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Vertus de l'échec, traversée des Calanques
by Lucbertrand · 2010-02-27 · 6 replies
Une traversée des Calanques en janvier

Le projet initial prévoyait de rejoindre Nice au départ de la gare Saint-Charles à Marseille, en traversant différents massifs montagneux, le premier étant les Calanques. Projet quelque peu ambitieux, quand la préparation physique a été pour le moins négligée, de plus monté à la hâte et de façon approximative en matière de poids de sac qui avoisinait les quatorze kilos. Evidemment le péché de vanité ça se paie généralement cash. Bien entendu ce fut le cas. La balade démarrée dans l’allégresse un matin de fin janvier 2010 sur l’esplanade de la gare Saint-Charles s’est terminée dans la douleur deux jours plus tard à Roquefort-la-Bédoule, village situé sur les hauteurs de Cassis. Un démarrage de sciatique m’a cloué et forcé à l’abandon.

Toute expérience est bonne à faire. Cela permet de réfléchir aux erreurs commises afin de ne pas les répéter. Cela rappelle surtout aux réalités pour éviter de se croire au-dessus de la moyenne en partant dans n’importe quelle condition. Donc, je ne regrette pas ces deux jours passés à marcher même si parfois j’en ai bavé, à cause de la première étape bien trop longue, du manque d’entraînement, du sac trop lourd et du temps particulièrement hostile le deuxième jour.

Les conditions météorologiques n’étaient pas très favorables à cette époque, cependant je l’avais choisie car elle correspondait à une période de pleine lune. Et, en hiver on peut être amené à marcher dans l’obscurité, et l’astre de la nuit prodigue à ces moments-là une lumière appréciable et salvatrice.

Le TGV Lyon Marseille fonce dans la nuit. A partir de Montélimar le jour se lève. Une plaine brouillardeuse et toute couverte de givre se dévoile. Je me dis que les Calanques, première partie de mon périple, devraient échapper à ce phénomène du fait de leur proximité de la mer. L’arrivée à Marseille a lieu vers les huit heures trente.

L’air est frais sans plus, pour une fin janvier je dirais qu’il fait bon. Dès la sortie de la gare, Notre Dame de la Garde, « la Bonne Mère », me saute au visage. Ce ne sera que le deuxième point de passage de ma balade. Dans un premier temps je compte descendre au Vieux Port pour admirer les étalages des pêcheurs qui arrivent juste de la mer, et débarquent leurs poissons encore vivants. La ville en ce début de matinée est populeuse, les voitures nombreuses. Rapidement je rejoins la Canebière, ce boulevard mythique en légère descente, qui me conduit en quelques minutes sur le quai du port.

En effet, comme prévu quelques étals sont alignés et exposent une marchandise aux teintes colorées, comme seuls les poissons de Méditerranée en dévoilent. Le loup, la sole, le turbot occupent une bonne place, ensuite le rouget, normal et grondin, ainsi que la rascasse rehaussent l’ensemble d’une touche rouge vif. Le rouget sur le bassin d’Arcachon, mais là on n’est plus en Provence, lorsqu’il est de petite taille porte le charmant surnom de vendangeur. En effet, on le dénomme ainsi pour les raisons suivantes : il rentre dans le bassin au moment des vendanges et prend la couleur rouge de la feuille de vigne en automne. Même s’il est goûteux, ce n’est pas mon préféré. Une bonne sole ou un joli marbré à la livrée blanc immaculé, rayée de fines lignes noires sont mes préférés, sans oublier une friture de girelles multicolores. Revenons à nos étals ; au beau milieu de tous ces poissons une grosse langouste ajoute sa touche. Tout heureux je m’attarde en faisant une multitude de photographies.

Des ruelles en pente m’invitent à prendre la direction de « la Bonne Mère » qui veille du haut de sa colline sur la ville. Un petit bistrot, à la devanture bien méridionale, me tente pour un arrêt technique. Les toilettes sans papier, heureusement je suis toujours prévoyant. Le café est bon, l’accent des clients est un vrai plaisir. Je demande au tenancier le chemin le plus court pour monter au sommet de la colline. « En bus ou à pied ?» interroge-t-il. Je lui confirme que je compte y monter par mes propres moyens. Et là, il me sort une tirade digne de Pagnol à peu près dans ces termes : « Eh! Vous fatiguez pas à monter là-haut, redescendez sur le port et faites une photo au téléobjectif et vous direz que vous y êtes allé ». J’adore, et toute la salle rigole, le midi ça vaut le coup! Me voilà reparti, la rue en pente raide permet de s’élever rapidement. Je traverse un parc arboré au chemin en épingles à cheveux, et débouche au pied du raidillon final. Mon attention est attirée par un char d’assaut datant de la seconde guerre mondiale du nom de « Jeanne d’arc ». Son équipage avait été tué à cet endroit lors de l’assaut des troupes françaises, qui le 25 août 1944 reprenaient la colline aux Allemands. L'évocation des combats passés et de ces soldats qui y laissèrent leur vie procure toujours des moments de grande émotion. Cela me rappelle mon voyage à travers l’Europe de l’est, ponctué de lieux évocateurs du grand cataclysme déclenché par la dictature nazie.

Je m’arrache à ce spectacle et au panneau relatant les circonstances de ces événements tragiques. Devant moi, un grand escalier matérialisant un chemin de croix me conduit directement sur le parvis de la basilique.

Que le site est aérien ! Que la vue est immense, époustouflante sur la mer et ses îles, sur la terre ses maisons et ses collines. J’ai un regard tout spécialement pour le château d’If, datant de l’époque de François Premier et qui fut rendu célèbre par le roman d’Alexandre Dumas qui fit rêver beaucoup d’entre nous dans notre jeunesse, le comte de Monte-Cristo.

Marseille s’étale en contrebas. Ses constructions, innombrables, semblent blotties, tassées les unes sur les autres comme pour se tenir chaud en attente du mistral qui commence à lancer ses rafales d’air froid, rageuses et aléatoires. Je fais le tour de cette vaste esplanade. Sous tous les angles le spectacle est étonnant. Une large terrasse en contrebas semble véritablement en surplomb sur la ville, comme si on allait tomber sur les premiers toits en se penchant. Le parapet de cette esplanade est littéralement couvert d’ex-voto. Ils en occupent tout l’espace vertical, à tel point que l’on passe, par un effet de perspective, sans transition aucune du blanc des plaques de marbre aux toits des maisons qui se serrent quelques centaines de mètres plus bas. L’effet est très étonnant.

Les ex-voto, lorsqu’on entre dans la basilique, attirent immédiatement l’attention pour ne plus la lâcher. Généralement, on imagine qu’ils expriment des paroles de remerciements pour une guérison ou simplement qu’ils donnent une date et un nom. On oublie que l’ex-voto n’est pas toujours une simple plaque mais parfois un véritable tableau gravé. Alors les vœux de reconnaissance à la Vierge de la part des marins s’apparentent à de véritables œuvres d’art qui relatent des situations dignes de films d’aventure. Ce régiment d’infanterie qui remercie la Vierge Marie de lui avoir permis d’échapper aux sous-marins allemands en 1918 lors de son transfert d’Afrique du Nord sur le front occidental. Encore cet équipage d’un grand voilier qui a survécu à une terrible tornade dans l’Océan Indien. Ou encore ce remerciement pour avoir été préservé d’une grande épidémie de choléra. Ces trois exemples pour donner une idée de ce que représentent ces centaines voire milliers d’ex-voto de marins qui rendent grâce à la Vierge pour leur salut.

L’édifice est d’architecture imposante, sur certains côtés extérieurs il me rappelle la basilique de Fourvière à Lyon. L’intérieur est incroyablement orné de couleurs chaudes, le style est presque oriental.

Après cette visite particulièrement intéressante il me faut reprendre ma route vers les Calanques que je distingue au loin au-delà d'une longue corniche. Je la rejoins en descendant un chemin abrupt au pied de la basilique où de nombreux chats errant parmi les cactus me détalent entre les jambes. Puis après avoir suivi sur quelques centaines de mètres une rue comme il en existe dans toutes les villes, une dame m’indique un sentier très pittoresque qui se glisse entre les maisons au fond d’une minuscule gorge. Par ce cheminement je rejoins directement le bord de mer. Il est dix heures, je vais marcher le long de cette corniche durant deux heures. Par moments, il me prend l’envie de monter dans un bus qui me conduirait directement à Callelongue, mais je résiste. Est-ce une bonne chose ? Aujourd’hui je ne crois pas, car étant donné mon entraînement, j’aurais mieux fait de me ménager ce qui m’aurait évité les déboires et douleurs à venir, en commençant par une immense étape.

Le temps est légèrement couvert, le vent est en train de s’installer par rafales successives. Cela est caractéristique à la couleur de la mer, qui prend cette teinte bleu noir, annonciatrice des jours de mistral avec ses vaguelettes qui courent au large. Cette corniche me paraît interminable, l’impression d’éloignement étant augmentée par l’humidité de l’air qui donne une touche floue à tout ce qui se trouve à quelques kilomètres. Les aménagements sont de belle qualité et la marche est agréable. Quelques objets qui se veulent des sculptures égayent la marche. En particulier, une proue de navire, que j’identifie comme phénicien, côtoie un genre de crabe armé d’une énorme pince qui monte au ciel, le tout façonné en bois brut gris clair presque couleur cendre. Quelle en est la symbolique ? Juste avant, une immense hélice en bronze pointait vers le ciel, pour rappeler le retour des rapatriés d’Algérie et la ville de Marseille a fait inscrire à son pied la mention suivante pour que le passant se souvienne: Aux rapatriés d’Afrique du Nord et d’outre-mer. A tous ceux qui ont pour dernière demeure un sol maintenant étranger, sur lequel ils ont vécu, travaillé et où ils ont aimé. Salut à vous qui êtes revenus, notre ville est la vôtre.

Je réalise une fois de plus, que le fait de marcher permet beaucoup plus de s’imprégner d’un pays que de le parcourir en véhicule. Une multitude de choses vous interpellent lorsque vous vous déplacez au rythme des pieds. La randonnée on la conçoit toujours dans des régions de nature loin des villes. Traverser les Calanques en partant de la gare Saint-Charles m’avait tout d’abord semblé une drôle d’idée, pas forcément intéressante, puis je m’étais dit : cette ville de Marseille par laquelle tu es souvent passé la connais-tu ? Bien sûr une multitude de fois j’avais, comme on dit en franglais, commuté par cette gare carrefour, bien qu’elle soit dans un cul-de-sac, paradoxe ! J’avais vu la porte d’Aix, j’étais même déjà passé par Notre dame de la Garde, j’avais même feuilleté le dictionnaire amoureux de Marseille, collection remarquable, mais cette ville du sud dont Albert Londres a fait une magnifique description intemporelle, je n’avais jamais pris le temps de m’y plonger quelques heures à errer au hasard. Donc, cette introduction au voyage m’est apparue de plus en plus pertinente et voilà comment on décide d’un voyage à pied en le débutant par la traversée d’une ville sur une quinzaine de kilomètres. Je dois dire que l’expérience est intéressante est mérite d’être faite, mis à part qu’il est préférable d’avoir la forme physique et ne pas vouloir faire deux étapes en une.

On est toujours surpris de la vitesse à laquelle on avance à pied. Les détours du rivage qui me semblaient sans fin sont atteints rapidement et bientôt la densité des maisons diminue, la roche blanche des Calanques se fait plus présente. Les petits villages à la touche très méridionale, en périphérie de la grande ville sont traversés. Leurs noms sont universellement connus, Montredon, la Madrague, les Goudes. Ce dernier cache un petit port au fond d’une crique resserrée surplombée de villas, qui semblent surveiller de leurs gros yeux carrés les bateaux sagement alignés. A cette époque de l’année l’activité est quasi nulle. En arrière-plan les premières falaises d’escalade s’érigent et montent vers le ciel comme des sentinelles qui seraient garantes de l’originalité du site. Encore un kilomètre par la route qui domine la mer. Le spectacle est impressionnant, les îles se découpent en plans successifs. Elles présentent toutes des crêtes extraordinairement déchiquetées et je ne me lasse pas de les contempler. Comme quoi il faut être sans préjugé, car même en marchant sur une route goudronnée on peut être saisi par la beauté des paysages. Il faut dire cependant que le trafic automobile est presque nul. Je vois simplement passer le minibus qui aurait pu me faire effectuer le trajet en vingt minutes au lieu de trois heures et demie. Mais aurais-je éprouvé la même sollicitation à l’appel des Calanques et du voyage à pied ?

Dans toute sa splendeur apparaît dans un virage la calanque toute en longueur, au nom évocateur de Callelongue. Le chemin commence ici, il s’agit de la porte d’entrée dans les Calanques au départ de Marseille. L’air commence à se rafraîchir et le mistral à forcir. Je ressens de la fatigue, mais je suis habitué aux démarrages de longues randonnées, qui demandent une petite mise au point, cela ne m’inquiète pas. Un restaurant à l’aspect sympathique me tente et je me laisse faire, la Grotte. Le patron me demande où je veux m’installer, je lui dis là où il fait le plus chaud. Il me désigne une petite table tout à côté d’un gros poêle qui distribue sans avarice sa douche chaleur. Que je suis bien! Une grosse entrecôte me procure un plaisir immense, même si il n’est écologiquement pas bien de manger de la viande à cause des quantités d’eau nécessaires, il paraît cinquante mètres cubes par kilogramme, et puis aussi à cause de l’effet de serre du fait des vaches qui émettent des gaz comme le méthane!

Après un moment très agréable qui m’a permis de me reposer, je fais le plein d’eau de mes deux bouteilles de Badoit en vue d’une traversée des Calanques sans possibilité de ravitaillement. Ce qui sera le cas. Une fois dehors l’ambiance hivernale se rappelle à moi. Je pense aujourd’hui aller au moins jusqu’à la calanque de Sormiou. Mais nous verrons bien. Je démarre par le chemin en bord de mer, la vue porte jusqu’au bec de Sormiou. Il n’y a que moutonnements de falaises éclatantes qui plongent dans la mer d’un bleu profond. En arrière-plan, très loin perdu dans un brouillard ténu dû à la distance, on discerne le cap Canaille entre Cassis et la Ciotat. Perdue dans ce décor gigantesque la Grande Candelle arbore son arête de Marseille qui apparaît minuscule bien qu’elle se développe sur plus de cent vingt mètres. La France quand on pense à la regarder est à mon sens le plus beau pays du monde.

Se sentir exposé à un chemin que l’on ne maîtrise pas complètement en se disant que la nuit viendra trop tôt et qu’il faudra s’adapter au dernier moment en fonction de ce que l’on trouvera avant la fuite du soleil, est un des principaux moteurs de mes balades hivernales, toujours un peu contraintes par les heures que l’on sait contingentées.

Je me souviens de ma jeunesse et d’une traversée des Calanques en courant que j’avais réalisée en trois heures trente sept minutes et trente sept secondes de Callongue au parking de Port Miou. Mais aujourd’hui les années se sont accumulées et le sac fait quatorze kilogrammes, et moi qui me crois le chantre du sac léger, je me fais presque honte.

Le vent forcit, donc le ciel se dégage. Le contraste de ces vagues de rochers blancs qui plongent dans cette mer, hésitant entre le bleu profond et le vert émeraude absout de toutes les souffrances, car je commence à ressentir que je vais dépasser les possibilités de ma forme. Mais à aucun moment l’idée de ralentir ne m’effleure, toujours trop confiant dans la capacité de ma carcasse à amortir les violences. Il faut dire que le panorama est tellement grandiose que l’on ne pense plus à écouter son corps mais seulement à s’enfoncer toujours plus profondément dans ce monde minéral. Se déplacer entre ciel et mer sur ce chemin aérien est une véritable drogue.

Cet immense arc qui conduit jusqu’au bec de Sormiou m’envoûte littéralement. N’ayant pas regardé ma carte j’ai de la difficulté à estimer les distances. Je sais seulement que le chemin que j’ai décidé de suivre s’insinue dans ces falaises. Je réalise que je ne suis plus uniquement dans une balade sur un chemin mais qu’il va falloir faire appel sans doute à quelques notions élémentaires d’escalade. En effet, lorsque je m’engage sur le tracé vert des Walkyries, l’ambiance change. Après un chemin pierreux demandant de l’attention, la verticalité du lieu s’impose. Rapidement une main courante est nécessaire pour négocier un passage d’une dizaine de mètres vertical. J’avais oublié que les Calanques ne se déclinaient pas toujours en chemins mais en aussi en terrain un peu plus aventure. Cela n’est pas pour me déplaire.

Le site est austère, et pas une seule personne, oui en France on peut se sentir très loin. Sur une vire aérienne je fais une erreur et me trouve acculé à des pas d’escalade à la limite du raisonnable. Ne pas insister et faire demi-tour, en effet les fameuses traces de peinture vertes donnent la direction d’un petit aplomb qui nécessite un pas d’escalade facile. A plusieurs reprises je dépasse des lieux qui fourniraient des bivouacs dignes des dieux. Mais voilà il reste quelques heures de jour et cette obsession de continuer sans relâche, est toujours la plus forte, que c’est dommage !

