CECI EST UN DES TOPICS DE PRÉPARATION POUR MON VOYAGE ALGER - BAMAKO AVEC DES ROUTIERS (HIVER 05/06) - IL Y EN A D'AUTRES
Je cherche à rejoindre les deux villes en payant ma place sur un camion de dattes ou de pièces de voiture...
Des idées, des plans ???
Merci d'avance
Bonjour a tous,
Etudiante en archéologie, je pars dans un mois au Niger pour voir quelques sites. J'entends plusieurs sons de cloche et n'arrive pas à me faire une idée de la situation réelle sur place. En sachant que je pars avec mon prof qui connait bien la région. Nous atterrissons à Niamey, puis allons a Agadez, et enfin direction la région de Gadafaoua. Nous allons faire environ 250 km a dos de chameau (nous "logeons" dans un paturage avec des touaregs). Ce périple présente-t-il un risque? Je ne connais pas du tout le pays et a vrai dire, je m'inquiète un peu...
Merci de vos réponses
Etudiante en archéologie, je pars dans un mois au Niger pour voir quelques sites. J'entends plusieurs sons de cloche et n'arrive pas à me faire une idée de la situation réelle sur place. En sachant que je pars avec mon prof qui connait bien la région. Nous atterrissons à Niamey, puis allons a Agadez, et enfin direction la région de Gadafaoua. Nous allons faire environ 250 km a dos de chameau (nous "logeons" dans un paturage avec des touaregs). Ce périple présente-t-il un risque? Je ne connais pas du tout le pays et a vrai dire, je m'inquiète un peu...
Merci de vos réponses
Une info à prendre encore avec des pinçettes mais qui pourraient confirmer les risques dans la région; à ceux qui continuent à nier les risques malgré les avertissements des autorités🙂
http://www.20minutes.fr/article/597828/societe-niger-possible-enlevement-d-un-groupe-de-personnes-dont-des-francais
http://www.20minutes.fr/article/597828/societe-niger-possible-enlevement-d-un-groupe-de-personnes-dont-des-francais
Salut
je suis presque décidé à partir 15 j en septembre au Mali et/ou Niger.
Est-ce une hérésie de vouloir faire de la pirogue à cette époque?
merci
a+
😄
Bonjour a tous et a toutes, je m'appelle Tom, j'ai 20 ans et je suis actuellement en train de préparer un projet pour cet été dans le cadre d'un stage pour mon ecole(une ecole qui nous prepare pour travailler dans les pays en développement dans les associations, les entreprises qui œuvrent pour un developpement durable etc..).
Mon projet serait de suivre le fleuve Niger de la Guinée au Niger pour en étudier le rôle "géopolitique", économique, sociologique, culturel enfin bref, justement pour en cerner toutes les dimensions et l'importance du rôle qu'il peut avoir dans les pays qu'il traverse.
J'aimerais suivre le fleuve principalement en pirogue et par la route pour les passages non-naviguables(autour de Bamako, etc...).
J'aimerais effectuer principalement des pirogues sans moteur (pagaie, voile)car j'ai le temps(environ trois mois) et je n'ai pas de point précis d'arrivée (je peux m'arreter au mali si je n'ai pas eu le temps d'aler plus loin) et puis je suis prêt a pagayer:-).
En plus mon objectif est de rencontrer tout les acteurs de la vie du fleuve(population, commerçants, voyageur, touristes, pêcheurs...)et je pense quque des petites pirogues avec peu de monde serait plus pratique pour s'arrêter et prendre son temps.Je serais surement seul ou a deux sur une partie du voyage.En plus je n'ai pas beaucoup de moyen pour ce voyage donc je prefere economiser l'essence si possible...
Premièrement mon plus gros souci c'est que pour ce projet ma seule periode disponible c'est de Juin a Aout, et j'ai cru comprendre qu' a cette époque il est encore très difficile de naviguer sur le fleuve car ça n'est que le début de la saison des pluies. Donc déja est ce que vous pensez que c'est faisable d'envisager ce genre de projet a cette époque ou non? Quel serait le sens le plus facile a cette époque en sachant que je serais principalement en pirogue sans moteur(pagaie ou voile)? Quelles sont les zones non-naviguables a cette époque? Est ce que je pourrais trouver facilement des guides pour des périodes de deux trois jours a une semaine en petite pirogue pour 2/3 personnes tout au long du fleuve? En effet j'aimerais pouvoir avoir different guide au cours du voyage afin de multiplier les points de vue et les rencontres possibles. Je n'ai pas beaucoup de moyen comme je l'ai déjà dit, donc en gros quel est le budget que je dois prévoir par semaine ou mois, en limitant les frais au max (bivouac, pagaie, nourriture faites nous memes)....?
J'ai des milliers de question a vous posez encore mais deja j'aimerais savoir ce que vous pensez de l'idée et si c'est faisable ou pas a cette époque??????Dites moi si vous avez besoin de precision.
Merci de votre attention pour je l'espere un futur passager du fleuve.....
Premièrement mon plus gros souci c'est que pour ce projet ma seule periode disponible c'est de Juin a Aout, et j'ai cru comprendre qu' a cette époque il est encore très difficile de naviguer sur le fleuve car ça n'est que le début de la saison des pluies. Donc déja est ce que vous pensez que c'est faisable d'envisager ce genre de projet a cette époque ou non? Quel serait le sens le plus facile a cette époque en sachant que je serais principalement en pirogue sans moteur(pagaie ou voile)? Quelles sont les zones non-naviguables a cette époque? Est ce que je pourrais trouver facilement des guides pour des périodes de deux trois jours a une semaine en petite pirogue pour 2/3 personnes tout au long du fleuve? En effet j'aimerais pouvoir avoir different guide au cours du voyage afin de multiplier les points de vue et les rencontres possibles. Je n'ai pas beaucoup de moyen comme je l'ai déjà dit, donc en gros quel est le budget que je dois prévoir par semaine ou mois, en limitant les frais au max (bivouac, pagaie, nourriture faites nous memes)....?
J'ai des milliers de question a vous posez encore mais deja j'aimerais savoir ce que vous pensez de l'idée et si c'est faisable ou pas a cette époque??????Dites moi si vous avez besoin de precision.
Merci de votre attention pour je l'espere un futur passager du fleuve.....
Bonjour tous.
