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Trajet de deux semaines au Mali avec une fillette de 3 ans et demi?
by Bambolais · 2007-08-17 · 14 replies
bonjour à tous, Notre petite famille part 6 mois en voyage dont 2 petites semaines au Mali en novembre. nous voulons en profiter au maximum en ne prenant aucun risque pour notre fille qui n'a pas encore 4 ans. Elle a l'habitude de voyager, est née et vit à Mayotte mais on ne peut s'empêcher d'être un peu inquiets...notamment pour le palu et les autres maladies. Nous comptons aller en pays Dogon. Pouvez-vous nous conseiller, nous rassurer ?! Qu'en est-il des hôpitaux ou dispensaires dans ce coin reculé ? Nath
Vivre et travailler à Libreville au Gabon
by Mahieu · 2007-07-16 · 197 replies
Bonjour à tous,

Je partirai peut-être bientôt au Gabon (Libreville) pour bosser. Je n'ai pas encore toutes les précisions mais a priori c'est un contrat expat (et de toutes façons si ce n'est pas le cas ce sera sans moi...). J'aurais besoin de votre expérience sur ce type de contrat et sur d'autres points plus pratiques (vie à Libreville). Précision: j'ai deux baby (en fait un "à naître" dans les quinze jours) et deux chats. Je laisse Madame vous interroger sur ce qui peut les concerner :D

1/ Le contrat d'expat: auriez vous des exemples d'avantages généralement prévus par ce type de contrat? (déménagement (aller/retour), logement, électricité et gaz, voyages internationaux, véhicule, tél portable, sécu/mutuelle, rappatriement sanitaire, éducation, primes, autres). Si vous voulez me donner un exemple chiffré de contrat (le vôtre par exemple), ça pourra utilement m'éclairer, merci :) Si vous préférez que je vous donne mon email pour ça pas de problème.

2/ Biens et services: avez vous une connection internet et si oui chez quel opérateur? tarif? prestation (ADSL? 56K?)? rapidité de l'installation et de la mise en service? gaz et électricité: idem que supra, service de banque: vous êtes vous ouvert un compte dans une banque ayant son siége/un établissement à Libreville? Si oui chez qui? Eléments à surveiller/auxquels il faut faire attention. Point annexe: on paye comment dans les commerces (gros magasins): liquide, chéque, CB??? logement: y a t-il des agences de location à éviter? à privilégier? Des points auxquels il faut faire gaffe dans les contrats de loc gabonnais? Points annexes: y a t-il des coins à préivilégier pour se trouver un appart? (a priori la villa on verra plus tard :D). Tiens d'une manière générale vous avez une villa ou un appart? Vous pouvez me donner la surface, la localisation globale de votre habitation et le montant de votre loyer? véhicules: un concessionnaire mieux que les autres? Ou à éviter? Votre boîte vous aide t-elle pour acheter une voiture?

3/ sécurité Le gros point noir que je vois d'ici: les policiers. Le problème: j'aime la photo et j'ai du matériel pas trop mauvais (réflex num et quelques objectifs dont quelques uns assez chers), or on m'a dit d'éviter de l'emmener ou au moins de le sortir car il ne serait pas rare que le martériel soit confiscqué par la police ou les douanes pour des motifs tels "qu'espionnage" ou "pédophilie", le matériel ainsi saisi étant ensuite revendu aux photograpes "pro" locaux pour utilisation pendant les mariages etc. Je vous avoue que ça me refroidit pas mal. Any coments? D'autant plus que j'ai lu ici-même que les mange-miles, puisque c'est a priori comme ça qu'on les appelle, sont assez "présents" (€€€€). A ce propos, quel est votre budget "mange-miles" mensuel?

Bon pour le moment c'est tout ce que j'ai en tête. Si vous pouvez déjà m'aider avec ça c'est sympa. Meeeeeeeeeeerciiiiiiiiiii :D
Voyageurs, êtes-vous heureux?
by Getback · 2007-07-13 · 98 replies
En parcourant les différents messages de ce forum que je consulte plus que ne fréquente depuis maintenant 2 ans, j'ai la désagréable impression de lire un nombre incalculable de temoignages de gens aigris, tristes pour qui le voyage serait une libération, un moyen d'echapper au "mechant Occident qui mange tout vilain pas beau egoiste"

Ne voyagez vous que pour fuire votre quotidien? Est ce que ça marche? Ne trouvez vous pas surprenant de vouloir fuire et de cracher sur un systeme que les 90 % de la planete nous envie?

Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas un mechant neo liberal, non, je rale aussi, je suis plutot dubitatif (le mot est faible) quant au virement securitaire de notre chere France ... mais voila, je suis globalement heureux ici ... est ce mal? Et le pire, c'est que ça ne m'empeche pas du tout d'avoir envie de voyager loin de la ... mais je ne le fais pas pour fuire.

Bref, ça m'est passé par la tete, pour ceux qui se sentiraient visés, ne le prenez pas mal, je m'interroge juste...

😎
Camping au Mali
by Lantoine · 2007-07-13 · 14 replies
J ai l habitude de me voyager en autostop et de camper (Asie, Amerique du Sud) Cela ce fait il au Mali? (je ne connais rien au Mali, c est ma premiere escapade en Afrique) Je pense que pour l autosptop c est dangereux (recomandations de Papy que je salut et remercie au passage!🙂) mais pour le camping? Qu en pensez vous? J enmenne ma ptite tente ou j oublie et je la laisse a la maison?
Néerlandais et flamand: quelles différences?
by Gianluca7883 · 2007-07-11 · 20 replies
Bonjour,

je me suis toujours demandé s'il y a des différences entre le néerlandais et le flamand:s'agit-il de la meme langue prononcée de manière différente? Juste des expressions différentes? Où c'est une langue différente en quelques sortes? Merci :)
De Dakhla (Maroc) à Nouadhibou (Mauritanie) en transports en commun
by Nicobene · 2007-07-05 · 18 replies
Bonjour tout le monde,

Nous projetons de passer la frontière Maroc Mauritanie dans quelques jours. Nous sommes un couple qui voyage en transports en communs. Actuellement au Maroc, on se demande quels sont les meilleurs moyens pour atteindre Nouhadibou? Y a -t- il des précautions à prendre avant de quitter le Maroc? On a entendu parler des convois deux jours par semaine, est ce toujours le cas?

Merci

Bon vent!

Nico et Béné 😉
Voyage en voiture au Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina Faso
by Luigi34 · 2007-06-22 · 30 replies
je doit partir avce des amis en ZX essence pour un voyage de 3 mois entre la france et le burkina faso via le maroc la mauritanie le senegal et le mali durant les mois d'octbre novembre et decembre. le but étant de partir a l'aventure sans trajet vraiment prés défini. je recherche quelque conseil pour éviter de tomber dans de trés grosses gallères ya t'il régions a éviter connaissaient vous des bon plan dans ces pays
La loi homme-femme au Maroc
by Homasson · 2007-06-22 · 49 replies
BONJOUR je m interroge sur les relations hommes femmes au maroc.. à savoir si un homme français a une amie franco marocaine( celle ci ayant un passeport français)née de pere français et de mére marocaine.... que risque ce couple si ils doivent se rendre dans un hotel sans etre mariés......?? LA LOI pénale marocaine s applique t elledans ce cas..meme si la cette femme française est de religion musulmane ..(non pratiquante.........) merci de votre collaboration
Hésitation entre le Bénin et Burkina Faso
by Ptitebulle42 · 2007-06-20 · 28 replies
bonjour à tous ! et oui c'est encore moi!!!!!😏 le départ n'est pas pour tout de suite mais je me demande quels sont les atouts du bénin et ceux du burkina, ya t il un pays "mieux" que l'autre? (c'est peut etre une question un peu bête....🤪) il y a beaucoup de choses a voir dans les deux pays? lequel est le plus touristique? pour ceux qui connaissent je suis preneuse de toutes les infos possibles!!! merci🙂 sara
Vos avis sur les sept nouvelles Merveilles du Monde?
by Hysatis · 2007-06-19 · 58 replies
elles seront désignées le 7 juillet à Lisbonne, au Portugal donnez votre avis, apportez des photos😉

MONDE : Les sept nouvelles merveilles du monde seront désignées le 7 juillet à Lisbonne au Portugal. La grande muraille de Chine et le Taj mahal seront en concurrence avec le Colysée à Rome, le Macchu Pichu au Pérou, l’Acropole en Grèce, la pyramide Chichen Itza au Mexique, le site de Pétra en Jordanie et même la tour Eiffel et le Christ Rédempteur à Rio. Les pyramides de Gizeh sont les seules rescapées des Sept Merveilles du monde antique qu’avait désignées Philon de Byzance au IIIe siècle av. J.-C. Elles ne sont néanmoins pas prêtes de perdre leur statut de merveille face à leurs jeunes concurrentes.

