Search results
FR
More options

Keyword matching drives the results; the remaining options refine the query on the backend.

Many results are in French, the community’s main language. English translations are added over time.

Search results
Voyage dans l'Ouest américain: semaine 2
by Rage2001 · 2007-11-26 · 24 replies
Samedi 15 septembre : Nous quittons rapidement ce camping qu’il nous faut vite oublier, direction Canyonlands, plus précisément Mesa Arch pour assister au lever du soleil. Nous arrivons à 7h30 sur le parking où le départ de la randonnée s’effectue. Après une courte marche, nous arrivons sur les lieux déjà investis par un couple. Malheureusement, le ciel est encore chargé ce matin et les rayons du soleil ont du mal à se frayer un chemin… Nous patientons mais il faut se rendre à l’évidence : l’embrasement de Mesa Arch tant attendu n’aura pas lieu. Un peu déçus, nous rebroussons chemin et décidons de modifier quelque peu notre itinéraire en nous dirigeant directement vers Monument Valley via Gooseneck. Tout à coup, sur le chemin du retour, Fabien fait un bond d’un mètre et pousse un cri de surprise. Un petit serpent taureau, espèce de couleuvre très présente dans l’ouest des Etats-Unis, déambule tout près du sentier.



Ce petit intermède passé, nous décidons d’aller saluer une dernière fois Canyonlands National Park au Grand View Point overlook, duquel le panorama sur Islands in the Sky est fantastique. Ici, le Colorado a littéralement grignoté le plateau pendant des dizaines de millions d’années. L’impression qui en ressort est un aveu d’impuissance de la part de la roche, comme si chaque strate s’avouait vaincue face à la puissance incommensurable du fleuve.



Cette dernière vision nous redonne quelque peu le sourire aux lèvres, c’est pourquoi nous quittons les lieux moins contrariés qu’une heure plus tôt. Une fois n’est pas coutume, c’est en sortant du parc que nous nous prenons en photo devant le panneau indiquant officiellement l’entrée dans le site classé.



Direction maintenant Monument Valley, avec un crochet par Goosenecks State Park. Pour ce faire, nous devons retourner sur Moab, où le prix de l’essence attractif nous incite à faire le plein. Nous traversons sur notre chemin les villes désertes de Monticello, Blanding, White Mesa et Bluff. Seule cette dernière se détache des autres par une activité importante due à un concours de rodéo. Ici, les clichés de l’ouest américain pur et dur sont tenaces… Quelques miles après Bluff, nous dévions vers Goosenecks State Park. Et bonne surprise à l’arrivée, ce State Park est gratuit. Tout comme deux couples de Russes, nous observons émerveillés ce nouveau miracle de la nature : il est encore une fois l’œuvre du Colorado, qui a dessiné 3 méandres quasiment parfaitement symétriques… D’autant plus impressionnant que les dimensions sont énormes. En effet, le puissant Colorado se trouve quelques 300 mètres plus bas par rapport au lieu de la prise de vue !



La suite des événements nous amène à Monument Valley, que j’attends particulièrement. Nous passons à Mexican Hat qui marque l’entrée officielle dans la réserve indienne Navajo, même si depuis une heure ou deux déjà, l’omniprésence de l’influence indienne se ressent énormément. Puis nous arrivons sur la célèbre longue ligne droite qui débouche sur Monument Valley. En dépit d’un ciel nuageux, nous faisons un arrêt afin d’immortaliser l’instant.



Il est 16h, nous décidons d’aller dans un premier temps réserver un emplacement de camping avant de passer la fin d’après-midi à l’intérieur de la réserve indienne. Le choix est limité : soit le camping de la réserve indienne bien situé mais sommaire, soit le Goulding’s campground un peu plus loin mais équipé de douches. Nous optons pour le second choix. Ici, nous flirtons sans arrêt entre deux Etats qui n’ont pas le même fuseau horaire… Au camping, nous sommes en Utah (-8h par rapport à la France) alors que lorsque nous nous rendons sur le site de Monument Valley à deux pas, nous nous retrouvons en Arizona (-9h). Comme à Arches National Park, le ciel se dégage en fin de journée. Le soleil embrase du même coup les West Mitten, East Mitten et Merrick Buttes, pour notre plus grand bonheur.



Nous nous attaquons à la piste de Monument Valley qui offre de jolis points de vue sur les plus célèbres « mesas » de la réserve. L’allure y est très modérée car la piste est bien défoncée. Au niveau de Totem Pole, la panoplie de couleurs est extraordinaire en cette fin de journée.



Par endroits, la végétation me donne l’impression d’être au beau milieu de la savane africaine. Ne manquent plus que les lions, les girafes et les zèbres…



Bien que l’on présente souvent Monument Valley comme un petit parc dont on a vite fait le tour, il offre parfois un aperçu sur des étendues vierges gigantesques.



Juste avant de quitter la réserve, depuis le parking du parc nous assistons au coucher de soleil. Nous regagnons notre campement déjà dans la pénombre et choisissons d’aller faire un saut à la piscine du camping avant de manger. Mais la fraîcheur de son eau nous amène aux douches plus tôt que prévu. En arrivant, j’avais vu une pizzeria le long de la route qui mène au camping. C’est pourquoi ce soir, nous nous faisons un plaisir d’y aller se restaurer. Mais mauvaise surprise, à l’heure où nous arrivons les fourneaux sont déjà éteints. Il faudra une fois de plus se contenter d’un dîner frugal et concis…

Dimanche 16 septembre : Debout de bonne heure et de bonne humeur comme d’habitude ce matin. Après un petit coup de fil à la famille en France où la journée est déjà sur la fin, nous plions bagage direction Page et le Lac Powell. Sur les 200 kilomètres à parcourir, nous traversons 2 villes, Kayenta et Kaibeto, sachant que la 2ème citée doit abriter 500 âmes maximum… Sûrement le trajet où la présence humaine s’est faite la plus discrète. Par contre, peu avant notre arrivée du côté du Lac Powell, nous doublons un train de fret qui doit mesurer plus d’un kilomètre, tant le nombre de wagons est énorme. Encore un cliché croisé de l’ouest américain. Fred dort comme un loir lorsque Fabien et moi croyons assister la formation d’une tornade au-dessus d’un champ sur notre gauche. Une colonne sombre sortant d’un cumulo-nimbus menaçant semble se diriger vers le sol. Mais la tentative est vaine. Nous arrivons à Page dans l’heure de midi. Nous déjeunons en contrebas de la Scenic View drive, d’où nous pouvons voir l’immense Glen Canyon Dam, le barrage dont la construction a engendré le Lac Powell. A présent, nous nous dirigeons vers Horse Shoe Bend, un méandre du Colorado qui doit son nom à sa forme de fer à cheval. Il se situe à la sortie sud de la ville, nous y sommes vite rendus. La marche qui suit pour y accéder est une formalité puisqu’elle ne fait même pas un kilomètre. Comme toujours, le Colorado ne fait pas dans la dentelle : le fleuve, d’un vert très profond, se situe 340 mètres plus bas que nous ! Quelques bateaux qui en font le tour nous permettent d’avoir un ordre d’idée de l’échelle, tout comme une espèce de cabane que je repère tout près d’une rive. Moi qui n’ai pas le vertige, je ne suis pas rassuré lorsqu’il s’agit de m’approcher un peu du précipice afin de faire une photo souvenir.