J'ai des vacances à prendre en mars et l'idée est de rejoindre des copains à Dakar (et Marsu et bb qui prennet l'avion) à partir de Niamey, par la route.
Le trajet aller va durer environ deux semaines, via le Burkina et le Mali. Ensuite, on reste une semaine à Dakar, et moi je reviens en une semaine environ via le Mali.
J'Ai pas commencé à regarder, je sais que au retour je voudrais passer par Gao et redscendre en longeant le fleuver Niger, voir le pays Dogon, etc ...
Si certains d'entre vous ont des conseils et des idées sympas à proposer (je voyage seul, donc confort minimum largement envisageable) sur le MAli et le Burkina ...
Merci et a plus
Ivo
c´est possible de fer la route, en velo, du sud de Niger et aller par le nord du lac tchad a N´djamena? Je crois que il y a bitume j´usqua N´gigmi. apres il y a piste a Mao. beaucoup de sable? probleme a la frontiere? c´est a folie?
Bonjour à tous,
Pour mon tour d'afrique de l'Ouest à partir de fin 2006, je me pose la question de réaliser Gao-Niamey en transports locaux.
Est-ce dangereux? Comment le faire? Comment prendre le visa nigérien car je n'ai pas vu de représentation du Niger au Mali? Je devrai être au Mali entre novembre et décembre, une ballade sur le Niger est-elle envisageable et que me conseillez-vous?
Merci d'avance.
Thierry.
Est-ce dangereux? Comment le faire? Comment prendre le visa nigérien car je n'ai pas vu de représentation du Niger au Mali? Je devrai être au Mali entre novembre et décembre, une ballade sur le Niger est-elle envisageable et que me conseillez-vous?
Merci d'avance.
Thierry.
Bonjour,
je recherche un dictionnaire et ou des cours en langues tamasheq (du niger) car j ai cru comprendre qu il y avait des différences entre pays.
massonkris@ Yahoo.fr
massonkris@ Yahoo.fr
Bonjour tout le monde et surtout BONNE ANNEE!
Je pars avec 4 amis artistes sur les routes d'Afrique. Nous allons faire des prestations artistique sur le trajet, puis faire le don de notre 4X4 à un dispensaire.
Je sais que sur le forum ça fourmille de voyageur ayant déjà réalisé ce trajet. J'ai pris note de beaucoup d'information sur le net. Pourriez vous me dire ce que vous pensez de cette itinéraire?
8h NANTES - 20h BARCELONE 7h BARCELONE - 21h TARIFA 8h TARIFA - 16h CASABLANCA 14h CASABLANCA - 21h AGADIR 14h AGADIR - 20h TAN TAN TAN TAN un jour de pause 8h TAN TAN - 16h BOUJDOUR 10h BOUJDOUR - 16h DAKHLA 10h DAKHLA - 20h NOUADHIBOU 8h NOUADHIBOU - 18h NOUAKCHOTT 7h NOUAKCHOTT - 19h BOKI DIAVE 8h BOKI DIAVE - 17h KAYES 8h KAYES - 18h BAMAKO BAMAKO un jour de pause 7h BAMAKO - 18h BOBO DIOULASSO 8h BOBO DIOULASSO - 19h OUAGADOUGOU OUAGADOUGOU un jour de pause 10h OUAGADOUGOU - 20h NIAMEY NIAMEY
Tout nos visa sont déjà fait ainsi que les vaccins. Nous avons aussi préparé des papier administratif (fiches de renseignements pour les douanes en 8 exemplaires, attestation d'aide humanitaire...)
Il nous manque des logements à Boujdour, Dakhla, Nouadhibou et Bobo Dioulasso. Si vous avez des adresses, je suis preneur!
Je recherche aussi un guide pour la traversé de la Mauritanie (si c'est obligatoire????) Que dois-je surtout pas oublier? Des infos importante à nous transmettre? 😎
Merci a vous!
Je pars avec 4 amis artistes sur les routes d'Afrique. Nous allons faire des prestations artistique sur le trajet, puis faire le don de notre 4X4 à un dispensaire.
Je sais que sur le forum ça fourmille de voyageur ayant déjà réalisé ce trajet. J'ai pris note de beaucoup d'information sur le net. Pourriez vous me dire ce que vous pensez de cette itinéraire?
8h NANTES - 20h BARCELONE 7h BARCELONE - 21h TARIFA 8h TARIFA - 16h CASABLANCA 14h CASABLANCA - 21h AGADIR 14h AGADIR - 20h TAN TAN TAN TAN un jour de pause 8h TAN TAN - 16h BOUJDOUR 10h BOUJDOUR - 16h DAKHLA 10h DAKHLA - 20h NOUADHIBOU 8h NOUADHIBOU - 18h NOUAKCHOTT 7h NOUAKCHOTT - 19h BOKI DIAVE 8h BOKI DIAVE - 17h KAYES 8h KAYES - 18h BAMAKO BAMAKO un jour de pause 7h BAMAKO - 18h BOBO DIOULASSO 8h BOBO DIOULASSO - 19h OUAGADOUGOU OUAGADOUGOU un jour de pause 10h OUAGADOUGOU - 20h NIAMEY NIAMEY
Tout nos visa sont déjà fait ainsi que les vaccins. Nous avons aussi préparé des papier administratif (fiches de renseignements pour les douanes en 8 exemplaires, attestation d'aide humanitaire...)
Il nous manque des logements à Boujdour, Dakhla, Nouadhibou et Bobo Dioulasso. Si vous avez des adresses, je suis preneur!
Je recherche aussi un guide pour la traversé de la Mauritanie (si c'est obligatoire????) Que dois-je surtout pas oublier? Des infos importante à nous transmettre? 😎
Merci a vous!
avec mon mari on va partir au niger en 4X4 en passant par le nord dela mauritanie: atar, tidijka, nema...
on a les points GPS mais on aimerait rencontrer des gens qui ont fait ce périple, ou des renseignement sur les points de ravitaillement en gazoil
Voilà c'est passé les dates du 1er au 4 février 2007
pour ceux qui l'ont raté je raconte.
C'est la 3ème édition, les deux autres fois je suis passée, soit juste après soit juste avant
Cette fois ci. Je suis just in time. ce qui ne l'est pas c'est l'attestation du journal pour lequel je fais des chroniques en France, comme la direction l'a reçue le 1er, c'est trop tard pour l'accréditation, je vais devoir payer: 100 euros. Oui, vous avez bien lu. 100 euros.
