle, seul dans les herbes hautes. Au loin, les babouins crient dans les arbres. Pourtant, ils sont loin. Et tout à coup, nous la voyons, la frayeur de ces braves babouins, une belle lionne d’âge mûr. Elle est en chaleur, elle a entendu le lion appeler, elle accourt… Et de deux, nous voilà partis pour 4 folles journées. Notre campement est maintenant entouré de deux couples de lions en train de s’accoupler répétitivement. Cette deuxième rencontre est aussi magique que la première.
Monsieur et Madame dans le bush…
Solide petit déjeuner, puis game drive dans la région de Third bridge. Beaucoup de troupeaux d’oryx et de kudus, mais aussi des troupeaux d’impalas. Simon débusque des animaux que nous n’aurions jamais vus de nous même. L’âme du chasseur est en lui et on la sent présente à tout instant. Je n’ai pour ma part aucune attraction pour la chasse ni empathie pour les chasseurs, je me contente des bons produits finis de mon boucher. Néanmoins, force est de reconnaître que ce gars sait « lire la nature ». Nous apercevons quelques crocodiles au bord des étangs. L’après-midi est consacré à Mboma Island. Le bush est épais et les animaux moins visibles, mais le paysage est magnifique. Ici, l’eau et la terre se rencontrent, se mélangent et ne font plus qu’un. Au retour, quelques girafes nous saluent au coucher du soleil. Inoubliable.
Sur les routes inondées de MBoma Island
Une girafe nous salue à la tombée du jour
23 Aout 2010 (J26) : Moremi (Third Bridge) - Chobe (Savuti)
Simon nous a prévenu : cette journée, vous allez vous en souvenir, mais pas en bien ! Il avait tout à fait raison, ce fut pénible. Chargés comme nous l’étions, il était préférable d’éviter les pistes inondés de North bridge et Khwai. Nous partons donc pour Xakanaxa, puis piste droite et rapide jusqu’à South gate. Après cela, direction Madabe Gate, puis la piste de Sand Ridge. Sans être bien folichonne, cette dernière piste offre de belles vues sur les forêts d’arbustes aux couleurs automnales. On arrive à Savuti vers 15h00. La route a été longue, très longue. Heureusement, je ne conduisais pas. Le départ pour le game drive est quasi immédiat. Honnêtement, j’ai été assez déçu par la région de Savuti. Le gibier était peu dense, mais c’est peut être aussi la fatigue. En discutant, j’ai fini par comprendre que Savuti vivait une période de transition. En effet, depuis que le Savuti Chanel s’est remis à couler sous l’effet de la tectonique des plaques, les autorités du parc on arrêté les pompes électriques qui alimentaient pendant la saison sèche les points d’eau (Pump Pan, Marabu Pan) qui rendirent jadis Savuti célèbre puisque c’est au bord de ces points d’eau que les lions avaient développé une clélèbre technique de chasse à l’éléphant immortalisée dans plusieurs documentaires. Néanmoins, il semble qu’une large partie de la faune n’est pas encore informée et que les prochaines années devraient être fastes si ce n’est tout simplement fabuleuses. Pour notre part, nous avons trouvé que la vue de pans en béton vidés de leur eau et sans animaux autour était un peu déprimante. Bon, OK, c’est qu’une question de point de vu. Toutefois, en bon parisien, je sais apprécier le béton et là, ça n’a pas été le cas. « La » rencontre de la journée a lieu alors que nous rentrons au campement : un léopard allongé sur un rocher. Il est un peu loin, mais non moins élégant. Il nous regarde, impassible. Nous nous extasions devant l’élégance de cet animal. Cette rencontre réjouit notre fin de soirée. Le filet de bœuf botswanais grillé aussi. Une fois de plus, Simon est intarissable. Il nous raconte les grandes chasses des années 70, l’aristocratie français et britannique dans la brousse, les dîners en smoking et robe du soir au beau milieu du delta.
24 Aout 2010 (J27) : - Chobe (Savuti) - Chobe (Ihaha)
Aujourd’hui, nous devons rejoindre Ihaha, la route sera à nouveau longue. Avant le départ, Simon nous emmène voir le soleil levant sur les Savuti Marshes. Le spectacle est de toute beauté. On reste là, scotchés comme des ânes, à regarder le disque solaire rougeoyant s’élever au dessus de la brousse parcourue par la petite rivière. Il nous a fallu quatre heures et demi pour rejoindre Ihaha : ce fut un peu longuet, surtout que la première partie de la piste n’a rien de très belle. Un rencontre furtive avec un guépard égaie cette morne route.
Lever de soleil sur les Savuti Marshes. OK, j'avoue, on pourrait être dans le Berry. Mais on y est pas !
Rencontre furtive avec un guépard
S’ensuit une route en voie d’être goudronnée par des ouvriers… Chinois. Complètement décalé ce campound chinois au milieu du Botswana.
Surréaliste le campound chinois au beau milieu de la brousse botswanaise
Enfin, nous entrons à nouveau dans le Chobe et là, là, là… La magie opère. Le spectacle qui s’offre à nous dépasse de loin mes rêves d’Afrique. Au fond de la vallée court la rivière Chobe. De part et d’autre de la rivière, waooooooow, des…milliers d’animaux paissent, broutent et s’abreuvent. Il est difficile de ne pas tomber sous le charme de cette région. On se croirait vraiment dans le Roi Lion. Au sud : les zèbres. Enfin, disons, les troupeaux de centaines de zèbres. Au nord, les buffles. Enfin, les troupeau de centaines de buffles. Certain se plaignent du côté « touristique » de cette partie du Chobe. Restons raisonnables : nous n’avons pas croisé tant de monde que ça. En tous cas, bien moins qu’à Etosha. Ce fut le plus beau game drive du voyage. Nous garderons toujours en mémoire ces hardes d’éléphants s’abreuvant dans la rivière ou encore ce troupeau de buffle traversant la rivière au coucher du soleil. Dernier dîner en compagnie de Simon, dernières histoires de chasse, dernier dîner au feu de bois… Tout a une fin.
La maman de Babar nous regarde l’air goguenard, mais on sent qu’il ne faut pas trop l’embêter
Babar passe...
Toute la famille se désaltère
Quelques buffles méfiants
Un gros male veille, on l'ennuie pas, c'est inutile
Le troupeau de buffles traverse la rivière Chobe en file indienne
25 Aout 2010 (J28) : Chobe (Ihaha) – Kasane (Chobe Safari Lodge)
Simon nous dépose de bon matin au Chobe Safari Lodge où nous avons réservé pour une nuit (8 mois avant, c’était pas possible d'en réserver deux). La chambre n’est pas prête et ne le sera pas avant longtemps. Gromffff. Le lieu est vraiment chouette, situé sur une boucle de la rivière Chobe. La terrasse surplombe la rivière : café. Après cela, nous nous promenons dans Kasane, une sympathique petite ville qui respire le calme. Tour au marché : petit mais non moins sympathique. L’après midi, les enfants jouent dans la piscine, glaciale comme il se doit et je ne résiste pas à un dernier game drive (organisé par Bushtracks), certes chouette car le Chobe entre Kasane et Ihaha, c’est forcément chouette, mais dépourvu du charme des journées passées en compagnie de Simon. Tout le monde parle, ça manque de calme et les voitures de safari sont nombreuses, ça manque de solitude. Tout ça ne nous empêchera pas voir une troupe de lionnes, mais entourées de tellement de voitures de safari, qu’elles ont de mal à trouver leur chemin. Le soir, nous dinons sur place. Le buffet est cher et pas bon, une fois n’est pas coutume.
Le dîner des girafes
Là, on ne voit pas les voitures de safari, mais je vous promets que c’était le périph à 18h30
26 Aout 2010 (J29) : Kasane (Water Lily)
Comme ils n’avaient qu’une seule nuit de disponible au Chobe Safari Loge, nous avons réservé la seconde nuit au Water Lily, un petit hôtel de Kasane. C’est moins chic mais plus chaleureux. La fin de matinée et le début d’après midi sont consacrés à glander au bord de la piscine, à faire quelques emplettes, musique et tissus notamment. La disquaire me fait écouter les albums qu’elles propose, la musique est diffusées sur la place située devant la boutique, si bien que chacun peut partager ces instants avec moi, heureux ou pas. En fin d’après midi, nous avons réservé une croisière sur le Chobe avec Water Lilly. Nous ne l’avions pas fait la veille parce que la croisière du soir du Chobe Safari Lodge se fait sur un immense bateau avec bar. Ce n’est pas le cas des bateaux du Water Lilly où nous somme une quinzaine à bord. Bon, ça n’est pas une garantie de tranquillité : ça bavarde et ça criaille, mais pas jusqu’au point de nous gâcher la croisière qui est superbe. C’est un peu un safari sur l’eau. On voit des hippos de près, en train de brouter la bonne herbe verte, scrouitch scrouitch. Les crocodiles sont à deux pas. Des buffles puis des éléphants traversent devant le bateau. Les Kudus viennent boire. A la fin de la croisière, le capitaine échoue l’embarcation devant un troupeau d’éléphant et nous admirons le soleil se coucher sur fond d’éléphant. Ca le fait bien.
Un buffle solitaire nous observe
Quelques hippopotames se prélassent lassivement dans la boue. Je suis jaloux.
Maintenant, les hippopotames broutent, toujours aussi lassifs. L'hippopotame : perspective intéressante de réincarnation
Cet oiseau élégant a un nom savant, mais Marabout fait bien l’affaire
Il se confond presque avec l’herbe, c'est coquin
Coucher de soleil sur fond d’éléphants
27 Aout 2010 (J30) : Victoria Falls (Amadeus Garden Guesthouse)
Transfert de bon matin vers Victoria Falls. Le transfert est organisé par le Water Lilly et le chauffeur gère le passage de la frontière d’une main de maitre. Il nous dépose en fin de matinée au Amadeus Garden où nous avons réservé deux chambres payées par virement interbancaire à destination d’un compte en Allemagne. Ceux qui ne veulent pas donner d’argent à Robert s’en réjouiront. D’autre pourraient trouver assez limite ce système d’évasion fiscale. L’accueil est chaleureux. Maintenant habitués au rituel, on s’informe sur les conditions locales de sécurité : « Is it safe ? ». « Very very safe ». Ahhhhhh ? Avec tout ce qu’on entend sur le Zimbabwe ? « Mais ne vous promenez pas la nuit ». Mummmmmm. « Ben oui, avec tous les animaux qui traînent dans les rues une fois la nuit tombée ». Conclusion : ça semble plus cool que prévu. Ben oui, c’est étonnant. En fait, les zimbabwéens, qui restent stoïques dans l’adversité, comptent beaucoup sur le tourisme. De leur côté, nos gouvernements tentent de nous dissuader de dépenser nos bons dollars à Robertland. Lorsqu’on discute avec les zimbabwéens, le message est toujours le même : « il faut que le retour des touristes se passe bien pour qu’il y en ait plus l’an prochain et que la fréquentation redevienne normale et qu'on mange de nouveau à notre fin ». La vie est dure au Zimbabwe. Au supermarché, 1 litre d’huile coute 2 US$, une somme que les zimbabwéens qui ne sont pas en contact avec le tourisme auront beaucoup de mal à débourser.
Direction les chutes. Une fois soulagés des 90 $US d’entrée (pour 4), nous entreprenons l’exploration du site. Bien que ce ne soit que de l’eau qui coule, comme dans mon bain, je ne regretterai jamais cette visite des chutes. D’abord, le bruit, le grondement, la vapeur. Puis, la vue, ou plutôt, les vues. Difficile d’en décrire le gigantisme. De plus, la bruine qu’elle produit en permanence entretient une petite forêt tropicale avec lianes et tout le tralala. Nous contemplons ces chutes depuis chaque point de vue. Elles sont grandioses. Le rêve d’enfance est exaucé. Photos devant la statue de Livingstone, ça le fait bien. Pour se remettre de ces émotions, rien de tel qu’un « high tea » au Victoria Falls Hotel. On se prendrait presque pour des colons britanniques au dix-neuvième siècle. Il ne manque plus qu’un vieux chasseur, une mamie à bigoudis en robe longue et un ou deux espions. Le thé est accompagné d’exquis scones et autres pâtisseries de l’empire. Depuis la terrasse, la vue sur les gorges n’est pas exceptionnelle, mais on voit le nuage dégagé par les chutes. La soirée est consacrée au rangement des bagages, à la répartition habile des affaires de façon à équilibrer les poids et éviter de payer les excédents de bagages.
Elles sont majestueuses ces chutes
Un nuage s’en dégage
Par moments, un arc en ciel est visible
28 Aout 2010 (J31) : entre Johannesburg et Londres
Un dernier petit tour en ville, quelques courses au supermarché. Je trouve quelques sachets de larves de mopane à cuisiner à la maison. Miam miam ! Nous sommes sans cesse abordés par des marchands de souvenirs pour qui la vie est clairement difficile. La pression est élevée, mais sans jamais d’agressivité.
Départ pour l’aéroport qui n’est rien autre qu’un cahute améliorée. Changement à Johannesburg puis à Londres.
29 Aout 2010 (J32) : Paris
C’est le blues…
Nous avons aimé
- Le voyage le plus dépaysant que nous ayons fait.
- Des rencontres riches : fermier Damara devenu guide au Spitzkoppe, guide dans les township de Cape Town, fermier Afrikaner perdu dans le veld, Bushmen dans le Kalahari, missionnaire réformé isolé au Botswana, ex-chasseur britannique devenu guide de safari… Et j’en oublie certainement.
