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Acheter un pick-up 4x4 en Afrique du Sud pour un voyage de plusieurs années
by KYF · 2018-07-07 · 4 replies
Bonjour L'idée: Acheter un véhicule en Afrique du sud pour des séjours de 4 à 6 mois en Afrique australe voir remonter à Djibouti ceci sur 3 à 4 ans. Quel est la procédure pour : immatriculer assurer Existe t il une forme de contrôle technique Le CPD est il obligatoire en Australe voir plus au nord ? Nous envisageons une caravane réservée aux grands axes. Merci pour vos retours Jacky
Voyage au Malawi et peut-être Zanzibar?
by Baymeric · 2018-05-26 · 6 replies
Bonjour à tous,

Je prévois de partir au Malawi d'aout à mis-septembre.

Je vis actuellement en Afrique du Sud et je souhaite faire le voyage en sac à dos sans louer de voiture.

Est-ce que je dois me concentrer sur le Malawi ? ou Est ce que je peux pousser jusqu'à Zanzibar ?

Merci d'avance pour vos réponses.
Station balnéaire à partir de l'Afrique du Sud
by Musvin · 2018-05-06 · 2 replies
Bonjour,

Je prépare pour février et mars 2019 un voyage de 6 semaines en Afrique du Sud. Visite de Cape Town et vignobles puis location de voiture pour parcourir le Garden Route puis direction Kruger (en passant par Durban, Addo Elephant National Park, Swaziland). Je cherche une station balnéaire avec possibilité de faire de l'apnée (snorkeling) et facile d'accès à partir de l'Afrique du Sud. Cette semaine de repos pourrait se faire avant (fin janvier) ou après (fin mars) notre voyage en Afrique du Sud. J'ai lu sur ce forum que le Mozambique ou l'île Maurice offraient de beaux endroits. Qu'en pensez-vous? Auriez-vous d'autres suggestions?

Merci.
Circulation sur la Grande île au départ d'Ankify?
by Pekins · 2018-04-08 · 3 replies
Bonjour, Avant de me décider (demain !) entre Madagascar et une autre destination, j'aimerai savoir si l'état des routes permet de circuler sur la Grande Ile en partant de Nosy Be. Si quelqu'un a la réponse , merci de me la communiquer rapidement !
Retour d'une croisière d'Afrique du Sud avec Oceania sur le Nautica
by 4yne · 2018-01-02 · 248 replies
Bonjour à tous !

Très bonne et très belle année 2018 ! Je vous souhaite de tout cœur de très belles croisières et de beaux voyages !

C'est une croisière qui avait tout pour être une réussite, une bonne compagnie et une très belle destination...

Pendant la semaine de la croisière du mois d’avril je trouve une offre qui me parait intéressante de Cape Town à Cap Town sur le Nautica un petit bateau de 680 passagers.



L'Afrique et ses parcs, nombreux et magnifiques, est une destination que nous n'aurions jamais choisie pour un voyage terrestre. Nous n'avons pas l'esprit assez aventurier pour aller courir les grandes réserves, ou faire un safari, ce n'est pas notre truc.

Cet itinéraire comporte beaucoup d'escales et peu de jours de mer. La compagnie Oceania en laquelle j'ai toute confiance suite à notre première expérience très réussie me parait idéale pour cette destination dont je n'avais jamais rêvé avant. Nous voilà décidés pour cette croisière qui me parait un peu comme un menu dégustation avec à chaque escale un échantillon d'Afrique.

Pour la première fois de notre vie de croisiéristes nous réservons toutes les excursions avec le bateau pour des raisons de sécurité et de distances entre les ports et les parcs visités. Nous avons un programme varié et bien diversifié très alléchant.

Avant de partir il est nécessaire pour les ressortissants français et beaucoup d'autres d’obtenir un visa pour le Mozambique. J'ai reçu un grand nombre de messages d'Oceania pour me le rappeler. Le bateau offre de s’occuper de cette démarche pour 125 $ par personne.

En le demandant moi même directement à l’ambassade à Paris cela coûte 40 € par personne, plus les frais de photos et de recommandé, le prix de revient est de 120 € pour 2 visas ; nous l'obtenons facilement en 15 jours.

Le Mozambique est une zone de paludisme mais pour une journée d'escale, en ville, en pleine journée nous choisissons de ne pas prendre de traitement malgré les nombreux mails de la compagnie pour nous y encourager.
Afrique du Sud: rester plus longtemps (visa)
by Anatolo · 2017-11-30 · 6 replies
Bonjour à tous,

Désolé d'avance je risque de pas être original avec ce sujet qui revient souvent mais j'ai pas totalement trouvé la réponse à ma question.

Je suis en Afrique du Sud depuis le 4 octobre et j'ai un vol retour pour la France (que je vais annuler) le 1 er janvier. Je veux rester plus longtemps ici mais je suis aussi du genre a faire les choses au dernier moment et pour augmenter la durée d'un visa touriste, c'est apparament 60 jours à l'avance que la demande doit etre faite (c'est ce qu'ils demandent sur le site official).

J'ai lu qu'en Argentine y a pas mal de monde qui témoignent qu'il suffit de sortir du terrtoire le temps d'un week end (style Mozambique comme je suis au Nord est) et revenir pour avoir a nouveau 90 jours. Certain témoignent aussi qu'il suffit d'aller en agence les derniers jours du visa et payer pas grand chose (en Argentine en tout cas) pour etendre a nouveau.

Du coup j'envisage un peu ca, est ce possible de sortir du territoire puis rentrer a nouveau ? Si je reste illegallement, une fois a l'aeroport j'aurais seulement un tampon d'interdiction ou une amende en plus? Ou Sinon je reste "illegalement" puis quand je veux rentrer je pars dans un pays voisin et prend mon avion a partir de la bas?

Besoin d'avis de gens qui s'y connaissent bien SVP

Merci beaucoup, bonne journée, Anatole
Risques liés aux manifestations anti-Mugabe au Zimbabwe
by Olivenx · 2017-11-18 · 4 replies
Bonjour, Je compte me rendre aux chutes Victoria lors d'une extension d'Afrique du Sud pour 2 nuits dans 15jours. Au vue de l'actualite, pensez vous qu'il y a u risque? Pour le moment, en dehors de la grosse manifestation, ça semble calme , quelqu'un du pays pourrait-il nous en dire plus ? Merci
Première fois en Afrique en backpacker
by FannyAR · 2017-10-22 · 6 replies
Bonjour à tous, Je prévois un voyage d'1 mois en janvier 2018 en Afrique. J'ai déjà pas mal voyagé en sac à dos mais je ne connais pas encore l'Afrique.. Quel pays me conseillerez-vous pour un premier voyage en individuel (en couple) et en sac à dos ? On ne cherche pas forcément à faire un safari mais plutôt un pays qui combine nature, plages, culture et food et avec un budget de 1500€/personne sur place pour 1 mois Merci d'avance !! Fanny
Voyage au long court avec une enfant d'un an et demi
by Vachefolle91 · 2017-10-17 · 2 replies
Bonjour à tous !