Ce chemin qui s’insinue entre des barres rocheuses est vraiment extraordinaire. La jouissance naît aussi du fait que se sachant engagé dans un trajet de longue durée, l’étonnement est bien réel de se voir acculé à des passages de cette difficulté antinomiques de grandes distances à franchir. Les vagues frappent la base des falaises en projetant des gerbes d’écume. Je me sens en harmonie avec les éléments. Cependant, au fond de moi, une petite voix m’avertit que tout n’est pas pour le mieux. En effet, le sac se fait lourd et une forme de fatigue générale, que je décèle au manque de souplesse dans les passages aériens, commence à se manifester. Le chemin est minuscule, il se faufile au milieu de la falaise qui semble ne laisser aucune issue, la jouissance est bien réelle. Dans un passage très raide et aérien, alors que je pousse sur la jambe droite, une douleur fulgurante me saisit le mollet. Je m’agrippe du mieux possible à l’aide de mes deux mains. Je suis cloué sur place par la douleur. Je déporte le plus vite possible le poids de mon corps sur la jambe gauche. Immobile au milieu de ce monde de pierre je me demande ce que je vais faire si la douleur ne cesse pas. Mais rapidement elle s’estompe. Je comprends que je viens de dépasser les limites. Doucement, je me remets en marche en faisant attention à mon mollet droit vulnérabilisé. Mon premier souci, c’est de sortir de cette zone trop raide pour me permettre de m’arrêter pour la nuit. Dans le fond, que tout ne se passe pas « comme sur des roulettes » ça change et ça donne un peu de piment!

Le coin est vraiment sauvage, une grande falaise sur plusieurs kilomètres dans laquelle je louvoie de vire en vire. Je repars donc doucement en faisant bien attention de délester au maximum ma jambe droite. Un peu plus tard une deuxième alerte, et à nouveau ce mal fulgurant dans le mollet droit. Je décide de m’arrêter pour une petite halte et faire le point.

- A nouveau je suis en marche à un pas lent, bien conscient de préserver ma jambe droite. Cela me paraît tenir. Bientôt, au-dessus de moi, la falaise se couche et le chemin prend un aspect plus habituel et cela jusqu’à la crête qui domine la calanque suivante. J’atteins la crête et rapidement j’aborde la descente en direction de la route qui conduit à Sormiou. Le vent est particulièrement violent. Je croise un homme, jumelles rivées sur les yeux. Je suis intrigué. Il me dit qu’il est en train d’observer un aigle de Bonelli en vol stationnaire dans le mistral qui produit un effet d’onde sur le relief. Gentiment il me propose à mon tour d’observer ce bel oiseau. Spectacle superbe, merci Monsieur pour ce petit moment de bonheur que vous m’avez procuré.

La vue se découvre sur un vaste paysage, la Grande Candelle, sentinelle éclatante de blancheur, pointe vers le ciel, un peu plus loin, le Devenson caractéristique du fait de sa grande conque au rocher rouge, que j’avais gravie il y a une trentaine d’années et qui m’a laissé des souvenirs forts, plonge dans les flots, et puis tout là-bas, le cap Canaille, affichant sa silhouette massive, semble matérialiser le bout de la terre dans la mer.

Un peu avant l’intersection avec la route de Sormiou, sur le chemin se trouve un panneau rappelant les caractéristiques de la grotte Cosquer. Elle fut découverte en 1991 par le plongeur Henri Cosquer par 37 mètres de profondeur au pied de la falaise du cap de Morgiou. Une datation au carbone 14 a permis de faire remonter l’occupation du lieu entre 18500 et 27000 ans « avant le présent ». L’entrée en fut immergée il y a 10000 ans lors d’une période de réchauffement de la planète. La visite n’en est pas possible, mais le plus vieux musée immergé du monde peut se découvrir grâce à un film en trois dimensions qui permet d’en avoir une représentation imagée. Cette lecture me fait instantanément oublier mes petits maux et me plonge dans un monde fantastique d’il y a presque 300 siècles. J’ai du mal à réaliser ce que représentent 300 siècles !

A mes pieds la calanque de Sormiou dévoile sa plage et son ensemble de petites maisons blotties au fond d’une crique profonde, à l’entrée de laquelle veille, tel un garde gigantesque, le bec de Sormiou. Je ne vais pas descendre, mais je décide de continuer jusqu’à Morgiou en espérant y arriver avant la nuit et surtout y trouver un gîte. En effet le mistral souffle de plus en plus fort et une longue nuit dehors ne m’attire pas vraiment, et surtout le bivouac est strictement interdit et je n’aime pas en général enfreindre les règlements. La contravention est de 135 euros !

Le chemin m’apparaît long, la fatigue s’accentue. Une côte semble ne jamais finir alors que je sais d’expérience que les distances dans les Calanques ne sont jamais très longues. Après avoir croisé deux personnes bien emmitouflées, j’arrive enfin sur la crête séparant les deux calanques. Le Crêt Saint Michel baigné de la lumière du soleil couchant, magnifique falaise d’escalade, fait son apparition, donc Morgiou n’est plus tout proche. Le vent fort commence à m’inquiéter. Et si je ne trouvais rien pour dormir dans cette calanque? Malheureusement cette éventualité me semble probable ! Je me souviens qu’il s’y trouve un bistrot. Il faut toujours positiver, vais-je trouver un arrangement avec le patron.

Un petit chemin sur la droite, débutant par un immense détour presque à flanc, donne accès au fond de cet étroit vallon si pittoresque. Les toits des cabanons groupés dans un écrin restreint de verdure se discernent dans la pénombre, comme écrasés par les vastes pans de falaises calcaires blanches qui en vagues successives s’élèvent jusqu’à la Grande Candelle, qui encore pour quelques minutes, comme un sémaphore brille au-dessus d’un monde de pénombre. Dans le prolongement des habitations, le port, abrité au fond de son étroit bras de mer resserré par cette roche éclatante omniprésente, se prépare à hiberner en attendant la longue nuit qui emplira les lieux dans peu de temps.

La route étroite et sinueuse qui donne accès à la calanque est vite rejointe, et devant moi l’enfilade des cabanons se dessine. Br ! L’éclairage décroît et ce vent froid que l’on entend gémir dans les murailles me dominant, crée une atmosphère sévère. Une ombre furtive passe d’un cabanon à un autre, je n’ai pas le temps de l’intercepter. Un chien dans cette ruelle étroite, le maître ne doit pas être loin. En effet une femme sort d’une habitation. Je me renseigne sur les possibilités d’hébergement. Elle est catégorique, il n’y en a pas. De plus elle m’indique que le bistrot est exceptionnellement fermé. Heureusement que je me suis chargé de deux litres d’eau à Callongue, ce qui me sera bien utile car maintenant, je ne dois pas m’attendre à en trouver avant Cassis, c'est-à-dire au mieux demain midi.

Mais ces cogitations ne règlent pas mon besoin urgent de trouver un point de chute pour la nuit. Je sais que le bivouac est interdit, le procès verbal est de 135 euros, je l’ai lu à plusieurs reprises. De plus j’essaie toujours de me conformer aux règlements en vigueur. Mais aujourd’hui que faire ? La dame me parle bien de nombreux cabanons vides à cette époque. Je ne me vois absolument pas rentrer par effraction dans l’un d’eux. Alors elle se souvient qu’au-dessus du port se trouve un abri sous roche qui offre un espace plat permettant la station couchée. Elle y montait me dit-elle, il y a bien longtemps, lorsqu’elle était jeune. Fort de ce renseignement je reprends ma route. Je constate que le bar est effectivement fermé, puis je débouche sur le port. Le chemin escalade en pente raide le versant gauche. Je distingue une petite falaise quelques dizaines de mètres en retrait. Je m’y dirige, et miracle à son pied un superbe espace plat me permet d’ériger ma minuscule tente couleur vert militaire en toute discrétion. Etant donné l’époque et les conditions climatiques je ne crains pas trop d’être débusqué par un agent ou un garde forestier.

L’installation est rapide, cependant je prends soin de procéder dans l’ordre. Une couverture de survie posée au sol, sur laquelle je déploie ma tente double paroi. Je gonfle mon mini matelas, j’étale mon sac de couchage dans lequel je glisse mon léger drap intérieur, à la dénomination courante que je déteste, sac à viande. Il a une double vocation, d’une part éviter de salir le tissu du sac de couchage lorsque je m’y introduis tout habillé, et d’autre part augmenter le confort et la chaleur lors d’une longue station comme aujourd’hui de quatorze heures.

L’endroit bien que tout proche des bateaux, que j’entends se balancer dans le clapotis, permet la plus grande discrétion. Quelques grands pins contribuent à escamoter la silhouette de mon abri dans la nuit qui prend possession des lieux.

Une fois allongé je réalise que je suis très fatigué. Je n’ai ni soif ni faim, mauvais signe. Je prends pleinement conscience que je suis parti sans préparation et que cette étape très longue pour commencer risque de m’être fatale. Je sens mon mollet droit qui se remet doucement des deux crampes très douloureuses ressenties dans les escarpements de la falaise des Walkyries.

Bien installé dans ma tente j’entends le vent qui s’affole tout autour en bourrasques hargneuses et colériques. En prévision de ces conditions, je me suis appliqué à bien planter les piquets et j’ai pris la précaution de renforcer leur prise au sol en les recouvrant de grosses pierres. Je me sens bien. La nuit est complètement tombée. Une clarté monte lentement et finit par s’imposer. La lune en maîtresse des ténèbres, qu’elle assaille et conquiert, s’impose et rend à la roche tout son éclat. Malgré la fatigue, je ne peux résister à la contemplation de ce spectacle. Le bruit du vent dans les parois et les arbres, le cliquetis des bateaux à l’amarre, le clapot léger des vagues mourantes qui réussissent à venir au fond de cette baie profonde, me bercent dans cette clarté nocturne. En face, par delà le court bras d’eau, je peux distinguer très nettement le dièdre du renard, belle escalade d’un peu moins d’une centaine de mètres, qui suit un itinéraire semblable à un livre ouvert, que l’on parcourt en apposant les pieds de part et d’autre sur chacune des pages. Malgré l’envoûtement du spectacle en ce lieu de confluence de la mer et de la montagne, je suis obligé malgré la féerie, de me réfugier au chaud dans ma guitoune. En effet, les températures négatives et le mistral s’allient pour rompre le sortilège. Les morsures du froid me forcent à battre et retraite, un peu comme si en ce lieu où le bivouac est interdit, les curieux de la nuit en infraction, intrus qui se sont imposés sans invitation, étaient irrémédiablement refoulés et non autorisés à voler un spectacle de toute beauté.

Quatorze heures allongé dans une tente à attendre le jour avec des températures en dessous de zéro et un vent fou, on pourrait imaginer que c’est long et que c’est un vrai calvaire. Eh bien non ! Un matériel adapté permet de véritablement jouir de cette situation, se sentir en harmonie avec la nature en réalisant que même en hiver dormir dehors procure des sensations agréables. Le temps va s’écouler entre brefs sommes perturbés par les rafales qui font claquer la toile du double-toit, quelques moments de lecture et de temps en temps par une prise de nourriture et une gorgée d’eau. Mais je me sens tout à fait à ma place et ma grande fatigue me fait d’autant plus apprécier cette longue station couchée.

J’ai la ferme intention de ne démarrer que lorsque le jour sera pleinement levé car le chemin contournant Sugiton est assez escarpé et de nuit voire seulement dans la pénombre cela ne doit pas être très agréable. L’aube pointe, j’en distingue la lumière à travers ma mince protection. Puis d’un coup une lumière plus vive m’inonde. Tiens de quoi s’agit-il ? En face de moi le versant orienté à l’est reçoit le soleil et me le renvoie avec prodigalité. Spectacle magnifique, cette pente de cailloux qui s’éclaire subitement. Je plie rapidement mes affaires, bien ordonnées dans des sacs de congélation de différentes tailles, que je maintiens au plus serré avec des élastiques. Je me force à manger, je devrais dire ingurgiter une rondelle de saucisson, un morceau de pain et un bounty, le tout accompagné d’une petite rasade d’eau. Lorsque je bivouaque seul, je ne me fais jamais rien chauffer le matin. Et de plus dans les Calanques, même en hiver, avec ce mistral ce serait folie criminelle. De mon repère en hauteur, la vue plonge directement sur le port et ses bateaux de pêcheurs et de plaisance bien rangés le long des jetées à angle droit.

La marche reprend, la forme est revenue, le long repos m’a fait le plus grand bien. Un bruit de moteur monte de la calanque. Un pêcheur revient de relever ses filets. Sans doute ramène-t-il de beaux poissons de roche multicolores ? Le chemin prend par endroits des airs d’escalade, les pieds sont en adhérence et il faut s’aider des mains pour se hisser. Le rocher est très poli par les nombreux passages. Au-dessus de moi l’aiguille de Sugiton dresse ses belles faces, qui sont parcourues d’innombrables voies d’escalade. Je me souviens y être venu souvent, il y a bien longtemps.

J’arrive à la calanque de Sugiton qui est dominée par l’impressionnante paroi des toits, aux teintes marron. Un petit raidillon me conduit juste à son pied. Je vais la longer sur toute sa longueur. Il ne fait pas chaud, de petites stalactites de glace pendent sous les surplombs. Le chemin est vraiment au pied car on passe carrément sous la paroi à l’endroit même où les grimpeurs commencent leur escalade. Je discerne les pitons qui partent à l’assaut de ce monde en dévers. Aujourd’hui le site est désert. D’ailleurs jusqu’à Cassis je ne verrai pas âme qui vive. Le cheminement pénètre dans un goulet raide aux cailloux instables, pourtant je suis sur un chemin de grande randonnée. Mais l’effort de la veille doit encore se faire sentir. Puis j’emprunte le sentier de traverse, GR 98 qui conduit au col de la Candelle. Le dénivelé depuis la mer atteint les quatre cents mètres. La vue s’élargit et s’embellit. L’île de Riou, tel un destroyer résiste dans une mer sous l’emprise du mistral. Le cap Morgiou s’étire loin dans cette mer bleue foncée moutonnée de vaguelettes rapides qui fuient vers le large. Une pensée à la grotte Cosquer qui se cache là-bas à son pied par moins trente sept mètres. Cela prouve qu’il y a vingt mille ans le niveau de la mer était beaucoup plus bas. Cela veut-il dire que les théories actuelles sur le réchauffement sont à relativiser? Effectivement un certain nombre de polémiques fleurissent à ce sujet ces derniers temps. Qu’en est-il ? De nombreux ouvrages, tel celui de Claude Allègre ou encore celui de Emmanuel Grenier, scientifique reconnu « Les dérangements du temps 500 ans de chaud et de froid en Europe » permettent de se forger sa propre opinion.

Par une multitude de courbes je monte vers le col de la Candelle. Son arête ouest, dénommée arête de Marseille grandit et me barre l’horizon. Cette escalade mythique de difficulté moyenne a été immortalisée par Gaston Rebuffat, qui en a fait des photos à grande diffusion d’un esthétisme parfait. De vieux souvenirs me reviennent à l’esprit. Combien de générations d’alpinistes cette falaise magnifique a-t-elle inspirés ? Et qui plus tard sont partis à l’assaut des géants des Alpes et des autres massifs montagneux du globe. Ma solitude par cette journée froide et venteuse est peuplée d’une foule hétéroclite se riant du temps, d’une part ces hommes préhistoriques qui vivaient en ce lieu il a quelques trois cents siècles et d’autre part les cohortes de grimpeurs qui se sont succédés sur cette arête depuis plus de quatre vingt ans, car le premier parcours remonte à 1927. Durée dérisoire comparée aux 300 siècles qui nous séparent des artistes qui ont orné la grotte se cachant au creux de la falaise de Morgiou. D’ailleurs à ce sujet, les deux découvertes récentes majeures que sont la grotte Cosquer et la grotte Chauvet dans l’Ardèche ont révolutionné les théories sur l’art préhistorique. En effet il y a quelques temps alors que je visitais le double de la grotte de Lascaux, je demandais au paléontologue qui nous accompagnait, si ces deux découvertes avaient modifié nos connaissances en la matière. Sa réponse fut étonnante et d’un grand intérêt. En effet, il m’expliqua que toutes nos connaissances avaient été bouleversées, car avant ces découvertes, à travers les sites connus on pouvait constater une évolution technique au cours du temps dans les dessins pariétaux, les perspectives s’affinaient les dimensions se précisaient en cohérence avec la datation au carbone 14 des sites. Puis ces deux grottes ornées d’un intérêt majeur ont été découvertes. Les dessins observés sont beaucoup plus vieux que tous ceux connus. La surprise de taille réside dans le fait que ces deux nouvelles grottes dévoilent des représentations à la facture technique très évoluée, patatrac, nos belles théories envolées ! Voilà ce que m’a répondu ce spécialiste de l’art préhistorique.

L’arrivée au col me rappelle à la réalité du moment présent. Un vent violent me cueille littéralement et me fait vaciller. Le panorama s’étend de Marseille au cap Canaille entre Cassis et La Ciotat. Mais je ne m’éternise pas pour échapper aux rafales d’air violentes et anarchiques.

Je poursuis par le chemin qui me paraît le plus rapide. Il va me conduire au cap Gros. Un peu à contre cœur je décide de prendre cette direction certes plus courte mais qui va m’éloigner du bord de mer et de ses immenses falaises. En effet, je n’ose pas m’aventurer dans la direction du Devenson, le vent véritablement rageur commence à m’inquiéter. Momentanément dans un petit talweg je suis protégé et en cet endroit il fait bon. A mes pieds une vue magnifique révèle le Val Vierge sous un angle stupéfiant, quatre cents mètres de gorges qui dévalent jusqu’à la mer. Un dernier petit raidillon et je débouche au cap Gros. Un ultime coup d’œil aux falaises que je vais quitter pour cheminer sur un plateau qui présente moins de caractère.