Vers 15h, nous rentrons au camping de Wahweap où nous espérons trouver un emplacement. Le ciel se noircit dangereusement, l’orage est très proche. C’est donc sous des trombes d’eau que nous pénétrons le Glen Canyon National Recreational Area, où se situe Wahweap.

Mais quelques minutes plus tard, le soleil règne à nouveau en maître dans le ciel et notre installation dans un camping quasiment vide peut se faire aisément. Nous allons ensuite faire un petit tour sur une des multiples plages du lac. Le vent et la multitude de camping-cars rendant la chose assez peu agréable, nous ne nous y éternisons pas. Pendant toute la soirée, les orages éclatent autour de nous, sans jamais parvenir à nous atteindre.

Lundi 17 septembre : Ce matin, c’est objectif Upper Antelope Canyon, dont la visite n’a d’intérêt que si le temps est au beau fixe. Et bonne nouvelle, après 3 jours où les nuages furent assez nombreux, le ciel est complètement bleu. Nous nous conduisons donc sereins dans le fameux canyon aux mille puits de lumière. Nous sommes sur place vers 10h car nous savons que le site est assez fréquenté. Après un premier péage au niveau du parking, l’addition se corse avec l’entrée du canyon. Il n’y a pas tant de monde que ça mais on nous fait comprendre qu’il va falloir patienter car les pick-up qui font l’aller-retour vers l’entrée du canyon ne sont pas très nombreux. Notre sourire se crispe un peu plus quand nous voyons débarquer un groupe d’Asiatiques qui nous passe devant le nez et remplit les pick-up que nous étions censés occuper. Tout comme un couple qui exprime son mécontentement, en bons Français nous commençons à ronchonner. Mais finalement, nous atteignons l’entrée du canyon à 11h et là, nous oublions rapidement ces quelques désagréments pour focaliser notre attention sur ce nouveau chef-d'œuvre de la nature.



Antelope Canyon est un slot cayon, c’est-à-dire qu’il se caractérise par une forte étroitesse. Ses galeries sculptées par l’érosion combinée de l’eau et du vent laissent néanmoins laisser passer quelques puits de lumière en été, lorsque le soleil est au zénith. Après quelques minutes de marche au milieu d’un univers orangé, nous apercevons enfin le premier filet de lumière venant taper sur le sol sableux de la galerie.



Difficile d’imaginer par le biais de ces photos la foule qui occupe la galerie. Heureusement, les guides Navajos sont là pour faire un peu la police et pour permettre à chacun de rentrer à la maison avec un souvenir tronqué mais vierge de ce surprenant site, où la blancheur des puits de lumière paraît parfois irréelle tant elle contraste avec le reste du décor.



En 1997, 9 touristes, pris au piège par un violent orage, ont péri noyés dans Lower Antelope Canyon, l’autre partie du canyon. Pas si étonnant que ça malheureusement quand on lève la tête et on se rend compte qu’en cas de fortes pluies, il n’y a aucune issue de secours…



Sur la fin du parcours, le soleil s’invite plus généreusement au sein du canyon, rendant les parois encore plus flamboyantes.



Avant de sortir de cette galerie fantastique, j’immortalise une dernière fois cette étrangéité uniquement modelée par la force des éléments.



Nous repartons ravis de notre passage dans ce slot canyon qui ne déçoit jamais. Maintenant il faut se poser la question du logement pour la nuit à venir. Avant de partir, nous nous étions dit que nous dormirions une nuit à l’hôtel lors de notre escale autour du Lac Powell, la ville de Page étant bien garnie de ce point de vue là. Quelques provisions s’imposent dans le Walmart du coin, au même titre qu’un plein d’essence pour réapprovisionner notre gros consommateur de pétrole. Après une rapide comparaison avec son voisin le Super 8 Motel, nous choisissons de nous établir au Motel 6, malgré l’antipathie des hôtesses d’accueil. Nous apprécions cependant de nous détendre une heure dans la piscine. Pour le coucher de soleil, nous choisissons Alstrom Point qui offre un admirable panorama sur le Lac Powell. Nous savons la piste longue et accidentée pour y parvenir, c’est pourquoi nous partons de Page en milieu d’après-midi. Première difficulté, Big Water. Aucun de nous trois ne remarque cette « ville », d’où la bifurcation se fait pour aller à Alstrom Point. Suspicieux, nous faisons donc demi-tour après quelques miles et en étant bien concentrés, nous trouvons enfin Big Water. Mis à part une arrivée d’eau pour pompiers qui éclabousse de toute sa pression la route et qui permet de laver un peu notre voiture, rien à signaler dans ce village qui a l’air déserté. La piste pour Alstrom Point est assez mal indiquée mais c’est bien elle que nous empruntons. Deuxième obstacle, un petit cours d’eau qui traverse la piste et dont la profondeur nous interpelle. Une bonne accélération et le piège est franchi. Le paysage est vraiment démesuré et lunaire à cet endroit, Fabien semble ridicule à côté d’un rocher arrivé au bord de la piste par je ne sais quel miracle.



Cela fait déjà 1h30 que nous roulons sur cette piste en bien mauvais état et d’après la carte que nous suivons avec attention, Alstrom Point paraît encore assez éloigné. En même temps, à 20 ou 30 km/h, les distances sont longues… Malgré tout, la curiosité des lieux m’envoûte et je ne porte pas trop de crédit au temps qui passe.



Il est 17h30 lorsque nous tombons sur une espèce de parking, qui selon nous forme le point de départ de la petite marche qui mène au point de vue. Le temps presse maintenant et il s’agit de se rapprocher rapidement des rives du lac pour assister au coucher du soleil. Mais nous nous rendons vite compte que le point de vue tant recherché est encore quelques centaines de mètres plus loin… Tant pis, de toute façon le soleil est désormais trop bas pour pouvoir en profiter pleinement. Nous nous satisfaisons de la vue qui nous est offerte pour contempler ce décor « carton-pâte ». Nous pouvons facilement observer les effets de la sécheresse qui dure depuis fin 2000 dans la région. La haut de la bande blanche (qui mesure pas moins de 30 mètres), représente le niveau d’eau d’il y a 7 ans ! Le lac n’est actuellement rempli qu’à 60% de sa capacité…



Nous repartons un brin déçus de ne pas avoir pu assister à la tombée de la nuit à l’endroit voulu. Mais la piste est longue et l’obscurité se fait de plus en plus grande, il est temps de rentrer. Avant de retourner à l’hôtel, nous faisons un saut par le Mac Donald’s de Page où un certain Gerald nous attend. Une fois le ventre plein, nous pouvons nous diriger vers le Motel 6. Une connexion internet nous permet de donner quelques rapides nouvelles aux amis et à la famille avant de se mettre au lit.

Mardi 18 septembre : L’avant-dernière étape de notre périple nous amène au Grand Canyon. Plus de 2h de route sont prévues. Quelques miles avant l’entrée dans le parc, nous faisons un arrêt pour jeter un œil au Litlle Colorado, affluent de son grand frère. Des Indiens occupent le long de la route dans leurs stands et autres baraques, plutôt délabrés, et proposent une multitude de babioles. Il est 12h30 lorsque nous arrivons dans le parc.