- Des paysages à couper le souffle, des couchers de soleils interminables et inoubliables (dis, pourquoi leur soleil il est plus joli que le notre ?).
- Des campings mythiques perdus dans le rien, des voisins invisibles.
- La faune avec un grand « F ». Je ne ferai pas mon difficile. Les bestioles qu’on a vues, on ne les avait croisées qu’au zoo ou à la télé ou jamais. Impalas, springbok, sable antilope, kudus, oryx, girafes, gnous, buffles et zèbres par centaines, hippos, crocos, éléphants, rhinocéros, guépards, lions et lionnes à foison, léopard (un seul, vu de loin, mon seul regret, comme quoi nous avons été bien servis par dame nature, levons lui un verre sinon deux) et plus d’oiseaux que je ne pouvais imaginer. Ce fut initiatique.
- Faire connaissance avec l’Afrique australe, qui en 20 ans est passée de l’état de champ de bataille à celui de moteur stable de l’Afrique.
- Les ciels bleu-azur sans un nuage, les lumières hivernales.
- La bonne viande, le bon vin.
Nous n’avons pas aimé
- L’ambiance sécuritaire à Cape Town et Windhoek. Pourquoi passer ses vacances dans un camp de prisonniers ? Au bout d’un moment, on s’est mis à en rire. Un peu plus et on faisait le concours de la demeure la plus fortifiée. A côté, les maisonnette du township n’ont pas de barbelés et le guide nous dit : « les blancs, ils dépensent leur argent dans la sécurité. Nous, c’est dans l’instruction ». Bref, la sécurité est avant tout un business florissant.
- Des vieux démons de l’apartheid encore très (trop ?) présent en Namibie. Employés noirs pas très bien traités, baissant la tête quand on leur parle. A Cape Town, c’était pas comme ça. Au Botswana et au Zimbabwe, encore moins. Il reste du chemin à faire. Pour cette raison, je ne retournerai probablement pas tout de suite en Namibie sauf peut être pour aller dans le nord qui semble différent, mais nous n’y sommes pas allés. Il est des gens à qui je ne veux pas donner mon argent. Heureusement, il ne faut pas généraliser : Heidi (Gecko Camp) par exemple ne semblait pas être ainsi.
- Le coût déraisonnablement élevé de certaines activités. Comme dit mon maitre FreeFlyd (forum sud’af 4x4community) : les namibiens arrivent à transformer en activité touristique ce qui ne l’est pas.
Et si c’était à refaire ?
On ne changerait rien, ou pas grand chose On passerait peut être ne journée de moins à Swakopmund. On tenterait de faire un peu moins de route, mais c’est pas si simple que ça de faire moins de route dans cette région. Et puis voilà.
Et maintenant ?
On reviendra (we’ll be back !), pas en Namibie, mais on reviendra, quand notre banquier sera d’accord. Et pour aller où ? On ne sait pas encore. Pour le moment, 3 pistes ou options :
- le Mozambique, histoire de plonger dans l’Afrique lusophone, mais ce sera globalement sans faune, y’en a plus ;
- le Malawi et la Zambie, ça le fait pas mal semble-t-il. Un grand lac, des beaux paysages, pas trop de monde et l’un des plus beaux parc animaliers d’Afrique (South Luangwa) ;
- pourquoi pas le CKGR en Avril, il parait que c’est tout simplement féérique.
J’ai déjà visité plusieurs pays sur différents continents mais pas l’Afrique.
J’envisage de m’y rentre l’année prochaine et j’ai fait quelques recherches. Mon problème tient au budget. Je ne parle pas du prix du billet d’avion mais de la vie sur place.
J’ai ciblé l’Afrique Australe, la Namibie, le Botswana et peut être l’Afrique du sud, sachant que ce dernier est peut-être le moins cher des 3 cités ?!.
Le plus économe est à priori de louer un véhicule si j’ai bien suivi … mais un 4*4 ou une voiture. Le meilleur choix qui apparait me semble être le 4*4 avec tente mais déjà je n’ai jamais conduit de 4*4 et en plus niveau budget c’est élevé, sachant que pour les nuits il faut aussi prendre un camping ?
Le 4*4 me donnera plus de possibilité mais est-il indispensable.
J’ai surtout envie de voir des animaux mais surtout de beaux paysages et faire quelques treks.
J’ai l’habitude de voyager à la root et je me demandais si vous aviez des conseils pour réaliser ce voyage. J’ai moins de 1000 € pour un mois et je compte rester 1 mois et demi je pense.
Avec un tel budget est-il préférable de prendre les moyens de transports locaux mais après de devoir être dépendants de « tour » pour visiter les lieux que je souhaite.
En bref l’Afrique Australe pour petit budget est-il possible ?
Je vous remercie de faire partager vos expériences.
Francois
ps : si vous avez des blogs à faire partager ne pas hésiter
Petite intro. Imaginez un pays dont la superficie est égale à 1,5 fois la France, mais avec seulement 2 millions d’habitants recensés, soit la population du grand Lyon. Si peu de monde pour un si grand territoire. La notion de grands espaces prend tout son sens dans ce pays du sud de l’Afrique. Combien de kilomètres avons-nous parcouru sans voir la moindre présence humaine ? Combien de paysages avons-nous contemplé sans y voir la moindre intervention de l’Homme ?
Ici point ou peu de musées, de monuments. Ou plutôt si. La nature, un musée, un monument, une oeuvre quasi parfaite et permanente. Si belle, si sauvage, si conservée depuis la nuit des temps, la Namibie est un retour à la nature, à ce qu’elle nous apporte de plus beau, dans ses couleurs, ses formes, ses animaux, ses paysages spectaculaires. On y vit au rythme du soleil, les jours sont longs, les soirées sont courtes et les nuits sont bonnes. Les plaisirs y sont si simples, loin des sophistications nécessairement indispensables à l’Occident.
On dit de la Namibie qu’elle est le paradis des photographes. Mais c’est faux. Archi faux. Ce serait plutôt l’enfer. Car tout y est tellement beau et photogénique que l’on passerait les journées l’oeil collé au viseur. A peine avait-on crû avoir le bon angle, la couleur parfaite, le paysage idéal, l’animal dans une posture de magazine, que 50 mètres plus loin, 10 minutes plus tard, tout a changé pour une énième extase. Le tri est impossible, le choix est cornélien. L’enfer.
La Namibie est un pays africain, mais les colonisations d’abord par les Allemands, puis par les Sud-Africains lui ont donné cette rigueur quasi germanique dans l’organisation du pays. Les routes y sont bien indiquées, la propreté est une valeur entretenue (presque) partout, la sécurité est de mise, une sorte d’Afrique pour les nuls qui permet aux novices de ce continent de se lancer sur les pistes sans appréhension. Bien sûr, on y rencontrera souvent ce joyeux foutoir qui caractérise le grand continent noir. Un foutoir qui fonctionne malgré tout, qui s’appréhende avec le sourire et l’esprit du lieu. Un proverbe africain ne dit-il d’ailleurs pas que les Blancs ont des montres et que les Africains ont le temps ... ?
Il y a toujours un envers du décor. Ici, une séparation nette des communautés blanches et noires, une sorte d’apartheid officieux et consenti (encore que), une répartition des biens et richesses peu équitable. Les Blancs roulent en 4x4 onéreux, les Noirs sont contents s’ils peuvent avoir une épave, sinon l’âne ou une paire de chaussure fera l’affaire. Nous avons vu des gens mendier non pas de l’argent, mais de l’eau, de la nourriture, des habits ou des chaussures, bien que ces comportements ne sont pas exclusifs au continent africain. Même si les communautés cohabitent pacifiquement, il semble, vu d’un oeil novice, que la communion entre les ethnies est difficile.
Malgré cela, pour les amoureux de la nature la Namibie est fascinante, belle, sauvage. A l’évidence, vivre l’expérience namibienne en campant nous paraît être la meilleure façon de communier avec son environnement. Mais pour ceux qui sont moins enclin à quitter le confort douillet ou qui rebutent à nomader, les nombreuses lodges luxueuses ou plus modestes sont suffisamment présentes dans tous le pays. Même si la beauté naturelle n’a pas de prix, la Namibie a même eu la brillante idée de s’offrir à tous les budgets.
Petite intro avais-je commencé, donc place à la suite. Nous avons passé 3 semaines palpitantes en Namibie, en voici le détail.
Jeudi 20 et vendredi 21 septembre
Pour atteindre la capitale Windhoek, nous avons opté pour la compagnie nationale Air Namibia, qui a le grand avantage d’avoir une liaison directe avec Francfort et de surcroît par un vol de nuit qui permet de gagner une bonne journée, contrairement au transit via Johannesburg. Premier vol donc entre Genève et Francfort, sans histoire. Ou plutôt avec une anecdote : toutes deux membres de Star Alliance, le billet pour ce trajet a été acheté chez Swiss, mais le vol a été opéré par Lufthansa. Jusque là, rien d’exceptionnel. Par contre, le tarif n’est pas le même pour un même billet auprès des 2 compagnies, Swiss nous ayant permis d’économiser quelques deniers à dépenser sur place.
L’aéroport de Francfort est assez énorme, fonctionnel, mais pas spécialement attractif, mais bon, ce n’est pas la fonction primaire d’un aéroport. Le 737 de la Lufthansa a posé au terminal 1 et Air Namibia décolle en début de soirée du terminal 2, qu’une petite navette rejoint. Attention, si vous venez avec 2 billets séparés, il faut IMPERATIVEMENT repasser par le check-in au comptoir d’Air Namibia pour valider l’enregistrement des bagages, sinon vos sacs resteront à Francfort.
Air Namibia est une petite compagnies. 8 appareils au total, dont deux A340-300 dédiés uniquement à la ligne Windhoek-Francfort. Des A340 assez âgés, sans système de divertissement individuel, mais propre et visiblement bien entretenu par la maintenance de Lufthansa. Les passagers sont quasi exclusivement Blancs, Allemands et plutôt âgés. 9h20 de vol plus tard, nous posons le pied sur le continent africain. Seuls deux guichets de l’Immigration sont ouverts et les fonctionnaires présentes ne sont guère sympathiques pour un premier contact. Deux coups de tampons dans notre passeport et nous voilà prêts à récupérer nos bagages.
A la sortie, un employé de la société Camping-Car Hire est là, avec une pancarte et nos noms. Après plusieurs demandes de devis, cette agence nous proposait le meilleur rapport qualité-prix, pour un 4x4 Nissan double cabine avec sa tente sur le toit. La ville de Windhoek est à 40 km de l’aéroport et nous arrivons au dépôt de l’agence vers les 08h00. Le service est très professionnel, les formalités sont vite remplies, des documents et des cartes routières nous sont remises. Un employé nous décrit le matériel, nous explique en anglais le montage et démontage de la tente. En peu de temps, nous sommes sur la route. A une courte distance de l’agence se trouve un grand centre commercial SuperSpar où nous pouvons trouver de tout pour nos premières courses, y compris une carte SIM locale chez l’opérateur MTC.
Première expérience de la conduite à gauche et en ville de surcroît. Le plus dur est de se faire à l’inversion des essuies-glace et des clignotants. Plusieurs fois, j’indiquais notre direction par un mouvement des balais ... Une fois les courses de base faites, vin sud-africain compris, nous rejoignons la monotone B1 en direction du sud, vers l’Afrique du sud. La route est rectiligne et bordée de plaines. Le temps est nuageux et gris, la pluie menace même.
Petite halte au lac d’Oanab, qui est en fait un resort privé et dont l’accès est payant. Petit pique-nique sous la grisaille au bord de ce lac, qui ne mérite pas le détour. A Kalkrand, première piste, la C21 pour nous enfoncer dans les dunes rouges du Kalahari. La piste est roulante, mais nous nous imposons une limite de 70-75 km/h au grand maximum. De toute façon, la Nissan est équipée d’un tracker. En cas d’accident, l’appareil peut mesurer la vitesse au moment des faits et en cas de dépassement de 80 km/h, tous les frais sont à la charge du conducteur, quelle que soit l’assurance choisie. Ca freine les ardeurs et donc l’allure... Je comprends de toute façon le pourquoi de la limitation à 80 km/h sur les pistes. A cette vitesse, l’avant de la voiture flotte un peu et en cas de coup de volant, le 4x4 se retourne à coup sûr.
Cette portion du Kalahari nous offre ses dunes régulières, au sable rouge, toutes orientées dans le même sens, la piste passant de l’une à l’autre. Magie des voyages, hier en Europe, aujourd’hui dans le Kalahari, dont le nom évoque une Afrique sauvage aux peuplades tribales. Peu avant Hoachanas, nous bifurquons sur la D1268 le long de laquelle se trouve le Bagatelle Game Ranch, notre première étape namibienne. Personne sur plus de 40 km, premier contact aussi avec les grands espaces.
Le Bagatelle est un magnifique endroit, lové entre les sables rouges et les herbes jaunies de cette fin d’hiver, peuplé de Springboks et d’oiseaux colorés. Accueil souriant à la réception et direction le camp, 5 emplacements à l’écart du lodge. Chaque emplacement, suffisamment espacé pour ne pas être dérangé par les voisins, a sa petite cabane en dur, avec douche chaude, lavabo et WC privatifs. Aucun bruit si ce n’est celui des oiseaux et du vent, une nature intacte et sauvage, un petit paradis.