Ma carte indique un refuge, manifestement il n’y est plus. Dommage car je me serais bien arrêté. Le vent devient, non pas inquiétant mais franchement dangereux. Sur cette crêt du Mont Puget jusqu’à quelque distance du col de la Gardiole, j’ai vraiment eu la sensation de lutter pour ma survie, me sentant en grand danger. Cette accélération du vent est sans doute due au relief entre Marseille et Cassis qui à cet endroit crée une étroiture propice à un effet venturi, qui se concrétise par un courant d’air d’une violence inouïe et sans répit. La peur je l’ai déjà expérimentée dans de nombreuses circonstances, les accidents de la route, la grande chute en escalade, le bivouac dans une paroi en altitude, noyée sous une épaisse couche de neige, les bombardements de pierres en paroi ou au canon à Sarajevo, les avalanches et par mauvais temps sans visibilité la sensation est terrifiante de se trouver sur une neige qui se met en mouvement sans être capable d’appréhender l’ampleur du phénomène. Mais, aujourd’hui la peur va prendre un aspect différent, il s’agit de la peur de s’envoler comme une feuille et cela durant un long, très long moment. Je suis passé pratiquement sans transition d’une zone relativement calme à la bourrasque la plus terrible que j’ai connue. Pourtant le vent, je croyais en avoir une certaine expérience. Il y a quelques années au cours d’une tempête hivernale, durant quatre jours j’avais parcouru une partie du chemin cathare. Mon corps s’était habitué et je me sentais totalement adapté à cet environnement hostile. A plusieurs reprises j’avais été bousculé et jeté au sol, mais je maîtrisais et cette confrontation virile avec les éléments m’avait beaucoup plu. Seulement en montant au château de Quiribus, j’avais été très impressionné et j’avais rampé dans les escaliers verglacés et m’étais réfugié dans une grande pièce voûtée, de laquelle il me semblait que le château vibrait en harmonie avec les coups de boutoir de la tempête. Mais là encore en me plaquant aux murailles et en rampant sur des sols uniformes, cela était plus un « jeu d’adrénaline » qu’une peur déclenchée par un risque que l’on évalue comme mortel.

Aujourd’hui sur cette crête pourtant large et absolument pas aérienne il en va tout autrement. J’ai l’impression de ne plus rien maîtriser, et d’être le jouet passif de ces bourrasques continues qui cherchent à m’arracher du sol. Pas de point de repos auquel me raccrocher, au milieu de ce large chemin de pierraille je me fais penser à ces gros buissons épineux que l’on voit rouler au cours des tempêtes dans les films de cow-boys. J’en ai déjà vu en réalité non aux USA mais dans le désert saoudien. Ils apparaissent dans le nuage de sable et quelques instants plus tard ils ont disparu absorbés par la grisaille. Aujourd’hui pas de grisaille, un ciel lumineux et cette tempête farouche contre laquelle j’essaie de lutter. De plus il fait froid, quelques petites plaques de glace rappellent que la température est négative. Je suis peu couvert, et il n’est plus possible de m’arrêter et de sortir un quelconque habit. Cela ne me vient même pas à l’idée tellement cela me paraît voué à l’échec. Je n’ai pas de gants et mes doigts sont gourds. Arc-bouté, je dérape sur les cailloux, avec mes bâtons j’essaie de freiner puis de bloquer le mouvement que m’impose le vent. Les pierres sont comme des roulements à bille sur lesquels mes chaussures se mettent en mouvement. Surtout ne pas laisser la vitesse augmenter. A plusieurs reprises, je me retrouve couché pour ne pas être emporté. J’essaie de ramper, mais sur ce sol aux cailloux tranchants cela est particulièrement mal aisé et il me faudrait des heures pour sortir de cette zone, dans laquelle j’ai l’impression de jouer ma survie. Il est particulièrement déstabilisant de ne trouver aucun point auquel se raccrocher, mais ne voir qu’un immense espace duquel je pense que je n’aurais peut-être pas l’endurance suffisante pour en sortir. Effectivement le doute m’a assailli.

Juste devant moi un gros buisson, je me jette à son pied et un calme tout relatif me permet de reprendre mon souffle. Combien de temps a duré ce premier round ? Je ne sais pas. Dans ces situations le temps d’un côté paraît long, mais les efforts musculaires énormes ainsi que les cogitations du cerveau en extrême vigilance en relativisent la durée. Je peux même ouvrir mon sac, sortir mes gants et mettre une veste par-dessus mon t-shirt. Je constate que j’ai perdu un verre de lunettes sans doute arraché par la pression de l’air !

Allongé, je reprends mon souffle et récupère vite en me réchauffant dans ma veste. J’examine le chemin qu’il me reste à parcourir jusqu’au col de la Gardiole. Le terrain est tout à fait débonnaire, incroyable que je me sente en tel danger ! Quelques petites dépressions me semblent très propices à l’effet de venturi, mais pas moyen d’y couper. Fort de l’expérience que je viens de vivre je me remets en route. Effectivement les petites dépressions qui ne m’inspiraient pas sont particulièrement redoutables.

Enfin en m’approchant du col, l’effet venturi diminue et je retrouve un vent simplement violent qui ne m’empêche pas de marcher. Même au contraire, puisque maintenant il me pousse dans le dos. Je viens de vivre un moment particulièrement intense. Une barrière coupe le chemin, je la franchis. Certaines inscriptions y figurent, en particulier encore une fois le montant de l’amende en cas d’infraction au règlement et ce qui me fait sourire l’interdiction d’emprunter ce chemin si le vent est supérieur à 40k/h ! J’apprendrai en écoutant le bulletin météorologique ce soir que les rafales ont dépassé les 110k/h, et en considérant l’effet venturi produit au niveau de cette crête, on doit pouvoir rajouter un pourcentage non négligeable.

Le col est vite atteint et je me dirige à bonne allure vers Cassis. Un peu avant d’atteindre la calanque de Port-Miou, à l’abri relatif d’un petit vallon je m’arrête et mange de bon cœur. Ce moment de repos je le savoure. Rapidement j’atteins le parking de la calanque et par la route je rejoins le centre ville. Cette petite cité je l’aime beaucoup, son port et ses restaurants qui le bordent rendent le lieu particulièrement sympathique. Arrivé devant l’un d’eux qui avec témérité a laissé son enseigne sur pied et quelques tables, j’entends un grand bruit, l’enseigne s’envole et deux tables avec tous les couverts se renversent dans un fracas de vaisselle cassée. Les tables dehors aujourd’hui, il faut être optimiste, car même les plus accrocs à la cigarette devraient avoir du mal !

Je m’attarde à regarder la carte des menus et me laisse tenter par une grosse platée de pâtes aux fruits de mer. Qu’il fait bon et chaud dans cette salle de restaurant. Le patron me demande d’où je viens et où je vais. Quand je lui parle de mon départ de Saint-Charles hier matin il est admiratif. Mais lorsque je lui dis que ma conviction pour la suite en a pris un petit coup, il sourit.

Après ce moment bien agréable, il ne me reste plus qu’à me remettre en route et parcourir les huit kilomètres qui me séparent de mon but de la journée le village de Roquefort-la-Bédoule, où mes beaux-parents m’attendent. Cette dernière partie le long de la route ne présente pas un réel intérêt, le chemin de grande randonnée passe un peu au-dessus, mais je suis pressé de rejoindre mon point de chute de la journée. Vers les seize heures je touche au but. Avec l’arrêt et le refroidissement des muscles les douleurs apparaissent. J’ai du mal à me plier et une douleur persistante me zèbre la fesse droite. Je me dis que demain matin il sera temps de faire le point.

Le lendemain matin j’ai du mal à sortir de mon lit, une douleur aiguë me cloue sur ma couche. Je prends conscience que j’ai voulu forcer sur la bête sans l’entraînement nécessaire et je le paie. Cela m’était rarement arrivé, à tel point que je n’en ai pas le souvenir. Mais il me faut tirer les leçons de ce type d’erreur et me préparer mieux ou alors commencer par des étapes courtes le temps que le corps se mette au diapason. Donc je vais reprendre le train pour Lyon en constatant l’échec de mon projet. Un coup de téléphone à l’hostellerie de la Sainte-Baume, pour leur dire que ce soir je n’y viendrai pas. Et voilà la belle randonnée hivernale que je prévoyais durant onze jours se termine après deux seulement. Mais le renoncement, bien qu’il me contrarie, ne m’enlève pas la passion des grands périples à pied. L’envie de repartir n’en est que plus forte, et l’expérience vécue ces deux jours a été très enrichissante et surtout doit me rappeler à l’humilité.
Eurovélo le long du Danube dans le sens France vers Mer Noire ou l'inverse?
by Coulonneux42 · 2010-01-26 · 30 replies
bonjour, je souhaite vers l'Eurovélo6 le long du Danube avec un départ vers le 20 août 2010; j'ai deux questions, y a-t-il un volontaire pour m'accompagner ?

Et l'autre question, si je fais l'eurovélo6 dans le sens mer noire vers la france, quels sont les inconvénients?

Voilà, je souhaite partir de la mer noire et revenir en france en vélo; certains cyclos m'ont signalé que j'allais avoir le vent défavorable, alors j'aimerais vos avis, est ce vraiment un gros problème? merci André
Voyage en voiture vers Sébastopol en Ukraine
by Tamadier · 2010-01-06 · 29 replies
Je dois effectuer par la route un voyage de Vannes vers Sébastopol Quel itinéraire pouvez vous me conseiller mais aussi quelles haltes peuvent etre conseillées tout au long de ce trajet ( restauration, hotel ) Merci pour toutes les infos que vous pourriez me communiquer
Safari au Kenya avec agence
by Kikou72 · 2009-10-07 · 40 replies
Bonjour

nous partons au kenya en février.

Quelqu'un aurait-il fait le safari avec "jean petit prix" qui nous propose un tarif intéressant.

Merci pour votre réponse.

Laurence
Circuit dans l'Ouest américain
by Minouchki12 · 2008-03-14 · 30 replies
bonjour tout le monde 🙂

je suis en train d'organiser un circuit dans le grand ouest americain avec d'autres connaissance.

voici notre feuille de route pour le moment

qu'en pensez vous ?

si il y a des trucs qui vous semble infesable au niveau tu timing ou autre, merci de me faire part de vos suggestions, j'en prendrai grande note. d'avance merci.

J1 = arriver a los angeles dans la nuit, aller chercher la voiture de location, nuit a L.A

J2 = Journée détente (après un tel vol ça fait pas de mal). Visite des plages Santa Monica, Venice Beach, redondo beach et LA downtown

j3 = Visite de Hollywood, walk of fame, Beverly hills, shopping et Universal studios.

j4 = Descente vers San Diego en longeant l' Orange country coast. (2h de route
http://www.mapquest.com/mq/8-6n7akNZP mais poses tourites à Newport Beach and co.) Arrivée sur San Diego l’après midi, Visite de la ville et Nuit à l’hotel.

j5 = visite de san diego, sea world et pourquoi pas passage eclair a tijuana

J6 = départ pour le grand Canyon (8h10 de route, 548 miles http://www.mapquest.com/mq/9-X96C ) ( en s'arretant a plam beach ?? c'est sur la route ou pas ? ) Nuit à l’hotel dans les envrions du GC

J7 = Le matin visite et exploration du Grand Canyon !fin de matiné / L’après midi, direction Monument Valley (4h de route à travers le désert 199 miles http://www.mapquest.com/mq/4-M6qr4_Tk ). Il faut y être vers 16h-16h30 . Visite de monument valley jusqu’à la tombée de la nuit. Puis Direction le National Park Arches Moab, (3h de route 152 miles http://www.mapquest.com/mq/5-zEynSyuhDybjNbfL ). Arrivée dans la soirée. Nuit à l’hotel. (ou en tente).

J8 = Le matin visite du parc Arches Moab. L’après midi direction Bryce Canyon (4h14 de route, 272 miles http://www.mapquest.com/mq/6-Yx5PPVbtnhSmeosv ). Puis direction Zion (Springdale) (1h44 de route 83 miles http://www.mapquest.com/mq/9-l0i8hKiV5K0x). Arrivée dans la soirée, nuit à l’hotel (ou en tente).

j9 = Le matin visite de Zion national park. L’après midi direction Las Vegas !! (2h36 de route 162 miles http://www.mapquest.com/mq/9-RFn9ZRiTcfNxMGjX ). Passage par la Valley Of Fire (apparement c’est sur la route… à Confirmer ).Arrivée dans l’après midi, installation à l’hotel. Visite de la ville. Le soir visite de la ville of course !

j10 = Visite de Las Vegas. On peu aussi visiter par exemple le Red rock Canyon le matin qui est juste quelques miles à côté de LV. L’après midi visite du stip et enjoy à fond ! Le soir soirée sur Las Vegas. Nuit à l’hotel.

j11 = Le matin, départ pour la vallée de la mort ( 3h10 de route 165 miles http://www.mapquest.com/mq/6-sxfYpJuVd62X ) Arrivée l’après midi. Visite du parc. Puis direction Le Sequoia national park ( 7h30 de route http://www.mapquest.com/mq/5-f8zbaKZHHo4kcxtsOsvj ) ou le Yosemite national park ( 7h de route http://www.mapquest.com/mq/3-cwPJYtlsMDQZXnSZmqIb ) AU CHOIX. Nuit à l’hotel ou en tente. j12 = Le matin visite du parc (Sequoia ou Yosemite) L’après midi direction San Francisco ! (4h depuis Yosemite http://www.mapquest.com/mq/1-1mxG ou 5h depuis Sequoia http://www.mapquest.com/mq/2-ZzGjc4TXdSOBI81qsYu7 ). Arrivée en fin d’après midi. Découverte de la ville de nuit. Nuit à l’hotel

j13 = Visite de SFO. Golden gate, painted ladies, Lombard st, Downtown, Castro street, pier, china town, quartier victorien ... . Visite de la ville le soir. j14 = Matin et après midi, visite de SFO. En fin d’après midi, départ pour Santa Barbara (5h20 de route 326 miles). Arrivée à Santa Barbara le soir. Nuit à l'hotel j15 = Visite de Santa Barbara

j16 = descente vers malibu . nuit à los angeles

J17 remise de la voiture, depart pour la france

par contre il n'y a pas dans le carnet de route de lac tahoe et apparament il est assez sympas. donc le placer dans ces 15 jours mais où ??

merci d'avance pour vos réponse
Lettre de Koh Phi Phi: les dernières nouvelles (17 décembre 2006)
by Nnthanh · 2006-12-17 · 22 replies
😎 Je suis arrive sur l Ile de KOH PHI PHI depuis hier Samedi 16/12/2006 et je vous donne les toutes dernieres nouvelles dans cette premiere LETTRE de KOH PHI PHI d une Serie jusqu au 02/01/2007 apres notre RENCONTRE V-F KOH PHI PHI du 31/12/2006 et 01/01/2007 a AO MAYA.

KOH PHI PHI est completement transforme maintenant ! En mois de 6 mois ! Avec de nombreux commerces, restaurants, nouveaux petits Hotels, Guest-Houses, changements de proprietaires, nouvelles pharmacies - des ruelles pavees dans TON SAI, etc, beaucoup plus de bicyclettes et aucune voiture en vue ! Les Prix n ont pas augmente pour les repas et en general ... SAUF

Pour HEBERGEMENT dans le Village de TON SAI ... et j en parle tout de suite ! Nous sommes en Periode de Pointe pour les Fetes de FIN d ANNEE 2006 ( Peak Season - et depassant le High Season avant le 15/12/2006 ).

La barre est a 800 a 1.000 THB pour une Chambre pour UNEou DEUX personnes au minimum ... si on en trouve de libre ? De 18 Euros a 22 Euros environ ... Et l Euro a beaucoup baisse - UN Euro = 45 THB - a NOEL 2005, c etait dans les 49 a 50 THB !

Et il reste encore des Chambres a des prix faciles a imaginer ! 1.500 a 6.000 THB+

Derniere BONNE NOUVELLE ! Concernant le CAMPING interdit ici sur TON SAI et partout ailleurs dans ce Parc Maritime National ... qu est KOH PHI PHI DON et LEH !

Heureusement, un proprietaire de ses terres et d un bout de Plage sur l autre cote de KOH PHI PHI a la bonne idee d ouvrir son Village de Toile avec de grandes Tentes qu il loue a 450 THB par personne ( = 10 Euros ) ! Et les autres peuvent apporter LEURS propres tentes et les planter sur son Terrain de Camping au prix d une participation ... Je dois y aller voir de pres pour vous en dire plus ! C est Nathalie de MAYA TOURS qui m a donne ces nouvelles ce matin ( elle a demenage dans le quartier des Francais au pied de View Point au RdC de leur Guest-House ). Et il parait qu il y a une tres bonne ambiance a cet nouvel endroit qui monte a KOH PHI PHI ? Pour Y aller, il faut louer un Longtail Boat ! A moins quelqu un pense a organiser un service de navettes regulier comme pour Long Beach ?

Beaucoup de Touristes sur KPP en ce moment - depuis le 16/12/2006 - hier, quand debute leur PEAK SEASON ... Des Anglo-Saxons et Scandinaves surtout puis des Allemands ensuite - plus de nombreuses autres nationalites - dont des Asiatiques du Japon, de la Coree du Sud ... qui etaient venus nombreux pour aider a KPP en 2005 juste apres le Tsunami du 26/12/2004. La plupart sont d anciens volontaires . Je ne parle pas de Touristes CLIC CLAC venus de PHUKET le matin par centaines et repartent tous l apres-midi apres le dejeuner - ils sont venus en short avec une serviette sur l epaule ! Les autres restent plus longtemps parce qu ils sont d anciens habitues de KPP et ils retournent maintenant cette Annee deux ans apres le Tsunami du 26/12/2004 pour voir !

A la prochaine avec d autres nouvelles ! Amities. NN Thanh 😉

PS : Il y a 4 services de Ferry par jour de PHUKET a KOH PHI PHI 08h30 - 10h30 et 13h30 et 14h30 le dernier .