Nous faisons une première halte au niveau de Desert View où trône au bord du précipice une tour d’observation. Nous ne nous attardons pas à son rez-de-chaussée consacré aux commerçants et montons directement au dernier étage afin d’observer cette immensité, derrière les carreaux. Et l’impression de gigantisme nous saisit. Cependant, étant donné le peu de repères, difficile d’imaginer que la « rim » nord se trouve à 15 kilomètres ! Nous déjeunons dans l’un des nombreux restaurants de Grand Canyon. Pour l’après-midi, nous prévoyons une marche reliant South Kaibab à Cedar Ridge Point. Nous prenons le bus du parc pour rejoindre le point de départ du parcours. Le soleil n’étant pas très violent, nous l’attaquons vers 15h. La première descente affiche la couleur d’une randonnée que Fred finira non sans mal…



Le beau temps est là mais curieusement nous ne croisons pas grand monde sur le sentier, si l’on excepte une femme seule qui recherche désespérément de la ventoline. Aucun de nous trois n’en possède, j’ai l’impression désolée de laisser cette personne face à une situation plus que problématique… Mis à part cet intermède assez surréaliste, pour l’instant la balade se passe bien, notre rythme de croisière est bon. Nous descendons un peu à tâtons sans vraiment connaître la durée de notre excursion, mais avec un grand sourire aux lèvres.



Nous arrivons à Cedar Ridge Point à peine une heure après notre départ. De ce point de vue, nous voyons bien les départs d’incendie qui sévissent depuis quelques jours sur la rim nord : une fumée grisâtre vient contrarier le bleu pur du ciel.



Sachant que la remontée qui nous attend s’annonce autrement plus pénible, nous n’allons pas plus loin et faisons prudemment demi-tour. Et en effet, le retour est comme prévu plus difficile. Nous multiplions les pauses rafraîchissement, même si cela ne parvient pas à redonner des jambes neuves à Fred. Nous croisons un groupe de jeunes Américains dont quelques-uns sont équipés de claquettes pour effectuer la descente... Finalement, Fabien et moi bouclons la randonnée quelques minutes avant Fred, que nous nous amusons à observer du haut du plateau et qui paraît bien petit au milieu de ces monstres de falaises de plusieurs centaines de mètres. Il est maintenant 17h30, l’heure de nous diriger vers Mather Point pour assister, comme presque tous les soirs, au coucher de soleil. Nous reprenons le bus et arrivés sur place, nous ne sommes pas seuls à vouloir regarder le Grand Canyon prendre des teintes orangées.



Un dernier adieu à ce Grand Canyon dont les reliefs disparaissent avec la pénombre et nous allons faire nos dernières provisions du séjour. Dans le magasin, en hommage à Davy Crockett, Fabien s’essaie à un chapeau de fourrure. Dehors, avec la nuit le froid fait son grand retour, une semaine après Bryce Canyon. Les 2000 mètres d’altitude se ressentent tout de suite. C’est donc de nuit et dans une atmosphère plutôt frisquette que nous aménageons notre emplacement réservé dans le Mather campground. Une fois de plus, Fred va prendre sa douche payante seul. Juste avant de nous endormir, Fabien nous raconte sa rencontre avec ce qu’il pense être un cerf non loin de là. En journée, de nombreux touristes fréquentent Grand Canyon National Park mais à la nuit tombée, la nature reprend ses droits et le site devient soudainement plus sauvage. C’est littéralement emmitouflés dans nos duvets que nous nous couchons pour affronter cette drôle d’ambiance.

Mercredi 19 septembre : Tout à coup, en pleine nuit, une étrange sirène retentit, sans que l’on n’en connaisse les raisons. Sûrement un incendie à proximité étant donné le risque élevé qui subsiste depuis quelques jours dans le coin. Ca ne m’empêche pourtant pas de replonger profondément dans mon sommeil. Au programme aujourd’hui le village considéré comme le plus isolé des Etats-Unis : Supai, et ses chutes d’eau paradisiaques… 16 kilomètres de marche pour y accéder, nous savons que l’épreuve est rude mais la perspective de piquer une tête dans ces eaux turquoise nous regonfle à bloc. Avant de nous lancer dans l’effort, il s’agit déjà d’atteindre le parking de Hualapai Hilltop, d’où le départ de la longue marche s’effectue. Notre itinéraire est fait depuis un moment déjà, nous avons décidé de nous essayer au trajet le plus court, en passant par la gare fantôme d’Anita à Woodin. 3 heures sont annoncées pour parcourir les 67 miles de piste. Inutile de préciser qu’il n’y a aucune ville entre le point de départ et le point d’arrivée. Le début de l’itinéraire est simple puisque nous roulons sur la belle route n°180 qui relie Grand Canyon à Flagstaff, une des villes les plus importantes de l’Arizona. C’est lorsque nous empruntons la route NF-686, c’est-à-dire très rapidement, que cela se complique : une piste caillouteuse, parfois assez bosselée, sur laquelle il est impossible de dépasser les 50 km/h. A partir de ce moment-là, nous nous en remettons plus ou moins à notre feeling car les cartes que nous possédons ne mentionnent pas ce type de chemins. Après une grosse demi-heure, nous sommes enfin heureux de voir la gare d’Anita, même si nous pensions la trouver plus rapidement. Nous devons ensuite logiquement enchaîner sur l’Anita Road. Problème : plusieurs pistes partent dans différentes directions, sans qu’aucune indication ne puisse nous aider. Collectivement, nous décidons de prendre ce que nous pensons être la bonne piste. Les minutes passent et le doute s’installe. Les maigres indices que nous laisse notre itinéraire ne correspondent pas vraiment à ce que nous voyons.



Après une heure et demie, nous arrivons dans une ferme… en cul-de-sac. Nous comprenons alors que nous avons dû emprunter un mauvais chemin. Fabien et moi descendons de la voiture pour chercher une quelconque présence humaine qui pourrait nous renseigner. Seul un chien qui aboie nous accueille dans cette ferme pour le moins isolée. Nous prenons notre courage à deux mains et décidons d’aller voir dans la maison. Un cadavre de bœuf jonche le jardin qui permet d’y accéder. Nous frappons à la porte, en vain. Il faut désormais prendre une décision rapide car les heures tournent et une longue marche éprouvante nous attend. Nous choisissons donc de faire demi-tour jusqu’au « carrefour » précédent. Les nerfs sont de plus en plus tendus et notre enthousiasme s’éteint petit à petit. Nous bifurquons donc quelques miles en arrière vers une autre piste que seuls le soleil et notre sens d’orientation nous demandent de suivre. La suite ressemble à une course d’orientation dans un environnement assez hostile à cette pratique : piste littéralement défoncée par endroits, aucune indication et impatience grandissante. Trois heures après notre départ, alors que nous devrions être rendus au parking, un nouvel obstacle se dresse sur notre chemin. Une barrière en travers de la route, avec une feuille sur le bord de la route nous demandant de nous inscrire pour entrer sur ces terres. Fred y jette un œil et le dernier inscrit remonte à plusieurs mois… Rien de rassurant ! Nous suivons la procédure demandée et continuons notre route. De plus en plus d’affleurements rocheux sur la piste viennent ralentir notre périple. Après une énième fausse piste nous obligeant à faire demi-tour, Fabien et Fred sont à deux doigts de craquer. J’essaie de rester calme et positif, sinon je sais que nous ne verrons jamais Havasupai. Cela fait maintenant quatre heures de tâtonnements, et toujours rien qui puisse nous remonter le moral, si ce n’est une deuxième ferme à l’horizon. Malheureusement, celle-ci est également déserte. Tout à coup, comme un mirage, Fabien aperçoit au loin un cheval accompagné d’une femme ! Nous pensons rêver. L’excitation regagne la voiture, nous allons enfin pouvoir demander notre chemin. La personne en question reste pantoise lorsque nous lui indiquons le chemin que nous avons fait. Elle nous explique aussi que nous sommes tout près du but, et c’est bien là l’essentiel… Elle nous dévoile une information précieuse (qui aurait pu écourter notre galère) en nous révélant qu’il ne fallait pas hésiter à soulever les barrières rencontrées. Nous revenons jusqu’à sa ferme, passons deux de ces barrières et nous envolons vers le parking tant recherché. Il est quasiment 15h, soit 2h plus tard que prévu, lorsque nous nous garons sur le parking de Hualapai Hilltop. Nous avalons un repas léger et préparons notre paquetage constitué entre autres d’un matelas, d’une tente, d’un sac de couchage, de nourriture et de quelques vêtements. C’est donc avec entre 15 et 20 kilos chacun sur le dos que nous attaquons la fameuse randonnée.