Première cuisine en camping aussi, pas forcément concluante. Nous avons oublié d’acheter des allume-feux, indispensables pour faire démarrer le feu du grill. De plus, le brûleur à gaz n’est pas très puissant, surtout s’il y a du vent. Finalement, nous ferons tout à la poêle, patates rôties et viande de boeuf. Et une bouteille de vin sud-africain. Nous mangeons assez tard, nous devons encore nous caler au rythme local, car la nuit tombe vite. Et la nuit, il fait frais ! Nous pensions pouvoir dormir en laissant ouvertes les «portes» latérales de la tente. Mais nous avons dû nous relever dans la nuit pour nous couvrir d’habits, la température étant vraiment fraîche. Première nuit africaine, au milieu des sables ...
Samedi 22 septembre
Le réveil est évidemment matinal. Les couleurs du ciel au lever du jour sont splendides et les springboks broutent paisiblement dans les herbes jaunies autour de notre 4x4. Le ciel est limpide, mais un vent frais empêche encore le soleil de réchauffer l’atmosphère. Exclu de prendre le petit-déjeuner en t-shirt. Un peu de rangement et nous gagnons la réception du Bagatelle à pied, à une vingtaine de minutes du camp.
Il existe une balade à faire à pied, sans guide, depuis un chemin qui part sur la dune derrière le camp et qui suit sa crête basse sur 4 kilomètres. Une fois la dune atteinte, le chemin disparaît, mais il suffit de suivre les traces de pas et de rester sur le sommet arrondi. Ces dunes n’ont rien à voir avec celles de Sossusvlei que nous verrons dans quelques jours. Elles sont basses et arrondies, rien à gravir. La boucle fait 6.5 kilomètres et il est impossible de se perdre. Les seules recommandations que nous avons eues étaient de ne pas nous aventurer dans les hautes herbes, les serpents commençant à sortir de leur trou après un hiver froid. Et avec les premières chaleurs, les reptiles ont tendance à se prélasser et à ne pas fuir en sentant les vibrations de nos pas. Mais point de serpent ce matin.
A part des springboks et des oiseaux magnifiques, rien. Rien que le bruit du vent, des gazouillis des volatiles et des insectes, rien qu’un paysage d’arbres verts, de dunes rouges et d’herbes jaunies, sous un ciel d’un bleu intense. Rien qu’un patchwork de couleurs splendides, rien que le calme qu’aucun bruit «humain» ne vient troubler. Rien que ça. La sensation est immense, un feeling de sérénité, qui nous accompagnera à plusieurs reprises au long du périple.
Il serait facile de se perdre dans cet immense Kalahari. La dune que nous suivons ressemble tellement à la suivante, laquelle est pareille que celle d’après. En fin d’après-midi, le Bagatelle organise un Drive pour une excursion dans l’immense réserve du domaine et le repas de 3 guépards qu’ils tiennent en captivité dans un énorme enclos derrière la réception. Nous nous contenterons d’un peu de repos et de lecture au soleil. En fin d’après-midi, nous retournons vers la réception et le responsable nous invite à nous rapprocher de l’enclos des guépards, ceux-ci étant couchés près du grillage. Nous pouvons donc les observer de très près, seul le treillis métallique nous séparant des félins. Il nous explique qu’ils ont été récupérés très petits et qu’ils n’ont donc jamais appris à chasser, raison pour laquelle ils doivent les nourrir. Pas de femelle dans l’enclos, car la loi namibienne interdit la reproduction des guépards en captivité, ceux-ci étant dans l’impossibilité d’apprendre la chasse à leurs petits.
Le Bagatelle Game Ranch possède 3 chalets avec terrasse posés sur une dune, face au coucher de soleil. A côté de ces constructions, il y a une autre terrasse depuis laquelle nous observons le sunset sur les sables du Kalahari. Les tons changent au fil de la descente du soleil, les couleurs foncent passant du rouge à l’ocre, fabuleux spectacle naturel.
Notre repas du soir se fera au restaurant du Ranch, tables avec nappe blanche, bougies, pieds dans le sable et service attentionné. Petit moment romantique, un feu brûle gentiment dans une âtre au coeur de la terrasse. Pas de carte ni de menu, excepté pour les vins, nous mangeons la préparation du jour. Filet d’agneau, d’oryx et de springbok, légumes et pommes de terre rôties, un repas succulent pour à peine 200 $ par personne. Avec en prime, une belle cave au prix également doux.
Retour à notre emplacement à pied, sous le clair de lune. Même sans couleur, dans la nuit, la magie du Kalahari opère.
Dimanche 23 septembre
Le froid de la nuit dernière a laissé des traces, donc nous avons fermé les pans latéraux de la tente. Mais en fin de nuit, les parois intérieurs perlent de condensation, il va falloir trouver le juste milieu. Vers 06h30, nous nous levons et ce matin, pas de vent. Le soleil réchauffe donc rapidement la température qui devient agréable au moment de notre petit-déjeuner.
Premier pliage de tente, nous ne sommes pas encore complètement au point. Une fois prêts, nous prenons la D1268 direction Mariental. Il y a un grand supermarché Spar à l’entrée de la ville, sur la gauche, attenant à une station-service. Premier achat de biltong, cette viande séchée de boeuf ou de springbok, émincée en petit morceaux, que l’on trouve partout. Le Spar est largement suffisant pour nous réapprovisionner en fruits, légumes et autres produits.
Retour sur la B1 asphaltée qui sera monotone jusqu’à Keetmanshop. 230 kilomètres sans croiser de villes, villages, exceptés parfois quelques bicoques en tôle au milieu de nulle part. Les plaines s’étendent à perte de vue, dans une immensité impressionnante. A Keetmanshop, nous rejoignons le Quivertree Rest Camp sur la M29, mais des panneaux indiquent l’endroit depuis la B1. Une fois au camp, nous nous renseignons sur les visites à faire à proximité.
Il vaut mieux garder la balade dans la Quivertree Forest pour la fin de l’après-midi et le soleil couchant. Nous partons donc au Giant’s Playground, un enchevêtrement de rochers posés les uns sur les autres dans un décor parfois chaotique. Comment ces rochers se sont-ils retrouvés là ? Pourquoi ici et pas ailleurs ? Mystère de la nature. Un chemin balisé permet de se retrouver au coeur de l’endroit et au gré des changements de direction, il pourrait être facile de se perdre et d’avoir de la peine à retrouver la sortie. Selon l’heure de la journée, les rochers prennent des teintes chaudes donnant un charme supplémentaire à l’endroit.
Retour au camp, directement attenant à la forêt des Quivertrees. Dépliage rapide de la tente à un emplacement sous un arbre, près d’un grill. Les commodités communes sont très propres. Le camp n’est pas très fréquenté, nous pouvions nous poser où bon nous semblait, le choix était large. Nous profitons du soleil, de la lecture et du spectacle animalier. En effet, les oiseaux sont peu farouches et viennent très près de nous. Nous voyons aussi des mangoustes et quelques suricates qui gambadent au milieu du camp. Les mangoustes sont particulièrement appréciées ici, car elles se nourrissent de scorpions, de serpents, ce qui les rend forcément assez populaires. Elles ne sont pas sauvages et s’approchent à quelques mètres de nous.
A 17h00, nous retournons vers la réception, à côté de laquelle il y a des enclos avec des guépards. Les touristes du camp sont invités (gratuitement) à entrer dans les enclos pour assister au repas des félins. Nous sommes une quinzaine à être près des guépards, sans protection aucune, alors qu’une employée des lieux leur donne de gros morceaux de viande. Cela reste malgré tout assez impressionnant, surtout lorsque les félins se lèvent et déambulent au milieu de nous, frôlant nos jambes.
Le conseil était judicieux. La Quivertree au coucher de soleil est à ne manquer sous aucun prétexte tant les couleurs naturelles sont exceptionnelles. Même si nous avons vu des Quivertree dans d’autres endroits de Namibie, il n’y a qu’ici qu’ils composent une forêt. Les tons changent à chaque minute, pour une apothéose orangée au moment où le soleil part éclairer d’autres horizons.
Nous avions retenu la leçon des allume-feux et cette fois-ci, le barbecue est parfait. La nuit sera tranquille, toujours aussi fraîche en cet fin d’hiver africain. Les sacs de couchage sont vraiment limites, voire insuffisants, puisqu’il est impossible d’y dormir sans s’habiller un minimum.
Lundi 24 septembre
Petit-déjeuner au soleil, pliage et rangement. Premier arrêt, Keetmanshop au grand supermarché Spar du centre-ville. A peine garés devant une échoppe, un jeune se présente vers nous et nous dit qu’il ne quittera pas notre véhicule des yeux, que nous pouvons donc aller faire nos courses tranquilles. La ville est majoritairement noire ici et le contraste est immédiat avec la communauté blanche. La pauvreté est visible, beaucoup d’hommes et de jeunes errent sur les trottoirs. Certains viennent mendier une pièce ou de la nourriture, mais sans agressivité.
Le biltong a rapidement été englouti, nous en rachetons. Il se choisit en une seule pièce et il faut ensuite demande de le faire émincer. Au retour des courses, nous donnons 5 $ à notre gardien de voiture qui visiblement est content de son «salaire». Direction la B4 en direction de Aus. Peu après Keetmanshop, la route asphaltée traverse des montagnes, dans des décors splendides pouvant rappeler l’Ouest américain. Puis, ce sera une longue rectiligne à travers les plaines sans relief de cette portion de trajet. A 40 kilomètres de Aus, le paysage redevient extraordinaire, des collines entourant des plaines où paissent boeufs et moutons.
Nous ne nous arrêtons pas à Aus, mais poursuivons 20 kilomètres pour aller voir les chevaux du désert. Leur point d’eau, au coeur d’une vaste plaine, est signalé depuis la route principale et une piste d’environ 2 kilomètres y mène. Ces chevaux sont originaires de la colonisation allemande et sont restés sur place lors du retrait des troupes, s’adaptant à la vie sauvage et à l’environnement désertique des lieux. Ni hostile, ni agressif envers la présence humaine, ils sont des dizaines autour du point d’eau et des environs, sous un soleil de plomb. Certains se chamaillent, des mâles honorent des juments, d’autres sont couchés ou plantés sur leurs 4 sabots.
Au bout de 20 minutes d’observation, un groupe d’une dizaine d’oryx arrive au point d’eau. Les deux espèces s’ignorent royalement et la vasque est partagée sans souci. Même si nous ne voyons «que» des chevaux, les observer dans un cadre si vaste et si naturel est exceptionnel.
Retour sur Aus pour rejoindre notre campement du soir, le Klein Aus Vista Camp. Le camping est séparé de la réception et se trouve 2 kilomètres plus loin, au pied d’une petite montagne. Nous achetons un BBQ Pack pour notre repas du soir (110 $ p.pers.), composé d’une entrée, de viande et de salade, plus un dessert, un vrai repas complet. Au camping, les emplacements sont libres et assez nombreux. Un groupe de camping-car est déjà installé, l’endroit a du succès.
Le must à ne pas rater ici, c’est le sundown trail. Un chemin part sur la gauche du bâtiment des commodités communes, balisé, et mène en 30-40 minutes à un point de vue exceptionnel sur la plaine après Aus. Une étendue de territoire immense s’offre à nos yeux, au soleil couchant. Là encore, nous sommes surpris par l’absence de bruit, hormis le vent. Une fois l’astre couché, il ne faut pas trop tarder en haut, sous peine de redescendre le sentier dans la nuit qui tombe rapidement.
Le feu brûle sur le grill, le vin est débouché, excellente journée dans ce cadre somptueux. Le vent se lèvera pendant la nuit, secouant la tente. Mais la température nocturne n’est pas aussi basse qu’auparavant.
Mardi 25 septembre
A 06h15, le jour se lève et nous aussi. Après les obligations matinales, direction Aus où une station-service au centre du village permet de faire le plein. Aujourd’hui sera une journée de route puisque nous devons rejoindre Sesriem par des pistes, quelque 400 kilomètres plus au nord.
D’abord sur une cinquantaine de kilomètres par la C13, empruntée peu après Aus. Mais l’attraction du jour sera la D707. Parfois caillouteuse, souvent ondulée, nous lui pardonnerons tous ses défauts tant cette piste traverse des paysages somptueux. La beauté est partout, à chaque seconde, à chaque mètre parcouru. Couleurs, reliefs, ciel d’un bleu intense, tout y passe, la nature, intacte et quasi sans intervention humaine, a fait un sacré bon boulot ici. A peine une photo prise, le même paysage est encore plus beau 200 mètres plus loin. Et ainsi de suite tout au long du parcours. L’émerveillement est total au long des 120 kilomètres que cette piste parcourt.
Aux environs de Betta, retour sur la C27 où il y a un petit shop qui propose du ravitaillement, notamment des BBQ Pack et de l’essence. Nous en profitons pour faire la pause de midi, sous un arbre. Des chiens du village viennent vers nous et se couchent à nos pieds, certainement à l’affût de quelque chose qui pourraient tomber de la table.
Il reste 140 kilomètres de piste pour atteindre Sesriem, le long de la C27. La beauté des paysages ne nous quitte pas. Vers 15h30, Sesriem est en vue. Nous nous installons au Sesriem Campsite qui a l’avantage d’être à l’intérieur du parc et de pouvoir donc partir en direction des dunes de Sossusvlei avant les autres. Nous payons les entrées du parc (340 $ pour 2 jours et pour 2 personnes) et un employé du camp nous désigne notre emplacement. Un coin parfait, à l’écart du gros des autres campeurs, sous un grand arbre. Le shop du camp n’offre pas vraiment de ravitaillement, mais plus facilement des boissons fraîches et des souvenirs. Par contre, celui de la station-service à l’entrée de Sesriem est mieux achalandé, on y trouve même de quoi faire des grillades, vu que notre emplacement comporte un grill, comme presque partout dans les campings namibiens.