Prix : 600 THB en Aller Simple par personne - 1.000 THB en Aller/Retour ! Mais sur KPP, on vend le Retour Simple a ... 350 THB par personne ! Faites le calcul vous-meme ?

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Coût d'une location de 4x4 au Mali?
by Emmaluz · 2006-12-02 · 25 replies
Je pars au mali en janvier; qui peut me donner approximativement le cout d'une location d'un 4X4 à la journée, à la semaine ? merci
Combien de pays avez-vous visités?
by Marliese · 2005-08-09 · 148 replies
Bonjour à tous!

Simple curiosité: combien de pays avez-vous visité? Et quels sont les pays que vous avez visité plusieurs fois, tellement c'était bien?

Bonne journée

Marliese
28 jours en Turquie
by Boolooloo · 2005-07-03 · 36 replies
bonjour,

Je pars 1 mois pour cette belle destination. Je souhaite faire la côte nord (la mer noire), l'Est du pays (le Kurdistan) et profiter de la côte vers la fin du séjour( 10 derniers jours). Que me conseillez vous? Y a t il des sites à éviter car trop dangereux, pas intéressants.... Est ce que dans l'intérieur centre du pays il y a des endroits à voir. Merci pour vos conseils.
Festival de musique à Guca en Serbie
by Caroprout · 2005-01-28 · 41 replies
Avis à tous les amateurs de musiques traditionnels des Balkans !!

Ce festival est pour vous ! 🙂

Festival de fanfares traditionnelles tzyganes à Guca en Serbie, c'est du 4 au 8 aout cette année ! ça a lieu tous les ans !

Pendant 4 jours, dans ce petit village, 300000 personnes s'agglutinnent pour y admirer la magie des trompettes slaves...

Un conseil : allez-y !!!! 😉

p.S : une photo pour bien comprendre de quoi il s'agit !!
Choix entre Floride vs Ouest américain
by Tortuemastre · 2015-02-10 · 11 replies
bonjour

hésitant entre les 2 destinations (qui n'ont rien à voir), tous les paramètres sont à prendre en compte, y compris le coût, le temps de trajet, les distances ...

nous n'avons que 10/15 jours (comptons 10/12 jours plein sur place, on sait que si on part dans l'ouest ce sera un circuit réduit, on a une idée de la boucle grâce à un conseil reçu sur ce forum, ce serait une boucle au départ de las vegas, si c'est la floride, ce serait une boucle aussi, au départ de miami nous partirons entre le 6 mars et le 21 mars billet d'avion moins cher sur miami MAIS qu'en est il des nuits d'hotel : apparement c'est la haute saison en floride, à quoi faut il s'attendre concernant les prix des nuits en motel (on ne recherche pas du top confort, y a t il une grosse différence entre les prix d'hotel entre floride et ouest à cette saison). Dans l'ouest il y a les couts d'entrées dans les parcs, je précise que si on va en floride, nous ne ferons pas de parc d'attraction. Dans les 2 cas ce serait un voyage "itinérant" avec location de voiture. Enfin qu'en est il du spring break ? y a t il des zones à eviter pour ne pas être en plein milieu ? Merci

plus je regarde sur le net, plus j'hésite ... Les 2 sont tellement différents ...
Réservation Chobe River front - quelle agence de Kasane?
by Corina25 · 2014-01-15 · 16 replies
Bonjour,

Pae quelles agences de Kasane peut-on réserver un jour/une nuit à Chobe River Front? Le guide dit que certaines ont des emplacements réservés à Ihaha. Est-ce que quelqu'un a des contacts pour réserver? Merci
Maroc: Anti-Atlas , mai 2013
by Mlefevre · 2013-06-03 · 23 replies


Bonjour à tous, Voici le petit carnet tout chaud de notre dernier voyage au Maroc, bonne lecture! Marie

Le récit en images en cliquant ici

Texte seul:

Maroc 2013

2013...Météo désastreuse en ce printemps européen... Le plan A était une descente de la Loire en canoë : pluie, débit+++ Activation du plan B : rando-bivouac avec le chien dans les Alpes Maritimes, encore trop de neige ! Pas de plan C... Je croise les prévisions météo pas trop moches avec les prix des vols pas trop chers pour pas trop loin... 5 jours avant le début de notre petite semaine de vacances, c'est décidé, on retourne au Maroc, cette fois dans le sud que nous ne connaissons pas du tout ! Quelques clics sur voyage-forum (merci à tous et en particulier à Lacalo, Larazou, Songhai 73, Trostang et Viléna) m'aident à définir les grandes lignes du voyage. Quelques clics encore pour la location de voiture et les hébergements, et voilà, le jour du départ est déjà là !

Dimanche 19 mai Après des formalités douanières vraiment laborieuses, nous prenons possession de notre voiture louée au dernier moment chez Rayhane Cars : une 206 avec clim de 90000 km qui nous donnera entière satisfaction. Nous quittons Agadir en fin de matinée, direction Tafraoute par la très belle route de Ait-Baha. Je m'émerveille de me trouver si vite dépaysée à quelques heures de vols de la France : arganiers, tentes berbères, chèvres voraces... Les rivières sont déjà à sec mais il y a tout de même un peu d'eau... Ça fait plaisir à voir ! Premiers villages abandonnés, presque toujours construits sur les hauteurs, menaces ennemies obligent... La Kasbah de Tizourgane a une classe folle ! Nous espérons pouvoir y jeter un œil mais hélas elle est fermée... Nous progressons toujours plus au sud et les paysages deviennent franchement désertiques. Après avoir rapidement déposé les bagages chez Mohamed (Iskki Asnfou) et convenu du repas du soir, nous filons au sud de Tafraoute vers les gorges de Aït-Mansour (30 km environ de Tafraoute). Après une portion de désert franchement austère la végétation réapparaît d'abord sous forme de lauriers roses qui tapissent le fond du lit de la rivière à sec, puis il s'agit d'une véritable oasis qui se prolonge sur plusieurs km. Elle est parsemée de quelques villages en voie d'abandon... Les montagnes enserrant l'oasis sont très graphiques ! On continue un peu vers Timkyet, quelle géologie étonnante ! Une piste permet ensuite de rejoindre Tafraoute mais nous ne connaissons pas son état et nous préférons repasser par les très jolies gorges. On tente une petite randonnée le long du lit de la rivière mais la végétation très dense nous fait rapidement rebrousser chemin. Nous ne pensions pas rencontrer ici des pêcheurs ! Nous quittons la vallée et les derniers lauriers roses. En route vers les rochers colorés (7 km au sud de Tafraoute), l'œuvre controversée d'un artiste belge, Jean Vérame. 19 tonnes de peinture ont été utilisées pour peindre de gros blocs de granit en pleine nature. J'adore ! Pour une fois que les touches colorées rencontrées dans la nature ne sont pas des sacs en plastique voletant au gré du vent ! L'idée est géniale. Malheureusement la peinture de 1985 s'étant dissoute sous l'effet des intempéries, une nouvelle couche a été passée et il y a des coulures et dégoulinures un peu partout... Mébon, on a adoré tout de même ! L’œil est d'abord attiré par 2 dents rose et verte... et de fil en aiguille on se laisse conduire vers des amas multicolores sur lesquels il est très amusant de grimper et de chaque sommet on fait de nouvelles découvertes ! Super ludique donc ! En plus on a la chance d'avoir un beau ciel de cirrus ! On a même aperçu 2 ou 3 gazelles qui s'esquivaient au loin. Enchantés par cette première journée de voyage et bien crevés (lever à 4h ce matin) nous regagnons nos pénates à Iskki Asnfou : le tajine est délicieux et nous fait oublier la rusticité de la chambre et de la SDB (évacuation de la douche bouchée et 5l d'eau chaude à tout casser) Le fond de l'air est trop frais pour profiter de la terrasse, dommage... Au lit !

Lundi 20 mai

Requinqués par une bonne nuit de sommeil et un bon petit-déjeuner, nous partons pour Tagdicht, point de départ de la rando vers le Djebel Lekst, plus haut sommet du coin (environ 2359 m) Manque de préparation sur ce coup-là : je me suis carrément trompée de montagne ! Mohamed nous avait pourtant bien donné les coordonnées de Belaïd, guide à Tagdicht (0661656285) mais ceux qui nous connaissent savent qu'on préfère être seuls... Les habitants (en fait surtout les habitantes revenant des champs...) du village haut perché dans la montagne nous ont pourtant mis sur la bonne voie mais arrivés à la fin du sentier menant aux terrasses, impossible de trouver une issue ! Bref, demi-tour vers « ma » montagne (carrément de l'autre côté de la vallée, je me suis fiée à une photo du Djebel Lekst mal placée sur Google Earth où j'ai cru voir des bouts de sentiers correspondant en fait à des terrasses abandonnées...) On a tout de même passé une bonne journée à découvrir ce milieu montagnard, les terrasses aujourd'hui laissées à l'abandon qui grimpaient jusqu'à l'aplomb des falaises, la flore colorée du printemps, un trou mystérieux dont le fond était humide (mais pas d'eau), d'anciens sentiers plus guère fréquentés. Avant de quitter le village nous prenons le temps d'arpenter les terrasses encore cultivées et juste récoltées. Puis nous reprenons la route/piste qui domine la vallée des Ameln. Elle est praticable avec une voiture non 4X4 en prenant son temps. En fin de journée les falaises d'Oumeznat prennent tout leur relief ! Beau vieux mur redevenant poussière... Les arganiers parsèment la plaine. C'est étonnant de voir de si beaux arbres alors qu'ici il pleut très peu (cette année, 1 seul jour de pluie en mars) Avant de retourner à notre maison d'hôtes, nous allons boire un thé à la menthe à la Maison Traditionnelle d'Oumesnat où nous aurions aimé dormir mais qui recevait ce jour-là un groupe de 14 personnes... L'endroit est très agréable...une autre fois, inchallah ! Ali après avoir transporté à dos de mulet les bagages des 14 personnes (les voitures restent garées à qq centaines de mètres) nous fait visiter la maison de ses ancêtres, restaurée avec amour et patience. Il nous explique pourquoi tant de maisons se transforment en ruines. Exode rural, problèmes de successions et d'indivision, architecture et matériaux nécessitant une remise en état immédiate en cas de fissure apparaissant après une pluie sous peine d'infiltration et de dégradation très rapide. Aujourd'hui quand on a un peu de moyens, on préfère le béton et les portes en fer, c'est « moderne » Ils ne sont que quelques-uns à essayer de sauvegarder cette architecture bien mieux adaptée aux températures extrêmes : 50°C en été et quelques degrés parfois au-dessus de zéro en hiver. Au RDC, les animaux rentrés uniquement durant l'hiver. Au centre du 1er étage la cuisine qui réchauffe la maison. A la périphérie de celle-ci les chambres. Au-dessus une terrasse où l'on dort en été. Simple et efficace ! Après un couscous basique (surtout comparé au tajine de la veille), et une intéressante discussion à propos de l'école au Maroc (pas sûre d'avoir tout bien compris mais en gros école coranique gratuite ou école « normale » privée et payante, du moins pour les plus jeunes enfants) nous souhaitons bonne nuit à Mohamed, son épouse et leur fils de 3 ans, qui devrait rester « unique » vu ces difficultés.

Mardi 21 mai Avant de reprendre la route, Mohamed nous accompagne pour faire le tour du village. Quelques nuages restent accrochés dans la montagne mais le soleil aura tôt fait de les dissoudre. Ici aussi le village est quasi abandonné, seules quelques maisons sont encore habitées et +/- entretenues. Le nouveau village (en béton ou agglos) est souvent bâti un peu plus loin, à proximité des petits champs ou terrasses. En route pour le NE et Taliouine, sur les contreforts du Djebel Siroua ! A quelques km de Tafraoute, nous faisons un petit détour vers le village de Titeki. Chaque village possède une ou plusieurs aires de battage. Quand nous sommes arrivés il y a 2 jours, c'était LE jour du passage de la batteuse à moteur. Il y en a une pour tous les villages de la vallée. Nous abandonnons la voiture pour grimper jusqu'à l'agadir, malheureusement fermé. Nous avons encore de la route et pas le temps d'en chercher le gardien. Celui-ci aussi a de la gueule ! La route R106 vers Taliouine via Imghern est un désert de roches striées (à voir sur google earth, c'est étonnant!) Seuls les fonds de vallon abritent encore quelques arbres, rescapés de la sécheresse ou du surpâturage ? Ici les meules de paille sont en forme de macarons et non de meringues comme dans la région de Tafraoute. Comme ailleurs, les villages sont souvent juchés sur des escarpements afin de bien surveiller la plaine qui poudroie d'où l'ennemi viendra... On est en pleine récolte et tout se fait à la main... Pas si mal la vie de chien...ça fatigue de voir tous ces humains toutes ces femmes bosser.

La route descend ensuite dans un canyon égayé de terrasses fluorescentes. Pas moyen par la route de s'approcher de Devil's Tower, dommage... Tiens, ici, c'est justement le jour de la batteuse... Puis nous traversons une vaste plaine balisée en son milieu par un puits style Bagdad's Café. Fred en tire un seau d'eau fraîche : c'est du sport, l'eau est à une vingtaine de mètres sous la surface ! Pas mal de tentes berbères par ici aussi. Tiens pas de doute, nous approchons d'une grosse agglomération... C'est Taliouine que nous traversons intégralement avant d'arriver à notre étape pour 2 nuits : Escale Rando tenue par un couple franco-marocain. La maison d'hôte terminée depuis 3 ans (après 2 ans de travaux) était la maison des grands-parents de Omar : c'est une réussite ! Elle a été rénovée avec goût (en particulier le jardin) et est adossée à une vieille kasbah qu'Omar essaie tant bien que mal de sauver de la ruine. Un vrai décor de cinéma ! Un charme fou ! Un accueil simple et cordial et une bonne cuisine. Et 2 petits garçons trop mignons, bravo Omar et Aude ! Après un petit thé à la menthe du jardin, nous repartons sur la très belle route d'Askaoun( au N de Taliouine) La route s'élève au-dessus de la vallée de Taliouine...tiens, étonnante cette oasis haut-perchée ?! Ça nous fait un bien fou de voir toutes ces vertes terrasses au milieu de montagnes si arides. Quel travail ! Pas mal de ruches par ici, surveillées de près par un gardien qui dort sur place. Chaque village possède ses terrasses. Au loin le Djebel Siroua. Tout ce vert est bien reposant pour l’œil ! Après Askaoun, c'est de la piste pour 4X4, nous faisons donc demi-tour, et replongeons vers le désert. La kasbah est immanquable ! Très bon dîner préparé par Omar et hop au lit !

Mercredi 22 mai Au programme du jour, les gorges de Tisslit situées au NE de Taliouine. Après un petit tour autour de la Kasbah du Glaouï (à laquelle est adossée l'auberge de Escale-Rando) où nous découvrons d'étranges signes (berbères?) sur les vieilles maisons +/- ruinées, nous partons sur la N10 vers l'est et après une vingtaine de km tournons à Tinfat vers le nord. On se gare à Souk Assaïs et ça tombe bien c'est mercredi, le jour du souk ! Il y a du monde sur le parking ! Il reste 3 km jusqu'au village de Tisslit qui surplombe les gorges. Les sentiers sont assez fréquentés, tout le monde va au souk où en revient +/- chargé. 3 femmes rentrent des champs sur un sentier qui doit croiser notre chemin. Nous les voyons poser leurs fardeaux et attendre. Habitués aux femmes de la région de Tafraoute dont certaines en nous croisant nous tournaient carrément le dos pour ne pas qu'on les regarde, nous sommes vraiment surpris qd arrivés à leur hauteur, elles nous emboîtent le pas. La plus jeune porte une radio qui chante à tue-tête ! La plus âgée est assez discrète mais la 3ème est très attachante. C'est Khadija qui ne parle que berbère mais sait très bien se faire comprendre. Elle nous invite à boire le thé. Son mari Ahmed, qui fait le guide pour les gorges est au souk. Elle tient à nous présenter sa maison d'hôtes et ses 6 enfants. Nous voilà donc partis le long des champs vers le village de Tisslit en bonne compagnie. Arrivés à l'entrée du village, la plus jeune nous distance rapidement, envoie valdinguer sa botte d'herbe et dispose harmonieusement qq tapis de sa confection devant nos pieds ! Pas cher ! Quelle détermination ! Mais on en a vu d'autres et on le prend avec humour, les femmes aussi ! Comment leur expliquer qu'on a 2 chiens et 4 chats à la maison, qui ne font rien de la journée si ce n'est mettre des poils partout, si bien qu'on n'est pas fans des tapis ! Un peu plus bas dans le village, Khadija nous ouvre sa porte et en hôtesse accomplie et habituée à la curiosité des occidentaux nous montre ses enfants, ses vaches, son agneau, son four à pain. Pleine d'un fierté légitime elle nous dévoile la salle d'eau avec WC, douche et bouton électrique, puis nous installe dans la pièce qui doit servir de salon/dortoir quand ils accueillent des groupes de trekkeurs. Ses enfants nous y tiennent compagnie (les garçons font le spectacle pendant que la plus grande fille ramasse les miettes des pâtisseries que nous avions fort opportunément emportées pour le pique-nique, quelle bonne idée, ainsi nous n'arrivons pas les mains vides...) Khadija arrive ensuite avec le thé et nous nous régalons de sa bonne tête et de sa joie de vivre. Elle est super expressive et la GoPro discrètement portée par Fred n'en loupe pas une miette ! Nous prenons finalement congé après que Khadija nous ai quasiment fait promettre de revenir avec nos enfants, une autre fois, inchallah ! Nous longeons l'aire de battage pour descendre vers les gorges. La lumière est vraiment infecte, très dure et l'atmosphère très brumeuse. Les couleurs donnent un aspect de photo qui a mal vieilli, jaune ocre, c'est très bizarre... Nous traversons les jardins irrigués par l'aqueduc venant des gorges. Deux petites filles pleines d'aplomb nous collent aux basques, réclamant dans l'ordre bonbons, stylo, dirhams, puis ma montre, puis mon alliance ! Fred finit par faire les gros yeux, nous escaladons qq rochers, ouf, elles abandonnent... Puis elles nous rattrapent un peu plus loin, l'une d'elle a une écorchure microscopique à un doigt et fait semblant de pleurnicher... Elles nous prennent vraiment pour des c..ornichons ! Heureusement qu'elles sont mignonnes mais bon...c'est agaçant à la longue...Enfin, si elles essaient, c'est que ça doit parfois marcher ! La faute à qui, hein ?! Nous quittons finalement l'aqueduc et remontons le fil du ruisseau : il se faufile entre de gros blacs rocheux, c'est assez ludique. Puis la vallée s'élargit nous laissant découvrir un troupeau de chèvres et son gardien. C'est jour de lessive ! Petit pique nique à l'ombre en observant les grimpettes des cabris, des vrais casse-cous ! Plus haut la végétation disparaît si bien qu'après moins de 2 km nous rebroussons chemin, préférant repasser dans les belles gorges plutôt que de tenter un circuit en boucle, bien hasardeux compte-tenu de la géologie locale. Nous repassons dans le village, à nouveau discrètement sollicités pour acheter des tapis. Ici aussi on fait la lessive...