Avec le poids des sacs, nos épaules commencent à souffrir, c’est pourquoi nous effectuons une première bonne pause une heure environ après être partis.



Nous n’avons croisé personne depuis le départ, peut-être sommes-nous un peu trop tardifs. Après trois heures de marche à un rythme plutôt soutenu, nos épaules sont en miettes mais nous atteignons Supai. Enfin pourrait-on dire étant donné l’état physique dans lequel nous sommes. La vision paraît irréelle : dans ce village des chevaux partout, des baraquements précaires et une poussière omniprésente. Un peu plus loin, alors que l’office de tourisme est fermé, un indien nous indique que le camping se situe à 2-3 miles. Fred étant légèrement en retrait, Fabien et moi décidons de garder cette fâcheuse information pour nous, afin de ne pas décourager totalement Fred déjà en mauvaise posture. Pour corser un peu la chose, Fabien se fait mordiller par un des nombreux chiens errants rencontrés. Nous comprenons que nous nous approchons sérieusement du camping lorsque le bruit sourd d’Havasu Fall se fait de plus en plus fort. La nuit tombe, il ne fallait vraiment pas arriver plus tard. C’est complètement exténués par cette journée aussi bien difficile sur le plan physique que sur le plan moral que nous bâclons le montage de nos tentes sur le premier emplacement trouvé. Il nous faut maintenant prendre quelques forces, nous passons donc à table. Au menu, une grosse boîte de raviolis et quelques chips. Pendant la cuisson, quelques papillons de nuit, attirés par la lumière du feu du camping-gaz, tournent autour de la casserole. L’un d’entre eux vient misérablement s’échouer dans le plat. Cette fois, c’en est trop, nous coupons court au repas et décidons d’aller nous coucher, avec l’intention d’aller tôt le lendemain matin à l’office de tourisme voir les modalités pour revenir en hélicoptère…

Jeudi 20 septembre : Fred, plus motivé que jamais à l’idée de se faire rapatrier en hélico, est le premier debout à 6h30. La seule et unique fois du séjour. A peine sortis de leur tente, un groupe de randonneurs fait remarquer à Fabien et Fred que les scorpions adorent se nicher dans les chaussures laissées au pied des tentes. Jamais nous n’aurons pris autant le soin de vérifier le contenu de celles-ci. Nous partons le ventre vide au village avec pour but de négocier un retour en hélico dans la journée, Fred ne voulant pas entendre parler d’un éventuel retour à pieds. Une heure de marche pour bien commencer la journée et lorsque nous arrivons à Supai, on nous dit que la personne qui gère les réservations n’arrivera pas avant 2h. Nous patientons donc gentiment près de la piste d’atterrissage. Fabien en profite pour aller régurgiter son repas de la veille, le papillon de nuit lui restant encore en travers de la gorge. Nous nous inscrivons ensuite sur la liste en espérant pouvoir prendre un hélico dans l’après-midi, histoire de pouvoir profiter quand même un peu des divines chutes d’eau. Nous retournons donc vers le camping pour plier bagage et nous dirigeons vers Havasu Fall. La chance nous sourit puisque le soleil commence tout juste à s’imposer très largement dans le ciel bleu de Supai. Une petite baignade dans ces eaux turquoise s’impose.



Fabien, lui, décide de ne pas goûter à la fraîcheur des flots et s’occupe des photos. Fred et moi, revigorés par ce bain, nous amusons dans les bassins naturels formés par les courants.



Ici, l’eau est translucide et d’une pureté incroyable. C’est d’ailleurs cette eau potable qui alimente le camping situé en contrebas.



Je pars faire une dernière photo en haut d’un rocher depuis lequel la vue offerte est sympathique…



Après une baignade d’une petite heure, nous quittons les lieux avec notre paquetage sur le dos en direction de l’héliport. Un dernier effort dont la difficulté est accentuée par la poussière que produit le passage des chevaux sur le sentier ainsi que par la température qui monte.



Arrivés au village, nous constatons avec satisfaction que nos noms figurent toujours sur la liste des passagers ayant réservé leurs places. Après environ une demi-heure d’attente, nous embarquons, en contrepartie de 85 dollars chacun, à bord d’un engin un peu vieillot et assez contigu. Les rangers du coin, qui conduisent l’hélicoptère, partent du parking de Hualapai Hilltop avec des ravitaillements en nourriture et autres produits de 1ère consommation et repartent avec des touristes qui, comme nous, veulent s’épargner d’un retour à pieds plutôt pénible. Le vol est perturbé par des rafales de vent assez violentes qui viennent quelque peu déséquilibrer l’appareil mais nous arrivons tout de même sains et saufs, et surtout beaucoup moins fatigués que prévu !



Tout heureux de notre sort, nous récupérons notre voiture qui doit nous amener vers la dernière étape de notre périple, le Lac Mead. Fabien et Fred sont à l’avant, j’en profite pour faire une petite sieste de quelques minutes. Pas grand chose à signaler sur le trajet si ce n’est une ligne parfaitement droite d’une trentaine de kilomètres parallèle à l’historique route 66 juste avant d’arriver à Kingman, 2ème ville de l’Arizona. C’est d’ailleurs dans cette ville que nous déjeunons pour une énième fois dans un restaurant dont l’emblème est un grand M jaune. Nous faisons une escale au Hoover Dam, énorme barrage sur le Lac Mead de 221 mètres de haut et de 201 mètres de largeur à sa base, qui retient la modique masse de 45 milliards de m3 d’eau… Et nous tombons sur les deux couples de Russes croisés cinq jours plus tôt à Goosenecks State Park, qui se trouve à 700 kilomètres d’ici ! Ce barrage marque aussi la frontière entre l’Arizona et le Nevada, ainsi nous croisons un premier casino quelques centaines de mètres seulement après l’avoir franchi. Nous décidons alors de passer notre dernière nuit sous tente au camping du Lac Mead, dans lequel nous entrons vers 18h. A cette heure-ci, le soleil donne de jolies couleurs aux rivages d’un lac qui s’assèche aussi dangereusement que son voisin Powell.