Vers la fin de l’après-midi, nous allons à la dune Elim, la plus proche du camp. Attention la dune n’est pas mentionnée par un panneau. Il faut donc être attentif au premier chemin sur la droite une fois la grille du parc franchie, après environ 1 kilomètre. Il ne faut pas s’y prendre non plus au dernier moment pour voir le coucher de soleil, car pour aller au sommet de la dune, il faut bien compter 30-40 minutes de marche dans le sable mou. Un pas en avant, deux en arrière ... D’en haut, la vue est splendide sur la plaine de Sesriem.
De retour au camp, nous grillons nos excellentes saucisses, la soirée est agréable, la nuit aussi.
Mercredi 26 septembre
Ici, le lever est matinal car il ne faut pas manquer le lever du soleil sur les immenses dunes de sable de ce parc. Mais il y a des kilomètres à faire pour les atteindre. Certains tenteront d’aller jusqu’à Sossusvlei, mais pas sûr que les 60 km peuvent être parcourus dans les temps. A 06h00, les grilles s’ouvrent et nous roulons. Les limitations de vitesse sont mentionnées à 60km/h, mais tous n’ont pas la même interprétation de ce chiffre, voulant absolument être les premiers et fonçant donc dans la nuit.
Munis d’un thermos de thé chaud, nous nous arrêtons à la dune 45 comme bien d’autres voyageurs. Un petit parking est au pied de l’arête qu’il faut entamer rapidement pour voir le lever du soleil. C’est la queue-leu-leu sur la crête, mais sans le sentiment d’être au milieu d’une foule. Chacun s’arrêtera où il voudra sur la crête, assis dans le sable, à contempler le soleil apparaître derrière les montagnes. Le ciel est un peu nuageux, variant d’autant les couleurs et les tons. Nous nous posons dans le sable, buvant notre thé chaud, bien agréable dans la fraîcheur du matin.
Certains ne feront qu’un passage rapide, mais nous prolongeons le plaisir jusqu’à ce que le soleil nous réchauffe de ses rayons. Nous redescendons de la dune dans les derniers, depuis son sommet en courant dans la pente raide.
Nous poursuivons notre chemin vers Sossusvlei, il reste 15 kilomètres de route asphaltée. Au bout de la route, encore 5 kilomètres pour atteindre le site. Mais 5 kilomètres de sable assez profond, dans lequel s’ensabler est facile. Dégonfler les pneus ? Prendre la navette payante ? Non, nous tentons le coup. Quelques règles de base, récoltées sur les sites de voyageurs et autres blogs : enclencher le 4x4, 1ère, 2ème, prendre de la vitesse, viser une trace existante et y aller à fond sans jamais ralentir. Bien sûr il faut oser. En étant seuls sur la piste, ce serait encore assez facile, mais là, il faut encore tenir compte des autres véhicules, de ceux qui n’osent pas foncer, de ceux qui se sont ensablés ou des navettes qui viennent d’en face et qui ne se poussent pas pour vous laisser la voie libre.
Nous laissons donc de la distance avec ceux qui nous précèdent et nous nous lançons. A fond. Même si cela secoue pas mal, nous gardons notre vitesse, prenons les traces et comptons aussi sur la chance. 5 kilomètres de stress, il faut humblement l’avouer. A part une petite alerte, c’est passé sans encombre. D’autres n’auront pas eu cette veine et auront eu besoin d’aide pour se sortir du sable.
Nous nous arrêtons à Deadvlei en premier, sur un petit parking au sable dur. Un kilomètre à parcourir à pied et nous voilà dans la fameuse cuvette d’un lac asséché, au sol dur et blanc au milieu des dunes rougeâtres, avec sa forêt d’arbres morts. Le site est évidemment exceptionnel. Contraste entre la magie des couleurs chaudes présentes et les arbres morts qui riment avec désolation. Le mariage naturel est pourtant parfait. Chacun recherche LA photo à faire, auprès de chaque arbre, mais tout est si beau. Chaque angle amène son émotion visuelle, il est difficile de faire un choix définitif. Il existe aussi un joli challenge, que nous n’aurons pas relevé. Celui de grimper l’énorme dune qui surplombe le site de plusieurs centaines de mètres en montant par la crête pour ensuite se lancer en ligne droite dans une descente raide dans la pente.
Il reste quelques centaines de mètres pour aller à Sossusvlei, toujours par une piste bien sableuse pour laquelle les recommandations sont les mêmes qu’auparavant. Là, le lac n’est pas asséché, mais le point d’eau est bien présent. Nous grimpons la dune derrière l’étendue d’eau et du sommet, la vue sur l’ensemble du site est difficile à décrire vu sa palettes de couleurs, de courbes. C’est la contemplation depuis le haut du mont de sable, restant assis en silence, à profiter des lieux. Petit plaisir enfantin, la redescente en courant dans le sable.
C’est le moment du retour et de parcourir le bac à sable. Nous gardons le même principe, à fond. Cette fois, nous avons bien failli nous ensabler. Nous avions la bonne vitesse, mais à un passage assez étroit, nous avions choisi une trace identique à celle d’une navette arrivant en sens inverse. Evidemment, son chauffeur n’a modifié ni sa trajectoire, ni sa vitesse. Nous avons donc dû ralentir et la voiture a fini par se planter. Réaction immédiate, enclencher le 4x4 petite vitesse, marche arrière, marche avant et on s’en sort ! Une fois de retour dans une trace, nous revenons sur le 4x4 conventionnel et nous pouvons reprendre de la vitesse. Ce n’est pas passé loin ... Notre coffre n’a pas particulièrement apprécié l’exercice, il en est tout chamboulé.
De retour sur l’asphalte, nous voyons quelques 4x4 regonfler leurs pneus avec le petit compresseur fourni avec le véhicule. Petit compresseur qui permet de revenir à la pression initiale, mais il faut du temps, il n’est pas puissant.
Vers 15h00, nous sommes de retour au camp pour profiter du soleil, faire lessive et vaisselle. L’excursion de Sesriem est un must. Les paysages y sont juste époustouflants et les Namibiens ont l’intelligence de préserver l’endroit en le réglementant. La fin de l’après-midi est tranquille sur notre emplacement de choix. Par contre, dès la nuit tombée, la fraîcheur revient et nous promet une nuit assez froide.
Jeudi 27 septembre
Ce matin au réveil, surprise. Sesriem est noyé dans un brouillard épais et il fait donc bien frais. La polaire est de rigueur pour le repas du matin. Le soleil ne percera que vers 09h30 pour laisser la place à un ciel limpide.
Nous faisons le plein à la station de Sesriem où le jeune pompiste parle football. Il connaît tout sur le club d’Arsenal et rêve de devenir une star du ballon rond, tout en restant bien lucide sur le fait d’y parvenir. Le contact avec les gens n’est pas toujours facile, notamment avec les Noirs qui semblent avoir une certaine réserve ou retenue avec les Blancs (et inversement d’ailleurs). Un sourire, un encouragement, une plaisanterie débloque souvent ce sentiment. Le plein met du temps car la Nissan est équipé d’un double réservoir ne permettant pas un débit rapide.
Solitaire est à environ 90 kilomètres par une piste parfois parfaite, parfois ondulée. Solitaire porte assez bien son nom. Une station-service, un lodge/camping et une boulangerie ! Et rien d’autre. Un petit air de Far-West américain avec ses carcasses de vieilles voitures au milieu des cactus, son ambiance Bagdad Café. Une boulangerie. Mais pas n’importe laquelle. Une boulangerie qui propose des gâteaux et autres pâtisseries à tomber. Des cakes, des brownies, des strudels aux pommes, tout y semble frais et succulent. Une véritable caverne gourmande. Qui doit faire son (pur) beurre, tous les voyageurs dans cette région y faisant un stop.
Nous n’y ferons bien entendu pas exception avec une belle part de strudel, voire de crumble.
Retour sur la piste pour une trentaine de kilomètres en direction du Gecko Camp sur la D1275. Nous sommes accueillis par une employée, les patrons s’étant absentés à Windhoek. Nous pensions profiter du dîner organisé par le camp, mais en l’absence des propriétaires, cela ne sera pas possible. Nous arriverons tout de même à acheter un BBQ Pack qui nous permettra de faire un grill.
Notre emplacement, le Hilltop, est juste époustouflant. Comme son nom l’indique, il est au sommet d’une colline qui domine la savane qui s’étend à nos pieds, à perte de vue jusqu’à venir s’arrêter au pied de montagnes, à des dizaines de kilomètres au loin. Comme le dit la publicité du camp, un décor digne d’Out of Africa. Il y a sur cette colline une petite construction, le Lapa, où sont organisés les repas. Une salle splendide, pied dans le sable, au mur de bois et de pierre ornés de décorations locales. Pas de repas pour nous malheureusement. Le seul qui aura eu la chance d’y manger, c’est le serpent qui se trouve dans le vivarium. Au moment de notre arrivée, c’était l’heure du rongeur mensuel. Une souris vivante a donc été jetée dans le vivarium et le reptile n’a pas mis long avant de l’attraper et de le gober lentement. Spectacle toujours impressionnant tant les mâchoires du serpent sont élastiques.
Plus qu’ailleurs, du haut de cette colline, les seuls bruits que nous percevons sont ceux de la nature. Vent, oiseaux, insectes, une impression de sérénité, de communion avec la nature que nos vies et nos environnements d’Occidentaux stressés ne permet plus. L’après-midi est consacrée à profiter de ce cadre si majestueux. Le soir, nous grillons notre viande achetée au Gecko. Le vent souffle fort et une fois le soleil disparu, dans des couleurs évidemment magiques, la fraîcheur du soir nous oblige à nous habiller plus chaudement.
Vendredi 28 septembre
Autant le coucher du soleil était grandiose, autant son lever est également splendide. Nous prenons notre petit-déjeuner dès que le soleil apparaît et réchauffe la peau. Rangement et nettoyage avant de redémarrer par la route C14 direction Walvis Bay. Ce sera une journée de route assez pénible. Pénible, car les pistes du jour sont peu roulantes, caillouteuses et ondulées. Même si certaines portions du trajet, notamment le Kuiseb Pass, sont magnifiques. De Kuiseb à Walvis Bay, les plaines se font de plus en plus désertiques dans les paysages et la piste est peu fréquentée. Si nous avons croisé 4 ou 5 véhicules de la matinée, c’est un maximum.
Walvis Bay est en vue, mais le vent qui souffle extrêmement fort provoque un énorme nuage de sable qui donne une impression de fin du monde, avec une couleur brunâtre étrange qui enveloppe les environs, une visibilité fortement réduite et une lumière qui s’assombrit. La ville de Walvis Bay est évitée par une large route d’évitement direction Swakopmund, trente kilomètres plus loin. Arrivés dans cette ville, le nuage de sable a disparu, Swakopmund n’étant pas entourée par des dunes comme sa voisine. L’architecture urbaine est autant allemande que le nom de la cité, cela surprend.
Nous faisons les courses dans un supermarché, mais nous demandons aussi l’adresse d’une boucherie que nous trouvons sans souci. Les supermarchés ne proposent que rarement de la viande sauvage, alors que les boucheries en ont. Donc pour ce soir, achat de steak de springbok et de koudou, viandes succulentes et tendres.
Le vent est toujours violent et il fait carrément froid. Nous nous rendons au camp Alte Brücke, légèrement à l’écart de la ville en bord de mer, mais très facile à trouver. Chaque emplacement a son petit carré de pelouse, un grill et ses sanitaires privés. Bien organisé, propre comme toujours.
Une fois le repas de soir pris, nous montons dans la tente vu le froid ambiant et le vent. Lecture à la lampe de poche, avant de nous endormir assez tôt.
Samedi 29 septembre
Au réveil, l’extérieur de la tente est trempé à cause de la rosée. Nous nous levons vers les 06h45, pour le petit-déjeuner. A 08h00, un 4x4 de Laramon Tours vient nous prendre à la réception de l’Alte Brücke pour nous emmener à Walvis Bay. Nous allons passer la journée en sortant sur l’Océan, le matin, puis en excursion dans les dunes de Sandwich Harbour en 4x4 l’après-midi. La voiture est là et direction Walvis Bay, 30 kilomètres plus au sud.
Toutes les agences qui proposent des tours similaires sont au même endroit. A 09h00, le bateau part en mer et nous sommes une petite vingtaine de touristes à embarquer sur le catamaran. Le vent est tombé et la mer est calme, Walvis Bay étant dans une baie protégée des courants du large.
A peine avons-nous navigué 10 minutes qu’une otarie monte à l’arrière du bateau, sans prévenir. Une dame qui se trouvait à l’endroit même où le mammifère est apparu a la peur de sa vie et pousse un cri de surprise. Les otaries connaissent bien le jeu, elles reçoivent des poissons sur tous les bateaux qui sortent en excursion. Après quelques explications sur l’animal, le show commence puisque l’otarie grimpe sur les genoux des personnes assises, n’ayant aucune crainte des humains. Chacun y va de sa photo avec l’animal qui semble ravi d’être la star. En même temps, de gros pélicans viennent se poser sur le bastingage du bateau, nous pourrions presque les toucher. Un employé de Laramon siffle et l’oiseau vient chercher des poissons qu’il attrape au vol. Malgré le côté amusant, nous ne sommes pas dans un zoo, et ces animaux, bien que presque domestiqués, évoluent dans leur élément.