Pour les maliens, le pass est à 10 euros, pas donné non plus !
autrement dit que ce festival est fait pour les riches blancs et aussi les riches noirs mais quand même je n'en ai pas trop vu, et encore je vous parie que les riches noirs sont invités eux, en toute logique.
Un truc sympa, je me suis inscrite sur le Net, l'organisation vous propose d'être logés chez l'habitant, je signe...ce sera la meilleure chose qui me sera arrivée à Segou.
Du coup j'y suis restée 8 jours, dans la famille Diawara, je dormais à côté des poules et des chèvres mais j'avais le petit déj servi le matin et la gentillesse de toute la grande famille, les enfants, aux petits soins, qui va te puiser de l'eau quand tu veux te doucher, qui te conseille sur tout et qui t'attend le soir pour être sûre que tu es rentrée, car c'était au bout du monde, c'est super grand Ségou. Ensuite le chef de famille m'a fait visiter son collège, il est prof et ils appliquent une méthode bilingue pour intégrer les enfants qui arrivent sans parler le français. génial !vu des classes de 135 élèves!
Revenons au festival :
Si vous y allez ne payez rien! dans la journée tout est gratuit et sur l'esplanade vous aurez des tas de spectacles à voir, marionnettes, grandes personnes, défilés, groupes de musique, de danses, masques, expos etc, il ya aussi une course de pirogues, et les discours d'inauguration et de clôture avec toutes les huites. Ce sont les concerts du soir qui sont payants. Soit 3 concerts vendredi, samedi et dimanche.
Là tu as intérêt à montrer patte blanche ou plutôt ton bracelet. Je n'ai jamais vu autant d'uniformes. Tu passes entre deux haies de policiers, soldats en armes SVP plus d'énormes baraques de miliciens qui font froid dans le dos rien que de les voir. Et pas aimables même avec ceux qui sont en règle...
Concert de vendredi :Vieux Farka Touré, les Tinariwen, Oumou Sangaré, et d'autres pointures. Que des blancs partout dans l'assistance, ça s'arrange au bout de 2 heures quand ils font entrer ceux qi ne peuvent pas payer, du coup ambiance, ça danse bien.
Samedi ça commence pas mal, puis il y a un groupe de nénéttes ivoiriennes qui s'incruste style la star Ac, à ce moment là on se retrouve sous un nuage de gaz lacrymo, tout le monde s'étouffe et s'enfuit, moi aussi dans un atmosphère d'émeute. Enfin ceux qui se trouvaient dans le nuage.
Explication les centaines de jeunes qu'on ne laisse jamais entrer et qu'on retient dehors à coups de gestes musclés ont réagi et ont envoyé des pierres, les intellos de la matraque les ont aspergés de gaz et tout le monde en a profité...
Dimanche: tout le monde est content, ministre président, directeur du festival c'est une réussite.
Concert du soir, comme il se termine tôt on ne laisse entrer personne, c'est entre blancs qu'on entendra les chanteurs et joueurs de n'goni et autres? Beau concert.
Dehors ça court de tous côtés, ils ont plus rien à perdre les lascars, c'est chaud....
le lendemain je trouve un BF dans une gargotte, il s'est fait tabasser à coups de ceinturons par 4 soldats qui l'ont jeté du haut de la digue il a perdu ses papiers...mais il ne s'en sent pas de porter plainte.
Je reçois un mail de la direction du festival qui me remercie de ma présence....bonne aubaine je leur raconte un peu mon ressenti...ben j'avais qu'à rester car après les lacrymo c'était très bien que l'année prochaine ils vont demander à une société privée de faire la sécurité bla blal bla
Voilà les affaires
vous me direz que vous le saviez déjà que c'est kif qu'Essakane
là je suis à Ouga j'attends le Fespaco
je ne m'en lasse pas...
Zhara
Zhara
j'ai le projet d'aller au Niger par l'Algérie ou la Lybie et je cherche des informations pour savoir quelle sera la solution la moins compliquée au niveau des formalités !... Je suis intéressé par l'expérience de ceux qui ont fait récemment ce parcours (l'un ou l'autre): difficultés administratives (invitation, changements des plaques, taxes diverses, etc...) et difficultés des pistes. Merci d'avance pour vous conseils !
Bonjour à tous,
Je projette de partir au Niger mais hors des sentiers battus car malheureusement, Point Afrique a nnulé mon vol... C'est pas grave, j'insiste et j'ai découvert un site sympa :www.niger-ue.net ( je sais pas s'il a été réactualisé dernièrement?) et sur ce site il parle de la région au sud d'Agadez et sur la route qui relie Agadez à Niamey. Il y a des sites comme Abalak, Zinder, Tanout, la forêt de Baban Rafi, Termit, la rivière Komodougou Yobé + de nbreuses réserves faunique...
Est-ce que quelqu'un connait ces coins là??? Aucun TO ne propose cette partie du Niger, ils se cantonnent à l'Aïr et au Ténéré ou au sud de Niamey !
N'y a t'il vraiment rien d'interessant ds la partie sud-est du Niger? Contactez-moi si vous avez des infos là dessus ou mieux si vous vous y êtes déjà rendu !
Merci
Je projette de partir au Niger mais hors des sentiers battus car malheureusement, Point Afrique a nnulé mon vol... C'est pas grave, j'insiste et j'ai découvert un site sympa :www.niger-ue.net ( je sais pas s'il a été réactualisé dernièrement?) et sur ce site il parle de la région au sud d'Agadez et sur la route qui relie Agadez à Niamey. Il y a des sites comme Abalak, Zinder, Tanout, la forêt de Baban Rafi, Termit, la rivière Komodougou Yobé + de nbreuses réserves faunique...
Est-ce que quelqu'un connait ces coins là??? Aucun TO ne propose cette partie du Niger, ils se cantonnent à l'Aïr et au Ténéré ou au sud de Niamey !
N'y a t'il vraiment rien d'interessant ds la partie sud-est du Niger? Contactez-moi si vous avez des infos là dessus ou mieux si vous vous y êtes déjà rendu !