Nous avons pour projet de partir en octobre 2018 pour un voyage au long court, avec notre louloute qui aura alors 1 an et demi. Nous ne prenons pas de billet Tour du Monde pour être libres, mais nous aimerions commencer par l'Amérique Sud, puis passer en Afrique (zone sud) et fini avec un peu d'asie et Océanie... Affaire à suivre je pense qu'on ne fera jamais tout !

Nous recherchons donc des témoignages, et surtout avons des questions, donc si certains ont vécu ça, ou ont des conseils etc, nous sommes preneurs !

- Je fais beaucoup de photos lors de mes voyages, donc là ce sera vraiment l'occaz de m'éclater. Avez-vous des conseils pour le transport de l'appareil tout le protégeant ? Sachant que nous aurons notre fille à porter donc nous faisons le choix de ne partir qu'avec un gros sac à dos + un sac à dos d'appoint.

- Y a-t-il des familles ayant voyagé en Afrique ? C'est vraiment un souhait très fort d'emmener notre fille là-bas, mais nous souhaitons au max gérer avec des pays où nous risquons moins sanitairement surtout avec enfant en bas âge (expérience perso : j'ai été au Burkina, mon plus beau voyage, mais très très malade pendant 2 semaines là-bas + 1 mois à mon retour), et où "l'indice de paix" reste plutôt bon. Nous avions pensé au CapVert, et la zone sud tels que Tanzanie, Mozambique, Namibie, Zambie, Botswana... Des retours d'expériences avec des enfants en bas âge ?

- Nous avons pour envie de trouver de quoi nous occuper au fil du voyage, donc par exemple le woofing nous intéresse. Y a-t-il des gens qui ont déjà fait du woofing en famille ou avec un enfant ? Ou tout simplement qui ont réussi à trouvé des échanges d'expériences boulot, bien que en famille ?

- Aussi, le but du voyage étant de faire des rencontres, nous pensions à trouver logement chez l'habitant... Pour les parents voyageurs, avez-vous déjà fait ? Couchsurfing ? C'est facile à trouver avec un enfant ?

- Pour les parents étant partis sur du long terme sans savoir non plus précisément où ils iraient... Comment avez-vous fait pour les vaccins ? Vous les avez tous fait ? (bon on ira à Pasteur voir avec eux surtout pour la poulette mais comme ça risque d'être lourd pour elle je vous pose tout de même la question !)

Voilà mes premières questions, j'en aurai sûrement d'autres d'ici là ! Je vous remercie de vos retours, tous conseils mêmes hors de mes questions sont bons à prendre alors n'hésitez pas ! Merci !

Mana (bientôt 8 mois !), Ben (29 ans) et Marine (31 ans)
Température de l'eau de mer de janvier à avril aux Canaries
by Suzanetroger · 2017-08-05 · 6 replies
Je souhaite séjourner 3 mois aux canaries cet hiver. J'aime nager en mer et souhaite savoir où il faut aller pour trouver l'eau la plus chaude. Merci
Retour Namibie 2 semaines en février - mars 2017
by Chassisurf · 2017-07-02 · 2 replies
Retour (tardif) d'un voyage en Namibie à la fin de cet hiver 2017.

Pourquoi la Namibie ? C'était un vieux rêve, c'est un pays sûr, "africa for beginners" dit on sans les galères d'autres pays africains, ce qui convenait bien à ma compagne et notre fille.

Participants : ma compagne, pas vraiment aventurière, notre fille ado de 13 presque 14 ans, et moi avec quelques milliers de miles africains (zimbabwe, malawi, tanzanie, sénégal, mozambique.. ) dans les pattes. Pour des raisons pro et touristiques.

On parle anglais très correctement (l'ado un peu moins), j'ai l’expérience de la conduite à gauche, sur pistes et dans la latérite détrempée, moins dans le sable. Bref ça semble jouable.

L'intermédiaire : pour les lodges et la voiture on est passés par Tourmaline, TO francophone installé sur place, bon conseils, réactifs voire pro actifs, à recommander.

Le vol : on a pris un vol à part du TO (en fait on a pris le vol avant le reste) Paris Windhoek via francfort, (lufthansa et namibia airlines), classe éco supportable (y a pire, mieux je ne sais pas, mais la business était hors budget et ce que j'en ai vu était très loin de celle de Qatar), vol de nuit aller et retour

Le budet : vols, voiture + lodges plutôt haut de gamme ( 2 chambres) + les repas + entrées de parcs etc.. sans compter à l'euro près environ 11 000 €

Le voyage : arrivée tôt à Windhoek, il pleut, saison de pluies, le TO a prévu un accueil par un guide francophone, sympathique, quelques bons conseils, une tendance à nous orienter vers des prestataires dont il est proche ce qui est plus agaçant. Bref prestation non indispensable.

On récupère la voiture, une KIA Sportage, un SUV pas vraiment 4X4 ce qui n'était pas explicitement prévu et nous a valu quelque émotions sous la pluie. Faire attention, les loueurs locaux sont féroces avec des listes d'exclusions d'assurances longues comme le bras. En résumé si tu rends la voiture dans un état un poil différent, quelle que soit la cause, tu payes..

Direction Windhoek, on croise quelques singes, les seuls du voyage, arrêt supermarché pour acheter des adaptateurs de prises électriques, des boissons, un peu de bouffe non périssable. Puis en route vers le nord, la route est excellente mais sous le crachin, ça se corse à l'entrée de la piste vers l'Okonjima plain camps, notre lodge, piste détrempée à souhait, on parvient au lodge laborieusement, c'est assez vide, plutôt classieux dans le style industriel, chambres de 45 m², avec vues sur la savane. bref ça sent l’Afrique, ballade à pieds qui permet voir girafes, antilopes.. dîner correct avec un service plutôt approximatif mais sympathique. Un accès internet laborieux mais qui permet de dire à la famille que nous sommes vivants.

Jour 2 : c'est pas l'été (enfin si du point de vue du calendrier) mais il n'y a plus de crachin, on continue vers le nord (la piste de sortie reste touchy mais après c'est bitume).. arrêt à Tsumeb au Minen hôtel pour déjeuner, on y mange correctement, on y parle plus allemand qu'anglais c'est assez décalé, dans le genre Afrique coloniale.. arrivée au Mushara Lodge à l'entrée du parc d'Etosha, superbe endroit avec d'immenses chalets et une ambiance Out of africa prononcée, on se baigne frileusement dans la piscine, dîner très correct.