Nous retrouvons la voiture laissée à Souk Assaïs et poursuivons la piste (le goudron s'arrête à Assaïs) vers Tizguit et son fameux grenier de falaise. La piste est limite avec cette 206 assez basse sur pattes et il nous faut une quarantaine de minutes pour parcourir la dizaine de km jusqu'au grenier. Nous nous garons du mieux possible (la piste est étroite) et marchons jusqu'au bas de l'escalier menant au grenier. C'est indiqué ! J'entends quelqu'un descendre en courant : quelle chance c'est le gardien qui vient de faire visiter le grenier à un groupe de 30 personnes (je ne vois pas comment c'est matériellement possible vu l’exiguïté des lieux!) Il est tout étonné de savoir que nous sommes en 206 : la piste ne doit pas toujours être dans le même état, gare ! Bref, muni de sa jolie clé en bois, il nous ouvre l'unique porte menant aux divers petits greniers. Il y en a un par famille du village. Ce grenier est encore utilisé. On y stockait les céréales, légumes séchés, dattes, objets précieux, argent, papiers et bijoux. Ce grenier en face nord ne voit le soleil que 2 jours par an. Il faut avoir confiance ! Les hommes ont utilisé les anfractuosités naturelles d'une falaise en surplomb, y ont creusé des niches et des passages, aménagés des toits et des planchers, créé des marches et des échelles. Les conditions de conservation y sont idéales : atmosphère sèche, à l'ombre, couloirs bien ventilés. Le grain peut y être conservé pendant des années ! Le gardien possède la clé de la porte principale et chaque grenier particulier a aussi sa propre clé dont la serrure se trouve toujours sur le côté intérieur de la porte : un trou aménagé à droite de la porte permet d'y passer la main et la clé. Gare aux araignées ! Après cette visite passionnante, nous grimpons en face du grenier pour en avoir une vue d'ensemble. En bas à G la porte d'entrée principale. Le grenier est bien caché au creux de la falaise, elle même protégée par un repli d'orgues de basalte. Le site est vraiment spectaculaire ! Merci Larazou pour m'avoir insufflé l'idée de visiter ce grenier !

Nous rejoignons sans encombre la route de Souk Assaïs puis peu après Tifnat, alors que nous roulons vers Taliouine sommes irrésistiblement attirés par un vieux village fortifié accroché sur les flanc d'une étrange colline rouge et noire : l'éclairage de fin de journée n'y est sans doute pas pour rien ! Il doit d'après Google Earth s'agir du village de Timersit (bifurcation vers le sud au niveau de la commune de Sidi Hsaine) Nous montons avec la voiture aussi haut que possible puis continuons à pied à travers de jolis petits champs très soignés. Encore un vrai décor de cinéma ! Quelques maisons semblent encore habitées (on voit qq cadenas) mais la plupart sont en ruine : il ne faut pas craindre les mauvais esprits pour habiter ici ! Atmosphère.... On se régale à trouver de jolis détails architecturaux et à déambuler dans cet ancien village fortifié. Retour vers Taliouine avec une lumière qui devient de plus en plus douce. Encore un bon dîner après cette journée bien remplie, gros dodo !

Jeudi 23 mai Cap au sud vers Amtoudi ! Mais d'abord, pas encore rassasiés de greniers de falaise, nous décidons d'aller voir le grenier d'Ifri à une douzaine de km de Taliouine sur la route de Tata. A contre-jour au creux d'une falaise encore exposée au nord, il est quasi invisible de la route. On se gare dans le village et on continue à pied vers la falaise : il ne peut-être que là. 2 petites filles qui vont à l'école nous confirment que nous sommes sur la bonne voie. Encore un magnifique grenier ! Ça me fait irrésistiblement penser aux constructions anasazi de l'ouest américain ! Nous prenons le temps d'en examiner tous les détails extérieurs, petites portes dérobées, échelles, troncs de palmier sculptés....car il est fermé. Nous longeons encore un peu la falaise tarabiscotée vers l'ouest : son pied sert de dépotoir, quel dommage car le coin est magnifique ! En repassant dans le village un petit garçon nous demande timidement si nous cherchons le gardien. Pas le temps, dommage, un bon bout de route nous attend ! Nous reprenons la voiture, passons devant l'école et essuyons un tir de caillou (petit et sans grande conviction certes) : effet de groupe + testostérone, la connerie est universelle !

Je croyais cela impossible mais si, la lumière est encore pire qu'hier ! Dommage car la route R109 qui mène vers le sud et Tata est réputée magnifique. Aujourd'hui c'est super brumeux... Nous croisons pas mal de dromadaires, broutant avec application au pied d'étonnantes montagnes striées. Quelques affleurements très noirs rythment le paysage. Pas grand monde sur la route...alors il y en a qui traversent n'importe comment ! On sent que le vrai désert de sable n'est pas loin. Nous arrivons enfin à la bifurcation vers Amtoudi, encore 30 km et nous arrivons en vue du 1er des 2 agadirs fortifiés de l'oasis d'Id Aïssa. Ces 2 agadirs dateraient du XIIè siècle et ont été restaurés il y a une dizaine d'années. Les touristes viennent jusqu'ici pour eux, mais aussi pour la gorge située en amont où jailli une source qui coule toute l'année. Heureusement car à part le jour de pluie de mars dernier, il n'avait pas plu depuis 2 ans et demi ! Nous posons nos bagages à l'Auberge On dirait le sud, lovée dans un creux de la falaise ocre. Il ne doit pas y avoir d'endroit plus frais à des dizaines de km à la ronde ! Cette sympathique auberge est tenue par Georges un Français secondé par 1 ou 2 marocains qui préviennent le gardien de l'Agadir d'Id Aïssa, situé juste au-dessus de l'auberge (40 mn de grimpette tout de même) de notre arrivée. La vue sur l'oasis est imprenable. Quelle allure ! Nous passons d'abord la maison du gardien, puis nous sommes entraînés dans un dédale de couloirs, greniers, pièces, niches, caves, tout en ombres et lumières. Ventilation parfaite ici aussi, c'est vraiment étonnant ! L'endroit a été prévu pour pouvoir y soutenir un siège : il y a des citernes prévues pour récupérer l'eau de pluie et non pas des dizaines mais des centaines de ruches. Aujourd'hui il ne pleut plus et il n'y a plus de fleurs donc plus d'abeilles... Ces alvéoles de pierre recevaient des hottes d'osier tressé recouvert de boue séchée : ces ruches étaient ainsi très facilement transportables. Il y avait 75 greniers, un par famille et certaines avaient un souci de la décoration plus poussé... Peu de bois dans la région...charpente en pierre. Bric à brac rassemblé dans une petite pièce-musée. Belle visite, dommage qu'ici aussi les explications du gardien soient vraiment basiques. Il y a sans doute encore à mener un gros travail de recherche historique pour mieux connaître la vie quotidienne des siècles passés.

Vendredi 24 mai Au programme aujourd'hui une journée cool dans l'oasis à la découverte de la source qui donne la vie à toute la vallée. Mais d'abord petite grimpette vers l'agadir d'Aguellouy, situé au-dessus du vieux village que nous traversons en prenant notre temps dans l'espoir de voir se manifester le guide. Personne... On monte doucement et on trouve porte-close. Un peu déçus car le site est superbe. Finalement on voit monter un vieil homme qui gardait les chèvres un peu plus bas : c'est notre gardien qui nous ayant vus monter, nous a rejoints. Cet agadir, beaucoup plus petit que celui de Id Aïssa visité hier est audacieusement construit sur un piton rocheux. Les ¾ de la visite se font plié en 2 presque à genoux, les miens s'en remettent à peine ! Mais ça vaut le coup ! La restauration réalisée par les habitants du village est moins poussée mais la visite est tout aussi amusante. Vue vers l'aval, le vilage sort de l'ombre. Ombres et lumières, bois et pierre. Ici aussi qq objets rassemblés dans une petite pièce. Toits en terrasse et puits de lumière et de ventilation. La vallée tout là-bas. Tour du guetteur. Vue vers l'amont. Ces agadirs sont quasi invisibles sur google earth. Construction à ras de la falaise qui a parfois été élargie par un morceau de bois ou de pierre, quelle audace ! Nous remercions notre guide et redescendons vers l'amont et la source de l'oasis. La végétation est abondante : lauriers roses, palmiers, abricotier sans doute sauvage (petits abricots assez peu parfumés et farineux) Nous nous amusons à suivre l'un des aqueducs... Tiens un « aiguillage » ! Ici un réservoir afin de pouvoir en l'ouvrant d'un coup assurer un bon flux dans les aqueducs et en chasser les impuretés. Voici la naissance de l'aqueduc. En amont la vallée est presque vierge. Arrivés devant cette grosse pool ronde, nous la contournons par la droite et découvrons émerveillés le fruit de l'érosion de cette ridicule petite cascade ! Il en faut du temps... C'est un cul de sac, nous rebroussons chemin et au prix de quelques acrobaties parvenons au-dessus de la cascade pour réaliser qu'en fait il y avait un sentier bien tracé qui nous avait échappé : à G de la vallée avant la 1ère grosse pool ronde ! Plus haut, c'est assez paradisiaque : de jolies flaques émeraude se succèdent, bordées de lauriers en fleurs et d'élégants palmiers. Nous croisons 5 hommes venus buller et boire le café au bord de l'eau, puis 3 femmes pliées en 2 sous leurs fagots d'herbes dont je me demande où elles ont bien pu les trouver, et encore 2 jeunes gens venus profiter du temps qui passe... Pas mal de cochonneries un peu partout, dommage...c'est le coin de pique-nique du village et ça se voit ! Je trouve un jeu de clés que je confie aux 2 jeunes, inchallah ! Nous longeons le ruisseau d'un bon débit et soudain celui-ci disparaît au pied d'un bouqte de palmiers : ici naît la source... On remonte encore un peu la vallée mais la végétation disparaît peu à peu tandis que la chaleur augmente : pause pique nique (préparé pour 4 €/pers. par l'auberge) à l'ombre d'un grand arganier. Petite sieste à l'ombre, il fait presque trop frais avec le vent...un régal. On redescend ensuite tout doucement. Fred ne résiste pas à l'envie d'une baignade au pied de cette étonnante falaise dégoulinante ! L'eau est fraîche, environ 20°C et je me contente de l'admirer de loin! Fred s'amuse ensuite à filmer poissons et grenouilles. Plus bas, nous retrouvons l'aqueduc qui nous sert un moment de sentier. Tas de bois de palmier : ça ne doit vraiment pas être agréable à travailler ! Fred fait encore mumuse avec la GoPro.... Nous repasser sous l'agadir perché sur son piton, tout petit au grand-angle ! Plus près.... Nous regagnons l'auberge via un joli sentier ombragé en fond de vallée. Encore un très bon tajine, désert un peu basique (une banane!) Nous avons du laisser notre jolie chambre double avec sdb pour une rustique mais sympathique chambre sans sdb. Eh oui, réservation au dernier moment oblige... Mais on a très bien dormi tout de même !

Samedi 25 mai Dernière journée de voyage avec la remontée le long de l'Atlantique jusqu'à Agadir, histoire de voir un peu la mer...Mais d'abord encore des dromadaires... Un peu au nord de Sidi Ifni nous allons pique niquer au pied des arches de El-Gzira. Ça doit être très spectaculaire par grosse mer... Attention à la marée qui rend le passage sous la 1ère arche aléatoire. C'est beau mais bon...on y va ? Pas de quoi y passer des heures à moins de surfer (eau bien fraîche!) On zappe un peu le parc national de Souss Massa (pas trop de temps ni d'essence) sans doute plus intéressant en hiver quand les oiseaux ne sont pas déjà repartis vers le nord. Ça n'a tout de même pas l'air super sauvage : la rivière est bordée de villages et les marais transformés en champs (du moins de ce que nous en avons vu) Sans doute l'embouchure a-t-elle plus d'intérêt naturaliste. Un peu plus au nord, on prend tout notre temps pour visiter le joli village de pêcheurs de Tifnite. Il est dans son jus, même si les abords sont vraiment dénaturés par un énorme complexe que nous avons identifié comme une sorte de halle aux poissons (?) Un vieux pêcheur parlant un bon Français nous a expliqué que la pêche réunit ici 500 hommes de mai à juillet : mise à l'eau à 4h (avis aux amateurs), retour en milieu de journée. Ça doit être un sacré spectacle car la plage est directement exposée à la houle atlantique ! Il y a d'ailleurs régulièrement des pertes, encore le mois dernier, une barque a chaviré et un seul homme sur les 3 marins s'en est sorti en se cramponnant au réservoir et en « nageant » jusqu'au rivage. En hiver quand il fait trop froid, les hommes vont pêcher « au Sahara ». Ici les chats sont bien nourris ! Les jours de tempête, ça doit déménager ! Quelques maisons auraient été achetées par des occidentaux mais ça ne saute pas encore aux yeux... Coincés entre la mer et le désert, drôle de vie... Quelques km nous séparent encore de Inezgane, au sud d'Agadir : notre avion décolle demain à 10h. Très bonne nuit au Dar Maktoub dont le luxe (relatif hein !) nous étourdit un peu après notre semaine de pérégrinations montagnardes.

Dimanche 26 mai Retour sans problème à Nancy, 9°C, il pleut ! Ravis de notre petite semaine « improvisée » : le Maroc c'est vraiment facile ! Et tellement dépaysant ! Et puis bout de quelques voyages on finit par s'habituer aux sollicitations des enfants, aux détritus qui traînent un peu partout, aux trucs toujours au moins un peu déglingués. Quel dommage de ne pas mieux valoriser un si beau pays !

Budget pour 1 semaine à 2 personnes Vols Bruxelles-Agadir Brussels Airlines 159 €/pers X2 Location 206 avec clim 1 semaine chez Rayhane Cars, assurances comprises, ni franchise ni caution 195 € 2 nuits en demi-pension sdb privée Maison d'Hôtes Iskki Asfnou au nord de Tafraoute 85 € 2 nuits en demi-pension sdb privée Escale Rando à Taliouine 100 € 1 nuit en demi-pension sdb privée On dirait le sud Amtoudi 51 € 1 nuit en demi-pension sdb commune On dirait le sud Amtoudi 33 € 2 pique-niques préparés par On dirait le sud 8 € 1 nuit Dar Maktoub sud d'Agadir 70 € Diner Dar maktoub pour 2 40 € Essence 1600 km, 12 dh/l environ, 7l/100 environ 130 € Visite du musée de la Maison Traditionnelle à Oumeznat 10 € Visite des 2 Agadirs d' Amtoudi : 50 dhX2 soit environ 10 € Agadir de Tizgui 50 dh soit 5 € Divers...pique-nique...40 €

Total : 1095 € pour 2.
Récit de notre voyage aux États-Unis en 2011: Rocheuses, geysers, collines et plaines
by Bridgitt · 2011-08-02 · 28 replies
Nous sommes de retour d'un fantastique voyage de trois semaines aux USA et je souhaite remercier tous les membres du forum qui m'ont aidée, directement ou indirectement, à préparer minutieusement les détails de ce périple. En voici donc le compte-rendu, en espérant qu'à mon tour, je puisse aider d'autres voyageurs qui ont l'intention de se rendre dans ces magnifiques contrées.

Pour information, nous sommes une famille belge, résidant à 50 km de Bruxelles : Jean-Luc (59 ans), Brigitte (50 ans), Nicolas (24 ans) et Catherine (21 ans).