1
Méharée (sud du Maroc)
by Scourtoi · 2007-06-13 · 16 replies
Ce n'est que quelques mois plus tard que les mots ont vraiment trouvé leur place. La voilà. Après des jours de marche entre Tagounite et Chigaga, en passant par Foum La'lag, Iriki, Erg Yehoudi, etc... Bonne lecture, hum... Bon courage plutôt. C'est un peu long. El baraka Allah ou fikoum. 😎

* *******************

ERG YEHOUDI

I

De Zagora à Tagounite, à peine deux heures de taxi. Bientôt, Anega, un dernier col à franchir. Au-delà, le désert. Il fait déjà nuit, et la 4L s’ébroue sur le chemin. Les ensablements se succèdent. Il faut souvent descendre pour pousser. Et puis le campement se détache. Silhouette aplatie des tentes sous le poudroiement des étoiles. Trois verres de thé sur les tapis. Une bougie dans un coin, et le sommeil qui vient très vite. Le vent souffle très fort. Le sable me remplit les yeux. J’aime sentir cette chaleur, cette aridité des bourrasques, cette lueur ténue à l’horizon, dans les nuées sablonneuses évaporées par le vent. Au loin, une kasbah isolée s’endort. Je me nourri de cette absence. Je quitte par instants l’existence, pour entrer dans le vent et la lumière.

II

Un halo de pastels s’est glissé sous la tente. D’où vient le sable qui me recouvre ? L’Erg Yehoudi s’éveille dans la pénombre. Le vent s’est tu, le sable coloré, le ciel illuminé. Jaune, ocre et orangé. Le sable est encore frais. Dur et compact par endroits. Ailleurs tendre et léger. Et le silence. Quel silence ! Je n’entends que lui. C’est le silence de la terre, quand plus rien ne la peuple. Le silence des berbères, patiemment burinés. Les mots lâchés sont lents. Je me retrouve en eux. En leur pays aride. En l’infini qui nous regarde, et en la nonchalance des jours.

III

Les verres que l’on dépose font des ronds sur le sable. Les grains agglutinés par le thé roulent en bas de la pente. Le jour s’apaise enfin. Lentement. Comme le reste. Les dromadaires entravés s’éloignent vers la source en sautillant. Les dunes étirent leurs ombres, jaunes, orangées, multicolores. Le soleil rougeoyant a disparu derrière les crêtes. Les ombres élastiques se fondent maintenant dans leur masse. Le vent s’est tu. Le silence règne. Et le reflux du sable a laissé derrière lui des cailloux et des traces. Celles de Brahim s’éloignent encore en direction de la montagne. Sa silhouette enténébrée se perdra bientôt dans la nuit. Le murmure du thé dans les verres, et Mohamed qui veut me voir écrire. Raconter son pays. Je n’en sais pas grand-chose. Le vent, le sable, et puis rien d’autre. De la chaleur un peu, et le pas lourd des dromadaires. Eux aussi disparaîtront bientôt, dans les ténèbres d’une nuit sans lune. Les yeux levés vers le ciel, j’attends déjà les étoiles. Ils n’ont pas dû se satisfaire de rien, pour vouloir se perdre encore dans le vide.

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MEHAREE

I

Tôt ce matin, départ des dunes de Mzoueria. Nous gagnons rapidement la hamada, où la marche est aisée, les cailloux fins, le sable volatile. La plaine qui nous attend est vaste. Jusqu’au-delà de l’horizon, des cailloux, des cailloux, des cailloux. Le plus souvent noirs, sur un tapis de sable clair. Nous avons laissé les derniers buissons derrière nous. La marche se fait en ligne droite. Un repère dans le lointain suffit à maintenir le cap. Nous contournons un petit erg orangé. La sensualité des dunes contraste avec la violence des pierres noires. Un puits. Eau claire et bienfaisante. Tout juste un peu saumâtre. Il n’y a personne. Un âne esseulé nous observe. Nous marchons encore et encore. La chaleur m’étourdit. L’horizon, brûlant, tremble dans le lointain. Mes pieds, mes yeux, mes mains s’assèchent. Il faut marcher encore. Et puis enfin, au loin, se dessine la silhouette ocre d’un erg. Un puits, profond, et un arbre. Le bois est compté aujourd’hui. Les petits riens sont tant de choses. Un rien de bois, d’ombre, de feu, de riz, de dattes et de thé suffisent à me requinquer. Tout devient à la fois simple et essentiel. L’esprit du méhariste, soumis à de telles austérités, s’épure. La fatigue me rattrape. Je tire la natte à l’écart, et m’endors. La nuit sans lune est peuplée de milliards d’étoiles. D’araignées, de scorpions, de gerbilles et de poissons.