Jour 3 : on entre dans la parc d'Etosha, les tarifs d'entrée sont très bas (rien à voir avec la Tanzanie) on va au camp Halal, les chambres sont plutôt bien, le service est plus moyen .. On multiplie les ballades en voiture : zèbres, girafes, antilopes, chacals, oiseaux en tous genres etc.. etc .. c’est un festival. Même si plusieurs pistes sont fermées du fait des pluies on a pu explorer cette partie du parc sans soucis. Par charité on ne parlera pas du dîner.

à suivre...
Trajet en voiture du centre du parc Kruger (Shimuwini) jusqu'à l'aéroport de Johannesburg
by Samuel0892 · 2017-02-16 · 1 reply
Bonjour a tous,

1) Etant de visite en afrique du sud dans quelques jours, j'auraus aimer avoir des eclaicissement sur la duree d'un trajet en voiture a vitesse moyenne entre le centre du Krugger park et l'aeroport de Johannesbourg.

Merci egalement de me proposer la route la plus rapide pour rejoindre l'aeroport si possible.

2) j'ai entendu parler d'un cyclone au mozambique ... va t'il venir perturber johannesbourg ?

En vous remerciant d'avance
Côte de l'océan Indien en Afrique du Sud: où faire un "break" en juillet?
by Rakilover · 2017-01-16 · 27 replies
Quels sont les bons plans pour un séjour mi-juillet sur l'océan Indien entre Santa Lucia et Durban, histoire de faire un break de quelques jours (plage, farnienteau calme) avant de remonter vers Jo'burg et back home?
Quelle destination pour fêter ses noces d'or?
by Coulonneux42 · 2017-01-01 · 5 replies
Bonsoir, j'ai fêté en 2016 mes 50 ans de mariage. Je ne sais pas où emmener mon épouse pour fêter cet évènement. c'est pour cette raison que je sollicite votre avis. Nous avons déjà fait de nombreux voyages surtout en camping car, mais aussi en avion, USA, Thailande, Côte d'Ivoire etc... Vos avis sont les bienvenues, bien sûr nous avons dépassé 70 ans. bonne année 2017 à tous et beaux voyages. André
Carnet n° 67: Mayotte / 25 - 29 mars 2016
by Estonien · 2016-06-15 · 24 replies
www.youtube.com/watch?v=qGE9WVIeWJQ Vendredi 25

J’ai toujours eu envie de revenir à Mayotte. Voire même d’y travailler un jour. Pourtant, je prévois ce voyage à la dernière minute en liant le souhait d'une collègue de visiter l’île au lagon et mon éternel besoin de voler. Dans le contexte actuel d’une départementalisation défaillante sur fond d’immigration galopante, il était bien de venir ici faire un tour avant de décider d’y passer quelques mois. Ce que je ne m'avoue qu'à moitié, c'est qu'il s’agit surtout de mes derniers jours de liberté avant de prendre la relève ; à partir de la fin du mois, ce sera à mon tour de m’occuper de ma fille.

Je quitte donc la Réunion en compagnie d'E. alors qu'au travers du hublot je vois une pluie drue inonder le tarmac de Rolland-Garros. Dehors, il fait chaud et moite, comme pour préfigurer ce qui nous attend là-bas, plus au nord, sur cette terre de France perdue au milieu du canal du Mozambique. A l'intérieur de l'avion, un vieux 737 d'Europe Airpost affrété par Air Austral, j'apprécie une nouvelle fois le luxe d'un voyage aux issues sans voisin, uniquement dérangé par toutes ces questions sans réponse que je me pose au sujet de Mayotte.

Dès l’arrivée, je suis comme happé ; je retrouve l’Afrique. Alors que les uniformes et les panneaux de signalisation propres à la France sont tout de même plus discrets que les femmes en boubou, l’état des infrastructures me rappelle plus le Congo que Neuilly-sur-Seine et la chaleur, insupportable, finit de me rappeler où je suis. En sortant de l'aérogare, nous prenons place à bord d'un taxi collectif conduit par un Mahorais en sueur portant une coiffe traditionnelle et rejoignons en moins de dix minutes l'embarcadère de Dzaoudzi. De là, la traversée vers Mamoudzou dure un bon quart d'heure. Tandis qu'on laisse s'échapper Petite Terre, les reliefs de la Grande apparaissent enfin. Là, entre deux eaux, oscillant entre deux terres, je retrouve au loin les points culminants de Mayotte : au sud, le Choungi, devant moi le Pili Pili et le Bénara et derrière Mamoudzou, le Combani. Ce qui saute aux yeux, pour un Réunionnais, c’est qu’en dehors dela capitale, l’ensemble du littoral est constitué de forêts. Oui, de temps en temps, j’aperçois bien un village ou une plage, mais dans l’ensemble, c’est comme si l’île entière était recouverte d’une épaisse forêt tropicale.

En débarquant, le choc des cultures se vit de manière frontale. Assises à même le sol, les bouénis (1) bariolées vendent leurs fruits et légumes quand les hommes se chargent d'aller à la rencontre du client potentiel en brandissant leurs chinoiseries. Les trottoirs, les bâtiments, tout est crade, usé, rapiécé. À part peut être, à droite, le nouveau marché couvert. Il fait chaud, il fait très chaud, et c'est dans la douleur que nous parcourons les neuf-cent mètres qui nous séparent du loueur de voitures. Un instant, entre deux villes, nous longeons la mangrove qui dévoile à marée basse les affres que lui font subir l'inconséquence des hommes : dans la boue qui se mêle au sable, on devine les papiers et les aluminium, les canettes et autres bidons gras.

Je m’empresse de quitter les lieux en mettant la clim’ à fond dans la voiture. La route n’est pas trop mauvaise, seulement, suivant les caprices du littoral, elle n’est véritablement qu’une succession de virages. La vitesse s’en trouve limitée ; on dépasse rarement les 60. Trente minutes après, nous sommes déjà à Bandrélé. Là, nous déposons en coup de vent nos affaires chez nos hôtes car il s’agit ne n’avoir jamais rien dans son coffre alors que la voiture stationne. Il est même recommandé de ne jamais la verrouiller... On se presse. Je tiens à arriver à N’Gouja, dans le sud- ouest de l’île, au moins une heure avant le coucher du soleil pour pouvoir nager avec les tortues, toujours présentes à cet endroit de l’île.