Vers le bout de la baie, nous approchons de la terre et nous pouvons voir sur des plages désertes des colonies d’otaries se reposant sur le sable. Il y a là des centaines de mammifères, soit dans l’eau, soit sur la terre ferme.
Cap ensuite plus au large, juste à la sortie de la baie, à la recherche des dauphins. Les vagues se font plus hautes, mais tout le monde est focalisé sur la recherche de ces mammifères marins que personne ne sent le roulis. Nous verrons 3-4 dauphins venir respirer en surface, parfois près du bateau, parfois plus loin, soit tranquillement, soit en sautant hors de l’eau.
Le tour sur l’eau touche à sa fin et le bateau nous débarque à terre pour la suite de notre programme du jour. Nous serons d’ailleurs les seuls à ne pas rentrer à terre. Des 4x4 nous attendent, de bons vieux LandRover passe-partout. Le but, Sandwich Harbour, à environ 60 kilomètres de là. 60 kilomètres de sable, d’abord sur la plage, puis dans le désert le long et à travers des dunes. Le chauffeur doit jouer avec le ressac pour passer entre les dunes et l’océan. Jouer aussi avec le relief, les courbes et les déclinaisons des dunes pour se frayer un chemin au milieu de ce désert. Le pilote maitrise son véhicule, en montée ou en descente, sur des pentes bien raides.
Au milieu des dunes, nous stoppons dans une cuvette à l’abri du vent pour le repas de midi. En moins de 10 minutes, incroyable, mais une table à nappe blanche est dressée. Au menu, huitres, calamars, poisson frit, champagne frais. Un petit festin dans ce lieu si inattendu. Après ce repas, nous repartons sur la plus haute dune de l’endroit, à quelques centaines au-dessus des flots de l’Atlantique. La vue y est incroyable. Au pied des sables, la mer fait communion avec la dune, les vagues venant se casser juste avant le monticule sur des kilomètres. Les couleurs sont une fois de plus incroyables entre les bleus de la mer et du ciel et les dunes de sable. Cette partie de la journée aura eu un côté bien ludique avec la LandRover jouant dans les dunes et un côté bien naturel vu les lieux. Un excellent moment.
Le retour sur Walvis Bay prend une bonne heure, d’abord dans les dunes, puis sur les plages. En chemin, nous rencontrons des springboks, des renards du désert, des vols de pélicans. A 16h30, nous revoilà sur le quai de départ. La femme du patron de Laramon Tours nous ramènera à Swakopmund, non sans avoir fait un détour à une compétition d’un sport de combat s’approchant du freefight. Apparemment, un membre de sa famille y concourt. Les coups de pieds et de poings pleuvent, même si les combattants sont principalement des ados. Le nombreux public, majoritairement blanc, est en délire et à chaque coup qui atteint son but, il pousse des cris d’encouragement.
Retour sur Swakopmund où nous voulions acheter du poisson, mais le commerce est fermé en cette journée de week-end. Idem pour une bouteille de vin. Les commerces namibiens ne vendent pas d’alcool depuis le samedi à 13h00 jusqu’au lundi matin 08h00. Diète donc ce soir en ce qui concerne un bon Shiraz sud-africain.
Le vent est tombé, il fait bien moins frais qu’hier. Quelle journée !
Dimanche 30 septembre
Au lever, le brouillard est à nouveau bien présent. La tente en est trempée de rosée. Le soleil n’aura pas encore percé à notre départ de Swakopmund à 08h45. Quelques courses et nous empruntons la C34 direction Henties Bay, puis Cape Cross, pour voir la plus célèbre colonie d’otaries de Namibie. La route est bonne, mais avec un revêtement assez traître. Sel, sable et humidité, ce qui la rend glissante, surtout avec cette rosée du matin.
Il faut bien 1h30 depuis Swakopmund pour atteindre la colonie de Cape Cross. Nous payons notre droit d’entrée (90 $ pour 2 personnes et une voiture) et nous nous rendons au point de vue sur les otaries. A peine sortis de la voiture, l’odeur nauséabonde nous saisit. Le premier choc olfactif passé, nous voilà devant des milliers de mammifères, tant sur terre que dans la mer. Impressionnant. Dormir, se battre, crier, nager, chaque otarie s’en donne à coeur joie. 20-30 minutes sont suffisantes pour vouloir repartir, car même si on se fait à l’odeur, difficile de l’oublier.
Retour sur Henties Bay, où nous voulons voir si une station-service peut vérifier le niveau de notre bonbonne de gaz. Possible, mais pas le dimanche ... L’employée m’indique une échoppe qui pourrait nous satisfaire. Je suis ses indications et nous nous retrouvons au coeur du quartier noir de la petite ville. Vieilles bicoques de briques ou de tôle, tous les regards se tournent vers nous, nous mettant un peu mal à l’aise. Aucun Blanc à l’horizon. Je trouve le magasin indiqué, mais la tenancière ne répond même pas à mon bonjour, se contentant d’un simple «No» à ma question. Une démonstration de plus sur les difficultés que semblent avoir les communautés à vivre ensemble ici. C’est en tous les cas l’impression que nous ressentons. Pas d’agressivité, pas de racisme évident, mais juste un dédain qui parle de lui-même. Pas question ici de pointer du doigt la communauté noire, nous avons vécu des moments où nous étions aussi mal à l’aise, tant il était évident que les Blancs affichaient une certaine supériorité et que les Noirs étaient cantonnés dans un rôle subalterne. Un sentiment de société à 2 vitesses. N’étant pas des spécialistes de l’Afrique, et particulièrement de cette région sud du continent, nous ne jugeons pas, il s’agit juste d’un ressenti.
Retour sur les routes et nous empruntons la D1918, direction Usakos. La piste est en très bon état, très roulante, on y maintient son 70 km/h de croisière. Le Spitzkoppe est en vue au loin, son relief se détache nettement des plaines de la savane. Nous ignorons la D1925 pour prendre la D3716 peu après. L’arrivée sur le village de Spitzkoppe est splendide. A la sortie du village, un panneau indique le RestCamp, géré par la communauté du village qui en récolte les bénéfices. En plus de loger dans un endroit magnifique, nous contribuons à une bonne action. Des enfants et leurs familles vendent des petits souvenirs sur la route du camping. Nous achetons une petite girafe en bois à une gamine au sourire resplendissant, qui tient le stand avec sa petite soeur et son frère. Ils parlent un peu anglais et nous pouvons communiquer. Distribution de pommes qui élargiront encore les sourires.
Nous arrivons au camp qui occupe un territoire immense au pied de la montagne du Spitzkoppe. L’endroit est une nouvelle fois magique, avec la vue sur le montagnes et ses amoncellements de rochers orangés. Nous pouvons choisir notre emplacement et nous nous posons dans la région appelée «The Bridge» en raison d’une arche naturelle. Le camp est spartiate, ni eau, ni électricité, ni douche, juste des toilettes sèches. Mais bien au coeur de la nature namibienne. Une fois installés, nous partons à pied sur les rochers derrière notre campement. La vue est évidemment unique, au coucher de soleil le granit des rochers prend des couleurs chaudes, l’appareil photo n’a pas droit à une pause. Rester assis sur un bout de caillou au soleil couchant, contempler ce spectacle fascinant et jamais lassant, s’émerveiller des couleurs, profiter des dernières chaleurs de la journée. Des plaisirs simples avais-je dit en introduction. Des plaisirs simples qui nous rappellent que le bonheur est parfois juste là, sans chichi.
Une fois l’astre couché, nous mangeons, isolés dans notre coin. Le Spitzkoppe RestCamp est un camping à l’état pur. Simple, aucun confort, mais les emplacements sont si espacés que l’on se croirait seuls au monde. Plus qu’ailleurs, l’esprit d’aventure et d’évasion africaine est bien présent. Pour la première fois depuis notre arrivée, la nuit sera chaude et nous pourrons laisser les pans de notre tente ouverts. Enfin.
Lundi 1er octobre
Pas question, évidemment, de manquer le lever du soleil ici. Les couleurs du matin, dans les tons plus pastels, sont toutes aussi belles que celles du soir, mais sur l’angle opposé bien sûr. Avant de partir, nous allons voir quelques peintures rupestres, les Bushmen Paradise, pour lesquelles un permis supplémentaire (150 $) est requis. Les férus d’Histoire seront peut-être déçus, quelques dessins sur des murs, rien de vraiment exceptionnel ici. Mais un guide local donne quelques explications. Le Spitzkoppe RestCamp est un camping communautaire, géré par le village voisin. Il donne du travail à la communauté locale qui fait de son mieux, et qui s’en sort très bien d’ailleurs. Dans cet esprit nous ne regrettons pas les 150 $ dépensés.
Avant de sortir du site, nous allons encore parcourir quelques pistes et grimpons sur des rochers de granit. Les vues sont chaque fois différentes, mais toutes magnifiques. Spitzkoppe mérite son son arrêt, ce n’est pas un camp d’étape. C’est une découverte où il faut prendre le temps d’aller se balader.
Nous repartons vers le Nord, d’abord par la D3716, puis la D1930, direction Uis. Là, il est possible de se ravitailler en victuailles, bien que le choix en produits frais soit bien limité, en vin pour les amateurs et en essence. A peine garés, des jeunes viennent vers nous, ils veulent nous vendre des pierres issues des mines aux alentours, garder notre voiture. Ils nous demandent de leur acheter de la nourriture, nous expliquant que les mines sont désormais fermées et que presque plus personne dans le village n’a de travail. Réalité ? Tentative de profiter des touristes ? Nous donnerons quelques pièces au gardien de la voiture (bien qu’elle ne risquait vraiment rien ici) et un filet de quelques kilos d’oranges achetés sur place, à partager entre tous. Cela fait visiblement l’affaire, vu les sourires et les remerciements.
Uis est partagé en deux parties, séparées de 4 kilomètres. Là aussi, nous voulons faire contrôler le niveau de gaz de notre réchaud, mais il nous faut remonter à l’autre partie de la petite ville, près de la station de police. Là, pour 15 $, nous refaisons le plein de la bonbonne afin d’assurer de ne pas manquer de gaz en pleine préparation d’un repas.
Retour sur les pistes. Après une petite quinzaine de kilomètres, nous prenons la D2319 vis Sorris Sorris, belle petite piste roulante, bien moins fréquentée que la C35. La terre est rouge, les paysages traversés sont splendides, une belle option. Notre but du soir est le Aabadi Camp, le long de la D2612. Là encore, cette piste est splendide, elle serpente entre des petites collines, soit arrondies, soit pointues. Nous croisons souvent des bergers qui font signe aux véhicules pour avoir de l’eau. Nous nous arrêtons quelques fois pour en offrir et désormais, nous gardons nos bouteilles en plastique vides dans ce but. L’eau est ici un bien très précieux, alors que chez nous, elle est disponible en tout temps qu’on ne se rend même plus compte de son rôle essentiel.
Le Aabadi Camp est installé au bord d’un lit de rivière avec suffisamment d’arbres pour avoir de l’ombre. C’est assez sableux, donc poussiéreux, mais l’ensemble est agréable, malgré l’absence de vue particulière. Comme presque partout, chaque emplacement a son coin pour faire un feu. Les douches et WC sont en plein air sous un arbre, protégés par une haie artisanale de bois. Certains ont eu la chance de voir des éléphants arpenter le lit de la rivière, mais la réception tient le compte, aucun pachyderme n’a été vu dans le coin depuis deux semaines. Nous n’aurons droit qu’à leurs crottes ...
Depuis deux jours, la température a bien augmenté et désormais, plus besoin de se réfugier dans la tente pour avoir un peu plus chaud, plus besoin de tout fermer pour dormir.
Mardi 2 octobre
Le soleil illumine déjà le camp lorsque nous nous levons. A 09h00, nous voici en train de rouler ver le nord, d’abord par la D2612, puis la C43 direction Palmwag. Avant Bersig, la piste grimpe dans de magnifiques montagnes aux couleurs ocres, non sans nous rappeler une fois de plus certains décors américains. Palmwag est marqué sur la carte comme un village. En fait, il n’y a que deux choses à Palmwag : la barrière sanitaire nord-sud et trois pompes à essence. Rien d’autre. Le contrôle consistait surtout à recenser les véhicules qui passaient, puisque notre frigo et nos victuailles n’ont pas été contrôlés.
C’est aussi ici que nous voyons les premières femmes Himbas, qui tentent de vendre des objets artisanaux à la barrière, pendant que les voitures attendent de passer. A partir de là, nous en verrons régulièrement, sur les bords de route ou dans leur minuscule village à proximité des pistes. Sans eau, ni électricité, en plein soleil, ils vivent parfois à quelques dizaines de mètres des gros 4x4 qui sillonnent les pistes, deux modes de vie tellement opposé l’un de l’autre. Nous en avions évidemment vues en photo lors de la préparation de notre voyage, mais les observer ici, dans leur environnement est une chose différente. Les jeunes filles sont souvent très belles dans leur tenue traditionnelle, laissant leur poitrine dénudée. Parées de bijoux et d’ornement, la peau teintée de rouge, leur coiffe si spéciale, elles sont en valeur. Mais nous visiterons un village Himba dans la région d’Epupa, il sera alors temps d’en reparler.
Après les Himbas, voici nos premiers zèbres, qui broutent tranquillement dans les buissons à 200 mètres de la piste. Nous arrêtons le Nissan, sortons les jumelles. Ils nous regardent, mais ne s’approcheront pas. Une large plaine s’annonce, parcourue régulièrement par les troupeaux de vaches et de chèvres, sous la surveillance d’un berger qui les suit, sous l’ardent soleil.