C'est en mai 2010 que l'idée d'un voyage dans le Wyoming a germé. Grâce aux conseils et expériences des forumeurs, une boucle au départ de Denver est concoctée. Voici le programme définitif établi :

Départ de Bruxelles le 2 juillet, nuitée à Boulder 3 juillet : traversée de Rocky Mountain par la Trail Ridge Road, nuitée à Steamboat Springs 4 juillet : route et visite de Dinosaur NP, partie Colorado 5 juillet : visite de Dinosaur NP, partie Utah 6 juillet : route vers Moran via Flaming Gorge 7 et 8 juillet : visite et activités à Grand Téton Du 9 au 15 juillet : visite de Yellowstone 16 juillet : route vers Cody via Beartooth and Chief Joseph Highways (musée et Old Trail Town) 17 juillet : route vers Hardin via Bighorn Canyon et Bighorn National Forest (Little Bighorn Battlefield) 18 juillet : route vers Hullett (Devil's Tower) 19 juillet : route vers Wall via Belle Fourche, Spearfish Canyon et Deadwood (Badlands) 20 juillet : route vers Custer (Black Hills) 21 juillet : Mont Rushmore et routes scéniques 22 juillet : route vers Cheyenne via Hot Springs et Fort Laramie 23 juillet : Frontier Days à Cheyenne 24 juillet : route vers Estes Park pour quelques randonnées 25 juillet : route vers Denver, visite de Denver 26 juillet : retour en Belgique

Dès juillet 2010, les réservations des hébergements dans les parcs sont effectuées et déjà il faut "composer" car certains hôtels affichent "complet" dans plusieurs catégories de chambres un an à l'avance (c'est notamment le cas au Old Faithfull Inn) ! Durant les mois qui suivent, les autres hébergements sont choisis (le site
http://www.tripadvisor.fr/ constitue un excellent outil et l'expérience de forumeurs qui ont séjourné aux endroits prévus à mon programme me sont d'une grande aide) ; la voiture est réservée et les billets d'avion sont achetés (visite quotidienne de plusieurs sites, notamment http://www.distrivols.fr/ pour obtenir un tarif intéressant- je capitule en décembre en trouvant un tarif de 700 euros par personne chez Go Voyages). Le programme quotidien est établi, les randonnées sélectionnées, les restaurants repérés … Je ne peux m'empêcher d'occuper la plus grande partie de mon temps libre à peaufiner chaque détail de mon roadbook, notamment en consultant les guides (le guide du Routard qui ne s'étend que très brièvement sur le Wyoming), le Fodor's "Montana et Wyoming" et le guide de Jacques Klein "L'ouest américain – Rocheuses et grands parcs), ainsi que les merveilleux outils que constituent les sites http://www.ouestusa.fr/, http://www.roadtrippin.fr/ et les sites officiels des parcs (http://www.nps.gov/index.htm). Je calcule les itinéraires sur http://maps.google.com/, me passionne pour les carnets de voyage des forumeurs et suis les conversations sur VF. J'ai trouvé de merveilleux livres de chevet (les trois tomes de Photographing the Southwest) et je m'endors chaque soir en rêvant à l'ouest américain !

Mais nous voilà déjà la veille de notre départ et, pour plus de sécurité, nous séjournons dès le vendredi 1er juillet aux abords de l'aéroport, au très luxueux hôtel Crowne Plaza Brussels Airport.

Samedi 2 juillet : le grand départ ! A l'aéroport, nous constatons que le vol Bruxelles/Chicago a plus d'une heure de retard (nous devions initialement décoller à 12h50). Quatre bagages à enregistrer et déjà un en "surpoids" au départ (il y en aura trois au retour !). Petit transfert dans un bagage de cabine et c'est réglé. L'hôtesse nous annonce qu'elle ne peut nous enregistrer jusqu'à Denver car les vols sont opérés par deux compagnies différentes (IB pour le vol BRU/ORD – opéré par AA - et AA pour le vol ORD/DEN) et qu'au cas où un retard nous ferait rater le deuxième vol, nous devrions acheter de nouveaux billets. C'est un "détail" d'importance sur lequel Go Voyages n'attire pas l'attention. A courir après les tarifs les plus bas, on se fait parfois "pigeonner". Nous n'aurons pas de problèmes, étant donné le grand laps de temps à l'aéroport de Chicago, mais il vaut mieux être averti. Nous n'aurons pas ce problème au retour, les deux vols étant assurés par Iberia (opérés par AA). Vol long et peu confortable, repas médiocre. Nous bénéficions de trois places au centre et d'une sur le côté (les rangées sont constituées de deux places de chaque côté de l'avion et de trois places au centre) et Nicolas dispose de très peu d'espace car la personne à côté de lui (côté hublot) a une stature imposante. J'aurais souhaité réserver les places dans l'avion plus tôt (ce n'était pas prévu lors de la réservation des billets) mais je n'ai pu le faire que 24h avant le départ … et, à ce moment, il n'y avait presque plus de choix dans les différents vols (j'ai donc pris ce qu'il restait en me disant que ce serait peut-être pire à l'enregistrement). Cette première journée est très longue car quelques mois avant le départ, Go Voyages nous avait déjà fait part d'un changement d'horaire : départ de l'avion Chicago/Denver à 20h30 au lieu de 19h10 et arrivée à 21h55 au lieu de 20h45. Arrivée dans l'immense aéroport de Chicago et longue attente pour notre vol vers Denver. J'avais repéré sur le site de l'aéroport le petit resto Wolfgang Puck To Go (afin de s'attabler confortablement et de faire un repas convenable puisque notre arrivée tardive à Boulder ne nous permettrait pas de fêter notre arrivée au resto). Une dame âgée nous apporte nos premiers hamburgers et contrôle les ID de tous les membres de la famille (!!!) avant d'accepter de nous servir bières et vin (qui n'est même pas bon) : parce que son patron lui a dit de le faire … Jean-Luc et moi n'aurons heureusement plus à justifier notre âge durant le restant du voyage … mais cela deviendra une habitude pour Nico et Cath ! J'avais déjà été surprise – et parfois choquée – de l'âge des personnes qui doivent encore travailler aux USA. Ca me désole de voir une personne voutée nous conduire à notre table au restaurant ou un monsieur qui a largement passé la septantaine soulever nos bagages à la réception. Nous ne sommes pas habitués à ce genre de choses chez nous et j'ai du mal à admettre que des personnes aussi âgées soient encore contraintes de travailler !

Vol vers Denver et son aéroport qui est un des plus modernes et des plus importants du pays (sa gigantesque toiture en téflon symbolise les Rocheuses qui pointent derrière et des tipis du XXIè siècle plantés au milieu de la Grande Prairie). Il est plus de 22 h lorsque nous arrivons à l'agence HERTZ pour la prise du véhicule). Comme je m'y attendais, le préposé nous propose une Mitsubishi Endeavour (voiture renseignée depuis quelques mois sur le site Hertz pour la catégorie SUV Standard alors qu'au départ, j'avais privilégié Hertz car nous avions une "petite" chance d'avoir une Nissan XTerra). Il nous précise que la voiture affiche peu de kilomètres au compteur. Nous prenons l'assurance Roadside qui n'était pas comprise dans le prix de la réservation effectuée sur internet (cette assurance couvre le remplacement des clés- nous ne bénéficions que d'un seul jeu -et le déverrouillage des portières si les clés sont restées à l'intérieur, le remorquage en cas de panne, la livraison d'essence en cas de panne sèche, …). Lorsque je vois le coffre de la voiture, je me dis que nos quatre gros bagages et nos quatre bagages de cabine (+ la glacière, les sacs à dos, …) ne rentreront jamais dans le coffre et nous retournons voir le préposé (qui n'est plus le même) qui nous propose un SUV full size sans supplément de prix. Nous allons donc "visionner" la voiture proposée (je crois me rappeler qu'il s'agissait d'une Chevrolet Tahoe) : le coffre ne me semble pas plus spacieux (lorsque les sièges de la troisième banquette sont rabattus) ; la voiture semble moins "nette" et mon époux me dit qu'il n'éprouve pas l'envie de conduire un tel véhicule … et comme c'est lui qui va conduire le plus souvent, je capitule. Nous retournons donc au guichet pour dire que finalement, nous préférons la Mitsubishi (à chaque fois, changement de papiers !). Pour l'anecdote, nous aurons à faire à trois préposés différents et la troisième, une dame, bien que polie, semblera assez excédée puisque lors d'une vérification des kilomètres dans la Mitsubishi, elle ne se rendra pas compte que mon fils est à l'arrière et, se parlant à elle-même, dira quelque chose comme "Ils vont me rendre folle". OK, on a un peu "chipoté" mais c'est quand même trois semaines que nous passerons dans ce véhicule ! En ne prenant qu'une petite glacière et en organisant bien nos bagages, on s'en tirera au niveau "place" et nous serons finalement satisfaits de la voiture et n'aurons aucun pépin !

Lorsque nous arrivons à l'hôtel à Boulder, il est plus de minuit. La chambre de l'hôtel Hampton Inn est juste décente mais nous tombons de fatigue et nous nous endormons rapidement.

Dimanche 3 juillet : après un petit déjeuner correct, nous organisons nos bagages et quittons l'hôtel. Le temps de rejoindre Estes Park, il est déjà midi lorsque nous nous engageons sur la Trail Ridge Road : la traversée d'Estes Park est laborieuse : beaucoup de circulation (c'est un dimanche ?) dans la ville et vers le parc. Nous achetons notre pass "America The Beautiful" qui permet l'accès pendant un an à tous les parcs nationaux. La route est magnifique ; nous nous arrêtons à de nombreuses reprises et croisons même un troupeau de mule deers. Il y a encore beaucoup de neige (cette route n'est pas accessible pendant l'hiver et ouvre habituellement le dernier week-end de mai mais vu l'hiver prolongé dans l'ouest cette année, elle a été rouverte beaucoup plus tard). Nous devons enfiler nos polars lorsque nous atteignons les hauteurs. Il est plus de 15h lorsque nous parvenons à Grand Lake, où j'ai repéré le Rapids Lodge, restaurant situé au bord d'une rivière. J'avais envisagé de déjeuner (si on peut encore parler de déjeuner à cette heure tardive) le long de la rivière mais le bruit est si assourdissant que nous demandons une table à l'intérieur. J'ai prévu une petite promenade digestive (0,3 miles) vers Adam Falls, jolies chutes proches de Grand Lake.

Nous reprenons la route et il est déjà tard lorsque nous atteignons notre étape, Steamboat Springs. Passage obligé au Walmart, pour l'achat d'un gps, d'une glacière et de quelques victuailles. J'avais prévu une soirée au Strawberry Park Natural Hot Spring (baignade dans des sources chaudes). Il est plus de 20 h lorsque nous quittons l'hôtel pour rejoindre ces sources assez éloignées de l'hôtel. Nous nous égarons et vu l'heure tardive, nous devons malheureusement rebrousser chemin. Nous rejoignons l'hôtel pour une bonne nuit de sommeil car demain, les choses sérieuses commencent …

Lundi 4 juillet : réveil matinal (ce sera un problème épineux durant tout le séjour car mes enfants ne conçoivent pas de se lever tôt durant les vacances … et ils ne savent pas se coucher tôt non plus). Nous trouvons donc un terrain d'entente (enfin, plus ou moins) : réveil à 6h45 pour moi, 7h pour mon mari et 7h30 pour les enfants, l'idéal étant de déjeuner à 8h pour démarrer au plus tard à 9h (ce qui est déjà très tard mais il faudra s'en accommoder !). Le programme de la journée, à savoir la visite de Dinosaur Park, côté Colorado, est serré (j'avais prévu de quitter l'hôtel à 6h30 car plus de 2 h de route nous séparent de Dinosaur mais …). Il est déjà 10h30 lorsque nous empruntons la Harpers Corner Drive. Etant donné le temps sec, nous nous dirigeons de suite vers l'Echo Park Road et la Yampa Bench Road pour parvenir aux trois premiers points de vue (Castle Park Overlook, Harding Hole et Wagon Wheel Overlook) qui sont absolument magnifiques. Nous ne rencontrons aucune autre voiture sur cette piste et profitons seuls de ce décor somptueux. Retour sur l'Echo Park Road et recherche de Picasso Face (grand rocher qui ressemble à un visage déformé qui aurait pu inspirer le maître). Nous le trouvons et nous engageons dans cette randonnée conseillée dans le PTS et expérimentée par d'autres forumeurs. Départ trouvé, passage au-dessus du ruisseau, escalade (Jean-Luc renoncera car il a le vertige). Je poursuis la ballade avec les enfants mais après une trentaine de minutes, de gros nuages gris apparaissent au loin et quelques coups de tonnerre se font entendre. Nous continuons encore un peu mais l'orage paraît se rapprocher et nous décidons de rebrousser chemin ; nous rejoignons la voiture sous de grosses gouttes. Nous quittons l'Echo Park Road à regret (enfin, surtout moi qui ai organisé le programme et qui dois abandonner l'idée de pénétrer dans Whispering Cave et de contempler Steamboat Rock). Nous poursuivons néanmoins sur la Harpers Corner Drive jusqu'à son terme (il ne pleuvra finalement presque pas … zut alors !) et empruntons le Harpers Corner Trail, promenade très agréable avec des points de vue merveilleux. On en prend plein les yeux.

Le retour sur la Harpers Corner Drive se fait au pas de course : j'aurais souhaité m'arrêter aux points de vue que nous n'avions pas fait le matin mais l'heure tardive et le nombre de kilomètres à parcourir pour rejoindre VERNAL ont entamé l'humeur de la troupe (je dois alléger le programme dixit mon mari et les enfants … pff, ça ne va pas être facile : il y a tant de belles choses à voir …). Nous parvenons à l'hôtel Marriott de Vernal : très bel hôtel avec des chambres spacieuses et modernes et … le wc séparé de la salle de bains (mais pourquoi mettent-ils toujours le wc dans la salle de bains ?).

Repas médiocre au Cafe Rio situé à côté de l'hôtel, pourtant recommandé sur Trip Advisor (self service, cuisine mexicaine). Le temps s'est couvert ; la pluie a fait sa réapparition.

Mardi 5 juillet : c'est sous un ciel gris que nous quittons l'hôtel, alors que la visite de Dinosaur Park, côté Utah, est prévue. Arrêt au Visitor Center où le ranger, comme je m'en doutais, nous déconseille d'emprunter des pistes. Je suis contente qu'on ait pu s'aventurer sur la Yampa Road hier ! Pas de shuttle pour le Fossil Discovery Trail aujourd'hui (petit site où on peut voir quelques fossiles de dinosaures, en attendant la réouverture du quarry, cet automne). Nous nous engageons sur la Cub Creek Road et nous arrêtons à Swelter Shelter, pour admirer nos premiers pétroglyphes. La matinée est déjà bien entamée lorsque nous débutons le trail Sound of Silence, mais le temps nuageux nous permet d'enchaîner agréablement les deux randonnées Sound of Silence et Desert Voice alors que ce doit être éprouvant sous le soleil qui tape habituellement à ce moment de la journée. J'avais lu des commentaires mitigés au sujet de ces randonnées mais nous les avons beaucoup appréciées. Le temps s'étant doucement découvert et le soleil ayant fait sa réapparition, nous aurons tous de beaux coups de soleil (nous ne nous étions bien entendu pas protégés puisqu'il faisait gris lorsque nous avons entamé le trail !). Nous pique-niquons au bord de la Green river, en compagnie d'écureuils, poursuivons la Cub Creek Road jusqu'à son terme (en ayant l'occasion d'admirer d'autres pétroglyphes) et terminons par la petite randonnée Box and Hog canyon (en fait nous faisons la Box ou la Hog mais je ne sais pas laquelle, ces deux petites promenades partant chacune d'un côté du parking). Un coup d'œil à la cabine de Josie Bassett, dame qui a vécu en autonomie totale jusqu'à sa mort à plus de 80 ans. Nous entamons le retour sur la même route (pas d'autre choix). Il est plus de 17h lorsque nous revenons au point de départ. Mon programme prévoyait la piste Island Park Road ; le soleil présent cet après-midi a probablement rendu la piste praticable mais il est un peu tard pour envisager de l'emprunter. Le ranger nous avait conseillé ce matin de nous arrêter au National Fieldhouse Museum de Vernal pour voir quelques squelettes de dinosaures mais il est déjà fermé lorsque nous nous y rendons. J'avais aussi envisagé la visite de Fantasy Canyon en soirée mais je ne ferai que l'évoquer … refusé ! Il est vrai que la journée de demain sera longue puisque nous rallions le parc de Grand Téton et que je voudrais m'arrêter à Flaming Gorge. Retour à l'hôtel donc, et repas au Win On Chinese-American Restaurant (après l'expérience mexicaine désastreuse d'hier, ma fille veut absolument tester le chinois). Cadre quelconque mais buffet incroyablement varié et très bon ; il y avait même un buffet mongol qui permettait de choisir ses aliments (crus) qui étaient ensuite cuits sur une plaque par un serveur. Détail cocasse : la caisse se trouve à l'entrée et il faut payer son repas dès la porte de l'établissement franchie.

Mercredi 6 juillet : il est 8h45 lorsque nous quittons Vernal pour notre prochaine étape, Moran, dans le parc de Grand Téton. Arrêt à Flaming Gorge où nous admirons les magnifiques Red and Sheep Creek Canyons. L'étape "déjeuner" est Pinedale, petite ville de montagne au bord des Wind River Mountains. Déjeuner agréable au Patio Grill où nous dégustons de très bon burgers (je crois que je n'oublierai pas de si tôt la voix éraillée de la serveuse qui nous répétait à tout bout de champ "You are very very welcome"). Petite promenade sur la rue principale et coup d'œil dans la grande boutique de cow-boys où nous voyons nos premiers "Stetson". Nous faisons un court arrêt à Jackson Hole pour nous ravitailler chez Smith's et empruntons la Gros Ventre Road pour admirer les fermes en bois de Mormon Row (je les avais vues si souvent en photos … il me tardait de les voir en vrai !). Nous croisons notre premier troupeau de bisons et filons ensuite vers le Signal Mountain Lodge, où nous avons réservé une cabine pour les trois prochaines nuits. Il fait déjà noir et la dame de la réception nous conseille d'ouvrir et de refermer très vite la porte de la cabine car il y a beaucoup de moustiques. Nous allons nous battre avec ces horribles bestioles pendant la plus grande partie de notre séjour dans les parcs du Grand Téton et de Yellowstone ! La cabine (qui est située dans un bâtiment qui comprend trois ailes/cabines) est très simple et bénéficie d'un confort minimum. Le plancher de la salle de bains n'est pas droit (je suppose que le bâtiment bouge à cause de la rigueur de l'hiver) ; ça donne le "tournis" quand on y entre. C'est un des premiers logements que j'ai réservé et je suis un peu déçue … mais je devrai me rendre à l'évidence : les logements dans les parcs sont très basiques alors qu'il faut payer le prix fort ! J'ai prévu de manger au Trapper Grill ce soir : très beau cadre (vue sur le Grand Téton) et repas tout à fait correct.