Merci
Article tout actuel de l'anthropologue Jean-Pierre Olivier de Sardan (Niamey, Marseille) qui pourrait vous intéresser. Olivier de Sardan vit et travaille la plupart du temps au Niger, à Niamey, où il a cofondé le LASDEL, Laboratoire d'Études et de Recherches sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local :
Bonjour
Veuillez trouver ci-joint, écrite en réponse à divers amis qui m’ont demandé des infos sur la situation au Niger, une analyse qui n’engage que moi, après ces deux journées terribles, marquée par des manifestations très violentes à Zinder puis Niamey contre la « une » de Charlie-Hebdo, au cours desquelles des églises (ou temples) et des bars ont été particulièrement ciblés (le siège d’Orange et le centre culturel français de Zinder ont été aussi brûlés)
1. Si la « une » de Charlie Hebdo était compréhensible et défendable dans un contexte très « parisien », elle constituait évidemment une provocation délibérée et grave vue depuis le monde musulman (toutes tendances confondues, et même si on peut penser que ce dessin ne méritait pas une telle réaction). Autrement dit les conséquences actuelles était entièrement prévisibles, et il me semble très irresponsable de la part de l’équipe de Charlie-Hebdo de ne pas en voir tenu compte.
2. Bien évidemment, l’ampleur des manifestations à Niamey ne peut s’expliquer seulement par cette « une ». Celle-ci a constitué une occasion en or (ou un prétexte) pour que s’exprime une tendance intégriste en progression constante au Niger, plus ou moins sympathisante de Boko Haram.
3. Mais Boko-Haram (qui reste encore très lié au contexte spécifique du Nord-Est du Nigéria, et maintenant du Nord Cameroun) ne fait pas (encore ?) du Niger une terre de combat, et n’était sans doute pas directement à la manoeuvre ; la manif n’était pas dirigée par ses membres. C’est là essentiellement la première apparition publique importante d’une idéologie « pro-Boko Haram », certes floue, et n’impliquant pas nécessairement un ralliement, qui est interne à la société « nigérienne »
4. Cette idéologie s’est manifestée de façon évidente dans le fait de prendre pour cible des églises et des bars. C’est la première fois au Niger que la religion chrétienne est attaquée de façon violente, meurtrière. Beaucoup d’entre nous sommes atterrés.
5. Cette même idéologie s’est aussi développée indépendamment de Boko Haram depuis deux décennies, à travers l’emprise croissante du fondamentalisme intolérant et du wahabisme, promus par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements, de formations de clercs et de propagande. On a eu ainsi le rejet du code de la famille, les attaques contre les festivals de modes, ou encore des jeunes filles parfois molestées au marché pour leurs tenues trop occidentales. Les milieux populaires sont particulièrement touchés par cette idéologie : jeunes chômeurs ou demi-chômeurs surtout, mais aussi au-delà, écoliers, élèves coraniques, étudiants, petits cadres et parfois cadres moyens (enseignants par exemple)
6. Evidemment, la question est alors de savoir pourquoi l’extrémisme jihadiste séduit autant de Nigériens, malgré sa folie meurtrière. Bien sûr c’est d’abord parce que Boko Haram attaque l’Occident. Le sentiment anti-français persiste, avec les comptes non soldés de la colonisation et de la Françafrique (d’où l’attaque d’Orange et du centre culturel français). Mais il est relayé par un sentiment anti-occidental plus général, qui est alimenté par la morgue américaine, comme par la morgue des experts et des donneurs de leçons du développement, et la dépendance/mendicité envers l’Occident (d’où, à l’époque, l’approbation populaire assez large de l’attentat du 11 septembre)
7. Mais Boko Haram attaque aussi l’Etat national et la nomenklatura musulmane : ceci aussi séduit au Niger. où le rejet de la classe politique nigérienne est massif et profond, lié à la corruption croissante, à l’enrichissement débridé des élites, à l’importance du chômage, à l’échec de l’école occidentale
8. Au bout du compte c’est Boko Haram qui empoche la mise et devient le réceptacle de toutes les frustrations, car seul il s’attaque à l’ensemble des élites en place, et seul porte un changement radical. Il joue en un sens le même rôle au Nord Nigéria, au Nord Cameroun et au Niger que l’extrême droite en Europe (de même que les jihadistes au Mali).
9. En termes gramsciens, l’idéologie extrémiste a donc désormais une implantation populaire (tout en restant largement minoritaire) et gagne continuellement des points dans la bataille idéologique, dans le cadre d’une configuration générale de l’arène religieuse nigérienne qui est de plus en plus favorable aux versions salafistes de l’Islam, ceci d’autant plus que les versions modérées de l’Islam, bien que majoritaires, se taisent, plus ou moins apeurées et débordés par les surenchères, et ne mènent pas vraiment la bataille idéologique.
10. Une preuve évidente de cette démission de l’islam modéré comme de la classe politique est qu’il n’y a jamais eu de mobilisation populaire au Niger face à Boko Haram. Il est très grave qu’aucune manifestation n’ait jamais été organisée à Niamey en soutien aux victimes nigérianes de Boko Haram, que ce soit pour les lycéennes enlevées, ou après l’attentat contre la mosquée de Kano, par exemple. Personne n’a bougé, ce qui contraste évidemment tristement avec la réaction française face aux attentats contre Charlie Hebdo et la supérette kasher.
11. Même après ces deux jours, et les 10 morts et les églises et les bars incendiés, on attend toujours une condamnation claire et ferme par les partis ou les associations islamiques. La bataille idéologique n’est pas menée.
12. Aujourd’hui, le plus gros danger serait que les partis d’opposition soufflent sur les braises, et tentent d’instrumentaliser cet islamisme pro-Boko Haram pour déstabiliser le régime. Beaucoup d’analystes nigériens le pensent, et c’est ce que dit le gouvernement. Pour certains, ces manifestations auraient été plus ou moins organisées en sous-main par l’opposition. L’ennemi principal serait donc pour les partis d’opposition le pouvoir actuel, et ils seraient prêts à s’allier contre lui avec les extrémistes musulmans (autrement dit avec le diable). Evidemment, l’ennemi principal aujourd’hui au Niger est Boko Haram, bien plus dangereux pour nous que le Sud de la Lybie ou le Nord du Mali (et bien plus dangereux que Charlie-Hebdo, ajouterai-je !!)