II

Point de vie, Le puits rassemble. Hommes et animaux. Certains puisent, D’autres boivent. Piétinement des dromadaires, Et puis rafraîchissement. Verse m'en sur la tête Et dans le creux des mains. Je bois à pleines gorgées La fraîcheur de la terre. Celle qui nous est comptée Pour la vie de nos âmes. Demain, un autre puits, Quand sera épuisée La guerba de peau molle Que nous gardons au frais Sous l'ombre d'un palmier.

III

Dieu a créé le désert pour que les hommes se réjouissent à la vue des arbres. Je me souviens de cet adage Touareg. Après trois jours de dunes, de regs et d’oueds, nous atteignons Foum La’lag. L’oasis sacrée. En pas moins de sept heures de marche, nous avons rejoint les palmiers. Quelques jardins autour d’une source, où des femmes lavent des gandouras bleues en silence. Des enfants jouent autour des hommes que nous saluons durablement. L’un après l’autre, ils s’enquièrent de l’état des puits, de la situation des campements, des familles, des troupeaux. Nous partageons le thé et une poignée de dattes. Pour la nuit, nous resterons à l’écart du village. Les dix palmiers qui nous abritent sont un monument végétal. Architecture de la terre. Il ne faut rien y ajouter, ni rien en retirer. Ici, chaque chose est à sa place.

IV

Le soleil encore rasant, et le dromadaire qui piétine. Un peu de bois est rassemblé pour le thé. Il reste du riz de la veille. Et puis des dattes. Toujours des dattes. Nous quittons l’oued, et rejoignons les cailloux du grand reg. Des cailloux noirs, sinistres. Je commence à les aimer, à les connaître un peu. Aucuns ne se ressemblent. Ils sont comme nous. Différents, indifférents. Nous cueillons l’eelk, sève desséchée, coulant des artères de cédras. Jeté dans l’eu bouillante, il donne au thé un doux parfum de caramel. Plus loin sur le reg, quelques touffes asséchées indiquent la présence d’un oued. Nous le longeons jusqu’à la source. La source des marabouts. Posées sur l’horizon, les dunes arrondies me regardent. Silhouettes approximatives dans les nuées crépusculaires.

V

La source des marabouts. Dans le creux des collines. Entre l'erg et le reg. Entre les cailloux et le sable. Quelques palmiers, Le chant d'un oiseau, Une source, Et puis rien. Le soleil et le vent. Douceur du crépuscule Lorsque la chaleur n'est plus Une lourdeur en nos mains.

VI

Au-delà du muret, un jardin. Un jardin sec. Un jardin sec et seul. Immensité close, pour trois fois rien. Les plantes aussi cherchent l’espace. Elles voient venir au loin les dunes de Chigaga. Les dunes qui progressent à pas de grains infimes. Patience de la terre, et patience du jardin. Qui enseigne aux hommes libres la nonchalance des braises. Au-delà du muret, j’entends le thé qu’on verse. Le thé au fond des verres, en attendant après. Et puis le pain. Chaque jour. De la farine à la pâte en l’alchimie de l’eau claire, des gestes ancestraux. Chaque jour. D’abord allumer le feu, jusqu’au rougeoiement des braises. Tout juste avant qu’elles ne meurent. Chaque jour. Déposer une galette fraîche et molle entre le sable et les tisons. Et puis attendre. Chaque jour attendre. Alors le thé. Alors le vent. Lorsque le pain est cuit, cesse le thé, cesse le vent. Les doigts trempés dans l’huile d’olive, et le pain chaud craque sous les dents. Le sable craque avec le pain. Il n’y a maintenant plus d’huile pour le pain, plus de lueur à l’horizon, plus de feu pour le thé, plus d’oiseaux pour le silence. Nous tirons notre natte et notre couverture à l’écart. Une pluie d’étoiles nous éblouit.