Jeudi 7 juillet : c'est l'anniversaire de Nicolas et j'ai prévu une journée bien remplie, mais le début sera un peu chahuté. Lever à 5h pour assister au lever du soleil à Oxbow Bend et admirer le reflet du Mont Moran sur les eaux calmes : seul mon mari accepte de m'accompagner. Le soleil n'est pas très présent mais c'est quand même vraiment beau. Au loin, un moose (orgnal) traverse la rivière. Nous voyons des elks en rejoignant la cabine. Réveil des enfants car j'ai réservé une "breakfast cruise" à Colter Bay (départ à 7h30 mais il faut arriver à 6h45). Sur place, la préposée nous avertit que la croisière a malheureusement été supprimée et qu'elle me l'a communiqué par mail (ben oui, mais je n'ai pas consulté mes mails). Nous allons donc prendre notre petit déjeuner au restaurant du Colter Bay, visitons le très intéressant musée d'art et traditions indiens et nous engageons dans une agréable randonnée sur une île boisée dont on fait le tour par le rivage : le Lakeshore trail (magnifiques panoramas sur le lac). Il est encore tôt (nous nous sommes levés de bonne heure) et les enfants ont envie de faire une balade sur le lac : nous louons donc deux kayaks pour deux heures (durée minimum) et passons un très beau moment : le spectacle est grandiose (les eaux du lac scintillent et les montagnes autour sont resplendissantes). Pizza au Leeks Marina & Pizzeria où les pizze sont, paraît-il, excellentes. Bof, est-ce parce que nous avons la chance d'avoir d'excellents restaurants italiens en Belgique, mais je ne les trouve pas terribles, ces pizze !

Le parc de Grand Téton me semblait idéal pour organiser quelques activités inhabituelles (en tout cas, en ce qui nous concerne). J'ai donc réservé une promenade à cheval chez Teton Horseback Adventures, compagnie située à Pacific Creek. Nous nous dirigeons donc vers le ranch et avons la surprise de voir un ours traverser la route devant la voiture. J'avais repéré cette adresse dans le guide du Routard, qui vantait le fait que cette compagnie effectue des balades en petit comité (il n'y aura que nous quatre et le guide), dans de vastes espaces en pleine nature. Et de fait, nous nous promenons dans les sous-bois, escaladons des collines, franchissons des gués … Catherine nous fait bien rire car elle n'arrête pas de se disputer avec son cheval qui est plus jeune et n'en fait qu'à sa tête (il ne suit pas les autres, s'arrête régulièrement pour manger des touffes d'herbes ou des feuilles, …). J'ai quand même une grosse frayeur lorsque, sans comprendre ce qui m'arrive, je me sens projetée en arrière avant de me rabattre sur le cou du cheval – j'ai bien cru que j'allais tomber – notre guide constatera que mon cheval a été effrayé par un castor ! Même si j'avais une petite appréhension au départ de cette excursion (à part moi qui avais fait un stage d'équitation trente ans auparavant et dont je n'avais de toute façon aucun souvenir, sauf celui que je suis allergique à la sueur des chevaux – mais il suffit que j'évite de me frotter le visage avec les mains qui ont touché le cheval - ni mon mari ni les enfants n'avaient pratiqué cette activité), elle a été un excellent moment pour tous. Un seul bémol : les moustiques ! Si j'ai pu les chasser de mes bras et de mon visage (enfin, quelques-uns sont quand même parvenus à leurs fins), ils s'en sont donnés à cœur joie sur mes jambes que je ne pouvais atteindre ! Nico et Cath avaient eu la bonne idée de mettre un pantalon … Jean-Luc et moi étions en shorts !!! Nous avons subi le même sort !

J'avais pensé terminer la journée par la Signal Mountain Summit Road mais le temps s'est couvert (il vaut mieux accéder au sommet par temps clair) et il est déjà tard. Nous allons admirer la jolie Chapel of the Sacred Heart et avons la chance d'apercevoir une femelle orgnal et son petit.

Pour le repas d'anniversaire de Nicolas, nous mangeons au Peaks, "resto chic" du Signal Mountain Lodge (avec toujours la vue sublime sur les montagnes). Catherine et moi prenons du saumon, Jean-Luc et Nicolas un steak. Même si ce n'est pas exceptionnel, c'est notre meilleur repas depuis notre arrivée sur le territoire américain.

Vendredi 8 juillet : cette La journée est encore réservée au parc de Grand Téton et je ne regrette absolument pas le temps passé dans ce parc. Je le trouve magnifique et j'aurais souhaité l'explorer encore davantage … J'espère y revenir un jour. Ce matin, il fait clair et nous en profitons pour monter au sommet de la colline Signal Mountain, à 250 m au-dessus de la vallée. Super point de vue panoramique sur la chaîne des Tétons et Jackson Lake. Au retour, nous verrons une voiture arrêtée dans l'autre sens et apercevrons un ours presque à hauteur de leur portière (je suppose qu'ils n'auront pas baissé la vitre) ; nous le verrons très vite s'éloigner. En route pour le Jenny Lake où j'ai prévu de prendre le shuttle boat pour gagner l'autre rive et faire les randonnées jusqu'à Hidden Falls et Inspiration Point. Beaucoup de monde pour ces randonnées très prisées. Et je ne pense pas qu'il soit possible d'éviter la foule, étant donné que les touristes sont déposés par groupe et qu'il s'agit d'une promenade "aller-retour" … Peut-être qu'en débutant dès 8h … mais nous n'avons pas été assez matinaux ! La cascade est très belle et le panarama depuis Inspiration point sur le lac et les montagnes est de toute beauté. Nous croiserons une marmotte en descendant. Nous empruntons de nouveau le shuttle pour le retour.

Nous continuons à descendre sur la Teton Park Road et nous nous arrêtons au Menor's Ferry Historic Area. Nous visitons la cabine de Bill Menor qui s'installa dans la région en 1864 et construisit un ferryboat qui permettait de traverser la rivière. J'avais lu qu'il était possible d'emprunter le ferry comme au temps des pionniers mais le niveau élevé de l'eau ne permet pas cette activité à notre passage. Tant le ferry que la cabine sont des répliques mais ça vaut le coup d'œil. Nous poursuivons avec la visite de la très jolie chapelle de la Transfiguration.

Mais il est temps de rejoindre Jackson Hole pour notre activité du jour : j'ai réservé "The 8-Mile Whitewater with Riverside BBQ Steak or Trout Dinner" chez Mad River. Il s'agit donc de rafting sur la Snake River : de nouveau une première expérience pour Jean-Luc, Nicolas et moi (Catherine a eu l'occasion d'en faire lors d'un trip aux USA alors qu'elle était étudiante d'échange). Nous voici donc au guichet de la compagnie en short, t-shirt et chaussures de rafting. De nombreux jeunes gens et jeunes filles sont occupés à revêtir des combinaisons (par coquetterie me dis-je …) ; j'avais lu sur le site que short et T-shirt faisaient l'affaire. Et ben non, le port de cette combinaison est obligatoire parce que l'eau est trop froide actuellement. Rentrer dans cette combinaison moulante relève déjà de l'exploit ! Le car nous attend pour rallier notre point de départ. Il y a un brouhaha infernal pendant tout le trajet : ça crie, ça rit, ça chante ! Tous ces jeunes ont l'air bien sympathique mais Jean-Luc et moi, nous dénotons un peu vu notre âge. Nous apprendrons qu'il s'agit d'un voyage entre jeunes Américains d'un groupement catholique (ces jeunes viennent d'états différents). Nous parvenons au lieu d'embarquement où un responsable donne des consignes de sécurité pendant près d'une demi-heure. Je n'y comprends pas grand-chose mais je commence à être inquiète. La Snake River n'est pas le Colorado et je m'imaginais un rafting pas bien méchant, limite petite croisière … Je vais donc chercher à me rassurer auprès d'un autre membre du staff qui parle parfaitement le français (sa mère est française). Il ne me rassure pas du tout : la rivière est très haute cette année, ce n'est pas calme du tout et au moins une embarcation se retourne tous les jours. Mais si on veut y renoncer : pas de problèmes ! On peut rentrer avec le bus et le coût du rafting nous sera remboursé. Jean-Luc me demande si j'ai encore prévu beaucoup de surprises dans ce genre … il n'a plus trop envie … à vrai dire, moi non plus … mais je ne suis pas trop enthousiaste non plus à l'idée d'attendre les enfants en me demandant ce qui se passe, car eux, n'ont pas l'intention de renoncer ! Donc on y va ! On enfile au-dessus de notre combinaison un anorak jaune, un gilet de sauvetage et pour couronner le tout, on porte un casque ! Génial ! En plus, on est ridicules ! Vient l'attribution des places dans l'embarcation : je me porte volontaire pour être au milieu … quand je pensais au milieu, j'imaginais le centre : en longueur … et en largeur. Mais si je ne suis pas ni à la queue ni à la proue du canot, je suis bien sur un bord … et assise sur le bord (pas question de s'installer confortablement sur la banquette !), munie d'une pagaie. A peine partis, notre guide me signale que je ne dois pas m'agripper en permanence à la corde … aurait-il remarqué que je suis un peu stressée – et me demande si je veux changer de place (pour être dans le vrai milieu cette fois). Mais non non, j'y suis j'y reste et je tiens à pagayer comme les autres ! Le passage du premier rapide se fait sans encombres, ça passe au deuxième aussi … je me déride et suis complètement rassurée au passage du "plus méchant". Les jeunes peuvent quitter le canot à un endroit où les eaux sont plus calmes et se laisseront porter par la rivière un moment avant d'être hissés à bord par ceux qui sont restés dans l'embarcation. Nico et Cath tentent l'expérience : sympa mais glacial ! Mis à part les craintes avant le départ, nous prenons finalement beaucoup de plaisir à ce rafting. Le repas qui devait avoir lieu le long de la rivière est remplacé par un repas au siège de Mad River. Le membre français du staff nous explique que le niveau actuel de la rivière rend trop dangereuses les manœuvres de débarquement et d'embarquement. Repas très agréable durant lequel nous sympathisons avec les jeunes qui ont pris part au rafting.

Nous terminons la soirée par un verre au Saloon Million Dollar Cowboy, au bar dont les sièges sont en fait des selles de cheval. Cadre sympa mais avant même de consommer, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour pénétrer dans l'établissement ! Il fait noir lorsque nous reprenons la route pour Moran et nous évitons de justesse un gros animal (nous n'avons pas pu distinguer ce que c'était). Demain, c'est Yellowstone qui nous attend, objectif principal de notre voyage.
Avis sur itinéraire avec deux enfants dans l'ouest des États-Unis?
by Iscil · 2008-11-17 · 22 replies
Bonsoir, nous souhaitons partir en juillet 2009 et faire un voyage dans l'ouest des Etats unis, que pensez-vous de notre itinéraire (nous avons 2 enfants 10 et 11 ans et 1 ado de 17 ans). Départ de Lyon pour Rapid City Nuit à Rapid City VIsite du Mont Rushmore en matiné et départ pour la Devil's Tower, puis direction Buffalo Nuit à Buffalo Direction Yellowston via Cody 2 nuits au Canyon Lodge à Yellowstone pour visiter la partie haute du parc 2 nuits au Oldf faithful pour la partie basse. Départ pour Vernal via Jackson Nuit à Vernal Départ pour Moab 3 nuits au Aarchawy inn de Moab Visite de Arches et Cannyonland (dead hors point - gran view point - cannyoning sur le colorado) Départ pour Monument Valley ave arrêt à Bluff (twin sisters) puis mexican hat (goosenecks) Nuit au Goulding's lodge Départ pour Grand Canyon Nuit a Bright angel lodge Survol en avion du Grand Canyon Départ pour Page pour 2 nuits 1ère journée : antelope upper et lower et promenande sur le lac en a.m. 2ème journée : visite horseshoe bend - marble canyon Départ pour Bryce 2 nuits au Bryce canyon lodge Départ pour Zion (traversée seulement et visite avec le shuttle) 2 nuits à Las Vegas au New york Départ pour Death Valley et nuit au Stovepipe Wells (visite principaux points de vue) Départ pour Baskerfield (nuit) VIsite Sequoia parc Nuit à Fresno Traversée de Yosemite et route pour San Francisco 3 nuits au Hilton San francisco Merci de vos commentaires.
Mice in Switzerland, the Other Cheese Country!
by MirandaMouse · 2025-07-27 · 366 replies
I'm starting my first travel journal since VF reopened!

This will mostly be to share my impressions and some photos, with a few days' delay, but I'm starting this journal while I'm still here.

First, I'd like to thank those who helped me prepare for this trip.

I was able to organize this stay in one of the most expensive countries in the world thanks to the home-exchange principle. Not necessarily a direct swap, but through a points system, which is more practical for choosing where you want to go without it having to be a reciprocal exchange.

For this trip, there will already be two different accommodations. We'll see how it goes after that.

The first place is near Yverdon-les-Bains, close to Lake Neuchâtel.

So, we're going to explore this area!

We arrived under capricious weather that won’t leave us for the next few days!

We had dinner at a pizzeria recommended by *Le Routard* in Yverdon, then took a little nighttime stroll through the town center before heading inland to settle into our accommodation.

We discovered a very large, quiet house—and especially the cat that stayed behind! Funny for a couple of mice! He’ll be sleeping with us 😹
Alaska 2018, The Last Frontier!
by Pir971 · 2019-12-21 · 141 replies
De retour sur VF après plusieurs mois d'errance entre un road-trip en Afrique du Sud, un contrat en Guadeloupe, un voyage en Tanzanie et un déménagement surprise en Guyane... Je commence, enfin et parallèlement à la préparation de notre prochain voyage en Patagonie, le récit de notre voyage de 3 semaines en Alaska réalisé en Juillet 2018. 🙂

C'est un voyage que nous avons organisé 6 mois en avance.

Après deux longs voyages en Afrique australe nous aurions adoré remettre ça, mais cette année je ne pouvais pas partir plus de 3 semaines et nous nous sommes laissés dire que ce serait bien aussi de voir autre chose et de visiter de nouveaux continents. Qu'a cela ne tienne !

Passionnés de faune sauvage et de grands espaces nous n'avons pas mit longtemps à nous décider et c'est tout naturellement vers le 49ème état des Etats Unis que nous nous sommes tournés. L'Alaska ! L'Alaska et sa faune exceptionnelle qui font rêver bien des amoureux de nature.

Nous avons rapidement prit nos billets d'avions pour Anchorage et en avons profiter pour organiser une escale de 2 jours en Islande afin de visiter la péninsule de Reykjanes que nous n'avions pas pu explorer l'année passée pour cause de tempête de neige.

Nous avons décidé de partir en Juillet plutot qu'en Aout car c'est la période qui semblait la plus sèche (tout est relatif) et la plus propice à l'observation des célèbres grizzlys.

En entamant la préparation de notre voyage, nous nous sommes vite rendu compte qu'organiser un road-trip en Alaska serait très différent de ce que nous connaissions.

Tout d'abord l'Alaska est une destination réputée pour être peu abordable, les locations de voitures via les agences internationales habituelles sont très chères, il y a peu de solution d’hébergement donc il faut réserver longtemps en avance et le rapport qualité prix varie entre mauvais et moyen.

En somme, la façon la plus simple d'y voyager est de louer un camping-car, ce qui n'est pas donné non plus.

En 2017 nous nous étions vraiment beaucoup investis dans l'organisation de notre road-trip de 2 mois en Afrique australe que nous avions commencé à préparer presque 1 an en avance. Cette année nous ne voulions pas nous prendre la tête, nous louerons donc un gros SUV et dormirons dedans pendant 3 semaines comme nous l'avions fait lors de notre tour d'Islande.

C'est une option qui peut paraitre peu confortable mais nous aimons beaucoup la liberté qu'elle offre et cela permet de faire de grosses économies sur l'hébergement pour pouvoir faire plus d'activités ou simplement partir plus longtemps...

Nous nous sommes dépechés de louer un Hyundai Sante Fe (or similar) à Alamo via Happytour et de réserver une journée de bear watching (activité phare et très chère qui s'organise des mois en avance).

Puis, pour des raisons d'hygiènes et de repos obligatoire, nous nous sommes également offert 4 nuits en dur et nous avons acheté quelques guide de voyage, dont The Millepost pour attendre patiemment (ou pas) le jour du départ. 🙂

Au final le seul impératif de notre road-trip était d’être à Homer le 14 Juillet pour le bear watching à Katmai NP et c'est autour de cette date que nous avons élaboré notre programme.