13. Espérons que des leaders des partis d’opposition démentiront de tels soupçons et dénonceront les meurtres et les incendies d’églises et de bars.
Rêvons un peu : Et si, demain, une grande manif se déroulait à Niamey, avec toute la classe politique, contre Boko Haram, pour la tolérance religieuse, avec des pancartes portées par des imams « je suis chrétien » ?
Bonjour
Veuillez trouver ci-joint, écrite en réponse à divers amis qui m’ont demandé des infos sur la situation au Niger, une analyse qui n’engage que moi, après ces deux journées terribles, marquée par des manifestations très violentes à Zinder puis Niamey contre la « une » de Charlie-Hebdo, au cours desquelles des églises (ou temples) et des bars ont été particulièrement ciblés (le siège d’Orange et le centre culturel français de Zinder ont été aussi brûlés)
1. Si la « une » de Charlie Hebdo était compréhensible et défendable dans un contexte très « parisien », elle constituait évidemment une provocation délibérée et grave vue depuis le monde musulman (toutes tendances confondues, et même si on peut penser que ce dessin ne méritait pas une telle réaction). Autrement dit les conséquences actuelles était entièrement prévisibles, et il me semble très irresponsable de la part de l’équipe de Charlie-Hebdo de ne pas en voir tenu compte.
2. Bien évidemment, l’ampleur des manifestations à Niamey ne peut s’expliquer seulement par cette « une ». Celle-ci a constitué une occasion en or (ou un prétexte) pour que s’exprime une tendance intégriste en progression constante au Niger, plus ou moins sympathisante de Boko Haram.
3. Mais Boko-Haram (qui reste encore très lié au contexte spécifique du Nord-Est du Nigéria, et maintenant du Nord Cameroun) ne fait pas (encore ?) du Niger une terre de combat, et n’était sans doute pas directement à la manoeuvre ; la manif n’était pas dirigée par ses membres. C’est là essentiellement la première apparition publique importante d’une idéologie « pro-Boko Haram », certes floue, et n’impliquant pas nécessairement un ralliement, qui est interne à la société « nigérienne »
4. Cette idéologie s’est manifestée de façon évidente dans le fait de prendre pour cible des églises et des bars. C’est la première fois au Niger que la religion chrétienne est attaquée de façon violente, meurtrière. Beaucoup d’entre nous sommes atterrés.
5. Cette même idéologie s’est aussi développée indépendamment de Boko Haram depuis deux décennies, à travers l’emprise croissante du fondamentalisme intolérant et du wahabisme, promus par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements, de formations de clercs et de propagande. On a eu ainsi le rejet du code de la famille, les attaques contre les festivals de modes, ou encore des jeunes filles parfois molestées au marché pour leurs tenues trop occidentales. Les milieux populaires sont particulièrement touchés par cette idéologie : jeunes chômeurs ou demi-chômeurs surtout, mais aussi au-delà, écoliers, élèves coraniques, étudiants, petits cadres et parfois cadres moyens (enseignants par exemple)
6. Evidemment, la question est alors de savoir pourquoi l’extrémisme jihadiste séduit autant de Nigériens, malgré sa folie meurtrière. Bien sûr c’est d’abord parce que Boko Haram attaque l’Occident. Le sentiment anti-français persiste, avec les comptes non soldés de la colonisation et de la Françafrique (d’où l’attaque d’Orange et du centre culturel français). Mais il est relayé par un sentiment anti-occidental plus général, qui est alimenté par la morgue américaine, comme par la morgue des experts et des donneurs de leçons du développement, et la dépendance/mendicité envers l’Occident (d’où, à l’époque, l’approbation populaire assez large de l’attentat du 11 septembre)
7. Mais Boko Haram attaque aussi l’Etat national et la nomenklatura musulmane : ceci aussi séduit au Niger. où le rejet de la classe politique nigérienne est massif et profond, lié à la corruption croissante, à l’enrichissement débridé des élites, à l’importance du chômage, à l’échec de l’école occidentale
8. Au bout du compte c’est Boko Haram qui empoche la mise et devient le réceptacle de toutes les frustrations, car seul il s’attaque à l’ensemble des élites en place, et seul porte un changement radical. Il joue en un sens le même rôle au Nord Nigéria, au Nord Cameroun et au Niger que l’extrême droite en Europe (de même que les jihadistes au Mali).
9. En termes gramsciens, l’idéologie extrémiste a donc désormais une implantation populaire (tout en restant largement minoritaire) et gagne continuellement des points dans la bataille idéologique, dans le cadre d’une configuration générale de l’arène religieuse nigérienne qui est de plus en plus favorable aux versions salafistes de l’Islam, ceci d’autant plus que les versions modérées de l’Islam, bien que majoritaires, se taisent, plus ou moins apeurées et débordés par les surenchères, et ne mènent pas vraiment la bataille idéologique.
10. Une preuve évidente de cette démission de l’islam modéré comme de la classe politique est qu’il n’y a jamais eu de mobilisation populaire au Niger face à Boko Haram. Il est très grave qu’aucune manifestation n’ait jamais été organisée à Niamey en soutien aux victimes nigérianes de Boko Haram, que ce soit pour les lycéennes enlevées, ou après l’attentat contre la mosquée de Kano, par exemple. Personne n’a bougé, ce qui contraste évidemment tristement avec la réaction française face aux attentats contre Charlie Hebdo et la supérette kasher.
11. Même après ces deux jours, et les 10 morts et les églises et les bars incendiés, on attend toujours une condamnation claire et ferme par les partis ou les associations islamiques. La bataille idéologique n’est pas menée.
12. Aujourd’hui, le plus gros danger serait que les partis d’opposition soufflent sur les braises, et tentent d’instrumentaliser cet islamisme pro-Boko Haram pour déstabiliser le régime. Beaucoup d’analystes nigériens le pensent, et c’est ce que dit le gouvernement. Pour certains, ces manifestations auraient été plus ou moins organisées en sous-main par l’opposition. L’ennemi principal serait donc pour les partis d’opposition le pouvoir actuel, et ils seraient prêts à s’allier contre lui avec les extrémistes musulmans (autrement dit avec le diable). Evidemment, l’ennemi principal aujourd’hui au Niger est Boko Haram, bien plus dangereux pour nous que le Sud de la Lybie ou le Nord du Mali (et bien plus dangereux que Charlie-Hebdo, ajouterai-je !!)