Ravis, nous arrivons à l’heure prévue.Déçus, ce sera pour constater que la mer est grosse et qu’une honnête drache commence à s’abattre sur la plage. Nous nous consolons avec une glace industrielle au bar du Jardin Maoré avant de rentrer au gîte. Il fait nuit à 18h ; il est trop tard pour profiter de la belle vue depuis la terrasse. En contrebas, le bruit de la mer nous donnerait presque envie de dormir porte et fenêtre ouvertes. Seulement, l’humidité accablante ne se corrige qu’avec la clim’, fenêtre fermée, et si le gros portail à l’entrée du jardin nous sécurise depuis la route, nous savons bien que le voleur rode et arrive de la mer par ce même chemin que nous emprunterons plus tard pour quitter le rivage en kayak. Nous fermons donc aussi la porte. Trois moustiques mutants passent. Nous nous endormons.

Samedi 26

Désormais à l’aise, en voyage, avec l’idée de me laisser porter par le mouvement, j’accepte de partir en mer ce jour plutôt que lundi et grappille au passage une substantielle économie. Nous roulons donc trente minutes de Bandrélé au ponton de Mamoudzou en traversant les villages qui se réveillent doucement. Il est 7h30, le soleil cogne déjà fort ; sans la clim’, je serai déjà trempé de sueur. Au ponton, bercé par la brise de mer, je supporte bien l’attente de notre navire avec quelques dizaines de couillons en partance comme nous qui à la plongée, qui en excursion.

Donatien, capitaine 200, me donne l'idée d'être frais comme au premier jour bien que son métier soit des plus routiniers. Affable, patient et extrêmement sympathique, il envoûte ses clients en leur contant le lagon, ses petits secrets et ses grands mammifères. Il m’apprend même, pauvre de moi, que si le requin est un poisson, le dauphin lui, est un mammifère. Subtil. Aussi, fort de ces explications, je décide de me jeter à l’eau entre la barrière de corail et ces îlots paradisiaques qui font la réputation des cartes postales. Oui, je trouve le courage de me mettre a l'eau en pleine mer, à ceci près que ma main reste solidement attachée à l'échelle du navire. Les autres eux, nagent avec vigueur vers les dauphins et autres raies manta désormais à portée de main. Moi, j’ai bien trop peur de l’eau ; je vivrai l’émerveillement depuis le pont.

A proximité de l’îlot M’Tsamboro, nous buvons un punch coco sur un îlot de sable blanc. L’eau est turquoise, le ciel bleu, nous sommes tous ravis d’échapper à la pluie qui était pourtant prévue. À quelques miles, la terre. Et un radar bien visible. Un des quatre radars affectés à la surveillance des côtes et qui indique chaque nuit aux autorités dépassées la présence de kwassas (2) dans les eaux territoriales. Un moment, je me retrouve seul avec Pascal et Jean-Pierre, deux gendarmes en repos aujourd’hui et qui consentent à me raconter brièvement leur quotidien. Brièvement, ça donne ça :

"Notre boulot revient à vouloir écoper l’océan avec un dé à coudre."

Alors pourquoi ne pas stopper l’immigration à la source ? Pourquoi ne pas patrouiller toutes les nuits dans les eaux internationales, à mi-chemin entre Anjouan et Mayotte ? Ou plutôt, pourquoi n’ont-ils réellement patrouillé qu’au plus fort de l’état d’urgence alors qu’il faudrait le faire chaque nuit ? Je n’obtiens pas de réponse. Juste une sorte de parallèle entre ici et la Guyane, juste une légère comparaison entre les orpailleurs surarmés de la jungle équatoriale et les pauvres bougres en guenilles qui tentent ici le tout pour le tout. Sauf que ces pauvres bougres qui représentent à ce jour 40% de la population de l’île saturent les salles de classe, les centres de rétention et les services de soin jusqu’à la Réunion. Moi, je trouve ça prodigieux que notre gouvernement ne se donne pas les moyens d’œuvrer en amont et laisse à ses ouailles le soin de s’en dépatouiller. Oui, c’est cette même France qui donne des leçons aux autres, qui fait si bien pression sur certains pays et qui inflige des embargos. Cette France là doit bien avoir les moyens de la dissuasion ? Pourquoi est-elle si fébrile à l’idée d’être ferme ? La culpabilité ?

A plusieurs reprises, nous nous arrêtons pour nager avec masque & tuba dans ce lagon à la nature encore préservée. L’endroit est exceptionnel, l’instant magique. Le soleil qui joue à cache cache avec les nuages illumine comme un stroboscope fonctionnant au ralenti les coraux blanc, violet, rouge et bleu autour desquels tournoient des milliers de poissons multicolores. Devant ces tombants (3) véritablement renversants, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre le calme et la beauté du littoral et le drame humain qui se joue à l’intérieur des terres.

Il ne pleuvra guère que lors du retour, bien à l’abri de notre Peugeot 107. Ce soir, nous dînons traditionnel au ZamZam, un restaurant sans prétention pourtant délicieux situé dans le centre Bandrélé, entre la tôle ondulée et les barreaux qui façonnent les habitations et l’Hôtel de ville couleur terre cuite flambant neuf.

Dimanche 27

Quand E. part plonger, je tente sinon le diable, la rapide balade au départ de Tsingoni vers la cascade Soulou. Évoluant pourtant au sein de ma République, j’y vais la peur au ventre, incapable de me défaire de ces histoires de violence et de racket qui ont lieu sur les terrains de randonnée. C’est ainsi. Tout ce qui ne se gère pas en amont se paie toujours au bout du compte. Que ce soit dû à l’immigration ou aux adolescents légaux délaissés. Après une descente glissante derrière les dernières maisons de Tsingoni, je me retrouve bloqué devant un marécage inextricable. Finalement, à défaut de bandits, ce sont les pluies diluviennes de la veille qui stoppent ma progression !

Je rebrousse alors chemin puis fait le taxi pour tuer les quelques heures d’attente. J’avance sans but réel. Je prend, je dépose. Je discute, ou non. J'embarque des Malgaches, des Mahorais mais j'embarque aussi et surtout des Comoriens. Chose curieuse, ce sont ces derniers qui parlent le mieux français ; ce qui permet à Ibrahim de me raconter sa vie :

- "Tu vas aller un jour à Grande-Comore ? C’est un pays magnifique ! - Ah oui ? Si c’est si magnifique, pourquoi tu restes à Mayotte alors ? - Hum... Très bonne question..."

Après quelques instants de réflexion, il m’explique :

- "Oui, ici je n’ai pas de travail. Mais ici il y a de l’eau et de la lumière."