J1 (03/07/18) : Islande, Blue Lagoon

J2 (04/07/18) : Islande, Péninsule de Reykjanes, Reykjavic -> Anchorage

J3 (05/07/18) : Anchorage -> Denali NP

J4 (06/07/18) : Denali NP

J5 (07/07/18) : Denali NP

J6 (08/08/18) : Denali NP

J7 (09/07/18) : Denali NP -> Talkeetna

J8 (10/07/18) : Talkeetna -> Anchorage

J9 (11/07/18) : Anchorage -> Girdwood

J10 (12/07/18) : Girdwood -> Russian River

J11 (13/0718) : Russian River -> Homer

J12 (14/07/18) : Brooks Falls - Katmai NP

J13 (15/07/18) : Homer - Kachemak Bay

J14 (16/07/18) : Homer -> Seward

J15 (17/07/18) : Seward

J16 (18/07/18) : Seward -> Whittiez

J17 (19/07/18) : Whittier -> Valdez

J18 (20/07/18) : Valdez

J19 (21/07/18) : Valdez -> Kenicott

J20 (22/07/18) : Kenicott

J21 (23/07/18) : Kenicott -> Anchorage

J22 (24/07/18) : Départ à 8h pour moi destination Pointe à Pitre et à 16h pour Alison destination Paris.

N'ayant que 19 jours sur place, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l'Alaska "continentale" en particulier la très belle péninsule de Kenai et le Denali NP qui était une des principales raisons de notre voyage. 🙂 Le Yukon, et l'Alaska maritime seront donc les destinations de prochains voyages, si la vie le permet !

Le cout total de ce voyage a été d'environ 9000€ à deux et je détaillerai nos différentes dépenses à la fin de ce carnet.

Après ce petit texte d'introduction dont tout le monde se fout, place au récit et aux photos !! 😎

Le Ladakh seulement pour les trekkeurs?
by Diamina · 2018-08-25 · 413 replies
Je précise avant toute chose que ceci n'est pas un guide de voyage et que les informations contenues ne sont qu'approximatives. Si vous voulez avoir les vraies infos, consultez un guide. Moi, je ne soumets que les photos de ce que j'ai pu voir sans faire de trek!! 😉

Le Ladakh! Si vous savez où c'est, alors vous en savez plus que moi quand Michant m'en a parlé pour la première fois. Merci de m'en avoir parlé!!!

Un site de référence : ladak. free.fr Une personne de référence sur Vf: Djullé84, c'est un extra terrestre que j'ai eu la chance de rencontrer sur place, il va au Ladakh chaque année depuis les années 1990!!! C'est un type formidablement génial, sans qui je en serais jamais allée la-bas. Merci mille fois à toi, Jean-Louis TAILLEFER (Alias Djullé84). (Merci Marien de m'avoir fait la relève de la confusion avec Germaine TAILLEFERRE!!)

Un carnet incontournable pour qui veut voir les paysages du Ladakh c'est celui de Marien: Périple dans les régions himalaynnes de l'ouest. Ne vous laissez pas rebuter par le premier post qui parle de Delhi, à partir du reste on passe vers Srinagar puis on monte progressivement vers le Ladakh. Ce sont ses photos qui m'ont donné vraiment envie d'aller voir par moi-même. J'ai dévoré ce carnet du début jusqu'à la fin.. Je ne vois pas comment j'ai pu l'oublier dans la première version de ce post!!! 100 000 millions de pardon Marien.😊

C'est où? Bah en Inde!!! Par rapport à la Martinique, c'est à 9h30 de décalage horaire!!! Mais ce n'est pas la vraie Inde, il paraît.🤪 C'est plus soft!! Il paraît!! C'est dans l'Himalaya, coincé entre le Pakistan au nord et à l'est, ennemi juré de l'Inde, et la Chine, à l'ouest, en très mauvais termes avec l'Inde. Il paraîtrait que la Chine et le Pakistan sont entrain de s'allier.... Donc l'armée indienne est à la manœuvre au Ladakh, et le développement du réseau routier est une priorité pour acheminer les convois très nombreux d'hommes, de nourriture, de matériel....Il y a des travaux partout sur les routes et pistes.

Bref, la-bas, le nombre de soldats au km carré est impressionnant. Je me demande s'il n'y a pas au moins autant de camps militaires que de villages!! Devant ces camps, il est interdit de prendre des photos, et aussi devant tout ce qui peut être stratégique pour la défense des intérêts indiens dans la région. Donc, photos interdites à l'aéroport!!.

Autre conséquence de tout ça, des régions frontalières (comme la nubra valley, le lac tsomoriri, le lac pangong) ne sont autorisées aux touristes étrangers que sous condition, et il faut un permis qui n'est accordé que pour 7 jours consécutifs, et délivré par les agences de voyage. D'autres régions sont carrément interdites aux étrangers, et accessibles seulement aux touristes indiens avec un permis spécial.

Voilà en gros ce que je peux vous dire pour que vous compreniez la situation géopolitique de cette région.

Ensuite, lorsqu'on pense Himalaya, on pense Népal, on pense trek. Et du coup, la question que je me suis posée était, moi qui n'aime pas marcher, et surtout pas les treks, quel intérêt d'aller la-bas?

Et puis, grâce à Djullé, j'ai découvert les paysages, les monastères, les ladakhi, et j'ai découvert qu'il y avait des routes carrossables, des bus, et surtout des taxis à profusion, donc les marches pourraient être réduites au minimum. J'ai aussi découvert qu'il y avait autre chose que des hébergements sommaires, car je tiens vraiment à mon confort, 😇du coup, je me suis dit : testons!!! Allons voir!!

Et voilà comment je nous ai fait atterrir à Leh, capitale du Ladakh, à 3500m d'altitude, à la mi- juillet, mon mari et moi.

Il est possible d'y arriver en bus, par la route qui passe par Manali, ou par la route qui passe par Srinagar. C'est beaucoup plus long, plus chaotique, mais beaucoup moins cher. Bref, comme nous ne voyageons pas petit budget, nous avons pris l'avion à l'aller puis finalement au retour aussi.🤪

Notre voyage total en Inde a duré 30 jours, mais la partie Ladakh a duré 21 jours.

Maintenant que vous savez le comment du pourquoi.... Voyons ce qu'on peut découvrir quand on n'est pas un trekkeur.

De la Martinique à l’Etat du Jammu et Cachemire, état du nord de l’inde, dans l’Himalaya, il y a un très long trajet:

nous avons d’abord pris un vol Fort de France Paris, fait 10 jours pour nous ajuster aux 6 heures de décalage, en faisant un tour entre France et Suisse: Paris, Colmar, Hasliburg (1 nuit à plus de 1000m), Ulrichen ( 1 nuit à plus de 1400m), Fiescheralp ( 2 nuits à plus de 2000m) , Haute Savoie, Paris.

après ces 10 jours de pré acclimatation à L’altitude, nous avons pris un vol de la lufthanza, de Roissy, via Francfort, pour l’aéroport Indira Ghandi de Delhi. Puis après 5 h d’escales, qui nous ont laissė le temps, sereinement, d’aller faire transformer nos e-visa en visa réels sur nos passeports, de récupérer nos bagages, de trouver le comptoir des vols domestiques d’air India, de faire des photos à côté des éléphants placés en décoration, d’apprécier les sculptures décoratives sur les murs de la salle d’embarquement où des relaxes sont occupés par des passagers, d'apprécier une sculpture remarquable avec des hommes en position de yoga de faire un peu de change au taux réel de 1euro=74 roupies, de nous enregistrer sur le vol vers, Leh, capitale du Ladakh, de trouver la porte d’embarquement, puis de profiter tranquillement de notre vol d’1h20 pour atterrir à 3500m d’altitude à 7h40 ! Il y a 9h30 de décalage avec la Martinique!

Jour 1 Arrivée à Leh



a) l'aéroport et les taxis!!

Il fait chaud, les formalités administratives sont vite expédiées, nous faisons encore un peu de change à l’aéroport de Leh, taux encore moins intéressant, une fois les taxes et les commissions retirées, mais au moins je suis tranquille. Nous avons des billets de 2000, de 500, et de 100 roupies. Cela fait près de 24h que nous n’avons pas dormi, et je ne suis pas certaine d’avoir le courage de quitter l’hôtel pour aller au centre ville faire du change.

Et là, nous devons aller à une caisse centrale, où un monsieur appelle le nom d'un chauffeur qui a la charge de nous emmener à notre guest house, le mantra cottage. Bizarrement, quand nous arrivons à son taxi, il est au milieu d'un amoncellement de taxis, et il est impossible de sortir sans que les autres ne déplacent les leurs. Il nous faudra 1/4 d'heure pour sortir de cette masse de taxis agglutinés les uns derrière les autres, le temps que notre chauffeur klaxonne afin d'attirer l'attention des autres et qu'il fasse son chemin au fur et à mesure. Première chose qui m'aura vraiment amusée: l'anarchie et la désorganisation apparente!!

Autre surprise, le taxi est un suzuki maruti. Vous ne connaissez pas? C'est normal!! 😮. Je n'en ai jamais vu en Europe ni aux USA, bref, je les ai découverts en Inde. C'est ça. C'est un petit truc avec 4 roues, tout petit, bref, pour moi, ça va, mais mon mari qui mesure 1,87m et qui est de forte corpulence, c'est une autre histoire. Vous voyez la différence de taille avec le chauffeur. Ils sont petits les ladakhis et les indiens. Ça me rappelle le Maroc.....

Après 15mn de trajets de conduite à gauche, héritage de la Grande Bretagne, ponctués d’interminables coups de klaxons, de dėpassements d’autres véhicules inimaginables chez nous, après avoir circulé à côté de vaches maigrelettes, évité de justesse des piétons qui traversaient, nous finissons par rejoindre notre hôtel, le mantra cottage, blotti en haut de la ville, dans son écrin de verdure.

b) Le mantra cottage et les toilettes indiennes!!!



Vous voyez la tente noire devant.............. Et bien, c'est là que nous avons dormi...😉 ........................................ Quoi ??? Vous ne me croyez pas??

Bon, ok! Des ouvriers travaillent aux abords, et leurs logements sont les tentes placées en contre-bas de l’hôtel. Ici, la vie n’est pas facile pour tout le monde!!!

Nous, nous avons dormi dans le bâtiment un peu plus loin, en longeant l'allée carrelée qui passe près du restaurant de la guest house.



Voici notre chambre, lors de notre arrivée.

Quant à nous, touristes rois, nous sommes sommes accueillis comme des dignitaires, nos 2 valises et nos 2 bagages cabines sont pris en charge par des porteurs, pendant que nous réglons les 700 roupies du taxi. Nous longeons l’allée qui mène au bâtiment principal, et nous découvrons celui que les autres appellent le manageur, c'est Karma. Il nous demande de nous installer sur des fauteuils très confortables dans le restaurant, nous fait servir un thé de bienvenue, puis nous informe que le petit déjeûner est disponible et inclus dans le pris de la chambre. Il est 8h30 du matin, et le petit déj de l’avion est déjà vite oublié. Nous acceptons avec plaisir et dégustons omelette, toasts, pancakes aux mixed fruits, jus de fruits au choix, pomme ou orange. Puis, il nous rappelle que nous avons une réservation pour 2 jours, nous donne un formulaire à remplir pour l’administration indienne, dans lequel il faut donner son nom, prénom, adresse, fonction, renseignements de validité du passeport, du visa, date d’arrivée en Inde, dans l’hôtel.... Bref, un vrai flicage, et ce sera le cas dans chaque hébergement par la suite! Le document est à remplir, à chaque fois, pour chacun de nous. Une fois tout ça expédié, nous suivons les porteurs et le manageur dans notre chambre au 2ème étage en montant les escaliers. Le manageur refuse que je porte mon sac à dos, et m’invite à monter lentement pour favoriser une meilleure acclimation à l’altitude. Beaucoup boire, marcher lentement, manger léger et se reposer pendant les 24 premières heures. Recommandations que nous suivrons à la lettre. Nous découvrons notre chambre avec ses lits jumeaux, mais surtout la salle de bain, version indienne!. Alors, ..... Comment vous expliquer? Je découvre la spécificité des toilettes indiennes. Pour ceux qui sont déjà allés en Inde, vous pouvez passer à l'étape suivante, mais moi qui y allait pour la première fois, ce fût un voyage dans le voyage!!!😇

Les indiens n’utilisent pas de papier hygiéniques pour s’essuyer après les gros besoins mais se lavent à grande eau, avec la main gauche, (main impure), puis le papier hygiénique ne sert qu’à se sécher. Le grand et le petit seaux ainsi qu’une douchette à côté du wc ( regardez bien le tuyau qui pend entre le WC et le lavabo), sont là pour cet usage!..Ce sera le cas, dans tous nos hébergements, à quelques variantes près.





Il est 10h, crevés, une fois nos bagages et premiers effets sortis, nous plongeons dans un sommeil réparateur. Vers 15h, réveillés tous les 2, nous décidons de descendre faire un tour au centre ville, sur notre chemin, nous trouvons de nombreux comptoirs de change, le premier pour 1euro=78 roupies, un autre plus loin à 1euro= 79,20 roupies. Les liasses de roupies s’accumulent, en billets de 500 roupies et quelques billets de 100 roupies. Puis nous découvrons des échoppes qui vendent toutes sortes de choses, entre autres des tee shirts avec décorations cousues main, et le motif est au choix de l’acheteur.



J’en commande 2 dans la première échoppe rencontrée et 2 autres un peu plus loin avec d’autres motifs de carte du Ladakh et du Zanskar, qui retracent les coins que nous avons prévu de visiter: Lamayuru, Kargil, le Zanskar avec Rangdum, Padum et ses environs, la nubra valley, les abords du lac Pangong, et du lac tsomoriri. Nous les récupérerons demain soir à partir de 19h, les échoppes ferment pour la plupart vers 20h, voire 21h. Puis nous continuons de nous enfoncer dans le centre ville, et faisons l’objet des sollicitations des vendeurs de produits en cachemire. Hélas pour eux, nous avons fait un stage au Maroc, et nous sommes blindés dans l’art de refuser gentiment les invitations à venir seulement regarder. Nous nous sommes fait avoir au Maroc, avec les phrases du genre « pour le plaisir des yeux », nous n’allons pas nous faire avoir aussi en Inde, « come and just have a look »!! Nous nous promenons maintenant dans les rues pleines de poussières, la plupart des locaux portent des masques pour se protéger. Nous finirons le lendemain soir, par acheter un bandana chacun pour le placer comme pas mal de gens sur le nez!

Puis nous arrivons à l’agence dreamland trek and adventures, afin de faire préparer nos permis pour la nubra valley et la pangong tso. Mais, il est trop tôt par rapport à la date prévue pour ce circuit, les permis ne se font que la veille.

Nous repartons et décidons de rentrer à l’hotel en taxi, et pour motiver le chauffeur à nous ramener, nous incluons un tour à Leh palace,



La bas, nous avons une vue panoramique de Leh et nous voyons au dessus de nous, le gonpa de Namgyal Tsemo, vers lequel nous nous dirigeons ensuite. Pour ceux que le côté historique intéresse, un panneau explique l'histoire de ce gonpa.



Chacun de ces batiments est évidement séparés du parking des taxis par une montée assez ardue, et accessible seulement par une volée de marches d'escalier, assez gratinée.



Pour nous qui venons d'arriver à 3500 m alors que nous vivons au niveau de la mer, et vu qu'on nous a recommandé de nous ménager, nous nous contentons d'arriver là où la vue panoramique nous comble, mais nous nous abstenons des visites intérieures.

De Leh palace, nous pouvons admirer aussi notre chauffeur de taxi à côté de sa maruti suzuki: un vrai ladakhi. A chaque fois, le chauffeur de taxi reste en contrebas avec les autres taxis pour nous attendre. C’est lui sous les lungtas, les fameux drapeaux de prière boudhistes. Avec ma visite au Ladakh, j'ai aussi plongé dans le monde bouddhiste. Ce fût encore un autre voyage.



Le soir, j'organise avec Kharma une réservation d'un chauffeur de taxi pour nous emmener visiter les monastères aux environs de Leh: Spituk, Alchi, Basgo.

Dîner à l’hôtel puis dodo bien mérité. Les matelas de nos lits au Ladakh sont vraiment durs, bien loin de nos matelas molletonnés et douillets. Ce sera une constante problématique pour nous. Au mantra cottage, la chambre est équipée d’une couette molletonnée, que je mets sur le lit, et je dors dessus. Une autre problématique pour nous est la nourriture et ses effets indésirables sur nos intestins! Heureusement, nous sommes venus avec de nombreux anti diarrhéiques. Mais bon, c’est quand même désagréable.

Autre chose qui a été une constante au Ladakh, c'est la chaleur la journée (environ 25 à 30°C) avec une petite fraîcheur la nuit (environ 20°C), très loin des températures hivernales que j'aime en voyage. Bref, un vrai plantage de ce côté là, et des vêtements d'hiver qui ont été emmenés pour rien!😊

Voilà!!! Fin du 1er jour.
Hawaï, entre plages et volcans, 3 îles en 3 semaines
by Rouquine38 · 2017-10-22 · 227 replies
Que faire de mieux par un dimanche d’automne où il ne fait pas bon mettre le nez dehors (pluie, vent, grêle sont de la partie)? Et pourquoi ne pas commencer un carnet de voyage et ainsi revivre les bons moments passés au soleil et les pieds dans l’eau 😎.

Tout est dans le titre, voici succinctement le programme de notre superbe séjour aux îles d’Hawaï. Ile d’Oahu : 6 nuits - Honolulu : Ioani Palace, Chinatown, plage de Waïkiki - Diamond Head - Pearl Harbour - Hanauma Bay - Koko Crater

Ile de Big Island : 7 nuits dont 4 sur la côte est et 3 côte ouest - Volcanoes National Park - Mauna Kea - Jardin botanique - Green Sand Beach - Capitain Cook Trail - Ile de Mauï : 7 nuits - Makena Bay - Ho’okipa Beach - Lahaina - Haleakala - Hana Road

Hawaï, paradis des surfeurs: le surf, une vraie institution mais en Août, les planches sont en cale sèche 🙁.

Heureusement, Hawaï a beaucoup plus à offrir...

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