VII

Je me réveille le premier ce matin. Le jour se lève aussi. Le soleil est encore derrière les crêtes. La fraîcheur est douce et légère. Je rassemble un peu de bois sec, et allume le feu pour une première théière. Omar se réveille à son tour. Et déjà s’en va au loin, au-delà des collines. Hier, le dromadaire était resté introuvable. L’air inquiet, Omar n’avait plus mangé depuis. Sa précieuse monture s’était égarée à une heure du campement, sans doute attirée par quelque succulent arbrisseau. Pendant que les méharistes se privent, le dromadaire, lui, donne souvent libre cours à son immense gourmandise. Le thé chauffe, je me rince les mains, la bouche et le visage. Je plie ma couverture, et verse de l’huile d’olive près du pain préparé la veille. Moha se réveille à son tour. Pas très matinal aujourd’hui. Le thé est prêt. Un peu de sucre, je verse et je mélange, sans en mettre une goutte à coté. Il est amer et sucré. Tel qu’on le fait par ici. Omar apprécie. Il ne nous reste qu’à charger le chouari, que l’on harnache sur la bosse poilue et molle du dromadaire. Il se plaint. Nous devons le retenir quand il s’agite. Car en plus d’être gourmand, le dromadaire est plutôt râleur. Il faut le tirer pour partir. Devant nous, une journée de soleil, de marche, de vent, de cailloux et de sable. Inch Allah. La marche est aisée. Nous franchissons les uns après les autres de petits cordons de dunes. Le sable est encore frais. Je marche pieds nus. Il est de la couleur de nos plages. Jaune pâle teinté de gris, fin et volatile. Et déjà, devant nous, se dessinent les dunes immenses de l’erg Chigaga. Le sable devient ocre, orangé, parfois tirant sur le rouge. Le vent du sud-ouest souffle très fort. Les ergs se succèdent, de plus en plus difficiles à franchir. Le dromadaire peine. Il n’est pas à l’aise dans les dunes. Ses pas s’enfoncent dans le sable. Il faut sans arrêt le pousser. Nous contournons les pentes les plus raides, nous dirigeant vers un point sombre du paysage. Rapidement, nous parvenons à l’arbre sec, à l’arbre seul. De nouveau, nous déballons quelques affaires, le temps de laisser passer l’heure la plus chaude du jour.

VIII

Enfin seul. Il me regarde, Et je m'incline. Son âge oblige. Probablement centenaire. Sa douce présence Trahit des années de souffrances. Sous les assauts du vent, Des rayons du soleil. On ne lui a pas donné beaucoup, Et lui, sans rien attendre, Aujourd'hui tant me donne. Je l'ai désiré, Il est venu. Je l'ai vu de si loin Sans le perdre des yeux. Je l'ai frôlé doucement, Et puis me suis assis, Humble et silencieux, Sous l'arbre seul.

IX

La première chose à faire est de rassembler quelques branches. Le thé, unique remontant, chauffe. Puis étaler la couverture, couper deux tomates et un oignon. Ce sont nos derniers légumes. Un peu de pain, des sardines en boite et de l’huile. Et puis du thé. La sieste est difficile. Le vent souffle vraiment très fort. Le sable s’immisce en chaque recoin de mon chèche. Les monuments de sable m’attirent. Je ne peux rester là, à les regarder. Je veux les piétiner, sentir cette poudre orange entre mes doigts, sentir la brûlure du désert. Le soleil est au zénith. J’ajuste mon turban. Mes pieds s’enfoncent dans le sable brûlant. Le vent souffle, dans un assourdissant silence. Cet océan de poussière ocre me fait perdre la tête. Rapidement les repères disparaissent. J’ai le vertige. Le vent nous chasse. Nous devons retrouver les cailloux. La tempête menace. Nous trouverons un puits, en marchant vers le nord ouest. Le pas est franc. Les petites dunes se succèdent. Quelques arbres timides font des taches vertes, sur l’immensité bleue du ciel. Etourdissante perfection, harmonie des couleurs et des formes, dans la fureur des éléments. Nous marchons encore. Le dromadaire peine. Mes jambes sont lourdes. Enfin, le puits. Déchargement du chouari, collecte du bois, préparation du thé. Rituel instinctif. Moha et moi, les poches remplies de dattes, nous perchons sur la branche d’un arbre. Nous grignotons nos sucreries, comme deux enfants loin des regards. Complicité silencieuse. Nous attendons, muets, que les ombres du soir, féeriques, s’étirent sur le sable des dunes. Le soleil rougeoie, le vent fraîchit. Je me suis enfin habitué au rythme de marche quotidien. Aujourd’hui, cinquante kilomètres. Je ne suis pas fatigué. Par contre, mon turban sent la sueur, le feu de bois, le dromadaire et le thé. Mes yeux sont pleins de sable et mes pieds se dessèchent. Ma peau est colorée et je fais des gags en arabe. Je remplis mes poches de crottes laissées par un dromadaire. Je les jette en pluie sur Moha. Nous rions, et de nouveau le silence.

X

Un autre puits. Et des odeurs. La vie qui laisse des traces. Des crottes. Eau et terre mélangées Moisissent. Odeur portée par le vent Comme un témoignage vital. Un feu abandonné. Une chèvre hors du troupeau. Une corde, Un bidon, Un morceau de fer Et, Personne. Le silence et cette odeur. Putréfaction végétale Dans une fournaise minérale. Vide. Absurde. Et qui ne semble vivante Que par ces traces abandonnées.