Une dernière fois, nous sommes confrontés à l’absence de douches donc nous optons pour le lavage à la bouteille. L’eau qui sort du robinet près de notre emplacement est au moins à 30°C, le lavage qui s’annonçait précaire est finalement plutôt agréable. Un dernier repas peu diététique et une dernière partie de cartes et nous pouvons nous endormir dans la chaleur moite du Nevada.



Vendredi 21 septembre : Pour ce dernier jour, nous programmons la visite de Las Vegas. Nous nous arrêtons sur la route à Boulder City, banlieue aisée de Las Vegas où les villas sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres. C’est dans l’heure de midi que nous bouclons notre boucle de 3000 kilomètres. Notre premier objectif est de nettoyer notre 4x4, qui a beaucoup souffert depuis deux semaines. Ensuite, nous nous rendons au Comfort Inn situé sur la Paradise Road, non loin du Strip, que Fabien a réservé début juin. Nous prenons notre repas dans la chambre, puis Fabien et Fred partent piquer une tête dans la piscine de l’hôtel pendant que je flemmarde devant des combats de catch à la télé. Nous partons à la visite de Sin City en milieu d’après-midi. Comme nous pouvions nous y attendre, Las Vegas nous surprend par son architecture kitsch et son incessant développement marqué par de nombreux chantiers de construction, le tout en plein désert… Mais, une fois notre conscience écologique de côté, nous ne rechignons pas à flâner dans cette ville décidément hallucinante. Nous passons dans l’inévitable magasin M&M’s, dont les deux étages sont entièrement consacrés au bonbon et à ses multiples dérivés. Nous vadrouillons dans les galeries commerçantes à la recherche d’un petit souvenir pour nos bien-aimées. A la nuit tombée, la ville s’illumine de mille feux dans le but de mettre en valeur les casinos, véritables symboles d’une cité où l’argent coule à flots. Au milieu du Strip, le Paris Las Vegas en impose avec ses 112 mètres de haut et sa réplique à l’échelle 1/2 de la Tour Eiffel.



En face, nous pénétrons dans le luxueux Bellagio dont la partie hôtel compte quasiment 4000 chambres et plus de 500 suites. Son casino possède lui aussi des proportions ahurissantes : ses tables de jeux et machines à sous sont réparties sur 10 776 m², soit plus d’un hectare ! Pas étonnant du coup que le soir où il ouvrit ses portes, en 1998, le casino gagna 88 millions de dollars… A l’extérieur, malgré un orage qui persiste, nous revenons plusieurs fois assister au magnifique spectacle musical de jets d'eau offert par les fontaines du Bellagio.



Pour terminer la soirée, et notre séjour, nous décidons de monter en haut de la Stratosphere Tower, située un peu plus au nord sur le Strip. Cette tour de 350 mètres offre à son sommet un panorama complet sur la ville.



Des cordes s’abattent toujours sur Las Vegas, c’est pourquoi au guichet on nous informe que la plateforme d’observation est inaccessible. Nous devons nous contenter d’un étage inférieur, qu nous laisse tout de même une bonne impression.



Le Luxor, 3ème plus grand hôtel du monde avec ses quelques 4407 chambres, se distingue dans cette jungle urbaine, grâce à son puissant projecteur, bien visible d’ici.



En rentrant à l’hôtel, nous prenons conscience que la fin du séjour est très proche. Nous préparons nos valises et nous couchons. Mais une foule d’images de ces deux semaines passées défilent dans ma tête, j’ai du mal à trouver le sommeil.

Samedi 22 septembre : Après une nuit plutôt mauvaise, nous nous levons de bonne heure et allons directement prendre notre ultime petit-déjeuner gracieusement offert par l’hôtel. Cependant, vu la nourriture proposée et la réaction de Fabien et Fred lorsqu’ils l’avalent, je préfère jeûner… En rangeant la voiture, je retrouve les cinq cartes postales que j’étais persuadé avoir égarées du côté de Monument Valley. Il était temps ! Nous prenons dans un premier temps la direction de l’agence Alamo pour rendre notre 4x4 qui nous aura été bien utile à plusieurs reprises. La restitution dure 2 minutes chrono, le temps pour l’employé de passer le détecteur de code-barres sur la vitre avant du véhicule. Nous prenons ensuite le bus qui nous amène dans un aéroport où des milliers de touristes affluent vers les différents terminaux. Une dernière photo souvenir d’une affiche représentant John Wayne, alias George Abitbol, et nous pouvons dire au revoir à cet ouest américain dont les merveilles nous ont et nous feront encore rêver pendant un long moment…
Envoyé Spécial sur France 2 en Birmanie (reportage)
by RRR · 2007-11-08 · 24 replies
Salut a tous, envoyé spécial, qui vient de commencer nous propose un reportage sur la Birmanie!!! non ne vous précipitez pas ça sera le dernier reportage😛 mais y a aussi un sur.... bon enfin voila le programme

Au sommaire :

Document Des coups pour le dire Un reportage d'Agnès Vahramian et Romain Potocki. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, et six femmes sur dix disent avoir connu des violences verbales. Qui sont ces hommes qui frappent celles qu'ils prétendent aimer ? Envoyé spécial retrace l'histoire de ces couples dans lesquels la violence s'est installée. Des hommes, issus de tous milieux et loin de correspondre à un seul profil, confient leur besoin de dominer leur compagne, leur incapacité à supporter, sans s'en prendre à l'autre, les frustrations de la vie. Des couples qui se délitent et dans lesquels le mari fait le geste de trop. Nous nous sommes rendus à Douai, dans le nord de la France, où la justice a décidé d'arrêter le bras des maris dès la première gifle. N. ous avons suivi ces hommes et ces femmes du commissariat aux tribunaux. Des femmes qui craignent de porter plainte, ou cherchent à renouer avec leur compagnon malgré leur brutalité. Des enfants qui racontent les conséquences, pour eux-mêmes, de la violence de leurs parents et un couple qui tente de se reconstruire après les coups en savoir plus bibliographie réagir à ce reportage Enquête Méditerranée, enquête en eaux profondes Un reportage de Dominique Hennequin, Pascal Lorent, Thierry Simonet & Brice Meyer. La Méditerranée est une mer quasi-fermée dont les eaux ne se renouvellent que tous les 80 ans par le détroit de Gibraltar. Elle est donc particulièrement plus sensible à la pollution. Par ailleurs, elle semble réagir de plus en plus aux variations climatiques. Tout l'été, une équipe d'Envoyé spécial a enquêté sur les bords de la "Grande Bleue". De la Côte d'Azur au Golfe de Naples ou dans les profondeurs de la baie des Anges à Nice, les journalistes ont recensé les pollutions qui menacent : eaux usées rejetées sans traitement, dépotoirs d'ordures à 2 000 mètres de profondeur, tortues marines victimes de pollutions chimiques. Les chercheurs confirment les changements climatiques en cours : les tempêtes sont plus nombreuses, les courants se modifient. Les conséquences sur la faune et la flore sont de plus en plus évidentes. Les herbiers de posidonie, poumon du monde sous-marin, régressent jusque dans la réserve naturelle de Scandola en Corse. Privées de nourriture, les baleines sont perturbées et adoptent des comportements atypiques. Peut-on sauver la Méditerranée ? Des solutions existent, mais il faut faire vite et mobiliser les 21 pays qui bordent ses côtes. en savoir plus réagir à ce reportage Carnet de route en Birmanie La révolte des moines Quatre semaines après les grandes manifestations, deux journalistes de l'agence Comiti se sont rendus en Birmanie. Ils témoignent de la répression menée par la junte à travers un carnet de route inédit.