Nous arrivons à Khowarib et nous nous installons au Khowarib Community RestCamp, qui comme son nom l’indique est aussi un camping géré par la communauté locale. Joséphine nous accueille très aimablement. Elle s’est enduit le visage d’une préparation rougeâtre pour se protéger du soleil. Le camp est vide et Joséphine nous dit de prendre l’emplacement No 3, c’est le meilleur. Une belle place avec commodités individuelles immaculées, un petit abri à l’ombre et une place pour faire du feu. Le camp est dans une vallée étroite, entouré de montagnes et il surplombe un ruisseau qui ravitaille en eau le village en bas de la petite vallée.
Le coin douche/WC/lavabo est en fait en plein air, juste protégé par un toit de bois et un muret. Ainsi, une fois sur le trône, on admire le paysage aux alentours, idem pendant la douche ... L’endroit est parfait, d’autant plus que Joséphine a des bières bien fraîches dans son petit frigo à la réception. Nous profitons de cet arrêt pour vider et nettoyer notre coffre qui est sacrément empoussiéré. Bien que nous roulons avec la petite trappe latérale ouverte, régulant ainsi la pression dans le coffre et limitant l’introduction de la poussière (si, si, ça marche), il ne faut pas espérer retrouver ses affaires sans poussière. Nous lavons aussi quelques habits qui sécheront facilement au vent et au soleil.
Joséphine nous dit que nous pouvons aller marcher au bord du ruisseau et remonter un peu dans la vallée. Nous y descendons. L’eau qui nous arrive aux chevilles est chaude et des ânes assez craintifs sont également dans le coin. La balade est agréable, sans être exceptionnelle. Comme presque partout, seuls les bruits de la nature nous parviennent, surtout les oiseaux qui indiquent notre présence par des chants et des cris inédits pour nous. De retour à la voiture, nous apercevons un gros babouin sur le versant de la montagne en face de nous, à environ 200 mètres. Il nous regarde, mais ne s’approche pas. Nous aurons l’occasion de mieux connaître cette race de singe, plus loin au Waterberg, une race pas très sympathique...
La journée passe dans ce coin de montagne. En début de soirée, un vent violent se lève et nous serons bien secoués sur le toit du Nissan pendant la nuit.
Mercredi 3 octobre
Le vent qui a soufflé toute la nuit a soulevé poussière et sable. L’atmosphère est jaunâtre, la couleur est bizarre, comme très brumeuse, on ne voit pas le ciel. Nous retrouvons Joséphine qui dit avoir pensé à nous pendant la nuit à cause du vent. Nous payons notre dû et espérons pour la communauté que le camp sera plus fréquenté dans les prochains jours. Au revoir souriante Joséphine.
Grosse journée de route aujourd’hui puisque nous avons prévu de rejoindre Epupa Falls, tout au nord au bord de la frontière avec l’Angola. Nous empruntons la C43 qui n’a rien d’exceptionnel, surtout avec cette lumière sableuse. Depuis hier, nous sommes dans une région beaucoup plus rurale et surtout où les Blancs ne se sont pas installés. Plus de grosses fermes, de grands domaines, de beaux 4x4. Mais des petits villages en bord de pistes, des multitudes de troupeaux de vaches et de chèvres conduits par des bergers, qui là encore, font souvent des signes aux véhicules pour avoir de l’eau ou de la nourriture. Les seuls Blancs croisés sont maintenant des touristes.
A Joubert Pass, nous repérons la pente de loin. Le dernier tronçon est sacrément raide. Avant d’entamer la montée, nous enclenchons le 4x4, mais la Nissan est lourde et peu puissante. Elle perd régulièrement de la vitesse et nous n’arrivons pas en haut. Nous devons redémarrer au petit 4x4 pour arriver au sommet du col. Mais comment font les poids lourds que nous voyons sur le bord de la piste ?
Puis vient une longue descente en direction d’Opuwo. Nous sommes en territoire Himba ici. Nous en voyons très fréquemment sur le bord de la piste. Les jeunes garçons, plus hardis, se mettent parfois en travers de la route pour forcer les véhicules à s’arrêter. Ils demandent eau, nourriture et même parfois bonbons prouvant que le tourisme est bien présent... La coiffe des jeunes garçons est surprenante, avec une grosse tresse qui part vers l’avant ou l’arrière et qui indique le statut de coeur à prendre ou déjà pris.
Opuwo est en vue. Fini la ville bien organisée avec les 4x4 rutilants devant les centres commerciaux. Ici, c’est le joyeux foutoir de l’Afrique noire, sans interprétation péjorative. Les Himbas poitrine dénudée côtoyent des hommes en cravate ou des policiers en uniforme. D’autres femmes, plus âgées, portent carrément des robes de bal, avec des coiffes en forme de cornes. Le spectacle est dans la rue, pas dans le paysage à Opuwo. On trouve ici des marchés en plein air, des épiceries locales, des banques, des stations-service et un grand supermarché pour se ravitailler avant de monter à Epupa. Devant le commerce, des dizaines de gens attendent à l’ombre, là un taxi, là un bus, là le temps qui passe, là rien. L’Afrique.
Le Nissan à peine garé, nous voilà assaillis pacifiquement par une horde de filles, dont certaines Himbas qui veulent nous vendre des bracelets, colliers et autres babioles. En gardant le sourire, tout se passe bien. Nous achèterons un petit truc à plusieurs d’entre elles, histoire de partager les dépenses, mais il est impossible de toutes les satisfaire.
A la sortie des courses, il y a des gardes qui vérifient les tickets des achats, les sacs et qui fouillent même certaines personnes. Apparemment, le vol de marchandises doit être à la mode ici. Nous sommes quasiment les seuls Blancs dans la rue à ce moment, mais contrairement à ce que nous avions pu lire ça et là, aucun souci particulier pour prendre de l’essence ou pour être harcelés par des jeunes. Nous donnons quelques $ au gardien de notre voiture et nous reprenons la route.
Il reste 180 kilomètres de piste jusqu’à Epupa. Une piste de bonne qualité, mais monotone et vite ennuyeuse. La seule portion intéressante arrive à 30 kilomètres d’Epupa, lorsque le relief change et nous fait traverser des petites collines. Epupa a un peu une allure de bout du monde. De bout de route, c’est certain, le fleuve Kunene stoppe la piste et même le pays. Sur l’autre rive, c’est l’Angola. 3-4 lodges/camping, un dispensaire médical, un petit village et une base de la police namibienne dédiée à la surveillance de la frontière.
Nous nous installons à l’Omarunga Camp, sous les palmiers en bordure du fleuve. La réceptionniste nous donne les conseils d’usage. Dont celui de ne surtout pas mettre le pied dans la rivière et même de se tenir à 2-3 mètres minimum des berges. Une femelle crocodile réside dans le coin, une pièce de 6 mètres de long qui peut facilement sauter hors de l’eau, happer une jambe et nous embarquer dans le fleuve pour une dégustation. Nous verrons la bête, installée sur des rochers sur un îlot au milieu des eaux, à quelque 150 mètres de nous. Elle nous dit aussi que le camp n’est pas responsable de ce qui tombe des palmiers. Notamment les énormes feuilles qui, par grand vent, ont tendance à finir au sol. Ou les noix, de la taille d’une balle de tennis, mais de la consistance d’une balle de golf.
Nous déplions la tente et partons en balade au bord des chutes, à 10 minutes à pied du camp. L’endroit est magnifique, mais nous nous réservons pour le lendemain, il est temps de préparer le repas. Un vent fort s’est levé, nos regards se tournent vers le sommet des palmiers. Quelques noix sont déjà tombées au sol et effectivement, en recevoir une sur le crâne pourrait provoquer de sacrés dégâts. Et soudain, un gros craquement et une énorme branche sèche finit sur la tente. Le bord de ces branches est fait de pics pointus qui ont déchiré l’auvent en deux endroits. Super. Un campeur allemand m’aide à enlever la lourde branche sans faire plus de dégâts et vu qu’au loin un orage menace, nous décidons de bouger. Repliage rapide de la tente et nous allons nous installer un peu plus loin du fleuve, hors de portée des feuilles de palmiers. Nous avons bien fait, car 20 minutes plus tard, une deuxième feuille tombe de l’arbre. L’orage ne nous atteint pas, mais le vent est toujours fort. Le risque d’endommager la tente était trop grand, nous avons bien fait de changer de place.
Le vent atténue la chaleur et nous passerons une bonne nuit.
Jeudi 4 octobre
Ce matin, lever aux aurores, nous avons rendez-vous avec un guide local à 08h00 pour aller visiter un village Himba. L’Omarunga Camp proposait aussi cette activité, mais nous avions lu sur des récits de voyage qu’un guide local prénommé Jao pouvait aussi emmener les touristes dans les villages. Non seulement le prix en est bien moins cher pour nous, mais cela procure aussi du travail et un revenu à un résident des lieux plutôt qu’au Lodge.
Hier soir hors du camp, nous avions donc demandé à un jeune s’il connaissait un certain Jao. Bien sûr. Il nous l’a présenté et l’affaire a été vite conclue. Seule différence, avec le Lodge, la visite des villages se fait en Jeep, avec Jao nous devons prendre notre Nissan.
A 08h00 tapantes, Jao est à la porte du camp à nous attendre. Première étape, aller à l’épicerie du village d’Epupa pour acheter des produits de base à amener comme cadeaux. Un sac de 10 kilos de farine à porridge, du sucre, de l’huile et nous voilà partis. Nous roulons 16 kilomètres sur la piste d’Opuwo et Jao nous indique un petit chemin qui part dans la végétation. Le village est quelques centaines de mètres plus loin. Nous arrivons devant un groupe de 7-8 huttes, entourées par une haie en bois. Jao nous demande d’attendre à l’extérieur, pendant qu’il va parlementer avec le chef du village. 2 petits enfants viennent vers nous et font des roulades dans la terre. Pieds et culs nus, ils sont loin des standards des bambins européens. Ils ramassent cailloux et bout de bois qu’ils croquent et avalent.
Jao revient, nous pouvons entrer dans le village, mais il nous prévient que seules les femmes sont là, les hommes ont quitté l’endroit depuis une semaine avec les bêtes. Apparemment, c’est également le cas dans les autres villages autour d’Epupa d’après ce que nous avions vu. Il nous enseigne quelques mots de base pour les salutations d’usage et nous pénétrons dans le village. Nous sommes accueillis par la première femme du chef, plus âgée que les autres filles présentes. Nous la saluons et lui remettons les cadeaux qu’elle s’empresse de prendre et de ranger dans sa hutte. Jao nous explique au fur et à mesure de la visite du village le mode de vie si particulier des Himbas, mode de vie qui se pérennise depuis des centaines d’années, même si nos habitudes occidentales viennent perturber leurs habitudes.
Les femmes présentes sont magnifiques, ornées de bijoux confectionnés par elles-mêmes, vêtues d’un simple pagne de peau de bête. Leur peau est rougeâtre, vu l’enduit qu’elles étalent plusieurs fois par jour, enduit qui entretient leur peau et remplace l’eau pour tout ce qui est hygiène. Les Himbas ont la particularité de ne pas utiliser d’eau pour se laver. Afin de neutraliser les odeurs corporelles, même intimes, elles utilisent la fumée d’un bois qu’elles font brûler. Certains bracelets qu’elles portent aux chevilles indiquent aussi le nombre d’enfants qu’elles ont déjà eues. Bref, il est difficile de décrire tout ce que nous avons vu ou reçu comme explications de la part de Jao tant ce mode vie est particulier. Nous avons aussi pu prendre toutes les photos que nous avons voulu, même si nous nous sommes abstenus de mitrailler à tout va, pour éviter le côté «voyeur» de cette visite. Après chaque photo sur laquelle une femme était le sujet, nous la lui montrions, ce qui provoquait rires et sourires. Malgré cela, il faut bien admettre que nous étions un peu mal à l’aise de nous immiscer dans leur vie l’espace de deux heures.
A la fin de la visite, les femmes Himbas ont par contre vite compris le principe de l’économie de marché en sortant les objets qu’elles ont confectionnés. Les prix qu’elles demandent sont largement supérieurs à ceux pratiqués à Opuwo. Nous négocions pour la forme et achetons quelques babioles. Alors que nous partons, Jao nous demande si nous serions d’accord de transporter une des jeunes filles au dispensaire d’Epupa, car elle doit consulter pour des douleurs au cou. Bien entendu. Nous chargeons donc une jeune Himba dans la voiture, son bébé et quelques affaires dont elle a besoin. Nous la déposons au dispensaire avant de repartir pour poursuivre notre visite avec Jao, à un cimetière.
Nous reverrons la jeune fille en fin de journée, elle s’était installée sous un arbre pour la nuit...
Jao nous emmène sur un autre site pour voir des tombes Himba. Il nous explique les rites funéraires, notamment la présence de crânes de vache sur les tombes. Crânes qui sont déposés sur la tombe en honneur au décédé. Le nombre de crânes dépend évidemment du niveau de richesse de la famille de la personne disparue. Les explications de Jao sont très instructives et c’est un plaisir d’avoir fait la visite avec lui. A la fin de la matinée, de retour à Epupa, nous sommes juste un peu déçus de ne pas avoir rencontré d’hommes dans le village et d’avoir eu un contact très limité avec les femmes Himbas, pour qui notre venue était surtout l’occasion de recevoir des cadeaux et de vendre leurs objets. Mais malgré cela, la visite d’un village Himba est à faire, à Epupa ou ailleurs.