De la lumière ? Je cherche. Je réfléchis... Ah oui ! Jean-Louis Borloo : Energie pour l’Afrique ! Pas d’électricité, pas de lumière. Alors que la lumière, à la nuit tombée, c’est véritablement la tranquillité. Moins de viol, moins de vol, moins de crime, moins de complot. J’explique à mon tour à Ibrahim comment même les Mahorais éprouvent des difficultés à trouver du travail. Et je lui fais un cours express de planning familial. Au final, Ibrahim fera comme tout le monde : il travaillera au noir pour un Mahorais qui, en contrepartie, ne le dénoncera pas. Ce qui ne l’empêchera pas de vivre caché dans les montagnes derrière Mamoudzou, à jouer au chat et la souris quand les gendarmes seront d’humeur...

Je ne comprends vraiment pas le jeu de la France. Si nous sommes véritablement gouvernés par la démagogie, les français eux sont plutôt généreux. Et s’ils ne le sont pas, la morale sociale aura tôt fait de les culpabiliser pour qu’ils rentrent dans le rang. En Métropole, on impose aux citoyens une immigration comprenant une part non négligeable de gens non assimilables pour ensuite clamer haut et fort les vertus du vivre ensemble ! Ici à Mayotte, on laisse s’infiltrer, sans réellement légiférer, une immigration régionale qui à terme fera imploser l’île. En attendant que les Mahorais réalisent qu’ils se sont fait duper par un gouvernement de pacotille, ils font comme la plupart des gens : ils accueillent, ils tolèrent. Si je suis incapable, moi, de refuser une course à un illégal, comment pourrais-je critiquer ceux qui les soignent ?

De retour à Mamoudzou, je me pose près du ponton et sirote une THB au Camion Blanc. Je repense à l’Afrique et à sa logique pourrie. Au-delà de la notion même de contraception, les gens y font des gosses à tour de bras pour assurer leur propre survie. Plus ils ont d’enfants, plus ils s’assurent d’être pris en charge. Et c’est intéressant de constater que plus on grimpe dans l’échelle sociale, moins les gens font d’enfants. En effet, en capitalisant sur deux ou trois enfants, en leur donnant les moyens d’étudier, ils s’assurent tout autant leur survie. Mayotte, c’est la croisée entre deux mondes. Alors que dans les années 80 on enseignait aux Mahoraises la règle du 1, 2, 3 STOP, leurs consœurs comoriennes rattrapent le temps perdu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ça me rappelle vaguement le Kosovo. Oui, si les 25 naissances quotidiennes (4) de l’île assurent aux parents leur survie, elles assurent surtout aux Comores la réappropriation prochaine de leur île dont l’avenir fut scellé en 1841. Ou, pour reprendre le mot de Philippe Boggio : la migration à outrance, comme une forme de revanche historique.

Ici, au Camion Blanc, quelques souvenirs me reviennent alors que je regarde cette clientèle hétéroclite qui s’agite sur des trottoirs cramés entre la mer sale et deux poubelles défoncées. Le jour, on croise plutôt de pauvres hères en quête d’une ivresse passagère. Le soir, les M’zungus viennent dépenser leur majoration de salaire. Le cadre, je vous l’assure, n’a rien de bucolique. Je pense que c’est un art de vivre, ou est-ce simplement le seul endroit où l’on puisse se retrouver ?

Nous retournons ensuite déposer nos affaires à Bandrélé avant de revenir sur nos pas, pour déjeuner à Sakouli, sur l’une des deux plus grandes plages de l’île. Au beau milieu d’un weekend pascal l’établissement est bondé. Tout comme pour N’Gouja, le chemin d’accès à la plage, impraticable, est largement saturé de voitures stationnant en dépit du bon sens. Imaginez ! Deux grandes plages sur une île et pas même une route digne de ce nom avec de quoi garer la centaine de véhicules qui y stationne chaque weekend ! Décidément, je ne comprends pas ce qui pousse les gens à vivre ici. Nous déjeunons au bar, chacune des terrasses situées sous un gros baobab étant prise d’assaut. Quant au kayak, nous n’y pensons même pas ; tous les équipements sont loués pour la journée.

Fort heureusement, nos hôtes à Bandrélé ont la gentillesse de nous prêter les leurs aussi, c’est ravis et pleins d’énergie que nous partons en début d’après-midi à la conquête de l’îlot Bambo situé à quelques quarante minutes de pagaie. Entouré d’un tombant auquel on accède en quelques coups de palmes, cet Îlot sauvage et inhabité peut aussi être contourné à pied en une demi-heure. Pour multiplier les points de vue tantôt vers la terre, tantôt vers le large, je m’amuse à escalader les gros pitons rocheux que vient lécher la marée montante. Parfois, fruit de la paranoïa ambiante, je crois deviner des yeux qui m’observent depuis la haute futaie qui coiffe l’îlot.

Ce soir, au ZamZam, je mange un mataba en dégoulinant littéralement. Pas que ce plat soit épicé, non, mais que l’atmosphère encore plus lourde que la veille soit manifestement saturée d’humidité.

Lundi 28

Pas résignés, nous retournons à N'Gouja avant les heures maudites d’un lundi de Pâques. A cette heure matinale, le chemin est aussi pourri qu’à toute heure de la journée mais il offre au moins l’avantage de pouvoir s’y garer convenablement. Puis c’est véritablement le festival de la tortue de mer ! En nageant quelques dizaines de mètres en direction du large, on survole les herbiers où se nourrissent les tortues. Évoluant par cinq ou six mètres de fond, accompagnées ou non d’un poisson rémora, elles ne dévoilent réellement toute leur grâce que lorsqu’elles remontent à la surface.

Avant de rentrer à Bandrélé, nous entreprenons le tour de la presqu’île de Boueni, l'occasion pour nous de voir ce qui se fait partout sur l'île, à savoir des Hôtels de Ville tout neufs érigés au beau milieu d’un capharnaüm de tôles et de détritus. Mayotte, premier importateur de tôle ondulé au monde ? Quoique. Ah non, c'est l'Afrique. Oui, c'est bien ce que je disais. Ah... Qu’elles sont loin ces belles propriétés canadiennes qui se passent de barrières. Ici, je ne vois pas de pelouse. Je vois de la boue. Je vois des gens qui traînent dehors jusqu'à pas d'heure comme s'ils se réchauffaient au lampadaire du coin. Mais leurs conversations, je n'en doute pas un seul instant, valent cent fois plus que celles de la télévision. Et c'est une bonne chose que cette dernière n'ait pas été ici aussi démocratisée que dans le reste du monde occidental. Ici, les gens se parlent. Et ça c'est chouette.