A+
Où acheter de belles pierres à Rangoon?
by Jean75 · 2007-10-27 · 71 replies
Bonjour, je vais partir en Birmanie d'ici quelques jours et j'aimerais y acheter quelques belles pierres. Est-ce quelqu'un pourrait me renseigner sur les endroits ou aller ou un contact sur place qui ne m'arnaquera pas ? Merci d'avance.

Jean
Combien sommes-nous à aller en Birmanie prochainement?
by Accolade · 2007-10-23 · 64 replies
Pour moi ce sera en Février prochain dans 4 mois.( Moitié Birmanie moitié Thaïlande).



Oui je souhaite un post résument optimiste et positif en antithèse avec l’incontestable actualité. Je n’y vais pas en baroudeur, mais certain que je passerai des moments inoubliables. Je sais que les Birmans ont besoin d’un retour au tourisme dans leur pays, et qu’il faudra de nombreux mois avant une renaissance, souvenez-vous du tsunami. Voyage forum, Expérience, Tuyaux, Partage d’information…reparlons aussi de la Birmanie aux motifs ne nos voyages.
Thaïlande: au royaume de la rumeur?
by Sawasdee · 2007-08-07 · 66 replies
THAÏLANDE • Au royaume de la rumeur L'héritier de la couronne était donné pour mort. Il vient de faire sa réapparition. Les rumeurs qui ont entouré cette affaire révèlent le malaise concernant la succession au trône et, plus généralement, l'impossibilité de parler de la monarchie thaïlandaise. Maha Vajiralongkorn en mai 2007 AFP A la fin du mois de juillet, le prince héritier du royaume de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, s'est rendu en personne à l'université Kasetart de Bangkok pour assister à la remise de diplôme de sa femme, titulaire d'une maîtrise en économie. Sa présence a permis de faire taire les rumeurs, dont bruissait la capitale depuis plusieurs semaines, selon lesquelles le prince était devenu infirme ou avait trouvé la mort.

De fait, les spéculations allaient bon train dans la capitale. Certains affirmaient qu'il suivait des cours de pilotage au Canada ou qu'il avait fui clandestinement pour la Suède. Les plus pessimistes, relayés par des blogs, annonçaient qu'il était mort en Suisse ou qu'il suivait un traitement pour une maladie incurable. Quoi qu'il en soit, chauffeurs de taxi, employés de bureau, cadres et bureaucrates du royaume attendaient avec anxiété de savoir si ces rumeurs étaient fondées. Plusieurs raisons les rendaient plausibles. Tout d'abord, les hypothèses selon lesquelles le prince souffrirait d'une maladie incurable n'ont rien de nouveau. Ensuite, l'héritier s'est abstenu de toute apparition en public depuis l'inauguration d'un nouveau théâtre, le 3 juin dernier, alors qu'il a assisté cette année à plusieurs événements mondains au cours de l'année. Enfin, les rumeurs étaient largement répandues, persistantes et confirmées par des sources militaires et diplomatiques auprès des agences de presse étrangères et des responsables de journaux locaux, connus pour ne jamais reprendre une information sans la confirmation du palais.

On ignore quels sont les initiateurs de cette campagne et leurs motifs, et de nombreux observateurs sont dubitatifs. Il faut bien reconnaître que l'opacité entourant la monarchie thaïlandaise est propice à la multiplication de ce genre de rumeur vu que toute information publique est sévèrement contrôlée. Les supputations autour du prince héritier ont enflé en raison des nombreuses interrogations autour de la succession de Bhumibol Adulyadej, monarque estimé mais vieillissant. Bhumibol fêtera ses 80 ans en décembre prochain et son état de santé nourrit l'inquiétude dans le royaume. Bien qu'il s'agisse d'un sujet tabou, certains Thaïlandais préféreraient voir quelqu'un d'autre que Vajiralongkorn accéder au trône. L'image du prince n'est guère reluisante auprès de l'opinion publique malgré les récents efforts du palais pour redorer son blason.

De nombreux Thaïlandais révèrent la monarchie et la considèrent "au-dessus de la politique", mais il est certain que le gouvernement militaire issu du coup d'Etat de septembre dernier a profité de l'immense popularité du roi pour s'assurer le soutien de la population. En décembre dernier, le discours du roi en forme d'hommage au gouvernement de Surayud Chulanont, nouveau Premier ministre, a renforcé la légitimité de ce gouvernement non élu. Il est indéniable que la présence du roi empêche le déferlement des violences politiques dans l'ensemble du royaume (excepté dans les provinces ravagées du sud du pays, à majorité malaise et musulmane). Mais, après la mort de Bhumibol – une pensée que certains n'osent même pas effleurer –, l'aura de moralité entourant la monarchie sera sévèrement affectée et les opposants à l'aristocratie ne perdront pas la moindre occasion d'attaquer les élites militaires et royalistes de Bangkok qu'ils jugent hostiles aux libertés civiles et uniquement intéressés par le pouvoir.

Certains critiques affirment que toute discussion au sujet des rumeurs est inutile, mais il est vrai que la loi, particulièrement stricte en matière de crime de lèse-majesté, et les possibles réactions de l'opinion publique créent les conditions favorables à l'émergence de ces bruits. A l'avenir, un moyen simple pour la monarchie de faire taire les rumeurs consisterait à adopter les mêmes mesures de transparence que les hommes politiques élus et de tout mettre en œuvre pour effectivement rester au-dessus de la mêlée politique. Naturellement, cela n'est pas près d'arriver. Le mythe de la moralité monarchique va perdurer, ainsi que les murmures et chuchotements affirmant le contraire.

Situation actuelle en Algérie? (juin 2007)
by Nathacha35 · 2007-06-06 · 27 replies
les chaines de television parlent d'un nouvel attentat terroriste en algérie ! qu'elle est la situation dans ce pays ? j'ai un projet de voyager en kabylie visiter la terre de mes ancetres maternels et ce en juillet prochain.
Faire du pouce/auto-stop en Italie?
by Sdethier · 2007-05-19 · 22 replies
Je pars en europe l'été prochain et je me demande quel sont les pays que faire du pouce est interdit! Parce que j'ai entendu dire que....en italie sa marchais pas!

merci a lavance! sacha
Musulman en Inde
by Gildadesiles · 2007-03-27 · 28 replies
Bonjour,

Nous partons bientôt au Rajasthan avec mon compagnon qui est d'origine algérienne. J'ai lu beaucoup de livres (romans, récits) sur l'Inde qui abordent souvent les problèmes inter-religieux et notamment les règlements de compte violents entre hindous et musulmans. Je ne suis pas vraiment inquiète et relativise tout cela, et je ne pense que cela nous empêchera de partir. Mais certains d'entre vous dans la même situation ont ils constaté une certaine animosité ???? Nous serons des touristes parmi les touristes mais je m'interroge sur les touristes aux noms et prénoms à consonance musulmanes .
Vie à Niamey au Niger
by Choucarde · 2007-03-06 · 41 replies
Bonjour,

Je voudrais savoir comment c'est la vie à Niamey en famille... Coût de la vie, activités, ballades aux alentours, sécurité, école (primaire)...etc...