Retour à l’Omarunga Camp pour le reste de l’après-midi. En fin de journée, nous retournons vers les chutes et nous empruntons le sentier qui part sur le flanc de la colline en face des chutes. Après quelques centaines de mètres, les chemins se séparent et une partie monte en direction du sommet de la colline. C’est de là que le coucher du soleil est le plus impressionnant, surtout que la nature a eu la bonne idée de placer les chutes face au soleil couchant, donnant au site des couleurs magnifiques. La petite terrasse naturelle est atteinte rapidement. Alors que nous profitons des lieux, une Jeep arrive dans notre dos. Evidemment, cette terrasse est aussi le lieu où les Lodge amènent leurs clients, qui paient pour venir accompagnés assister au spectacle. Alors qu’il suffit de marcher un peu.
Les chutes de la rivière Kunene sont non seulement impressionnantes, puisque le cours d’eau est tellement large à cet endroit qu’il y a une multitude de chutes, plus ou moins grandes, au débit plus ou moins important. Le fleuve reprend ensuite son cours normal pour filer en direction de l’Océan, le long de la frontière angolaise.
De retour vers les camps, nous voyons encore des habitants d’Epupa qui viennent baigner leurs enfants dans des petites gouilles formées dans des cuvettes de rochers. Ici aucun risque de crocodile ou de courant. Les gamins s’y baignent et jouent sous la surveillance de leurs mères, joli spectacle, belles scènes de vie. Nous verrons encore une fois notre amie la femelle crocodile, sur son îlot, à demi immergée, mais les yeux en direction de nos berges.
Vendredi 5 octobre
Comme d’habitude, nous nous levons au rythme du soleil. Après un rapide petit-déjeuner et le rangement habituel, nous prenons la route vers 08h00, car nous avons 450 kilomètres à rouler aujourd’hui pour nous rapprocher du parc d’Etosha.
A la sortie d’Epupa, nous sommes arrêtés par des policiers qui effectuent un contrôle routier. Permis de conduire, prochaine destination, tout est consigné. Les agents, très courtois, me signalent que mon pneu avant droit a besoin d’un coup de pression, ce que je n’avais pas remarqué. Nous roulons ainsi sur 70 kilomètres jusqu’à Okongwati, premier village avec Epupa. Nous repérons une cahutte en tôle qui répare les pneus, ce que me confirme avec le sourire un homme qui marchait sur le bord de la route. La cahutte renferme un compresseur et le jeune qui tient cet atelier local vérifie la pression de mes quatre roues et m’ajoute un peu d’air dans le pneu qui en avait besoin. Pour 10 $.
Sur la piste d’Opuwo, des jeunes Himbas ou des bergers tentent encore régulièrement de stopper les voitures pour quémander. Chacun fait comme il veut, mais s’arrêter pour tous est impossible. Opuwo est en vue, toujours aussi animée. Les mêmes vendeuses de bracelets nous repèrent à peine arrivés vers la station-service. Et c’est reparti pour les avoir toutes autour de nous. Même en prenant une ou deux pièces, elles veulent toujours en vendre plus. Nous refuserons, avec le sourire, ce qui permet de garder l’ambiance détendue. Plein d’essence et quelques courses au supermarché, mais surtout pas de viande, la barrière sanitaire doit encore être passée.
Nous prenons la C41 et ensuite nous coupons par la D3709 qui nous fait gagner 35 kilomètres, mais peut-être aucun temps. Cette piste est parfois sableuse, parfois bosselée, de sorte que la vitesse est bien inférieure à celle que l’on peut atteindre sur la C35 asphaltée. Mais certainement moins monotone. De retour sur la C35, nous prenons notre rythme de croisière, lorsqu’un chauffeur de poids lourd arrivant en face nous fait des appels de phare en nous faisant signe de ralentir avec son bras. Quelques centaines de mètres plus loin, une girafe traverse tranquillement la route et broute les arbres sur le bas côté. Notre première girafe.
A 80 kilomètres au nord de Kamanjab, nous atteignons la barrière sanitaire. Un policier vérifie mon permis de conduire international, alors qu’un autre fonctionnaire contrôle notre frigo dans le coffre de la voiture pour s’assurer que nous ne transportons pas de viande, ni d’oeuf. A Kamanjab, il y a un supermarché où nous trouvons tous les produits de base, quelques légumes et de la viande de Koudou que nous grillerons ce soir. Nous complétons notre essence et nous partons pour les 30 derniers kilomètres, vers le Rustig Toko Lodge, notre étape du soir. Le camp est séparé de trois kilomètres de la Lodge, en pleine nature, isolé dans la savane. Sur la piste qui y mène, nous croisons une gazelle et deux magnifiques Hornbills. Cette région abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, parfois colorés, et au chant souvent mélodieux. Les emplacements de camping sont bien aménagés avec tables et bancs en pierre, grill, robinet d’eau et des douches/WC impeccables.
Nous y passerons la nuit complètement seuls, au milieu de cette végétation africaine. Comme souvent, le vent s’est levé pendant la nuit, secouant la tente parfois violemment. La grillade de Koudou s’est avérée être finalement une catastrophe, les morceaux achetés n’était pas faits pour être grillés mais plutôt bouillis. Résultat, cela ressemblait plus à une semelle de chaussure de ski ...
Samedi 6 octobre
En route pour Etosha, un des points forts du voyage. Pour s’y rendre depuis le Rustig Toko, deux options : passer par les pistes via Mon Desir et rejoindre la route principale pour le parc ou redescendre à Outjo par les routes goudronnées. L’avantage d’Outjo est la possibilité de se ravitailler pour les quatre jours à passer dans le parc. Donc Outjo. Surtout aussi parce que nous avons lu que nous trouverons une bonne boucherie dans cette ville.
160 kilomètres de route asphaltée, au bord de laquelle nous apercevons de nombreux phacochères, et nous arrivons à Outjo. La ville est agréable, propre et vraiment différente d’Opuwo. A la sortie sud, sur la C38, nous trouvons la fameuse boucherie. Pas de viande de steppe aujourd’hui, alors nous nous rabattons sur d’appétissants T-Bone steaks de boeuf. A des prix incroyablement bas. Quelques courses dans un supermarché et nous avalons les 110 kilomètres restants pour arriver à Okaukuejo. Après un premier portail où on nous délivre le permis de visite, nous gagnons la réception du camp. Première étape, payer le permis remis (à présenter) selon le nombre de nuits passées dans le parc. Puis, nous récupérons notre emplacement auprès de l’employée du camp.
C’est le milieu de l’après-midi, nous avons le temps de partir sur les pistes autour du camp, vu que les grilles du parc ferment vers 18h50, heure officielle du coucher du soleil. Pas besoin de rouler longtemps pour voir de nombreux animaux. Girafes, antilopes et gazelles, zèbres ... Mais le must : alors que nous roulons vers le point d’eau de Wolfsnes, un automobiliste nous fait des signes et, s’arrêtant à notre hauteur, nous annonce que trois lionnes sont sur le bord de la piste près du point d’eau. En arrivant sur place, pas besoin de chercher, les lionnes sont là, à moins de deux mètres de la voiture, couchées à l’ombre des arbres, insensibles à la présence des véhicules. Elles nous regardent, prenant presque la pause pour des portraits en gros plan. Nous coupons le moteur et restons en admiration devant ces félidés.
Après le must, voici le must du must. Au point d’eau suivant, à Okondeka, nous repérons un lion mâle, à environ 200 mètres sur le haut de la piste, à l’ombre d’un buisson. Couché ou immobile sur ses quatre pattes, bougera, bougera pas ? Nous coupons le moteur et nous armons de patience. Trente minutes plus tard, notre attente est récompensée. Le mâle descend la colline et passe tranquillement devant notre capot. Nous pouvons le voir à moins de trois mètres, alors qu’il se rend au point d’eau. Mais la surprise n’est pas terminée, ce mâle sera suivi successivement par 7 lionnes qui prennent le même chemin. Nous ne les avions pas vues, elles étaient sans doute couchées dans les hautes herbes. Un second lion mâle clôture le groupe et part sur le point d’eau. Les autres animaux présents, zèbres, autruches, gazelles, ont tous déserté l’endroit, laissant la place aux rois de la steppe. Premier jour à Etosha et déjà plus de dix lions vus de très près ...
Au soleil couchant, nous revenons au camp, les grilles allant fermer. Nous nous rendons au point d’eau d’Okaukuejo, accessible en deux minutes à pied. Un grand point d’eau dont nous sommes séparés par un petit mur de pierre et des barrières inclinées. Le silence est de mise afin de ne pas effrayer les animaux et de ne pas perturber leur environnement naturel. Autre moment magique, une dizaine d’éléphants s’abreuvent avec un gros soleil rond et rougeâtre en toile de fond. Image de reportage ou de livre animalier, et pourtant décor bien réel.
De retour à notre emplacement, nous grillons nos T-Bone sur le grill équipant les places de camping. Il fait maintenant bien nuit, et bien chaud aussi. Après le repas, retour au point d’eau qui est éclairé. Après les pachydermes, c’est le tour maintenant des rhinocéros de fréquenter l’endroit, un groupe d’une dizaine de bêtes. Dont un qui sent clairement la présence humaine devant lui et qui ne semble pas vraiment l’apprécier. Il gratte nerveusement le sol avec ses sabots, sa corne, il grogne et souffle fort, il fait des mouvements brusques, à l’écart du groupe de ses congénères.
2 éléphants sortent de l’obscurité et rejoignent les rhinos. Qui leur laissent la place et s’éclipsent dans la nuit. Magique Etosha.
Dimanche 7 octobre
Le lever est matinal dans les camps d’Etosha. Les grilles du parc ouvrent à 06h50 et les visiteurs veulent tous être prêts à l’heure. Certains sont très prévoyants puisqu’ils se lèvent à 05h30, réveillant du coup leurs voisins immédiats. Il est vrai que les chances de voir des animaux sont certainement plus grandes le matin, avant que les chaleurs de la journée ne les poussent à l’ombre de la végétation.
En arrivant au point d’eau de Nebrowni, deux éléphants traversent la piste devant nous. Ne nous prêtant aucune attention, nous nous approchons encore au plus près, environ 25 mètres derrière la bête. Il mange les branches d’un arbuste et nous pouvons le photographier sans souci. Nous surveillons tout de même ses attitudes, mais il reste bien calme. Moteur coupé, nous l’observons et assistons au spectacle.
Plus loin, sur la route du point d’eau d’Aus, deux voitures sont arrêtées sur le bord de la route. Nous stoppons et cherchons ce qu’elles ont vu. Nous voyons bien un Koudou, seul et l’air inquiet, s’arrêtant après chaque pas, regardant tout autour de lui. A la jumelle, nous repérons 4 lionnes en pleine partie de chasse quelques dizaines de mètres derrière l’antilope. La lionne la plus proche de la proie se dissimule dans les herbes, garde la tête basse, à l’affût. Les trois autres suivent le mouvement, moins discrètes, mais hors de vue du Koudou. De temps à autre, elles se relaient pour suivre l’animal. Cette tactique durera près de 45 minutes, puis le Koudou choisira de s’enfoncer dans la végétation, toujours suivi des lionnes, et nous perdrons la vue sur cette scène incroyable.
Moins d’animaux pour cette fin de matinée, même vers les points d’eau. La chaleur est bien là et les mammifères économisent sans doute leurs efforts à l’ombre d’un buisson. Vers midi, nous revenons au camp pour faire notre vaisselle du matin et du rangement. Nous profitons aussi de la fraîcheur de la piscine d’Okaukuejo. Nous retournons au point d’eau du camp en fin d’après-midi et 4 lionnes sont couchées à proximité. Leur présence rend l’endroit désert. La nuit apparaît, mais les lionnes ont décidé de rester propriétaires des lieux. Point d’autres animaux ce soir à Okaukuejo. Hormis quelques chacals qui passent en courant entre les emplacements, à la recherche de nourriture facile.
Les mammifères autour du camp grillagé donnent de la voix. Eléphants ? Lions ? Rhinos ?
Nous manquons d’expérience pour l’identifier. Mais en tous les cas, ces cris impressionnent dans le silence de la nuit.
Lundi 8 octobre
Tout comme hier matin, les premières alarmes retentissent dans les tentes à 05h30. Le camp s’éveille encore dans la nuit, les premières lueurs du jour apparaissant vers 06h10. Le rituel est rôdé, même dans l’obscurité. Petit-déjeuner léger, rangement et nous sommes prêts à partir sur les pistes à 07h00. Direction Halali, le camp «du milieu» à Etosha où nous camperons ce soir.
En direction de l’Est, les animaux se font de plus en plus rares. Les points d’eau sont vides de toute présence animale. Ou presque. La chance nous accompagne aujourd’hui encore. En revenant de la gouille de Salvadora, déserte, nous voyons une hyène au loin dans les herbes. Nous stoppons le 4x4, arrêtons le moteur et l’animal vient pile sur nous pour finalement passer devant notre capot.
Direction ensuite le point d’eau de Rietfontein. cinq ou six 4x4 sont là. Quelques koudous s’abreuvent tranquillement, rien d’exceptionnel. Alors que nous allions partir, un visiteur nous fait un signe de nous approcher de son véhicule. Il y a là cinq lionceaux couchés dans l’herbe, seuls sans leur mère. Là aussi, le truc c’est la patience. Attendre. Et les lionceaux bougeront pour aller se mettre à l’ombre d’un tronc, un à un, comme si chacun voulait être pris en photo par les chanceux qui ont profité de ce moment.