- Excusez moi, on cherche la Baie des Tortues ! - Ha ? Je ne sais pas. Il faut demander... - Bah, c'est ce qu'on fait, non ?

On a bien ri !

Songeant à rejoindre Mamoudzou, nous quittons un peu un regret L. & Y., un couple charmant qui donne l’impression de vivre en paix sur cette terre controversée. Sur la route, nous prenons en stop quelques uns de ces éternels marcheurs avant que la pluie ne tombe encore. L’image de ces gens qui marchent au bord des routes reste pour moi propre à l’Afrique. Pas assez d’argent pour se véhiculer, pas assez de gens pour organiser des transports en commun fiables et réguliers. Quand je dépose la voiture de location, je m’étonne quand même que personne ne s’arrête pour me prendre en stop sur le kilomètre qui me sépare du ponton... Ça valait bien la peine que je trimballe hier la moitié de l’île pour me retrouver aujourd’hui au bord de la route, cramé par le soleil, contraint de prendre un taxi collectif !

Puis l’après-midi s’enchaîne à merveille : déjeuner au Camion Blanc, traversée en barge vers Petite Terre, installation au Rocher, un hôtel vieillissant mais bien situé et randonnée vers les plages jumelles de Moya. Quand il est l’heure de partir en randonnée, il ne reste qu'un taxi tout pourri qui attend près de la barge. Son conducteur accepte avec joie de nous mener à Labattoir, commune de France, ou plutôt à l’arrière de cette dernière, au point de départ du sentier. Pourtant, aussi trivial que puisse paraitre le nom de ce charmant village, le traverser aura suffi pour convenir qu’il ne porte pas si mal son nom : de part et d’autre des ruelles crades et défoncées, la tôle ondulée brille en plein soleil. Un chien finit de vider ce qui doit être une poubelle. Deux ou trois chèvres traversent sans regarder.

On démarre le chemin menant au Lac Dziani, puis je me laisse porter. Je décide des bifurcations à l’instinct, aidé tout de même par l’omniprésence de la mer encore plus manifeste sur cette petite terre. Signe que le sentier n’est plus entretenu, nous marchons dans les broussailles hautes. Par endroit, nous admirons des vues époustouflantes sur le lagon, la Grande Terre, le lac vert de souffre au sein du cratère et les plages de Moya auxquelles nous accédons par un sentier abrupt. Sous le regard incrédule des roussettes à l’envergure impressionnante, nous y descendons et nous y nageons puis à 17h30, remontant du parking, j'arrête une voiture : Pierre consent à nous ramener vers la ville. Ravis de n’avoir pas à marcher deux bonnes heures sur cette route désastreuse et bénissant son Duster poussiéreux, j’interroge Pierre sur sa vie mahoraise. Employé d’une entreprise du bâtiment de renom, il mène à Mayotte la grande vie d’expat’. Il est souriant, enjoué, il apprendra demain le lieu de sa prochaine expatriation. L., son garçon de trois ans ne comprend pas tout. Il aura toute sa vie pour digérer tous ces voyages et ces déménagements. En tout cas son père est un chic type, il fait un petit détour et nous ramène au Rocher avec un grand sourire. Et c’est alors que la pluie commence à tomber ! Deux minutes après, le ciel nous tombe littéralement sur la terre en faisant ce bruit si particulier du Concorde au décollage.

Le timing est parfait. Seul bémol : pour les tortues, c’est foutu ! Si les plages de Moya sont réputées pour les pontes nocturnes, ce soir, personne ne voudra nous conduire au bout de cette route impossible. Je reste rationnel, on ne peut pas tout obtenir. E., elle, souhaite noyer sa déception dans une pizzéria. A Dzaoudzi. Un lundi soir. Tandis qu’au dehors tout est éteint, j’avise une dame fermant le rideau de ce qui était jusqu’alors notre unique chance. C’est la patronne. Elle ne faisait que passer pour régler des papiers. Elle propose de nous rapprocher de Pamandzi, seul espoir de salut gastronomique. La pizzeria de son mari ne paie pas de mine mais elle fera le job et une fois rassasiés, nous sommes même reconduits à l'hôtel. Je découvre à Mayotte un concept intéressant : si chez nous on passe commande, ici, on apporte les clients !

Mardi 29

Nous quittons. Face à Grande Terre, le grand aérogare tout neuf survit grâce à un ingénieux système de courants d’air. Depuis la salle d’attente au premier étage, devant le spectacle saisissant d’un magnifique arc-en-ciel surplombant l’archipel, je ne m’explique toujours pas cette nostalgie qui m’anime. Nous décollons face au sud et, laissant sous notre aile l’exubérante vie sous-marine de la passe en S, nous saluons d’un dernier regard cette terre au destin aussi compliqué qu’inattendu.

Epilogue

L’archipel des Comores est géographiquement composé de quatre îles principales : Grande- Comore, Mohéli, Anjouan & Mayotte. Si cette dernière est française depuis 1841 (5), les trois autres îles, divisées en royaumes ou sultanats distincts, deviennent en 1886 des protectorats sous l’autorité du gouverneur de Mayotte (colonie). En 1946, séparées administrativement de Madagascar, les quatre îles forment alors un Territoire d’Outre-Mer. C’est la première fois de leur histoire qu’elles existent en tant qu’entité unie et reconnue. Au décours du processus de décolonisation voulu par l’ONU, le référendum de décembre 1974 est sans appel : Mayotte vote pour son maintien dans la République ; les trois autres îles, pour leur indépendance. Seulement, et c’est toute la subtilité, fallait-il considérer le vote île par île ou bien dans son ensemble ?

Les Comores s’appuient sur la résolution 3385 du 12 novembre 1975 qui, en réaffirmant la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel (elle cite les quatre îles), impliquerait tacitement que les Comores ne sauraient être sans Mayotte (6). Cette résolution de l’Assemblée Générale n’a qu’une valeur facultative ; à l’inverse d’une résolution du Conseil de Sécurité, elle n’est pas contraignante.

La France elle, s’appuie sur un second référendum tenu début 1976 qui réaffirme la volonté de Mayotte de rester française. L’ONU n’en conteste pas le caractère démocratique pourtant, elle le déclarera nul et non avenu (7). Que la France ait entendu le message des Mahorais, c’est beau, c’est sport. Mais que la France n’ait pas pris la peine d’imposer a minima que les Mahorais parlent français me pose question. Comment s’affranchir alors de la question du colonialisme ? Où sont les notions de partage, d’entraide ? Comment vivre ensemble si on ne parle pas la même langue ? À Mayotte, à défaut de vivre ensemble, les Blancs tiennent les postes clés avec majoration de salaires quand la plupart des Mahorais vivent avec moins de cent euros par mois.