Merci!
Situation actuelle en Thaïlande? (2 janvier 2007)
by Auredenice · 2007-01-02 · 25 replies
alors voila je me decide sur la destination de mon premier voyage et seule et en parcourant vf je m apercois qu il y a des messages alarmistessur la situation en thailande. j ai vraiment envie de visiter ce pays. est ce vraiment dangereux? par ailleurs des conseils sont les bienvenues. pour situer je voudrais partir 2 semaines en juin ( une fois encore est ce la bonne periode!!?) et m en prendre pleins les yeux et le coeur! merci d avecnce
Risques actuels d'un voyage en Israël?
by Pacrette · 2006-04-28 · 31 replies
Bonjour, je souhaiterais partir en Israel par le biais d'une association qui organise des chantiers de restauration du patrimoine à l'etranger. J'aimerais avoir l'avis de personnes qui ont deja voyagé en Israel ma destination serait la ville de Saint Jean d'Acre. Il faudrait pour cela que je passe par l'aeroport de Tel Aviv alors je ne sais pas trop si c'est un peu insouciant de partir en Israel ou pas. Merci a tous ceux qui pourront m'apporter des temoignages de leurs voyages...
Les must à voir en Europe
by Emdie · 2006-03-21 · 43 replies
Salut à tous amis bourlingueurs,

Après avoir foulé la terre de bien des pays d'Europe, je constate que... ... et bien qu'en fait je ne connais rien de l'Europe et de ses curiosités naturelles et culturelles.

Donc avant de découvrir l'autre côté du globe (mais oui vous savez celui où ils ont la tête en bas 😄), je désirerai découvrir les beautés naturelles de part chez nous...

J'écris ce post dans l'espoir que chacun amène sa petite touche personnelle afin que l'on consititue une liste (non exhaustive évidemment).

Endroits célèbres, connus ou coins perdus; tous vos meilleurs plans seront les bienvenus 😉

Bon je commence donc par... ...par la région dans laquelle j'habite tiens: Proposée cette année même au patrimoine de l'Unesco, le Lavaux en Suisse (Canton de Vaud sur les rives du Lac Léman) est un splendide vignoble en terrasses surplombant le lac. Il offre une vue prenante sur les préalpes et l'embouchure du Rhône. Le meilleur moment pour y venir est évidemment mi-septembre - octobre au moment des vendanges. Des dizaines de vignerons font un incessant va et vient au volant de leurs camionnettes transportant les fameuses caisses jaunes contenant les précieuses grappes. Inutile de préciser que le va et vient des cueilleurs portant des kilos sur le dos et remontant la pente et tout aussi incessant... La plupart d'entre eux sont près à vous accueillir dans leur cave pour suivre les différentes étapes et vous inviter à une dégustation. Vraiment le Lavaux est une très belle région!!

A vous maintenant, faites moi découvrir vos coups de coeur.
Les aurores boréales
by CanadaErrant · 2005-12-08 · 28 replies
Qui pourrait me dire ou pourrais-je capter a coup sur les plus belles Aurores Boreales et a quel moment de l'annee (et non, je ne crois pas au Pere Noel) ?

Merci
Liste des sites classés de l'UNESCO, un outil essentiel pour organiser son itinéraire.
by Aristomakos · 2005-11-21 · 59 replies
salut à tous, J'ai chez moi un poster consolidé et plastifié des sites classés par l'UNESCO sur tous les continents. J'ai également un poster des sites classés par l'UNESCO en Europe, il se trouve sur la porte de mes WC ! quelle invitation à se rendre sur place pour comtempler les merveilles humaines et naturelles du monde et de l'Europe en particulier !! Depuis 3 ans, j'organise mes itinéraires en grande partie en fonction de ces cartes et de ces sites classés. De quoi s'agit-il? tous les ans, l'UNESCO, organe culturel dépendant de de l'ONU, publie une liste des nouveaux sites culturels (en fait surtout historiques), naturels et mixtes parmi les plus significatifs et et les plus remarquables du monde. Les pays proposent les sites, des ''spécialistes'' de l'UNESCO les sélectionnent. L'intérêt pour nous, voyageurs, c'est de savoir quels sont les sites culturels(villes, monuments religieux, militaires, etc.) qui ont un intérêt essentiel dans l'histoire de l'humanité. Pour les sites naturels, sont classés les sites les plus beaux, les plus sauvages et possédant des spécificités rares (espèces en voie de disparition, par exemple). Donc un petit conseil, avant de partir, consulter cette liste pour les endroits que vous désirez visiter et, faites comme moi, écrivez à l'UNESCO (à Paris) afin qu'ils vous envoient gratuitement ce poster des sites mondiaux ! bye
Votre avis sur Axis Airways
by Lola77 · 2005-07-18 · 32 replies
Bonjour à tous,

Je pars en tunisie le 30 juillet (ibérostar à nabeul avec neckermann) avec la compagnie axis airways. Le gros pb c que g affreusement peur de prendre l'avion (je me reveille même toutes les nuits en ce moment en pensant que l'avion va rencontrer plein de difficultés et qu'en gros c mon premier et dernier voyage!!). J'aimerais donc que des gens qui ont déjà eu affaire à cette compagnie aérienne me disent leur avis sur les avions utilisés (boeing 737-400, 737-300 et BAE 146-200, si je me suis bien renseignée). En espérant que ce ne soit pas de vieux coucou qui risquent de prerdre une aile en plein vol. Merci d'avance pour vos réponses
Voyager au Liban
by Lexav · 2005-01-28 · 21 replies
Bonjour,

Un tour operator propose des forfaits vers Beyrouth, à partir de l'aèroport de Charleroi-Brussels south, je voudrais en profiter pour un peu de fariente en bord de mer, mais le climat politique me fait encore un peu peur, je compte partir en famille avec 2 enfants.Qui peut me donner des infos pratiques(Visa, moyen de paiement, Douane, ...)et touristique.

Merci.
Practical aspects spring 2026: border to Murmansk, to Pskov, SIM cards, internet.
by Esantirulo · 2026-03-28 · 84 replies
I took a few days to get some fresh air outside the Schengen-NATO prison. Between March 18, 2026, and March 25, 2026, as shown by the passport stamps:



Borisoglebsk is the Russian border checkpoint after Kirkenes, on the road to Murmansk.

Kirkenes is a tiny town with a correspondingly small airport. Nothing has changed there: the minibuses to Murmansk wait on the right as you exit the airport. They’re synchronized with the two daily flights from Oslo—the SAS around 11:00 AM and Norwegian around 11:30 AM. They stop in Kirkenes at the corner of the Scandic for an hour, where other passengers can board, then head straight to the nearby border.

This is the least hassle Frontex/Schengen border. The Norwegian agent quickly scans your passport, and that’s it. No customs, since Norway is Schengen but not in the EU. On the Russian side, there’s a passport check and a quick customs inspection. All in all, crossing both the Norwegian and Russian checkpoints takes about 15 minutes.

A paper visa is required; e-visas aren’t accepted.