XI

La marche est longue ce matin. D’abord quitter les ergs de sable, et rejoindre la source. Les dunes de Chigaga disparaissent derrière l’horizon. Les plateaux rocheux se succèdent. Sans végétation. Les heures sont interminables. Le vent souffle de l’est. Trop sec, en plein visage. Le soleil est immense. Sur une interminable plaine de cailloux noirs, un caméléon. Et puis un arbre nous invite. Le premier, le seul. Un arbre sans feuilles. Tout juste un buisson d’épines. Le dromadaire n’en veut pas. Mais qu’ont donc fait les hommes pour mériter une terre aussi ingrate ? Futile végétation, sur un plateau stérile. Nous en cassons une branche pour chauffer la théière. Un gamin nous rejoint. Ses chèvres sont plus loin, aux abords d’un oued où survit la broussaille. Il est timide, fatigué, affamé. Nous lui offrons de notre riz, et puis un verre de thé. A peine a-t-il fini qu’il se réfugie parmi les branches. Point de vue isolé, au-delà de l’attention des adultes. Ceux là ne regardent pas en l’air pour y rejoindre par moments la douceur de leurs rêves. Des rêves de leurs enfants.

XII

Reg. Ou comment dire le vide et l'absence. L'immensité de la terre Où rien ne vit. Lieu de passage, Non pas demeure. Il y a trop de cailloux Pour un troupeau. Trop de cailloux, pas assez d'eau. Rien ne pousse. Que la chaleur suffocante Brûlant des milliards de pierres noires. Des cailloux insensés, Sombres et stériles. Vaste plaine à traverser, Sans rien à l'horizon. Pour aller d'un puits à un autre. Et de cet autre au suivant. Comme des points de suspension Livrant la terre au silence.

XIII

La nuit approche. Nous pressons le pas. Puis arrivons enfin. La famille d’Omar nous accueille. Deux vastes tentes en poil de chèvre, d’hasardeuses constructions en pierre, en ruine, et un abri en paille. Tout le reste au milieu. Les femmes et les jeunes filles s’affairent, les chèvres et les poules, un feu de bois pour le thé, des jarres gardant l’eau fraîche, une meule pour la farine, des gamelles, des nippes et quelques jeux d’enfants. Une vaste natte pour nous trois, des couvertures et des coussins. Les hommes sont au loin avec les troupeaux. Le thé est servi. Les jeunes filles s’agitent. Le pain est chaud et croustillant. L’huile d’olive dégouline. Et puis des lentilles, du pain, du thé. Les yeux posés sur l’horizon, tous attendent un croissant de lune. Un fin croissant, le premier, comme une renaissance. Le ramadan peut alors commencer. Ce soir, la radio tamazight psalmodie en arabe les versets du Coran. Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. L’humeur est joyeuse. Tout est subtilement différent. Même si, à la lueur de la bougie, rien ne semble vraiment avoir changé.

XIV

Seul, un croissant de lune Descend sur l’horizon. Le ciel s’enivre A l’appel du muezzin. Le cœur est à la fête. La radio psalmodie Des versets en arabe, Etouffés par le chant des femmes. Sous la tente, Le thé coule toujours.

Jour de carême. Hammo ne mange pas. Mes doigts dégoulinent Au dessus d'une soupe aux lentilles. Le pain est frais et croustillant. Les chèvres se sont tues. Le vent aussi, S'évanouit derrière les dunes. Sous la tente, Le thé coule toujours.

Rupture du jeune Lorsqu’on ne distingue plus Un fil blanc d’un fil noir. Le thé coule à flot, Le pain, Les dattes. Retrouvailles généreuses Autour de la famille assemblée. Sous la tente, Le thé coule toujours.

XV

Le jour se lève sur le campement. Les chèvres et les femmes, les vieillards et les enfants, les hommes. Le ciel rouge et lointain pâlit. D’un bout à l’autre de la plaine, la terre s’éclaircie peu à peu. La vie s’éveille dans les ténèbres. Je profite encore de la pénombre pour me cacher non loin, silhouette accroupie derrière un buisson d’épines. Un troupeau de chèvres s’agite. Une fillette chantonne. Une bouilloire grince. Et déjà l’odeur du feu de bois. L’odeur de la vie. Alors qu’un vieillard s’installe pour la journée, entre un enfant à moitié nu et un tas d’ustensiles. Sur un tapis de laine, Omar est allongé. Moha bavarde. La théière au milieu. Je remplis, un par un, les verres en rond sur un plateau doré. Le va-et-vient est familier. Le puits, le moulin, le four. Au dehors, les cailloux. Les cailloux et le soleil. Jusqu’aux ergs oranges que je devine à l’horizon. Il est presque midi. Le silence est tombé sur les tentes. Inattendu. Premier jour de carême. Où l’on s’économise. La journée est encore longue. La chaleur sur le reg tremble dans le lointain.