13. Espérons que des leaders des partis d’opposition démentiront de tels soupçons et dénonceront les meurtres et les incendies d’églises et de bars.
Rêvons un peu : Et si, demain, une grande manif se déroulait à Niamey, avec toute la classe politique, contre Boko Haram, pour la tolérance religieuse, avec des pancartes portées par des imams « je suis chrétien » ?
Bonjour à tous,
J'ai un projet qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps: traverser l'Afrique à Vélo. Cependant il y a un léger problème pour passer de l'Afrique de l'ouest à l'Afrique centrale. Si je m'en tiens aux informations disponibles sur le site des ambassades de France, une escorte policière est obligatoire au Niger (indispensable ?), et indispensable au Nigeria, pour les raisons que l'on peut imaginer. Mais qu'en est-il dans la réalité ? Que me conseillez-vous à part prendre l'avion ? Sachant que je suis un homme, 28 ans, grand et très courtois, avec un certain humour.
Merci d'avance pour vos réponses !
J'ai un projet qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps: traverser l'Afrique à Vélo. Cependant il y a un léger problème pour passer de l'Afrique de l'ouest à l'Afrique centrale. Si je m'en tiens aux informations disponibles sur le site des ambassades de France, une escorte policière est obligatoire au Niger (indispensable ?), et indispensable au Nigeria, pour les raisons que l'on peut imaginer. Mais qu'en est-il dans la réalité ? Que me conseillez-vous à part prendre l'avion ? Sachant que je suis un homme, 28 ans, grand et très courtois, avec un certain humour.
Merci d'avance pour vos réponses !
Voila en attendant d'en savoir plus mais encore une fois cela prouve que la sous région n'est pas sans risques dans la période actuelle
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/08/01003-20110108ARTFIG00354-deux-francais-enleves-au-niger.php
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/08/01003-20110108ARTFIG00354-deux-francais-enleves-au-niger.php
Bonjour à tous,
Je viens d'arriver sur ce forum, j'ai déjà lue beaucoup de vos discution et j'espère trouver de l'aide auprès de vous.
Je termine mes études en septembre et je souhaite m'engager pour une mission humanitaire au Niger (ou dans un autre pays du Sahel). A force de naviguer sur des sites, je désespère car je n'obtiens que des réponses du style: "Il faut une qualification spécial, médecine..." Pour ma part, je prépare une licence de chimie, il est donc claire que ma formation ne sera d'aucun secours en Afrique. Malgré tout, j'ai énormément de bonne volonté et un grand désir d'aider les autres. Je souhaite vraiment pouvoir donner de mon temps pour les autres.
Si vous connaissez une association avec qui je puisse partir pour construire une école, creuser des puits, ou même travailler dans un orphelinat, je suis ouverte à toute propositions. Je vous remercie de votre aide précieuse.
A bientôt
Hélène
Je viens d'arriver sur ce forum, j'ai déjà lue beaucoup de vos discution et j'espère trouver de l'aide auprès de vous.
Je termine mes études en septembre et je souhaite m'engager pour une mission humanitaire au Niger (ou dans un autre pays du Sahel). A force de naviguer sur des sites, je désespère car je n'obtiens que des réponses du style: "Il faut une qualification spécial, médecine..." Pour ma part, je prépare une licence de chimie, il est donc claire que ma formation ne sera d'aucun secours en Afrique. Malgré tout, j'ai énormément de bonne volonté et un grand désir d'aider les autres. Je souhaite vraiment pouvoir donner de mon temps pour les autres.
Si vous connaissez une association avec qui je puisse partir pour construire une école, creuser des puits, ou même travailler dans un orphelinat, je suis ouverte à toute propositions. Je vous remercie de votre aide précieuse.
A bientôt
Hélène
Salut,
je pars pour Cotonou dans quelques jours, j'y passe 2 semaines et puis je voudrais aller sur Niamey. Je pensais prendre la route, j'ai appris dans ce forum même qu'il y a des bus qui font ce trajet, notamment la SNTV.
Mais comme le voyage a lieu la nuit et qu'il est assez long, des amis me l'ont déconseillés en disant qu'il ya des brigands sur le chemin.
Est-ce vrai?
Bonjour,
Souhaitant me rendre au Niger en février, à partir du Bénin, l'obtention du visa est conditionné par le fait d'apporter la preuve écrite (Fax ou mail) de réservation d'un hôtel.
Est-ce que cette disposition est valable pour toutes les nuits passées au Niger car à priori je ne sais pas encore où je dormirai et dans le cas de la remontée du Niger en pinasse que faire ?
Si quelqu'un a déjà été confronté au problème merci pour les infos !!!
Bonjour,
Je voudrais savoir comment c'est la vie à Niamey en famille... Coût de la vie, activités, ballades aux alentours, sécurité, école (primaire)...etc...
Merci!
Je voudrais savoir comment c'est la vie à Niamey en famille... Coût de la vie, activités, ballades aux alentours, sécurité, école (primaire)...etc...
Merci!
Salut à tous ! Voici une tranche de vie, une tranche d'attente entre Timia et Agadez. Trois semaines pour faire 220 km... C'est une bonne moyenne 😉
Sam
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Ces jours là furent ceux d’une bien longue attente. Celle du véhicule qui doit nous conduire, Kader et moi, sur le chemin du retour vers El Meki. Attente qui n’aura pas duré moins de dix jours. Attente durant laquelle chaque jour nous emportons une natte, une théière et un peu de charbon sous un arbre en bordure de l’oued. Le thé est bouilli de multiples fois, puis on le fait copieusement mousser, avant de le servir. Le premier, le second et le troisième verre. L’attente file encore un peu, et puis on recommence. D’un bout à l’autre de la journée. Nous voyons le soleil se lever chaque matin, puis s’écraser à la nuit tombante sur le sommet des montagnes. La solitude et le silence se font de plus en plus présents dans cet îlot de verdure blotti au cœur de l’Aïr. Aucun contact avec l’extérieur n’est possible. La dernière ligne téléphonique a été coupée il y a deux ans. Depuis, plus rien. Seul le vent dans les feuillages vient parfois troubler la paix des lieux. Nous savons que l’attente pourrait durer un mois. Qu’importe. Je savoure la beauté des lieux. Le crépuscule fait naître des reliefs insoupçonnés, et les couleurs se multiplient à l’infini. Jaune, ocre, rouge, orangés… quelques taches vertes et le bleu pâle du ciel. L’harmonie est parfaite. Ces lieux sont magiques. Je me sens de plus en plus appartenir à cette terre aride, étouffante, où la liberté ne connaît pas de limites. Le désert a semé en moi une graine que le nomadisme arrose continuellement.