Two companies run the route: Avto Ekspress and Borodin:
https://ae51.ru/routes/kirkenes-murmansk/ https://borodinbus.com/

The one-way fare is 5,500 ₽. You can either buy it online in rubles with a MIR card or make a formal reservation and pay in NOK cash to the driver. I took Borodin, and the price in NOK was much more expensive than in ₽.

=========================

On March 25, I left from Pskov via the Estonian border post at Luhaama. I spent three days in Murmansk, flew to St. Petersburg (SPB), stayed there for two days, then took an evening train to Pskov.

Since the end of February—and reportedly until the end of May—the Estonians have restricted the opening hours of the two border crossings near Pskov: Koidula (Pechory on the Russian side) and Luhaama (Izborsk on the Russian side). They’re closed at night between 7:00 PM and 7:00 AM. Right now, there’s a bus from Pskov at 7:00 AM to the border. It drops you off at the end of the road where truckers—many Kazakh and Serbian—are parked on the side. You finish the rest on foot to the barrier, where there’s a quick initial check for Ukrainian stamps in passports. Then you walk to the customs building, followed by passport control at the kiosk for motorists. After that, it’s a 500-meter walk to the Estonian checkpoint. At the moment, things seem calmer. Passport control is quick. The usual silly questions in English: "Where were you? Where are you going?" I just gave my most clueless smile: "Sorry, I don’t understand." Yeah, right—I don’t speak English, especially not at an Estonian border with a French passport. If they’re in a mood, though... A very quick bag inspection. Once you exit the Estonian post, walk to the bus stop sign by the road where another coach takes you to Riga.

The catch: in my case, last Wednesday, there were two passengers (Russians) with old Ukrainian stamps in their passports. The bus from the Estonian post to Riga was supposed to leave around 9:30 AM. We ended up leaving around noon after the two were grilled by the FSB. Since it was a weekday outside of holidays, the bus was half-empty. The fuller the bus and the more people with Ukrainian stamps, the worse the nightmare. Don’t book a same-day flight from Riga. I had a flight at 6:00 PM, so it worked out.

=============

The Kirkenes-Murmansk route is still clearly the easiest and fastest. But it’s not the most convenient since it’s way up north.

Next, I’d say the Gdansk-Kaliningrad route in the middle of the week. Avoid weekends and holiday departures/returns.

Avoid the Narva-Ivangorod route during Christmas, Easter, May 9, and *all* summer.

==============

About flights from Murmansk to St. Petersburg: prices are good. I bought my ticket the day before departure on Rossiya for 7,500 ₽, including 10 kg of luggage + a handbag.



It’s the tail end of the northern lights season, and there were still crowds of Chinese tourists.



By the way, Murmansk is twinned with Harbin:



Chinese tourists are the largest foreign group, followed by Indians, then a mix of others from the Far East, Turks, Arabs, etc. Brochures are bilingual—Russian and Chinese:



============================

But let’s talk practical stuff. --

My domestic SIM card was restricted for SMS and internet for 24 hours. After that, if you want to keep using SMS, don’t turn off your phone—restarting triggers another 24-hour purgatory.

My Russian SIM cards (Megafon, MTS, Beeline) were activated as soon as I logged into their respective apps with my credentials.

Internet --

Telegram is heavily slowed down by authorities. To use it, you need to connect through proxy servers, which you load into the latest version of the app. Traffic is then rerouted internally within Telegram to servers outside Russia (Germany, Poland, Sweden, etc.). You can find these proxies on various channels. One is ChatVPN—check their website too.

For general internet use, like browsing the web, VPNs that work right now use the VLESS protocol. You can find several on Telegram by searching "VPN." A few free days, then payment in rubles or crypto.

Rozkomnadzor’s team are experts at this, so things can change. It’s a constant cat-and-mouse game.

Pskov is a special case. The city is near Estonia and has a large military base. Depending on NATO drone swarms launched from the Baltics, Wi-Fi can be completely suspended except for the most essential mobile apps. The drone swarms use the 4G network, and the powerful electronic jamming and drone suppression systems cause periods without Wi-Fi—including in hotels. Wired connections aren’t affected.
From the Awakening to Travel to Morocco in the 90s
by Jojoone1 · 2026-02-20 · 77 replies
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s. Everything seemed so huge when you were still just a kid. Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.



Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior. Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust... What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.



Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.

After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold? And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs. The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.

Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!

That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos. When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.

Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.



The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.

Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams. The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Old Burmese Adventures (oh, so many!)
by Songsam · 2025-11-24 · 57 replies
Hey everyone,

Yesterday, I checked the Thailand forum to see if there were any questions to answer, but not much was happening—it was pretty quiet. Then I scrolled through the Southeast Asia section and realized that, even though Burma (Myanmar) was included, there weren’t many posts about it... I’ve only been there once, back in 1987, so it’s hard to create a photo thread about multiple trips like I sometimes do for Thailand. Still, that one trip was packed with unusual adventures, so I thought I’d share a few stories from it.

Since I didn’t take any notes at the time, this is all from memory—it’s not an exhaustive travel journal and isn’t meant to help plan a future trip to Myanmar.

Don’t expect photos; there won’t be any. I have some, but they’re slides that would need scanning and editing one by one to fix the wear and tear of time—way too much work.

The Context.

Back then (reminder: 1987), I was volunteering in Paris at the counter of a travel agency on Rue des Écoles. The agency was part of a well-known organization based in Mulhouse that mostly offered scheduled flights to Asia, charter flights to the Mediterranean, and flights to Mali with their own plane. They also had a few rare "roots"-style trips to certain destinations—trips where you didn’t bring your tennis racket but were ready to soak in everything, even if it meant tough conditions.

I’d already been to Thailand, Indonesia, and the Philippines in Asia. The director knew this, so he asked me to accompany a group to Burma. At the time, tours to Burma were already being sold by competitors, but they all had to go through the state-run agency, Touristburma (buses and hotels for tourists, and they only showed you what they wanted you to see—kind of like traveling in North Korea today). The service was only payable in dollars at the official exchange rate (which was six times worse than the black market rate, mind you...), and since it went through the state agency, all the money ended up with the junta.

My job was to do everything *without* going through Touristburma, which was completely illegal there. Nothing would be booked in advance. Back then, the Burmese visa was only valid for 8 days/7 nights, and since clients were paying for the experience, the itinerary was planned ahead. I’d have to find transport and a guide on the black market as soon as I arrived.

The clients weren’t misled—they knew from the start that the trip would be off the books, that officially we’d be a small group of friends (not an agency), unlike the truth (Touristburma wasn’t mandatory for individual travelers), and that it would be challenging. They also knew their trip would cost 3-4 times less while giving them a much better experience of Burma. As for pretending to be a group of friends, there were only six of us, so it worked out.

To cover all expenses (accommodation, transport, excursions), the agency gave me a sufficient budget. They also gave me the *same* budget a second time, which was strictly for bribing officials who might cause trouble, for backshish (tips), and, if needed, to "help" me get out of prison.

Before I left, I was thoroughly briefed by another guy who’d led the previous trip (he’d dealt with all the initial challenges). He explained everything I needed to know, what to watch out for, and advised me on what to bring as "gifts" (samples of well-known perfumes, specific cigarette and whisky brands, etc.). For the perfume samples, I rallied my family, friends, and even stores. For the rest, I’d pick things up at the duty-free shops in Don Muang (Bangkok’s only airport at the time)—I had the budget for it.

I couldn’t wait to leave...

You might also like