Nous prenons ensuite la décevante Rhino Drive, piste en mauvais état, où nous ne voyons aucun animal. Vers midi, nous allons récupérer notre emplacement à Halali. Grand camp, quasi désert en cette-mi-journée. Une épicerie avec beaucoup de souvenirs et peu de nourriture, où il vaut mieux avoir fait les courses avant d’arriver. Il y a aussi une piscine, mais l’eau est plutôt verte et peu encourageante à la baignade. Puisque nous sommes là, nous descendons au point d’eau de Moringa, en contrebas du camp.
Si un groupe de Koudous s’abreuvent, nous repérons surtout un groupe d’une quinzaine d’éléphants, un peu plus loin dans la végétation. Les Koudous quittent l’endroit et les éléphants font alors mouvement vers la vasque. Pendant près de deux heures, les éléphants boivent, se rafraichissent, les jeunes collés à leur mère. Le point d’eau a une petite terrasse ombragée, au vent, à une vingtaine de mètres des animaux. Deux heures à ne jamais se lasser d’observer les pachydermes.
Pour l’après-midi, nous repartons sur les pistes autour d’Halali. Moins d’animaux dans la nature environnante. Nous rejoignons alors le Etosha Lookout, sur les bords du lac asséché. La piste pénètre l’ancien plan d’eau sur près d’un kilomètre. Malgré qu’il ne s’agisse que d’une étendue infinie et plate de terre sèche, le paysage est fascinant, inédit. C’est aussi un des rares endroits où il est possible de sortir de son véhicule. Nous nous y amusons à faire des photos humoristiques, avec un couteau suisse, une bouteille de coca, une fourchette en plastique ou une paire de lunettes, objets sur lesquels nous donnons l’impression trompe-l’oeil de surfer.
Retour au camp en fin d’après-midi et nous redescendons à pied au point d’eau de Moringa. Un seul animal, mais un beau rhinocéros qui boit, en levant souvent sa corne vers nous. Le soleil est couché, il est temps de prendre le repas du soir. Avant de retourner au point d’eau ! Ou cette fois, ce sont cinq rhinos, dont un très jeune, qui profitent de l’endroit.
La nuit est parfaite, ni chaude, ni froide. Parfaite.
Mardi 9 octobre
Ce matin, pas de rush, nous nous levons tranquillement vers les 07h00. Après les obligations matinales, départ sur les pistes pour notre dernier jour dans le parc d’Etosha, direction plein Est vers le camp de Namutoni. Toujours peu d’animaux dans cette partie de la réserve, même si le point d’eau de Moringa a été riche en visites. Peu après le point de Spingbokfontein, nous prenons la piste qui longe le lac asséché.
Là, c’est le paysage qui est grandiose, avec des couleurs dans les tons vert et jaune, voire bleu, ensemble coloré qui donne des vues encore jamais aperçues en Namibie. Au détour d’un virage, un éléphant de belle taille, au moins le double de notre 4x4, mange tranquillement dans un gros buisson à deux mètres de la route. Nous arrivons à nous approcher gentiment assez prêt, toujours attentif à sa réaction. Il ne porte aucune attention à nous et nous nous tenons à quelques mètres de lui. Il est le dernier d’un troupeau qui a déjà poursuivi sa route, plus loin dans les plaines. Moteur arrêté, nous le regardons arracher les hautes branches du buisson de sa puissante trompe, avant d’engloutir ses prises.
Direction ensuite le point d’eau de Kalkheuvel. A notre arrivée, 5 girafes sont là, à une vingtaine de mètres, écartant leurs longues jambes pour pouvoir atteindre l’eau et boire. Elles semblent inquiètes et regardent toutes dans la même direction. Un petit groupe de springboks qui se tenait là tranquillement part soudainement dans la forêt. C’est certain, un prédateur est à proximité. A la jumelle, nous apercevons un lion mâle, couché tranquillement à l’ombre d’un arbre, observant les autres animaux, n’ayant pas l’air de vouloir bouger de son calme apparent.
Arrivent alors cinq éléphants qui viennent compléter le tableau déjà bien fourni. Hormis le lion qui ne se mêle pas à la faune présente, tous les animaux partagent pacifiquement le point d’eau. Une belle tolérance naturelle. Après avoir rempli nos yeux de ce spectacle saisissant, nous prenons la route du camp de Namutoni. Quelques kilomètres avant d’y arriver, ce sont les girafes qui sont sur le bord de la route et que nous admirons. Nous pouvons nous arrêter à quelque trois mètres d’elles, sans les perturber.
Il est l’heure de se restaurer et nous nous enregistrons à Namutoni. Les emplacements sont herbeux et sous les arbres. Après le repas, départ à nouveau sur les pistes, nous voulons profiter sans fin de ces moments magiques à Etosha. Fishermen’s Drive, Tsumor, nous ne verrons que quelques animaux, dont à nouveau des girafes très présentes dans cette partie du parc. De retour à Namutoni, le temps s’est couvert, l’orage menace. Quelques gouttes, mais aucune pluie qui nous obligerait à nous réfugier dans notre tente.
Mercredi 10 octobre
Le réveil est, une fois n’est pas coutume, très matinal. A 04h45 déjà, les premiers campeurs remuent, rangent et surtout font du bruit. Notamment, deux touristes francophones qui avaient déjà piqué la place d’une autre 4x4 en lui bougeant table et chaises pour s’installer... Pas très fair-play. A 06h00, leur moteur tourne déjà, alors que les grilles n’ouvrent qu’à 06h50. Bref.
Nous quittons le parc vers les 08h00 vers Tsumeb, où nous stoppons pour quelques courses, notamment notre dernier biltong. Pour le repas de midi, nous nous arrêtons sur une des nombreuses aires de pique-nique qui bordent les routes principales. Deux hommes, sales et habillés presque de loque, sortent de nulle part et s’approchent de nous. Il s’agit en fait d’ouvriers qui refont les barrières au bord des voies. Ils ne viennent pas sur place le matin pour repartir le soir, mais ils campent dans des tentes de fortune sur le bas côté de la route, se déplaçant au gré de l’avancement des travaux. Nous les voyons faire les poubelles et ramasser des déchets de nourriture, des services en plastique, c’est assez dur à voir. Vu que c’est notre dernier jour, c’est le moment d’utiliser utilement les provisions que nous n’aurons pas consommées. Nous les abordons et leur proposons tout ce que nous gardons pas, pain, riz, pâtes, conserves, eau. Ils nous en sont très reconnaissants, nous remerciant très chaleureusement.
Suite sur la B1, direction Otjiwarongo, une jolie petite ville fleurie et propre. Les employés des stations-service, comme partout, nous hèlent depuis le bord de la route pour nous attirer chez eux par de grands signes, sans succès, puisque nous avons encore suffisamment d’essence. Continuation sud, par la C22 asphaltée vers le Waterberg. Pour atteindre ce site, nous devons emprunter la jolie piste D2512, au sable rouge. La piste est bien plate, le sable est fin, il faut faire attention de ne pas se laisser aller avec la vitesse, surtout que cela glisse.
Le Waterberg est en vue, une montagne longue et plate sur son sommet, qui se détache dans le paysage. Le Waterberg RestCamp est le premier rencontré sur cette piste, il y en a un autre huit kilomètres plus loin. Le camp en lui-même n’a rien d’exceptionnel, mais un sentier monte sur le plateau, donc l’arrêt ici est tout de même intéressant.
Nous attendons 16h30 et un peu moins de chaleur pour entamer la montée de 40 minutes qui va nous conduire sur le plateau. Une montée dans la rocaille, où il faut parfois s’aider des mains pour gravir quelques rochers. Ludique et jamais dangereuse, la montée est agréable. Du sommet, la vue sur la plaine est époustouflante devant le Waterberg, des dizaines de kilomètres devant soi. Aucune habitation à l’horizon, excepté le camp 250 mètres en contrebas de la falaise abrupte. Nous profitons de la vue, du soleil couchant et de la brise qui nous rafraîchit un peu, avant de reprendre le sentier pour redescendre au camp.
Dernier soir en Namibie, nous avons distribué nos dernières provisions, donc nous mangerons au restaurant du camp. Un bon steak d’Oryx, une bonne bouteille de vin, une jolie terrasse, une bonne manière de passer notre dernière soirée sur le sol africain. Le camp est à 15 minutes à pied, et dans le noir, la lampe de poche nous guide jusqu’à notre tente. La nuit sera très calme, les touristes étant peu nombreux ici.
Jeudi 11 octobre
On nous avait prévenus. Le problème ici, ce sont les singes. De gros babouins pas peureux du tout, pouvant même être agressifs. Nous n’en avions pas vu hier soir, mais ce matin, c’est tout autre chose. Il ne faut absolument rien laisser sans surveillance, fermer portes et coffre de la voiture m’avait-on dit. Dès le lever du soleil, nous les voyons, ces babouins, déambuler dans le camp, passer de poubelle en poubelle.
Pensant qu’ils ne s’approcheraient pas des humains, nous installons la table du petit-déjeuner cinquante centimètres derrière le coffre de la voiture, laissé ouvert pour mettre la table. Alors que nous sommes prêts à manger, je vois trois gros singes adultes s’approcher. Ca sent l’embrouille. Je me lève, pensant leur faire peur, mais rien de cela. Au contraire, ils se mettent à courir dans notre direction et en quelques secondes, un des singes est dans mon coffre pour s’emparer d’un sachet en plastique avant de partir en courant dans la forêt. Un des gardes du camp a vu la scène et part derrière eux. Le sachet ne contenait que quelques céréales, rien d’important, mais cela aurait été l’appareil photo ou la besace des passeports, c’était pareil.
Tout le camp subit les assauts des babouins. Un autre couple, à quelques dizaines de mètres de nous était attablés lorsque trois ou quatre singes sont carrément montés sur leur table pour dévaliser toute nourriture, pain, confiture, lait, tout. S’interposer pourrait être dangereux, ces babouins ont des canines impressionnantes et une morsure de leur part pourrait avoir des conséquences graves. La technique consiste à ne pas les laisser approcher et les éloigner en leur lançant des cailloux. Mais autant le dire, ils réessaieront. Enfin, cela met l’ambiance dès le matin.
Dernier trajet avant la capitale, nous reprenons la route direction Windhoek. Nous faisons un arrêt à Okahandja, à 60 kilomètres de notre destination finale. A la station-service où nous faisons notre plein, nous demandons s’il y a un car-wash qui pourrait nous dépoussiérer la voiture. Le pompiste nous propose de laver la voiture, à la main, dans une cour intérieure derrière le garage. Vendu pour quelques dizaines de $. Nous rendrons ainsi la voiture en bien meilleure état que sans ce lavage extérieur.
Pendant ce temps, nous allons dépenser nos derniers deniers dans le petit marché artisanal en face de la station Puma, côté nord de la ville. Objets en bois, plats, masques, animaux sculptés, il y a là de jolis achats à faire. La règle est au marchandage, chacun appréciera ensuite la part de bénéfice qu’il sera prêt à lâcher à ces populations peu aisées. Nous achetons plusieurs cadeaux, mais à chaque fois dans une échoppe différente, histoire de faire profiter plusieurs personnes.
Les habitants d’Okahandja savent bien que les touristes sont sur la route de Windhoek et à la fin de leur voyage. Ils viennent donc autour de notre voiture et nous réclament les restes de nourriture qu’il pourrait avoir, des t-shirts, des pantalons et même nos chaussures ! C’est le moment de laisser quelques habits usagés qui auront encore une longue vie ici. Cela fera en plus de la place dans les sacs pour les objets achetés.
Le dernier tronçon jusqu’à Windhoek est vite avalé. Grâce au plan fourni par Camping-Car Hire, nous retrouvons facilement l’agence au sud de la ville, dans une zone industrielle. Le centre-ville que nous traversons est bien fleuri et il y a du monde sur les trottoirs.
De retour à l’agence, nous vidons le véhicule pour refaire nos bagages, ce qui n’était pas possible ce matin avec tous ces babouins autour de nous. Le véhicule est ensuite rentré dans un atelier, monté sur un lift pour un contrôle assez sérieux du châssis. Tout joue, même les déchirures de l’avant-toit de la tente suite à la chute d’une feuille de palmier à Epupa. Les bagages sont prêts, une navette nous conduit à l‘aéroport où l’enregistrement est rapide et efficace. Encore quelques heures et nous quitterons cette terre d’Afrique qui nous a comblés.
L’A340 d’Air Namibia laisse le sol sous sa carlingue, nous voilà remontant tout le continent africain, parfois bien secoués par les forts courants d’altitude. Le lendemain matin, il pleut à Francfort et il fait froid. Le contraste n’a pas attendu bien longtemps pour nous remettre dans l’automne européen. Nous n’avons que peu de temps pour rejoindre la porte de notre dernier vol pour Genève. C’est la fin du périple, le retour à la maison.
Petite conclusion. Première expérience africaine après plusieurs voyages sac à dos en Asie. Première fois aussi que la communion avec la nature a été aussi présente, longues journées, longues nuits.
Que dire de ses paysages uniques, de ses animaux vus tellement de fois à la télévision ou dans un zoo et qui pourtant nous captivaient, de cette vie simple sans internet, sans média, sans sonnerie de téléphone portable ? Rien, ne rien dire, tellement c’était agréable, exceptionnel, jouissif. Tout comme écouter le silence, le vent ou le chant des oiseaux.
Exceptionnel, jouissif.
La Namibie est faite sur mesure pour les amoureux de la nature, pour les amateurs d’indépendance et de découverte. Une vraie décompression, une impression de retour à l’essentiel, un sentiment que la vraie vie n’est pas forcément celle que l’on croyait être.