Après que l’ONU ait réaffirmé ses positions fin décembre 1994 (8), Edouard Balladur met fin à la libre circulation des personnes entre les Comores et Mayotte (9). Depuis cette date, la France considère comme clandestins ceux que les Comores considèrent comme autochtones sillonnant entre îles à l’image de leurs aïeux. Les associations de défense des migrants hurlent au scandale, les Comores parlent d’un mur de division, la France elle, applique son règlement. Chaque nuit en mer entre Anjouan et Mayotte, deux personnes en moyenne meurent noyées.

La raison familiale est souvent invoquée, comme pour mieux cacher les raisons médicales et la raison suprême : accoucher en France. Il est presque plus simple de risquer sa vie sur un kwassa que de se faire soigner aux Comores. Au Centre Hospitalier de Mayotte, où il n’est pas rare de traiter des pathologies ou des situations dignes de la médecine humanitaire, les femmes enceintes deviennent une arme d’immigration massive. Alors que mon pays pratique 230 000 avortements par an, je reste abasourdi devant la condescendance emprunte de repentance avec laquelle la France traite les femmes enceintes Comoriennes. Prises en charge à Mayotte, il suffit d’un rien pour les faire évacuer et hospitaliser à la Réunion aux frais du contribuable. Et si l’on diagnostique un souci majeur chez l’enfant à naître, on ira jusqu’à les transférer à Paris ! Dans les deux cas, à la Réunion ou à Paris, ces femmes sont assignées à l’hôpital ; en situation irrégulière, elles ne peuvent évoluer à l’extérieur. Pendant ce temps, à la Réunion et en Métropole, des dizaines de milliers de personnes qui vivent largement sous le seuil de pauvreté n’ont pas accès aux soins...

Peut-on lier délinquance et clandestinité ou est-il plus juste d’assumer que la jeunesse mahoraise, rebelle et dévoyée, est tout aussi responsable, sinon entièrement, du climat d’insécurité qui règne sur l’île ? Les cambriolages, les vols, les agressions, les chiens torturés à mort en pleine nuit, c’est l’affaire des clandestins ? Avec une telle inégalité sociale, avec autant de promesses non tenues, avec une telle démagogie, sans pour autant l’expliquer, je pourrai presque comprendre cette violence devenue sur l’île de plus en plus palpable. D’un côté, de jeunes Mahorais en colère, de l’autre, de jeunes Comoriens, abandonnés avec raison par leur parents reconduits (10) et qui s’entassent dans des bidonvilles aux abords de Mamoudzou. Et pour gérer tout ça, pour consoler, canaliser, une Aide Sociale à l’Enfance dont les moyens sont complètement sous évalués.

Enfin, ce qui me pose aussi question, c’est l’incroyable rupture entre l’ambition départementale et les moyens mis en oeuvre. Il y a quelque chose de louche. Pourquoi une telle urgence quand bien même la Cour des Comptes relevait dix ans auparavant les difficultés générées par une telle entreprise (11) ? Pourquoi le reste de la République n’a-t-il pas été consulté sur la question ? N’aurait-il pas été judicieux d’entreprendre les réformes de fond avant la départementalisation ? Agencement des rues et numérotation, réforme du droit coutumier, gestion du foncier et du cadastre, alphabétisation des populations pour ne citer que cela. Alors qu’à l’évidence, le pilotage de l’État dans le processus de départementalisation a été bâclé, je sens comme une odeur d’orgueil et de cupidité dans cette décision ; je ne crois pas en l’altruisme de ma République.

S’il apparait à l’issue de cette brève analyse que la présence française à Mayotte n’est pas si contestable, il n’en demeure pas moins que la situation sur l’île est, sinon le laboratoire du manque de courage politique, au bord de la catastrophe. Les autorités se voilent la face ! Si les subventions et autres dotations sont directement liées aux chiffres officiels, elles prennent en compte 200 000 âmes quand il se vend sur l’île l’équivalent en riz de 300 000 bouches ! Les écoles sont saturées d’élèves et désertées des professeurs. Les hôpitaux sont saturés de patients mais désertés des médecins. Et la délinquance, galopante, est aussi peu prévenue que réprimée.

Pour permettre au peuple Mahorais de vivre convenablement, le législateur devra faire voter une loi plus stricte quant au droit du sol (12) pour dissuader enfin l’immigration obstétricale. Et si l’État doit véritablement revoir sa copie en reprenant point par point les éléments en faveur d’une départementalisation réussie, le Département devra lui se donner les moyens d’investir correctement les missions et responsabilités qui lui ont été transférées. Alors alphabétisée et forte de son identité, Mayotte pourra entrer de plain-pied dans la République : à l’égal des autres départements, prenant conscience de ses devoirs elle pourra enfin jouir pleinement de ses droits.

NOTES :

1 Les Bouénis sont à Mayotte les femmes qui ont un certain âge et, pour avoir en général porté de nombreux enfants, en ont conservé une corpulence respectable...

2 Petits canots de pêche rapides de 7 mètres, à fond plat et nantis de deux moteurs qui tanguent énormément (comme les corps en mouvement sur la danse congolaise éponyme).

3 Un tombant est une paroi rocheuse sous-marine très vivante donc riche à explorer.

4 www.clicanoo.re/...mp;id_article=506782

5 Andriantsoly hérite du sultanat en 1832. Conscient des menaces qui pèsent sur son île et souhaitant en préserver l'autonomie île face aux autres souverains comoriens, il se tourne vers les Français qui viennent de s'emparer de Nosy Be (Nord-ouest de Madagascar). Le 25 avril 1841, le sultan vend Mayotte à la France (Louis-Philippe Ier) en échange d’une rente viagère et d’autres avantages. Ce traité est ratifié officiellement par l'État français en 1843.

6 www.un.org/...%28XXX%29&Lang=F

7 www.un.org/.../RES/31/4&Lang=F

8 www.un.org/...RES/49/18&Lang=F

9 Le gouvernement d’Edouard Balladur décide, le 18 janvier 1995, d’instaurer un visa aux conditions draconiennes pour contrôler l’entrée des Comoriens sur le territoire de Mayotte

10 L'article L. 511-48 prévoit qu’un mineur de 18 ans ne peut pas faire l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.