Soudain le bruit d’un moteur poussif déchire le silence. Un vieux Berliet, vestige de la colonisation, se traîne tel un amas de tôles cousues, cornées, pliées sur un châssis rouillé. Il est déjà peuplé d’hommes et de femmes, jardiniers ou bergères, d’enfants et de chèvres, juchés sur des sacs d’oignons, des ballots de paille et des fûts d’huile de palme. Il faut encore y loger une moto, deux cartons de poules, des pieux en bois, trois sacs de dattes et une dizaine de passagers. Malgré l’inconfort manifeste, chacun cherche à se nicher dans les bagages pour un voyage qui, finalement, ne durera pas.
Le camion pousse un dernier soupir cinq kilomètres après le départ, au beau milieu d’un vaste plateau noirci de basalte. Nous attendons d’abord à l’ombre du camion que le chauffeur et son mécanicien diagnostiquent la panne. Il y en aura visiblement pour longtemps. J'ai beau leur offrir mes services, je suis étranger, et par conséquent dispensé de travaux mécaniques pour aujourd'hui.
Je décide alors de m’éloigner à quelques centaines de mètres, sous un acacia m’offrant une ombre hésitante. J’aime désormais attendre. J’aime le désert. Je laisse mon esprit se perdre dans les cailloux, à la recherche d’un quelconque signe de vie, même des plus infimes. Dieu a créé le désert, infiniment vide, pour pouvoir y déambuler en paix dit un adage Touareg. Et moi, bête que je suis, je fouille l’horizon des yeux, espérant l’y trouver.
En fin de journée, constatant que le camion est aux trois quarts démonté sur la piste, je prépare du thé pour mes compagnons de route. Quelle surprise pour eux de se voir servir le thé par un blanc. De mémoire de touareg, cela ne s’est pas vu très souvent. Puis nous ingurgitons quelques louches de bouillie de mil, des dattes et du fromage. A la nuit tombée, voyant que le camion ne repartira pas, chacun écarte les cailloux pour y loger une natte et s’endormir. Il ne servirait à rien de retourner à Timia, pourtant distant de quelques kilomètres. Nous n’y trouverions ni mécanicien, ni véhicule de remplacement. Et puis le chemin à parcourir est devant nous.
Nous quittons les lieux à pieds le lendemain matin, pour le village suivant, distant d’une quinzaine de kilomètres. Là s’y trouve le camion d’une ONG locale qu’il nous sera permis d’utiliser pour poursuivre le voyage.
Nous nous écartons à tout moment de la piste pour rejoindre les campements des différents passagers. Les incohérents et laborieux zigzags du véhicule rendent ce périple épuisant. Le soleil, vertical et implacable, ne nous laisse pas le moindre repos. En attendant l’ombre salvatrice du crépuscule, chacun se camouffle de son mieux sous un épais turban de coton.
La nuit tombe à peine lorsque nous nous arrêtons au milieu d’un vaste plateau, entouré de sombres montagnes. Le feu est allumé, et le repas fait d’un gruau de mil, de dattes et de fromage rapidement préparé. Malgré la bonne humeur qui s’était installée parmi les passagers, les femmes ne mangent pas avec les hommes. C’est l’usage qui le veut. Chacun son feu. Et puis le marabout d’un village voisin vient accompagner la prière de la nuit. Je savoure la splendeur de cette mosquée aux murs de vent, dont le minaret imaginaire vient se perdre dans les étoiles. Aujourd’hui, le sol de notre couche est sablonneux. Un luxe, comparé aux cailloux des jours précédents.
A El Meki, il nous faudra de nouveau patienter une semaine avant de voir passer un camion en partance pour Agadez. De nouveau le thé, le silence et le vent agrémentent nos journées. L’environnement volcanique et caillouteux est certes moins poétique, mais les promenades sur les crêtes environnantes et les baignades dans la guelta ne manquent pas de charme. Il demeure pourtant bien difficile de pousser un Touareg à une promenade sans but. Les montagnes ne sont pas des cavernes qu'on explore ou des sommets qu'on atteint. Elles ne sont que des amies qui nous observent, des voisines bienveillantes que l'on ne saurait déranger.
La vie humaine est devenue presque contre-nature, dans un univers à ce point minéral. Comment survit-on sans eau ni végétation ? Où sont les cultures et les animaux ? Les puits ? Le marché est chétif. Autant que les enfants et le bétail. Chaque grain de maïs est compté, mangé ou troqué. Je laisse avant le départ quelques cadeaux à mes hôtes : une cassette et des piles, des fruits, quelques photos, et un baiser pour Fatimata, même si mes amis sont bien peu habitués à une telle débauche de sentiments.
Dès lors, le voyage se passe sans encombres. Une fois n’est pas coutume.
Il fait déjà nuit au moment où le camion pénètre sur la plaine précédent Agadez. Trente kilomètres avant notre arrivée, nous en voyons déjà les lumières. Tel un bateau secoué par les vagues de l’océan, l’impatience se lit dans tous les regards tournés vers le port. La croisière fut longue et agitée, et je me réjouis de ce retour à la civilisation. Du sommet du camion, je jouit encore quelques instants de la tiédeur du vent tentant d’arracher mon turban. Tout au fond de moi-même, je comprends qu’un peu de sable s’est déposé, pour probablement ne jamais repartir. Quelque chose a changé.