XVI

Comment décrire les dunes, Quand tant a été dit, Et si peu à la fois. Sable nomade, Poussière en errance. Courbes éphémères et folles. Plénitude de l'absence. Isolement Et lumière. Brûlure inoubliable Au fond du coeur et des yeux. Abandon au silence Et puis retour parmi les siens. Les dunes sont un passage, Jamais un but. Elles n'existent que par l'absence du reste. Et c'est peut-être ainsi Qu'elles résonnent et nourrissent Tous ceux que le désert accepte.

XVII

Repas de sardines et de pain. Thé, huile. Nous n’avons plus de légumes. Le bois manque pour cuire quoi que ce soit. Le puits est ensablé, alors l’eau se fait rare. Nous nous contentons de peu. Et cela nous convient. Je me souviens de cet adage Maure : qui ne se satisfait pas de peu, ne se satisfait pas de beaucoup. Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix.

XVIII

Un dernier cordon de dunes à franchir. Loin au-delà des cailloux, l’erg Yehoudi est posé sur la hamada. L’erg Yehoudi est en vue. Et le campement nous y attend peut-être. Plus que cinq heures de marche, tout au plus. Encore cinq heures de marche. Cinq longues heures. Interminables. Ensemble, Omar, Moha et moi explosons de joie. Nous sommes partis inconnus, nous arriverons comme des frères. Les dunes s’élargissent peu à peu. Le paysage se mue en de multiples détails. Un point devient une tente, une ligne courbe offre un passage, et le silence murmure, le bruit des cailloux sous nos pas. Pendant ces deux semaines, le campement nous attendait. Lahcen était là. Quelques dromadaires, des tentes, un chien. Notre compagnon ruminant est déchargé. Il fait quelques pas au loin, de nouveau libre. Personne n’en saura rien. Sous la tente, je m’allonge sur un tapis. La fatigue m’envahit soudain. Et la chaleur devient pesante. Le vent me manque déjà. Je ressens dans mes yeux le regard lointain des nomades. Besoin de scruter l’horizon, toujours plus en détail. Et la lumière jaune. Très jaune. Telle que je l’aime. Sous les cieux unis du désert. D’un bout à l’autre, l’horizon, jaune.

XIX

Le thé, Trois fois bu et partagé. Après des heures de hamada, Le silence est rompu, Enfin, Par ce murmure au fond des verres.

XX

Et le sable des dunes Sous le vent Fond comme neige au soleil

XXI

Le sable entre mes doigts Colle Souvenir malgré lui Glissé au fond des poches

XXII

L’oiseau ne nous a pas quitté. Fidèle. Oiseau de bon augure, Sans doute. Noir brillant. Tête blanche et queue blanche. Un oiseau silencieux Trouvé de branche en branche Lorsque nos pas nous en donnaient. Là où se trouve l’oiseau, Se trouve aussi la vie. L’eau, bien sûr, Et le bois. Chaque jour et pas à pas, Bou b’chour ne nous a pas quitté.

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Recherche de volontaires à Chosica au Pérou
by Nounou68 · 2007-06-08 · 69 replies
hello.... je suis actuellement a CHOSICA a 30km environ de LIma au Perou..je suis volontaire dans un orphelinat pour petite filles et je suis a la recherche d autres volontaires..yen a jamais assez !!..il ya possibilite de logement et nourriture aussi..les filles ont entre 8 et 18ans..et je suis la en tant qu ·"educatrice" et animatrice.. si vous etes interresses, ce serait cool..contactez moi..a plus..merci d avance pour elles !!
«Les maudits Français» au Québec...
by Batman · 2007-05-16 · 59 replies
Bonjour, je voudrais bien comprendre la perception qu'ont les québecois des français. par exemple qu'est ce qu'ils entendent par "maudits français". c'est du mépris, de la jalousie, de la moquerie, ou ... ? sans se voiler la face, et sans entrer dans la polémique. Par exemple en France, un noir ou un arabe islamiste aura peut être 10 fois moins de chance de trouver un travail et d'être considéré comme un français comparé à un islandais ou à un finlandais. (j'ai pris les 2 extrêmes volontairement). voila donc je veux savoir comment sont perçus les francais de manière générale, et s'ils sont facilement considérés comme des québecois. merci bonne route.
Jeu des photos (suite)
by Anàssa · 2007-05-13 · 546 replies
Bonjour à tous,

Personne n'ayant eu la bonne idée de poster une photo, voici celle que je propose à votre sagacité.