11 La Cour des comptes rend public, le 13 janvier 2016, un rapport thématique consacré à la départementalisation de Mayotte. Mise en œuvre dans un contexte socio-économique préoccupant, marqué par une forte démographie et une importante immigration irrégulière, cette départementalisation rapide a été mal préparée et mal pilotée. La situation financière du Département et des communes de Mayotte est dégradée. Le manque de clarté des perspectives financières dans lesquelles s’inscrit cette évolution institutionnelle complique encore la situation. Les préalables identifiés dès 2008 dans le « Pacte pour la départementalisation » n’ont pas été remplis en temps voulu : alignement de la réglementation et de la législation applicables, passage à la fiscalité de droit commun, problématiques foncières, notamment. Face à l’urgence de répondre aux besoins d’infrastructures de base (eau, assainissement, habitat, constructions scolaires) et aux problèmes sociaux que connaît l’île (aide sociale à l’enfance, chômage, notamment), le Département et l’État doivent dresser des priorités claires et entreprendre sans délai la mise en œuvre des mesures appropriées : www.ccomptes.fr/...9/2110702/version/1/ file/20160113-rapport-thematique-departementalisation-Mayotte.pdf

12 Pour les enfants nés en France de parents étrangers, c’est le "droit du sol" qui s’applique. L'enfant obtiendra donc la citoyenneté française à 18 ans, sous certaines conditions : posséder un certificat de naissance en France, résider en France et y avoir vécu durant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Avant sa majorité, il peut acquérir la nationalité sur demande de ses parents (entre 13 et 16 ans), ou sur demande personnelle (entre 16 et 18 ans), avec des conditions de durée de résidence en France.
Victoria Falls: informations visas Zambie et Zimbabwe
by Sauceau · 2016-06-14 · 6 replies
Bonjour,

J'ai longtemps cherché des infos sur le coût des VISA et des entrées pour aller dans les Victoria falls, et j'ai dû attendre d'être à la frontière pour les avoir. Je compile ici les infos que j'ai récupéré si ça peut en aider certains :

VISA Zimbabwe : 30$ ou 30€ entrée simple - 45$ ou 45€ entrées multiples. Gratuit pour les détenteurs d'un passeport de service ou d'un passeport diplomatique

Entrée aux Victoria falls côté Zimbabwe : 30 dollars ou 20 dollars pour les résidents de la zone SADC (fonctionne donc pour les français résidents en Afrique du Sud, Namibie, Mozambique, etc.).

Pour aller visiter les Victoria falls côté Zambie depuis le Zimbabwe, il faut racheter un VISA (20$ pour la journée) pour la Zambie, puis racheter un VISA de retour pour le Zimbabwe (30$ donc, à moins d'avoir choisi l'option entrée multiple).

On peut apparemment visiter le pont sans avoir à repayer le VISA (mais je n'ai pas tenter, donc ne peux confirmer).

L'entrée pour le parc côté Zimbabwe n'est pas valable pour le côté Zambie.

Les chutes Victoria sont plus belles (de mon point de vue) du côté Zimbabwéen :)

Et je confirme également le coût très très élevé des activités aux alentours (marcher avec des lions -150$- ; safari à dos d'éléphants 150$- plongée avec des crocodile -70$- ; saut à l'élastique -160$- ; j'ai pour ma part réussi à négocier l'hélicoptère de 150$ pour 110$ (12$ de taxes obligatoires).

Sophie
Départ Afrique du Sud, arrivée Europe
by Titesouri · 2016-05-09 · 10 replies
Bonjour,

Je commence a préparer la suite de notre voyage! Après les Amériques et l'Océanie, nous débarquons en Afrique du sud! J'ai plusieurs questions et je vous remercie d'avance pour vos réponses! Voici notre situation: Nous récupérons le CC à Durban et on remonte toute la côte est jusqu'en Europe.

-Nous n'aurons pas de billet d'avion de sortie d'Afrique du Sud, problématique? -En Am-sud il y a un forum spécialisé pour les voyages en véhicules, il existe la même chose en Afrique? -Quelqu'un aurait un document avec toutes les démarches des frontières etc? -Je suis intéressée par des blogs de voyageurs qui font le même parcours assez récent. -Nous sommes suisses, cela change quelque chose pour la paperasse des frontières? -Un conseil particulier?

En route actuellement en Australie et les connexions internet aléatoires, je vous prie de m'excuser si mes réponses tardent!
Safari Kenya - Tanzanie - Afrique du Sud
by Mickmcone · 2016-05-08 · 4 replies
Bonjour à tous Voilà j'aurai besoin d aides et de conseils, nous arrivons le 21 mai en Afrique, à Nairobi précisément, pour une durée de 2 mois et demie, nous n'avons rien organisé, juste notre billet aller et notre billet de retour qui sera de johannesburg, Donc voilà on compte faire une boucle d un mois en Afrique du sud, ce qui nous laisse 1 mois et demie pour descendre jusqu'en Afrique du sud, on voudrait faire Kenya(amboseli, masai mara, lac naivasha, lac bogoria et mont longonot) puis en Tanzanie le cratère ngorongo, lac Victoria, et accessoirement segerenti mais pas sur, avant d'aller à zanzibar, puis descendre par le Mozambique faire le lac Malawi, puis aller au Zimbabwe voir les chutes Victoria et la vallée zambeze, avantd ont d'arriver en Afrique du sud Donc je me pose plein de questions, comme est il possible d'arrivée la bas sans avoir réserver de Safari et prendre un guide devant les réserves?est ce moins cher?puis peux t on passé la frontière Kenya Tanzanie par le nord, du côté masai mara?et enfin pour les visas, pouvons nous les faire sur place à la douane?sauf le Kenya car on l'as déjà Au final on fait ce qu'on veux faire et voir, mais très peu de renseignement dessus Merci d'avance de vos réponses
Vaccinations plus traitement palu pour l'Afrique du Sud
by Ninieyaya · 2016-04-20 · 30 replies
Bonjour,

Je pars dans 10 jours en Afrique du sud en solo (pas de voyagiste) et les infos sont tellement diverses et variées quant aux vaccinations et traitement anti palu. Je passerai par le Parc Kruger, Kwazulu Natal, le Swaziland, le Drakensberg, et nous resterons 16 jours sur place.

J'ai lu que la fièvre jaune n'est pas obligatoire pour l'AFS. Recommandé hépatite A. Typhoïde seulement pour les personnes restant longtemps dans le pays et dans des situations précaires. Pour le reste, ce sera spray anti-moustiques !

Pour le palu, faut-il ou non prendre un traitement type Malarone ?

Merci de vos retours !
Avis sur Vietnam Airlines pour Ho Chi Minh
by Valnice · 2016-02-07 · 13 replies
Bonjour, je vais prendre mes billets pour ho chi Minh et je voulais savoir si la compagnie Vietnam airlines était une compagnie sûre en terme de sécurité aérienne. Merci pour vos avis.

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