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Ces jours là furent ceux d’une bien longue attente. Celle du véhicule qui doit nous conduire, Kader et moi, sur le chemin du retour vers El Meki. Attente qui n’aura pas duré moins de dix jours. Attente durant laquelle chaque jour nous emportons une natte, une théière et un peu de charbon sous un arbre en bordure de l’oued. Le thé est bouilli de multiples fois, puis on le fait copieusement mousser, avant de le servir. Le premier, le second et le troisième verre. L’attente file encore un peu, et puis on recommence. D’un bout à l’autre de la journée. Nous voyons le soleil se lever chaque matin, puis s’écraser à la nuit tombante sur le sommet des montagnes. La solitude et le silence se font de plus en plus présents dans cet îlot de verdure blotti au cœur de l’Aïr. Aucun contact avec l’extérieur n’est possible. La dernière ligne téléphonique a été coupée il y a deux ans. Depuis, plus rien. Seul le vent dans les feuillages vient parfois troubler la paix des lieux. Nous savons que l’attente pourrait durer un mois. Qu’importe. Je savoure la beauté des lieux. Le crépuscule fait naître des reliefs insoupçonnés, et les couleurs se multiplient à l’infini. Jaune, ocre, rouge, orangés… quelques taches vertes et le bleu pâle du ciel. L’harmonie est parfaite. Ces lieux sont magiques. Je me sens de plus en plus appartenir à cette terre aride, étouffante, où la liberté ne connaît pas de limites. Le désert a semé en moi une graine que le nomadisme arrose continuellement.
Soudain le bruit d’un moteur poussif déchire le silence. Un vieux Berliet, vestige de la colonisation, se traîne tel un amas de tôles cousues, cornées, pliées sur un châssis rouillé. Il est déjà peuplé d’hommes et de femmes, jardiniers ou bergères, d’enfants et de chèvres, juchés sur des sacs d’oignons, des ballots de paille et des fûts d’huile de palme. Il faut encore y loger une moto, deux cartons de poules, des pieux en bois, trois sacs de dattes et une dizaine de passagers. Malgré l’inconfort manifeste, chacun cherche à se nicher dans les bagages pour un voyage qui, finalement, ne durera pas.
Le camion pousse un dernier soupir cinq kilomètres après le départ, au beau milieu d’un vaste plateau noirci de basalte. Nous attendons d’abord à l’ombre du camion que le chauffeur et son mécanicien diagnostiquent la panne. Il y en aura visiblement pour longtemps. J'ai beau leur offrir mes services, je suis étranger, et par conséquent dispensé de travaux mécaniques pour aujourd'hui.
Je décide alors de m’éloigner à quelques centaines de mètres, sous un acacia m’offrant une ombre hésitante. J’aime désormais attendre. J’aime le désert. Je laisse mon esprit se perdre dans les cailloux, à la recherche d’un quelconque signe de vie, même des plus infimes. Dieu a créé le désert, infiniment vide, pour pouvoir y déambuler en paix dit un adage Touareg. Et moi, bête que je suis, je fouille l’horizon des yeux, espérant l’y trouver.
En fin de journée, constatant que le camion est aux trois quarts démonté sur la piste, je prépare du thé pour mes compagnons de route. Quelle surprise pour eux de se voir servir le thé par un blanc. De mémoire de touareg, cela ne s’est pas vu très souvent. Puis nous ingurgitons quelques louches de bouillie de mil, des dattes et du fromage. A la nuit tombée, voyant que le camion ne repartira pas, chacun écarte les cailloux pour y loger une natte et s’endormir. Il ne servirait à rien de retourner à Timia, pourtant distant de quelques kilomètres. Nous n’y trouverions ni mécanicien, ni véhicule de remplacement. Et puis le chemin à parcourir est devant nous.
Nous quittons les lieux à pieds le lendemain matin, pour le village suivant, distant d’une quinzaine de kilomètres. Là s’y trouve le camion d’une ONG locale qu’il nous sera permis d’utiliser pour poursuivre le voyage.
Nous nous écartons à tout moment de la piste pour rejoindre les campements des différents passagers. Les incohérents et laborieux zigzags du véhicule rendent ce périple épuisant. Le soleil, vertical et implacable, ne nous laisse pas le moindre repos. En attendant l’ombre salvatrice du crépuscule, chacun se camouffle de son mieux sous un épais turban de coton.
La nuit tombe à peine lorsque nous nous arrêtons au milieu d’un vaste plateau, entouré de sombres montagnes. Le feu est allumé, et le repas fait d’un gruau de mil, de dattes et de fromage rapidement préparé. Malgré la bonne humeur qui s’était installée parmi les passagers, les femmes ne mangent pas avec les hommes. C’est l’usage qui le veut. Chacun son feu. Et puis le marabout d’un village voisin vient accompagner la prière de la nuit. Je savoure la splendeur de cette mosquée aux murs de vent, dont le minaret imaginaire vient se perdre dans les étoiles. Aujourd’hui, le sol de notre couche est sablonneux. Un luxe, comparé aux cailloux des jours précédents.
A El Meki, il nous faudra de nouveau patienter une semaine avant de voir passer un camion en partance pour Agadez. De nouveau le thé, le silence et le vent agrémentent nos journées. L’environnement volcanique et caillouteux est certes moins poétique, mais les promenades sur les crêtes environnantes et les baignades dans la guelta ne manquent pas de charme. Il demeure pourtant bien difficile de pousser un Touareg à une promenade sans but. Les montagnes ne sont pas des cavernes qu'on explore ou des sommets qu'on atteint. Elles ne sont que des amies qui nous observent, des voisines bienveillantes que l'on ne saurait déranger.
La vie humaine est devenue presque contre-nature, dans un univers à ce point minéral. Comment survit-on sans eau ni végétation ? Où sont les cultures et les animaux ? Les puits ? Le marché est chétif. Autant que les enfants et le bétail. Chaque grain de maïs est compté, mangé ou troqué. Je laisse avant le départ quelques cadeaux à mes hôtes : une cassette et des piles, des fruits, quelques photos, et un baiser pour Fatimata, même si mes amis sont bien peu habitués à une telle débauche de sentiments.
Dès lors, le voyage se passe sans encombres. Une fois n’est pas coutume.
Il fait déjà nuit au moment où le camion pénètre sur la plaine précédent Agadez. Trente kilomètres avant notre arrivée, nous en voyons déjà les lumières. Tel un bateau secoué par les vagues de l’océan, l’impatience se lit dans tous les regards tournés vers le port. La croisière fut longue et agitée, et je me réjouis de ce retour à la civilisation. Du sommet du camion, je jouit encore quelques instants de la tiédeur du vent tentant d’arracher mon turban. Tout au fond de moi-même, je comprends qu’un peu de sable s’est déposé, pour probablement ne jamais repartir. Quelque chose a changé.