Où est-ce ?
Cuba: un cineaste américain sous embargo
by Viajecuba · 2007-05-11 · 28 replies
j'ai parlé d'embargo dans le domaine touristique ou médical, voici maintenant la culture et le cinéma frappés :

Les autorités américaines enquêtent sur Michaël Moore après son voyage à Cuba

Le cinéaste américain Michael Moore fait l'objet d'une enquête des autorités américaines après un voyage à Cuba qu'il a effectué avec d'autres personnes dans le cadre de son documentaire consacré au système médical des Etats-Unis, a indiqué jeudi sa porte-parole Lisa Cohen.

Lisa Cohen a indiqué à l'AFP que M. Moore avait emmené en février à Cuba, pour qu'ils y soient traités, une dizaine de secouristes souffrant apparemment de troubles à la suite des travaux de déblaiement sur le site new-yorkais des attaques du 11 septembre 2001.

Il est reproché au cinéaste d'avoir ignoré l'embargo instauré par Washington et qui frappe Cuba depuis plus de 45 ans et interdit aux citoyens américains de dépenser de l'argent à Cuba et donc implicitement d'y séjourner.

Le département du Trésor a envoyé une lettre au documentariste l'enjoignant d'expliquer la raison de ce voyage et les noms des personnes qui y ont participé.

Meghan O'Hara, productrice de "SiCKO", le dernier film de Michael Moore dans lequel sontmises en avant les failles du système d'assurance santé aux Etats-Unis, a dénoncé "une enquête motivée par des raisons politiques" et déclenchée à l'initiative de l'administration Bush.
Itinéraire Ouagadougou-Dori-Djibo-Hombori (Burkina Faso-Mali)
by Ione · 2007-05-09 · 13 replies
Coucou !

Nous partons cet été à 4 au Burkina et au Mali. En partant de Ouaga, nous souhaiterions aller voir le désert sans aller dans les zones déconseillées par le site du ministère des affaires étrangères. On aboutit alors au trajet suivant : Ouaga-Dori (où nous pourrions faire une excursion dans le désert)-Djibo afin de passer au Mali et voir les falaises de Hombori qui sont apparemment très belles. Cependant le trajet semble long et il n'y a que des pistes entre Dori-Djibo-Hombori. Qu'en pensez-vous ? Est-ce faisable ? Ou est-ce perdre beaucoup de temps ? Y a-t-il d'autres options ? Une fois au Mali, on continue par le pays Dogon, Mopti, Djenné, Ségou et Bamako.

Merci de vos conseils !
Assurances avec carte (90 jours ou plus?)
by Zazalolo · 2007-05-01 · 26 replies
bonjour a tous j'ai deja posé cette question au fil d'une discussion mais le depart approche et j'aurai besoin d'une reponse si vous la connaissez ! si on repasse par un pays francais d'outre mer (polynesie et nouvelle caledonie) pendant le tour du monde est ce que l' on peut repartir sur 90 jours et si oui l'avez vous testé? merci d'avance zazalolo 2 familles autour du monde pendant 1 an(9personnes) (d'ou le besoin de faire des economies)
Liste des pays sans visas nécessaires?
by HIN001 · 2007-04-02 · 28 replies
Hugh!!

j'ai cru voir que la France dispose d'une liste de 128 pays, ou le francais que je suis peut circuler sans visas...Seulement impossible de mettre la main dessus... J'en appel a votre generosite pour me donner un lien, ou alors une liste "de memoire" sachant que je m'interesse a l'Afrique (Algerie, Maroc, Tunisie font partit de ces pays mais j'ignore les autres... )

Merci d'avance!
De Lyon à Bamako en voiture
by Bob69410 · 2007-04-02 · 46 replies
Bonjour, J'envisage de faire ce voyage début 2008, avec une berline via le Maroc et la Mauritanie. Pouvez vous m'indiquer l'itinéraire qui vous semble idéal à cette période en précisant les villes étapes que vous privilégiez. Merci.
Vivre à Gao au Mali
by Marsu · 2007-03-18 · 25 replies
Salut a tous,

On me propose un poste a Gao au Mali avec des passages sur Kidal!

Donc les questions d'usages, je ne connais pas du tout le Mali, j'aimerai connaitre les conditions de vie de Gao surtout, population, alimentation, chaleur etc!!

Nous partirons avec mon mari (qui cherchera un travail sur place ou éventuellement faire de la formation en charpente) et notre fille de 6 mois....

Je n'ai pas encore dis oui, ni non plein de détails sont a régler... Alors si certain d'entre vous on des conseils et des bon plans sur la région ca me ferait plaisir de savoir!

Merci a l'avance

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